Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Page(s) complémentaire(s)
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (3)

Références

Le devoir, 1998-10-13, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
F 0 N I) E 19 10 LE DEVOIR V (i L .I.X X XIX - N -231 ?PERSPECTIVES English, por favor La Californie est le pays des référendums.Il y en a pratiquement un chaque année.Le dernier remonte à juin.La majorité des Californiens avaient alors voté en faveur de la proposition 227 interdisant les classes bilingues (surtout anglais-espagnol).Quatre mois plus tard, l’usage exclusif de l’anglais dans ces classes n’est pas respecté.La révolte ne vient pas d’où l’on croit.Alice Callaghan et Ron Unz sont en colère: la directrice d’un des plus grands établissements scolaires de Los Angeles et l’un des nouveaux millionnaires de la Silicon Valley avaient pourtant sablé le champagne le soir du 2 juin 1998 quand ils apprirent que 61 % des Californiens avaient dit No aux écoles publiques bilingues de leur Etat.Ils étaient même doublement heureux d’apprendre que la grande majorité des latinos avaient voté pour la proposition 227 afin que leurs enfants plongent plus rapidement dans le chaudron du melting-pot américain.Mais voilà, craignant pour leur avenir, pas moins de mille professeurs de ces écoles bilingues refusent d’accepter le verdict des électeurs.Furieux, ces derniers font signer des pétitions de quartiers et pestent contre la lourdeur bureaucratique qui n’a pas permis à la rentrée scolaire de se faire uniquement dans la langue de Hemingway.On n’efface pas facilement trente ans d’éducation bilingue.«Il n'y a pas une seule école de quartier qui ne viole pas la nouvelle loi», déclare, amère, Alice Callaghan.Ron Unz, 36 ans, a dépensé lui, un million de dollars en publicité pour que «son» référendum passe.Ce fils de Mexicains, qui rêve de politique, ne croit plus à ces écoles bilingues créées à l’époque du «peace and love» pour permettre aux petits immigrants de cultiver leur identité.Il est urgent, selon lui, que lès enfants des hispanophones (le quart de la population californienne) «apprennent très vite à parler, à lire et écrire l'anglais comme le souhaitent d'ailleurs leurs parents».Ces derniers mois, les communautés de Mexicains et celles d’Amérique centrale avaient oublié leurs querelles idéologiques et ethniques pour faire à tout prix passer la proposition 227 faussement perçue à l’étranger comme étant hostile aux hispanophones.Déjà, bien avant le vote de juin, les écoles bilingues attiraient d’année en année moins de petits latinos.Les écoliers latinos affichent les taux de réussite scolaire les plus bas de Californie et cela est dû, selon leurs parents, aux programmes d’enseignement bilingues jugés inadéquats.En disant si à \'ingles avec la proposition 227, ces parents, jardiniers, serveurs ou au mieux infirmiers, si souvent victimes d’ostracisme à cause de leur langue, font le pari suivant: une totale maîtrise de l’anglais permettra à leurs petits de mieux croire au rêve américain.L’égalité linguistique est synonyme d’égalité économique, estiment-ils.Perdront-ils alors leur identité culturelle?Aujourd’hui, l’identité américaine est plus ethnique que civique.Au fil des ans, le melting-pot (plus rêvé que réel) s’est transformé au droit à la différence, à un certain multiculturalisme.Même le président Bill Clinton voit les Etats-Unis comme une «société arc-en-ciel» («rainbow society»).Les latinos, contrairement aux autres groupes ethniques, peuvent se permettre d’avoir une double allégeance: à leur pays d’accueil et à leurs traditions.I^eur culture d’origine ne se trouve pas à des milliers de kilomètres.Ije Rio Grande n’est pas loin.L’Amérique latine est toute proche.Elle l’est même un peu trop, estiment les anglos de Californie.S’ils ont voté à 64 % pour la proposition 227 ce n’est pas pour les mêmes raisons que les latinos.Pour eux, mettre fin à l’édqcation bilingue (historiquement jamais ixtpulaire aux Etats-Unis) c’est assimiler plus rapidement les Mexicains et Centraméri-cains, toujours plus nombreux malgré toutes les mesures prises ces dernières années pour les empêcher d’entrer dans l’État le plus peuplé de l’Union.Dans leur immense majorité, les 28 millions d’Hispa-no-Américains du pays croient encore que la statue de la Liberté est le symbole de l’abondance et de l’égalité des chances.Pourtant, en Californie (jjerdue par le Mexique en 1848 comme d’ailleurs l’Arizona, le Nouveau-Mexique et le Texas), moins de 5 % des élus à tous les niveaux — jusqu’aux conseils d’écoles — sont latinos.Les mythes ont la peau dure.Mais les hispanophones sont optimistes.Ils ont le temps pour eux.Ixs démographes leur donnent d’ailleurs raison.Les latinos deviendront la première minorité raciale et linguistique des Etats-Unis d;uis six ans, en l’an 2005.Dans cinquante ans, ils seront plus nombreux que toutes les autres minorités réunies.En Californie, ils se sentent déjà majoritaires.La culture hispanique est inhérente au Golden State.En moins d’une génération, Los Angeles est passée de l’«Iowa-sur-le-Pacifique» à une métropole multiculturelle fortement trempée dans la sauce salsa où l’espagnol est parlé et affiché bien haut.Voilà pourquoi, les latinos ne craignent pas pour leur identité culturelle.Ils ont voté pour la proposition 227, il est temps à présent de passer au «tout-anglais».üi devise, cachée, de Y American Dream n’est-elle pas «Travaillez fort et vous serez récompensé»?En travaillant fort leur anglais les latinos pourront, croient-ils, gagner davantage de dineros et ainsi rallier la classe moyenne si chère au mythe américain qui fait encore rêver une bonne partie de l’humanité.Antoine Char ?M E T E 0 Montréal Ennuagement en après-midi.Max: 17 Min: 8 Québec Ensoleillé.Max: 13 Min: 2 Détails, page B 3 INDEX Annonces .B 6 Le monde .A(> Avis publics.B 7 Les sports .B 5 Culture .B 8 Mots croisés.B *£> MM «a WÊÈÈÊmÊm MtflUll I • NS j* mm y.''- ÏSSSI ill mm sm ift.) > À la demande de leurs gouvernements respectifs, les diplomates occidentaux ont tous quitté Belgrade hier.Ici, un Britannique verrouille la porte de son ambassade avant de quitter le pays.Les avions canadiens sont prêts au combat, dit le général Baril JOCELYN COULON LE DEVOIR Les chasseurs canadiens CF-18 sont prêts à se joindre aux forces de l’OTAN et à mener des opérations contre des objectifs serbes, déclare le chef d’état-major des Forces armées canadiennes, le général Maurice Baril.«Le gouvernement canadien s’est engagé à collaborer avec l'OTAN au Kosovo.Nos appareils participeront à des frappes aériennes si cela est nécessaire.Il faut que les Canadiens sachent que nous mènerons ces opérations de bombardement», dit-il, au cours d’une entrevue accordée au Devoir jeudi dernier à Ottawa.Les CF-18 recevront leurs ordres de mission du commandant suprême des forces alliées en Europe, le général américain Wesley Clark qui aura lui-même obtenu le feu vert du Conseil permanent de l’OTAN.«Les appareils sont prêts et armés pour ces missions de bombardement, dit-il.De plus, nous venons de placer sur un pied d'alerte un avion de ravitaillement qui devra être disponible à trois jours d’avis et non plus dans sept jours.» Depuis plusieurs semaines, six chasseurs CF-18 sont stationnés sur la base d’Aviano en Italie où ils effectuent des missions de surveillance aérienne au-dessus de la Bosnie dans le cadre de l’accord de paix de Dayton mis en œuvre par l’OTAN.Ix> contingent canadien est composé de dix pilotes et de 120 militaires de soutien.Les avions de combat canadiens se joindront à une force de l’OTAN de 430 appareils, dont 260 avions américains.La France dispose dans la région de 40 appareils, les Pays-Bas, 16, l’Allemagne 14, la Belgique duc et la Norvège, huit, l’Espagne, quatre, le Portugal, trois, le Danemark, quatre.La Grèce a refusé de fournir des appareils.Le général Baril n’a pas exclu une participation plus importante si le gouvernement en faisait la demande.«Mais, VOIR PAGE A 10: BARIL Les six avions de combat canadiens se joindront à une force de l’OTAN de 430 appareils, dont 260 avions américains La commission scolaire n’a pas le temps ?Les parents sont là ! De nombreux parents seraient prêts à tout, ou presque, pour améliorer la vie de leur enfant à l’école.C’est heureux car ils sont sollicités de toutes parts, et pas seulement pour siéger dans des comités.Les corvées peuvent aussi faire partie des tâches du parent modèle.PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Les parents de l’école Notre-I)ame-de-la-Garde (plus précisément son annexe) n’ont pas chômé l’autre samedi.Ils s’étaient donné rendez-vous dans la cour de l’école, pour un nettoyage qui prit une ampleur inattendue lorsqu’un papa y apporta.une pelle mécanique.La directrice de l’école, Patricia Thivierge, n’est pas la seule à faire appel aux parents pour accélérer un peu la marche des travaux.En début d’année, à l’école Laurier-Macdonald, à La-salle, la directrice, Doris Fortin, a demandé aux parents de déplacer des pupitres d’un étage à un autre, parce quelle venait d’apprendre que le nombre étonnamment élevé d’inscriptions à la maternelle lui permettait d’ouvrir une troisième classe de niveau préscolaire.Mme Fortin voulait faire vite et ignorait à quel moment sa requête auprès de la commis- sion scolaire Marguerite-Bourgeoys serait entendue.Dans son cas, les choses bougèrent très rapidement: «des hommes payés par la commission scolaire sont venus et finalement, je n ai pas eu besoin des parents».La directrice ajoute que la participation des parents de son école a toujours été très grande et que la loi consacrant le rôle des parents ne provoque donc pas de choc ici.«L’implication des parents est très forte.De toutes manières, de plus en plus, dit-elle, l'école devient une petite entreprise autonome.Il n’y a rien de tel que de se débrouiller soi-même», dit-elle.Des directions d’école pressées À l’école Notre-Dame-de-la-Garde, à Verdun, c’est également le désir de faire les choses rapidement qui a conduit la directrice à faire appel aux parents pour nettoyer la cour de l’école.Les autochtones vivent dans des conditions dignes du tiers monde PRESSE CANADIENNE Ottawa — La qualité de vie des Canadiens vaut peut-être à leur pays une première place au palmarès des Nations unies, mais le sort de leurs concitoyens autochtones semblent pire que celui des Mexicains et des Thaïlandais, selon une étude du ministère des Affaires indiennes.L’étude révèle que les conditions de vie des quelque 380 (XK) Amérindiens vivant dans des réserves se comparent à celles du Brésil et d’autres pays dont le niveau de développement humain est considéré comme moyen.Quant aux 270 000 autres autochtones vivant à l’extérieur des réserves, leur qualité de vie est à peine supérieure.Selon le mode de classement des Nations unies, leurs conditions de vie rappellent celles des Russes, a rapporté hier le Globe and Mail.«Cela ne nous étonne pas, a commenté Phil Fontaine, chef national de l’Assemblée des premières nations.C’est ce que nous vivons chaque jour.Il faut VOIR PAGE A 10: AUTOCHTONES L E S A C T II A L I T É S Manning croit à trois référendums VOIR PAGE A 10: PARENTS ¦ À lire, page A 3 ) I t 778313000658 A « I.K l> E v 0 I a .L E M A RDI I 3 () C T 0 B R E !) !) S EDITORIAL Un premier ministre tout puissant Michel Ve n n e L’arrogance et le mépris sont les marques de commerce de Jean Chrétien.Mais il faut dire que ce dernier profite de la faiblesse des mécanismes institutionnels de contre-pouvoir en vigueur au Canada et p}e l’étendue des pouvoirs quasi impériaux mis entre les mains du chef du gouvernement par la Constitution et la tradition politique canadienne.L e débat sur l’utilisation des surplus de la caisse de l’assurance-emploi montre à l’envi la latitude dont dispose le gouvernement fédéral.Paul Martin et Jean Chrétien ont fait leur lit et proposent une baisse générale et inéquitable des impôts au lieu d’une réduction des cotisations.Dans un rare moment de grâce, les quatre partis d’opposition aux Communes ont uni leurs voix pour proposer une solution de rechange.Mais cette 'coalition circonstancielle, à laquelle participent aussi les provinces, les centrales syndicales et d'autres organisations populaires, n’a d’autre poids que celui d’un groupe de pression.Elle ne dispose d’aucun mécanisme de blocage.Et comme Jean Chrétien et le •PLC ont, à travers le pays, un niveau de 'soutien populaire dépassant les 60 %, le premier ministre canadien pourrait fort .bien ignorer les opposants.» M.Chrétien profite ici de la faiblesse conjoncturelle de l’opposition parlementaire, fragmentée suivant des lignes de fracture idéologiques et régionales.Mais la toute puissance dont jouit le premier •ministre ne tient pas que dans les circonstances actuelles.Le système politique canadien est fait de manière à .conférer au chef du gouvernement une ^omnipotence qui fait peur.Si un despote •accédait aux plus hautes fonctions, les mécanismes démocratiques seraient de peu d’utilité pour l’empêcher d’agir à sa guise, à moins que ses excès ne provoquent un soulèvement du peuple.On oublie trop facilement que le premier ministre, une fois élu même par une minorité d’électeurs (le PLC a pris Je pouvoir avec 38 % des suffrages en 1997), est investi du pouvoir de nommer seul le chef de l’Etat fie gouverneur général), les membres de la Chambre haute 0e Sénat) et les juges de la Cour suprême.En plus, le .principe de la solidarité ministérielle a l’effet de bâillonner les ministres et les députés issus du parti •âu pouvoir, lesquels sont punis s’ils dérogent de la jigne de parti.Ce qui garantit au premier ministre un •Contrôle sur les décisions de la Chambre des communes, sur le résultat du vote au Sénat dès que la majorité lui est acquise grâce à des nominations parti-'sanes, et dans la plupart des commissions parlementaires qui sont inféodées au pouvoir exécutif.Le Parle jnent peut, comme c’est le cas aujourd’hui, tomber (aux mains d’un chef de parti politique manœuvrier.Les mécanismes institutionnels de contre-pouvoir sont inefficaces au Canada Non seulement le Parlement peut être contrôlé par l’exécutif, mais son pouvoir tend à diminuer depuis quelques années.La privatisation de certaines activités gouvernementales par la création d’agences (comme l’Agence d’inspection des aliments) ou de fondations (comme la Fondation des bourses du millénaire) a l’effet de réduire le pouvoir des parlementaires de contrôler certaines activités financées par des deniers publics (deux milliards et demi dans le cas des bourses du millénaire) pour remettre cette compétence entre les mains du secteur privé.Les gardiens des droits des citoyens en sont quittes eux aussi pour se taire.Le congédiement récent de l’actuaire en chef du gouvernement en est une illustration.Il faut se souvenir aussi de l’opprobre dont a été l’objet, au comité parlementaire des Finances (contrôlé par une majorité de députés libéraux serviles), le Vérificateur général lorsqu’il a dénoncé le scandale des fiducies familiales.Le Commissaire à la vie privée doit pour sa part recourir aux tribunaux pour faire démontrer l’illégalité manifeste des couplages de données entre les douanes et l’assurance-emploi.Quant à la décision du Tribunal des droits de la personne sur l’équité salariale, que Jean Chrétien avait promis de respecter, elle a été portée en appel par le gouvernement à une cour dont les juges sont nommés par le premier ministre.Rappelez-vous aussi le sort réservé à la Commission royale d’enquête sur la Somalie: muselée.Et voyez la désinvolture avec laquelle M.Chrétien traite l’enquête de la GRC sur le «peppergate».On se retrouve donc avec des députés sans voix, des chiens de garde édentés, et un premier ministre omnipotent.Il y a les provinces.Qui n’ont guère eu plus de succès à convaincre le fédéral de changer d’attitude dans le scandale de l’hépatite C qu’elles en ont à imposer à Ottawa des règles de contrôle de son pouvoir discrétionnaire de dépenser par lequel le fédéral envahit leurs champs de compétence.Il reste certes le pouvoir de la parole, de l’indignation et de la protestation véhémente.Mais dans un monde ultramédiatisé comme le nôtre, dans lequel le bruit étouffe l’intelligence, la parole a besoin d’être canalisée par des institutions qui lui confèrent une influence décisive.Des réformes s’imposeraient pour rétablir un meilleur équilibre entre l’exécutif et les autres sources de pouvoir au sein de la société canadienne.Mais il ne faut pas compter sur Jean Chrétien pour ça.À l’encre de Chine Guy Ta =j| a Chine a signé la semaine dernière la L Convention internationale sur les droits de l’homme.Vieille de plus de vingt ans, cette convention de l’ONU sur les droits poli-=1 tiques et civils a été entérinée par 140 pays.Elle contient des garanties contre la torture et les arrestations arbitraires, elle protège le droit à l’autodétermination, ainsi que les libertés d’expres-¦sion, d’opinion, de conscience, de religion, de mou-vement et d’association."¦ Combinée à la Convention internationale sur les (droits économiques, sociaux et politiques, à laquelle Pékin avait adhéré en octobre dernier, elle constitue pour les pays signataires l’un des deux -documents d’application de la Déclaration univer-‘selje des droits de la personne, qui célèbre cette an-!_jnée son cinquantenaire.~j Le Canada de Pierre Trudeau a signé cette ,’convention sur les droits politiques et civils en 1976.‘L’Indonésie n’y a jamais adhéré.Ce qui mérite mention, considérant ce «Peppergate» irritant pour la liberté d’expression qui éclabousse actuellement le ^gouvernement Chrétien.Pour mémoire, le premier ^ministre pourrait en laisser traîner quelques copies dans son «bureau».Et en signaler l’existence à la GRC dans une «note de service».Il y a souvent loin de la parole au geste.Parfois .même dans nos démocraties douillettes.Ainsi en est-il de la Chine, en signaux contradictoires.La liberté est une valeur absolue et universelle '¦‘que Pékin voudra encore relativiser arbitrairement i 11 e fe r en fonction des «valeurs asiatiques», comme dans la Malaysia de Mahathir Mohamad et l’Indonésie de l’ex-président Suharto.Sitôt après avoir signé la convention à New York, elle laissait entendre qu’elle bloquerait l’application de certaines dispositions, touchant notamment le droit à l’organisation syndicale et la liberté de changer de domicile.Et tandis qu’à l’ONU on signait, un activiste bien connu, Qin Yong-min, était détenu dans la ville de Wuhan après avoir tenté d’obtenir des autorités la permission de créer un groupe de surveillance des droits de la personne.Ce qui n’exclut pas qu’à petits pas — dont les traces s’effaceraient si dans la société civile des oppositions ne persévéraient pas —, le gouvernement chinois entrouvre la porte à la démocratie et l’État de droit.Amnesty International rapportait récemment que le nombre d’exécutions avait considérablement diminué l’année dernière en Chine, suivant une révision de la Loi sur la peine capitale.Et fin septembre, Pékin acceptait de recevoir les conseils et l’assistance technique de l’ONU en matière de droits humains, faisant dire à Mary Robinson, haut commissaire pour les droits de l’homme, qu'«une barrière psychologique [avait] été franchie» entre la Chine et les Nations unies.N’empêche, on croira davantage Pékin le jour où seront libérés les quelque 155 manifestants condamnés à de lourdes peines de prison dans la foulée des événements de la place Tiananmen, en 1989.Ici comme ailleurs, les conventions sont rarement signées à l’encre indélébile.L E T T R E S Décider F de notre avenir Nous en avons ras le bol.Notre avenir [ esf déjà réalisé: c’est de rester dans 1 notre pays, le Canada.Cet éternel ra-j dotage sur «notre avenir» décidé, pen-] sé, organisé par quelques-uns, est ] complètement déconnecté de la base, ' du peuple qui a dit NON par deux fois ; au.projet séparatiste.Inutile de nous faire croire, d’essayer de nous j convaincre malgré nous.les Québé-! cois ne font pas pitié, ne sont pas oppri-' més ni méprisés dans la fédération ca- nadienne.S’ils le sont, c’est par leurs propres concitoyens.les Québécois sensés n’adhèrent pas à ces balivernes, sottises et sornettes.Ceux qui ont le complexe d’être québécois s’y jettent à corps perdu.Ils y ont trouvé les motifs jxjur justifier leur comportement C’est leur choix personnel qu’ils n’ont {tas à imposer aux autres.Ceux et celles qui croient dans le Canada ne sont pas des écrasés, des peureux, des vendus.Au contraire, ce sont des bâtisseurs, des gens sûrs de leur capacités, des fonceurs qui n’ont (ras peur des défis.Us ne sont pas frustrés ni hantés par des sentiments imaginaires d’hu- miliation, de mépris.U- complexe d’infériorité n’a pas de prise sur eux.Ils voient grand, aussi grand que le Canada.En un mot, ce sont des gens dont l’identité canadienne est fortement établie.Ils ne sentent pas le besoin de la remettre en cause, au contact de gens frustrés, «pognés» qui se cherchent désespérément.Personnellement je n’ai jamais éprouvé de sentiment d’humiliation d’être québécoise-canadienne.J’ai voyagé et ce sentiment n’a jamais effleuré mon esprit.Marie-France Ix*gault Québec, 26 septembre 1998 u mu Pu Pt CARTt?ÆUÉBtC ! / / / \ \ bt 7» v/' 1 — i WïK r 6mnTf£ Être de son temps Y a mort récente de Pauline Julien nous a rappelé une fois de plus la tiédeur de nos convictions collectives.Bien sûr, on a fort justement vanté les qualités exceptionnelles de cette femme.On a répété trois fois plutôt qu’une la ferveur de ses engagements, sa vivacité, sa droiture, son intransigeance.On n’a pas blâmé, comme on le fait d’habitude pour les vivants, son inaptitude à la tolérance.Vous savez, cette pente que l’on descend tout naturellement chez nous, dès qu’il s’agit d’êtres qui n’estiment pas qu’il soit souhaitable de courber l’échine afin de prouver ce qu’on appelle toujours sa «bonne foi».Mais il y avait dans ce concert d’éloges le senti- * ment à peine larvé qu’une telle constance dans les prises de position n’était plus tout à fait de mise.Les croisades des décennies passées étaient en quelque sorte passablement désuètes.A-t-on idée au jour d’aujourd’hui de se battre pour des idées?A-t-on idée d’enfourcher des chevaux de bataille exigeants quand il est si facile de suivre le mouvement qui mène au libéralisme de pacotille auquel on peut avoir accès sans effort?Pauline Julien n’est plus.Ni la chanson dite rive gauche ni les airs des chansonniers qu’elle a successivement défendus ne sont dans l’air du temps.Tout cela fait outrageusement «dépassé».N’importe quelle pétasse qui trouve à la télévision que Raymond Devos est inintelligible à cause de son accent français (!) ou qui estime qu’une actrice française dont le patronyme est Seigner doive être évoquée à la façon des machines à coudre Singer, toute pétasse dis-je vous apprendra qu’il sied davantage d’applaudir à Jermaine Jackson ou aux Back Street Boys.Puisqu’il faut être de son temps.Advienne que pourra.
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.