Le devoir, 31 décembre 1998, Page(s) complémentaire(s)
LE DEVOIR Exigez votre Télé choix ! Vi- • V o l.L X X XIX X " 2 !» < LES ARTS Odile Tremblay: Le Québec en vers libres, page B 8 M O N T II K A I.I.K .1 E l! I) I II I I) E < K M II II E I !» !» S r> (' A II I K II S I .!».!$ + T A X K S 2 r» s H*r- MONTRÉAL La Fondation de Fart brut inaugure ses nouveaux locaux, page A 3 LES SPORTS La chronique de Jean Dion: Une autre année formidable, page C 8 LE MONDE Sihanouk exclut d'amnistier les Khmers rouges, page C 7 PERSPECTIVES L’euro est né La monnaie unique européenne qui verra le jour demain pourrait rapidement représenter 30 % des exportations et imposer l’Europe comme l’un des trois grands de l’économie mondiale.L’euro sera un lien de plus entre 290 millions d’Européens, qui entendent néanmoins avancer à leur rythme sans nier leurs particularités nationales.Dans une lettre datée du 24 février 1855, Victor Hugo avait rêvé d'«une monnaie continentale, à double base métallique et fiduciaire, ayant pour point d’appui le capital Europe tout entier et pour moteur l'activité libre de 200 millions d’habitants».Au moment où l’on célèbre la naissance de l’euro, ce 1" janvier 1999, l’auteur de Notre-Dame de Paris doit se retourner dans sa tombe.Son rêve est devenu réalité.Dans moins de 24 heures, l’euro sera la monnaie unique des 290 millions d’Européens des pays participant à l’union monétaire (France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Autriche, Irlande, Espagne, Portugal, Italie, Finlande et Luxembourg).Vendredi, alors que les parités des 11 monnaies seront irrémédiablement fixées, l’euro deviendra la seule dçvise des marchés financiers, des Etats et des échanges internationaux.Même si le franc, le mark et la peseta ne disparaîtront que le 1" janvier 2002, ceux-ci auront en pratique la même valeur.Iœs responsables de Bruxelles ne cachent pas leur intention de faire de l’euro un rival du dollar américain (qui intervient dans 50 % des transactions commerciales et 80 % des opérations de change).Bruxelles estime même que l’euro pourra rapidement représenter 30 % des exportations mondiales et que son influence fera tache d’huile.Alors que les ministres des Finances se réuniront demain à Bruxelles, la nouvelle monnaie semble avoir déjà gagné la première manche en créant une immense zone de stabilité financière.L’Europe a été la région la plus épargnée par le choc financier asiatique et on y annonce la croissance la plus forte en 1999.Mais une monnaie n’est pas qu’un simple moyen d’échange et de commerce.D’ores et déjà, l’euro vient bousculer l’Europe et oblige à s’interroger sur la forme que prend cette alliance de nations autrefois ennemies.La nouvelle Banque centrale européenne (BCE) est un curieux assemblage qui réunit un directoire chargé de considérer les intérêts d’ensemble, mais aussi un Conseil des gouverneurs regroupant les dirigeants des banques nationales.Ce dernier jouera un rôle essentiel en faisant entendre la voix de chaque pays de l’Union.La BCE laissera aux instances nationales la surveillance des banques de chaque pays.Celle-ci n’a d’ailleurs que 540 employés alors que la Bundesbank en compte à elle seule plus de 2000.La présidence de la BCE est de plus considérée comme un monstre à deux têtes, le Néerlandais Wim Duisenberg ayant dû partager son mandat de huit ans avec le Français Jean-Claude Trichet.Voilà qui faisait dire récemment à l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) que la nouvelle structure «porte en germe le risque d'une prise en compte excessive des conditions de chaque région».Mais n’est-ce pas là justement une caractéristique essentielle de la construction européenne?On rêvait d’un euro pour tous, d’une monnaie sonnante et trébuchante qui arriverait en même temps dans chaque pays.Li réalité aura été la plus forte.Non seulement l’euro sera-t-il introduit progressivement jusqu’en 2002, mais la Grande-Bretagne, le Danemark et la Grèce, pourtant membres de l’Union, ne feront pas partie du pe-loton de tête.La Grèce paie bien sûr le prix de son retard économique.Mais le Danemark et la Grande-Bretagne en ont simplement décidé ainsi.Cela ne les empêchera pas d’être des citoyens européens à p;irt entière et de voter aux prochaines élections du Parlement de Strasbourg.Plus l’Europe se construit, plus elle apparaît comme une structure à vitesse variable fondée sur les nations.Alors que certains parlent d’une tour de Babel, d’autres imaginent une fédération «à la carte» où chacun lise de son droit de retrait, quand ce n’est pas de celui d’avancer à son propre rythme.Un peu à l’image des futurs euros qui comporteront une face commune et une face nationale, la Marianne française et les armoiries espagnoles n’ayant pu être supplantées par ces figures stylisées sans substance, censées représenter cette bête étrange appelée Européen.Et les différences ne risquent pas de s’amenuiser alors que l’admission de la Hongrie, de la Pologne, de la République tchèque, de l’Estonie, de la Slovénie et de Chypre se profile à l’horizon de 2005.Seins compter cette «Europe des régions», qui se fait une fierté de brandir les drapeaux des «nationalités» espagnoles aussi bien que de la «nation» écossaise sans que personne ne crie au scandale.«En Europe, qui dois-je appeler?», avait déjà demandé un Henri Kissinger dépité.Il faudra s’y faire, l’Europe n’est pas davantage une pâle copie des Etats-Unis que de la fédération canadienne.Mosaïque de peuples et véritable lieu d’un multiculturalisme dont le Canada ne connaît souvent que le mot, elle invente sous nos yeux de nouvelles façons de composer entre les nations.M É T É 0 Montréal Québec Ciel variable Ensoleillé et faible neige.Max: -19 Min: -25 Max:-11 Min:-24 Détails, page C 3 Annonces INDE X .C 3 Livres .1) 1 Les Arts .B 1 Le monde .C 7 Avis publics.A 5 Les sports .C 8 Bourse .C 6 Montréal .A3 Économie .C 1 Mots croisés.C 3 Editorial .A 6 Politique .A.5 www.ledevoir.com Bonne année! JACQUES NADEAU LE DEVOIR .*4V' C’EST par l’entremise de l’éclatant sourire de la peintre Valérie Leguay que toute l’équipe du Devoir a choisi de vous transmettre ses meilleurs vœux pour le Nouvel An.Que 1999 vous apporte santé, amour et paix intérieure, amis lecteurs et amies lectrices.Revenez-nous pour une autre année, dès le lundi 4 janvier, aussitôt passées les célébrations du jour de l’An, que l’on vous souhaite des plus agréables.D’étranges projets pour célébrer l’an 2000 Ottawa investira entre autres 250 000$ dans la construction d’un dinosaure géant À minuit ce soir, le décompte vers l’an 2000 commencera.Tout le monde y songe, y compris nos gouvernements.À Ottawa, on a déjà mis 2,5 milliards de dollars de côté pour les bourses d’études du millénaire, 10 millions pour la création d’œuvres d’art sur le troisième millénaire et 145 millions pour les «activités significatives et novatrices» des Canadiens pour souligner toujours le même millénaire.Une première fournée de projets a déjà été acceptée.Résultat?Des idées qui provoquent une réaction allant de l’enthousiasme à l’incrédulité.MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Le gouvernement Chrétien l’a toujours dit: Ottawa ne fêtera pas l’arrivée de l’an 2000 en investissant dans le béton, le mortier ou un gros party.La priorité ira à l’éducation des jeunes et, ensuite, à un programme donnant aux Canadiens la chance de «prendre davantage connaissance de [leur] patrimoine, de célébrer [leurs] réalisations, de bâtir [leur] avenir et de léguer un héritage durable aux générations futures».Jean Chrétien l’ignore peut-être encore, mais cela signifie que son gouvernement fournira 250 000 $ au village de Drumheller pour la construction du plus gros dinosaure au monde.Il sera placé au-dessus du centre d’information touristique local et les visiteurs pourront y pénétrer pour observer le paysage à partir de la mâchoire de l’animal.Une fondation de L’Anse-Saint-Jean a pour sa part obtenu plus de 250 000 $ pour la création d’une «grandiose sculpture environnementale représentant Saint-Jean-Baptiste et sa main droite, dont l’index sera pointé vers L’Anse-Saint-Jean».Cette sculpture sera réalisée en coupant de façon sélective les arbres d’un site d’environ 800 000 pieds carrés.On espère que ce «sanctuaire naturel» serve «à la fois de parc public et de lieu de pèlerinage».Ottawa aidera aussi, au coût de 4000 $, la ville de Brighton (Ontario) à installer des mâts oii on fera flotter les dra- VOIR PAGE A 8: AN 2000 La mère de la «pauvreté zéro» Vivian Labrie souhaite l’adoption d’une loi antipauvreté pour le millénaire MARIE-CLAUDE DUCAS LE DEVOIR Depuis l’automne 1998, un peu partout au Québec, circule une pétition destinée à recueillir des appuis pour un projet de loi inusité: une loi-cadre sur l’élimination de la pauvreté, qui pourrait être adoptée par l’Assemblée nationale d’ici l’an 2000.La population est invitée, en fait, à faire bien davantage qu’appuyer la loi: n’importe qui peut carrément contribuer à son contenu en y suggérant des amendements et des améliorations.Si plusieurs personnes, et même plusieurs organisations, travaillent au projet, rien n’aurait été fait sans l’impulsion d’une personne, à qui l’on doit la naissance du Collectif pour une loi sur l’élimination de la pauvreté.Une personne qui reste pourtant très peu connue à l’extérieur de la ville de Québec, son quartier général de toujours.Vivian Labrie n’en est pas moins à l’origine de plusieurs initiatives qui ont vite occupé l’avant-plan au chapitre de la lutte contre la pauvreté, à commencer par la fameuse clause d’«appauvrissement zéro», proposée par divers groupes communautaires au gouvernement québécois lors du sommet socioéconomique de 1996.«C’est avant tout son idée, même si je suis plus connue et que j'ai été davantage à * •">* la Pauvreté, es»-ce l’avant-plan lors des débats sur le sujet, dit Françoise David, présidente de la Fédération des femmes du Québec.C’est vraiment quelqu’un qui n'a pas peur d’innover.On l’a vu aussi, en 1997, lors du Parlement de la rue.Elle n’était pas seule là-dedans, mais elle en était l'âme.» Le Parlement de la rue, à l’automne de 1997, avait été organisé par divers groupes communautaires.Ses membres ont «siégé» pendant un mois, 24 heures par jour, dans le Vieux-Québec.Ils ont eu droit aux visites de leaders syndicaux, de représentants de l’Assemblée officielle des évêques et même de quelques députés et ministres.«On a senti que, pendant cette période-là, on devenait l’opposition, raconte Vivian Labrie, les yeux brillants.Quand les institutions ne veulent pas parler des vrais enjeux, il faut bouger.C'est notre devoir en tant que citoyens.C’est pourquoi on s’étaii dit: “On va faire notre Parlement à nous.”» Le ministre des Finances, Bernard Landry, a été l’un des politiciens à venir discuter avec les membres de ce Parlement improvisé.Invité par la suite, sans succès, à d’autres activités auxquelles Vivian Labrie prenait part, M.Landry a fini par rencontrer, à trois reprises au cours de 1998, neuf membres du VOIR PAGE A 8: LABRIE Le PQ reporterait son congrès d’une autre année La dissidence n'en peut plus de se taire PIER R E O’N EIL L LE DEVOIR \ A l’approche de la campagne électorale, l’aile progressiste du Parti québécois a cessé de claironner ses divergences de vues envers certaines orientations politiques gouvernementales.Dans les circonstances, une trêve de solidarité s’imposait et fut respectée.Aujourd’hui, il est question de reporter à l’an 2000 le congrès plénier des membres, un stratagème qui accentue le sentiment de méfiance que les militants de la base ont développé à l’endroit de leur chef.Et la dissidence n’en peut plus de se taire.Au PQ, la convocation d’un congrès plénier repose sur la mise en marche d’un processus complexe qui consiste, dans un premier temps, en l’adoption d’une résolution d’intention par les 14 membres de l’exécutif national du parti.À leur réunion de la semaine dernière, ils ont préféré s’en abstenir, se limitant à convoquer une réunion du conseil national pour le 30 janvier.Spécialistes de l’interprétation des statuts et règlements du parti, les orthodoxes ont vu dans cette décision des dirigeants pé-quistes la volonté de repousser d’une autre année le congrès prévu pour 1999.La manœuvre suscite les pires appréhensions, considérant que le dernier congrès a eu lieu en 1996 et que celui VOIR PAGE A 8: PQ M O N T R é: A L VIP: pas d’enquête en déontologie policière ¦ À lire, page A 3 778313000672 I.K I) K V 0 I R .I.E .1 E I! 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