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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1999-03-27, Collections de BAnQ.

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I.E II K V (I I It .I.E S S A M I I) I E I H I M A X ( Il E 2 S M A U S I !l !l !l ?LE DEVOIR ?i >1^» i V • rnmmmm -i V* ÏII&2 -îft '¦Vh-jSi't, J ltr.« ¦/ A, i mjm vN* Vfc> * a ^ » y./ vr\ç HH ' *v>j >'•> iv.w • - 5$WKCTg| VAV*\ •JteSr 'ugàà Quasimodo, Esmcraida;' Pla Cocciante.H Claude Malien.Ajoutez des voix, des Margot ailes à l'arrière-fond des textes accrocheurs, et une mise en scène ré soin ment Carbon n e 11: Mêlez le tout.ça donne un succès cu(f/v plus reten tissant que Starmania.2| RETOtiR I v RAGE B.9 SM PAGE Fi 12 ;SOLA'NGE LEVESQUE' 1 v/'TBlitrè le'théàtre audacieux qu’ü pratiquait en 1975 avec Les Enfants clu paradis (coiiijJ^Éé’ûeveuue Carbone 14 en 1980) et la mise en scène de l’œuvrede Victor ^ Cinéma .page IM Dansk ÿ mkpf ¦ ¦ DISQUES po.ee B 10 • ¦ sbnsfifîl dans une continuité naturelle.«fai souvent travaillé avec d’imposantes distributions formées d’artistes venait de V- disciplines dûmes, remarque-t-il.''-Dans mes spectacles, on trouve des danseurs, des .chanteurs, des mimes'.» Formé par les Michel Poletti, Etienuç Decroux et Eugenio • Bàrjba, maîtres du mime et dujhéâtre corporel, il a opté dès lè début de sa carrier* .' pour un thôâtr'e où faction prédominé i&lirile texte.Pain blanc, îc Rail, Le Dormir çl Les Âmcs inrirtes, erüre'autres, ont confirmé et approfondi ses choix esthétiques.^n^noi&dkhpMfeur au «tnùfifqi» Malien était on ne peut mWHPparé à se colleter avec Sotrc-lfhyjfjmmris.«Plamondon a fait appel à moi four que j’apporte une nouvelle cui/fêifr au genre "musical”.Mon but est de faire connaître l'avant-garde à un public qui n ’en a pas NOTRE-DAME + CLICHÉ RÉPÉTÉ À ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT.EN RAISON DU TEXTE IMPRIMÉ SUR FOND GRIS OU DE COULEUR B 2 LE I) E VOIR.L E S S A M E 1) I 27 ET DIMANCHE 28 M A II S 1 II !) Il -A.^ w 1 — NOTRE-DAME :: SUITE DE LA PAGE B 1 *; «Pour Notre-Dame.comme pour Itoute autre production à laquelle j’ac-làepte de travailler, explique-t-il, j’ai 'ipercê pleinement mon métier de met-l'teur en scène en traitant ce “musical” 'tomme n’importe quelle pièce qu’il faut '^d’abord décoder.Ce qui fait une différence, précise Maheu, c'est la taille de ¦ la production et les moyens généreux dont on dispose.» Dans ses propres pièces, Maheu est le maître à bord; Notre-Dame.ne peut se concevoir sans une vision concertée.«Luc, Richard, Martino [le chorégraphe], Christian [le décorateur] et moi avons commencé à travailler sur la structure du spectacle un an et demi avant d’entrer en répétition.Assez longtemps pour s’apprivoiser et laisser une bonne chimie s’installer entre nous!» Un sentiment de sécurité lui est venu de cette expérience.«Pour une fois, souligne-t-il, je savais à l’avance où je m’en allais!» Lecture intemporelle, langage actuel Préparé à faire face à une distribution multidisciplinaire d’envergure, il fallait qu’il le soit; douze danseurs, quatre acrobates et sept chanteurs interprétant 42 chansons, cela fait du i monde! Le succès d’une telle entreprise n’implique pas seulement une collaboration étroite entre les concepteurs; la distribution doit être disciplinée, capable de supporter le volume de travail et l’intensité de la coopération.; «En la composant, nous avons choisi des artistes à la personnalité très forte qui possèdent cette disposition à entrer dans la vision d’une œuvre collective.» Sous prétexte que le spectacle se destine au grand public, plusieurs auraient fait des compromis, édulcoré certains éléments.«On n’a pas banalisé le contenu, assure Gilles Maheu; j’ai opté pour une relecture intemporelle de l’œuvre de Victor Hugo que Luc a transposée dans un langage très actuel.J’ai voulu un plateau très dépouillé.» Sur le plan musical, Maheu trouve la musique de Cocciante davantage parente de l’opéra que du «musical» traditionnel.«Il y a plus de chansons, moins de récitatifs.Il fallait donc de vrais danseurs et de vrais chanteurs, car les chorégraphies et les chansons se portent mutuellement.» On a souvent dit des spectacles de Gilles Maheu qu’ils étaient noirs.«Notre-Dame.souligne Maheu, ouvre sur l’espoir, sur la continuité de la vie, et c’est cette vie que les spectateurs sentent.J'ai beau connaître le spectacle par cœur, enchaîne-t-il, la dernière scène me laisse toujours les lames aux yeux.» Il n’est pas inutile de rappeler qu’en 1989, Gilles Maheu déclarait, en visionnaire: «Le choc de l’art est aujourd’hui dilué dans la consommation, mais la perception de l'objet artistique peut encore entraîner un changement de vision du monde; en ce sens, je crois toujours, comme à vingt ans, que l’art est révolutionnaire [.] le changement est en fait dans les yeux de celui qui regarde.L’art sert à changer les yeux des gens.» On devine qu’il le croit encore.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Pour Gilles Maheu, «Notre-Dame.ouvre sur l’espoir, sur la continuité de la vie, et c’est cette vie que les spectateurs sentent».SPM CONCERT VENDREDI SAINT 2 avril 1999 à 20 h REQUIEM de MOZART STABAT MATER de PERGOLESI Fablano Monica, chef Invité Loulie Marcotte, aoprano Noëlle Huet, mezzo-aoprano Guy Bélanger, ténor Alexander Savtchenko, basse CHŒUR DE L’UQÂM Orchestre de la Société Philharmonique de Montréal ÉGLISE ST-JEAN-BAPTISTE 309 Rachel E.Admission générais : 20 $ Réseau Admission : 5U-790-1245 Plaça des Arts : 514-642-2112 Entrés de l’Église una heure avant la concert rflftë0 Orchestre de la Société Philharmonique de Montréal HÔTEL DE L'INSTITUT CONSJIl D6$/4ffTS *5/ & INFO-ARÎS Ml mmm Fmié ipptl acceptlt Choeur de l’UQÀM Le pari de Notre-Dame La victoire de la différence Son caractère profondément européen distingue avantageusement Notre-Dame de Paris de l’univers américain de la comédie musicale C’est l’autre.Le compositeur.Celui qu’on aperçoit dans l’ombre des deux géants illuminés par la gloire de Notre-Dame de Paris: Luc Plamondon et feu Victor Hugo.Pourtant, il n’y aurait rien pour Esmeralda ou Quasimodo à chanter sans les grandes ballades méditerranéennes de Richard Cocciante.Petit retour d’ascenseur.SYLVAIN CORMIER Disons la vérité: c’est à Plamondon que Le Devoir voulait parler.Comme tout le monde.Pur réflexe, conditionné par ce grand bavard de Luc lui-même: les médias et le parolier s’attirent comme un gros tas de lucioles et un projecteur de poursuite.Mais ne voilà-t-il pas qu’une semaine avant la méga-première montréalaise du spectacle musical Notre-Dame de Paris, ledit Plamondon se fait porter pâle.Ou plutôt brun: «Luc est en écriture jusqu’au 28 [mars] à Los Angeles», a relaté la rela-tionniste.Bon.Sur ces entrefaites, qui s’amène en ville?Le comparse.Richard Cocciante en personne.Le créateur des musiques de Notre-Dame de Paris.Celui à qui, justement, on a fort peu causé depuis la sortie de l’album-aux-trois-millions-d’exemplaires-ven-dus-rien-qu’en-France.Coïncidence?De souffle et de désir Je n’ai pas demandé à Coccian.te, une fois attablé au bar du Reine-Elizabeth, si c’était arrangé avec le Plamondon des vues, histoire de lui donner un peu d’éclairage.Mais on a tout de même parlé un peu de l’ombre dans laquelle Plamondon, par sa nature même, tient quiconque est à ses côtés.Cocciante, gentil monsieur d’un calme désarmant, exact contraire de son fébrile collaborateur, n’a pas évité l’écueil.«Pour la création, mon rapport avec Luc est idyllique.Magique.Mais c’est pas facile dans la vie.On est très contrastés.Je suis une personne paisible.J’aime bien ma solitude.Je me suis rendu compte très vite qu’il avait cette envie de prédominance.Que je n'ai pas.Au début, je vivais ça mal.Je ne comprenais pas: on avait fait quelque chose de beau ensemble.Pourquoi en voulait-il tant, lui qui a tout?J’ai compris qu’il avait besoin de cette lumière pour vivre.Aujourd’hui, je me suis fait une philosophie: de toute façon, le temps donnera raison à l’œuvre dans son entier.» Cocciante n’est pourtant pas peu fier de ses musiques, de ces mélodies méditerranéennes pleines de souffle et de désir qui séduisent autant l’ado que l’aîné, de ce caractère profondément européen qui distingue si avantageusement Notre-Dame de Paris de l’univers américain de la comédie musicale.«Moi, je suis issu d’une tradition de chanson méditerranéenne de qualité, qui vient de l’opéra.Ce que nous avons voulu, Luc et moi, c’est retourner à la forme de base de l’opéra en lui redonnant son sens populaire, au moyen de ce format moderne qu’est la chanson.Au fond, c’est le combat que je mène depuis le début de ma carrière: défendre dans le monde la spécificité culturelle du bassin méditerranéen à travers la chqnson populaire.» A en juger par la furieuse séance d’enchères tenue récemment dans l’antichambre de Notre-Dame de Paris, lors de laquelle les multinationales du disque se sont arraché les droits de la version anglaise (Sony a décroché le pactole), Plamondon et Cocciante ont au moins établi une solide tête de pont.«On se demandait si les Américains qui sont venus voir le spectacle allaient aimer cette différence.Eh! bien, oui, c’était exactement ce qu’ils voulaient: une histoire appartenant à un terroir qui est la France, écrite dans une belle langue Cocciante, gentil monsieur d’un calme désarmant, est l’exact contraire de son fébrile collaborateur Toute la troupe de Notre-Dame de Paris JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le compositeur Richard Cocciante est fier d’avoir signé, avec Notre-Dame de Paris, «une histoire appartenant à un terroir qui est la France, écrite dans une belle langue moderne, simple et claire, avec une musique extrêmement européenne».chinchose à l’américaine, un Tycoon passablement dénaturé.«Moi, j’ai aimé Starmania première manière, commente Cocciante: j’étais l’un des premiers fans.Il y a eu une trahison dans l’écriture du Starmania anglais.Les textes perdaient leur sens, les arrangements n’étaient plus au service de l’œuvre.Changer le titre pour Tycoon, déjà, c’était de la foutaise: Starmania est un titre parfait et bilingue.Pourquoi casser la cohérence'de l’œuvre pour faire plaisir à des interprètes?Je n’ai jamais compris.» Et Cocciante de hausser très légèrement le ton: «En tout cas, Notre-Dame de Paris ne perdra pas sa cohérence.» Ce qui n’empêche pas, au demeurant, le succès des chansons hors de l’œuvre.Comme Starmania, et contrairement aux comédies musicales américaines généralement porteuses d’un seul air notable et récurrent, Notre-Dame de Paris regorge de chansons mémorables qui vivent l’une après l’autre de belles vies dans les palmarès.Velours pour Cocciante.«Je crois que les Américains ont été très impressionnés par ça.On avait déjà vendu un million d’albums avant de commencer le premier spectacle.La valeur discographique était au moins aussi indéniable que la valeur du spectacle et de l’histoire de Victor Hugo.Tout se tient, et en plus, il y a des hits.Il y avait aussi beaucoup de hits dans Starmania, mais l’histoire était peut-être trop symbolique pour les Américains.» Cocciante sourit.«Mais je ne suis pas là pour comparer Starmania et Notre-Dame de Paris.» De fait, il est là pour célébrer: tous les billets vendus, la promo est à toute fins utiles superflue.«Notre-Dame de Paris, c’est la grande récompense, avoue-t-il.Toute ma vie, je n’ai jamais cherché à être à la mode.J’ai seulement essayé de défendre un style, une manière.Notre-Dame, pour moi, c’est la victoire de notre différence.» moderne, simple et claire, avec une musique extrêmement européenne.Peut-être qu’on a trouvé le moyen d’exporter notre culture?» Cohérence Pour Starmania, le tandem Pla-mondon-Michel Berger n’avait pas été pareillement courtisé: on s’était emparé plutôt cavalièrement de l’opéra rock pour en faire un ma- SOURCE TV5 CELINE DION - LARA FABIAN IMES de flammes Femmes (le feu, (le fou rire et d’émotion.Elles brûlent les planches et crèvent l’écran.Céline Dion, Lara Fabian, Cher, Mariah Carey, Liane Foly, Ophélie Winter, Maurane, Carole Fredericks, Maïté, Muriel Robin, Miss France, les danseuses du Crazy Morse.Patrick Timsit et Michel Drucker les aiment toutes.J'apis rouge pour ces dames ! ONCOURS T V 5 i voyage pour deux à Paris à gagner ! opérez l’avion à notre antenne.A 30 CHANGEZ DE MONDE < / I ¦m EH l K |) K V OUI, I.K S S A M K I) I 2 7 K T I) I M A X ( Il E 2 S M A It S I !l !) !l B 3 1 A ——— — — — — —?I w DOSSIER 32 ans en parallèle Cette fois-ci, c'est vrai, le cinéma Parallèle ferme ses portes.pour mieux les ouvrir ailleurs Le Parallèle meurt dimanche pour ressusciter dans un ailleurs tout neuf vers la fin mai.La minuscule salle du 3682, boulevard Saint-Laurent, l’un des rares sinon le seul survivant parmi les lieux de répertoire à Montréal, remplira enfin son mandat initial.avec 20 ans de retard.BRIAN MYLES LE DEVOIR Des photographies à la pelle et les souvenirs s’y rattachant ont occupé toute la semaine Claude Chamberlan, le directeur général du cinéma Parallèle qui, 32 ans après sa naissance, s’apprête à vivre des changements majeurs.Le Parallèle ferme, ou plutôt il déménage plus au sud sur le boulevard Saint-Laurent, dans le futur complexe Ex-Centris de Daniel Langlois.Claude Chamberlan et ses acolytes organisent une grande < fête aujourd’hui et demain avant que le rideau ne tombe définitivement sur la salle de 83 places coin-> cée entre deux murs de brique noire, la couleur qu’arborent les gens dits alternatifs.Aujourd’hui, les sièges de couleur bourgogne du Parallèle seront mis en vente lors ,,d’un encan que M.Chamberlan :• veut «loufoque».Ces places dispa-i raîtront, et les profits seront remis à des organismes culturels dans le besoin.Une exposition photo retra- çant les moments «forts et inoubliables» du Parallèle est également au menu pour cette ultime fin de semaine d’activités au cours de laquelle seront projetés les coups de cœur du Parallèle (entre autres La Vie rêvée des anges, Léolo, A Clockwork Orange, Le Voyage dans la lune).Claude Chamberlan s’affairait à préparer l’exposition photo mardi dernier lorsqu’il a pris un moment pour dresser de manière informelle le bilan et les perspectives s’offrant au Parallèle.Nostalgique?Un peu, tout de même, quand il regarde toutes ces images où s’entremêlent deux vies, celle du cinéma et la sienne.Mais il est surtout emballé par le déménagement qui marque la fin des années de pauvreté.L’ami Langlois 11 faut remonter à 1977, année de renouveau pour le cinéma né en 1967, pour saisir tout l’enthousiasme Nostalgique, Chamberlan?Un peu, tout de même.Mais il est surtout emballé.de Chamberlan.«À l’origine, le [nouveau] Parallèle devait compter trois salles, dont une multimédia, explique-t-il.On voulait s’ouvrir au multimédia, à la vidéo et à toutes sortes de formes éclatées, évidemment.» Mais le manque d’argent joua à l’époque et jouera encore pour trois décennies contre Claude Chamberlan, si bien que le projet de trois salles fut abandonné.C’est ainsi qu’il dut se contenter d’une seule salle, qui a maintenu contre vents et marées déficitaires le cap sur l’avant-garde et le cinéma d’auteur.Mais vint un jour de 1996 où la pression financière fut trop forte.«300 000 $ de dettes.J’étais rendu bien loin.J’avais des problèmes de partout.» Claude Chamberlan entreprend de trouver des mécènes.11 a de l’expérience car le Parallèle a survécu grâce à l’implication financière de toutes sortes de gens.«Des mécènes, j’en ai eus», rigole-t-il, avouant qu’il a même approché le baron Philippe De Rothschild (le monsieur qui embouteille notamment le Mouton Cadet).C’est finalement Daniel Langlois, qui a fait fortune avec sa compagnie Softimage, qui a accepté d’aider le Parallèle.Son complexe Ex- Claude Chamberlan devant l’écran de l’«ancien» Parallèle.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Une histoire en accéléré De tous les hauts et les bas vécus par le Parallèle, Claude Chamberlan garde parmi ses souvenirs les plus précieux les 100 ans du cinéma, un événement qu’il avait organisé en juin 1992.Ces 100 ans avaient donné lieu à un concours inusité, un cinémara-thon de 250 heures qui a permis à Chamberlan d’avoir son nom dans le Livre Guinness des records pour la plus longue projection continue au monde.Une étudiante de 21 ans, Laura Denison, avait mérité le titre de «spectatrice la plus endurante», attribué par les gens de Guinness pour avoir vu tous les films.Libération, le Wall Street Journal, Village Voice et Variety avaient jugé l’événement suffisamment intéressant pour y consacrer un article.Les projections urbaines en plein air avaient également connu un fort succès.«Je voyais des jeunes qui assistaient à la projection de films qu’ils ne connaissaient pas, comme Les 400 Coups, se rappelle Claude Chamberlan.Ils sortaient ravis et c’était mon salaire.» Le cinéma a été fondé en 1967 par deux émigrés grecs (Dimitri Spent-zqs et Dimitri Eipides) sous le nom de Centre du film underground.Claude Chamberlan fut de l’aventure dès le début.Le journaliste Luc Perreault, de La Presse, l’a connu à cette époque.Dans un portrait écrit en 1997, M.Perreault se souvient de Chamberlan comme un «garçon déjà brouillon», devenu au fil des ans «un doux dingue», un «funambule» qui a quand même su faire du Parallèle et du Festival du nouveau cinéma deux institutions incontournables dans le paysage culturel montréalais.Claude Chamberlan fut tour à tour spectateur, projectionniste et codirecteur du Parallèle avant d’en prendre la direction en 1971.Après une série de déménagements, le Parallèle a déménagé sur Saint-Laurent, là où il se trouve encore jusqu’à demain, en 1978.Ouverte à tous les genres, la salle fut un lieu de découverte pour les Montréalais, qui ont pu s’initier ou redécouvrir les œuvres des Nick Cassavetes, Jane Campion, Wim Wenders, Robert Morin, Marc-André Forcier et de quantité d’autres.«Un million de spectateurs, 2001 cinéastes et vidéastes», se plaît à dire Claude Chamberlan.L’institution de l’underground filmique a pourtant connu sur le plan financier déboires par-dessus déboires, frôlant la faillite «une dizaine défais».Le Ouimetoscope a fermé au début des années 90 et le Cinéma du Parc en a fait autant il y a quelques semaines.Le Parallèle a survécu.Brian Myles Centris comptera trois salles: le Parallèle avec 100 places, une autre salle de 240 places qui pourra être convertie en salle nouveaux médias et une troisième de 300 sièges.Même le café sympathique où se rejoignaient et discutaient les cinéphiles rouvrira ses portes à Ex-Centris.Difficile de percer cependant le mystère entourant ce complexe qui a pris forme au coût de plusieurs millions.«Disons que Daniel en fait plus que le client en demande, dit Claude Chamberlan avec un sourire.Il s'agira de salles parmi les plus avancées du monde, autant pour le cinéma que le nouveau média.» Trois salles, dont une dédiée au nouveau média, voilà le concept de 1977 de M.Chamberlan qui refait surface.«C'est la même idée, reconnaît M.Chamberlan.En ce qui me concerne, ces trois salles sont très importantes.Je voulais faire passer le Parallèle à une autre époque.» Le Parallèle nouveau gardera les mêmes objectifs, enchaîne-t-il: promouvoir le cinéma d’auteur et d’expérimentation, favoriser l’émergence d’une relève, donner une vitrine au documentaire, au court et au moyen métrage.Par souci de rentabilité, le Parallèle avait dû présenter davantage de longs métrages au cours des dernières années, «ce qui empêchait de faire des choses plus audacieuses», rappelle M.Chamberlan.Mais avec trois salles et l’appui financier de Daniel Langlois, le Parallèle pourra renouer complètement avec son mandat originel de «recherche totale», «d’expérimentation».L’homme ne sera pas seul dans l’aventure.Les programmateurs du Festival de nouveau cinéma et des nouveaux médias, que commandite Daniel Langlois, le suivent à Ex-Centris.Il y aura donc Chamberlan à la direction du Parallèle et à la programmation des longs métrages.Luc Bourdon s’occupera de la section court et moyen métrages et Alain Mongeau planchera sur les nouveaux médias.Des liens seront tissés avec des villes à l’étranger, des ateliers de formation professionnelle seront organisés, et, et, et.C’est la personnalité de Gémeaux de Claude Chamberlan qui se manifeste.Il veut toujours mettre la main à toutes les pâtes.Encore.Après toutes ces aventures et bien d’autres à l’horizon.IA 6MLE M>PLMDIT DEBOUT ET W*T EW DM6N»T„.- Claude Deschênes, MONTRÉAL CE SOIR « m » -Marc-André Lussier, LA PRESSE Ol®s S InMmattoral Picture* Ib'h e I v) o(r)| pandOfCI TÉCHNOWietON.Illioagrl SONY PICTURES CLASSICS version avec ?SON DIGITAL A L’AFFICHE! 3SÜS& [TentreeatonTI CINEMA IMPERIAL 14H00 - 16H30 - 19HOO - 21H15 6 Le plaisir croît que Lise a proposés: Salvatore Panzera, Barbar/tAraya, Bob Walsh, Steve Hill, Charlotte Laurier, Marie-Denise Pelletier, Angèle Dubeau, François Bourassa Trio, Térez Montcalm, Rita Lafontaine, Los Desperados René Richard Cyr ACCUEILLE LISE DION.BLANQUETTE-CREMANT a.* « ,, DE LIMOUX Télé-Québec SAO cuvée st-laurknt immuii 2001 ARCHAMBAULT Télé-Québec CONCEPTION ET DIRECTION ARTISTIQUE: René Richard Cyr et Dominic Champagne DIRECTION MUSICALE: ALAIN LEBLANC ET CHARLES BARBEAU RÉALISATION: JEAN-JACQUES SHEITOYAN PRODUCTEURS: GUY LATRAVERSE ET BERNARD SPICKLER Si vous désirez assister à l’enregistrement de l’émission Le plaisir croît avec l’usage, téléphonez au (514) 526-7090 poste 564 I B 4 I.E I) K V 0 I R .L E S S A MEDI 2 7 E T D 1 M A N C 11 E 2 8 M A II S I II !» !» CINÉMA iliü i.mriiMsviMCTfWI A R D PIC S^Jpip UN FILM DE RICHARD CIUPKA Æ*t ¦ ¦ bu mm ¦ |i j '%^Éf 11 ¦ Bm mrn ¦ Ha* imm m 1 IpkKr CINEMA ST LEONARD 9480 LACORDAIKi; Î24-9227 ( l >Nsi II l l / I I s l H >l; AIUI s ( INI \| \__________________________________________RELACH! MER.Jill.I.r.imlis l*r.iiriis DÈS AUJOURD’HUI! I-ONÉPLtX OCÉON-! I-CMÉPUX OOÉON-I l-CINÉPLfX OOtOH-i i—LES CINf WAS GUZZO | ( CINÉPLÉX OOÉON—1 [QUÂHTIEH LATINV\ IdAUPHIW »n 1 LASALLE (Place) ?11 LAN Q ELI ER 6 ?H ST-BRUNO ?I f— CINÉPLBt OCrtO* 1 r—ClKPlBOOlOH—l -CINÉMA-I | CINfPIXX OOÉC* I r— CINÉPIEX OOÉON-1 IpOIKTE-CLAIREV\ [laVAlTq le ri« t)V 11ST-EUSTACHE ?1| BOUCHERVILLE ?11 BROSSARD ?1 I-CAPITOL -1 I—,CINÉPL£JI OOÉON-I I-FLtUA OC LY*-1 r OALCWC» «T HYACINTHC -l r- CAflftCFOUft OU MONO —I 1 ST-JEAN | [CHÀTEAUQUAYENCORE! ITBOIS-RMÉRES 0.?! (ST-HVACtNTHE ?11 ST-JÉRÔME ?| r— C1NÉPLXX OOÉON ¦ l f— CINÉPLf* OOÉON-1 I-CINÉMA B-I » CINÉMA 8-I r— M Ai SON DU CINÉMA 1 [caMEFOURDORIOhTI [pLÂZA DEISOW V\[OATINEAU ?1 IrOCK FOREST ?! [SHERBROOKE ?! 13 r— L£B CINÉMAS OUZZO—-t r— LIS CINÉMAS OUZZO—l r— CINÉMA CAPITOL I I LE CAAAtFOUP I « [STE-THÉrIsE 8 ?] [TERREBONNE 8 ?! IDRUMMOHDVILLE ?11 JOLIETTE ?| - inm nifimi I-ONÉCNTHÉ^NISC-1 I-CINÉMA PINE-Il-CINÉMA DÉ PAWS- ' ION DIGITAL [sT-BASILE 136 ” Éditions Jeu, i60 P 2I9 PfJOTOS 19 le Théâtre du Trident 269; boul.René-Lévesque Est.1 Diverses tendances traversent le répertoire de ce disque, de la bluette de salon, mièvre à souhait, à l’ambition de «faire grande œuvre».En ce sens, le sort de la Sonate pour piano sur les scènes du monde est tout à fait jus1 tifié.Ce qui blesse dans le présent enregistrement est l’a médiocrité de l’instrument retenu.On entend une sorte de vieille casserole assez inexpressive contre laquelle le pianiste, Daniel Pollack — techniquement assez bon au demeurant —, se débat comme un bon chanteur à la voix enrouée.On arrive à accepter pour la substance (et l’énergie bien réelle) de la Sonate op.26, mais cela ennuie tellement dans le reste du répertoire que j’hésite fortement à recommander son achat, malgré le prix économique de Naxos.Ami.ricw Classics WALTER PISTON Vlnlla Concerto* Nos.I and 2 laalttii fK \ ielin jmJOrrtuMii NAi-Mls»w,*.-r?-ll Ut* Les Grands Concerts Mardi 30 et mercredi 31 mars 1999, 20 h En spectacle au Centre Molson le 20 juin 1999 Andrew Litton, chef Dmitry Sitkovetsky, violon Jârvi à Montréal.un événement! Brahms Ouverture pour une fête académique Prokofiev Concerto pour violon n 2 Tchaikovski Symphonie n 5 American Classics son jeu auprès de Heller (oui, celui des études), on a donc affaire ici à un pur produit de ce que cette société voulait produire.Cela n’en fait pas pour autant un compositeur «américain» au sens où Ives, Copland, Bernstein et Reich — voire l’immigrant Varèse — vont le devenir, c’est-à-dire des créateurs défendant une idée autre de la création.Non, Foote sert plus de cheville dans l’appropriation et l’intégration de la musique.Ce premier volet de l’intégrale de sa musique de chambre est révélateur de cet état de fait.Stylistiquement, on pense inévitablement à ce que Schumann ou Dvorak ont produit dans le genre.N’allez surtout pas penser que cela veuille dire que la musique est sage! Au contraire.Ces œuvres s’inscrivent tout naturellement dans la poussée finissante du romantisme allemand, d’une certaine vision de la composition et du développement, de ce qu’est une idée musicale et de la façon de la traiter à la manière des maîtres.En cela, Foote est sinon d’avant-garde, du moins farouchement près de son époque et du dynamisme originel d’un certain romantisme, un peu plus bourgeois mais quand même assez intempestif pour ne jamais ennuyer.Musique de haute qualité, donc, qui a plus que l’avantage de changer de l’ordinaire, de faire découvrir une personnalité importante et un musicien plus que doué.Les trois œuvres au programme du disque sont en plus admirablement défendues et enregistrées avec un soin affectueux pour défendre un répertoire méconnu.Cela passe.PISTON - CONCERTOS POUR VIOLON Walter Piston: Concerto pour violon et orchestre n° 1 (1939); Fantaisie pour violon et orchestre (1970); Concerto pour violon et orchestre n° 2 (1960).James Bowell, violon; Orchestre symphonique national de l’Ukraine.Dir.: Théodore Kuchar.Durée: 60 minutes 40.Naxos American Classics 8.559003 FRANÇOIS TOUSIGNANT fc* Sortir d’un asservissement aux importations européennes en matière d’art, de musique surtout, tel a , longtemps été le credo de bien des artistes américains.Pas étonnant, alors, qu’après avoir été longtemps tributai-i re des écoles européennes, l’Amérique se soit donné toute * une panoplie d’institutions bien à elle pour éduquer ses ci-1 toyens à cet art.Comme on a toujours une histoire, bien des musiciens se mettent à faire entendre ces premiers pas vers l’autonomie musicale d’un peuple.La série American Classics de Naxos propose donc un tour d’horizon de créations qu’on a souvent oubliées et qui apporte son lot (je bonnes choses dans la mer de la musique faite aux Etats-Unis.FOOTE - MUSIQUE DE CHAMBRE, VOL 1 Arthur Foote: Quintette pour piano en la mineur, op.38; Quatuor à cordes n° 2 en mi majeur, op.32; Quatuor à cordes n° 3 en ré majeur, op./O.James Barbagallo, piano; quatuor Da Vinci (Jerilyn Jorgensen et Kay Kirelis, violon; Margaret Miller, alto; Katharine Knight, violoncelle).Durée: 75 minutes 58.Naxos American Classics 8.559009 Arthur William Foote passe pour le premier compositeur typiquement américain.Formé entièrement sur son sol natal, il a même l’honneur insigne, aux yeux de l’histoire, d’être le premier musicien à recevoir une maîtrise en musique, nul part ailleurs qu’en la noble université Harvard, en 1875 (l’année où Wagner compose sa marche commandée en prévision des fêtes du centenaire de la révolution victorieuse de Washington).Hormis un court séjour parisien, en 1883, pour perfectionner Les Classiques du monde Une sélection de 6 musiciens des plus talentueux dans des oeuvres de compositeurs classiques chinois, espagnols, roumains et persans.Animation : Elisabeth Gagnon Stana Bunea, harpiste, Ye Xu-Ran et Liu Fang, duo de pipa, Duo Alba, guitares espagnoles, Constantinople, quatuor de musique persane.Le 28 mars à 15h00 Église de la Visitation 1847 Gouin Est 7$ et 10$ Taxes et frais de service en sus Billetterie : 845-2014 1)4 \ nui QtuiM Jarms Dites le nom de Piston à un étudiant en musique et vous le verrez faire la moue.Combien sont-ils, ceux qui ont planché sur son traité d’harmonie?Et combien plus nombreux encore, ceux qui ont dû se taper (et acheter!, cela coûtait cher) son traité d’orchestration! Le nom de Walter Piston est irrémédiablement attaché à celui de la pédagogie et de l’enseignement musical américain, voire à celui de la rédaction d’ouvrages scolaires.Au point où voir son nom comme compositeur — près d’une soixantaine d’entrées au catalogue — procure souvent une impression proche de la nausée.Encore une fois, mérite notoire de cette nouvelle collection Naxos, les préjugés s’effondrent.Admettons d’entrée de jeu que cette deuxième génération américaine (Piston est né en 1894, Foote en 1853) s’est fort attachée au «métier».Piston, dans ses trois ARTHUR FOOTE Piano Quintet, Op.38 String Quartets Op.32 and ()p.70 B 12 L K I) K V 0 I U .I.K S S A M K 1)1 2 7 E T 1) I M A X (' Il E 2 S M A K S I !) !l !) 1 —— ———?i Nourrir l’ogre La semaine dernière, après la projection du film EDtv, de Ron Howard, en avant-première au Faubourg Sainte-Catherine, nous étions une poignée de journalistes fichés comme des piquets à regarder défiler l’interminable générique.Tous les spectateurs s’étaient déjà éclipsés, happés par le mouvement de foule vers la sortie.Après tout, le film était terminé.C’était le temps d’en griller une et de se dégourdir les jambes.Mais on restait là, comme des braves à la tour de guet, les yeux rivés aux noms qui défilaient.Ça n’en finissait plus: v’ià l’identification des cascadeurs, des maquilleurs et des coiffeurs pour chiens.Tous ceux qui avaient, de près ou de loin, prêté leur concours à la production en question avaient eu droit à leur petite mention d’usage.On allait se résigner à ce que le titre de Louis 19, le roi des ondes, le film de notre Michel Poulette national qui avait servi de base au remake, ait disparu dans le grand tout quand cette longue patience se vit récompensée.Victoire! C’est apparu, noir sur blanc, Louis 19, en français s’il vous plaît, avec crédit à ses artisans, au bout du tréfonds de l’énumération interminable, soyons justes, avant, tout de même, la liste des chansons.Le premier film québécois à subir jusqu’au fil d’arrivée l’épreuve ou l’honneur du remake américain, c’est selon, recevait bel et bien le crédit pour son travail.Dérisoire mention, avec trois chats québécois, tous journalistes en devoir, pour en témoigner, mais croix de bois, croix de fer, on vous l’assure, mention tout de même.Comme,quoi Û ne faut jamais désespérer de rien ici-bas.Évidemment, quand on pense à la lutte menée par les auteurs québécois pour avoir droit à ladite mention, on pousse un soupir.Deux mois de négociations serrées avec Universal sur ce seul point, après avoir longuement piétiné sur d’autres.Refus de Michel Poulette de Odile Trent bitty signer si son nom et celui de son film étaient rayés, puis victoire remportée de haute lutte.Et voilà! Mais qu’est-ce qu’on attendait, au juste?Le tapis rouge?Dérisoire candeur.«Adapté d’un obscur long métrage canadien-français intitulé Louis 19, Le roi des ondes», précisera le dossier de presse.C’est si gros, Hollywood, si riche, si puissant.Il ne va quand même pas claironner en manchette et en lettres d’or ses sources d’inspiration.Bien beau si elles sont avouées quelque part, d’ailleurs.Michel Poulette admettra qu’il aurait dû se négocier une place précise dans le générique, mais il l’ignorait.L’inexpérience, que voulez-vous! Pas de cadeau du gros si vous ne marchandez pas à l’avance, pouce par pouce, le crédit et le lieu du crédit.Mais broyé, vous l’êtes de toute façon, dans l’esprit sinon dans la lettre.Tant de films européens, surtout français, finissent pastichés, transformés, redigérés, servis recuits avec des stars américaines et des repères en forme de rayures et d’étoiles, avec le titre original éliminé du menu.Allez vous plaindre, après ça, de ne pas être soufflé comme un fétu de paille de la liste des «merci beaucoup».Précisons-le: notre carrière nationale dans le remake est fort courte.11 y a bien eu Le Déclin de l’empire américain d’Arcand, sur lequel Hollywood a pris une option, mais le remake n’a jamais été tourné.Liste noire, de Jean-Marc Vallée, devrait être tourné sous peu en anglais ici même, avec des fonds américains et le scénariste du premier film, Sylvain Guy, comme réalisateur du second.Quant au producteur des Boys, Richard Goudreau, il se bat de son côté pour que sa ligue de hockey de garage se réincarne au Sud.Voilà pour nos incursions maison réelles ou anticipées dans le genre.N’empêche.C’est du vrai rouleau compresseur, ces remakes-là: le rapt des idées, mais aussi leur viol, l’aveu d’impuissance des petites cinématographies à distribuer leurs œuvres dans une Amérique qui ne veut consommer que son propre miroir, qu’insuffler sa couleur aux images des autres avant de les rediffuser grimées maison sur la planète entière.Je me rappelle à quel point les producteurs d’Un Indien datis la ville, d’Hervé Palud, s’était battus pour que cette comédie française sorte sur les écrans américains dans sa version originale.Ils refusaient mordicus de céder les droits de remake.Puis, un beau jour, on a vu Jungle 2 Jungle surgir à pleins écrans.Rien à faire.La plupart des producteurs européens ont renoncé à lutter.Ils vendent leurs idées, en perdent le crédit.Que voulez-vous?Allez lutter contre les bulldozers.Nikita, Trois hommes et un couffin, Parfum de femme, Le Retour de Martin Guerre.Hop là! Par ici le lifting! Dans le dernier numéro du Premiere américain, une longue entrevue de Ron Howard, le réalisateur d'EDtv, laissait songeur.«Un vrai enfant d’Hollywood affronte les hauts et les bas de la gloire médiatique», annonçait le sous-titre.Pas un mot évidemment sur sa nature de remake.Ho- ward s’approprie en quelque sorte l’histoire.Il se sent proche, dit-il, de la perte de vie privée reliée à la célébrité.C’est son film, son bébé.Le pire, c’est que ça lui ressemble vraiment.Pour tout dire, EDtv est tellement américain qu’on oublie que le film a déjà eu une existence antérieure.Le génie du système, c’est ça: un palimpseste qui efface toutes traces d’écriture précédente.Louis 19 avait d’ailleurs tout pour réussir sa transplantation au Sud avec cette histoire de vedettariat instantané sous l’œil tyrannique d’une caméra de télé.The Truman Show a bjen poussé sur ce même terreau thématique l’an dernier.A l’heure où Universal préparait son EDtv—tiens! tiens! —, Paramount venait lui damer le pion avec ce Truman Show, trop cousin pour être honnête.Sujet qui court dans l’air du temps?Ou, plutôt, coup de Jamac comme Hollywood en a le secret?Les paris sont ouverts.Une chose est certaine, chez l’oncle Sam, les films sur les volcans, les animations sur les fourmis naissent deux par deux, après qu’une major ait piqué l’idée de l’autre.On transforme un peu la sauce, histoire d’éviter les poursuites pour plagiat, on joue de vitesse pour mieux couper l’herbe sous le pied du voisin.Alors, remake et vol du remake, pourquoi pas?On n’en est pas à un emprunt près.Voici la boucle bouclée, le produit recyclé, recyclé à son tour, et la baleine Hollywood qui digère, béate, le plancton des autres.L’industrie du remake ressemble à celle du doublage, au fond.Le géant voisin envahit vos écrans en bouffant votre cinématographie et, faute de pouvoir le combattre, vous détournez un peu de sa corpulence à votre profit, nourrissant l’ogre pour avoir ses miettes.«On est assez gros pour intéresser le gros», entonnent en chœur les tout petits.Bienvenue au Québec dans le merveilleux monde du remake, otrem blay@ledevoir.com MUSIQUE La passion de Christopher Jackson « L’Europe a cappella?On pourra s’en faire une idée demain à l’église Saint-Léon de Westmount.Le Studio de musique ancienne de Montréal dirigé par Christopher Jackson y offre Nations chorales, bouquet de chefs-d’œuvre allant du Miserere d’Allegri aux motets de Thomas Tallis, de Josquin Després, de Giaches de Wert, de Palestrina, de De Lassus et à quelques cantiques en langue abénakise! JACQUES GRENIER LE DEVOIR Claveciniste, organiste, chef de chœur, Christopher Jackson se réjouit de ce que Montréal produise tant de bons chanteurs et de bons instrumentistes.CLÉMENT TRUDEL LE DEVOIR Avec Christopher Jackson, claveciniste, organiste, chef de chœur.et doyen de la faculté des arts de Concordia, impossible de ne pas parler de Claudio Monteverdi.Jackson retient comme l’un des hauts faits du Studio de musique ancienne dont il fut cofondateur en 1974 — il en assume la di-rection artistique depuis 1988 — -j-d’avoir monte il y a 15 ans Les Vêpres de la Bienheureuse Vierge Marie, qui n’avaient été jouées qu’une seule fois à Montréal, dans les années 40.C’est d’ailleurs par ces mêmes Vêpres que s’ouvrira, l’automne prochain, la 26*' saison de cet ensemble, dont le dernier disque, L’Harmonie des sphères, est sorti sous étiquette SRC.(Un autre, réalisé à Brouage en 1995, porte sur le baroque redécouvert en Nouvelle-France: Le Chant de la Jérusalem des terres froides, et Analekta a publié l’an dernier un Palestrina.Il est fort probable que 1m Favola d'Orfeo de Monteverdi, considérée comme l’opéra des commencements et dont la première eut lieu en 1607, sera donnée en collaboration avec un groupe français ici même à l’automne de l’an 2000; le maillage financier est en discussion.M.Jackson avait été invité à diriger Orfeo lors d’une tournée acclamée (23 représentations) en France, de janvier à avril 1998.L’Opéra de Montréal, incidemment, offrira de son côté un autre Monteverdi aux mélomanes le printemps prochain: Le Couronnement de Poppée.Intérêt décroissant Une chose est claire chez ce spécialiste de la musique chorale, c’est que son intérêt décroît «selon une pente assez raide» avec les œuvres d’après 1750, ou grosso modo après la mort de Bach.Lui suffisent ces deux siècles et demi au cours desquels foisonnent les créations pour lesquelles il a développé une passion.Un courant dont la dominante fut franco-flamande durant plus d’un siècle, et dont il ne se contente plus de scruter les seules partitions, allant jusqu’à voir «au-dessous», empruntant au besoin les lentilles de l’époque pour raffiner l’interprétation qu’U suggère à ses chanteurs.Ne dit-on pas de Roland de Lassus qu’il composa des lied allemands, des madrigaux italiens, des chansons françaises et des motets en latin?Et l’on n’avait pas encore l’Union européenne! Jackson mentionne en passant qu’en interprétant les cantates de Bach mec la vision que l’on a aujourd’hui des textes bibliques, on a tout faux; il est indiqué, selon lui, de prendre en compte la théologie luthérienne qui répète au chrétien combien il est «difficile de se maintenir dans le droit chemin».Il dira aussi que, si Monteverdi dit vouloir «émouvoir» par ses madrigaux, le sens d’un tel terme peut être différent maintenant que les contemporains ont perdu de vue l’esprit de retour aux sources dont s’inspiraient ces compositeurs dont beaucoup visaient l’équilibre supposé des drames musicaux émanant des Grecs—ce fut le cas pour un groupe de bourgeois cultivés, la Camerata, actif à Venise au début du XVIP siècle.Admettant que la concurrence entre groupes spécialisés dans la musique ancienne est saine, voire parfois féroce, Christopher Jackson confie qu’au début les membres du Studio de musique ancienne étaient perçus comme des marginaux, ce qui n’est plus le cas.«Nous sommes bien acceptés dans la communauté musicale.Je peux vous dire que je connais très bien Peter Phillips» — fondateur, en 1973, des Tallis Scholars — et que le respect mutuel prévaut malgré la différence de leurs approches respectives.Un bon noyau Christopher Jackson se réjouit de ce que Montréal produise tant de bons chanteurs et de bons instrumentistes.«L’endroit est excellent pour produire les événements» auxquels le public prendra goût Mais il est important de prendre son temps pour constituer un noyau de bons chanteurs qui développent des connaissances et des réflexes communs, insiste-t-il, pour «ancrer et instaurer» un mode de fonctionnement propre à garantir des événements réussis.Comment expliquer qu’une telle musique, ancienne et «très austère à bien des égards», exerce autant d’attrait sur les gens d’aujourd’hui?On peut par exemple voir 1000 personnes ou plus se grouper pour entendre des motets de Gombert ou de Moutpn interprétés par les Tallis Scholars.A l’époque où furent composées ces œuvres, «les idées bouillonnaient autour d’un retour aux sources, on discutait longuement des relations entre l’auditeur et la scène.Ça relevait de tout l'intérêt que l’on avait pour tout le renouveau de la philosophie grecque [néoplatonisme] et de l'importance de la poésie et delà musique dans tout ça» pour l’expression des passions.Si l’on prend connaissance des magazines spécialisés (disques), on se rend compte que le Studio de musique ancienne de Montréal récolte réguliè- rement des éloges, soit dans celui de la BBC, soit dans Le Monde de la musique.Ce qui fait grandement plaisir au principal inspirateur de ce groupe.Mais qu’a-t-il retenu de ces 25 ans de tension dans le but d’atteindre à une qualité que l’on vante tant et qui vaut à Jackson d’être invité en France, en Espagne et dans d’autres pays?Après une pause assez longue, Jackson parle de sa passion, de la situation où il fut d’approfondir sa relation directe avec la musique, de sa fascination également à voir poindre des auteurs comme de Wert, un contemporain de Monteverdi, «un compositeur fantastique dont on n’a même pas vu une fraction de son œuvre expressive et colorée».Tout reste à faire, conclut-il, évo- A L’OCCASION DU VENDREDI SAINT : Les Moines de Saint-Benoît-du-Lac.Qui sont ces hommes?Quelle est leur vie?La radio publique leur donne la parole.Une émission de Jean Deschamps 9 h Musique sacrée du temps de la Renaissance en Pologne Missa Paschalis, Dévotions à Marie, Affirmation Polonaise et Saint Stanislas avec deux ensembles réputés : Musica Divina et Les Sonneurs, dirigés par Christopher Jackson.Anim.Johanne Laurendeau Réal.André Massicotte 20 h À l’occasion de la JOURNÉE MONDIALE DU THÉÂTRE, deux pièces à ne pas manquer! Hosanna, de Michel Tremblay, mise en scène par Patrie’ Saucier, avec Jacques Leblanc et Marco Poulin.Production du théâtre La Bordée (Québec) Les Femmes savantes, de Molière, mise en scène par Christiane Pasquier, avec Marina Thiney, Sylvie Cantin, Andrée Vachon, Marie-Ginette Guay, Lise Castonguay, Jacques-Henri Gagnon, Jacques Baril, Denis Lamontagne, Rychard Thériault, Jack Robitaille et Bertrand Alain.Musique : Robert Normandeau.Production du théâtre Le Trident (Québec) Anim.Winston McQuade Réal.Danielle Bitodeau Ce soir et demain à 19 h 30 Passion selon saint Matthieu, de J.S.Bach.Avec James Oxley, Detlef Roth, Deborah York, Andreas Scholl, Lothar Odinius, Michael Voile, le Chœur et l’Orchestre du Collegium Vocale de Belgique, dirigés par Philippe Herreweghe.Anim.André Vigeant Réal.Michèle Vaudry 13 h 10 Un grand texte : LE LIVRE DE LA PAUVRETÉ ET DE LA MORT, de RAINER MARIA RILKE, avec Jean-Louis Millette, Pierre Lebeau et Bruno Roy, Pour la pertinence d’un texte ancien, dans le monde actuel.Réal.Jean Gagnon 22 h A LA CHAÎNE CUETUREELE DE RADIO-CANADA www.radio-canada.ca 101,9 ALLARDVILLE «100,9 CHICOUTIMI • 95,3 LAMÈQUE • 98,3 MONCTON • 100,7 MONTRÉAL • 102,5 0TTAWA-HULL • 95,3 QUÉBEC • 101,5 RIM0USKI • 90,7 ESTRIE • 90,3 TORONTO • 104,3 MAURICIE-CENTRE DU QUEBEC quant la richesse à découvrir de toute cette musique qui, en Amérique latine, a combiné les traits espagnols et le génie des autochtones au début de l’ère coloniale.Ce qui le stimule, c’est d’aller découvrir dans cette tranche du répertoire où il s’est spécialisé «les dimensions qui ne paraissent pas au premier regard et qui sont enrichissantes».En entrevue, les rires fusent à quelques reprises, surtout lorsqu’il est fait allusion aux cachets substantiels qu’exigeaient certains artistes de l’époque baroque.«Ça n'a vraiment pas changé, mais les chanteurs sont adorables, fantastiques», malgré l’avidité qui firent hésiter certains princes à les embaucher.Canon est fier de présenter Virtuoso de la guitare clanique EN CONCERT VENDREDI 16 AVRIL 20H Centre Pierre-Péladeau Salle Pierre-Mercure 300, boul.de Maisonneuve est.Montréal Drue Sangulnet /HBerri-UQAM Billets: 987-6919 / Admission: 790-1245 ______Une production Fogel-Sabourin_ Studio de musique ancienne de Montréal Un son qui défie les siècles l'église Saint-Léon de Wf.stmount 4311 de Maisonneuve ouest (métro atwater) Nations Le 28 mars A 20 h Chorales Du Miserere n*Allegri AUX CHŒURS AbÉNAQUIS Chefs-d'œuvre a cappella POUR CHŒUR Billets de 14 $ A 33 $ COMMANDITAIRE PRINCIPAL 'DeSerres 25 saison
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