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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1999-10-16, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI lu ET DIMANCHE 17 OCTOBRE 1 II !» !l - LE DEVOIR ?K»' «sa ¦ vpv TELE Le gars et la fille font école Page B 3 THÉÂTRE Belles soeurs italiennes Page B 4 CHRONIQUE CULTURELLE La bohème et le high-tech Page B 10 Cinéma Page B 5 Disques Page B 8 Musique Page B 10 Une exposition for controversée vient d’ouvrir ses portes au Muséum of Arts de Brooklyn, à New York, donnant lieu à un bras de fer sans précédent entre le maire de la ville, Rudolph Giuliani, les responsables du musée et une bonne partie du monde des arts de la métropole américaine.À À y f ALEXANDRA SZACKA C 0 L L A B 0 R A T ION SPÉCIAL K New York — «Le contenu de cette exposition peut provoquer un choc, des vomissements, la confusion, la panique, l'euphorie et l'anxiété.» En publiant cette parodie d’avertissement médical, destinée à attirer le tout-Manhattan plutôt blasé, les responsables de l'exposition Sensation pensaient avoir tout prévu.C'était sans compter avec les sensibilités religieuses et morales du maire de New York, Rudolph Giuliani.Avant même que l’exposition n’ouvre ses portes, le maire a lancé un ultimatum: si l’exposition a lieu comme prévu, le musée peut oublier sa subvention municipale de 7,2 millions $ US.D’autres menaces ont suivi au fil des conférences de presse quotidiennes.Qualifiant les œuvres exposées de «trucs malades», Giuliani a laissé entendre qu’il pourrait également expulser le musée de son édifice, propriété de la Ville, ou encore dissoudre son conseil d'administration.Sans perdre de temps, la direction du musée de Brooklyn a riposté en engageant l’avocat Floyd Abrams, grand spécialiste du Premier Amendement de la Constitution américaine qui protège la liberté d’expression.Après avoir intenté une poursuite en Cour fédérale contre le maire et la Ville de New York, le musée a ouvert l'exposition au public comme prévu, attirant une assistance record de presque 10 (XXI personnes dès le premier jour.La Ville a répondu du tac au tac en amenant elle aussi le musée devant le tribunal et en gelant le versement de la subvention.près d'un demi-million de dollars, dû pour le début d’octobre.Beaucoup de bruit pour rien Mais de quoi s’agit-il, exactement?Qu’est-ce qui a pu choquer à ce point le bon maire d’une ville où la provocation et la transgression des tabous font partie du quotidien comme l’air qu’on respire?Quatre-vingt-dix peintures, sculptures, photographies et installations sont l'œuvre d’une quarantaine de jeunes artistes britanniques.Leur point commun: elles font toutes partie de La collection privée du roi de la pub, Charles Saatchi, connu pour son VOIR PAGE B 2: NEW YORK Vous AVEZ DIX DE L’ART?+ LE I) E V 0 I H .LES SA M EDI I •> ET DI M A X C H E 17 U C T 0 B R E 1 11 !) il NEW YORK Des voix de plus en plus nombreuses, et parmi les plus prestigieuses, commencent à s'élever pour dénoncer une certaine expression artistique SUITE DE LA PAGE B 1 goût de la provocation comme collectionneur mais aussi comme faiseur xl'images.C’est lui qui, grâce à une campagne de publicité choc, a contribué à la victoire électorale de Margaret Thatcher en 1979.Sensation n’en est pas à sa première apparition publique.Elle a déjà été montrée à l’Académie royale de Londres ainsi qu’à Berlin.Partout, elle a provoqué la controverse, mais nulle part la réaction des pouvoirs publics n’a été aussi radicale qu’à .New York.Il est vrai que l’avant-garde de l’art britannique n’y va pas de main morte.La sculpture intitulée Zygotic Acceleration, par exemple, œuvre des frères tÇhapman, présente une multitude de corps d’enfants soudés à la siamoise, ,nez en forme de pénis et bouchés en forme d'anus.Immenses contenants .remplis de formol qui enferment tantôt vache ou cochon sciés en .tranches, tantôt requin oü agneau entiers, sont la marque de commerce de Damien Hirst, dont une exposition solo est prévue à New York pour cet qutomne.Self, l’œuvre de Marc ’Quinn, est en fait une reproduction de la tête de l'artiste, faite de son propre sang et gardée dans un contenant réfrigéré.lTn peu plus loin, un immense ^portrait de la meurtrière d’enfants Myra Hindley est composé de centaines d’empreintes de petites mains innocentes.Mais ce ne sont pas ces œuvres, dont le principal mérite est de provoquer (ou de faire réfléchir, c’est selon), qui ont eu un effet foudroyant sur l’imagination du maire Giuliani.L’objet de scandale porte un titre on ne peut plus innocent: The Holy Virgin Mary.Il est l’œuvre de l’artiste d’origine nigériane Chris Ofili.Ce tableau-collage représente une Vierge Marie noire.Le hic, c’est que son sein droit dénudé est fait d’une bouse d’éléphant séchée et que tout autour, telle une multitude de petits angelots, flottent des parties intimes de l'anatomie féminine découpées dans des revues pornographiques.Cachez cette crotte que je ne saurais voir! En bon catholique, Rudolph Giuliani s’est dit offensé par le tableau d’Ofili qui, pourtant, est un des plus beaux de cette exposition.L’artiste, lui-même catholique pratiquant, a eu beau affirmer que les excréments d’éléphant symbolisent le pouvoir et la fertilité en Afrique; les angelots découpés dans les revues porno ont peut-être l’air tout à fait innocents (il faut vraiment savoir pour le voir), rien n’y fit.«C’est une campagne anticatholique», continue m m r\ *1 VJ vj ••J * j Un grand chant d’amour pour illuminer les temps nouveaux Stabat Du 19 octobre au 14 novembre Réservations : 866-8668 Il est encore temps de s'abonner HjrSSSESSËSSf WÊÊÊÊÊÊ ThéAtre du No u v e au Monde ü - + ’ g SOURCE COLLECTION SAATCHI L’objet de scandale porte un titre on ne peut plus innocent: The Holy Virgin Mary.Il est l’œuvre de l’artiste d’origine nigériane Chris Ofili.Ce tableau-collage représente une Vierge Marie noire.d'affirmer le maire.«Un tel affront à la religion juive ou musulmane aurait été inacceptable.» L’art de la politique ou la politique de l’art Selon plusieurs observateurs, le prétexte est tellement mince qu'il doit y avoir d’autres motivations derrière l’indignation de Giuliani.Or c’est un secret de Polichinelle que le maire de New York se prépare à être candidat au poste de sénateur de l’Etat de New York aux prochaines élections.«Sa motivation est transparente.Il est à la, recherche de voix dans le nord de l’État.Il y a beaucoup de gens qui sont catholiques.Ils sont démocrates normalement, mais conservateurs du point de vue de la moralité», affirme Craig Charney, politologue et sondeur à New York.Ce qui est suspect, selon Charney, c’est qu’il s’agit essentiellement d’une seule œuvre dont l’auteur est loin d’être un anticatholique notoire, en plus d'être un peintre reconnu, qui vient de recevoir une des principales distinctions dims le monde de la peinture en Grande-Bretagne, le prix Turner.Le coup a-t-il été bien calculé politiquement?Seule l’histoire le dira.En attendant, un sondage fait il y a quelques jours par le First Amendment Center démontre que 57 % des Américains estiment que le Musée de Brooklyn devrait avoir le droit de montrer l’exposition et 85 % considèrent que les gens en général devraient pouvoir visiter des musées qui exposent des œuvres offensantes pour certains.Pourtant, les New-Yorkais n’en étant pas à une contradiction près, la popularité du maire Giuliani a augmenté au cours des deux dernières semaines contre l’autre candidat potentiel au poste de sénateur, Hillary Rodham Clinton.Cette dernière a d’ailleurs adopté un profil bas face à toute cette controverse.La first lady a défendu le musée de Brooklyn tout en affirmant qu’elle-même n’avait pas l’intention d’aller voir cette exposition qui lui semble choquante.«Je ne comprends pas comment on peut juger une oeuvre d’art sans la voir.Pour moi, c’est un anathème à mon métier», lance la critique d’art du Village Voice, Leslie Camhi, en admirant le tableau de Chris Ofili, qu’elle trouve très beau.A mesure que le débat avance, les opinions se cristallisent et se diversifient.Aux Etats-Unis, où la liberté d’expression autant que la liberté artistique sont des fondements de l’identité nationale, il y a belle lurette que les «guerres culturelles», comme celle à laquelle on assiste aujourd’hui, se font sur le terrain du financement des arts plutôt que sur celui du droit à exposer ce qu'on veut.11 y a dix ans, un débat houleux avait entouré l’exposition des œuvres du photographe américain Robert Mapplethorpe.Ses images d’un érotisme homosexuel explicite avaient provoqué l’ire de certains membres républicains du Congrès qui avaient jugé inacceptable qu’un tel artiste soit subventionné, ne serait-ce qu'en partie, par les fonds fédéraux.Le National Endowment for the Arts, qui avait octroyé 30 000 $ à l’exposition Mapplethorpe, avait alors été violemment pris à partie.Les élus, Jessie Helms en tète, avaient exigé la fin du financement d’un art jugé obscène et indécent, allant aussi loin qu’exiger l’abolition pure et simple de l’agence elle-même.Plusieurs années et plusieurs débats similaires plus tard, en juin 1998, la Cour suprême des États-Unis a émis à ce sujet un jugement de Salomon.Elle donne le feu vert au «test de décence», imposé par le Congrès depuis le début de la décennie dans le cadre du processus d’octroi de subventions fédérales, à condition que ledit test ait un caractère uniquement consultatif.L'invocation de la loi pour imposer une «pénalité sur les points de vue défavorisés» aurait pour effet de violer le fameux Premier Amendement, écrit la cour.Voilà le contexte dans lequel arrive la décision du maire de New York concernant Sensation.Giuliani n’en a pas contre le fait que le musée de Brooklyn expose telle ou telle œuvre.Il n'a tout simplement pas l’intention de financer à même les deniers publics un art qui, juge-t-il, est offensant pour plusieurs.Que sont les artistes devenus?La première réaction du milieu des arts et de la liberté d’expression a été d’indignation, bien que non unanime.Par exemple, 22 seulement parmi la trentaine d’institutions artistiques de New York subventionnées par la Ville ont signé la lettre de protestation au maire Giuliani.Parmi les absents: des monuments de la vie culturelle de la métropole, tels le Carnegie Hall et le New York State Theater.Mais les appuis sont venus d’aussi loin que d’Europe.«Les intolérables pressions exercées contre la belle et courageuse institution que vous dirigez constituent une grave atteinte à la liberté d’expression», écrit Jack Lang, président de la Commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale française dans une lettre que le directeur du Musée de Brooklyn, Arnold Lehman, montre fièrement lors de notre rencontre.Souriant et détendu, Lehman n’a rien de la victime d’une campagne d'intolérance orchestrée par un maire autoritaire et sans scrupules.En fait, il est content.«Je suis content.L’art a le profil haut aujourd’hui à New York.Les gens qui, normalement, ne parlent pas de l'art en débattent aujourd'hui.Ils admirent ou ils sont outrés, mais ils en parlent», constate-t-il.Il a raison.Journaux, tribunes téléphoniques et débats télévisés à travers les État-Unis regorgent aujourd’hui de discussions sur l’art et la pertinence de le protéger, peu importe son contenu, par la sacro-sainte liberté d’expression.Et là, surprise: des voix de plus en plus nombreuses, et parmi les plus prestigieuses, commencent à s’élever pour dénoncer une certaine expres- sion artistique.«J’ai vu l’exposition et je pense que le roi est nu», écrit Philippe de Montebello, directeur du Metropolitan Museum of Art dans une lettre ouverte au New York Times la semaine dernière.«Je regrette, enchaîne-t-il, que le maire ait contribué à la notoriété d'artistes qui méritent de rester inconnus ou de tomber dans l’oubli.» Un pavé dans la mare.En osant dénoncer la piètre qualité artistique des œuvres que plusieurs tentaient de protéger contre le couperet de la censure, le très respecté directeur du Metropolitan Museum en a choqué plusieurs.Pourtant, il a tenu à souligner que l’art n’a pas à être jugé dans l’arène politique.«Je crois fermement en l’indépendance des musées, et même si je suis en désaccord avec certaines des expositions qu’ils présentent, je défendrai jusqu’à la mort leur droit de le faire», a-t-il dit en conclusion de sa lettre, paraphrasant Voltaire.Mais voilà que d’autres observateurs de la scène artistique américaine ont été moins subtils.Camille Pa-glia, philosophe et polémiste américaine qui s’est rendue célèbre par sa défense de la pornographie, est tombée à bras raccourcis sur l’exposition de Brooklyn dans The Guardian de Londres.Dénonçant la «banqueroute et la stérilité de l'avant-garde qui s’accroche alors qu’elle s’est dégonflée il y a déjà 30 ans», Paglia déclare que «1ère romantique des gestes subversifs est terminée».Elle va jusqu’à applaudir à la position de Giuliani contre «l’establishment artistique arrogant et prétentieux qui a fait de l’art un objet de moqueries».Il est vrai qu’on a tendance à oublier que, jusqu’à tout récemment, les artistes étaient totalement intégrés à la société.Financées par de riches mécènes, des pharaons aux rois en passant par les familles puissantes comme les Médicis, leurs œuvres devaient refléter les valeurs de leurs patrons.Ce n’est qu’à la fin du XVHL siècle que l’art commença à être «scandaleux».L’Amant de Lady Chatterley de D.H.Lawrence, Lolita de Nabokov.le scandale n'est pas devenu tout à fait synonyme de l’art, mais plusieurs œuvres qui ont indigné à l’époque font aujourd’hui partie de la culture mondiale.Était-ce le corollaire de la démocratie naissante?Cette époque serait-elle révolue?En visitant la grande rétrospective de l’art américain du XX siècle au musée Whitney de New York, on a plutôt tendance à croire que tout n'est qu'une question de temps et qu’il ne sert à rien de s’agiter sur le coup.La fameuse photo par Andres Serrano (compagnon d’infortune de Mapplethorpe dans l’affaire des subventions controversées), Piss Christ, représentant le crucifix baignant dans l’iirine de l’artiste, y figure en bonne place sans que ni le maire ni la Ligue catholique n'y prêtent attention.En bon catholique, Rudolph Giuliani s’est dit offensé par le tableau d’Ofili qui, pourtant, est un des plus beaux de cette exposition.ALCAN Une création du Théâtre de l’Œil présentée par la Maison Théâtre Texte et scénographie : Marie-Louise Gay Mise en scène : André Lalibertc avec la collaboration de Muriel Desgroseilliers Musique : Libert Subirana Éclairages : Serge Caron Conseiller à la scénographie : Richard Lacroix Marionnettistes : Simon Boudreault, Robert Drouin, Hélène Ducharme et Marie-Pierre Simard Du octobre 1999 Supplémentaire dimanche 24 octobre, 11 h Billets disponibles en semaine Représentations à 10 h et 13 h Informez-vous ! Venez visiter l’exposition Babel sous toutes ses coutures Découvrez l’univers de Babel.À travers des images captées tout au long de la fabrication des marionnettes et des décors de cette création, vous assisterez presque en direct à la naissance du spectacle.Foyer sud de la Maison Théâtre jusqu’au 24 octobre 1999 245.rue Ontario Est Métro Berri-UQAM Metro Sherbrooke K DEVOIR iPTVH 514 790-1245 1 800 361-4595 Billets en vente (514) 288-7211 4 a 9 ans -Louise Gay du spectacle l’art périlleux faire les grands.savent le Je suis un saumon de et avec Philippe Avron Molière du meilleur « one man show » en 1999 Musique : Jean-Jacques Lemêtre • Éclairages : André Diot A Montréal pour 5 soirs seulement! Du 26 au 30 octobre à 19 h 30 Billetterie ' 514 253-8974 4353, rue Sainte-Catherine Est SS Papineau ou Viau, autobus 34 28 Pie IX, autobus 139 Le Théâtre Denise-Pelletier remercie le Conseil des arts et des lettfts du Québec, le Consulat général do France, l'hôtel Holiday Inn Select (Montréal) et |a Chambre de commerce française au Canada.; ? £3SSw«»fü 2&H9* Giacobbe 514 790 1245 1-800-361 4595 ADMISSION COM à * i blictteric T H E A T R 514 253-8974 DENISE-PELLETIER -1353, rue Sainte-Catherine Est 23 Papineau ou Vian autobus 34 23 Pm IX, autobus 139 Ontario est au 31 octobre Wm r .ri IN vu / uunsiiHuiiiWi OUQUtMC Le gars et la fille font école La demande est forte pour de nouveaux auteurs télé.Et l'influence dVn gars, une fille commence à se faire sentir un peu partout.Vertiges extrêmes PAUL CAUCHON LE DEVOIR Lorsqu’on parle d’écriture télévisuelle dans le milieu de la télévision, tout le monde cite Un gars, une fille comme exemple d’émission phare, et Guy A.Lepage semble le premier surpris de l’apprendre.Mais Un gars, une fille innove sous quelques aspects: l’organisation de l'écriture, par exemple, et l’absence de tabous.On pourrait ajouter que Guy A.Lepage canalise autour de lui une nouvelle génération,d’auteurs, principalement issus de l’École nationale de l’humour, des auteurs qui essaiment un peu partout.Prenons par exemple la nouvelle série humoristique du vendredi soir à Radio-Canada, Catherine.Elle est écrite par un collectif de trois auteurs, Sylvie Moreau, Stéphan Dubé et Jean-François Léger, les deux derniers ayant participé ou participant encore à Un gars, une fille.«On retrouve actuellement une importante circulation d’auteurs, explique Stéphan Dubé.Ils se retrouvent scripteurs aq Poing J, à La fin du monde, pour L’Écuyer, Histoire de filles, et ainsi de suite.La demande est forte, il y a pénurie d'auteurs, et la formation à l’Ecole de l'humour est nécessaire.» De là à dire que Guy A.fait école, il y a un pas que nous ne franchirons pas.Mais il reste que sa façon de travailler intrigue beaucoup de monde, et pour la comprendre, il faut se souvenir que Guy A.faisait partie de Rock et Belles Oreilles, où toutes les idées et tous les gags étaient mis en commun, chacun écrivant des textes pour tous les autres membres du groupe, en totale démocratie, où la meilleure idée remportait la mise selon le jugement collectif.«Si j'étais auteur dramatique, probablement que je voudrais imposer ma vision unique, poétique, ajoute-t-il.Mais l'humour doit être collectif: si je suis le seul à trouver que mon gag est le meilleur au monde, ce n’est plus un gag.» Chef d’orchestre Guy A.Lepage a partiellement transposé cette façon de travailler sur Un gars, une fille, se donnant toutefois le rôle de chef d’orchestre.Dans cette émission, il cumule les fonctions d’auteur principal, de script-éditeur, de coréalisateur et de comédien.«Je suis comédien par accident et réalisateur par nécessité, dit-il, mais la seule vraie job que je revendique, c'est celle d’auteur.Et je ne suis pas un auteur torturé ou angoissé: j'écris pour le plaisir et pour être entendu.Je ne suis pas un individualiste.Je suis très égocentrique, mais un égocentrique collectif!» Guy A et son comparse Pascal Lavoie écrivent environ 70 % des textes d’Un gars, une fille.Puis une quinzaine d’auteurs se partagent le reste.Guy A donne à ses auteurs des indications très sommaires, par exemple: «le couple est au club vidéo» ou bien: «le couple va chez la belle-mère», laissant aux auteurs la liberté d'imaginer ce qu’ils veulent.Les idées fusent, chacun écrit son petit bout, chacun se soumet à la lecture publique des autres, y compris Guy A.Puis celui-ci change de chapeau, devient script-éditeur, revoit tous les textes, récrit des idées, fusionne des gags.Chaque élément est identifié à l’ordinateur et chaque auteur est payé non pas selon le nombre de minutes écrites, procédure habituelle, mais plutôt si son idée est retenue, quelle source: radio canada Guy A.Lepage et Sylvie Léonard dans Un gars, une fille dure 30 secondes ou trois minutes, ce qui est exceptionnel.Les trois auteurs de Catherine, nouvelle sitcom au ton très ironique, fonctionnent de façon similaire mais sans qu'un des trois soit le principal «idéa-teur».Ils écrivent collectivement, échangent les idées scène par scène, testent tous les gags ensemble.Sylvie Moreau, qui interprète le personnage-titre dans l’émission, endosse ici pour la première fois un rôle de coauteur.«Ma génération a été élevée avec la télévision, explique cette comédienne de 34 ans.Nous avons une vision globale de la télévision, où les rôles sont sûrement moins tranchés que pour la génération précédente.En télévision, il faut être polyvalent, rapide et adaptable.Moi, je m'intéresse au montage, à la production, à l’écriture.Je suis d’une génération d’acteurs qui veulent s’impliquer dans tout le processus de production.» Guy A.Lepage, lui, utilise largement les ressources de jeunes auteurs de 20 à 35 ans, très polyvalents, qui se retrouvent comme scripteurs partout pour les différents spectacles d’humour qui circulent au Québec, dans les arrière-scènes des talk-shotvs humoristiques, dans de nouvelles émissions sur plusieurs réseaux, et qui proviennent souvent de l’École nationale de l’humour.Peut-on parler d'une sorte de communauté unique qui commence à imposer sa vision partout?Cynique et baveux Il est encore trop tôt pour répondre à cette question, mais Sylvie Moreau souligne que Guy A.Lepage a «ouvert la porte et fait avancer les choses de façon incroyable au niveau du langage» en utilisant «un ton de tous les jours qui ne fait pas emprunté», ce qui semble influencer d’autres jeunes créateurs.Mais dans Catherine, le ton n’est pas aussi quotidien que dans Un gars, une fille.Plutôt échevelé, avec des gags particulièrement audacieux et même dérangeants.«Mais ça fait partie de notre réalité à nous, s’exclame Sylvie Moreau.Il y a beaucoup d’humour, de dérision, de cynisme dans notre façon de dire les choses, et ça, c’est commun à notre génération.De la même façon que pour une génération plus vieille, la forme d'humour était plutôt le burlesque ou le slapstick, pour nous, c’est plus baveux.Notre vision du monde est plus cynique aussi: nous n'avons jamais été des rêveurs autant que ceux qui nous ont précédés, pour toutes sortes de raisons.Alors, notre façon d’appréhender le réel, de le poétiser, passe par ce genre d’humour.» Et lorsqu’on écrit des émissions d’humour pour Radio-Canada, doit-on tenir compte de tabous multiples?La réponse n’est pas claire.Stéphan Dubé, de Catherine, s’indigne d’abord qu’on puisse porter aux nues la série britannique Absolutely Fabulous.«Si on la faisait ici, on se ferait lapider sur la place publique!» «Au Québec, ça ne prend pas grand-chose pour être considéré comme non politiquement correct, ajoute Sylvie Moreau, avec tous les lobbys de catholiques, de non-fumeurs, etc.L’invention même du terme “politiquement correct” a créé un conservatisme incroyable.» L’équipe de Catherine soutient être d’attaque pour aborder tous les sujets traditionnellement chauds, que ce soit la mort ou l'homosexualité, par exemple, mais déclare ne pas trop vouloir aborder la religion, qui demeure un tabou féroce selon eux, si on se fie aux réactions ayant accueilli l’émission Dieu reçoit l’année dernière à TQS.Guy A.Lepage, lui, soutient n’avoir aucun tabou.«Je suis amoral», lance-t-il en rigolant, «et je ne peux pas tenir compte des bibittes des autres quand j’écris!» Ainsi, explique-t-il, s’il ne présente pas le couple d'Un gars, une fille «dans une orgie en train de se faire fouetter», dit-il, ce n’est pas pour des raisons morales mais «parce que ça ne fonctionnerait pas avec l’actuelle logique de leur comportement».DIE DYER Une œuvre vidéo d’Alain Pelletier présentée le 16,17 et 18 octobre au Média Lounge du Festival du nouveau cinéma et des nouveaux médias.JULIE BOUCHARD Vomir.Vomir tout mon soûl.Vomir.Parce que contre ce qui m’envahit c’est tout ce qu’il m’est encore possible de faire.Et même si dois pour cela me dissoudre, m’achever, je vomis parce que voilà ma seule liberté.Qu’elle vous renverse et vous empoisonne l’existence.Cette volonté claire et nette, cette liberté alliénée est celle d’un des personnages mis en scène dans Die Dyer, dernier vidéo d’Alain Pelletier, lancé officiellement dans le cadre du Festival du nouveau cinéma et des nouveaux médias de Montréal.Un triptyque sur l’homme contemporain Une œuvre vidéo qui creuse la volonté de puissance.Une volonté qui ne cesse de s’exprimer, envers et contre tout.Die Dyer est la troisième bande vidéographique d’Alain Pelletier.Elle clôt un triptyque, ouvert en 1993 avec Faux Fluides, suivi de Faust Médusé en 1995.Un triptyque sur l’homme contemporain, dont la survie même est menacée par un capitalisme tentaculaire, par la perte du salut offert autrefois par la religion, par le nihilisme qui aujourd’hui s’empare de tout et refuse même de reconnaître l’humain en l’autre.Die Dyer est l’œuvre la plus aboutie à ce jour d’Alain Pelletier; une œuvre oii se croisent le théâtre, la danse et les arts visuels; trois formes empruntées, et encore parfois visitées par Alain Pelletier.Die Dyerest aussi tissé de ses lectures; Artaud et Cioran, surtout, s’y rencontrent.Mais Die Dyer est aussi fait, et surtout peut-être, de vertige et des extrêmes.Les seuls lieux visités par Alain Pelletier.Il a fait du théâtre, de la danse et a touché aux arts visuels.Trois formes, trois langages qu’il a appris à maîtriser, qu’il a fréquentées et qu’il a laissées sans qu’elles ne le quittent vraiment.Mais si le théâtre lui permettait de dire, si la danse lui permettait d’exprimer, si les arts visuels lui offraient le détachement, Alain Pelletier trouve dans la vidéo les moyens de tout dire à la fois, d’exprimer une idée de façon globale et de détacher de lui-même ce qui lui devient parfois si intime.Il y accumule les couches de sens, utilise l’image, le texte, la voix, le son et le mouvement pour créer des bandes vidéo tellement denses, tellement riches de sens qu’elles deviennent, un peu comme les textes qui l’inspirent, inépuisables.Huis clos Die Dyer est un huis clos.Impossible de s’échapper de ce lieu, où trois personnages ont été invités.Deux hommes, une femme.Une comédienne, un modèle.«Et un autre dont je ne sais rien, mais qui est déjà déraillé.Il se prend pour mon assistant», dit le photographe, à qui un peintre a demandé de créer, avec ces trois corps, des images.Trois personnages qui ont accepté d’être photographiés, à tout «moment du jour et de la nuit et selon toutes modalités».Les voilà objets sous l’œil d’une caméra.Des images sont construites.Rien d’autre ne se passe.Ou presque rien.Sauf que tous expriment un refus.Refus de l’ambiguité des choses.Pourquoi les choses n'ont-elles pas tous un sens unique, évident?Refus de l’organisation du corps telle qu’imposée par le capitalisme.Un corps qui affirme son refus alors qu’il se défait de l’intérieur; un corps qui n’a plus d'autre liberté que celle d’inverser le SOURCE 1 Ne NM Une scène de Die Dyer, d’Alain Pelletier pouvoir exercé sur lui.En vomissant.Refus de la fécondité.Trois refus, trois puissances d'expression.Trois principes qui, comme autant d'impératifs, mettent le monde en demeure d'apporter une réponse.Faux Fluides, la première bande vidéo d’Alain Pelletier, avait été primée et récompensée d'une résidence au Centre international de création vidéographique (C1CV), en France.C’est là qu’il avait conçu le projet de Faust médusé, sa seconde bande vidéo présentée en 1995 et qui lui avait valu, cette fois, le prix de la meilleure bande vidéo aux Rendez-vous du cinéma québécois.Faust médusé a été acheté par le Musée des beaux-arts d'Ottawa.Cette même bande attira l’attention d'un metteur en scène londonien, qui invita Alain Pelletier a réécrire un Faust, mais pour le théâtre cette fois.Pelletier, qui a d’ailleurs une formation d’acteur, y interpréta un des rôles.Sa collaboration avec le CICV, en France, s’est poursuivie et donna naissance, en 1996, à Fils de chien, une œuvre multidisciplinaire qui ne fut malheureusement jamais présentée à Montréal.Si Ottawa, Londres et la France ne montrent aucune hesitation à recevoir Alain Pelletier, le suivent et cherchent les occasions de collaboration avec lui, il semble qu'ici d'autre chose soit plus importante que de suivre à la trace les gens qui bouleversent l’horizon.Une fois que le Festival du nouveau cinéma et des nouveaux médias de Montréal sera terminé, comment faire pour voir, mais surtout revoir Die Dyer?L’un des deux grands musées montréalais l’achètera-t-il?Osera-t-on encore invoquer la question du budget, si souvent citée pour justifier une paresse impardonnable?La reconnaissance institutionnelle de Die Dyer n’est pourtant qu'une question d’existence.de et avec DANIELE FINZI PASCA du TEATRO SUNIL (Suisse) 12-16 oct.19-23 oct.«Un événement exceptionnel, un cadeau!.«Si les clowns peuvent nous apprendre l'un des grands moments de théâtre auxquels quelque chose, c'est que le théâtre est un il m'a été donné d'assister.» if DEVOIR refuge de la chaleur humaine.Un spectacle à voir.» VOIR « Un clown - ou est-ce un ange ?- à l’humanité bouleversante!» LA PRESSE „un interprète formidablement généreux, «Un spectacle qui procure cet éblouissement, une allumette frottée dans l'obscurité, animé d'une tendresse toute simple aussi désarmante .que désopilante.un effet que je n’avais pas ressenti depuis bonheur!» LE JOURNAL DE MONTREAL des lustres.» ICI a Le C|0wn au C|,arnie dévastateur gagne le «Un poète de la scène à l'humanité public en un tour de main.» LE DEVOIR transparente.» VOIR Tarif spécial ICARO & GIACOBBE pour 40$ seulement , Réservations 521.4493/Admission 790.1245 ; ; USINE C 1345, LAl0N.t®BiAUDR4 F'lï^«fwteiïrprtn,’te remarquable d'aisance.Un texte cisele a ^s^rig1onjaSflrfWiLaPn!S5e texte d'une vérité hallucinants UneS?-rUnCrmcnche à la radio, CBF Michel Vais, Un Une très, très ê^de^ssit UnCTdrèDS£me,Deboucheaare1lle.5RC A voir.A ne pas MédiWTlF Winston de Geneviève Billette mise en scène de Claude Poissent Av«c- Chantal Mril - Patrice Coquereau - Normand D'Amour .Allie Perreault - Michel Perron Assistance et régie - Alain Roy Scénographie - David Gaucher Costumes - Linda Brunelle Conception sonore - Ta tairas-tu?Eclairages - André Rioux Maquillages - Angelo Barsetti H É Â T R E 4890, BOUUVARO SAINT-MURENT ^ MONTRÉAL, QUEBEC P j RÉSIRVATIONS : (514)845 4*90 RÉSIAU ADMISSION :
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