Le devoir, 13 février 1999, Cahier B
¦iüÉâ!'.Temps Utiïu, P U B L I C I S Un logiciel, le MP3 TÉLÉCHARGEABLE SUR INTERNET, FAIT TREMBLER LE GEANT SUR SES BASES CLICHÉ REPETE A ECLAIRAGE DIFFERENT.EN RAISON DU TEXTE IMPRIME SUR FOND GRIS OU DE COULEUR le Devoir IA MUSIQUE ACOUS.COMMENT?VOIP PAGE B 2: MP3 DOSSIER: PAGE B 3 THÉÂTRE: L’AFFAIRE FARAHDI PAGE B 8 MORT D’UNE EFFEUIULEUSE PAGE B 12 Cinéma page B 4 DISQUES page B 10 MUSIQUE page B 12 SYLVAIN CORMIER Le bogue de l’an 2000?Chiquenaude.Les coupes à blanc dans la forêt boréale?Broutilles.La crise financière en Amérique du Sud?Billevesées.Les urgences débordées?Futilités.Le procès Cjinton?Pffft.Ijes amours de Patrick Huard et Lynda Lemay?Niaiseries.A entendre les hauts cris sortant de partout depuis quelques mois dans l’industrie du disque, un seul danger menace vraiment la planète: le MP3.C’est-à-dire, plus précisément, les méchants utilisateurs pirates du logiciel de téléchargement MP3 (ou son cousin plus performant, le MP4), ce machintrucchose informatique qui permet une compression plus efficace de l’information musicale, autrement dit de copier quasi parfaitement, en prenant peu d’espace, et surtout gratuitement, des fichiers contenant les chansons de votre choix.Le mot clé, ici, est l’adverbe: parfaitement On n’est plus au temps bénin de la simple copie privée sur cassette du dernier Ginette Reno pour matante Huguet-te.On est entré de plain-pied dans l’univers du transfert audionumérique à haute vitesse et haute définition.Du parfait clonage de p'tites tounes.Ce n’est pas de la science-fiction: au moment où j’écris ces lignes, des tas de sites Internet offrent en toute gratuité (ou en échange) le dernier Jean Leloup, le dernier Ala-nis Morissette, le dernier Fear Factory, le dernier Richard Abel (je blague: qui voudrait de Richard Abel?) et des tas de gens téléchargent dans leur ordinateur leurs chansons préférées, qu’ils ont tout loisir de transférer sur disque compact vierge (CD-R) à l’aide d’un graveur (on dit aussi brûleur).Le tout pour une poignée de cacahuètes pas plus grosse que celle qu’on distribue dans les avions.Le logiciel, également téléchargeable, ne coûte rien, les CD-R s’écoulent à deux ou trois dollars pièce et le prix du brûleur baisse tous les jours: à 500 $ la machine, on approche du seuil de commercialisation à grande échelle.Le bord du précipice, selon l’industrie.Une balle dans le pied «Si l'apparition du disque compact a relancé l'industrie, explique Richard Pelletier, observateur assidu du phénomène MP3 et directeur des communications chez Audiogram, la plus importante compagnie de disques indépendante au Québec, l’industrie s'est tiré une balle dans le pied en mettant en circulation se$ bandes maîtresses.Avec le compact, c’est la source première qui est disponible.A moins d’être un audiophile extrême, il n’y a pas de différence entre ce qu’il y a sur le support CD et ce qu’il y a en studio sur la cassette DAT [Digital Audio T ape).Il était fatal qu’on trouve le moyen de reproduire ce support, comme tous les autres.m* BANQUE NATIONALE Desjardins A Hydro Québec InterQanadim «S» Radio-Canada yffsdllc.EXPOSITION-ÉVÉNEMENT au Musée d’art contemporain de Montréal du 14 au 19 février 1999.___- ENTREE GRATUITE Un 17 février.1- Texte inédit de flNTONINE MAILLET Mise en scène : Guillermo de Rndrea avec Mireille Deyglun et Cloude Prégent Costumes : François Barbeau Dimanche 14 février 13h30 et 15h30 Mardi 14 février 12h30 Mercredi 17 février 12h30, 18h00, 19h 15, 20h30 Jeudi 18 février 12h30 Vendredi 1?février 12h30 théâtre \*r/ durideau V'/ vert y » S t • * t • » W» I.K I) K V Oil!.I.K S S A M !•: |)| I !i K T |) I M A X l II K I I !•’ Y.V II I Y II I !» !» !» MP3 Un raz-de-marée menace d’emporter l’industrie de la musique endisquée Richard Pelletier, d’Audiogram: «C’est la mentalité i de gratuité.» JACQUES GRENIER LE DEVOIR : en train de se créer chez les jeunes: une habitude SUITE DE LA PAGE B 1 L'industrie a réussi à empêcher la propagation des cassettes DAT.Elle a échoué avec le MP3 et les brûleurs de CD.«Aujourd'hui, ce qu 'on obtient par copie MP3 n'est pas moins satisfaisant que ce qu'on vend en magasin.De là le danger, qui est réel.» Le rappeur Chuck D du groupe Public Enemy, en plus de prédire que l’industrie va «capoter avant deux ans», résumait la situation dans un récent bulletin de nouvelles du Q Online, le pendant Internet du magazine britannique: «Si tu peux brider ton propre disque pour cinq dollars, pourquoi tu en paierais douze au magasin?» D’où les hauts cris, le vent de panique, que dis-je, le raz-de-marée qui menace d’emporter l’industrie.La semaine prochaine, lors des Rencontres professionnelles de l’ADISQ, les intéressés se poseront en atelier la grande question: «La vente de disques sur Internet et le téléchargement de la musique: encore un mythe ou une réalité alarmante?» Partout, on se mobilise, on fourbit les armes légales, on cherche la parade informatique.Pas une journée ne passe sans nouvelle escarmouche dans la guerre du MP3, relevée par les quotidiens.La semaine dernière, coup de butoir, le serveur Lycos dévoilait le premier moteur de recherche destiné aux utilisateurs du logiciel: vous voulez telle chanson?cliquez et hop, voila les sites qui l’offrent! L’industrie a réagi promptement, intimant à Lycos l’ordre de débarrasser sa cour des «cow-boys» qui fournissent les chansons sans permission.Ces jours-ci, le géant informatique IBM et les multinationales du disque, Warner, BMG, EMI, Sony et Universal, annonçaient l’aboutissement d’un plan à consonance A’-Files: le Madison Project, un procédé de téléchargement ultrarapide par modem câble (10 minutes pour une heure de musique) qui bénéficiera d’un système d’encodage anti-piratage.«Ce qui est certain, c’est que l’industrie va profondément changer, admet volontiers Pelletier.On ne distribuera plus la musique comme avant.On va probablement revenir au bon vieux juke-box, mais sous forme virtuelle.À la place de mettre un trente sous dans la fente, on ira commander les chansons sur internet, et la carte de crédit sera débitée.On achètera le nombre de diffusions: à la fois, à la journée, ou pour toujours.En autant que le même service ne soit pas gratuit à côté.» Pourquoi payer?Sur Internet, les pirates rigolent.Payer?nous?et puis quoi encore?«U plus grave, continue Pelletier, c'est la mentalité qui est en train de se créer: une habitude de gratuité.Pour la nouvelle génération, la musique, c'est à SU R LA C Ap COMMISSION DE LA CAPITALE NATIONALE DU QUÉBEC /2e éc/ition e/es- PRIX D’EXCELLENCE DES ARTS ET DE LA CULTURE Sous la co-présidence d'honneur de Monsieur Pierre Boucher, président et directeur général de la Commission de ta capitale nationale du Québec • CULTURE et de Monsieur Bernard Labadie, directeur artistique et musical des Violons du Roy, de la Chapelle de Québec et de l'Opéra de Québec DES PRIX QUI METTENT EN LUMIÈRE L’EXCELLENCE DE L’ACTIVITÉ ARTISTIQUE ET CULTURELLE DE LA RÉGION DE LA CAPITALE L e Conseil des arts et des lettres du Québec s’associe aux partenaires des Prix d’excellence des arts et de la culture pour féliciter les récipiendaires.CONSEIL / DES ARTS ET DES LETTRES DU QUÉBEC I Rychard Thériault Comédien, Ecce llonio prix Janine-Angers Fondation du Théâtre du Trident Nadine Meloche Comédienne, /{vies tie Dieu Prix Nickv-Roy Fondation du Théâtre du Trident Marie-Chantale Vaillancourt Conceptrice de costumes, Yvonne, princesse de Bourgogne Prix Jacques-Pelletier Fondation du théâtre du Trident Michel Nadeau Metteur en scène, Di.Morl d'un commis voyageur Prix de la meilleure mise en scene Fondation du Théâtre du Trident JEAN GUY Comédien, la Mort d'un commis voyageur Prix Paul-Hébert Fondation du Théâtre du Trident Paul Hébert Comédien Prix des abonnes du Trident Fondation du Théâtre du Trident Claude Letourneau Violoniste et pedagogue Prix de la Fondation de l’OSQ Fondation de l’Orchestre SYMPHONIQUE DE QUÉBEC Monique Pagé Soprano Prix de scene Fondation de l’Opéra de Québec jâs gros-&cs THÉÂTRE JEUNE PUBLIC Productions Les Gros Becs Prix Ville de Québec Ville de Québec Mario Dufour Président, l'estival de musique sacrée de Saint-Koch Prix hors scène Fondation de l’Opéra de Québec Jacques Lacoursière Historien, auteur et communicateur Prix de l'Institut Canadien de Québec L’Institut Canadien de Québec Michel lessard Auteur, il le d'Orléans: aux sources du /Hmp/e québécois et de l'Amérique française Prix des abonnés de la Bibliothèque de Québec L'Institut Canadien de Québec David Naylor |W)iir son exposition ta nuit Prix reconnaissance Vioere Claudie Gagnon pour son installation le Plein d'ordinaire Prix événement VIOERE Radio-Canada Promotion de l'exposition Rodin Prix Arts et Affaires Chambre de commerce et o'industrie du Québec métropolitain François Cinq-Mars Directeur.Musée minéralogique et minier de Thelford Mmes Prix du développement culturel (Prix François-Samsoni CONSEIL DE LA CULTURE DE LA RÉGION DE QUÉBEC Marcel Marois Artiste licier t DU RAYONNEMENT INTERNATIONAL CONSEIL DE LA CULTURE DE LA RÉGION DE QUÉBEC Imagix Multimédia Prix SODEC de l'entreprise culturelle Société de développement des entreprises culturelles Les prix ont été remis au Capitole de Québec, le lundi Ier février 1999 I Gouvernement du Québec Ministère de la Culture I et des Communications 7111.1 DE / I quebec v > i i vwiw.prix-raccllencc.coni CrCPO SAO IÆ 5M tout le monde.Ça passe par le câble de téléphone on de télévision: on a accès aux stations en payant les abonnements, pourquoi l'accès aux chansons serait-il différent?» Qui plus est, combien de temps l’encodage résistera-t-il aux petits malins du pitonnage: deux jours?une semaine?Ls paris sont pris, les as du dé- Pas une journée ne passe sans nouvelle escarmouche dans la guerre du MP3, relevée par les quotidiens cryptage se crachent dans les mains.Quant à l’épée de Damoclès des mises en demeure et autres poursuites en justice, le jeu de cache-cache ne fait que c o m m e n c e r : comment débusquer les débrouillards qui parasitent les sites universitaires, les finauds qui nichent chez un serveur dans quelque pays au droit d’auteur nageant dans le flou artistique?Pelletier, conscient de toutes les entourloupettes que permet Internet, n’en démord pas: «C'est sûr que quelqu'un devra être redevable quelque pari.» Lui-même envoie des courriers électroniques aux utilisateurs illicites.«La plupart retirent nos chansons de Icuis listes sans problème.» Dans les cas problèmes, il promet de montrer les dents.Portrait en pied du MP3 Cela dit, exagère-t-on?Y a-t-il un ballon de baudruche médiatique a dégonfler?Qui est l’utilisateur type du MP3?Sont-ils des millions, des milliers, des centaines, ou deux boutonneux à lunettes habillés en Trëk-kers dans leur sous-sol?Une étude fournie par le mégasite MP3.com, véritable épicentre de l’ouragan, donne l’heure la plus juste: à en juger par les 1,6 million de visiteurs du site recensés en septembre dernier, les 15 (XX) listes obtenues en effectuant une simple re-cher- IBM, Warner, BMG, EMI, Sony et Universal annonçaient récemment un plan à consonance X-Files pour contrer les pirates che sur le serveur HotBot et le palmarès du site Search-terms.com qui a déterminé que MP3 vient tout juste après «sex» parmi les mots les plus fréquemment utilisés dans les recherches, la population des usagers MP3 se compte par millions.Même chez nous, la croissance est exponentielle: en une semaine, le nombre de sites membres du «Chaînon du MP3 québécois» est passé de la trentaine à la quarantaine: on y trouve de tout, du site pur fan avec deux ou trois raretés à télécharger au site hyperactif donnant accès à plus de 400 tijres (y compris le dernier album d’Eric Li-pointe au grand complet).Autant de chiffres qui ne disent pas tout: une fois les titres, téléchargés, combien de copies sur compact sont disséminées pour quelques dollars entre amis, collègues ou condisciples?«J’ai des amis professeurs dans les cégeps qui me disent: Richard, il n’y a pas une classe sans un li-cul qui grave des CD pour tout le monde.» L’ado de ma douce aimée, lui, en connaît au moins un, qui fournit les initiés à l’école secondaire de Mont-Rolland.Sachez par ailleurs que, selon la même étude de MP3.com., l’usager type est généralement mâle, instruit et âgé entre 15 et 25 ans.Le profil habituel de l’acheteur de disque, quoi.La création menacée En fait, la partie se joue entre deux factions: les partisans de l’Internet libre et ceux qui voudraient en faire le nouveau territoire du commerce.David Bowie, qui a fondé son propre serveur (david bo-wie.com) se méfie des shérifs de tout crin et en témoignait dans un récent article du National Post: «L'Internet se définit par sa décentralisation: l'idée même de tenter d'en policer l’utilisation me semble détestable.» Richard Pelletier renchérit.«Il y a une anarchie tripante sur Internet.C’est vrai que ça démocratise l'accès à la musique, que des groupes peuvent s'y faire connaître.Mais il faut quand même faire attention: c'est également normal que certains profitent de cette liberté pour faire des choses plutôt dommageables pour l’ensemble de la société.Combien de copies on n 'a pas vendues du dernier Jean Uloup à cause du téléchargement?Je ne sais pas.Mais je sais qu à la longue, si les redevances ne sont pas payées, ce n’est pas seulement lu compagnie de disques qui va en souffrir mais l’artiste.Surtout celui qui arrivait tout juste à faire ses frais.S’il perd 500 exemplaires sur les 20(H) qu'il vendait avant, il va faire quoi?Il ne fera plus rien.Quand tout sera copié, il n'y aura plus rien de nouveau à copier.» n ! t 86 I.K H K V (1 I II , |.E S S A M E I) I I 3 E T I» I M A X C II K I I I K V II I E II I !» !» !» SA R T S I) O S S I E H C’est quoi, la musique électroacoustique ?MIDI, électronique, Dat, bandes, acousmatique, mix (ou multi) média, musique électronique ou concrète, art radiophonique, ordinateur, temps réel, montage, tant de mots qui tentent de décrire une réalité plurielle bien vivante au Québec: celle de la création qui se fait sans les instruments traditionnels, libérant l’imagination grâce â des machines reproduisant des sons ou en en produisant d’inouïs.D’où cela vient-il, qu’en est-il?lin court portrait pour stimuler l’imagination alors que s’ouvre, mercredi, la cinquième édition de Rien à voir au Théâtre de la Chapelle.FRANÇOIS TOUSIGNANT JACQUES NADEAU LE DEVÔlR Le compositeur Francis Dhomont dans son laboratoire, avec ses instruments de travail «âBBSs wæs; ¦“' mmk.• A Qui n’a pas un jour perdu son lalin devant le phénomène de la musique électroacoustique! Il faut dire que les compositeurs n’ont jamais beaucoup aidé la cause, inventant le vocabulaire au gré de leurs inventions sonores et de l’évolution de la technologie comme de ses utilisations, créant un jargon dans lequel eux-mêmes parfois s’empâtent et qui arrive à rebuter certains néophytes.Il faut dire aussi quïl y a le problème du concert.Pas de communication avec un interprète, assis dans le noir, et pas de «spectacle» visuel pour supporter l’écoute.Le public qui a l’habitude de voir guider son écoute par des gestes se trouve un peu démuni assis dans le noir,.s;uis rien à regarder qu’un montage de haut-parleurs.Ce qu’on y gagne, cependant, c’est la possibilité de se concentrer uniquement sur le son et ses déplacements dans l’espace physique.Car les compositeurs de ce genre de musique sont passés maîtres dans l'art d'occuper tout l’espace d’une salle, de rendre tridimensionnel ce qui, aux instruments, reste dans les deux dimensions du plateau devant nous.In perspective d’écoute en est donc grandement enrichie.Un peu d’histoire L’idée de se servir de sons préenregistrés pour faire de la musique originale n’est pas neuve.En 1877, avec l'invention de son premier phonographe, Edison, visionnaire, entrevoit comme possibilité importante de sa nouvelle machine celle de «servir an compositeur d’œuvres musicales.Eu faisant jouer certains airs à reculons, on ARCHIVES LE DEVOIR V j ?Ï.*J Alain Thibault, de l’ACREQ en produit d'autres, très beaux».C’est déjà le germe de la musique telle que conçue par son père reconnu, Pierre Schaeffer, en 1948, qui lui donnera le nom de musique concrète, une musique bâtie à partir de sons existants et enregistrés, manipulés sur bande magnétique.Un autre aspect important vient jouer: celui de l’invention d’instruments électriques.Au tournant du XX' siècle, le telharmonium ou les ondes Martenot sont les ancêtres des premiers synthétiseurs, à l’origine d’une musique faite par des instruments produisant électroniquement des sons neufs — d’où l’expression musique «électroacoustique», acoustique générée par l’électricité.Au cours des années 50, grosso modo, deux manières de penser vont s’affronter: celle qui ne cherche que les sons enregistrés concrets, de tout ordre (instruments traditionnels, bruit de machine.) et celle qui ne travaille qu’à partir de sons générés artificiellement par des oscillateurs électriques.Rapidement, les frontières vont devenir plus floues entre ses deux tendances, chacune usant d’à peu près les mêmes techniques de travail sur la bande, sur le son.On essaie aussi d’ajouter des partitions instrumentales aux bandes; bien des interprètes vous diront la difficulté quïl y a à jouer une œuvre quand la bande défile, implacable, a vitesse fixe, s;uis ru-bato ni respiration.Il fallait trouver une solution.L’arrivée de l’ordinateur va commencer à résoudre le problème.On arrive à programmer la machine pour qu’elle ré|xjnde, en temps réel (c’est-à-dire soumise aux impératifs de l’exécution), aux commandes du musicien.C’est en partie ce qu’on appelle la musique assistée par ordinateur: la machine sert tant à la composition qu’à l’exécution.Nombreux sont les compositeurs qui, pour pouvoir utiliser les ressources techniques, vont travailler dans des studios de radio.Celle-ci va leur rendre la part belle en allant commander des œuvres écrites pour le concert puis, petit à petit, des musiques spécialement conçues pour elle, avec ses propres mérites et ses propres contingences (la radio n’a encore et toujours que la stéréophonie à sa disposition et dispose de plages de temps fixes).L’art radiophonique, une idée qui progresse beaucoup, est né.la chaîne culturelle de Radio-Canada, comme la CBC Radio Two, lui consacre de bonnes plages en fin de soirée, les fins de semaine.La situation ici 11 est vrai qu’au départ ces chamboulements; ont lieu surtout en Europe et aux Etats-Unis entre 1948 et I960.Au Canada, le premier studio de musique électroacoustique voit le jour en 1959, à l’université de Toronto, suj-vi, en 1964, par l’université McGill.A partir des années 70, on ne compte plus le nombre de facultés de musique qui se dotent d’équipements pour la composition électroacoustique autour desquels se regroupent des compositeurs.Des écoles de pensée se forment elles aussi, montrant la diversité des tendances et des esthétiques.On se réclame de la pensée de Pierre Schaeffer, ou de celle de Stockhausen, de l’IRCAM, des tendances de la côte Ouest américaine.C’est un terreau fertile sur lequel se développe toute une génération de jeunes compositeurs, non plus des pionniers dans la fondation, mais des consolideurs d’un état de fait.Nombreux sont ceux — et je n’ose en nommer tant il y en a — qui reçoivent des récompenses internationales, font des stages à l’étranger et s’inscrivent dans toute la mouvance mondiale de cette forme d’art.S’il fallait prendre un instantané de la situation, on pourrait dire qu’à Montréal se trouvent principalement deux façons de faire qui s’opposent.Une première est celle qui est dans la mouvance du travail de Francis Dhomont.L’idée musicale prime, le travail artisanal sur le son et la bande aussi.C’est l’acousmatique, un terme que le Français François Bayle définit fort bien par «une musique qui se tourne, se développe en studio, se projette en salle, comme au cinéma».L’analogie est parfaite entre les deux formes d'art; les compositeurs parlent d’ailleurs souvent de cinéma pour les oreilles.La seconde travaille plus volontiers avec les ordinateurs.Plus expérimentale dans sa technologie, plus tributaire de l’évolution de celle-ci, elle ne dédaigne pas, souvent, de flirter avec les mouvements esthétiques postmodernes, notamment en ce qui concerne l’intégration de musiques traditionnelles ou populaires.Jean Piché ou Alain Thibault en sont de bons témoins.Productions et concerts Toute marginale, voire marginalisée quelle soit, cette musique rejoint néanmoins un bon et fidèle public.Réseaux, avec ses mini-festivals Rien à voir., remplit maintenant à capacité le Théâtre de la Chapelle, et l’ACREQ (Association pour la création et la recherche électroacoustique du Québec) multiplie les manifestations de tout ordre, principalement à l’Usine C, en se risquant à de nombreux projets conjoints codisciplinaires et produisant des événements spéciaux.Assis dans le noir, avec un éclairage d’atmosphère discret, dans des dispositions de fauteuils pas toujours standard — il n’est pas rare qu’on réinvente l’aménagement des places comme la distribution des sources sonores), on se concentre sur le son, chacun avec son bagage émotif.Le public se compose d’étudiants comme d’irréductibles de longue date, de professionnels de la confrérie et de curieux.Ira seule étiquette: la curiosité.On entend alors l’interprétation d’un bande par les soins du teneur de console chargé de diffuser le son à travers l’orchestre de haut-parleurs à sa disposition pour rendre aussi l’espace expressif (ce qu’on nomme acousmo-nium).Bien sûr, le son est parfois fort et certains se bouchent les oreilles pour ne pas être trop physiquement agressés.Ira plus souvent, la qualité d’écoute est remarquable.Il est fascinant de comparer la différence entre cette musique entendue en salle et son écoute à la maison, où l’on perd en profondeur.Si vous êtes curieux, vous pouvez en effet vous procurer des disques et découvrir vos compositeurs favoris.La maison québécoise empreintesDI-GITALes a déjà à son catalogue un bon nombre de titres, bien documentés et originalement présentés.Une bonne façon de s’initier.Ira meilleure reste le concert, encore et toujours, même s’ils se font rares.Raison de plus d’aller se faire une idée de la vitalité de cette musique et surtout des musiciens qui la font."% M -¦ r 4 à 8 ans Une nouvelle création du Théâtre de l’Avant-Pays présentée par la Maison Théâtre Texte : Joël da Silva Mise en scène : Michel Fréchette et Michel P.Ranger Marionnettes et scénographie : Patrick Martel Éclairages : Claude Cournoyer Musique : Joël da Silva Marionnettistes : Patrick Martel, Marie-Hélène Morazain, Louis-Philippe Paulhus et Marc-André Roy du 10 au 28 février 1999 Les samed^0#Mimanches à 15 h Supplémentaire dimanche 28 février à 13 h Billets en vente (514) 288-7211 iy- 245, rue Ontario Est Métro Berri-UQAM Métro Sherbrooke A ' Al C~.514 790-1245 1800 361-4595 ALCAN '¦ Se 11! DEVOIR La Maison Théâtre buissonnière; > Venez voir le spectacle et visitez I exposition Des marionnettes , au théâtre ¥ ¥ ’ ?Découvrez l’univers de la * * marionnette à travers 23 saisons ; de création du Théâtre de ; * l’Avant-Pays.* ^ ¦ Plans, maquettes de décors, ; accessoires, moules, prototypes ; et patrons utilisés lors de la .construction de différents personnages.Foyer sud de la Maison Théâtre jusqu’au 28 février 1999.L’idée de se servir de sons préenregistrés pour faire de la musique originale n’est pas neuve A gagner UN VOYAGE POUR DEUX A PARIS ! Autres prix : des abonnements à des magazines de prestige et des coffrets de parfums.CONCOURS TV5 10 ANS LA TÊTE DANS LES IMAGES Titre et date de l’émission Nom Prénom | Ville I Code postal Adresse électronique D’ici le 2 avril, repérez ce biplan à l’antenne dr TV5.Unvoyez-nous la date et le titre de l'émission par Internet (www.tv5.org), par télécopieur (514-522-6572) ou par la poste à : Concours TV5, 1755, boul.René-Lévesque Est, Bureau 101.Montréal H2K 4P6 I I Téléphone I I I I I Règlements sur noire site Internet ou sur demande.CHANGEZ DE MONDE Repérez ce biplan ! Un terrible rite de passage Claude Miller livre avec La Classe de neige son film le plus noir JACQUES GRENIER LE DEVOIR Mr-'wwm fÜ % mm Depuis toujours, le cinéaste Claude Miller aime aborder l’adolescence ou la préadolescence, cet âge de la vie où on traverse une frontière, où l’innocence se perd.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Quand Claude Miller a plongé dans la lecture de La Classe de neige — le roman d’Emmanuel Carrè-re qui allait recevoir le Femina —, il a '.FÇssenti l’émotion du cinéaste qui - Cent là son prochain sujet, Puis il s’en est voulu.Emmanuel Carrère, une vieille connaissance, lui avait fait parvenir son roman depuis belle lurette, mais Miller avait négligé de le lire à l-’çpoque.«Les droits doivent être déjà ÿctroyés ailleurs», s’est dit Miller.Mais ; Im Classe de neige attendait sagement ; sa baguette de directeur et Carrère allait même participer à l’écriture du ' ePénario.Le style clinique, concis dans le ro- man, devait épouser un univers plus .baroque où rêves et réalités allaient •• se répondre à l’image.On connaît la ! suite: prix du jury au dernier Festival _ de Cannes pour cette Classe de neige • maigre une presse française ayant en .partie éreinté le film.Claude Miller ; s’avoue habitué aux foudres de la cri-' tique.«Depuis La Petite Voleuse, je n'ai plus la cote en France», dit-il.Sa - Classe de neige est mieux reçue à , l’étranger qu’à la maison.A Montréal, l’étoile Miller est bonne et la Cinémathèque consacrait " cÇtte semaine une rétrospective au cinéaste.En France, il se fait repro-' cher de faire partie de l’establish-; nient.«Quand le cinéma américain est classique, on le porte aux nues, s6upire-t-il.En Europe, on vous trou-; ve suspect.Ali!» Une angoisse sans nom ¦ Ai-je dit que Im Classe de neige, da-.vantage encore que le roman dont il est issu, inspire au spectateur un sentiment d’angoisse sans nom?11 faut dire que le thème — cette histoire d’un jeune garçon frappé par l’ombre du mal que son père porte — est présenté à travers le regard de l’enfant brisé par la découverte progressive .de l’horreur familiale.«J'aimais, dans le livre, la façon dont la réalité s'imbriquait insensiblement dans le rêve, explique Miller, et j'ai poussé Carrère à développer davantage les passages oniriques au scénario.Il hésitait au début, craignant l’idée de plonger dans le fantasme, mais je l’ai encouragé à s'éclater.» Il tourne depuis 1976, Claude Miller: dix longs métrages seulement à sa feuille de route, dont le remarquable Garde à vue.Mortelle randonnée et un premier long métrage fort remarqué avec Patrick Dewaere à la proue: La Meilleure Façon de marcher.Claude Miller parle de Im Classe de neige comme de son film le plus noir, quoique bel et bien inscrit dans la lignée de ses œuvres.Depuis toujours, il aime aborder l’adolescence ou la préadolescence, cet âge de la vie où on traverse une frontière, où l’innocence se perd.«La maturité n’existe pas, mais la perte des illusions et le commencement des compromis, oui.Mon petit héros, à travers cette épreuve d’angoisse, connaît aussi sa première éjaculation.Le film constitue un terrible rite de passage.» «Si je suis spécialiste de quelque chose comme cinéaste, c’est moins de l'enfance que de la violence.La barbarie des rapports humains me fascine avant tout.J ‘aime montrer l'individu pris avec ses fantômes, prisonnier d’un secret dans un groupe qui joue à la normalité.En fait, tout le monde est anormal.Pour vivre en société, on a chacun besoin d’enfouir notre secret, nos marges.Alors, il y a ceux qui traversent la ligne et ceux qui ne la traversent pas.Comme cinéaste, la première catégorie m'intéresse bien davantage.» Claude Miller est conscient d’entrer, à travers La Classe de neige, dans des zones névralgiques où le publie se sent mal à l’aise.«Parce que je touche à la violence faite à l’enfance, ce qui fait mal à tout le monde.Ce film sur les enfants ne leur est d’ailleurs pas destiné.Il a la cote “14 ans et plus", ce qui m’apparaît très justifié.» «Clément Van Den Bergh, le petit acteur belge qui incarne Nicolas, est aux antipodes de son personnage inhibé, torturé, au visage blême et suant d’angoisse.C’est un petit garçon champion de basketball de sa classe, sûr de lui.Mais Clément est un comédien.Il comprenait Nicolas et le plaignait d’ailleurs beaucoup.Quant au terrible papa, il est incarné par François Roy, un comédien de théâtre qui ressemblait pour moi à M.Tout-le-monde et avait donc la tête de l’emploi.Cet homme, je lui ai fait jouer le mal, oui, mais le mal qui souffre.C'est ça, l’enfer.» Fracture Pour la première fois de sa carrière, avec La Classe de neige, Claude Miller n’avait pas de vedette à sa distribution: ni Gérard Depardieu, ni Michel Serrault, ni Isabelle Adjani, ni Charlotte Gainsbourg, comme à l’accoutumée.Un choix intentionnel.«J'ai eu l’impression qu'on croirait bien davantage à l’histoire si aucune tête d’affiche n’y participait.» N’empêche.Le cinéaste est conscient qu’arriver avec un sujet douloureux et sans star fragilise un film, coiffé ou non du prix du jury à Cannes.«De plus en plus, il existe une fracture entre les élites et les gens qui vont au cinéma, estime Claude Miller.Le spectateur moyen ne veut pas se prendre la tête mais cherche le pur divertissement.Le fait qu’un film récolte un prix dans un grand festival est loin d'être garant du succès populaire.Le dernier film d’Angelopoulos, palmé d'or à Cannes, a connu très peu de succès en France.Ceux qui ne travaillent pas au divertissement des gens en paient le prix.C'est parfois mon cas.» Le réalisateur prépare un téléfilm pour la chaîne Arte, une adaptation d’un roman de Siri Hustuedt, l’épouse de Paul Auster, qui abordera la rencontre de trois femmes dans une chambre d’hôpital.«Il n'y a que dans une chaîne comme Arte que je peux faire des films sans pressions commerciales.En France, la télé est la partenaire du cinéma.Pas de conflit.Pas de jalousie.Il paraît que ce n'est pas le cas partout.» Le Gone du Chaâba un film de CHRISTOPHE RUGGIA |-FAMOUS PLAYERS I /, PARISIEN ® | REM STAR Partir.Le Grand Serpent du monde d'Yves Dion prend (enfin) Vaffiche aux Rendez-vous BRIAN MYLES LE DEVOIR Enfin!, soupire le réalisateur Yves Dion, écorchant au passage les pieuses oreilles en poussant deux ou trois jurons.Son plus récent film, Le Grand Serpent du monde, prend bientôt l’affiche.près de cinq ans après la fin du tournage.En résumé, la postproduction a pris beaucoup, beaucoup de temps.D’abord, le studio d’effets visuels de l’Office national du film n’était pas disponible.Ensuite, l’ONF est entré dans une période tumultueuse de son histoire et a fermé son laboratoire.Après, ce fut tout un méli-mélo technique, dont on vous épargne les détails, pour réaliser les effets spéciaux — un halo autour de l’autobus errant et des jeux de lumière dans une piscine où le personnage principal, nul autre que Murray Head, expurge ses colères et ses angoisses et s’abandonne à ses démons.Cinq années de travail pour un film traitant autant des jeux de séduction que du legs de la beat generation.«Ça va plus plaire aux femmes.J’ai de la misère à expliquer pourquoi», lance Yves Dion, anxieux de connaître la réaction du public à son Grand Serpent.«Toi, as-tu accroché, as-tu embarqué dans l’autobus?» L’autobus, c’est la véritable demeure du chauffeur Tom Paradise (le beau Murray Head, qui va certes plaire aux femmes).Il y passe le plus clair de son temps à rêver de partir.sur la route, comme le roman du même nom de Kerouac, qui traîne sur le tableau de bord.Tom Paradise, début quarantaine, fréquente une fille plus jeune que lui et se laisse tenter par une autre jeunesse, Anaïs (Zoé Ultra verse).Il refuse de vieillir, reste accroché à Kerouac, fume son joint quotidien et brûle d’envie de repartir à la découverte des grands paysages de l’Ouest américain.Il tient paisiblement le volant d’un univers sur quatre roues dans lequel gravitent des personnages pour le moins surprenants, le dérangé Monsieur (Gabriel Arcand) en tête.L’apparition d’Anaïs, que le chauffeur beat prend à son bord un soir quelconque, va changer la vie de Torn.«Il y a deux choses qui font sensiblement le même effet dans le film et qui sont habituellement des pensées que je garde dans ma tête parce que je trouve ça un petit peu trop “songé".C'est le personnage de Monsieur et le halo de l’autobus.Les deux travaillaient dans le même sens.Monsieur, c’est l’âme de Torn.Quand Torn est bien, Monsieur est bien.Quand Torn ne va pas, Monsieur ne va pas.L’autobus, c’est son désir de partir, sa liberté, sa volonté de partir.C'est difficile à voir, mais quand tout va bien pour Torn, Le Grand Serpent du monde est le dernier long métrage de fiction produit par l’Office national du film Ordres l’autobus a un gros halo.Quand ça va moins bien, le halo est beaucoup plus faible.» Dettes morales Le cinéphile embarque ou n’embarque pas dans la grande bagnole bleue.Mais s’il décide d’y prendre place, il acceptera sans trop de malaise l’effritement de la cloison entre le rêve et la réalité qui s’opère tout au long du Grand Serpent du monde.Tout intérieur, ce serpent tortueux a été écrit par Monique Proulx, la scénariste du Cœur au poing et du Sexe des étoiles.«C’est un film sur les jeux de séduction», poursuit Yves Dion, qui a rencontré sa part de difficultés pour réaliser ce qui s’avère comme le dernier film de fiction produit par l’Office national du film.L’ONF a abandonné ce secteur il y a cinq ans, mais comme le Grand Serpent était déjà en chantier à l’époque, Dion a pu le terminer avec l’interminable délai que l’on connaît.Le réalisateur dans la cinquantaine, qui a amorcé sa carrière comme monteur — il a entre autres assemblé Tu as crié: let me go et Les -, dit avoir contracté en cours de route un nombre impressionnant de «dettes morales».Certains professionnels qu’il tient en haute estime ont travaillé pour presque rien, explique-t-il.L’une des pires difficultés fut de trouver un comédien crédible — c’est-à-dire suffisamment beau et séduisant — pour que le public puisse croire à l’histoire d’amour entre un vieux beat et une jeunesse fougueuse.«Après 40 ans, oublie ça, la séduction», rigole Dion.Le chanteur et comédien Murray Head était tout désigné pour le rôle.«Moi, quand j’ai commencé à travailler avec lui, je me suis dit: il va falloir que je me relève les manches en maudit pour être capable de le mettre à ma main, pour être capable d’obtenir de lui ce que je veux», avoue Yves Dion.Futiles inquiétudes, Murray Head s’est comporté «comme un charme».Le Grand Serpent du monde sera présenté en première mardi prochain dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois avant de prendre l’affiche, vendredi, au cinéma Parisien.«On va faire notre petite semaine en salle et on va oublier ça», ironise Dion.C’est déjà mieux.«Mettons que la phrase “Comment va ton serpent?" ou “Quand est-ce qu’on va le voir, ton film?’’, je commençais à ne plus être capable!» Le film est là.Il esf à prendre ou à laisser.Yves Dion en est libéré et se consacre à un autre projet, un documentaire de longue haleine suivant le parcours de trois familles d’immigrants sur.sept ans.Décidément.emporte corn www FRANCE FILM présente une production CITÉ HMtHIQUE élTW\7\-7!f Y ï ^ r COMPÉTITION OFFICIELLE i '49e FESTIVAL INTERNATIONAL J Jj DU FILM DE BERLIN A 1999 ' «Karine Vanasse est une actrice fabuleuse.Un film très maitrisé, certainement le meilleur film de Léa Pool.J’ ai beaucoup aimé.» Nathalie Pétrowski-CKAC Une étoile est née: Karine Vanasse! Louise Blanchard-Le Journal de Montréal ATTENTION RÉVÉLATION! «Karine Vanasse nous emporte au-delà de toute espérance.Un film superbe.Léa Pool signe son oeuvre la plus achevée.» ELLE QUÉBEC Un film de Léa Pool PRODUIT PAR LORRAINE RICHARD avec KARINE VANASSE MIKIMANOJLOVIC PASCALE BUSSIÈRES ALEXANDRE MÉRINEAU NANCY HUSTON imap JEANNE LAPOIRIE Jn«re SERGE BUREAU «wa* MICHÈLE HAMEL «muse MICHEL ARCAND FRANÇOIS Ml SV ulrtoriprale LÉA POOL «ram LEA POOL pr,Juctmr neeulif LOI h LAVtRPIERE pnduetciir Afa» LOI IS PHILIPPE ROCHON une pimliKtMi CITE'AMERIQt E I ]I )|ooiBV r MAINTENANT A L’AFFICHE! CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS 13 ANS ?— LES CINEM TERREBO FAMOUS PLAYERS 1 I FAMOUS PLAYERS 1 | FAMOUS PLAYERS 1 I FAMOUS PLAYERS PARISIEN® N CENTRE LAVAL || VERSAILLES^® 11 F.P.8 GREENFIELD PARK W AS QUZZO— NNE 86.— LES CINEMAS OUZZO STE-THERESE 86.— LES CINEMAS QUZZO— Des SOURCES 10 6 CINEPLEX ODEON BOUCHERVILLE 6.CINEMA PINE STE-ADELE MURRAY HEAD 828;-.».\V : të ôrRANt) xRRFNT Du Monde UN FILM RÉALISÉ PAR SCÉNARIO YVES DION UN ROAD MOVIE.URBAIN MONIQUE PROULX ZOÉ LATRAVERSE LOUISE PORTAL GABRIEL ARCAND L’OFFICE NATIONAL DU FILM DU CANADA wésente LE GRAND SERPENT DU MONDE UNflMRlALISfPAB YVES DION me MURRAY HEAD ZOÉ LATRAVERSE LOUISE PORTAI GABRIEL ARCAND ELYZABETH WALLING JEAN-PIERRE BERGERON JUNEWALLACK JACQUES LANGUIRAND - -jNE SAURIOL MONTAGE MONIQUE FORTIER h YVES DION anECTiou « la puotomapuie PAUL VAN DER UNDEN direction abtistioue GAUDELIHE SAURIO musique AUDIO Z, GAÉTAN GRAVEL et SERGE LAFOREST pnootooN MONIQUÇ LETOURNEAU PRODUIT AKClAPAmCIPAnOIIDf SUPER ÉCRAN Ei TÉLÉ- scEna», MONIQUE PROULX rEausation YVES DION ÉB E-QUEBEC Précédé du court-métrage d’animation (Benin.) ootuntimwar în/ASSI M AVAIT www.onf.ca/grand serpent À L’AFFICHE DÈS LE 19 FÉVRIER I.K I) K V (t I 11 , L E S S A M EDI I » E T D I M A X < Il E I I F K V II I E II I !> !» !» B N É M A Une œuvre séduisante EMPORTE-MOI Réal.: Léa Pool.Scénario: Léa Pool avec l’aide de Nancy Huston.Avec Karine Vanasse, Alexandre Méri-neau.Pascale Bussières, Miki Mano-jlovic, Charlotte Christeler, Nancy Huston.Image: Jeanne Lapointe.Musique: ECM.Au Parisien.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Léa Pool a signé un fort joli film avec cet Emporte-moi.Un joli film très Nouvelle Vague en fait, collé en cela à l’époque et au climat de l’action, le Québec du milieu des années 60, comme aux références au Vivre sa vie de Godard.Une vraie sensibilité parcourt le dernier Ix*a Pool, un regard de finesse posé sur une jeunesse qui carbure au mal de vivre.Il s’agit de l’œuvre la plus autobiographique de la cinéaste d’origine suisse.Celle-ci a transposé sa propre adolescence à l’ombre d’un père rêveur, immature, et d’une mère neurasthénique dans un Québec qu’elle n’a pas connu à l’époque mais qui fut habilement réinventé, en décors, en musique et en costumes pour les besoins du film.Après avoir ouvert jeudi dernier Ixs Rendez-vous du cinéma québécois, le film ira au festival de Berlin oii il est retenu en compétition, La fraîcheur et le naturel d'Emporte-moi nous y feront d’ailleurs honneur.On avait pu croire ces dernières années que Léa Pool délaissait une œuvre d’intériorité pour se diriger vers un registre plus commercial.Du moins, son dernier long métrage, Mouvements du désir (qui date tout de même de cinq ans), avait-il paru moins inspiré, moins porté par le (dues et les spleen que des œuvres lancinantes comme La Femme de l’hô-,tel ou Anne Trister.Avec Emporte-moi, Léa Pool revient à un style impressionniste et y revient de manière .plus accessible, moins épurée qu’au-, trefois.Avec un zeste de facilité sup-, plémentaire d'ailleurs.Entre Montréal et Port-au-Persil où habitent ses grands-parents maternels, on y suit l’âge tendre et buté d’Hanna (l’étonnante et remarquable :.r| H ^w ws JKL W’ «b 1 ' ¦>* .L •• \ IH ¦r J |ni I JAN nus Karine Vanasse et Pascale Bussières dans Emporte-moi, de Léa Pool Karine Vanasse).Nous sommes en 1963 et la toute jeune fille se cherche comme on se cherche à quatorze ans.Elle voudrait retenir l’attention de sa mère (Pascale Bussières), prisonnière de sa névrose, admire son professeur (Nancy Huston), qui ressemble à son actrice fétiche Anna Karina dans Vivre sa vie.Quant à son père (Miki Manoj-lovic), attachant et désespérant, poète raté, chômeur chronique, il ne peut être un repère ni pour son fils aîné (Alexandre Mérineau) ni pour son adolescente en quête d’identité, qui accumule les folies et les fugues.L’extrême naturel des interprètes est un des grands atouts A’Emporte-moi.Karine Vanasse semble habiter son rôle de l’intérieur avec une sorte de flamme ardente qui vacille, brûle, se tord, menace de s’éteindre.Elle est merveilleuse de vérité, touchante et forte à la fois, pivot de cet Emporte-moi.Mais toute la distribution se tient debout: Pascale Bussières presque en contre-emploi, dans un rôle de retrait où elle joue de nuances, plonge en (l’étonnantes zones d’ombre.Le You- goslave Miki Manojlovic, éternel macho des films de Kusturica, s’est ici habilement glissé dans la peau plus tendre d’un poète incompris, raté, colérique, lourd de sentiments qu’il a du mal à exprimer.Quant à la romancière Nancy Huston, en un premier rôle à l’écran, celui de l’institutrice, elle compense une certaine raideur par l'humanité qu’elle dégage.A saluer aussi les prestations des jeunes Alexandre Mérineau et Charlotte Christeler, plus vrais que nature.La force de la direction d’acteurs, comme celle du scénario, tient beaucoup au naturel de l’ensemble.Emporte-moi est au départ le classique film d’initiation, le passage de l’enfance à l’âge adulte avec les rites transitoires: premières règles, premiers baisers, premières révoltes.C’est le rythme, la fraîcheur des personnages, la finesse des dialogues qui donnent au film sa riche texture dans ce Québec des années 60 renaissant de ses cendres avec les inévitables musiques du temps et un montage sonore très inspiré.Le côté cinéma-vérité épouse d’autant plus les années (50 qu’il reproduit la couleur et l’esthétique de ses œuvres-cultes, tricotant une maille â l’endroit, une maille à l’envers des scènes du film avec celles du Vivre sa vie de Godard, l’œuvre fétiche de l’héroïne.Coup de cœur, donc, pour ce film qui n’est pas le plus percutant ni le plus original des films de Léa Pool mais certainement son plus intime, son plus touchant, dirigé avec un doigté de finesse et d’écoute rempli de séduction.Coup double par ailleurs.Emporte-moi est présenté en programme conjoint.Le court métrage fantastique Viens Dehors! d’Eric Tessier, une variation biblique, le précède.Cette comédie désopilante et déchaînée qui fait intervenir Lazare et Jésus témoigne du dynamisme d’une relève cinématographique qui a enfin, grâce à ce programme conjoint, l’occasion de montrer un de ses courts métrages en salle.Et un court métrage qui vaut vraiment le détour.Un long rituel néoréaliste L’ARRIÈRE-PAYS t i t Ecrit et réalisé par Jacques NoloL I Avec Jacques Nolot, Henri Gardey, ¦ ' Henriette Sempé, Mathilde Moné.Image: Agnès Godard.Montage: Martine Giordano.France, 1998, 90 minutes.MARTIN BILODEAU Comédien et scénariste de la marge, dont le nom s’est plus d’une fois retrouvé au générique des films d'André Téchiné (Hôtel des Amériques, , J’embrasse pas, La Matiouëtte) et de Paul Vecchiali (Le Café des Jules), Jacques Nolot, la jeune cinquantaine, lève pour la première fois le voile sur son arrière-pays imaginaire à travers un film beau et émouvant, aux lignes épurées, en harmonie avec le cinéma des copains, mais néanmoins personnel dans sa façon d’interpréter le monde.Jacqui, personnage central du film interprété par Nolot (qui recouvre d’un voile transparent ce récit autobiographique), revient dans son petit village du Midi, après des années d’absence délibérée, pour se porter au chevet de sa mère mourante.Des retrouvailles avec son père et son frère, jusqu'aux obsèques où voisins, oncles et tantes se mélangent en autant de souvenirs, L’Arrière-Pays, dans sa première partie du moins, regarde la mort venir et les rites s’en emparer: les mots d’adieu d’une mère à son fils, son dernier souffle, son corps inanimé qu’on lave et endimanche, la visite des voisins, la mise en bière, la procession jusqu’à l’église, le sermon du curé — auquel se superposent pleurs et chuchotements —, le transport du cercueil au cimetière et son dépôt dans le caveau familial.La première moitié du film fait ainsi l’illustration complète du rituel funèbre, en une sorte d’inventaire documentaire entre les lignes du- quel se profilent délicatement les fils ciramaturgiques qui tisseront la seconde partie, qui ouvre son champ d’observation au village entier, à ses mœurs, ses hypocrisies, bref à ses rituels du quotidien.De la retenue qui l’habitait jusque-là, Jacqui, au sortir du cimetière, reprend possession de lui-même, la mort agissant sur lui comme une délivrance; les rencontres qu’il fait, les intrigues anciennes qu'il soulève, réveillent en lui le gamin qui a quitté le village à 16 ans, coupé les ponts et monté à Paris vivre sa vie d’homosexuel et mettre en route ses rêves d’acteur.Lesquels, réalisés, ramènent la communauté de son enfance à ses pieds, elle qui par le passé s’est montrée bigote et cruelle à son endroit Des scènes prenantes et impudiques émaillent cette chronique douce-amère sur les villages qui tiennent lieu de prison pour les êtres différents, les rapports exclusifs et secrets d’intimité qui s’y tissent, et la famille, sorte d’innocent microcosme d’un monde qui gère sa bêtise par le haut.Hélas, la démonstration de Nolot, si forte dans la première partie, perd quelque peu de sa force à mesure que son Jacqui, play-boy vieillissant plutôt attachant, révèle soudain le visage de l'homme cynique qu’il est devenu.D’autre part, la construction devient plus boiteuse, ses ellipses gérées avec moins de doigté.Reste que les images sans complaisance et superbement éclairées d'Agnès Godard, de même que le travail rigoureux fait en son direct (chose plutôt rare dans le cinéma français), apportent au film une qualité de réalisme sidérante, que vient par ailleurs appuyer une distribution forte, composée de visages inconnus qui donnent à L’Arrière-Pays un petit air de néoréalisme.Un air de vérité qui l’a fait accéder au dernier tour de scrutin des Césars, où le film de Jacques Nolot a été retenu dans la catégorie du meilleur premier film.SOURCE K ITEMS AMERIQUE Une scène de L’Arrière-pays, de Jacques Nolot « Une fable des plus sensuelles.» - Marc-André Lussier, IA PRESSE « Une adaptation intelligente.un scénario original.un joli film.» .Minou Pttromki, INDICATIF PRÉSENT « Récit fascinant ! » .Demie Martel, LE JOURNAL DE MONTRÉAL « Pour la beauté.Chapeau ! M.Luna.» - Régi, Tremblay, LE SOLEIL UGGYM WÊM Romane Bohringer Olivier Martine: Aitana Sanchez-Gijon femme cf aiun b r e du, *Titani£; UN PII M or Bigas Lima’ » f| kLMDlF.R BFZACE U AT IX) MAQ.IOXI.I MAN DE D1D11 MHUiUttliJiüüjûMiDl UAP Ri '?Ï.NARKi ill".CÜÇA CANALS • JE l'RJ JDI rRawl T; m r LE DEVOIR a* * U Stephen Barry Corky Stef ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTREAL nmm WAtf programme, Street music (A Blues Concerto) Üe Russo, des extraits de West Side Story de Bernstein ./ et de Porgy and Bess de Gershwin.et du blues!!! CJ4D cas» -rmm Portez le jeans et découvrez le côté jazz & blues de l'OSMj - 3az£ Avec Corky Siegel, le maître de l'harmonica, le groupe montréalais Le Stephen Barry Band, les 100 musiciens de l'OSM sous la direction de Charles Dutoit.Jeudi 25 février 1999, 20 h Prix à partir de 15 $ i mam Salle Wilfrid-Pelletier Billets : OSM : 84*-9951 Place des Arts Admission :790-1245 Place des Arts: 842-2112 La fan à Boby Paule-Andrée Cassidy chante en se souvenant de sa formation de comédienne CLICHÉ RÉPÉTÉ À ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT.EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIMÉ VINCENT DESAUTELS CORRESPONDANT DU DEVOIR A QUEBEC 9 a n’arrête pas!» Le commentai-I '' X rp fuse, à quelques reprises, de la bouche de Paule-Andrée Cassini dy quand elle s’enthousiasme pour 8 les jeux de mots de Boby Lapointe.H C’est que la chanteuse a le béguin S pour cet auteur à nul autre pareil de-® puis qu’elle a ajouté la chanson Ta 1 Katie t'a quitté à son répertoire.Boby I Qipointe, chansonnier français mort i en 1972, était sans conteste le roi du 1 calembour et de l’allitération, pour le I meilleur et pour le pire; Paule-Andrée I Cassidy, totalement séduite, prend dé-1 sonnais un malin plaisir à clamer sur | scène que «Marcel m’harcèle» ou que I «Ta Katie t’a quitté, ta tactique était I toc.», portée par l’esprit ludique de I ces refrains loufoques.«Ça n'arrête $ pas.», s’émerveille-t-elle encore.Ça n’arrête tellement pas que la 1 chanteuse consacre un spectacle i complet à Boby bipointe et ses amis, | les Anne Sylvestre, Prévert, Vian et | Perret qui viennent tempérer les ar-} (leurs langagières du chansonnier, j Mieux encore, elle prépare un album i pour le printemps, qui sera consacré | aux chansons de.Boby Lapointe.1 «C’est dans l’air du temps, justifie la •j chanteuse, qui rappelle que, de son vivant, Lapointe fut estimé mais peu J connu.1m réponse du public est là et I j’ai l’impression que l'accueil de l'al-1 bum pourrait être intéressant.» N’allez 1 pas y voir un bas calcul mercantile; * Paule-Andrée Cassidy a toujours privi-; légié une approche de la chanson j française hautement personnelle, faite de coups de cœur et d’affinités.Découvrir Son premier album, La Voix actée, j était à cette image: de la chanson française, certes, mais qui se décline sans ! les poncifs, les évidences et autres ) «immortelles» qui sont souvent le lot j dés interprètes.On y retrouve des noms connus, mais pas nécessaire-! ment des airs connus: Boris Vian avec j La Java martienne', Clémence Desro-j chers avec Im ville depuis-, Anne Syl-I, : vestre avec Antoinette a peur du loup.! «J’aime l’aspect découverte de la chanson, d’indiquer la chanteuse.C’est agréable de se faire surprendre par des chansons moins familières.I)e toute fa-.çon, les plus connues sont souvent écou-| tées parce qu ’elles rappellent des souve-I nirs, qu ’elles représentent quelque chose de précis pour l’auditeur.L'écoute est plus neuve quand la chanson est inconnue.À reprendre des grands succès, j’aurais l’impression de faire de l’animation.Je ne me casse pas la tête pour dénicher des chansons obscures, mais il faut que je pu isse apporter quelque chose de plus par mon interprétation.Brel chante Ne me quitte pas magnifiquement; je ne vois pas ce que je lui apporterais d’autre.» Il y a toujours eu un lien tenace avec le théâtre, dans le travail de cette chanteuse qui pensait d’abord devenir comédienne.«Je veux me projeter dans mes chansons, projeter quelque chose qui me ressemble», explique-t-elle aujourd’hui.On le constate aisément à la voir sur scène ou même à l’entendre sur disque: les personnages qui habitent son répertoire prennent littéralement vie parce qu’elle ne se contente pas de les chanter, elle les joue comme au théâtre.Quand, chez bien des interprètes, intention rime avec dépression, quand les émotions se limitent aux amours déçues («Mettre de l’émotion, mettre du cœur, on dirait que ça signifie se plaindre! I.es yeux se plissent, le front aussi, la voix s'étrangle», s’étonne-t-elle), Paule-Andrée Cassidy a au moins le mérite d’élargir le spectre.Un rien «rive gauche» Ses personnages, évidemment plus souvent féminins que masculins, liassent de l’amoureuse à la coquine, de la petite oie à la grande dame et proposent dans l’ensemble un portrait de femme un rien «rive gauche», mais riche et diversifié.Paradoxalement, ce parti pris de jouer les textes des chansons vient de l’inconfort que ressentait Paule-Andrée Cassidy à assumer le rôle de chanteuse.Quand elle était étudiante Paule-Andrée Cassidy (à droite) et ses musiciens au Conservatoire d’art dramatique de Québec, l’aspirante comédienne ne manquait pas une occasion d’en pousser une.«Je me garrochais, confesse-t-elle.Je voulais être comédienne mais j’étais folle de la chanson.» Sans véritable formation musicale, Paule-Andrée Cassidy se voyait mal glisser dans la peau d’une chanteuse, même lorsqu’elle montait ses premiers tours de chant.De plus, sa formation en art dramatique déformait sa vision de la chanson: «Ça me posait un problème chaque fois que j’arrivais au refrain: comment l’aborder différemment?Comment ne pas me répéter?Je défendais un texte avant tout.Il me fallait justifier que je répète, ne fidas le grattage à la bonne place des guitares et le sens du rythme bien ajîpuyé.Ce troisième disque (si l’on compte le saisonnier Have Yourself A Tractors Christmas) ne se veut pas autre chose que les précédents, c’est-à-dire une autre heure de bon temps laissée en studio avec les compères.«Sanie great sound», annonce le livret: pas de virage techno à redouter ici.Foot Stomp Stompin’, composée en collaboration avec le légendaire pianiste Leon Russell, jette entre les orteils le quota de fourmis souhaité.Poor Boy Shuffle, avec Bonnie Raitt à la slide, n’est rien d’autre que ce que le titre indique: un shuffle simple et efficace.77te Elvis Thing, on le devine pareillement, est l'obligatoire salut au roi des rois, revigorant rockabilly livré en compagnie des vrais musiciens d’El-vis, les incomparables guitaristes Scotty Moore et James Burton, ainsi que le batteur D.J.Fontana, qui ne font pas que de la figuration.«There ain’t nothin’ been the same since / The Elvis Iking been around.» Vous l’avez dit, les gars.Il y a seulement les tracteurs qui roulent comme avant.S.C.PLAYING BY HEART MUSIC FROM THE MOTION PICTURE Artistes divers Capitol/EMI Qui se rappelle la radio telle que la pratiquait CJMS à la fin des années 60?On ne la jouera pas trop nostalgique, mais affirmons ceci: on y entendait de tout.Le psychédélique côtoyait la pop la plus sucrée, vieux succès et nouveautés se succédaient sans problème.Imaginez Johnny Fa-rago, Brel et Steppenwolf à la même enseigne.Aujourd’hui, pour avoir les ré-.Aov, Théâtre Maisonneuve Plaça(Ihs Arts j) I.K I) !•: \' (I I li .I.E S S A M K l> I 13 K T I) I M A X ( Il K II I K \' Il I J! Il I il il il Un tout autre répertoire de piano FRANÇOIS TO II SIGNANT TCHAIKOVSKI - BALAKIREV - BRONFMAN B I.Tchaikovski: Les Saisons, op.37b; Mily Balakirev: Islamey (version révisée de 1902).Yefim Bronfman, piano.Durée: 49 minutes 49.Sony Classical SK 60689 Une proposition contrastante de Yefim Bronfman, qui nous amène sur deux sentiers — opposés — de la musique russe.D’abord, les charmantes Saisons de Tchaikovski; ce sont en fait des réponses à une commande d’une gazette musicale, le Navel list.Nous sommes encore à l’époque où, pour entendre de la musique chez soi, il faut en faire.Un membre de la famille joue toujours du piano et on l’alimente en partitions facilement déchiffrables et exécutables.Un riche monde de journaux musicaux publie régulièrement à la fois des nouvelles (un peu comme Le Monde de la musique ou Diapason aujourd'hui) et des courtes pièces que l’amateur s’arrachera pour meubler ses soirées, un peu comme, aujourd’hui, on consomme des disques.L’éditeur du Novel list demande donc à Tchaikovski de lui écrire une pièce par mois pendant un an, chaque pièce ayant un rapport de caractère avec le mois courant.D’où Iss Saisons, qu’on devrait plus justement appeler «Les Mois», de janvier à décembre.Tchaikovski tenait ce travail — de même que la musique qu’il avait ainsi commise — en sainte horreur.La mode de réhabilitation de la musique russe nous vaut de réentendre parfois une ou deux pages en concert; rarement propose-t-on l’intégrale.Pour cause: malgré le beau piano de Yefim Bronfman, la musique de salon reste bien de la musique de salon.On goûte certaines pièces (j’avoue volontiers éraejuer pour la valse de décembre, sorte de prémonition du Casse-Noisette à venir, mais Bronfman s’y montre un peu raide), on préfère en oublier d’autres; n’empêche qu’il y a là un bien beau métier.D* disque se rattrape avec Islamey, cette fantaisie orientale qui reste une des pièces les plus difficiles de tout le répertoire pour piano.Après la tiédeur de ce qui a précédé, un peu d’énervement fait du bien.Li version retenue est celle, plus «facile», que le compositeur a révisée pour qu’elle puisse être un peu plus jouée.Cela reste néanmoins une tempête de notés qui déferlent en telle quantité qu’on ne sait que rester pantois, sinon épuisé, après l’avoir entendu.Il faut néanmoins de l’inspiration pour tenir cela en place.Techniquement et soniquement, rien à reprocher à Bronfman; musicalement, la concentration se porte plus sur le rendu des notes que sur l’esprit.La vision de la ville qui tremble dans l’air chaud du plateau send désertique étourdit par son panache, sans émouvoir.L’intérêt vient du fait que c’est rarement entendu et qu’il est bon de se mettre de telles prouesses physiques et une imagination plus qu’originale dé Balakirev entre les deux oreilles.En attendant une version plus convaincante.JANACFK - CHAILLY Leos Janacek: Missa glagolskaja (Messe glagolitique); Alexandre Zemlinski: Psaume 63; Erich Wolfgang Korngold: Psaume pour la Pâque juive, op.30.Eva Urbanovâ (soprano), Marta Benackovû (mezzo-soprano), Vladimir Bogaehov (ténor), Richard Novak (basse);Thomas Trotter: orgue.Choeur philharmonique slovaque, Orchestre philharmonique de Vienne.Dit-.: Riecar-do Chailly.Durée: 61 minutes 35.London 289 460 213-2 La Messe glagolitique, qui tient son i Tchaikovsky US SAISONS iULAKlRtV • i st a tic v Y E FI M Ft K O N F M A N nom de la langue du texte — le glagolitique, un «dialecte» slave ancien —, est devenue l’œuvre chorale la plus admirée et la plus connue de Janacek.La version qu’en proposent ici Riccardo Chailly et l’Orchestre philharmonique de Vienne ne pourra qu’ajouter à sa popularité.Grosses voix à fort vibrato, masse imposante et lourde de l’orchestre, poids des chœurs, Chailly fait glorieusement rimer glagolitique aussi bien avec lyrique qu’avec monolithique.La musique gronde, pesante et rustaude (il faudra peut-être que vous amenuisiez les basses à l’écoute), puis s’envole.Sa rudesse séduisante, jamais facile ni agressive, redonne crédibilité aux propos que Milan Kundera tenait sur son illustre compatriote, à savoir que chaque note était porteuse, sans compromission, de signification et nécessaire pour dévoiler le sens plus grand de la composition.Ça, Chailly l’a bien compris, ne noyant rien dans l’effet imposant de l’œuvre sans pour autant s’enfarger dans les fleurs du tapis pour trop souligner le détail qu’il nous reste à découvrir.D’une œuvre ambitieuse, il livre une interprétation qui se hisse au gigantisme de l’idée conceptrice, le credo de Janacek en la force de sa personnalité créatrice et de sa nature slave, la foi en la validité de ce nationalisme musical combiné à une expression hautement personnelle imposent, d’une brillance compacte, une adhésion sans équivoque.Les interprètes l’ont compris et ne jouent pas de demi-mesures ni de fausses subtilités.Le complément est intéressant en ce qu’il ne détonne absolument pas du ton donné.Si Korngold reste fidèle à lui-même dans son utilisation de la compacte et si riche harmonie postromantique, Zemlinski sait se servir de ce même langage de manière plus souple et personnelle.Cette musique, comme tout le disque d’ailleurs, a quand même comme grand avantage de nous faire connaître mieux le formidable bouillonnement de la création en Europe centrale qu’une histoire plus officielle, aidée par les circonstances historiques que l’on sait, avait un peu laissé de côté.S’il faut (re)découvrir du répertoire, que ce soit par la bonne porte; cet enregistrement y réussit admirablement.STRAUSS - ŒUVRES POUR PIANO Richard Strauss: Flinf Klavierstiic-ke, op.3; Sonate en si mineur, op.5; Stimmungsbilder (Évocations), op.9.Frank Braley, piano.Durée: 62 minutes 47.Harmonia Mundi (France) HMC 901642 Comme la grande majorité des compositeurs — Berlioz, Wagner et Schoenberg faisant en cela figure d’exception —, Richard Strauss a commencé l'apprentissage de la musique comme de la composition au piano.Frank Braley présente trois opus de jeunesse, en fait les seuls qui restent de Strauss, des œuvres que le triomphateur de l’orchestre ne mentionnera jamais (ou presque, et encore avec dédain et entre la poire et le fromage).Pourquoi enregistrer cette musique?On pense y découvrir quelque chose.Le musicologue et l’amateur inconditionnel auront maintenant des références sonores aisément disponibles et de qualité car le disque est remarquablement enregistré et le pianiste est fort intéressant.Pour ce qui est de l’intérêt intrinsèque, c’est presque le désert.On croirait entendre du (très) pauvre Schumann, ou du Mendelssohn, sans pouvoir dire que la musique est mauvaise: elle fait plutôt vieillote malgré l’âge tendre du Strauss qui s’exprime ici.Vous lirez qu’encore adolescent, sous l’influence de son illustre père, corniste à Munich, Strauss se tenait loin des découvertes de l’avant-garde avant que d’en devenir le champion, après avoir entendu les poèmes sympho- > tonuon Jânâcek •> Glagolitic Mass i Riccardo P i Chailly?¦L Wiener |A Phlllwmioniker \ 3 ¦ 1 •*' Korrgold j Zemllnsky; Psalms worM premiers recordings À MONTRÉAL : 16 AU 20 FÉVRIER IA NOUVELLE REVU F MUSICAL! Al ROHM AS ARGfHr/VAS qOtD I line soirée de tango romantique et sensuelle ! Directement de Buenos Aires 11 artistes, chanteurs, danseurs et musiciens Création et mise en scène; Sandor Vivement Musical.Vivement Tango.Une présentation du Festival international de tango de Montréal et de llcrykam International
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