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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1999-02-06, Collections de BAnQ.

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F 0 N I) K E N I 9 I EVOIR Exigez votre Télé choix ! V O i.X (’ - X " 2 1 MONTRÉAL, LES SAMEDI (1 E T 1) I M A N < Il E 7 1 É V R 1 E R 1 9 !» !» li < A II 1 E l! ; S 1 .9 5 $ + r \ x i s = 2.2 5 S LIVRES Le premier roman de Luc Asselin, page I) 1 LES ARTS Le théâtre québécois est-il en santé?page B 1 POLITIQUE Union sociale: Stéphane Dion hausse le ton contre Lucien Bouchard, page A 6 A LES ARTS La chronique d'Odile Tremblay: Des crapauds sur tes nymphéas, page B 10 PERSPECTIVES Mario C lotit i e r ?Des syndiqués pris au dépourvu Les chaudes émotivités syndicales se sont durement heurtées aux froids motifs gouvernementaux lors du dépôt des «offres» patronales devant donner le signal du grand départ des négociations des secteurs public et parapublic.Depuis l’automne, les deux parties se préparaient en vue de cette importante mise au jeu, la première du genre depuis dix ans.En examinant les images au ralenti, on s’aperçoit que le gouvernement a nettement eu le dessus.LJ effet de surprise, d’abord.L’important, lors d’une mise au jeu, est de prendre l’adversaire de court.Ici, les techniques varient On jxmt utiliser de nouvelles feintes, redoubler d’agressivité envers l’autre équipe ou se présenter au match dans un tout nouvel uniforme.C’est cette dernière tactique qui a décontenancé les syndicats représentant les 400 000 employés de l’État cette semaine.De pauvres arrosés de milliers de demandes syndicales qu’ils paraissent habituellement, les négociateurs gouvernementaux se sont mutés en arroseurs-demandeurs fÇÇÿv'' d’une seule et même requête: la décentralisation des négociations.Les syndiqués auront beau dire qu’ils s’y attendaient «un peu tout de même», ils n’étaient clairement pas prêts à faire face à une telle offensive.Devant les pages blanches et les innombrables mentions «à venir» des documents remis par les porte-parole du Conseil du trésor, les représentants des employés du secteur public ont eu beau chercher et chercher, jls ont vite dû conclure qu’ils y trouveraient bien peu afin d’alimenter leur sujet de prédilection: 20 000 clauses normatives à revoir de fond en comble.Pourtant, c’est en abandonnant cette riche thématique, où l’on retrouve des demandes justifiées et nécessaires, d’autant plus faciles à présenter publiquement, que les syndicats ont commis leur deuxième erreur.Plutôt que de s’en tenir à leur plan de match devant démontrer la validité de plusieurs de leurs demandes, les représentants syndicaux se sont fait prendre au jeu du gouvernement en réagissant émotivement à la demande généralisée de décentralisation de la part des négociateurs gouvernementaux.En cette fin de siècle obsédée par les apocalypses informatiques virtuelles et la nécessaire efficacité comptable, les coups de gueule et les psychodrames ont beaucoup moins de prise sur l’opinion.Devant le véritable affront du gouvernement de ne rien offrir d’autre qu’une «ouverture à discuter», les syndicats ont ex|x)sé leur vulnérabilité en se laissant aller à un crescendo de frustration, de colère, de mobilisation et de débrayages.Devant la stratégie gouvernementale consistant à sauver du temps et de l’aigent — plus les nouvelles clauses normatives seront adoptées tardivement, plus d’économies seront réalisées en cette année cruciale |xiur l’atteinte du déficit zéro —, les syndicats sont tombés cette semaine dans leur traditionnelle marmite de réflexes tout en cris et en bruits.Se sentant «trahis, «floués», les représentants syndicaux ont parlé de torchon, d’esclavage, de déclaration de guerre, d’offres à des années-lumière du consensus social, «indécentes et scandaleuses» comparées à ce que pourrait produire une «entreprise de démolition inc.».D’exclamatifs en superlatifs, les syndicats ont toutefois oublié d’expliquer leur position et leurs demandes, de démontrer par a + b que les conventions collectives nécessitent de sérieuses rénovations.Du même coup, la preuve aurait probablement été faite que ces travaux d’envergure peuvent difficilement se dérouler localement avec des patrons, des commissions scolaires et des établissements de santé qui seront rapidement débordés ne serait-ce que par le nombre de syndicats auxquels chaque organisation devra faire face au sein de discussions décentralisées.Pendant ce temps, les négociateurs du gouvernement se sont présentés aux médias avec des tableaux et des diagrammes.D’ordinaire peu loquaces, voire quasi invisibles, ils ont répondu [x>ur une fois à toutes les questions en expliquant la jxjsition du gouvernement avec un calme olympien, sans sombrer d;uis l’arrogance.Ix> mot d’ordre était clair au gouvernement éviter l’émotivité.Le président du Conseil du trésor aurait voulu répliquer à la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN, qui trouve toujours les mots pour dire avec force l’indignation syndicale, qu’on l’aurait enfermée dans son bureau.Face à cette froideur calculée, les syndicats sauront sans doute se ressaisir en évitant la colère mal conseillère, soufflant plutôt le chaud de leurs justes revendications face, par exemple, à la précarité de l’emploi qui résulte en des réductions de services à la population.A-t-on déjà oublié le problème des urgences?Plus de KXM) personnes seraient payées à ne rien faire dans le secteur de la santé, soutient le gouvernement, mais qui sait que les établissements de santé ne peuvent les utiliser davantage en raison des compressions budgétaires du gouvernement?M É T E 0 Montréal Faible neige pouvant atteindre 5 cm.Max: -5 Min: -8 Québec Faible neige intermittente.Max: -5 Min: -15 Détails, page C 7 INDE X Annonces C 7 Les Arts.B 1 Avis publics.C 11 Bourse.C 10 Économie.C 1 Éditorial.A 10 Livres.I) 1 Le monde.A 8 Les sports.C 12 Montréal.A 3 Mots croisés.C 7 Politique.A 6 La Jordanie pleure son roi Le prince Abdallah serait désigné régent dès aujourd’hui D’APRES L’AFP, REUTERS ET AP Amman — Déclaré cliniquement mort hier, le roi Hussein de Jordanie, rentré brusquement des États-Unis jeudi pour mourir sur sa terre, ne devrait pas être maintenu en vie artificiellement plus de quelques heures.La famille proche du souverain hachémite s’est réunie pour décider quand faire débrancher les appareils d’assistance médicale qui le maintiennent artificiellement en vie, apprenait-on hier soir de source gouvernementale jordanienne.la réunion, à laquelle participaient les fils du roi, 63 ans, et la reine Nour, a eu lieu à l’hôpital militaire de la cité médicale oii le souverain qvait été admis à son retour des États-Unis.Les membres de la famille royale ont fait leurs adieux à leur chef, a déclaré l’un d’eux à l’AFP, laissant entendre que l’agonie ne serait pas prolongée outre mesure.«Le roi est cliniquement mort.Il est maintenu en vie artificiellement, mais il n'y a plus aucun espoir», a affirmé un haut responsable jordanien.Sous une pluie froide, des centaines de Jordaniens bloquaient les rues entourant l’hôpital et venaient offrir leur aide et leurs prières au roi.«J'ai entendu que son dernier rein et son foie ne fonctionnaient plus, et je suis ici pour offrir les miens à Hussein», a déclaré Ahmed Salahat, homme d’affaires de 55 ans, debout devant la VOIR PAGE A 12: JORDANIE ¦ Lire autres informations, page A 9 —r— • /^V — r AU JARKKJI REUTERS La nouvelle de la mort prochaine du roi Hussein a secoué les Jordaniens, qui ont tenu une vigile devant l’hôpital ou le monarque a été emmené plus tôt en journée dès son arrivée à Amman, la capitale.Des sources proches du palais royal affirment que le roi de 63 ans est maintenu artificiellement en vie.Des infanticides déguisés Le rapport d'un groupe de spécialistes révèle que des morts d’enfants attribuées à des causes naturelles par le coroner étaient plutôt des meurtres ISABELLE PAKE LE DEVOIR Un rapport sur les décès de jeunes enfants survenus à Montréal et à Québec en 1997 révèle que certaines de ces morts ont été erronément attribuées à des causes naturelles par le coroner et qu’il s’agissait en fait d’infanticides.Ce rapport, qui vient d’être remis au coroner en chef Pierre Morin, est le résultat de deux années de recherches menées par deux comités composés d’un bataillon de spécialistes en médecine, en psychologie, en droit et en protection de la jeunesse.Le mandat de ces deux comités consistait à revoir tous les décès d’enfants de moins de cinq ans survenus dans la grande région de Montréal et celle de la Vieille Capitale pour déterminer si des erreurs avaient été commises dans l’analyse de ces dossiers.Or, au terme de deux années de révision, les experts concluent qu’au moins deux décès d’enfants, classés comme des morts de causes naturelles ou indéterminées, étaient en réalité des infanticides.Dans ces deux cas, qui se sont produits dans la région de Québec, les autorités médicales et le coroner avaient plutôt assimilé les décès au syndrome de mort subite du nourrisson, une affection qui frappe VOIR PAGE A 12: INFANTICIDES www.ledevoir.com Hydro-Québec doit-elle perdre son monopole ?Un expert de la Régie fédérale de Vénergie américaine croit le Québec mûr pour une plus grande déréglementation MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC 2010.Les pannes électriques se font rarissimes au Québec.Sous la responsabilité de plusieurs distributeurs, transporteurs et générateurs, le réseau électrique québécois est plus fiable que jamais.Les Québécois achètent leur électricité à bas prix d’une dizaine de compagnies, dont Hydro-Québec.La société d’État a certes perdu quelques fleurons de son portefeuille au cours des ans, mais les consommateurs québécois ont gagné au change: des baisses d’impôts d’abord, puis des tarifs électriques des plus concurrentiels.Science-fiction?Pas s’il faut en croire Curt Hébçrt, fier descendant des Cajuns du sud des États-Unis — il tend une carte professionnelle où, dit-il, des incompétents à Washington n’ont même pas pu mettre un accent aigu sur le premier e de Hébert — et, surtout, l’un des cinq commissaires de la puissante FERC (Régie fédérale de l’énergie américaine), qui a fait la semaine dernière une visite de trois jours au Québec.Après des rencontres avec le ministre Jacques Brassard, le président d’Hydro-Québec André Caillé, des leaders cris, des représentants des grands consommateurs et des producteurs privés, M.Hébert a expliqué, en entrevue exclusive au Devoir, que le Québec est sur le point de tirer profil d’un grand marché nord-américain de l’énergie complètement renouvelé.«Clairement, le Québec se dirige vers un environnement restructuré et déréglementé, mais, ajoute-t-il, il reste encore beaucoup de chemin à faire pour y arriver.» Le Québec est officiellement entré dans l’ère de la déréglementation il y a deux ans avec la nouvelle politique énergétique du ministre Guy Chevrette.Depuis, Hydro-Québec a obtenu la permission de devenir un joueur du marché américain, mais la réciproque n’est pas encore réalité.Et la Régie de l’énergie, créée l’an dernier pour faciliter le passage du Québec à un environnement déréglementé, n’a pas encore toutes ses dents.Or la déréglementation est un processus VOIR PAGE A 12: HYDRO-QUÉBEC Sommet mondial de la nordicité RENE MATHIEU LE DEVOIR Nommé à la FERC par le président Bill Clinton en 1997, Curt Hébert est un apôtre du libre marché et de la concurrence.Pour ne pas perdre le nord Des centaines d’experts venus de 17 pays ont cherché à comprendre notre relation d’amour-haine avec l’hiver On le saura, l’hiver est plutôt rude dans nos contrées.Pour certains, la rigueur du climat et la résistance à l’adversité qu’il rend nécessaire sont sources de fierté, voire de plaisir; pour d’autres, il s’agit d’un fardeau inutile dont il faut espérer que le progrès technologique parviendra à nous épargner au mieux les vicissitudes.Peut-on dépasser cette relation d’amour-haine que nous entretenons avec notre nordique condition?JEAN DION LE DEVOIR Hier, à Québec, a pris fin le tout premier Sommet mondial de la nordicité.Pendant quatre jours, des centaines d’experts provenant de 17 pays s’y sont réunis pour débattre de multiples questions: d’entretien et de déneigement des routes, d’habitat, d’éclairage urbain sous des latitudes ingrates, de coopération internationale circumpolaire, d’environnement, de tourisme.Des considérations techniques, dans bien des cas, mais qui, toutes, portent en elles l’autre question, philosophique, de la raison de vivre ici, au nord, de se dépenser autant chaque année pour simplement atténuer le choc de la nature qui prend le dessus et le garde pendant six mois, sinon plus.Pour y apporter une esquisse de réponse, Norman Pressman prononçait une conférence intitulée «Apprivoiser l'hiver pour rendre nos villes plus vivables».Urbaniste, professeur à l’université de Waterloo (Ontario), M.Pressman sillonne et étudie depuis des années les pays du froid afin de voir comment Yhomo nordicus s’est adapté à son environnement hostile et tenter de découvrir de quelle manière il pourrait s’y sentir un peu beaucoup mieux.Comment, en somme, pour reprendre ses termes, «minimiser les aspects négatifs de l'hiver».À cet égard, il estime que notre performance à nous, Canadiens, pourtant rois autoproclamés de l’aventure hié-male, n’est pas particulièrement reluisante.«On fait de grands efforts, mais on ne le fait pas encore très bien», dit-il de notre intégration au monde de la froidure.Les VOIR PAGE A NORD 778313000696 A ‘2 L E I) E V I) I II , I.E S S A M K I) I fi E T I) I M A N (' Il E K E V II I E II I II II II Le maire Bourque commence sa tournée à Hull -LES ACTUALITES* Rémunération des médecins U ère de la «castonguette> est terminée Les spécialistes pourront choisir d’être payés à l’acte HÉLÈNE BUZZETTI LE DEVOIR C* est hier que le maire de Montréal, Pierre Bourque, entamait sa tournée de promotion de la métropole dans les régions du Québec, avec une première escale à Hull.Et contre toutes attentes, son message y a été bien accueilli.Tel que prévu, le maire Bourque a rencontré quelques maires et élus de la Communauté urbaine de l’Outaouais avant de prononcer une allocution lors d’un déjeuner-causerie devant la Chambre de commerce et de l’industrie de l’Outaouais et d’accorder de multiples entrevues aux médias locaux.Pour tous, il n’avait qu’un seul message: la prospérité du Québec passe par celle de sa métropole et, à ce titre, l’avenir de Montréal n’est pas l’affaire de ses seuls citoyens mais de tous les Québécois.«Je pense que tous ont leur mot à dire sur plusieurs questions, notamment la restructuration de la région métropolitaine», a déclaré M.Bourque par voie de communiqué avant de déplorer que «les municipalités se perçoivent comme des rivales.C'est une attitude contre-productive qu'il faut absolument renverser».Fiscalité municipale Mais contrairement à ce qu’il avait promis en campagne électorale, Pierre Bourque n’a pas abordé les questions de fiscalité municipale, ni tenté de justifier la nécessité d’octroyer un statut spécial à Montréal.Il s’est contenté de brosser un tableau de la situation en exposant le caractère multiethnique de sa ville, le problème de l’exode vers les banlieues qui l’afflige et les efforts consentis pour attirer les nouvelles industries du savoir.«Pour l’instant, c'est un message de compréhension de Montréal que je suis venu porter, a-t-il expliqué.Les gens ont découvert un Montréal plus réel avec son immense potentiel international et national, mais aussi ses problèmes, notamment ses grandes disparités sociologiques.Je veux d’abord que les gens comprennent.Il y a une gradation dans ma démarche.» Une gradation qui a pu faire paraître sa tournée moins menaçante.Car si l’accueil réservé au message du maire Bourque a été favorable, avec le maire de Hull, Yves Ducharme, qualifiant de «formidable» la venue de Pierre Bourque, ou le président de la Chambre de commerce, M" Denis Mathieu, affirmant avoir trouvé en M.Bourque un allié pour le prolongement de l’autoroute 50, ses limites étaient palpables.«Pierre Bourque agit comme un maire devrait le faire dans les circonstances, a reconnu Guy Lacroix, maire de Gatineau.J'apprécie beaucoup ses propos, mais ça fait longtemps que les régions payent pour Montréal, et on se demande quand l’ascenseur va enfin nous revenir.On est tannés de payer.» La tournée du maire se poursuivra jusqu’au mois de mai et le mènera à Chicoutimi, Trois-Rivières, Rouyn-No-randa, Rimouski, Sherbrooke, Sept-Iles, Québec, Lon-gueuil et Laval.Longtemps considéré comme une vache sacrée au Québec, le paiement à l’acte vient de subir une dégelée.Pour sauver la médecine universitaire et éviter l’exode de plusieurs spécialistes, Québec et les médecins spécialistes viennent d’ouvrir grande la porte au paiement à forfait.ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Une première en Amérique du Nord: les médecins spécialistes du Québec pourront désormais être payés 600 $ par jour plutôt qu’à la seule «castonguette».Ce changement de cap dans le mode de rémunération, qui pourrait coûter 20 millions au trésor québécois, suscite toutefois l’espoir dans les milieux universitaires et les hôpitaux pour enfants.Après plus d’un an d’intenses négociations, la signature de cette entente historique a été annoncée hier par la ministre de la Santé, Pauline Marois, et le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le Dr Pierre Gauthier.Les médecins spécialistes pourront adhérer de façon volontaire à cette entente sur la rémunération mixte.Cet accord introduit le principe d’un paiement forfaitaire de 600 $ par jour, ou de 300 $ par demi-journée, accessible à tous les spécialistes du Québec, quel que soit leur champ de pratique.Hormis ce perdiem, une partie de la rémunération continuera de provenir du paiement à l’acte, dans une proportion pouvant varier entre 20 et 50 % selon les spécialités médicales.JUDITH LACHAPELLE LE DEVOIR uébec doit donner plus de pouvoirs aux communau-W tés, mieux utiliser les gouvernements locaux comme les m RC et forcer les populations locales à se réapproprier leur milieu.Tel est l’esprit de l’avis sur la politique gouvernementale de développement rural que l’organisme Solidarité rurale remettra demain au ministre des Régions, Jean-Pierre Jolivet.Un comité ministériel doit ensuite étudier les recommandations de Solidarité rurale avant d’accoucher de la politique, qui devrait être adoptée au cours de l’année.«C’est l'aboutissement de plusieurs mois de gros travail, a dit le président de Solidarité rurale, Jacques Proulx.C’est Les gardes et le travail effectués hors des heures normales de travail continueront toutefois d’être payés par le truchement de la traditionnelle «castonguette».Québec a prévu une réserve de 20 millions pour couvrir le coût de ce changement au mode de rémunération, mais affirme qu’il ne s’agit pas d’une bonification de l’enveloppe salariale de 1,3 milliard des médecins spécialistes, soumise à un gel.«On a prévu une somme de 20 millions, mais on ne déplafonne pas l'enveloppe fermée.C’est une réserve en sus pour tenir compte de l’ensemble des événements», a soutenu la ministre.Selon Pauline Marois, il s’agit plutôt de reconnaître certaines tâches, telles la consultation médicale, la formation et l’enseignement, pour lesquelles les médecins ne recevaient aucune forme de rémunération.On prévoit que cette entente, qui entrera en vigueur le 1,T avril prochain, pourrait s’appliquer, au départ, à environ 2000 médecins spécialistes travaillant dans les hôpitaux pour enfants ou en milieu gériatrique.Certains médecins travaillant en régions intermédiaires et éloignées pourraient aussi profiter de cette entente.Pourquoi tout ce chambardement?Dans les milieux universitaires notamment, la spécialisation des tâches, la formation à faire auprès des étudiants et la durée des interventions auprès des patients, surtout dans les hôpitaux pour enfants, rendaient le paiement à l’acte très peu profitable pour les médecins.Depuis plusieurs années, l’hôpital Sainte-Justine et l’Hôpital pour enfants de Montréal voient ainsi leurs meilleurs spécialistes s’en aller, attirés par des salaires plus intéressants ailleurs.«Dam les milieux universitaires et en priorité à Saint-Justine, c’était une priorité.Là-bas, c’est une urgence.Ils sollici- Le principe de base de Solidarité rurale une bonne partie de la population du Québec qui a participé aux travaux et qui espère que l'avis sera bien accueilli par l’Etat.» En quinze mois de Corvées d'idées, au cours {lesquelles la population a été invitée à soumettre ses recommandations, Solidarité rurale estime remettre une synthèse rigoureuse et nuancée des attentes des ruraux.Sans dévoiler dans le détail le résultat de ses travaux, Jacques Proulx révèle que les propositions tournent autour de l’axe de la décentralisation.Plus de pouvoirs aux régions, plus de responsabilités aussi, «parce que sinon, on retourne toujours à la case départ avec un Etat pourvoyeur qui n’a plus les moyens de l’être».Solidarité rurale a entendu quelque 2000 citoyens au cours de la tournée provinciale de l’organisme et épluché 150 mémoires.L’avis sera disponible dimanche sur tent cela depuis plus de deux ans.La médecine ne se fait plus comme avant.Il y a beaucoup de tâches où les médecins doivent prendre le temps d’exposer les soins aux patients ou aux parents et ça ne colle pas à la rémunération à l’acte.L'idée n’est pas de partir avec la caisse mais d’atteindre une nouvelle façon de faire», défend le Dr Gauthier.D’ailleurs, Pauline Marois a précisé que, dans le cas {le l’hôpital Sainte-Justine, où 95 % des médecins ont voté en faveur de cette nouvelle forme de rémunération mixte, cette nouvelle entente sera rétroactive au 1" décembre.Selon la nouvelle ministre de la Santé, ce changement améliorera l’accès aux soins spécialisés.«L’accès va être augmenté dans le sens ou un médecin qui devrait faire des actes de base pourra mettre plus de temps avec ses patients», afferme-t-elle.A Sainte-Justine, la signature de cette entente a été ac; cueillie avec soulagement.La directrice des services pro* fessionnels, le Dr Lucie Poitras, croit qu’il s’agit la d’une, étape majeure pour résoudre les problèmes criants d’effectifs qui abondent dans l’hôpital pédiatrique.«Il faut que cela s'applique rapidement, car nos spécialistes ne croient plus aux discours.Ils veulent des actions», affirme-t-elle.L’hôpital Sainte-Justine, qui a perdu plusieurs de ces anesthésistes et plusieurs spécialistes rarissimes, a besoin de ce mode de rémunération pour garder les médecins qui songent à quitter le navire et attirer de nouvelles recrues.Il reste encore des modalités à négocier avec chacune des 34 associations de spécialistes mais, selon nos informations, les pédiatres, les anesthésistes, les psychiatres et les chirurgiens devraient être les premiers à expérimenter cette nouvelle formule, unique en Amérique du Nord.le site Internet de l’organisme.Li remise de l’avis sera le prélude de la huitième conférence nationale de l’organisme, qui se tiendra pendant deux jours sous le thème «Tourisme et villégiature: un miroir aux alouettes?».Onze conférenciers viendront débattre des occasions que représentent le tourisme et la villégiature pour les communautés rurales québécoises.«C’est une question importante parce que selon l’angle où Ton observe ce secteur de l'économie, on peut le voir comme une menace, un défi ou un miroir aux alouettes», dit Jacques Proulx.L's conférenciers réunis à Pointe-au-Pic, dans Charlevoix, discourront sur le rôle des fêtes et festivals, la main-d’œuvre touristique, les impacts de l’industrie sur les communautés et le tourisme vert.Les régions doivent se prendre en main Se mettre à l’abri est un réflexe tout à fait naturel PROFITEZ D'UN INTERET Québec ss Mettez votre REER à l’abri des fluctuations du marché en investissant dans des produits sûrs.Placements Québec vous offre une gamme de produits dont le capital est garanti sans limite par le gouvernement, même au-delà du montant maximum de 60000$ et du terme de cinq ans prévus par l’assurance-dépôts.De plus, aucuns frais de gestion ne viennent réduire leurs rendements.OBLIGATIONS 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vendredi, de 8h à 20h, et tous les samedis de février, de 10b à 16h,au 521-5229 pour la région de Québec ou au 1 800 463-522 *U» W «tîl de I % Ig première onnéu est upptarblo sur tout octnl (afhdué nu plus lord le |- mois 1999) d'OWiflotiom Sfcwit et d'OHigolions t terme du Québec plotées dons un HER.le ministre des «mes peut mettre Im uu boni en tout temps • • lnu< ratant le boni d intérêt REER de I .le ministre des limes peut modifia les tout nui seront offerts sur les prochaines émissions l rare XXM est une marque de commerce déposée de la Bourse de Montréal qui octiow une licence de son emploi, mois qui ne parraine ni n'avolisc le présent produit m la présente publcité en oucune manière la Bourse de Montréal se réserve le droit en tout temps de modifier son indice XXM*, sn composition, sa méthode de cokul ou son nombre de titres et de secteurs ndustnek lo Bourse de Montréal n'est oixunement responsable des fluctuations de son inrke XXM* Voilà pourquoi nous offrons des produits dont 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Anderson, est suspendu sans salaire pour 120 jours.Les avocats de Jean-Pierre Auger et de Karl Anderson ont déjà signifié leur intention d’en appeler des décisions du comité.Cette décision porte à sept le nombre de policiers du Service de police de la Communauté urbaine de Montréal (SPCUM) blâmés par le comité relativement à cette affaire: en décembre 1997, deux policiers avaient déjà été destitués, et deux autres suspendus plus de 120 jours sans salaire.L’incident que l’on a surnommé l’«affaire Barnabé» avait impliqué en tout 10 policiers: le 14 décembre 1993 Richard Barnabé, un chauffeur de taxi, sombrait dans le coma après avoir été arrêté à Laval, puis brutalisé dans une cellule d’un poste de police de la CUM.La police avait été appelée après que Richard Barnabé eut cassé les vitres d’une église dans un accès de dépression.Richard Barnabé est mort le 2 mai 1996, sans jamais avoir émergé de son coma.Trois des policiers impliqués ont été, eux, exonérés par le comité.Les décisions publiées hier par le Comité de déontologie viennent sanctionner un verdict rendu le 5 novembre 1998.Jean-Pierre Auger, ex-numéro deux du SPCUM, et le lieutenant Michel Pohu ont tous deux été reconnus coupables d’avoir été négligents envers la santé de Richard Barnabé et de n’être pas intervenus face aux manquements déontologiques de leurs subalternes.Karl Anderson a été reconnu coupable d’avoir utilisé une force plus grande que nécessaire à l’endroit de Richard Bama-bé et de s’être montré insouciant ou négligent par rapport à sa santé.Jean-Pierre Auger et Michel Pohu, les deux agents destitués, sont toutefois déjà à la retraite.«On envoie quand même un message exemplaire et dissuasif à tous les membres de corps de police, dit cependant Yves Renaud, directeur administratif du Comité.On signifie de façon claire qu’une telle conduite est susceptible d’être punie.Et dans ce cas-ci, ce n’est pas parce que des gens sont à la retraite qu’il était question de les exonérer.Et c'est une décision qui aura quand même un impact pour des policiers, qui prennent leur retraite à un âge relativement jeune: il leur sera difficile de s’engager ailleurs.» Le soir de l’incident, Michel Pohu était en charge du poste à titre de lieutenant.En plus de ne pas intervenir pour stopper l’intervention des policiers avec Richard Barnabé, Michel Pohu a incité un des policiers à modifier, dans son rapport, sa version des événements, «parce que ça paraissait mal».Quant au directeur Jean-Pierre Auger, il était cette nuit-là officier de service au sein du SPCUM et, comme le précise le rapport, «le plus hautement gradé en devoir sur le territoire de la CUM».Or, à son arrivée au poste 44, «il ne pose aucune question, ne s’informe aucunement auprès du lieutenant Pohu [.] et, lorsqu’il intervient tardivement, il est déjà trop tard.[.] L’inconduite du directeur Auger dans la présente affaire rompt incontestablement le lien de confiance entre lui et le public.» Karl Anderson, qui se voit imposer une suspension, était présent dans la cellule le soir du drame.Il y a rejoint quatre autres agents, qui maintenaient déjà Richard Barnabé au sol par la force, et a notamment exercé une pression dans le dos de la victime, avec son genou.«Le comité a tenu compte du fait que Karl Anderson n’a pas posé les actions les plus graves», explique Yves Renaud.Deux des agents qui se trouvaient alors dans la cellule, Pierre Bergeron et Louis Samson, ont déjà été destitués par le Comité.Deux autres, André Lapointe et Michel Va-deboncœur, ont été suspendus.Pierre Bergeron et Louis Samson interjettent d’ailleurs appel de la décision du comité.Quant aux policiers visés par la décision rendue hier, ils ont 30 jours pour aller en appel, ce que Mr Claude Mageau, avocat de Jean-Pierre Auger, et Me Philip Schneider, qui représente Karl Anderson, ont déjà décidé de faire.Michel Pohu, représenté par M‘ Yves Clermont, avocat à la Fraternité des policiers de la CUM, n’a pas encore fait connaître ses intentions.Les représentants de la Fraternité, le syndicat des policiers de la CUM, ont d’ailleurs refusé de commenter la décision du comité.De l’espoir pour le couple Avec un taux de divorce de 50 %, sans compter l’échec des unions libres, on ne peut pas dire que le couple ait la cote dans la société québécoise.En termes purement statistiques, 28 % de la population du Québec est célibataire et ne s’est jamais mariée, ce qui exclut les veufs, les séparés et les divorcés.«La ville [nord-américaine] est en voie de se redéfinir sans enfants, plutôt comme un lieu de carnaval d’adultes ou d’une Mecque du tourisme», disait récemment Fred Siegel, historien de l’urbanisme, cité dans le Los Angeles Times.Aussi, à Montréal, plus du quart des couples mariés à double revenu n’ont pas d’enfants.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR L a crise du couple * est donc pas finie dans le monde occidental.Pourtant, il existe des solutions, assure la présidente de l’Ordre des psychologues du Québec (OPQ), Rose-Marie Charest.Quelques jours avant la Saint-Valentin, l’OPQ rend publics les résultats d’un sondage selon lequel 40 % de sa clientèle consulte désormais avant tout pour résoudre des problèmes amoureux.Aussi, 47 % des psychologues interrogés affirment que les cas qu’ils reçoivent sont de plus en plus lourds.Aussi, le 14 février prochain, l’OPQ mettra à la disposition du public 100 psychologues bénévoles, que l’on pourra joindre au 1-800-561-1223, pour répondre aux angoisses des esseulés et des autres.En effet, jour après jour, les membres de l’OPQ sont témoins de ce bouleversement sans précédent qui a secoué les unions québécoises depuis la révolution sexuelle.Les baby-boomers sont la première JACQUES GRENIER LE DEVOIR «Certaines personnes me disent: nous ne formons pas un couple, nous formons une PME», dit la psychologue Rose-Marie Charest, présidente de l’OPQ.génération pour laquelle la passion amoureuse est perçue comme la base du couple, explique Mme Charest.«Au point où on se demande: est-ce que je suis suffisamment amoureux de cette personne pour continuer?», dit-elle.Cette satisfaction individuelle a déclassé le projet commun comme ciment du couple, avec pour conséquence que le couple passe difficilement à travers les crises.«La satisfaction individuelle est souvent temporaire, dit Mme Charest.Et cela ne veut pas dire quelle ne va pas revenir.[.] Souvent, au moment où la satisfaction s’en va, les gens pensent qu’elle ne va jamais revenir.» C’est ailleurs, donc, que dans ses besoins immédiats qu’il faut chercher la raison de vivre d’un système parfois exigeant.«Autrefois, ce qui était recherché, c’était la réalisation de projets communs», dit Mme Charest Et l’aboutissement de ces projets justifiait souvent que les individus sacrifient une certaine satisfaction individuelle dans le couple.Était-on plus heureux avant?Mais loin de baisser les bras, la présidente de l’OPQ tempère: «On n’est pas sûrs qu’avant, les gens étaient plus heureux.C’est toujours facile d’avoir la nostalgie du passé.Mais en matière de satisfaction à long terne, le fait d’avoir un projet aide à traverser les difficultés.» S’il est vrai que les mariages arrangés sont ceux qui ont duré le plus longtemps dans l’histoire de l’humanité, il ne faut pas voir dans la seule du- rée du couple le gage du bonheur, dit; elle.Aussi, souligne-t-elle, les gens d’aujourd’hui vivent seuls parce qu’ils en ont les moyens, ce qui n’était pas nécessairement le cas des générations antérieures.Dans l’évolution prévisible dp couple actuel, Mme Charest place ay tout début la passion (elle martèle qu’il n’y a pas d’amour sans désir), qui cède tranquillement la place à l’attachement et l’intimité.Et c’est dans ce dernier domaine que les adultes d’aujourd’hui éprouvent le plus de difficultés.U1 cas type est celui des gens qui s’attachent invariablement à des êtres inaccessibles.Suit, entre autres, le cas de ceux qui s’échappent toujours au moment d’être découverts, de peur de décevoir.«Il y a des gens qui ont une image sociale assez solide mais qui savent que ce n’est pas ce qu’ils sont profondément.On est peut être très authentique et savoir que c’est à coups d'efforts qu’on l’est», constate Mme Charest Et c’est sans parler, dans un monde où les deux conjoints travaillent souvent et où la vie devient vite un dédale de rôles à définir, d’horaires surchar: gés à combiner et.de comptes à payer.Ces stress, multiples, ont un effet désastreux sur le noyau familial.«Certaines personnes me disent: nous ne formons pas un couple, nous formons une PME.J’ai gardé les enfants tant d’heures, tu as payé telle chose.C’est une autre façon de fuir l’intimité», dit Mme Charest.D’autres, ajoute-t-elle, refusent carrément de se plonger dans des situations qui leur rappellent une enfance intolérable.Au moment de la crise, les conjoints accusent invariablement l’autre d’être la source des difficultés.Mais c’est le système du couple qui est en cause, système d’autant plus fragile qu’il fonctionne désormais sans modèle.! «On n 'a plus cette optique du "pour le meilleur et pour le pire"», dit-elle.L’intolérance ambiante n’arrangé rien, souligne-t-elle.11 faudra inévitablement passer par la périlleuse étape de la négociation.«Un couple, ce sont deux personnes qui se partagent un territoire, dit-elle.Et le plus riche, c’est de construire un territoire, un projet jamais complètement achevé.» > EN BREF Les cols bleus devant le CSE (Le Devoir) — D- Conseil des services essentiels (CSE) a convoqué en première audience hier la Ville de Montréal et le Syndicat des cols bleus relativement au débrayage illégal déclenché mardi dernier.En guise d’appui à leurs collègues de l’Office municipal d’habitation en grève depuis six mois, les cols bleus avaient assisté à un petit-déjeuner-conférence et ne s’étaient donc pas présentés au travail, rendant la situation particulière-; ment difficile pour les citoyens alors qu’une pluie verglaçante transformait la ville en patinoire.Le CSE déterminera si le geste fait mardi par les cols bleus de Montréal constitue un geste illégal et s’il a causé préjudice à la population en la privant de services auxquels elle est en droit de s’attendre.Si tel est le cas, le CSE établira s’il y a lieu d’émettre une ordonnance de réparation.Les audiences se poursuivront mardi et mercredi.L’annonce de la Société Pro Musica, qui paraît aujourd’hui en page B 7, aurait dû se lire comme suit : Société Pro Musica 50" SAISON Série «Topaze» En coproduction avec la Chapelle historique du Bon Pasteur et ia Chaîne culturelle de Radio-Canada BERNARD LEVASSEUR, BARYTON LOUISE-ANDRÉE BARIL, PIANO FRANCE ROLLAND, NARRATRICE Chapelle historique du Bon Pasteur Lundi, 22 février 1999, 20h Quinze Romances (Maguelone Lieder) écrites sur les poèmes de Ludwig Tieck op.33, de Johannes Brahms Billets : 20 $, 10 $ (étudiants) taxes incluses, en vente chez Pro Musica : (514) 845-0532 ou à la Chapelle du Bon Pasteur le soir du concert Le Monde ~ | diplomatique FEVRIER 1999 Le Québec face aux séductions du libre-échange Libre-échangiste quand il s'adresse à l'extérieur du Québec, le discours gouvernemental prend une tonalité social-démocrate quand il est dirigé vers la consommation interne.Un équilibrisme qui n'a pas permis de réduire le chômage .Egalement au sommaire : Union européenne Trafic de femmes en provenance de l'Est Multimédia Vers des autoroutes de la colonisation Colombie Clameurs de paix UNE AUTRE FAÇON DE LIRE L’ACTUALITE En vente chez votre marchand de journaux Ville «le Montréal r- i TAPIS DÉCOR iCLAUDE BOUCHARD -50 SOLDE INVENTAIRE TAPIS MUR À MUR Velouté, torsadé, berbère, sisal CARPETTES UNIES OU À MOTIFS Azteque, oriental, moderne, sisal 100% lanoset, laine, pure soie 1-2 : j 3645, bout.St-loseph Est, Montréal (514) 729-0891 .: L IMOjfU®.Lau rier_0 uestjJMremontJS 14)^74J 090j Lahaise [.] a accumulé une incomparable documentation [.] qu’il partage ici généreusement avec son lecteur.Normand Baillargeon, Le Devoir, 23 juin 1998, p.A6 Cette Histoire du Québec par sa littérature, 1914-1939, en plus de 700 pages, donne au lecteur moderne une admirable leçon sur la relation qui existe entre l’écriture et la société.Reginald Hamel, Cap-aux-Diamants, n° 56, hiver 1999, p.55 Comme ouvrage de référence, on signalera l’excellente Histoire du Québec par sa littérature, 1914-1939, de Robert Lahaise publiée chez Guérin (1998), 784 p.Jean Panneton, Le Journal de Rtnguet, Guérin, 1998, p.329 Rarement [.] a-t-on vu au Québec un essai bistoiico-littéraire où flamboient l’humour, l’ironie.et que sais-je encore.Jean-Guy Hudon.Nuit Blanche, hiver 1998-1999, p.48 Cet ouvrage, pour qui voudra désormais étudier l’histoire du Québec, s’avère incontournable.Gilles Chaussé, s.)., Bulletin d’histoire politique, automne 1998, p.190-193 La double formation de R.Lahaise (doctorats en histoire et en littérature) semble l’avoir sensibilisé à l’intérêt de la « petite » littérature autant qu à celui de la « grande » [.].François Roblchaud.Bulletin de IAl’HCQ, octobre 1998, p.16 IM HISTOIRE nu QUEBEC LITTERATURE, 1914-1939 ISBN 2-7601-4694-4 784 pages (avec Illustrations) 35$ GUÉRIN Montréal 4501, rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Canada Téléphone: (514) 842-3481 Télécopieur (514) 842-4923 Adresse Internet: http://www.guerm-editeur.qc.ca Courrier électronique: francel^guerin-editeur.qc.ca t fairif- cPa/entin (Du 12 au 14 février, en soirée seulement) Champagne rosé & canapés ‘Ee/ottfé c/e a trottes J Desjardins :A 8 L E l) E V OIK, I, E S S A M E I) I (i E T I) I M A N 0 F É V U I E K I it it !» LE •* V w zr U' s.fc*T -Tm 3 H.I» M LE MOND E N BREF à Butler tire sa révérence V' t‘ New York (AFP) — Le très controversé chef des ins-.»pecteurs en désarmement de l’Irak, Richard Butler, J qui faisait face à des critiques personnelles crois-5 santés, a annoncé jeudi qu’il se retirerait à l’expiration « de son mandat à la fin du mois de juin.Le diplomate ^australien, 56 ans, dont la tête était réclamée par la “C Russie, a confirmé à l’AFP l’annonce en ce sens qu’il > avait faite dans la journée à la chaîne d’information en •y continu CNN.M.Butler a affirmé qu’il avait informé mercredi le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, ^de sa décision.Le porte-parole de M.Annan, Fred ; Eckhard, a confirmé que la question avait été soulevée 5 lors de l’entretien, mais a refusé de faire tout autre I commentaire.Kofi Annan, qui a nommé Richard But- 1er en juillet 1997 à la tête de la Commission spéciale Z sur le désarmement de l’Irak (UNSCOM), devrait ' consulter le Conseil de sécurité avant de décider d’un * éventuel successeur.: Un condamné innocenté i Çhicago (AFP) — Un homme condamné à mort aux l Etats-Unis pour un double meurtre commis en 1982, » Anthony Porter, a été innocenté et libéré hier après l qu’un autre homme eut confessé le crime, a indiqué l son avocat Daniel Sanders à Chicago (Illinois).«Je suis ' libre», a lancé M.Porter, 43 ans, père de sept enfants et ! qui se trouvait dans le couloir de la mort depuis 16 ans, ; en sortant de la prison de Cook County.Il n’a exprimé * aucun sentiment d’amertume à sa sortie de prison, af- * Armant simplement vouloir manger un steak.Il a em- * brassé des élèves de l’école de journalisme de North-> western qui avaient aidé à rechercher Alstory Simon, £ qui a confessé le meurtre.Auparavant, lors d’une audi-^ tion hier, le juge Thomas Fitzgerald a ordonné que M.5 Porter soit libéré «d'ici quelques heures».La décision J est intervenue deux jours après que les procureurs j» chargés de l’affaire eurent reçu une vidéo de la déposi-£ tion d’un homme originaire de Milwaukee confessant J le crime d’un couple de Chicago en 1982 pour lequel Anthony Porter était accusé.j Mandela plein d’humour •* Le Cap (AFP) — Les parlementaires sud-africains ont £ éclaté de rire hier quand le président Mandela leur a % décrit sur un ton humoristique, en plein milieu de son '< discours sur l’état de la nation, son triste avenir ;< proche.«Dans quelques mois, je serai sur le bord de la "j route, disant: “s’il vous plait, aidez-moi! je suis au chô-’J mage! je n’ai pas d’argent! j’ai une nouvelle femme et $ une grande famille”.» Après avoir annoncé une hausse »* de quatre pour cent des retraites il s’est montré rassu-Ê-Jré: «Et maintenant, avec ces 20 rands (trois dollars), je serai pas obligé de me tenir au bord de la route».3^Agé de 80 ans, le président sud-africain a épousé Gra-•*;ça Machel au mois de juillet dernier et quittera le pourvoir après les prochaines élections, prévues en mai.fj-Après une heure de discours, Mandela a toussé, s’est ^-interrompu et a lancé après s’être saisi d’un verre ; > 'd’eau: «je vous demande instamment de garder dans vos ! *¦ mémoires l’exploit impressionnant que j’ai accompli jus-> qu’à maintenant.A 80 ans, les hommes commencent gé-; • néralement à tousser après leur première phrase».£ 5 Intransigeants, les zapatistes Mexico (AFP) — Emilio Rabasa, chargé par le gouvernement mexicain du dialogue sur le Chiapas, trouve la guérilla zapatiste «intransigeante»; il ajoute que le sous-commandant Marcos «veut substituer .un système politique à un autre».Les négociations Centre l’armée zapatiste (EZLN) et le pouvoir sont I suspendues depuis février 1996; Rabasa croit que la : raison en est que l’EZLN s’est éloignée de son objectif initial de défense des droits des idigènes pour r rechercher une solution de niveau national et inter-• national.L’entrevue qu’a donnée Rabasa à l’AFP est i publiée le jour même où le quotidien La Jornada pu-; blie à la une des révélations sur les dépenses ac-; crues de l’armée au Chiapas, où on est en train ; d’ériger une nouvelle base, à Yajalôn, sur des terrains offerts par de riches propriétaires de plantations de café.Le journal signale que ces installations dépasseront en importance les casernes d’El Limar (muncicipio de Tila), région qui abrite l’enclave la plus importante du groupe paramilitaire Paz y Justicia.Ouverture aujourd’hui des négociations de Rambouillet Les Serbes tapent déjà du poing Ils refusent de discuter avec l’Armée de libération du Kosovo Les États-Unis sont intervenus auprès des dirigeants de Belgrade pour qu ils cessent de s opposer au départ des négociateurs de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) pour la conférence de Rambouillet sur le Kosovo, a indiqué hier la Maison-Blanche, «Nous croyons qu’il est important que toutes les parties participent aux pourparlers», a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche Joe Lockhart, en précisant que le médiateur américain pour le Kosovo Christopher Hill avait insisté sur ce point «directement auprès des parties».Pristina (Reuters) — À la veille de l’ouverture des négociations de Rambouillet, les Serbes ont mis hier les bâtons dans les roues à l’UCK (Armée de libération du Kosovo), en affirmant qu’ils ne discuteraient pas avec elle, et en refusant de laisser partir de Pristina ses représentants.Voyant que Belgrade ne voulait pas laisser les représentants de l’UCK partir pour la France, le reste de la délégation kosovare [les dirigeants politiques] a reporté à aujourd’hui son départ et fait savoir qu’elle ne décollerait pas sans ses compagnons.«C’est reporté à demain (aujourd’hui).Je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé mais il semble qu’ils [les dirigeants serbes] n'ont pas autorisé l'UCK à partir», a déclaré l’un des membres de la délégation, Fehmi Agani.Selon des membres de la délégation kosovare, la police serbe argue, pour les bloquer sur place, du fait que les cinq responsables de l’UCK ne disposent pas des papiers nécessaires.A Paris, l’émissaire américain Christopher Hill, l’un des trois codirigeants des négociations, a déclaré qu’il était essentiel que les responsables de l’UCK soient autorisés à embarquer.A Washington, un responsable du département d’Etat a déclaré sous le couvert de l’anonymat que des efforts étaient déployés pour régler le problème.«Nous nous attendons à ce que l'avion décolle samedi matin et à ce que la conférence de Rambouillet s’ouvre samedi après-midi comme prévu», a-t-il dit en soulignant qu’il enten- dait par là qu’une solution était probable.Il s’est refusé à toute précision sur les efforts ep cours et n’a pas dit ce qui rendait Washington optimiste.A Paris, le chef des négociateurs serbes à la conférence, Ratko Markovic, a assuré que Belgrade, de toute façon, ne parlerait pas aux délégués de l’UCK considérés par les Serbes comme des «terroristes».«Nous ne parlerons jamais aux terroristes», a dit le vice-p/emier ministre serbe.«L’Occident ne peut pas forcer un État à négocier avec des terroristes.Nous sommes prêts à en supporter les conséquences», a poursuivi Markovic, tout en précisant qu’il était prêt à parler avec le très pacifiste Ibrahim Rugova, «président» des Albanais du Kosovo.Selon l’ordre du jour prévu, les délégations devraient arriver ce matin à Rambouillet, horaire qui sera désormais plus que difficile à respecter pour la délégation albanaise.Dans l’après-midi, le président Chirac doit ouvrir la conference par un discours.Ensuite, les ministres français et britanniques des Affaires étrangères, Hubert Védrine et Robin Cook, qui coprésident la conférence, donneront une conférence de presse vers le milieu d’après-midi, les délégations ne pourront quitter l’enceinte du château avant la fin des négociations, que la communauté internationale veut voir bouclées en quinze jours.Le procès Clinton vit ses dernières heures TTCTashington (AP) — C’est presque sûr: le procès Clin-V V ton s’achèvera la semaine prochaine.Pressés d’en finir, les sénateurs ont refusé d’auditionner Monica Lewinsky, mais visionneront aujourd’hui les dépositions enregistrées de l’ex-stagiaire de la Maison-Blanche et de deux autres témoins.Un mois après son ouverture, et un peu plus d’un an après la révélation du Monicagate, le procès en destitution de Bill Clinton devrait connaître son épilogue jeudi ou vendredi.Et il ne fait désormais plus de doute que le président — accusé de parjure et obstruction à la justice — sera acquitté, la majorité républicaine ne pouvant réunir les 67 voix requises pour voter la destitution.Hier le procès faisait relâche.Mais le Congrès a rendu publiques les transcriptions des dépositions de Monica Lewinsky, de l’ami de Bill Clinton, Vernon Jordan, et du conseiller présidentiel Sidney Blumenthal, interrogés à huis clos en début de semaine par les procureurs républicains.Ces documents n’apportent rien de vraiment nouveau.Monica Lewinsky a notamment déclaré nourrir des «sentiments partagés» à l’égard de Bill Clinton, mais a souligné qu’il ne l’avait jamais incitée à mentir sous serment.La jeune femme, qui était interrogée lundi dans un hôtel de Washington, s’est par ailleurs offusquée lorsque le procureur Ed Bryant a qualifié sa relation avec le président de «salace».Elle a toutefois reconnu que plusieurs de ses rencontres avec Bill Clinton étaient de nature sexuelle.Lundi, ce sera l’heure des ultimes plaidoiries.Les sénateurs entreront ensuite en délibérations avant de procéder au vote final sur la destitution de Bill Clinton, au plus tard vendredi prochain.L’issue de ce vote ne fait pas de doute.L’inconnue réside sur une éventuelle formule de condamnation qui pourrait être prononcée contre le président, même si celui-ci est acquitté.Les sénateurs républicains ont abandonné jeudi leur projet d’explication de vote, qui affirmait que le président avait «fourni volontairement [un témoignage] faux et trompeur» au grand jury l’an dernier, et qu’il avait fait obstacle à la recherche de preuves dans le procès Paula Jones.«Je pense qu’il est temps de procéder au vote et de passer (à autre chose)» a déclaré le leader de la majorité républicaine au Sénat, Trent Lott.Les républicains étudieraient toutefois une autre formule de réprimande, mais on ne savait pas encore s’ils comptaient appuyer la proposition de certains démocrates en faveur d’un blâme.Jeudi, le Sénat a rejeté par 70 voix contre 30 (et donc avec 25 républicains rejoignant les rangs démocrates) la motion des procureurs demandant la convocation A’«un seul témoin, le témoin central» de l’affaire, Monica Lewinsky.Les sénateurs ont également exclu de faire comparaître en personne MM.Jordan et Blumenthal.En revanche, ils ont donné leur feu vert à la diffusion des dépositions, enregistrées en début de semaine (voir ci-dessous).Monica par vidéo interposée TJtTashington (AFP) — Pour la première fois aujour-V V d’hui, le public américain pourra enfin voir Monica Lewinsky, l’ex-stagiaire de la Maison-Blanche, parler de sa liaison avec Bill Clinton au procès de destitution au Sénat, mais ce sera par vidéo interposée.Pendant trois heures chacun, l’accusation et la défense présenteront les «meilleurs» extraits vidéo des dépositions de Monica Lewinsky, de Vernon Jordan, un ami proche du président, et de Sidney Blumenthal, un conseiller de la Maison-Blanche, pour iUuster ou contrer les accusations de «parjure» et «d’entrave à la justice» retenues contre le président.Bill Clinton aurait menti à la justice et aurait tenté d’étouffer l’affaire pour cacher sa liaison avec la jeune femme, âgée aujourd’hui de 25 ans, selon ses accusateurs.«Ça va être un duel d'extraits», avait averti jeudi Gregory Craig, un avocat de la Maison-Blanche qui demandait au Sénat de se contenter de la transcription écrite des dépositions.M.Craig avait également estimé que l’accusation pourrait chercher à utiliser certains ex- traits de témoignages «hors contexte» ou que ceux-ci, relayés par les chaînes de télévision, pourraient par la suite être utilisés pour des spots publicitaires lors de la prochaine campagne électorale.Jusqu’à présent, le public américain n’a eu connaissance du témoignage de Monica Lewinsky que par les transcriptions de ses dépositions et par la diffusion de quelques extraits de ses conversations, enregistrées à son insu, par son «amie» Linda Tripp, celle qui a ensuite vendu la mèche.La diffusion des dépositions va causer «la consternation de l’opinion publique», avait encore prévenu M.Craig, avant de s’empresser d’ajouter quelles ne contenaient «rien de nouveau» — «ni dynamite ni explosion».La diffusion des extraits vidéo représentera très vraisemblablement la dernière chance pour l’accusation de convaincre les sénateurs de la nécessité de voter la destitution du président.Mais «il faut être réaliste, ce président va probablement survivre», a reconnnu hier Ed Bryant, un des «procureurs».Bavure policiere à New York New York (AFP) — La mort d’un Guinéen, criblé de balles par des policiers alors qu’il n’était pas armé, suscitait l’indignation hier à New York et une enquête fédérale était réclamée.L’affaire faisait les gros titres de la presse locale, qui notait que le maire Rudolph Giuliani, un ancien procureur partisan de la loi et de l’ordre, n’avait pas d’emblée soutenu les policiers comme il le fait d’habitude.Ahmed Diallo, un vendeur ambulant de 22 ans arrivé aux Etats-Unis il y a deux ans et demi, décrit comme un homme calme, bon musulman qui envoyait autant d’argent qu’il le pouvait à sa famille en Guinée, a été atteint par 24 des 41 balles tirées par les policiers en civil appartenant à une unité d’élite de répression de la criminalité, dans la nuit de mercredi à jeudi à son domicile du Bronx.Ki victime n’avait pas de casier judiciaire.Le démocrate Ruben Dipz, qui représente notamment le Bronx à l’assemblée de l’Etat de New York, a appelé jeudi soir à une enquête fédérale sur ce qu’une source policiere anonyme présentait comme une «bavure».Les quatre policiers n’avaient toujours pas donné d’explication hier matin au procureur du Bronx, qui a ouvert une enquête.«Us personnes visées par une enquête criminelle ont le droit de ne pas parler», a rappelé jeudi soir sur les chaînes de télévision locales le commissaire de police de New York, Howard Salir.«Jusqu'à présent, ces agents ont choisi de ne pas parler.» Les policiers new-yorkais bénéficient en outre de «la règle des 48 heures» qui leur accorde un délai de deux jours avant d’être interrogés lorsqu’ils sont impliqués dans de possibles «bavures», pour s’entretenir avec les avoçats de leur syndicat.«Une explication complète montrera que les agents ont agi régulièrement», a commenté au quotidien Daily News Steven Worth, un avocat de la Patrolmen Benevolent Association, principal syndicat de policiers.«La police m’a dit que c’était une erreur», avait déclaré jeudi un colocataire de M.Diallo, Momodou Kujabi.Le New York Post soulignait que «le maire Giuliani, qui habituellement se précipite à la défense des policiers dans les cas controversés, était hier soir résolument neutre».M.Giuliani a indiqué en substance que l’enquête suivait son cours et lancé un appel au calme au voisinage, redoutant manifestement une répétition des quatre jours d’émeutes raciales qui avaient secoué Brooklyn en août 1991.Ix‘ New York Times notait qu’au sein d’une force de police où 90 % des agents n’utilisent jamais leur arme, trois des policiers ont déjà été impliqués dans des fusillades.L’une d’entre elles, qui s’est soldée par la mort d’un homme, fait toujours l’objet d’une enquête du procureur du quartier de Brooklyn.Les quatre policiers, affectés depuis jeudi à des tâches administratives, recherchaient un violeur en série dont le portrait robot ne correspond pas à M.Diallo.K* 11 ü ?U ü $ l +* », "a *¦ *¦* ï: f „ Andrée épargne F Frédérick travaille K h Andrée Houde est réceptionniste à l’Hôpital Enfant-Jésus de Québec.En épargnant avec Fondaction, elle a droit à des déductions REER et obtient EN PLUS deux crédits d’impôt totalisant 30%.Fondaction requiert un déboursé net moins élevé qu’une épargne-retraite conventionnelle et permet de participer à des projets de maintien et de création d’emplois au Québec.Y’ i Ça se passe au Québec, TWDACTIONm Plus qu’un REER, un fonds de travailleurs 514 525-5505 ou l 800 253-6665 Frédérick Lafontaine travaille chez Débitek à Saint-Romuald, une coopérative de travail qui fabrique des panneaux en bois jointé lamellé-collé ainsi que des panneaux solides, dans laquelle Fondaction a investi en vue d’une expansion des activités.Fondaction soutient le développement des coopératives de travail.Vous obtiendrez les informations pertinentes dans le prospectus de Fondaction, disponible i nos bureau* A1C I.E l> K V (MK, I, K S S A M E I) I (i E T D I M A N C II E 7 F É V K 1ER I I) !) 9 , E M 0 N I) E ! Le roi Hussein et son successeur désigné, le prince Abdallah, en 1997.REUTERS Succession du roi Hussein Le royaume de toutes les difficultés Le souverain hachémite avait perdu pied ces dernières années MOU NA N AIM LE MONDE Cy est un royaume en grande difficulté que le roi Hussein de Jordanie a légué à son fils, Abdallah.Difficultés économiques, financières, sociales et politiques qui prennent ici une dimension plus dramatique qu’ailleurs, parce que, coincé entre l’Arabie Saoudite, l'Irak, la Syrie, la Palestine et Israël, le pays est au point de télescopage de deux crises: l’interminable affaire irakienne et le gel du processus de [xiix israélo-arabe.Malgré son ascendant incontestable sur ses concitoyens et quarante-six années de règne, le roi Hussein lui-même avilit perdu pied ces dernières années.Monarchistes ou opposants, les Jordaniens s’interrogaient sur la sagesse de sa stratégie, qui a suscité la méfiance des pays voisins — hormis Israël —, sans pour autant résorber les problèmes du pays par ailleurs menacé, pensent certains, de devenir une «patrie de substitution» forcée pour les réfugiés palestiniens.L’Irak est en quelque sorte le péché originel, puisque c’est pour l’avoir soutenu lors de l’invasion du Koweït que le royaume a été littéralement mis en quarantaine.Il a ainsi vu tarir ses principales sources de revenus, c’est-à-dire les milliards de dollars d'aide financière arabe, et les centaines de millions de billets verts, que les quelque 250 0(X) à 300 000 émigrés jordaniens dans le Golfe, renvoyés chez eux du jour au lendemain, avaient pour habitude de transférer chaque année au pays.leur retour a entraîné une augmentation du nombre des sans-emploi, dans un pays où 65 % de la population a moins de vingt-cinq ans, où 40 % des actifs sont employés dans le secteur public et où le taux de natalité est de 3,5 %.Progressivement, des dizaines d’usines et de sociétés d’import-export, qui vivaient principalement du commerce avec Bagdad, ont vu leur activité sensiblement réduite, ou ont dû mettre la clé sous la ixirte.Autre faux pas stratégique: la signature en 1994, d’un traité de paix séparé avec Israël.Isolé, et craignant d’être le laissé-pour-compte d'un processus de paix israélo-palestinien qui semblait voué au succès, après la signature de la Déclaration de principes israélo-palestinienne, le rpi a accéléré la normalisation avec l’Eat hébreu, auquel il s’est quasi arrimé, en même temps qu’il prenait de grandes distances vis-à-vis de son voisin irakien.Cela lui valut certes de se réconcilier avçc ses riches pairs du Golfe et avec les Etats-Unis, dont l’aide financière annuelle de 150 millions de dolkirs est loin de répondre aux besoins du royaume.En accueillant à bras ouverts, à partir de 1995 notamment, des opposants au régime irakien, il s’est mis à dos l’Irak, qui risque d’exercer chez lui ses capacités de nuisance.Mais surtout, il a été contesté par les Jordaniens, qui ont le sentiment d'avoir perdu leur âme dans un aventurisme politique dont ils n’ont tiré aucun profit Au plan économique, l'Irak et le traité de paix ont, en fait, été les catalyseurs d’une crise structurelle, que les gouvernements jordaniens successifs s’étaient bornés à constater pendant deux décennies, sans pour autant y remédier.Jusqu’à l’imposition, en 1989, par le Fonds monétaire international, d’un plein d’ajustement structurel, dont le corollaire inévitable fut une aggravation des difficultés sociales génératrice de tensions.Celles-ci se sont exprimées, à deux reprises au moins, de façon violente: en 1996, lors d’émeutes contre le triplement du prix du pain; en 1998, pour soutenir l’Irak menacé de bombardements américains.La contestation a aussi été véhiculée par les p;u'tis politiques, principalement la confrérie des Frères musulmans, historiquement alliée du souverain, mais désormais dans l’opposition.Car paradoxalement, malgré la crise, ou peut-être à cause d’elle — le roi, disent certains, a voulu ouvrir une soupape de sécurité politique —, la Jordanie est revenue, depuis 1992, au pluripartisme.Toutefois, une loi électorale promulguée en 1993 a tenté d’en circonvenir les effets en favorisant les allégeances tribales et familiales.Malgré une tentative de muselage de la presse et l'intimidation des opposants, ceux-ci n'en donnent toujours pas moins de la voix, dénonçant la corrup- tion, les injustices sociales, l’inféodation aux Etats-Unis, l’alliance avec Israël, la manipulation des institutions, singulièrement du Parlement, devenu, selon eux, une caisse de résonance de l’exécutif.A cette opposition légale s’ajoutent des extrémistes islamistes, dont le nombre n’est vraisemblablement pas élevé, mais qui se sont manifestés, en 1998, sous des appellations diverses, par des actes terroristes «artisanaux» qui n’ont pas fait de victimes.Une chance à saisir Qu’ils soient transjordaniens ou d’origine palestinienne (60 % de la population), les Jordaniens n’ont pas compris non plus pourquoi leur pays tiendrait le rôle de faux-frère des Palestiniens, en tentant de les convaincre d’aller de l’avant dans leurs négociations de paix avec un Israël, dirigé par le gouvernement le plus à droite de l’Histoire de ce pays, et dont la communauté internationale toute entière condamne la politique.Certains ne cachent pas leurs craintes de voir les Palestiniens réfugiés en Jordanie, installés définitivement contre leur gré dans le royaume.Ils sont également nombreux à se demander pourquoi leur pays pçrsiste dans l’erreur, en étant le seul Etat arabe à approuver la récente alliance militaire israélo-turque, perçue par l’ensemble des autres pays arabes, dont la Syrie voisine, comme dirigée contre eux?La tension est du reste allée croissant entre Amman et Damas au cours des derniers mois de 1998, et les échanges d'accusations et d’invectives n’ont fait qu’aggraver une suspicion réciproque endémique.C’est donc peu dire qu’une tâche délicate attend le roi Abdallah, dont l’expérience politique est pratiquement égale à zéro.Malgré son charisme et sa perspicacité politique, Hussein lui-même avait du mal à se dégager de la nasse.Mais peut-être son erreur fondamentale aura-t-elle précisément été de ne pas avoir compris que le «paternalisme» avait fait son temps, que la Jordanie avait mûri et qu’il fallait laisser fonctionner les institutions.Il y a peut-être là une chance à saisir pour son successeur.Tambours de guerre en Ulster PATRICK CLAUDE LE MONDE Londres — Les tambours de guerre résonnent à nouveau en Irlande du Nord.Le cessez-le-feu décrété par les principales milices armées, loyalistes (protestantes) et républicaines (catholiques), avant les accords du «vendredi saint» tient toujours, mais, tandis que le ton monte entre politiciens enferrés dans une véritable impasse, certains groupuscules dissidents, de part et d’autre de la fracture confessionnelle, s’apprêteraient à reprendre l’«action militaire».Mo Mowlam, ministre des Afaires nord-irlandaises dans le gouvernement de Tony Blair, a admis jeudi 4 février pour la première fois que le processus de paix adopté en avril 1998 entrait désormais «dans unq période très difficile».A un mois de la passation prévue des pouvoirs entre Londres et les nouvelles autorités élues d’Irlande du Nord — le 10 mars —, le gouverne- ment autonome, qui devait être formé il y a déjà plusieurs mois entre loyalistes protestants et républicains catholiques, ne l’est toujours pas.Chef des loyalistes et du gouvernement en gestation, David Trimble, pressé par une base politique très remontée, se refuse toujours à offrir au Sinn Féin, la branche politique de LIRA, les deux sièges de ministre qui, élections obligent, lui reviennent.Motif: le refus réitéré par l'I RA — et les principaux groupes paramilitaires protestants — de déposer les armes auprès de la commission ad hoc tant que les institutions politiques promises dans les accords du «vendredi saint» ne seront lias en fonctions.En clair, on tourne en rond, et, de part et d’autre de la frontière politico-religieuse, certains commencent à se préparer au pire.Mardi, c’est la Force des volontaires d’Ulster, l’un des principaux groupes loyalistes protestants, signa- De part et d’autre de la frontière politico-religieuse, certains commencent à se préparer au pire taire des accords d’avril, qui déclare avoir pris possession d’une « importante livraison d’armes».Le lendemain, c’est LIRA qui annonce publiquement qu’une «petite quantité» de ses stocks d’armes a été volée par des dissidents et que l’organisation, qui «poursuit son enquête», n'en a pour l’instant récupéré qu'une partie.Les sécessionnistes de l’«IRA véritable», ceux qui ont posé la bombe d’Omagh qui fit vingt-neuf morts en août 1998, seraient les responsables.Ce groupuscule, à qui LIRA provisoire avait fermement conseillé de «s’autodétruire au plus tôt» en septembre, aurait récemment renforcé ses liens avec un autre groupe dissident, plus puissant, appelé Y «IRA de la continuité».Jeudi soir, une chaîne de télévision britannique (ITN) a diffusé des entretiens inquiétants avec plusieurs supporters «politiques» de ce groupe.L’un d'eux, Brendan McClenaghan, s’est dit convaincu que «la continuité» était sur le point d'agir à nouveau, y compris, éventuellement, contre des cibles commerciales à Londres.Comme disait Mo Mowlam jeudi, il va falloir «du courage, de la détermination et du cœur au ventre» à ceux qui veulent avancer sur la voie de la paix.coup de 100$, 500$ ou 1000$ ici et là, le travail au noir et 1 evasion fiscale coûtent, chaque jour, lus de 4 millions de dollars la population québécoise.4 millions de dollars >ar j our qui no vont pas dans les services à la population.lors, xigez toujours Les factures tour vos transactions.’est à vous que vous rendrez service.Gouvernement du Québec Ministère du Revenu .•fêtons le travail au noir > / A 10 I.E I) E V l)IK, L E S S A M E I) I ti E T I) I M A N C II E V E V II I E It I !) I) II EDITORIAL L’accord du 24 Sussex Le gouvernement du Québec avait plusieurs raisons valables de ne pas parapher l’accord sur l’union sociale conclu jeudi au 24 Sussex Drive.Ce qui est le plus choquant, c’est que les dirigeants politiques du reste du pays semblent avoir préféré conclure une entente sans le Québec plutôt que de s’efforcer de prendre en considération ses objections légitimes et rechercher un compromis plus avantageux.ersonne ne va se mettre à pleurer pour ça, mais il s’agit de constater froidement que, dans ce cas-ci du moins, la parole du Québec, lorsqu’elle est portée par son premier ministre fraîchement élu, n’a guère de poids quand ses homologues redessinent le pays et redéfinissent l’équilibre des pouvoirs entre les ordres de gouvernement.Cet accord sur l’union sociale a aussi son importance symbolique en donnant aux objectifs pancanadiens la priorité dans la conceptualisation des politiques sociales.L’accès d’un océan à l’autre à des services sociaux comparables devient, avec cet accord, un élément de la citoyenneté canadienne.Ce document est un des matériaux de construction de la nouvelle nation canadienne.Il est curieux qu’en rapiéçant ce pays, l’on puisse ainsi se passer de la fibre québécoise.L’entente marque le triomphe des thèses fédérales.Stéphane Dion n’aime pas que l’on qualifie cette conception du pays de fédéralisme tutélaire, mais c’est pourtant ce que c’est, puisque Ottawa se présente comme le protecteur des programmes sociaux au Canada.M.Chrétien le disait dans son discours du Trône de février 1996.Ottawa va «veiller à ce que la société généreuse que nous formons continue de l’être d’un bout à l’autre du pays».L’accord signé jeudi lui donne les moyens de son ambition.Ce document reconnaît noir sur blanc le pouvoir du fédéral de punir les provinces qui refuseraient d’adhérer aux objectifs définis par d’autres.Dans un document complémentaire rendu public hier, les ministres fédéraux expliquent que le but du nouveau modèle est de «bloquer les tendances au nivellement par le bas dans les programmes sociaux canadiens».Un autre objectif de l’accord est de «s’assurer que les nouvelles initiatives en matière de politique sociale ne créent aucun obstacle à la mobilité» des Canadiens d’une province à l’autre.Or ces tendances au nivellement par le bas, existent-elles au Canada?Et les obstacles à la mobilité créés par les politiques sociales, peut-on nous en offrir des exemples qui justifient l’urgence de conclure cet accord?Car pour juger du bien-fondé d’une politique publique, il faut toujours revenir à l’essentiel.À quel besoin répond-elle?Y a-t-il quelque chose de mal à réparer?Pour l’heure, on ne voit guère.?Le Québec aurait pu avoir des raisons de signer le document.Après tout, il est vrai que le droit de retrait qui y est proposé, même s’il ne couvre pas les programmes comme les bourses du millénaire, constitue un progrès.Il est vrai d’ailleurs que la portée du droit de retrait contenu dans l’accord du 24 Sussex Drive est plus large que celle du défunt accord du lac Meech de 1987.De même, le Québec pourrait tirer un certain profit de l’échange d’informations avec les autres provinces.Sauf qu’en échange de ces avantages somme toute limités, le Québec aurait dû cautionner plusieurs propositions fédérales qui ne conviennent pas au Québec.Revenons au droit de retrait.Sa portée est peut-être plus large que dans l’accord du lac Meech.Sauf qu’il est accordé aux provinces seulement si elles se conforment d’une part à des objectifs nationaux et d’autre part à un processus d’évaluation de ses programmes.Dans Meech, le Québec avait prévu une clause de sauvegarde et avait soigneusement choisi le langage pour éviter de reconnaître au fédéral un pouvoir de dépenser dans ses champs de compétence.L’accord du 24 Sussex Drive, au contraire, est une ode au pouvoir fédéral de dépenser.Presque une invitation à Ottawa de l’utiliser de plus en plus.Ce n’est pas la conception que les Québécois se font généralement du fédéralisme.En plus, en signant l’accord, Québec aurait approuvé à l’avance, sans droit de retrait, le recours par Ottawa à n’importe quel transfert direct aux individus et aux organisations de son choix, des universités, des hôpitaux ou des organisations communautaires, et ce, pour «promouvoir l’égalité des chances et la mobilité» des Canadiens mais aussi pour promouvoir «les autres objectif pancanadiens».Un feu vert à tous les dédoublements.Il aurait été étonnant qu’Ottawa signe un accord qui l’aurait empêché de verser des bourses aux étudiants ou des subventions à des universités.Ottawa prétend d’ailleurs détenir ce pouvoir.Mais pourquoi forcer les provinces à signer un accord le lui reconnaissant explicitement?Cela est au mieux inutile, au pire pervers.Ottawa se gausse d’accorder aux provinces un droit de regard sur les objectifs pancanadiens.C’est vrai.Mais l’accord est nettement insuffisant lorsqu’il permet à Ottawa de se contenter de l’avis de six provinces pouvant ne représenter que 15 % de la population, pour définir un objectif national auquel les autres devraient ensuite se conformer.Certes, le Québec pourrait se retirer du programme fédéral mis en œuvre pour atteindre cet objectif.Mais pour se retirer, l'accord prévoit qu’il doit respecter cet objectif qui pourrait être incompatible avec ceux du Québec.Par exemple, qu’est-ce qui vaut mieux: la lutte contre la pauvreté ou le soutien à la natalité?Dans un cas, l’aide financière est accordée aux familles pauvres, dans l’autre, à toutes celles qui ont des enfants.Au mieux, le Québec serait forcé de défendre son caractère distinct non pas devant l’électorat québécois mais devant le premier ministre de la Saskatchewan.Au pire, il devrait modifier son objectif social pour éviter de perdre l’argent fédéral.L’accord oblige aussi les provinces à renoncer à certains pouvoirs qui leur permettent d’adopter des politiques distinctes.Par exemple, il est prévu que, d’ici trois ans, les provinces devront avoir éliminé toutes les politiques et les pratiques fondées sur le critère de résidence.?Deux autres raisons militent en faveur d’un refus de signer ce document jeudi dernier.D’abord la manière peu transparente et assez peu démocratique avec laquelle l’accord est paraphé, sans le moindre débat public, sans ratification par les parlements.Ensuite à cause de la façon un peu cavalière avec laquelle la Constitution est reléguée au rang de vague document de référence.A court terme, cette entente aura peu de conséquences concrètes pour le Québec qui s’en tire avec sa part de financement pour la santé.Ce n’est que lorsque les mécanismes de l’accord seront mis en branle que nous en verrons la portée réelle.En plus, il n’est valable que pour trois ans.Il reste qu’au bout du compte, ce texte reconnaît un rôle prépondérant au gouvernement fédéral dans la conduite des affaires, même celles qui relèvent des provinces.Ixi Québec fait bande à part.Encore une fois, et un peu plus, apparaissent deux visions de ce pays.mvennera,qbc.clic, net Michel Venue ?•» LE DEVOIE FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE CAYOUETTE.PIERRE BEAULIEU, NORMAND THÉRIAULT Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ Le confort et l’indifférence J’ai lu avec intérêt le texte de Jean Richard {Le Devoir, 29 janvier 1999) intitulé «Quand Hydro-Qué-bec veut devenir la GM de la voiture électrique».Sans doute est-il juste de croire, comme le fait M.Richard, que la production de voitures électriques est une façon d’attaquer le problème par le mauvais bout.On pourrait toujours accorder à ce projet le mérite de remettre à l’avant-scène le problème de la pollution automobile qui, comme on le sait, est à peu près complètement évacué depuis quelques années, mais la facture liée à ce «rappel» resterait en effet difficilement justifiable.Cependant, il est tout aussi difficile, je crois, d’adhérer au point de vue de M.Richard lorsqu’il écrit que «l’Amérique commence, lentement mais sûrement, à tourner le dos à ses symboles des années 50, dont la GM et ses Chevrolet quatre portières».On peut se demander quels sont les signes de ce changement de cap.Car celui qui est perceptible actuellement au Québec, c’est que, concomitant à une désaffection des transports publics, on assiste à un engouement spectaculaire et inquiétant pour les véhicules les plus gros, les plus encombrants et les plus polluants qu’il soit possible de se procurer.Ainsi, à l’heure où l’encombrement automobile, les embouteillages et le taux de pollution atteignent dans la région montréalaise des degrés alarmants, c’est par l’achat massif de Grand Cherokee, de Durango, de vans Transport, Lumina et autres que réagissent les Québécois.Aussi, le relatif optimisme de M.Richard m’étonne-t-il.Un optimiste, écrivait Borges, est quelqu’un à qui il manque des données.Tout cela sans parler d’un autre engouement LETTRES -?- (qui vise cette fois à faire abstraction de l’hiver) pour ce qui constitue un véritable cataclysme environnemental, le démarreur à distance, dont très peu de gens font un usage intelligent.Une voiture qui tourne au ralenti pendant 25 minutes équivaut, si ma méritoire est bonne, au passage d’environ 500 voitures! A la lumière de ces consternantes données, je crois que la solution au problème de la pollution automobile ne passera ni par la subvention du transport en commun (c’est triste à dire), ni par l’attente d’un éventuel changement d’attitude.Les Québécois font la preuve quotidienne qu’ils sont parfaitement étrangers à toute préoccupation environnementale.Comme ce fut le cas pour l’alcool au volant et pour le port de la ceinture de sécurité, ce n’est que par la coercition que le Québec fera des progrès en ce sens.Le confort et la mode étant, semble-t-il, des valeurs absolument intouchables.Michel Nepveu Lachine, 1" février 1999 Demande audacieuse au PQ Je trouve Paul Cliche audacieux de demander aux péquistes de ne pas bloquer la réforme du mode de représentation proportionnelle {Le Devoir, 2 février 1999).Il nous rappelle l’époque d’il y a 30 ans.Bien des choses ont changé au Parti québécois depuis ce temps.Mais en parlant de proportionnelle, j’aimerais avoir son opinion sur ses grands frères du Parti libéral fédéral qui gèrent le pays arbitrairement et de façon arrogante, avec seulement 37 % du vote.Avec cette proportion, ils ont réussi à couper six milliards de dollars dans les programmes de santé, à voler royalement les petits travailleurs avec leur réforme de l’assurance-emploi et maintenant en essayant de s’introduire dans les champs de juridiction provinciale dans le domaine de la santé et de l’éducation.André Simard Président du Parti québécois, Charlesbourg Charlesbourg, 2février 1999 Jean-Talon, un hôpital modèle Alors que les critiques sur les hôpitaux vont bon train, il est temps de rendre hommage au dévouement et à la façon exemplaire dont procède tout le personnel de l’hôpital Jean-Talon (médecins, infirmières et employés de toutes catégories) envers tous leurs patients.Mon fils m’a conduite au service d’urgence le 30 novembre dernier et, avec tout ce que j’avais lu et entendu au sujet des services hospitaliers, mon appréhension était grande! Mais quelle a été ma surprise en constatant que, dans les minutes suivantes, le médecin de garde (dont j’ignore le nom) s’est occupé de moi et a ordonné des examens immédiats.Cette lettre est un hommage à la dévotion, à l'humanité, à la compétence et à la gentillesse de tout le personnel du service d’urgence, ainsi que celui des 5’ et 6' étages.Un grand merci particulier au docteur Jean-Paul Asselin, le chirurgien qui nr’a opérée, et au docteur Pierre-André Guay, gastroentérologue, qui m’ont tous deux sauvé la vie.Micheline Cormier Montréal, 1" février 1999 LIBRE OPINION -?- Oui au contrôle des armes à feu PIERRETTE VENNE Députée de Saint-Bruno-Saint-Hubert Cy est le 1" décembre dernier qu’est finalement entrée en vigueur la nouvelle Loi sur les armes à feu, trois ans après avoir été adoptée par la Chambre des communes.La loi demande à tout propriétaire d’armes à feu d’obtenir un permis de possession d’ici le premier janvier 2001 et que toutes les armes soient enregistrées d’ici le 1" janvier 2003.La loi oblige, en plus, toutes les personnes qui entendent acheter une arme à feu à obtenir au préalable un permis de possession et d’acquisition à défaut d’avoir une autorisation d’acquisition d'arme à feu valide.L’objectif de la loi est simple, clair et précis: développer une culture des armes à feu axée sur la sécurité.C'est une initiative qui vise une réduction des suicides, des accidents et de la violence conjugale.L’initiative est appréciée quand on sait que 87 % des victimes de meurtre sont tuées par une connaissance, ce qui inclut le conjoint.De plus, certaines dispositions de la loi incitent les propriétaires d’armes à feu à ranger leurs armes de façon sécuritaire et à signaler aux corps policiers la perte ou le vol de ces dernières.Incidemment, l’enregistrement va permettre aux forces policières de savoir s’il y a des armes à feu sur les lieux d’une intervention et leur permettre d’agir en conséquence.On aurait pu croire qu’une telle loi fort sensée, visant la sécurité et le bien-être des citoyens, eût été acclamée à l’unanimité.Eh bien non! C’est mal connaître l’attitude intransigeante de certains individus et lobbys qui clament haut et fort que leur droit à s’exprimer librement dans une société démocratique s’exerce en tout premier lieu en tenant une arme à feu dans chaque main! La plus forte opposition à la loi vient de l’Ouest canadien, représentée par le député Garry Breit-kreuz du Reform Party.Les arguments invoqués sont des plus — hum! — réfléchis, du style «la vie privée et la sécurité de millions de propriétaires d'armes à feu sont maintenant menacées» du fait de l’enregistrement des armes à feu.Puis, on sombre dans le plus grand populisme en déclarant que les criminels se moquent des pauvres chasseurs qui doivent enregistrer leurs armes, alors que ces mêmes criminels se demandent où mettre «cette caisse de AK47 chinois que nous venons tout juste de passer en contrebande?».De façon simpliste, cette propagande crée une opposition entre les détracteurs de la loi — de paisibles habitants du monde rural, respectueux de la loi, qui n’utilisent leurs armes à feu que pour la chasse ou la défense de leurs troupeaux — et les tenants de la loi — des citadins sournoisement lobotomisés par la violence des séries policières américaines.Les adversaires au contrôle accusent les partisans du contrôle d’être influencés par la télévision américaine mais ils ne mentionnent jamais, par ailleurs, que leur discours reprend les arguments de la National Rifle Association qui règne aux États-Unis.Alors, qui s’inspire le plus de nos voisins du Sud?Les opposants prétendent que l’enregistrement des armes à feu représente une intrusion injustifiée du gouvernement dans nos vies privée car les noms d’honnêtes citoyens se retrouveront dans des registres gouvernementaux.Voudraient-ils abolir tous les registres?Vont-ils entreprendre de faire abroger les lois gérant la conduite automobile qui demandent que les automobilistes aient un permis de conduire et que les véhicules soient enregistrés?Travailleront-ils à rendre inopérantes les lois qui demandent que l’on soit titulaire d’un permis pour pêcher?Le député Breitkreuz demande à ses «disciples» d’attendre à la dernière minute avant d’enregistrer leurs armes.Quand on sait que le permis de possession pour cinq ans passera de 10 $ la première année à 45 $ le 1" décembre 1999 et à 60 $ le ("septembre 2000, est-ce la façon qu’a trouvée ce député pour rendre service et faire économiser ses concitoyens?Le chef régional de l'Assemblée des Premières Nations pour les territoires du Nord-Ouest, Bill Erasmus, quant à lui, décourage carrément les autochtones à s’enregistrer.On serait presque porté à croire que la désobéissance civile constitue une activité traditionnelle autochtone.C’est non sans raison que l’on regarde ce qui se passe aux États-Unis lorsqu’il est question d’un contrôle plus strict des armes à feu.Il y a, chez nos voisins, trois fois et demie plus d’armes à feu par habitant qu’au Canada.Mais ce qui est vraiment marquant, c’est que le taux de meurtre par arme à feu est, lui, près de neuf fois plus élevé au sud de la frontière.De toute évidence, une disponibilité incontrôlée d’armes à feu dans la société provoque une hausse de la violence et une mentalité de cowboys.En 1990 seulement, 68 personnes ont été assassinées avec une arme de poing au Canada, pour 10 567 aux Etats-Unis.Toutes proportions gardées, c’est tout de même dix fois plus de meurtres chez nos voisins.Il n’est pas question ici d’entamer une guerre de statistiques mais bien de comprendre pourquoi le contrôle des armes à feu doit demeurer et pourquoi nous ne devons pas céder aux arguments fallacieux de certains.L’objectif fondamental de la loi est la protection du public et non quelques inepties rabâchées par les mâles ci-haut nommés et autres de leur espèce.La population canadienne appuie d’ailleurs fortement la Loi sur les armes à feu, dans une proportion de 78 %.L’obligation d’enregistrement des armes à feu, quant à elle, reçoit l’approbation de 82 % des Canadiens et de 90 % des Québécois.Étant moi-même chasseuse de gros gibier, ça ne m’empêche aucunement de comprendre et d’accepter les règlements d’application de la Loi sur les armes à feu.Je suis actuellement en train de faire les démarches en vue d’obtenir un permis de possession et d’acquisition et j’ai l'intention de vous informer des délais encourus.Que l’expérience s’avère positive ou non, vous en serez avisés.L’enregistrement des armes à feu n’empêchera pas un chasseur de chasser, ni un tireur à la cible d’exercer son sport favori, mais les mesures de sensibilisation et de prévention compris dans la loi risquent fort de sauver des vies.Quelques objections disproportionnées de quelques membres du «sexe fort» en excès de testostérone ne doivent pas nous faire oublier que l’objectif premier de la loi est de continuer a bâtir une société plus progressiste et plus sécuritaire. I.K I) K V 0 I H .I.K S S A M K D I (i E T I) I M A N ( Il E F K V K 1ER I ü ü !» A II IDÉES Pénurie de main-d’œuvre en technologies de l’information Il n’est pas trop tard pour agir! JEAN GOULET Doyen de la faculté des sciences Université de Sherbrooke il pouvait lire dans I modèle québécois Beaucoup d'encre a coulé ces dernières années afin de bien cerner le modèle original de développement qui ca-racterise le Québec des quarante dernières années.I) aucuns l’appellent Québec inc.Ce modèle plongerait ses racines historiques aussi loin qu'a l’époque de la Nouvelle-France: la perception d’un vaste espace a conquérir; l'éthique catholique; les règles du mercantilisme émergent; la nécessité de coopération pour survivre; et les codes culturels des coureurs des bois.La Conquête n aurait pas cassé ces traits sociétaux fondamentaux.A partir de la mise en place d’une Chambre d assemblée en 1761, le modèle québécois de société fut désormais largement inspiré par la quête démocratique de 1 autonomie gouvernementale.Au XVIII et au XIX' siècle, l'ouverture de vastes espaces à la colonisation lui a confirmé sa dimension régionale.Au cours des années 1930, la concertation s’est lentement imposée comme valeur et modalité à privilégier dans la prise de décisions publiques.Des gains importants furent ainsi acquis, notamment en matière de législation du travail et de protection des plus démunis.Avec la Révolution tranquille, Québec inc.fut renouvelé substantiellement par l'intervention devenue massive de l’État.La politique sociale en lut totalement bouleversée.La profonde réforme toucha aussi les institutions financières et les associations coopératives, provoquant ainsi le deuxième envol de Desjardins.Dans ce même mouvement, l’Etat devint entrepreneur en créant des sociétés telles que la SGF, Hydro-Québec, SOQUEM, SIDBEC, REXFOR, etc.qui, avec la Caisse de dépôts et placements, les Instituts de recherche appliquée, Innovatech et les actuels Centres de transferts de technologie représentent les outils d’une politique industrielle audacieuse.Celle-ci a largement favorisé la prise en main de notre économie, notamment en supportant l’émergence d’une classe d’affaires francophone.Au cours de cette période aussi, la concertatipn a cheminé dans sa deuxième génération.À l’échelle nationale d’abord, les Sommets générèrent les consensus collectifs sur les modalités de régulation socioéconomique.Ensuite, on a institué des conférences dans la plupart des secteurs d’activité afin d’œuvrer à la consolidation des filières de production.Plus récemment, cette concertation sectorielle fut revigorée par la stratégie de ré-seautage appliquée dans le cadre de la politique des grappes industrielles.Finalement, la concertation fut instaurée comme modalité de planification régionale.Les Sommets régionaux permirent ainsi, pendant une période, l’aboutissement de nombreux petits outils de développement local et régional.Le modèle québécois apparaît actuellement bien essoufflé dans ses composantes reconnues.Mis à part les serveurs de l’autoroute de l’information, il apparaît que les outils innovateurs de développement national se font hélas rarissimes,.Les grands investissements sociaux de l’Etat dans les équipements d’éducation, de transport, de santé, de loisirs, etc., sont à peu près terminés.La concertation nationale se cherche une voie innovatrice.Et la concertation régionale se limite désormais aux grandes orientations de développement et à l’allocation de ressources financières devenues bien minces.Finalement, si certains domaines vont bien dans le secteur privé, l’importante vague de création d’entreprises qui a déferlé jadis attend elle aussi un nouveau souffle.Bref, le hiatus actuel nécessite une rupture et un bond en avant vers une autre étape.Il faut aller plus loin ,La concertation proposée sur les choix budgétaires de l’État n’est pas une mauvaise idée en soi.Mais nous fait-elle progresser dans la recherche de nouveaux outils de développement social, culturel et économique?Un développement dont le Québec a tellement besoin pour nourrir son modèle original et s’épanouir parmi les nations pro- Les grands investissements sociaux de l’État dans les équipements d’éducation, de transport, de santé, de loisirs, etc., sont à peu près terminés.La concertation nationale se cherche une voie innovatrice.grossistes de la planète.Pour ce faire, le renouvellement de la concertation doit s’effectuer en élargissant radicalement la mobilisation du leadership.Avec de grands groupes nationaux devçnus beaucoup plus autonomes vis-à-vis de l’État, tout en l’incluant, l’exploration collective récente de nouveaux enjeux a certes généré plusieurs orientations intéressantes.Force est de constater cependant que les grands événements ponctuels sur les thèmes de l’emploi, du monde rural, de la décentralisation, de l’économie sociale, de la coopération, du paysage, de la pauvreté, de l’eau, de l’agroalimentaire et du développement social n’ont généré que trop peu d’actions concrètes.Le drame du modèle québécois en manque de renouvellement réside bel et bien là.Et la véritable question concerne les modalités d’une troisième génération de concertation moins événementielle, plus ouverte sur les enjeux concrets, plus continue dans le temps, plus conséquente et plus près de l’action.Il faut alors changer de cible.La perspective nationale doit faire place à une perspective territoriale.C’est-à-dire stimuler fortement la concertation à de petites échelles, précisément là où s’effectue l’interaction quotidienne des nombreux acteurs que sont les PME, les coopératives, les travailleurs autonomes, les gestionnaires locaux, les groupes communautaires, les agents de développement, les leaders actuels et potentiels et les nombreux élus locaux.Car le réseautage tant désiré au Québec s’inscrit bien sûr dans le cyberspace, mais possède aussi concrètement des limites spatiales bien circonscrites.Le Fonds de solidarité a bien saisi cet enjeu.Les collectivités territoriales de dimension humaine corres-pondent bien à l’assise idéale pour le déploiement des facteurs de faisabilité des petits projets d’action et de dévelo]> pement.lœs bassins homogènes de ressources humaines y logent.Les entreprises y puisent de nombreux intrants.Les services spécialisés y fourmillent.Les agents de développement y supportent les initiatives.L'information y circule facilement par l’entremise des face-à-face quotidiens.Le leadership communautaire y émerge spontanément.Et un système de gouvernance territoriale permet de coordonner tant bien que mal tous ces éléments.Bref, les nombreux et divers territoires qui composent l’espace national représentent une échelle appropriée pour la concertation directement effectuée sur l’action.Idéalement, le processus pourrait ensuite remonter jusqu’à l’échelle nationale, en passant par l’échelle régionale.Le modèle québécois trouvera éventuellement dans cette formule une source très importante de renouvellement.L’union sociale, bis Un problème technique a entraîné la disparition d’un court passage du texte intégral de l’entente sur l’union sociale publié hier dans cette page.Pour faciliter la lecture, nous reproduisons aujourd’hui deux chapitres entiers de l’entente, les chapitres trois et quatre, y compris les paragraphes absents.3.Informer les Canadiens IMPUTABILITÉ PUBLIQUE ET TRANSPARENCE J’ L’union sociale du Canada peut être renforcée par un
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