Le devoir, 30 janvier 1999, Cahier D
i.!•: it i; v it i n .i !•: s s ,\ m i.d i n i: i d i m a \ < n i i .1 a \ \ i !•: n i it it it LE DEVOIR Littéraire Rentree ID EDITION QUÉBÉCOISE: LES NOUVEAUX TITRES DES NOMS CONNUS PAGE D 2 Vft I i \>re LES EDITEURS PRODUISENT EN ABONDANCE PAGE D 4 Prenons le risque de sqmbrer dans la redite ET RÉPÉTONS-LE UNE FOIS DE PLUS: LE SALON DU LIVRE DE PARIS BRAQUE LES PROJECTEURS sur le Québec en mars prochain, et CETTE INVITATION FLATTEUSE A PEUT-ÊTRE EU l’heur I)E fouetter les sangs de quelques ÉDITEURS, CE QUI DESSINE EN BOUT DE LIGNE UNE RENTRÉE LITTÉRAIRE PRISE DEUX SUR LAQUELLE IL NE FAUT PAS LEVER LE NEZ.VARIETE DANS LES ESSAIS PAGE D 8 LES COLLECTIONS POUR LES JEUNE LECTEURS PAGED10 LETTRES QUEBECOISES page D 3 LE FEUILLETON page D 5 IA VIE LITTÉRAIRE page D11 M A R I E - A N I) R E E CH OUINARD LE DEVOIR Anne Hébert.Lise Tremblay.Gail Scott.Dominique Demers.Gilles Marcotte.Jean O’Neil.Robert Lalonde.Ecrivains parmi d’autres qui ont trempé la plume dans la source de l’inspiration, le bassin des mots et la langue belle pour notre plus grand plaisir.Salon du livre de Paris ou pas, ils auraient déroulé langue et imagination, tant le besoin d’écrire pour qui porte le chapeau d’écrivain est puissant et nécessaire.Mais cette fois, l’objet de tous leurs efforts investis atterrit au beau milieu d’une grande fête francophone du livre, à Paris de surcroît, et où un accent particulier sera prêté à la littérature québécoise.C’était en mars dernier.Celle qu’on surnomme depuis longtemps déjà la grande dame de la littérature québécoise, Anne Hébert, propulsait sur la scène un tout nouveau récit.Est-ce que je te dérange?A peine un an plus tard, l'urgence d’écrire a de nouveau porté ses fruits sous la forme d’un roman intitulé Un habit de lumière (Boréal, en mai prochain).Laissons parler la prose poétique de l’auteure: «C’est moi qu’on voit par la fenêtre grande ouverte de la loge, côté rue.Moi, accoudée, qui prends l’air.Ma tête, mes cheveux, ma face adorée, mes épaules rondes, ma forte poitrine, mon peignoir de satin rose, tout ce que j’ai de plus beau je le montre par la fenêtre.Je fais voir mon haut, tout habillé, pour les passants.[.] Pour ce qui est du bas c'est encore moi, corps et âme dans le salin, ma croupe rebondie, mes jambes courtes et mes pieds légers.Tout cela bien à l’abri, caché dans l’ombre de la cuisine derrière moi.J’ai l’air de regarder dehors mais en réalité je m’occupe de ma personne en secret.’’ C’est Rose-Alba Almevida, concierge parisienne, qui se livre ainsi.Son existence, ainsi que celle de mari el liston, est soudainement bouleversée par l’entrée en piste d'un drôle de luron, danseur, «seigneur de la nuit et de ses sortilèges”.Anne Hébert, plusieurs fois primée el pour plus d’une œuvre, ajoute ces nouveaux personnages à l'ensemble de ses écrits, parmi lesquels on compte notamment Kumou-raska, Les Fous de Bassan et L’Enfant VOIR PAGE D 2: ENVOL Les Editions internationales Alain Stanké 615, boulevard René-Lévesque Oi Les Chemins secrets Témoins d'occasions Durant plusieurs années, Ismène Toussaint a interviewé la lamille, des camarades de classe, des collègues de travail et des amis de Gabrielle Roy afin de nous donner ce livre incontournable comprenant des témoignages inédits.Pour la première fois, le voile est levé sur la femme mystérieuse et fascinante qui se dissimule derrière notre grande romancière.296 pages - Photos inédites Stankç uest, Montréal (Québec) H3B 1P5 (514)396-5151 \ CLICHÉ RÉPÉTÉ À ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT.EN RAISON OU TEXTE IMPRIMÉ SUR FOND GRIS OU DE COULEUR I) 2 I.E I) E V 0 I I! .1.E S S A M E l> I A Quant à la musique contemporary ne, elle est selon lui un luxe que le" monde de la musique cultivée main-» tient en vie parce quelle lui fournit^ l’alibi d’une participation apparente* au présent — ne dédaignant» d’ailleurs pas d’avoir recours à l’inti-J midation pour imposer ses vues.«Le y public a été éduqué à la peur de ne« pas reconnaître le Beethoven d’au-ï jourd'hui.» Je n’ai pu suivre Baricco y partout, mais je dois avouer que j’ai Ü trouvé son petit livre salutaire.Peu de gens, aujourd’hui, osent critiquer ; la musique contemporaine parce 1 qu’on nous a ravi les arguments (et J la langue) qui auraient pu servir à j cette critique.Ira fossé est parfois tellement abys- j sal entre cette musique et le grand ! public qu’elle a fini par s’autoriser ! elle-même, échappant totalement à la 1 sanction de la communauté.Comme ; si, de ses expériences souvent sa- ’ vantes et complexes, devaient tou- ; jours naître des œuvres qui dépas- ; sent les capacités d’entendement du j commun des mortels.Le génie est j novateur et transcendant.Pendant ce temps, le public se diri- ! ge instinctivement ailleurs.Est-il ab- ! solument sot, ou la musique dite ; contemporaine a-t-elle manqué le j coche en dédaignant le «specta- » culaire» qui est le chiffre même dç la ! modernité, de notre modernité?Évi- ! demment, invoquer Mahler et Pucci- ; ni dans ce sens n’était peut-être pas ; des plus adroits ni des plus probants.(lenisjpCa inlinh.net UUfBfc AMf Riqut Le printemps littéraire au Boréal Elena Botchorichvili Le Tiroir au papillon ROMAN tmciuit du russe porAime-Lise Birukoff Trois générations d’une même famille en Géorgie, de la naissance à la mort d’un empire.Des personnages inoubliables qui tentent de sauver leur part d’humanité dans un monde qui la nie sans cesse.PARUTION : FÉVRIER 104 PAGES • 15,95 $ Robert Lalonde Le Vacarmeur NOTES SUR L'ART DE VOIR, DE LIRE ET D'ÉCRIRE Avec Le Vacarmeur, Robert Lalonde donne la suite du Momie sur le flanc de la truite.Dans une prose qui cerne le mystère avec une extraordinaire précision, il nous conduit encore plus près du cœur ardent de l’acte créateur.174 PAGES • 17,95 $ À PARAÎTRE EN BORÉAL COMPACT Gaehn Soucy L'Immaculée Conception PARUTION : FÉVRIER BORÉAL COMPACT N° 96 ROMAN • 348 PAGES • 15,95 $ Marie-i 'hure Blais Textes radiophoniques PARUTION : MARS BORÉAL COMPACT N° 97 Piene Nepveu L’Ecologie du réel PARUTION : FÉVRIER BORÉAL COMPACT Nû 98 ESSAI • 248 PAGES • 16.95 $ Francis Magnenot Italienne Porté par une énergie et un mouvement irrésistible, Italienne traduit magnifiquement une violence et une rage bien contemporaines.PARUTION : FÉVRIER 168 PAGES • 19,95 S L Gilles _ 4 Marcotte La Mort de Maurice Duplessis Découvrir l’inconnu logé en moi-méme; me retrouver moi-même dans l’inconnu que je croise: tels sont les deux mouvements qui traversent tout ce livre et font vibrer cette prose d’une sobriété, d’une simplicité, d’une discrétion parfaites, c’est-à-dire, d’une justesse parfaite.PARUTION : FÉVRIER 200 PAGES • 19,95 S Alain Roy Le Grand Respir NOUVELLES Par le « classicisme » qui marque à la fois son écriture, la construction de ses histoires et la composition d’ensemble de son recueil, Alain Roy prend place parmi les écrivains les plus originaux et les plus forts de la nouvelle génération.compfiCT PARUTION : MARS Boréal Qui m'aime me lise.1 CLICHÉ RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT.EN RAISON DU TEXTE IMPRIMÉ SUR FOND GRIS OU DE COULEUR I) (I i.r.i) !•: v h i ii I.K S S A M K I) I II II !•: T II I M A X I I .1 A X \' I K II !l !l Rentrée r a i r e É I) 1 T 1 O N R A N Ç A I S E La giboulée de janvier De gros vendeurs et quelques incontournables HELENE BUZZETT1 LE DEVOIR Aussi certain que l'hiver s’abat sur nous, janvier est synonyme d'arrivage littéraire, de France et de plus loin, et cette année, la rentrée du bouquin s’annonce timide, quoique ponctuée de quelques noms populaires qui feront vendre de l’exemplaire.Côté succès de caisses enregistreuses garantis d’abord, l’adorable tribu Malaussène imaginée par Daniel Pennac nous revient une fois de plus.Publié pour la première fois sous forme de feuilleton dans le Nouvel Observateur en juillet, Aux fruits de la passion scrute, sur un rythme d’intrigue policière auquel nous a habitués Pennac, les élans amoureux de Thérèse, la jeune sœur ésotérique de Benjamin, qui abandonne ses pendules de vérité pour jeter son dévolu sur un technocrate comme il ne s’en fait que trop.Puis, c’est Peter Mayle qui, avec Tout bien considéré (titre provisoire), nous ramène son Anglais exilé en Provence, maintenant à la recherche d’un emploi inhabituel pour continuer à se payer ses luxes gastronomiques.Côté américain, le combien prolifique Stephen King nous offrira en février, dans la foulée de la fascination que suscitent les désastres météorologiques, sa Tempête du siècle, qui, tout en s’abattant impitoyablement sur une petite ile du nord-est américain, dévoile le côté sadique d'un étranger arrêté pour meurtre.Don Delillo dissèque quant à lui les peurs des Américains de l’après-guerre dans son monumental Outremonde acclamé au Sud, tandis que la traduction française du dernier John Irving, A Widow for One Year (Une veuve de papier) atterrira sur les tablettes québécoises en avril.De même, le réalisateur Oliver Stone signera son premier roman, Rêveur-né, Le songe d'une nuit d’enfant.Enfin, l’auteur du Patient anglais, le Canadien Michael Ondaatje, proposera Nuits blanches, matins bleus.Auster, Modiano, Noguez Malgré quelques grands noms très attendus, les incontournables ne pleu-vront pas cet hiver.Paul Auster publiera en juin chez Actes Sud Tombouctou.Poète, essayiste, dramaturge et romancier, Auster a obtenu en 1993 le prix Médicis étranger pour Léviathan.Egalement chez Actes Sud, Guillaume Le Touze, lauréat du Renaudot 1994, lance son quatrième roman, Dis-moi quelque chose, qui traite de l’abandon.Fides nous propose un inédit de Nelly Kaplan, Un manteau de fou rire.D’abord publié en 1974 sous le pseudonyme de Belen, le livre de Kaplan avait été mis à l’index pour son propos jugé offensant alors qu’y étaient abordés l’inceste et la zoophilie.Le toujours très attendu Patrick Modiano, parfois considéré comme le plus timide des écrivains de Paris, revêt les couleurs de Gallimard et meublera en grand nos librairies à compter de février avec Des inconnues.Toujours chez Gallimard, parai- p?\.¦ i JACQUES GRENIER LE DEVOIR La tribu Malaussène imaginée par Daniel Pennac nous revient une fois de plus avec Alix fruits de la passion.SOURCE LE SEUIL Le romancier Jean-Paul Dubois tra Immortalités, suivi du Dictionnaire de l’Amour de Dominique Noguez où on apprend que «nous sommes tous d’anciens spermatozoïdes qui ont mal tourné».Reyes, Darrieussecq, Saramago Sur ce thème inépuisable de l’amour (!), Alina Reyes, qui avait accouché du Boucher, raconte dans son Moha m’aime la bouleversante rencontre de Mohamed, au hasard d’un pèlerinage au Maroc, en qui Alina retrouve tout ce qu’elle aimerait être.Enfin, on nous promet pour le printemps le troisième roman de Marie Darrieussecq, dont le titre reste toutefois encore inconnu.Titulaire du Prix Nobel de littérature de 1998 pour l’ensemble de son œuvre, voici que le Portugais José Saramago revient avec Tous les noms.Saramago s’était fait quelques ennemis, dont le pape lui-mème, avec son Évangile selon Jésus-Christ où il revisitait sur un ton dénonciateur la religion du Saint-Père.Dans son dernier roman, un fonctionnaire zélé et célibataire, obéissant aux règles strictes de l’Etat civil où il gagne sa croûte, bascule dans un monde soudainement rocambolesque lorsqu’il commence à s’intéresser de façon obsessive à une jeune femme inconnue dont il a tiré au hasard la fiche d’un classeur.Au Seuil en avril.Chez le même éditeur, Tahar Ben Jelloun nous entraîne dans L'Auberge des pauvres qui cache en ses entrailles un labyrinthe souterrain qu'habite une vieille femme qui fut un jour,l’égé-rie des miséreux de Naples.A peu près au même moment paraîtra le dernier roman de Lydie Salvayre, La Conférence de cintegabelle, qui explore l’art — perdu — de la conversation.A mi-chemin entre le rire et la colère, son livre présente un érudit quelque peu exalté qui, obsédé par la mort récente de son épouse, s’éloigne constamment de l'objet de son discours au cours d’une conférence qui en devient pathétique.Dormann, Evans, Dubois, Manet Chez Albin Michel, Geneviève Dormann affirme que l’amour éter- nel est possible dans son dernier livre, Adieu phénomène, mettant en scène une Valentine (pouvait-on trouver meilleur nom en la circonstance.) qui pleure encore son amant en retrait du monde quarante ans après sa disparition.Albin Michel propose également le seizième roman de Michel Ragon, Un si bel espoir, et le Madrid, Montana de Deirdre McNamer, dans lequel l’Américaine survole la petite communauté de Madrid où a été enterré l’arsenal américain tout juste au lendemain de la crise des missiles avec Cuba, en 1963.Reste à,souligner que c’est aussi dans cet Etat que se déroule le nouveau roman Im Cercle des loups de Nicholas Evans, auteur de l’immense succès L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux, qui explore une fois de plus les mystères des relations hommes-(autres) animaux.Bien aimé du Québec, le Français Jean-Paul Dubois livrera en mars son quinzième roman, Un livre n’a jamais rendu meilleur, sous la bannière Olivier, la même étiquette que portera le dernier Geneviève Brisac, qui a remporté le prix Femina en 1996 avec un Week-end de chasse à la mère, et qui revient cette fois avec Voir les jardins de Babylone, où une jeune femme se voit confrontée au puzzle de son existence en tentant de faire le récit de sa vie sexuelle.Chez Métallié, Luis Sepulveda déposera Yacaré, suivi de Hot Une, de courts récits aux allures de polar qui furent d’abord proposés aux lecteurs du journal espagnol El Pais cet été et l’été dernier.Sepulveda a également écrit Un vieux qui lisait des romans d’amour ajournai d'un tueur sentimental.le nouveau roman de Jean Vautrin, prix Concourt 1989, nous arrive cet hiver après avoir été promis pour l’automne dernier.Le Cri du peuple se veut un roman policier mis en scène dans le Paris de Victor Hugo.Encore chez Grasset, le cubain Eduardo Manet publiera quant à lui son D’amour et d’exil.Enfin, chez Plon, paraîtront les Malins plaisirs de Christine Arnothy ainsi que les Sept démons dans la ville de Françoise Mallet-Joris.s* »xr>.\ If k \ GineHe Pelland OUVREZ QUELQUES CADAVRES O Ouvrez quelques cadavres PORTRAIT PSYCHOLOGIQUE D'UN PRÉSIDENT DES ÉTATS-UNIS de GINEHE PELLAND Cet essai soulève des questions primordiales au niveau de l'exercice des pouvoirs éducatifs, politiques et cliniques, et met en lumière des problèmes qui sont bel et bien présents dans notre réalité actuelle.Les ouvrages de Ginette Pelland, au-delà de leur spécificité psychanalytique, permettent indirectement de comprendre la société et le Québec modernes mieux que bien d'autres qui ont la prétention de éditions de la le faire directement.P I G j Pi 0 Robert Saietti, Le Devoir.i i k i r- Essai, 368 pages, 24,95 $ *— ^ ^ ESSAIS ÉTRANGERS Richesses et misères Mondialisation, information, langue, entre autres sujets A il t o i ii e R o b i I il i 11 e LM écrivain Philippe Sobers s'apprête à publier * son Journal de la jin du siècle.1998, L’année du tigre (Seuil, mars).La description crue des thèmes qu’il y aborde annonce assez bien les catégories des essais à venir pour l’hiver et le printemps de 1999: «Décomposition des pouvoirs antérieurs; arrivée d’une nouvelle monnaie; effondrement de la Russie; violences tin peu partout; massacres en Algérie; chômage et dépression; affolement médiatique; scandale Monica Uwinsky; euphorie de la Coupe du Monde; misère sexuelle sur fond d’expérimentations génétiques; malaise français et vieux démons extrémistes; risque d’un retour de puritanisme global; folies intégristes; montée de l'illettrisme et arrogance publicitaire.C’est le tournant du millénaire.» Dans la section «décomposition des pouvoirs antérieurs», pour reprendre l’expression de Sobers, il y a notamment le débat sur le libéralisme dans le cadre de la mondialisation.1990: Guy Sorman publiait Sortir du socialisme, en plein triomphe libéral post-guerre froide, et nous promet actuellement une Nouvelle solution libérale (Fayard).Réplique du sociologue Alain Touraine, dans le ton «démystification début de millénaire»: Comment sortir du libéralisme (Fayard, janvier) où il s’en prend à l'idée d’une «société de marché» spontanée.«Nous pouvons faire beaucoup contre les menaces actuelles engendrées par le tout à l’économie», affirme-t-il en promettant des voies de solution.Il n’est pas seul.Pour Dominique Méda, qui publie Qu’est-ce que la richesse?(Flammarion, janvier), il faut dénoncer «l'hégémonie de la pensée économique» et refuser «les discours fatalistes sur le dépérissement du politique».Elle propose de «ne plus penser en termes de mondialisation et de quantité mais de civilisation et de qualité; de rechercher la croissance sûrement, mais comme un moyen et non comme une fin».Mondialisation Mais la mondialisation existe bel et bien, selon Philippe Zarifian, qui annonce L'Émergence d'un peuple monde (Presses universitaires de France, mars).11 en célèbre l’avènement car «quel acteur serait capable d’affronter les problèmes économiques et financiers aggravés par la mondialisation, si ce n’est le "Peuple monde’’?» Qui dit mondialisation dit communication.Ignacio Ra-monet, qui traite de ces sujets tous les mois dans Im Monde diplomatique, dont il est le directeur, nous met en garde contre La Tyrannie de la communication (Galilée, janvier).Mais on s’interroge déjà: sur cette question, que pourrait dire Régis Debray, le médiologue?Trouverons-nous des réponses dans son Croire, voir, faire (Odile Jacob, février)?Un livre qu’on présente comme un recueil de ses plus récentes réflexions médiologiques, autrement dit l’étude de la transmission des idées et croyances avec un accent particulier mis sur les transmetteurs.Dans la même veine, quoique assurément moins littéraire, il faudra lire aussi Im Société de communication.Une approche sociologique et critique, de Gérard Leclerc (PUF, mars).Pour déconstruire une idée à la mode liée du «tout communicationnel», on lira Im Valeur de l'information: entre dette et don.Critique de l'économie de l'information (PUF, janvier), un ouvrage d’Alain Milon.L’auteur y démontre que l’information n’est «ni bien, ni service», mais une «entité immatérielle que les lois de l’économie classique sont incapables d’évaluer».Pourquoi?«Pour évaluer une information, l'acheteur doit avoir les moyens de l’apprécier; mais une fois qu’il en a les moyens, il n’a plus besoin de l’acheter puisqu’il possède l'information»\ Paradoxe stimulant et central à notre temps, non?Le sociologue prétend résoudre l’énigme en se servant des «figures du don et de la dette».Autre thèse et titre original, aux frontières de l’économie et de la sociologie: Une histoire du marketing (La Dé- ¦i 3 ARCHIVES LE DEVOIR Luc Brisson, helléniste français d’origine québécoise, publiera une traduction inédite du Banquet de Platon (Garnier Flammarion).ANTOINE ROBITÀILLI: Régis Debray traite de mondialisation et- de communication dans son nouvel essai Croire, voire, faire.couverte) où Franck Cochoy affirme démontrer comment, dans le passé, on a «discipliné l’économie de marché», aux Etats-Unis, grâce au marketing, constituée très rapidement «comme une science de gestion autonome» enseignée dans les Business Schools.Langue et femmes Côté histoire, on note pour la cuvée 1999 plusieurs titres explorant le passé des langues.D’abord, un livre qui nous concerne particulièrement: Le Français d'ici, de là, de là-bas (J-C.Lattes, ), de Henriette Walter.L’auteure s’interroge sur la façon dont la langue française s’est construite et propagée au cours des siècles.Elle cerne ce qui est resté des spécificités linguistiques — accent, expressions, vocabulaire — en voyageant autour du monde.Le projet de Jacques Chaurand, qui a dirigé une Nouvelle histoire de la langue française (Seuil, mars), se veut plus définitif, du type ouvrage de référence, mais les parallèles s’annoncent nombreux car les auteurs, dit-on, «ont eu le souci de s'attarder aussi sur la francophonie hors de France».\ Et le latin?Sans lui, «la messe nous emmerde», Françoise chantait Brassens.Sans lui, qu’aurait été l’Qcci-Giroud dent?s’interroge Françoise Waquet dans Sous le signe du latin, histoire culturelle de l'Occident du XVI au XX siècle (Albin Michel, janvier).Beau projet, portant sur une langue et un monde disparus.quoique.«on peut se demander si le règne actuel des mathématiques n’est pas, pour le latin, une manière plus secrète de garder sa primauté».; Depuis deux ans, avec la proposition de la parité (loi prescrivant un nombre similaire de femmes et d’hommes dans les assemblées représentatives), la question des femmes a connu un regain dans le monde des essais français.L’infatigable Françoise Giroud, journaliste et ancienne ministre, propose Ims Françaises (Fayard), une grande enquête sur leur condition et «l’idée qu’elles se font de leur avenir».Ix- projet de Danielle Sallenave, pour sa part, est sans doute plus polémique.Dans Le Postféminisme, elle s’inquiète: «|.| ce dernier courant, en faisant l’éloge des qualités ou des valeurs féminines, peut-il cacher un retour à une “nature” des femmes?» Philosophie et science Ix’s nouveautés en philosophie sont nombreuses cette saison.Notons le prolixe et ubiquiste André Comte-Spon-ville, attaqué (injustement?) dans un pamphlet (Les Piètres Penseurs, Flammarion).Il publie I.’Etre-temps (PUF), où se trouve une définition du temps offerte en grande primeur par l’éditeur: «C’est la succession du passé, du présent et de l’avenir.» (!) Comte-Sponville, chez Albin Michel, poursuit aussi sa publication d’anthologies thématiques chez Albin Michel: Pensées sur Dieu et Pensées sur l'athéisme.Luc Brisson, helléniste français d’origine québécoise, publiera une traduction inédite du Banquet de Platon (Garnier Flammarion).On dit qu’il «renouvelle de fond en comble la lecture de ce monument».Terminons scientifiquement.On annonce la publication d’un livre de Yves Coppens, Le Genou de Lucy (Odile Jacob, février), où le paléontologue s’attache à montrer l’extraordinaire progrès des disciplines qui traitent de ce grand sujet depuis quarante ans.Enfin, angoissé par le Siècle biotech de Jeremy Rifkin (Boréal, 1998), j’ai bien hâte de lire ht Société des clones à l'ère du multimédia (Actes Sud, avril), oil Isabelle Rieusset-I A-marié réfléchit a la reproductibilité à l’époque où le co-pier-coller de nos ordinateurs semble influer de façôn inquiétante sur toute notre conception du monde.L’auteure plaide pour une «exception du vivant».Heureusement.Et voilà le programme de la saison.£ u.Vous connaissez Le Matou, Juliette Pomerleau, mais connaissez-vous Yves Beauchemin ?Pour mieux découvrir cet écrivain défenseur de la langue française et ce mélomane, venez assister aux confidences littéraires de : Yi/-es B-eavLokcyyYbpu CONSEIL DCsy4riTS le MARDI 2 février 1999, à 19 h 30 à la Maison de la culture Frontenac ( métro Frontenac ) Entrée libre Ses livres seront vendus sur place par la Librairie du Square.Animés par Jean Fugère, Les mardis Ftujère sont une production de l'Union des écrivaines et écrivains québécois, en collaboration avec la Maison de la culture Frontenac.*/ UNEO LE DEVOIR ® Vlllo do Montréal ^£7 » fmm :*-*V W' 17,95 $ non CILOCRTO ruORCt PATINO LE DERNIER COMTE DE CANTABRIA r*v L~~m ' ?P*ww Fl DES 21,95 $ ANDRÉ ALEXIS ENFANCE ^ Los couecuc 24,95 $ DESCLÉE DE BROUWER BELLARMIN Rentrée L I I T K H A I II R E F R A N Ç A I S K La mesure du temps Marie Rouanet s immerge dans la beauté sereine du monde «: n • a» ?FA **¦ + FIA «: i.H QUATRE TEMPS DU SILENCE Marie Rouanet Payot, Paris, 1998,26(j pages GUY LAI NE MASSOUTRE Trop de choses ont retenu Émi-lienne au seuil de sa maison, entre le Causse et le Languedoc, une fois la moisson de la vie engrangée.11 y a longtemps que les enfants sont partis, le mari aussi; demeurent les chemins, les vieilles pierres, les choses impérissables,qui permettent à la respiration d’Emilienne de ^'accorder au temps.: Le roman de Marie Rouanet est consacré au silence, à l’absence, à la solitude d’une femme âgée que traversent les nuits, les orages, les saisons datées par les récoltes de fruits sauvages.Quatre années de deuil ont passé.Que, reste-t-il du jardin de là mémoire d’Emilienne, transformé dans les moments d’égarement du dguil en jardin d’angoisse, encombré par des souches impossibles à déloger?La mélancolie insondable a Jâissé en jachère le jardin autrefois soigné, le désordre a envahi la maison, les provisions sont épuisées; jEmilienne, sans ressources, doit retrouver la cuisine des pauvres, ses aïeules, pour survivre., Son journal consigne les moindres détails, ce dont est fait le temps, une somme de petits riens qui vous gardent de l’engrenage des négligences où vous jettent la prostration et l’oubli de soi: «Aujourd’hui, je sais que pour les tris et les déblayages ou peut faire confiance au temps.I)e lui-même il aurait rendu les choses inoffensives.Il pèse, pousse, refoule, impose rétraction et élimination que nous nommons oubli.On dit le temps mais c’est évidemment le vivant qui fait ce • travail.» •" Emilienne réapprend à vivre, à meubler les heures et à combattre le déséquilibre par une discipline volontaire, jamais austère, méticuleusement appliquée à jouir de l’instant.La nature exulte de sensualité et d’une abondance qui donne au pot-au-feu maigre, c’est-à-dire sans viande, un fumet sans pareil, dès que la flamme crépite dans l’âtre.Si la maison est légère, c’est que les rites quotidiens transforment l’épaisseur 'de la mémoire en floraison tardive.Le travail de chaque instant On pourrait croire, à découvrir ce Jxmguedoc ensoleillé et pétrifié dans .ï’intemporalité, que le paradis s’est ouvert sous ses mots.En fait, son repos ressemble à celui que le guerrier a mérité après une bataille, celle des sentiments refoulés dès que les ¦larmes montent aux yeux: «Vais-je encore me briser sur un visage, un sourire, un instant enfui, inaccessible?Vais-je fuir par mille fêlures internes?Je me raccroche comme je peux, de tous mes ongles qui cassent, de tout ce qui tente de rendre la mémoire habitable.» Cette paix volontaire est un art de vivre antique.lut leçon de Marie Rouanet est un peu celle de La Fontaine:, en mettant de l’ordre dans sa vie, Emilienne permet aux choses enfouies de resurgir, délicates mais exactes, canalisées cependant par le rythme d’un clayier bien tempéré.Emilienne décompose les gestes ancestraux qui la réconcilient avec le temps.Mille petites fêtes sont ainsi ouvertes, conviant le passant a célébrer «le sens des heures canoniales», à sentir ces «piliers de la vie spirituelle où appuyer le temps diur-'ne», à écouter la rumeur qui monte des falaises.Même s’il ne vient presque jamais personne chez elle, Emilienne dispose ses habitudes comme une offrande, attitude contemplative grâce à laquelle elle - reconquiert son existence.Dans ce livre, on retrouve le savoir culinaire du Petit traité romanesque de cuisine (Payot, 1977) de Marie Rouanet, sa gourmandise naturelle, même rapportée à un ragoût de mou pour le chat.On comprend aussi que le terroir ancestral lui inspire un roman qui se dégage peu à peu de l’autobiographie, des souvenirs à l’écriture desquels elle s’était adonnée dans ses précédents ouvrages.Elle n’y a rien perdu en exactitude: «Je m'efforce de SOURCE l’AYOT Marie Rouanet Quatre temps du silence dire vrai.Ce moment où, avec la pointe du stylo, je fais un mouvement qui ressemble au binage ni 'est important, moins d’ailleurs par la relation qu'il établit que par le soin apporté à dire exactement.» C’est pourquoi les perceptions d’Emilienne œuvrent en écho, en contrepoint, en demi-teintes, entre un ciel vertigineux et un horizon vide.Dans ces élans toujours précaires, la source de vie continue de couler, en filet, et l’écriture est cette eau lustrale qui purifie des meurtrissures.Midi campagnard Face à la mort lente qui fait basculer les errants, en détresse, hors d’eux-mêmes et hors du monde, l’horizon de Marie Rouanet épouse les formes concrètes du Midi campagnard et se berce dans ce que Giono appelait «le chant du monde»'.«Je ne me lasse pas de voir (.] se tresser au présent les images qui m’habitent.Je dis que je suis heureuse.Ce n’est pas tout à fait cela.Je suis dans une joie si grave, si proche de la joie et de la gravité que je sais comment la nommer.» Autour du point fixe et aveuglant qu'est la mort, gravite une écriture qui éclaircit les ombres, dans un mouvement aussi impérieux que ce centre aspirant, tou- jours agissant: «Ce temps resurgi à l’improviste et resurgi apaisé, cette gloire tard venue mais légitimement venue confortent ma propre folie.» On se laisse facilement captiver par cette révélation enchanteresse née du mouvement de l’écriture, tendue vers les êtres qui ne sont encore que des silhouettes de passage et fidèle a la légende d’Orphée.Maurice Blanchot, dans l'Espace littéraire, décrit bien ce,tte solitude rompue de l’écrivain: «Ecrire, c’est se livrer au risque de l'absence de temps, où règne le recommencement éternel.C’est passer du Je au II, de sorte que ce qui m'arrive n’arrive à personne [.] se répète dans un éparpillement infini.Écrire, c’est disposer le langage sous la fascination et, par lui, en lui, demeurer en contact avec le milieu absolu, là où la chose redevient image, où l'image [.] devient allusion à ce qui est sans figure et [.] devient l’informe présence de cette absence, l’ouverture opaque et vide sur ce qui est quand il n’y a plus de monde, quand il n’y a pas encore de monde.» Tout à la fois viatique et élégie, la poésie de Marie Rouanet, décalée du passé et vide d’avenir, prophétise le commencement 'du monde, celui qu’annonce la vraie présence disponible des solitaires.LANCTOT EDITEUR PUBLIERA A L’HIVER-PRINTEMPS 1999 Raymond Cloutier LE BEAU MILIEU/ Chronique d’une diatribe Marie Rouanet Jacques Ferron LAISSE COURIRTA PLUME/Lettrcs de Jacques Ferron à scs sœurs Robert Lahaisc LA NOUVELLE FRANCE 1524-1760 Guy Bertrand 400 CAPSULES LINGUISTIQUES André Gervais EMBLÉMATIQUES DE L’ÉPOQUE DU JOUAL : RENAUD, GODIN, TREMBLAY, DESCHAMPS Paul Marchand SYMPATHIE POUR LE DIABLE II/ MQRITURITE SAI.UTANT Luc Chartrand LE QUÉBEC HORS PISTE (guide touristique) Patrice Desbiens L’EFFET DE.LA PLUIE POUSSÉE PAR LEVENT SUR LES BÂTIMENTS Marc Legras ENTRETIENS AVEC GEORGES MOUSTAKI Jean-Marie Bioteau et Olivier Lasser ROBERT CHARLEBOLS: LES RÊVERIES DU CHANTEUR SOLITAIRE Michel Duchesne TRICOTÉ SERRÉ (théâtre) Claude Jasmin LE PATRIARCHE BLEU : MAURICE DUPLESSIS (biografiction dramatisée) Michel Garncau UNE PELLETÉE DE NUAGES (poésie) Fabienne Roitel COUVRE-FEU (poésie) Isabelle Bergeron JOURNAL D’UNE FEMME QUI AIME BEAUCOUP LES HOMMES (roman) Anne Bergeron ISLA NENA (roman) Andrée Dufresne LA LUNE EST MENTEUSE (roman) Jacques Ferron LE CIEL DE QUÉBEC (roman) LANCTÔT ÉDITEUR la petite maison de la grande littérature DES LIVRES ET DES IDEES Sous la simplicité apparenté des mots, Susanna Tamaro, auteur du best-seller Va où ton cœur le porte nous offre ici un long cheminement spirituel.AMNON J.S'JiSSA Pourquoi n'est pas une maladie 19,95 $ Notre société est en train de ressembler à un congrès des AA.Amnon Suissa attaque cette vision du monde.Alexandre Sirois, Voir MiCHii dion * mum topovic Un jeu où respect et humour enlacent le savoir et la connaissance.Un petit bijou littéraire.Marie-Andrée Chouinard, Le Devoir (tout VOUS 1/0 — 19,95 $ Un petit chef-d'œuvre d'ingéniosité narrative et un pur délice de lecture.Robert Chartrand, Le Devoir Une relecture de l'œuvre de Éthier-Blais qui permet de suivre l'évolution de l'institution littéraire québécoise des trente dernières années.29,95 $ HEGEL 29,95 S> Une solide introduction à la pensée de Hegel.Un itinéraire exceptionnel au cœur des collections du Musée de la Civilisation.27,95 $ On se surprend, en refermant le livre, à se demander si, effectivement, on hérite de nos parents jusqu'à leur difficulté d'aimer.Jean Fugère, journal de Montréal _________________.CLICHÉ RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE DIFFERENT.EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIME I.K i) !•: V oil!, I.!•: s S A M E I) I A 0 K T I) I M A \ ( Il E :$ I .1 A X V I E I! I !» !» !» Littéraire Rentrée ESSAIS Q U É B É COIS Le dernier tournant avant le prochain Penser et refléter la société québécoise DAVID II INCH La mondialisation, qu’elle soit décriée ou vantée, a le vent dans les voiles et transforme peu à peu tout ce qu’elle touche: le paysage éditorial québécois n’y échappe pas, bien que l'évolution des débats y soit plus imperceptible.L’essai reste un coureur de fond et son temps de réaction ne se compare pas (Dieu merci!) à celui dé nos tribunes médiatiques, toujours à l’affût de l’événement, l’engendrant même par défaut.üi question nationale Ainsi, la question nationale, une habituée de la section essai, se voit-elle soumise au bistouri de l'histoire, aux enchevêtrements des identités et perd de sa vigueur en se mesurant aux «impondérables» de la globalisation.Cette dernière suscite de nombreuses inquiétudes et interrogations qui ne demeurent pas sans effet sur la verve de nos intellectuels et sur la rentabilité de tels débats auprès du public.Pour bien démarrer l’année, on ne peut donc que conseiller la lecture de I.a Tyrannie de l'urgence (Fides), par Zaki Laïdi, politicologue français à qui l’on doit Malaise dans la mondialisation (Textuel, 1997) et le collectif La Géopolitique du sens (DDB, 1998).Une petite plaquette dans la série des Grandes Conférences, mais qui vaudra la peine d’être méditée longuement! Boréal poursuivra le bal ce mois-ci avec la publication de deux essais s'attaquant, quoique de façon diamétralement opposée, au problème de la crédibilité de nos politiciens et de la configuration des pouvoirs.Dans ce qui n’a rien d'un pamphlet partisan, Pour une politique de lu confiance, de Pierre S.Pettigrew, insistera sur l’importance de repenser le statut du politique par rapport aux forces d'une économie mondialisée, en considé- iIlJI JACQUES NADEAU LE DEVOIR Dans Le Beau Milieu, le comédien Raymond Cloutier fait écho à la Controverse qu’il avait provoquée à la suite d’une prise de position acerbe sur le problème de la diffusion du théâtre au Québec et ses causes apparentes.GROUPE SCABRINI IMPRIMEUR PRÉSENTE LES ç\s~ SELLERS Ti AGMV ‘¦I MARQUIS i »i p r i m e u r**1 La passion du livre.R o m ans Que bécois LA CÉRÉMONIE DES ANGES.Marie Laberge, Unreal LES .NEUF VIES D'EDWARD, Chrystine Brouillet, üenoël LA PETITE FILLE QUI AIMAIT TROP LES ALLUMETTES, Gaétan Soucy, Boréal Essais Québécois 1- ABOLISSONS L'HIVER, Bernard Arcand, Boréal 2- RITA LAFONTAINE, COMMENT DIRE.Claude LapoinleAIarie-Thérèse Quinton, 7Jours 3- NATIONALITÉ El MODERNITÉ.Daniel Jacques.Boréal L I V R E S JEU N E SSE QUÉBÉCOIS 1- CONTES POUR ENFANTS, Gabrielle Roy, Boréal 2- BENJAMIN ET LA ST-VALENTIN, Paulette Bourgeois, Scholastic 3- LA CHAMBRE D’F.ÜEN, Anique Poitras, Québec-Amérique Poésie Québécoise i - L'ARMOIRE DES JOURS, Gilles Vigneault, Souvelles éditions de l’Arc Livres pratique s 1- RECU ITES ET MENUS SANTÉ, Michel Montignac, Trustar 2- ÉTAT Dt MONDE 1999.Collectif, Boréal/ La découverte R O M A N S L T R A N G E R.S 1- LA MAISON DU SOMMEIL, Jonathan Coe.Gallimard 2- UNE ACTION AU CIVIL, Jonathan Harr.Robert Uijfont 3- LE COUPERET, Donald Westlake, Rivages S T R ANGE R S 1- MARGUERITE DURAS, Laure Adler.Gallimard 2- MANUEL DU GUERRIER DE Ll MIÈRE, Paulo Coelho, Anne Carrière 3- UNE HISTOIRE DE LA LECTURE.Alberto Mangue! .Actes Sud Le coup de coeur Québécois 1- CHRONIQUE DU MOUVEMENT AUTOM ATISTE QUÉBÉCOIS, François-Marc Gagnon, Umctôt éditeur Olivieri libraire Archambault Musique et livres.8/9-6201 • Librairie Champigny.844-2587 • Librairie Clément Murin, (819) 379-4153 Librairie du Soleil.(613) 20-6999 • Librairie du Square, S4S-76I7 • Librairie Gallimard.499-2012 Ubrairit Carneau Inc., 384-8'6() • Librairie GC ta/a.(819) 566-03H • Librairie Hermès Inc., 271-3669 Librairie Le Fureteur Inc., (450) 465-5597 • Librairie le Parchemin.8/5-5213 • Librairie Olivieri.739-3639 librairie Pantoute.( «18) 694-9718 • Librairie Renaud-Brny Inc., 3/2-1516 • Librairie taugeois.(iIX) 681-0251 rant k?rôle que seront appelés à jouer les femmes, les jeunes et les immigrants.Cela se vérifiera-t-il avec Les Femmes au parlement.Pour une stratégie féministe, par Manon Tremblay, aux Editions Remue-Ménage?Ou bien toutes ces théories participatives ne resteront-elles que des vœux pieux?Voilà ce que répondrait sans doute notre turbulent Léo-Paul Lau-zon — bien connu pour ses analyses économiques inconvenantes mais parfois éclairantes —, qui signe ici la préface d’un essai au dire alarmiste, sinon franchement préoccupant.Main basse sur le Canada, du Canadien Tony Clarke (Boréal), traitera en effet de l’emprise croissante des multinationales et des grandes entreprises canadiennes sur divers aspects de notre vie en démocratie.Nation et identité Aux lecteurs flairant la partisanerie ou les théories du complot, nous proposons quelques essais plus fouillés sur des concepts actuellement en crise, dont celui de Michel Seymour, La Nation en question (L’Hexagone), à paraître en mars et qui prend la nation québécoise pour base d’une réflexion sur les nouvelles formes que revêtent les communautés politiques et la façon dont celles-ci influent en retour sur l’idée de la nation.D’ailleurs, les actes d’un colloque, intitulé Nationalité, citoyenneté et solidarité, publié en février chez Liber sous la direction du même auteur, nous auront déjà permis de préparer le terrain, avec la participation, entre autres, d’Alain Finkelkraut et de l'historien Gérard Bouchard (à propos de ce Finkelkraut, paraîtra L’Ingratitude.Conversation sur notre temps, un échange de propos avec notre collaborateur Antoine Robitaille, simultanément chez Québec Amérique pour le Québec et, en France, chez Gallimard).Ce dernier, quant à lui, livrera une étude plutôt prometteuse, sous le titre de La Nation québécoise au futur et au passé (VLB),,laquelle réévaluera les liens entre l’Etat-nation, la pratique de l’histoire et la place de l’individu, à l’aulne des bouleversements vécus, tant sur le plan collectif que sur celui de la mémoire.Enfin, poursuivant notre lancée sur les nationalismes, soulignons au passage la sortie en mars d’un essai d’Antonio d’Alfonso, éditeur et traducteur bien connu pour ses prises de position en faveur du dialogue interculturel.En italiques.Réflexions sur l’ethnicité (Balzac-Le Griot) condense à lui seul quinze années de travail aussi théorique que personnel sur le sort de ces «cultures sans territoire», ces groupes exclus des langues officielles et pourtant florissants au sein même des nations du globe.Quand le déracinement devient ici source de renouveau.Identité: le mot est lancé! Sœur cadette de la mondialisation ou épine au pied du nationaliste, on ne se lasse pas de l’analyser, de la définir jusqu’à ce qu’elle nous glisse entre les doigts.Où se cache-t-elle?Dans l’histoire, dans la langue ou les symboles?L’essai québécois, c’est connu, fait depuis longtemps ses choux gras du thème identitaire.Et nous serons bien servi, encore une fois, ce printemps, avec des titres aussi curieux que Céline Dion et l’identité québécoise, par Frédéric Demers (VLB), le- quel fait de la diva une figure de notre imaginaire collectif, à la fois pour son attachement aux valeurs traditionnelles et pour son «ouverture à l’Autre», le mondial et le métissé.Serions-nous sortis des ornières de l’ambiguïté grâce à Céline?Falardeau et Marchand Voilà une hypothèse qui ferait sans doute sourire Pierre Falardeau, le créateur d’Elvis Gratton — autre symbole national important — et essayiste à ses heures, qui récidive avec, lui aussi, un baroque Us bœufs sont lents mais la terre est patiente (VLB), dont on ignore encore s’il aura l’aplomb caustique qui fait aujourd’hui sa marque de commerce.Dans une veine aussi iconoclaste, littéralement: qui-tire-sur-tout-ce-qui-bouge, il sera difficile de faire mieux que Paul Marchand, reporter au front et chroniqueur à ses heures, avec son Sympathie pour le diable II (Lanctôt).Dénonçant l’atrocité de la guerre mais surtout celle des médias, son brûlot avait fait scandale il y a deux ans.On se demande bien de quelle bataille il revient maintenant.S’il n’y trouve pas assez de soufre pour aiguillonner ses affects identitaires, le lecteur avisé pourra toujours feuilleter l’anthologie «géo-littéraire» de Luc Bureau, Pays et mensonges (Boréal), rassemblant trente-quatre textes d’écrivains étrangers sur le Québec, de 1850 à 1960.L'effet miroir, nous promet-on, sera sans complaisance mais aussi très éclairant sur notre propre exotisme.Pour ébranler les bons vieux mythes dont se nourrissent l’histoire et, par conséquent, notre identité, on s’attardera également à ce polémique Et si la Révolution tranquille n’avait pas eu lieu., de Gilles Paquet (Liber), une charge contre l’historiographie moderniste au Québec et son refus d’envisager autre chose qu’une apparente préhistoire avant les années soixante.Est-il plus aisé d’avoir pour ancêtres des victimes ou des entrepreneurs?Bon an, mal an, l'édition nous offre son lot d’ouvrages historiques et de rétrospectives classiques.Lanctôt fera paraître en février les deux premiers tomes d'une histoire du Québec: La Nouvelle-France, 1524-1760 et Le Québec sous le Régime anglais 1760-1867, par Robert Lahaise et Noël Vallerand.On notera de plus la parution de L'Année politique au Québec, 1998-1999, par Robert Boily (PUM), qui comprend aussi le cédérom des dix dernières années.Théâtre et éducation Même le théâtre et l’éducation se livrent à de bonnes crises ponctuelles.Dans le sillage du débat enflammé autour du statut des sciences de l’éducation, révélé notamment dans un échange de lettres parues au Devoir l’an dernier, un collectif de penseurs (aussi chevronnés que Michel Frei-tag, Micheline Cambron et Jean I .arose) poursuit la polémique dans Main basse sur l'éducation, à paraître chez Nota Bene, de Québec.De son côté, le comédien Raymond Cloutier fait écho à la controverse qu’il avait provoquée à la suite d’une prise de position acerbe sur le problème de la diffusion du théâtre au Québec et ses causes apparentes.Le Beau Milieu (Lanctôt) reprendra donc la chro- i i—I-I-n NOI(MANI) ULOIJIN Pierre Falardeau récidive avec un baroque Les bœufs sont lents mais la terre est patiente (VLB), dont on ignore encore s’il aura l’aplomb caustique qui fait aujourd’hui sa marque de commerce.nique des événements et du tollé général qui s’en est suivi.Évidemment, dans ce dernier tournant avant la fin du siècle, les essais philosophiques et littéraires ne sont pas en reste, mais ce serait se leurrer que de les croire imperturbables devant les transformations à l’œuvre dans les sphères politique, sociale et économique.Mis à part une série d'entretiens avec six philosophes français (dont Comte-Sponville et Li-povetsky, pour ne nommer que ceux-ci), parue depuis peu chez Liber sous le titre Une fin de siècle philosophique, les publications en philosophie au Québec continuent d’explorer des territoires plus atypiques: postmodernité et recyclage culturel sont au rendez-.vous chez Balzac-Le Griot et Nota Bene avec deux ouvrages de facture universitaire, respectivement Transatlantiques Postmodernités de Caroline Bayard, sur le sujet que vous savez, et un collectif intitulé La Mémoire des déchets.Essai sur la culture et la valeur du passé, lequel promet de fascinantes analyses sur nos rapports avec les ar-téfacts de la mémoire culturelle et sur leur circulation.Plus nietzschéen et partant plus littéraire, U Cœur silencieux des choses (Liber), du philosophe Pierre Bertrand, interrogera le tragique à travers l’écriture comme «exercice de survie».Arts et lettres Côté arts et lettres, deux collectifs retiendront notre attention.la multidisciplinarité est à l’honneur dans Aux frontières du pictural et du scriptural, dirigé par Eva Iœ Grand, spécialiste du kitsch et des littératures slaves.Ix-s collaborateurs (dont Michaël La-chance, au cœur d’une controverse à l'UQAM) sont donc réunis autour de l’œuvre de l'artiste tchèque Jiri Kolar.Au cœur de la mondialisation, les théoriciens vont aussi, avec la bénédiction de Bahktine, à la recherche des Langues du roman.Du plurilinguisme comme stratégie textuelle, un collectif dirigé par Lise Gauvin, aux Presses de l’Université de Montréal.Finalement, on nous annonce en grande pompe la sortie chez Nota Bene d’un essai très attendu de l’historienne des arts Esther Trépanier, qui nous offre l’occasion de repousser encore plus loin les frontières de l’époque moderne avec Peinture et modernité au Québec: 1919-1939.Dans la surenchère médiatique en 1999, on aura droit sans nul doute à ces inlassables litanies sur la fin d’une époque, à ces rétrospectives maintenant familières sur le vingtième siècle ou, pis encore, à ces annon-ciations aussi visionnaires qu’alarmistes sur ce que nous réserve l’avenir, ce gredin d'imprévisibilité.Heureusement, nous aurons toujours le choix d’arrêter la roue et de mettre nos affairements en veilleuse le temps d’une réflexion plus soutenue, notamment celle procurée par la lecture d’un bon essai, fut-il difficile ou spécialisé, le genre ayant l’avantage de remettre les pendules affolées à l’heure et les questions pressantes en perspective.Cela, le lectorat québécois l'a compris depuis peu, si l’on en juge par la réception en 1998 d’ouvrages comme Les Sources du moi (Charles Taylor, Boréal) ou (YUne histoire de la lecture (Alberto Manguel, Actes Sud), ainsi que par le regain d’assiduité pour les questions politiques et philosophiques.Le fin mot de la lin de l’histoire: tant qu'il y a de l’essai, il y a de l’espoir?VICTOR-LÉVA BÉAL LIED LES CONTES QUÉBÉCOIS DU CRAND-rfcKC rOKCCKON À SON PETIT-FILS BOL'SCOTTT.Éditions xrois-Pistoles mim PSG J enues de la grande tradition des légendes et des contes français, nos histoires de loups-garous, de revenants, de chasse-galerie et de maisons hantées, peuplent toujours notre imaginaire.Pour avoir baigné dedans comme dans de l'eau bénite depuis mon enfance, c'est un grand plaisir pour moi de raconter ce que mon grand-père nous narrait alors que pareil à Vulcain dans sa boutique de forge de la rue Vézina des Trois-Pistoles, il donnait tout son sens à l'esprit de voyagerie: les légendes et les contes viennent de la pensée collective; fondamentalement, ils sont l'écriture de tout un peuple et l'expression sacrée de son affranchissement.LES CONTES QUEBECOIS DU GRAND-PÈRE FORGERON À SON PETIT-FILS BOUSCOTTE COLLABORATION AVEC' ASSOCIATION NATIONALE DES ÉDITEURS DE LIVRES 11 NI > r»V-i /i rnlMK C0UST1A1 IM les écrits NUMÉRO 94, DÉCEMBRE 1998.' Des poèmes de Vénus Khoury-Ghata, d’Isabelle Courteau et de Bertrand Laverdure.Des extraits de romans à paraître de Madeleine Monette et de Gloria Escomel.Des nouvelles de France Ducasse et de Roger Grenier.* Des textes de Robert Baillie, de Mireille Cliche et de Gérald Gaudet.En vente dans toutes les librairies.Le numéro : 10 $.Abonnement annuel (trois numéros) : 25 $ Abonnements : Les Écrits.5724, chemin de la Côte Saint-Antoine, Montréal (Québec) H4A 1R9 r/nst y fi i v.i) !•: v n I I.S S A M I.I) I il i: Il I M A X < Il K :t I .1 A X V I i: I! I II II il I) !) Littéraire Rentrée ESSAIS QUÉBÉCOIS Pour une science libératrice Les LES HERITIERS DE PROMÉTHÉE Jean-René Roy Presses de l’Université Laval, 1998,204 pages L o u i s C o r ne II i e r ?Une lecture obligatoire pour tous les profs (de sciences et autres) de la LM enseignement des * sciences naturelles (surtout les mathématiques, mais aussi la physique et la chimie), au Québec et ailleurs dans le monde occidental, jouit d’un préjugé favorable qui repose malheureusement sur des bases douteuses.En effet, perçu par plusieurs comme l’instrument de mesure par excellence des intelligences, cet enseignement devient un outil de sélection scolaire qui privilégie la capacité de manipuler des formules creuses, même si fort complexes, au détriment d’une véritable initiation à ce qu’on pourrait appeler la culture scientifique au sens large du terme.Négligeant les aspects historiques, sociaux, philosophiques et éthiques qui déterminent pourtant la démarche scientilique, les contenus proposés aux étudiants des niveaux secondaire et collégial se résument alors à des exercices de logique désincarnée qui répugnent au plus grand nombre.Bien sûr, (les professeurs Tournesol existent qui brisent ce conformisme abrutissant, mais le ronron qui tourne à vide en excluant domine ei transforme ces lieux d’étonnement humaniste que devraient être les salles de classe en fabrique d’analphabètes scientifiques frustrés ou province indifférents.Tous ceux et celles qui se désolent d’une semblable situation pourront se consoler en lisant Les Héritiers de hvmétliée de l’astrophysicien et professeur Jean-René Roy.Ministre de l’Education (mais mes chances sont minces, je ne suis pas homme d’affaires), j’en ferais une lecture obligatoire pour tous les profs (de sciences et autres) de la province.Rédigé dans un style simple et communicatif, aéré par quelques illustrations, cet ouvrage de vulgarisation évite les principaux écueils qui guettent la réflexion sur le phénomène scientifique: il ne présente pas cet univers comme un repère de génies échevelés travaillant en vase clos, à l’abri des changements sociaux, mais il ne réduit iras non plus la science au rang d’activité ordinaire suivant à la traîne le mouvement global.Sensible aussi bien au caractère spécifique de la démarche scientifique qu’aux influences externes qui agissent sur elle, Jean-René Roy propose une réflexion passionnante qui sait rester accessible sur la nature de la science et sur son rôle dans le processus civilisationnel.Une critique efficace Après un premier chapitre convaincant dans lequel il tente de démontrer les répercussions concrètes des découvertes scientifiques dans nos vies (il y est question des fertilisants synthétiques dont dépendent deux milliards d’humains pour leurs protéines, du service de navigation GPS dont les applications sont multiples, de la découverte de l’ADN, du téflon, d’Internet, de la relativité), l’astrophysicien se fait épistémologue en se livrant à une critique efficace de l’inductivis-me afin d’illustrer les rouages du processus scientifique.• «Vision primaire de la démarche scientifique», l’inductivisme demeure pburtant, aux yeux de plusieurs, le ihodèle du travail rigoureux.Basé sur le principe selon lequel «d’une collection de faits, le chercheur passe par une analyse logique aux lois scientifiques», ce processus présente des failles importantes qu’illustre à merveille la fable du dindon inducti-visle de Bertrand Russell.Accumulant les observations sur le fait qu’il était toujours nourri à 7h, l'animal conclut, par inférence inductive, qu’il était toujours nourri à 7h.Or la veille de Noël, sa théorie s’effondra: •Au lieu d'être nourri à 7h, il eut la tète coupée èi 9h!» Bien sûr, d’écrire Roy, l’approche inductive fait partie de la démarche, niais il faut la nuancer et la compléter en tenant compte aussi du fait que les théories précèdent parfois les observations et les colorent, de la nécessité d’une certaine non-neutra-lilé de l’observateur pour mener à bien des tâches scientifiques particulières, de l’obligation de diffuser les résultats de la recherche, de même que du souci de communiquer les étapes du processus.Ix> savoir scientifique est à ce prix.Cela établi, Jean-René Roy nous suggère ensuite un survol «des grands courants d'analyse de la nature de la science».Exposant d’abord la théorie poppérienne de la réfutabilité comme critère scientifique, il en souligne ensuite les faiblesses et la rejette en affirmant que la pratique de la science contredit cette vision des choses.Les théories d’Imre Lakatos (dont le concept de «noyau dur» pour désigner des hypothèses fondamentales intouchables va à l'encontre des idées de Popper) et de Thomas Kuhn (les crises qui entraînent les changements de paradigme) viennent compléter un tableau que le prof de l’Université laval conclut en rappelant «la règle d'or énoncée par Mario Bunge: méfions-nous de toute description du processus scientifique, mais n’en négligeons aucune!» Roy aurait pu s’arrêter là, se contentant ainsi d’ajouter sa pierre à la réflexion sur les facteurs internes du développement de la science.Conscient du caractère limitatif d'une telle approche, il a pris la sage décision d’élargir son propos aux influences qu’exerce le milieu social sur l’activité scientifique.Ces pages sont parmi les plus lumineuses de son essai.Parce qu’elle s’inscrit à l’intérieur de sociétés aux agendas définis par les forces politiques et économiques, la science subit pressions et influences de toutes sortes.Des philosophes et des sociologues des sciences vont même jusqu’à affirmer que «toute connaissance est sociale, son contenu tout comme son origine».Roy leur attribue le qualificatif d’externa-listes et les amalgame, dans un raccourci qui me semble plutôt injuste, aux constructivistes.En revanche, quand il relate, par la suite, l’impact qu’ont eu les tenants de la révolution conservatrice allemande (Oswald Spengler au premier chef) sur les scientifiques de leur pays en remettant en cause le principe de causalité, l’astrophysicien captive et prépare efficacement la suite de son propos.Motivations Quatre motivations, explique-t-il, se trouvent à la base de l’activité scientifique: le besoin de connaître (ordre métaphysique), celui d’exceller et de se démarquer (émotif), le besoin de survie (pratique) et, enfin, la recherche du pouvoir (politique).Ixs chercheurs devraient respecter cet ordre de priorités, mais les politiciens et les citoyens les pressent parfois d’inverser la séquence, surtout dans les périodes de difficultés socioéconomiques.Aussi, ¦ un effort intelligent de communication et d’explication est de plus en plus requis de la part des scientifiques, effort qui exige une certaine dose d'humilité pour nombre de chercheurs, parce qu ’ils arrivent difficilement à expliquer et à justifier ce qu ’ils font».En conclusion.Jean-René Roy lancera un appel a une réflexion éthique capable de baliser la responsabilité morale des chercheurs, mais ce ne sera pas avant d'avoir illustré avec force cinq cas patents de dérapages dans les relations entre le pouvoir politique et la science, des exemples qui redisent sans équivoque «la dimension humaine et sociale des chercheurs de même que l’inéluctabilité de leur insertion dans une société donnée».Revenant sur l’affaire Galilée, sur l’affaire Lyssenko (scientifique stalinien qui rejetait la génétique), sur le cas de la science nazie, sur l’épisode de la génétique franquiste (il existe un gène rouge qui explique «que le marxisme espagnol trouve ses appuis parmi les gens les moins intelligents de la société», surtout des femmes!) et finalement sur l’histoire de la bombe atomique, ce chapitre souligne le danger de capitulation morale qui guette les praticiens et appelle à la vigilance permanente.Légitimes héritiers de ce Promé-thée qui avait dérobé le feu aux dieux pour le donner aux humains qu’il aimait, les scientifiques symbolisent aujourd’hui encore «la révolte humaine contre la tyrannie de la matière».Il leur revient, de même qu’à nous tous, de faire en sorte que cette noble entreprise ne se retourne pas contre ceux qu’elle a pour mission de contribuer à libérer.Jean-René Roy nous offre un vade-mecum pour la route.Nous ne le refuserons pas.louis.cornellierdt collanaiid.qc.ca ARCHIVES LE DEVOIR L’astrophysicien Jean-René Roy prône une véritable initiation à ce qu’on pourrait appeler la culture scientifique au sens large du terme.Liber Sébastic*n Charles UNE FIN DE SIÈCLE PHILOSOPHIQUE Comte-Sponville Couche Ferry l.iporetsky Onfray Hostet Liber André COMTE-SrONVILLE Marcel CüNCHE Luc Ferry Gilles UPOVETSKY Michel ONFRAY Clément ROSSET 256 pages, 25 dollars Une rencontre avec six des principaux philosophes français contemporains I lmf-â JL w PUM LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL En juillet dernier, l'Université de Montréal a procédé à une importante réorganisation des PUM.Elle a ainsi regroupé sous une seule direction les trois secteurs des livres, des revues savantes et de l'édition électronique, et a confié aux Editions Fides l'administration de ces nouvelles PUM.Bibliothèque du Nouveau Monde Cette prestigieuse collection rassemble, en éditions critiques, les textes fondamentaux de la littérature québécoise depuis les débuts de la Nouvelle-France jusqu'à nos jours.Marcel Dugas POEMES I \ PROSE fDIllON CRITRJCE PAXMAW ITLIMIIK — Marcel Dugas POÈMES EN PROSE Édition critique par Marc Pelletier A94 PAG ILS • 55 S Jacques Perron CONTES Édition critique par Jean-Marcel Paquette 366 PAGES • 40 S Jacques Ferron COMES A '& ei» m Philippe Walter Naissances de la littérature française IXo-XV* siècle Anthologie ï eifcj Philippe Walter NAISSANCES DE LA LITTÉRATURE FRANÇAISE IX-XV1 siècle Anthologie lin itinéraire parmi les grands textes littéraires du Moyen Age 256 PAGES • 29,95 $ Coédition filing LES MAYAS ET CANCÜN Lucie Dufresne Coll.Américanités (février) A PARAITRE LE SYSTEME DE SANTÉ QUÉBÉCOIS: un modèle en transformation Sous la dir.de Clermont Bégin Coll.Politique et économie (mars) LES LANGUES DU ROMAN Sous la dir.de Lise Gauvin Coll.Espace Littéraire (mars) Distribution Fides I) K) I.K D K V 0 I It .I.K S S A M E D I » 0 E T 1) I M A X (' Il Y.» I .1 A X V I E II I I» Il !» r a i r e Rentrée LITTÉRATURE JEUNESSE Crocos, cochons et extraterrestres ERNESTO Didier Lévy et Gilles Rapaport (ill.) L’école des loisirs, Paris 1998,26 pages Ernesto est un croco, et comme tous les crocodiles, il possède un petit oiseau qui lui nettoie les dents.L’entente est cordiale et la vie est belle jusqu’à ce que Jojo, le pluvian d’Ernesto, se volatilise dans la nature.Ernesto attend vaillamment son retour.Attend encore.Et encore.Désespère.Déprime.Se ratatine.Bref, rien ne va plus pour le pauvre crocodile obligé de se rabattre sur sa vieille brosse à dents.Mais voilà que Jojo réapparaît un beau matin, en compagnie d’Ernestine, sa fiancée, et de Gegette, sa crocodile.C’est ainsi que se noue une belle idylle, et que naissent, quelques mois plus tard, deux jolies familles, une de crocodile, et une autre d’oiseaux picoreurs de dents.De réels sentiments de tendresse se dégagent de cette anecdote en apparence farfelue.Les illustrations naïves aux couleurs plus que vives enchanteront les petits à partir de trois ans.SALE GOSSE! Babette Cole, Seuil, Paris, 1998,24 pages L’arrivée du nouveau Babette Cole est toujours un événement.Après s’être attaquée de façon humoristique à la mort et au divorce, la grande dame de la littérature jeunesse britannique se lance cette fois à la défense des bonnes manières.«L’incroyable histoire d’Agrippine Coudenet» raconte comment une petite peste rousse, qui hurle, qui rote, qui embête tous ses camarades et n’en fait toujours qu’à sa tête va devenir le merveilleux petit ange dont rêvent secrètement tous Didier Lévy • Gilles Rapaport Ernesto - ,»;• '¦ gosse/ i,Velte C04 < * Seuil jeunesse les parents.Évidemment, avec Babette Cole aux commandes, il n’est pas question de fable moralisatrice.Si les enfants sont des monstres, les parents ne sont guère mieux.C’est, comme toujours, délicieusement délirant et subtilement délinquant.Les amusantes illustrations à l’aquarelle regorgent de doigts dans le nez et de mauvais coups jouissifs.Les enfants en redemanderont POURQUOI?Lindsay Camp et Tony Ross (ill.) Gallimard jeunesse, Paris 1998,24 pages Pourquoi?Quel parent n’a pas eu la patience usée jusqu’à la corde par cette sempiternelle question qui n’en finit Rita DARGY Histoires cVâge d'or PETITS CARNETS 1 DEVIE K11 venir dans toutes les librairie.s % (O Les Écrits d’Or Tel.et téléc.: (450) 668-5710 Il IM IMi i1.' XYZ éditeur QRUNO Dans ce recueil d’aphorismes, Les mots conjoints tordent à tout propos le cou aux mots Cela ne les empêche pas de s’étrangler de rire.les mots CONJOINTS Bruno Roy Les mots conjoints plus d’ouvrir ses tiroirs infinis?Lindsay Camp et Tony Ross, un autre Britannique très prisé des enfants, ont eu l’idée géniale de construire une histoire autour de cet inépuisable petit mot.Lily est en train de rendre son père complètement fou avec ses continuels «Pourquoi?».Un jour, d’horribles extraterrestres débarquent sur la Terre, bien décidés à détruire la planète.Pourquoi?leur demande Lily.«Parce que c'est notre mission.» Pourquoi?reprend Lily, continuellement insatisfaite des réponses que lui donnent les Tar-gons.Les bestioles de l’espace, désemparés devant l’enchaînement de «Pourquoi?», ne savent plus que répondre et finissent par se poser eux-mêmes des questions.A tel point, qu’ils reprennent leur vaisseau pour aller réfléchir à tout ça chez eux, laissant la Terre intacte et Lily, saine et sauve.TAMBOUR ET PINPON Holly Hobbie Les albums Duculot-Casterman, Bruxelles, 1998,32 pages Tambour et Pinpon sont deux petits cochons éminemment sympathiques qui s’entendent à merveille.Un jour de janvier, Tambour, qui est d’un tempérament plutôt aventurier, part faire le tour du monde.Pinpon, plus casanier, préfère rester dans ses petites affaires.L’album est donc composé d’une série de doubles pages où l’on voit, en parallèle, l’année des deux amis cochons.La page de gauche présente la carte postale et le pays décrit par le voyageur, tandis que la page de droite montre comment Pinpon profite pleinement de tous les avantages que lui procure sa maison et son environnement immédiat.Mois après mois, on fait avec eux le tour du monde et le tour des plaisirs qu’offrent les différentes saisons.D’adorables illustrations mettent en lumière tout le bonheur qui émane de cette joyeuse amitié porcine.Carole Tremblay Collections de printemps Des auteurs confirmés en abondance GIS È LE D E S ROCUES La littérature jeunesse possède ses grands noms qui reviennent, fidèles à leur jeune public, saison après saison.Parmi les promesses de la rentrée, se glissent également quelques rares nouveaux auteurs.Plus difficile qu’avant, semble-t-il, de se faire une place au secteur jeunesse.Les politiques éditoriales se sont resserrées.Chaque maison s’affaire à satisfaire son jeune public.Au secteur jeunesse, l’événement clé de chaque rentrée est presque toujours constitué par l’apparition de nouvelles collections.Ainsi les édition;) Dominique et Cie nous préparent A pas de loups, une collection de petits albums illustrés (format 15,3 cm x 19,7 cm) qui comptera d’abord quatre titres et dans laquelle de grands auteurs (Dominique Demers, Lucie Papineau, Gilles Tibo, Marisol Sarrazin) s’adressent directement à des apprentis lecteurs.Plus besoin de l’intermédiaire des parents: je suis capable tout seul! Une attention particulière, nous dit-on, est accordée au texte et au vocabulaire que l’on a voulu accessible aux débutants (les étudiants des première et deuxième années), tout en précisant trois niveaux de difficulté.Cependant, l’orientation éditoriale se tourne résolument vers la fantaisie plutôt que vers la didactique.Outre un bel album de Marie-Louise Gay à venir, un récit de bord de mer et de vacances intitulé Stella, trois nouveaux mini-romans de Tibo, Demers et Danielle Simard s’ajouteront à la collection Carrousel: Choupette et tante Loulou, Le Chien secret de Poucet et La Queue de l’espionne.ICU*1 M Romans A La courte échelle, on a mis cette saison l’accent sur plusieurs «Premier roman» alléchants signés Élise Turcotte, Sylvain Trudel, Josée Plourde, Chrystine Brouillet, Denis Côté (c’est une première dans cette collection), Utilise Leblanc, Marie-Danielle Croteau.D’autres romans sont prévus, pour lecteurs plus âgés, de Sonia Sar-fati, Sylvie Desrosiers, Joceline San-schagrin, Stanley Péan.Certains sont déjà arrivés en librairie en même temps que le 24e album de la série «Drôles d’histoires»: Les Dents d’Hector.Une série qui a fait ses preuves! Le programme du printemps des éditions Pierre Tisseyre est ambitieux: d’abord, on réactive la collection «Deux Solitudes jeunesse» avec une traduction par Michelle Tisseyre du Mystère de l'île au Roc noir, de Robert Sutherland.Ensuite, Marie-Andrée et Daniel Mativat, Susanne Julien, Angèle Delaunois, Alain Marillac sont quelques-uns des auteurs qui publieront dans l’une ou l’autre des sept col- lections jeunesse de la maison.En prime, Philippe Tisseyre nous a concocté, hors collection, une courte biographie romancée de son père, Pierre, illustrée de 36 dessins couleurs exécutés par Paul Roux.Chez Québec/Amérique, qui a beaucoup réduit sa production ces derniers mois, demeurent François Gravel (Klonk et le 13 noir), Tibo (Noémie, Le Jardin zoologique) et Dominique Demers (Roméo Lebeau) qui donne suite aux aventures d’Alexis Dumoulin-Marchand amorcées précédemment à La Courte échelle.On annonce également un nouveau Watatatow, de Michel Lavoie celui-là, ainsi que quatre autres titres de la collection documentaire «Tant de façons de.».De son côté, Soulières éditeur passe en deuxième vitesse avec six nouveaux titres prévus cette seule saison.Tibo, Dominique Giroux, Gérald Gagnon et d’autres, enrichiront l’une ou l’autre des trois collections.Caroline Mérola prépare pour la col-‘ lection «Boréal Maboul», un cinquième titre à la série Le Monde de Margot-.L’Anneau magique, alors que la collection «Boréal Junior» disposera entre autres d’un nouveau Laurent Chabin: Le Chien à deux pattes.Le tour d’horizon n’est pas complet sans Hurtubise HMH qui met la dernière main à la réalisation des nouveautés de ses collections «Plus» (cinq titres), comportant des auteurs tels que Michel Noël, Francine Pelletier, Claudine Stanké.et «Atout» (un autre polar de Laurent Chabin ainsi que Le Journal d’un bon à rien de Michel Noël).BANDES DESSINÉES Le dur désir des bandes Quand les Jaguars se retrouvent en images DENIS LORD Malgré la mort annoncée de l’imprimé, correspondant à une forte poussée sur le front du multimédia, malgré également une tangible dépression dans la bubulle québécoise, la fin de l’hiver s’annonce chaude et ensoleillée dans le monde de la bande dessinée.Outre la publication d’intégrales, la réédition de quelques classiques, on peut, si vous me passez l’expression, s’attendre à quelques surprises.Dargaud, Seuil et Casterman Chez Dargaud, février débutera avec le lancement de L’Enquête, un album hors série de l’indécrottable saga XIII.Dans ces 112 pages, dont 41 de bandes dessinées inédites, Van Hamme et Vance adoptent le style du compte rendu journalistique pour esquisser une manière de Who’s who de leur accrocheuse série.Chez le même éditeur, mais dans un registre que les connaisseurs devineront fort différent, Trondheim y va de Vacances de printemps, une aventure de Lapinot.Au Seuil, des parutions de prime abord séduisantes: fait rare, Baudoin se laisse scénariser, la romancière Nadine Brun-Cosme lui soufflant Le Chemin aux oiseaux, la séparation des parents vue par les yeux de leur petite fille: avec Insolites, Loustal fait grève de couleurs pour une série de faits divers racontés chacun en une page.Chez Casterman, février commence aussi en noir et blanc, avec un de nos dessinateurs fétiches qui y va d’un doublé, l’Argentin José Munoz: d’un, Mémoires d’un privé, première partie de la réédition de Flic ou privé, fi SOURCE GREGOIRE BOUCHARD Planète Twist, de Grégoire Bouchard, relate l’histoire des Jaguars, très réel groupe rock québécois des années 60.vvrv 1781- rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 Al A Téléphone: (514) 525.21.70 • Télécopieur : (514) S25.7S.37 i-ciilflir Courriel: xyzed@mlinl caractère martial de mars prend tout son sens avec la publication, à L’Association, de Variât soldat, un épisode périphérique de Le Der des ders (Daeninckx et Tardi) où Varlot déserte pour une journée les tranchées — comme Tardi Casterman — afin d’annoncer le suicide d’un camarade de régiment à la femme de celui-ci.Delisle et les Américains Toujours à L’Association, on annonce Aline et les autres, un album de Guy Delisle, un Québécois établi en France qui serait, selon la revue Spoutnik, le secret le mieux gardé de notre bande dessinée.Parlant de terroir, on n’y croyait plus mais le voici: Planète Twist.C’est,.de Grégoire Bouchard, chez Mille-Iles, l’histoire des Jaguars, très réel groupe rock québécois des années 60.Extrait de l’argumentaire de presse: «Les Jaguars, ces héros légendaires qui symbolisent à eux seuls les plus belles qualités de notre race: ténacité indomptable, énergie farouche, courage sublime!» Lionel Groulx et le twist, même combat?En mars, Delcourt n’est pas en reste.Le talentueux et prolifique Joann Sfar, entre autres collaborateur de Trondheim, y va de Le Professeur Bell.Tome 1: Le Mexicain à deux têtes, l’histoire d’un tératologue poursuivi par la rancune d’un riche bicéphale, qu’il a refusé de soigner.Autre titre à surveiller: Bone n° 7, excellente saga d’heroic fantasy de Jeff Smith où Fone et Smiley Bone se sont entichés d’un bébé rat-garou, même s’il est la progéniture d’une race ennemie.Ils tentent de le retourner dans son élément naturel, découvrant ainsi les arcanes des forces qui s’affrontent.De Frank Miller et Bill Sienkie-wicz, l’intégrale d’Elektra est une réédition qui marque l’arrivée chez Delcourt de grands classiques de la bédé anglo-saxonne: Watchmen, V pour Vendetta, Dark Knight, etc.Que de l’excellent, de l’indispensable même, mais qu’on eût souhaité plus accessible en ce qui concerne le prix.Dommage, ce sont des albums qui cartonnent sec.Pourquoi en priver le prolétariat?.HUMANITAé LES YEUX DE LA COMTESSE Sophie de Ségur, née Rostopchine Marie Desjardins, Marc Hébert Collection Reflet 120 pages (06 photos), 30,00 $ «Relevant A la foi s de la biographie, de l'essai littéraire et du livre d'art, Les Yeux de la comtesse se révèle un ouvrage fort intéressant.* (Louis Cornellier, Le Devoir) *Ça donne férocement envie d'aller sur les pas de la comtesse de Ségur.* (Marie-France Baz/o, Radio-Canada) «le n'ai pas assez de mots pour dire è quel point ce livre est beaul* (Marguerite Paulin, Radio Centre-Ville) M«r*» lWyudiM Mnrr Ihu-ri /r.v i/cur de Ia comtes»r l 990 Croissant Picard, Ville de Brossard, Québec, Canada |4W 1S5 Téléphone/Télécopieur: (450) 406-9737 ¦ humanitas@cyberRlobe.nel « t I, K I) K V OIK.I.K S S A M K I) I 3 O K T I) I M A X < Il K I .1 A X V I K II I II !» Il I) I i LA VIE LITTÉRAIRE Des sous pour la littérature animée Ottawa subventionne la littérature orale et électronique U* Conseil des arts du Canada annonçait cette semaine la création d’un projet-pilote pour encourager de nouvelles façons d’animer la littérature, sur scène ou support électronique.M A K I E - A N I) R É E CHOUINARD l.E DEVOIR La littérature autre que celle retrouvée entre les deux couvertures d’un livre semble vouée à un avenir.Tel est ce que laisse entendre un nouveau programme pilote mis sur pied récemment par le Conseil des arts du Canada (CAC) et destiné à soutenir la littérature orale et électronique.Depuis que le CAC a reçu du gouvernement fédéral la promesse de dizaines de nouveaux millions de dollars par année, il peut procéder à la mise sur pied de programmes inédits.En fait foi ce tout nouveau projet, qui s’inscrit en marge des programmes réguliers destinés au secteur des lettres et de l’édition, et de façon générale à la clientèle d’écrivains professionnels.Ix* programme d’aide à la littérature orale et électronique ne vise pas à soutenir la littérature imprimée telle qu’on la connaît, c’est-à-dire sous la forme d’un livre ou d’un magazine par exemple.Il est plutôt destiné à appuyer des initiatives .novatrices» mettant en vedette la littérature animée, soit de manière orqle, soit électronique.A quoi pense-t-on au juste?Pour le volet oral, à la poésie «dub ou rab» — poésie qui intègre aux mots le rire, la musique, les effets visuels, etc.—, la poésie performance, les contes; et du côté électronique, aux magazines électroniques et à «d’autres moyens d'expression littéraire publiés ou diffusés électroniquement».«Ce n’est pas d'hier que les écrivains participent à des soirées littéraires, qu'ils souhaitent entourer la littérature d’autres modes d’expression, mais c’est vrai que nous remarquons que ça prend une envergure de plus en plus importante, et à travers le Canada entier», explique Carole Boucher, agente du Conseil au Service des lettres et de l’édition.Enveloppe de 320 000 $ Au total, une enveloppe de l’ordre de 320 000 $ est allouée au programme pour l’année 1999-2000, tous volets et langues confondues, et pour l’ensemble du pays.Ix montant des subventions par projet variera entre 3000 $ et 20 (XX) $ et les responsables du programme pilote verront au moment oil ils auront reçu les demandes d’aide s’il est nécessaire d’établir un ratio pour chacune des catégories.Sont admissibles à cette nouvelle forme d’aide des artistes professionnels de la littérature orale, des conteurs ou des écrivains ayant «déjà été rémunérés pour leurs performances littéraires publiques» ou étant «reconnus, par écrit, par deux artistes de la littérature orale»; les écrivains professionnels souhaitant adapter leur travail aux genre électronique ou oral; les collectifs de littérature ou d’art, les producteurs, les éditeurs, les producteurs de radio et télévision à but non lucratif ou communautaire, ou les hôtes d’activités de littérature orale et de lectures.«Nous essayons avec ce programme de vérifier s’il y a bel et bien un besoin de la communauté d’explorer de nouvelles avenues en littérature, qui n'est plus uniquement une forme d'expression que l’on lit, mais que l’on voit et que l'on entend aussi», poursuit Mme Boucher.Les subventions décernées peuvent servir aussi bien la création, la production, l’interprétation, la radio-télédiffusion que la diffusion de la littérature orale ou électronique.Le projet est pilote pour cette première année et on verra à l’usure si les demandes reçues — la date limite est établie au 1er mars 1999 — nécessitaient réellement le cadre d’un nouveau programme tel celui-là ou auraient pu être insérées dans le cadre des programmes réguliers de soutien aux écrivains professionnels.Ceux-ci effectuent bon an mal an quelque 1000 demandes de subvention; 225 d’entre elles reçoivent une réponse affirmative.Bibliothèque nationale cherche Devoir Dans le cadre d’une grandiose collecte organisée les 5, 6 et 7 février prochain, la Bibliothèque nationale du Québec (BNQ) enjoint les citoyens à dépoussiérer cave et grenier dans l’espoir de mettre la main sur des documents susceptibles d’intéresser l’institution.Responsable en effet d’emmagasiner notre mémoire collective, ce qui n’est pas une mince affaire, la BNQ espère ainsi recueillir certains des documents qu’elle juge importants et ne compte pas encore dans ses tiroirs.On pense par exemple à des livres, des affiches, des cartes postales, des magazines, des journaux, des estampes, certains documents audio-visuels aussi.La Bibliothèque ajoute à ces requêtes une demande toute spéciale concernant ce quotidien que vous tenez affectueusement entre vos mains.Aux fidèles du Devoir depuis quelques années déjà, pour ne pas dire plusieurs années, on essaie de soutirer un effort particulier afin de dénicher quelques exemplaires rares que la Bibliothèque n’a pas en sa possession.Font donc l’objet d’un intense avis de recherche: les exemplaires de novembre et décembre 1937, d’avril à décembre 1938, de septembre et octobre 1945, et de janvier à mars 1946.La collecte aura donc lieu les 5, 6 et 7 février et s’étend à l’ensemble du Québec.La population de File de Montréal est conviée à déposer ses perles dans l’un des trois édifices de la BNQ (1700, rue Saint-Denis; 4499, avenue de l’Esplanade; et 2275, rue Holt) après avoir pris soin d’enregistrer les dons par voie téléphonique (1-800-363-9028).Les citoyens de l’extérieur de Montréal procèdent exactement de la même façon mais ont le loisir de déposer leurs documents à la succursale de la Société des alcools du Québec la plus près de chez eux.Débat philosophique Les Editions Liber organisent un débat demain autour de la parution du livre de Laurent-Michel Vacher, La Passion du réel, publié l’automne dernier.«L'auteur y dénonçait les errements de la philosophie qui ne se met pas à l’écoute de la science.» Le débat opposera M.Vacher, professeur de philo au cégep Ahuntsic, à Ivan Maffezzini, professeur d’informatique à l’UQAM.Le modérateur est Thierry Hentsch.Ce dimanche, à la librairie Gallimard, à 14h.3700, boulevard Saint-Laurent, à Montréal, (514) 499-2012.HUMANITAâ L'INJUSTICE! Desinformation et mépris de la loi Gérard Élienne Collection Circonstances 148 pages, 19,95 $ «En remuant la fange qu'il trouve dans les coulisses de la politique haïtienne et dans son prolongement au Québec, l'écrivain Gérard Itienne sait qu'il se rend impopulaire.» ni !.li I 3 K T I) I M A X (' Il Ë A I .1 .—» LE DEVOIR «-=== JACQUES MARTIN Rares sont les projets domiciliaires dont le design retienne l’attention.Dans la plupart des cas, si l’unité numéro uno présente parfois un certain intérêt, le numéro mille deux cent soixante-quatorze de la série vient défaire l’originalité d’un concept, dilue la plus-value associée au design et transforme littéralement tout complexe d’habitation en véritable poulailler.Evidemment, l’exception fait la règle, alors mitigeons nos propos.et déclarons désormais qu’il existe de bons projets: il s’agit de les trouver ou encore mieux, que leur promoteur ait le courage — parce que c’est de courage dont il s’agit — non seulement de prendre le virage design mais de l’afficher, voire d’en faire sa marque de commerce.Le projet Europa est de cette catégorie.Ixt relation particulière qu’entretiennent les architectes Boutros et Pratte avec le promoteur du projet, Jean-Pierre Houle, est à retenir.Même si les phases I et II ont déjà fait l’objet d’une page Formes, l’ensemble du projet ayant remporté récemment un Prix d’excellence de l’Ordre des architectes du Québec, C’est avec beaucoup d’intérêt qu’on a pris connaissance de la plus récente phase du projet et de l’évolution de cette relation.Un concept en évolution La phase I du projet Europa, dix-huit petites maisons de ville d’à peine 4,5 mètres de façade, comportait déjà plu-_j_sieurs aspects innovateurs: fenestration abondante et possibilité pour les occupants d’effectuer eux-mêmes certaines divisions ou de les planifier de concert avec les architectes, absence de sous-sol — devenu espace de stationnement commun — et répartition maximal?de l’espace habitable sur trois niveaux.A un grand espace libre, au rez-de-chaussée, se succédaient un deuxième niveau pour les services et un troisième pour les chambres à coucher.La phase II reprenait en substance les éléments de la phase I, mais cette fois l’accent fut mis sur la mixité des fonctions.La nouvelle composante de la série serait composée non seulement d’unités unifamiliales mais également d’unités multi-familiales du genre condo, c’est-à-dire auxquelles on accède par une entrée commune.La façade articulée et très vitrée ainsi que ses toits voûtés en avaient séduit plus d’un.Dans la phase III, dont les unités sont déjà presque entièrement occupées, on pouvait remarquer un souci plus grand pour l’espace jardin, un espace étant prêt à être aménagé soit sur les terrasses à l’étage, soit sur le toit ou dans des cages vitrées a l’avant des unités de rez-de-chaussée.Les architectes ont même pris la peine d’insérer dans l’architecture des terrasses des pergolas de bois.I.a phase IV, dont la construction devrait débuter sous peu, se démarque des phases précédentes, car il s'agit non pas d’une construction neuve, mais de la reconversion d’un bâtiment semi-industriel en ensemble de 25 logements dont près de la moitié occupent un espace de coin: une petite prouesse architecturale qui découle pourtant d’un geste fort simple.On a eu la brillante idée de scinder le bâtiment — d’abord construit en forme de L — en deux sections de dimensions à peu près égales, créant en son centre un espace privilégié pour explorer davantage les pistes des phases précédentes.•Bien sûr, cette coupure est plus coûteuse, mais rend t'espace et la valeur des logements plus alléchante», fait remarquer Jean-Pierre Houle.L’édifice original, qui n’a toutefois rien EUROPA V des Houle, Boutros_et Pratte d’historique puisqu’il date du milieu des années 70, abritait jusqu'à tout récemment le comptoir des Nettoyeurs,Bellingham, au coin des rues Duchar-me et de l’Épée, directement à l’opposé des complexes 11 et III du projet.Aux deux étages existants, on est venu ajouter deux étages supplémentaires recouverts de brique rouge, qu’on a parés de plusieurs grandes fenêtres françaises en aluminium noir, soulignant ainsi la vocation semi-industrielle première du lieu.D’ailleurs, l’abondance de fenestrations, à l’avant comme à l'arrière, vient favoriser un ensoleillement et une ventilation maximale des unités.Mais l’élément vraiment unique de cet ensemble immobilier est l’élimination complète des corridors intérieurs au profit d’une passerelle extérieure en acier et bois donnant accès directement aux logements et aux terrasses privées.Chaque logement, sur les quatre étages que compose l’édifice, possède ainsi sa propre entrée privée et son propre hall.Ce qui n’est évidemment pas sans rappeler le concept d’Habitat 67.On peut également accéder aux étages par un ascenseur extérieur vitré, situé dans la cour intérieure, ce qui est plutôt unique pour un projet de cette dimension.Un jardin de lierre viendra ornementer les structures des passerelles et ainsi créer une ambiance et une intimité qui seront certainement fort appéciées des résidants.Prendre racine dans la ville Le concept derrière Europa tient à deux choses: écoute active des besoins des acheteurs et respect des idéaux normalement réservés aux maisons de type unifamilial: lumière, intimité et espace jardin.Dès le début, le projet Europa a attiré l’attention, non seulement par son approche et son architecture originales, mais aussi par le fait que le projet se situe à la jonction de trois zones urbaines, en périphérie de la ville d’Outremont.En effet, par sa présence et certains éléments de son architecture, il constitue un lieu intermédiaire entre la zone résidentielle, le parc semi-industriel et l’ancienne cour de triage du Canadien Pacifique.C’est ce positionnement inusité qui, s’il a d’abord surpris et même choqué certains, prend tout son sens par l’érection de la phase IV.Comme il déborde de son ilôt traditionnel, le projet Europa prend dorénavant racine dans la ville et s’installe presque comme une mini-ville dans la ville, non par la quantité d’unités bâties, mais par l'intégration de son programme et de son architecture aux qualités esthétiques de son environnement.•Europa est définitivement urbain, plus européen, car les Européens en général respectent plus l’architecture quid, puisqu’ils sont entourés d’architectures significatives.C’est plus présent dans leur vie, dans leur quotidien.Les attentes y sont aussi plus fortes.Mais notre spectre de client s’élargit, nos clients sont plutôt exigeants, ils comparent.Certains sont sensibles au style d’Europa, d’autres à la qualité de sa construction.H faut surtout savoir demeurer souple et répondre aux attentes.» «Normalement, la promotion immobilière se base sur des valetus établies, répétition d'une formule gagnante et payante.Travailler avec un architecte ne doit pas être fait dans le but d’être payant.C’est la différence entre un meuble authentique et une copie de meuble, précise Jean-Pierre Houle.Je travaille de connivence avec l’architecte, il est au courant de tous les déboursés.Cependant, la surveillance des coûts doit se faire de façon plus étroite quand on a affaire au design.Il faut être plus vigilant, parce que les dé- BiriM! t sa1 fl _ ranrar ddStttî 0 0 y L Mü-'- PB&SS! i kl te?¦Suffit*»1 tails sont multiples et ne peuvent se résoudre en bloc.Mais je crois beaucoup, du point de vue financier, à l’exclusivité.Im répétition suscite une enchère négative vivante (continue), parce que les appartements d’un même complexe sont tous identiques.Au moment de la revente, c'est le moins cher qui l'emportera.» Pour l’architecte Raouf Boutros, il ne fait pas de doute que la qualité de la relation entre le promoteur et les architectes constitue la clé du succès d’Europa: «C’est une relation spéciale.Im collaboration avec le client est presque journalière.Le dialogue est constant.On travaille essentiellement par consensus.» «C’est peut-être un peu lourd comme processus, d’avoir à adapter constamment nos designs aux goûts et besoins de nos clients, pour les rendre exclusifs tout en respectant la qualité et le budget du client, mais on sent qu’il s’agit d’un mouvement irrémédiable.D’une manière générale, les consommateurs sont plus exigeants et les promoteurs cherchent de plus en plus à satisfaire les besoins particuliers de leurs clients.Même s’il s’en fait encore, des projets de centaines d’habitations identiques tendent à disparaître.Les promoteurs doivent suivre la tendance», de conclure le promoteur.nitiüki Ml» ¦ • "WNàüM- .
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