Le devoir, 30 janvier 1999, Cahier F
.m-’i igjra.VL?, TO*.;'» ill'»-! o« /wys, re ;/ est pas un pays, c'est l'hiver.» Ce refrain du poète Gilles Vigneault traduit bien la réalité climatique que doivent affronter les Québécois durant la moitié de 1 annee.Comme eux, un milliard d’êtres humains habitent les régions nordiques de la planète, qui couvrent trois océans et trois continents, 1 Europe, 1 Asie et l’Amérique.Pour s’adapter à ce milieu hostile a l’homme, les habitants des pays nordiques ont dû déployer toute leur ingéniosité.La moto- neige, la chenillette ou l’isolation thermique sont autant d’inventions qui rendent l’hiver confortable.Cette quête inlassable pour maîtriser la nature a entraîné des decouvertes surprenantes, encore inconnues d’une large part du public, que l'on découvrira au lil de ce cahier Sylvie Dugas CLICHE REPETE A ECLAIRAGE DIFFERENT.EN RAISON DU TEXTE IMPRIME SUR FOND GRIS OU DE COULEUR F 2 L E I) K V 0 I It .I.E S S A M E 1) I 3 0 E T l> I M A N (' Il K 3 I .1 A N V I E I! I II il ü SOMMET DE LA NOM)IC rr n SBBPJ.B «wn l'-i Enfilez votre manteau.n escalier s’ouvre sur une rue étroite et encavée dans un repli de la ville.Les vitrines projettent une lumière dorée.L’air est bon, traversé par les odeurs du bois qui brûle dans l’âtre des foyers.Vous êtes conquis par la chaleur du décor.Bienvenue à Québec! Le décor est chaleureux! Sâv VILLE DE r Sommet mondial de la nordicité Les pays du Nord se rencontrent à Québec pour discuter d’adaptation au froid SYLVIE DUGAS COLLABORATION SPÉCIALE Poussé par sa passion de l’hiver et des salons d’affaires, Bernard Paquet, co-fondateur de la firme de publicité Cossette, a décidé d’exploiter la nordicité dans toutes ses dimensions.C’est à la suite de ses efforts que le Sommet mondial de la nordicité, traitant de l’adaptation des collectivités au milieu nordique, se tiendra au Centre des congrès de Québec, du 2 au 5 février.Ce sommet rassemblera des industriels, des universitaires et des gestionnaires du secteur public et privé de partout au monde, qui auront l’occasion de partager leurs connaissances et de créer de nouveaux réseaux.L’événement se répétera à tous les deux ans, faisant de Québec le centre névralgique du froid et la destination par excellence du tourisme hivernal, le sommet étant jumelé au Carnaval.«L'idée est dans l’air depuis vingt ans», assure Bernard Pâquet, l’initiateur du sommet avec Pierre Talbot, ex-président de la Chambre de commerce et d’industrie du Québec métropolitain, maintenant décédé.A la fois président des services d’exposition P.E.Poitras et de la Société inernatio-nale d’événements d’affaires, M.Pâquet a sillonné les quatre coins du globe et a reconnu le besoin d’attirer chez nous un tourisme d’affaires et de scientifiques, à la fine pointe de la recherche et du développement en matière de nordicité.«Plusieurs associations entre villes ou universités existent déjà en Scandinavie ou aux États-Unis pour le transport hivernal ou la sécurité civile.Le Québec doit s’intégrer à ce réseau nordique afin d’améliorer son adaptation au froid, encore déficiente comme on l’a constaté lors de la çrise du verglas.» A l’occasion du sommet, Québec, la ville hôte, sera consacrée «capitale mondiale de la nordicité».«L'existence d'une importante R & D en nordicité à l’Université Laval a motivé cette proposition», explique Bernard Pâquet, également président du sommet.En effet, la notion de nordicité, faisant référence aux éléments qui influencent les conditions de vie à Bernard Pâquet, président du Sommet mondial de la nordicité l’intérieur de la zone froide de l’hémisphère boréal, a été élaborée par Louis-Edmond Ha-melin, professeur émérite à l’Université üi-val.Dans le cadre de l’Accord nord-américain sur le libre-échange, le CRIQ est aussi en train d’élaborer une norme polaire, qui tiendrait compte de la valeur ajoutée aux produits testés à basse température et serait exigible dans les marchés nordiques.Le sommet se veut principalement un lieu de rencontres et d’échanges, afin de provoquer une nouvelle synergie entre les experts de la nordicité.Quelque 850 participants sont attendus, venant de toutes les nations concernées par le froid et la gestion hivernale.Près d’une centaine de conférenciers provenant d’une quinzaine de pays ont été invités à communiquer les ultimes résultats de leurs recherches dans leurs champs d’expertise respectifs.Ils se pencheront sur six thèmes reliés à la froidure, soit les innovations technologiques en matière de transport hivernal, l’habitat viable en hiver, la communication adaptée au froid et à l’éloignement, l’internationalisation de la problématique des peuples du Nord, l’éclairage dans la ville nordique, l’avenir du tourisme hivernal et le développement «respectable» des forêts boréales.Pour fêter son 400" anniversaire de fondation, en 2(X)8, la capitale québécoise souhaite inaugurer un éclairage innovateur.L’équipe du sommet a donc convoqué les huit plus grands architectes urbains du monde qui informeront les gestionnaires de leurs dernières innovations.Parmi eux, l’Américaine Naomi Miller et la Finlandaise Julie Oksa-nen expliqueront les effets psychologiques de la lumière et les nouveaux concepts visant à remonter le moral des populations nordiques, bien connues pour leur alarmant taux de suicide.L’administrateur national des routes en Suède, Jan Brandborn, donnera des leçons à tous pour une meilleure efficacité de la gestion routière.Dans le domaine de l’habitat et de l’aménagement du territoire, le Québec partagera son expertise par le biais d'une communication d’Avi Freid-man, de l’Ecole d'architecture à l’Université McGill.Le ministre des régions du Québec, Jean-Pierre Jolivet, parlera des grands axes de la politique de développement du Nord du Québec.La secrétaire générale de l’Association des universités du Circumpolaire, Mme Outi Snellman, notera l’importance des échanges interuniversitaires sur la question du froid.Christian Messier, de l’Université du Québec à Montréal, dressera un portrait actuel de la forêt boréale dans le monde.Le maire de Bergen en Norvège, Ingmar Ljones, mettra de l’avant l’idée de croisières sur glace pour stimuler le tourisme d'hiver au Québec.Pour couronner le sommet, Bernard Arcand lancera un débat sur son essai déjà fameux, Abolissons l’hiver, qui propose au pays de fermer boutique durant l’hiver pour respecter le rythme des saisons.Par ailleurs, une exposition commerciale sur la nordicité témoignera des plus récents développements technologiques en matière d’adaptation au froid et permettra le réseau-tage des participants.Une exposition innovatrice pour apprivoiser le froid Jamais la recherche et le développement sur le froid n’avaient trouvé jusqu’ici une vitrine publique.L’exposition commerciale, qui se déroulera conjointement avec le Sommet de la nordicité, en offre enfin l’occasion.Cette foire internationale réunira une cinquantaine de compagnies qui feront la démonstration du génie technologique nordique.Profitant de cette occasion unique pour forger des alliances stratégiques, plus d’un millier de manufacturiers du Québec seront sur place pour emporter chez eux les fleurons de la technologie et des équipements adaptés au froid, allant du boulon le plus banal au logiciel le plus perfectionné.Le commanditaire principal de l’événement, Bombardier, révélera pour la première fois la maquette du train Lynx, un TGV qui fera la navette entre Québec et Windsor.Ce train est outillé pour affronter une température de -24 degrés Celsius.Réputé pour sa machinerie industrielle de déneigement, Bombardier exposera aussi son modèle avant-gardiste de motoneige de l’an 2000.Son moteur est considéré comme le plus performant et le moins polluant par toute la communauté internationale des gens d’affaires.Grâce à la collaboration de la NASA, plusieurs sociétés ayant participé à l’élaboration de la fusée Pathfinder, qui fonctionne à -200 degrés Celsius, seront présentes.Toutes les composantes de la fusée ont une résistance hors du commun et sont le résultat des travaux les plus avancés en matière de nordicité.La Société d’habitation du Québec présentera ses nouveaux produits d’isolation, qui maximisent la conservation de l'énergie.Ix-s architectes des Forêts Marie-Victorin à Saint-Nicolas, reconnus pour leur conception d’une habitation adaptée au froid, feront connaître leurs techniques respectueuses de l’environnement.La compagnie Tenco fera l’inauguration mondiale de son véhicule réalisé avec les techniques et matériaux à la fine pointe de la nordicité.Les visiteurs pourront également voir les tissus Texcel, conçus en Beauce, qui recouvrent les chaussées et les arbres pour éviter le gel, permettant à la nature de mieux survivre en milieu urbain.Ui firme ADS exposera son équipement futuriste pour déneiger la ville, plus léger et moins énergivore.Les curieux pourront même pénétrer dans les abribus d’Amibus, qui protègent des vents les plus mordants.Les universités étaleront aussi leurs nouvelles trouvailles.Bref, une exposition commerciale qui stimulera l’intérêt pour les produits et la technologie québécoise.Les manufacturiers de chez nous auront tout le loisir de mettre à jour leur science et leurs techniques, qui nous ont permis jusqu’ici d’apprécier la vie dans le Nord.Sylvie Dugas HSKmIH ï V .• I 1 I.Y.I) Y.V 0 I It .I.K S S A M K I) I 3 0 V.T I) I M A N C II K A I .1 A \ V I Y.It I !» !» !l SOMMET DE LA N0III)IC rit La passion du Nord Louis-Edmond Hamelin a consacré sa vie à étudier l’adaptation de l’être humain au froid, à la neige et aux glaces MARC L'YJOIK I * ¦ -T «Vivre dans les régions nordiques, déclare Louis-Edmond Hamelin, est un défi qui a donné naissance à un art de vivre pousse très loin par certaines communautés humaines.» Vigneault a transformé en légende, le personnage nordique de Jo Hubert, ce facteur de la Basse Côte-Nord qui jouait avec l’hiver comme avec ses chiens.Mais nous avons aussi des monuments bién vivants, grandeur nature, dont la réputation tient à leur créativité et à la vision qui multiplie leurs recherches et leur réflexion.Louis-Edmond Hamelin, le père de la «nordicité» et l’inventeur du mot, est de ceux-là.LO l) I S - G I LL ES I K A N C (K II It LE DEVOIR .T’ (fi passé mu vie dans le Nord et 'y je n ’ai jamais gelé.Et j’y ai meme pris beaucoup de plaisir.C’est peut-être parce que mon sport préféré est l’alpinisme, ce qui m’a appris à regarder oêi je mets les pieds.Même chose pour l'Iiiver.Il faut savoir marcher et ce n ’est pas tout le monde qui y arrive.Il faut déceler les plaques de glace, avoir une conscience constante du danger», raconte Louis-Edmond Hamelin.Enseignant, chercheur, administrateur, conférencier en géographie et en «nordologie», fondateur du Centre deludes nordiques en 1961, recteur de l'Université du Québec à Trois-Rivières et, |x)ur cou[xt court, dernier membre non élu du Conseil législatif des Territoires du Nord-Ouest, le personnage semble à première vue difficile à cerner.Mais en réalité, plus il se raconte et plus il nous introduit dans la réflexion centrale de sa vie de chercheur, la nordicité, plus le chemin se clarifie: il conduit en réalité a un phénomène plusieurs fois millénaire, dont il a fait un objet de science, soit la capacité d’adaptation phénoménale des humains des régions nordiques au froid, à la neige et aux glaces, à «l’hivernité», précise ce créateur assidu de néologismes.«Vivre dans les régions nordiques est non seulement un défi, mais un défi qui a donné naissance à un art de vivre poussé très loin par certaines communautés humaines.C’est un phénomène qui me fascinait et pour lequel je cherchais depuis les années cinquante un mot drapeau, un mot parapluie qui engloberait à la fois cette réalité complexe pour mieux la définir et la cernererait davantage comme objet de science», raconte M.Hamelin.I mot «arctique» n’englobait pas le Nord du Québec ou d’autres pays du Nord de l’Europe.«Polaire» ne convenait pas à la vallée du Saint-I.au-rent.«Septentrional» ne couvrait pas toutes les latitudes, surtout les régions polaires.Le concept de «nordicité», une fois mis au monde, a lui-même fait des petits, de plus en plus articulés scientifiquement.La nordicité a ainsi été mesurée avec un indice exprimé en «vapo», soit les «valeurs polaires» des régions nordiques, dont la définition fait appel à de multiples critères.Le concept a ainsi donné lieu à ceux de régions nordiques (2(X) vapos sur un total possible de 1000 pour le Pôle), de Moyen Nord (entre 200 et 500 vapos) et de Grand Nord (tout le reste).Louis-Edmond Hamelin précise cependant que si ces concepts peuvent s’appliquer à des territoires, à l'histoire, aux grands écotomes qui transcendent les frontières étatiques, les as-pects les plus stimulants de la nordicité, pour la réflexion sociale et scientifique, se situent au niveau des «attitudes humaines» à l’endroit du phénomène ainsi qu’au niveau technique.L’attitude des humains à l’endroit du froid, précise Louis-Edmond Hamelin, varie selon leurs habitats, leurs cultures et certaines sous-cultures.L’attitude fondamentale de ceux qui ont fait évoluer leurs sociétés confrontées au froid était «positive et faite d’invention», dit-il.Tout le contraire de celle des «cou-rant-jettes», ces présentatrices de la météo qui parlent de «tempête» pour trois flocons de neige, ou A’«alerte météo» pour une dizaine de centimètres.Quant à leurs collègues masculins, à en croire les épithètes utilisées pour décrire le moindre signe de l’hiver ou de refroidissement, on croirait qu’être frileux jusqu’à la moelle est une condition sine qua non d’emploi.Ce ton alarmiste à l’endroit des signes de l’hiver et toutes ces manchettes sur les moindres mouvements des charrues et déneigeuses participent, selon M.Hamelin, au repli de certaines couches urbaines actuelles devant le phénomène climatique même si nous avons aujourd’hui beaucoup plus de ressources et de meilleurs vêtements que nos grand-parents pour y faire face.«Il y a encore beaucoup chez nous, malheureusement, de ce fond d’Européens mésadaptés, qui détestent encore l’Iiiver, qui sont encore enracinés mentalement dans le continent pas très froid de leurs origines.On voit encore beaucoup de gens qui ne savent pas marcher sur la glace au Québec!» M.Hamelin demeure toutefois optimiste même si sa propre petite-fille sort en hiver sans chapeau sur la tête, ce qui lui enfonce, dit-il, «un poignard dans le cœur» tout autant que ces étudiants qui viennent à l’université en hiver en souliers de course! «Pour se donner un genre».Au fond, dit-il, on aurait une bien meilleure attitude face à la nordicité si les Vikings avaient réussi à coloniser l’Amérique avant les Français: on aurait hérité de leurs traditions de symbiose avec l’hiver.Mais ce n’est pas le cas et il a fallu tout réinventer.Mais parfois avec bonheur, note-t-il.Il en donne pour exemple que les énormes foyers qui chauffent la plupart des maisons nordiques se sont avérés moins efficaces au plan énergétique que les poêles à bois très perfectionnés du Québec, dont l’efficacité avait déjà atteint des sommets à l’époque des Vieilles Forges de Trois-Rivières.Ce qui rend Louis-Edmond Hamelin «très optimiste» , c’est la prolifération des sports d’hiver et l’engouement qu’ils provoquent chez les jeunes, qu’il s’agisse de ski, de planche à neige, de patin ou de traîneau à chiens, etc.Ce revirement permet d’envisager — et là le scientifique hésite! — «que l’on soit éventuellement encore plus heureux avec le froid, que chacun en arrive à réfléchir à sa condition en situation et trouve des solutions pour augmenter son autonomie personnelle.» Pourquoi, dit-il, ne pas se doter de vêtements vraiment chauds comme les Russes, dont les premiers ministres, y compris l’ineffable Khrouchtchev, n’hésitent pas à foncer devant les caméras avec de superbes chapeaux de fourrure au lieu de s’y pointer nu-tête et en manteau léger d’automne! Et pourquoi ne pas s’équiper, au pays des neiges, de voitures avec des garde-au-sol, capables de prendre autre chose que des autoroutes californiennes, dotées de transmissions manuelles plus sensibles au dérapage, au lieu d’en remettre côté pollution en s’équipant d’énormes véhicules à quatre roues motrices, automatiques et énergivores — des «maxi-solutions pour un problème normal», dit-il avec ironie.Même aux plans technologique et économique, explique LouisrEdmond Hamelin, nos sociétés doivent apprendre des expériences des autres et stimuler les transferts technologiques par des initiatives comme le Sommet sur la nordicité.Au Québec, oii notre expérience de la nordicité n’est pas sans valeur, bien au contraire, on doit quand même se poser cer-taines questions: pourquoi, par exemple, les couturiers d’ici font-ils des vêtements pour les marchés de Paris et de Tokyo au lieu de se donner une facture imparable avec notre expérience du froid et de l’hiver?Nous avons fait d’énormes progrès en matière d’isolation et de fenestration, poursuit M.Hamelin, mais souvent dans ce domaine, on se surprend encore à miser sur des solutions plutôt inadaptées au froid, comme le.toit du stade olympique, ou ces usines d’épuration qui n’ont pas encore intégré la problématique des neiges usées et des chutes à neige, comme l’a fait Montréal qui fait désormais figure de leader dans ce domaine.\ja réflexion sur tous ces aspects de la nordicité s’intensifie au gré de l’explosion technologique mais elle ne réglera rien, conclut Louis-Edmond Hamelin, «si l'on n’arrive pas à enterrer une certaine phobie, à accepter le froid et l'hiver, à aimer ce climat qui nous apporte beauté et inventivité au plan technique, en particulier dans le domaine énergétique.» «Mais il faudra surtout, insiste l’éternel chercheur, apprendre, en plus, à tenir compte des autochtones avec qui on doit absolument créer un méga-partenariat économique.Le Moyen Nord où on puise 15 000 mégawatts est fondamental à notre progrès et essentiel à la sécurité énergétique des villes du Sud du Québec.Il faut avoir beaucoup de respect pour ces régions qui nous éclairent et nous chauffent et avec lesquelles il faut rapidement développer une nouvelle économie politique».Le Centre d’études nordiques Le Centre d’études nordiques, qui relève directement de l’Université I^aval, regroupe 18 professeurs qui proviennent de différents départements.Il offre à une centaine d’étudiants en maîtrise et au doctorat des stages de haut niveau visant une formation multidisciplinaire, mais axée sur des projets nordiques.«L’étudiant y acquiert des connaissances approfondies sur les phénomènes du Grand Nord, mais il s'enrichit à plusieurs autres niveaux, ce qui lui permet d’accumuler un bagage d’expériences diverses», explique Serge Payette, l’actuel directeur du CEN.Si les projets de recherche constituent une excellente base d’apprentissage pour les stagiaires, ils contribuent également à élargir notre compréhension des phénomènes du Nord, de même qu’à augmenter le nombre de professionnels de l'environnement.Ix*s objectifs généraux du CEN consistent à travailler sur les conséquences du froid, notamment l’adaptation de l'homme aux faibles températures ainsi que sur l’écologie et l’ingénierie du gel.Dans cette optique, certaines équipes de recherche sont chargées d’évaluer les effets du réchauffement.«Nos équipes travaillent sur les suivis des conditions du sol et des variations climatiques dans le but d’améliorer les conditions de vie des villageois et d’éviter certains drames reliés à l’instabilité dans le Grand Nord, comme par exemple une piste d'aéroport glissante», précise M.Payette.Au fil des ans, le Centre d’études nordiques a su développer d’excellentes relatipns avec Hy-dro-Québec.En effet, la société d’Etat bénéficie grandement de l’expertise du CEN.Les informations d’ordre météorologique, telles l’accumulation de neige et les variations climatiques, sont très utiles pour la gestion des réservoirs d’eau.Cette association profite également à l’équipe dirigée par M.Payette.En effet, Hydro-Québec subventionne fréquemment le Centre en parrainant plusieurs de ses projets de recherche.Variable non négligeable, d’autant plus que les coûts à payer pour se rendre au Grand Nord sont exorbitants.A ce sujet, le directeur trouve quelque peu insensée la discrimination territoriale exercée par le gouvernement fédéral à l’égard du Centre de recherche: «Iss groupes de recherche qui se rendent dans l’Arctique canadien ont l’avantage de se faire payer la totalité des coûts de transport par le fédéral; au Québec, le gouvernement n’assume pas l’ensemble de cette facture et il faut se rabattre sur diverses subventions.» Mathieu Roy L’un des plus vieux centres de recherche au pays Le Centre d’études nordiques (CEN) est un centre de recherche multifacultaire de l’Université Dival.Fondé en 1961, il s’agit d’un des plus vieux centres de recherche universitaire au Québec et au Canada.le CEN fait partie du réseau des centres de recherche reconnus par le Fonds FCAR (Gouvernement du Québec).Il est le seul centre de recherche universitaire québécois et canadien qui consacre la majeure partie de ses activités de recherche a 1 étude des milieux naturels nordiques (boréaux, subarctiques et arctiques).Le Centre regroupe des chercheurs universitaires et des étudiants diplômés du domaine des sciences biologiques (écologie) et des sciences de la terre (géographie physique, géophysique) de l’Université Laval et, également, de l’Université du Québec a Rimous-ki et de l’Ecole polytechnique de Montréal.Ui recherche au CEN gravite autour de la dynamique spatiale et temporelle des écosystèmes des régions boréales, subarctiques et arctiques du Canada et de l’utilisation durable des ressources renouvelables qu ils renferment.Avec ses nombreuses équipes de re- cherche subventionnées par le Fonds FCAR et le CRSNG, le Centre couvre l’éventail de la problématique des environnements froids, en abordant à la fois les bases théoriques de la dynamique écosystémique et les bases pratiques de la mise en valeur des ressources renouvelables.On y étudie les processus qui assurent le maintien et la transformation éventuelle des écosystèmes, autant dans leur structure que dans leur fonctionnement, plus particulièrement dans le contexte des changements environnementaux qui affligent actuellement l’ensemble de la planète.Iæs chercheurs du Centre utilisent une approche multidisciplinaire qui autorise une analyse spatio-temporelle des facteurs géographiques, physiques, biologiques et écologiques influençant l’évolution naturelle des écosystèmes, ainsi qu’une analyse des conditions de leur exploitation dans un contexte de conservation et d’exploitation durable des ressources renouvelables.Four de plus amples renseignements, visiter le site Web du CEN: http://www.ulaval.ca/cen/ Dével iement À l'ère de la mondialisation des marchés, Développement économique Canada entend contribuer davantage au développement économique des régions du Québec, tout en poursuivant sa mission auprès des PME., Partenaire de votre croissance • 13 bureaux à travers le Québec pour mieux vous servir, •des programmes adaptés aux PME et aux divers organismes pour aider chaque région à réaliser son potentiel économique, •un bureau virtuel pour obtenir de l'information, accéder à des réseaux d'affaires et faire une demande d'aide financière en ligne.ùj O ° IDÉE-PME Z ISO 9002 www.dec-ced.gc.ca ou appelez-nous : (514)496-4636 1 800 322-4636 ¦ ^ K Développement I ” économique Canada Canada Economie Development L E I) K V It I |{ .I.V.S S A M K I) I 3 0 K T I) I M A N (’ Il K 3 I .1 A N V I K It I It It » F 4 SOMMET DE LA NORDICITE Communications nord-nord CLAUDE LAFLEUR COLLABORATION SPÉCIALE Vu sous un angle approprié, le pôle Nord occupe le centre du monde! C’est du moins l’une des perspectives qu’avancera Claude Cosset-te, lors de l’atelier Communication du Sommet sur la nordicité.Le célèbre président-fondateur de Cossette Communication et professeur à l’Université Laval s’exprime ainsi: «te pôle Nord est très proche des pays les plus peuplés ou les plus riches.Et avec les moyens de communication d'aujourd'hui, il n’y a pas d'endroit plus central qu’un autre, puisque les gens peuvent travailler de n’importe où.» Cet atelier du sommet sera justement consacré aux communications nord-nord et nord-sud, et en particulier à l’implantation d’Internet.On y rassemblera des participants des pays limitrophes, dont le Russe Arthur Chilingarov, vice-président de la Douma, la Finlandaise Outi Snellman, secrétaire générale de l’Association des universités du Circumpolaire, l’Américain Patrick Coleman, président de l’Association des villes d’hiver, ainsi que plusieurs des nôtres.On y discutera de l’importance des nouvelles technologies de l’information adaptées au froid et à l’éloignement, et ce autant du point de vue technique que social et culturel.«Après les présentations du matin, nous organiserons en après-midi un atelier-débat sur l’autoroute de l’information dans le Grand Nord», indique Daniel Cloutier, organisateur de l’atelier pour le ministère de la Culture.Ce ministère tente actuellement de faciliter le branchement à Internet de tous les organismes et individus du Grand Nord par le truchement de l’inforoute mise en place par le ministère de la Santé.Tel qu’annoncé l’an dernier, ce ministère procède actuellement à la mise en réseau de tous ses établissements de santé par Internet, afin de faciliter les échanges d’informations médicales.Au cours des prochaines semaines, on branchera ainsi les centres de santé des quatorze communautés du Nunavit.M.Cloutier précise que l’opération n’est pas si simple pour le Grand Nord, puisque le coût des liaisons par satellite peut être prohibitif.Il rappelle ainsi que par le passé, des centres d’accès communautaires ont vu le jour dans le Nord puisque le ministère fédéral de l’Industrie défrayait le coût des équipements informatiques.«Toutefois, dit-il, lorsque après quelques mois d’utilisation, la facture des communications par satellite est arrivée — 60 OOO $ — ils ont mis la clé dans la porte!» Et il Les présentations au Sommet porteront sur la couverture par le ministère de la Santé des régions nordiques, dont les choix technologiques, d’étalement et d’interfinancement ajoute, mi-sourire: «Lorsqu’on se met sur Internet.c'est bien connu qu'on y passe beaucoup de temps.» Il précise que le ministère de la Santé est disposé à accoler les services des autres ministères ou organismes à son réseau, mais à certaines conditions, dont celle de préserver la confidentialité des informations médicales qui y circulent.Le projet, parrainé par le ministère de la Culture, cherche à profiter de la dynamique ainsi créée pour donner l’accès le plus étendu possible aux résidents et aux groupements du Grand Nord, dont la commission scolaire et l’association régionale Kativic.«On travaille là-dessus, dit M.Cloutier, mais on est encore à discuter de la faisabilité de tout ça, notamment les conditions pour rendre le projet viable pour le ministère de la Santé.» Les présentations qui vont se faire dans le cadre du Sommet de la nordicité porteront surtout sur la couverture par le ministère de la Santé des régions nordiques, dont les choix technologiques, d’étalement et d’interfi-nancement.On invitera également des membres de ces communautés à exposer leurs projets.«Nous voulons discuter avec tous les intervenants des projets réalisables et examiner en quoi ceux-ci pourraient améliorer le sort des collectivités.» M.Cloutier insiste toutefois pour souligner qu’on n’en est encore qu’au stade de la discussion de projets, et qu’il est par conséquent difficile d’élaborer des exemples d’applications concrètes.Il souligne que les communautés du Nord sont tenues au courant des travaux en cours et qu’on vise à leur permettre de faire du développement durable.Le gouvernement a besoin d’assurer des communications nord-sud et sud-nord mais les communautés nordiques ont également des besoins à assurer entre elles.«Ces communautés nous ont laissé savoir, avec insistance, que c’était là quelque chose de très souhaitable pour elles dans un esprit nord-nord.» Or, justement, une autre idée avancée par Claude Cossette est que le Nord est un endroit qui incite à la créativité «parce que le climat y est si rigoureux qu’on n’a pas le choix, on doit être inventif si on veut y survivre.» 11 rappelle que les différents peuples du Nord ont toujours dû être inventifs pour survivre.«C’est un milieu où l’être humain est entraîné à la créativité sur le plan individuel.On peut aller explorer les abysses de la mer si on a beaucoup d’équipement et un énorme budget, mais au niveau individuel, on peut encore aller explorer le Nord, y faire des essais et des démonstrations sur le plan individuel comme le fait d’ailleurs Bernard Voyer.» ê
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.