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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1998-11-21, Collections de BAnQ.

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Yvon Girard page D 2 Lise Bissonnette page I) 4 Kénizé Mourad page D6 Michel Houellebecq page I) 8 Animation jeunesse page D 10 I.K I) K V O I U .I.K S S A M K |> I 2 1 K T I) 1 M A N ( Il K 2 2 NO V K M I! I( I ?LE DEVOIR ?!» Il S GRENIER I.F.DEVOIR UHRHUUIHmLb SOURCE! RADIO QUEBEC «J’ai voulu “rapailler” des morceaux du patrimoine littéraire disséminés sur le territoire québécois» Denise Pérusse JACQUES + MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Imaginez: l’été prochain, plutôt que de choisir une destination touristique en fonction d’une auberge qui vous intéresse, un lac paisible ou un paysage époustouflant, pourquoi ne pas ajouter à la liste des critères qui marqueront votre sélection les espaces québécois qui ont donné lieu à de grandes œuvres littéraires?L’idée, plutôt singulière, a donné lieu à de vastes recherches en même temps qu’à plusieurs périples sur le territoire québécois, toutes contrées confondues.Et elle culmine, quatre ans après avoir germé, en un petit livre tout à fait inusité — son charme tient d’ailleurs beaucoup à son caractère unique — qu’on pourrait assimiler à une route des lettres, plutôt qu’à un petit guide reprenant la route des vins de France.Pays littéraires du Québec, guide de la «géographie littéraire» du Québec, a été écrit par Denise Pérusse, que l’on connaît notamment pour un livre d’entretiens avec Micheline Lanctôt (La Vie d’une héroïne) en plus d’un portrait du poète Alain Grandbois (L'Homme sans rivages).L'écrivaine a fondu en quelque 400 pages l’amour du Québec et une passion indicible pour les écrivains — quelques-uns d’entre eux — qui ont marqué notre littérature.Sélection, donc, effectuée par rauteure à partir de ses propres coups de cœur: Denise Pérusse aurait souhaité pouvoir les y mettre tous mais a dû se limiter à une soixantaine, espace et entreprise éditoriale obligent.Guide touristique qui parcourt le Québec presque entier — les contrées du Nord en moins —, région par région, effectuant ici et là quelques pauses bien documentées en certaines villes, lieux d’origine des écrivains ou espaces ayant marqué leur œuvre.L’île d’Orléans de Félix Leclerc, le Kamouraska d’Anne Hébert, le Natashquan de Gilles Yigneault, le Trois-Pistoles de Victor-Lévy Beaulieu.Quoi encore?Le Vieux-Québec de Roger Lemelin, le Carré Saint-Louis de Michel Tremblay, la Binerie de l’avenue Mont-Royal d’Yves Beauche-min, Sainte-Agathe des Monts et le poète Gaston Miron, le Mont Saint-Hilaire de Paul Émile Borduas, le Péribonka de Maria Chapdelaine et, par ricochet, Louis Hémon, Pile aux Coudres du cinéaste et poète Pierre Perrault, la liste pourrait s’allonger bien encore.VOIR PAGE D 2: PAYS LITTÉRAIRES rtchentemWfV Stanley P*30 ,Bge des songes François juches Escarov LES BONS LIVRES EN FORMAT DE POCHE En vente chez votre libraire Catalogue complet : www.livres-bq.com ¦ • CLICHÉ RÉPÉTÉ Â ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT, EN RAISON DU TEXTE IMPRIME SUR FOND GRIS OU DE COULEUR JACQUES NADEAU LE DEVOIR i.!•: i) !¦: v (i i i! .i.r.s s a m e d i 21 k t d i m a n < 11 t: •> •) X 0 V 1: M li I! !•: I !l !l 8 Carole Couture Richard Desjardins 11 iw ^ Ut'«^KEAM[;D AiVfOlrR ^ PERSONNE "OU Wife, Grand Prix du livre de Montréal OnulK Hr vie r in 11 ICCOIIOS ET IMPASSES Onnig Beylerian Accords et impasses Introduction à la négociation internationale par la simulation L'Amour en personne Rochelle Renaud Roman Éditions du Nordir 20$ J’ai connu la brûlure de ta présence, la morsure de tes mots.La librairie Gallimard, c’est des livres et.cédéroms 3700 bout.St-Laurent.tél : 499-2012 L’Acquittement < (toréai 126 PAGES - 16,95 $ Venez rentonlrer Gaétan Soucy au Salon du livre de Montréal.samedi 21 novembre de 16 h a 17 h au Stand Boréal • 547 http://www.edilionsboreal.qaa J « Petit bijou d’une netteté cristalline, qui vous laisse pourtant dans un trouble entêtant comme un parfum, à vous y faire replonger en finissant.» Raymond BKRTTN, la Presse «Avec la beauté de sa littérature [.], Gaétan Soucy est prestement pardonné d’avoir tout enveloppé d’un parfum énigmatique.» Marie-Andrée CIIOUINARl) 11 Devoir «» rluilltill M* ¦ .Vmm lltirrl LlHIill PAYS LITTERAIRES «Ça prend plus qu’un brin de folie» Yvon Girard SUITE DE LA PAGE I) 1 Après avoir choisi d'abord les écrivains, puis les lieux, après les avoir mariés les uns aux autres, Denise Pé-russe s’est amusée à se promener de par le Québec, découvrant les œuvres sous un autre œil, celui de l’auteur, et celui du lecteur qu’elle espère voir en nous tous.«J’ai voulu "rapailler” des morceaux du patrimoine littéraire disséminés un peu partout sur le territoire québécois et dresser une cartographie des multiples pays littéraires du Québec», écrit l’auteure.[.] Tel un détective, voire un bénédictin, j'ai sillonné [cej vaste territoire pour repérer les sentiers ouverts par nos écrivains.Remonter aux sources de leur inspiration, mettre en lumière le décor, le cadre qui a titillé leur fibre littéraire et surtout donner au lecteur d’ici et d’ailleurs l’envie de découvrir le Québec à travers leurs œuvres, telles étaient mes ambitions.» Le Saint-Sauveur du père des Plouffe Soyons un brin chauvine et choisissons ici pour fins d’exemple et de démonstration livresque le Québec natal de l’auteure de ces lignes-ci.Québec et ses environs est riche en auteurs: nous voilà en compagnie d’Oc-tave Crémazie, Roger Lemelin, Félix Leclerc, Alain Grandbois, Anne Hébert et Hector de Saint-Denys Gar-neau (notons au passage une erreur difficile à pardonner chins un guide littéraire publié par une maison plus que familière avec la poésie: on y écrit Saint-Denis sans le y et avec le i).Roger Lemelin, père spirituel de la famille Plouffe, est né en pleine Basse-Ville de Québec, dans le quartier Saint-Sauveur.Le guide nous amène devant «une petite maison de bois», le 646, rue Christophe-Colomb, «au pied de la pente douce qui sépare Saint-Sauveur de la Haute-Ville».«Aîné de la famille, Roger Lemelin connut une enfance difficile en raison des années de crise, et une adolescence gauche et indisciplinée.Très jeune, il découvrit les délices de la lecture.Aussi n ’était-il pas rare de le voir le nez plongé dans un livre, assis sur les marches de béton d’une maison faisant l’angle des rues Saint-Sauveur et Christophe-Colomb, en face de chez Ti-Coune Côté.» Entremêlés à des parcelles d’œuvres de l’auteur, des morceaux de biographie racontent un peu l’auteur, le tout abondamment illustré en iconographie photographique, archives, etc., le b-a ba de tout guide qui se respecte.«Ça prend plus qu'un brin de folie pour se lancer dans une telle entreprise, raconte l’écrivaine, interrogée cette semaine peu après la parution de son livre.Mais j’étais tellement passionnée par mon sujet, j’avais vraiment le goût' de faire découvrir des lieux du Québec à travers des écrivains qui y avaient été très attachés.» Dure besogne que celle-là tout de même, car l’auteure parcourt le Qué-bec, passe du livre au lieu, apprend sur l’écrivain qu’elle voit d’un autre œil après avoir vu l’endroit qui lui a inspiré une œuvre, effectue d’abondantes recherches, non seulement de textes mais aussi d’images, Denise Pérusse ayant elle-même colligé photos et document d’archives qui colorent le volume.Certains s'étonneront sans doute de ne pas retrouver dans cette liste de 65 auteurs choisis, supposées figures marquantes dans la littérature québécoise, quelques figures de proue qu’on imagine incontournables dans un volume tel celui-là: en effet, les Marie-Claire Blais, Hubert Aquin, Yves Thériault ou Réjean Ducharme n’y sont pas.«Je sais très bien qu’on s'interrogera sur l’absence de quelques écrivains, répond à ce sujet l’écrivaine.Mais je devais absolument avoir en tête que j'écrivais en fonction non seulement de l’importance de l’œuvre mais aussi de l’espace qui l’avait inspiré.Et alors que pour certains, ce lien s’imposait — Félix Leclerc, Michel Tremblay, Anne Hébert —, pour d’autres, il était très difficile à illustrer.» Les amoureux de poésie, ou les néophytes que la curiosité titille, y trouveront leur compte.L’auteure s’étonne qu’on lui fasse la remarque, — «Ah oui?Vous trouvez qu’il y a beaucoup de poésie?» — mais s’en réjouit en suite.«C’est peut-être signe que j’ai moi-même une sensibilité pour ce genre, peut-être le signe aussi que la poésie a une importance de taille dans la littérature québécoise.» De ce projet, qui a pris l’allure d’un «monstre» au fur et à mesure quelle y avançait, tant la tâche était colossale, Denise Pérusse aimerait qu’on retienne le «goût de visiter des lieux à partir d’écrivains» et l’envie de fouiller dans des livres oubliés au retour d’une petite virée à Trois-Pistoles ou à Sainte-Agathe-des-Monts.Qu’en bout de tournée, les lecteurs-randonneurs soient ravis d’une bouffée d’air frais et d’un voyage au pays des.mots.PAYS LITTÉRAIRES DU QUÉBEC Denise Pérusse L’Hexagone / vlb éditeur, Montréal, 1998,381 pages Folio a 25 ans Le directeur général considère que Gallimard y trouve sa place ROBERT CIIARTRAN1) L’édition — ou la réédition — de livres en format de poche, qui s’est répandue dans tous les pays après la Seconde Guerre mondiale, semble avoir été bénéfique pour tous: les auteurs disposaient désormais d’un lecto-rat plus considérable et leurs œuvres, d’une seconde vie; le public pouvait s’offrir à bon compte les grands chefs d’œuvre et — avec un léger retard — tous les best-sellers; et les éditeurs.ont fait plus de prolits! Yvon Girard, directeur général de la plupart des collections Folio, propriété des éditions Gallimard, ne s’en cache pas: «Un éditeur est ausi un marchand, il n'y a pas de mauvais honneur à cela.» Après avoir été professeur d’université puis libraire, Yvon Girard est entré chez Gallimard en 1989.La maison avait prospéré depuis sa fondation en 1911 par les animateurs de la revue de la NRF: André Gide, Jean Schlumber-ger et Gaston Gallimard, mais l’allure de ses livres était restée la même; la fameuse maquette de couverture de la «collection blanche» n’a d’ailleurs pas changé jusqu’à aujourd’hui.Gallimard était une maison d’édition essentiellement littéraire, dont les auteurs étaient publiées en format de poche par Hachette, dans sa collection du Livre de poche.Folio est né en 1972, à la suite d’une querelle avec le groupe Hachette sur des questions de distribution, qui fit grand bruit à l’époque en France.Gallimard a alors rapatrié ses auteurs, qui formaient un véritable aréopage littéraire: Gide, Cocteau, Camus, Malraux, Sartre, Céline, Saint-Exupéry.Ils furent le premier noyau du catalogue qui Gaétan Essai, 195 p-, 20 $ Carole Couture examine l’itinéraire de la chanson dans le but de mieux situer l’oeuvre de Desjardins dans le champ musical actuel.compte, vingt-cinq ans plus tard, quelque 3500 titres répartis en neuf collections, tirés à quelque 12 millions d’exemplaires au total chaque année et disponibles dans près de 5000 points de vente à travers le monde.Folio, c’est maintenant 30 % du chiffre d’affaires des éditions Gallimard.Iii plupart des auteurs de la maison aimeraient bien y «passer» dès après la première édition de leurs livres.Yvon Girard peut le leur refuser, ou décider de surseoir, s’il estime que le moment n’est pas venu.«C'est le cas de Pierre Michon, dont Iœs Vies minuscules, paru en 1982, avait eu un succès d’estime, mais pas au-delà d’un cercle de lecteurs avertis.Nous avons attendu 95 pour publier en Folio sa biographie de Rimbaud, qui n’a pas marché.Or, Michon avait publié d’autres livres entretemps, et voilà qu’en 1997, Les Vies minuscules, en poche, ont eu du succès.Nous prenons le temps de laisser vivre la littérature.Et le temps, pour les livres, est parfois un facteur de bonification, comme pour le bon vin.» ¦ Mais ce n’est pas le cas de Belle du seigneur d’Albert Cohen, ce roman mythique, peut-être le plus grand récit d’amour du vingtième siècle.Pourquoi avoir attendu plus de trente ans pour le mettre en poche ?«D'abord, le livre de Cohen marchait très bien dans la collection blanche, même s’il était vendu à un prix assez élevé.Il avait sa vie.Mais un jour, la veuve de l’auteur nous a fait remarquer que le livre avait été publié en format de poche en anglais, en espagnol, en italien, en allemand, mais pas en français: c'était tout de même curieux! Et puis, nous avons constaté que la jeune génération ne connaissait souvent l'œuvre de Cohen que de de réputation, sans l’avoir lu.Nous avons donc sorti Belle du seigneur en poche récemment.Résultat: il s’est déjà vendu à 200 000 exemplaires.Et il marche toujours en collection blanche, à telle enseigne que pour le prochain tirage dans celle-ci, le livre aura une jaquette qui reprendra la couverture Folio.Vous avez là toute la problématique, plus complexe qu'on ne croit, du poche.» Cependant, il ne faut pas trop compter sur la notoriété des auteurs: le public y est moins sensible en poche qu’ailleurs.«Far exemple, Bernard Tirtiaux, dont le nom est très peu connu, a eu beaucoup de succès avec ses romans historiques, Le Passeur de lumière et Les Sept Couleurs du vent.Car c’est une des particularités du poche que de bénéficier d’un très vaste bouche-à-oreille.ce officielle, des arcanes de la notoriété.» Les choses se passent ici davantage entre le livre et ses lecteurs, et Yvon Girard sait que le poche peut être imprévisible.«C’est d’ailleurs un des charmes de mon métier.Ainsi, il n’y a pas de loi qui ferait qu'un auteur vendrait deux ou cinq fois plus d’exemplaires en poche que dans la première édition.Cela arrive, certes, mais pas toujours, lœ poche est un résonateur capricieux.» Folio publie aussi des classiques du domaine public et des auteurs d’autres maisons d’édition dont Gallimard rachète les droits.«Dans ce cas, notre idée, c'est que tel auteur, que Gallimard n'a pas publié en première édition, doit se sentir bien dans le catalogue Folio.Nous avons le sentiment que la qualité littéraire du livre, la pâte de l'écrivain correspond à ce que nous aimons publier.C'est le cas de Michel del Castillo (auteur de chez Fayard et JACQUES GRENIEK I.E DEVO|K M.Yvon Girard du Mercure de France) et de Naguil Mahfouz, le prix Nobel.ee que nous aimons proposeraii public.» Rude concurrence Dans le marché du poche, la concurrence est rude, selon Yvon Girard.«Il y a en France plus de trois cents éditions de poche, mais le marché est dominé par quatre grandes collections: lœ Livre de poche, Rocket, J’ai lu, et nous.Folio veut s'en tenir à la “littérature littéraire" et aux sciences humaines.Et il y a des secteurs, comme la science-fiction ou le sentimental, que nous ne voulons par tenter d’occuper.> Quant aux romans policiers déjà publiés d:uis Folio, ils ont désormais une couverture qui les distingue des autres et sont offerts sur des présentoirs particuliers.Mais Folio, insiste Yvon Girard, entend rester fidèle à l’esprit Gallimard.«Il y a des choses que Folio ne sait pas faire et ne fera pas.Chez nous, l’image d’une collection doit être soutenue pas une valeur incontestable, des critères de qualité littéraire dans lesquelles l'honnête lecteur va se reconnaître.C'est là un discours qui peut paraître prétentieux, et cela laisse entendre que beaucoup de livres sont très mauvais, ce que nous avons tous.Nous savons également que certains de ces très mauvais livres se vendent parfois mieux que les bons.Mais nous n'allons pas nous y mettre pour autant!» Mais à l’inverse, n’y a-t-il pas des auteurs ou des livres trop difficiles pour le poche?«Compte tenu de nos très nombreux points de vente, nous avoqs des contraintes de lisibilité minimum à l’égard du grand public.Ainsi, nous éviterons de distribuer dans les kiosques de gares des textes abscons, pour ne pas tromper les gens.Sauf à penser que ce sont des classiques incontournables comme le Ulysse ou le Finnegans Wake de James Joyce.» Les auteurs réputés plus difficiles, comme Pierre Guyotat ou Maurice Blanchot, Yvon Girard les publiera plutôt dans une collection comme «L’Imaginaire», dont il s’occupe également, et qui s’adresse à ceux qu’il appelle «les meilleurs lecteurs».«Car il faut le dire, il y a des lecteurs qui sont meilleurs que d’autres.» Il n’y a nul snobisme à en tenir compte dans les choix éditoriaux de Folio,pecter tous ceux qui lisent.Folio a 25 ans et se porte très bien, merci.1 I.K I) E V 0 | H , I.K S S A M K DI 2 1 K T I) I M A X < Il E 2 2 X 0 V E M II II E I !l !l S -» L LETTRES QUÉBÉCOISES V R E S I) 3 L’étoffe de nos rêves L’écriture est une lecture LA RECHERCHE DE L’HISTOIRE Pierre Yergeau L’instant même, Québec, 1998,112 pages F Il y a des livres, les meilleurs, qui appellent une lecture, sans laquelle ils demeurent comme des énigmes non résolues, comme des paroles sans échos.Ils sont eux-mêmes autant de tentatives de «lecture» du monde, toujours partiales, parfois folles, qui demandent à être lues à leur tour pour exister tout à fait.Ce sont des textes in-iinis: celui qui les lit se trouve à continuer leur écriture, allant même dans certains cas jusqu’à lès réécrire, à sa façon, au risque de les gâcher ou de les trahir.Paradoxe et richesse de la littérature, où l’écriture est une lecture, et réciproquement.C’est ce rapport com- Ro be r t plexe, ce jeu de miroirs in- c h a r t r a « d fini entre lecture et écritu- ?re, entre sujet et objet, qu'explore le romancier et nouvelliste Pierre Yergeau dans Ixi Recherche de l'Iiis-toirc, qui est un essai tour à tour savant et candide, absolument littéraire dans son objet et sa facture.C’est la réflexion d’un lecteur entrecoupée des souvenirs d’un créateur.Le fil conducteur du livre, c’est l’examen, parfois assez technique, d’une nouvelle de l’écrivain argentin Jorge luis Borges, Im Mort et la Boas-sole, parue en 1942.Yergeau connaît bien l’œuvre de Borges, sur laquelle il a fait une thèse qui explorait les rapports entre le personnage du détective et la postmodernité.On peut même dire que l’œuvre de Borges circule dans celle de Yergeau comme un thème récurrent: par exemple, dans Ballade sous la pluie, un roman paru en 1997, un des personnages était précisément l’auteur d’une thèse sur cette même nouvelle de Borges, qu’un autre personnage tentait de déchiffrer.Sur les traces de Lonnrot Yergeau, dans son essai, revient donc sur les traces d’Erick Lonnrot, ce détective du texte de Borges.Pourquoi cette insistance, cette fascination?C’est que, selon Yergeau, Ixinnrot incarnerait la mort du personnage du «détective analytique» cent ans après L’énigme policière, ici, est sœur de la création qu’Edgar Allan Poe l’eut mis au monde sous les traits célèbres d’Auguste Dupin.On aura compris que Yergeau ne s’intéresse pas aux polars vite écrits, vite lus, mais à ceux qui sont aussi et avant tout des textes littéraires et auxquels se sont adonnés, à la suite de Poe, des écrivains majeurs comme Borges, Umberto Eco ou Hubert Aquin.S’ils ont donné ses lettres de noblesse au roman policier, c’est peut-être que celui-ci, «comme genre littéraire, offre une réflexion métaphorique de l'activité de l’écrivain», estime Yergeau.Ceux-là sont le plus souvent des énigmes en forme de jeu de miroirs: n’est-ce pas là la situation où se trouve l’écrivain lui-même, devant son œuvre et ses personnages?Quelle part de lui-même y a-t-il en eux, qu’il le veuille ou non?Les décrivant, racontant leur histoire, si exotique soit-elle, n’est-il pas en train de parler de lui-même?L’énigme policière, ici, est sœur de la création littéraire: celle-ci est aussi une quête de sens, et les auteurs ne cherchent peut-être qu’à s’y connaître eux-mêmes.Et on peut en dire autant de la lecture même — en tout cas celle de textes qui ont quelque substance —, où l’histoire, le style, la structure du récit sont autant d’indices à déchiffrer et à ordonner.Yergeau l’écrivain se fait à son tour lecteur dans La Recherche de l’histoire.Il analyse la nouvelle de Borges sous de nombreux angles: grammaire et syntaxe de la narration, rhétorique, etc., comme le ferait un détective: il ne néglige aucune piste, est attentif à divers détails qui peuvent se révéler des indices significatifs.Son «enquête», di-sons-le, traverse parfois des passages difficiles — pour nous, lecteurs — alors qu’il commente, dans une prose le plus souvent elliptique, l’interaction et la distance entre le sujet et l’objet, ou le déplacement, dans certains textes littéraires, de la quête du sens vers une quête grammaticale.Certaines de ses phrases ressemblent à des maximes: «L’art est notre plus bel échec»', d’autres tombent comme des décrets: la culture moderne serait le «soubassement du monde» et non son miroir, comme on l’a longtemps cru.C’est dit comme en passant, comme autant d’évidences qui se passent d’explications.Et Yergeau, tout en examinant minutieusement la nouvelle de Borges, réfléchit sur la modernité, la grande, mmm u m Achat « Vente 4075, rue St-Denis 799, avenue du Mont-Royal Est (angle St-Hubert) (514) 523-5628 (angle Duluth) (514) 288-5567 15 SECONDES François Archambault LIVRES D'OCCASION ^BOIIQUINERÎE au plateau BOUQUINERIE SAINT-DENIS hgftttKÊÊKÊÊÊÊÊIÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊ^ÊÊÊÊM Prix du Gouverneur général 1998 Deux visions du monde s'affrontent : celle de la consommation à outrance et celle du gaspillage des talents.Loin des idées reçues, la pièce lait en Le mire un cri d'amour, celui île jeunes gens qui n arrivent pas à être tout à lait désespérés.Salon du Livre de Montréal Séances de sigma un le vendredi 20 novembre de 20li à 2!h le dimanche 22 novembre de 14b à I5h STAND 163 LEMEAC; celle qui a commencé à fa fin du Moyen Age et avec laquelle nous n’en avons pas encore fini de nos jours, comme il l’affirme d’entrée de jeu; sans cesse, depuis, nous nous interrogeons sur nous-mêmes et notre rapport au monde, sujets incertains, objets inconscients ou les deux à la fois.Les propos de Yergeau tiennent parfois de la haute voltige.Ils sont toujours rapides, incisifs, ne s’encombrant d’aucune démonstration fastidieuse.Il faut que l’enquête du lecteur de Borges progresse comme si le temps pressait, et nous nous sentons parfois comme les Watson du détective Yergeau-Holmes, lecteurs éberlués, arrivés forcément après coup, en retard d’une trouvaille: la lecture n’est-elle pas toujours une forme de rattrapage?Mais nous devinons bien que l’auteur, lui, sait où il va, que ses références aux philosophes Kant, Spinoza ou Heidegger, à la musique sérielle de Webern ne sont pas de l’épate: très brèves, elles pourront paraître obscures ou inutiles.On finit par comprendre que la lecture de Yergeau est ainsi: elle nécessite l’usage d’outils parfois sophistiqués, qui lui ouvrent des perspectives jusque-là insoupçonnées sur l’œuvre.Le détective de la nouvelle de Borges finit par être 1a victime de sa propre enquête; son refus du hasard, son entêtement à suivre sa propre logique implacable l’ont tué.Il avait tant voulu s’imposer qu’il devint l’objet de sa propre enquête, et donc sa victime.Pierre Yergeau, lui, ne va pas aussi loin, mais il paie en quelque sorte de sa personne, au cours de son essai.Son analyse du texte de Borges, ses réflexions sur la modernité sont en effet maillées à des propos très personnels.Yergeau raconte ainsi des voyages qu’il a faits dans sa jeunesse à Istanbul et à Venise.Il se rappelle également certains épisodes de son enfance abitibienne.Il y a là des moments de pure grâce, comme dans un court chapitre intitulé «La cigarette», où il relate une ballade en auto sur une route de l’Abitibi.Les enfants se bousculent sur la banquette arrière, la petite sœur compte les poteaux le long de la route; la mère, assise devant près du père, lui allume ses cigarettes.Puis soudain, l’auto, parvenue au haut d’une côte, cette sensation de n’être plus tout à fait sur terre, l’espace d’une seconde.«Jamais nous n’avions été aussi riches», note Yergeau.Et pourtant, ils n’étaient parvenus à aucune conclusion.Cet instant privilégié n’est pas devenu une histoire; il est demeuré un simple fragment d’existence sans structure, sans dénouement.Il deviendra peut-être, un jour, partie d’un texte, car n’est-ce pas de ces matériaux que sont faites éventuellement les histoires, comme les enquêtes de détectives où de menus détails à première vue insignifiants acquièrent, une fois convenablement assemblés, tout leur sens?Ainsi, Pierre Yergeau, sans enquêter sur son propre passé, parle à l’occasion de lui et de sa propre œuvre, devenant le sujet en pointillé de son propre essai, signalant par quels détours capricieux certains épisodes de sa vie se sont retrouvés dans certains de ses textes, notamment dans 1999 et dans Tu attends la neige, Léonard?.Et s’il n’est pas besoin de les avoir lus pour goûter Im Recherche de l’histoire, celui-ci donne en tout cas envie de lire ceux-là.Il y a une liberté souveraine dans cet essai où se mêlent une culture authentique, un attachement aux racines de l’enfance et une passion absolue pour la littérature.Pierre Yergeau est un lecteur et un écrivain invétéré, pourrait-on dire, qui s’investit dans son œuvre comme peu osent le faire.S’il ne vit pas de sa plume, il entend bien le faire par et pour elle.Voilà pourquoi ses romans et ses nouvelles sont irrémédiablement personnels, comme l’est cet essai.L’auteur s’y retrouve parfois sous les traits d’un personnage; parlant de lui, il parle de son œuvre.La Recherche de l'histoire est un essai-labyrinthe, avec ses zones obscures et ses passages lumineux, une invitation à tout lire, y compris notre propre vie, car «nous sommes à la recherche de la logique du récit dont nous sommes les acteurs».C’est un livre singulier, un livre d’histoires écrites ou à venir.C’est l’œuvre d’un des écrivains les plus doués de sa génération.LA RECHERCHE DE L'HISTOIRE FRANÇOIS VIGNES «.ce livre je l’ai goûté, je l’ai dégusté et je l’ai aimé.» Robert Sabatier, Académie Goncourt LES COMPAGNONS DU Verre a-soif ançols Vignes «François Vignes a le sens de la formule et ses dialogues sonnent à la Prévert.» Pierre Drachline, Le Monde rlb sdiiiiur roman 19,95 $ PRIX GEORGES-BRASSENS 1998 U CROUPE VIIJI -MAKIV UIllKAllKE.Finaliste au Prix du Gouverneur général 1998 mm LA PEAU D’ELISA Carole Fréchette A partir de l.i ivncomiv m Five h elle a conçu un magnifique personnage de lemme qui raconte les souvenirs d’amour de ces gens comme si les événements lui étaient à elle1 même arrivés.Salon du Livre de Montréal Séance de signature le samedi 21 novembre de 16h à 17b STAND 163 LEMÉAC/ACTES SUD-PAPIERS Prix littéraires Christiane i kenbiTi 152 PAGES IA TERRE FERME *• ¦
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