Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (5)

Références

Le devoir, 1999-07-24, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
Lettres québécoises Page D 3 Essais québécois Page D 4 Kennedy Page D 5 ?Art naïf Page D 7 Formes Page D 8 Partir un peu Une visite à la librairie du voyage Le 25 avril 1980, dans le Quartier latin, Daniel Desjardins et trois autres collègues ingénieurs ouvraient les portes de ce qui deviendrait, moins de deux décennies plus tard, une institution: la librairie Ulysse, spécialisée dans le livre de voyage, est née de l’envie de créer une entreprise fondée sur le plaisir.En 1990, la nécessité a pris le relais: Ulysse étendait alors ses activités en créant une maison d’édition du même nom, devenue depuis le plus important éditeur de guides de voyages au Canada, où il se classe parmi les cinq plus grands exportateurs de livres.Cet exceptionnel «success-story» dans le paysage éditorial, fait l’objet du quatrième volet de notre série sur les librairies spécialisées.MARTIN BILODEAU LE DEVOIR Entrer chez Ulysse, rue Saint-Denis, c’est déjà partir un peu.Dans la vitrine comme à l’intérieur, les beaux livres d’images, véritable festin pour les yeux, forment l’essentiel de la décoration: quant à la musique, qui joue en sourdine (l’heure était à Billie Holliday, quand je m’y suis arrêté, la semaine dernière), elle chatouille l’oreille et invite à d’autres voyages, tout aussi exotiques.«Les gens qui entrent ici sont généralement de bonne humeur parce qu’ils s’en vont en voyage; c’est rare que t’en “pogne” un qui est marabout», m’explique Virginie, la jeune libraire qui tient le fort, en ce mardi soir caniculaire, entourée d’ouvrages luxueux sur le Nil, le Sierra Leone, la mer Rouge et les pavés roumains.Comme tous les libraires employés d’Ulysse, Virginie est une voyageuse.C’est une condition pour être embauchée, et l’entreprise encourage ses libraires à parcourir la boule, ce qui se traduit par une politique de vacances extrêmement souple, leur permettant de partir, parfois pendant plusieurs mois, avec un emploi assuré au retour.Aussi Virginie prépare-t-elle pour l’an prochain un voyage au Burkina Faso.«On a de bons commentaires sur la qualité de nos libraires», m’explique Daniel Desjardins, président et cofondateur d’Ulysse, qui aujourd’hui s’occupe essentiellement de l’édition et fait rayonner la centaine de guides de voyage publiés sous sa gouverne sur le marché européen.«Quand les gens entrent ici et parlent avec eux, ils constatent qu’ils ont accès à un niveau d’expertise supérieur à ce qu’ils vont rencontrer ailleurs.Aussi on a toujours cherché à avoir des libraires qui, non seulement ont voyagé, mais gui ont utilisé des guides de voyage.» A défaut du fameux rapport-client axé sur l’habitude et sur la familiarité, tel qu’on a pu l’observer dans les autres librairies spécialisées qui ont fait l’objet de VOIR PAGE D 2: LIBRAIRIE LE DEVOIR.LES SA M E DI M ET D 1 M A X C 11 E 2 5 JUILLET 1 !> !» » -?LE DEVOIR ?- «SUS .A'.'ù'r T' * & ; ILLUSTRATION: TIFFET LE DEVOIR La visite ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦ Caroline Montpetit a travaillé dans diverses salles de nouvelles, à la télévision et en presse écrite, avant d’entrer comme reporter au Devoir en 1990.B ^ «I Dans ses temps libres, elle prépare ses pro-chaînes vacances.Elle passe aussi une bonne partie H Oil Æoi de son temps enchaînée à son ordinateur, parmi ™ d’autres prisonniers, rêvant d’être ailleurs.C’est son premier texte de fiction publié.CAROLINE MONTPETIT Arthur entendit la porte de métal de sa cellule se refermer derrière lui.Le bruit était lourd et sec, sans appel, sans écho.Il s’assit sur le lit.Son regard se promena un instant sur la pièce: la couverture rouge, la petite table de métal, la peinture écaillée du plafond.Machinalement, il faisait l’inventaire de ses meubles, comme les gardiens fouillent les valises des visiteurs qui passent dans la vie des prisonniers.Le compte y était.Il enleva sa veste comme on se soulage du poids du monde.Déjà, sur le lit, un pantalon et une chemise numérotés l’attendaient.Il s’y glissa avec satisfaction.Sur la table de chevet reposait la plus récente acquisition de la bibliothèque de la prison, un roman, Crime et châtiment de Dostoïevski.Arthur regarda sa montre, qui affichait les jours et les heures, les minutes et les secondes.Cela faisait maintenant plus d’un an que, pour la première fois, la blonde Pénélope avait raté leur rendez-vous amoureux.Ce jour-là, comme d’habitude, Arthur s’était cantonné dans sa cellule, feignant l’indifférence, emmuré vivant dans son grand corps de caïd.Le haut-parleur de la prison avait craché les noms de plusieurs prisonniers: «Jacques Langlais, Ian Saint-Pierre.» Assis sur son lit comme un élève pris en faute, il avait vainement attendu le sien.Dans sa vie de bagnard réglée comme du papier à musique, l’événement avait pris une envergure démesurée.En l’absence de Pénélope, il se sentait comme un chien à qui on aurait retiré sa pitance quotidienne.Il s’était habitué à ses visites dans sa vie toute en grisaille.Elles étaient le rayon de soleil dans une grotte où le jour n’entre jamais.Il «avait faim», comme on dit en prison quand on est en manque d’amour.«Où était Pénélope?», lui avait soufflé, en ricanant, un détenu à la cafétéria.Il l’avait menacé de le battre, l’avait copieusement engueulé.En guise de punition, on l’avait confiné à sa cellule pendant quelques jours.Rageur, il avait serré les poings, s’était replié un peu plus sur lui-même.Il avait connu Pénélope par l’entremise d’un autre prisonnier.Elle était l’une des bénévoles qui accordent un peu de leur temps aux bagnards avides de présences féminines, avides de présence tout court.Pendant un an, ils s’étaient rencontrés dans le parloir de la prison, au milieu de la foule.Elle pouvait à peine caresser son visage avec ses mains, promener son regard sur son corps.La salle sans fenêtres était remplie VOIR PAGE D 2: LA VISITE En librairie dès le 25 août Pardonner ?À qui ?Comment ?Dans quelles circonstances ?LIBERTE 244 août 1999 pages 6$ t LES PRESSES DE A L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL S I) 2 Livres -*• LA VISITE Jacques Ferron CONTES PAR JACQUES FERRON «BIBLIOTHÈQUE DU NOUVEAU MONDE» 594 PAGES • 40,00$ Enfin rassemblés en un seul recueil, tous les Contes qui ont fait la renommée de Ferron.Marcel Dugas POÈMES EN PROSE PAR MARCEL DUGAS «BIBUOTHÈQUE DU NOUVEAU MONDE» 592 PAGES • 55,00$ Ami de Grandbois, dont il partagea la bohème parisienne, Marcel Dugas fut un incomparable poète en prose.GRANDS PROJETS ET INNOVATIONS TECHNOLOGIQUES AU CANADA SOUS LA DIRECTION DE PHILIPPE FAUCHER 340 PAGES • 34,95$ Des grandes centrales hydroélectriques aux réacteurs CANDU, en passant par le jet Challenger et le satellite Hermès, un bilan des plus ambitieuses innovations technologiques au Canada.Ul! DÉMOCRATIE MÉDIATIQUE ET REPRÉSENTATION POLITIQUE PAR DENIS MONIÈRE 140 PAGES • 24,95$ Une étude comparative de l’information politique en Belgique, au Canada, en France et en Suisse.kMUilKMMlW 4 L’heure était enfin venue de préparer, dans l’angoisse, la conclusion de dix ans de détention.La tension montait chaque jour.SUITE DE LA PAGE D 1 d’autres prisonniers et d’autres visiteurs.Ils étaient assis autour d’une petite table pour deux, flanquée d’un micro.Retranché derrière une vitre opaque, un gardien de sécurité chronométrait les rencontres, saisissant au hasard des bouts de conversation, observant sans être vu.Parfois, des femmes plus belles, plus provocantes que Pénélope, venues visiter d’autres prisonniers, lui faisaient de l’ombre, attirant le regard d’Arthur.Elle observait discrètement la chose.Mais il revenait à elle, faisant l’inventaire de chaque détail de son visage, emportant avec lui ses images.Ensemble, ils avaient fait des projets de voyage, d’achat de maison, visité le monde en rêve.Pénélope parlait de la vie que l’on mène à l’air libre, détaillait le fil des saisons, la couleur de l’eau du Saint-Laurent, elle disait son désir de partager avec lui cette vie.«J'aimerais que tu y sois», laissait-elle parfois tomber.Et ses mots rebondissaient sur le sol dur de la salle du parloir.Personne ne semblait vouloir s’en emparer et les écouter.Un an s’était écoulé avant qu’Arthur n’obtienne le droit de passer trois jours seul avec Pénélope dans une «roulotte spéciale», où un gardien leur rendait visite trois fois par jour.Un an au cours duquel Pénélope s’était sérieusement attachée à lui.Le moment venu, Arthur y était entré dans un état d’extrême fébrilité, escorté par le gardien de sécurité.C’était un colosse, un nouveau venu qui se laissait parfois aller à sourire, ou à accepter de prolonger le temps alloué pour les visites moyennant quelques cigarettes.Arthur s’était jeté sur elle dans le lit propret, aussi excité qu’un cheval fou.Elle était restée de glace, souriante comme un ange qui prête ses ailes à une bête de somme.Une fois le désir satisfait, le temps s’était écoulé avec une lenteur exaspérante, dans ce petit espace qui leur tenait lieu de planète, rempli de silences entre les visites du gardien.Par moments, Arthur se prenait à parler d’un monde qu’il avait inventé.Puis il s’interrompait, à court d’inspiration, rattrapé par la réalité.Plus tard, il cherchait à lui faire peur.Avec brusquerie, U lui racontait ses mauvais coups.Affectueuse, exubérante, Pénélope s’était prêtée encore une fois à ses fantaisies dans le lit de la petite roulotte.La date de la vraie sortie approchait à grands pas.L’idée qu’il ferait un jour de la prison n’avait jamais effleuré Arthur alors que, dix ans plus tôt, il avait acheté une arme pour braquer sa première banque.Le coup de feu était parti tout seul, la caissière s’était écroulée.Arthur avait vu qu’elle était morte.Dès qu’il avait entendu hurler les sirènes de police, il avait compris que son libre arbitre était chose du passé.Lors de son procès, il avait plaidé coupable.Depuis, il avait oublié comment vivre, comme un amputé perd progressivement l’usage de ses jambes jusqu’à oublier leur présence.Il se réjouissait des petits acquis, quelques cigarettes, un bon livre, comme autant de pieds de nez faits à la mort.Dans les jours qui suivaient les visites de Pénélope, il s’amusait à tenter de se rappeler le motif de sa robe ou la couleur de ses chaussures, le galbe de ses jambes, les intonations de sa voix.La vision durait quelque temps, jusqu’à ce que tout s’abîme dans la grisaille de sa cellule, des travaux du pénitencier, des horaires et de la course incessante des aiguilles de sa montre, qui semblaient parfois tourner en vain dans le vide.Il finissait par l’oublier.L’heure était enfin venue de préparer, dans l’angoisse, la conclusion de dix ans de détention.La tension montait chaque jour.Déjà, les heures de sortie accordées par l’administration de la prison lui semblaient interminables.Il était allé rendre visite à Pénélope en compagnie d’un gardien.Désœuvrés, ils étaient sortis tous les trois flâner rue Sainte-Catherine.Arthur tramait son corps comme un boulet.Pénélope était tendue.Des trois, le gardien était celui qui semblait s’amuser le plus.Un an s’était écoulé avant qu’Arthur n’obtienne le droit de passer trois jours seul avec Pénélope.w À l’intérieur «des murs», Arthur était coiffeur.Ce travail lui conférait un certain statut parmi les prisonniers.Pendant la coupe, ils lui racontaient leur vie.Dehors, il était comme la voile d’un bateau que le vent mène où bon lui semble.La force de ce vent l’affolait.Aussi hésitant qu’un amnésique, il s’accrochait à ce que sa mémoire lui avait laissé de souvenirs de sa vie au dehors, cherchait à se donner une contenance, se demandant s’il allait pouvoir s’y faire une place.Du temps où il était à l’air libre, il gardait le souvenir du cri des sirènes ou des pas qui claquent sur le macadam des villes, des appartements vides, des lendemains de veille, et des nuits sans amour: une fuite en avant perpétuelle.Pourtant, il aurait voulu plaire à Pénélope, être un homme libre et authentique, comme ceux qui circulent avec leurs papiers en règle dans les rues.Il aurait pu lui faire cadeau de sa liberté entière, car les années avaient rogné ses propres ailes.Le jour de la sortie, Pénélope avait mis une robe jaune soleil.Elle avait crié victoire quand la porte du pénitencier s’était ouverte.Le vent s’était engouffré dans l’édifice.Arthur l’avait suivie docilement, comme une bête aveugle, dans l’autobus, et même dans l’escalier qui menait à son petit appartement du troisième étage d’un immeuble de Montréal.Une fois là, la laideur des lieux l’avait frappé.Plusieurs fois, il s’était campé sur le balcon arrière, n’osant pas croire à l’existence de la ruelle qui s’étendait sous ses yeux, ouverte à toutes les possibilités, sans contrainte d’horaire.Le soir, Pénélope s’était étendue près de lui.Elle n’avait pas protesté quand il s’était levé nerveusement durant la nuit, pour faire les cent pas dans l’obscurité, grillant cigarette sur cigarette.D l’avait fixée des yeux pendant de longues heures, alors qu’elle sommeillait.Puis, il s’était étendu à son tour et ils avaient dormi côte à côte, lourds, silencieux comme deux chats épuisés.Le réveil avait eu sur lui l’effet d’une bombe.Recroquevillé au creux de son lit comme un animal plongé en pays inconnu, Arthur avait ouvert un œil pour constater que la chambre était vide.Pénélope lui avait laissé de l’argent pour acheter de quoi manger.Arthur n’avait pas quitté l'appartement, terré tout le jour au fond du lit.Pendant quelques instants très brefs, il avait regardé le grand parc de l’est de Montréal, que Pénélope lui avait décrit dans sa splendeur automnale.Le soir venu, il était sorti en rasant les murs.La femme qu’il avait agressée portait des talons aiguilles et un manteau sombre.D avait humé profondément son parfum, tout en lui mettant le couteau sur la gorge.Elle lui avait donné tout son argent, mais elle n’avait pas tardé à porter plainte.Arthur ne s’était même pas caché.D était rentré chez lui.Il avait attendu avec anxiété l’arrivée des policiers.Docilement, il s’était livré à la justice.Et il avait le cœur léger en retournant vers la prison qui l’attendait, toutes portes ouvertes.Fidèle à son habitude, à la bibliothèque, il avait emprunté la plus récente acquisition.Il s’imposait depuis longtemps de ne pas en lire plus d’une page à la fois, histoire de faire durer le plaisir et la vie, si rares en prison.Quand la porte de sa cellule s’était refermée derrière lui, il avait souri, avait chassé ces pensées de sa tête.Il avait enlevé sa veste comme on se libère du poids du monde, et avait commencé une longue lettre d’adieu à une Pénélope qui n’existait pas.LE SYSTÈME DE SANTÉ QUÉBÉCOIS UN MODÈLE EN TRANSFORMATION SOUS U DIRECTION DE CLERMONT BÈGIN.PIERRE BERGERON, PIERRE-GERLIER FOREST ET VINCENT LEMIEUX 444 PAGES • 34,95$ Notre système de santé comparé à ceux des autres pays de l'OCDE.Une perspective nouvelle qui éclaire le débat.lîSisitnttouiuf Du a>4dtl« t» tiH'.ldiuiiH Otvton Mlron un poét* i) il I) i arts visuels De l’art populaire à l’art indiscipliné SOURCE MAISON DE LA CULTURE MARIE-UGUAY 1Ü LE DEVOIR LE CANADA FRANÇAIS PRÉSENTÉS-.BAR: Un des intérêts grandissants de la muséologie au Québec concerne l’art populaire, dit aussi art brut, parfois art naïf ou encore art des patenteux.Nous en sommes à redéfinir ces notions.Belle idée: certains parlent même d’un «art indiscipliné».L’été de la fin du siècle, tant par la technologie que par la virtualité — époque oblige —, est marqué par cette forme d’art sans prétention.Avec une exposition intitulée L’Èden, côté jardin - L’art populaire canadien en plein air, le Musée canadien des civilisations de Hull (MCC) marque le pas.Une autre exposition poursuit dans la foulée, à Montréal, à la Maison de la culture Marie-Uguay: Les Lieux de l'art «indiscipliné»: art populaire et art insolite au Québec.Celle-ci est peut-être de moindre envergure, mais elle défend farouchement un type d’art hors normes, pratiqué par des autodidactes et qu’on qualifie aussi, pour ajouter à la liste, d’art outsider ou singulier.L’ÉDEN, CÔTÉ JARDIN -L’ART POPULAIRE CANADIEN EN PLEIN AIR Musée canadien des civilisations 100, rue Laurier, Hull Jusqu’au 9 janvier 1999 LES LIEUX DE L’ART «INDISCIPLINÉ»: ART POPULAIRE ET ART INSOLITE AU QUÉBEC Maison de la culture Marie-Uguay 6052, boulevard Monk Jusqu’au 21 août BERNARD LAMARCHE Hull — Fidèle à la façon de faire maison, c’est à grand renfort de reconstitutions qu’est présentée, à Hull, jusqu’au 9 janvier prochain, une partie de la collection d’art populaire canadien du MCC, avec des œuvres datées de 1960 à 1990.La présentation riche en feuillages artificiels (parfois d’une qualité à s’y méprendre!) s'attarde plus particulièrement aux devantures des maisons.L’exposition organisée par Phil Tilney, conservateur invité, fait donc essentiellement dans l’ornementation de parterres, à travers l’art populaire traditionnel.Animaux en tous genres, incontournables girouettes, vire-vent des plus ingénieux, petites merveilles de mécanique éolienne, cabanes à oiseaux, pantins et personnages grandeur nature, efficaces leurres de galeries et sculptures naïves de tout acabit, aux traits expressifs, voilà en vrac le menu offert par cette présentation de près de 150 œuvres qui révèle sa part de surprises dans chaque recoin du jardin reconstitué.Une animalerie étrange, un bestiaire tantôt déroutant, tantôt amusant, ailleurs touchant de maladresse, fourmille en quantité dans ce parcours qui cependant ne tranche pas avec l’image convenue que plusieurs se font de l’art dit populaire.La fonction des objets y est pour quelque chose: ce ne sont pas des environnements d’art qui sont montrés, on pense à la maison d’Arthur Villeneuve, mais il s’agit, on l’a dit, d’art d’ornementation.Cela dit, l’exposition dresse un inventaire intéressant de l’art de l’ornementation des pelouses.Pour les animaux, on voit le plus rudimentaire des hiboux jusqu’au plus étrange des oiseaux, fait avec une sorte de champignon poussant sur les arbres et dans la forme duquel l’artiste a vu des ailes, là où plusieurs n’auraient rien vu du tout.A la fin de l’exposition, une petite section contient du reste des objets insolites, tels ces visages d’hommes du futur et des bestioles inconnues, imaginaires, à l’esthétique inusitée.Quelques pièces tout au plus témoignent d’une activité créatrice relevant davantage de l’ordre compulsif: le complexe immobilier pour oiseaux, un incroyable multiplex, le vire-vent articulé fort élaboré de José Machado, avec ses engrenages et ses pantins articulés.Aussi, cette figure singulière d’Albert Winje, originaire d’Alberta, ancien forgeron, et sa bonne femme nue faite de métal récupéré — ailleurs le bois domine comme matériau —, et sa lainç d’acier stratégiquement disposée! A voir également ce vire-vent grivois, avec son mouvement de va-et-vient sans équivoque.Et encore, il faut admirer la niveleuse de Raymond Beaudin, monument de patience, entièrement faite de capsules de bière: l’unique exemple, malheureusement, du travail de cet artiste qui, dans sa carrière, a utilisé, dit-il, plus de sept millions de capsules.livrées par camion à son domicile de Havelock, au Québec, pour couvrir son terrain de ces bricoles.L’exposition se termine sur un clin d’œil critique fort pertinent, qui en dit long sur la réalité actuelle de tels ornements.Un dernier tableau met en vedette les adaptations commerciales de cette pratique artistique traditionnelle.Des ornements disponibles sur le marché sont présentés, qui disent la récupération kitsch dont ce type d’art est l’objet: des incontournables flamands roses aux nains de jardin, en passant par les ornements thématiques, notamment ceux associés aux fêtes comme l’Halloween.Un seul oubli dans cette section, au sein d’une exposition qui se veut une histoire de l’art du jardin «naïvement» décoré.Le versant politiquement incorrect a soigneusement été mis à l’écart: exit, donc, ces épouvantables petits hommes de couleur, en plâtre, que l’on retrouvait jusqu’à tout récemment sur les pelouses.La publication Une publication fouillée accompagne l’exposition qui, curieusement, semble avoir été expurgée des «cas» les plus ambigus.L’auteur s’en tient presque exclusivement aux œuvres qui tombent le plus sous le sens com- mun.Rien d’étonnant à cela: la quatrième de couverture explique que les œuvres sont sorties des maisons pour «embellir les pelouses».Plus encore que dans l’exposition même, cette affirmation pour le moins discutable, s’ajoutant à l’orientation de la publication, révèle les présupposés idéologiques de l’auteur en matière d’art populaire: sans porter de jugements sur la valeur des artistes, nous dirions qu’il propose un regard quelque peu convenu, idéaliste, sans réel questionnement.L’exposition aura plusieurs vies: une tournée canadienne de trois ans suivra sa clôture à Hull, le 9 janvier 1999.Vancouver, Calgary, Toronto, London, Winnipeg, Halifax et Montréal auront tour à tour l’occasion de se familiariser avec ses œuvres vives et colorées.A voir pour le foisonnement des œuvres.À Marie-Uguay À la Maison de la culture Marie-Uguay, la commissaire Valérie Rousseau, qui en est à ses premières armes pour ce qui est de mettre sur pied des expositions, adopte un tout autre point de vue.Là où le MCC se tenait dans des eaux relativement calmes, Rousseau a choisi d’aller du côté d’un art plus cru, ou du moins plus compulsif.Cette exposition très réussie, tout à la fois enlevante et dérangeante, en plus de présenter des œuvres plus massives et débridées, donne l’heure juste des recherches récentes dans le domaine.Rousseau est l’une des initiatrices du projet de la Société des arts in-disciplinés (sur le Wpb: http://www.sai.qc.ca), avec Eric Mattson et Pascale Galipeau (en 1995-97, cette dernière avait organisé, et c’était justement au MCC, une exposition d’art populaire intitulée Les Paradis du monde).L’exposition de Rousseau s’arrête à des types d’œuvres particulières.Répartie en trois zones — manifestations insolites, zona incerta et environnement d’art —, l’exposition s’attarde autant à la facture et à l’aspect sensible des œuvres qu’au contexte qui les a vues naître.Précisément, la commissaire présente des œuvres au caractère imprévisible.Pour la section zona incerta, la moins fouillée des trois, sont présentées des œuvres issues de contextes médical et psychiatrique.La seconde section, la plus importante en matière Rebirth, 1999, une installation de Florent Veilleux SOURCE MUSEE CANADIEN UES CIVILISAI IUNS aigle de l’artiste Ralph Bouthilier, début des années 1970 de découvertes, présente des environnements d’art.Rousseau a sillonné les routes du Québec pour dénicher et documenter des sites, maisons et terrains, investis de façon proliférante par leurs habitants.11 s’agit d’univers denses et expansifs de matériaux récupérés, accumulés et agencés en d’extraordinaires compositions boulimiques.S’en dégagent des imaginaires fabuleux qui traduisent un désir compulsif et illimité de créer.Ces recherches ouvrent un champ d’étude inédit au Québec.Vu le caractère éphémère de ces constructions galopantes et de ces «anarchi-tectures» — elles sont souvent détruites après la disparition de leurs auteurs, démembrées ou vandalisées —, les travaux de défrichage de Rousseau soulignent l’urgence de documenter ces œuvres à défaut de pouvoir les conserver intactes.Cette section de l’exposition présente surtout des photographies de sites et, Du 24 juillet au 1er août 1999 de 10 h à 17 h.Le Circuit des Arts Memphrémagog tiendra cette année sa 6' édition.Que l’on soit artiste ou amateur d’art, le circuit vous invite à rencontrer 80 artistes de différentes disciplines, soit dans leur atelier ou dans un lieu d’exposition collectif.En plus de vous fairè découvrir une région où les scènes champêtres sont susceptibles de vous charmer.Pour vous aider à localiser ces artistes, des dépliants du circuit sont disponibles dans différents lieux et commerces public: ainsi que dans les centres d’information touristique de l’Estrie.Un tirage vous offre la chance de gagner un de nos 6 prix Information touristique Magog-Orford : 1-800-267-2744 - (819) 843-2744 Internet : http://www.gearwerx.com/circuitdcsarts exceptionnellement, des fragments d’environnement d’art.La dernière partie recueille des manifestations insolites.On compte beaucoup sur la dernière installation de Florent Veilleux, cet indomptable patenteux, dont on a vu les réalisations il y a trois ans au musée McCord.Outre des bidules articulés qu’il faut activer en pressant un bouton, Veilleux expose des télés dont il a enlevé l’écran pour y loger des ballets de poupées, lesquels sont filmés pour être ensuite diffusés sur des télés en bon état, selon des points de vue totalement excentriques.Ouf! Le reste de la sélection présente le même caractère obsessif que celui des machines de Veilleux, ce qui assure la cohérence du parcours.A voir donc les tableaux religieux de Ser- gente Palmerino, faits de pierres et de babioles, les tableaux 3D de Marie-Anna Voisine, extrêmement touffus, les sculptures de matériaux récupérés de Pier Lefebvre, outils de vision à la fonction trouble et à la forte présence.Les figurines de Félicien Lévesque (aussi au MCC) et leur naïveté obsédante, qui forment l’imagerie de l’affiche de l’exposition, sont également attachantes.Cet art sans prétention aucune, souvent fait sans réel souci de s’adresser à un public, cet art intégré à la vie quotidienne des artistes, dont il arrive qu’il soit lié à leur métier, est présenté, grâce à cette exposition, selon un angle précis et sensible.Il y a beaucoup de plaisir à en tirer, en plus de quelques moments d’une joyeuse incrédulité.Circuit des ARTS MEMPHRÉMAGOG La Grande Envolée.Spectacles et ateliers de fabrication de cerfs-volants pour toute la famille.RENSEIGNEMENTS : Lieu historique national du Fokt-Lennox Saint-Paul-de-i'Iu-aux-noix (450) 291-5700 Parcs Parks Panarlo Canada Canada Vvcll ldvlcl DES ACTIVITÉS POUR TOUTE LA FAMILLE CE DIMANCHE 25 JUILLET LES BEAUX DIMANCHES AU FORT-LENNOX PRÉSENTENT: ma mi r rs_ 7llllU!T-7Aaur.Hll I0fi£ IjMlIlTtHUMZftQfâ r)onrtà** » < H < IBI I *191 Dossier non maîtrisé, question complexe aux nombreuses implications: la reconversion du Locoshop Angus en technopole environnemental, sorte d’ensemble industriel destiné à accueillir les entreprises qui y trouveraient leur compte, semble souffrir du trop grand dynamisme de ses promoteurs, par ailleurs dépourvus de moyens et d’expérience.JACQUES MARTIN FORME LJ Est de Montréal, avec ses 22 % de chômeurs — majoritaire-t ment francophones — et sa situation éloignée par rapport aux riches demeures de Baie-d’Urfé, soulève littéralement le cœur de plusieurs investisseurs pour lesquels ce secteur n’offre plus rien d’intéressant, dès lors qu’il est question en plus d’environnement Le site Situé dans le prolongement de l’avenue du Mont-Royal, entre le bouchon du Journal de Montréal et le Stade olympique, le technopole environnemental Angus, dont on s’évertue tant bien que mal à vanter les mérites, prend racine dans ce pays aussi solidement que dans une terre de roches.Pourtant, la tentation est grande de se servir d’Angus comme d’un catalyseur d’emploi pour le quartier — on prévoit 2000 emplois d’ici huit ans — et l’effort déployé au cours des cinq dernières années pour y arriver est colossal.C’est la renaissance d’une immense zone industrielle de 185 000 m2 laissée trop longtemps en friche, située au croisement des quartiers Rosemont, Hochelaga-Maisonneuve et Petite-Patrie, qui devait être à l’origine d’un des plus importants projets de récupération immobilière à caractère industriel au monde.L’ancien Locoshop Angus, où l’on assemblait les trains du Canadien Pacifique au début du siècle, fut sectionné en trois parties dont le tiers au centre sert de vaste espace de stationnement, à quoi s’ajoute l’aménagement d’une nouvelle rue.A une extrémité, un premier tiers avait été récupéré par les supermarchés Maxi — mais l’entreprise a depuis abandonné l’idée de s’y installer.La Société de développement Angus a plutôt opté pour la réfection du tiers restant, pour en faire une grande halle industrielle, dont l’objectif est d’accueillir les industries et les entreprises de services soucieuses de respecter l'environnement.Toutefois, ce principe, de l’avis même de Christian Yaccarini, directeur de la SDA est de moins en moins respecté: «Au début, on était très ambitieux, mais on s’est vite ravisé devant la difficulté d’attirer la clientèle désirée.Incidemment, on a dû s’en remettre à la collaboration de sous-traitants qui ont joué davantage le rôle de partenaires que de simples fournisseurs de services», fait-il remarquer.Quelques 300 000 pi2 ont également été réservés entre le technopole et les projets résidentiels, plus à l’est Ils agiront comme une zone tampon.La halle industrielle La halle industrielle constitue la première étape du projet et la rue Molson devient dans les faits une voie pour les camions.La halle est l’œuvre de la firme d'architectes Dupuis, Du-buc et associés.Les travaux d’ingénierie ont été réalisés par les firmes SNC-Lavalin et Dessau.L’architecte Guy Favreau, responsable du projet a opté pour la conservation et la mise en valeur des éléments forts de cette ancienne usine de montage.Il a donc choisi de couper à son tour le bâtiment en trois sections sur la longueur, laissant un tiers de la structure et le pontage métal- La Halle industrielle Angus, une réalisation de la firme d’architectes Dupuis Dubuc et associés lique complètement à nu, sans toit ni murs, si ce n’est un grand mur latéral en guise de façade et de mur-écran pour le stationnement L’idée était de créer un espace de stationnement à l’intérieur du périmètre du bâtiment original, non de le remplacer, même partiellement Tâche difficile qui a eu pour conséquence de comprimer considérablement le reste de l’espace intérieur.Un bassin de captation des eaux pluviales garde à distance l’immonde stationnement de remorques, encore utilisé par le CP, qui dissimule en partie l’édifice depuis la rue Rachel.Quelques vignes sont prévues çà et là, mais de façon générale il y a peu d’ornementation végétale.Les concepteurs ont de plus utilisé des parements métalliques et des fe- nestrages modulaires afin de «remplir» les grandes arcades latérales et la tranche du bâtiment d’origine, qui sert maintenant d’entrée principale avec sa grande baie vitrée.Une trouvaille assez originale qui permet de multiples agencements de façades.L’architecture intérieure Depuis l’intérieur, la baie vitrée reprend à la verticale le plan allongé de l’édifice et se situe dans le prolongement des colonnes récupérées par le projet Maxi qui servent d’éléments décoratifs dans le vaste stationnement, sorte de vestiges d’une modernité dévastée.Au centre, une immense promenade avec, dans l’axe central, une quinzaine de grandes colonnes en métal boulonné viennent supporter un ancien pontage roulant, qui sert d’assise au plancher du deuxième étage situé légèrement en retrait, ce qui laisse entrer toute la lumière par les sept ver un bâtiment existant avec des matériaux recyclés, ça ne coûte pas vraiment plus cher qu'avec des matériaux neufs.C’est un peu plus exigeant en termes de recherche et de triage, mais le résultat est beaucoup plus intéressant.» L’avenir d’Angus Comme tient cependant à le rappeler Christian Yaccarini, directeur de la SDA: «Le technopole Angus, ce n’est pas encore gagné.Le fait qu’on soit dans l’Est rend les choses plus difficiles.Pour les attirer, on doit donner beaucoup plus aux entreprises que si on était à Ville Saint-Laurent.Nos deux principaux problèmes sont l’accès au financement et le fait d’être situé dans le milieu francophone de l’Est de Montréal.» «C’est malheureux à dire, ajoute-t-il, mais si on veut attirer des entreprises étrangères, le potentiel de l’Est de Montréal reste encore à démontrer.Québec devrait en faire une priorité.Du côté du financement, la solution que nous avons retenue pour palier le désintéressement des banques est de travailler en partenariat avec nos fournisseurs de services, qui reconnaissent le potentiel réel d’un tel projet.Il faudrait que le gouvernement investisse dans les anciennes zones industrielles par des stratégies incitatives, pas seulement dans l’est de Montréal, mais aussi dans le sud-ouest, à Trois-Rivières, Québec, Sherbrooke.» Dommage qu’Angus ne s’oriente pas davantage vers le secteur des technologies du futur ou du cinéma, et que ses responsables persistent à se tourner vers des entreprises manufacturières sous-traitantes qui risquent d’enfermer l’Est de Montréal dans le cercle de la médiocrité pour plusieurs générations encore.C’est pourtant là un secteur de la ville bourré de talent et de créativité.Angus a ce potentiel, cette force intrinsèque qui lui permettrait de retenir l’attention internationale.L’aide de l’État «Il faudrait que le gouvernement y mette un peu plus du sien et promeuve un projet porteur pour Angus: université, centre de recherche, théâtre, musée, ou incite une grande entreprise à venir s’y installer.En France, en Italie ou au Danemark, l’État ne craint pas d’investir dans la reconversion industrielle.Ici, il n’y a pas de programme, aucune politique de reconversion.H faut que l’État lance un projet porteur comme il l’a fait pour la Cité du multimédia», affirme le directeur de la SDA Ce n’est pas pour rien que nous vous parlons aujourd’hui du projet Angus.Comme nous avons pu le constater récemment dans cette page Formes, dans une série d’articles sur la collaboration multiple et la transversalité dans les projets aux Pays-Bas, la planification, et surtout la réalisation, d’un technopole à fonctions multiples comme celui d’Angus doit reposer sur un consensus et être le point de mire des médias par le dialogue et l’effervescence qu’U peut susciter.Angus est avant tout un projet social qui a revêtu les habits d’un projet privé et on peut douter qu’il atteigne ses objectifs sans l’ouverture de la SDA sur des formes d’industries nouvelles ou moins «manufacturières» et sans l’effort du gouvernement Manque d’opportunisme ou de vision de la part de ses promoteurs?Manque de stratégies créatrices d’emplois de la part de nos gouvernements?Le sort du projet Angus est désormais entre les mains de ceux qui sauront croire au rôle déterminant qu’il pourrait jouer, non seulement dans le développement de l’Est, mais aussi de toute la région métropolitaine.grands puits vitrés ornant la toiture.Au rez-de-chaussée, les manufactures.À l’étage, les entreprises de service, les laboratoires.Une mezzanine et deux passerelles permettent enfin d’accéder aux bureaux, au deuxième étage.Tout est apparent.On a voulu conserver la plupart des éléments structuraux métalliques d’origine: fermes d’acier, poutres et colonnes.Peut-être un peu trop, car ce choix crée une atmosphère trop chargée, et la promenade apparaît alors comme une rangée de grands arbres mis en serre.On aurait eu intérêt à jouer d’audace sur le plan de la répartition des espaces; ils sont ici simplement disposés de chaque côté de la promenade.Néanmoins plusieurs aspects de l’ensemble demeurent fort innovateurs pour un projet de type industriel: fenêtres ouvrables, extracteurs d’air qui tempèrent le bâtiment en détournant l’air chaud des manufactures du rez-de-chaussée vers les bureaux très calorivores de l’étage.Les concepteurs ont également voulu valoriser le caractère unique de la structure d’acier, qui est simplement lavée, non repeinte.La récupération est à l’honneur.Plus de 30 % des matériaux sont recyclés: linoléum, peinture, gypse, tapis.Guy Favreau est un des architectes engagés corps et âme dans le recyclage: «En tant qu’architede, je vois un scandale dans la quantité de cochonneries non recyclables qu’on jette, et même ce qu’on recycle est totalement insuffisant.Il faut prendre le temps de le faire, et de bien le faire.De ce point de vue, la Société de développement Angus a offert un réel support et un encouragement incroyable quant à la conception et au développement du projet.» Guy Favreau ajoute: «Au début, tout le monde nous disait que ça coûterait moins cher de le ¦ démolir et de construire du neuf.Réno- Galerie de l’Institut de Design Montréal 390.rue Saint-Paul Est Marché Bonsecaurs Montréal (Québec) Canada H2Y 1H2 Téléphone : (514)866-1255 D’AILLEURS Vitrine unique IA OBJETS DESIGN.POUR VOUS! Pour acheter, collectionner ou, simplement, regarder.w-' Heures d’ouverture de la Galerie IDM Du dimanche au mercredi, de 10 h à 18 h.Ou jeudi au samedi, de lOh à 21h.I
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.