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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1999-10-09, Collections de BAnQ.

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L E DEVOIR.I, E S SA M E I) I » E T D I M A X C II E I 0 0 0 TORRE 1 !» I» 9 ?LE DEVOIR ?Rops au delà de la provocation Page B 3 La fin du inonde Page B 4 La femme de César Page B 14 Page B 6 Page B 10 Page B 14 1211® •4.v.np; mamn, mM Il hérite pour la première fois des locaux rutilants d’Ex Cen-tris et s’offre une programmation particulièrement resserrée et appétissante.Du 14 au 24 octobre, c’est reparti pour le Festival du nouveau cinéma et des nouveaux médias de Montréal, qui démarre jeudi avec Tout sur ma mère de Pedro Almodovar.Saura-t-il reconquérir un public moins dense que jadis?Avec tant de bonnes cartes dans son jeu, pourquoi pas?ODILE TREMBLAY LE DEVOIR i a passe ou ça casse, cette \\ y y année», lance Luc Bour-5; don d’un air convaincu.Membre du triumvirat à la programmation du Festival du nouveau cinéma et des nouveaux médias de Montréal, il regarde le rendez-vous s'approcher à grands pas, songe que si l’engouement du public ne suit pas, il faudra se poser de sérieuses questions.Claude Chamberlan affiche de son côté un bel optimisme.Il a lancé force invitations à des producteurs et des distributeurs étrangers pour qu’ils viennent juger de visu du sérieux de la maison, les attend de pied fer-me.«C’est un lancement planétaire», déclare-t-il.Par ici les foules! Le FCMM roulera à Montréal du 14 au 24 octobre.28' édition?Oui et non.Plus vieux festival de cinéma de Montréal, ce rendez-vous a tellement changé de visage au long dés ans, de dates, de lieux, qu'on a toujours l’impression qu’il sort en plein soleil pour la toute première fois.Une année charnière Il faut dire que les premières fois s’accumulent à sa feuille de route: première fois qu’il se déroulait au printemps puisqu’il ne se déroulait plus au printemps, première fois qu’il atterrissait sous l’aile de son mécène Daniel Langlois, etc.En 1999, c’est la première fois que ce festival prend son pied dans les nouveaux locaux d’Ex Centris, avec des équipements et des salles de pointe, temple high tech prêts pour l'assaut.Au fil des bouleversements, la clientèle a un peu perdu pied et s’est clairsemée, d’où l’offensive reconquête.Le produit est là, l’emballage aussi.Année charnière, donc.Tous s’entendent là-dessus.Le superbe Almodovar, Tout sur ma mère, assure le coup d’envoi de l’événement jeudi.Les films de Doillon, de Sokourov, de CHAMHEREAND I.E DEVOIR FESTIVAL INTERNATIONAL mi^niAC NOUVEAU CINEMA NOUVEAUX MEDIAS Montréal 1999 14-24 OCTOBRE + VOIR PACE B 2: FCMM BLOUISSANT et RÉSISTjfBLE qui ROCKdeterue, FCMM De toute évidence, le festival qui fut longtemps associé à la personne de Claude Chamberlan et à ses côtés brouillons est en train de se transformer en un ensemble choral à la fois plus éclectique et raffiné a* Hydro .Québec présente C/KG OE j.I a critique est UNANIME1.] *• torchon» ' Itnf»; "• v.Ufr r 5.|iî«t >.m SîWlî l/wn|.Mt f-nrt M.VC Swl Réjiii V.nwvt*:' Vnnse en Québec Votcl'ludson ile-Bonut Llp .) EXPOSITIONS Au delà de la provocation De Namur à Paris : le XIXe siècle de Félicien Rops prend l’affiche au Musée du Québec, du 29 septembre au 2 janvier 2000 î j j MUSÉE DU QUEBEC E© : '¦/ " ¦*’* ' FOUKINK impresari» Pygmalion v théâtre du rideau vert DAVID CANTIN On associe le nom du peintre belge Félicien Rops à la controver-' se et à l’érotisme provocateur de ses tableaux.Par contre, derrière cette ¦façade qui ne laisse personne indif-'férent, se cache un artiste beaucoup -, plus complexe.Dans la foulée des activités marquant le centenaire de plus de 260 œuvres, allant du dessin à la peinture, de la gravure à l’illustration.'En trois salles, ce parcours suit un ordre chronologique, de Namur à Pa-.;ris, jusqu’à la touie fin, où l'on peut dé couvrir les toiles les plus sulfureuses de cet anticonformiste.I < Inclassable Quelque part entre le romantisme et le néoclassicisme, il semble impossible de classer Rops dans un cjes grands courants qui traversent le , ;XIX' siècle.On rapproche plutôt son îîdrt d’œuvres littéraires telles Les )|Épaves de Baudelaire, Les Diabo-> l tiques de Jules Barbey d’Aurevilly ou ’encore Le Jardin des Supplices d’Octa-ve Mirbeau.Autant d'imaginaires qui transgressent les mœurs ainsi que les liens moraux de l’époque.Il faut bien dire que Rops ne quittera jamais cet esprit de liberté qui l’anime.D’ailleurs, dès son adolescence, il adopte une liberté de pensée, de comportement et de mouvement.Lors de son passage à l’Université libre de Bruxelles au début des années 1850, il se joint aux cercles avant-gardistes de Belgique.Plus tard, grâce à l’héritage paternel, il fonde son propre journal, Uy-lenspiegel (L’Espiègle), où il développera son talent pour la caricature d’inspiration politique.On peut prendre, à titre d’exemples, La Comédie politique, La Politique pour rire (1859) et surtout La Médaille de Waterloo (1858).Déjà, on sent dans ses caricatures virulentes une haine face au bourgeois bien-pensant, réduit au conformisme de ses valeurs.En réaction à ses années de collège, un anticléricalisme violent fera aussi surface dajis ses œuvres.A la sui-te d’une rencontre déterminante avec Baudelaire, il s’intéresse de plus près au corps féminin lié à la mort.Comme le poète du Spleen de Paris, il attire le scandale mais gagne également une solide réputation en tant que graveur et illustrateur.Fasciné aussi par Courbet, Rops cherchera à «traduire en images la réalité qui nous entoure tout en conservant la spontanéité de la première impression».Devant cette profession de foi, Les Bas-fonds correspond à un véritable manifeste esthétique, où la mémoire du geste l’emporte sur la précision des lignes.Errances En traversant les portes de la deuxième salle, on rejoint l’artiste belge autour de son errance pari- sa mort, en 1998, le Musée .du Québec regroupe 'une exposition imposante qui compte SOURCE Portrait de Félicien Rops par Roller, Budapest, 1879 sienne, qui va des années 1876 à 1884.Dans cette étape charnière, le nu féminin prédomine.C’est la période de la comédie humaine et amoureuse des Cent légers croquis sans prétention pour réjouir les honnêtes gens.Sous le thème du divertissement érotique, Rops peint des modèles d’une grande beauté qui échappent au statisme de la pose.Il prend la vie sur le fait, la rencontre de plein fouet à travers l’intense contraste des expressions humaines.Ses esquisses ne tolèrent pas la laideur mais se concentrent plutôt sur l’idéalisation.Il ne faut jamais perdre de vue ce souci qu’a Rops d’innover, de manière très personnelle, sur le plan technique et artistique.Il ira même jusqu’à utiliser le pastel en poudre et approfondira ses recherches sur la gouache dans sa description particulière de la vie moderne.Figure emblématique de cette rétrospective, la Pornokratès (1878) devient une sorte d’aboutissement de cette démarche créatrice.Arrogante et fière de sa nudité imposante, elle est la femme ropsienne par excellence.Les yeux bandés, elle incarne le pouvoir de la dominatrice guidée par l’ignorance, la luxure et la goinfrerie d’un porc en laisse.Cette satire des bas instincts et des actions des hommes politiques ne manquera pas de choquer profondément toute une couche sociale.Dans la dernière salle, au rez-de-chaussée, l’œuvre de Rops prend toute sa dimension décadente et lubrique.Elle met en scène le «peintre des luxures», celui qui n’hésite pas à révéler à l’homme l’égoïsme de ses basses jouissances avec un raffinement extrême.Il dévoile avec audace les sexes masculins et féminins.Grâce à des références au mythologique, au sacré ainsi qu’à l’iconographie refi- ll ne faut jamais perdre de vue ce souci qu’a Rops d’innover, de manière très personnelle, sur le plan technique et artistique gieuse, il n’hésite pas à faire intervenir un malaise entre le charme esthétique et la confusion morale.On retrouve cette obsession charnelle qui détourne des images étranges et choquantes du passé jusqu’à l’excès de l’extase divine dans La Tentation de saint Antoine (1878).D’autres toiles se concentrent sur l’influence satanique sur la femme, renforçant le pouvoir de répulsion.Ne se jugeant ni obscène ni pornographique, Rops veut traduire l'exaspération de la chair Selon l’écrivain Joris-Karl Huysmans, «il peint l'extase démoniaque comme d'autres ont peint les élans mystiques».Dans son renversement du religieux, il invente une «mystique noire».En quittant les derniers tableaux, il serait dommage de ne retenir de cette exposition que le simple fait de vouloir provoquer.Il y a beaucoup d’autres éléments à retenir, comme la grande maîtrise technique de l’artiste belge ou la richesse stylistique dans les détails de certaines œuvres.Bien sûr, Félicien Rops proclamait haut et fort sa «haine des tiédeurs».Pourtant, derrière le regard du dandy se cachait, sans doute, un être très fragile.De plus, cette première grande rétrospective en Amérique du Nord permet aux visiteurs de se familiariser avec des extraits de la correspondance volumineuse de Rops, tout au long de ce parcours fascinant.Voilà donc une exposition qui se laisse prendre à petites doses afin de mieux apprécier ce personnage singulier du XIX' siècle.SOURCE MUSÉE DU QUÉBEC À vendre (Les deux amies), 1890.Détail.EN SPECTACLE 3 - 4 m 5 et 6 novembre • Montréal 4890, Ôoukvdtd Sâfnt-Uuient Montréal (Québec) Téléphona : 514.845.4890 Réseau Admission : 514.760.1245 SALLE DU THÉÂTRE QSCf⌮® Nouveauté : et Butterfly disponible maintenant en CD et cassette ?***» La Presse ***?'• Journal de Montréal m ü | M *7 , ' H TOURNÉE .ET BUTTERaY AUTOMNE 1999 23 oct.Centre d'Art (819) 826-2488 ) OCT.Théâtre du Vieux Sl-Jean (450) 358-3949 13NOV.Auditorium ITA (450) 778-3388 18NOV.Salle Jean Desprez (819) 595-7455 20 NOV.Centre culturel (450) 464-4772 23 nov.Salle Maurice O'Bready (819) 820-1000 26 NdV Auditorium Dufour (418) 549-3910 LE SPECTACLE ET BUTTERFLY.UNE CRITIQUE UNANIME .< Un spectacle géant, intelligent et brillant! » - La première chaine de Radio-Canada « Impossible de ne pas réagir au spectacle de Marie-Claire Séguin » - Le Devoir EN NOMINATION ADISQ 1999 INTERPRÈTE FÉMININE DE L’ANNÉE |.i: DKVOII! tmrp ,e *V! DERNIERES SUPPLEMENTAIRES 26 - 27 nov., 20 h 30 Artiste invitée HELENE TREMBLAY ISPÉCTRUmi 318, STE-CATHERINE O.©PI.des Arts (Int.861-5851) billets au Spectrum, chez Admission el au 790-1245 (-rirais) DU 28 SEPTEMBRE AU 23 OCTOBRE 1999 Traduction: Antonine Maillet.Mise en scène: Françoise Faucher.Avec Guy Nadon, Isabelle Blais, Monique Lepage, Raymond Legault, François Tassé, Penette Souplex, Gabrielle Mathieu, Marie-José Normand, Jaques Baril, Jean-Marie Moncelet, Marcel Girard, Danielle Leduc et Louise Caron.Assistance à la mise en scène : Sue Tunnel Concepteurs : Catherine Granche, François Barbeau, Michel Beaulieu, Catherine Gadouas, Lucie Langlois.(514)844-1793 www.rideauvert.qaca 4664, rue Saint-Denis - Métro Laurier Service de garderie le samedi et le dimanche en matinée sur réservation seulement.CONSEIL gÿwgra fs/ SSL., Niumn ov oui MC SPEXEL TVA Omni LE DEVOIR, LES SA M E D I !) ET l) 1 M A N C 11 E 10 0 C T 0 R R E I il il il DANSE THÉÂTRE Territoires intérieurs Isabelle Choinière est-elle à mettre dans une case à part ?Faut-il donc pour aborder son travail entrer dans une autre dimension ?Elle est gourmande, Isabelle Choinière.Si elle pouvait mettre le monde sur scène, le monde tout entier, avec le passé, le présent et le futur réunis, elle le ferait.Et elle nous y mettrait aussi, si elle le pouvait, à n'en pas douter.Par défaut, donc, elle se présente seule sur scène dans La Mue de l'Ange, sa plus récente performance d’art électronique.Seule, mais présente au monde et avec la volonté, surtout, de retrouver l’unité originelle avec lui.Une unité déjà sentie, éprouvée, explorée sur scène, dans le désert ou sous l’eau.Et qu’elle nous offre en partage.Une recherche multidisciplinaire Depuis Partage des peaux, présentée en 1994, Isabelle Choinière poursuit une recherche chorégraphique multidisciplinaire où sons, vidéo, infographie et gestuelle participent à la création.Les nouvelles technologies, outils du temps présent, dit-elle, ont toujours fait partie intégrante des recherches tant théoriques que chorégraphiques d’Isabelle Choinière.Comment les nouvelles technologies transforment notre présence au monde?Cette question, l’analyste Isabelle Choinière la creuse.Et cherche dans de nombreuses directions à la fois pour lui apporter réponses; ses exposés sont tissés d’emprunts au taoïsme, aux sciences, à la philosophie, à l’anthropologie, à l’histoire, etc.Son discours est touffu, parfois ardu à suivre.Elle le sert quand même aux médias, qui s’y laissent prendre.Ne sachant par quel bout prendre celle qui ose intégrer à la danse les nouvelles technologies et qui justifie sa démarche avec un discours un peu obscur, les médias ont souvent enrobé Isabelle Choinière et son travail de mystère: «Apprentie sorcière des temps cyber», titrait Le Monde.«Il n’y a pas véritablement de tangage et de rhétorique pour parler du travail d’Isabelle Choinière», y allait pour sa part le présent quotidien, Le Devoir.Est-elle à mettre dans une case à part?Faut-il donc pour aborder son travail entrer dans une autre dimension?Pas sûr.Une perspective réseautique La Mue de l’Ange tente de recréer cet état de présence au monde ressenti par Isabelle Choinière lorsqu’elle est sur scène.En train de performer.Ou de danser.Tout simplement.Un état qui lui permet de sortir d’elle-même, de sentir son corps plus présent que jamais dans l’espace.De le sentir touché par la présence des autres.De se sentir partie prenante, pour une fois, avec ce monde qui si souvent nous fait défaut.Une expérience d’unité et de présence au monde ressentie aussi dans le désert, alors qu’elle avait l’impression d’être traversée par l’air ambiant.Ressentie également sous FRÉDÉRIQUE BOLTE Isabelle Choinière se présente seule sur scène dans La Mue de l'Ange, sa plus récente performance d’art électronique.des mètres d’eau, alors que, arpentant le fond des mers, elle se sentait léchée, emportée par une matière fluide qui ne lui reconnaissait plus de limite.Le temps, dans ces moments, et l’espace semblent se défaire des limites que nous leur trouvions hier oppressantes.«Ton corps va plus loin que toi.Tu sens qu’il y a un espace intérieur et extérieur.» Que la réalité dépasse la perception immédiate; qu’elle se déploie maintenant bien au-delà de ce qui est tout près.Comment retrouver cet état?Comment le partager?Le pari d’Isabelle Choinière est que les nouvelles technologies peuvent permettre de retrouver ces états.La Mue de l’Ange fait suite à Communion, créé en 1995 et qui valu à Isabelle Choinière une reconnaissance internationale.Plusieurs des principes en oeuvre dans Communion sont repris, mais utilisés cette fois dans une perspective réseau- tique.Au sein d’un lieu ouvert, les sens se multiplient.Les limites physiques et psychiques du corps sont remises en questions.Dans La Mue de l’Ange, deux danseuses sont reliées par l’entremise du réseau Internet.La vidéo, l’infographie, le son s’ajoutent à la gestuelle pour étendre le monde intérieur du corps présent, réel, celui d’Isabelle Choinière.Le corps se multiplie; il n’est plus que présent, il apparaît aussi distant; il se fait lumineux, sonore.Dans un espace qui ne connaît plus de limites, où les mondes intérieur et extérieur se rejoignent, le corps s’amplifie, comme une cellule organique, et se répand dans l’espace comme un tissu vivant.L’acte de chorégraphier, pour Isabelle Choinière, était intérieur, s’est fait «à même [sa] chair et [sa] peau».Le réseau Internet, la numérisation de la gestuelle, de la vidéo et du son, qui peuvent dès lors se transmuer l’un en l’autre, sont utili- sés comme métaphore d’un monde désormais ouvert, où le corps peut entrer en osmose avec les éléments qui l’entourent.Isabelle Choinière danse depuis des années, mais elle est toujours restée en marge du monde de la danse à Montréal.Elle s’est produite d’abord dans des centres d’artistes ou des galeries d’art; le milieu des arts visuels lui a ouvert les portes dès ses débuts.Et c'est grâce à lui qu’elle a acquis une réputation internationale.Comment se fait-il que le monde de la danse n’arrive pas à intégrer le travail Isabelle Choinière?Trop de technologies dans ce qu’elle fait?Laissons-leur la réponse.LA MUE DE L’ANGE D’Isabelle Choinière.Les 13,15,16, 21 et 22 octobre, 20h30, au théâtre Prospero.La fin du fin monde est arrivée Denis Bernard bosse depuis vingt ans sur les scènes.Il profite d’un retrait volontaire des planches pour diriger le nouveau George F.Walker, de la série Motel de passage, qui prend l’affiche cette semaine au Théâtre de Quat’Sous.STÉPHANE BAILLA RG KO N LE DEVOIR La vie est vache.Plus que ça.Cruelle et sans pitié, comme le découvre en ce moment le comédien Denis Bernard.Il y a quelques mois, le directeur du Quat’Sous, Pierre Bernard (sans lien de parenté), lui a offert de prendre sa place pour mettre en scène La Fin de la civilisation, le quatrième volet de la série Motel de Passage du Canadien George E Walker.Ça tombait bien.Denis Bernard commençait une sorte d’année sabbatique, en tout cas de retrait du devant des planches, après deux décennies de boulot en cascade.Ce serait sa première mise en scène professionnelle à Montréal — il a entre autres dirigé Duo pour voix obstinées de Maryse Pelletier, au Trident, en 1990.La belle et alléchante aventure s’est mise en branle.Et puis, bang, tout d’un coup, il y a quelques semaines, la mort a frappé.Un cancer, qui a finalement emporté son père le week-end dentier.Un inunense malaise dans sa propre civilisation.«D’une certaine façon les deux mois de la création ont coïncidé avec les deux mois de l’agonie de mon père», expliquait plus tôt cette semaine Denis Bernard, qui a donc conservé le cap jusqu'au bout, malgré la tempête de sentiments noirs qui a menacé sa vie d’un naufrage.Jusqu’à accepter de ce prêter au jeu trivial et mortifiant du service avant-vente, au petit café du Théâtre de Quat’Sous.«Une sorte de joint étanche s’est installé entre les deux événements.Quand j'étais, ici, au théâtre, j’étais tout ici.Par contre, quand je quittais, c’était comme si je n’avais jamais fait ce travail.J’ai vécu une immense douleur avec mon père, ma mère, ma femme, mes enfants, ou tout seul, mais je ne pense pas avoir forcé mes compagnons de travail sur ce terrain.Et puis, qui sait.La mort de mon père va peut-être finalement influencer ce spectacle, concrètement.» L’humanité moins l’humain Le sujet de la pièce annonce non pas la fin des êtres, mais la fin de ée qui les relie entre eux, de ce qui donne corps et âme à la vie en commun, la culture, l’éthique, le sens, bref tout ce que l’humain a ajouté à l’humanité.Cette Fin de la civilisation est exemplifiée par le cas de Henry (Vincent Bilodeau) et de sa femme Lily (Micheline Bernard, là encore sans lien de parenté).Henry, un monsieur bien ordinaire, vient de perdre sa job.«C’est monsieur tout le monde, dit Denis Bernard.C’est toi, c’est moi, c’est mon père.» Henry cherche donc du travail.Mais rien ne se déroulera comme prévu et le bon Henry va finalement gonfler sa colère, sa révolte, son besoin de vengeance jusqu’à de monstrueuses proportions.Jusqu’au sang.Jusqu’à un triple meurtre.Et sa femme l’accompagnera dans sa chute à force de fréquenter Sandy (Isabelle Vincent), une pute installée dans la chambre voisine.Car comme l’exige la série des six pièces de Walker, celle-ci se déroule encore dans la même chambre, le numéro 21 d’un «motel de passage», en banlieue d’une gande ville non identifiée.La scénographie de Jean Bard situe l’action ici et nulle part, dans n’importe quel motel miteux d’Amérique.On retrouvera aussi les deux policiers croisés dans Pour adultes seulement, au printemps dernier, Max (Marcel Lebœuf), qui tient un peu le coup éthiquement et personnellement, et puis Donny (Gilles Renaud), plus ripou et plus alcoolo que jamais.VOIR PAGE B 5: BERNARD IS GRENIER I.E DEVOIR Le comédien Denis Bernard dirige La fin de la civilisation au Quat’Sous au 31 octobre ¦ DUCA4MC Théâtre prospero TTZL rye Ontario est Création de Marie-Hélène Letendre Mise en sc^ne VolodiaAgéev Réservations Theatre Prospero 526-6582 -Admission 790-1245 sa M de et avec DANIELE FINZI PASCA du TEATRO SUNIL (Suisse) 12-16 oct.19-23 oct.« Un événement exceptionnel, un cadeau !.l'un des grands moments de théâtre auxquels il m’a été donné d’assister.» LE DEVOIR « Un clown - ou est-ce un ange ?- à l'humanité bouleversante!» LA PRESSE «Un spectacle qui procure cet éblouissement, une allumette frottée dans l'obscurité, un effet que je n'avais pas ressenti depuis des lustres.» ICI «Un poète de la scène à l'humanité transparente.» VOIR «Si les clowns peuvent nous apprendre quelque chose, c'est que le théâtre est un refuge de la chaleur humaine.Un spectacle à voir.» VOIR «Un interprète formidablement généreux, animé d'une tendresse toute simple aussi désarmante .que désopilante.Un bonheur ! » LE JOURNAL DE MONTRÉAL «Le clown au charme dévastateur gagne le public en un tour de main.» LE DEVOIR Tarif spécial ICARO & GIACOBBE pour 40$ seulement Réservations 521.4493/Admission 790.1245 „7“: USINE C IMS, Lalohoe $kmmv, »s 125 swl55a»*7 Je suis un saumon de et avec Philippe Avron Molière du meilleur « one man show » en 1999 Musique : Jean-Jacques Lemêtre • Éclairages : André Diot du spectacle comme A Montréal pour 5 soirs seulement! Du 26 au 30 octobre à 19 h 30 Billetterie ' 4353, rue Sainte-Cathcrino Est SS PapiiTeau ou Viau,autobus 34 Pie IX, autobus 13?Le Théâtre Denise-Pelletier remercie le Conseil dos arts êt des lettres du Québec, le Consulat général de France, l'hôtel Holiday Inn Select (Montréal) et la Chambre de commerce française au Canada. L K DEVOIR.LES SAMEDI » ET DIM A X CHE 1 O 0 C TORRE I !> it il R ,r) M ) Mo il u THÉÂTRE BERNARD SUITE 1)E LA PAGE B 4 «Je crois que de toutes les pièces de la série présentée jusqu'à maintenant au Quat’Sous, c’est de loin la plus cynique, la plus dure, la plus yeurk, dit le metteur en scène.Elle nous laisse un goût amer.Elle n’est pas rassurante, pas attrayante du tout.Elle fait peur, à la limite.[.] Cette pièce, c’est une immense détresse.Elle raconte l’histoire de deux personnages en détresse dans un monde en détresse, dans un monde qui n’évolue plus, qui s’autodétruit, qui s’automutile.» Sur ce, Denis Bernard propose une image, inspirée des arts visuels.Dans une galerie, sur un mur, il y aurait écrit: «La Fin de la civilisation».11 y aurait aussi un polaroïd d’un homme se prenant la tète.Une sorte de nouveau Cri d’Edvard Munch, pour un nouveau temps des bilans, très fin-de-siècle.«On aurait l’essence de cette pièce, de son sujet.Cet homme nous dirait qu’il a tout fait selon les règles, toujours, tout le temps, mais que si la société, la civilisation change les règles, f[.], il va falloir que quelqu’un, quelque part se prépare à payer.» Il avertit aussi que l’idée n’est pas de justifier cette violence, mais d’en démonter les mécanismes générateurs.« Walker a du génie pour autopsier les comportements de ses personnages.Il ne les propose pas en exemple.Il montre.Il souligne.Il dresse un portrait fidèle d’une situation.» Complexité La structure narrative déployée par l’auteur rajoute à la complexité de la, chose.On devine que les événe-ments se déroulent sur environ cinq semaines, mais Walker a entremêlé la chronologie, télescope le temps, construit une belle grosse boucle.«Cela confronte le spectateur à des contresens», confie l’accoucheur scénique qui a même contacté le dramaturge pour tenter de les gommer.«Il nqus a dit de ne pas faire attention à Ça et que de toute manière, cela >\ avait aucune importance.» Malheureusement, George F.Walker n’a pas vu les trois excellentes premières productions québécoises de sa série, dans les traductions vraiment très réussies de Maryse Warda.Il n’a pas annoncé son intention de se pointer pour La Fin de la civilisation.Ce ne sera pas la seule mise en scène de Denis Bernard cette année.Il dirige parallèlement à «un travail» sur Les Trois Sœurs, de Tchékhov, qu’on devrait voir l’an prochain dans le long Cycle Tchékhov du Théâtre de l’Op-sis.Habitué autrefois aux rôles de beaux jeunes premiers, Bernard est devenu un excellent tchékhovien au cours des dernières années, sous la gouverne du metteur en scène Serge Denoncourt, qui l’a notamment utilisé dans Je suis une mouette [non ce n’est Pqs ça], un sommet théâtral des dernières années.«Chez Tchékhov comme chez Walker, on retrouve le portrait d’une façon de faire, chez Tchékhov, le sentiment de désœuvrement l’emporte.De Walker, on retient, le cynisme et le désarroi.Dans les deux cas, il est question de la fin de la civilisation.» Tout ne s’effondre pas.A peu près en même temps que la condamnation inévitable de son père, Denis Bernard a également appris que sa femme était à nouveau enceinte.La vie peint parfois du gris sur du gris.Mais la vie est belle aussi.Et la vie continue.Mères éplorées et enfants morts Stabat Mater II prend l’affiche au TNM à partir du 19 octobre Version augmentée d'un texte écrit en 1996 pour les jeunes filles du Lycée Victor-Hugo à Paris, Stabat Mater II met en scène quinze actrices qui incarnent une vingtaine de mères en deuil de leur fille.SOLANGE LÉVESQUE Comme si un cataclysme avait fauché plusieurs enfants dans cette ville inventée qui s’appelle Manustro, des jeunes hiles gisent, petites Ophé-lie inertes, attendant que leur mère reconnaisse leur corps.Le thème paraît plutôt sombre.Normand Chau-rette en a extrait des variations inspirées où l’amour, la peur et la recherche d’un sens face à la douleur et à la mort se mêlent.Stabat Mater II est sa onzième œuvre dramatique.La création accomplit souvent d’étranges métamorphoses.En 1996, Chaurette était invité à Paris où l’on sollicitait sa participation à un projet d’écriture original: en un mois et demi, dix auteurs devaient écrire chacun une courte pièce destinée à être créée par les lycéennes de diverses institutions d’enseignement.A chaque écrivain était attribué un lycée.«Voilà que je tombe sur le lycée Victor-Hugo, raconte Chaurette, une école exclusivement fréquentée par des jeunes filles de 12 à 15 ans.» Au jour prévu, Normand se présente au lycée, en retard parce qu’il s’était un peu fourvoyé dans les couloirs en cherchant la salle de classe.«Je trouve enfin le groupe qu’on me destine; les élèves sont au gymnase, en période de relaxation, toutes allongées par terre, les yeux fermés et vêtues de leur uniforme sombre, sous l’œil d’une surveillante.» Cette image le frappe tellement qu’elle lui inspire immédiatement le sujet de sa pièce: «J’ai tout de suite eu l’idée du Stabat Mater, dit-il.Le défi était de trouver une lumière dans cette situation qui pourrait être morbide.D’éclairer quelque chose d’autre que la tristesse ou la consternation que peut nous inspirer ce sujet».Obsession Les adolescentes qui ont joué le texte pour la première fois devenaient donc en quelque sorte leur propre mère.Sans le savoir, puisque Chaurette leur a remis leur rôle sans leur parler de l’image qu’il avait eue en les voyant pour la première fois, et sans leur expliquer précisément la situation qu’il avait en tête.Dans sa version achevée, la situation est devenue explicite: les mères attendent à la morgue pour reconnaître, comme on dit, le corps de leur enfant.Manustro est une ville imaginaire où l’on trouve de grandes et impressionnantes écluses, lesquelles sont importantes dans la pièce car, inexplicablement, elles condensent un désir des jeunes filles, très attirées par la beauté de ces écluses.Mais au sujet de leur mort, l’auteur ne donne pas de clé; il laisse les mères émettre leurs hypothèses.«Elles sont très différentes les unes — CHRISTIAN DKSROCHES Maquette de la scénographie de Stabat Mater II.Le décor est de Danièle Lévesque.des autres; certaines sont paisibles, sereines, d’autres affolées ou angoissées.L’une est au bord de la folie, explique-t-il.On trouve, dans chacun des lamento, des phrases un peu obsessionnelles qui reviennent asseoir la situation: “Oui, c’est elle”, “Non, ce n’est pas elle”, “Où voulez-vous que je signe?’’».Car il y a aussi une préposée qui reçoit les femmes à la morgue et qui veille à ce qu’elles signent les documents d’usage.Normand Chaurette se dit très fasciné par les réactions de ses personnages face à la mort.«J’ai peut-être écrit cette pièce comme pour tenter d’apprivoiser la mort.Au fil des monologues, un personnage invisible apparaît: celui de la fille qu’on ne connaîtra qu’à travers ce que sa mère en dit.En écrivant, poursuit-t-il, j’avais l’image d’Ophélie, l’image des immigrantes et des femmes déplacées à travers le monde, ainsi que la lumière du Magh- reb.Peut-être parce qu’à Paris, la communauté maghrébine était très présente autour de moi, chaque jour».Le discours sur la peur apparaît comme un Le discours dénominateur commun de Stabat Mater II où sur la peur l’on trouve des situations très fortes: par exemple, apparaît cette mère naturelle qui retrouve sa fille morte comme un après ne l'avoir vue que deux fois dans un restaurant.Ou cette autre, sur le point de basculer dans la folie, qui ne reconnaît pas son enfant.Mais pour toutes ces mères, le paysage de la ville constitue une référence.C’est lui, le théâtre des événements.dénominateur commun de Stabat Mater II où l’on trouve des situations très fortes Voix féminines Les voix dramatiques de Normand Chaurette sont majoritairement féminines.Peut-il expliquer cette récurrence?«Il est plus aisé pour moi de faire parler des femmes.Par ailleurs, je commence à me sentir partie prenante d’un réseau artistique composé de toutes ces comédiennes que je connais; Marthe Tur-geon, par exemple, a joué dans plusieurs de mes pièces».Fait remarquable: aucune des quinze actrices du Stabat Mater II ne lui a demandé quel était le sens du texte.«Elles l’in-tuitionnent, le comprennent.Je me sens aussi très en sécurité avec Lorraine Pintal à la mise en scène: elle a vraiment eu de très bonnes idées, souligne l’auteur.Par ailleurs, je suis très heureux de constater qu’un réel dialogue s’est établi avec ceux qui fréquentent le théâtre; la notion d’éduquer le public”, courante dans les années 70-80, n’a plus cours.Les spectateurs sont très ouverts; ils connaissent leur théâtre.Ils ont un avis sur ce qu’ils voient.Les arts visuels et la propagation du multimédia y sont probablement pour beaucoup.Grâce à eux, le théâtre trouve sa juste place et joue son rôle.» Fidèle à ses sources d’inspiration privilégiées (au premier chef: la musique), Normand Chaurette nous offre, encore une fois, une pièce qui fait écho à plusieurs œuvres créées à partir du thème de la mère éplorée devant son enfant mort; un mo- tif des plus simples et des plus poignants qui a inspiré plusieurs artistes: le peintre Giotto, les compositeurs Palestrina, Scarlatti (père), Pergolese, Rossini, Verdi, Vivaldi, et plus récemment Dvorak ont tous signé un Stabat Mater.D’une pièce à l'autre, Normand Chaurette introduit toujours un lien fétiche, symbolique: prononcée par Andrée Lachapelle, la dernière phrase du Passage de l’Indiana, créé lors de la cinquantième édition du Festival d’Avignon en 1996, était: «L’amour est au-dessus de tout».C’est sur cette prémisse que s'amorce la nouvelle pièce de Chaurette, laquelle, sur le plan de l’écriture, se situe dans la même veine.«Dans Stabat Mater II, explique-t-il, il me semblait que la construction très simple |il s'agit surtout de monologues, et tous les personnages sont dans la même situation dramatique] , m’invitait à plus de simplicité».On lui a souvent reproché d’avoir une écriture compliquée, trop abstraite.«C’est assez étrange que l’abstraction qui laisse tant de liberté au spectateur qui peut l’interpréter à son gré, soit bienvenue en arts visuels mais soit si mal reçue en théâtre», signale Chaurette, qui avoue penser beaucoup au public quand il écrit, et tenir compte des commentaires des comédiens, des spectateurs et des gens qui assistent aux lectures.«C’est passionnant d’écouter ce que les gens ont à dire.Mes textes ne sont pas écrits dans le langage de tous les jours; ils sont peut-être plus proches d’un langage intuitif, onirique», re-marque-t-il.Chaurette n’est pas du tout choqué si un spectateur lui dit, lors d’une rencontre ou à la fin d’une représentation: «J’ai beaucoup aimé mais je n’ai pas tout compris.» Ou même: «je n'ai rien compris».«C’est plutôt un cadeau pour un auteur que d’entendre cela.Moi-même, quand je vais au théâtre, j’ai l’impression de repartir avec quelque chose si je suis entré dans un univers un peu étranger au mien, et qui me réserve des énigmes, affirme-t-il.D’ailleurs, c’est l’objet de l’une des dernières répliques de la pièce, puisqu’une des mères demande: “Mais qu’est-ce que comprendre?"» .Pour interpréter les vingt personnages qui peuplent le Stabat Mater II, quinze actrices chevronnées seront sur scène.Des actrices dont Normand Chaurette dit s’inspirer beaucoup.«Une pièce de théâtre, ça se construit en équipe.Plusieurs de ces comédiennes ont déjà interprété des textes de moi; elles s’y sentent à Taise et je commence à bien les connaître.Les échanges entre nous et leurs commentaires me sont très précieux».Un grand chant d’amour pour illuminer les temps nouveaux Stabat Ma Avec Suzanne Champagne Hélène Grégoire Maude Guérin Marie-France Marcotte Marie Michaud Huguette Oligny Anne Paquet Brigitte Paquette Sylvie Potvin Danielle Proulx Michelle Rossignol Monique Spaziani Mireille Thibault Marthe Turgeon Nathalie Valiquette de Normand Chaurette Mise en scène de Lorraine Pintal Du 19 octobre au 14 novembre Réservations : 866-8668 Il est encore temps de s'abonner veau Mon de INou DU E de Geneviève Billette mise en scène de Claude Poissent Av*c- Chantal Par il - S&trice Coquereau - Normand D'Amour JUlié Perreault - Michel Perron Assistance et régie - Alain Roy Scénographie - David Gaucher Costumes - Linda Brunelle Conception sonore - Ta tairas-tu?Éclairages - André Rioux Maquillages - Angelo Baraetti 4(90.BOULEVARD SAINT LAURENT SALLE 2 MONTRÉAL, QUEBEC .y *|j|ATBC RÉSERVATIONS: (SMI (45 4190 ** RÉSEAU ADMISSION :|5I4| 790 1Î45 ESPACE GO uis cinq ans, s Belles-Sœurs f éduisent l'Italie! POUR 2 SOIRS SEULEMENT A MONTREAL vendredi 22 octobre et samedi 23 octobre 1999 à 20 h PRÉSENTÉ EN ITALIEN Centre Pierre-Péladeau Salle Pierre-Mercure 300, de Maisonneuve Est Réservations : [514] 987-6919 Admission : [514] 790-1245 “Des «Cognate» magistrales.” La Nazione “Quinze irrésistibles «Cognate» sur scène !” La Repubblica PRESENTE PAR L’INSTITUT CULTUREL ITALIEN DE MONTRÉAL EN COLLABORATION AVEC Québec l\l\ Qjjébecïîïî Ministère de U Culture MlnfWSre des Relation* et de» Communication» internationale» B 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DI M A N C H E 10 OCTOBRE I !» !» !» MÉDIAS L’univers bizarre des téléromanciers Cycle Arte à la Cinémathèque La solitude du coureur de fond •" • * £ ' ANDRE FORGET LE DEVOIR ft- Anne Boyer et Michel d’Astous lancent à TVA une minisérie sur les jeunes, la violence et les familles désunies Jusqu’au 30 novembre, la Cinémathèque québécoise présente un bouquet d’émissions de la chaîne franco-allemande Arte.On ne saurait imaginer télévision plus différente.MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE LE DEVOIR Ils pourraient inscrire sur leur carte de visite: profession: auteurs.Car Anne Boyer et Michel d’Astous forment depuis quinze ans un des couples d’écriture les plus stables au Québec (non, ils ne sont pas un couple dans la vraie vie!).Après avoir aligné, depuis 1986, trois téléromans l’un après l'autre, Jeux de société et Ciel variable à Radio-Canada et Le Retour à TVA, le tout entrecoupé de la scénarisation de trois Grands Procès, ils continuent à vivre de leur écriture en ajoutant cette semaine une minisérie à leur palmarès.Et si on en juge par les premiers épisodes qui ont été diffusés auprès des médias, cette minisérie, 2 frères, qui sera diffusée à compter de jeudi prochain à 21h à TVA risque de frapper fort.Des histoires à faire dresser les cheveu* sur la tête A l’origine de cette série, deux idées de base: examiner la relation entre deux frères (parce que dans nos fictions québécoises récentes, on a surtout parlé des relations entre femmes, expliquent nos deux auteurs) et parler de l’adolescence.«Habituellement, les personnages de jeunes sont secondaires dans nos téléromans, dit Michel d’Astous.Les adolescents sont souvent relégués à un créneau spécialisé, comme dans Watata-tow.Nous avons voulu comprendre comment ils vivent.En fait, ils vivent souvent la même chose que j'ai vécue adolescent, mais tout est devenu plus extrême pour eux.» Dans leurs vies privées respectives, Ame Boyer et Michel d’Astous sont parents, mais d’enfants plus jeunes.Ils affirment toutefois connaître beaucoup d’adolescents, et pour la préparation de cette série, ils ont mené une longue recherche avec des recher-chistes professionnels, particulièrement pour connaître la réalité des gangs de rue.Car la principale ligne dramatique de 2 frères, c’est justement la façon dont Zacharie, un des deux frères, harcelé par de très violents bums de son école, en vient à pactiser avec eux pour avoir la paix et, de fil en aiguille, à devenir membre de cette bande.Le genre d’histoire à faire dresser les cheveux sur la tête des parents.«Mais on nous a raconté des histoires encore plus horribles que ce qu on trouve dans la série», soutient Anne Boyer.Les deux auteurs insistent beaucoup sur le fait qu’il s’agit de raconter ici une histoire et de rendre des personnages crédibles.«On ne dit pas que cette histoire représente.celle de tous les adolescents», explique Ame.«Mais plusieurs adolescents vivent ça aussi, ajoute Michel.Moi, je veux bien que notre histoire fasse controverse pour qu’ensuite quelqu'un propose d’autres images d’adolescents.Car on n ’approfondit jamais leur réalité à la télévision.» Les deux frères en question ont 19 et 15 ans.Le plus vieux, Gabriel, vit avec son père sur une ferme, et le plus jeune, Zacharie, vit avec sa mère à Montréal.Ils sont séparés depuis sept ans et Gabriel décide de venir Les auteurs de 2 frères, Anne Boyer et Michel d’Astous.s’installer à Montréal pour entreprendre son cours universitaire.Son arrivée dérange Zacharie au moment où celui-ci subit des violences à l’école.Choc de l’arrivée en ville, donc, choc des deux comportements qui doivent s’apprivoiser, avec un père trop sur de lui et une mère très aimante qui se targue de communiquer de façon exemplaire avec son jeune fils, celui-ci ayant souffert de l’absence du père («Toutes les études sur la délinquance démontrent que l’absence du père est phénoménale, le père physique mais aussi la fonction symbolique du père dans la société», affirme Michel d’Astous).Bref, c’est là un drame très contemporain, très urbain, sur fond de famille désunie, drame filmé de façon très vive par le réalisateur Louis Choquette.Et où certaines images sont bouleversantes.«On peut décider de ne pas parler de la violence que vivent certains jeunes, continue d’Astous, mais dans ce cas-là, la société n’évolue pas.À partir du moment où on a identifié le problème, il faut faire face à ses démons.» L’art de la confidence Les deux auteurs sont passionnés d’écriture télévisuelle et ils ont appris sur le tas.Tous deux étaient collègues de travail il y a 15 ans dans un organisme gouvernemental, tous deux rêvaient d’écriture.Avec le temps, ils ont eu l’occasion de réfléchir à cet objet bizarre appelé téléroman, un genre très codé, disent-ils.«Le téléroman, c’est l’art de la confidence, lance Michel d’Astous.La technique de tournage permet la proximité et le public se sent proche des personnages.Mais tout ce qui est de l’ordre du non-dit, de l’ellipse, du poétique, passe mal.De la même façon que les grands groupes ont toujours l’air trop petits dans un téléroman, on se sent à l’étroit pour développer des histoires avec de grandes réunions, une assemblée électorale ou syndicale par exemple.Ce que le téléroman fait bien, c’est l’interaction et l’intimité entre les personnages.» Avec Le Retour à TVA qui amorce cet automne sa quatrième année et qui se terminera l’année prochaine, ils ont voulu tenter une nouvelle structure narrative: on savait exactement où l’histoire se terminait avant de commencer et les deux premières années étaient parsemées de retours en arrière et de flash-backs.Ce drame psycho- logique est, avec 4 et demi de Radio-Canada, le téléroman le plus écouté des ondes.Tous deux croient que le téléroman demeure un genre sous-ex-ploité et Anne Boyer se dit «écœurée» de voir toujours accolé au mot téléroman l’expression «bas de gamme».«D’accord, il y a des téléromans mer-diques.mais il y a aussi des livres et des films merdiques, ajoute d’Astous.Au Québec, on a exploité à peine 20 % de ce qu’on pourrait faire avec un téléroman.» D’Astous cite d’ailleurs Un gars, une fille, de Guy A Lepage, comme exemple d’idée simple en apparence (l’histoire d’un couple ordinaire) mais exploitée de façon radicalement différente et originale.Conscients qu’ils étaient identifiés à une forme plus classique de téléroman, ils ont voulu, avec 2 frères, explorer un style plus novateur.Ce fut d’ailleurs un tour de force: Téléfilm Canada a refusé de financer le projet; se retrouvant avec un trou d’un million de dollars dans leur budget, ils ont, avec les producteurs Jacques Blain et Jocelyn Deschênes, éliminé 38 lieux de tournage (!), réduit de dix à huit heures le nombre d’épisodes, pour finir par s’en tirer avec un budget de 435 000 $.Mais si le public apprécie, une suite est déjà prévue.Assise à une table, l’écrivain Nathalie Sarraute chausse ou enlève ses lunettes selon qu’elle fasse la lecture ou parle à son interlocuteur invisible, le metteur en scène Claude Régy, dont on ne verra au cours de l’entretien — suprême discrétion — qu’une main fùgace, passant devant la caméra.Pour tout décor, un fond noir, presque monacal, histoire de ne pas distraire le téléspectateur de l’essentiel: les mots, tout à la fois matière première et outils de l’écrivain.En France comme au Québec, la télévision ne sait pas vraiment que faire de la littérature.Ou bien elle traite avec désinvolture ses représentants, les tolérant sur ses plateaux, pourvu qu’ils sachent y briller et jouer de leur tam-tam.Ou bien le texte l’intimide, voire lui fait peur, et elle n’a de cesse d’habiller ce quelle croit nu, coupant ici, ajoutant là, «adaptant», dit-elle, tout en faisant danser la caméra.Nathalie Sarraute, sur Ate, c’est d’abord une voix, qui lit des extraits de Tu ne t’aimes pas ou d'Enfance.Lentement.Posément.Et qui s’arrête.Attend les questions pénétrantes et attentives de Claude Régy, soucieux de comprendre, avec son interlocutrice, cela même que l’écrivain n’est pas toujours sûr de pouvoir bien comprendre.Si elle jouit depuis ces dernières années d’une réputation méritée, Nathalie Sarraute a longtemps écrit dans l’indifférence et le silence, et encore aujourd’hui, il n’est pas sûr que tous ceux qui se réclament de l’avoir lue l’aient fait.Sarraute est en effet l’auteur d’une œuvre difficile qui en rebutera plus d’un par son dépouillement et sa trompeuse simplicité.Mais la quête qui la sous-tend — que l’on oserait résumer par une formule: débusquer la sensation qui prélude aux mots — n’en est pas moins légitime.En 1939, la parution de Tropismes n’avait rien d’un événement, pour reprendre un terme à la mode.Elle valut à Sarraute trois lignes dans un journal suisse.Une lettre de Sartre, parmi quelques autres.Et il fallut attendre L’Ere du soupçon, où l’auteur s’expliquait sur sa conception du roman, mettant ainsi au net les idées qui allaient engendrer l’école du «nouveau roman», pour que l’on s’avisât enfin de son existence.Mais un écrivain peut-il s’expliquer?Doit-il le faire?Le commentaire, quelle qu’en soit la nature, et a fortiori clans le cadre limité de la télévision, ne va-t-il pas tuer ce qu’il a eu tant de mal à formuler dès lors qu ’«écrire est impossible»?Pourtant, ce qui a lieu pendant cette synthèse de plusieurs heures d’entretiens entre une vieille dame Spartiate et son interlocuteur effacé et présent vient réduire à néant ces préventions.Nathalie Sarraute - Portraits de théâtre ne cherche pas à se substituer aux livres qui en sont le centre.Plu- Nathalic Sarraute tôt, le document télévisuel vient éclairer l’œuvre selon une grammaire propre, élaborée à contre-temps de tout ce qui se fait en la matière.Il semble qu’Ate veuille solliciter tous les sens du téléspectateur en lui donnant à voir, à entendre et à réfléchir, y compris par une utilisation subtile des silences, de façon générale bannis à la télévision, tout comme à la radio.On objectera que Nathalie Sarraute est un écrivain important, nourri de ces auteurs considérables que sont Dostoïevski, Faulkner, Pascal, et qui ne craint pas, voyant la qualité de son vis-à-vis, d’en convoquer les ombres pour ce tête-à-tête d’un genre particulier.Ce qui a réussi à l’art secret des textes conviendra-il au cinéma?, > Il s’appelle Jacques Doillon.Avec ses acteurs, il a des audaces de timide, soucieux d’obtenir :1e meilleur de ceux en qui il voit les instruments privilégiés de son art.Encore une fois, la formule d’Arte — solliciter tous les sens — trouve ici une illustration heureuse.Jacques Doillon -Les mots, l’émotion, c’est deux amis — le cinéaste, et son actrice, Aine Brochet — surpris dans une conversation qui glisse dans la confidence.S’il se retient, elle l’attend.S’il raconte i— les mots empêchés, le cinema comme un horizon inaccessible, le besoin d’amour et celui, infini, «d’être consolé» —, elle écoute, relance le propos, fait quelques pas.Pudique, la caméra de Françoise Dumas ne perd aucun clés signes les moins perceptibles de l’émotion.Ils sont au bord de la mer, ils sont en voiture, elle n’est pas maquillée.Au fond, ces deux-là s’abandonnent, loin de tout exhibitionnisme.«Le travail, dit Doillon, c’est se singulariser.» Il pensait peut-être à A'te.: NATHALIE SARRAUTE -PORTRAITS THÉÂTRE Claude Régy France, 1989,59 minutes JACQUES DOILLON -LES MOTS, L’ÉMOTION Françoise Dumat et Amie Brochet France, 1998,52 minutes j Deux documentaires présentés lq 14 octobre à 19h30 dans le cadre dju cycle Ate qui se poursuit à la Cifié-mathèque jusqu’au 30 novembre.Un écrivain peut-il s’expliquer?Doit-il le faire?Le commentaire ne va-t-il pas tuer ce qu’il a eu tant de mal à formuler?De Dominick Parenteau-Lebeuf Mise en scène Diane Dubeau Scénographie Catherine Cranche Conception sonore Éric Forget Lumières Mathieu Gourd Avec Jean Asselin Caroline Binet Anne Casabonne Martin Fréchette Julien Poulin Anne-Marie Provencher du 14 au 30 octobre 1999 à 20 h Les dimanches 17 et 24 octobre 1999 à 15 h Billet : 17 $ En collaboration avec le théâtre de la nouvelle lune POEME pour une nuit D’ANNIV ERSAIRE espace libre 1945 Fullum métro Frontenac Renseignements et réservations 521*4191 Tit-C oq! de Gratien Gélinas Mise en scène Michel Monty vflfli L'histoire cl’un exclu qui rêve clu bonheur ordinaire.«Un texte comico-tragique puissant dont la vitalité intemporelle est pleinement exprimée par Monty et sa bande de comédiens inspirés.» S.Pilon, La Presse «Une fort originale mise en scène.» P.Rezzonico, Journal de Montréal Avec France Arbour, Michel Daigle, Pierre Dallaire, «f ,# Ellen David, Muriel Dutil, David Francis, Stéphane Gagnon, «Av Dominique Leduc, Brigitte Poupart et Claude Prégent t Scénographie Olivier Landreville • Costumes Linda Brunelle ¦ +! ' Musique et bande sonore Jean-François Pednô > ,-x V < Éclairages Martin Labrecque * Accessoires Patricia Ruel Vt Chorégraphie Danielle Hotte • Maquillage et coiffure Florence Cornet ?, Assistance à la mise en scène et régie Alexandre Brunet ci Du 29 septembre au 23 octobre Jeudis et vendredis à 20 h; samedis à 16 h —_—T H È A f R E —_— 1 Billetterie 1 DENISE-PELLETIER 5,4253 8974 4353, rue Sainte Catherine Est .?§ Papineau ou Viau, autobus 34 2S Pie IX, autobus 139 E ^ * ' ** * • - Yfrl .W-4 wi.< ; iivà v i r * ¦¦ w • LE DE V 0 I R LES S A M EDI !» ET DI M A X C 11 E I 0 0 (' T 0 B R E I !» !» !» B 7 Le cas Cronenberg La série «Cinéma, de notre temps» ouvre ses portes au créateur d’univers Hi aussi troubles que troublants * • » ± SO U RC K CINÉMATHÈQUE QUEBECOIS!- }i! Cinéma, de notre temps DAVID CRONENBERG ?t d’André Labarthe.Présenté le mardi | l£ octobre à 19h30 dans le cadre du ; cycle Arte de la Cinémathèque qué-; 1 bécoise à la salle Fernand-Seguin.f # * 4 * 4 ANDRÉ LAVOIE Il y a à peine vingt ans, l’homme était honni de l’establishment intellectuel et politique canadien.Pourquoi faut-il puiser dans nos taxes et nos im-pèts pour permettre à un obscur cinéaste de faire sauter des têtes, d’asperger les murs de sang et de transformer 111e des Sœur?en une version canadienne de L'Ile du docteur Moreau?Aujourd’hui, même des critiques français n’hésitent plus à affronter le triste hiver torontois pour aller à la rencontre de David Cronenberg, certainement l’un des réalisateurs les plus connus et les plus respectés de ce pays, retournement de situation qui ne manque pas d’ironie.Dans le cadre du très stimulant cycle ) Arte, la série «Cinéma, de notre temps» ouvre ses portes au créateur des univers troubles (et souvent troublants) A’eXistenZ, Crash, Dead Ringers et Scan-i ners.Réalisé par André S.Labarthe, l’entretien est mené par le critique Serge Griinberg qui ne cache jamais son admiration pour le maître canadien de l’horreur.Installés pas très confortable-i ment dans une pièce faiblement éclairée, face à deux téléviseurs qui renvoient sans cesse des images de quelques-uns des meilleurs films du cinéaste, le critique tentera de cerner ce i qu’il nomme, si justement, la «poésie ¦ chirurgicale» de David Cronenberg.Le • tout est baigné des magnifiques com-1 positions d’Howard Shore, fidèle cone plice du réalisateur qui épouse à merveille son univers chaotique et ses visions d’Apocalypse.Un mystère Il sera beaucoup question de chair et d’esprit, du corps et de l’âme et des nombreuses transformations que subissent les personnages des films de Cro-i nenberg, vivant ces changements dans la plus grande violence et souvent sans ! rémission possible.Pour le cinéaste, «le corps reste et restera un mystère» et «l’autopsie permet de trouver la vérité».Cette exploration des profondeurs du corps, présente dès ses premiers films, ne relève pas de «l’obsession» mais tout simplement du «phénomène à observer».Même s’il ne prétend pas afficher de véritables obsessions, une fois de plus, Cronenberg illustre la grande cohérence de son œuvre et son discours ne va jamais dans le sens opposé.À un Griinberg qui veut se montrer brillant à défaut d’être pertinent en affirmant que ses films traitent toujours du thème de la «naissance», le cinéaste dit préférer celui de la «renaissance» et ne cache pas sa surprise devant une si curieuse interprétation.Les personnages de ses films sont très souvent des mutants qui, grâce ou à cause de la maladie, la technologie, les drogues ou de vulgaires parasites, se transforment eux-mêmes en monstres, en ce qu’ils ont parfois toujours rêvé d’être.La conversation tournera surtout autour de la dimension esthétique et morale de son œuvre, délaissant les considérations techniques, le critique préférant s’attarder sur quelques filins plutôt que de couvrir l’ensemble de sa filmographie.Que ceux qui veulent tout savoir sur Cronenberg soient prévenus: le critique préfère visiblement s’attarder sur les films qu’il aime (Naked Lunch fait l’objet de trop de considération), quitte à en négliger plusieurs tout aussi importants (pensons seulement à Scanners et Dead Ringers) .Il sera brièvement question de ses méthodes de travail et certains seront sans doute surpris d’apprendre que Cronenberg refuse, presque systématiquement, de faire des sfory-boards, «sauf pour rassurer l'équipe des effets spéciaux».Il préfère se laisser influencer par la lumière, les costumes et les états d’âme des acteurs pour composer les plans de ses films, qu’il souhaite «calmes et purs».Celui qui déclare vouloir «donner chair au verbe» suscite aussi une certaine méfiance, surtout vis-à-vis d’Hollywood et de la critique américaine, qui cherchent depuis longtemps à comprendre s’il fait des films canadiens ou américains.La question sera vite évacuée dans cet entretien, mais il faut reconnaître que Cronenberg constitue un curieux cas d’espèce, faisant souvent de Toronto une ville indéfinissable mais loin d’être sans personnalité, travaillant aussi bien avec Monique Mercure et Geneviève Bujold qu’avec Jeremy Irons, James Woods et Deborah Harry.Sur ce point, il n’avance pas de réponse définitive.Pourtant, cette volonté acharnée de maintenir le cap sur les thèmes qui lui sont chers et de refuser systématiquement certains projets qui ne correspondent pas à sa vision méticuleuse des choses (on lui a proposé Alien et.Christine, que fera sans mal John Carpenter) démontrent tout de même une crainte de se laisser totalement infecter par le virus hollywoodien.Cronenberg résiste toujours, mais qui sait si le mal ne commence pas déjà à se répandre.Ixi conversation tournera surtout autour de la dimension esthétique et morale de son œuvre, délaissant les considérations techniques.«HE NADIA SIMARD GUIGNARD liffiüüu MICHEL LAVOIE du 6 au 23 OCTOBRE mardi au samedi 19 h 30, dimanche 15 h RUBRIQUE ' j I j de RAYMOND VILLENEUVE ¦’“O* BNF** g 1 i % mise en scène BENOÎT LAGRANDEUR S concepteurs SERGE LAPIERRE, JEAN-PIERRE BOUCHARD, $?} »» * 1 ALEXANDRE NADEAU, BERNARD BRASSARD, SERGE POTVIM * % i • T~Btoric"^ 514 253-8974 BILLETS 514 790-1245 1 800 361-4595 Une grande traversée de la nuit MATRONI ET MOI De Jean-Philippe Duval.Avec Alexis Martin, Pierre Lebeau, Guylaine Tremblay, Gary Boudreault, Maude Guérin, Pierre Curzi.Scénario: Jean-Philippe Duval, Alexis Martin, d’après sa pièce.Image: André Turpin.Québec, 1999,102 minutes.SOURCt; AI.1JANCH VIVAFILM l’interprétation exagérée de Pierre Lebeau et Alexis Martin détonne parfois avec celle de leurs partenaires, Dans un pays comme le nôtre, où le théâtre est réputé fort et mûr mais oii le cinéma enchaîne les traversées du désert (rencontrant chemin faisant quelques oasis), il fait bon de voir que le premier médium peut nourrir le second et donner ainsi naissance à une nouvelle expérience.C’est ce qui vient de se produire avec Matroni et moi, une pièce qui a connu un grand succès depuis sa création, en 1994, sur les planches de L’Espace Libre, que son directeur Robert Gravel avait prêté gratuitement au jeune comédien-dramaturge Alexis Martin et à sa bande de fous fauchés du Groupement forestier du théâtre.Cinq ans plus tard, au terme de plusieurs tournées et reprises, Matroni et moi s’élance vers une nouvelle vie, plus définitive, sans doute, à travers un médium, le cinéma, dont le cinéaste Jean-Philippe Duval manie la langue avec plus d’adresse que ne le laisse supposer la publicité tapageuse et grossière faite autour du film.Duval, un jeune artisan dont on entend parler depuis une dizaine d’années malgré qu’il en soit ici à son premier long métrage (il était de l’aventure de Fiction 16/26 et a réalisé le documentaire La vie a du charme), a décloisonné le huis clos (que je n’ai pas vu) pour le disperser dans plusieurs lieux, conservant néanmoins l’essentiel de son texte, plutôt dense, ainsi que son unité temporelle.Matroni et moi, c’est une grande traversée de la nuit vécue par Gilles (Alexis Martin), jeune intellectuel, futur docteur en philosophie, nouvel amoureux de la simple et sympathique Guylaine (Guylaine Tremblay).Celle-ci, Gilles l’apprendra longtemps après nous, est liée à la mafia, tant par son abruti de frère (Gary Boudreault), homme de main du bouillant petit parrain local, que par sa job de serveuse, à la solde du même parrain, le Matroni du titre joué par lierre Lebeau.En cette nuit d’été, où une bande rivale fomente un complot visant la destitution de Matroni, Gilles se portera volontaire pour porter un message à celui-ci.Mais une question d’éthique l’empêchera d’aller jusqu’au bout de son geste et propulsera l’intrigue, on ne peut plus terre-à-terre, dans le brouillard organisé d’une réflexion sur l’éthique et le rituel, arbitrée par Matroni.Une réflexion que l’arrivée impromptue du père de Gilles (Pierre Curzi), au milieu de la nuit, relancera de plus belle.Le scénario inspiré et bien construit, ainsi que le filmage presque toujours dynamique, ont permis à Matroni et moi de s’affranchir de son format d’origine.Cependant, quelques marques de théâtralité sont encore apparentes, notamment dans les dialogues, qui possèdent encore la résonance de la scène, plus précisément l’aspect empe-sé du sketch absurde, avec décalages linguistiques d’usage.La plus caractéristique reste celle où Gilles donne un cours de philo à Guylaine au lieu de lui «faire la cour».Un traitement plus subtil aurait sans doute rendu cette scène émouvante.Par ailleurs, l’interprétation exagérée de Pierre Lebeau et Alexis Martin dé tonne parfois avec celle de leurs partenaires, notamment Pierre Curzi, surprenant d’émotion dans la peau d’un fonctionnaire cynique à l’article de la mort.Reste malgré cela un film drôle, efficace, tonique, porté par une foule clins d’œil, qui vont de Citizen Kane (pour un travelling en hauteur au-dessus d’une grille) à Grease (pour le mièvre préambule sur la plage).Sans oublier l’influence marquée, dans les scènes extérieures, pour l’expressionnisme allemand, références commandées par le héros, être diurne piégé par la nuit, qui rappelle par sa maladresse et son air ahuri le Woody Allen de Shadows and Fog (ultime hommage au cinéma de Lang et Murnau).Qui a dit que le cinéma n’était pas un lieu d’échange?Un film drôle, efficace, tonique, porté par une foule de clins d’œil Bavard et outrancier BREAKFAST OF CHAMPIONS Ecrit et réalisé par Alan Rudolph, d’après le roman de Kurt Vonnegut, Jr.Avec Bruce Willis, Nick Nolte, Albert Finney, Barbara Hershey, Glenne Headly.Image: Elliot Davis.Montage: Suzy Elmiger.Musique: Mark Isham.Etats-Unis, 1999, 110 minutes.MARTIN BILODEAU On cesserait sans doute d’associer le nom d’Alan Rudolph à celui de son mentor Robert Altman si le premier avait réussi à s’imposer en dehors du cercle de cinéphiles qui nourrit l’analogie avec le second.Une analogie d’ailleurs plus défavorable que jamais à la vue de Breakfast of Champions, une parodie baroque et tonitruante du rêve américain, dont le réalisateur de Choose Me et de Welcome to LA.a extrait la matière première du roman éponyme de Kurt Vonnegut, Jr.Comme dans le cas de Fear and Loathing in Las Vegas, de Terry Gilliam, et Even Cowgirls Get the Blues, de Gus Van Sant (des satires hallucinogènes qui sacrifiaient la cohérence au profit de l'outrance), Breakfast of Champions est un véritable carrefour d’idées cyniques et faussement spirituelles, de gags mal calibrés et de scènes platement symboliques, jetés pêle-mêle sur l’écran, épousant dans ses meilleurs moments la forme très approximative d’une charge contre les apôtres du rêve américain.Le décor est celui d’une banlieue de béton, porteuse de toutes les traces d’aliénation de l’Amérique, du culte de la télévision au mépris de l’art en passant par le règne de l’automobile, du Prozac, du fast-food, de la musak, du sexe illicite et des déchets toxiques.L’histoire est quant à elle centrée sur le personnage de Wayne Hoover (Bruce Willis, dans un énième faux pas), concessionnaire automobile de Midland City où ses promos télévisuelles quotidiennes ont fait de lui une vedette locale.Hoover s’est consacré avec tellement d’ardeur à son rêve américain qu’il ne se reconnaît plus, ni dans l’image qu’il projette, ni dans celle que lui renvoie son épouse (Barbara Hershey) , qui se nourrit essentiellement de pilules et monologue à cœur de jour, et son fils adolescent (Lucas Haas), en rupture de ban, qui passe ses nuits à jouer aux Liberace de bas étage (pour peu que la chose soit possible).Sur le front professionnel, ça ne va guère mieux: sa secrétaire et maîtresse (Glenne Headly) commence à se rebeller et son directeur des ventes (Nick Nolte), dont les penchants pour les vêtements féminins étaient jusque-là du domaine du secret, se comporte de façon bizarre.Un élément catalyseur et chaotique, soit l’arrivée en ville d’un écrivain célèbre (Albert Finney) qui vivait reclus, suscite un enchaînement d’événements qui participeront à faire tomber les masques.Que dire de cet exposé inintelligible, bavard et outrancier, sur Y American dream et son corollaire, l’aliénation, sinon qu’il n’offre aucune prise réelle aux spectateurs.En effet, cet indigeste Breakfast of Champions ressemble à un numéro de cirque qui se serait retourné contre son créateur.Sa charge est tellement vaine, sa démonstration tellement lourde et certaines scènes tellement bêtifiantes — celles où Nolte est affublé de dessous féminins nous fait regretter de nous être levés ce jour-là — qu’on en vient à questionner les motivations du cinéaste, qui s’est manifestement égaré quelque paid en chemin.Non sans, en premier lieu, nous avoir jeté sur le bas-côté de sa route.^mrecv 'P Une création du Théâtre de l’Œil présentée par la Maison Théâtre Texte et scénographie : Marie-Louise Gay Mise en scène : André Laliberté avec la collaboration de Muriel Desgroseilliers Musique : Libert Subirana Éclairages : Serge Caron Conseiller à la scénographie : Richard Lacroix Marionnettistes : Simon Boudreault, Robert Drouin, Hélène Ducharme et Marie-Pierre Simard Du 1er au 24 octobre 1999 Supplémentaires samedi 23 et dimanche 24 octobre, 13 h Billets aussi disponibles en semaine Représentations à 10 h et 13 H Informez-vous ! Venez voir le spectacle et visitez l’exposition Babel sous toutes ses coutures Découvrez l’univers de Babel.À travers des images captées tout au long de la fabrication des marionnettes et des décors de cette création, vous assisterez presque en direct à la naissance du spectacle.Foyer sud de la Maison Théâtre jusqu'au 24 octobre 1999 Le Devoir IPtvh ' -W!1 514 790-1245.: iimmÜUJ 1 800 361-4595 ùMm H/cOLl 245.rue Ontario Est Métro Berri-UQAM Metro Sherbrooke Billets en vente (514) 288-7211 ALCAN LE DEVOIR.LES S A M EDI 9 ET DI M A X C HE 10 OCTOBRE 1 9 9 !( Mordecai pour enfants JACOB TWO TWO MEETS THE HOODED FANG Réalisation: George Bloomfield.Scénario: Tim Burns, d'après l’œuvre de Mordecai Richler.Avec Gary Busey, Miranda Richardson, Mark McKinney, Max Morrow, Ice-T.Image: Gerald Parker.Montage: Ralph Brunjes.Musique: Jono Grant.Canada, 1999,94 minutes.Cinéplex-Odéon.ANDRÉ LAVOIE Il y a des jours où l’on aimerait croire que cette idée des «deux solitudes» n’est qu’un simple concept abstrait et que les barrières linguistiques et culturelles entre francophones et anglophones n'existent que dans la tête de certains politiciens démagogues.Il suffit parfois d’un rien pour que nos certitudes s’effondrent et voilà notre ignorance tout à coup démasquée.Prenons par exemple l’écrivain Mordecai Richler.Tout le monde a sa petite idée sur l’homme et le pamphlétaire mais qui peut se vanter ici d’avoir fréquenté assidûment l’œuvre?Il est vrai que ses prises de position parfois incendiaires n’incitent guère à aller plus loin.Pourtant, Richler, tout comme Michel Tremblay, a su décrire un Montréal à la fois familier et universel, faisant de la rue Saint-Urbain un espace aussi mythique que la rue Fabre de l’auteur des Belles-Sœurs.En 1975, il publiait Jacob Two Two Meets the Hooded Fang, devenu rapidement un classique de la littérature pour enfants.Trop occupé à l’époque à lire Saint-Exupéry et les aventures d’Astérix, je l’ignorais, et à voir les visages ahuris à la seule mention du titre, je me console en me disant ne pas être le seul.Le réalisateur George Bloomfield a décidé de combler ce trou béant de notre culture avec cette adaptation ci-nématographique de Jacob Two Two.Même si bien des éléments n’apparaissaient sans doute pas dans l’œuvre originale fies gadgets et l’aspect «comédie musicale» y occupent une grande place; on succombe même à la mode rap avec la présence d’Ice-T dans le rôle du juge intraitable) , l’essentiel y est.C’est encore et toujours l’histoire du pauvre petit Jacob (Max Morrow), baptisé bien malgré lui Jacob Two Two puisqu’il répète sans cesse deux fois ce qu’il dit parce que personne ne l’écoute.Tout comme la Dorothy de The Wizard of Oz, un mauvais coup reçu sur la tête le plongera dans l’univers glauque du hideux et bagarreur Hooded Fang (Gary Busy), véritable bourreau d’enfants qui a élu domicile sur une île constamment entourée de brouillard.Dans sa mission diabolique, Miss Fowl (Miranda Richardson) et Mr.Fish (Mark McKinney), deux laquais sans envergure qui se révèlent être aussi de belles crapules, lui donnent un coup de main.Usant du même SOURCE ALLIANCE V1VAFILM Une scène du film de George Bloomfield.subterfuge que dans le film de Victor Fleming, la plupart des personnages imaginaires qui viennent terroriser ou secourir le pauvre Jacob possèdent les traits de ceux qid composent son quotidien, le marchand du coin devenant son avocat (Maury Chay-kin) et son frère se transformant sans difficultés en «Child Power Master» (Joe Dinicol).Bloomfield travaille depuis longtemps à la télévision (Fraggle Rock, Due South) et ce film, soutenu en partie par la CBC, semble moins destiné aux salles qu’à remplir une case vide entre deux épisodes d'Ann of the Green Gables et Emily of the New Moon.Alors que cette histoire permettait les plus invraisemblables fantaisies, tout y est propret, gentil, à commencer par les enfants-esclaves qui sont trop charmants et en santé pour nous faire croire à leurs malheurs.Mis à part Gary Busy qui semble prendre grand plaisir à jouer les méchants et le jeune Max Morrow qui, du haut de ses six ans, impressionne par son assurance, l’interprétation ne dépasse jamais ce que l’on peut voir dans la plus banale des téléséries.Avec Miranda Richardson dans les parages, on en espérait davantage.La volonté de transformer cette histoire en comédie musicale n’est guère plus convaincante puisque la sobriété avec laquelle tout cela est filmé trahit le manque évident de moyens.Sans compter que les décors de carton-pâte de la prison neutralisent toute forme d’angoisse, sachant bien que cela va vite s’écrouler comme un simple château de cartes.Peut-être faut-il préserver farouchement son âme d’enfant pour apprécier Jacob Two Two Meets the Hooded Fang, tel que mis en images par George Bloomfield.Ou peut-être encore faut-il connaître le livre sur le bout de ses doigts pour en savourer les ressemblances et se laisser séduire par les libertés prises par le scénariste et le cinéaste.Dans un cas comme dans l’autre, la critique, parfois, doit savoir reconnaître ses propres limites.£ARf6GRJ$Hlë$ Les États généraux des nouveaux médias Rencontres pan-canadiennes et internationales Complexe Ex-Centris, Montréal, 12-14 octobre 1999 Mardi 12 octobre 1999 ZONE ZERO : Vers une définition des nouveaux médias 9h00 à lOhOO : Inscription et accueil 10h00 à 12h30 : Conférences d’ouverture Modérateur: Alain Mongeau, ISEA/FCMM (Qué) - Sara Diamond, Banff Multimedia Institute (Can) - Pierre Lévy, UQTR, (France/Québec) - Gerfried Stocker, Ars Electronica, (Autriche) 14h30 à 17HOO : Modèles et centres internationaux Modératrice: Nina Czegledy, ISEA (Canada) - Alex Adriaansens, V2 (Pays-Bas) - Nils Aziosmanoff, Art3000 (France) - Tiina Erkintalo, MuuMedia Festival (Finlande) - Claudia Giannetti, Mecad (Espagne) - Peter Ride, DA2 (Grande-Bretagne) 17hOO à 19h00 : Carrefour informel à la Société des arts technologiques Présentation du travail de l'artiste en résidence Isabelle Choinière (le Corps Indice) Mercredi 13 octobre 1999 ZONES TACTIQUES : État des lieux québécois et canadien 9h30 à 12h30 : Table-ronde Quels sont les territoires qui confrontent et redéfinissent le champ des nouveaux médias?Commisaires invitées : Francine Dagenais et Sylvie Parent Modérateur: Thierry Bardini (Montréal) - Luc Courchesnes (Montréal) - Sheryl Kootenhayoo (Calgary) - Valérie Lamontagne (Montréal) - Catherine Richards (Ottawa) - Thecla Schiphorst (Vancouver) - Sheila Urbanoski (Wishart.SK) hit 14h30 à 17h30 : Table-ronde Quelle est la capacité des structures de s’ajuster aux défis de la culture numérique?Modératrice: Francine Dagenais - Brenda Cleniuk, Neutral Ground (Regina) - Marc Fournel, Daïmon (Hull) - Tom Leonhardt (Toronto) - Jocelyn Robert, Avatar (Québec) - Société des ArtsTechnologiques (Montréal) - Gisèle Trudel, TechnOboro (Montréal) 20h30 : Performance La Mue de l'Ange, nouveau spectacle du Corps Indice au Théâtre La Veillée Jeudi 14 octobre 1999 ZONES MOBILES : Les défis des nouveaux réseaux 9H30 à 12h30 : Tables-rondes I Conservation et Archivage Modératrice: Petra Mueller (Montréal) - Alain Depocas, Fondation Daniel Langlois (Montréal) - Steve Dietz, Walker ArtCenter (Minneapolis, ËU) - Robbin Murphy (New York, ËU) - Virginie Pringuet, DATA (Montréal) II Recherche et Innovation Modérateur: Michael Century, Université McGill - Charles Halary, UQAM (Montréal) - Francine Lecours, Patrimoine canadien (Hull/Ottawa) - Kathy Rae Huffman, ISEA Rensselaer Polytechnical Institute (Troy.EU) - Bill Vorn, Université Concordia (Montréal) - Ron Wakkary, Technical Universityof British Columbia (Vancouver) 14h30 à 15h30 : Clôture 16hOO à 18h00 : Assemblée Générale des membres d’ISEA FORFAIT 3 JOURS Incluant un billet pour le nouveau spectacle du Corps Indice, La Mue de l’Ange mercredi, le 13 octobre, 20h30 100 S / 35 S par jour Membres d'ISEA : 75 $ / 25 $ par jour Une production de ISEA - l'Inter-Société des arts électroniques en collaboration avec le Festival international du nouveau cinéma et des nouveaux médias de Montréal Cjrt.tdiao Patrimoine Htrifagc canadien CINÉMA Enflure américaine Un film qui combine la démesure de la pellicule Imax et la proximité parfois gênante des effets 3D SIEGFRIED & ROY: THE MAGIC BOX Réalisation et scénario: Brett Leonard.Avec Siegfried Fischbacher, Roy Uwe Ludwig Horn.Narration: Anthony Hopkins.Image: Sean MacLeod Pliillips.Montage: Jonathan R Shaw.Musique: Alan Silvestri.États-Unis, 1999,52 minutes.Imax.ANDRÉ LAVOIE Il est souvent question de la magie du cinéma.Mais qu’en est-il de la magie «au» cinéma?Pourquoi nous servir, sur grand écran, le coup du lapin qui sort d’un chapeau ou celui de la femme sciée en deux?Aussi habile soit-il, le meilleur des magiciens ne sera toujours qu’un simple amateur devant la toute-puissance du réalisateur et celle de son monteur qui peuvent le faire «disparaître» quand bon leur semble.Et même si le lapin avait la grosseur d’un tigre et que le chapeau devenait tout à coup une gigantesque boîte à surprises, le spectacle serait-il nécessairement plus enlevant ou, à tout le moins, plus cinématographique?Avec toutes ces graves considérations en tète, difficile de se laisser séduire par un duo de magiciens qui sourit autant à son auditoire qu’il tente de l’éblouir avec ses tours de passe-passe et son défilé d’animaux exotiques.Et même s’ils ont grandi dans l’Allemagne de l’après-guerre, on croirait pratiquement qu’ils ont passé leur enfance dans les coulisses de Broadway ou sur les étoiles d’Hollywood Boulevard tant ils cultivent un goût immodéré pour le clinquant et la pacotille.Ils se nomment Siegfried Fischbacher et Roy Uwe Ludwig Horn, mais si vous trouvez cela trop long, faites comme les 30 millions de spectateurs (!?!) qui se sont bousculés à l’hôtel Mirage de Las Vegas depuis dix ans pour les applaudir et appelez-les simplement Siegfried & Roy.Et si cela ne vous dit toujours rien, si Las Vegas vous apparait comme le dernier endroit pour prendre des vacances et si vous croyez qu’Alain Choquette en fait trop, le réalisateur Brett Leonard (Virtuosity, T-Rex: Back To The Cretaceous) tentera de vous faire croire, coûte que coûte, que vous faites maintenant face à des demi-dieux.Plein la vue Dans Siegfried & Roy: The Magic Box, qui combine la démesure de la pellicule Imax et la proximité parfois gênante des effets 3D, les deux magiciens s’exécutent devant un auditoire conquis d’avance et, comme à leur habitude, en mettent plein la vue à défaut de se renouveler.Et puisqu’il faut bien combler le vide entre deux numéros et nous faire croire que nous ne perdons pas trop notre temps, Leonard a glané quelques-uns des moments les plus marquants de leur enfance jusqu’à cette rencontre fortuite sur un bateau de croisière où ils ont débuté en tandem.Au sommet d’une colline enneigée ou devant la vitrine d’une librairie pour Siegfried, les deux pieds dans les sables mouvants ou dans la cage d’un guépard pour Roy, tous deux fascinés par la magie dès leur plus jeune âge, c’était inévitable qu’ils éblouissent les foules et régnent en rois et maîtres sur la capitale américaine du jeu.Le réalisateur en profite d’ailleurs pour sortir du chapeau yankee le pauvre lapin venu d’une Europe dévastée qui, à force de travail et de détermination, a réussi à faire sa place sous les projecteurs.L’Allemagne est dépeinte comme une mauvaise version du Cabinet du docteur Cali-gari et le contraste avec l’Amérique opulente n’échappera à personne.Tout cela en fait-il un film magique?C’était sans aucun doute le but recherché par Brett Leonard qui voulait nous éblouir tout autant que les deux vedettes.11 faut dire que celles-ci sont difficiles à battre sur le terrain de la flamboyance et de l’extravagance.Arborant des costumes sortis du placard du Liberace (ou bien serions-nous les premiers témoins d’une troublante — et double — réincarnation?), déambulant dans des décors qui évoquent autant l’opulence de Las Vegas que son indécrottable vulgarité, ouvrant les portes de leur «jardin» qui ressemble à un décor de péplum italien, Siegfried et Roy incarnent à merveille cette enflure congénitale du show-business américain.Le monde a-t-il tant besoin de magie pour vouloir faire disparaître la sobriété et le bon goût?Pygmalion à San Francisco GUINEVERE Écrit et réalisé par Audrey Wells.Avec Sarah Polley, Stephen Rea, Jean Smart, Gina Gershon.Image: Charles Minsky.Montage: Dody Dopi.Musique: Christopher Beck.États-Unis, 1999,105 minutes.MARTIN BILODEAU / Ecartelée entre son oppressante famille bourgeoise, qui voit en elle une future avocate, et un photographe bohème de 25 ans son aîné (Stephen Rea), déterminé à lui faire découvrir sa fibre artistique en échange d’une intimité partagée, Harper (Sarah Polley), 21 ans, choisira cette seconde option.Quitte à subir le désaveu de sa mère (Jean Smart), une femme au cœur de pierre qui lui dispute le regard de tous les hommes qui se posent sur leur route, et qui bientôt jettera un peu de sable dans l’engrenage de sa liaison.Telles sont les grandes lignes de Guinevere, premier long métrage de l’Américaine Audrey Wells, remarqué à Sundance, en début d’année, où cette délicate histoire de pygma-lion campée dans le San Francisco d’aujourd’hui a révélé chez la cinéas- te dp très belles qualités de jeunesse.A commencer par le regard sensible et sans préjugés qu’elle pose sur le milieu des artistes — assorti d’une charge acerbe contre la classe dominante, qu’elle caricature à l’excès, mais bon.— et un sens poussé des personnages, dont elle révèle les forces et les fêlures à demi-mot, selon un traitement anti-héroïque qui apporte sa vérité à ce récit sur la découverte de soi d’une jeune femme qui apprendra à se laisser regarder pour ensuite apprendre à regarder à son tour.La construction dramatique n’est cependant pas aussi limpide.Si Wells contrôle bien la notion du temps (point faible de bien des premiers films), la progression psychologique des personnages fonctionne quant à elle par à-coups surprenants.Par exemple, le passage marqué par Harper de la jeune femme timorée à l’artiste accomplie, se fait sans qu’on en perçoive les étapes.Aussi, l’alcoolisme de Connie (Rea), à peine effleuré dans la première heure du film, devient dans la dernière partie le moteur du récit.Le virage bukowskien que prend alors le film laisse bien des questions en suspens, jusqu’à la conclusion poétique qui ramasse (un peu facile- ment) tous les enjeux qui ont uni et désuni Lancelot et sa jeune Guinevere (c’est ainsi que Connie appelle ses élèves, et Harper n’est pas la première).L’analogie aux chevaliers de la Table ronde est ici subtilement articulée, soutenue en filigrane par quelques indices, ainsi que par la très belle musique d’inspiration celtique signée Christopher Beck.A quoi s’ajoute le fort accent irlandais de Rea, dont on ne discute jamais la provenance dans le film — San Francisco n’est-elle pas une métropole internationale?L’acteur, qu’on a pu voir au dernier Festival des films du monde, où il était membre du jury, trouve ici un rôle qui convient admirablement à sa personnalité, à la fois timide et pénétrante, dont l’attrait est aussi indéfinissable qu’indéniable.Quant à la jeune Canadienne Sarah Polley, qui fait de la télévision et du cinéma depuis l’enfance (on l’a vue notamment chez Egoyan), elle porte cette Guinevere avec une belle énergie, forçant parfois la note, mais sans atténuer l’affection qu’on éprouve immédiatement pour son personnage.Lequel vaut bien les quelques cahots que nous fait subir le voyage.Plus naïf que m décapant j| HAPPY, TEXAS Réal: Mike Illsley.Scénario: Ecl : ; ?Stone, Mark Illsley.Avec Jeremy’ • Northam, Steve Zlian, Ally Walkéç Elleana Douglas.Image: Bruce • ’ Douglas Johnson.ODILE TREMBLAY |,:{ LE DEVOIR » * < i Précédé par une excellent tiir meur au dernier festival idél Sundance où le film reçut un prix1 spécial du jury dans la catégorie; comédie.Happy .Texas, premier long métrage de Mark Illsley, malgré quelques bons gags, déçoit nos attentes avec une histoire au départ originale mais récupérée par plusieurs procédés faciles.Duo de comédie classique, les héros sont Wayne (Steve Zhan) et, Harry (Jeremy Northam), fraîche1 ment évadés de prison, l’un beau et intelligent, le second incarnant’ le petit bébête.Volant un véhicule roulotte, ils endossent le statut de légitimes propriétaires, deux producteurs de concours de beauté, homosexuels, qui mettaient le cap sur une petite ville du Texas, Hap^ py.Les deux larrons essaieront donc à leur place de former les petites filles du lieu en prévision du grand concours de charme.Leurs velléités de braquer la banque échoueront sur l’affection que leur portent les sympathiques habitants, dont la banquière (Ally Walker) et la maîtresse d’école dilué na Douglas) qu’ils lutinent et aus quelles ils s’attachent, malgré ‘ étiquette rose.Le film repose donc sur une i de quiproquos où véritable identité et orientation sexuelle sont mises à rude épreuve.Film qui aborde de biais avec les gags d’usage et une bonne volonté aussi touchante que frustre la question de l’homosexualité, Happy, Texas apparaît plus gentiment naïf que décapant.Si les comédiens font ce qu’ils peuvent en flirtant avec la caricature — notamment William El Macey, dans la peau d’un shérif gay plein de cœur et d’espoir — aucune interprétation n’émergera du lot.Ceci n’empêClJt pas quelques gags de faire moudttè à travers un loufoque de situatfo'n poussé dans ses derniers retranejfc-ments lors du braquage raté de la banque et des cours dispensés à dés petites filles par un parfait amatcMr.Mais Happy, Texas a gommé les côtés sombres de ses héros pcjur mettre l’accent sur le bon cœur tapi sous l’armure de criminels endurcis, et malgré un montage dynamique, des jeux de caméras souvent variés, il ne dépasse guère dans,!ja structure les limites de la coméoie de situation.Comparé à un film aiis-si réussi qu'American Beauty de Sam Mendes, le film offre un jeu de surface, ne réussit guère à créer des personnages vraiment forts malgré une facture indépendante et ne dépasse guère les conventions cinématographiques qui suintenLde partout sous des dehors d’audace.PIERCE B R O' S N A N ANNIE C.A L I P E A U D’après mu* / HISTOIRE VRAIE «.'Glorieux!» -lllh (.loin N MAIL «Passionnant.» -URU k\ U WMONT»!At ' ‘ ft du réalisateur de ÇjANDHl et CHAPLIN GREY OWL un film Je Richard Attenborough r-~V^ ClNEPLEXOOEON viacom REMÉÜËSâ A L’AFFICHE 1 1 1 CWtPtFHOWON 1 rAMOUSPLATf** —, , CMtRUM OOtOH Il CWfPl £ X OOtOH 1 ri" I!!* ^ _ ’ 1 1 1 (QUARTIER LATIN ?! [ F.P.8 GREENFIELD PARK 1 ILAVAL (QalarUt) 11 BOUCHERVILLE | IST-EUSTACHE ?| | 1 f— C Kf PT F X OOtON l r—MAISON OU CMf MA 1 1 CINf MA 9 1 1 ST-BRUNO ?! 1 SHERBROOKE II GATINEAU ?| — FAMOUS PLAYERS i f CMtPLCjl OOtON , , CNËPUI OOfOH 1 f FAMOUS PLAYERS 1 C Ht MA [*B MONTS | ¦ CENTRE EATON ?| [POINTE-CLAIRE ?! IcAVENDISH IM«III ?11CARR.ANGRIONON | |MONT-TREMBLANT ?| | I CMtPtCX OOtON i #— FAMOUS PLAYERS 1 r———CINEMA PlNt 1 | BROSSARD j [CENTRE LAVAL 11 STE-ADÉLE ?| S'*#**- Uo coup de cœur ço se portage! Profitez d"une escompte à l'achat de deux billets et plus o lo billetterie Articulée.tauQUsbec Affaires municipale* Patrimoine Canadian canadien Heritage QuttîOC Bell informations et billets ©billetterie Articulée 300, boul.De Maisonneuve Est (514) 844-2172 E DEVOIR MONfeaL SOCAN h ntt.iirc» ' •mentales canadienne* Secretarial tnlrigoiivi'f PATTISON GROUPE (514) 790-1245 AIR FRANCE TuariMOr Un lu D;j MaiMmûrtnr ,â >n le Lion d'Or 20 h |M’ LE DEVOIR Le Cabaret ;20 h L'Orkesfre des pas perdus Paul K.et Jeszcze Raz Kaliroots Massilia Sound System DJ Ray Ray X-Horde Royal Hill Muzion Claude Léveillée Blanche, la Bien-aimée Kid Fléo Émeline Michel Anne-Marie Gélinas Mes souliers sont rouges Romain Didier Bertrand Gosselin Vox Théâtre Drei toujours vivant El Sikameya 100,7?100,7?Série Ï5K5 RS5 Mémoires vtvçs Vendredi 12 Samedi 13 Dimanche 14 Carte blanche à Benoît Bourque Scène ouverte Lancement des Francouvertes Enregistrement public d'Un p'tit air de samedi soir avec Chontol Jolis 100,7?Série ïüSS Mémoires vives Étienne Deschênes Stephen Faulkner 10Q7l Série !S!5 Mémoires vives Paule Tremblay et Julie Brazeau Ricet Barrier Trémolo Enregistrement public d'Un p'tit air de samedi soir avec Chonrol Jolis Mlossec Projet Orange Mlossec Daniel Hélin Les Jardiniers Marc Déry Jérôme Minière Fred Poulet Pierre Flynn Petite-Voilée remonte le fleuve avec Plume à la barre ou Sous le ciel de la Gaspésie Chanson enragée Ivy, Délirium Circus, Les °/4 Putains Les Ours Le wesrern vaincra1 Le Medley fcO h uditorium îdu Jardin |botanique 4 A Samedi Ska AloSKA Gangsters Politics Skaferlatine Marcel et son orchestre Daniel Boucher Dernord Lovilliers André Borbé Pantin Pantine B 10 L K I) K V 0 I K .1.K S S A M E DI il E T D I M A X (' Il E I O (I (' T (I H R E 1 il il il CHANSON Place à Pauline Julien ! Ce devait être une bio autorisée, écrite du vivant de l’artiste: la maladie, puis la mort auront (presque) transformé le livre de Louise Desjardins en une autobiographie par procuration.La petite histoire d’un processus unique.SYLVAIN CORMIER Nous sommes dans la superbe maison d’une amie à Outremont.Louise Desjardins est descendue d’Abitibi pour les deux semaines de promo, qui s’achèvent.La session de photos l’embarrasse: pourquoi faut-il qu’on la voie, elle?À la lin du prologue, n’a t-elle pas écrit: »Place à Pauline Julien!»! C’était il y a presque trois ans, en février 1997.Un simple coup de téléphone d’éditeur, chez elle à Rouyn-Noranda, avec une proposition au bout du fil.«Est-ce que ça te tente décrire la biographie de Pauline Julien?» Louise Desjardins a bien réfléchi.Et puis elle a dit oui.«Je me suis lancée là-dedans un peu naïvement.» Elle rit d’un petit rire un peu gêné, comme si elle n’en revenait pas encore d’avoir accepté l’offre.Comme si elle en était contente, en même temps.Faire des choses différentes Elle n’avait jamais écrit de biographie.Des romans, oui.des recueils de poésie, une traduction de Margaret Atwood, une grammaire, bref, une production régulière depuis 1983.Mais marcher pendant deux ans et demi dans les plates-bandes de la vie de quelqu’un d’autre?D’une telle vie?«J'avais jamais pensé faire ça.Mais j'aime faire des choses différentes.Au départ, ça devait avoir deux cents, deux cent cinquante pages.Pauline devait me donner des entrevues, et je ferais la recherche dans les journaux.» Line simple bio autorisée, comme on dit.Un boulot de petit train va loin.On visionne les microfilms, on interroge les proches, on sonde le sujet.Mais les choses ne se passèrent pas ainsi.Il y avait urgence.Péril en la demeure.Le péril de Pauline: la maladie, la mort qui se profilait.De fait, si Pauline Julien avait pu, elle aurait écrit son autobiographie et l’éditeur n’aurait jamais rien proposé à Louise Desjardins ce matin de février.Pauline en avait amorcé la rédaction, d'ailleurs, à partir de pleins tiroirs de MARTIN CHAMRKRUNI) LH DEVOIR La biographe de Pauline Julien, Louise Desjardins documents, dont des carnets personnels, un journal intime tenu de 1960 à 1996.Et puis la maladie avait rendu impossible l’achèvement du projet, d’où le passage du flambeau.Trois jours avant sa mort, elle remit à sa biographe toute la précieuse paperasse.«J’étais honorée et en même temps jetais terrifiée.J’avais toute sa vie dans un sac.Terrifiée, je le suis encore un peu d’ailleurs.C’est quelque chose qui est difficile à porter.» «Je crois qu ’elle s’est rendu compte vers la fin qu ’elle n arrivait plus à dire ce qu’elle voulait dire.Je pense qu'elle aurait voulu m’en raconter davantage.Elle avait encore tout son esprit, mais la mémoire lui faisait défaut.» La biographe le constatera, l’urgence se lisait dans les carnets, bourrés d’annotations de dernière minute, d’ajouts et d’explica- tions.«Elle essayait de se comprendre en les relisant.» Quand il n’y eut plus moyen de faire autrement, elle donna tout, en vrac.«Je pense qu’elle m'a fait passer beaucoup de tests, pour voir si j'allais la trahir ou pas.J’ai l'impression qu 'elle m’a fait confiance.Elle a dù voir que je n ’étais pas quelqu un qui allait fouiller trop pour le fiun.» Deux paradigmes C’est pour ça, entre autres raisons, que les carnets et notes ne sont pas reproduits intégralement.«Je ne suis pas allée dans le lit, disons.» Si les amourettes de passage de Pauline et Gérald ne sont pas occultées, la biographie de Louise Desjardins ne sombre jamais dans le secret d’alcôve.«Je n'ai pas cette mentalité américaine.» Les épanchements de la franche Pauline ne sont pas tous rapportés, surtout quand ils concernent des proches et n’éclairent pas sa rie.«De toute façon, c'aurait été impossible de faire une édition critique de ses écrits personnels.C’était pas organisé.Ça allait dans toutes les directions.Au début, elle commençait une autobiographie et après, elle racontait des rêves.C’était sa façon d'exorciser son angoisse.» Finalement, la biographe a fait un travail de.biographe.«L’objectif, c’était de rendre compte de ce qu’elle était vraiment, tout en la respectant.Je me suis toujours dit: si c’était moi, qu'est-ce que je voudrais que les gens voient?Alors, j’ai essayé de donner les faits et de laisser Pauline parler, sans trop juger.» Placé à Pauline Julien! Nul besoin, ici, de jouer les biographes omniscients et de prêter des pensées «probables» à Pauline.Elle était là, la pasionaria, par cahiers interposés, commentant tout.La biographe a donc écrit son livre en suivant scrupuleusement les deux paradigmes, données historiques et témoignages d’un côté, extraits des carnets de l’autre.«Tout ce qui était de l’ordre des sentiments, je l’ai laissée s'exprimer elle-même là-dessus.Moi, je me suis occupée de la narration des faits, appuyés sur des articles de journaux, le plus possible.En essayant de toujours donner mes sources.» Louise Desjardins, elle, est demeurée à saine distance.«Moi, je suis une traductrice.Quand on fait de la traduction, on essaie de rendre ce qui est là et l'organiser.Mais je pense que le simple fait d'organiser, c’est déjà un regard que Ton pose.» Il en résulte un livre où tout est fourni, mais rien n’est imposé.«J’ai pensé que le lecteur pouvait lui-même, d’une façon intelligente, lire entre les lignes, un peu comme on fait en poésie.On met des images et le lecteur tisse la trame.» La rie à mort, en cela, est riche en lieux, dates, noms, titres de chansons: la folle rie des tournées de spectacles est donnée dans le détail («Elle n’arrêtait jamais, c’en était essoufflant.»), et chaque étape de la rie de Pauline Julien est replacée dans son contexte historique.Mieux, on se rend compte qu’elle est là, tout le temps, à tous les tours et détours de l’histoire du Québec et de la culture québécoise depuis les années 50.«C'est peut-être mon côté prof.J ai enseigné longtemps.Je me suis dit que ce serait intéressant de voir comment elle s'inscrit dans l’histoire.» Il en résulte aussi un portrait étonnamment contrasté.A la Pauline «mythique», la frondeuse, l’altière, la souveraine, la féministe, sorte de Marianne québécoise de la nation en devenir, le livre offre en parallèle une Pauline timide, angoissée, voire apeurée, une Pauline enfant gâtée, profondément dépendante de «ses hommes».«C'était sa quête de la vérité qui importait le plus.Peu importe les contradictions.Elle disait: je suis féministe et j’aime les hommes, débrouillez-vous avec ça.» On découvre aussi, derrière l’indépendantiste convaincue, la capacité de séparer les gens des institutions.Oui, Pauline Julien avait de nombreux amis anglophones.«C'est remarquable chez elle.On la pense tout d’un bloc, mais elle savait distinguer la personne humaine de son statut.Sa position, c’était: quand je vais chez les anglophones, je leur parle en anglais.Mais elle exigeait d’un anglophone qu'il parle français quand il venait sur son territoire à elle.Toute sa vie, elle a été conséquente.» Louise Desjardins aussi.En lui remettant le contenu de ses tiroirs, Pauline lui a fait jurer de tout brûler après utilisation.«Il y a parole donnée.C’est très important pour moi.Mais je me donne encore six mois pour réfléchir.» Réfléchir à quoi?«Il faut que je me demande ce qu 'il y a là-dedans de personnel et ce qu’il y a de patrimonial.» Outre les cahiers, en effet, il y a des manuscrits de chansons, des lettres pas du tout personnelles et absolument historiques.Doit-on tout jeter?«L’essentiel de ce qui devait être révélé Test dans le livre.Mais il y a des documents importants, qui dépassent la vie de Pauline Julien.Je vais retourner en Abitibi pour regarder tranquillement tout ça.» PAULINE JULIEN LA VIE À MORT Louis».' Desjardins Leméac Montréal, 1999,437 pages FESTIVAL IHTIRNATIOjlAL _ _ ,1W >¦ C 11 I A C NOUVEAU CINEMA NOUVEAUX MEDIAS Montréal 1999 14-24 V CTO B RE Prévente 9 octobre à tx-Centris dès 10b sélection internationale nouvelles de chine portraits pelechian courts et moyens métrages nouvellefs) vague(s) nouveaux médias 34 pays 200 litres métrages dont: U Almodovar Kiarostami Jarmusch Egoyan Doillon Sokourov Greenaway Kaurismaki Tanner Hou Hsiao-hsien / moyens métrages dont: 0 Champetier Coulibeuf Dommartin Liberovskaya Makhmalbaf Mambety Miron Pelletier Raxlen Reeves Rombout Smolders Trividic Ms nouveaux médias dont: Monolake (Chain Reaction /Imbalance) Scion (Chain Reaction) Scanner Farmers Manual (Mego) Tétreault Eboman Locust Antünez Hawtin Billetterie : Ex-Centris 3536, boul.Saint-Laurent Info Festival : (514) 847-1242 www.fcmm.com Billet film 7 $ou 1 coupon Billet nouveaux médias: (7$, 14$, 21 $) ou 1 à 3 coupons Livret de dix coupons (incluant le catalogue officiel ) 55 $ Passeport du festivalier (incluant le catalogue officiel) 150$* "(Toutes les proiedions et toutes les performances nouveaux médias, sauf films d'ouverture et de clôture) Catalogue officiel 10$ propulsé par Volkswagen r* ?QUtMCXj* INC S 00*0 « 1*1 (27 Q Telefilm Canada CinadS itou un mi Montréal PLUS DE 2 MILLIONS D’ENTRÉES EN FRANCE! «.un film délicieux.magnifiquement servi par d’impeccables interprètes.» • Marc-André Lussier, LA PRESSE «Un moment de pur bonheur.» • C»rol« Monerd.ÉCHOS .VEDETTES «À déguster comme un blanc bien frais.» • Odile Tremblay.LE DEVOIR «Une histoire charmante, un film très réussi.» ¦ Marie-France Bello.INDICATIF PRESENT «.un film tout à fait charmant.une dose de soleil.» - Valérie Letarle.C’EST BIEN MEILLEUR LE MATIN «Un film joyeux et reposant sur l’amitié et les petits bonheurs.» • Juliette Ruer.VOIR «On sortira tous de la projection de ce film le soleil dans les yeux et l’espoir au coeur.» - Michel Defoy.LE DROIT «Une petite oeuvre tout à fait charmante qui fait chaud au coeur et qui vous réconcilie avec la vie.» • François Houde.LE NOUVELLISTE «.semblable à une promenade matinale dans les régions du Sud de la France: on ressent un pincement au coeur et on a le goût d’y rester.» • Joan-Phlllppe Gravai, ICI Christian FECHNER Te/mxtic/i JAPRISOT PA*«t»ii»0MAaH MONTFOREZ (OTYWI OAUMAIIO Michel SERRAULT ILLÉRET - GAMBLIN DUSSOLIER ., .»r T “il».¦ ,/ *ü' ‘ • 1 vv Le bonheur d'être libre, Hil'l IIA, • 1 Jean BECKER UN FILM DE ri fl ¦r/fû S m i m iJN mm B .c/x(i/if//c UARRh Ane IA F*ATC»âTW CM « iuZUfVtf FLON V^/ucyur* 1)1 FILIIO cWCANTONA A L’AFFICHE ! ?SOI DIGITAL I cwfevf» 004ON 1 f—ir* cinemas OU270—1 cmé*.m oofow-.| cwtPve*oo«ow , , cnCsles odéon , [COMPLEXEDfeSJAADINsI [lANOELIER 6 ?! [LAVAUOiilérlélÔI ITt-BRUNO ?! PIROSBARdH f-CINÉMA O-I r ¦—ntUHDC LT» - l | M AJSON DU CMtMA .I CNfjKT«fP«lBF 1 I-C*fM» PlNf.| OATINEAU ?11TROIS-RIVIÈRES 0.?11 SHERBROOKeI [ 8T-BA8ILE ?I [STE-ADÉLeVI f LE DEVOIR.LES SAMEDI 9 ET DIM A X (' H E 10 0 T T 0 R R E 1 9 9 9 B II Bowie, de l’intérieur L’iconoclaste, qui vient de repousser encore une fois les règles du jeu en lançant son dernier disque sur Internet, fait le point sur sa carrière AN NI E MANCONE LIBÉRATION Foin de Ziggy Stardust, du Thin White Duke, de John Merrick alias «Eléphant Man», ou même du neurasthénique Nathan Adler venu d’ailleurs.Si, soucieux de renforcer cette réputation de caméléon qui est la sienne depuis que l’affreux jojo David ‘Jones se métamorphosa un beau jour en dandy Bowie, l’on devait aujourd'hui proposer de nouveaux oripeaux à celui qui revendique plus l’influence de Jacques Lecoq que celle de Bill Haley, il conviendrait sans doute de choisir un simple bleu de cantonnier.Comme l’inoubliable personnage de Fernand Raynaud, David Bowie, quinquagénaire resplendissant aux faux airs de bohème (pull-over Saint-Germain-des-Prés, cheveu mi-long plaqué derrière les oreilles, Marlboro light aux lèvres) ne cesse en effet de clamer qu’il est: «HEU-REUX!» Heureux donc, mais aussi humble et souriant, attentif, presque attentionné, il s’empresse, dès les présentations, de laisser supposer à son interlocuteur que l'idée de s’entretenir avec lui le passionne au plus haut point.Mieux même, que sa journée (pourtant pluvieuse) ne pourra que se trouver illuminée par cette rencontre exceptionnelle.Attitude à laquelle, journaliste confirmé ou non, on a peu l'occasion d’être confronté, surtout quand on aborde la catégorie des lourds-légers.Mais qui débouche sur une certitude frôlant la fatuité: à savoir qu’on va non seulement passer un bon moment mais que celui-ci appelle la réciprocité.Bref, que l’on peut ; s’estimer heureux.CQFD?- Selon Q Magazine, on vou9 a aperçu chinant chez Bleeker Bob's, à Greenwich Village.Seriez-vous collectionneur de disques?- Depuis l'àge de douze ans, je garde tout.Une vraie pie.Je dois avoir plus de 3000 vinyles.Avec des pièces rares, évidemment.Comme ce disque en public de Marcel Marceau: silence complet, et soudain, à la fin de la seconde face, applaudissements nourris.Génial.Je possède des bizarreries de ce genre.Du Ken Nordine aussi, type étonnant qui récitait des poèmes sur fond de jazz; des disques de Gil Scott-Heron, les premiers Last Poets.De nombreux groupes de hip hop se sont inspirés de ces gens-là, mais les l.ast Poets étaient beaucoup plus importants à l’époque que leurs imitateurs aujourd'hui.Leur vision du monde et les changements qu’ils pré conisaient étaient tellement judicieux et ciblés.Désormais, il est plutôt question de frustration, d'arrogance, d’insécurité.Le tout reposant sur ¦ l'idée d’une économie alternative plutôt que sur une recherche réelle de restructuration de la société.J’aime avec la même ferveur les musiques que j’aimais il y a trente ans.! - Vos goûts sont donc très affirmés.- Absolument.Et je fais tout pour qu'ils continuent à s’élargir.Je voudrais même comprendre la country.Tâche colossale parce que je ne me sens vraiment pas proche de cette musique.J’aime bien Johnny Cash, , pourtant.Mais je crois que je suis plus sensible au personnage qu'à son œuvre.L’Homme en noir et tout le trq-1 lala (il chante): «I walked the line.» À propos, que deviennent les Négresses vertes?- Un nouvel album est sur le point d’être commercialisé.- C'est mon groupe français préféré.- Vous avez commencé la musique en jouant du saxophone.Ne regrettez-vous pas de ne pas être devenu jazzman?- Je regrette surtout d'avoir essayé de jouer du sax.J’étais fasciné par les jazzmans.Autrefois, j’avais une coupe de cheveux à la Gerry Mulligan, un imperméable, et je ne me déplaçais jamais sans un disque de Coltrane, d’Eric Dolphy ou du Modem Jazz Quartet sous le bras.Les pochettes étaient tellement cool, j’aimais bien cette panoplie.Mais avec le recul, je me demande jusqu’où se situait ma compréhension de cette musique.Mon cœur penchant plutôt vers la soul et le rock.Quand j'éco.utais Little Richard, j’étais transporté.A neuf ans, j’ai sincèrement cru que si j'apprenais le saxophone, je pourrais un jour jouer dans son groupe.Je crois que c’est ça qui m’a poussé à faire du rock’n’roll.Autrement, je serais probablement devenu dessinateur commercial dans une agence de publicité et peintre du dimanche, donc frustré.Je n’aurais pas eu le courage de faire ça à plein temps.Par contre, je sentais que j’avais quelque chose à voir avec la scène, le théâtre, que je pouvais apporter ma contribution dans ce domaine.- C’est pourtant Vince Taylor, et non pas Little Richard, qui a inspiré le personnage de Ziggy Stardust.- Vince Taylor était fou.Un fou magnifique.Il est venu à Londres un été: nous avons fait la fête, beaucoup bu, nous nous sommes bien défoncés.Il était raide dingue.Je l’aimais beaucoup avec son complexe de Messie.Nous avons vécu deux ou trois trucs inoubliables qui ont permis à Ziggy de prendre forme.Quand j’ai appris, par exemple, ce qu'il avait fait en France, lorsqu'il s’est présenté sur scène vêtu d'une aube blanche, j’ai trouvé ça génial.Savez-vous ce qu’il faisait quand il est mort?- La plonge dans un restaurant chinois.- Oh non, bien plus effrayant que ça! Il était mécanicien à l'aéroport de Genève.Je vivais dans le coin à l’époque.C’est comme si Ziggy lui-mème avait effectué les contrôles techniques sur les avions que je prenais: «Salut! Je suis Ziggy, tu peux embarquer, mon vieux.» Ça fout vraiment les jetons.Comment a-t-il pu obtenir ce boulot?Je n’en revenais pas.Mais l’idée de la star synthétique qu’était Ziggy’ m'a été également inspirée par une situation vécue lors de mon premier séjour new-yorkais dans les années 70.Parmi toutes les choses que je rêvais de découvrir, il y avait le Velvet Undçrground et spécialement Lou Reed.A cette époque, le groupe était passé de mode mais jouait pourtant à l’Electric Circus.Il n'y avait pas grand-monde.Une trentaine de personnes en train de fumer des joints.Finalement, le Velvet entre en scène, et je me précipite au premier rang afin de chanter en même temps que Lou Feed, comme le fan absolu que j’étais.A la fin, je me faufile en coulisses, je frappe à la porte de la loge et John Cale m'ouvre.Je me présente, jeune chanteur britannique inconditionnel du Velvet, probablement l’une des six personnes à connaître le groupe en Angleterre.Lui-même étant gallois, le courant passe, et je lui demande si Lou est là.Il appelle celui-ci, et Lou et moi discutons un moment.Je l'interroge sur la façon dont il compose, lui avoue à quel point il m’inspire, etc., et lui se montre incroyablement disponible.J’étais aux anges, en train de réaliser mon rêve d’adolescence le plus cher.Le lendemain, en me baladant, je croise l'une des rares personnes que je connaissais à New York, un journaliste, et lui raconte ma soirée en concluant que je pouvais désormais mourir en paix puisque j’avais pa- NINA SCHULTZ Pour Davie Bowie, son nouvel album, Hours, représente donc un pont entre le passé et le présent.poté un bon quart d’heure avec Lou Reed.Mon interlocuteur me dit alors: «Lou Reed a quitté le Velvet l'année dernière, je crois que tu as plutôt eu affaire à Doug Yule, son remplaçant.» J’étais abasourdi.Le Doug Yule en question m’avait mené en bateau en jouant le rôle de Lou Reed.Et John Cale s’était lui aussi payé ma tète.Le plus formidable là-dedans, c'est que cette révélation ne changeait rien dans la mesure où j’avais réellement vécu l’expérience d'une rencontre avec Lou Reed, même si ce n’était pas lui.Cet épisode a donc contribué à la création de Ziggy.Existe-t-il, n'existe-t-il pas?Est-il le fruit de notre imagination ou le résultat d’une pensée rationnelle?C’est de ça qu’il est question avec Ziggy’.J'ai raconté l'anecdote à Lou Reed plusieurs années plus tard.11 venait de publier un recueil de poèmes.Quelques jours plus tôt, à l’occasion d'une signature dans une librairie new-yorkaise, quelqu’un lui avait demandé de dédicacer son livre «à Lou»; c'était Doug Yule.Je me demande ce que ce type est devenu.fi était la copie conforme de Lou.En photo, vous n’auriez pas fait la différence.- Hours rappelle parfois l'atmosphère musicale de Hunky Dory.Avez-vous la nostalgie de cette époque?- Je suppose que c’est dû à ma manière de travailler depuis quelques minées.En revenant sur Hunky Dory, je me rends compte à quel point ce disque était naïf.Aujourd’hui, je fais beaucoup plus d'expérimentation, de sampling, presque du collage sonore.Ce nouvel album représente donc un pont entre le passé et le présent.Je voulais retrouver la simplicité d'une époque révolue, sans pour autant dérouter la jeune génération.Hours a été aussi conçu connue un roman dans la mesure où, pour l’alimenter, j’ai puisé dans divers épisodes de ma rie, dans mes blessures, mais aussi dans celles de mes contemporains.Il traite en gros de la résignation de l’homme devant le malheur.Situation que je ne connais pas d'ailleurs, car, depuis 1988, je suis intolérablement heureux.Je vis une relation amoureuse très riche et, professionnellement, je réalise ce que je peux faire de mieux.- Eu égard à votre succès, ne vous ête9-vous jamais pris pour le maître du monde?- Probablement qu'au moment où j étais sous l'emprise de la drogue je me sentais le roi de mon monde.Mais celui-ci était restreint.Le monde d'un accro est tellement minuscule.- N ous êtes la seule rock star à avoir été épargnée par les tenants des nouvelles tendances (punk, new wave, techno.) Comment expliquez-vous ce sta-mt d'exception?- Je ne suis pas vindicatif.Je n'ai jamais critiqué qui que ce soit.Peut être cette attitude explique-t-elle le fait que je sois moi-même épargne.Pat les autres musiciens du moins, pas par les journalistes.Mais je m’intéresse tellement au fonctionnement socioculturel de notre société que je ne déteste pas les polémiques me concernant génie ou charlatan.Quand on atteint un tel degré de réification en tant qu’icône du rock, seul importe au bout du compte le référent culturel.J’aime assez m'extraire de mon univers musical, en observer les ramifications et décoder son fonctionnement.J'apprécie la composante philosophique de l’écriture rock et de la culture dont elle est issue.Cette attitude est paradoxalement cruelle et gratifiante.Si l’on ne peut pas supporter pareille dichotomie, mieux vaut laisser tomber.- Qu’attendez-vous de l’an 2000?- Pas grand-chose.L'idée même de changer de millénaire m’agace de plus en plus parce que le mécanisme psychologique mis en place oblige chacun à s'affairer plus que de coutume.Je me moque du chiffre lui-même, mais l’influence qu'il a sur les gens est intéressante.Certains sont terrifiés alors que d'autres, hypermo-tivés, sont déterminés à réaliser quelque chose à tout prix.11 a dù en être ainsi à chaque fin de siècle.La différence avec le précédent, plus nihiliste et anarchiste, est que tout le monde compte sur le futur.Maintenant que nous avons remplacé Dieu par la bombe et pris conscience de l'atrocité du fruit de notre labeur, nous avons enfin réalisé qu'il était temps de privilégier notre développement personnel.Chacun doit donc puiser au plus profond de soi-même plutôt que de se lancer à la conquête des étoiles.Propos recueillis par Serge Loupien.TArt! distribution inc.pmnit Beyrouth so reconstruit.Uii étonnant patois rose va être transformé en centre commercial.À travers les tribulations des habitants du quartier se révélent les blessures et les rêves d'un étrange après guerre.«.un film très actuel et très porteur » Denise Martel, Le Journal de Québec «charmant.sympathique et attachant » \ Denis Côté, Ici Montréal h ri ju une coproduction France-Canada - Mille et une productions & l les ateliers du cinéma québécois JB Q VHilm Cji'.t*U» précédé du court métrage LA RAGE de Diane Gagnon avec David La Haye i .nTcwinc °W|Ê|°|N 7T"1 S*m„ Dim, Lun.Mjr.«M«r.: 1:10- 3:50-6:20-8:50 A L’AFFICHE ! I centre-ville | Le plaisir Télé-Québec Demain 20 h Conception et direction artistique Dominic Champagne Direction musicale : Alain Leblanc et Charles Barbeau Réalisation Pierre Séguin et Mario Rouleau Producteurs- Guy Latraverse Bernard Spickler Avec comme invité Michel Tremblay René Richard Cyr Québec (.'mutila Sogrilalt 7001 WBÊ iTmuB ¦ I [' xrrn M .k - \ |ijj IQjl 11 p jii] irJl Y ¦ s ¦ \ B 12 L K DEVOIR.LES SAMEDI 9 ET DI M A X C 11E 10 OCTOBRE 1 !) !l !» ARTS 1 N I) U C’est combien pour votre spectacle?d i s q u S y l r a i n C o r ni i e r La lecture de l’annuel catalogue Rideau est toujours instructive: on y apprend en effet ce que valent, deniers sonnants, les spectacles de nos chanteurs, chanteuses, groupes, humoristes, troupes de théâtre, etc.Quiconque a un show à vendre, ou presque, est répertorié dans le gros volume glacé du Reseau indépendant des diffuseurs d’événements artistiques.Chacun y donne les paramètres techniques de sa production — durée du spectacle, nombre de personnes sur scène, temps de montage et le démontage —, sans oublier le cachet souhaité.Feuilletons un peu, pourvoir.L’agent québécois de notre cher Thomas Fersen, par exemple, demande entre 2001 $ et 7000 $ par soir.Raisonnable, je trouve.Pour obtenir les services de l’humoriste Mario Jean, il faut abouler un peu plus: entre 7001 $ et 10 000 $.Pareil poiu- Lynda Lemay, Claudine Mercier, Claude Dubois, Pierre Légare, Bruno Pelletier, Levesque et Turcotte, Plume, Pag et Yesterday.les Beatles.Cher pour un fac-similé, je trouve.Michel Louvain, lui.très négociable, en donne pour toutes les bourses: entre 2001 $ et 10 000 $.La Bottine Souriante a un prix plancher (7000 $) mais pas de plafond, comme Marie Carmen (qui ne doute de rien.).A l'opposé, certains ont un plafond mais pas de plancher: Fred Fortin, Mononc' Serge, Jean Rabouin, Mario Peluso se déplacent pour 4000 $ et moips.Question: à 10 $, ils font quoi?L'Equipe Spectra n'aime pas donner ses chiffres: pas moyen de savoir ce qu’on exige pour Zachary, Bélanger, Leloup ou Rivard.Les recordmans?Tous des gars: Yvon Deschamps, Herbert Léonard.Elvis Story, Andre-Philippe Gagnon et Drainville-Pelletier, à 10 000 douilles et plus (Céline est hors de prix, donc hors-catalogue).L'aubaine?La chouette Paule-Andrée Cassidy chantant Boby La-pointe, à 2000 $ ou moins: je vous le dis sans ristourne, si vous songez à organiser un gala commercial pour votre nouvelle boite à la mode, c'est de loin le meilleur rapport qualité-prix.Elvis à tout le monde Déjà, on le sait, Elvis est partout.Qu’à cela ne tienne, dès 2005, il appartiendra à tout le monde.C'est-a-dire que les droits qui liaient les premiers titres du catalogue d'Ehis à son héritière Lisa Marie et à sa compagnie de disques (RCA/BMG) ne vaudront plus tripette, la date de péremption de 50 ans ayant été atteinte.C’est le magazine rock britannique Mojo, dans sa livraison de septembre, qui sonne ainsi l'hallali: selon les dispositions du Copyright Act (section 13), après un demi-siècle, les enregistrements sonores passent de facto dans le domaine public, ce qui explique la flopée de coffrets aux enseignes diverses qui ressortent depuis quelques années à mesure que deviennent disponibles les vieux catalogues des Billie Holiday, Frank Sinatra et autres Ella Fitzgerald.Pendant que vous lisez tranquillement cette page, sachez donc que des gens calculent Dès 2001, ce seront les premiers enregistrements de Fats Domino qui seront «libérés-, en 2002 les disques pionniers du rock'n'roll de Bill Haley et ses Cornets, en 2005 le lé gendaire corpus d’Elvis Presley chez Sun Records.Et c'est pas plus tard qu'en 2013, à moins que les lois ne changent d’ici là (les lobbyistes des compagnies de disques s’y affairent), que commencera la grande liquidation du plus lucratif catalogue de chansons de l'histoire de la musique populaire: oui, les premiers 45-tours des Beatles viendront alors à échéance.On appelle ça des occasions d'affaires.Les Clash par eux-mêmes .Après le médiocre album-hommage récemment tombé dans les bacs, les fans du fameux quatuor punk The Clash seront servis à la source même: pour la toute première fois au-dessus du comptoir (en dessous, il y a les bootlegs) , un disque donnera le meilleur des légendaires performances du groupe.Live: From Here To Eternity, si l'on en croit le très fiable bulletin Ice, échantillonnera les captations de spectacles livrés à Londres, Boston et New York entre 1978 et 1982.Le programme, choisi par les anciens Clash eux-mèmes (Paul Simonon, Mick Jones, Joe Struminer et Topper Headon), inclura les plus furieuses versions des essentielles Should I Stay Or Should I Go, London Calling, Train In Vain, ainsi que la reprise de l'immortelle de Sonny Curtis, popularisée par le Bobby Fuller Four: l'irrésistible I Fought Die Law.Dans un Archambault ou un HMV près de chez vous à la mi-octobre.Paul qui pleure, Paul qui tape Domaine sous la présidence d’honneur de wmmt) RUN DEVIL RUN Paul McCartney MPL (Capitol/EMD Compatissons.Paul a perdu sa Linda et il ne veut pas souffrir tout le temps.Normal qu’il s’étourdisse dans le travail.Normal, aussi, qu’il plonge là où ça fait le moins mal: le rock’n’roll chéri de son adolescence.C'est bien, le rock'n’roll, surtout quand on s’y adonne sauvagement: ça défoule, ça fait sortir le méchant, c’est l’exutoire idéal.En plus, dans le cas de Paul, c'est cautionné directement de l'au-delà par sa Linda: elle était fan finie de rock des années 50 et racontait inlassablement à Paul les fabuleux soirs de son adolescence à elle, quand elle allait au Paramount de Brooklyn voir les jamborees d’Alan Freed, avec Chuck Berry et Fats Domino et Buddy Holly au même programme.Bref, notre McCartney se fait un peu de bien en faisant un joli clin d'œil à sa regrettée bien-aimée.Bravo pour lui, c'était necessaire.Y gagnons-nous un bon disque pour autant?C’est selon.Si vous aimez le rock’n’roll garro-ché n'importe comment, vaguement punk dans l’attitude, compensant en intensité ce qu'il perd en finesse, ce disque est pour vous.Avec quelques autres anciens combattants (David Gilmour, Ian Paice, Pete Wingfield, Mick Green), Paul enfile assez furieusement merci les rocks les plus terribles, comme disait Johnny Hallyday.Du Elvis en masse (/ Got Stung, Party, All Shook Up), du Larry Williams (She Said Yeah, popularisée par les Stones), du Chuck Berry (Brown-Eyed Handsome Man), du Johnny Burnette, Little Richard et compagnie, donné à la va-comme-j’te-joue, tout le monde à fond la caisse.Du brouhaha par des pros.Moi, franchement, tout beatlema-niaque impénitent que je suis, il arrive un moment où ça me les casse.J’aime mieux mon Paul quand il varie ses effets.J’aimerais qu'il ose confronter sa souffrance dans ses propres chansons au lieu de fesser dans son gros tas de souvenirs.D y a des exceptions, remarquez.Dans sa version du Lonesome Town de Ricky Nelson, par exemple, je sens sa douleur: c'était la chanson préférée de Linda, et il la hurle à la lune façon Oh Darling.Poignant.Pareil quand il chante No Other Baby, obscur titre du groupe skiffle britannique The Vipers: la plaie est ouverte et Paul fa gratte.Avouons-le néanmoins à notre corps défendant: outre les susnommées et les trois nouvelles chansons estampillées McCartney (surtout Try Not To Cry), ce disque est passablement superflu pour vous et même pour moi.Mais pas moins cathartique pour lui.Je le redis: compatissons, jusqu'à l'album suivant.Celui où, espérons-le, Paul es- ! Bitter** M Suf J «wetry •«¦"S Gesses G'Jttes, utc Suppl,e> af Vice m m I Wl»t St-Irénée, Charlevoix Déjeuner-bénéfice annuel Dimanche, 17 octobre llhOO à la toute nouvelle Salle de bal du Manoir Richelieu U Sylvie Massicotte Monsieur Claude Blanchet Président du conseil, président et chef de la direction de la Société Générale de Financement du Québec Réservation : (418) 452-8111 UN RENDEZ VOUS UNIQUE EN THEATRE ET CHANSONS «Merci pour l'intelligence cl la beauté» Monique Giroux, SRC Inlcrprclc par Sylvie Lceault Marline Fnmcki Murtin Fawn MONIQUE jeudi 14-ûctûhre LEYRAC AVANT agjKajrmii i\:g.»ir pi iari v iiWr niwnioN artiuiqi i or \RRANCfMINTS MUSICAUX MON INFANCC A ROSEMONT tMONIQUE IEYR.SC CONCEPTION ET CI N N &U S SON SCÉNOGRAPHIE ET MISE EN SCÈNE DENIS BRASSARD MSRTIN EfRRÜN CONCEPTION DES ECLAIRAGES LOU ARTEAl RE NOUVEAU PRODUCTIONS ALLEZ MILORD LES 19, 20, 22.23 OCTOBRE 1999 2490 Notre-Dame Ouest.Montreal Riurmwi 514-9112088 un spectacle tout â fait réussi, capable de charmer tous les publ «Quelle soiree magn spectacle est rythmé.trt,,< n inl drfllc J ai hâte de i voir ree pl es d ni un charme, un saiera de vivre au présent dans sa propre lonesome town.Sylvain Cormier FULL WESTERN DRESS The Derailers Sire (Warner) Tout a commencé le jour fie 17 juin 1965, si vous voulez tout savoir) où les Beatles enregistrèrent Act Naturally, la plus fringante rengaine country and western d'un champion du style, Buck Owens, roi de Bakersfield, en Californie, digne propagateur de ce qu’on appelle depuis le Bakersfield Sound.Preuve était faite: les jeux d’harmonies vocales des idoles pop britanniques et la musique des p'tits pas fins de l’Amérique profonde fies red-necks) n’étaient pas incompatibles.De fait, à 1a suite des Beatles, il y eut toujours quelque groupe ou chanteur pour réaffirmer 1a valeur de ce mélange original.Ces dernières années, les Mavericks, Blue Shadows et autres Dwight Yoakam portèrent bien haut le flambeau du western pop manière Bakersfield-Liverpool.Voici mes nouveaux chouchous de 1a même famille: les Derailers, une autre joyeuse bande de pas beaux mais chic garçons d'Austin, capitale du Texas et de la bopne musique.A leur quatrième disque depuis la formation du groupe en 1993 fie premier à se rendre dans nos parages), je découvre de fiers gaillards qui manient le honky-tonk le plus bondissant (77te Rigid Placé), le rockabilly eddie-cochranien le plus pur ((I’m Gonna) Love, Love, Love You) et le folk rock d'inspiration la plus beatlesque (Whatever Made You Change Your Mind, Just To Spend The Night With You) avec une habileté, un bagou et un entrain tels qu’on en remue les extrémités malgré soi.Qu’ils reprennent les Crystals (Then She Kissed Me), Marty Robbins (Knee Deep In Die Blues) ou défendent leur propre matériel, c'est la même réussite d’une intention simple: évoluer dans le monde de 1a musique country en 1999 sans faire 1a moindre concession aux diktats de Nashville.La sympathique participation du vieux Buck Owens en personne sur Play Me Die Waltz Of The Angels confère à l’ensemble lui véritable sceau d’authenticité.Recommandables, les Derailers?Si vous n’aimez pas Full Western Dress, je vous le rachète et le donne à un ami.S.C.SmSET CO • >^(yicsy-nuM/ une/ cÂansoiv ! Atelier de création de textes pour lo chanson Les mots chantent en vous ?Faites-en V un texte de chanson ! Douze heures d’atelier pour écrire, explorer, réfléchir sur les mots, leur musicalité et leur force d’évocation.Si cela vous chante ! Auteure, scénariste et parolière, Sylvie Massicotte a écrit les textes dcj'teferai pas ruai (Breen Lebœvf, Dan Bigras), Plus d'ange dans le ciel (Dan Bigras), Quand on s'en va pour oublier (Luce Dufavlt).Les srmedi et dimanche 23 ET 24 OCTOBRE 1999 9H30 - 16 H 3 O 150$ PLUS INSCRIPTION 20$ 514.524.3561 lique, où tous les sons jamais inventés par l'homme sous l'effet des drogues sont au programme.L’utilisation des cuivres y est particulièrement heureuse, décantation des arrangements rhythm’n’blues que l’on retrouvait sur les disques de Johnny Hallyday oh I Dick Rivers à la même époque.Je vous le donne en mille: ce disque se fume.Les notes de pochette signées : Guy Cloutier, alors relationniste chez: Canusa, valent aussi quelques bouffées.Un conseil: passez-vous ce disque entre initiés avant qu’il ne s’éteigne à nouveau.;, S.C.unto THE MALEDICTUS SOUND The Maledictus Sound Mucho Gusto (Tir Groupé) La belle curiosité que voilà.De nulle part, voilà qu’échoue dans mon casier 1a réédition en compact d’un microsillon si rare et si profondément souterrain qu’un fada des sixties de mon espèce n'en avait jamais entendu parler.Ignare, va! L'album éponyme Die Maledictus Sound parut pourtant pas plus loin qu’au Québec, en 1969 chez Canusa, la compagnie de disques de Tony Roman: il fallait les bonnes gens du label punk Tir Groupé (qui s’occupent habituellement de bruiteurs dans le genre Banlieue Rouge) pour repêcher cette drôle de plaquette de vinyle du fond de son oubliette.De quoi s'agit-il?D’une fascinante étrangeté instrumentale due à un certain Jean-Pierre Massiera, exguitariste de Claude François, projet hautement expérimental aux vertus hallucinogènes qui tomba un jour dans l’oreille de notre Tony Roman provincial, lequel s’empressa de relancer le microsillon à son enseigne (en y ajoutant sa photo grosse comme celle de Massiera, le sans-gène.).The Maledictus Sound n’en est pas moins une concoction entièrement française et délicieusement psychédé- .ES MALEDICTUS SOUND ONE PART LULLABY The Folk Implosion Interscope Records/ Universal Music Après le succès inattendu de Natural One sur la trame sonore du film Kids, les attentes étaient grandes face au nouveau disque du projet parallèle Folk Implosion de Lou Barlow.Ancien membre de Dinosaur Jr.et fondateùr de Sebadoh.cet auteur-compositeur est devenu une véritable référence de 1a scène indépendante américaine dé- ; puis quelques années.Délaissant un son «lo-fi» approximatif, One Part Lullaby peaufine un rock planant qui s’ini-prègne de hip-hop et d’arrangements pour cordes.Avec ses clins d’œil au Pet Sounds des Beach Boys et h Abbey Road des Beatles, ce disque vise le& ' mêmes sommets de perfection dan's un contexte toutefois très actuel.Grâce à ses boites à rythmes et ses refrains accrocheurs (notamment sur My Ritual et Mechanical Man), on voit comment le Folk Implosion concilie l’expérimentation avec une spontanéité désarmante.Tout cela dans un cadre mélodique pop qui ose franchir les barrières de la nostalgie et du «modem rock FM» prévisible.Avec l’aide de son complice John Davis, Barlow se per-' met également un hommage instrü-mental, plutôt subtil, au Requiem pour un con de Serge Gainsbourg.Sans doute un des disques majeurs de l’année.David Cantin LIFE FROM THE OTHER SIDE DJ Vadim Ninja Tune Reconnu pour ses recherches vers; de nouveaux territoires musicaux, l’étiquette Ninja Tune ne fait jamais dans j 1a demi-mesure.Après Coldcut et Die Herbaliser, c’est au tour de DJ Vadim de mener ses aventures un peu plus; loin.Après de longues fresques instru-1 mentales, le producteur d’origine rus-i se invite maintenant la crème des; MC’s de l’underground européen et; américain à donner une voix à ses; compositions minimalistes.Quelque! part entre le techno et le hip-hop abs-l trait.Life From Die Other Side définit j son propre langage sonore, des plus; ludiques.Grâce aux précieuses colla-; borations de EDP de Company Flow,; Moshun Man, Swollen Members et; Dilated People, on passe rapidement: d’une surprise à l’autre.Parmi ses! sources d’inspiration, DJ Vadim cite au; hasard Prince Paul (l’arrangeur génial! derrière les premiers disques de De; La Soul), King Tubby, Mantronix et; Portishead.Sur plus de 25 plages, il ar-' rive à concilier scratchs et textures ambiantes ainsi qu’un éclectisme musical! savant L’antidote parfait à Puff Daddy' et au hip-hop jetable.D.C.; ! L'Orchestre symphonique du Conservatoire de musique du Québec à Montréal présente Guiliani, Vaughan Williams, Ravel, Hummel, Verdi, Mendelssohn IM PHMTIW DU STU0I0 301 ill mUMMUM «Et tARGINU H It NAVIRE NIGH1 Josée Tremblay (commimirt) Philippe Côté Festival Art Action Actuel Nathalie Derome Suzanne Joly Benjamin Muon CONSERVATOIRE DE MUSIQIJE ET D ART DRAMATIQUE DU QUÉBEC Musique Montréal Michel Smith John Berndt Luc Boisclair IKÿ html Louis Veillette Constanza Camelo Aude Moreau Sylvette Babin Leah R Vineberg .Stephen O'Connell du 13 au 17 octobre 1999 victoria Stanton Juan Ybarra Gisèle Houle Charles-Eric Billard 840 Cherrier Montréal 514 525.1500 une participation ip#ci
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