Le devoir, 14 août 1999, Cahier B
LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 A O Û T 1999 ?LE DEVOIR ?C’est un des mythes les plus tenaces de la télévision québécoise: à une certaine époque le petit écran aurait offert des émissions culturelles de qualité à profusion, alors qu’aujourd’hui la culture à la télévision s’apparenterait à la famine.À l’aube de la nouvelle saison télévisuelle, si on dégonflait un peu le mythe?Les grilles des programmes le disent: Radio-Canada propose plus d’heures culturelles que l’année dernière, dont un nouveau magazine littéraire.Télé-Québec propose un nombre inégalé d’émissions culturelles.La culture se conjugue de différentes façons sur plusieurs chaînes spécialisées, et ce malgré l’absence du Réseau des arts, convoité par Radio-Canada.Bref, les émissions culturelles sont légion.mais dans un contexte plus concurrentiel que jamais, le téléspectateur les regarde-t-il vraiment?© TEMOINS DE LA SCÈNE: ANDRÉE LACHAPELLE PAGE B 3 THÉÂTRE: MESSE D’APOCALYPSE PAGE B 6 à la télé, vous IMAGES ESTOMPÉES PAGE B 8 CINEMA page B 4 DANSE page B 6 DISQUES page B 7 PAUL CAUCHON LE DEVOIR dée reçue: à une certaine époque le petit écran aurait offert une profusion d’émissions culturelles de grande qualité alors qu’au- .1.À l’a Ijourd’hui la culture serait le parent pauvre de la télévision.A l'aube de la nouvelle saison télévisuelle, est-il possible de remettre en question ce mythe?Radio-Canada proposera en effet plus d’heures culturelles que l’année dernière, dont un nouveau magazine littéraire.Télé-Québec offrira une proportion inégalée d’émissions culturelles.La culture se conjuguera de différentes façons sur plusieurs chaînes spécialisées.À Télé-Québec, le secteur «culture et fiction» représentera 28 % de la grille-horaire en 1999-2000, comme l’année dernière, alors que cette proportion était de 23 % en 1997 et de 19 % en 1996.Évidemment, Télé-Québec a bouleversé sa programmation en profondeur l’année dernière et refait ses énergies autour des productions culturelles.Magazine culturel quotidien avec Les Choix de Sophie, émission littéraire avec Cent titres, spectacle de culture-variétés le dimanche soir, jeu théâtral quotidien avec Improvissimo, nombreux documentaires sur différents phénomènes culturels, à toutes ces émissions il faut ajouter cette année une série sur l’histoire de la création des chansons connues et une nouvelle émission animée par Jean Fugère sur les différentes passions, où la culture sera très présente, nous dit-on.VOIR PAGE B 2: TÉLÉCULTURE MUSIQUE page B 8 Luc Picard et Sylvie Drapeau dans la version télé de Traces d’étoiles B 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 AOÛT 1999 3 I Mi H w ~ TELECULTURE: La culture à la télévision échappe à l’autorité culturelle : SUITE DE LA PAGE B 1 À Radio-Canada, on affirme présenter plus d’heures culturelles que l’année dernière, où on marquait un grand coup en plaçant Christiane Cha-rette en direct le soir.En plus des Beaux Dimanches, Radio-Canada peut compter sur Vie d'artiste, sur une nouvelle version de Bouche à oreille, sur le nouveau magazine littéraire Jamais sans mon livre qui sera animé par un trio de jeunes journalistes, sur de grands entretiens menés par Denise Bombardier le dimanche soir.Radio-Canada rapatrie également sur sa chaîne principale Entrée des artistes, entrevues de Marie-Claude Lavallée qui étaient présentées sur RDI l’année dernière.Pour tracer un portrait exact de l’offre culturelle à la télévision, il faudrait tenir compte des biographies de personnalités culturelles présentées à .Canal D, tenir compte de certains spectacles et documents de Musi-Max, retracer la circulation des créateurs dans des émissions comme Liza ou Le Point J, discuter du caractère ¦ culturel de Flash à TQS, et ainsi de suite.Un impact bien réel Mais au-delà d’une énumération qui deviendrait trop fastidieuse, il est plus intéressant de comprendre l’impact réel de ces émissions.Claude Bédard a longtemps été directeur général de la grille à Radio-Canada.Mis à la retraite il y a quelques années, il agit maintenant comme consultant et producteur.Après avoir souvent analysé les grilles-horaires du passé, il soutient que la grande époque culturelle des années 50 ou 60 est un mythe.«On a tendance à embellir le passé, tranche-t-il.Les gens croient que Radio-Canada offrait du Théâtre Alcan extraordinaire à toutes les semaines.Il y a ¦ eu une année où on en a présenté seulement six, dont quatre petits boulevards!».Claude Bédard ressort de vieilles grilles-horaires de Radio-Canada au hasard.L’année 69-70?Du hockey deux Soirs par semaine, du cinéma populaire deux autres soirs, et au moins six heures d’émissions américaines en soirée, de Ma sorcière bien-aimée aux Espions.Les émissions culturelles?Confinées aux Beaux Dimanches («avec une programmation très hétéroclite», dit-il) et à certaines entrevues du Sel de la semaine.Sauf que «à l'époque on était prisonnier d’un choix unique qui faisait en sorte que les cotes d’écoute des émissions étaient plus élevées, dit-il.Actuellement il y a plus de bonnes émissions qu'avant.et plus de mauvaises, parce qu’il y a plus de choix».Jean-Pierre Desaulniers, professeur à 1TJQAM en communications et spécialiste de la télévision, poursuit cette réflexion.«Dans les années 50 et 60 il existait à la télévision une culture stricte et imposée, dit-il, qui fonctionnait comme une autorité culturelle.Les jeunes intellectuels qui se sont emparés de Radio-Canada avaient l’intention de rapprocher les gens de la grande culture.Ils avaient la mentalité d’une élite éclairée».Puisqu’il n’y avait qu’une seule chaîne, le public était captif.«Cette vision de la culture a éclaté quand Télé-Métropole est arrivée au début des années 60, ajoute-t-il.Quand le public a eu le choix il s’est rué à Télé-Métropole, préférant Réal Giguère, qui travaillait sur le mode de la séduction, à Wilfrid Lemoyne!» «Il faut comprendre que la télévision est liée à la démocratisation de la culture, ajoute Jean-Pierre Desaubiers.À la télévision on regarde ce qui nous tente ,sans être obligés de se soumettre à une élite éclairée.La télévision n'établit pas de hiérarchie culturelle, elle laisse tout à l’appréciation populaire.Pour juger de la culture il y a des critères liés à l'efficacité expressive, quand on voit une pièce de théâtre sur scène qui nous bouleverse par exemple, mais aussi des critères liés à l’efficacité communicative, qui s’appliquent à la télévision.Ce n’est pas la même chose».0,8 % La culture à la télévision échappe donc à l’autorité culturelle et elle s’exprime des façons les plus variées qui ne correspondent pas nécessairement à la grande culture classique.Malgré cette bcon-testable variété, certaines productions culturelles semblent manquantes.On ne trouve nulle part de magazine culturel véritable sur le cinéma par exemple.Ou sur les arts visuels.Et on peut s’interroger sur le type de culture véhiculé par plusieurs émissions, puisque sur certains réseaux la culture se confond essentiellement avec le show-biz.TVA a mis à l’affiche pendant des années un magazine culturel de deux heures par semaine, Bon Dimanche, qui était très prisé du public.Pourquoi la chaîne ne propose-t-elle rien de similaire aujourd’hui?«Les formats d’émission évoluent, répond René-Claude Ménard, vice-présidente aux communications à TVA.La culture Sophie Durocher ARCHIVES LE DEVOIH Riopelle dans un documentaire présenté l’hiver dernier à la SRC, se retrouve dans Le Point J tous les soirs, dans les chroniques de Salut bonjour, lorsque Claire Lamarche reçoit un écrivain.Si Serge Postigo passe en entrevue au Point J pour parler d’une pièce de théâtre, le lendemain la pièce joue à guichets fermés.Je crois qu’on fait mieux la promotion de la culture en l’intégrant aux autres émissions.Mais en même temps si on recevait un très bon projet d’émission culturelle on l’étudierait, c’est certain».Le Québec serait-il mieux servi avec un réseau des arts?Il est certain qu’une telle chaîne spécialisée créerait une toute nouvelle situation d’abondance, multiplierait les choix de façon exponentielle.Mais il n’est pas prouvé qu’une telle chabe attirerait le grand public en grand nombre.Au Canada anglais, la chaîne spécialisée Bravo! est un réseau spécialisé pour les arts et la culture.L’année dernière sa part de marché n’était que de 0,8 % auprès des téléspectateurs anglophones canadiens.Sa présence laisse donc ouverte la question des émissions culturelles sur les grands réseaux généralistes.ARCHIVES LE DEVOIR Marie-Claude Lavallée animera Entrée des artistes à la SRC.Après ICARO, l’Usine C présente la seconde partie de cette fascinante trilogie de monologues pour un seul spectateur du 24 août au 5 septembre « L’archange charmeur est reste sur terre, mais la fragile tendresse lui est acquise.» L’Express.Neuchâtel « Dès que les lumières s’éteignent, le voyage commence et il est impossible de se retenir.un moment théâtral d’une grande beauté comme ceux auxquels nous a habitué le Teatro Sunil.» La Juventud, Uruguay « Un spectacle incroyablement beau.à la sortie, la plupart des spectateurs avaient la larme à l'oeil d'avoir trop ri ou trop pleuré.» Corriere Adriatico, Italie TARIF PREVENTE 24 $ JUSQU’AU 21 AOUT E tUn Réservations 514.521.4493 / Admission 790.1245 /1.800.361.4595 Source d'dvrnir • STAGES ANIMÉS PAR LE TEATRO SUNIL • « LA VISION DU CLOWN OU LE TRAVAIL DE L’ACTEUR TRAGI-COMIQUE » « Le clown est un acteur qui est son propre metteur en scène et son propre dramaturge » INITIATION : 30 août au 4 sept.PERFECTIONNEMENT : 6 au 11 septembre Infos et réservations : 514.521.4198 NOMBRE DE PLACES LIMITÉ usine: O Giacobbe de et avec DANIELE FINZI PASCA du TEATRO SUNIL (Suisse) L e D e v o i r t • O U s A Z 1 1 1VI 1 U T S U Tl n o u v e a u vis a g e ledevoir http://www.ledevoir .com ËMmÉ ii.ii., ¦ I nî* * LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET D I M A N C II E 15 A O O T 1 !> 9 9 B 3 -A.EST 1 i — ^ 1 ^ TÉMOINS DE LA SCÈNE Savoir d’où l’on vient Andrée Lachapelle salue les précurseurs qui ont accompli un travail colossal avec modestie, toujours dans la joie et sans compter leurs heures Avec une constance remarquable, Andrée Lachapelle est présente dépuis plus de 40 ans aussi bien à la télévision et au cinéma qu’à la scène où elle a offert des interprétations mémorables.Tout en menant sa carrière et la barque d’une famille de trois enfants, elle a trouvé le temps de se consacrer à diverses causes.Porte-parole d’Amnistie Internationale pendant plusieurs années, cofondatrice en 1986 des Auditions du Quat’Sous et première présidente de l’Académie Québécoise du Théâtre, cette travailleuse infatigable et passionnée explique les facteurs qui, selon elle, ont mené le théâtre à ce qu’il est devenu aujourd’hui.Septième d’une série de huit entretiens pour mieux comprendre l’évolution du théâtre d’ici.SOLANGE LÉVESQUE Pour expliquer le dynamisme du théâtre actuel, il faut, selon Andrée Lachapelle, remonter avant les années 50, à l’époque où l’on s’alignait sur la France, la mère-patrie étant notre seule référence.«Lors de la crise du théâtre à la fin des années 60 (crise nécessaire, au demeurant), on a systématiquement rejeté tout ce qui venait d’Europe et oublié ce qui avait été fait avant.» Elle constate avec satisfaction qu’on a depuis retrouvé une ouverture d’esprit.«Ce sont maintenant nos artistes et les œuvres de nos auteurs qui se baladent à travers le monde.Certaines de nos troupes sont plus connues à l'étranger qu'ici», fait-elle remarquer.; Andrée Lachapelle considère qu’il est impératif que le public et les jeunes acteurs sachent d’où ils viennent et ce que les autres ont fait avant eux.«La mémoire des Québécois est très courte, constate-t-elle.Le théâtre actuel a été bâti au coude à coude et par des gens qui s’y donnaient totalement.» Elle tient à nommer les interprètes fabuleux que furent Fred Barry et Henri Duquesne, directeurs de la troupe du Théâtre Stella (première troupe dirigée par des Québécois de 1930 à 1933), Jean-Paul Kingsley, Juliette Béliveau, Juliette Huot, Nana de Varennes et leurs collègues européens: Guy Hoffmann, Henri Norbert, Antoine Godeau, Lucien Coedel, Marthe Thiéry, Jeanne Maubourg, Pierre Durand, Henri Deyglun, Paul Gury, Lucie de Vienne Blanc, Sita et Mia Riddez.«Ceux-là ont accompli un travail colossal! Et ils l’ont fait avec une grande modestie, toujours dans la joie et sans compter leurs heures», remarque-t-elle.En les côtoyant dans le travail, les comédiens de la génération d’Andrée Lachapelle ont bénéficié d’enseignements que les écoles de théâtre n’ont pu dispenser que dans les années 60.Andrée Lachapelle raconte que pendant la guerre, Louis Jouvet (venu en tournée au Québec, comme Jean-Louis Barrault et Jean Vilar), avait même pensé à s’installer ici pour y ouvrir un conservatoire: son idée n’a pas été bien reçue et il est reparti.Elle mentionne aussi le travail des Compagnons de saint Laurent (1937-52), dirigés par le père Emile Legault, et L’Equipe de Pierre Dagenais, qui a présenté des productions absolument remarquables jusqu’en 1950.«Comme metteur en scène, surtout, Pierre Dagenais avait un talent faramineux.On l’a traité de génie à 19 ans et ensuite, on l’a fustigé d’une façon absolument horrible.On ne lui a pardonné aucune erreur, aucun échec», observe Mme Lachapelle, qui juge très dangereux de porter un artiste aux nues trop rapidement; «on cherche ensuite à le descendre à la première erreur, dès qu’il ne correspond pas aux espoirs qu’on avait mis en lui.Tout le monde a droit à l'erreur; c’est ainsi qu'on évolue et qu’on avance», affirme-t-elle.L’époque des pionniers À partir de 1949, rappelle la comédienne, les premières grandes compagnies se sont établies: Rideau Vert, Nouveau Monde.«Mais sur le plan dramaturgique, spécifie-t-elle, c’est avec Gratien Gélinas, Marcel Dubé et Françoise Loranger que le théâtre québécois a pris forme.Tous les autres auteurs, dont Michel Tremblay, se sont ajoutés après parce que c’était devenu possible d’écrire comme on parlait dans la vie.» Andrée Lachapelle souligne également la contribution de Jean-Pierre Ronfard, immigré en 1960; de Georges Groulx, cofondateur du TNM qui a formé de nombreux acteurs avant d’être malade; de Gilles Pelletier et de Françoise Graton, avec lesquels Groulx a fondé la Nouvelle Compagnie théâtrale en 1964.«Au début, on trouvait cela très difficile d’y jouer parce que le jeune public auquel elle se destinait n’était pas toujours sage!» Elle se souvient d’être sortie en larmes après la représentation de Maison de poupée d’Ibsen; «On s’était donné pendant trois heures, avoue-t-elle, et on entendait notre auditoire chahuter.Néanmoins, plusieurs nous ont confié plus tard que s’ils étaient devenus acteurs ou spectateurs, ils le devaient à la NCT».A la liste de ceux qui ont donné un élan décisif au théâtre, Andrée Lachapelle tient à ajouter les noms de Paul Hébert, avec le Trident fondé en 1971 à Québec; de Jean-Marie Lemieux et de Rachel Lortie, qui ont ouvert le théâtre du Bois-de-Coulonges six ans plus tard, ainsi que certains théâtres d’été dont elle déplore que la qualité ait dégénéré avec leur prolifération: «On ne peut pas faire n’importe quoi sous prétexte que c’est l’été! En 62, quand Duceppe a ouvert son Théâtre des Prairies à Joliette, il y a amené un public, rappelle-t-elle; on était renversé de voir autant de monde.De nombreux spectateurs ne seraient peut-être jamais allé au théâtre s’il n’y avait eu ces théâtres estivaux».Comme Monique Miller et Jean-Louis Millette l’ont fait récemment dans cette série d’entretiens, Andrée Lachapelle insiste sur le rôle joué par la télé de Radio-Canada dans le paysage culturel des années 50-60, alors qu’on y présentait régulièrement de grands textes dramatiques québécois et étrangers.Selon elle, les réalisateurs de ces téléthéâtres en étaient venus à maîtriser parfaitement leur médium; «C'est depuis lors que le théâtre a connu un regain extraordinaire et qu’il s’est mis à évoluer rapidement.Au début, avoue-t-elle, on a craint que les spectateurs ne désertent les théâtres au profit de la télé; au contraire, ils se sont rapprochés du théâtre grâce à elle.Le malheur, c’est que Radio-Canada n’a pas continué dans cette voie et a sacrifié le niveau de qualité atteint par les émissions culturelles, lesquelles ont largement contribué à élever le niveau de culture du peuple québécois».Par ailleurs, André Lachapelle estime que la pratique du théâtre autogéré (dont Lorraine Pintal, actuelle directrice du TNM, a été un ardent défenseur auprès de l’Union des Artistes) a tout remis en question et s’est avérée inestimable en permettant aux jeunes de faire ce qu’ils aimaient, voire de créer leurs propres compagnies.Plusieurs spectacles expérimentaux ont pu être produits de cette façon par le Grand Cirque Ordinaire, le Théâtre de Quartier, le Théâtre des Cuisines, La Rallonge, la Manufacture, le Théâtre de Carton et plus tard, Pigeons International, entre autres.Andrée Lachapelle s’émerveille du fait qu’on ait assisté ici à un tel développement des arts et des artistes, en 50 ans seulement.La vie d’artiste «Je voudrais parler de Pierre Boucher, parce qu’il a été très important pour nous tous, affirme Andrée Lachapelle.En plus d’être acteur, il était avocat quand il a quitté Québec pour Montréal.» Elle explique comment sa présidence à l’Union des Artistes (1962-66) a eu des répercussions absolument décisives: «C'est lui qui a vraiment fait en sorte que désormais les artistes peuvent survivre et vieillir un peu plus tranquillement qu’autrefois.On lui doit de disposer maintenant d’un fond de pension, d’une assurance-maladie et de conditiom de travail plus décentes, explique-t-elle.Avant, on travaillait souvent de nuit au théâtre pour pouvoir faire de la télé le jour, selon des horaires de répétition absolument déments».Boucher a convenu d’horaires plus raisonnables avec les théâtres.«Je ne voudrais pas qu’on oublie Pierre.J’aimerais que les jeunes comédiens sa-çhent qu’ils lui doivent énormément.» À cet égard, elle déplore que beaucoup de choses âprement açquises soient en train de se perdre: «A la télé, de plus en plus, on demande aux acteurs de tourner à une rapidité folle! Tout arrive à la dernière minute.Il n’y a plus ce respect, cette éthique des arts et du métier; ça m’effraie un peu.» Elle se réjouit toutefois du fait qu’au théâtre, les comédiens arrivent encore à répéter suffisamment pour pouvoir travailler un rôle en profondeur.Enfin, Mme Lachapelle trouve que les médias ne font pas toujours leur métier comme ils le devraient; qu’ils donnent systématiquement toute l’importance aux vedettes, en laissant peu de place au jeune théâtre.«Je le dis haut et fort, car cet esprit doit changer, soutient-elle; il nuit à de grands interprètes.Je pense à Sylvie Drapeau, notamment, qui pendant des années s’est démenée pour jouer quatre ou cinq pièces par année en y incarnant des rôles très difficiles, sans être connue du grand public.A Annick Bergeron, comédienne fantastique, méconnue elle aussi!.» Andrée Lachapelle est persuadée que si les médias accordaient autant d’importance au théâtre et aux arts qu’ils en accordent au sport, la culture s’épanouirait davantage au Québec.Elle constate que nos chanteurs d’opéra, par exemple, sont connus dans le monde entier; que n’importe quel sportif performant sera partout dans les médias: «On leur fait beaucoup de publicité dès qu’ils vont à l’étranger; pourtant, des artistes de théâtre y travaillent aussi! Pourquoi entend-on moins parler des événements culturels?Toutes disciplines confondues, les artistes sont nos meilleurs ambassadeurs», conclut-elle.Cela étant, sa confiance dans le théâtre, et dans le jeune public en particulier, est inébranlable; «Je souhaite cependant qu’on n’occulte pas la grande ouverture que les Québécois manifestent par rapport à l’étranger, et dans un mouvement d’échanges: les artistes empruntent à divers répertoires étrangers et, en retour, plusieurs œuvres et artistes québécois occupent désormais une place enviable hors du Québec».A ce chapitre, Andrée Lachapelle raconte qu’avec le costumier François Barbeau et quelques autres, elle avait songé un moment à fonder une compagnie qui aurait eu comme objectif de recruter une partie de son public parmi les immigrés de différentes ethnies.Mettant à profit la production d’une pièce de leur pays d’origine, on aurait pu leur dire: c’est du théâtre qui vous concerne, venez! Andrée Lachapelle se réjouit de voir maintenant à l’Ecole nationale des étudiants africains et haïtiens (moins d’Asiatiques, cependant, qui sont plutôt anglophones), et elle pense qu’on doit amener les nouveaux arrivants à jouer et à écrire du théâtre avec nous.«H faudra nous ouvrir encore davantage; ce n’est pas aux immigrants de venir vers nous quand ils arrivent; c’est à nous d’aller vers eux.Ils sont intimidés.On doit solliciter activement leur participation», affirme-t-elle.Trop longtemps l’otage d’un physique qui la destinait à jouer les jeunes premières et les héroïnes fragiles, Andrée Lachapelle éprouve maintenant beaucoup de plaisir à incarner enfin des personnages de composition et des femmes fortes.Jusqu’au 4 septembre, elle joue Les Girls à Clémence au Théâtre d’East-man, spectacle qui tournera en province jusqu’en décembre et dont ses deux filles, Nathalie et Catherine Ga-douas, font partie.«Tout le monde est étonné de me voir faire des compositions à Eastman cet été, raconte-t-elle; mais j’en fais depuis des années! Décidément, l’image “blonde fragile” a la vie dure.ça me fait mourir de rire! Je ne comprends pas!» En janvier, elle sera l’aïeule d’Albertine en cinq temps à l’Espace Go, pièce qui sera télédiffusée à Radio-Canada, coréalisée par Martine Beaulne et André Melançon.Andrée Lachapelle deviendra ensuite Clytemnestre dans Êlectre sous la direction de Brigitte Haentjens, toujours à l’Espace Go.Entre-temps, un autre rôle lui tient à cœur, et non des moindres: elle est porte-parole de Carrefour pour elle, un gîte pour femmes victimes de violence et situé à Longueuil.n ;b .H fi u vsumîc %À mmmm / V * •: * * • •-’''v'Vsj « ¦ ¦ % JACQUES NADEAU LE DEVOIR «La mémoire des Québécois est très courte, déplore Andrée Lachapelle.Le théâtre actuel a été bâti au coude à coude et par des gens qui s’y donnaient totalement.» Rideau sur le Abonnez vous à la série de 7 ou 5 spectacles! {ilACSU , Auteur: Michel Tremblay Mise en scène: André Brassard Avec Rite Lafontaine et André Brassard.(uniquement disponible dans la sêiie de 7 spectacles) Saison 1999 • 2000 Pygmalion Auteur: George Bernard Shaw, Traduction: Automne Maillet Mise en scène: Françoise Faucher Avec Guy Nadon, Isabelle Blais, Raymond Legault, François Tassé, Monique Lepage, Periette Souplex, Gabrielle Mathieu, Marie-José Normand, Jacques Baril, Marcel Girard et Danielle Leduc.Bousille et les justes Auteur: Gratien Gélinas Mise en scène: Micheline Lanctôt Avec Benoît Brière, Nicole Leblanc, Marie Charlebois, Diane Langlois, Marc Grégoire, Marie-Chantal Perion et plusieurs autres.Avec le temps (Cad ans de chansons) Conception et mise ai scène: Louise Forestier Avec Louise Forestier, Gabriel Gascon, Kathleen Fortin, Hélène Mojor, Stéphane Brulotte, Lyndo Johnson et Louis Gagné.Les Chaises Auteur: Eugène Ionesco Mise en scène: Paul Buissonneau Avec Hélène Loiselle et Gérard Poirier.Maître Puntila et son valet Matti Auteur: Bertolt Brecht, Traduction: Michel Cadot Mise en scène: Guillermo de Andrea Avec Raymond Bouchord, Pierrette Robitaille, Cloude Prégent, Mireille Deyglun, Sylvie Boucher, Jean Harvey, François Longpré et plusieurs autres.GRACE et GLORIA Auteur: Tom Ziegler, Traduction: /Michel Tremblay Mise en scène : Denise Filiatrault Avec Viola Léger et Linda Sorgini.(uniquement disponible dons lo série de 7 spectacles) Une invitation à mettre r \ Rita Lafontaine André Brassard Benoît Brière Nicole Leblanc rr 4?v *** Louise Forestier Gabriel Gascon 3 Loiselle Gérard Poirier ~Wm Raymond Bouchoid Pierrette Robitaille Viola Léger Linda Sorgini GC Hydro Québec Omni PUBLICIS BCP TVR le siècle en pieces théâtre du rideau vert M: (514) 845-0267 Téléc.: (514) 845-0712 www.rideauvert.qc.ca 355, rue Gilford V L E DEVOIR.I.E S S A MEDI 14 ET D I M A N C II E 1 5 A OUT I !) i) !» CINÉMA Entre le cliché et la vérité •' BROKEDOWN PALACE ! ; De Jonathan Kaplan.Avec Claire ; -Danes, Kate Beckinsale, Bill Pullman, Lou Diamond Phillips, Jacqueline Kim.Scénario: David Arata.Image: Newton Thomas Sigel.Montage: Curtiss Clayton.Etats-Unis, 1999, 105 minutes.MARTIN BILODEAU Hollywood, on l’a déjà dit, a la fâcheuse habitude de reproduire les succès anciens, grands ou petits.Et pas seulement en franchisant Jaws, Halloween et Batman, mais aussi en remâchant, avec des variantes, les sujets qui ont fait jaser l’aimée dernière.On l’a vu avec Last Dance, variation féminine sur le thème de Dead Man Walking.On l’a vu également avec EdTV, qui prolongeait dans l’absurde la réflexion de Die Truman Show.Return to Paradise raconte l’histoire d’un Américain emprisonné en Thaïlande pour possession de drogue.D compte parmi ces films qui ont marché récemment (c’était par ailleurs le remake d’un film de Pierre Jolivet, Force majeure), en plus de faire écho aux péripéties du héros de Midnight Express — film qui a profondément marqué l’imaginaire des Américains vis-à-vis de l’étranger.Réalisé par Jonathan Kaplan, un forgeron habile mais inconstant (Over the Edge, The Accused, Love Field), Brokedown Palace se présente comme une variation féminine de Return to Paradise.Deux jeunes Américaines en vacances en Thaïlande sont les victimes de l’amoureux d’un soir de l’une d’elles, un Australien bcbg qui, en tentant de faire transiter quelques kilos d’héroïne dans leurs bagages, pro- voque leur arrestation.Abandonnées par leur bourreau, incapables de prouver leur innocence et impuissantes face à la corruption qui sévit dans les couloirs de la justice thaï’, Alice (Claire Danes) et Darlene (Kate Beckinsale) seront condamnées à la prison.Un avocat rusé (Bill Pullman, égal à lui-même), et Américain de surcroît (en famille, on se comprend mieux), entreprendra de les faire innocenter, non sans soutirer aux parents des deux filles d’importantes sommes d’argent Entre-temps, le doute s’installe et divise les deux filles livrées aux lionnes de leur modeste prison, laquelle risque fort d’être leur domicile fixe pour les prochaines 23 années.Kaplan ne s’est pas donné la peine de huiler les ressorts de cette intrigue conventionnelle, sur les thèmes de l’innocence et de la vérité, de l’amitié et du sacrifice.Le scénario entretient un doute quant à la version de chacune des filles, sans toutefois que les circonstances le nourrissent, de sorte que le suspense qui aurait pu être créé se trouve éventé.Reste l’Anglaise Kate Beckinsale (Cold Comfort Farm, Die Last Days of Disco) et l’Américaine Claire Danes (Little Women, Romeo and Juliet), deux comédiennes douées qui se tirent plutôt bien de ce faux pas, malgré des personnages psychologiquement limités qui les forcent à s’émouvoir et s’indigner à répétition.Cela dit, le spectateur le moindrement conscientisé s’indignera plutôt du regard «démonisant» que le film pose sur la Thaïlande, de la peinture qu’il fait de sa société et de son système judiciaire, qn comparaison desquels ceux des Etats-Unis seraient un modèle de démocratie et de justice pour tous (!?).SOURCE FOX 2000 PICTURES Kate Beckinsale et Claire Danes dans Brokedown Palace de Jonathan Kaplan UN IILM « TMN Quétec n Canadî GfORGfS BfNAYOÜN tl JACQUfS MfTHf Maintenant à l'affiche! CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS -MMOui'uffn ——u IWUWII II ¦**«****»» ¦ unmiuwi —ir— ., ntuUuwn —ura»S^|fPH£lufnW liirptS SOUtClS uTirSTI-THlIHSf SH ,- KBtll -, f— (liUUMM -| f— lumHim UJ Htl ¦ ¦-ÜUMHUI cNwom .,, ¦ .M*M • - i ,, lk nwimi ¦ .I TIMMONNf 11 CMATtAUQUAY |[ ST-JIKOMt || JOUETTI ||DHl«tncH IxlUxsCHIntAU tal SOURCE MOTION INTERNATIONA! Une scène du film Babel de Gérard Pullicino fcjfer Un cocktail agité BABEL Réal, et mus.: Gérard Pullicino.Scén.: Gérard Pullicino, Serge Richez, Vincent Lambert Avec: Mitchell David Rothpan, Maria de Medeiros, Tcheky Karyo, Michel Jonasz, Browen Booth.Image: Eric Cayla.Montage: Laurent Rouan.France-Canada, 1998,95 min.Famous Players.ANDRÉ LAVOIE Les cinéastes français s’aventurent très peu sur le terrain de la science-fiction ou sur celui, plus vaseux, de la «science fantasy», genre où visions chimériques du futur, haute technologie et mythes de toutes sortes s’entrechoquent.La saga Star Wars est sans contredit l’exemple ultime de ce que le genre peut offrir de meilleur.et de pire.Du côté de l’Hexagone, les tentatives demeurent isolées, parfois brillantes (La Jetée, Fahrenheit 451, Le Dernier Combat), mais aussi douteuses (Barbarella, Gawin).Le succès du Cinquième Élément de Luc Besson, jouant sans complexe la carte de la flamboyance hollywoodienne (Bruce Willis, abondance d’effets spéciaux, le tout servi en anglais) avec un soupçon de raffinement à l’européenne, crée l’illusion d’une recette infaillible pour attirer les foules.Avec des moyens plus limités et obligé de se rabattre sur Tcheky Karyo à défaut de Willis, Gérard Pullicino a lui aussi décidé de s’enfoncer dans les méandres du genre avec Babel.Il propose une fable aux accents bibliques où se mêlent notre appréhension face à l’arrivée de l’an 2000, notre héritage judéo-chrétien, une suspicion de plus en plus grande face au pouvoir des médias et les tiraillements quotidiens d’une famille d’aujourd’hui.Rivé à sa télévision miniature, habité par le souvenir de sa mère morte trop tôt et s’ennuyant ferme à écouter les blagues de son père Patrick (Michel Jonasz), David (Mitchell David Rothpan) ne soupçonne pas que le parchemin que lui rapporte son chien fidèle est en réalité une carte permettant de retrouver la Pierre de Babel.Installée à un moment stratégique, au sommet de la tour du même nom qui domine la ville, elle peut entraîner un chaos planétaire: c’est d’ailleurs ce que souhaite ardemment Nemrod (Tcheky Karyo), homme d’affaires aussi prospère que démoniaque.Les Babels sont des créatures vivant sous terre depuis l’époque de la construction de la première tour qui, selon le récit de la Genèse, a entraîné la multiplication des langues et des malentendus, Trois d’entre eux tentent de retracer le parchemin et de contrecarrer les projets de Nemrod.Ils seront secondés par David, ainsi que par Alice (Maria de Medeiros), sa charmante institutrice qui s’était d’abord faite l’alliée du mégalomane, mais qui a décidé de se ranger (un peu trop rapidement) du côté du bon droit et de la justice.Babel, avec son attirail technologique et une volonté évidente d’en mettre plein la vue, incarne très bien cette tendance du cinéma européen qui veut vendre son âme pour conquérir de nouveaux marchés.Cette coproduction franco-canadienne tournée en anglais dans un Montréal à peine maquillé par les effets spéciaux propose, «pour toute la famille», des personnages stéréotypés, de l’action à la pelle et une imagerie où la science-fiction (une tour de verre aux proportions démesurées) cède finalement le pas au merveilleux fies pouvoirs maléfiques et tentaculaires de la Pierre de Babel).La cohérence ne semble pas l’obses- sion première de Pullicino (on entre et on sort de tous les édifices de la ville, de jour comme de nuit, avec une facilité déconcertante) et avec les personnages des Babels, il tente d’imiter Steven Spielberg en voulant rendre sympathique de petites créatures qui ne gagneraient sûrement pas un concours de beauté.Même si le film a été tourné ici, la distribution, mis à part le jeune Mitchell David Rothpan dans le rôle de David, s’affiche résolument «française», avec des acteurs qui ont fait leurs preuves ailleurs (Tcheky Karyo et Maria de Medeiros) et de figures sympathiques (Michel Jonasz et Nagui, méconnaissable) .Mais tous se voient soumis à la loi implacable de ce type de productions où les effets spéciaux et les morceaux de bravoure tiennent le haut du pavé, les interprètes essayant tant bien que mal d’insuffler un supplément d’âme à des personnages désespérément caricaturaux.,, ! Empruntant autant à la Bible qü’à l’esthétique de la bande dessinée, Pullicino tente de réunir sous une même coupe tout une panoplie de symboles, d’accents et de péripéties abracadabrantes.Le titre du film résume bien l’ambition démesurée du cinéaste.La vie est une longue bédé quétaine MYSTERY MEN (LES SUPPOSÉS HÉROS) De Kinka Usher.Avec Ben Stiller, William H.Macy, Hank Azaria, Janeane Garofalo, Greg Kinnear, Geoffrey Rush, Lena Olin, Torn Waits, Claire Forlani, Eddie Izzard, Kel Mitchell, Paul Reubens, Wes Studi.Scénario: Neil Cuthbert Montage: Conrad Puff.Musique: Stephen Warbeck.États-Unis, 1999, 110 minutes.MARTIN BILODEAU Et si chacun pouvait, par la seule force de sa volonté, se transformer en super-héros?Cette question existentielle est au cœur de Mystery Men, une parodie des Batman et Superman (bref des films de «vrais super-héros»), réalisée par Kinka Usher, un nouveau venu formé à l’école de la publicité, qui joue sa partition avec beaucoup d’invention.à défaut toutefois de réinventer la cohérence.L’intrigue de Mystery Men se résume par ses personnages, tirés pour la plupart de la bande dessinée éponyme de Bob Burden qui a servi de canevas au film.D’abord, un trio de gars ordinaires qui prennent leurs petits talents pour de grandes promesses d’invincibilité.Aussi le chef porté par sa colère (Ben Stiller), le maharajah à cinq cennes armé de fourchettes (Hank Azaria) et le candide muni d’une pelle-majorette (William H.Macy) interviennent-ils invariablement dans des situations de combat, d’où ils ressortent épuisés et vaincus, tandis que leur rival du côté du bien, un certain Captain Amazing hyper médiatisé (Greg Kinnear), sauve la situation in extremis en renvoyant les méchants au plancher devant une presse en délire.Lorsque Captain Amazing est kidnappé par le méchant Casanova Frankenstein (inoubliable Geoffrey Rush), qu’il avait lui-même aidé à faire sortir de prison afin d’avoir un adversaire à sa taille (et retrouver ses commandi- FRANCE FILM PARIS NEW YORK PRODUCTION & MAX FILMS inrsrulr iltir ihùiIik Hull Compétition OJficiclle Iestival des IUnis du Monde PUS & «Une charmante invitation au voyage.» - Marie-Ève Gérin, La Presse Un film de DAI SIJIE ïk'lnamifitne sous Mice p.o très bédéesques dans le traitement des couleurs et des décors baroques (on pense souvent à la série télévisée Batman des années 60), enrobent l’affaire de bien séduisante façon, bien que l’ensemble dégage une atmosphère de parc d’attraction à moitié abandonné.La distribution, qui fait la plus grande force du film, propose quelques numéros, en solo ou en groupe, éparpillés sur la pellicule, sans que le scénario y gagne pour autant en intensité.Paul Reubens, alias Pee-Wee Herman, fait un amusant retour en superhéros aux flatulences «destroy», tandis que le solide William H.Macy, à l’aise dans tous les registres, et le caractériel Ben Stiller, aussi désopilant sobre que furax, sauvent la mise, la leur et un peu de celle des autres.Geoffrey Rush, en mécréant convaincu que le disco n’est pas mort (l’est-il, tout bien considéré?), offre pour sa part une inoubliable composition, hachurée certes par un scénario mince et mal foutu, qui comporte tant de personnages qu’il lui suffit de bien les énumérer.SOURCE UNIVERSAL PICTURES Une scène de Mystery Men, une parodie des Batman et Superman (bref des films de «vrais super-héros»), réalisée par Kinka Usher.545 L E 1) E V l) I R , L E S S A M EDI 1 1 E T I) 1 M A N (' Il E I f> A 0 0 T I !» !» 9 CINÉMA A L’AFFICHE! [CINÉMA DU PARC] I 3575 Du Pare 281-1000 | vendredi: 5:15-7:15-9:15-11:30 samedi: 3:15 - 5:15 • 7:15 - 9:15 -11:30 dimanche: 3:15 - 5:15 • 7:15 • 9:15 du lundi au jeudi: 5:15 • 7:15 • 9:15 (ROT1SUE SHARON McGOWAN .PIGGY THOMPSON MOTION INTERNATIONAL INC ANNE WHEELER BETTER THAN CHOCOLATE CHRISTINA COX K A 1} Y N DWYER WENDY CREWSON KEVIN MUNDY .no PETER OUTERBRIOGE MAR Y A 'DELVE R ANN-MARIE MACDONALD GREGORY MIDDLETON DAVID ROBERTS ALISON GRACE SHARON McGOWAN ."•¦ANNE WHEELER PEGGY THOMPSON Can ail a 1.iJi.?G (3 Telefilm Canuda Le FFM s’est donné cette année une imposante présidente du jury: la grande actrice suédoise Bibi Andersson, longtemps égérie de Bergman, qui sera à Montréal dans deux semaines pour le marathon cinématographique.À sa trajectoire, des grands classiques comme Le Septième Sceau , Les Fraises sauvages, Persona, et une carrière toujours florissante marquée désormais par son amour du théâtre.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR La voix au téléphone vient de Stockholm, réservée, pesant ses mots.C’est la voix simple d’une femme qui n’a rien à prouver et s’habite elle-même.Les grandes vedettes se prennent rarement pour des grandes vedettes.Elles ont vu neiger sur le métier, connaissent ses hauts et ses bas.Les longues carrières et le talent enseignent avant tout l’humilité.Bibi Andersson: si en Suède, son nom rime désormais avec tous les grands rôles qu’elle incarne depuis quelques décennies sur les planches, ici, son beau visage demeure éternellement jeune parce qu’immortalisé à l’écran comme celui de l’amoureuse du baladin dans Le Septième Sceau de Bergman, ou celui de T’infirmière de Persona, aux côtés de Liv Ullmann: troublantes facettes d’une même femme.«À l’heure de tourner un classique, on l’ignore, précise-t-elle.Après on en éprouve une grande fierté.» Lorsque Bibi Andersson remonte le cours de son imposante carrière, Persona surgit en 1966 comme le défi le plus important qu’elle eut à relever.«Nous n'étions que deux personnes à porter le film, l'une et l’autre très jeunes.Et pour la première fois, j’avais un rôle plus complexe que celui de la pure jeune fille.Persona reposait sur un mystère, tout comme la vie elle-même d’ailleurs.» Elle constate être parvenue à l’âge où l’on est nommée présidente du jury dans un festival.«C’est très difficile de juger des films.Vous devez comparer des œuvres qui ne sont pas nécessairement comparables.Mais telles sont les règles du jeu et je vais m’acquitter de mes fonctions au FFM avec grand sérieux.» Le sceau Bergman Née en 1935, issue de l’Académie d’art dramatique de Stockholm d’où émergeront également Garbo et Ingrid Bergman, Bibi Andersson entra très vite dans l’écurie d’Ingmar Berg- man.Elle avait seize ans quand celui-ci lui offrit un rôle dans une espèce de soap commercial comme il en tourna parfois au début de sa carrière.Mais la vraie collaboration avec le maître débuta en 1955 à travers Sourires d’une nuit d’été, puis Le Septième Sceau.Suivront plusieurs autres films avec lui dont Les Fraises sauvages et Persona bien sûr.Sans compter que Bergman la dirigea au théâtre: Ibsen, Tchékhov, Tennessee Williams, Shakespeare, Ibsen, tant d’autres.«Lorsque Bergman nous mettait en scène au théâtre, il demeurait très fidèle à l’esprit de l’auteur, se pliait à son univers, alors qu’au cinéma, sur ses propres scénarios, il adorait improviser, modifier le texte.Bergman a toujours été audacieux: Il fallait l’être en 1957 dans Le Septième Sceau pour imaginer une partie d’échecs avec la Mort en un temps où la religion constituait en Suède un sujet trouble.Il eut très jeune une sorte de maturité.Son âme était ancienne, ce qui ne lui enlevait pas bien entendu son côté enfantin, qu’il possède d'ailleurs toujours.» Le sceau Bergman semble lui avoir pesé.Le maître suédois l’a tant dirigée au théâtre et au cinéma: dix films avec lui, plus de 20 pièces.«Il m’a beaucoup appris.Toute ma perception du métier est marquée par son influence, mais un jour j’ai voulu être quelque chose par moi-même», dira-t-elle simplement.Après le cinéma de Bergman et d’autres cinéastes suédois, vint la carrière internationale qui lui ouvrait les bras.Elle tourna dans 27 productions étrangères à travers une dizaine de pays.En 1969, dans La Lettre du Kremlin de John Huston, elle eut la chance de jouer une prostituée, ce qui la changeait enfin de ses rôles d’ingénue.«J’étais classée au départ une “Swedish Summer Girl”, la pureté même.Huston m’a aidée à sortir de ce carcan-là.» En 1977, elle s’est faite psychologue dans I Never promised You a Rose Garden d’Anthony Page, On l’a vue dans Quintet d’Altman, dans Le Festin de Babette de Gabriel Axel.«In- SOURCE FFM Bibi Andersson carrier tant de personnages différents change votre propre vie, précise-t-elle.Le métier de comédienne vous enchaîne à vos émotions, à vos fantasmes, à vos craintes.Impossible de les oublier ou les refouler comme le commun des mortels.Elles sont la matière de votre travail.Cela dit, évidemment jouer constitue aussi un immense plaisir.» Après le tourbillon des tournages aux quatre coins du monde, Bibi Andersson prit une décision au cours des années 80: laisser plus ou moins tomber le cinéma afin de se consacrer au théâtre qu’elle aimait par dessus tout.«Je jouais à l’époque dans plusieurs films très décevants.Ce virage-là me fût salutaire.» Bibi Andersson n’a pas laissé coln-plètement tomber le cinéma pour autant.D’ailleurs, elle vient tout juste de finir le tournage d’une comédie suédoise dirigée par Hammis Holm et Mans Herngren dans laquelle elle incarne la mère de trois enfants, sur le mode ludique.«L’âge est aussi un atout dans ce métier-là quand on sait utiliser l’expérience à bon escient.» Au cours des ans, elle a vu évoluer le cinéma, Bibi Andersson, mêmè;si elle avoue ne pas fréquenter beaucôup les salles obscures.En Suède, les productions américaines tiennent le liant du pavé et les films plus intimistes trouvent à peine écran.«Le cinéma est devenu d’action, alors que le théâtrfde-meure fidèle à lui-même dans son analyse de l’inconscient.D’où ma fidélité à\ix planches: la passion de ma vie.» ' ; En collaboration avec LE DEVOIR théâtre du rideau vert Michel Tremblay NOUVELLE CRÉATION! Mise en scène : ANDRÉ BRASSARD Rita Lafontaine André Brassard Du 31 août au 19 septembre 1999 S P EXEL Assistance à la mise en scène: Roxanne Henry Décor: Richard Lacroix Costumes: François Barbeau Éclairage : Claude Accolas Accessoires : Louise Campeau Réservations: (514) 844-1793 www.rideauvert.qc.ca Service de garderie le samedi ET LE DIMANCHE EN MATINÉE, SUR RÉSERVATION SEULEMENT.SOURCE BEACON PRODUCTIONS Liv Ullmann, réalisatrice de Private Confessions L’immense plaisir de jouer Un bouquet Bergman :: Le cinéma du Parc offre en rafale quelques-uns des chefs-d'œuvre du réalisateur suédois.et une première V.SOURCE BEACON PRODUCTIONS Max von Sydow et Pernilla August dans Private Confessions ; ODILE TREMBLAY LE DEVOIR *• • Un mini hommage à Bergman.C’est ce que le cinéma du Parc '• réserve à son public ce mois ci, du 16 ; au 22 août Le terme rétrospective serrait trop ambitieux, parlons plutôt de • quelques films en bouquet et non des ! moindres puisque des chefs-d’œuvre ; comme le magistral Septième Sceau ; dans son Moyen Âge allégorique : avec un Max Von Syçlow en majesté .sont au programme.À revoir aussi, le troublant Persona où Bibi Andersson et Liv Ullman devenaient l’étrange re-' flet l’une de l’autre.Immortels sont aussi Les Fraises sauvages aux grandes angoisses métaphysiques co-¦ lorant le soir de la vie, et l’émouvant Fanny et Alexandre , largement autobiographique en réminiscences d’une ; 'enfance troublée.Quelques œuvres : :donc, mais qui survolent un large : spectre de la production du grand ci-: péaste suédois — de 1957 à 1982 — : et témoignent de ses obsessions com-: me de son évolution.Une primeur attendue Primeur en salle montréalaise (après détour par le FFM l’an dernier), Private Confessions de Liv Ullmann.L’actrice fétiche du maître et amie très chère réalise ici sur un scénario de Bergman un film d’une grande beauté, peuplé d’ellipses, de pudeur et de rigueur.Ullmann est restée très fidèle à l’esprit du réalisateur de Cris et Chuchotements, et l’âme de Bergman passe par son regard.Private Confessions est sans doute le plus beau film d’une comédienne depuis quelques années passée de l’autre côté de la caméra avec une maîtrise désormais affirmée.C’est d’abord la direction d’acteurs de Private Confessions qui s’avère remarquable, dominée par la présence de Pernilla August (qui avait incarné Anna dans Les Meilleures Intentions également sur un scénario de Bergman) dont l’émotion perce à tout instant un visage qiobile, tout en nuances reflétées.À ses côtés, le magistral Max Von Sydow, acteur berg-manien par excellence, ici dans la peau de Jacob, un prêtre âgé, sage et doutant parfois de sa sagesse, recueillant les confessions de sa nièce Anna (Pernilla August) qui vit une passion extra conjugale et conjugue avec le remords, le plaisir, l’impression enfin d’être en vie malgré sa tendresse amicale pour le mari pasteur luthérien qu’elle trompe.Le film est inspiré par un épisode de la vie des propres parents de Bergman.Aux antipodes du film d’action, Private Confessions est présenté en une succession de cinq volets confessions: au prêtre, au mari, à l’amant, à l’amie.Œuvre basée sur la parole donc, celle qui soulage, celle qui blesse, entre cris et chuchotements.Il ne s’agit pourtant pas d’un film bavard.L’essentiel des sentiments de cette femme déchirée restera dans l’ombre après son renoncement à l’amour.Le pudeur prendra le relais des mots quand il ne res-! • fera plus rien à dire, si ce n’est qu’à su-bir son choix de revenir sans passions • et sans orages dans le giron de la normalité, entre devoir et agonie, i C’est poignant, habité, porté par les images du vieux Sven Nykvist, le collaborateur attitré de Bergman.Au milieu de la série de confessions survient le point crucial du film: l’aveu au mari, d’abord presque muet sous le choc, puis rendu fou par la colère et le chagrin.Scène d’une grande intensité dramatique où la vérité blesse mais se dit et qui marque la cassure chez ce couple qui continuera pourtant son chemin en tandem.Le film est une épure dans l’œuvre de liv Ullmann qui ne creuse ici que l’essentiel, abandonne tout effet superflu, toute prouesse technique pour capter uniquement l’âme de ses per-1 sonnages.Celle de Permilla August irradie de l’intérieur à l’écoute du trouble fluctuant de son personnage.Celle de Max Von Sydow apparaît plus rigide, à l’écoute de principes davantage que d’émotions, et le charisme du grand acteur, sa haute taille, son âge avancé confèrent au prêtre qu’il incarne l’autorité pourtant humaine concentrée dans sa grande for- ce intérieure.À côté de ces interprètes puissants, le mari (Samuel Frôler) et l’amant (Tomas Egerman) sombrent un peu dans l’insignifiance, mais ils n’auront été que figures accessoires, le pivot du filin étant le duel entre l’émotion incarnée par le personnage d’Anna et la raison véhiculée par Jacob.Lors de la scène finale, le vieux prêtre au bout de sa course montrera pourtant ses doutes.A-t-il eu raison de détourner sa nièce d’une passion vibrante?Il est complexe lui aussi, et bergmanien, hanté par sa conscience.Le climat des aveux et des silences du maître suédois ressuscite ici sous le regard de la femme cinéaste, avec une touche féminine de compassion et d’amour pour le personnage d’Anna qui l’illumine.«.une comédie pétillante et pleine d’entrain.» - Martin Bilodeau, Le Devoir « Divertit intelligemment.» - Éric Fourianty, Voir « .Amusant, truffé de quiproquos, situations cocasses et scènes érotiques.» - Louise Blanchard, Le Journal de Montréal • • ’ THÉÂTRE DANSE Un rituel étrange et profane Momentum célèbre une huitième Messe pour enterrer la fin du monde Bilan de Tan un Louis Robitaille et le nouveau souffle des Ballets jazz de Montréal Show (bug de l'an 2000, bien entendu), raconte Jean-Frédéric Messier, ce monsieur Bugliosi livrait toutes sortes d’informations déformées qui, à notre grande surprise, ont semé le doute chez les spectateurs — quand ceux-ci ne les ont pas tenues pour vraies, tout simplement7» C’est alors que Messier et son groupe ont eu l’idée d’un talk-show hebdomadaire télévisé, lequel ferait la satire de l’hystérie collective qui s’empare du bon peuple à mesure que l’an 2000 approche.11 ont proposé leur idée à Radio-Canada, qui l’a finalement refusée.Comme par hasard, peu de temps après, un producteur qui avait eu vent de l’affaire alors qu’il travaillait à Radio-Canada, quittait la SRC pour Coscient, et un talk-show apocalyptique nouveau genre naissait à Télévision Quatre-Saisons, présentant à peu près le même caractère que celui dont Messier avait rêvé.Un grand coup de balai Jean-Frédéric était alors un mordu du Grand Théâtre Emotif du Québec (GTEQ) qui fêtait l’«Année de l’Ebranlement» avec un spectacle mensuel donné à l’Espace libre pendant toute l’année 1996.La spontanéité, l’immaturité et la facture très libre de ces spectacles l’enchantaient plus encore que le long travail d’élaboration d’une production comme oestrus, par exemple, qui avait demandé trois années complètes de travail avant d’aboutir à 24 représentations.Avec ses amis de Momentum et du GTEQ, il décida de célébrer à sa façon la fameuse «fin du millénaire» en montant XII Messes.à raison d’une par mois dans les endroits les plus inattendus: sous une tente amérindienne plantée sur le terrain du marché Maisonneuve en janvier, dans un hôpital désaffecté en février, près du dépotoir de la Ville de Montréal en mai, dans un autobus de tourisme en juin, dans les sentiers d’un boisé à Sainte-Sophie en juillet, etc.Douze messes, autant de titres déconcertants, autant de concepteurs parmi lesquels Messier lui-même, Stéphane Crête, Dominique Leduc, François Papineau, Sylvie Moreau, Céline Bonnier, Nathalie Claude, Marcel Po-merlo, Stéphane Demers, Louis Champagne, Gabriel Sabourin, Yves Sioui-Durand.Jusqu’à maintenant, cette entreprise fréquentée par un public de fidèles fervents brille surtout par son humour, son originalité, et par le grand coup de balai qu’elle donne aux formes dramatiques traditionnelles.Conçue par Jean-Frédéric Messier lui-même et par Rolline Laporte, la Messe du mois d’août sera célébrée encore une fois ce soir, beau temps mauvais temps, sous un viaduc du centre-ville de Montréal.Encore ce soir (et depuis mercredi), on peut assister à Pour en finir une fois pour toutes avec l’Apocalypse, huitième des XII Messes pour le début de la fin des temps.Sept premières messes ont déjà été célébrées tout au cours de l’année, puisque nous sommes en août et que les messes sont mensuelles.Ce projet collectif audacieux a pris forme à la suite d’un concours de circonstances pour le moins.étranges! Retour sur une drôle de liturgie.SOLANGE LÉVESQUE \ A l’origine, Jean-Frédéric Messier avait songé à développer le personnage de Vincent T.Bugliosi, l’animateur de talk-show joué par François Papineau dans la pièce Helter Skelter, spectacle créé par le groupe Momentum en 1994.«Dans ce talk-show échevelé et surréaliste qui s'appelait Le Bug SOURCE MOMENTUM La carte d’invitation pour la huitième des XII Messes pour le début de la fin des temps du théâtre Momentum.Conçue par Jean-Frédéric Messier lui-même et par Rolline Laporte, la Messe du mois d’août sera célébrée encore une fois ce soir, beau temps mauvais temps, sous un viaduc du centre-ville de Montréal.XII MESSES POUR LE DÉBUT DE LA FIN DES TEMPS Projet composé de 12 spectacles mensuels donnés en 12 lieux non théâtraux différents sous l’égide de Momentum.Une idée de Jean-Frédéric Messier et de son groupe.¦STIVAL DE littér : ,.:r.Lundi 16 aoûl Si je savais écrire, moi.de Elle Wiesel, Bohumil Hrabal, Slawomir Mrozek Avec Benoît Dagenais, Denis Lavalou, Gérard Poirier et Marcel Pomerlo Montage et mise en lecture de Marie-Louise Leblanc Au cœur des mots a t u r e 1999 ace à la Tous les lundis du 2 Lundi.ZlflQûl.3 femmes 3 poètes de Denise Desautels.Louise Dùpré et France Théoret Avec Marie-France Marcotte.Christiane Pasquier et Annie Berthiaume Ambiance musicale de Maryse Poulin Montage de Denise Desautels, Louise Dupré, Brigitte Haentjens et France Théoret Mise en lecture de Brigitte Haentjens Lundi 30 août Gabrielle Roy Avec Catherine Bégin, Patricia Nolin et Pascal Rollin Recherche et montage de Lori Saint-Martin Mise en lecture de Béatrice Picard Sous la présidence d'honneur de Madame Agnès Maltais, ministre de la Culture et des Communications Billets en vente / Réservations Maison des Arts de Laval (450) 662-4442 Réseau Admission 790-1245 Tous les spectacles sont à 20h00.Maison des Arts de Laval 1395, boul.de la Concorde ouest.Laval (Qc) Métro Henri-Bourassa, autobus 35 ou 37 Prix régulier: 18 $ Prix étudiants et aînés: 15 ' (taxes incluses) COWI DtS ARTS IT M5 tCTWI DUOvtOCC LE DEVOIR m MAISON DES ARTS DE LAVAL Cofvsriî.RanoxAu, pfvMxrmMf.vr* Lavai.réservation; Festival des Arts de St-Sauveur Forfaits soupcr-spcctaclc-héb«rrflcmcnt-pctit déjeuner Condos Mont St-Sauveur 1 -800-3f>3-242f» Manoir St-Sauveur 1-800-361-0505 Auberqc Mont Gabriel 1-800-668-5253 , Jolibourg (450) 229-2991 Relais St-DcnK 1-888-997-4766 1 Scène extérieure 12 août.Ulison Di Kanara - 13 août.Gitans de Sarajevo 14 août.Ad Vielle Que Pourra - 15 août.Grand bal Canada MONT UNI SMMUI À l’occasion du passage des Ballets jazz de Montréal au Théâtre de Verdure du parc Lafontaine, cette fin de semaine, Louis Robitaille fait le point sur sa première année au sein de la formation montréalaise.Une nouvelle vision pour une compagnie qui, visiblement, commençait à s’essouffler.Bilan de l’an un.ANDRÉE MARTIN Ce n’est un secret pour personne.Depuis l’arrivée de Louis Robitaille à la direction artistique des Ballets jazz de Montréal (BJM) — et de Ann Larson à la direction générale —, la compagnie a définitivement repris du poil de la bête.Non seulement elle a inscrit à son répertoire, actuel et futur, une série de nouvelles pièces, notamment une création de Dominique Dumais, dont on peut voir un extrait au parc Lafontaine, mais aussi une nouvelle formule de spectacle, unique aux BJM.«Lorsque je suis arrivé, j’ai fait le ménage dans le répertoire de la compagnie et j’ai conservé ce qui, à mon humble avis, pouvait survivre et constituer un intérêt pour le public.Ensuite, j’ai chapgé un peu la formule du spectacle.A la place du premier entracte, nous avons mis seulement une pause, ce qui permet au public de ne pas perdre sa concentration.Dans la seconde phase de structuration, nous avons ajouté ce qu’on appelle le Bloc-Puzzle.L’idée ici, c’est de présenter une suite de petites pièces, à la manière d’un récital, qui mettent l’interprète au premier plan.On parle donc de solo, de duo, etc.Cette approche ouvre aussi la porte à plein de choses, notamment à des collaborations avec des artistes-peintres, des metteurs en scène, des musiciens.» D’ailleurs, lors de leur toute première résidence au Domaine Forget dans Charlevoix, au mois de juillet dernier, les BJM en ont profité pour faire un mariage entre la danse et la musique, en intégrant des musiciens sur scène.Aussi, à cette série non négligeable de changements vient s’ajouter un désir avoué d’accentuer la présence de la compagnie au Québec et d’en élever le niveau en misant sur une meilleure qualité de création, de spectacle et d'interprétation.Nouvelle image Au delà des changements de formule, de répertoire et même d’effectif chez les danseurs, c’est toute l’image, voire l’identité de la compa- NICOLE RIVELLl Vanessa Convery et Louis Robitaille dans une chorégraphie de Dominique Dumais.gnie montréalaise qui doucement est en train de se transformer.Nés dans les années 70 avec l’avènement de la danse jazz et par la volonté de trois figures importantes de l’histoire de la danse d’ici, Geneviève Salbaing, Eva Von Gencsy et Eddy Toussaint, les Ballets jazz de Montréal ont pendant longtemps brillé de tous leurs feux.Le dynamisme, l’énergie et l’esthétique souvent très colorée qui se dégageait de cette danse, très populaire à l’époque dans les studios new-yorkais, faisaient des adeptes dans toutes les couches de la population.Toutefois, le temps de la physicalité pour la physicalité est révolu, ou encore laissé, et avec beaucoup de succès, au soin bienveillant des artistes du cirque.Aujourd’hui, à l’heure des bilans de fin de millénaire et au moment où la danse contemporaine est en train — plus ou moins volontairement — de remettre en question la légitimité du ballet classique et même de la danse moderne, le moment est à la réflexion et à l’engagement sensible, voire émotif, des chorégraphes et de leurs interprètes.«La compagnie a beaucoup changé.Ce n’est plus du tout la même que celle que j'ai connue lorsque j’étais boursier en 1973.À l’époque, c’était la grande mode des ballets jazz, qui était un style de danse bien particulier.La compagnie a gardé le nom, mais le jazz dans son appellation est devenu une référence musicale et non plus un style de danse.En fait, c’est une compagnie qui fait du contemporain.Les danseurs sont entraînés en danse classique, avec un complément de formation en jazz et en moderne.Pour cette raison, nous recherchons des créateurs qui ont une formation classique assez forte.» Il demeure donc plus juste de parler de ballet contemporain ici, au même titre qu’on le retrouve dans de nombreuses compagnies de ballet sur le globe actuellement, que de ballet jazz; le ballet jazz ne correspondant finalement plus à grand-chose aujourd’hui.«Pour moi, l’espace qu’occupent les Ballets jazz de Montréal est très très clair.Il se situe entre les Grands Ballets canadiens et des compagnies comme La La La Human Steps, 0 Vertigo ou encore la Compagnie Marie Chouinard.Au point de vue du style, les BJM sont entre le classique pur et la danse moderne, ou encore la nouvelle danse.» Dépistage On comprend alors le choix de chorégraphes comme Gioconda Barbuto, Louis-Martin Charest, Shawn Hounsell et Mia Michaels dans la construction d’un nouveau répertoire, plus proche des préoccupations artistiques et sociales contemporaines.«Les BJM ont les moyens, en quelque sorte, d’encourager les talents de demain.Nous pouvons difficilement soutenir les gros noms.Pour nous, nous offrir une pièce de James Kudelka, c’est presque impensable.De même que nous ne pensons même pas à des gens comme Na-cho Duato, William Forsythe ou encore Jiri Kylian.Nous nous situons plus du côté du dépistage.Notre choix va se porter sur quelqu’un qui a fait ses preuves mais qui n’a pas encore une grande renommée, quelqu'un qui est encore accessible, et ce, dans tous les domaines: la musique, les costumes, les décors, etc.» Mais Louis Robitaille veut faire plus.Cherchant à défaire les trop nombreux clivages séparant les différents styles de danse, il a demandé à José Navas, l’un des créateurs lés plus en vue de la danse contemporaine — à qui on doit des œuvres sublimes comme Sterile Fields, Luna Llena, One Night Only et Enter: Last pour Montréal Danse —, d’imaginer un ballet pour les danseurs des BJM.Un choix pour le moins audacieux de la part de Robitaille, qui ne passera pas inaperçu ni dans les milieux d’avant-garde ni dans les milieux plus conservateurs.Par ce choix, le nouveau directeur artistique affirme clairement ses positions.Il prouve aussi à tous, aux sceptiques comme aux adeptes, qu’il entend bien ne pas tomber dans la complaisance, et ce, malgré l’accessibilité souhaitée pour l’ensemble des spectacles mis sur pied.«L’idée derrière tout ça, c’est d’amener la compagnie dans un rythme nouveau.Lorsque je suis arrivé, je trouvais qu’elle était enlacée dans une erre d’aller qui n’avait pas changé depuis plusieurs années, et cela nuisait à son image.Aujourd’hui, nous souhaitôns que les BJM redeviennent une des compagnies en vue, ici comme ailleurs; qu’ils redeviennent ce qu’ils auraient toujours dû être.» Pour ça, les BJM ont bien sûr besoin d’un budget de création et de fonctionnement plus élevé.D’ailleurs, c’est toujours un peu là que le bât blesse.Avis aux intéressés.Informations, 450 22 Admission: 790-1245/1 000 361-4595 (Flamenco) 13, 14 et LE DEVOIR LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 AOÛT 109!) B 7 m 1 — ?^ DISQUES Comme un long ruban qui défile, qui défile (suite et fin) Les lectrices ont aussi leurs «cassettes de char».SYLVAIN CORMIER CJ est déjà la mi-août Sans gêne, la rentrée empiète sur l’été.N’empêche que nous y sommes toujours.Les chemins d’été se perdent encore dans l’horizon flou, il y a des cassettes dans le lecteur de l’auto, le temps est bon, le ciel est bleu et je chante à l’unisson avec Isabelle Pierre.Je ne suis pas seul sur la route avec mes cassettes.Je le sais maintenant.En juillet premier volet de cette série, je proposais trois quatre-pistes parmi les centaines de rubans de chansons en enfilades préméditées qui défilent en alternance à mes côtés depuis près de vingt ans.En fin de texte, curieux, je m’enquérais: et vos cassettes?Les gars, et seulement les gars, répondirent en nombre: le deuxième volet présenta il y a deux semaines quelques-uns de leurs déroulements préférés.Et les filles?N’y avait-il donc pas de Thelma ou de Louise à l’intersection de la route et des chansons?Oui, il y en a.Moins nombreuses à pratiquer la «cassette de char» que les gars, à en juger par les courriels reçus.Quoique le paragraphe d’introduction de Louise Duchesne (dont la Thelma s’appelle Jean, précise-t-elle), permet de penser que la pratique est tout simplement plus discrète chez les filles.C’est par «pudeur» qu’elle n’avait pas répondu à la première requête: «[.] réunir les chansons que l'on aime, c’est comme un peu ouvrir son journal.» Et Louise d’ouvrir le sien pour sa «dernière composition».DE BACH À TELL Face A 81/2 — Nino Rota L’Espérance folle/Qu’on est bien — Guy Béart Un ange passe—Juliette Sur un prélude de Bach — Maurane et Catherine Lara Variations Goldberg de Bach — Varia 1 à 12 Herr Unser Herrscher — Bach to Africa Si mon âme en partant/Ruisseau bleu —Anne Sylvestre Summertime — Nathalie Choquette Face B Message personnel/Lumière du jour—France Gall La maison où j’ai grandi/Liaisons nombreuses/In The Evening Of Her Day—Diane Tell De Cara a la pared, El péjaro — Lhasa de Sela Der Neugierige/Die Forelle/Stande-hen — Schubert (Songs Without Words) Amarcord — Nino Rota — Harmonie ensemble «Oui, elle est un peu tristounette, commente-t-elle, Je l’aime comme cela, chacune des chansons méfait un bond au cœur» Comparez avec les cassettes des gars d’il y a deux semaines: le choix est à ce point différent que c’en est réjouissant Et c’est fou comme je suis curieux d’entendre France Gall, Diane Tell et Lhasa ainsi juxtaposées.Dans la boîte à gants Suzanne Lafontaine, elle, propose d’aller plus loin dans l’étude de la «cassette de char»: «[.] on pourrait faire une véritable sociologie de l'écoute musicale au volant — est-ce que les pratiques diffèrent en été et en hiver, la nuit et le jour, les gars et les filles, à la ville ou à la campagne, à l’aller et au retour, selon le motif du voyage, etc.Mais ne gâchons pas notre plaisir.Puisque le véritable fil conducteur de ces itinéraires musicaux est bel et bien le plaisir.Plaisir de l’écoute mêlé au plaisir de la conduite automobile et du défilement du paysage.» Différence supplémentaire, elle n’agence pas les chansons mais les albums, mis bout à bout, qui la suivent tout au long des «1200 km aller-retour du trajet Montréal-côte du Connecticut».Dans la série «plus ça souffre, meilleur c’est», elle aligne ainsi Lucinda Williams (Car Wheels On A Gravel Road, Ramblin' et l’album éponyme), Greg Brown (Further In) et Leonard Cohen (Cohen Live, The Best Of Leonard Cohen, The Future, Recent Songs).Dans la série «on broie du noir» s’accolent Tom Waits (Closing Times, Mule Variations), Kurt Weill (Lost In The Stars, The Seven Deadly Sins) et Marianne Faithfull (A Perfect Stranger: The Island Anthology).La série «des grandes amoureuses» comprend The Mercury Songbook, Diana Krall (Only Trust Your Heart) et Etta James (Time After Time).La «piste francophone» va de Richard Desjardins (Les Derniers humains, Tu m'aimes-tu, Boom boom) à Philippe Léotard chantant Ferré jusqu’à Barbara dans la Master Série de Poly-Gram.Vaste programme qui ne s’arrête pas en si bon chemin.Des séries Scandinave, irlandaise, «upbeat», «mystique», s’étendent de Marie Boi-ne Persen à Voices Of The Loon, «cassette d’identification des chants de huards à collier».Et moi qui croyais ma collection éclectique! Faute d’espace, la boîte à gants de Suzanne Lafontaine ne sera pas entièrement vidée ici, mais je m’en voudrais de ne pas mentionner la série «C’est à soir qu’on déprime», où Bruce Springsteen (bande sonore de Dead Man Walking, The Ghost OfTomJoad) mène à la trame musicale du film Leaving Las Vegas, ainsi que la série d’Amérique profonde intitulée «Ozark», avec Les Fabuleux Elégants, Bill Monroe (Bluegrass ‘87), Lyle Lovett (Step Inside This House) et les Indigo Girls (Swamp Ophelia, Shaming Of The Sun).De quoi aller au moins jusqu’au bout du monde.«Elles ont roulé leur bosse sur des dizaines de milliers de km sans jamais me décevoir», écrit ma lectrice en fin d’envoi.C’est le grand dénominateur commun.Gars ou filles, les choix varient, mais répondent tous à cette triple exigence: durabilité, concordance avec la route et plaisir de l’écoute.Ces cassettes — ou ces compacts, puisqu’on peut dorénavant les programmer — sont les véritables compagnons de l’avaleur d’asphalte.T ARCHIVES LE DEVOIR Leonard Cohen est un des favoris de ces dames.LE PHARE YannTiersen Ici d’ailleurs (Virgin) (TOUT EST CALME) YannTiersen Ici d’ailleurs (Virgin) Des 11' FrancoFolies de moyenne cuvée?Oui, dans l’ensemble.Mais l’ensemble ne dit rien des ratages ou des moments de grâce.C’est l’horreur de la moyenne: elle nivelle, /dors que la réalité est toujours un terrain accidenté.Au sens positif d’accident comme potentiel de rencontre.Ainsi, bon an mal an, les FrancoFolies ont ceci de bien qu’on finit toujours par y tomber sur au moins un zig que l’on n’avait pas vu venir et dont on s’entiche.Cette année, voyez, je sors du festival avec deux disques d’un tel zig: Le Phare et (Tout est calme), les deux plus récents albums du nouveau héraut breton Yann Tiersen (il en a quatre: la branche locale de Virgin n’a importé que les derniers).Tiersen, doit-on ajouter, est la figure montante de ce qu’on appelle «la nouvelle chanson française» (avec Jérôme Minière et Dominique A, entre autres).Ce que j'ignorais avant la semaine dernière.Avant l’accident J’ai été voir Yann Tiersen au Monument-National par hasard, parce qu’il était au programme et que je n’étais pas requis ailleurs.J’avais bien reçu les deux disques quelques semaines plus tôt, mais ils s’étaient perdus dans la pile des parutions courantes, encore emballés en attendant l’occasion d’emballer.Ces disques, extirpés de la pUe et déballés vite fait au retour du concert, je les écoute maintenant à toutes les occasions (que je provoque) .Pas parce que le spectacle était extraordinaire.Ce n’était d’ailleurs pas tant un spectacle qu’un échantillonnage.C’était Tiersen qui, surtout seul, se promenait d’instrument en instrument (piano, violon, accordéon, xylophone-jouet, piano-jouet, guitare électrique) et qui en tirait ici des mélodies, là des sons.Des riens.Des débuts de mise en place d’ambiances sonores.Mais voilà, ces fascinantes saucettes m’ont furieusement donné le goût de plonger tête première dans les albums du zig.Dont acte.Après quatre jours d’immersion, je ne refais surface que pour vous enjoindre de plonger avec moi.Les titres des albums sont ceux du spectacle, l’approche est tout aussi minimale, les ambiances sont créées pareillement à partir de petites touches effleurant le canevas, mais c’est sur disque que le génie de Tiersen s’exprime véritablement, à la manière d’un Brian Wilson.Comme lui, Tiersen compose des paysages de sons et de mélodies avec, parfois, des mots dessus (généralement tristes, comme le temps gris-blanc en Bretagne), parlés par Tiersen ou chantonnés par Claire Pichet.Impossible à décrire.Essayons quand même.Tiersen, c’est de la chanson en apnée,des voyages en eaux connues et inconnues.Parfois, on est carrément en terrain classique.A d’autres moments, on décolle à la Pink Floyd première époque (fia Pharmacie).H arrive que ça vire rock de garage, ou que ça berce comme une comptine.La Rupture, par exemple, me rappelle vaguement Baby Alone in Babylone, une chanson que Serge Gainsbourg avait écrite pour sa Jane Biridn à partir d’un motif classique trafiqué en air pop.Ailleurs, La Relève me renvoie à du Jean-Louis Murat (à cause du ton), mais aussi à du Velvet Underground (à cause de la guitare électrique).Chacun y entendra ses références: il y a des siècles de musique là-dedans.En cent comme en mille, entendez de tout cela que du Tiersen, c’est fich-trement envoûtant.Et que c’est surtout envoûtant dans un endroit fermé, une maison, un appartement, une usine désaffectée, un silo vide, une ancienne centrale nucléaire, une voûte.C’est de la musique d’intérieur.Ou d’extérieur quand il n’y personne d’autre que soi dehors, valable en auto seulement lorsqu’on traverse une forêt dense ou un désert A usage strictement personnel, Tiersen.De là l’étrangeté du spectacle: on était plusieurs dans la salle.Sylvain Cormier NIGHT AND DAY Willie Nelson Pedernales/FreeFalls C’est à cause du trou.Le trou dans la guitare de Willie Nelson.Pas le trou prévu par le luthier de la légendaire compagnie Martin pour que la caisse de résonance résonne.L’autre, celui qu’on aperçait parfois à travers l’ondulante chevelure rousse du hippie sexagénaire.Le trou d’usure qu’à VITRINE DU DISQUE Yann Tiersen force de gratter toujours la même guitare au même endroit, le fidèle Willie a fini par percer.C’est par ce trou-là que passe Niçht And Day, le premier album de pieces instrumentale du vieux (pas) sage de la musique country hors-la-loi, par ce trou que sortent des sons à nuis autres pareils.«Quelque part entre le son gypsy jazz de Django Reinhardt et le son d'une guitare mexicaine comme celle de Marty Robbins dans El Paso», propose Ray Benson, copain de Willie et auteur de la page de présentation du livret.Comprenez qu’à cause du trou en plus, cette guitare a une personnalité.Elle a même un nom: Trigger.Un nom de cheval.De bonne bête.D était naturel, en cela, que Trigger ait un jour son propre album.Le void: il est beau.Beau de la beauté qui irradie d’un compagnon de l’ombre auquel on accorde enfin un peu de lumière.Reconnaissant, l’animal y résonne de toutes ses cordes de nerf.On dirait vraiment que c’est son album à lui.Avec lTiarmonica de Mickey Raphael et le piano de Bobbie Nelson en soutien, c’est Trigger qui se paie des p’tits ragtimes de derrière les fagots (Sweet Georgia Brown, Honeysucle Rose, September In The Rain), une p’tite visite chez Cole Porter (Night And Day), des ballades un brin surannées (Vous et moi, All The Things You Are), une berceuse en forme de valse texane (Over The Waves) et rien de moins que l’immortelle Nuages de Django.C’et Trigger qui a sa photo pleine page au verso du livret C’est Trigger à qui Willie dit merci.Et c’est nous qui remercions Wille d’avoir permis cette promenade agréable (et infiniment renouvelable!) en compagnie de son ma- gnifique morceau de bois à deux trous.Sylvain Cormier CHARLIE HADEN The Art of The Song Etiquette Verve Jusqu’à présent, Charlie Haden s’est d’abord signalé en tant que contrebassiste épris de la dimension mélodique propre à cet instrument.Puis, il s’est fait toute une réputation de contestataire en mettant sur pied le Liberation Music Orchestra.Ensuite, il s’est distingué en fondant une des meilleures formations contemporaines, soit le Quartet West.A travers cette dernière, Haden s’est attaché à faire une relecture, comme on dit en langue chic, du répertoire.Il a également réussi le prodige de consacrer tout un album à l’œuvre de Raymond Chandler.Voilà qu’aujourd’hui, il poursuit son travail d’historien en proposant un résumé de l’art de la chanson.Plus tôt cette année, il a invité la chanteuse Shirley Horn ainsi que le chanteur Bill Henderson.Il leur a adjoint une formation de cordes.Le pianiste Alan Broadbent a concocté de riches arrangements.Puis tous ensemble ils ont enregistré des grands classiques de la chanson américaine.Le résultat est à l’image des moyens employés pour faire cette production: très riche.Serge Truffant GATEMOUTH BROWN American Music Texas Style SOURCE PRODUCTIONS ICI.D'AILLEURS.Étiquette Verve fi est guitariste et violoniste, fi s’appelle Clarence Gatemouth Brown et il est vieux.On mentionne cela parce qu’ainsi on induit que notre bonhomme a beaucoup d’expérience.Gatemouth Brown a commencé sa carrière, comme on dit en langue comptable, il y a bien des lunes de cela.Dans les années 40 pour être précis.Toujours est-il que depuis une dizaine d’années environ, ce musicien nous propose un album par an.Ce n’est jamais transcendant, comme on dit en langue psy, mais ce n’est jamais ennuyeux.Aujourd’hui, il nous propose une relecture, comme on dit en langue sociologique, des grands thèmes swing des États.Il a fait cela en compagnie d’une formation se composant d’une douzaine de musiciens.Il y a des pièces de Jay McSchann et Duke Ellington, de Percy Mayfield et de quelques autres.Pis?C’est comme ci, comme ça.C’est pas plus, pas moins.C’est très normand.Serge Truffaut Charlie Haden (juarlei VVcsi I lu- O II Ml nu- J()ll(| SI iiK \ IImiii .DiH IL it.irfsnn YANNTIERSEN LL PHARE ‘Wilfic ‘Xelson Night,;»,/ \ $ K WUfLNCI.Kl l MOUTH |l»ÛW U |^1EHICAN aiisic LF.I: F ST I VA I I Nil RNATIONAI DU St-lrénée, Charlevoix Vendredi, 20 août 120 h 30 24 S I Karina Gauvin, soprano Michael McA/lahon, piano $ Du 19 juin au 22 août 1999 *3 Samedi, 14 août 20 h 30 24$ Chœur et Orchestre du Domaine Forget Direction : Fernando Eldono Chantal A/lasson-Bourque Claire Désert et Emmanuel Strosser, pianos œuvres de BENJAMIN BRITTEN et BRAHMS iDONOHUE d Musique de chambre à la carte Les professeurs de musique de chambre et leurs stagiaires 14 h à 18 h : 5 SI heure 20 h 30 à 22 h 30 : 21 S œuvres de HAYDN, MENDELSSOHN, MAHLER, POULENC, GUSTAVINO-1 et COPLAND - : &BICCGeneral Samedi, 21 août 120 h 30 21 $ L'orchestre universitaire Caen Basse-Normandie Direction : Didier Horry œuvres de BIZET, OFFENBACH et STRAUSS Hydro Québec tes Branches-Musique Tous les dimanches de 11 h à 14 h 22 août Paule-Andrée Cassidy, voix Andrée Boudreau, piano Tango et chansons françaises 29 août Caroline Desbiens, voix Daniel Gauthier, guitare 24,50 $ ( «nino ili- < diffuseur officiel ^ $ R.idin C.in.iri.i Télé-Québec RI SI RYATIONS : (418) 452-3533 poste 872 ou (sans frais) 1-888-DI ORGET poslc872 Visitez notre site : www.cite.net/dforgct ^ publié le samedi 28 août 1999 ^culturelle Date de tombée: le vendredi 20 août 1999 IE DEVOIR) LE DEVOIR.LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 15 AOUT 1999 5 8 Images estompées de l’île Maurice En vacances, je pars souvent au loin explorer des univers complètement différents du mien, en essayant tant bien que mal de saisir un peu comment toutes ces étranges sociétés fonctionnent Vaste programme! Mettons que la curiosité, ça aide à ne pas bronzer trop idiot même quand on attrape seulement quelques vérités en fragments au passage.Un des bons côtés des voyages, c’est quand même de pouvoir constater qu’il y a plus mal pris que nous, sur certains plans du moins.Au retour du bout de la terre, on songe qu’il y a du bon après tout dans «le plus meilleur pays au monde» si cher au coeur de Jean Chrétien, qu’au moins deux ou trois trucs marchent ici, en boitillant, mais marchent tout de même.Se comparer au tiers-monde requinque son Québécois.Le truc marche à tous les coups.Essayez-le.Vous verrez.Absurde, mais efficace.On s’explique.J’arrive de l’île Maurice, une petite île à l’est de Madagascar.Tout autour: l’océan Indien.Cette üe-là, c’est la jonction des continents avec une population multicolore: une majorité d’indiens venus jadis pour remplacer les esclaves africains sur les plantations de canne à sucre après l’abolition du servage.Ajoutez les Afro-Mauriciens descendants des esclaves (demeurés le lumpen-prolétariat du lieu), les Franco-Mauriciens aux ancêtres esclavagistes, ayant hérité de leur arrogance.Saupoudrez de musulmans indiens, de Chinois arrivés au XIX' siècle pour faire le commerce avant de prendre racine sur l’île.Tout ce beau monde cohabite sans trop de casse et communique en créole.Le statut de colonie est derrière eux (les derniers maîtres des lieux, les Britanniques, pliaient bagage lors de l’Indépendance en 1968).Mais l’esprit des colonies survit longtemps aux colonies.Miracle! On ne s’y entretue pas comme aux Balkans.Quelques flambées de violence inter ethniques s’étei- Odile Trent b lay gnent vite comme des feux de paille humide.C’est si petit, l’île Maurice, à peine plus grand que l’île d’Orléans, mais avec un million d’habitants.Peut-être en somme que ces peuples entassés ne peuvent s’offrir le luxe de se haïr trop activement.Avant mon départ, des gens me disaient «R paraît que cette île est un vrai paradis».Soit dit entre nous, les paradis n’existent pas, malgré les plages, malgré les barrières coralliennes et les poissons multicolores.Ou peut-être qu’ils existent seulement dans la tête des visiteurs béats immergés toute la journée dans l’eau verte.Les autres aperçoivent tôt ou tard des gens qui se colletaillent avec la pauvreté, avec les séquelles de l’esclavage, avec la corruption collée au tiers-monde comme une seconde peau.Les paradis n’existent pas, même quapd un pays ressemble un peu à l’image qu’on se fait de l’Éden, avec l’exotisme et le vent chaud dans les champs de canne.Ecran de fumée que ce mythe-là.Soit! Côté culture, l’île Maurice repose sur les fêtes religieuses diverses, le gong répondant au chant des muezzins, les Hindous se prosternant devant leur lac sacré.Sinon c’est un peu le désert culturel de Gobi, même s’il existe des fonds pour la cause dilapidés on ne sait où.L’île n’est pas si mal en point financièrement, mais culture et patrimoine, vous dites?Tout le monde s’en fout En tous cas, c’est ce que m’expliquait avec amertume un monsieur que j’ai rencontré à Port-Louis, la capitale, dans son petit Musée de la photographie, découvert presque par hasard au fond d’une impasse.Il s’appelait Tristan Bréville et tenait le fort muséal comme un Croisé de la culture.Des documents surgissaient de partout, sur négatifs (400 000), sur plaques de verre ( (5000), sur papier (100 000), en cartes postales (9000).La mémoire visuelle de l’île Maurice était entassée là dans cet étroit local trop sombre, mal équipé, mal aéré.Depuis 1966, Tristan.Bréville ratisse tout ce qu’il peut D a écumé les villes, les campagnes, lancé des appels (entendus) à la population pour recueillir des témoins visuels: vieilles photos, négatifs, films maison qui cassent au milieu de la bobine quand il les projette, appareils photos des jours anciens.Par ici le patrimoine mauricien! Au départ, il mettait tout ça dans un poulailler, puis dans son appartement de Quatre-Bornes au centre de l’île.En 1993, avec une aide de l’Association Internationale des maires francophones, alors dirigée par Jacques Chirac, il a pu aménager rue du Vieux-Conseil à Port-Louis, dans ce bâtiment aux pierres humides rescapé du régime français.Depuis le butin se gonfle et s’amoncelle.Les seules images du cyclone de 1892 qui rasa une grande partie de l’île et la moitié de Port-Louis sont là.Les derniers clichés témoins des lendemains de l’esclavage montrent les jeunes Noirs à l’air accablé penchés sur leurs pics et leurs truelles.Les uniques photographies de l’arrivée des cargaisons d’indiens en grands voiliers au XIX' siècle viennent s’immortaliser sur pellicule.D est tout fier de ses trésors autant qu’inquiet pour eux.Et pour cause.Le côté sidérant de l’affaire, c’est que ce monsieur Bré- ville, photographe de son état, roule héroïquement sans subvention pour son musée depuis plus de trente ans.D a une grande gueule, crie sur tous les toits que les gouvernements ne s’intéressent pas à la chose culturelle et que la mémoire de Maurice fout le camp, faute de volonté de conservation en haut lieu.Alors on le boude encore plus et il reste là, ses photos sous le bras sans avoir les moyens de les préserver.Et de nous exhiber les plaques de verre aux images déjà fantomatiques en train de s’effacer à jamaià, en accusant la mentalité insulaire, le grand bof étatique, la volonté nationale d’oublier les moments sombres: l’esclavage surtout Héros de la mémoire ou pas, il commençait à montrer des signes d’essoufflement ce monsieur Bréville, songeait à vendre tout ça, mais à qui?«Peut-être aux enchères», lançait le conservateur mécène.Le mois dernier, quelqu’un est venu lui apporter ses albums de famille, encore dans un coin.Où les mettre dans ce bric-à-brac?«Côté films maison, on en a pour cent heures.Certains furent tournés ati cours des années 30, faisant revivre le Port-Louis d'antan.Mais ça prendrait des voûtes pour les entreposer On est pris au piège de l’absence de financement», soupirait-il.'.' La belle île Maurice préfère oublier son Histoire.On écoutait Tristan Bréville et le mythe du paradis exotique s’estompait un peu plus comme les images sur les plaques de verre alignées à pleins tiroirs.Les lacunes, les négligences dont les Eden sont tissés prenaient le relais du fantasme.Tout ce passé à moitié effacé pour cause de sottise gouvernementale laissait un arrière-goût dé cendre.Vacances idylliques ou pas, il y a des percées dç réalité qui troublent.Décidément, mieux vaut peut-être bronzer idiot.otremblay@ledevoir.com OPÉRA Le long chemin de Glimmerglass Un remarquable festival d’art lyrique à six heures de Montréal JEAN-JACQUES NATTIEZ COLLABORATION SPÉCIALE Descendez la 15 et la 87 vers New York.A Albany, bifurquez à droite sur la 20.Prenez la sortie 30 sur votre gauche.Après six heures de voiture (mais vous pouvez aussi décider de musarder dans le superbe canyon de la Hudson River), vous voilà rendus à Cooperstown, où le base-bail fût inventé, et qui abrite, comme il se doit, le National Baseball Hall of Fame.Mais depuis plus de vingt ans, deux cultures se côtoient danç cette -^«.petite ville du Nord-Ouest de l’Etat de New York, puisque, en 1975, des fanatiques d’art lyrique réunissaient des artistes amateurs de la région pour jouer, accompagnée au piano, La Bohème de Puccini.Cinq représentations qui réunirent un millier de spectateurs.Outre l’enthousiasme local, il faut dire que Cooperstown avait tous les atouts pour devenir une cité festivalière: elle s’est développée à la pointe du lac Otsego aux couleurs d’opale, décrit dans Le Dernier des Mohicans par Fenimore Cooper, dont le père fonda la ville.D’ailleurs, le Fenimore House Museum abrite une collection d’art indien particulièrement remarquable.Ce qui est désormais un festival d’art lyrique de stature internationale a emprunté son nom, Glimmerglass, à celui du lac Otsego, «brillant comme un miroir».C’est en 1987 que fut construit un théâtre de 920 places, le Alice Busch Opera Theater, non loin de ses rives et à deux pas d’une réserve d’oiseaux où l’on peut aller se promener pendant les entractes.De l’extérieur, la bâtisse est plutôt laide: elle ressemble à une grange.Tout l’argent a été investi dans les ressources techniques et la qualité acoustique de l’édifice, dont on peut visiter les coulisses.Il présente une particularité unique: les murs latéraux, faits de panneaux coulissants, permettent l’aération de la salle durant les entractes: le spectateur se retrouve en contact direct avec la nature environnante.Un festival convivial En 1993, le festival atteint son rytii-me de croisière : il y aura désormais, chaque saison, pendant deux mois (du début juillet à la fin août), quatre opéras et une quarantaine de représentations.Les opérettes de Gilbert et Sullivan y eurent leur place pendant douze ans, mais en 1996, le festival adopte une formule qu’il n’a pas quittée depuis: un opéra baroque (Monteverdi, Cavalli, Haendel), un classique (Mozart, Cimarosa, Gluck), une œuvre du XIX' siècle (du Bel Canto à Verdi, de Beethoven à Richard Strauss) et un opéra américain (avec des compositeurs confirmés comme Carlisle Floyd, l’auteur de Susannah, ou moins connus comme Jack Beeson dont Lizzie Borden fut pour beaucoup une révélation).Glimmerglass fait désormais partie de l’itinéraire des «tours opérateurs» spécialisés dans l’opéra.On y vient d’Europe et du Japon, mais, pour l’instant, ce festival n’est en rien un nouveau lieu snobinard où l’on se préoccuperait davantage de sa toilette que de la musique.Si la température est clémente, il n’est pas rare d’y voir les amateurs d’opéra en jeans, en short et en chemisette.Pendant les entractes, les «opera-goers» pique-niquent à la bonne franquette sur des tables de bois, aux côtés des journalistes de New York et Chicago, mais aussi de Londres, Berlin ou Sydney.En 1989, Glimmerglass avait accueilli une première mondiale, A Question of Taste, de William Schuman.En 1993, le festival commande à David Carlson The Midnight Angel.Les efforts de la direction ont été récompensés puisque, en 1998, avec The Mother of Us AU de Virgil Thomson et de Gertrude Stein, opéra à la GEORGE MOTT/GLIMMERGLASS OPERA Une scène de l’opéra Of Mice and Men de Carlisle Floyd, avec Anthony Dean Griffey (Lennie) et Rod Nelman (George), présente au festival de Glimmerglass en 1997.gloire d’une pionnière du féminisme américain, Susan Anthony, pour la première fois une œuvre moderne affiche complet avant le début de la saison.L’an dernier, une jeune compositrice en résidence, Deborah Drattell, vit son opéra Lilith créé en version de concert, et elle reçut, avec Michael Torke et Robert Beaser, la commande d’un des trois actes du triptyque Central Park (présenté cette année) pour lequel le festival a également sollicité des livrets originaux à trois auteurs dramatiques confirmés de New York (Gurney, McNally et Wasserstein, récipiendaire d’un prix Pulitzer).On se prend à rêver d’une politique semblable à l’Opéra de Montréal.Glimmerglass fait tout pour valoriser les artistes nationaux.Le festival est en effet accompagné d’un remarquable «Young American Artists Program», créé en 1988.Trente stagiaires sont sélectionnés parmi six cents candidats, après l’audition d’une pré-sélection de trois cents organisée dans quatre villes des Etats-Unis.Les Canadiens y sont les bienvenus, et cette année, le baryton Joseph Kaiser, ancien étudiant de l’université McGill, a eu le privilège de figurer parmi les élus.Il s’est taillé un beau succès dans un récital Poulenc lors du week-end de gala qui constitue, chaque été, un des événements marquants du festival.Tout au long de la saison, en effet, et à raison de deux chanteurs par concert, les stagiaires présentent une quinzaine de récitals dans des églises, au Fenimore Museum ou dans la salle de bal de l’hôtel Otesaga (d’où l’on a une vue de rêve sur le lac).Outre des classes de maîtres avec des professeurs aussi remarquables que le metteur en scène Jonathan Miller ou le baryton Sherill Milnes, ils assistent à toutes les répétitions, occupent des petits rôles et les meilleurs d’entre eux travaillent des rôles importants du répertoire de l’année, ce qui constitue un réservoir de doublures.C’est ainsi que, en 1998, une représentation de la Partenope de Haendel a pu être sauvée malgré l’indisposition d’un des interprètes principaux.La même année, la jeune stagiaire Christina Bouraf s’était fait remarquer dans un encore et chaîne culturelle la Chaîne culturelle vous offre encore plus.Radio-Canada www.ndlocanada.ca 98,3 FM 101,9 FM 101,5 FM Moncton Allardviile Rimouski FM Lamèque Une soirée de jazz en provenance d’Europe À l'émission SILENCE.ON JAZZ!, l’animateur Gilles Archambault présente le spectacle Jazz CRPLF - Lausanne 99, un événement annuel amical de la Communauté des Radios publiques de langue française (CRPLF).En vedette : la pianiste belge Nathalie Loners et le groupe suisse Inside Out.Animation : Gilles .Archambault Réalisation-coordination : Daniel Vachon Janina Fialkowska se retrouve AU PIANO AVEC GLENN GOULD Le talent et la vie du pianiste Glenn Gould en a fasciné plus d'un.Chaque dimanche, l'animateur Daniel Poulin reçoit des personnalités qui nous font partager leur passion pour ce grand interprète.L’invitée de la semaine : la pianiste Janina Fialkowska.Une émission de Daniel Poulin W>30 L’extraordinaire Piano six à CONCERTS D’ÉTÉ Encensé par la critique et le public, le concert Piano six réunissant les pianistes Marc-André Hamelin, Bemadene Blaha (en remplacement d’André Laplante), Angela Hewitt, Angela Cheng, Janina Fialkowska et Jon Kimura Parker est présenté à CONCERTS D’ÉTÉ.Un spectacle inoubliable, enregistré le 30 juillet dernier au Festival international de Lanaudière, dont le programme comprend des œuvres de Ravel, Chopin, Wagner et Rachmaninov.Animation : Monique LeBlanc Réalisation : Guylaine Picard mâo CONCERTS D’ÉTÉ présente l’Ensemble Arion Capté le 1" août au Festival international de musique baroque de Lamèque, un concert tout Vivaldi de l’Ensemble Arion avec, en solo, la soprano Suzie LeBlanc et la flûtiste Claire Guimond.Animation : Monique LeBlanc Réalisation : Guylaine Picard 100,9 FM Chicoutimi 95,3 FM 90,7 FM 104,3 FM 100,7 FM Québec Estrle Mauricie- Montréal Centre du Québec 102,5 FM 90,3 FM Ottawa-Hull Toronto rôle secondaire de la Tosca.On lui a confié cette année le rôle de Gilda dans Rigoletto, rien de moins.On lui promet une grande, une très grande carrière.Des mises en scène décapées Cette politique dynamique et avant-gardiste se traduit aussi dans le choix des metteurs en scène, jeunes et novateurs: Mark Lamos dont on oubliera difficilement une Butterfly en 1997 et la Tosca de l’an dernier, Martha Clarke, Francisco Negrin ou Frances-, ca Zambello qui font tous de superbes carrières internationales (peut-on espérer qu’un jour les Montréalais auront la chance d’assister au travail de l’un d’entre eux ?).Le responsable de cette réussite qui, en terre d’Amérique, vient contrebalancer le conservatisme du Metropolitan de New York: Paul Kellogg, homme de grande culture, diplômé de littérature française de la Sorbonne.Depuis 1996, il cumule la direction du festival et celle du New York City Opera, ce qui lui permet de partager les coûts des quatre productions annuelles de Glimmerglass, reprises dans la métropole la saison suivante.La Tosca de 1998 et le Central Park de 1999 seront diffusés au cours de la prochaine saison sur PBS.Ajoutez à tout cela un orchestre dynamique dont la moyenne d’âge des membres ne dépasse pas trente ans.Voilà bien des raisons d’inscrire ce festival au programme de vos prochaines vacances.En l’an 2000, Glimmerglass fêtera ses 25 ans et, à côté d’un Haendel et de l’extraordinaire Salomè de Richard Strauss, on y reprendra La Bohème avec laquelle le festival avait débuté.Un seul point noir: dans cette petite ville, le nombre de B&B est limité et il devient prudent de réserver ses places aussi tôt que possible (tel.: [607] 547 22 55; adresse électronique: glim-mer@telenet.net).Glimmerglass, ce n’est pas encore Bayreuth, mais cette année, un record d’affluence aura été battu: pour la première fois, toutes les places étaient vendues dès la deuxième semaine de juillet jusqu’à la fin août.Environ 38 000 personnes auront ainsi assisté à la cuvée 99: Le Retour d’Ulysse dans sa patrie de Monteverdi, L’Enlèvement au sérail de Mozart, Rigoletto de Verdi, et la création de Central Park qui a déjà suscité un intérêt particulier dans la presse américaine.Ces quatre productions seront commentées dans un prochain article.Mercredi 18 août 1999 Winfried Btfnig (Allemagne) Les Concerts Spirituels PRÉSENTENT Festival d’orgue à l'Oraloire Saint-Joseph du Mont-Royal les mercredis de l'été à 20 heures Thème : l'Intégrale de l'œuvre pour orgue de Franz Schmidt (1874-1939) Au programme : Œuvres de Bach, Mozart, Schmidt, Gardony et Prokofiev Billets : Parterre : 0 J, 10$, 12 $ Tribune : 16 $ Renseignements : (514) 733-8211
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