Le devoir, 15 décembre 1998, Cahier A
?FONDÉ EN 19 10 ?LE DEVOIR V o l.L .\ X XIX N " 2 8 5 PERSPECTIVES Pour quelques millions de plus Que sert à l’Homme de conquérir le monde s’il y perd son âme?L’âme est-elle soluble dans l'argent, américain de préférence?Apparemment, oui.Pour s’en convaincre, il suffit de considérer l’entente conclue samedi par le lanceur Kevin Brown et les Dodgers de Los Angeles.Sept ans, 105 millions.Quinze millions de dollars américains par année.Pour un seul joueur, une fois et deux tiers la masse salariale des Expos en 1998.Pour Kevin Brown, deux cent quatre-vingt-huit mille quatre cent soixante-deux dollars par semaine, joue joue pas.On vous liasse les 450 (XX) $ par départ, les 75 0(X) $ par manche, les 25 (XX) $ liai- retrait, les 10 000 $ par prise, les 5CXX) $ par lancer.Pendant les sept prochaines années, Brown gagnera 1712,33 $ l'heure, toutes les heures de sa vie; seules exceptions, 2(XX) et 2004, qui, à cause de leur nature bissextile, ne le verront empocher que 1707,65 $ l'heure.Un joueur de balle, misère.On remarquera que Brown n’est pas à blâmer dans cette histoire, quoiqu’on pourrait toujours lui reprocher de ne pas être juste un tout petit peu gêné.S’il obtient autant — il y a aussi 12 vols aller-retour par année dans le jet privé des Dodgers afin qu’il puisse amener sa petite famille qui vit en Géorgie et, si on a bien compris, un ensemble de babioles Star Wars pour ses deux jeunes fils —, c’est que quelqu’un a bien voulu le lui donner.Ce quelqu’un, c’est Rupert Murdoch, patron d’un empire médiatique mondial.Murdoch, dont la filiale Fox a versé 315 millions US pour acquérir les Dodgers au printemps dernier, aime le sport au point où il a déposé une offre de 1,6 milliard CAN pour Manchester United, l’une des franchises de pointe du football anglais.Pour Murdoch, le sport est le moyen par excellence de rendre encore plus lucratif le business de la télévision, en Amérique, mais surtout en Europe et en Asie.Les Dodgers, c’est pratiquement sa succursale de Saint-Profond, un simple véhicule pour vendre Fox Sports.Alors, vous dire s’il s’en tamponne, Murdoch, du déséquilibre entre les équipes riches et moins riches du baseball, et du fait qu'un des v.-p.des ligues majeures, Sandy Al-derson, ait qualifié son geste d'«affront».Ses vrais concurrents, ce sont Cablevision, propriétaire des Knicks et des Rangers de New York et qui zyeutent les Yankees, Turner à Atlanta, Disney en Californie, Berlusconi en Italie.De toute manière, si cette dernière absurdité en date (on se répète, mais qu’est-ce qu’on se répète) frappe l’imagination, c’est surtout parce qu’elle fait en sorte de franchir le seuil psychologique des 1(X) millions qui n’est que cela, psychologique.Il y a moins de différence entre le contrat de Brown et le précédent record, détenu par Mike Piazza (91 millions pour sept ans avec les Mets de New York), qu’entre celui de Piazza et du champion passeur à la caisse de l'hiver dernier, Pedro Martinez, 75 millions pour six ans avec les Red Sox de Boston.En outre, cinq joueurs de l'Association nationale de basketball possèdent déjà des contrats à neuf chiffres avant la virgule, dont Kevin Garnett, des Timberwolves du Minnesota, détenteur actuel du gros lot avec 126 millions pour six ans.Alors, pourquoi s’énerve-t-on?La folie ne fait que gagner un peu de terrain, et il y avait déjà longtemps qu’on l'avait perdue de vue.Comme l’a si bien euphémisé le directeur général des Dodgers, Kevin Malone, «nous pensons que nous avons évalué avec justesse le marché».Ce «marché», c’est celui qui a vu les équipes du baseball majeur octroyer, en sept semaines depuis la fin de la Série mondiale, plus d’un milliard de dollars (1 000 000 000!) en nouveaux contrats.C’est celui qui aura vu la plus grosse entente doubler de valeur — Albert Belle avait été le premier à dépasser les 50 millions en novembre 1996 — en deux ans.Aussi, quand les porte-parole de Fox avaient déclaré, au moment de mettre la main sur la concession des Dodgers, qu’ils ne se serviraient pas des coffres sans fond de Rupert Murdoch pour fausser la donne du sport et se donner des avantages indus, ils disaient vrai.Ils ne font que devancer un peu la parade, en attendant d’être à le,ur tour devancés puis de renchérir.Évidemment, la parade compte de moins en moins de participants.Ils sont sept ou huit à pouvoir suivre la cadence, ce qui fait dire à plusieurs que le baseball court à sa perte.Et après?S’ils veulent s’entretuer, qu’y perdra-t-on?Ils n’auront qu’à faire leurs affaires, et on formera une ligue AAAA pour le monde ordinaire.Non, le véritable danger réside encore et toujours dans l’injection de fonds publics dans cette méganiaiserie.Ije président des Tigers de Detroit, John McHale jr, l’a fait ressortir au cours du week-end: avant longtemps, les équipes moyennes qui se sont fait bâtir de nouveaux stades — dans la presque totalité des cas aux frais du con(tribuable) — n’auront plus les reins assez solides pour concurrencer même timidement les grosses.Que fera-t-on alors?D’autres stades?D'autres avantages fiscaux?Des dons?Une guignolée hebdomadaire?Quotidienne?Un accès illimité au budget de l’État?Chez les Expos, ils ont dû s’étouffer avec leur café une nouvelle fois en voyant ça.Et s’ils ont une miette de bon sens, ils vont éviter que le citoyen moyen s’étouffe lui aussi et abandonner l'idée qu’un seul sou public serve, ici, à repousser les frontières de la bêtise et de l’indécence.Je a il I) i o il ?M É T É 0 Montréal Québec Nuageux Ciel variable, avec éclaircies.Max: 3 Min: -7 Max: 6 Min: -3 Détails, page B 6 Annonces .Avis publics.Culture.Economie.Éditorial.Horizons.INDEX .B 5 Le monde.A 5 .B (i Les sports.B 5 .B H Montréal.A 3 .B 2 Mots croisés.B 6 .A 6 Politique.A4 .B 1 Télévision.B 7 www.ledevoir.com M (I N T 11 K A L , I- E M A 11 D I I 5 I) É ( K M 11 11 E I !) !) S MONTRÉAL Le fardeau fiscal des Lavallois rejoint celui des Montréalais, page A 3 LE MONDE Le Pen boute les «félons» hors du Front national, page A 5 ?8 7 C + T A X K S = I $ / T 0 It O X T o I $ mm LES ACTUALITÉS Lorraine Pagé reste murée dans le silence, page A 2 Paul Martin force les banques à adopter leur «plan B» GÉRARD BÉRIJBÉ LE DEVOIR Le ministre fédéral des Finances a fermé la porte aux frisions, forçant les banques impliquées à se rabattre sur leur «plan B».Retenant les craintes de la concentration et du risque systémique, Paul Martin croit que les fusions n'«étaient pas au mieux des intérêts des Canadiens» et que sa priorité immédiate était «l’établissement d’un cadre stratégique approprié au secteur des services financiers pour le XXI' siècle».«De toute évidence le ministre envisage différemment l’avenir de notre secteur d’activité et la capacité de notre pays d’y affronter la concurrence.L’histoire dira si M.Martin a pris la bonne décision pour le Canada», ont immédiatement répliqué les banques Royale et de Montréal, dans leur communiqué conjoint.Même si des signaux allant dans ce sens étaient perceptibles depuis quelques semaines, les quatre banques engagées dans un processus de fusion n’ont pu cacher leur déception hier.Elles n’ont toutefois pas voulu donner de détails sur la suite à donner à ce refus.À la Banque Royale le porte-parole, Raymond Choui-nard, a souligné qu’il n’y aurait pas d’autres commentaires.Quant à un éventuel «plan B», «notre président [John Cle-ghorn] a déjà dit qu’il n ’y avait pas de plan de rechange, que la Banque Royale ne travaillait qu’en fonction de la fusion».VOIR PAGE A 8: BANQUES ¦ Autres informations, page B 2 ¦ L’éditorial de J.-R.Sansfaçon, page A 6 ¦ BSSÜS REUTERS «Je suis ravi d’être le premier président américain à venir en territoire palestinien», a dit Clinton à Yasser Arafat Les Palestiniens annulent leur charte sous les applaudissements de Clinton AGENCE FRANCE-PRESSE Gaza — La direction palestinienne, encouragée par un soutien sans précédent des Etats-Unis et du président Bill Clinton, a entériné hier l’annulation des clauses anti-israéliennes de sa charte nationale, comme le réclamait Israël.Dans un vote à main levée, plusieurs centaines de dirigeants des instances supérieures de l’OLP, réunis à Gaza en présence de M.Clinton et du président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat, ont ainsi répondu à une exigence majeure d’Israël dans le processus de paix.Le premier ministre Benjamin Nétanyahou s’est déclaré satisfait mais a refusé de s’engager à effectuer la prochaine étape du retrait israélien en Cisjordanie qui, selon l’accord de Wye, doit avoir lieu vendredi.M.Nétanyahou, pressé par les États-Unis d’appliquer le retrait maintenant que les Palestiniens ont amendé leur charte, a affirmé que ces derniers devaient encore se soumettre à d'autres conditions.Un sommet réunissant MM.Clinton, Netanyahu et Arafat devait se tenir ce matin, à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, pour étudier les moyens de surmonter le blocage.M.Nétanyahou a laissé entendre qu’il pourrait assouplir quelque peu son refus de libérer des prisonniers palestiniens supplémentaires, qui a provoqué une crise.M.Clinton a effectué à Gaza la première visite d’un président américain en territoire palestinien.Il a affirmé que les Palestiniens pouvaient «déterminer leur destinée sur leur terre», l'admission la plus claire qu’il ait faite à ce jour d’un droit à l’autodétermination des Palestiniens.Sa visite avait d’avance été considérée par les responsables de l’Autorité palestinienne comme un pas vers une reconnaissance de leur indé- VOIR PAGE A 8: CLINTON Les Palestiniens peuvent «déterminer leur destinée sur leur terre», dit Clinton HORIZONS Que sont les militants devenus?¦ À lire, page B 1 Un ministre de Québec pour s’occuper de Montréal?MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Cf est un ministre de Québec, Paul Bégin, qui deviendrait responsable de Montréal au sein du nouveau gouvernement Bouchard.En accédant au poste de ministre des Affaires municipales, le député de Sillery hériterait en effet de la responsabilité du dossier montréalais puisque le ministère de la Métropole serait fusionné à celui des Affaires municipales.Dans un Conseil des ministres plus jeune, les têtes d’affiche resteront sensiblement les mêmes auprès du premier ministre Bouchard en cette première partie de mandat consacrée à la mise en place d’un «bon gouvernement».L’équipe du déficit zéro, le ministre des Finances, Bernard Landry, et le président du Conseil du trésor, Jacques Léonard, seraient donc toujours en place pour rédiger le prochain budget et entamer les négociations du secteur public.Les responsables des portefeuilles les plus coûteux au gouvernement, Pauline Marois et Jean Rochon, conserveront également un poste-clé.Une rumeur les faisait simplement permuter de ministère hier en fin de journée.À l'enseignement supérieur, le spécialiste des grandes réformes, M.Rochon, pourrait retrouver un nouveau défi de taille avec le dossier des universités.Mme Marois, quant à elle, pourrait offrir une nouvelle image aux usagers et aux travailleurs du réseau de la santé.Les femmes prendront d’ailleurs de plus en plus de place au cabinet.Diane Lemieux, Agnès Maltais et, peut-être, Linda Goupil feront vraisemblablement leur entrée au Conseil des ministres aujourd’hui à 15h30 lors de l’assermentation des membres du cabinet du premier ministre Bouchard.Leur arrivée, conjuguée au départ de quelques vétérans, fera baisser l’àge moyen du Conseil des ministres qui était de 51 ans le 28 octobre dernier lors du déclenchement de la campagne électorale.Mme Lemieux pourrait hériter du ministère des Relations avec le citoyen et de l’Immigration.Mme Maltais deviendrait ministre de la Culture et des communications.Et la députée de Lévis, Linda Goupil, une avocate de 37 ans, pourrait occuper le poste de ministre déléguée au Travail.VOIR PAGE A 8: CABINET ¦ Charest nomme ses principaux lieutenants, page A 4 Un cabinet plus jeune en moyenne où au moins deux femmes feraient leur entrée Des effets de la clause «grand-père» 900 enfants qui n’y auraient pas eu droit autrement ont été admis à l’école anglaise depuis 1993 MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Un changement fait à la loi 101 en 1993, et que l’on appelle la clause «grand-père», a permis à près de 900 enfants qui n’y auraient pas eu droit autrement d’être admis à l’école anglaise publique au Québec.Par contre, pour l'année en coure, le nombre total d’enfants admis à l’école anglaise a baissé de 13% par rapport à l'année précédente.Sejon les plus récentes statistiques du ministère de l’Education, 863 enfants ont été admis à l’école anglaise depuis 1993 en s’appuyant sur l'article 76 de la Charte de la langue française.Cet article a été ajouté à la loi 101 en 1993, par la loi 86, en même temps qu’étaient modifiées les règles de l’affichage commercial pour permettre la présence d’une autre langue que le français.L’article 76 a été adopté pour corriger ce qui était perçu comme une injustice.Des parents anglophones qui avaient fréquenté l’école française lorsqu'ils étaient jeunes, avaient perdu le droit d’inscrire leurs enfants à l’école anglaise.Faisant écho à ces préoccupations, le ministre Claude Ryan a modifié la loi pour permettre aux parents qui auraient été admissibles à l’école anglaise mais qui n’en ont pas fait la demande, de recouvrer ce droit pour leurs enfants.Cet article est toutefois soumis à certaines conditions.Par exemple, le parent concerné doit avoir fréquenté l’école après le 26 août 1977.Le nombre de familles qui profitent de cette disposition augmente d’une année à l’autre, au fur et à mesure que les gens en prennent connaissance.Ainsi, en 1994-95, seulement 94 enfants en ont bénéficié contre 168 deux ans plus tard et 250 cette année.Deux autres modifications ont permis à des enfants qui autrement n’y auraient pas eu droit de recevoir leur enseignement en anglais dans le réseau public.L’un de ces changements visait à assouplir la règle permettant aux enfants de personnes qui sont en séjour temporaire au Québec pour y travailler ou VOIR PAGE A 8: LOI 101 778313000658 I.E i> !•: v O I 11 , I.E M A KOI I 5 |) É (' E M I?li E I !) !) 8 \ 2 A C T U A LIT Soupçonnée de vol à l’étalage Couplage d’informations entre Douanes Canada et l’assurance-emploi La présidente de la CEQ, Lorraine Pagé, reste murée dans le silence Un enquêteur distrait.ou malveillant ?La présidente de la CEQ, soupçonnée d’avoir voulu voler une paire de gants dans un grand magasin, n’était toujours pas prête, hier, à faire face aux questions.Rien n’indique, par ailleurs, qu’elle envisage de démissionner.P A U L E DES RIVIÈRES LE DEVOIR La présidente de la CEQ, Lorraine Pagé, est restée murée dans son silence hier, apparemment trop ébranlée pour faire face aux questions des journalistes.Rien n’indiquait cependant hier qu’elle abandonnerait le poste qu’elle détient depuis 1988.La présidente de la CEQ, qui célébrera son 51' anniversaire très bientôt, est soupçonnée de tentative de vol à l’étalage.Elle a été interceptée jeudi dernier par des agents de sécurité, alors quelle semblait vouloir voler une paire de gants au magasin La Baie de la Place Versailles.Elle devra comparaître devant le tribunal en février.La CEQ fera connaître sa position aujourd’hui ou demain.Peut-être Mme Pagé s’adressera-t-elle elle-même à la presse, mais pas nécessairement.Son attaché de presse, Philippe Châtillon, à qui revient la tâche de gérer la crise, a confirmé hier que Mme Pagé était «très ébranlée» par cette affaire.Elle a passé la journée à Montréal, loin des regards.M.Châtillon a précisé hier que «oui Lorraine est fatiguée et oui elle est distraite [en fait, sa distraction serait légendaire]», Ces affirmations, a-t-il ajouté, ne constituent en rien une plaidoirie ou une explication.«Nous ne plaidons rien.Nous ne sommes pas en train de fournir la preuve de quoi que ce soit.Nous n’avons rien à cacher», a dit M.Châtillon hier en fin d’après-midi.Au bureau de la CEQ à Montréal, régnaient la surprise et l’incrédulité.«Je la connais depuis plusieurs années.Je ne peux penser un seul instant qu'elle ait pu voler.Les gens n'en croient pas leurs oreilles.Il doit y avoir une explication», estime Francine Lamoureux, responsable des syndicats des écoles privées.Des discussions À l’instar des employés de la CEQ, Mme Lamoureux attendait d’en savoir plus long.Car jusqu’à présent, aucune explication n’a été fournie.Les syndicats membres de la CEQ — qui représente plus de 130 000 membres — ont-ils été réunis?«Pas officiellement mais il y a eu des discussions», a confirmé M.Châtillon, déterminé à parler le moins possible, répétant essentiellement qu’«f/ y avait plusieurs fac- teurs dont il faut tenir compte».Mme Pagé a reçu hier hier «des tonnes de témoignages d’appui», a déclaré son porte-parole.11 est clair que même ceux qui n’épousent pas ses positions politiques et syndicales — notamment sur la question de l’équité salariale qui la conduisait à piloter une journée de grève illégale en pleine campagne électorale —, plaignent Mme Pagé et sont désolés de ce qui lui arrive.«Je donne la chance au coureur.Il y a du surmenage, de la fatigue chronique qui entre peut-être en ligne de compte, commentait pour sa part le porte-parole de la Fédération des commissions scolaires, Denis Pou-liot.«Je suis tombé en bas de ma chaise.Ça me touche».lis yeux de tous sont maintenant tournés vers Mme Pagé qui, faut-il le rappeler, s’apprête à entrer, après les Fêtes, dans une période d’intense négociation avec le gouvernement et, de ce fait, dans une période d’intense visibilité.Interrogé sur ce qu’il convient de faire lorsqu’un organisme est plongé dans une crise comme celle qui frappe la CEQ, Guy Côté, du cabinet de relations publiques National, estime que la transparence est la seule voie.La transparence s’impose «Le public, qui est plus clément qu'on ne le croit généralement, demande une action directe.Il faut communiquer avec le public immé- diatement», estime-t-il, estimant que dans un cas comme celui-ci, et indépendamment du fait que Mme Pagé soit coupable ou non, le silence et la tergiversation sont les pires ennemis.«Dans la pratique des gestions de crises vraiment majeures, la compagnie qui fait preuve de clarté peut même marquer des points», croit encore Guy Côté.Paradoxalement, M.Côté estime que la situation de Mme Pagé serait plus facile à gérer si elle était coupable, dans le sens où elle peut admettre sa faute et permettre au public de pardonner et de passer à autre chose.À l’opposé, croit-il, si elle n’est pas coupable, les questions ne manqueront pas sur tel ou tel détail de son geste.L’expert en relations publiques est conscient que les conseillers juridiques ont souvent, dans les entreprises ou organismes, des points de vue tout à fait opposés à ceux des conseillers en communication, parce que les premiers croient que certains propos peuvent être retenus contre la personne.L’attaché de presse de Lorraine Pagé est d’accord, pour sa part, pour dire que le plus tôt Mme Pagé parlera le mieux ce sera.Ce dernier a nié par ailleurs l’information selon laquelle la CEQ attend de visionner la cassette vidéo de La Baie avant d’agir.«Je ne sais même pas s’il existe une cassette», a-t-il dit.JUDITH LACHAPELLE LE DEVOIR La lutte contre le couplage d’informations entre Douanes Canada et l’assurance-emploi est l’un des grands combats du Mouvement action-chômage (MAC).En conseillant aux chômeurs de contester la demande de renseignements, le MAC en entend de toutes sortes sur les astuces des enquêteurs pour inciter le prestataire à se plier au règlement.Mais il est plus rare que le MAC constate, noir sur blanc, la mauvaise foi de certains enquêteurs.L’affaire paraît anodine.Un enquêteur de Développement des ressources humaines du Canada envoie une lettre à une prestataire de l’assurance-emploi dans laquelle il lui demande des renseignements sur ses activités durant une période où elle était à l’extérieur du pays alors qu’elle devait être chez elle, disponible à travailler.Un cas classique du couplage d’informations décrié par le MAC.Mais voilà, l’enquêteur précise que l’information n’est pas demandée relativement au couplage d’informations mais plutôt en vertu de l’article 37 de la Loi sur l’assurance-emploi, qui stipule que «sauf dans les cas prévus par règlement, le prestataire n'est pas admissible au bénéfice des prestations pour toute période pendant laquelle il est [.] à l’étranger».Saisi du dossier, le MAC a, dans une lettre, invité l’enquêteur à préci- ser quelle était la source à la base de sa demande de renseignements, si ce n’est Douanes Canada.Pour toute réponse, une demande de renseignement «classique», celle qui fait mention que «les renseignements obtenus par Douanes Canada remettent en question [l’admissibilité] aux prestations d’assurance-chômage».Distraction, ignorance ou malveillance?La direction du bureau où travaille l’enquêteur en question vient tout juste de recevoir la plainte du MAC et est en train d’étudier le dossier.Pour le MAC, les «erreurs» sont trop fréquentes et il accuse l’enquêteur d’avoir menti.«Les enquêteurs savent que les gens sont plus ou moins au courant de leurs droits, donc, ils peuvent s'essayer, croit Hans Marotte, du Mouvement action-chômage.Il y en a qui sont corrects, c’est sûr.Il faut qu’ils décèlent la fraude, mais ça il n’y a personne qui soit contre ça.Mais il y en a qui se croient vraiment tout permis et c’est ça qu’on veut dénoncer.» Mais quel avantage l’enquêteur avait-il à nier tenir ses renseigne- : ments de Douanes Canada?«Il y a de plus en plus de gens qui sont au ' courant qu’ils ont un recours.Peut-être qu’il s’est dit que si la personne \ pense que ça vient d'ailleurs, elle va avouer plus facilement.» Toute cette histoire survient alors qu’aura lieu dans trois semaines la deuxième séance de représentation du Commissaire à la protection de la vie privée devant la cour fédérale d’Ottawa qui conteste la pratique gouvernementale de se servir des données obtenues de Douanes Canada pour coincer les prestataires de l’assurance-chômage.A ce sujet, le MAC conseille aux chômeurs aux prises avec le couplage de données de contester la demande de renseignements en vertu de la Charte des , droits et libertés.«Pourquoi continuer à s’acharner, à tirer les vers du nez des gens?La cour va décider.Si c’est légal, on ne sera pas plus d'accord mais on va se plier au jugement.Mais si c'est illégal, il y a plein de gens depuis octobre 1996 qui ont payé sur la base de quelque chose d’illégal.» E N H R E I Coulombe: rien d’arrêté (Le Devoir) —L’ex-directeur de la Sûreté du Québec et p.-d.g.d’Hydro-Qué-bec, Guy Coulombe, n’est toujours pas officiellement embauché par le maire de Montréal à titre de conseiller spécial.C’est la surprenante déclaration qu'a faite Pierre Bourque, hier.Depuis des semaines, pourtant, le maire de Montréal discute ouvertement des futures tâches de Guy Coulombe, à qui l’administration montréalaise entend confier la conclusion du pacte fiscal avec Québec.Pierre Bourque a confirmé que Guy Coulombe devait dîner hier avec le président du comité exécutif, Jean Fortier, et avec la vice-présidente, Noushig Eloyan, au cours de cette semaine.Le contenu des discussions en cours.«Il est plus question du mandat que du salaire.», a simplement laissé tomber Pierre Bourque.De la casse dans les casernes (Le Devoir) — Le ton monte encore du côté des pompiers de Montréal.Sept casernes ont été la cible de vandalisme samedi et dimanche.Absents des casernes, les chefs n’ont pu entrer dans leurs quartiers, les serrures ayant été brisées.Le Service de prévention des incendies de Montréal a |M>rté plainte à la police et demandé la collaboration des pompiers.«Nous avons demandé aux pompiers de cesser leur harcèlement.Tous ont obtempéré, sauf la caserne cinq», résume la porte-parole de Service de prévention des Incendies, Martine Primeau.«Une partie des pompiers de cette caserne a été transférée dans une autre caserne.» La Ville et l'Association des pompiers sont présentement en arbitrage à cause d’un différend dans l’interprétation de clause?de leur convention collective, notamment au chapitre de la gestion de la caisse de retraite.Ije président de l’Association des pompiers, Gaston Fauvel, n’a pas rappelé Le Devoir.Gros lot pour les bonnes œuvres (Le Devoir) —Tous les bénéfices nets que touchera la Fondation du Père Ambroise de la vente du bain Laviolet-te, qu’elle avait acquis à rabais de la Ville de Montréal pour 28 (XX) $, devront être versés à des organismes sans but lucratif, principalement du Centre-Sud.C’est ce qu'a annoncé hier le maire Pierre Bourque.Le fait que Pétro-Canada se soit montré prêt à payer 190 000 $ pour obtenir le terrain, une fois le bain Laviolette détruit, n’a pas manqué d’embarrasser l'administration Bourque.Le bain Laviolette de vrait être démoli au 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essaie de se dissocier des atrocités commises par son mouvement pour se poser en leader politique face aux Européens, au moment où son sort est entre les mains de l’Italie, estiment les analystes.Abdullah Ocalan a décrit dimanche soir sur la télévision kurde Med-TV ses lieutenants comme une bande de meurtriers avec lequels il ne I) É C E M H Il E I !> !> 8 A 8 ?I f Devoir ?ACTUALITÉS La crise ' v' du verglas selon Statistique Canada Ottawa (PC) — Près d’un an après la tempête de pluie verglaçante qui a paralysé le Québec, l’Ontario et une partie des Maritimes, Statistique Canada fait le point sur cé qui, précisément, a été affecté par le fameux verglas.D’abord, plus de 1000 pylônes et 30 (XX) poteaux de bois sont tombés sous le poids de la glace, rappelle l’agence fédérale.Ensuite, près de 1,4 million de personnes au Québec, et 230 000 en Ontario, ont été privées d’électricité.Dans plusieurs municipalités, il s’est écoulé au moins une semaine ayant que l’électricité ne soit complètement rétablie.Et un mois après la tempête de pluie verglaçante, 700 000 personnes devaient toujours se débrouiller sans courant.i Environ 100 000 personnes ont dû se réfugier dans des centres d’hébergement mis sur pied pour la circonstance.Plus de 2,6 millions de personnes, soit 19 % de la main-d’œuvre du pays, ont éprouvé des difficultés a se rendre au travail ou ont été carrément dans l’impossibilité de le faire.La tempête a été la plus destructrice et perturbatrice de l’histoire du pays, a affirmé David Phillips, climatologue en chef au ministère de l’Environnement, en entrevue, hier., «Les tempêtes de neige, les inondations, les tempêtes de vent vont et viennent, mais une tempête de pluie verglaçante comme cela [.] était sans précédent", a-t-il dit.Selon lui, la tempête en question se classera probablement comme l’événement climatique canadien du siècle, a cause du nombre de gens quelle a alfectés, et du temps que cela a duré.En réalité, il n’y a pas eu une tempête, mais plutôt trois événements successifs, qui ont fait tomber jusqu’à 100 millimètres de pluie verglaçante sur le centre et l’est du pays entre le 4 et le 10 janvier derniers.Par comparaison, les plus importantes tempêtes de pluie verglaçante antérieures avaient laissé de 30 à 40 millimètres de glace.La tempête s’est étalée sur une distance de plus de 1000 kilomètres, allant de Kitchener, au sud de l’Ontario, aux côtes de \p baie de Fundy au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Ecosse.Elle a été à l’origine du plus important déploiement de soldats canadiens jamais vu en temps de paix.Près de 16 000 soldats des Forces armées ont contribué à l’application des mesures d’urgence et à la remise sur pied du réseau électrique.Près du quart des vaches laitières du pays étaient dans les régions touchées par le verglas, et plusieurs n’ont pu être traites, les fermiers dépendant de la traite mécanisée.Les vaches qui ne sont pas traites régulièrement deviennent vulnérables à la maladie, et celles qui ont survécu aux piannes de courant pourraient ne jamais retrouver leur productivité d’avant la tempête.> Des usines de transformation du lait ont dû être fermées, et plus de 10 millions de litres de lait ont été jetés.Cependant, 1,5 million de litres ont pu être traités dans des établissements américains et retournés au Canada.Plus du tiers des terres cultivées au Québec, et près du quart, en Ontario, se trouvaient dans la zone de la tempête.Plusieurs fermiers ont subi des pertes substantielles.En outre, plus de cinq millions d’entailles d’érables à sucre se trouvaient dans les secteurs touchés par la tempête.Il pourrait s’écouler de 30 à 40 ans avant que la production de sirop d’érable ne revienne à la normale.On a estimé les pertes économiques à 585 millions pour Montréal, et à 114 millions pour Ottawa, entre autres.Au mois de juin 1998, les compagnies d’assurances avaient reçu quelque 600 000 réclamations totalisant plus de un milliard.S.V.P.Assurez-vous de recycler ce papier journal.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A3M9 F3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier électronique Pour l’agenda culturel La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction !®ledevoir.com (514) 985-3551 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514)985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h a 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Le Devoir est publié du lundi au samedi par \j- D
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