Le devoir, 24 mars 1999, Page(s) complémentaire(s)
LE DEVOIR Vol.X C • N • (i 3 ?M O N T R É A L LE M E R C 11 EDI 2 4 M A 11 S 1 !) !) !) 8 7c + T A X K S = 1 $ / T O H O N T O 1 $ PERSPECTIVES ÉCONOMIE É HORIZONS LES ACTUALITES «.So.so.so.solidarité ! Feu vert syndical à la «privatisation» de Vusine d'embouteillage, page B 2 n Les Éboulements: pour un contrôle routier fait par la SQ, page A 5 h La chronique de Josée Blanchette: Chère JoBlo, page B 1 Des milliers d’étudiants marcheront dans les rues de Montréal et de Québec aujourd’hui pour réclamer plus d’argent pour les collèges et les universités.Et s’il fut une époque où les slogans étudiants écorchaient les oreilles des administrateurs, il n’en est rien aujourd’hui: les profs et les directeurs d’établissement remercient presque les manifestants de prendre les choses en main.A compter de midi, les rues du centre-ville de Montréal et de Québec seront remplies d’étudiants réclamant «un réinvestissement immédiat en éducation».Plusieurs collèges et la majorité des universités fonctionneront donc au ralenti: de nombreux professeurs seront dans la rue et plusieurs recteurs d’université n’auront qu’un souhait, que la manifestation soit un grand succès, de manière à ce que les pressions auprès du gouvernement portent fruits.Les recteurs donnent en effet leur bénédiction à l’initiative, annoncée à grands coups de conférences de presse depuis un bon mois.Et s’il fut un temps où les directions d’établissement donnaient des consignes strictes quçnt à la tenue des cours, ce temps est bien révolu.A l’Université du Québec à Montréal, la rectrice Paule Leduc a invité les professeurs à «éviter les situations conflictuelles» en leur rappelant, dans une note de service, que les étudiants pré-K £, voyaient la levée des cours.Ainsi, à 'f! plusieurs endroits, un commando I 'fL .fl étudiant fera la tournée des salles v JB pour inviter les étudiants à sécher !" * fra les cours et à aller prendre l’air.I.» «Nous ne pouvons pénaliser les étu- Pa u le diants qui travaillent dans le même de?Rivière?sens Que nous», a dit une porte-paro-le 4e l’UQAM.A l’Université Laval, les autorités favorisent aussi la participation et il est bien entendu que les tests ou les examens prévus aujourd'hui seront reportés.Dans les collèges, les enseignants seront les premiers, ce matin, à inviter les étudiants à participer «en grand nombre» à la manifestation de cet après-midi.On le voit, les slogans étudiants n’appartiennent plus seulement aux étudiants.Les associations étudiantes ont évolué, les directions des collèges et des universités aussi.Les universités, par exemple, ont cessé de réclamer publiquement une hausse des frais de scolarité, demande qui empêchait un rapprochement avec les étudiants.Ces derniers, de leur côté, ressentent chaque jour plus concrètement les effets des compressions.Les classes sont surchargées, les bibliothèques moins attrayantes, les laboratoires informatiques moins bien équipés, les profs moins disponibles et, au niveau collégial, les conseillers en orientation sont devenus une denrée de luxe.Là-dessus, tous s’entendent Et comme les recteurs et les directeurs de collège sont forcés de constater que les pressions de coulisses ne produisent aucun résultat digne de ce nom, ils se rabattent aujourd’hui sur ceux qui peuvent faire le plus de bruit, à savoir les étudiants.Ces derniers répètent que «la manifest l'avant-dernier recours d'une organisation forte en membership mais peu entendue».Le dernier recours étant «la paralysie du système».Bien que leurs leaders n’osent pas avancer de chiffres, se contentant de dire qu’ils seront des milliers aujourd’hui, ils ont tous à l’esprit le chiffre 10 000, atteint en 1996 lors d’une manifestation contre la hausse des frais de scolarité.Ils aimeraient bien rééditer l’exploit Une manifestation se tiendra également à Québec, qui accueillera les étudiants de l’est de la province.Les étudiants des cégeps de Vakl’Or et de Jonquière seront aussi actifs.Rien n’a été laissé au hasard.Les associations étudiantes et les services de police ont tout prévu et les étudiants eux-mêmes sont des acteurs clés du maintien de l’ordre aujourd’hui.La manifestation de Montréal est réglée au quart de tour et son trajet «est logique.Elle partira des bureaux du ministère de l’Éducation vers 13hl5 et empruntera le boulevard De Maisonneuve en direction ouest de manière à «ramasser» les étudiants de l’UQAM et du cégep du Vieux-Montréal puis, un peu plus loin, ceux des universités McGill et de Montréal.Le cortège se dirigera ensuite vers le 1000, rue de La Gauchetière, devant les bureaux de Bell, dont le président, Jean Monty, préside le conseil d’administration de la Fondation des bourses du millénaire.Les discours d’usage seront alors prononcés en milieu d’après-midi.Car si le gouvernement du Québec est la première cible du «ras-le-bol étudiant», Ottawa ne s’en tire pas beaucoup mieux puisque son attitude dans le conflit autour des bourses du millénaire irrite les étudiants au plus haut point.En fait, ils ont bien peur de faire les frais de cette querelle constitutionnelle.Il reste que les associations étudiantes entretiennent des liens privilégiés avec le gouvernement du Québec.Ce dernier a besoin d'elles pour prouver qu’il est en lien avec les jeunes.Il ne répugne pas à emmener avec lui, dans des forums internationaux sur la jeunesse, des leaders étudiants.Ces derniers, de leur côté, doivent garder leur indépendance tout en s’assurant, à court terme, un rôle de choix dans la préparation du Sommet sur la jeunesse.MÉTÉO Montréal Québec Ciel variable.Faible neige.Max: 4 Min:-5 Max: 1 Min:-5 Détails, page B 7 ^4 INDEX Annonces .B 7 Le monde .B 6 Avis publics.A 6 Les sports .B 8 Culture B 10 Montréal .A3 Économie .B 2 Mots croisés.B 7 Éditorial .A8 Politique .A 7 Horizons .B 1 Télévision .B 9 www.ledevoir.com Guerre juridique chez Desjardins Pour faire respecter leurs droits au sein du Mouvement, les caisses d’économie poursuivent la confédération et les dix fédérations régionales CLAUDE TURCOTTE LE DEVOIR La Fédération des caisses d’économie Desjardins du Québec (FCEDQ) a perdu patience et décidé de faire respecter ses droits au sein du Mouvement Desjardins par la voie judiciaire.Elle a intenté hier devant la Cour supérieure du Québec une poursuite qui vise la confédération et les dix fédérations régionales.Cette procédure judiciaire, explique la fédération dissidente, vise à rétablir les droits des caisses d’économie et de leur fédération au sein du Mouvement des caisses Desjardins.«Elle découle de la décision prise unilatéralement par résolution du conseil d’administration de la confédération, le 17 novembre dernier, de rendre inopérant le protocole d'entente qui la lie à la FCEDQ depuis 1979», fait-elle valoir.En fin d’après-midi, André Chapleau confirmait qu’on avait reçu aux bureaux de la confédération toute la documentation nécessaire, dont la livraison par des huissiers devrait être complétée aujourd’hui dans les fédérations les plus éloignées.Les avocats de Desjardins se sont mis à l’étude de cette action sans délai.Au bureau du président Claude Béland, il n’était pas question de faire quelque commentaire que ce soit, du moins pas pour l’instant La Fédération des caisses d’économie précise qu’elle ne s’oppose pas à la création d’une grande fédération unique pour tout le Mouvement, orientation votée majoritairement par près de 3000 délégués à un congrès spécial de Desjardins en fin de semaine dernière.Sa démarche vise essentiellement à faire respecter le protocole d'entente signé à son entrée chez Desjardins en vue de protéger Tinté- VOIR PAGE A 10: DESJARDINS Départ JACQUES NADEAU LE DEVOIR LE PRESIDENT du syndicat des cols bleus, Jean Lapierre, a serré très fort son épouse et salué ses collègues avant d’être emmené en prison avec le secrétaire-trésorier Denis Maynard.Les deux hommes ont été condamnés à six mois d’emprisonnement à la suite du saccage de l’hôtel de ville de Montréal lors d’une manifestation des cols bleus en septembre dernier.Nos informations en page A 3.Les dissidents du MEMO démissionnent ¦ À lire, page A 2 Kosovo L’OTAN reçoit l’ordre de frapper Belgrade jure de «répondre à la force par tous les moyens» D'APRÈS ASSOCIATED PRESS ET L’AGENCE FRANCE-PRESSE Bruxelles — Slobodan Milosevic refusant de faire la paix avec les Kosovars, l'OTAN a pris la grave décision hier de donner son feu vert au bombardement des forces yougoslaves.Le secrétaire général de l’OTAN, Javier Solana, a ainsi donné Tordre au général Wesley Clark, commandant suprême de l’Alliance atlantique en Éurope, de mettre en œuvre des frappes aériennes contre la Yougoslavie.Désormais, plus de 400 appareils et une demi-douzaine de navires lance-missiles sont prêts à bombarder le régime de Belgrade.«Cette action militaire vise à soutenir les objectifs politiques de la communauté internationale.Elle aura pour but d'interrompre les violentes attaques perpétrées» par les forces serbes au Kosovo et «d’affaiblir leurs capacités de prolonger la catastrophe humanitaire», a déclaré M.Solana à Tissue du réunion du conseil de l’OTAN.Selon des diplomates, les bombardements aériens — qui seraient massifs — au moyen de missiles de croisière allaient débuter la nuit dernière ou la nuit prochaine.Les frappes commenceraient aujourd’hui, à moins que le président Milosevic n’accepte le plan de paix sur le Kosovo, a déclaré de son côté, à Londres, le ministre britannique de la Défense, George Robertson.VOIR PAGE A 10: OTAN ¦ Autres informations en page B 6 La plus haute juridiction britannique devrait décider, aujourd’hui, si l’ancien dictateur chilien bénéficie d’une immunité diplomatique «souveraine».Si elle lui est reconnue, il pourra regagner son pays.Sinon, le Royaume-Uni devra donner sa réponse à la demande d’extradition espagnole.PATRICE CLAUDE LE MONDE ondres — Même lieu, même décor, même suspense.Quatre mois, presque jour pour jour, après le tombereau d’éloges qui lui échut au soir du 25 novembre 1998 pour avoir fait progresser le droit international en refusant l’immunité à un ancien dictateur tortionnaire, le comité judiciaire de la Chambre des lords britannique devait se réunir à nouveau, aujourd'hui, sous l’œil inquisiteur des caméras de la planète.A 14h [9h à Montréal], le général Augusto Ugarte Pinochet devrait savoir une fois pour toutes s’il peut ou non se prévaloir d’une impunité juridique «souveraine».En état d’arrestation depuis le 16 octobre à Londres et sous contrôle judiciaire étroit depuis le 1" décembre dans une luxueuse résidence du Surrey, le vieux caudillo chilien, qui a fêté son 83' anniversaire aux arrêts, se disait dimanche «prêt à se battre» encore pour son «honneur» et celui de son pays.The Sunday Telegraph, qui a recueilli, par l’entremise d’un «ami» du prisonnier, ces fortes paroles, VOIR PAGE A 10: PINOCHET Lire aussi en page A 10 ¦ Le soutien controversé du Vatican Damphousse part «la tête haute» JEAN DION LE DEVOIR Quand le navire ne va nulle part, le capitaine finit par en payer le prix tôt ou tard.Aussi le Canadien de Montréal, en passe de rater les séries éliminatoires une deuxième fois en cinq ans, a-t-il poursuivi hier son délestage du printemps en échangeant Vincent Damphousse aux Sharks de San José en retour de deux choix au repêchage amateur.Ce faisant, le Canadien amorce dans les faits une période de reconstruction qui pourrait être longue compte tenu des réserves relativement minces dont il jouit présentement Damphousse, qui pourra accéder au statut de joueur autonome sans restriction le 1" juillet prochain, connaît une saison particulièrement difficile ainsi que le montre sa fiche de 12 buts et 24 aides en 65 matchs.Depuis plusieurs jours, quelques semaines en fait, son nom était constamment au centre des nombreuses rumeurs de transaction.«Je m’en vais de Montréal avec la tête haute.Les statistiques ont ralenti dans mon cas, mais au niveau de l’équipe, j’ai toujours été parmi les meilleurs», a déclaré hier Damphousse à la station CKAC, rappelant que l’équipe au complet connaissait de sérieux problèmes et que lui-même oc- VOIR PAGE A 10: DAMPHOUSSE Lire aussi en page B 8 ¦ Toutes les transactions de la LNH 778313000665 I.E I) K V OIK.I.K NI K || C || K |)l 2 I M A I! S I !) !l !) POLITIQUE La plainte de Chrétien contre CBC est rejetée PAUL CAUCHON LE DEVOIR Ly ombudsman de Radio-Canada, ' Marcel Pépin, a servi une leçon de journalisme hier au cabinet du premier ministre Jean Chrétien en rejetant la plainte déposée contre le journaliste de CBC Terry Milewski.Dans une décision diffusée hier, l’ombudsman retrace en effet l’état du droit et l’état des pratiques journalistiques (proximité avec les sources, importance du «journalisme critique», etc.) pour conclure que les reportages de M.Milewski «ne prêtent pas à critique du point de vue de l’exactitude et de l’équité».Le directeur des communications du bureau du premier ministre Chrétien, Peter Donolo, avait déposé une plainte à l’ombudsman en octobre dernier, reprochant au journaliste de CBC d’avoir «diffusé des insinuations, des allégations non fondées et de fausses déclarations» d;ms sa couverture de l’enquête sur les événements entourant le Sommet de l’APEC en 1997 à Vancouver.Le journaliste avait d’ailleurs été suspendu de CBC.D’emblée M.Pépin situe l’enjeu: une plainte du bureau du premier ministre représente un précédent, déclare-t-il.Compte tenu du fait que Radio-Canada est une société publique dont l’indépendance des activités journalistiques est garantie par la loi, «mais qui ne relève pas moins de l’autorité indirecte du premier ministre», une plainte provenant du service des communications du chef du gouvernement «revêt donc pour le public et l’ensemble des médias une importance exceptionnelle».¦ Mais Marcel Pépin traite la plainte comme n'importe quelle autre, à la lumière des mêmes règles journalistiques, précise-t-il.Donc, après analyse du dossier, il rejette toute accusation de conflit d’intérêts chez Terry Milewski, de la même façon qu’il rejette les accusations de collusion avec ses sources.; Marcel Pépin discute longuement (le la notion de «journalisme agressif», qui ne devrait pas être considérée comme biaisée.«On semble confondre bbjectivité et indifférence, dit-il.L'histoire du journalisme abonde d’exemples où les journalistes prêtent une oreille particulièrement attentive à ceux qui se prétendent victimes des abus du “pouvoir".Si la presse a le devoir de rapporter fidèlement la réalité, elle a aussi une responsabilité sociale et c'est de ce rôle dans la société que participe la démarche d’un journaliste attentif à la cause d'un groupe ou d'une personne aux prises avec un “pouVi r"quel qu’il soit.» .La plainte faisait valoir que Terry Milewski avait pris parti pour les protestataires de F APEC.Marcel Pépin estime que le journaliste était pleinement justifié de travailler étroitement avec un groupe en particulier dans la mesure où celui-ci constituait une source d’information et dans la mesure où, «semble-t-il, le Cabinet du premier ministre, tout comme la GRC, n’était pas particulièrement loquace sur tout ce qui concernait la sécurité avant et pendant le sommet de l’APEC».L’ombudsman qualifie même M.Milewski et certaines sources d’«a/-liés objectifs».Marcel Pépin a choisi de limiter son étude aux reportages diffusés par Terry Milewski et non aux messages électroniques échangés entre lui et ses sources, qu’il considère de nature privée.Par contre, il ne cache pas que 'Ferry Milewski a été imprudent.Le ton employé dans son courrier électronique est qualifié par l’ombudsman de «maladroit et imprudent».Les réformistes accusent Chrétien de s’être placé en situation de conflit d’intérêts Le premier ministre se défend en indiquant qu’il n’a fait que son devoir Le premier ministre Jean Chrétien a, pour la première fois hier, défendu lui-même son intégrité et nié s’être trouvé en conflit d’intérêts à la suite de l’octroi d’une subvention fédérale à l’Auberge Grand-Mère, un établissement dans lequel il avait des intérêts jusqu’en avril 1993.MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA En défendant l’attribution d’une subvention fédérale à un hôtel auquel il a déjà été associé, le premier ministre Jean Chrétien estime n’avoir fait que son travail de député et nie avec vigueur setre placé en situation de conflit d’intérêts, ainsi que le prétend l’opposition.Le premier ministre Chrétien l’a répété sur tous les tons hier.«C’est le devoir de tout député de représenter ses électeurs et de les aider à créer des emplois», a-t-il dit hier aux Communes et à la sortie du cabinet.11 a mis les réformistes au défi de répéter à l’extérieur de la Chambre les nombreuses accusations qu’ils lan- cent depuis quelques jours aux Communes, une enceinte où ils jouissent de l’immunité parlementaire.Des parts dans une auberge L’Auberge Grand-Mère est un établissement hôtelier de la ville du même nom et dont le fonds de commerce a déjà appartenu à une compagnie à numéro dont M.Chrétien possédait 25 % des actions.La compagnie en question a décidé, en avril 1993, de demeurer propriétaire d’un terrain de golf adjacent mais de vendre ses intérêts dans l’auberge à Yvon Duhaime, un homme d’affaires du coin.Ce dernier, malgré un rapport faisant état de ses difficultés administratives et financières, a obtenu, en 1997, une subvention de 164 000 $ du Fonds transitoi- re de création d’emplois et un prêt de 615 000 $ de la Banque de développement du Canada.De plus, au moment de remplir sa demande de subvention du Fonds transitoire, M.Duhaime devait révéler s’il avait un casier judiciaire.Il ne Fa pas fait alors qu’il avait déjà été reconnu coupable d’agression et de conduite en état d’ébriété.L’opposition n’a pas manqué de relever ce fait mais aussi de souligner que l’adjointe exécutive au bureau de circonscription du premier ministre avilit assisté à la réunion où les fonctionnaires ont examiné la demande de subvention de l’Auberge Grand-Mère.Pour les partis d’opposition, cela équivalait à faire pression sur les fonctionnaires en faveur de M.Duhaime.Mais ce que craint davantage l’opposition, c’est le maintien possible de liens d’affaires entre M.Chrétien et M.Duhaime.Plusieurs partis demandent la tenue d’une enquête ou d’un examen par le Vérificateur général.Selon le néo-démocrate Lome Nystrom, il faut savoir si l’attribution du prêt et de la subvention a profité au premier mi- nistre ou à ses associés, dans l’éventualité où M.Duhaime aurait encore eu, au moment de recevoir l’aide d’Ottawa, une dette envers eux.M.Chrétien a été des plus catégoriques au sujet de sa propre situation, hier aux Communes.«Il ne me doit pas un cent, pas un dollar, pas un huant», a-t-il déclaré avec force.11 n’a toutefois pas révélé qui était l’acheteur.Une porte-parole du bureau du premier ministre a précisé hier soir que M.Duhaime ne devait rien non plus aux propriétaires de la compagnie à numéro au moment de ses demandes de subvention et de prêt.La position de M.Chrétien porte à confusion car, théoriquement, il ne devrait plus être actionnaire de la compagnie à numéro car il a vendu ses actions à l’automne 1993, juste avant d’être assermenté premier ministre.Le problème, c’est que l’acheteur de ses actions n’a jamais payé M.Chrétien.Ce dernier pourrait donc, selon un avis du conseiller en éthique émis en 1996, en reprendre possession afin de les revendre.Cela signifierait qu’il Jean Chrétien ARCHIVES LE DEVOIR, détiendrait à nouveau 25 % des actions de la compagnie à numéro.La question est de savoir s’il s’est prévalu de cette disposition.Le bureau-du premier ministre insiste que non, ce qu’a confirmé hier le bureau du conseiller en éthique.Le fédéral accélère le retour au travail de ses cols bleus PRESSE CANADIENNE Ottawa — Rien ne fera reculer le gouvernement fédéral, qui accélère le dépôt d’une loi spéciale de retour au travail à l’intention de ses 20 000 cols bleus, manutentionnaires de grain et autres fonctionnaires.Les députés siégeront toute la nuit s’il le faut pour débattre de «la loi prévoyant la reprise et le maintien des services gouvernementaux» que parraine le leader parlementaire du gouvernement en Chambre, Don Boudria.Le premier ministre Jean Chrétien a justifié ce geste en disant que la sécurité du public était en jeu.Dans l’opposition, les libéraux avaient pourtant poussé de hauts cris contre la loi de retour au travail imposée à ses fonctionnaires par le gouvernement conservateur de Brian Mulroney en septembre 1991.M.Chrétien, qui était chef du Parti libéral du Canada à l’époque, ne se souvenait pas hier des «circonstances» en 1991.«Je ne sais pas quelles étaient les cir- constances, a-t-il expliqué aux journalistes.En ce moment, je sais qu’il y a environ 85 % des ententes qui ont été signées.L’interruption des services et la sécurité publique sont en jeu cette fois.» De son côté, M.Boudria a souligné que les grèves perlées qui paralysent le système de manutention du grain pénalisent les agriculteurs «qui veulent vendre leur grain à l’étranger et (compromet) les ventes potentielles de l’avé-nir».Au port de Vancouver, des grÿ vistes bloquent les livraisons de blé dèb-tinées à l’étranger.Les réformistes àp-’ puieront le projet de loi gouvernement tal.Environ 700 manifestants de l’Alliance s’étaient massés dehors sur la colline parlementaire pouir manifester hier.la courbe Pour une durée de 20 jours,1^Ttot/tlwoiitë vous offre 20% de réduction sur son modèle (PUB dans l'habillage de votre choix.Osez la courbe, osez le confort! f-iïfs firtA,.De réduction du 20 mars au 10 avril '99 Au Centre Décor 440,3932 Autoroute Laval Ouest, Laval, Qc M7T 2F7 (450) 687-6867 i m* LE (ET SEPT-ÎLES SANS ESCALE.LE SEUL.L'UNIQUE.¦a , & / m* >«r muni Nous sommes fiers de vous présenter le nouveau service de jet matinal Montréal-Sept-îles.Parce que c'est le seul.Parce qu'un petit déjeuner chaud, 6 000 mètres au-dessus du fleuve, c'est bien.Et parce que vous méritez le confort X, de la classe affaires et le privilège d'être les premiers à destination.Air Nova/Air Alliance.On se comprend.airAHiance 07 h 05 (jet sans escale) 8 h 17 h 18 h ». A 10 L E l> E V O I R .1.E M E li C K E 1) I 2 1 M A R S I !) !l il LE Devoir «Même si j’ai beaucoup été critiqué, j’ai fait de bonnes choses ici» DAMPHOUSSE SUITE DE LA PAGE I cupait le deuxième rang des pointeurs du Canadien derrière Saku Koivu.«Même si j’ai beaucoup été critiqué, j’ai fait de bonnes choses ici [à Montréal].» Le joueur de centre, auquel la direction du Canadien n’a fait aucune offre de renouvellement de contrat même s’il écoulait la dernière saison d’un contrat de deux ans, reçoit plus de trois millions $ US par année.Il a été échangé tout juste avant l’heure de tombée des transactions, fixée par la Ligue nationale à 15h hier.Il se trouvait d’ailleurs dans l’avion qui amenait le Canadien à Edmonton et, sitôt arrivé, devait rebrousser chemin, rentrer à Montréal pour quérir ses effets personnels puis rejoindre les Sharks à Toronto.Motivé à la fois par la qualité du jeu présenté par Damphousse, par des impératifs financiers, par l’âge du joueur et par son statut contractuel, l’échange n’a surpris personne, à commencer par le principal intéressé.«Je m’étais préparé à cette éventualité-là», a-t-il raconté, ajoutant toutefois qu’il n’était jamais agréable d’être échangé.Lors d’un point de presse à Edmonton, le direc-leur général du Canadien, Réjean Houle, a mis l’accent sur le fait qu’il devait échanger Damphousse sous peine de le perdre sans compensation aucune au terme de la saison.En ce sens, il s’est dit «très heureux» de ce qu’il a obtenu.«Nous avons regardé la possibilité de devenir une meilleure équipe dans l’avenir, a-t-il déclaré.Nous avons agi pour le bien de l’organisation.Il était important d'aller chercher des choix de repêchage.» Se refusant à parler de reconstruction, il a tout de même évoqué une «période de transition» que devra traverser son équipe.En retour de Damphousse, le Canadien a mis la main sur le choix de cinquième ronde des Sharks en 1999 et de deuxième ronde en 2000.Si toutefois Damphousse signe un nouveau contrat avec San José, Montréal obtiendra un choix compensatoire de première ronde en 2000.De son côté, l’entraîneur-chef du Canadien, Alain Vi-gneault, a noté que son capitaine «voulait vraiment demeurer avec l’équipe» et que l’organisation perdait «un individu honnête».«C’est une situation difficile pour tout le monde mais dans le hockey d’aujourd’hui, plusieurs décisions sont prises pour différentes raisons, et celle-là a été mûrement réfléchie et a été prise dans les meilleurs intérêts de l’équipe», a-t-il dit.Damphousse a par ailleurs indiqué hier qu’il sera fortement tenté de vérifier sa propre valeur sur le marché des joueurs autonomes.Il pourrait alors écouter les offres de toutes les équipes de la LNH, y compris.le Canadien.Mais comme il l’a souligné sur un ton mordant, «le Canadien ne m’a pas parlé de la saison, je ne vois pas pourquoi il le ferait après le 1" juillet».Après Mark Recchi parti à Philadelphie, Damphousse devient le deuxième joueqr d’impact à quitter le Canadien en deux semaines.A San José, il joindra une équipe qui occupe actuellement le septième rang de l’Association de l’Ouest de la LNH et bataille pour une place en séries.Son nom s’ajoute par ailleurs à la longue liste des capitaines du Canadien qui, au cours des dernières années, n’auront pas terminé leur carrière à Montréal.On y retrouve notamment Guy Carbonneau, Chris Chelios, Kirk Muller, Pierre Turgeon et Mike Keane.Avec le départ de Damphousse, il ne reste plus au sein du Canadien que deux joueurs ayant remporté la coupe Stanley de 1993, soit Benoît Brunet et Patrice Brisebois.Damphousse, 31 ans, avait amorcé sa carrière dans la Ligue nationale avec les Maple Leafs de Toronto en 1986.Il a ensuite porté les couleurs des Oilers d’Edmonton avant d’être échangé au Canadien.S.V.P.Assurez-vous de recycler ce papier journal.LE DEVOIR I es bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier électronique redaction@ledevoir.com Pour l’agenda culturel (514) 985-3551 La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) ACTUALITES DESJARDINS SUITE DE LA PAGE 1 grité et le développement du réseau des caisses d’économie, lequel est minoritaire au sein du Mouvement.En fait, la FCEDQ regroupe 108 caisses implantées dans plus de 700 entreprises et organismes publics et parapublics.Son réseau compte plus de 260 000 membres.Cette fédération est la cinquième en importante parmi les 12 fédérations qui composent le Mouvement Desjardins.Elle gère un actif de 2,4 milliards, soit environ 4,6 % de l’actif total de Desjardins.Ce réseau s’est beaucoup développé sous l’impulsion des syndicats.D’ailleurs, la semaine dernière, la FTQ prenait fermement position en faveur des caisses d’économie et menaçait de faire pression jusqu’à l’Assemblée nationale si Desjardins passait outre à la demande d’autonomie de la FCEDQ.Le refus de la confédération et des fédérations régionales de maintenir, à l’intérieur de la future fédération unique qui sera éventuellement créée, une entité distincte, autonome et dédiée exclusivement aux intérêts des caisses de groupes pousse la FCEDQ à faire un tel geste.Toutefois, les dirigeants de cette fédération font valoir que «depuis l'entrée dans Desjardins en 1979, un différend persiste: le respect du protocole d’entente signé lors de cette affiliation des deux réseaux de caisses et notamment le respect du droit exclusif de la FCEDQ d’affilier des caisses de groupes au sein du Mouvement des caisses Desjardins».La FCEDQ soutient que la confédération, qui a le mandat de protéger les intérêts des fédérations affiiiées, a oublié ce mandat à plusieurs reprises en multipliant les démarches pour mettre un terme à cette exclusivité d’affiliation des caisses de groupes auprès de la FCEDQ.Elle parle même d'une escalade de la part de la confédération.En 1994, il y avait eu une tentative illégale d’abroger l’article 4,5 du règlement de régie interne concernant l’exclusivité d’affiliation.Peu de temps après, la confédération avait créé un comité de travail sur la notion de groupe qui en était arrivé à une définition que n’avait pas acceptée la FCEDQ.Il y avait eu, la même année, un moratoire sur toutes les demandes de modification des statuts constitutifs des caisses impliquant un groupe, ce qui bloque le fonctionnement et le développement normal du réseau des caisses d’éco- nomie, peut-on lire dans l’argumentation.En 1996, la Confédération décrétait un autre moratoire portant sur les fusions et les modifications des statuts des caisses d’économie.Puis, par la suite, on a fait appel à la médiation en vue de dégager un modus vivendi qui permettrait la cohabitation.Ce fut également un échec.Enfin, le 20 novembre dernier, la confédération signifiait par lettre ouverte adressée à toutes les caisses du Mouvement Desjardins la décision unilatérale de son conseil d’administration de rendre inopérant le protocole d’entente de 1979, particulièrement en ce qui concerne l’exclusivité d’affiliation des caisses de groupes à la FCEDQ.Il y a effectivement certaines caisses de groupes qui sont affiliées à une fédération régionale plutôt qu’à celle des caisses d’économie.REUTERS Une Chilienne plante une croix à la mémoire d’un compatriote disparu sous le régime du général Pinochet devant le parlement britannique.PINOCHET SUITE DE LA PAGE 1 lui prête aussi celles-ci: «Je suis déjà condamné et pourtant complètement innocent de ce dont on m'accuse».Pour ce qui la concerne, inutile de dire que la très ancienne institution des lords de justice anglais se serait bien passée de ce mauvais remake, où elle joue une fois de plus sa crédibilité.L’erreur commise par l’un de ses pairs, oublieux de l’élémentaire notion de conflit d’intérêts, ne l’a pas permis.Lord Hoffman of Chedworth, dont la voix fut déterminante le 25 novembre — la décision fut acquise par trois contre deux — pour refuser l’immunité à l’ancien dictateur, n’avait pas déclaré sa très longue et proche association avec l’une des parties civiles de l’affaire (Amnesty International).La science et la combativité des avocats anglais de Pinochet allaient permettre, on le sait, une annulation d’autant plus retentissante du premier arrêt que celled n’avait pas de précédent dans lTiistoire, la Chambre judiciaire des lords constituant, au Royaume-Uni, la plus haute juridiction humaine.Retour, donc, à la case départ pour Augusto Pinochet, mais dans des conditions légèrement différentes.Cette fois, ce sont sept—et non plus cinq — lords juges qui devaient prendre tour à tour la parole aujourd'hui.Et ces sept-là ont pris le temps de la réflexion.Une douzaine d’audiences semi-publiques, réparties sur trois semaines, et six autres semaines de délibéré.Sachant que des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent en Grande-Bretagne pour réclamer leur disparition et obtenir l’établissement d’une véritable Cour suprême permanente à l’américaine, les lords, dit-on à Londres, ont cherché l’unanimité.Jusqu’à l’heure du verdict, nul ne savait s’ils l’avaient trouvée, mais ils se sont en tout cas entourés d’un maximum de précautions, donnant notamment la parole au gouvernement chilien, qui ne l’avait pas réclamée lors de la première série d’auditions.Plus soucieux de sa stabilité politique et de sa «souveraineté bafouée» que de l’universalité de la justice pour les crimes de masse contre les droits de l’homme, Santiago souhaite le retour de son «sénateur à vie» au pays.Cependant, rien n’est joué.Si les fuites publiées dans la presse anglaise dominicale se révèlent exactes et si les lords refusent aux magistrats espagnols le droit de juger Pinochet pour les tortures infligées à ses opposants — au motif que l’auteur de ces crimes, essentiellement perpétrés dans les années 70, n’est devenu «extradable» dans la législation britannique qu’en 1988 —, l’ancien dictateur peut encore être jugé pour les meurtres et les enlèvements de citoyens chiliens et étrangers (espagnols, français et suisses notamment) dès lors que quatre des sept lords se prononceraient malgré tout contre l’immunité.Différent, et en soi très embarrassant pour leurs trois pairs qui n’avaient pas aperçu ce «détail» juridique capital, touchant à la torture, le 25 novembre, ce verdict ne changerait rien, quant au fond, pour Pinochet Les détracteurs de la Chambre des lords redoubleront alors leurs critiques contre la «loterie judiciaire» qu’elle est censée administrer.Mais, sitôt l’arrêt rendu, ce sera une fois de plus au ministre de l’Intérieur, Jack Straw, de décider si, oui ou non, le vieillard du Surrey peut être extradé vers Madrid.Lors du premier verdict le ministre avait dit oui, mais rien ne permet d’affirmer que le bafouillage des lords ne l’incitera pas à changer d’avis.En tout état de cause, sachant que les avocats de Pinochet mettront tout en branle pour empêcher l’expédition de leur client en Espagne, la bataille procédurale durera des mois, voire plus.Si, en revanche, les lords donnent raison à la Haute Cour qui a accordé une immunité totale à l’ancien caudillo à la fin octobre, alors, la partie londonienne de la saga Pinochet peut être close en quelques heures.Le temps, pour ses défenseurs, de demander — et probablement d’obtenir — de la justice la fin du contrôle judiciaire de leur client.Celui-ci a été prorogé, lundi, jusqu’au 6 avril.L’arrivée à Londres d’un avion sanitaire chilien, qui ramènerait le vieux tyran au pays au soir même du verdict, est attendue aujourd'hui sur le tarmac londonien.Le soutien très controversé du Vatican au caudillo OTAN l e Devoir est publié du lundi au samedi par U Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue de Bleury, 9* étage, Montréal, (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor USalle, 7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L'agence Presse Canadienne est nutorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir, l.e Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, Uval.Envoi de publication — Enregistrement iv 0858.Dépôt légnl: Bibliothèque nationale du Québec.HENRI TINCQ LE MONDE > intervention du Vatican en faveur d’une libération du très catholique Augusto Pinochet a provoqué un tollé ans les mouvements de défense des droits de l’homme et c ivisé un peu plus les catholiques d’Amérique latine.Joaquin Navarro-Valls, le porte-parole du Saint-Siège, avait indiqué, le vendredi 19 février, à Rome, qu’une «démarche diplomatique» avait été tentée auprès du gouvernement britannique pour des raisons humanitaires et juridiques.«L’intérêt du Saint-Siège dans cette affaire, expliquait-il, vient d’une demande du gouvernement chilien, qui revendique sa souveraineté territoriale, même dans le domaine judiciaire.» Pour en savoir plus, il fallait attendre un document de l’épiscopat du Chili, qui sera publié le 2 mars à Santiago, intitulé Pour la vérité et la paix.Selon lui, le Vatican souhaite non pas interférer dans les délibérations de Londres sur l’immunité diplomatique du sénateur à vie chilien mais mettre fin au «grave préjudice» que la détention de Pinochet a porté au «climat de dialogue et de compréhension» dans son pays.Ces explications n’ont pas convaincu les militants des droits de l’homme et les courants catholiques progressistes, qui regrettent que le Vatican n’ait fait aucune allusion aux considérations humanitaires auxquelles ont droit les familles des victimes assassinées et disparues, ni au fait que le général Pinochet n’a jamais demandé l’ombre d’un pardon.De son côté, Londres a précisé que Jean-Paul II n’était pas l’auteur de cette pression diplomatique mais que celle ci venait à’«une personnalité haut placée» au Vatican.Deux hommes, à la Curie romaine, connaissent bien le dossier chilien.Le premier est le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat, c’est-à-dire le collaborateur le plus proche du pape, qui fut nonce apostolique au Chili pendant les années de la dictature Pinochet II avait été le principal organisateur de la visite du pape à Santiago en avril 1987, quand Jean-Paul II était apparu au balcon de la Moneda aux côtés du général Pinochet Ce geste avait fait scandale.Les organisations de gauche et de défense des droits de l’homme avaient également été choquées quand, le 30 mars 1993, le quotidien chilien El Mercurio avait révélé que le cardinal Sodano et le pape lui-même avaient envoyé leurs salutations au général Pinochet et à son épouse à l’occasion de leurs noces d’or! Au Chili et à l’étranger, des groupes catholiques contestataires avaient redoublé de colère.Le cardinal Sodano est à l’origine de la nomination, en 1996, d’un évêque chilien, Mgr Jorge Medina Estevez, à l’un des postes les plus élevés de la Curie romaine, celui de chef de la congrégation du culte divin.Créé cardinal en février 1998, proche du lobby Pinochet, Mgr Medina Estevez a déclaré, dès le 29 décembre 1998, à la Cuarta de Santiago que l'arrestation du général était «une humiliation pour la souveraineté nationale
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