Le devoir, 7 octobre 1998, Page(s) complémentaire(s)
V o l .I.-X X .X I -X N " 2 2 Kathleen Lévesque PERSPECTIVES Gagner, même par défaut La campagne électorale plonge Montréal dans un abîme d’incertitude.Pierre Bourque est en avance, servi par la présence de deux adversaires de taille qui veulent le déloger.Mais de toute évidence, Jean Doré et Jacques Duches-neau ont oublié que pour sonner l’hallali du maire sortant, il fallait l’union des oppositions et non pas leur division.Personne ne peut feindre la surprise de voir Pierre Bourque en tête de peloton dans les intentions de vote des Montréalais.Depuis plus d’un an, tous les observateurs de la scène municipale s’accordent pour dire que seule une bataille à deux peut constituer une menace politique pour Pierre Bourque.Or, pendant que les élus à l’hôtel de ville se préoccupaient davantage de se trouver une niche politique avec une personnalité sur laquelle s’appuyer plutôt que de construire un projet commun pour Montréal, M.Bourque allait son petit bonhomme de chemin.Il a sillonné le terrain et pourrait aujourd’hui profiter de l’éparpillement de ses adversaires.L’histoire ressemble à s’y méprendre à celle vécue à Laval l’automne dernier.Gilles Vaillancourt s’est faufilé entre ses nombreux détracteurs, franchissant la ligne d’arrivée avec 40 % des suffrages contre 60 % pour les autres candidats.Le stratège derrière M.Vaillancourt, Pierre Desjardins, est aujourd’hui conseiller de Pierre Bourque.M.Desjardins tente de répéter l’exploit, plaçant son poulain dans un cadre de prudence, cherchant à lui assurer la victoire, même par défaut.Ainsi, le maire ne sort que très peu des sentiers battus, parlant de lui à la troisième personne et lançant pêle-mêle des chiffres énormes pour impressionner son auditoire.Malgré un bilan désertique, il trône, ?* inébranlable.Nul besoin de s’encombrer d’explications et de nuances que nécessiteraient les dossiers complexes, dont celui des finances.Il se présente comme celui qui est en voie de libérer Montréal du carcan financier hérité des administrations précédentes.Et ça suffit.Qui peut ignorer la tutelle officieuse du gouvernement du Québec?Ijc ministre des Affaires municipales Rémy Trudel soulignait récemment qu’il réclame des comptes rendus trois fois la semaine sur l’état des finances de Montréal?Mais là aussi, qu’importe, puisque la chef de cabinet de Pierre Bourque, Christiane Thé-berge, avec son jugement politique et sa féroce détermination, est sa crédibilité auprès du gouvernement.Mais ce rempart ne semble pas nécessaire auprès des citoyens.Depuis quatre ans, Pierre Bourque offre l’image de la victime et attire ainsi la compassion.Le verbe mou, le regard fuyant, il prend l’allure d’une bête traquée: à l’occasion par Québec qui ne comprend pas toujours la réalité montréalaise: toujours par les médias qui, à force de décortiquer l’administration Bourque et ses faux pas, lui ont [>eut-être construit involontairement une auréole de martyr aux yeux de la population; souvent par ses détracteurs, ces élus d’opposition qui font de lui un incompris; et depuis hier, il y a ces «jaloux» de son pouvoir, comme le dit M.Bourque, dont le professeur Alain Chanlat, un collaborateur de la première heure.Si la politique n’aime pas les faibles, Montréal semble faire exception.Et la comparaison avec les autres aspirants maires apporte vraisemblablement de l’eau au moulin bourquien.L’image est un outil de premier ordre pour Pierre Bourque alors que Jean Doré et Jacques Duchesneau sont prisonniers de la leur.Ainsi, M.Doré a beau tenter de se refaire une virginité politique, il n’y parvient pas.Ses huit années à l’hôtel de ville planent comme un brouillard au-dessus de sa tête, le précédant même dans ses apparitions publiques.Même si, par sa connaissance des dossiers, son expérience et son équipe, il déclasse ses adversaires, il apparaît comme un relent de la petite histoire politique de Montréal archivée depuis quatre ans.Et il n’est pas certain que les Montréalais souhaitent dépoussiérer le dossier.Chez M.Duchesneau, la matraque dépasse.Tout dans son organisation transpire l’esprit de clan et la centralisation du pouvoir.Encore hier, l’ancien chef de la police de Montréal a fait une autre démonstration que son uniforme n’est jamais bien loin.D>rs d’un débat des chefs, il a laissé échapper qu’il est en politique afin de «travailler pour la population et les policiers».Il a deux semaines, il avait utilisé un «on» révélateur pour défendre le service de police qui enquête sur lui-même daqs le délicat dossier des vignettes V.I.P.A la limite, même le candidat à la mairie Michel Prescott traîne un carcan avec le Rassemblement des citoyens de Montréal.Le parti s’est embourbé dans des guerres fratricides puis dans des relations extrapartisanes qui ne lui permettent même pas de présenter des caqdidats dans tous les districts.A force de regarder dans le vide, de s’y délecter et de croire qu’ils pouvaient le remplir, tous ces aspirants maires risquent de tomber dans le vide.Tous réclamaient pourtant X«union des forces vives de Montréal».Cette bataille électorale pourrait bien verser dans une guerre d’egos trop gros pour l’intérêt de Montréal.h le vesq ueCa lede voir.com M É T É 0 Montréal Ensoleillé avec passages nuageux.Max: 18 Min: 2 Québec Ennuagement graduel.Max: 14 Min: 0 Détails, page B 4 1 N D E X Annonces .B 8 Le monde A 6 Avis publics.B 4 Les sports B 7 Culture .B 8 Montréal A 3 Économie .B 2 Mots croisés.B 4 Éditorial .A 8 Politique A 5 Horizons .B 1 Télévision B 9 www.ledevoir.com MONTRÉAL, LE MERCREDI 7 OCTOBRE I DDR HORIZONS La chronique de Josée Blanchette: Le nerf de la guerre, page B 1 ÉCONOMIE Nouvelle baisse des taux hypothécaires, page B 2 idée est venue à Walter Boudreau et sa bande de ' la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) de commencer l’année en nous faisant rire.Quelle drôle d’idée.Quelle bonne idée.Enfin, on ne pourra plus affirmer que la musique «d’aujourd’hui» n’est qu’ennuyeuse; lors de cette première sortie, on a bien rit.Enfin pas toujours, mais la soirée a fort bien débuté.I»es deux pièces de John Zorn sont assez irrésistible.Dans For Your Eyes Only, le compositeur s’amuse à un savant collage de musiques allant de Schœnberg à Varè-se en passant par des clins d’œil à la musique de film (de bandes dessinées surtout, le grand thème du concert) dans un fatras si hilarant qu’on ne sait plus s’il faut rire de bon cœur ou s’émerveiller de l’intelligence avec laquelle tout cela est bien ficelé.L’ensemble rend cela, ce qui avantage l’humour, avec une truculente précision et un sens de la caricature juste que le bâton de Boudreau, remarquablement souple, anime avec finesse; les diverses et évanescentes réminiscences sont éclaircies sans jamais qu’on nous prennent pour de idiots en les soulignant au crayon rouge.Une ouverture en matière raffinée et amusante, que demander de plus?La suite, bien sûr, et suite il y a.Avec le Road Runner, du même Zorn, pour accordéon solo, le théâtre fait son entrée en scène.Joseph Pétrie domine tellement tout ce qu’il a à faire — du jeu normal aux gri- maces, des clusters au trémolos, des citations encore une fois judicieuses et des approches non conventionnelles que le temps passe trop vite quand il nous laisse sur sa sensible.Un trait d’humour réalisé par un bon humoriste.Arrive le meilleur, Homonymy de John Oswald.Les chiffres et les mots défilent à l’écran dans une synchronie parfaite avec le jeu des musiciens.Les rapports de sens multiples entre les mots anglais comme français et les sons sont dignes des plus formidables calembours et absurdités d’un Devos.Nous n’entendons pas là de la musique qui se voudrait drôle, mais de la musique drôle, drôlement faite et qui se tait fi de s’attarder à autre chose que l’intelligence.Un vrai régal.Bien sûr, ce ne sont pas là trois pièces qui aspirent au chef-d’œuvre.Qu’importe! Si bien réalisé, l’humour en musique apporte son lot de réconfort et le concert sa panacée aux maux d’une époque blasée.Tant que cela existera, on peut garder confiance.Le reste du programme est plus terne.La Destination soleil de René Lussier fait déjà bien vieille figure, même si elle réussit à attirer à la SMCQ un public qui souvent la boude.Iœs élucubrations sur guitare électrique ne sont qu’illustratives, l’usage de l’ensemble sans apport spécialement intéressant.Et la soirée se termine avec la Symphonie de chambre de John Adams.Bon, c’est du John Adams, que dire de plus sinon que son traitement de la matière contrapuntique montre une aisance certaine.La pièce, dans le fond, est plus une démonstration de virtuosité de la part de membres de l’ensemble de la SMCQ.On y est fasciné par la qualité des musiciens, leur exactitude et, il faut leur rendre se mérite, leur manière de faire respirer un peu cette musique.De plus, Boudreau obtient une transparence dans les textures qui efface tout souvenir que cette pièce, entendue sur disque, a pu laisser.Un exploit en soi et qui est de bon augure pour les autres concerts de la saison tant la SMCQ semble en forme.Charles Sirois caresse des projets pour Coscient MICHEL DOLBEC PRESSE CANADIENNE Cannes — L’homme d’affaire Charles Sirois nourrit de grandes ambitions pour Coscient, dont il assure désormais la gestion et qu’il veut transformer rapidement en une entreprise «globale».Le patron de Télésystème (actif de huit milliards) a exposé sa stratégie hier à Cannes devant des participants au Mipcom, le grand «marché international des films et des programmes pour la télévision, la vidéo, le câble et le satellite».Il s’agissait de sa première allocution sur ce sujet depuis que Télésystème (dont le vaisseau amiral est le géant Téléglobe) a pris, en juillet, une participation de 20 % dans Coscient.Charles Sirois se montre déterminé à faire de la société montréalaise, deuxième producteur de films et d’émissions de télévision au Canada (derrière le Groupe Alliance de Toronto), une entreprise mondiale.La société a selon lui «atteint la taille et les connaissances dans certains créneaux pour réaliser cette ambition et profiter de l'expérience de Télésystème en gestion internationale».Coscient, dont le chiffre d’affaires atteint les 100 millions de dollars, exporte déjà 65 % de sa production.L’objectif de Charles Sirois est évidemment d’augmenter le poids de ces exportations en suivant sa stratégie habituelle: trouver un créneau, une niche bien définie «loin des mégaproductions hollywoodiennes», et l’occuper au niveau planétaire.«Nous allons globaliser deux secteurs du savoir-faire de Coscient, dit- il.Est-ce que ce sera l’animation, les émissions pour enfants, les programmes jeunesse?C'est ce que nous sommes en train d'étudier.» Avec cette prise de participation dans Coscient, Charles Sirois, jusque-là spécialisé dans le transport des données, élargit son champ d’action au «contenu».Le choix, même s’il répond à un goût pour la création, est aussi «bassement capitaliste», reconnaît Sirois en riant.Dans le contexte de la fameuse «convergence» des technologies de l’information (autour d’Internet notamment), posséder la tuyauterie ne suffira plus: à l’avenir, les contenus rapporteront plus que les équipements.«La demande pour des contenus de grande qualité explose, a expliqué M.Sirois.Et comme les droits de propriété sont gérés de façon “agressive” dans tous les médias et qu’ils génèrent des revenus plus importants, ils deviendront un actif encore plus précieux.L'issue finale sera que les producteurs de contenus attireront une plus grande part de la valeur créée que ceux qui fournissent simplement l’infrastructure.» L’un ne va cependant pas sans l’autre, selon le président de Télésystème: pour créer des entreprises mondiales, les créateurs devront s’allier aux fournisseurs de technologies.Ceux qui le comprennent seront «les vainqueurs du nouveau monde».Plus d’un millier d’exposants (télévisions ou maisons de production) venus de 45 pays et près de 3000 acheteurs de films et de programmes participent au Mipcom 1998.Téléphone.985-3322 LES PETITES ANNONCES PROPRIETES A VENDRE PRÉVILLE, (St-Lambert) près rue Simard, 3 c.c„ 2 s.de b„ sur cul-de-sac, voisin arrière parc, rénovation unique, jardin.Vente privée.S199.000.(450)466-0977 ST-LAURENT duplex rénové, 2X5 1/2, métro du Collège, grand terrain avec stat.747-0365 CONDOMINIUMS CO-PROPRIÉTÉS C.D.N., près U.de M adj.Outremont Place Plantagenet.exceptionnel.2 condos spacieux, impeccables Haut duplex, 6 1/2:731-9878 Bas 7 1/2: 341-1491.OCCASION UNIQUE! 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