Le devoir, 2 septembre 1999, Page(s) complémentaire(s)
A une vérité ténue et plate.je préféré un mensonge exaltant.(A.S.Pouchkine) V o l .X (’.- N - | !) 8 ?M O N T K É A L .L E .1 E UDI 2 S E I* T E M B H E I !» !» !» S 7 C + T A X E S = 1 $ / T O R o N T O I $ PERSPECTIVES L’unanimité contre Harel HORIZONS La chronique de Jean Dion: Tu l'as dit, bouffi, page B 1 POLITIQUE La Francophonie ne blâmera pas le Togo, page A 4 ?CULTURE La saison de TVA: pourquoi changer une formule gagnante?, page B 8 Un mouvement protectionniste jusque-là latent dans les municipalités de la région de Montréal gronde depuis une semaine alors que Le Devoir publie des extraits du chapitre métropolitain du livre blanc sur la réforme municipale.La guerre fiscale et des structures couve.Des clivages entre la banlieue et la ville s’annoncent.Rien pour surprendre qui que ce soit.Après tout, le volcan s’est endormi entre chaque tentative — ou convulsion — gouvernementale de régler le problème du Grand Montréal.Il y a malgré tout une certaine unanimité qui se profile dans le paysage montréalais.La colère du monde municipal est dirigée contre le gouvernement Bouchard en général et la ministre des Affaires municipales et de la Métropole, Louise Harel, en particulier.Là aussi, personne ne tombe des nues.Mme Harel traîne les années de piétinement et de délestages multiples du gouvernement du Québec.Et son silence ajoute au poids du boulet qu’elle a aux pieds.Ce dernier élément semble avoir été le catalyseur de toute la hargne exprimée en coulisses par les élus municipaux, qu’ils voilent quelque peu sur la place publique.A l’Union des municipalités du Québec, on ne cache pas sa frustration.C’est que le livre blanc table d’abord et avant tout sur la création d'une nouvelle structure régionale dont les membres seraient élus au suffrage universel, laissant les actuels maires sur la voie de service.Il n’en fallait pas plus pour enflammer les élus de toute la région, qui voient leur château fort s'effondrer.On imagine mal un Pierre Bourque se réjouir, lui qui souhaite être le seul et unique leader montréalais avec son idée d’«une île, une ville».De fait, les orientations contenues dans le document réduisent la municipalité de Montréal, mais aussi toutes les villes voisines, à leur plus simple expression: déneigement, cueillette des ordures et loisirs.Les maires ne sont pas loin de crier au désaveu, d’autant que c’est vraisemblablement la nouvelle instance, le Conseil métropolitain de Montréal (CMM), qui aura à jongler avec les solutions fiscales à appliquer.Pourtant, c’est avec ces mêmes partenaires que Québec a signé un pacte fiscal lors du dernier transfert de responsabilités aux municipalités en 1997 (une facture de 375 millions).Le monde municipal avait finalement accepté de faire un effort, en contrepartie de quoi le gouvernement Bouchard s’engageait à faire une réforme de la fiscalité municipale.Pourquoi ne pas respecter sa parole?D’aucuns y flaireront un autre envoi de factures aux municipalités.Cela libérerait une marge de manœuvre, aussi mince soit-elle, pour que Lucien Bouchard puisse réduire les impôts des Québécois et avoir en main une des conditions gagnantes pour un éventuel référendum.D’un autre côté, si la réforme prend véritablement forme — et c’est loin d’être fait car il y aura plusieurs étapes à franchir, dont une commission parlementaire —, les velléités référendaires de M.Bouchard pourraient se retrouver sur la glace par crainte du ressac provenant des couronnes nord et sud, pourtant péquistes.Chose certaine, le niveau de frustration dans le pourtour et dans Pile est très élevé.Sur la Rive-Sud, le mécontentement provient du privilège accordé à certaines municipalités appartenant aux girons électoraux des ministres Bernard Landry et Louise Beaudoin d’être exclues du territoire que couvrira le CMM.Du coup, les maires de la deuxième couronne nord, Yvan Deschênes en tête, inspirés par les luttes de pouvoir au sein du cabinet Bouchard, ont déclenché une mobilisation anti-Harel.En réduisant le territoire de 107 municipalités à 74, si le gouvernement plie devant ses ministres influents, il ne fait pas une grande démonstration de cohérence.Le CMM et la région administrative unique que Québec souhaite créer, n'auront pas le même territoire.Bonjour la planification! A la décharge de Mme Harel, il faut toutefois souligner que la version publiée date du 12 août et que, depuis, il y a certes eu des modifications de tout ordre.Ainsi, la ministre Harel a catégoriquement rejeté le scénario prévoyant la privatisation des trois sociétés de transport de la région.On peut donc croire que la superstructure est une solution partielle.Le chapitre montréalais est le quatrième du livre blanc; il y a donc au moins trois autres chapitres qui le précèdent Reste que les apparences sont contre Mme Harel.Tout semble donner raison aux maires de la région, qui estiment que la ministre se défile en remettant entre les mains de l’éventuel Conseil métropolitain de Montréal le seul vrai problème, celui de la fiscalité.Les défaitistes verront dans cette superstructure un forum pour permettre aux futurs élus métropolitains de se crêper le chignon.Est-ce qu’une nouvelle instance peut véritablement im-|X)ser une vision régionale au delà du protectionnisme de paroisse de tout un chacun?En tout cas, Québec n’y a pas cru pour la Commission de développement de la métropole, mort-née.Les détails officiels de la réforme devraient être connus d’ici deux semaines.Et Mme Harel ne pourra pas s’appuyer sur les traditionnelles guerres fratricides entre la ville et la banlieue pour appliquer des changements.Louise Harel a peu d’alliés: elle a oublié de leur parler.Kathleen Lève s
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