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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1999-07-17, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMED! 17 E T I) 1 M A N C 11 E IS .1 l! I I.I.E T I !) !) !> ?LE DEVOIR ?Hemingway Page D 3 Lettres québécoises Page D 4 Essais québécois Page D 5 ?Daumier Page D 7 Formes Page D 8 R, O MAN AMÉRICAIN L’art de chasser les grands fauves LOUIS HAMELIN Cy était dans une petite maison de bois à Vancouver.Ma blonde partait travailler la nuit et moi je restais seul en face des grands classiques de la littérature anglo-saxonne qui occupaient tout un pan de mur.La première nuit, je tends la main et retire un livre.The Short Stories of Ernest Hemingway.Je n’ai jamais pu oublier ces soldats grecs qui brisaient les pattes de leurs mulets pour les aider à se noyer dans l’eau peu profonde, avant de se rembarquer: toute la brutalité de la guerre concentrée dans un détail.Jamais oublié, non plus, le rugissement du lion qui retentit sur la savane pendant que Francis Macomber, pas du tout rassuré, et sa charmante femme, vivent leur première veillée d’armes.Le rugissement d’un lion sauvage qui chasse s’entend à plusieurs kilomètres, la nuit.Rien à voir avec celui de la Metro-Goldwyn.Vous le sentez d'abord, écrit Hemingway dans True at first light, dans votre scrotum, et ensuite il vous remonte le long du corps.Dans Les Vertes Collines d’Afrique, le côté «grand chasseur blanc» d’Ernest Hemingway pouvait agacer avec son machisme primaire.Le chasseur-reporter y faisait presque une indigestion parce que son rival avait tué un grand koudou dont les cornes étaient.bref, vous voyez le genre.Mais dans True at first light, les choses se passent différemment.D’abord Hemingway, narrateur à la première personne de ces mémoires fictifs (fictional memoir), y avoue avoir renoncé depuis longtemps à la chasse aux trophées.Rédigé au retour de son dernier safari africain, en 1953-54, le livre décrit un séjour au cours duquel Papa s’est vu promu en quelque sorte assistant-garde-chasse du District de Kajiado, dans la colonie britannique qu’était alors le Kenya.Fiction ou réalité?Dans True at first light, en tout cas, on ne tue les lions et léopards que s’ils ont d’abord pratiqué des déprédations dans les troupeaux des villages environnants et, bien sûr, les quelques impalas, gazelles de Thompson et gnous qu’il faut bien descendre de temps en temps pour nourrir le nombreux personnel du camp.D’autre part, s’agissant d’exploits cygénétiques, ce roman inédit de Hemingway donne surtout la vedette à une chasseresse, Mary.Sa quatrième femme, la dernière.Mary veut tuer un lion, un très gros lion à la crinière noire.Elle le traque depuis trois mois, et le prétexte est là: ce fauve aurait volé quelques vaches à des paysans masaïs.Mais la quête de Mary est d’un autre ordre: ce lion énorme qu’elle insiste pour tuer dans les règles de l’art, c’est, elle le dit elle-même, son Graal et sa Toison d’or.Tant pis s’il faut, pour y arriver, imiter les effets de la testostérone.Mary est une femme comme les VOIR PAGE D 2: FAUVES ROBERT CHARTRAND — .sans compter que tout ça finit par coûter cher, non?C’est peut-être à ce moment, dans les secondes où Jacques a dit cette phrase idiote, que cela s’est déclenché.Et peut-être que non.Comment savoir?Nous étions attablés à la terrasse d’un café dans le Vieux-Montréal, il faisait beau, c’était le 23 juin.Je m’en souviens, même si je n’ai pas la mémoire des dates.Julie me l’a reproché assez souvent, tous les jours que nous avons été ensemble, il me semble, quel ennui, comme j’ai bien fait de la quitter, parce que c’est le seul jour de l’année, rien à voir avec la Saint-Jean, où je vais dans ce quartier vieux-neuf.C’est mon pèlerinage annuel en souvenir de ce qui s’y est passé il y a longtemps, des siècles avant elle, et dont je n’ai pas envie de parler.Je peux même dire à quelle heure Jacques a dit cette phrase: quatorze heures trente-deux, est-ce assez précis, admirable, c’est Julie qui serait épatée, tiens, j’ai jeté un coup d’œil à ma montre par ennui, il m’a probablement vu faire, et puis tant pis, il commençait à me les casser avec le compte rendu détaillé, maniaque, de ce qu’il avait fait pendant ces cinq ans où, comme on dit, nous nous étions perdus de vue.Je l’avais croisé une heure plus tôt, par hasard, ça m’apprendra à faire des pèlerinages, c’est bien la dernière fois, nous nous sommes embrassés, puisque c’est ce qu’il faut faire quand on revoit un ami d’enfance, un presque frère, avec qui on a grandi et jeunessé.On nous appelait les inséparables, Julie disait même que nous avions fini par nous ressembler, mais ça n’était qu’une façon de parler, elle en avait des tas.D’ailleurs, lui est grand et costaud, très brun de poil et de peau, alors que je suis plutôt frêle, complexion délicate, «mon petit blondinet» comme m’a appelé maman jusque sur son lit de mort, fou ce qu’elle a souffert vers la fin, salaud de médecin qui refusait de l’achever alors qu’elle le suppliait.Donc exactement quatorze heures trente-deux.Je ne sais plus très bien où il en était dans le déballage de sa vie, il avait suffi qu’une fois attablés — on ne va tout de même pas se quitter comme ça, cinq ans sans se voir, viens prendre un verre —, suffi donc que je lui demande: alors, qu’est-ce que tu deviens, dis-moi, pour que s’ouvrent toutes grandes les vannes de sa présomption; car il lui en > Il '.ILLUSTRATION: TIFFET LE DEVOIR fallait, et même beaucoup, pour croire que je voulais l’entendre me parler de Mélissa et d’Alexandre-Pierre, quels prénoms ridicules pour des enfants, ils ont grandi, si je les voyais, il paraît que je les reconnaîtrais à peine, ma grande va très bien merci, c’est une battante, tu te souviens, toujours première de classe, studieuse et sportive, là-dessus VOIR PAGE D 2: RETROUVAILLES Robert Chartrand enseigne depuis trente ans le français et la littérature dans un collège.D a animé, de 1987 à 1997, une émission littéraire à la radio de CIBLFM.Il collabore à l’occasion à la revue Lettres québécoises et signe depuis deux ans une chronique hebdomadaire sur le roman québécois dans le cahier Livres du Devoir.Retrouvailles est son premier texte de fiction.Cari Dubuc Lettre à un Français qui veut émigrer au Québec fe- «f A, 5 B8D L E I) E VOIR.LES S A M EDI 17 ET I) I M A N CUE IS .1 U I L LET I !) !» !> -w Livres *»• FAUVES Son livre est à Vintage de l’Afrique elle-même SUITE DE LA PAGE D 1 ERNEST HEMINGWAY l*A 1 Ull'-K II I.>11 AA aimait Hemingway, ou du moins, comme il aimait les décrire: une blonde fatale au caractère un peu infantile, grande dame capable de dignité et de mesquinerie, qui mâche sa gomme ballou-ne et s’énerve comme une fillette à l’idée d’aller couper un arbre de Noël.Ce lion à crinière noire, dont le rugissement nocturne traverse le livre, incarne rien de moins que la quête du bonheur.Mais le problème, c’est que Mary vise un peu croche (un peu comme la femme de Macomber, pour le plus grand malheur de ce dernier).Ej puis, une fois qu’on l’a tué, ce lion, ét même si ce fut un peu plus moche que prévu, que pourrait-on désirer d’autre?Partir à la chasse au lion en çômpagnie de Papa est une expérien-cê qui, personnellement, me rive sur ma chaise.Mais le livre est autrement plus riche.Son contenu semble sans cesse vouloir déborder la phrase d’un auteur pourtant reconnu pour son extrême sobriété.Les complexes réalités anthropologiques d’une Afrique itTETS» encore coloniale défilent sous nos yeux, admirablement maîtrisées: déchéance pitoyable des (jadis) fiers guerriers masai's, maintenant amateurs de sherry; révolte des Mau Mau qui gronde à l’arrière-plan.Hemingway, ou son narrateur, se fait ici le porteur ironique des valeurs de la civilisation blanche: il est l’homme-médecine capable d’administrer la pénicilline et d’improviser les premiers soins, mais aussi, l’inventeur, avec ses guides et serviteurs noirs, d’une religion comique sui generis qui mime les grandes croyances universelles en les adaptant à la réalité du camp.L’empathie profonde qui porte l’auteur vers le peuple des Kambas, dont le shamba, un campement illégal, est installé tout près, ne doit certainement rien au regard touristique.Elle n’est pas non plus étrangère à des considérations relevant du domaine charnel.D’où la belle Debba, qui accepte de s’effacer devant le prestige de l’épouse officielle, mais n’en instille pas moins, dans le cœur du grand chasseur blanc, un trouble à l’origine de grandes complications matrimoniales.Hemingway devient alors très tendre et pudique, déchiré, et à la fin gagné par l’amour de sa femme.Un lit cassé en son milieu restera la seule preuve tangible d’une union illicite du point de vue chrétien, mais qui avait obtenu le feu vert des anciens de la tribu.Patrick Hemingway affirme avoir dû retrancher environ la moitié d’un manuscrit inachevé de 200 000 mots Ernest Hemingway à Londres en 1944 pour en faire une œuvre de fiction.C’est le quatrième roman posthume tiré de la succession de l’écrivain (on se souviendra du magnifique Paris est une fête.).Testament trahi, donc?On pouvait craindre le pire.Or, Hemingway est tout là: peut-être plus expansif, parfois, que dans les travaux publiés de son vivant, mais avec sa force intacte, et une drôlerie, une fantaisie qu’on ne lui reconnaît pas souvent.Et, toujours, les fameux dialogues capables de capturer l’essence subtile d’une conversation, mélange de futilité et de distraction et de non-sens plein de sous-entendus.Oui, tout Hemingway, c’est-à-dire le siècle: Paris, l’Espagne, la guerre, les images indélébiles du Michigan natal et les écrivains qui traversent les sou- source JOHN F.KENNEDY LIBRARY venirs: Orwell à Paris, cherchant un pistolet; Lawrence trempé sous la pluie; Henry James fumant son cigare sur un balcon, à Venise.Fiction ou vérité?Son livre est à l’image de l’Afrique elle-même, où une chose vraie le matin, true at first light, devient fausse à midi, comme les mirages qui ne sont réels que tant qu’on les regarde.Un événement, ce livre?Oui, papa.Tu l’as dit: absolutely true, beautiful and believable.TRUE AT FIRST LIGHT ( Les mirages se lèvent aussi) Ernest Hemingway Scribner New York, 1999,319 pages o PALMARÈS | Le reflet de notre clientèle JS du 8 au 14 juillet 1999 1 ROMAN Une veuve de papier 11 John Irving Seuil 2 SPIRITU.L'art du bonheur 17 Dalaï-Lama R.Laffont 3 ROMAN Q.La petite fille qui aimait trop les allumettes « 36 Gaëtan Soucy Boréal 4 ROMAN Geisha 22 A.Golden Lattès 5 ROMAN La maladie de Sachs * 24 M.Winckler POL 6 THRILLER Et nous nous reverrons.7 Higgings Clark A.Michel 7 BIOGRAPH.La prisonnière 12 M.Ouf kir Grasset 8 THRILLER Q.Les fiancées de l'enfer 6 C.Brouillet Courte Échele 9 ROMAN Q.Prodige 8 Nancy Huston LeméedA-Sud 10 ROMAN Tombouctou 8 Paul Auster Lemeac/A-Sud 11 SANTÉ Je mange, je maigris et je reste mince! 12 M.Montlgnac Flammarion 12 THRILLER Déjà dead * 59 Kathy Relchs R.Laffont 13 THRILLER L'associé 11 John Grisham R.Laffont 14 THRILLER Tout à l'ego 9 T.Benacquista Instant même 15 ROMAN Q.Un habit de lumière 6 Anne Hébert Seuil 16 ROMAN Océan mer * 71 A.Barrico A.Michel 17 ROMAN Manuel de chasse et de pêche à l'usage des filles 22 Melissa Bank Rivages 18 ROMAN Q.Le pari 21 D.Demers Q.-Amérlque 19 ROMAN Le diamant noir 14 P.Mayle Nil 20 FLORE 5 SicJLamoureux Fldes 21 ROMAN Soie * 99 A.Barlcco A.Michel 22 ROMAN L'empreinte de l'ange 55 Nancy Huston LeméacfA-Sud 23 ROMAN Le journal de Bridget Jones * 49 Helen Fielding A.Michel 24 PSYCHO.Le harcèlement moral 37 M-F Hlrigoyen Syros 25 SANTÉ Recettes et menus santé 39 M.Montlgnac Trustar 26 ROMAN Q.Taxi pour la liberté 20 G.Gougeon Libre Expr.27 ROMAN Aux fruits de la passion 21 D.Pennac Gallimard 28 ROMAN Les identités meurtrières 30 Amin Maalouf Grasset 29 CUISINE Pinardises : recettes & propos » 99 D.Pinard Boréal 30 ROMAN Q.La cérémonie des anges * 34 M.Laberge Boréal 31 ROMAN U .S Un homme, un vrai 11 Torn Wolle R.Laffont 32 ROMAN L'enfant de Bruges 7 Gilbert Slnoué Gallimard 33 ESSAI O.Passage obligé 15 Charles Slrols Homme 34 ROMAN Les mystères de Jérusalem 21 Marek Halter R.Laffont 35 GUIDE Escapades d'un jour : Montréal 60 Leil Montin S.D.F.36 PSYCHO.Les manipulateurs sont parmi nous 99 Nazare-Aga Homme 37 SPIRITU.99 N.Walsch Ariane 38 ESSAI Q.Les bœufs sont lents mais la terre est patiente 15 Pierre Falardeau VLB 39 POLITIQUE Nouvelles douces colères 7 G Courtemanchc Boréal 40 PSYCHO.L'intelligence émotionnelle T.02 19 D.Goleman R.Laffont 41 PSYCHO.10 J.Salomé Ed.du Relié 12 ESSAI L'ingratitude » 18 Finklelkraut O.Amérique 43 SPIRITU.99 S.Rlnpoché Table Ronde 44 SPIRITU.Conversations avec Dieu T.01 * 99 N.Walsch Ariane 45 ROMAN L'équilibre du monde 21 |r.Mistry A.Michel (CATHERINE EN ÉTÉ ! vStet^oîtchr SUCCURSALE du 1376, Ste-Catherine ($) Metro Guy Concordia Samedi Dimanche LITTÉRATURE JEUNESSE Un air de vacances Le blues et la musique cubaine expliqués aux jeunes vacanciers CAROLE TREMBLAY ANTON ET LA MUSIQUE CUBAINE texte d'Emmanuel Viau illustrations d’Olivier Tallec Gallimard jeunesse, collection «Musique d’ailleurs» Paris, 1999,36 pages, plus un disque compact BAMA ET LE BLUES texte de Leigh Sauerwein illustrations de Emily Walcker Gallimard jeunesse, Collection «Musique d’ailleurs», Paris, 1999,36 pages, plus un disque compact Tandis que s’estompent les dernières notes du Festival de jazz, voici deux ouvrages qui aideront les jeunes à comprendre l’engouement saisonnier de leurs parents pour cette musique venue d’ailleurs.Anton et la musique cubaine et Bama et le blues sont les deux premiers titres d’une collection visant à faire connaître la musique aux enfants de huit ans et plus.Pour être sûrs de ne pas rater la cible, les concepteurs y vont carrément par quatre chemins: d’abord une histoire, qui met en scène un enfant musicien; des illustrations aux couleurs chaudes, qui nous transportent ailleurs; des capsules d’information sur l’origine, les instruments et les grands musiciens du genre; et enfin un disque compact qui permet d’entendre l’histoire racontée par un narrateur, entrecoupée d’extraits musicaux.S’ajoutent à cela un reportage photo sur un véritable enfant musicien, une discographie et la transcription des textes, avec la tra- duction française, de certaines chansons du disque.Contrairement à ce qui arrive souvent dans les ouvrages à teneur pédagogique, les courtes histoires ont une réelle portée dramatique, tout à fait adaptées au style musical qu’elles sont censées illustrer.Dans Bama et le blues, un jeune orphelin de la Louisiane se lie d’amitié avec un vieux musicien.Ensemble, ils sautent dans un train de marchandises, direction Chicago, pour aller rejoindre la belle Loretta.Mais c’est la mort, plutôt que l’amour qui attend le vieil homme.Pour sa part, Anton est un enfant des quartiers pauvres de La Havane qui parviendra à s’insérer dans le monde des grands et des nantis grâce à son talent de percussionniste, mais surtout grâce à son amour inconditionnel de la musique.Anton et la musique cubaine semble particular ment d’actualité alors que le son et le bolero connaissent une seconde jeunesse, notamment grâce au merveilleux Buena Vista Social Club.Amd «( la musique cubain* • * RETROUVAILLES Elle avait de ces questions, Julie, je vous jure, elle et sa foutue psychologie SUITE DE LA PAGE D 1 elle n’a pas changé, elle dit qu’elle veut faire médecine, longues études, c’est bien connu, ç’aurait pu être le moment de lâcher sa phrase absurde, l’occasion était parfaite, mais non, son papa est si fier d’elle, avec raison, lui ai-je peut-être dit, mais je n’en suis pas sûr.Car il parlait sans arrêt sauf pour prendre une gorgée de bière, il avait toujours préféré les brunes, de cela je me souviens, mais il les trouve trop lourdes maintenant, la digestion est plus lente avec l’âge, que veux-tu, il tient toujours la forme mais comme on dit, à cinquante-deux ans, ça n’est plus comme à vingt-cinq ou trente, sans blague.Alexandre-Pierre, en revanche, l’inquiète.Il se cherche, ce qui horripile Jacques.Se chercher, je te demande un peu.Il lui dit de se trouver, il serait à peu près temps, à vingt-trois ans.C’est cette satanée qiusique qui lui fait tout confondre.Etre guitariste, c’est bien joli, mais pour gagner sa vie, ça.Il pourrait jouer pour le plaisir, tant qu’il veut, mais choisir par ailleurs un métier sûr, une option gagnante.Il pourrait, il est très fort en sciences.Ça lui fait, est-ce què je peux le croire, trois guitares, les meilleures, paraît-il, qui coûtent chacune une petite fortune, Jacques n’a pas fait d’objection, mais par moments il ne peut s’empêcher de dire ce qu’il en pense, sa phrase aurait pu tomber là, à ce moment précis, le moment était le bon et tout, mais non, et il a enchaîné sur Maryse.Vingt-six ans qu’ils étaient ensemble.Je lui en avais voulu à l’époque de me l’avoir piquée, belle saloperie à faire à un ami, il avait eu beau me jurer qu’il n’avait rien provoqué, que c’était le hasard, tout simplement ils s’étaient plu, on ne peut rien contre l’amour.Maryse, elle, m’avait plutôt parlé du désir qui est plus fort que tout, c’était un soir de novembre, j’ai eu mal, j’aurais préféré qu’elle dise amour, elle aussi, ça fait noble, éthéré, la peine peut y naviguer à son aise alors que le désir est précis comme une lame de poignard qui se fiche dans le cœur, du moins c’est ce qu’il m’a semblé alors, bref j’avais déraillé quelques semaines, peut-être un peu plus longuement, je ne sais plus.Et puis, j’ai bien dû cesser de leur en vouloir, puisque nous sommes restés amis, comme Maryse aimait à le répéter, comme on le fait avec un cinglé devenu subitement raisonnable et, à partir de là, j’ai assisté au spectacle désolant de leur bonheur, de leur petite famille parfaite dont je n'ai raté que les cinq dernières années mais, en ce 23 juin, je n’y couperai pas.Jacques entend bien rattraper le temps perdu.Quand j’y pense, Maryse et lui venaient tout juste de s’arrimer, saleté de désir, lorsque j’ai connu Julie, ç’a été le coup de foudre, en tout cas pour moi.Elle s’est plutôt méfiée: réfléchis bien, étais-je alors en train de me venger de Maryse, de la remplacer, de combler le vide qu’elle avait laissé.Elle avait de ces questions, Julie, je vous jure, elle et sa foutue psychologie, son regard comme un laser qui me traversait à tout coup, l’impression d’être nu, transparent devant elle, sa lucidité avait quelque chose d’obscène.Jamais je ne le lui ai dit, pas même en la quittant.Pas plus que je n’en ai parlé à Jacques, même si ces retrouvailles inattendues dans le Vieux-Montréal se prêtaient à des t’ai-je-déjà-dit-que.Et puis, en aurais-je eu envie, comment l’interrompre sur sa lancée, quel moulin à paroles, il en était à me décrire par le menu son nouveau boulot, fameux, à la fine pointe de la technologie, une jungle, être compétitif ou disparaître, dur mais passionnant, une vraie drogue, oh là là.Encore un petit cinq ans avant la retraite dorée, tout planifié pour profiter quand même de la vie pendant qu’on peut encore, lorsque tout à coup il s’est mis à venter, et je lui ai dit, c’est idiot, «dis donc, ça vante quand tu t’y mets», il m’a regardé sans comprendre, c'était un vent fou qui tourbillonnait, la mèche de cheveux sur le front de Jacques, l’épi devenu brindille avec le temps se soulevait par à-coups, et soudain il m’est apparu ridicule, ce gros bonhomme vêtu relax, dans son costume de lin, plissé à l’entre-jambes, non, je n’ai pas pensé à Maryse alors, dont les cheveux tout fins, un duvet, voletaient, j’ai vu attablée devant moi une poule grasse qui caquetait, sa voix haut perchée, il m’a, je crois, offert un autre verre de vin, j’ai toujours détesté la bière, quel snob avait-il coutume de me dire en riant et c’est à ce moment, j’en suis presque sûr, que sa phrase est sortie, si j’avais à choisir une circonstance, oui, ce serait celle-là.Toujours est-il qu’il fallait répondre ou à tout le moins réagir.J’ai dit oui pour le verre de vin, c’était le plus facile.Encore que Jacques devait s’en ficher, il parlait tout seul et s’entendait parfaitement avec lui-même, suffisant et heureux, j’extrapole, sûrement.Et alors que je l’avais à peine écouté jusque-là, tant ce qu’il me racontait m’ennuyait jusqu’à l’exaspération, voilà que, maintenant que j’étais attentif, j’avais peine à l’entendre, à cause du vent sans doute, chaud et fou, j’aurais voulu savoir de quoi il parlait, ne fût-ce que pendant la dernière minute de son soliloque.Pour pouvoir lui parler, répondre oui ou non à sa question qui n’en était pas vraiment une.Participer à la conversation, avoir l’esprit d’à-propos, que sais-je.Au lieu de quoi j’ai été pris d’un fou rire subit, incontrôlable, j’aurais préféré un hoquet ou un éternuement, je devais rire très fort puisque les gens attablés autour se sont retournés.C’est Jacques qu’ils regardaient, cherchant à deviner la cause de mon hilarité.Cela venait forcément de lui, de ce qu’il avait fait ou dit, je ne faisais, moi, que réagir, j’étais sauf, en quelque sorte, je riais sans discontinuer, j’en avais mal au ventre et je le voyais moins distincte^ ment à travers les larmes qui coulaient maintenant d’abondance, il fallait faire quelque chose, trop tard désormais pour répondre.Mon rire avait tout pulvérisé.Me lever, c’était le moins que je pouvais faire, oui.M’excuser, non, ça allait.Oui, j’allais revenir dans un instant.?Voilà tout ce que je peux dire de ce qui s’est passé en cet après-midi du 23 juin, fou ce que le temps passe, quelle date sommes-nous, déjà?Après, j’ai perdu Jacques de vue, encore une fôifc dirais-je, cela sans jeu de mots.Je ne me souviens pas de ce que j’ai fait au juste dans les heures qui ont suivi, j’ai une mémoire médiocre, Julie en:té-moignerait avec plaisir.Je n’ai en tbut cas pas revu Jacques, comment au-rait-ce été possible, il était si absent, déjà, lorsque je me suis levé.Comme si le vent fou avait tout emporté, y compris les souvenirs très anciens.De toute façon, chacun sait que l’Hià-toire est arrivée à son terme.Voici le règne de l’instant et j’entends bien être de mon époque.Alors qu’on nie fiche la paix avec mon emploi du temps entre la fin de ce jour-là et depuis ce temps.Je suis ailleurs.Les éclats de cervelle sur le mur du marché Bonsecours, l’œil de Jacques retrouvé sur le joli pavement de tommettes, sottement il semblait fixer le zénith, à peine croyable, ce sont des détails qui ne me concernent pas.Jacques a eu sa réponse.Pour moi, c’est tout ce qui compte.Il s’en raconte des histoires chez Daria Marguerite Pasquier, fille du Roy Chronique de la Neufve-France : Renée Blanchet & W ftgnff rféîrririin* ^tuyictrCtep rPa.i corn \ i 4 L K 1) E V l) 1 R .LES S A M EDI 17 E T l) I M A X l II E 1 8 .1 I' I I.L E T I !» !» !» I) 3 m?Livres PORTRAIT Le vieil écrivain et la mer La musique, les boîtes de jazz et Bébé Doc.Un roman envoûtant comme la magie vaudou | Stanley Pean ZOMBI BLUES TOMBOUCTOU de Paul Auster traduction de Christine Le Bœuf « Un styliste à redécouvrir » Marcel Dugas Poèmes en prose Bibliothèque du Nouveau Monde 592 pages • 55$ CW Ami de Grandbois, dont il partagea la bohème parisienne, Marcel Dugas fut un incomparable poète en prose.En vente chez votre libraire DISTRIBUTION FIDES «Je pense que ça devait être beaucoup plus drôle autrefois quand il v avait davantage d’écrivains et moins de critiques.» Hemingway (1935) Le roman, «une forme Icrriblemeiil artificielle et dépassée».Hemingway (1924) Cé' Il y a 100 ans naissait Ernest Hemingway «$1 a participé à la Première Querre mondiale, vécu dans le Baris des années 20, couvert la guerre civile espagnole et la Deuxième Guerre mondiale cèmme correspondant étranger.Sa vie, qu’il a partagée avec (Quatre femmes, a été faite de safaris en Afrique, de pêche en haute mer, de corridas espagnoles, d’un prix Pulitzer et df’un Nobel, de deux crashs avion et d’un suicide, dans t^Idaho.Hemingway est, incontestablement, la figure littéraire fa plus célèbre des États-Unis.» LOUISE LEDUC LE DEVOIR J u J insi parle Susan Beegel, une fan .d’Hemingway dont la vie pro-jssionnelle, depuis ses études à ale, est tout entière tournée vers le égendaire écrivain américain.La Este des publications de Beegel, longue de quatre pages, n’est que jivres, articles savants et conférences sur celui que l’on a surnommé «Papa».Alors que le monde entier, à l’occasion du centenaire de sa naissance, s’interroge sur l’homme P) son oeuvre, sans pouvoir apporter de réponse, l’éditrice de The Hemingway Review laisse tomber tout simplement: «Suggérez donc à vos lecteurs de relire Le Vieil Homme et la mer.» .Le Vieil Homme et la mer?Ce roman archi-connu, que nos professeurs de français ou d’anglais nous ont tous fait lire ou à peu près, quand nous étions adolescents?«Oui, il faut le relire, pour mieux comprendre vraiment la lutte du vieil homme avec la vieillesse et sa rage de voir la mort gagner du terrain.Et ces oiseaux, et ces poissons, et cette étroite relation de TL-a ^ (\JiSX o\ (AiutU.l iMs-t.Lju.t ut a,s cLJ.Auj-t Ll>^.~) "te 1-Ux,, .SOURCE JOHN F.KENNEDY LIBRARY Extrait d’une lettre écrite par Hemingway à son père en 1925 Santiago avec la mer, quelle belle et pure poésie!» Pour Susan Beegel, c’est là le mystère insondable d'Ernest Hemingway: comment, avec un style si dépouillé, a-t-il pu écrire une œuvre qui appelle tant d’interprétations et tant de lectures?Inutile de compter sur l’auteur pour trouver la clef de ce roman dont deux millions d’exemplaires s’envolèrent dès les deux premiers jours de sa parution, en 1952.Sauf pour ridiculiser William Faulkner qui avait écrit qu’Heming-way, avec cet ouvrage, avait «découvert Dieu le Créateur», l’auteur est demeuré muet sur son ro: man.«Je ne vais faire aucune déclaration au sujet du Vieil Homme et la mer ni maintenant, ni jamais.Tout le monde peut apporter à cette histoire ce qu’il a comme bagages.Mais il n’y aura pas d’explications», écrivit-il à son amie, la journaliste Lillian Ross, qui avait brossé son portrait quelques années plus tôt dans le New Yorker.Si l’œuvre d’Hemingway fait encore couler des fleuves d’encre critique, sa vie n’en est pas moins scrutée sous toutes les coutures, de potins juteux en jugements posthumes.Er- .Hemingway et l’un des 50 simultanément son existence.SOURCE THE JOHN F.KENNEDY LIBRARY chats qui partageaient parfois nest Hemingway, déclare la réputée psychiatre américaine Kay Jamison, était un alcoolique, doublé d'un maniaco-dépressif, hypothèse corroborée par Susan Beegel.«Il ne faut pas négliger le lourd bagage génétique d’Ernest Hemingway.Son père s’est suicidé [avec son fusil de soldat qui avait fait la Guerre de Sécession], et deux de ses cinq frères et sœurs ont fait de même.» La maniaco-dépression, qui fait alterner les états d’extrême euphorie et les périodes de profonde dépression, expliquerait peut-être en partie pourquoi Hemingway eut constamment besoin de bouger, de guerre en guerre, de ville en ville, de femme en femme.Ce trouble du comportement, par ailleurs catalyseur de son extraordinaire créativité, expliquerait aussi pourquoi cet être, qui pouvait être si tranchant et si cruel dans ses jugements, a su nouer de solides amitiés.Son cercle d’amis compta quelques-unes des figures marquantes de ce siècle, parmi lesquelles Scott F.Fitzgerald, rival et compagnon d’armes littéraires, James Joyce, Marlene Dietrich et Jean-Paul Sartre.Bien quelconques sembleront la plupart des existences en comparaison de la sienne.N’a-t-il pas, à 22 ans, jeune reporter pour le Toronto Star, interviewé Benito Mussolini et Georges Clémenceau, lequel lui aurait lancé qu’il n’avait «rien à dire aux Canadiens», ces lâches qui ont «refusé de se mobiliser pour la France» ?Mais attention: faut-il se fier à Hemingway, grand maître-fabulateur, pour rapporter les paroles des personnages importants qu’il a interviewés?Le reporter et l’écrivain En revanche, rares sont les écrivains qui ont su rendre l’horreur de la guerre avant autant de justesse.«Il a raconté le soldat gémissant demandant à la mort de venir le libérer de sa souffrance, les femmes et les enfants réduits en fragments après une explosion dans une manufacture de munitions, les conquérants, souvent de bons pères de famille, qui violaient et tuaient les vaincus sur leur passage, les mères refusant d'abandonner leurs bébés morts dans leurs bras», évoque Susan Beegel.Comme le prouve la guerre du Kosovo, les écrits d’Hemingway ne relèveront jamais d’un lointain passé mais auront toujours, hélas, une résonance trop actuelle.» Sans contredit, les deux Guerres mondiales et là Guerre civile espagnole ont fortement marqué l’œuvre d’Ernest Hemingway, tout comme le Paris des années 20.Moins étudiés furent cependant les effets sur lui de la perte du paradis perdu, explique Susan Beegel.«Ernest Hemingway est né Tannée même où la voiture est apparue dans sa ville natale, à Oak Park, en banlieue de Chicago.Avant qu’il ne quitte le high school, deux millions de voitures circulaient sur les routes des \ r SOURCE THE JOHN F KENNEDY LIBRARY Ernest Hemingway au faîte de sa gloire.États-Unis, avec tout ce que cela peut entraîner de profondes mutations pour le pays.De même, quand Hemingway était jeune, 31,5 millions d’acres de forêt du Michigan ont été rasés par les flammes, laissant pour tous vestiges un paysage désolé, dont l’écrivain fit plus tard une métaphore de la guerre.Disparus, les vastes territoires de chasse, découpée, la vaste prairie qu’était Oak Park quand il était enfant.» Toute sa vie, en Floride, en Afrique et à Cuba, Hemingway tentera donc de retrouver une nature préservée, son Eden.Il le cherchera avec plus de nécessité que jamais en 1953, quand, après le prix Nobel, il partit avec sa compagne au large de Cuba, allant d’île déserte en île déserte pour fuir le monde entier alors à ses trousses.«C’en fut trop, de dire Susan Beegel.Pendant des années, entre 6 et 12 écrivains du dimanche se pressaient chaque jour à sa porte, dans l’espoir de recevoir des conseils.Hemingway a dit un jour qu’il se sentait comme un éléphant de zoo!» Réfugié à Ketchum, vers la fin de sa vie, il prit les grands moyens et fit suivre son abondant courrier chez son éditeur.Lui, le même Hemingway qui, tout au long de sa vie, avait tant pris plaisir à dépouiller son courrier et à partager les potins croustillants avec ses amis («Je connais des tas de merveilleux potins, certains d’entre eux même véridiques», écrivit-il en 1949 à Marlene Dietrich) ! Jeune homme, il cultivait la légende naissante qui faisait de lui le premier blessé américain de la Première Guerre mondiale; il aimait se plaindre à son amie masculine Lillian Ross de «cet enfant de chienne de Tolstoï» qui lui «barrait le chemin» dans sa poursuite du «championnat du monde» de la littérature.Et il se plaignait aussi de voir poindre, dès qu’il approchait du but, cet invincible roc de Shakespeare.A la fin de sa vie, épuisé par des années de rivalités littéraires, pour ne rien dire de la boxe et de la pêche, Hemingway ne voulut plus être jugé que par ses écrits.En toute justice, laissons-lui le dernier mot: «Pour autant que je sache je n’ai qu’une seule vie à vivre, j’ai travaillé fort et j’ai écrit de bonnes histoires.» Pour lire Hemingway Quelques parutions récentes NOUVELLES COMPLÈTES Ernest Hemingway Paris, Gallimard, coll.«Quarto», 1999,1232 pages, 36 illustrations TRUE AT FIRST LIGHT Ernest Hemingway Édité par Patrick Hemingway, New York, Scribner, 1999,319 pages L’œuvre d’Ernest Hemingway est également disponible chez Gallimard, dans La Pléiade, et, en poche, dans la collection «Folio».SUR HEMINGWAY: Hemingway, portrait de l’artiste en guerrier blessé Jérôme Charyn Gallimard, collection «Découvertes» Paris, 1999,128 pages ERNEST HEMINGWAY, A TO Z The Essential Reference to his Life and Work Checkmark Books New York, 1999,452 pages HEMINGWAY The Final Years Michael Reynolds W.W Norton & Company New York, 1999,416 pages PAPA HEMINGWAY AE Hotchner Traduction de l’anglais par Jean-René Major Calman-Lévy Paris, 1999,378 pages (première édition: 1966) PORTRAIT OF HEMINGWAY Lillian Ross Modern Library New York, 1999,79 pages Quelques sites à visiter http://www.timelesshemingway.com httpV/www.orpf.com littp://www.members.aol.com/ MWilson311/Hemingway/papa.html http://members.atlantic.net/-gagne/ hem/hemlinks.html http://heniingway.org/hemitigway Marcel Dugas POÈMES EN PROSE iwnoNcRmou TAK VLA HI lit! I III* «Ce sera certainement 1 événement littéraire I1)1)1).Ce livre se retrouvera rapidement sur la liste des best-sellers.Un des meilleurs romans Je Paul Auster!» |e.m l-iiecrt, Samedi et rien d'autre et I )c Boni lie à oreille, SR(: Plus jamais vous lie verrez la r,tcc canine de la même maniéic.;.] I ne lois de plus.Auster surprend lascineet réjouit.Rendez votts^Tombouctou! MITES SI I) l.l-MI'U: lit' HUM.LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL / i r L K I) E V 0 I R .LES S A M EDI 17 E T I) I M A X (’ HE 1 S .1 II 1 L L E T I !» !» !• 1) 4 LETTRES QUÉBÉCOISES Le dur désir de durer des femmes Un monde marqué au sceau de la fatalité MON PÈRE, LA NUIT Lori Saint-Martin nouvelles, L’Instant même Montréal, 1999,127 pages Après le thème du triangle amoureux, au cœur d’un excellent premier recueil de nouvelles, Lettre imaginaire à la femme de mon amant, paru en 1991, Lori Saint-Martin a choisi celui de l’enfance pour Mon père, la nuit des enfances féminines, racontées sur le vif ou remémorées par des narratrices adultes.Seule exception du recueil, la nouvelle Pleine lune et abricots, dont le narrateur est un jeune garçon qui, avec la complicité de ses sœurs, commet des vols dont il remet l’usufruit à sa mère, abandonnée par son mari et réduite à faire des ménages chez les riches.Ce pourvoyeur délinquant s’identifie ali bandit américain Jessie James, même s’il ressemble davantage à quelque jeune Robin des bois.Ce chef de bande est un rêveur qui essaie de jouer au dur, sans arriver à convaincre.Sa langue est gentiment familière et sa révolte, presque jolie.En fait, le récit aurait dû être raconté par lune ou l’autre de ses sœurs, nettement plus fortes que lui.Le recueil de Lori Saint-Martin s’ouvre et se ferme sur deux nouvelles aux sujets particulièrement graves.C’est d’abord l’inceste dans la nouvelle éponyme — qui a du reste gagné le premier prix à un concours de nouvelles à la radio d’Etat —, inceste raconté par le menu, sans violence, ni scènes sordides.On est dans un milieu aisé — le père est médecin —, et l’horreur est feutrée, sans éclats.Pendant que la mère se meurt, quelle n'est plus qu’un souffle ténu dans la maison, la fillette, une nuit après l’autre, est peu à peu prise par son père.Elle a d’abord peur, proteste en chuchotant.Puis, insidieusement, elle est envoûtée par la douceur des gestes; happée par le plaisir, honteux mais irrésistible.Ce qui fait la force de cette nouvelle, c’est le climat de sourde fatalité dans lequel baignent les deux protagonistes: le père est un agresseur doux qui semble avoir honte de ce qu’il fait, mais ne peut s’empêcher de le faire, alors que la fillette est une victime ambiguë, presque une complice, dont le récit hésite entre le cri et le gémissement.L’aile noire du deuil Le sujet de la dernière nouvelle, intitulée La Porte du rêve, est tout aussi tragique: c’est la perte d’un enfant, cette douleur dont on dit qu’on ne s’en remet jamais.Ici, aussi, on est entre gens bien sous tous les rapports.Un jeune couple quasi idéal.Lui est obstétricien: séducteur dans sa jeunesse, qui a accepté de devenir sage et fidèle en se mariant.Elle s’est tout entière consacrée à sa petite fille.Après la mort de l’enfant, elle se replie sur sa douleur et cherche refuge dans le sommeil.Tous deux veulent guérir de ce deuil, chacun de son côté, puis ensemble.Le récit laisse entendre qu’ils y parviendront peut-être, de curieuse façon, mais on a peine à y croire, comme à leur peine, trop enrobée.L’enfance revisitée Entre ces deux extrêmes, les autres nouvelles, regroupées en deux grands ensembles, racontent des épisodes moins spectaculaires de l’enfance.Outre celle des jeunes voleurs mentionnée plus haut, il y a Coite sur la couette, ou les mémoires d’une tout jeune fille rangée, qui accepte mal la venue d'une petite sœur.Précoce, toutes antennes dehors, elle écoute tout ce que disent les adultes; elle jette son dévolu sur les mots, se gargarise d’expressions consacrées et de proverbes.Naïve, étant donné son jeune âge, mais parfois étonnamment mûre, trop sans doute, cette enfant joue parfois à aux grandes personnes.Elle tient son journal et invente des débuts de romans dont on imagine mal qu'ils soient de son cru, comme celui-ci: Mon père a cent ans, ma mère trente et un.II a épuisé deux femmes de son âge, et cette fois il en a choisi une qui est sûre de lui survivre.» La plupart des nouvelles du recueil de Saint-Martin auraient pu tout aussi bien être regroupées par deux.Ainsi, la narratrice d'Un murmure ou un chant est elle aussi une petite fille mo- dèle, qui prend soin de jeunes enfants que garde sa mère pour assurer le gagne-pain quotidien.Petite maman avant 1 age, elle s’attache à chacun d’eux et a le sentiment de les perdre lorsqu’ils quittent la garderie familiale.La fibre maternelle ne lui est pas naturelle, elle se forme plutôt au gré des circonstances.Elle grandira avec le besoin viscéral d’avoir un enfant à elle.Les gars et les filles Lori Saint-Martin se penche ensuite sur deux cas de «différence» ou d’exclusion.Celui d’une fillette d’immigrants espagnols, qui s’efforce d’ètre à la hauteur des ambitions de ses parents: ces derniers misent sur elle pour effacer leurs sacrifices et racheter leurs humiliations.La nouvelle fait allusion au référendum et à la fameuse phrase de Jacques Parizeau sur «l’argent et le vote ethnique», alors que la jeune narratrice, enfermée dans son ambivalence, demeure attachée à ses origines tout en étant désireuse de s'intégrer.Elle se sent «entredeux, sur la brèche, en train, peut-être, de devenir — mais le devient-on jamais?— Québécoise».Différente elle aussi, l’adolescente d’une autre nouvelle qui se trouve laide, ou à tout le moins sans grâces.Dans son récit s’accumulent les comportements stéréotypés des garçons et des filles qui l’entourent, ces «deux mondes que seul le désir rapproche.[.] À eux la vitesse, l’initiative.A nous le téléphone, et l’attente.» Le portrait de ces rôles stéréotypés est presque caricatural.Mais il est vrai, ce sont des adolescents, et l’histoire se passe en 1975.Rien, cependant, dans le récit ne nous laisse croire que les choses aient évolué depuis.D’une nouvelle à l’autre, les personnages des nouvelles de Saint-Martin vieillissent.Après les fillettes et les adolescentes, voici deux jeunes femmes, toute deux étudiantes, qui ont quitté leur village natal pour étudier dans la grande ville.L’une se laisse séduire par les beaux discours d’un professeur européen qui incarne à ses yeux l’exotisme et le prestige de la culture.Mais elle découvrira à ses dépens que l’homme mûr, le beau parleur est aussi un mâle cynique.L’autre s’entichera d’un poète — elle aurait dû se méfier de celui qui se donnait un tel titre! —, mais découvrira surtout le vrai visage de la ville, celui de la folie, des soliloques des laissés-pour-compte, cette autre poésie qui se nourrit de misère morale et d’exclusion.Lori Saint-Martin est à son meilleur lorsqu’elle laisse ses personnages parler à voix basse, sans autres éclats que quelques éclairs d’ironie ou de rares images.Par ailleurs, ces fillettes et ces jeunes femmes ont parfois des accents féministes: Lori Saint-Martin, qui est professeur de littérature, traductrice et interprète, n’a jamais fait mystère de ses convictions.Mais Mon père, la nuit n’est pas un réquisitoire pour autant.Il y a bien, dans un court avant-propos au recueil, un portrait-charge des hommes, et ceux de certaines nouvelles ne sont pas des personnages très reluisants.Le plus souvent, ces pères, ces amants, ces maris sont au mieux d’assez bons bougres.Simplement, ils appartiennent à un continent, les femmes à un autre: chez Saint-Martin, les deux mondes ne peuvent que dériver, se joindre et s’écarter.Mais c’est d’abord celui des femmes qu'explore Lori Saint-Martin, comme elle l’avait fait dans son livre Lettre imaginaire à la femme de mon amant.Il y a là moins un parti pris idéologique qu’un choix d’écrivain: on n’écrit bien, peut-être, ou plus aisément, que du lieu où on est.Les femmes des nouvelles de Lori Saint-Martin sont parfois des battantes, mais avec des failles; si elles sont victimes, elles ont leurs torts, ne fût-ce que celui de consentir.Mon père, la nuit les suit aux divers âges de leur vie, de l’enfant à la quadragénaire, et dans des états divers de désir, de chagrin, d’amertume.S’il y a une constante tragique dans leurs destin, c'est la présence irrémédiable, très tôt dans leur existence, de quelque forme de mort, morale, affective ou physique, passage obligé — parce que nous sommes dans un monde d'hommes?— pour accéder à la vie.Les femmes sont déjà des survivantes, murmure ce recueil avec fermeté.RchartraruFgvideotroii.ca Robert Chartrand ?Lori Saint-Martin est à son meilleur lorsqu’elle laisse ses personnages parler à voix basse, sans autres éclats que quelques éclairs d’ironie ou de rares images LITTÉRATURE AMÉRICAINE Chronique des morts annoncées DES VILLES DANS LA PLAINE Cormac McCarthy Traduction de François Hirsch et Patricia Schaeffer Paris, L’Olivier, 1999,314 pages RÉMY CHAREST Pour conclure sa Trilogie des confins commencée avec De si jolis chevaux et Le Grand Passage, Cormac McCarthy n’a pas abandonné sa veine mythologique, loin de là.Mais comme en témoigne le début de ce nouveau roman — la visite au bordel du coin de trois cow-boys en goguette —, il sait introduire dans son écriture une dose d’humour, une approche naturaliste du dialogue et un regard sur les gestes quotidiens qui en allègent considérablement la lecture.Pourquoi ce moment de (relative) légèreté?L’iiistoi-re racontée ici par le romancier reclus d’El Paso aurait à l’origine été conçue comme un scénario, au début des années 70: le cinéma, américain surtout, répond mal à la densité littéraire à laquelle l’auteur a habitué ses lecteurs.L’ar-rière-plan cinématographique explique sans doute la place exceptionnellement grande réservée aux aventures sentimentales de John Grady Cole, venu du premier roman de la trilogie pour apparaître aux côtés d’un autre jeune cow-boy, Billy Parham, qui était pour sa part le héros du Grand Passage.John Grady, tète de mule et tète brûlée, s’est en effet épris d’une jeune prostituée mexicaine qu’il a entrevue lors de la visite au bordel qui ouvre le roman.Ses espoirs amoureux, poussés par mie passion tragique qui rappelle, au théâtre, les personnages d’Arthur Miller, le conduiront, comme dans les deux autres romans de la trilogie, à franchir la frontière mexicaine, ce qui aura des conséquences mortelles.Autour de ce noyau de départ, il y a la vie des cow-boys dans les années 50, à un moment où ils se transforment en espèce en voie de disparition.Il y a l'amour des chevaux, infini pour un John Grady, prêt à vouloir dresser un cheval que tous les autres jugent fini et indomptable.Même si l’humour et l’amour y occupent une place plus grande qu’à l’accoutumée, Des villes dans la plaine est un roman porté par «la profonde certitude que beauté et deuil ne font qu’un», un roman d’hommes qui rappelle à quel point McCarthy est un digne héritier d’Ernest Hemingway, les corridas, la pèche et les safaris étant remplacés par la vie des cow-boys et le dressage des chevaux.La parenté avec Hemingway pourrait être également évoquée pour ce qui est des dialogues, menés avec un sens de l’économie et du non-dit bien masculin, une certaine façon de révéler les sentiments sans rien dire: S’il cultive l'art du dialogue, McCarthy cultive aussi bien l’art de la description.Il sait, au détour d’une phrase, ajouter l’élément de dissonance ou le détail révélateur qui vient clore toute une page de mise en contexte.Ainsi, quand John Grady entre au White Take, bordel de luxe où il désire retrouver la jeune prostituée dont il s’est amouraché, il faut traverser deux paragraphes de comptoirs en acajou, de nœuds papillons, de robes en velours et de canapés de damas rouge, pour finalement tomber sur ces deux apparitions: •Une grande fille vêtue d’une robe diaphane traversa le salon comme un fantôme de putain.Un cafard qui rampait k long du comptoir derrière les bouteilles grimpa jusqu'au miroir où il rencontra son image et se figea.» Un faux fantôme, un insecte de taudis, et voilà que ce lieu d’apparences révèle son fond de mort et de déchéance.La traduction de François Hirsh et Patricia Schaeffer, très réussie, rend bien l’esprit des lieux et le ton des personnages.Même si l’argot employé concerne forcément Huis et que Paris demeure bien loin de ces deux «villes dans la plaine» que sont El Paso et Ciudad Juarez, on a évité les excès stylistiques et rendu avec aplomb la voix très reconnaissable de ce grand auteur.Dans la tonalité que ses lecteurs sauront reconnaître, McCarthy pousse toutefois certains effets à leur paroxysme.La violence, dime part, dans un combat au couteau plutôt éprouvant à lire, mais aussi la tendresse, celle qui accueille Billy Parham, âme égarée qui semble, à la toute fin de cette vaste trilogie de la fin d’un monde, avoir traversé la réalité conune le rêve pour goûter enfin un repos tout simple.Là où les personnages de Cormac McCarthy s’évanouissent habituellement comme poussière dans, le paysage — on pense à la fin magnifique de Suttree —, absorbés par une force ancestrale, organique, dans le grand tout universel, Des villes dans la plaine se termine par une lueur dans la nuit, une main qui touche l’autre, une surprenante touche d’humanité.Dans la tonalité que ses lecteurs sauront reconnaître, McCarthy pousse certains effets à leur paroxysme ROMANS DE L’ÉTÉ L’horreur au quotidien LE SOUS-SOL Barri Wood Traduction de Thierry Arson Presses de la Cité Paris, 1999,405 pages Barri Wood est une écrivaine qui a fait de l’horreur psychologique sa spécialité.Il suffit de lire Faux semblants, porté à l’écran par le maître canadien de l’horreur, David Cronenberg.pour s’en convaincre.Dans la même veine, Wood propose « Je me souviens ?» L'&KHntUl GEORGES LANGLOIS À quoi sert l’histoire?RKI.IwMlMIN FIDES Georges Langlois À quoi sert l’histoire ?218 pages • 15.95$ Donner un sens au monde, lui trouver une signification et une direction, seule la perspective historique est en mesure d'y arriver.civ Un grand pédagogue nous éveille à la conscience historique En vente chez votre libraire Le Sous-sol.Des disparitions énigmatiques et brutales se multiplient dans la petite ville de Fallsbridge, au Connecticut.Elles ont un seul point commun: tous ces gens, à un moment ou à un autre, ont eu maille avec une certaine Myra Ludens.Pourtant, Myra semble vivre une existence tout ce qu'il y a de plus banal, à cette différence près que le sous-sol de sa maison est envahi par une odeur insoutenable.Et la femme a beau y faire, rien ne peut la débarrasser de cette maudite odeur.Même des nettoyeurs professionnels, engagés à grands frais, n’y arrivent pas.Myra, qui décide de faire des recherches sur l’histoire de la maison, apprend qu'une certaine Goody Redman, pendue trois siècles plus tôt pour sorcellerie, y a été enterrée.Il n'en faut pas plus pour convaincre Myra que sa maison est hantée par l’esprit de la sorcière.Ce roman psychologique, à la fois LIVRES ANCIENS ET MODERNES • Achat • Vente • Expertise 4 BOUQUINEREZ SAINT-DENIS *• 4075.rue St-Denis (angle Duluth) Achats à domicile (514) 288-5567 suspense et récit d’horreur, est bien ficelé.C’est efficacement écrit, enlevant et angoissant à souhait.Frissons garantis, même par temps chaud et humide.MAUVAIS SORT Ryck Edo Albin Michel, collection «Spécial suspense» 1999,232 pages Marie, 16 ans, rebelle, marginale, violente.Lors d’une soirée bien arrosée, elle fait la connaissance de Patrick et Béa, couple charmant dont le magnétisme la subjugue.Au cours de cette même nuit, son compagnon se suicide.En état de choc, elle se tourne vers ses parents.Deux jours plus tard, ils meurent dans un accident de voiture.Trois morts en quelques jours, cela fait beaucoup.Marie s’inquiète, s'interroge.Lorsque Patrick et Béa croisent à nouveau sa route, Marie, qui est sujette aux rêves prémonitoires, se convainc peu à peu que ces deux-là ne sont pas étrangers à cette cascade de drames.Autour d'elle, les disparitions se multiplient.Et Marie sent progressivement s’exercer l’emprise de ce couple étrange sur tout son être.Mauvais sort est un roman d'épouvante.Le personnage principal est le Mal, qui étend ses filets sur sa victime.Avec lenteur, il savoure sa domination, SOURCE ASTRAL FILMS Jeremy Irons et Geneviève Bujold dans le long métrage Faux semblants de David Cronenberg se délecte de sa puissance, terrorise sa proie et la fait mourir à petit feu avant de la dévorer.Marie saura-t-elle conjurer la malédiction qui s'est abattue sur elle et échapper aux griffes du Mal avant qu’il ne la détruise totalement?Si ce roman de Ryck Edo est son premier titre dans la collection «Spécial suspense» d’Albin Michel, l’écrivain est loin d’en être à ses premières amies.On lui doit, entre autres titres.Promenade en marge (grand prix de la Société des gens de lettres), Le Silencieux (grand prix du roman policier, adapté au cinéma).Conseil de famille, magnifiquement porté à l'écran par Costa-Gavras (avec un Johnny Hally-day éblouissant!).En fait, Edo est l’un des auteurs de polars les plus prolifiques en France et ses best-sellers ne se comptent plus.Idem pour les adaptations, au cinéma conune à la télé,-de ses romans.Grâce à une écriture simple, efficace, au rytlune enlevant, il a l’art d’installer lui suspense à la limite de l’insoutenable.L’univers de Mauvais sort est extrêmement tendu et baigne dans une atmosphère démoniaque, marquée par la plus impitoyable perversité dont l’humain puisse faire preuve.Un suspense vertigineux pour amateurs.A Ère pour coiti-battre l'insomnie.Vous n’aurez même plus envie de dormir! Marie Claude Mirandette Une grande fête • •• a Pauline Julteti juste P O UT llTC» 17 juillet à 20H30 Quais du Vieux-Port, Montréal jusqu'au 18 juillet de îih à 23h en collaboration avec CKAC730 ajournais montreal , LE VIEUX-PORT 1 DE MONTTRÉA a es Accès Gratuit Production et réalisation Hélène TIrole * A10A L E l> E V 0 I R , LES S A M EDI 17 ET I) 1 M A X (' Il E I 8 .1 I I I.1.E T I !• !) !l Livres ESSAIS QUÉBÉCOIS Spiritualité de la confusion ou de la solidarité ?«AVEC OU SANS DIEU» Revue Possibles vol.23, numéro 3 Montréal, été 1999,200 pages Les vieux prêtres (expression chaleureuse qui me vient de mon père) et les religieuses d’avant la Révolution tranquille avaient cette phrase, piquée aux grands auteurs et qu’ils servaient aux petits contestataires mal dégrossis: «Un peu de culture éloigne de Dieu, beaucoup en rapproche.» La frénésie moderniste qui enflamma le Québec dans les années qui suivirent inversa plutôt la perspective, et sans doute fallait-il qu’il en soit ainsi pour que les frùstra-tions accumulées trouvent un exutoire.Serions-nous, aujourd’hui, revenus à de meilleures dispositions face à un phénomène religieux libéré de sa superbe un peu écrasante?Les dinosaures de l’anticléricalisme primaire, à tout le moins, semblent se faire de plus en plus rares, ou discrets, dans les rangs de la classe cultivée.L'hypothèse Dieu, et tout ce qu’elle charrie, provoque peut-être encore des sarcasmes dans certains milieux, mais elle suscite aussi, maintenant, des questionnements dans des lieux habituellement peu portés sur la chose, ce qui m’apparait comme un signe de maturité assez nouveau.Revue progressiste, de gauche, tout ce qu’il y a de plus laïque, Possibles ne nous avait pas habitués à une réflexion de cette nature.D’inspiration plutôt sociologique, mais parfois aussi philosophique, littéraire ou économique, les dossiers présentés dans cette revue avaient tenu jusqu’à présent la théologie à distance.Moins par choix idéologique, pourrait-on dire, que par dispositions naturelles.En somme, la question ne se posait même pas.Je ne critique pas, je constate.Un nouveau rapport avec Dieu Avec son numéro d’été 1999 sous la direction d’Amine Tehami qui en est l'inspirateur, la revue a voulu sortir des sentiers battus de sa tradition en invitant onze collaborateurs à réfléchir en toute liberté au phénomène religieux.Intitulé «Avec ou sans Dieu», ce dossier se lit d’une traite et propose un portrait éclaté mais instructif d’une expérience humaine, celle du rapport à la transcendance, qui concerne chacun d'entre nous, d’une extrémité à l’autre du spectre idéologique.Jacques Fournier, Dominique Boisvert, Jean Duhaime et Philippe Haeck ont choisi la forme du témoignage.Ce qui frappe, à la lecture de ces textes, c’est la grande modestie qui les habite.Fournier affirme croire en un Dieu-force plutôt qu’en un Dieu-être, mais il se présente d’abord comme un fragile mais résolu chercheur de sens à donner à notre passage sur terre.Condamnés que nous sommes à être libres, selon la formule de Sartre, il importe, au cours de ce séjour terrestre, de «rejeter tout ce qui pourrait être interprété comme une justification de l’exploitation ou du malheur ici-bas».Affirmant sans vergogne, même si «ça fait terriblement cucu», être «en amour avec Jésus de Nazareth», le discret Dominique Boisvert (membre de l'équipe de la revue Relations) déplore lui aussi le déficit de sens qui pèse sur notre monde et il invite à rompre avec les diktats de la consommation pour renouer avec l’essentiel: «Il faut créer les conditions qui permettront au spirituel de prendre sa place dans notre monde d’aujourd'hui et de contribuer à lui redonner sens.» Jean Duhaime évoque une enfance religieuse paisible et enrichissante (il est né en 1948), qu’il n’a jamais vue «comme une invasion oppressante de [son] espace intérieur».Aujourd’hui théologien, il tient à réaffirmer que la tradition religieuse qui est la sienne, la catholique, l’inspire encore pour régler sa vie «dans le sens de la solidarité humaine et du souci de la justice», raison pour laquelle il ne souhaite pas la voir disparaitre de l’espace public.Avec Marcher la nuit, Philippe Haeck propose une réflexion touchante, fidèle à l’esthétique du tâtonnement qu’il pratique depuis quelques années.Il ne sait pas prier, dit-il, ce qui ne l’empêche pas d’admirer le geste: «Tout être vivant lui donnait envie de prier parce qu’il ne savait pas pourquoi il y avait de la vie plutôt que rien.Il avait envie de prier sans savoir ce qu’était prier.» Ne pourrait-on pas résumer ainsi l’attitude religieuse de Haeck: sans Dieu, mais à l’écoute?Louis Cor nellier Église et société Chrétiens engagés socialement (pléonasme en ce qui les concerne), Michel Rioux et Michel Beau-din allient la critique d’une certaine institution religieuse à un plaidoyer en faveur de la tradition prophétique.«Moins d'encens, plus de sens», résume Rioux, qui cite Jacques Ferron: «Au Québec, la religion a fait trop de mal pour qu’on en dise du bien; et elle a fait trop de bien pour qu’on en dise du mal.» Du mal, parce qu’elle s’est acoquinée avec l’occupant anglais pour maintenir les masses dans la résignation et préserver son importance sociale.Du bien, parce qu’elle fut le point de départ d’une forme de syndicalisme original, parce qu’elle a appuyé les ouvriers d’Asbestos en 1949, du moins par le truchement de Mgr Charbonneau, et parce qu’elle a su faire entendre depuis les sans-voix: «Mais c’est une Eglise que ne peuvent malheureusement découvrir celles et ceux qui, dès qu’ils en ont l’occasion, se réfugient bien au chaud dans leurs banlieues retranchées, qui vivent entre eux tout au haut de la montagne, qui font de grands détours pour éviter les quartiers les moins fortunés des grandes villes, dans Hochelaga-Maisonneuve, dans la basse-ville de Québec, dans rhedeHgir.» Cette Eglise qui se salit les mains parce qu’elle sait les ouvrir, c'est aussi celle de Michel Beaudin, porteuse d’une parole prophétique dont la place n’est ni au pouvoir ni dans le confort privé bourgeois, mais aux côtés de ceux qui luttent contre toutes les formes de servitude.Inspirée de la tradition du Jubilé inscrite dans le livre du Lévitique, cette véritable «option pour les pauvres» ne serait-elle pas une utopie?«Bien sûr, répond Beaudin, et certes nécessaire, car, autrement, se trouverait abolie la conscience indispensable d’un écart entre ce qui est et ce qui pourrait être.» De façon plus théorique, les contributions de Daniel Baril et Anne Elaine Cliche cherchent à cerner les origines du phénomène de la transcendance chez l’être humain.Dans une perspective sociobiologique (une science mi-humaine mi-nature très contestée qui propose «l’étude des bases biologiques des comportements sociaux»).Baril a recours à l'hypothèse de l’éthologue Humphrey qui cherche à expliquer la persistance de la religion dans nos sociétés pourtant évoluées (ce sont ses propres tenues).Ainsi, et grossièrement résumé, il existerait un lien entre le développement cérébral et la complexité des systèmes sociaux, de telle sorte que les capacités cognitives iiuiées de l’être humain auraient évolué en fonction de la complexification du social afin de permettre la vie en groupe.«Or il se trouve, écrit Baril, que les principales tendances innées prédisposant à la vie en société - empathie, mutualisme, altruisme, anxiété — sont également au cœur du comportement religieux, comme Ta montré le psychanalyste et sociobiologiste Brant Wene-grat.» La religion se réduirait ainsi à « Les jeunes ont 50 ans » < rl ,iëi < « AILLES LEFEBVRE lerre unes c prenne» demi-siècle les Jeunesses musicales du Canada M du Centre d’Arts Orford i r Gilles Lefebvre Terre des jeunes 288 pages • 24.95$ OV Le premier demi-siècle des jeunesses musicales du Canada et du Centre d'Arts Orford.ov De la naissance à l'accomplissement : l'heureuse épopée des Jeunesses musicales racontée par son fondateur.FIDES En vente chez votre libraire / \ Ét ^ ^ ^ 1Ê f m&Æ 'm 1 m J tlSsy, ARCHIVES LE DEVOIR Le dernier numéro de la revue Possibles propose un portrait éclaté mais instructif d’une expérience humaine, celle du rapport à la transcendance, qui concerne chacun d’entre nous, d’une extrémité à l’autre du spectre idéologique.«un épiphénomène émergeant de nos dispositions biologiques à vivre en société» et n’aurait donc rien à voir avec une quelconque idée de transcendance.Je reconnais l’intelligence et l’habileté du propos, mais j’avoue entretenir une sainte horreur d'une vision du monde qui vous aplatit le symbolique en un tournemain.Je crois à l’arrachement.Quand je réponds «me voici», l’ouverture ainsi créée pe se limite pas à mes gènes.Anne Elaine Cliche, en remontant aux sources des traditions juive et psychanalytique, résume en une heureuse formule ce qu’elle appelle «l’expérience la plus archaïque et la plus élémentaire de la condition de l’être parlant»\ «La croyance se trouve ainsi au principe même de la subjectivation, car ce que je crois — sans pour autant savoir ce qu’il en est de l’être—, c'est que je suis.Au-delà de ce “je suis".je suis déjà un autre.» Là où Baril s’enferme dans le matérialisme, Cliche suggère de penser le «réel inéluctable de la fracture qui nous gouverne».Martin Geoffroy opte pour une approche descriptive à travers une typologie instructive «des différentes façons de penser le phénomène religieux au Québec».Les conservateurs et les pluralistes s’opposent peut-être, dit-il, mais dans un cadre civilisé et acceptable.Le danger réside dans ces deux formes d'intégrisme que sont l’orthodoxie et le relativisme absolu qui nient la légitimité même du principe de délibération sur lequel se fonde la modernité.Sur la base de son expérience au sein de groupes «d’initiation ata révélations de la Prophétie des Andes» (c’est quoi le rapport?ai-je envie de demander), la sociologue Carole Damiani réfléchit aux enjeux épistémologiques de cette approche scientifique.Enfin, résolument engagé sur la voie de l'éthique postreligieuse, André Thibault constate que la sécularisation du monde donne des fruits intéressants sur le plan de la vie privée, mais que la recherche postreligieuse faillit encore à la tâche pourtant essentielle de fonder une éthique politico-économique: «De fait, la véritable catastrophe morale se déroule non pas dans les zones du cœur et du cul mais dans celle du portefeuille.» Penser, prier, aimer Au total, sort-on de ce dossier mieux armé pour penser le religieux?Amine Tehami hésite à tirer ses conclusions: «Spiritualité de la confusion?Possible.Mais puisque nous sommes condamnés à être libres, pourquoi ne pas imaginer une spiritualité de la solidarité?» L’invitation me plaît, tout connue les petits Fragtnents d’été poétiques de Sylvie Gendron publiés à la suite du dossier et qui sont un rafraîchissement pour l’âme après ces questionnements exigeants: «Cette nuit/Tu me donnes/A plein cœur/La lune/Comme une perle/Dans un écrin/De velours noir.» La transcendance a plusieurs visages.Doit-on, pour cette raison, tout accepter et s’interdire de critiquer l’expression d’un spirituel diffus qui serait plus ouvert et plus authentique que les modèles normatifs issus des grandes religions?A ce sujet, on lira le texte brillant et juste du théologien Robert Jacques publié dans la revue Théologiques (printemps 1999).Attention, écrit Robert Jacques: «La spiritualité rappelle avec justesse qu 'il en va de la dignité de l'humain de ne pas l’enfermer dans le biologique, le mécanique, le sys-tème, les normes et les pratiques, mais le religieux lui rétorque avec tout autant de justesse que la rencontre de l’humain, de son visage exige avec “vigilance” les médiations du langage, du droit, du symbole, des normes, etc., pour que cet humain soit accueilli jusque dans les blessures de sa chair.La spiritualité porte en elle le refus de Tenfemement; la religion porte les mots pour dire et vivre ce refits.» Pour pouvoir dire «me voici», il faut d’abord que j’aie reconnu le visage de l’Autre et entendu sa voix.louiscornellier@parroinfo.net BANDES DESSINÉES La guerre, sa vie, ses œuvres PREMIÈRES CARTOUCHES Rabaté Vents d’Ouest France, 1999,151 pages Nous avions déjà dit dans ces pages tout le bien que nous pensions de Ylbicus de Pascal Rabaté, magistrale adaptation graphique d’un roman d’Alexis Tolstoï.Nous lui avions prédit des nominations au Salon de la bande dessinée d’Angoulème, ce qui fut fait, éraflant au passage notre légendaire modestie.Devant le succès, voilà que Vents d’Ouest réédite les premières liistoires de Rabaté.Conune l’était Ibi-cus et comme l’indique le titre actuel, il s’agit pour la plupart de récits de guerre.Exode relate la désertion d’un village par ses occupants à l'annonce d'un bombardement pendant la Seconde Guerre mondiale, Les Amants de Lucie raconte la rancune d'un vieux guerrier aigri face à celui qui lui a volé sa belle et son avenir, dans La Mort de Monsieur Kassowich, la confusion sur l'identité d’un cadavre exacerbe les conflits entre Zerbes, Proates et Bolniaques.Plus triste que tragique, Rabaté n’aborde pas la guerre de front, mais illustre la trajectoire des balles perdues dans l’arrière-garde.Pour citer l’auteur lui-même, commentant son oeuvre: «C'est pas la chapelle Sixtine mais ça n ’est pas la honte non plus.» TAO BANG Tome 1 - Le Septième Cercle Cassegrain, Blanchard, Vatine et Pecqueur Delcout, collection «Série B» 1999,47 pages Humour, aventures et séduction sont au rendez-vous dans ce récit d'heroic fantasy mettant en scène une guerre de bordels à Port-Xarnath.Depuis que le reptilien cheik Ad Arphax a mis la ville sous sa coupe, les affaires de La Marée Galante, naguère florissantes, ont chuté de façon abrupte, abandonnant la jouissance des lieux et ses retombées économiques au nouveau maître et à sa «propre» maison de débauche, Le Septième Cercle.Mais ne voilà-t-il pas que deux marins mercenaires, Kesh et Kirin, pourraient renflouer les caisses de La Marée par une expédition à l’ile des Sirènes, «habitée par des créatures de rêve aux tétons comme des pastèques et à la sensualité torride».Deux dessinateurs et autant de scénaristes se sont fendus en quatre pour faire du premier tome de cette nouvelle série une réussite.Pari tenu: le scénario ne manque pas de rebondissements et de dialogues cauteleux: côté graphique, malgré le sujet annoncé, ne vous attendez à rien de pornographique.Mais il y a dans Le Septiè- me Cercle une belle maîtrise du trait et du cliromatisme.Une suite qui s’annonce prometteuse.TALES FROM THE CRYPT Plus morts que vivants Jack Davis Albin Michel France, 1999,64 pages Albin Michel exhume ici quelques-uns des plus délétères fleurons de ki bande dessinée américaine d'horreur des années 50, celle de la compagnie EC Comics, principale cible du gouvernement qui, en 1954, décidait de limiter l’influence supposée de la bédé sur la délinquance juvénile.Né en 1924, Jack Davis, qui s’illustra ultérieurement dans Mad, fut une figure majeure d'EC, posant sa griffe dans des revues aux titres aussi suaves que Vault of Horror, Haunt of Fear et Crime Suspenstories.An menu, huit liistoires où la vengeance, la cupidité, la colère ou l’envie précipitent les protagonistes dans un festin de vaudou, de zombies et d’éviscérji-tions.Près de 50 ans après leur publication initiale, les Taies.ne sont plus ni tellement horrifiques ni très rigolotes, et les récitatifs pèchent par leur lourdeur.Un classique tout de même, une pièce d’anthologie, et Davis demeure un artiste incontournable.ASHMAN Yukito Kishiro Glénat, Grenoble, 1999,124 pages Le motorball, sport postmoderne aux règles obscures, tenant de la lutte, de la course à moto et du football.Compétiteur doué, Snev, le personnage principal, a la déplorable manie de se crasher près de la ligne d’arrivée, obsédé par la réminiscence du spectateur inopinément aventuré sur la piste qu’il a charcuté un jour.Viré de son équipe, Snev la réintègre sous la pression du public, assoiffé de violençe, préférant les accidents à la victoire.A moins qu’il n'y ait une autre raison?Les mangas qu’on trouve au Québec découragent du genre, mais celui-là carbure à fond, mixte d’ambiance post-Blade Runner et de polar, avec arnaque pharmaceutique à la clé.Excellent conteur parsemant judicieusement son rétit d’ombres, Kishiro se révèle en outré habile à utiliser et transcender les clichés du manga SF.Il varie bien l.es modes, passant du dépouillement an foisonnement de détails.A la limite, il en fait trop, devient baroque, mais le climat est envoûtant, morbide, tout en étant dynamique, et il y a dans Ashman des cases terriblement éloquentes.Denis Lord Hommage à Geneviève Desrosiers NOMBREUX SERONT MES ENNEMIS Geneviève Desrosiers L'Oie de Cravan Québec, 1999,71 pages Elle aussi, partie.Tragiquement.Involontairement.Elle avait 26 ans.Et pourtant! Tant de vérités déjà, éparpillées, dans un livre, un beau livre mystérieusement intitulé Nombreux seront mes ennemis.Entretemps, en si peu de temps, «elle construit mille et un navires qu’elle a déposés sur vos rives».Poésie de départ.Inachevée.Des cris.Des appels au secours.De la fierté aussi.Tout à la fois et parfois du chagrin mal dissimulé.Geneviève Desrosiers serait aujourd'hui étonnée, plusieurs mois après son départ inattendu, de se retrouver si bellement vivante aux éditions de L’Oie de Cravan.Ses textes sont introduits par une émouvante préface signée par nulle autre que Denise Boucher.Suivent des poèmes, quelques fragments de lettres, un de ses dessins en frontispice, son sceau qui apparaît en couverture.Le tout illustre déjà assez l’éveil de ses multiples talents.Ainsi vit et vivra encore longtemps la poésie d’ici: par sauts et soubresauts.De même s’édifient dans les générosités accumulées les littératures en croissance.Oui, merci à toi G.D.«guerrière au cœur saignant», pour tous ces mots épiques, espiègles à l’occasion, mais surtout révélateurs d’une société inquiète, à la recherche de son âme! Benoit Lacroix A prend toujours quelques livres en vacances Achetez 3 livres et obtenez * un chèque de 5 * par Ui poste wvmhachette.qc.ca ‘Identifiés par un autocollant à l'image de cette promotion.o ••••«•• •• •• •••»•••«• • ••• • •••*•••••• «••••••••••••ft ?••••••••?•• •••*•••••?*••••«••••••••• • •••••* • • «••••••••< ••••••••••«••• •••••«••••?* *••••••««•• ?« • • *?•+«••»«• ?• •••••••••ft ft •••••••««•! ••••«••••••ft •••••••• • • • • ft ••••••••• • ••••••I • •• « ft ft .• ft • ft • ••••••• ••••••••••' ft • ft ft • «•< • •••< •••••••••••ft *••«?• •••••••••••ft • ••< M •••••••••••ft • •< ••••••••• '•••' • •••• • •»• >••••< ft ft-ft-ft ft ?ft ft V ?•-ft ft >?-ft ft-ft- ft ft ft ft ?ft ?4-ftft * » ft ft ?• ft ft ft ft ft ft ft ft ft ft ?ftftft ft ft ft ft ft ?-ftft ft ftft ft ft ?>ft ft?ft ft?ft «•••••?••?• ft ft ft ?ft ft «?ftftftftftftftftftftft ¦ft ft ?* ?ft ftft ft ft ft ft ft ••«•••«?ft ft ft ft ft ft ?- > ft'ft ft.ft•ft ft ftftftft?• ?ft « ft ft ft ft ft ft ft ?•?•?•?•?ft ft ft ft ft ft ?ft -?• '?•?ft ft ?ft-ft-ft-ft ?ft ?ft ?ft ?ft ft • • ’ ft ?.* ?«?•ftftft • ?•?«?«?ft ?« ft ?• ?•?ft ?••?•?ft ft ft ?•?•?•?ft ft ft ft ft • •?••••?•?••?ft ?ft ?•?«?44 ?if- •?•?ftft > ?f ?«?ft f ?.1111.him* |»n*M*nl;ilion ilr Benson & Hedges LE DEVOIR PRESENTESvPAR: LE CANADA FRANÇAIS qui joue sur la rareté des toiles et les crises de sa présumée “folie».En 1888, à Arles, Van Gogh avait déjà utilisé le motif des iris.Plutôt que de compléter ce parcours averti par des motifs de fleurs quelconques si l’on tient compte du thème iconographique annoncé, et malgré la difficulté d’emprunter des Van Gogh, il nous semble qu’il aurait été préférable de fournir aux visiteurs une sélection plus vaste, situant mieux le thème des iris.Du moins les organisateurs de l’exposition ont-ils eu le bonheur de ne pas ••agrémenter» le décors de l’exposition de laminages et autres reconstitutions bon marché, comme ce fat le cas lors de l’exposition autour du Jardin de Gi-verny de Monet, l’hiver dernier au Musée des beaux-arts de Montréal.Cela dit, l’exposition extrêmement pointue présente un excellent tableau tiré de la collection du Musée Paul Getty à Los Angeles, qui sort de l’enceinte du musée pour la première fois depuis son acquisition en 1990.Le tableau vedette est présenté avec un des joyaux de la collection du MBAC, les Iris (1889).Les deux autres tableaux proviennent de la série de quatre tableaux d’iris produit par Van Gogh lors de son séjour à Saint-Rémy: Nature morte: les Iris (mai 1890, des collection du Metropolitan de New York) et L'Herbage aux papillons (mai 1890, maintenant à la National Gallery, de Londres).De cette façon, ces tableaux sont réunis pour la première fois depuis leur séparation, en mai 1890, date à laquelle le peintre quitte son atelier.Le projet d’exposition est issu des recherches conjointes du conservateur associé de l’art européen et américain au MBAC, Miche Pantazzi et de David Jaffé, ancien conservateur de la peinture européenne au musée Getty, maintenant conservateur principal à la National Gallery de Londres.Le premier mène ses recherches en fonction de l’établissement du catalogue systématique de la peinture du XIX' siècle du MBAC.Ces investigations de poiiv te sont cruciales pour la compréhension d’un corpus aussi touffu que celui de Van Gogh.Pour une exposition, par contre, et parce qu’elle joue essentiellement sur le mythe de Van Gogh autant que sur la densité du groupe d’œuvres choisies, cela manque de souffle.Circuit des ARTS MEMPHRÉMAGOG Du 24 juillet au 1" août 1999 de 10 h à 17 h.Le Circuit des Arts Memphrémagog tiendra cette année sa 6r édition.Que l’on soit artiste ou amateur d’art, le circuit vous invite à rencontrer 80 artistes de différentes disciplines, soit dans leur atelier ou dans un lieu d’exposition collectif.En plus de vous faire découvrir une région où les scènes champêtres sont susceptibles de vous charmer.Pour vous aider à localiser ces artistes, des dépliants du circuit sont disponibles dans différents lieux et commerces publics ainsi que dans les centres d’information touristique de l'Estrie.Un tirage vous offre la chance de gagner un de nos 6 prix Information touristique Magog-Orford : 1-800-267-2744 - (819) 843-2744 Internet : http://www.gearwerx.com/circuitdesarts Bell Le «Rembrandt du peuple» DAUMIER Musée des beaux-arts du Canada Ottawa, 380, promenade Sussex Jusqu’au 6 septembre BERNARD LAMARCHE Ly un des plus grands artistes de > son siècle et même de tous les temps.» Mise à part cette phrase quelque peu pompeuse qui accueille le visiteur de la rétrospective Honoré Daumier (1808-1879) au Musée des beaux-arts du Canada (MBAC), l’exposition est particulièrement réussie.Les œuvres de celui dont on a pu dire qu’il était le ’•Rembrandt du peuple», sont mises en évidence par une sélection soutenue (plus de 350 numéros) et recherchée — certaines, rarement présentées, ont été dépoussiérées pour l’occasion — et une présentation sobre, appuyée par des textes et notices — nécessaires pour comprendre le contexte socio-politique dans lequel Daumier évoluait — en quantité suffisante.Daumier «a vécu durant une des périodes les plus troublées de l’histoire de France».De fait, au cours de sa carrière de près de 50 ans, il verra la chute des Bourbons à la fin de la Restauration, la Monarchie de Juillet avec le roi-citoyen Louis-Pliilippe (1830-1848), la De République (1848-1852), le Second Empire avec Louis-Napoléon (1852-1870), et finalement, avant de s’éteindre, les premières années de la Ille République (1970-1940).«Républicain, sympathisant de la classe prolétaire, il nous a livré des tableaux émouvants de réalisme qui célèbrent la dignité et le courage des gens simples, des travailleurs.» Caricaturiste politique et social réputé, Daumier «a brossé un portrait sensible de l'ensemble de la société française de son temps».Son art a influencé nombre d’artistes tels Degas, Toulouse-Lautrec, Van Gogh, Cézanne et Picasso, liste à laquelle il est possible d’ajouter le nom du cinéaste Sergueï Mikhalovitch Ei-senstein, admirateur connu de Daumier, dont les Montréalais ont pu voir les dessins au centre Ex-Centris en mai dernier.Daiunier, par les moyens plastiques qu’il a mis au point pour élaborer sa satire politique et sociale, est associé au XIX siècle, à une forme de proto-réalisme.Ses œuvres sont établies à partir d’une observation particulièrement incisive de la réalité.Ses dessins, lithographies et peintures dépeignent les tribulations des acteurs politiques et sociaux au cœur d’un Paris dans laquelle la vie publique tourne graduellement au rang de spectacle.Daumier provient d’une famille pauvre, de classe laborieuse, encore appauvrie par les ambitions de poète du père.On attribue généralement au mince portefeuille de la famille l’entrée de Daumier à l’atelier de lithographie de Zépherin Belliard, à l’àge de douze ans.En 1832, à l’âge de vingt-quatre ans, U entre au service de Charles Phi-lipon, pour le compte du quotidien républicain, La Caricature.L’avènement D] POl DES ACTIVITES pourtoute u FAMILLE CE DIMANCHE 18 JUILLET LES BEAUX DIMANCHES AU FORT-LENNOX PRÉSENTENT: La Grande Chaîne.Un spectacle inoubliable de musique traditionnelle québécoise.À voir absolument! T> " 1 .Oütnuu»» t - Gargantua, une lithographie de Honoré Daumier de la Eberté de presse (relativement) assurée par la Révolution de 1830 ainsi que le contexte politique général l’ont particulièrement stimulé.En 1832, Daumier est condamné à six mois de prison pour avoir publié deux lithographies représentant Louis-Phillipe d’Orléans.Dans Gargantua, il a représenté Louis-Phillipe en un géant glouton.La caricature «scatologique» montre le roi Phillipe nourri par les masses affamées, portant des sacs remplis d’écus, alors que le monarque, assis sur une chaise percée, «rend par défécation des honneurs et des récompenses ata politiciens massés sous lui.» Aussi retrouve-t-on dans l’exposition une série de petits bustes aux traits étirés, grossis, boursouflés, c’est selon.Cette série de bustes avait été commandée à Daumier par Philipon.Pour ses premiers essais de sculpture en terre cuite, Daumier représente des parlementaires et autres figures politiques, dont il transforme et accentue les traits caractéristiques.Cette activité est évaluée par les auteurs qui étudient l’art du XIX' siècle comme une de ses premières réalisations artistiques.On se rend compte rapidement dans la présentation du MBAC, à voir les lithographies tirées de ces statuettes, que la distinction, chez Daumier, entre art et caricature, ne résiste pas.Sa princi- pale qualité d’imagier provient de sa capacité à tirer de la réalité un lexique de formes et d’attitudes, d’expressions.On s’attardera à la critique que fait Daumier dans les années 40, sur la ségrégation des classes populaires dans les transports modernes, tels le train, où l’exiguïté des lieux oblige les gens à une promiscuité inconnue jusque-là.Il y aurait tout lieu de s'étendre longuement sur cette exposition très fouillée.Ne résistez pas à l’envie de lire les textes de Daumier, moqueurs, cinglants parfois.Il faut y mettre du temps, un temps amplement justifié.De ces clironiques de la rie mondaine et bourgeoise, il y a beaucoup à apprendre.Sur la rie politique, la rie des riches bourgeois que Daumier aimait à tourner en dérision, sur le système judiciaire aussi, les mœurs du temps, et surtout sur la rue qui devient le théâtre de spectacles, d’esclandres et de toutes les luttes: celles de la rie politique et artistique, notamment avec les saltimbanques, celle aussi de la montée des premières féministes.que Daumier ne semble pas apprécier.Au total, l'œuvre de Daiunier — l’exposition traduit très bien cette réalité — témoigne de la spedacularisation naissante de la société qui se déploie, et c’est un peu de notre époque dont il est question.Et on aura encore rien dit de la peinture de Daumier, percutante.A ne manquer sous aucun prétexte.Les Iris de Van Gogh En complément de programme, serions-nous tentés de dire tant cet accrochage est limité, le MBAC présente une série de huit tableaux de Van Gogh.Là, inutile de dire que le musée joue à fond la carte du mythe.En effet, ces tableaux ont été sélectionnés, au-delà d’une approche iconographique discutable — tous représentent des iris, motif de prédilection du peintre.tous, sauf Fleurs d’été dans un pot.Zinnias et géraniums dans un vase.Les Roses (mai 1890) —, en fonction d’un séjour à l’asile de Saint-Rémy, dans le midi de la France, où le peintre a effectué un séjour volontaire à compter de mai 1889.Dans le cas de Van Gogh, rien de mieux qu’une mise en marché MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Québec ::s Jusqu'au 31 octobre 1999 Doux expositions sur un même thème présentées simultanément au .Musée de la eivilisation à Québee (jusqu'au 24 oetobre) et au Musée d'art eontemporain de Montréal (jusqu'au 31 oetobre).R'iitacom SusR irres C^> 185, rue Sainte-Catherine Ouest Montréal (Québec) métro Plaee-des-Arts Renseignements : (514) 847-6226 11 o m m a g e à SERGE LÈMOYNE Peinture, dessins, sculptures lusi/u'iiit 21s doûi Ia galerie fermera pour les vacances Télé, du dimanche 18 juillet au mardi 10 août .GALERIE SIMON BLAIS • 4521, rue Clark Montreal M2I 2T3 514.849.1165 Ouvert du mardi au samedi de 10 li 00 à 17 II 30 RENSEIGNEMENTS : Lieu historique national du Fort-Lennox Saint-Paui-DeTUe-xux-noix (450) 291-5700 Autoroute 15 Sorti» EF «•il 17 ou Knot» 723 >ikI Parcs Parks Canada Canada Canada 1 Richelieu avocat eiftf ft?* cowo »*c 8 1)8 L E I) E V 0 I R .LES S A M EDI t ET I) I M A N C II E 18 JUILLET 1 !) !) !) LE DEVOIR CLAUDINE DÉOM Souvent méconnus et parfois oubliés, les Amérindiens du Québec ont néanmoins laissé des traces de leur passage, notamment sous la forme d’artefacts.Les fragments d’ossements et les tessons de céramiques portent la mémoire de modes de vie disparus dont la compréhension relève du travail de l’archéologue.En Montérégie, des vestiges amérindiens seront bientôt intégrés à un projet de mise en valeur qui se prépare depuis quelques années.En cette chaude saison estivale, l’occasion est belle pour emprunter le sentier de la découverte d’un grand pan de notre patrimoine.Avec ses champs fertiles qui s’étendent à perte de vue, le territoire de la municipalité de Saint-Anicet est l’objet d’un grand intérêt de la part des archéologues.En effet, on trouve là une des plus importantes concentrations de traces amérindiennes préhistoriques, c’est-à-dire antérieures à l’arrivée des Blancs dans la région.En 1995, la découverte du site Drouler (situé à une dizaine de kilomètres de Huntington) a révélé de nombreuses informations à propos des Iroquoiens du Saint-Laurent, une des deux grandes familles amérindiennes à avoir occupé la région.Les fouilles sur le site ont produit jusqu’à maintenant plus de 140 000 artefacts, tels que des tessons de poterie, des pointes de flèches taillées dans la pierre et de menus outils fabriqués avec des ossements d’animaux, tous provenant d’un village iroquoien datant du 15’' siècle.Depuis ses premières interventions en cet endroit en 1995, Michel Gagné, archéologue à l’emploi de la municipalité régionale de comté (MRC) Le Haut-Saint-Laurent, a immédiatement constaté le potentiel de développement du lieu: «L'intérêt du site Drouler s'explique en ce qu’il est, jusqu’à maintenant, le plus gros village iroquoien au Québec où les traces n’ont pas été perturbées, contrairement à d’autres sites villageois déjà fouillés tels que celui de Lanoraie ou de Tracy.Bien qu'elles méritent d'être peaufinées, les données trouvées laissent présager une véritable mine d’or en connaissances pour l’archéologie québécoise», explique-t-il.Cette année encore, des subventions provenant du ministère de la Culture et des Communications du Québec ainsi que de la MRC ont permis de poursuivre les fouilles.Étant donné l’importance de ces découvertes, tout laisse croire que les programmes seront recon-dùits pour une autre année.La maison longue Les travaux d’excavation ont aussi déterré des traces de maisons longues, l’habitation typique des Iroquoiens du Saint-Laurent.Bien qu’aucune n’ait survécu jusqu’à ce jour — les archéologues estiment à environ 20 ans la durée de vie d’une telle construction — la tradition orale et les témoignages écrits ont néanmoins permis aux chercheurs de connaître cette architecture particulière.En effet, Jacques Cartier lui-même aurait consacré quelques passages de ses récits à la description des habitations iroquoiennes d'Ho-chelaga lors de ses voyages en Amérique.Dès le 17r siècle, les Jésuites ont aussi fourni aux archéologues de nombreuses informations utiles quant à l’allure et aux modes de vie FORME / CLAUDINE DEOM prévalant dans ces habitations par le biais de leur journaux de voyage.On y apprend, par exemple, que la maison longue servait non seulement d'abri pour manger et pour dormir, mais que certaines étaient destinées à des fins de rassemblements publics et politiques.Comme il en est aujourd'hui avec nos maisons contemporaines, la maison longue se veut à l’image de la société iroquoienne.Sédentarisés depuis environ le XIII1 siècle — contrairement aux Algonquiens, par exemple, qui étaient plutôt des nomades —, les Iroquoiens pratiquaient la culture du mais et d'autres légumes sur un même site pendant plusieurs années.La maison longue était donc conçue comme une habitation permanente, destinée à survivre aux rigueurs de nos saisons nord-américaines.Construite de perches de bois et recouverte de morceaux d’écorce, elle abrite les membres d’un même clan, soit en moyenne cinquante personnes.Sa forme longitudinale symboliserait d’ailleurs l’unité au sein du groupe.A l'intérieur, son aménagement était fort simple: une plate-forme de bois surélevée du sol et divisée en petits cubicules longe les deux murs principaux de la maison.Chaque petite section logeait une famille du clan qui partageait un foyer avec celle se trouvant en face, de l’autre côté du corridor central.Afin de permettre l’évacuation de la filmée, l’habitation possédait un toit en forme d’hémicycle percé d’un certain nombre d’ouvertures correspondant à autant de foyers à l’intérieur.Les archéologues estiment jusqu’à maintenant les dimensions des maisons longues du site Drouler à environ trente mètres de longueur, avec cinq ou six foyers.Sur les traces daint-murent Un projet de mise en valeur La construction des maisons longues s’inscrit dans le cadre d’un projet de mise en valeur des découvertes trouvées depuis quatre ans.Une corporation à but non lucratif, les Aventuriers de l'archéologie, regroupant des représentants d’organismes et de groupes locaux (dont la MRC et la municipalité de Saint-Anicet), a récemment été créée dans le but de mener à terme le projet de mise en valeur du site Drouler.Parmi les collaborateurs au projet, on compte aussi des membres des communautés Mohawks de la région (une première, semble-t-il, dans les milieux de l’archéologie québécoise) qui ont contribué à la fois aux fouilles et à la construction des maisons longues.Le projet des Aventuriers promet de relever le défi de la mise en valeur parfois difficile des sites archéologiques — avouons qu’il n’est pas toujours évident de comprendre ce que nous révèlent des petits fragments de céramique exposés sous des blocs de plastique transparent — en offrant aux visiteurs un milieu concret leur permettant de comprendre davantage la signification des objets trouvés.Pour ce faire, on prévoit rebâtir, à quelques mètres seulement du chantier de fouilles, un espace villageois du 15e siècle avec ses maisons longues — trois d’ailleurs ont déjà été érigées — et sa palissade de pieux de bois.Selon Michel Gagné, cette mise en valeur in situ s’avère incontournable pour la compréhension des artefacts: «Le site réunit toutes les conditions essentielles à la survie des Iroquoiens.Les tourbières, les marais et la proximité de l'eau [la petite rivière La Guerre] leur ont permis de se sédentariser.De plus, l’établissement du village sur une petite dénivellation et ce, à plus de 7 km du lac Saint-François, n’est pas le fnàt du hasard.Ces facteurs indiquent la nécessité de se protéger», ajoute-t-il.Un centre d’interprétation sur les moeurs de la vie iroquoienne logera donc dans une des maisons longues du site qui servira, de plus, de lieu d’exposition pour les artefacts.On y apprendra aussi la riche histoire du site Drouler (dont le nom, soit dit en passant, est celui du propriétaire actuel de ces terres agri- )\\J mil} DESSIN DE MICHEL C ADIEUX AKCHEOEACT ENR.CLAUDINE DEOM coles), un site où l’on soupçonnait déjà, depuis le siècle dernier, la présence de vestiges iroquoiens.En effet, l’histoire rapporte que des pointes de flèches anciennes avaient été déterrées par les premiers défricheurs écossais de la région au début du XIX' siècle.Finalement, le lieu projette de faire vivre aux visiteurs une expérience se rapprochant de la vie iroquoienne en organisant des nuitées dans les maisons longues.Le travail de reconstitution Le site Drouler n’est certes pas le premier à procéder à la reconstitution d’habitations amérindiennes: de telles expériences ont déjà eu cours ailleurs dans le nprd-est de l’Amérique, notamment en Ontario et dans l’État de New York.Prêtant souvent à la controverse dans le monde du patrimoine bâti, la reconstitution ne fait pas toujours l’unanimité en ce quelle fait état d’une interprétation du passé par le biais de constructions neuves.Pour manœuvrer cette opération délicate, les Aventuriers ont fait appel à Michel Cadieux, un archéologue spécialiste des Amérindiens du nord-est de l’Amérique qui a reconstruit, jusqu’à maintenant, trois maisons longues tout en respectant le plus fidèlement possible les données archéologiques recueillies, telles que l’orientation des habitations ainsi que leurs dimensions.A la manière des Iroquoiens, les nouvelles maisons longues sont construites en cèdre, un bois résineux qui résiste mieux à l’humidité.Elles sont recouvertes d’écorces de pruche, plus flexibles (et plus disponibles) que les écorces en pin d’origine.En attendant l’ouverture officielle du site, prévue pour 2001, rien n’empêche d’aller voir les maisons longues et de vivre l’expérience enrichissante de pénétrer dans un tel espace, si étranger à nos modes de vie contemporains.Avec un peu de chance, vous rencontrerez ceux qui s’emploieront à terminer la palissade du village au cours de l’été.Pour en savoir plus.Si le sujet vous intéresse, on apprend beaucoup de choses instructives sur la vie amérindienne de la région et sur le travail de l'archéologue en général au musée de la Pointe-du-Buisson situé à Melocheville, non loin de Chàteauguay.Des journées publiques d’archéologie sont organisées pendant les fins de semaine de l’été.Le visiteur a là l’unique chance de participer aux recherches sur le terrain sous la supervision d’un archéologue.On se renseigne au [450] 429-7857.Le site Drouler ID Un produit primé à l’international disponible à la Galerie de l’IDM Institut de Design Montréal 390, rue Saint-Paul Est Marché Bonsecours (niveau 31 Montréal (Québec) Canada H2Y 1H2 Téléphone : (514)866-2436 Télécopieur, (514) 866-0881 Courriel idm@idmqcca Site web http://www idm qc ca Véritable vitrine de l'excellence en design, la Galerie de l'Institut de Design Montréal est fière de compter parmi ses dernières acquisitions le moniteur de son et détecteur de mouvements pour nouveau-nés AngelCare Récipiendaire du Grand Prix 1999 et de la Médaille d'or avec félicitations du jury au dernier Salon international des inventions, des techniques et des nouveaux produits de Genève.AngelCare est un produit novateur qui a été conçu et développé grâce au programme de soutien à la recherche appliquée en design (SRAD) de l'Institut de Design Montréal La particularité de ce tout nouveau système est qu'il est muni d'un capteur de mouvements ultra sensible qui émet un signal sonore d'alarme aux parents si l'enfant arrête de respirer plus de vingt secondes.Cette innovation va indéniablement permettre de prévenir de façon significative le syndrome de mort subite chez le nourrisson.Développé par le designer industriel Michel Dallaire et l'homme d'affaires Maurice Pinsonnault à partir d'une technologie brevetée par l'ingénieur David Dredge, AngelCare est l'exemple parfait de tout ce que le design peut apporter comme valeur ajoutée et économique à un produit et en faire une réussite commerciale.Ses succès remportés sur la scène internationale et l'accueil enthousiaste des acheteurs et du grand public prouvent toute l'importance du design au niveau de la conception et du développement d'un nouveau produit.«Produit-vedette» de la Galerie de l'IDM.AngelCare est un des nombreux produits québécois présentés au grand public Sélectionnés pour leur originalité et leur caractère innovateur, tous ces objets reflètent les multiples facettes du design d'hier et d'aujourd'hui Ainsi, ceux qui sont à la recherche d'objets design de qualité peuvent se procurer des produits de compagnies, aussi diverses que réputées, telles qu'Atelier Lucifer, Bombardier, Design Emphasis, Dibis, Inopiné, Microsoie.Objets Objet.Plasticase.Trudeau et bien d'autres.Une sélection d'objets design en provenance de plusieurs pays du monde entier est aussi présentée.Visiter la Galerie de l'IDM, c'est découvrir les dernières créations de designers de talent, d'ici et d'ailleurs, de toutes les matières et de toutes les couleurs, pour tous les goûts et pour toutes les bourses OBJETS DESIGN.POUR Heures d'ouverture de la Galerie de l'IDM : du dimanche au mercredi, de 10 h à 18 h.du jeudi au samedi, de 10 h à 21 h, VOUS! I
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