Le devoir, 3 avril 1999, Cahier A
I Exigez votre choix! I C A HIERS I .!> r> $ + T A x K s = 2 , 2 5 S M 0 N T H É A L , I- K S S A M E I) I 3 E T D I M A N (’ Il E 1 A V Ml.I !» !» !» LES ARTS La chronique d’Odile Tremblay: Pendule à gauche, page B 9 LES ARTS Denis Marleau s'attaque à un monument du théâtre allemand, page B 1 LIVRES La nouvelle vie du Salon du livre de Québec, page D1 CAHIER SPECIAL L’avenir du réseau de santé québécois, page F1 fct'Sja mm —- ÜSiilfi® PERSPECTIVES Paule des Rivières ?Vœux pieux?Le rapport rendu public cette semaine estimant que l’école catholique doit disparaître n’a pas fini de faire causer.Le débat s’annonce passionné, voire passionnant.La position du rapport Proulx en faveur de l’école laïque n’a surpris personne et a sûrement réjoui le gouvernement du Parti québécois, proche de nombreux groupes qui militent bruyamment depuis de nombreuses années pour la disparition de l,a religion dans les écoles.D’ailleurs, l’ex-ministre de l’Education, Pauline Marois, avait donné amplement d’indices au sujet de ses préférences avant de changer de ministère.Logique, la position du groupe de Jean-Pierre Proulx s’inscrit dans un contexte de déconfessionnalisation des commissions scolaires.Plus substantiellement, elle s’appuie sur l’égalité de droit entre tous les citoyens, reconnue dans les chartes des droits, plutôt que sur des dérogations rendant possibles les privilèges des catholiques et des protestants.Le Québec est une société pluraliste et veut être accueillante.Tout cela est bel et bon, mais.La tradition catholique est forte.Le fait qu’elle soit liée à la culture d’ici colore le débat qui aura lieu en commission parlementaire, vraisemblablement à l’automne.Sont touchées plusieurs fibres sensibles, dont celles de l’identité et de l’ouverture aux autres.Ceux qui s’opposeront à la disparition de l’enseignement catholique ne sont pas tous membres de la très conservatrice Association des parents catholiques, qu’on imagine avec le goupillon et le crucifix.Loin de là.Pour sa part, le président du comité catholique du Conseil supérieur de l’éducation, Guy Côté, craint que les supporters de l’école laïque soient aveuglés par leur ressentiment à l’endroit d’une-église catholique autoritaire.En d’autres termes, il se demande si les baby-boomers ne sont pas en train de projeter leurs règlements de comptes sur les générations suivantes.lx*s tenants de l’école laïque constatent le caractère anachronique d’une école qui, dans une société non seulement pluraliste mais laïque, ne correspond plus aux valeurs qui l’entourent.Et c’est vrai.La pratique religieuse a grandement chuté et le congé pascal ne remplit plus les églises comme avant Pourquoi, alors, plus de 90 % des parents du niveau primaire inscrivent-ils leur enfant en enseignement catholique plutôt qu’en formation morale?bi présidente de la Commission scolaire de Montréal, Diane De Courcy, une partisane de l’école laïque, explique ce choix en raison de l’obligation faite aux enfants voulant recevoir les sacrements de suivre l’enseignement catholique.Mais pourquoi tant de parents désirent-ils que leur enfant soit baptisé et reçoive la première communion?Attachement aux traditions?Transfert vers l’école de responsabilités que les parents ont abandonnées?Il semble en effet que bien des parents choisissent la religion pour se prémunir contre l’érosion des valeurs spirituelles et pour fournir au jeune un rempart contre les valeurs de la société de consommation.Mais au delà de ces craintes, plusieurs désirent que leur enfant acquière une certaine connaissance d'une histoire ayant marqué notre société, celle du catholicisme ou de la chrétienté.Le rapport sur la place de la religion à l’école prévoit le remplacement des cours de religion par un cours obligatoire d’enseignement culturel des religions.Ce cours ferait une place de choix au christianisme pour respecter l’héritage des Québécois.Mais certains craignent que ce cours place toutes les religions sur un même pied.Et même si ce n’est pas le cas, ils font remarquer, comme Guy Côté mais aussi comme Georges Leroux, professeur de philosophie à l’UQAM, qu’un tel enseignement empêche le développement de convictions comme il empêche d’appréhender le monde et les choses spirituelles à partir d’un point de vue plus propice au dialogue.«Nous risquons d’accélérer la déspiritualisation de notre société», craint Georges Leroux, qui privilégie une école laïque offrant un enseignement religieux là où le nombre le justifie et limité aux religions s’appuyant sur une autorité reconnue.Même si plusieurs jugent ce projet irréalisable, M.Leroux rappelle que toutes les écoles du Québec ne sont pas des nations unies.En France, l’école est laïque depuis plus d’un siècle.«Ici, dit Georges Leroux, c’est connue si les citoyens de l'espace public n’étaient que des hommes de droit non animés de conviction, qui est la prémisse de la transmission de la culture.» Mais il est une chose sur laquelle presque tout le monde s’entend.C’est que les cours de religion dispensés dans les écoles catholiques ont besoin d’un sérieux coup de balai.Faut-il pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain?là est la question névralgique qui secoue en ce moment le monde de l’éducation.De Paris à Montréal Les baby-boomers projettent-ils leur ressentiment sur les plus jeunes?Montréal Nuageux.Max: 3 Min: 0 Québec Neige débutant en mi-journée.Max: 2 Min: -3 Détails, page C 7 Annonces.C 8 Les Arts.B 1 Avis publics.C 7 Economie.C 1 Editorial.A 8 Idées.A 9 INDEX Livres.D 1 Le monde.A 6 Les sports.C 10 Montréal.A 3 Mots croisés.C 7 Politique.A 5 JACQUES GRENIER LE DEVOIR BRUNO PELLETIER a triomphé en chantant Le Temps des cathédrales devant un public conquis lors de la première montréalaise de Notre-Dame de Paris, jeudi soir.La fièvre de Notre-Dame a finalement séduit la métropole après avoir fait des ravages en Europe.L’œuvre de l’auteur Luc Plamondon, du compositeur Richard Cocciante et du metteur en scène Gilles Maheu est présentée à guichets (très) fermés au théâtre Saint-Denis.Le retour du refoulé Alexis Martin ressuscite le théâtre engagé www.ledevoir.coin Alexis Martin ressuscite le théâtre engagé, cette semaine à l’Espace libre, avec «une fable sociopolitique au royaume des mal-lettrés».Des terroristes de l’est de Montréal.Des bombes.Ça va saigner.«Ce que je décris découle d’une prise de conscience de classe.J’y tiens, à cette vieille notion.» STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Le titre de la pièce claque comme un drapeau rouge: Révolutions.Son canevas n’est pas plus compliqué qu’une recette de cocktail Molotov: un soir de Saint-Jean, trois jeunes pauvres de l’est de Montréal décident de «poser un geste», un geste radical et violent, pour «ameuter l’opinion et le gouvernement sur leur condition misérable».Et pan dans le théâtre bourgeois.L’action directe est revendiquée par Alexis Martin, comédien d’avant-garde, animateur de troupe, auteur de choc.Le poseur de bombes théâtrales vient de terminer une sorte de cycle cryptoréligieux, combinant une comédie biblique (Jésus au Lac), une pochade dramatico-mora-liste (Presbytère du Nord) et un délire métaphysique (Ma-troni et moi).Les réflexions sur la mort de Dieu livrées sur fond de brochetterie grecque ont été adaptées au cinéma.Matroni, le film, doit être lancé au prochain FFM.Révolutions, sa pièce, qu’il met lui-même en scène, débute mardi à l’Espace libre, la salle du Nouveau Théâtre expérimental (NTE).Avec elle, l’intello de 34 ans propose maintenant de réhabiliter le théâtre sociopolitique au Québec.Rien de moins.«Malheureusement, les problèmes socio-politiques sont évacués de nos scènes», observe Alexis Martin, rencontré plus tôt cette semaine, rue Fullum, dans le quartier de la ville de ses (anti)héros.«Il est de bon ton dans le milieu du théâtre de professer une indifférence par rapport à la politique.Moi, en tout cas, je trouve qu'on peut encore y trouver une riche matière dramaturgique.» Pourtant, la Saint-Jean, les terroristes patentés et quelques bombes, ça rappelle quelque chose.Et ça peu en faire bâiller plus d’un.«Je ne voulais pas parler du débat constitutionnel, et dans ma pièce, il n’est pas question de conscience nationale, précise alors le dramaturge.Ce que je décris découle d'une prise de conscience de classe.J’y tiens, à cette vieille notion.Je décris des jeunes pleins de scrupules, conscients de leurs limites, mais qui refusent d’être embaumés vivants dans leur pauvreté économique et culturelle.» VOIR PAGE A 10: MARTIN Alexis Martin veut réhabiliter le théâtre sociopolitique L’OTAN bombarde le centre de Belgrade Les Kosovars sont victimes de «déportations massives» D’APRÈS REUTERS, ASSOCIATED PRESS ET AFP Aggravation incontrôlable de la crise des réfugiés, craintes de coup d’Etat au Monténégro, ixmrsuite des frappes aériennes sans perspectives d’intervention terrestre: «Nous sommes désormais confrontés à une crise régionale» qui menace la stabilité des Etats voisins, a reconnu hier l’OTAN, quelques heures avant de provoquer une escalade dramatique du conflit en bombardant le centre de Belgrade., , Vers minuit hier soir, heure locale, les sièges des ministères de l’Intérieur serbe et yougoslave dans la capitale ont été détruits par des missiles de l’OTAN.C’est la première fois depuis le début des frappes, le 24 mars, que le centre de Belgrade est touché.Les deux bâtiments, qui ont pris feu, sont situés rue Kneza Milosa, une des principales artères de la ville, à quelques centaines de mètres de l'ambassade des Etats-Unis et d’autres chancelleries.Trois fortes détonations ont secoué une bonne partie de la ville.Pendant ce temps, en Macédoine et en Albanie, la crise humanitaire a continué de s’approfondir.Depuis le début des frappes il y a dix jours, 190 000 personnes — un Kosovar sur dix — ont quitté le Kosovo, a annoncé hier le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR).Un cauchemar pour les Kosovars, qui abandonnent tout pour fuir, de gré ou de force, alors que les témoignages sur les exactions VOIR PAGE A 10: BELGRADE I Les Américains s’inquiètent pour leurs «boys» I Crainte de coup d’Etat au Monténégro I L’UCK recrute à la frontière albanaise: page A 7 Les frappes divisent l’Europe Paris et Berlin sont déchirés sur les suites à donner aux bombardements CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT DU DEVOIR À PARIS Alors que les frappes aériennes de l’OTAN en Serbie entrent dans leur dixième journée, les dissensions ne cessent de s’exprimer au sein des forces politiques européennes sur la suite à donner à l’action militaire occidentale.Derrière l’unité de façade, plusieurs partis membres des coalitions social-démocrates au pouvoir vont jusqu’à s’opposer ouvertement à la politique de leur gouvernement.C’est en France que les dissensions sont les plus évidentes.Mais l’Allemagne parvient mal, elle aussi, à cacher la grogne d’une partie de ses responsables.Contrairement au relatif silence canadien et américain, un véritable débat de société déchire les capitales et les populations européennes, qui réalisent soudain qu’elles sont engagées dans le premier conflit opposant des nations souveraines sur leur continent depuis 1945.Une guerre qui se déroule à leur porte.En France, quelques-uns des principaux ministres du gouvernement de Lionel Jospin critiquent ouvertement l’action de l’OTAN, si bien que le premier ministre vient de leur imposer le bâillon.Ils pourraient bientôt devoir choisir entre la solidarité ministérielle et la démission, VOIR PAGE A 10: L’EUROPE CAHIER SPÉCIAL Deux mille ans de christianisme Par-delà le cataclysme informatique appréhendé, l’an 2000 marque un anniversaire historique capital qu’on a tendance à oublier dans nos élans de folie millénariste: celui de Jésus-Christ et de l’Eglise chrétienne à laquelle il a donné naissance.Pour le cardinal Jean-Claude Turcotte, les dernières Pâques avant l’an 2000 sont une, occasion de jeter un regard sur l’Eglise telle qu’elle a été, est et sera peut-être.ou devrait être.Dans cet esprit, Le Devoir offre aujourd’hui à ses lecteurs un supplément spécial intitulé Deux mille ans de christianisme.Voir notre cahier E 778313000696 I.K I) K V OIK.I.K S S A M E I) I :i E T I) I M A N < Il E I A V It I I.I !» il il Rxnr ELLe 277, av.laurier 0.270-6154 Centre de Canrerce Mondial 844-9125 fs 0-18 ans Tailleurs printaniers àpa-Hrde 275$ ïtur Lui.Centre de Ccrrrèrce Mondial 281-7999 i 5107, ai.di ferc 'açloüuru! 277-7558 TOMBOL disponible rtant des passagers vers la Guinée.Un porte-parolç de l’administration militaire de l’Etat de Rivers a confirmé hier le naufrage.Augustine Nwikinaka a indiqué à l’AFP que les autorités «étaient en mesure de confirmer que le bateau a sombré», ajoutant que le MV George, avait fait naufrage jeudi soir au large de Port-Harcourt alors qu’il se dirigeait vers Nembe., EN BREF Entente de principe avec les infirmières du Grand Nord • \ ?* (Le Devoir) — Les infirmières du '1 Grand Nord ont mis fin, hier, à leurs-moyens de pression à la suite de la signature d’une entente de principe ' ! avec le Comité patronal de négocia-,, tion de santé et services sociaux •, (CPNSSS), jeudi.Ixs infirmières deJa baie James, de la baie d’Hudson et de la baie d’Ungava avaient lancé un cric, d’alarme à la population en dénonçant la pénurie de personnel qui, disaient-, elles, met en danger la dis]x>sition dels services de santé.Ixi Fédération des.infirmières et infirmiers du Québec (FI1Q) s’est dite heureuse de l’entente, qui comporte une prime de réten-, tion pour les infirmières du Grand ; Nord et la reconnaissance du statut particulier des infirmières œuvrant:- ¦ dans tous les dispensaires du Québec.Poisson d’avril iranien ; Bagdad (AP) — C’était le genre de nouvelle qui mérite la «une» en Irak: dans les paniers de rations alimen-, taires, on trouverait bientôt des bananes, des barres chocolatées, des : canettes de soda, autant de denrées, que la majeure partie de la population irakienne, victime depuis près • de dix ans de l’embargo économique, n’a pas les moyens de s’acheter.Ix* titre a accroché de nombreux regards et certains n’ont aheté l’hebdomadaire Al-Zawra, dirigé par le fils aîné de Saddam Hussein, Odai, que pour en savoir plus.Tout cela pour lire au bout de six pages: «Ne croyez pas cette information, c'est le 1" avril».D’autres poissons d’avril, moins cruels pour la population, figuraient dans les organes de presse détenus par le fils du dirigeant irakien.Le quotidien Babil a notamment annoncé que le président russe Boris Eltsine menaçait,de bombarder Washington si les Etats-Unis ne cessaient pas les bombardements contre l’Irak et les patrouilles des zones de non-survol aérien.L’ONF prise dans une tourmente juridique Diffuser ou non Le Gardien de la colline ?BRIAN MYLES LE DEVOIR Prise dans une tourmente politique au sujet du documentaire Le Gardien de la colline, l’Office national du film (ONF) a demandé un avis juridique à un éminent avocat avant de prendre la décision de diffuser ou non ce film portant sur le président de la Chambre des communes.Selon les informations obtenues par Le Devoir, l’ONF a demandé à l’ancien sous-ministre fédéral de la Justice, Roger Tassé, de lui apporter un éclairage juridique dans cette délicate affaire.La sortie du Gardien de la colline, un documentaire portant sur le président de la Chambre des communes, Gilbert Parent, a été reportée la semaine dernière après que M.Parent eut fait part de ses réticences.La commissaire de l’ONF, Sandra Macdonald, a donc décidé d’annuler de façon précipitée la première qui devait avoir lieu à Toronto.Jusqu’à ce jour, Mme Macdonald a refusé de justifier publiquement sa décision, ce qui lui a valu des critiques.La réalisatrice Claudette Jaiko de même que la Guilde des réalisateurs du Canada ont laissé entendre que l’ONF avait cédé aux pressions politiques.Mais toujours selon les informations obtenues par U Devoir, il appert que l’ONF nage plutôt dans le flou le plus complet, ce pourquoi les services de M.Tassé ont été retenus.Les avocats du bureau du président de la Chambre auraient menacé l’Office national du film de poursuites étant donné que la diffusion du documentaire violerait le privilège parlementaire.Or, l’ONF n’a qu’une vague idée de la portée de cette notion de privilège.Grosso modo, le privilège parlementaire permet à un député de remettre en question par motion la conduite d’une personne autre qu’un député qui aurait porté atteinte aux droits ou aux privilèges de la Chambre ou de l’un de ses membres.Cela peut mener à des sanctions.Ix documentaire de Claudette Jaiko a été fait avec le consentement de M.Parent.Il s’agissait au départ d’une œuvre à caractère éducatif, qui devait expliquer le rôle d’un président de la Chambre des communes.Mais en cours de route, le document a pris une valeur biographique, Mme Jaiko suivant à la trace Gilbert Parent en campagne électorale.Il semble que l’homme n’ait pas apprécié le résultat final, la réalisatrice évoquant au passage le divorce du politicien après 40 ans de mariage.Selon le National Post, le bureau du président de la Chambre se serait également opposé aux scènes suivantes: ¦ une scène au cours de laquelle M.Parent joue au golf pendant qu’un narrateur explique que le président de la Chambre mène la belle vie; ¦ une scène aux Barbades où M.Parent participe à une conférence parlementaire.La caméra montre également des plans de la femme de M.Parent, qui souffre de scléroses multiples, seule à l’hôtel.D’autres scènes contestées mon- trent Gilbert Parent qui, dans un discours, parle de la 35' législature plutôt que de la 36', pour être ensuite corrigé par ses homologues.L’entente signée entre l’ONF et Gilbert Parent prévoit que ce dernier a un droit de regard partiel sur le contenu.Le documentaire ne doit d’aucune façon déshonorer la Chambre des communes et la fonction de président.M.Parent a suggéré quelques changements l’automne dernier pour que soient corrigées certaines imprécisions historiques.Ce fut chose faite.La semaine dernière, Sandra Macdonald annulait la sortie du film devant la menace de poursuites.L’ONF devrait relancer sous peu le bureau du président de la Chambre après avoir obtenu l’avis juridique.Eisha Marjara a trouvé sa voie: le cinéma d'auteur BRIAN MYLES LE DEVOIR Difficile de replonger dans un passé douloureux pour accoucher d’un film?La jeune réalisatrice Eisha Marjara mime de sa main un couteau sur la gorge.«Incroyable» est le seul mot quelle arrive à prononcer d’une voix coupée par l’émotion.Eisha Marjara a sombré dans les profondeurs du gouffre humain — son gouffre — pour en ressortir avec son premier film, Desperately Seeking Helen.Mi-documentaire, mi-fiction, l’œuvre a connu un joli succès cette semaine au Cinéma de l’ONF, ce qui lui vaut de rester à l’affiche jusqu’à mardi.Desperately Seeking Helen est un document d'auteur percutant dans lequel Eisha Marjara explore son passé trouble.Fille d’immigrants indiens, elle devient dès l’âge de quatre ans résolument nord-américaine pendant que sa mère garde un pied au Canada, un autrç en Inde, ne réussissant jamais à trouver son équilibre.A l’adolescen-çè, le fossé entre Eisha et sa mère ne fait que se creuser.La jeune à la recherche de son identité devient anorexique et se retrouve en clinique.C’est la veille de sa sortie de l’hôpital que sa mère et sa sœur meurent dans le tristement célèbre écrasement du vol 182 d’Air India en 1985.Sa mère n’a jamais trouvé son équilibre, et son avion «a explosé en plein ciel, entre ici et là-bas», commente d’une voix basse Eisha dans une narration bien ficelée où alternent drame et humour caustique.En entrevue, la jeune femme dans le début de la trentaine s’avoue «scared as hell», épouvantée.C’est sa vie qu’elle révèle dans ce docu-fiction.«Ma vie qui est montrée à tout le monde, précise-t-elle.Au début, je ne pouvais rester plus de dix minutes lors des projections publiques.Ça faisait trop peur.» Mais les critiques ont été fort positives, reconnaissant à Desperately Seeking Helen une valeur filmique.Le public semble également apprécier, les premières projections au Cinéma de l’ONF ayant attiré un auditoire considérable.Desperately Seeking Helen n’est pas une œuvre péchant par nombrilisme bien qu’elle soit intiment liée à l’expérience de vie et aux souvenirs d’Eisha Maijara.En s’envo-.lant vers l’Inde à la recherche de son idole de jeunesse, une actrice ayant joué dans quelque 700 films nommée Helen, la réalisatrice aborde d’un point de vue d’auteur une foule de sujets universels.«L’histoire, mon histoire, explore les thèmes de l'identité, des pertes, de l’idolâtrie», dit-elle.Identité qui se joue entre celle, indienne, de sa mère, et la sienne, trempant dans l’Amérique de la télé, des Charlie’s Angels et autres Bionic Woman.Perte de son corps de jeune fille pour un corps de femme qu’elle refuse par l’anorexie.Desperately Seeking Helen commence avec une fantaisie de l’enfance, une fixation sur une actrice à la fois héroïne et vamp, dans la tradition du cinéma indien.Les extraits bien réels des films d’Helen comprennent d’ailleurs une quintessence du kitsch ne pouvant évoquer que la fantaisie.Mais le documentaire évolue, se déplace dans la réalité qui est représentée par cette anorexie et ces relations mère-fille faites d’incompréhension mutuelle.Eisha Marjara est attirée par ces univers parallèles de la fantaisie et de la réalité.Elle compte d’ailleurs les exploiter dans un premier long métrage de fiction qu’elle écrit présentement et souhaite réaliser.Son héroïne rêve de devenir une auteure de science-fiction.Eisha Marjara a mis près de cinq ans à concevoir Desperately Seeking Helen.Pendant tout ce temps, elle a plongé dans son passé pour y puiser de vieilles photos, des souvenirs heureux et malheureux.Pendant tout ce temps, elle a erré dans les méandres de son cerveau.«Ce fut l’enfer, lance-t-elle.Il n’y avait pas de structure, pas d'histoire.Personne ne savait ce que j’allais faire, à part mon producteur David Wilson [de l’ONF], Il y a eu des moments où je me suis demandé s’il aurait un film.» L’œuvre vit maintenant d’elle-même.Du coup, Eisha peut aller de l’avant.Desperately Seeking Helen lui a donné, la chance de se forger une véritable identité, celle d’une artiste.Une réalisatrice avec des films plein la tête.Menace de grève des enseignants anglais Brighton (AFP) — Le principal syndicat d’enseignants britannique a menacé hier le gouvernement d’une grève nationale contre un plan de rémunération au mérite qui doit être introduit en septembre prochain.Doug McAvoy, le secrétaire général du National Union of Teachers (NUT) a averti le ministre de l’Education David Blunkett qu’un vote indicatif sur la grève serait organisé pendant la conférence annuelle de l’organisation, qui débute samedi à Brighton (sud).Les délégués décideront aujourd’hui par un vote de consulter ou non les 185 000 membres du NUT sur une éventuelle grève nationale, une arme qu’ils n’ont pas utilisée depuis 30 ans.Ce nouveau schéma, censé remédier à une crise des vocations dans l’enseignement en faisant miroiter de meilleurs salaires, f x EMANA APONTE REUTERS LES GUATEMALTEQUES de la cité coloniale d’Antigua, à quelque 50 km au sud-ouest de Guatemala Ciudad, ont organisé un grand défilé ait cours duquel les participants ont porté une grande statue du Christ vêtu d’une cape écarlate.Des milliers de catholiques se rendent chaque année à Antigua pour participer aux célébrations de Pâques.Des milliers sur la Via Jérusalem (AP) — Plusieurs milliers de chrétiens du monde entier ont participé dans la vieille ville de Jérusalem à la procession du Vendredi saint, sur le chemin de croix emprunté par Jésus près de 2000 ans auparavant.Les fidèles, avec en tête des religieux portant une grande croix de bois, ont lentement parcouru la Via Dolorosa, qui conduit à l’église du Saint-Sépulcre, construite sur le lieu présumé de la crucifixion de Jésus.Les pèlerins se sont arrêtés à chacune des 14 stations du chemin de croix, chantant des hymnes et réci- de chrétiens Dolorosa tant des prières en anglais, en latin, en arabe ou de nombreuses autres langues.I>a procession s’est également arrêtée pour laisser passer plusieurs milliers de musulmans sortant de la mosquée d’El Aqsa, troisième lieu saint de l’islam, après les prières de midi.Un Américain de 45 ans, Gilbert Peru, jouait le rôle de Jésus, ployant comme lui sous le poids de la croix, tandis que d’autres figurants, habillés en soldats romains, lui fouettaient le dos.«Pourquoi ils le battent?» s’est demandée une Palestinienne qui se frayait un passage dans les ruelles encombrées.À la recherche désespérée d’une identité Jésus du Guatemala 1)iu’IhV* Mil .’li.’ < .iil.ul.1 I (liphi.ti.'5|.,'-H|.M|S| I .lu lu : (5 I A i s.l v |‘>2 t .m lull nul hllj» //wwwgiimn nliliUMp in élcdionique: luiuil' gturin nlium qi acâiices & tournée vous propose lOCmNMMSONS EN fRANCE à partir de 379* «WFm par semaine LONGUEUIL 450-679-3721 St-LAMBERT 450-466-4777 Un «best-æOer» bien.de s&i taps G ILLES Gougeon nous invite à plonger dans l’aventure partagée par des millions d’hommes et de femmes à qui le XXe siècle avait promis un nom, une maison, une terre.Taxi par la liberté de Gilles Gougeon 281 pages - 24,95 $ ** On se captive pour cette histoire, on ne quitte qu’à regret cet univers qui, on le voit d’autant mieux, est un peu celui qui se joue là, dehors, sous nos fenêtres." Jean Fugère, le Journal de Mitréal ** On connaissait les qualités journalistiques de Gilles Gougeon, voici qu’on découvre son talent de romancier.** „ Karen Ricard, la Presse & Un roman aux rebondissements multiples dont la vraisemblance est assurée par des observations apparemment justes de la réalité actuelle." Robert Chartrand, Le D&xnr Éditions Libre Expression 2016, rue Saint-Hubert Montréal H2L3Z5 À la suite de l’écrasement d’un hélicoptère en Gaspésie Les moteurs des Labrador mis en cause L K I) K V 0 I It .I.K S S A M K I) I A K T I) I M A N C II E I A V Itl L I II II II A 6 11-* LE DEVOIR ?LE MONDE La guerre a pénétré dans les foyers L’Amérique s’inquiète pour ses trois «boys» Avant même que ne fleurissent les bannières étoilées devant les maisonnettes de banlieue et les rubans jaunes (inspirés par la chanson populaire Tie A Yellow Ribbon comme manifestation que les prisonniers de guerre ne sont pas abandonnés), l’opinion avait commencé à se rallier derrière le commandant en chef, Bill Clinton.«Les États-Unis s’occupent des leurs», a mis en garde ce dernier jeudi, sans préciser comment il entendait procéder pour obtenir la libération des premiers prisonniers de guerre de la campagne des Balkans.Mais l’effet POW (prisonners of war) peut être à double tranchant.PATRICK SABATIER LIBÉRATION Washington — Les rues de East Los Angeles, le quartier latino de la mégapole californienne, sont constellées de petits drapeaux américains.Les étudiants texans de Huntsville, tout comme les gardiens de prison, arborent des rubans jaunes.«Nos prières vont aux otages», proclame le panneau de l'église de Camac dans le Michigan.Les images des trois boys, les soldats de la l"c division d’infanterie de l’US Army capturés mercredi à frontière du Kosovo et exhibés, le visage fermé et tuméfié, devant les caméras de la télévision serbe, sont diffusées d’heure en heure depuis deux jours par toutes les chaînes américaines.La guerre a soudain pénétré dans les foyers et pris le visage des trois «braves petits gars» natifs de Californie, du Michigan ou du Texas.«Les Etats-Unis s’occupent des leurs», a mis en garde Bill Clinton, jeudi, sans préciser comment il entendait procéder pour obtenir la libération des premiers POW (prisonniers de guerre) de la campagne des Balkans.«Que Milosevic ne s’y trompe pas», a déclaré en écho le chef de la majorité républicaine au Congrès, Trent Lott, sénateur du Mississippi.«Il ne s’agit pas là d’une vague menace fondée sur les conventions internationales mais d'un serment de tout le peuple américain.» Les POW et les otages jouent un rôle particulier dans la conscience américaine.Le sort des POW a infléchi la politique étrangère américaine depuis le Vietnam Leur sort a infléchi la politique étrangère américaine, du Vietnam au début des années 70 à l'Iran des années 80 en passant par le Liban, l’Irak et même la Bosnie, où le sauvetage spectaculaire du capitaine Scott O’Brady, un pilote abattu en territoire serbe bosniaque, avait fait instantanément de lui un héros américain.Son avis est très sollicité depuis 48 heures par les chaînes câblées, tout comme celui du sénateur de l’Arizona (et candidat à la présidentielle) John McCain, qui passa cinq ans et demi dans les geôles vietnamiennes.Pour une population qui a du mal à accepter que ses «intérêts nationaux» sont réellement menacés par des conflits qui se déroulent à des milliers de kilomètres dans des régions dont ils ne savent pratiquement rien, le sort des boys tend à devenir une obsession nationale, et la pierre de touche du succès op de l’échec de la politique des Etats-Unis.La crise des otages en Iran avait poussé Jimmy Carter à tenter une opération de secours qui se termina en désastre et lui coûta la Maison-Blanche, puis Ronald Reagan à s'engager dans la politique clandestine qui faillit le déstabiliser et déboucha sur le scandale Iran-Contra.REUTERS Rosie et Gilbert Gonzales ont rencontré la presse jeudi, après la capture de leur fils Steven par l’armée serbe.«Rien à faire au Kosovo» On constate une fois de plus que l’effet PCWest à double tranchant depuis qu’a été confirmée la capture de Steven Gonzales, 21 ans, Andrew Ramirez, 24 ans, et Christopher Stone, 25 ans.Les adversaires de l’opération lancée par l’OTAN, comme Pat Buchanan (candidat ultraconservateur à la nomination du Parti républicain pour la présidentielle de 2000), y voient la preuve que les États-Unis «n’ont rien à faire au Kosovo».Ceux qui soutiennent l’opération, comme McCain, sont au contraire renforcés dans leur conviction que la guerre engagée «doit être gagnée et que tous les moyens doivent être mis en œuvre dans ce but», y compris une offensive terrestre des forces de l’OTAN pour prendre le contrôle du Kosovo.Un haut responsable du gouvernement américain, interrogé jeudi après-midi, exprime «l'espoir que l’action scandaleuse [des Serbes] va renforcer la détermination du peuple américain à affronter un régime qui s'est mis clairement hors-la-loi non seulement par sa campagne de purification ethnique au Kosovo mais par son comportement vis-à-vis de la communauté internationale, y compris l’enlèvement en territoire étranger de soldats qui n’étaient pas engagés dans des actions combattantes».Avant même que ne fleurissent les bannières étoilées devant les maisonnettes de banlieue, les rubans jaunes (inspirés par la chanson populaire Tie A Yellow Ribbon comme manifestation que les PO W ne sont pas abandonnés) et les prières dans les églises d’un bout à l’autre du pays, l’opinion avait commencé à se rallier derrière le commandant en chef, Bill Clinton.Inculpation de Milosevic?Selon les sondages publiés hier matin (mais effectués avant la capture des trois GI’s), 54 % des Américains approuvent les bombardements contre la Serbie.Le «procès» intenté hier par les Serbes aux trois GI’s, en violation des conventions de Genève sur les prisonniers de guerre, ne peut que réduire la tentation que le président pouvait avoir de mettre rapidement fin aux frappes contre l’armée serbe en proclamant avoir atteint §es objectifs.Il pourrait même inciter les Etats-Unis, comme l’a demandé le sénateur McCain, à demander officiellement l’inculpation de Milosevic et de ses généraux pour «crimes de guerre» et «crimes contre l'humanité» devant le Tribunal international de La Haye.Les dirigeants réformateurs du Monténégro craignent un coup d’Etat L'OTAN et le département d’État américain partagent leur inquiétude «Instruction en cours» en Serbie AGENCE FRANCE-PRESSE Pristina — L’instruction du cas des trois militaires américains capturés par les forces serbes est en cours et «de plus amples informations» pourraient être communiquées aujourd’hui, a déclaré hier à l’AFP Jovica Jovanovic, membre du gouvernement provisoire serbe du Kosovo, chargé de la justice.«Le rassemblement des preuves sur la base desquelles on engage une procédure criminelle est en cours.On peut s'attendre demain [samedi] à de plus amples informations», a dit M.Jovanovic.Selon un juriste interrogé par l’AFR cette phase préliminaire de l’instruction peut durer trois jours maximum, au terme desquels le, parquet décide de dresser ou non un acte d’accusation.À Belgrade, une source proche de l’état-major de l’armée yougoslave avait indiqué dans la matinée à l’AFP que les trois soldats américains capturés mercredi seraient jugés «assez rapidement» et étaient passibles d’une peine de prison.«Us recevront une peine de prison qui sera suspendue dès que la situation stratégique le permettra.» La sentence pourrait être «annoncée le jour même de leur procès», selon cette source, qui n’a pu confirmer que les trois hommes seraient traduits dès hier devant une cour martiale au Kosovo, comme l’avait annoncé la veille M.Jovanovic.«Leur procès est organisé pour servir d'exemple, pour montrer que les soldats ennemis sont jugés.Il a une valeur symbolique», avait dit la même source, précisant que «les trois soldats sont des prisonniers de guerre» et que «l'Etat [yougoslave] doit appliquer les conventions de Genève».Les Etats-Unis ont demandé à la Suède de faire parvenir un message aux autorités de Belgrade pour que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) puisse «avoir accès» aux trois soldats américains capturés par les Serbes, a-t-on appris hier de source officielle à Stockholm.La Suède, pays officiellement neutre, n’est pas membre de l’OTAN et n’a pas fermé son ambassade à Belgrade.L’agence officielle yougoslave Tanjug a indiqué que le ministre serbe de la Justice, Dragoljub Jankovic, a reçu hier le chef de la délégation du CICR pour la Yougoslavie, Dominique Dufour.L’agence ne dit pas si le sort des trois soldats américains a été évoqué mais elle indique que le ministre a assuré que les personnes privées de liberté étaient traitées «conformément aux lois adaptées aux conditions de guerre».Le Pentagone a dit hier être dans le noir au sujet de la procédure en cours visant les trois soldats.«Il n’y a absolument rien qui justifie qu’ils soient traduits en justice et, en fait, ils devraient être protégés d'un procès par la Convention de Genève» sur les prisonniers de guerre, a-t-il dit M.Bacon a toutefois relevé que «s'ils devaient être jugés, il existe des procédures très précises à respecter».«Je dirais que le concept d’une justice libre et équitable dans la Yougoslavie d’aujourd'hui est probablement lointain», a-t-il ajouté.L’UCK recrute à Kukes «Désolée, je ne peux pas vous en dire davantage, c’est secret» ROMAIN FRANKLIN LIBÉRATION Kukes, frontière albanaise — La chevelure blonde débordant de sa casquette kaki, Fatima Ademi arpente les rues de Kukes en compagnie de trois autres jeunes femmes en treillis et rangers.Un sac à main incongru sur l’épaule, Fatima recrute pour l’Armée de libération routière une «grande cause nationale» en l’an 2000.Malgré un bilan 1998 qualifié A’«insupportable» par le ministre des Transports, Jean-Claude Gayssot, l’objectif de réduction de moitié de la mortalité sur les routes en cinq ans, fixé en • 1997, est maintenu.Il s’agit de ramener le nombre de tuésv 'î à environ 4000, c’est-à-dire au même niveau qu’en Grande-Bretagne pour un même nombre de conducteurs (33 mil-.* lions).En 1998, les accidents de la route ont fait 8437 tués, et 168 535 blessés, dont 34 977 graves.Le Comité intermi- , nistériel de la sécurité routière a décidé d’augmenter de 10; % les contrôles routiers, selon un communiqué gouvernemental.Les unités spécialisées et polyvalentes de la gendarmerie verront leurs effectifs augmenter de 250 personnes en 1999.Les crédits consacrés aux équipements de contrôle (radars mobiles laser et éthylomètres) seront augmenté de 25 % our atteindre la somme de 160 millions FF sur trois ans, 100 pour la gendarmerie et 60 pour la police.Les mesures prises par le gouvernement concernent également l’amélioration de la sécurité des infrastructures.La CEI limoge Berezovski Le secrétaire exécutif est dans le collimateur de la justice russe REUTERS Moscou — Les dirigçants des pays membres de la Communauté des Etats indépendants ont limogé hier le Russe Boris Berezovski de son poste de secrétaire exécutif de la CEI, ont annoncé des agences de presse russes.Les douze responsables des républiques de l’ex-empire soviétique réunis à Moscou ont nommé à sa place Youri Yarov, représentant du président russe Boris Eltsine au Conseil de la fédération (Chambre haute du Parlement).«Si les président de la CEI estiment que la désignation de Yarov est une bonne chose, alors c’est une bonne chose», a déclaré Berezovski à l’aéroport de Kiev où son avion d’affaires privé a été contraint de se poser, alors qu’il se rendait de Paris à Moscou oü se déroulait la réunion de la CEI.«Mon avion n’a pas été autorisé à aller plus loin», a-t-il précisé à la télévision, qualifiant «d’absurde» cette décision qui le tenait éloigné de la réunion de la CEI.Boris Eltsine, qui avait soutenu la candidature de Berezovski dans un premier temps, réclamait son départ depuis le début du mois de mars pour abus de pouvoir.Le président russe avait toutefois précisé que la décision définitive appartenait à la CEI.Berezovski, qui s’est taillé un vaste empire financier sur les ruines de l’ex-URSS, est l’homme qui a financé la campagne électorale de Boris Eltsine en 1996.Il avait occupé un poste de conseiller à la présidence avant que son étoile commence à pâlir.La Douma avait réclamé à l’unanimité le 18 février dernier le limogeage de Berezovski, l’un de ces «nouveaux riches» qui utilisent leur fortune à des fins politiques et qui sont considérés par les investisseurs étrangers comme un obstacle aux réformes.Berezovski a bâti sa fortune sur une entreprise concessionnaire de voitures et possède des parts dans de nombreuses entreprises de premier plan, notamment des compagnies pétrolières et aériennes.La justice russe a récemment ouvert des enquêtes sur plusieurs d’entre elles.La plainte déclenche ! » 1 l’ouverture " d’une information judiciaire Colère au pays lapon Des éleveurs de rennes sont menacés de faillite OLIVIER TRUC LIBÉRATION ’ emdalen — «Vu par l’État, l’élevage de rennes n'est qu’un hobby non rentable.Pour nous, c’est une façon de vivre et de survivre.» Anders Krâik, un jeune éleveur de rennes lapon (ils s’appellent Spmi entre eux) de Vemdalen dans le Çfntre de la Suède, est inquiet i Di situation des Lapons est de plus Ch’ plus fragilisée en Suède, en dépit fles promesses, des bons sentiments et même d’excuses exprimées cet été par une ministre social-démocrate.Mais rien n’y fait.De tout temps, les tonnes se sont déplacés selon un axe nord-ouest sud-ouest, de la montagne à, Ça RêPoDSSC l I t t \ ^4(lVo[TT Poste restante Dans la livraison du Devoir du 30 mars, la chronique «Horizons» traite de la poste traditionnelle versus les nouvelles technologies comme le courriel.On y apprend que le volume de lettres baisse de 1 % par année.La directrice des communications de la Société des postes au Québec, Lise Roy, y va de savantes explications sur le phénomène.Mais selon moi, la raison est beaucoup plus terre à terre: un manque de service flagrant, qui engendre des délais de livraison inacceptables, fait fuir les usagers.Voici quelques exemples de délais en ce qui me concerne: ¦ Alma-Chicoutimi: trois jours ¦ Chicoutimi-Montréal: cinq jours ¦ Chicoutimi-Saint-Jean-sur-Richelieu: huit jours ¦ Chicoutimi-Vernon (British Columbia): trois semaines Je changerai mon ordinateur bientôt; le prochain aura son modem intégré et je deviens internaute; à moi les livraisons rapides! Quant à cette lettre, je l’envoie par courriel via l’ordinateur de mon fils; fini le tataouinage de Poste Canada.François Dugal Chicoutimi, 30 mars 1999 Desjardins a raison Après avoir regardé l’émission L’Erreur boréale de Richard Desjardins, présentée à Radio-Québec dimanche dernier, j’étais d’une tristesse incommensurable.Je venais de voir défiler des acres et des acres de forêts dévastées, pillées, saccagées par les compagnies de papier et de sciage peu respectueuses de l’environnement Pourquoi seraient-elles plus catholiques que le pape quand elles jouissent de la complicité du gouvernement et qu’elles sont prêtes à tout encore une fois, pour faire un dollar et plaire aux actionnaires?Il est tellement facile de nous faire croire que le reboisement est assuré, que nous n’avons pas à nous inquiéter car nous allons rarement à Chibougamau.Personne ne nous a avertis de l’horreur écologique qui se déroulait pendant que nous, nous croyions naïvement que nos représentants politiques nous protégeaient des pratiques de ce genre.On nous brandit des calculs savants, on nous affirme que tout a été LETTRES -?- pensé pour les 150 prochaines années.Si l’on ne peut prévoir le comportement de nos poissons des rivières et prévenir leur disparition grâce à ce genre de calculs, comment pouvons-nous être certains que les normes de coupe en vigueur aujourd’hui n’accéléreront pas un bouleversement écologique, d’ailleurs, bien entamé?Les images que j’ai vues dimanche soir m’ont permis de douter de la justesse de leurs calculs à long terme.Certains facteurs, comme la faune qui ne fréquente plus ces lieux faute d’arbres pour l’accueillir, n’ont pas été pris en compte.Nous, citadins, sommes fiers d'avoir un petit terrain avec de la verdure et des arbres, alors qu’à des centaines de kilomètres d’ici, on déboise nos forêts de façon accélérée, inconsidérément, en espérant avoir vu juste dans ses calculs.Y a-t-il des inspecteurs pour veiller à ce que le reboisement soit effectué en bonne et due forme?Nous, Québécois, sommes fiers de participer au recyclage du papier, tandis que notre richesse naturelle est exportée à pleins camions et qu'en plus, nous payons pouf assurer un reboisement fait à la hâte par des employés mal payés.Imaginez: dix cents par arbre planté! Pour faire un peu d’argent, l’employé doit donc travailler rapidement; l’amour de la nature n’a pas grand-chose à voir là-dedans.Pourtant, celle-ci mériterait qu’on la traite avec délicatesse.La forêt est publique! Wow! Mais qui, d’entre nous, a été invité à participer à une consultation publique?Oui, M.Desjardins a raison: les compagnies sont mortes de rire.Et nous, nous sommes morts de chagrin et de honte.Francine Paradis Sainte-Dorothée, 29 mars 1999 La religion de nos pères Après avoir attaqué l’Église, Napoléon avouait humblement: «Ixs peuples passent, les trônes s’écroulent, l’Église demeure.» «IJÊglise reçoit des coups et ne les remet pas, ajoute Berryer, mais prenez garde: c’est une enclume qui a usé bien des marteaux.» Claude Jasmin doit souffrir beaucoup pour écrire des paroles si virulentes (Le Devoir, 21 mars 1999).Peut-être lui manque-t-il la joie spirituelle de l’amour de Dieu et de son Église pour guérir les plaies de son cœur.11 n’y arrivera sûrement pas s’il se présume compétent pour accuser, juger et condamner les évêques, le clergé et la religion, en ces temps difficiles.Si l’agressivité de M.Jasmin est causée par sa souffrance, je crois qu’il ferait mieux d’en chercher la cause ailleurs que dans ceux qu’il appelle si gentiment «sépulcres blanchis», hypocrites, imposteurs ou «Ponce-Pilate».Ma mère m’a enseigné que l’injure est «l’argument des faibles» et que la colère est mauvaise conseillère.Léo-Onil Martel Bromptonville, mars 1999 Une capitulation Le gouvernement Bouchard a annoncé qu’il accepte d’aider financièrement les Expos.Il faut dénoncer cette décision qui aura pour effet de siphonner huit millions de dollars par année dans les poches des contribuables.Nos millionnaires sont morts de rire! MM.Bouchard et Landry avaient répété à plusieurs reprises qu’il n’était pas question de subventionner le sport professionnel, qu’il serait indécent d’aider ce genre d’industrie et que les citoyens les plus taxés en Amérique seraient très choqués d’investir dans ce cirque.Nos dirigeants politiques viennent de s’écraser devant la dictature du fric.On tente de justifier ce don de huit millions de dollars par un patinage politique qui ne tient pas debout.On n’a pas su résister aux énormes pressions de coulisses, même si les derniers sondages disaient un non catégorique à toute forme d’aide pour le sport professionnel.Le virage à 180 degrés du gouvernement du Québec est une honte.On peut se poser la question suivante: pourquoi le gouvernement accepte-t-il d’investir dans une industrie dont les dirigeants ont complètement perdu le contrôle?La spirale des salaires continue de plus belle et personne ne veut l’arrêter.L’anarchie règne en maître dans notre «merveilleux» monde du sport.C’est dans cette galère que le gouvernement vient d’embarquer les citoyens du Québec.la porte est grande ouverte; M.Corey et ses «pauvres» Canadiens vont bientôt frapper à la porte de M.Bouchard pour quémander de l’aide financière! Paul-André Deschesnes Saint-Alexis-des-Monts, 25 mars 1999 LIBRE OPINION -?- Sagesses pascales MARTIN GÉNÉREUX Repentigny Dans l’édition du Devoir du 14 mars dernier, sous la plume de Manon Cornellier, nous était rapportée succinctement la pensée de quelques philosophes français humanistes à la mode («Sagesses tragiques, une fin de siècle philosophique»).À la veille de la fête de Pâques, on y claironne la mort nécéssaire de Dieu.Mais la mort de Dieu a des conséquences majeures tellement importantes sur la pensée qu’elle oblige ces philosophes à tremper le pied, pour ne pas dire prendre son bain, dans l’eau trouble de l’irraisonnable.Qu’il me soit permis de tirer trois citations de ces penseurs et de les commenter brièvement.¦ Première citation (André Comte-Sponville): «Comment habiter le relativisme sans le nier, mais sans pour autant sombrer dans le nihilisme?» Cette question, essentielle et lucide, ne présente cependant rien de bien surprenant.Nous en percevons i’écho jusque dans la Renaissance, période dans laquelle l’humanisme d’alors évolue résolument vers l’humanisme moderne — un système de valeurs qui trouve ses racines dans la croyance que l’homme est, en définitive, sa propre mesure, qu’il est autonome et totalement indépendant.Cette vision du monde évoluera inéluctablement vers l’existentialisme qui est bien, au sens propre, un humanisme radical en ce que l’homme se place délibérément sur le piédestal de l’autonomie, absolument souverain et monarque sur ce qu’il est et sur ce qu’il devient.L’hu- manisme ne s’entend plus comme l’élévation de l’humanité de l’être humain, mais plutôt comme le désir farouche et parfois déraisonnable d’un être fini de rompre avec tout ce qui est en dehors de lui-même et de se couronner, à la manière de Napoléon, roi et prince.Si l’homme est au centre, tout devient relatif puisqu’il y a autant de points de vue qu’il y a d’hommes.En définitive, tout devient aussi absurde puisque l’homme, coupé de tout ce qui est en dehors de lui-même, ne peut donner une réelle signification à tout ce qui l’entoure.Il n’y a plus de fondement à la morale (absence de critère absolu pour juger), plus de sens à l’existence (absence de transcendance).C’est le nihilisme.Mais le nihilisme, c’est dur à vivre pour l’homme puisque ni l’amour, ni la justice, ni le travail, ni la paix, ni l’attachement, ni la recherche, ni la communication n’ont plus aucun sens.Alors la question se pose: comment habiter le relativisme sans le nier, mais sans pour autant sombrer dans le nihilisme?L’homme raisonnable, qui s’attend à une réponse qu'on peut appréhender par l’intelligence, conclut que l’humanisme conduit au relativisme et mène inexorablement au nihilisme; il n’y a raisonnablement pas d’autre issue.Mais on ne s’y résout pas et l’orgueil de l’homme le pousse à poser cette question ad nauseam en se disant que ça prend bien du courage pour oser affronter de telles angoisses existentielles.Il y aura bien une réponse un jour.Mais à trop répéter, les questions ressemblent au bruit qu’on fait pour habiter un silence qu’on ne peut supporter.la raison nous pousse au nihilisme, alors, plutôt que d’accepter une vérité qui vient d’ailleurs, le philosophe démissionne.On pourrait avancer, à ce stade-ci, que la recherche de la sécurité et du confort intellectuel est à l’origine d’une forme de démission du christianisme devant la complexité des questions existentielles qui nous dépasse.Bien que cet argument soit recevable en théorie, dans la pratique, il pâlit devant les exigences d’un Dieu redoutable.Il serait utile à la philosophie contemporaine de prendre connaissance du sermon sur la montagne prêché par Jésus de Nazareth voilà près de deux mille ans.L’homme y est appelé à marcher résolument dans les sentiers de l’humilité, de l’affliction, de la douceur, de la justice, de la miséricorde, du pardon, de la pureté, de la patience, de la bonté, de la longanimité, de la fidélité, de ia tempérance et de la charité.Ce n’est pas une démission, c’est un engagement.la pensée philosophique contemporaine se pète les bretelles de l’orgueil en soulignant haut et fort le courage requis à persister dans une recherche absurde, même, si pour y parvenir elle doit s’aventurer régulièrement sur la glace mince de l’irraisonnable.Le christianisme s’engage, c’est la philosophie qui démissionne; comme une démission de la raison.Comment habiter le relativisme sans le nier, mais sans pour autant sombrer dans le nihilisme?Poser la question, c’est y répondre.Dieu est parti.Il n’y a plus de réponse.Que le silence.Alors, on fait du bruit.¦ Deuxième citation (Marcel Conche): «Devant le mal absolu exercé sur des innocents et laissé sans réponse par Dieu, le philosophe tire une conclusion irréversible: "Ain- si, d’un point de vue moral, je n'ai pas le droit de croire, je ne puis croire en Dieu.Il est donc moralement nécessaire de nier l’existence de Dieu.Une telle posture n'exclut cependant pas la recherche du vrai même si elle cantonne la vérité à la sphère subjective."» Conche, comme Camus avant lui, a bien raison.Si Dieu est créateur et souverain et si ce qu’on observe autour de nous n’est que souffrances et injustices (Kosovo, Mianmar, Rwanda, Sierra Leone, Cambodge, Congo, guerre, génocide, massacre, nettoyage ethnique, violence familiale, abandon, solitude, rejet.), alors Dieu est le diable! Comme le philosophe ne peut se résoudre à cette conclusion, il est dans l’obligation morale de nier l’existence de Dieu.Mais voilà qu’il y a des conséquences à cette négation.Plus d’absolu, plus de vérité, plus de recherche.Mais le philosophe ne peut encore s’y résoudre.Alors «une telle posture n’exclut cependant pas la recherche du vrai même si elle cantonne la vérité à la sphère subjective».C’est ici que le philosophe démissionne encore.S’il n’y a plus d’absolu, pourquoi alors chercher la vérité?Et si la vérité est cantonnée à la sphère subjective, ce n’est de toute façon plus la vérité.Si tout est absurde, pourquoi chercher?Mais il faut chercher, voyons! Si on ne cherche pas, alors on meurt! Il faut chercher même si on sait que notre recherche est absurde et sans issue! Nous sommes des philosophes! la vérité est absurde mais qu’importe! Il n’y a pas de voie, mais il faut la trouver! J’en connais plusieurs qui se couchent sur un sofa pour bien moins que ça.Y t L K I) K V 0 I li .I.K S S A M K I) I A K T I) I M A X ( A V It I I.I !» !» !» A 9.IDÉES Extrait du rapport Proulx Pour rétablir l’égalité religieuse dans les écoles En tant que lieu privilégié d’éducation aux droits de la personne, l’école doit être cohérente avec la Charte québécoise Nous reproduisons ici un extrait du rapport Proulx, rendu public mercredi, sur la place de la religion dans les écoles québécoises.eux tyjjes d’arguments militent en faveur du rétablissement de l’égalité en matière religieuse à l’école: la cohérence sociale et le consensus social.DLa cohérence sociale I-e premier argument qui milite en faveur de la pleine reconnaissance du principe de l’égalité fondamentale est celui de la cohérence sociale.Ix“ Québec et le Canada se sont dotés en 1975 et 1982 de chartes qui ont fait de l’égalité l’assise de la société.Ils l’ont fait pour une raison essentielle: l’égalité constitue, avec les autres libertés humaines, le fondement de Injustice et de la paix.Ix» préambule de la Charte québécoise affirme d’ailleurs cela de façon solennelle: «Considérant que tous les êtres humains sont égaux en valeur et en dignité et ont droit à une égale protection de la loi.«Considérant que le respect de la dignité de l'être humain et la reconnaissance des droits et libertés dont il est le titulaire constituent le fondement de la justice et de la paix.» Aux yeux des membres du Groupe de travail, il convient donc au plus haut point que l’école, qui constitue un des lieux privilégiés d’éducation aux droits de la personne, soit cohérente par rapport à cette valeur fondamentale que le Québec a inscrite dans ses choix de société il y a 25 ans à peine.Du reste, la Déclaration universelle des droits de l’homme assigne comme finalités de l’éducation à la fois le «plein épanouissement de la personnalité humaine et lie] renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales» (article 26,1).11 nous apparaîtrait donc contraire à cette double finalité de maintenir un système éducatif dont l’organisation concrète la contredirait manifestement.Au surplus, en vertu de la Loi sur l’instruction publique, tout enseignant a le devoir «de prendre les moyens appropriés pour aider à développer chez ses élèves le respect des droits de la personne» (article 22,3 d).Comment, logiquement, pourrait-il les convier «à ce respect lors même que l’école où il enseigne serait organisée selon un principe contrevenant à cet idéal?On pourrait objecter que, précisément, c’est différent pour l’école.A preuve, le Canada n’a pas recherché la cohérence sociale que l’on estime primordiale aujourd'hui lorsqu’il a adopté la Charte canadienne des droits et libertés en 1982.11 n’a pas en effet remis en cause l’article 93 de la Loi constitutionnelle de 1867.Ix législateur «constituant» a même précisé que «les dispositions de la présente charte ne portent pas atteinte ata droits ou privilèges garantis en vertu de la Constitution du Canada concernant les écoles séparées et autres écoles confessionnelles» (article 30).On doit apporter deux réponses à cette objection.Premièrement, les droits de la personne et les droits et privilèges confessionnels ne sont pas de même nature: ils n'ont pas le même fondement: les premiers, précisément, sont fondamentaux: les seconds ne le sont pas, autrement La majorité des parents qui jouissent de privilèges confessionnels actuels n’est pas d’accord avec le maintien de ces privilèges à leur seul bénéfice ils devraient s’appliquer partout au Canada, ce qui n’est pas le cas.Comme l’écrivait la Cour suprême dans l’affaire sur le renvoi relatif à l’instruction publique du Québec: «Il est unanimement reconnu que l’article 93 est l'expression d’un désir de compromis politique.Il a permis l’atténuation de conflits religieux qui menaçaient la réalisation de l’Union [en 1867].» (Cour suprême du Canada, 13: 529; Proulx, D., 18).Deuxièmement, le Québec (et Terre-Neuve après lui) a choisi, avec l’accord du Parlement du Canada, de revoir le compromis politique de 1867 et d’abroger les droits et privilèges confessionnels qui y furent inscrits.Si incohérence il y a eu en 1982 sur le plan constitutionnel, elle est, en ce qui concerne le Québec, dorénavant levée.Le consensus social L’argument en faveur de la reconnaissance du principe d’égalité religieuse en matière scolaire tient au consensus social.A cet égard, nous avons pu constater que l,e.s conseils et organismes de l’État québécois chargés de l’éclairer et la Commission des droits et libertés de la personne posent l’égalité des citoyens, quelle que soit leur religion ou leur origine, comme fondement de la société.Aucun de ces orga- | nismes (à l’exception du Comité catholique) n’a jugé pertinent de proposer une exception à ce principe pour l’école.Lorsqu’il s’agit du droit à l’égalité, c’est d’abord l’opinion des minorités qu’il faut prendre en considération.La majorité, en effet, souffre rarement des inégalités puisqu’elle est plus que tout autre capable d’influencer le décideur politique en sa faveur.Or les quelques confessions non chrétiennes qui ont transmis leur avis à notre groupe ont insisté sur le principe de l'égalité comme base de notre système scolaire.Notre groupe a par ailleurs constaté que même la majorité des parents qui jouissent de ces privilèges n’est pas d’accord avec le maintien des droits et privilèges confessionnels à leur seul bénéfice.Seuls 21,4 % de catholiques et 12,2 % de protestants favorisent ce maintien.Ceux qui appartiennent à d’autres confessions et ceux qui déclarent n’appartenir à aucune y sont encore moins favorables, soit respectivement 7,9 % et 4,2 %.En fait, le principe d’égalité reçoit la faveur du plus grand nombre, quel que soit le groupe d’appartenance, et plus encore chez ceux qui sont actuellement l’objet de discrimination.Cela dit, l’opinion des parents demeure divisée sur la manière d’appliquer le principe de l’égalité, ce sur quoi nous reviendrons.Les arguments favorables aux droits et privilèges confessionnels 11 nous faut par ailleurs discuter de la position en faveur du maintien des droits et privilèges des catholiques et des protestants.Cette position a été officiellement défendue par le, Comité catholique du Conseil supérieur de l’édqca-tion.Émanant d’un organisme mandaté à la fois par l’État et l’Eglise pour servir «d’interface entre les différents partenaires de l’éducation religieuse scolaire», sa position mérite de ce fait une prise en considération attentive.La tradition chrétienne dans la culture nationale L’argument central en faveur de la reconnaissance des droits et privilèges des catholiques et des protestants est la place déterminante que ces deux traditions occupent dans l’histoire du Québec.Le Comité catholique écrivait à cet égard à notre groupe: «Dans toute société, il paraît inévitable que certaines traditions culturelles occupent une place prépondérante en raison de leur signification historique et sociale».Il avait écrit précédemment «que la culture québécoise puise autant aux sources de la tradition chrétienne qu’à la culture française».L’octroi des mêmes avantages à tous les groupes dans une société pluraliste amènerait selon lui un «nivellement qui pourrait conduire à l’extinction de la culture nationale».En définitive, le Comité catholique justifie le traitement privilégié accordé aux traditions chrétiennes au nom de «l’équité».Il est indéniable que le Québec a été façonné par la tradition catholique et les traditions protestantes.C’est là un fait historique et sociologique que personne ne conteste.Notre enquête auprès des parents a même permis de constater qu’une bonne majorité de parents catholiques (60 %) associe l’école catholique à l’identité de la société québécoise.Majoritairement encore (57 %), ils associent même à des degrés divers leur religion à leur propre identité nationale comme Québécois ou Canadiens.Ce n’est toutefois pas le cas des membres des autres religions et de ceux qui n’en ont pas.Au delà de ce fait socio-logique, ce qui est en cause, c’est le caractère normatif que doivent revêtir ou non les traditions religieuses, et en particulier le catholicisme, dans notre organisation sociale en général et dans notre système scolaire public en particulier.Or il y a une raison déterminante pour ne pas faire des religions chrétiennes une valeur normative et structurante pour les institutions scolaires publiques.En effet, dans la perspective sociologique que nous venons d’évoquer, le «nous» se définit en fonction d’une tradition majoritaire.Du coup, se trouvent exclus de ce «nous» ceux qui n’appartiennent pas à cette tradition.Cette perspective contraint à parler de «nous» et des «autres» et donc à s’éloigner collectivement du but que le Québec s’est fixé: il veut développer chez tous un sentiment de solidarité sociale et d’appartenance commune à la société québécoise.De plus, cette vision entraîne à la limite à considérer ce «nous» comme une donnée statique qu’il faut protéger de l’extinction, alors qu’il est, comme l’histoire des 40 dernières années le montre, en profonde transformation.Ce «nous», selon toute probabilité, va continuer à évoluer dans un sens marqué non pas par une identité religieuse nationale mais par une pluralité d’identités culturelles et religieuses, malgré la prédominance démographique des catholiques.Dire cela, ce n’est pas diminuer, encore moins nier l’existence de la tradition chrétienne qui a le plus façonné le Québec; son influence est d’ailleurs toujours présente à bien des égards dans la vie des personnes comme des groupes.C’est pourquoi elle doit avoir une place importante à l’école.Mais elle ne peut prétendre, sans remettre en cause la valeur de légalité de tous, «nor-mer» l’école publique, ni y occuper une position qui, on pratique, exclurait les autres.Un deuxième argument invite à ne pas reconnaître un caractère normatif aux éléments religieux catholiques et protestants de la culture nationale.C’est la cohérence par rapport à nos engagements internationaux en matière de droits de la personne.En effet, le Canada et le Québec ont adhéré au Pacte international relatif aux droits civils et politiques.Or ].] le Comité des droits de l’homme des Nations unies chargé, en dernière instance, d’arbitrer les conflits entre les personnes et les Etats liés par ce pacte a déjà fourni une interprétation très claire à l’égard de la question qui nous intéresse ici.Nous l’avons déjà citée, mais il importe de la reprendre car elle va au cœur de la question: «Le fait qu’une religion soit reconnue en tant que religùm d'État ou qu’elle est établie en tant que religion officielle ou traditionnelle, ou que ses adeptes représentent la majorité de la population, ne doit en rien porter atteinte à la jouissance quelconque de droits garantis par le Pacte, notamment les articles 18 et 27, ni entraîner une discrimination quelconque contre les adeptes d’autres religions ou les non-croyants.» Or le pacte garantit aux personnes le droit à l’égalité (article 26) outre, bien entendu, la liberté de conscience et de religion, édictée à l’article 18.Si le Québec continuait de fonder son système scolaire sur des principes qui contredisent ses engagements internationaux et qu’un citoyen contestait les droits et privilèges des catholiques et des protestants devant le Comité des droits de l’homme des Nations unies, il est donc hautemeilt probable que l’argument de la culture religieuse nationale y trouverait peu d’écho.Pour l’ensemble de ces raisons, le Groupe de travail confirme son option en faveur d’une école fondée sur le principe de l’égalité fondamentale de tous.Le recours aux clauses dérogatoires Pour soustraire les lois sur l’éducation aux droits à l’égalité et à la liberté de conscience et de religion geirantis par les chartes, le Québec a recours depuis de nombreuses années aux clauses dérogatoires.On est ici dans l’ordre des moyens.Vu notre prise de position en faveur de l’égalité, le recours à de telles clauses ne nous paraît pas davantage justifié.De plus, vu les engagements internationaux du Canada dans le cadre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le recours à la clause dérogatoire paraît extrêmement difficile à légitimer sur le plan démocratique.En effet, aux termes de ce pacte, ce recours est autorisé dans le cas d’un «danger public exceptionnel [qui] menace l’existence de la nation», mais sous réserve que cette dérogation n’entraîne pas une discrimination notamment fondée sur la religion (article 4).Comment, dès lors, pourrait-on admettre une telle dérogation fondée sur l’existence de la tradition ou la place prédominante d’une religion sur le plan démographique ou dans la culture nationale?[.] ¦ 11 Lettre ouverte à Lucien Bouchard Le Québec, une démocratie ?Sans aucun débat en Chambre ni discussion sur la place publique, le peuple, québécois pourrait se retrouver avec un système d’éducation où Dieu et le Christ auront été mis dehors U JEAN MORSE-CHEVRIER Vice-présidente de l'Association des parents catholiques du Québec n président d’association pour le Parti québécois a dévoilé la position de son parti et de l’Assemblée nationale au complet sur leurs intentions futures au sujet de l’école catholique au Québec.Il s’agit de Pablo Santos, du com- ____té de Lafontaine, à l’émission Controversy sur Vidéotron (14 mars 1999).Parlant apparemment au nom de son parti, il a dit: «Nous demandons au gouvernement de ne pas renouveler la clause dérogatoire.» Et encore: «Je ne crois pas que la clause dérogatoire va être renouvelée.Je pense que nous avons toute l’Assemblée nationale en accord là-dessus.» La clause dérogatoire protège la confessionnalité du système scolaire.C’est ainsi que la population québécoise en entier apprend par une tierce personne les intentions de la totalité de l’Assemblée nationale au sujet d'une décision qui aurait pour impact l’abolition totale de l'école catholique au Québec! Depuis quand un membre non élu se permet-il de présumer des intentions de vote des partis de l’opposition et de l’Assemblée nationale au complet, sur une question aussi capitale de surcroît?Doit-on croire que nos députés élus se préoccupent si peu du processus démocratique et des désirs du peuple québécois qu’ils ont déjà décidé de son avenir derrière des portes closes?En effet, le non-renouvellement de la clause dérogatoire, qui arrivera à échéance le 30 juin 1999, entraînerait la fin des cours d’enseignement religieux catholique et protestant dans toutes les écoles du Québec, la perte du statut catholique ou protestant des écoles publiques et privées, la fin de l’animation pastorale dans les écoles, l’abolition de la célébration de toute fête religieuse à l’école et de tout symbole religieux dans les classes.Ça serait la fin de la religion à l’école.M.Santos l’a bien reconnu lors de cette émission, chose que son parti et que les partis de l’opposition refusaient de reconnaître lorsqu’ils ont coupé notre protection constitutionnelle en 1997, laissant le peuple québécois à la merci de l’État.Le supposé accord entre nos députés, à l’insu de la population, de ne pas renouveler cette clause est un affront à la démocratie.Sans aucun débat en Chambre, sans aucune discussion sur la place publique, le peuple québécois pourrait se retrouver du jour au lendemain avec un système d’où Dieu et le Christ auraient été mis dehors sans plus de cérémonie.Il semble néanmoins que M.Santos disait vrai, du moins en ce qui concerne son parti, à voir les propositions qui seront présentées au Conseil national du PQ les 27 et 28 mars prochains (U Devoir, 21 mars 1999).Pourtant, ce n’est pas ce que désirent les parents de ces enfants! El les parents sont reconnus dans plus d’une charte comme les premiers éducateurs de leurs enfants, et l’école, comme subsidiaire du pouvoir paren- tal.L’école se doit d’être en accord avec les parents, qui sont aussi des contribuables.Or la majorité s’est prononcée depuis plusieurs années: 92 % de la population scolaire se déclare chrétienne; 77 % des parents choisissent l’enseignement religieux catholique ou protestant pour leurs enfants et adolescents; de 75 à 90 % des parents choisissent le statut confessionnel pour leur école.Ceux qui ne désirent pas participer à l’enseignement religieux ou à l’animation pastorale ont d’autres choix; les parents décident si l’école est neutre ou confessionnelle.C’est une question de liberté que les parents gardent le droit de choisir en matière d’éducation.Si ce gouvernement est vraiment démocratique, il respectera le choix de la très grande majorité des parents et reconduira la clause dérogatoire afin de protéger la religion à l’école.Déjà, en 1997, le gouvernement a aboli la protection constitutionnelle de nos droits religieux scolaires historiques sans informer la population ni ses propres députés de (’ensemble des conséquences de ce geste.A ce moment-là, aucun des députés n’admettait que la clause dérogatoire serait nécessaire pour préserver les écoles catholiques.Aucun membre du gouvernement n’a osé le reconnaître publiquement.Nous voulons l’assurance que la clause dérogatoire protégeant nos écoles catholiques et protestantes sera reconduite Ils n’en avaient même pas discuté à l’Assemblée nationale avant de vendre nos droits constitutionnels.Mais les parents avaient protesté devant le Comité mixte de la Chambre des communes et du Sénat en disant que l'amendement de l’article 93 de la Constitution laisserait tous ses droits à l’école confessionnelle sans protection, à moins de renouveler la clause dérogatoire.Le gouvernement a fait fi de nos protestations, laissant croire que seules les commissions scolaires seraient affectées et non l’école catholique ou l’enseignement religieux.Aujourd’hui, après coup, quand la Constitution ne nous protège plus, il veut de nouveau, à l’unanimité paraît-il, nous ôter la seule protection qui nous reste: celle de la clause dérogatoire, prévue dans la Charte canadienne des droits et libertés! MM.Bouchard, Charest et Dumont, veuillez nous donner l’assurance que vous avez l’intention de reconduire, en juin 1999, la clause dérogatoire qui protège nos écoles catholiques et protestantes, ainsi que l’enseignement religieux et l’animation pastorale à l’école, pour la très grande majorité des parents et élèves qui demandent et exercent présentement ces droits et pour le respect du libèe choix en éducation, geste qui démontrerait que le Québec est encore une démocratie.L’ÉQUIPE I)U I) E V O R IA RÉ duc Dumi _______________________ siçue) ; à l’information économique : Gérard Berube (adjoint politique : Pierre O’Neill, Manon Cornellier (correspondante parlementaire à Ottawa) ni is).La documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault, Manon Deromi vole, Christiane Legault, Jacques A.Nadeau, Claire Paquet, Chantal Rainville, Micheline ments, distribution et production), Marie-France Turgeon (responsable de la production), .Ponsahlr) Ilûlùnn r.m-v'ik Kvolvne Iahonté (responsable à la promotion des abonnements), Monique LHoureux, Use Lachapelle.Ghislaine Lafleur; DaX Nanti" (secrétaire administrative), Nathalie Perrier.Danielle Ponton.Danielle Ross.\A FONDATION DU DEVOIR Marcel Coulure (président).Rouer Boisvert (vice-président exécutif et directeur général) ic urbaine).Yves d'Avignon (sports)-, Paule des Rivières (éducation), Jean Dion, Louis-Gilles Francoeur (environnement), Judith Lachapelle, Louise Le- * * ''’ - w v , (;anH,;m (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques)-, Martin I Judos et Christine ioAndrée Chouinard (livres et politiques culturelles).Brian Myles (cinéma), Jean-Pierre Legault, Clément Trudel (nfu-Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de l’information).Guy Taillefer (éditorialiste).Claude Lévesque ; à l’information Rachellc Leclcrc-Venne.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Jeanne-d’Arc Houde (secrétaire à la direction) ; Céline Furoy, Patrick Inkel (contrôleur).J A K) I.K I) K V (III!.I.V.S S ,\ M K I) I K T H I M A X < Il K I A V I! I I.I !» !» !» ?LE- ACTUALITES Le Québec n’a plus de politique du patrimoine JEAN CHARTIER LE DEVOIR La Commission des biens culturels constate que le Québec n’a plus de politique de commémoration depuis plusieurs années, ce qui a laissé le champ libre à la Commission des monuments et sites à Ottawa, qui relève de Parcs Canada.«Le gouvernement du Québec est dans une période au neutre», signale Marcel Masse, le président de l’organisme qui vient de publier un Avis de la Commission des biens culturels concernant une politique gouvernementale de concours d’architecture, un document de réflexion sur la question.«Dans un État où la politique de conservation disparaît, on devient de moins en moins actif avec le temps», explique M.Masse.A son souvenir, l’ex-ministre de la Culture, Louise Beaudoin, avait annoncé en mai 1998, lors de l'étude des crédits parlementaires, que l'année suivante servirait à une définition d’une politique du patrimoine.Avec les élections et le changement de ministre, cela a été retardé et la structure de réflexion n’a pas été annoncée à ce jour.Depuis un an, c'est le domaine muséal qui a fait l’objet d'un examen.Celui-ci a été mis en marche au congrès des musées, tenu à Joliette.Louise Beaudoin n’avait encore annoncé que son intention au sujet du patrimoine lors du déclenchement des élections.«On attend des directives ou des orientations, signale le président de la CBCQ.Pour le moment, on travaille de notre côté à un processus de réflexion sur les arrondissements historiques comme le Vieux-Québec, le Vieux-Montréal, le Vieux-Trois-Rivières et le vieux quartier de Ixiprairie.» Celle-ci doit se faire avec les artisans du milieu, les fonctionnaires, les urbanistes et les architectes.C’est dans cet esprit qu’un mémoire d’Odile Roy a été publié sur la notion de Monument historique, conservation et restauration.Les réserves sur ICOMOS Marcel Masse n’hésite pas du reste à prendre ses distances face à la position soutenue par l’ICOMOS, le Conseil international des monuments et sites, au sujet du patrimoine sur la Nouvelle-France.11 explique ainsi la conjoncture: «ICOMOS, c'est européen et, beaucoup, le monde anglo-saxon.Tout le monde refait sa place Royale dans le monde, sauf au Québec.C’est peut-être vrai, comme disait Luc Noppen, que la Nouvelle-France, on l’a trop axée sur l’archéologie.L'autre possibilité, c'est la réappropriation du Vieux-Montréal par les institutions d’origine de la Nouvelle-France.C'est mon approche: reformer à partir des œuvres de Marguerite Bourgeoys un lieu d’illustration et de mémoire.Je pense aux Sœurs grises installées à l’Hôpital général des frères Charron et, en troisième lieu, au séminaire des Sulpiciens.» + Un singulier chercheur.Toronto (PC) — Le IL Michael Levitt n’a pas consacré sa carrière ni au cerveau ni aux poumons mais à ce qui lui tient le plus à cœur les flatulences.La passion qu’entretient le gastroentérologue pour les effluves impolies se mesure en chiffres: le Dr Levitt, du Centre médical des vétérans de Minneapolis, cumule aujourd’hui presque 30 ans de recherche, plus de 300 conférences sur le sujet et d’innombrables articles, qu’il s’agisse du New England Journal of Medicine ou bien de la revue Gut.Bref, rien de moins que le roi des gaz.«J’ai eu un mentor qui m’a dit que très peu avait été fait sur le sujet et que tout ce que j'entreprendrais serait nouveau», confie le D' Levitt, dont l’une des premières découvertes a permis d'établir qu’un Nord-Américain s’échappe en moyenne dix fois par jour.Ses projets de recherche subséquents — tout comme les méthodes utilisées — se sont graduellement complexifiés.S.V.P.Assurez-vous de recycler ce papier LE DEVOIR les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 journal.Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier électronique Pour l’agenda culturel La publicité Au téléphone Par télécopieur Fxtérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3551 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par .télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Lr Devoir est publié du lundi au samedi par I/* Devoir Inc.dont le siège social est situé au 20510, rue de Bleury.9* étage, Montréal, (Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle, 7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 012, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée a employer »-t a diffuser les informations publiées dans Le Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du (iroupe Québécor Inc .900, boulevard Saint-Martin Ouest.Laval Knvoi de publication — enregistrement n‘08518.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québei RÉFUGIÉS «Nous ne laisserons pas le Kosovo se vider impunément», prévient Clinton SUITE DE LA PAGE 1 commises par la police serbe et l’armée yougoslave se multiplient.Un cauchemar pour les organisations humanitaires, qui s’avouaient hier débordées par l’afflux de réfugiés qui gagnent surtout l’Albanie et la Macédoine.Quelque 30 (XK) personnes ont été chassées de Pristina au cours des 24 dernières heures.En un an, c’est près du tiers de la population du Kosovo (635 (XX) personnes) qui a été déplacée.«La situation s'aggrave d'heure en heure», a déclaré le porte-parole de l’OTAN, Jamie Shea, tandis que le président Bill Clinton promettait que «nous ne laisserons pas Milosevic vider le Kosovo impunément».Il s’agit d’une «urgence humanitaire majeure», a estimé le HRC pendant qu’Emma Bonino, commissaire européen à l’aide humanitaire — qui rentrait tout juste de la région — accusait Belgrade de procéder, de manière «orchestrée», à la «déportation de masse» des Albanais du Kosovo.Il faudra donc, selon elle, forcer le passage pour secourir ceux qui sont au Kosovo.«Four ouvrir un espace humanitaire, il nous faut une protection armée», a-t-elle dit lors d’une conférence de presse en précisant que les ministres des Affaires étrangères des Quinze évoqueraient la question des réfugiés le 8 avril prochain.Cette option impliquerait cependant une intervention terrestre à laquelle l’OTAN se refuse toujours.«Pour l'instant, la position de l'OTAN reste la même [.] nous ne prévoyons pas la perspective d’une force qui entrerait en quelque sorte parla force au Kosovo», a répété le porte-parole de l’Alliance, Jamie Shea.Aussi, l’OTAN continuait hier d’afficher sans fléchir sa volonté de poursuivre les bombardements jusqu’à ce que les autorités yougoslaves acceptent l’accord de paix sur le Kosovo.En point de presse à Bruxelles, M.Shea et le général David Wilby, porte-parole militaire, ont assuré que les frappes affectaient de façon méthodique les forces serbes et l'armée yougoslave, en coupant l’alimentation en carburant ou en entravant le déploiement des troupes.Pour un troisième jour consécutif, les bombardements ont cependant été gênés par le mauvais temps.20 000 personnes coincées Hier, quelque 20 000 personnes se retrouvaient coincées, certaines depuis trois jours, dans un no man's land entre les frontières de la Yougoslavie et de la Macédoine.Seule une ONG locale et quelques représentants de la Croix-Rouge internationale et d’une organisation caritative catholique étaient présents, mais ils n’avaient que peu de nourriture et aucun abri à leur offrir.Le gouvernement de Skopje, débordé, tente de contrôler les entrées sur son territoire et ne fait passer que quelque centaines de personnes chaque jour.Lents à réagir, les ambassadeurs de l’Alliance atlantique ont donné instruction hier au commandement de la KFOR, la force de 12 000 hommes de Au moins 20 000 Albanais se retrouvent coincés entre les frontières de la Macédoine et de la Yougoslavie.Selon la Croix-Rouge, les organisations humanitaires n’ont que très peu de nourriture à leur offrir.Hier, ils s’arrachaient les quelques morceaux de pain qu’on leur distribuait.l’OTAN stationnée en Macédoine, de fournir un soutien logistique pour l’acheminement de l’aide aux réfugiés.Des files longues de plusieurs kilomètres se sont formées aux frontières des pays frontaliers du Kosovo.Sur la route qui mène du point de passage de la frontière albanaise de Morini jusqu’à la ville voisine de Kukes où s’entassent 90 000 femmes, enfants et vieillards exténués, environ 350 voitures dans lesquelles s’empilent les réfugiés attendaient hier.Après la saisie des passeports, la dernière trouvaille des gardes-frontières yougoslaves consiste à arracher les plaques d’immatriculation des véhicules.En 24 heures, 75 000 Kosovars ont pris le che- min de la Macédoine; plus de 40 000 celui de lTUbanie.Les témoignages des réfugiés dressent une image effrayante de ce qui se déroule actuellement au Kosovo.Skender Mauriqi, parti de Pristina, dit avoir compté 15 ; cadavres dans sa rue, dont celui d’un adolescent de 17 ans.«Je connais son père.» Les forces serbes séparent systématiquement les hommes de leur famille et les arrêtent.Une association de médecins basée à Cologne, Medical Mondiale, a rapporté hier avoir été contacté par une association de femmes de Tirana qui a fait état de viols et de tortures perpétrés par les forces serbes.La fondatrice de l’association, Monika Hause, a dit qu’elle comptait se rendre demain à Tirana pour mettre en place une équipe de médecins albanais qui puissent apporter une aide psychologique et médicale aux femmes victimes de viols.«Rambouillet n’est pas mort» Pendant ce temps, à la Maison-Blanche, le président Bill Clinton déclarait que les Etats-Unis et leurs alliés ne laisseraient pas «vider le Kosovo impunément» et soutenait «croire encore» au succès de l’opération «Force alliée» contre la Yougoslavie sans l’intervention de troupes au sol.Il a qualifié la situation humanitaire au Kosovo de «grave».Mais, a-t-il estimé, «je crois encore que nous avons une bonne chance de remplir notre mission avec les moyens que nous avons déployés».Contrairement à ce qu’affirment plusieurs observateurs, il a répété toujours croire que l’accord de paix de Rambouillet sur l’autonomie du Kosovo allait ultimement servir de base de négociations une fois que Slobodan Milosevic aura cédé devant les frappes.N’empêche que, sur le front russe, le risque d’escalade a encore augmenté hier avec la demande du président Milosevic, rapportée par l'agence Tanjug, d’une aide militaire à la Russie afin de «défendre plus facilement» la Yougoslavie contre les attaques de l’OTAN, à l’issue d’une rencontre avec une délégation parlementaire russe.L’octroi de cette aide «est possible et dépend de la situation», a laissé planer le chef d’état-major de l’armée russe, Anatoli Kvachnine.Un membre de cette délégation a toutefois démenti pareille demande de la part du président yougoslave.Un navire russe de reconnaissance, le Liman, a quitté hier le port ukrainien de Sébastopol, sur la mer Noire, pour se rendre dans l’Adriatique afin d’observer la crise au Kosovo.L’agence yougoslave Tanjug a également rapporté hier que les procédures judiciaires contre les trois soldats américains faits prisonniers par les soldats yougoslaves mercredi soir à la frontière macédonienne avaient débuté dans la journée.Par ailleurs, les forces serbes ont affirmé avoir pris de nombreux bastions de l'Armée de libération du Kosovo (UCK) et confisqué des milliers d’armes aux séparatistes albanophones.L’UCK a été balayée de la région centrale de la Drenica, clame Belgrade.L’EUROPE Lopposition n'épargne pas la droite SUITE DE LA PAGE 1 estiment le socialiste Michel Rocard et le chef du RPR, Philippe Séguin.Les dissidents vont du ministre des Transports, Philippe Gayssot (communiste), à la ministre de l’Environnement, Dominique Voynet (verte), en passant par l’influent ministre de l’Intérieur, Jean-Pierre Chevènement (Mouvement des citoyens).Ce dernier a diffusé hier à ses collègues un texte d’un philosophe allemand antimilitariste.On se souvient qu’il avait démissionné avec fracas lors du déclenchement des frappes contre Saddam Hussein pendant la guerre du Golfe.Le conseil des ministres tenu mercredi dernier en présence du président Jacques Chirac relevait de l’exercice de haute voltige.Une manifestation de plusieurs milliers de personnes réunissait d’ailleurs jeudi à Paris la plupart des partis, à gauche du Parti socialiste, opposés à l’action de l’OTAN.A quelques semaines des élections européennes, les petits partis de gauche n’entendent pas laisser grignoter leur électorat férocement antiaméricain.«Un ministre, ça ouvre sa gueule et ça reste», a déclaré le secrétaire du Parti communiste Robert Hue.Cette opposition n’épargne pas la droite.L’ancien ministre Charles Pasqua dénonçait, cette semaine dans Le Monde, «la violence de bombardements qui n’ouvrent aucune perspective politique et nous entraînent, chaque jour davantage, dans un enchaînement aux conséquences imprévisibles».Le pacifisme allemand mis à rude épreuve Pour le voisin allemand, l’engagement au Kosovo représente le premier acte d’agression militaire dirigé par Berlin depuis la Seconde Guerre mondiale.Les parallèles de l’histoire hantent ce peuple que deux grands conflits mondiaux ont déjà opposé à Belgrade.Les frappes de l’OTAN mettent à mal les anciens pacifistes des années 70 que sont le chancelier Gerhard Schrôder (social-démocrate) et le ministre des Affaires étrangères Joschka Fisher (vert).Pour justifier l’intervention, le ministre de la Défense, Ru- dolf Sharping, invoque d’ailleurs la nécessité de combattre un «génocide».Bien que la discipline ministérielle soit plus respectée qu’en France, des dirigeants régionaux du Parti social-démocrate (SPD) n’ont pas hésité à dénoncer les frappes de l’OTAN.Les miiitants verts le feront aussi à l’occasion des marches de la paix qui se déroulent chaque année à Pâques.Comme sur bien des questions, l’Allemagne est coupée en deux: 69 % des habitants de l’Ouest soutiennent l’action du gouvernement alors que 58 % des résidants de l’ancienne RDA s’y opposent.L’ancien parti communiste de l’ex-RDA est d’ailleurs le seul parti allemand à s’opposer ouvertement aux frappes.Cette division s’éclipse dès qu’il est question d’intervention au sol: 63 % des populations de l’Ouest et 74 % de celles de l’Est sont contre.L’envoi de troupes terrestres «n’est pas une perspective», a déclaré Joschka Fisher, faisant écho à IJonel Jospin.Depuis le début des guerres en ex-Yougoslavie, c’est l’Allemagne qui a accueilli le plus grand nombre de réfugiés yougoslaves (environ 300 000).Débat virulent en France En Allemagne comme en France, ces dissensions pourraient devenir intenables en cas d’action terrestre au Kosovo.Dès qu’on mentionne le mot «bombardements», le nombre de Français qui soutiennent l’OTAN passe de 57 à 46 %.Il faut savoir que les 12 000 hommes stationnés actuellement en Macédoine sont essentiellement des Européens.Plus les jours passent, plus la presse française se déchire sur les enjeux de ce conflit qui mobilise presque tout le temps d’antenne des journaux télévisés, au point d’éclipser la tragédie du tunnel du Mont-Blanc, qui a pourtant fait une trentaine de morts.Contrairement à ce qui se passe au Canada, le choix des pays membres de l’OTAN d’ignorer la bénédiction de l’ONU ne semble déranger personne.On s’interroge plutôt sur la nature de l’intervention.La palme de la virulence revient à l’hebdomadaire Ma- rianne qui traite Jacques Chirac et Lionel Jospin de «tueurs de civils innocents».L’éditorialiste Jean-François Khan demande aux dirigeants français s’ils sont prêts à appliquer la logique de cette «chevauchée grotesque», dirigée contre un pays souverain aux prises avec un problème interne, à la Russie, à la Turquie ou même à la Chine.Plusieurs opposants cachent mal un antiaméricanisme prononcé.La France, venue tardivement à l’OTAN (et jamais complètement intégrée), reste le pays européen où ce courant est le plus vivace, à droite comme à gauche.Plusieurs estiment que l’Europe est, dans cette action, à la traîne des Etats-Unis.L‘ quotidien communiste L'Humanité y va même d’un «OTANgo home!».«Cette épuration ethnique est engagée depuis longtemps, lœs bombardements de l'OTAN n’en sont pas l’origine», réplique le ministre de la Santé, Bernard Kouchner, qui rappelle que 300 000 Kosovars ont déjà été chassés de chez eux depuis un an et que les déportations massives étaient en préparation, ainsi que l’affirmait hier The New York Times.Pour Lionel Jospin, «face à la barbarie, il y a un devoir moral».Le chroniqueur parisien du Herald Tribune suggérait cette semaine de reconnaître l’indépendance du Kosovo, proclamée en 1991 et ratifiée par référendum.Une proposition qui rejoint celle de l’ancien conseiller de la Maison-Blanche, Zbigniew Brzezinski, qui propose carrément d’armer les rebelles kosovars.Emma Bonino, commissaire européenne à l’aide humanitaire, y va à mots plus couverts.Elle exige une protection militaire pour les populations du Kosovo sur le point d’être déportées.Plusieurs anciens chefs français des Casques bleus en Bosnie vont dans ce sens et jugent insuffisante la seule intervention aérienne.C’est l’opinion du général Morillon, ancien chef de la FORPRONU, qui dit qu’il faudrait pour intervenir environ 200 000 hommes et un mois de préparation.En Allemagne comme en France, les divergences pourraient exploser au grand jour lorsque cette solution alternative sera véritablement sur la table.Un quotidien parisien titrait d’aijleurs cette semaine sous la photo d’un soldat français: «Êtes-vous prêts à y aller?» .i .-.— ' ‘ ¦ ‘ - * ALEXIS MARTIN «Un mot peut valoir mille images et allumer tous les feux» SUITE DE LA PAGE 1 Ça se complique donc.On parle bien de Révolutions avec un s.Martin a imaginé une série de micromutations autour du personnage principal, joué par Robin Aubert; au total, huit comédiens, dont Miro, Daniel Brière et Gary Boudreault, se partagent les rôles.Certains points de rupture, très personnels, concernent les rapports du héros avec sa sœur ou son père.D’autres «révolutions» mettent en cause des gosses de riches, étudiants aux HEC.N’empêche, toutes ces dynamiques oscillent autour de problèmes politiques et même d’un enjeu politique fondamental.«IjU pièce demande si la démocratie libérale livre la marchandise pour ces jeunes, pour tout le monde, résume l’auteur.Car, au fond, que vaut la démocratie si la démocratie ne vaut pas pour tous?Et pourquoi y a-t-il tant de pauvres dans un pays riche?» Bonnes questions, en effet.Alexis Martin y répond un peu en citant l’économiste John Kenneth Galbraith: la démocratie libérale gère les comptes courants de la bourgeoisie.Il enchaîne avec une autre réflexion, liant les maux et les mots.Car ses jeunes terroristes sont incapables de maîtriser leur langue maternelle, demeurent aliénés de cette part essentielle qui fonde tout humain.Ils appartiennent à une nouvelle classe de damnés, celle des lumpenprolé-taires du verbe, des faibles en thème, sous-cultivés.La saison du NTE a d’ailleurs débuté avec une pièce formidable de Jean-Pierre Ronfard sur Les Mots, la nécessaire beauté des mots.Récemment, dans le film de Robert Lepage, Nô, le comédien Alexis Martin jouait un terroriste felquiste, un peu linguiste, corrigeant un communiqué de sa cellule.«C’était un clin-d’œil, commente maintenant fauteur-comédien.Dans Révolutions, je vais beaucoup plus loin en traçant un parallèle entre la pauvreté économique et la pauvreté culturelle.Je n’invente rien, bien sûr: des sociologues américains ont établi un lien direct entre le statut social, la richesse et la maîtrise de la langue.» Pour lui, cette évidence devrait préoccuper encore davantage les Québécois pour des raisons de qualité («On n’est pas un peuple de linguistes.») et de quantité.«Je crois que pour survivre, les petits peuples doivent être plus cultivés et plus instruits.C’est la leçon que les Québécois francophones devraient tirer des Juifs ou des Palestiniens.» On est loin du théâtre?Pas si sûr.Alexis Martin construit ses pièces comme un théologien scolastique, de manière déductive, en ébauchant des plans de plus en plus complexes à partir de grands principes.Dans ce système, tout se tient.«Au départ, je me suis dis: que penser de l’état de la société aujourd'hui, que penser de la pauvreté, que penser de la politique?Je ne crois pas beaucoup à l'inspiration.Je lis, je bûche.Four cette pièce, j’ai compulsé des manuels d’éco- nomie puisque l'économie est un peu le discours dominant ou religieux de notre temps.Au bout du compte, j’ai cherché à mettre mes réponses en scène de façon dynamique.Je n’écris pas une conférence mais du théâtre.Et au théâtre, les antagonismes entre une multitude de positions sont nécessaires.» L’aventure critique et politique ne s’arrêtera pas là.Avec son complice Jean-Pierre Ronfard, fondateur du Nouveau Théâtre expérimental (NTL), Alexis Martin a mis sur pied un «atelier Aristophane» il y a quelques mois.Les leçons du très vieux père du théâtre politique seront resservies dans une pièce contemporaine, avec calembours, grossièretés et tout ce que le sujet mérite.On verra le résultat dans quelques semaines et Martin annonce déjà que les choses seront dites franchement, que les coquins seront dénoncés nommément.Et pan dans les politiques.«Iœ NTE réfléchit habituellement sur les mécaniques de la fabrication de l'objet théâtral.On y est très intéressé par les formes théâtrales.Cela dit, la distinction entre fond et forme est très ambiguë.Révolutions ne propose pas une expérience théâtrale radicale où on jouerait dans le noir ou tout nu.Mais elle cadre bien au NTE parce qu'elle sort des normes courantes, du théâtre d’image, du théâtre technologique.Dire quelque chose, prendre position, parler de politique, ça peut sembler expérimental aujourd’hui.Et les mots suffisent parfois.Farce qu’un mot peut valoir mille images et allumer tous les feux.» D1C
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