Le devoir, 19 septembre 1998, Cahier A
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V (i i.I.X X XIX X " 2 I 2 M 0 X T lî É A I.I.K S ?FONDÉ EN 1 9 1 0 ?DEVOIR S A M K I) I I 0 K T I) I M A X (' Il K 2 0 S E I* T E M 15 lî E I !» 0 S f> 0 A II I E li S if ww» 2 r> s T A X K S i.v marqu e le retout du CRAN LIVRES Le premier roman de Raymond Cloutier, page D 1 PERSPECTIVES Autre pays, autres mœurs LES ARTS Danièle Desnoyers, ou la danse comme passage, page B 1 POLITIQUE Beaudoin promet une politique des musées, page A 7 jlTÏ PLATES FORMES Quand l’informatique transforme le design, page I) 12 Les producteurs se préparent à un de porcs long siège Autre pays, autres mœurs.Au moment où l’Amérique accable le président Clinton pour son amour du cigare et des jolies femmes, la France, elle, se penche sur les mensonges d’un autre président.C h r i s t i a n K i o u x L) énorme biographie de François Mitterrand (1080 pages!) que publie ces jours-ci l’écrivain et journaliste Jean Lacouture est en effet l’occasion de mesurer le précipice qui sépare deux cultures politiques, deux façons de voir le sexe dans la vie des personnages publics.Mais aussi deux façons de considérer le mensonge en politique.Jamais l’écart n’aura été si grand entre un catholicisme jouisseur qui ne craint pas l’affabulation et une foi protestante qui condamne l’infidélité et le mensonge.Depuis une semaine, les Français jettent sur le ra|> port Starr le même œil rieur que sur les comprimés de Viagra, autre invention américaine qui vient d’arriver, en pharmacie.A la radio et à la télévision, comme dans le métro, personne' ne peut s’empêcher d’y aller d’un jeu de mots ou d’une plaisanterie facile sur ce pauvre Clinton qu’on imagine mijotant daqs la marmite des intégristes.L’Evénement du jeudi n’y va pas par quatre chemins.Il reproduit l’affiche censurée du film Larry ?Flint de Milos Forman.On y voit un homme crucifié sur le sexe d’une femme.Jésus y a été remplacé par un Clinton repentant.Mieux, l’hebdomadaire n’hésite pas à amalgamer Clinton, Sacco et Vanzetti, la prohibition des années 30 et les enquêtes du sénateur McCarthy.Aucun qualificatif n’est assez fort Bref, l’Amérique est folle! U Nouvel Observateur n’est pas en reste; il parle ni plus ni moins que d’un «retour à l'Inquisition».Et pour l’éditorialiste Jean Daniel, le «procès en sorcellerie» n’est pas une figure de style.Rarement souligne-t-on que le président américain s’est parjuré devant un grand jury.Ou qu’il s’est enfermé dans une logique à tout le moins discutable.Car, ce dont les Français rient, ce n’est pas seulement de la pudibonderie protestante, mais aussi de la vision qu'ont les Américains de la politique et des hommes qui la pratiquent.Et pour cause.François Mitterrand n'a lias fait qu’accepter les caresses d’une stagiaire de 21 ans, il a eu de nombreuses maîtresses, dont une lui a donné un enfant.Mazarine Pingeot.L’affaire n’a pas ému la capitale.On sent même parfois une admiration réelle pour le coureur de jupons.L’entourage de Mitterrand et de nombreux journalistes ont gardé le silence pendant des années.Non seulement sur la vie privée du président — ce qui est louable — mais aussi sur la façon dont il utilisait les fonds publics à ses fins.Il n’y eut guère que l’iconoclaste Jean-Edern Hallier pour briser le silence.Jusqu'à tout récemment, en France, un président qui faisait vivre ou voyager sa maîtresse aux frais de l’Etat ne soulevait pas l’indignation.La dilapidation des fonds publics à cet usage n’émeut personne et ne provoque pas d’enquêtes.Les maîtresses de François Mitterrand et les voyages qu'elles ont faits avec lui pourraient pourtant remplir des dizaines de rapports Starr et congestionner Internet pendant des jours.Mais écoutez plutôt ce que confiait Jean Lacouture à L’Express.«C’est un fait qu’il leur a consacré beaucoup d’heures (à ses maîtresses], prises sur la chose publique, et, à cet égard, cela pourrait être critiquable.Personnellement, cela ne me choque pas.J’aime ceux qui mordent la vie à pleines dents.Je suis assez français moyen pour cela.» Un sondage réalisé en France donnerait certainement à Clinton plus que les fit) % cj’opinions favorables qu'il recueille en ce moment aux Etats-Unis.On sait aussi que François Mitterrand a menti pendant des années sur son passé vichyste.Son séjour dans l’extrême droite est pourtant démontré hors de tout doute.Autre mensonge sur le cancer qui le rongeait depuis des années.Ses proches estiment qu’il fut toujours en possession de ses moyens, sauf la dernière année.N’empêche que le président avait promis lors de son élection d’être transparent sur ces questions.Jean Lacouture admet que Mitterrand a accepté de se tremper les mains «dans le cambouis».Mais il affirme à sa décharge que «le droit de mentir est l’apanage de l’homme d'Etat».Une affirmation qu’il nuance tout de même, en ajoutant que François Mitterrand avait épuisé son «crédit de mensonges».Le philosophe Umberto Eco voyait récemment dans la guerre entre Macintosh et IBM quelques relents du vieux combat entre catholiques et protestants.Nul doute que les Français préfèrent le Mac.M É T É 0 Montréal Québec Ensoleillé avec Nuageux passages nuageux.avec éclaircies.Max: 2 ?i' i La ministre de la Culture et des Communications, Loui- - , se Beaudoin, a annoncé cette intention «prioritaire» hier i m midi, pendant la dernière journée du congrès annuel de la l M Société des musées québécois (MSQ).La centaine de i congressistes réunis à Joliette depuis jeudi a ovationné I i • Tannonce puisque le milieu des musées réclame inlassa-* blement cette mesure depuis une douzaine d’années.«Compte tenu du rôle majeur que jouent les institutions t : -muséales, ma prochaine priorité sera de rendre publique une i politique muséale», a déclaré la ministre en rappelant qu’un comité conjoint de fonctionnaires et de membres de la SMQ était déjà à l’œuvre depuis une année pour baliser et documenter plusieurs aspects de ce projet gouvernemental.«Le comité poursuivra donc ses travaux afin de nous livrer d'ici la fin de la présente année un document complet i permettant d'enclencher une consultation formelle au cours de l’hiver prochain qui nous mènera à cette politique.» En entrevue, après sa conférence, la ministre a expliqué qu’elle souhaitait voir adopter la Politique des musées et de la muséologie du Québec (c’est son nom, pour l’instant) d’ici une quinzaine de mois, avant l’an 2000, quoi.Mme Beaudoin a également établi que son prochain livre blanc devra respecter quelques balises: la décentralisation vers les régions, l’élargissement du champ des responsa- bilités des municipalités, l’arrimage aux grandes politiques culturelles et éducatives du Québec et finalement, la collaboration entre les établissements muséaux.«C’est une excellente nouvelle, une nouvelle qu’on attendait depuis des lustres», commente Héjène Pagé, présidente de la Société des musées québécois.Épuisée et frustrée par l’attente, la SMQ a d’ailleurs décidé il y a deux ans de définir elle-même une politique sectorielle pour ensuite tenter de la faire entériner par Québec.La création du comité conjoint, à l’œuvre depuis l’année dernière, découle directement de cette stratégie inusitée.En un sens, la SMQ a maintenant réussi à forcer la main à Québec.«L’échéancier me paraît tout à fait raisonnable, ajoute Mme Pagé.Beaucoup de travail a déjà été réalisé, les besoins sont connus et nous avons déposé un document préliminaire passablement étoffé.» Une «table des matières» de l’éventuelle politique a été définie à la suite d’une vaste consultation nationale, menée en 1996.Le document a été raffiné au cours de cette année, notamment à l’aide d’une nouvelle enquête réalisée au printemps dernier.L’analyse descriptive, dont les grandes lignes ont été dévoilées hier, a permis de distinguer 477 institutions muséales au Québec, dont 201 musées proprement dits (grosso modo, des établissements possédant des collections), 190 lieux d’interprétation du patrimoine et 86 centres d’exposition.Environ 80 % de ces institutions muséales ont l’histoire comme thématique principale.Le secteur muséal a généré des revenus totaux de près de 350 millions en 1996-1997 et procuré de l’emploi à 6000 personnes.Mais plus des trois quarts des institutions déclarent des revenus annuels inférieurs à 250 $! «Il faut maintenant développer et consolider ce réseau en reconnaissant les rôles socio-éducatifs des musées, explique Mme Pagé.On sait aussi qu’il y a d'importantes failles, notamment du côté de la muséologie technique et scientifique.» La culture en général, mais aussi les secteurs des arts de la scène ou de la lecture sont déjà dotés de politiques.Le secteur des musées, et particulièrement les quatre grands musées du Québec (ceux des beaux-arts de Montréal, d’art contemporain du Québec et de la civilisation), ont été développés sans cette balise normative et légale.Succès de l’entente sur les arts LE DEVOIR Entente sur les arts, la culture et les communications ’ de l’île de Montréal va bénéficier cette année, la seconde du volet triennal, d’un budget total de 2 650 000 $.Cette entente vise à «contribuer au développement durable des arts, de la culture et des communications».Elle a été signée en mars 1997 et implique de nombreux partenaires, dont le ministère de la Culture et des Communications, le ministère d’État de l’Emploi et de la Solidarité, mais aussi le Conseil des arts de la CUM et le Conseil régional de développement de l’île de Montréal.Un bilan de la première année du projet a d’ailleurs été dévoilé par des ministres et des dirigeants d’organismes culturels et économiques, hier, à Montréal.Le fonds initial de 1,9 million a permis l’an dernier de financer 193 projets émanant de 115 organismes.Ces projets concernaient le développement du tourisme culturel, l’accès aux nouvelles technologies, le développement de la main-d’œuvre et Y «aide aux projets structurants».Les organismes ont reçu entre 300 $ et 55 000 $, aussi bien pour organiser des forfaits touristiques musicaux que pour offrir des ateliers d’écriture.Cette année, un million est réservé au développement d’emplois «durables», ou qui ont des chances de le devenir.Les demandes de subventions pour ce volet doivent être déposées avant le 30 octobre prochain.REVEUE DE PRESSE De la Déclaration à la colère de Calgary Les journaux albertains fulminaient, hier, en réaction aux déclarations du premier ministre Jean Chrétien, qui a carrément écarté la possibilité de nommer les sénateurs élus par leur province.C’est dans cette atmosphère chargée de ressentiment qu’a été souligné le premier anniversaire de la Déclaration de Calgary, dont certains prononcent déjà l’oraison funèbre.ANTOINE ROBITAILLE Jean Chrétien a craché au visage de tous les Albertains», écrivait hier le Calgary Sun.«Il nous a fait un pied de nez», affirmait Sydney Sharpe, chroniqueur au même journal.«C'est rien de moins qu’une gifle», «Chrétien a tué la démocratie al-bertaine», lançait pour sa part Neil Waugh, du Edmonton Sun.«Il nous q montré son majeur», disait l’éditorial du même journal.Éditorialistes et commentateurs rivalisaient de formules, hier, pour décrire la fin de non-recevoir qu’a servie Jean Chrétien à la proposition albertaine d’élire des sénateurs.La séculaire thèse de «l’aliénation» de l’Ouest face au «Canada central» a ainsi reçu une dose de vitalité.Pour le Calgary et le Edmonton Sun, c’est clair: «Chrétien n’est plus le premier ministre du Canada.Il est maintenant le premier ministre du Québec et de l'Ontario.» Variante de Y Edmonton Sun: «Il est maintenant le premier ministre du Québec.» «Eh, Jean, tu as reconnu sans peine le Québec comme une société distincte, même si aucune autre province n’a pu se prononcer», poursuit le Sun.L’éditorialiste voulait ainsi retourner contre le premier ministre l’argument selon lequel «élire des sénateurs équivaudrait à modifier la Constitution de façon détournée».Le Sun prétend que les résolutions fédérales de décembre 1995, créant des droits de veto régionaux et faisant que le Québec soit considéré comme une société distincte, constituaient une forme détournée de modification constitutionnelle.«Il y a deux poids deux mesures, poursuit le Sun: le Québec obtient tout ce qu’il désire grâce à son parti séparatiste qui mène un jeu menaçant.L'Alberta, elle, a le jeu franc, et voyez où ça nous mène!» Trop gentille Alberta.L’éditorial d’hier du Edmonton Sun, lui, jouait la carte de l’intimidation: «Aucun libéral ne sera plus jamais élu dans cette province!» Le Sun conseille à la députée albertaine et ancienne professeure de droit Anne McLellan de «faire un appel à l’université d'Alberta dès aujourd'hui pour explorer les possibilités de retourner à son poste».Sous la plume des Albertains, les libéraux ne sont pas seuls à passer un mauvais quart d’heure.L’institution du Sénat elle-même se trouve attaquée de toutes parts.Sydney Sharpe, du Calgary Sun, ne se disait pas surprise par la réaction «antidémocratique, arrogante, obtuse» de Jean Chrétien.Coauteure d’un livre sur l’histoire du Sénat, elle rappelle que cette institution a été créée à une époque «élitiste»: «Iws pères de la Confédération avaient peur de la démocratie» et le Sénat «a été conçu comme un frein à celle-ci».Sharpe s’étonne toutefois que les réticences à transformer cette institution soient si grandes alors que «les premiers sénateurs américains n’étaient pas élus.Mais en 1904, l’Oregon a décidé de tenir des élections sénatoriales.Plusieurs États emboîtèrent le pas et, écrit Sharpe, en 1913, le 1?Amendement constitutionnel obligeait tous les Etats à élire leurs sénateurs».Graham Hicks, du Edmonton Sun, établit aussi une comparaison, quoique pjus triviale, entre les Sénats américain et canadien: «Aux États-Unis, les sénateurs se font élire en embrassant des bébés.Vous [sénateurs canadiens], qu'avez-vous eu à embrasser?» Restons dans le vulgaire, puisque c’est dans l’air, en citant les propos de Wayne Bourke, candidat réformiste à l’élection sénatoriale albertaine du mois prochain; propos rapportés dans The Gazette par Linda Goyette, du Edmonton Journal: «Si Monica Lewinsky avait fait à Jean Chrétien la même chose qu’à Bill Clinton, elle aurait probablement été nommée au Sénat [canadien].» Au reste, certains ont tenu à rappeler qu’avec tous ces débats, on oubliait que la Déclaration de Calgary a soufllé, cette semaine, sa première bougie.«Quelle ironie que cela coïncide avec l'élection d’un autre bloquiste», écrit le Edmonton Sun.Le Globe and Mail reproche à Jean Chrétien sa façon de célébrer cet anniversaire: en jetant de l’huile sur le feu des «relations fédérales-provinciales par des nominations de patronage et en lançant des flèches verbales aux premiers ministres provinciaux».Cela s’ajoute au fait, poursuit le Globe, que «l'avenir de la Déclaration ne semble pas rose».«U libéral québécois qui l’avait instamment réclamée, Daniel Johnson, est parti.Celui qui a présidé aux délibérations, Frank McKenna, a démissionné.Et la possibilité que la société unique devienne un jour un article de la Constitution est peu probable tant que le Parti québécois restera au pouvoir.» 1 œ Globe espère que dans l’année qui suit, on puisse sauver cette déclaration.Le Edmonton Sun, jeudi, la déclarait toutefois morte.Le responsable: le gouvernement fédéral.Pour le Sun, la promesse de décentralisation, «l’aspect de la Déclaration qui [lui] apparaissait la plus intéressante», n’a cessé d’être contredite «par les fédéraux».«Ils ont tout fait pour réduire la crédibilité des provinces.Que ce soit dans le cas du traité sur l’effet de serre [soit le traité de Tokyo, qui pourrait nuire à l’économie albertaine], dans celui d’un cadre pour les politiques de santé ou en matière de financement des soins, l’esprit de la Déclaration est constamment battu en brèche.» «Depuis un an, nous observons et attendons que l’esprit de cette déclaration ait des effets.Ce n’est pas sans douleur, écrit le Sun, que nous avouons être maintenant d'accord avec Bouchard», qui l’avait taxée «d’insipide et de banale».La presse du Canada «t , -\| * El -* I l t ‘ î i ’ WÈÊBmÊÊÊ SSSBHI m turbo Appuie-tête actif pour une protection accrue Moteur turbo Ecopower de 2 titres, 185 hp Sacs gonflables latéraux et frontaux pour le conducteur et le passager avant Accoudoir central arrière avec trappe pour le transport d’objets longs Affichage facultatif de nuit Commandes des fonctions audio au volant Sièges avant chauffants Verrouillage de sécurité antivol SAAB.PAS $AAB.4-18 $/mois* Bail de 36 mois.Transmission manuelle.3995$ comptant (transport, préparation et taxes d'accises inclus) MiHMM Pas besoin d’aligner les signes de piastres pour posséder une SAAB.Au contraire, vous pouvez jouir des nombreux avantages d’une voiture de luxe couplés à la réputation sans faille de SAAB pour un prix, comme vous le voyez dans cette annonce, très compétitif.Laissez donc de côté vos préjugés et venez découvrir la réalité.La réalité SAAB.1999 Saab 9-3 1999 avec boîte de vitesses manuelle (ISA).’Cette mensualité est calculée sur un bail LocationPIus de 36 mois et comprend le transport et la préparation à la route.Par contre 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du mouvement intégriste Hamas qui a rassemblé quelque 2000 personnes, à El-Bireh près de Ramallah en Cisjordanie.Plusieurs dizaines de jeunes ont at-.taqué à coups de pierres des soldats de faction devant la colonie juive de Psagot, qui jouxte El-Bireh.Les militaires ont ouvert le feu avec des balles .enrobées de caoutchouc.Selon des médecins palestiniens, les soldats ont aussi utilisé quelques balles réelles, ce ,,que l’armée a démenti.Le docteur Shaher Abdallah, chef du service des urgences du Croissant-Rouge palestinien, a fait état de 94 Palestiniens touchés, dont 22 ont dû être hospitalisés.Trois des blessés ont été gravement atteints, a-t-il dit.«Vengeance, vengeance», scandaient les manifestants palestiniens, qui réclamaient la restitution par Israël des corps de deux chefs militaires du Hamas tués le 11 septembre par un commando israélien en Cisjordanie.Les deux dirigeants intégristes tués, les frères Adel et Imad Awadal-lah, étaient originaires d'El Bireh.Les affrontements d’hier ont suivi de quelques heures les funérailles d’un adolescent palestinien de 16 ans, tué la veille par un colon juif dans la même région.Le colon âgé de 35 ans s’est livré à la police israélienne et un tribunal de Jérusalem-ouest l’a placé en garde à vue pour trois jours.L’Autorité palestinienne de M.Yasser Arafat a réclamé son extradition, accusant Israël d’encourager la violence par la poursuite de la colonisation, le blocage du processus de paix et le laxisme envers les colons.«Le gouvernement israélien oeuvre à créer un terrain fertile pour une explosion que personne ne pourra contrôler», a affirmé à l’AFP M.Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président Arafat.Pourtant, le médiateur américain au Proche-Orient Dennis Ross a de nouveau fait état hier «d'avancées» en direction d’un déblocage du processus de pane, après neuf jours de navette dans la région.Il n’a cependant pas précisé sur quoi portaient ces progrès.M.Ross, qui venait de s’entretenir avec M.Arafat à Gaza, a affirmé avoir eu une «bonne discussion» avec le dirigeant palestinien.L’émissaire américain, qui se trouve dans la région depuis le 9 septembre, prévoit de rentrer à Washington ce soir, ont indiqué des responsables.Le médiateur prépare les entretiens que doit avoir la semaine prochaine à New York le secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright avec M.Arafat et avec le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou.Les Etats-Unis tentent depuis des mois, sans succès jusqu’à présent, de promouvoir leur proposition d’un retrait militaire israélien de 13 % de la Cisjordanie, pour essayer de débloquer le processus de paix qui est dans l’impasse depuis un an et demi.Le premier ministre israélien a cependant réaffirmé sa ligne intransigeante hier en répétant qu’il empêcherait «par tous les moyens» la création d’un Etat palestinien, que M.Arafat a l’intention de proclamer en mai prochain.«Une proclamation unilatérale d’un État palestinien nous libérera de notre engagement envers les accords [sur l’autonomie palestinienne] et nous pourrons à notre tour entamer des actions unilatérales», a déclaré M.Nétanyahou dans une interview publiée par le quotidien Yédiot Aharonot.Clinton : la vidéocassette sera diffusée 67% des Américains pensent que c’est une mauvaise idée, selon un sondage CNN-Time L’enregistrement vidéo du témoignage du président Clinton devant le procureur Starr sera rendu public lundi, selon une source proche de la commission judiciaire de la Chambre des réprésentants.La Maison-Blanche a sévèrement critiqué cette décision.AGENCE FRANCE-PRESSE Washington — Le Congrès américain a donné son feu vert hier à la diffusion télévisée du témoignage de Bill Clinton sur ses frasques sexuelles dans l’affaire Lewinsky — une humiliation de taille pour un président qui s’accroche au pouvoir malgré le risque de destitution.L’enregistrement vidéo effectué le mois dernier lorsque M.Clinton a témoigné devant un «grand jury» (chambre de mise en accusation) convoqué par le procureur Kenneth Starr, sera rendu public lundi, selon une source proche de la commission judiciaire de la Chambre des représentants.La Maison-Blanche a sévèrement critiqué la décision du Congrès de diffuser cet enregistrement vidéo, estimant qu’elle était «partisane et injuste».La décision de rendre publiques les quatre heures d’enregistrement de cette cassette, ainsi que quelque 2800 pages de documents annexes recueillis par M.Starr, a été annoncée par le président de la commission judiciaire de la Chambre des représentants, Henry Hyde, au terme d’une journée et demi de débats, parfois houleux, entre les membres démocrates et républicains de cette commission réunie à huisclos.Le corps du rapport Starr — soit quelque 450 pages — avait été diffusé sur Internet vendredi dernier.M.Starr affirme que M.Clinton a menti lors de cette déposition, faite le 17 août en refusant de reconnaître la nature sexuelle de sa liaison avec Monica Lewinsky, ex-stagiaire à la Maison-Blanche.Ce parjure, selon M.Starr, pourrait justifier de sa destitution.Les alliés démocrates du président ont dénoncé la «politisation» par la majorité républicaine au Congrès du processus d’examen des preuves qui pourrait entraîner l’ouverture d’une procédure de destitution à l’encontre de Bill Clinton.Selon les démocrates, la majorité républicaine à la commission a systématiquement fait barrage à leurs objections à la diffusion de documents «sexuellement explicites» et «franchement obscènes», a affirmé John Conyers, le chef de file démocrate à la commission.Les républicains, selon M.Hyde, ont accepté l’excision du rapport de 120 différents passages, ayant notam- ment trait aux noms et adresses de témoins innocents.Selon un sondage d’opinion réalisé par la chaîne de télévision CNN et le magazine Time, 67 % des Américains estiment que la diffusion publique de cette cassette vidéo est une mauvaise idée.Une majorité des Américains continue à estimer que le président doit res-ter en place, mais estime qu’il doit également être officiellement réprimandé pour ses actions.Les républicains affirment que tous les membres du Congrès et l’opinion publique doivent avoir accès au témoignage du président pour pouvoir juger des accusations de parjure.«Les Américains ont été bombardés par beaucoup d'infonnations la semaine dernière.Ils pensent savoir ce qui s'est passé.Ils ont entendu le président s’exprimer sur cette question.Ils pensent qu'on devrait tourner la page», a affirmé Anne Lewis, une porte-parole de la Maison-Blanche, lors d’une interview à la chaîne de télévision NBC.Selon David Kendall, l’avocat du président, qui avait demandé au procureur Starr de détruire la cassette après utilisation, «la seule raison pour la préservation de cette cassette vidéo après que des membres du grand jury absents l’eurent visionnée, était d'assurer sa diffusion publique pour embarrasser le président.» Pour Martin Meehan, un membre démocrate de la commission, il semble REUTERS Le président de la commission judiciaire de la Chambre, Henry Hyde.«qu’ily a beaucoup de candidats républicains [aux élections législatives de novembre] qui sont là à baver en attendant de pouvoir utiliser cette cassette dans leur campagne politique.» Selon des sources ayant visionné la cassette, cet enregistrement pourrait être très embarrassant (X)ur M.Clinton qui apparaît tour à tour évasif, défensif et même absolument furieux sous le feu des questions du procureur Starr et de ses collaborateurs.CONGO La rébellion affirme contrôler 40 % du territoire AGENCE FRANCE-PRESSE G orna — La rébellion en République démocratique du Congo (RDC) affirme contrôler 40 % du territoire de ce pays et 15 millions de ses habitants.Dans un communiqué diffusé hier le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD, branche politique de la rébellion) affirme que la rébellion contrôle «40 % du territoire national et 15 % de la population, soit plus de 15 millions d’habitants».«Sur le terrain, nous marchons vers et sur Lubumbashi», deuxième ville du pays et chef-lieu de la province du Katanga [sud-est], précise le communiqué signé du chef du département de la Communication et de la presse du RCD, Etienne Ngangura.Par ailleurs, le texte ajoute que «sur le plan social, la rentrée scolaire sera effective dans quelques jours sur l’ensemble du territoire contrôlé par le RCD.» «Le port de Kalémie est ouvert depuis ce 18 septembre.Le trafic sur les lacs Kivu et Tanganyika reprend nor- * Carpe diem! *Saisir le jour, saisir l'occasion, donner aux adolescents et aux adolescentes à un moment charnière de leur vie les moyens de découvrir et de comprendre le monde qui les entoure.Les amener, par un enseignement complet, diversifié et attentif, à jouer leur rôle au sein de la société.Au Collège de Montréal, collège privé et mixte de niveau secondaire, nous mettons en place les conditions pour que vos enfants aient confiance en eux, pour qu'ils aient l'esprit ouvert et le regard large.Nous enseignons l'équilibre.Collège de Montréal Le premier collège de Montréal 1931, rue Sherbrooke Ouest, Montréal (Québec) H3H 1E3 (514) 933-7397 admission@colleKC-montreal.qc.ca NOUVEAU ( I N I Kl SPORTIF .PROGRAMME POUR ALI.OPHONES • (.OURS D'ESPAGNOL OBLIGATOIRES 2* I l 3* SECONDAIRE malement.Et bientôt la reprise du trafic aérien sur nos aéroports», ajoute le communiqué, estimant qu’il s’agit de «signes évidents d’une paix sociale et d’une sécurité qui reviennent».Le président de la RDC, Laurent-Désiré Kabila, est confronté depuis le début du mois d’août à un mouvement de rébellion né dans le Kivu (est du pays).Saute-embargo Le président Kabila, est arrivé hier à Tripoli à bord d’un avion congolais, en violation de l’embargo imposé à la Libye depuis 1992, a rapporté la télévision d’Etat.«Ma visite à Tripoli intervient dans le cadre du soutien apporté par tous les Africains à la Libye», a déclaré M.Kabila, en allusion à la décision de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) de ne plus respecter cet embargo à partir du 1" septembre.L’annonce de l’arrivée du président Kabila intervient alors que le Conseil de sécurité de l’ONU venait d’exprimer, au terme d’une réunion à New York, sa «préoccupation» face aux violations de plus en plus nombreuses de l’embargo aérien contre la Libye.Six chefs d’Etat africains (Soudan, Tchad, Niger, Mali, Erythrée et Gambie) s’étaient déjà rendus en Libye en avion, début septembre, à l’occasion des festivités du 29e anniversaire de la révolution libyenne.L’OUA avait décidé lors de son sommet de Ouagadougou en juin dernier de ne plus respecter cet embargo à partir du 1" septembre.Crise irano-afghane Des milliers d’iraniens crient: «Mort aux talibans» AGENCE FRANCE-PRESSE T; éhéran — Les Iraniens se sont mobilisés hier pour exprimer leur haine envers les talibans, alors que leurs dirigeants ont appelé la communauté internationale à rompre le silence devant les «crimes» commis par cette milice en Afghanistan.Aux cris de «Mort aux talibans, mort au Pakistan et mort à l’Amérique», plusieurs dizaines de milliers de personnes, dont des soldats, des jeunes, des femmes en tchador noir et des enfants, ont manifesté dans les rues de Téhéran.«Les talibans, ces valets de l’Amérique, commettent des crimes et les États-Unis les soutiennent», criaient des groupes de manifestants dans la grande rue d’Enghelab (révolution) près de l’université de Téhéran.Portant des portraits des dirigeants iraniens et des pancartes hostiles aux taliban, ils ont dénoncé le Pakistan en le qualifiant de «menteur» et detre «le commanditaire de la bande moyenâgeuse des talibans».Les manifestants ont convergé ensuite devant l’université de Téhéran où ils ont participé aux obsèques officielles de six diplomates et du journaliste de l’agence IRNA tués le 8 août par les taliban au consulat iranien à Mazar-i-Sharif, dans le nord de l’Afghanistan.Le Guide de la république islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, ainsi que des hauts dignitaires du régime étaient également présents pour saluer les «sept martyrs de l’islam», après la prière hebdomadaire musulmane.Au total, huit diplomates ont été tués par les talibans, mais seuls les corps de six d’entre eux ont été rapatriés en Iran.Le président du Parlement iranien Ali Akbar Nategh-Nouri, qui a participé à la manifestation et à la prière, a demandé à la communauté internationale de «rompre le silence» devant «les crimes» des talibans.«Nous demandons à tous les pays, et surtout à l’ONU, de rompre le silence, de prendre des mesures concrètes et de traiter les talibans comme des criminels de guerre», a-t-il dit, ajoutant; «le monde ne doit pas mal interpréter notre patience devant ce qui se passe en Afghanistan».De son côté, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, M.Mahmoud Mohammadi, a mis en garde sur Radio-Téhéran contre «l’imminence d’une tragédie humaine» en Afghanistan.Des manifestations hostiles aux talibans se sont déroulées également dans la plupart des autres grandes villes.L’Iran a menacé de venger la mort de ses ressortissants par les talibans, tout en affirmant qu’il «agirait en respectant les intérêts de l’islam, de la région et du pays».Parallèlement à la mobilisation de l’opinion publique, des mouvements massifs de troupes et des activités militaires logistiques sont en cours aux abords de la frontière afghane.Conférence £ pluridisciplinaire traitant du 1 rapprochement Asie-Canada m foÉCOUVRIR L’ASIE SANS PRENDRE L’AVION Vxhl0G0 S ORGANISATION DE L’AVIATION CIVILE INTERNATIONALE 999.RUE UNIVERSITY MONTRÉAL (QQ ©SQUARE-VICTORIA Une Initiative de l’Université de Montréal m 5?^ PRÉNOM Age ORGANISATION REPRÉSENTÉE DOMAINE D'ÉTUDES ADRESSE VILLE TÉLÉPHONE TÉLÉCOPIEUR CODE POSTAL JOURNÉES « PORTES OUVERTES» le 25 septembre de 16 h 00 à 21 h OO et le 27 septembre de 13 h 30 à 16 h 30 WWW.! I) HONNEUR Ut MADAME YING GUI N info;(514) 343-7748 COURRIER ÉLECTRONIQUE Faire parvenir à : Commission des accréditations Université de Montréal «Le dialogue des mondes» C.P.6128, Succursale Centre-ville Montréal (Qc) H3C 3J7 Tél.: (514)343-7748 Téléc.: (514)343-7716 Courriel : courrier@cetase.umontreal.cal Airlines I.K I) K V () I It .I.K S S A M EDI I !) K T I) I M A X (' Il K 2 (I S K I’ T E M B II E I il II 8 REVUE DE PRESSE Crises et chuchotements De Paula Jones au Dow Jones, en passant par Monica, Kenneth et Bill, sans oublier Boris et quelques lascars asiatiques, il ne semble plus y avoir que des crises, où qu’on porte le regard.Dans la tourmente, la presse mondiale s’attache à deux de ses valeurs les plus «sûres»; l’argent et le sexe.Claude Lève s q u e L e De v u i r Quand l’économie mondiale ne tourne plus rond, le capital fuit la «périphérie» et retourne vers le «centre», qui en profite dans un premier temps, avant de pâtir à son tour.C’est George Soros qui le dit.Le centre et la périphérie.Comme à l’époque du tiers-mondisme militant, avant celle de la mondialisation triomphante.Il faut dire que cette dernière connaît de plus en plus de ratés: cela inquiète le financier américain, qui s’en est ouvert dans les pages du New York Times.Soros perçoit trois dangers imminents.Premièrement, la faillite de plusieurs banques russes ainsi que l’incertitude en Malaysia rendent les institutions financières plus réticentes à prêter, où que ce soit et à qui que ce soit.Deuxièmement, que ce soit volontairement ou par la force des choses, des pays «se retirent» du système capitaliste mondial.Enfin, troisièmement, les autorités monétaires internationales comme le FMI s’avèrent impuissantes devant les crises.Ces facteurs conjugués laissent présager un ralentissement économique mondial, auquel nombre de gouvernements pourraient réagir en tentant de protéger leurs entreprises nationales.Soros estime que la discipline du marché ne suffit plus, le marché étant selon lui plus porté vers les spirales déstabilisantes que vers les retours automatiques vers l’équilibre.Pour contrer cette déliquescence du capitalisme mondial, il prône un renforcement des institutions internationales, en commençant par un renflouement du FMI — que boude toujours le Congrès américain —, afin qu’il dispose au moins des moyens nécessaires pour aider les emprunteurs responsables qui deviennent victimes des crises.Il propose également une assurance-dépôt internationale.?1 Ji Boston Globe, qui cite Soros et d’autres s|xrialistes hautement médiatisés de l’économie mondiale, s’inquiète devant la perspective de voir 60 % de la population de la planète entrer en récession.«Ce qui inquiète plusieurs analystes, c’est que, tout comme [en 1974 , à l’époque du Watergate], les enquêtes et les menaces de destitution entravent tellement le président qu’il ne pourra pas utiliser ses pouvoirs déjà limités pour influer sur la scène économique mondiale.» «La crise, poursuit le Globe, ne touche pas seulement des pays aux prises avec de vieux problèmes structuraux, comme la Russie, mais également d’autres pays réputés en bonne santé économique, comme le Brésil.» Le FMI n’arrivant pas à enrayer la crise, de nombreuses suggestions (dont celles de Soros) ont été émises pour renforcer le système financier international.«Mais pour vendre ces idées à un Congrès et à une communauté internationale réticents, il faudrait un leadership présidentiel fort, quelque chose qui fait défaut à M.Clinton après le scandale Ixwinsky, selon la plupart des analystes.» The New York Times relevait lundi qu’une trentaine de quotidiens américains s’étaient prononcés en faveur d’une démission du président Clinton ou, à défaut, d’un départ volontaire, d’une destitution du locataire de la Maison-Blanche, arguant du tort fait à la dignité de la fonction et de l’absence d’autorité morale, qui empêche le titulaire de gouverner efficacement.(I-a liste s’est allongée depuis.) Quelques quotidiens se sont toutefois portés à la défense de M.Clinton.The Observer, de Charlotte (Caroline du Nord), observe: «M.Clinton ne met pas le pays en danger en restant à la Maison-Blanche.Notre économie n'est pas en train de s’effondrer, nous ne sommes pas attaqués, il n’y a pas menace de coup d’Etat.Ix pire a déjà été dit à sou sujet.» Le Detroit Free Press écrit, pour sa part: «S'il démissionnait avant la fin des procédures, cela équivaudrait à s’effondrer devant l’implacable Starr, créant un précédent qui ferait des futurs présidents des cibles trop faciles pour leurs adversaires politiques.» Et que dit le New York Times lui-même?Le samedi suivant la publication du rapport Starr, l’éditorial contenait ce jugement: «Un président qui ne jouit pas du respect du public et de l'appui du Congrès ne peut pas rester longtemps en poste.» Le lendemain, le NYT enjoignait cependant les parlementaires de s’en tenir à une procédure juste et scrupuleuse s’ils devaient ouvrir une enquête pouvant mener à la destitution du président.?Aux antipodes, c’est-à-dire en Afghanistan, une crise plus douloureuse fait rage.Elle oppose, comme l’explique la Far Eastern Economic Review, «deux branches de l’Islam (la chiite et la sunnite), ainsi qu'un réseau complexe d'alliances internationales et ethniques».D’un côté, les talibans et leurs alliés saoudiens et pakistanais et, de l’autre, l’Iran, la Russie et les anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale.L’issue de la crise pourrait avoir de lourdes conséquences sur la région.La revue note qpe le mystère s’épaissit du fait que les Etats-Unis s’y trouvent apparemment opposés à leurs alliés de longue date (Arabie et Pakistan et, indirectement, les talibans), surtout depuis la frappe de missiles sur la base des terroristes du réseau Ben Laden en Afghanistan.Même si l’on se trouve à des années lumières des principales places boursières, l’argent n’est pas étranger à l’écheveau afghan.«Ix danger d'un conflit entre l'Iran et l'Afghanistan [.] pourrait nuire sérieusement aux sociétés occidentales qui ont investi quelque dix milliards depuis 1992 dans l’exploitation des gisements de pétrole et de gaz [de la mer Caspienne] et la construction de pipelines.Après la frappe américaine, le géant pétrolier américain Unocal a mis en veilleuse son projet de construire un pipeline qui relierait le Turkmenistan au Pakistan en passant par l’Afghanistan.» ?En Chine, une prospérité et une liberté sans précédent ont provoqué une véritable révolution sexuelle.Die Review rappelle que les mœurs étaient relativement libres en Chine avant la révolution communiste de 1949.Les jeunes Chinois recommencent aujourd’hui à s’intéresser aux jeux de la séduction, dont n’avaient probablement pas envie leurs parents et leurs grands-parents, accoutrés qu’ils étaient dans leurs pyjamas Mao, aussi obligatoires qu’unisexes.La magazine cite des statistiques révélatrices: 13,4 % des étudiants de niveau collégial admettent avoir eu des relations sexuelles et 69 % d’entre eux considèrent que le concubinage et les relations prémaritales sont acceptables.D’autre part, les Chinois se marient beaucoup plus tardivement qu’il y a dix ans.Et enfin, le taux de divorce est passé à près de 20 %, alors qu’il n’était que de 4 ou 5 % au milieu des années 1980.C’est ce dernier chiffre qui a incité récemment le gouvernement central à considérer de nouvelles directives pour régir le mariage et rendre le divorce plus difficile à obtenir.La presse du monde REVIEW mmrvtrnnmrrrxrvx rri) mm Vingt-deux morts dans un attentat à la bombe en Algérie AGENCE FRANCE-PRESSE Alger —Vingt-deux personnes ont été tuées et 60 blessées hier en fin d’après-midi par l’explosion d’une bombe artisanale dans un marché près deTiaret (ouest de l’Algérie), ont annoncé les services de sécurité.L’attentat s’est produit vers 17 heures dans le village de Zaroura, où se tenait un marché hebdomadaire, en périphérie de Tiaret, à 240 kilomètres au sud-ouest d’Alger.Selon le bilan officiel, sept des blessés se trouvaient dans un état grave.Des témoins joints depuis Alger ont indiqué que le nombre final des blessés pourrait atteindre la centaine.Ce nouvel attentat, qui porte au total à une soixantaine le nombre de victimes probables de la guérilla islamiste en une semaine, traduit un regain de violence consécutif à l’annonce surpri- se le vendredi 11 septembre par le président Liamine Zéroual d’une élection présidentielle anticipée.Trente sept personnes, selon des journaux, 27 selon un bilan officiel, avaient été massacrées dans la nuit de dimanche à lundi dans la région d’Ain Défia à quelque 150 kilomètres à l’ouest d’Alger.Ce massacre avait été précédé de quatre attentats samedi et dimanche qui ont fait neuf morts et six blessés.Ces quatre attentats, attribués à des groupes islamistes armés, ont eu lieu Laghouat (sud), Chief (ouest) et Constantine (est).Déjà, après un discours du président Zéroual le- 19 août portant sur la situation sociale difficile de l’Algérie, au cours duquel il avait aussi marqué sa volonté d’éradiquer le «terrorisme», une flambée de violence avait provoqué la mort d’une centaine de personnes la semaine suivante.L E M 0 N I) E A T K M It It K I !) !) 8 A 11 -i- IDEES Nazisme et liberté d’expression À la suite du texte de M.Alain Cunot publié lundi dernier et intitu- la liberté d’expression justifient-elles qu’un département accepte lé «L’histoire au service du nazisme», texte qui condamnait la ré- la production d’un mémoire de fin d'études à la défense du nazis-daction d’un mémoire de maîtrise par une étudiant de l’Université me?» En quelques heures, nous avons reçu plusieurs réponses Laval, nous vous posions la question: «La liberté universitaire et dont voici les plus significatives.Lettre d’un directeur de thèse LOUIS BALTHAZAR Professeur à l'Université ImvoI, directeur de thèse de Pierre Asselin Vous avez publié clans votre édition de mardi dernier un texte d’Alain Cuniot.Ce monsieur a eu l’amabilité de me faire parvenir son texte avant de le publier.Je lui ai répondu par la poste.Je vous saurais gré de publier ma réponse ci-joint.Monsieur, J’ai bien reçu votre lettre du 31 août dernier.Je comprends très bien votre réaction et j’en suis navré.Je ne peux que répéter ce que j’ai déjà avoué à plusieurs journalistes qui en ont rendu compte, c’est-à-dire que je suis désolé d’avoir commis cette erreur, cette négligence d’avoir autorisé le dépôt de ce mémoire sans avoir vérifié certaines propositions inacceptables.J’en suis maintenant à demander à l’étudiant d’apporter des corrections.Je vous rappelle toutefois que je me suis toujours tout à fait dissocié de certaines tendances sous-jacentes à ce mémoire qui constitue néanmoins une étude élaborée.Par exemple, tout ce que vous citez dans votre lettre sur le programme du Parti nazi et ses politiques est relevé par l’étudiant qui ne cherche pas du tout à nier ces faits.Il fait seulement une distinction entre discrimination, persécution, exil d’une part et extermination d’autre part.Une distinction fort spécieuse et théorique pour quiconque a eu à souffrir les affres du régime, je le concède.Veuillez accepter mes regrets les plus sincères pour cette offense.En réponse à la question du Devoir Oui, on doit accepter un mémoire favorable au régime nazi s’il est bien documenté, ne dit rien de faux et s’abstient de jugement de valeur gratuit, ce qui, malheureusement, n’était pas le cas du travail de Pierre Asselin.Ce dernier poursuit actuellement une révision dans ce sens.Ame mêmes conditions, on devrait aussi, accepter un mémoire favorable au régime stalinien ou à l’État islamique radical.Louis Balthazar Des sophismes Une question d’éthique MARIO LAP RI SE Enseignant au primaire Québec J’estime qu’un directeur de thèse sérieux et prudent devrait déconseiller à un étudiant de faire l’apologie du racisme et, en particulier, du nazisme.Aucune argumentation intelligente ne peut cautionner les aberrations de la pensée raciste et celle qui sous-tend le nazisme.Quelle que soit la qualité structurelle de la thèse, elle repose sur des sophismes: elle devrait alors être rejetée à défaut d’avoir été empêchée.Un procès?DENIS LABELLE Informaticien Verdun Comme nous l’écrivait M.Cuniot, la France traduit en justice les révisionnistes.Pierre Asselin et ses directeurs de maîtrise peuvent donc dormir en paix au Québec.Il est quand même dommage que nous n’adoptions pas cette loi française puisque nous aurions pu assister à un intéressant procès.Procès qui aurait eu au moins le mérite de donner un cours d’histoire à une population parfois un peu égarée.Injustifiable WILHELM SCHWARZ Professeur, faculté des lettres, Université ImvüI Aucune liberté universitaire et aucune liberté d’expression ne justifient qu’un département accepte la production d’un mémoire de fin d’études à la défense du nazisme.Scandalisée ÉDIT H ALAERTS-SMEESTERS Biologiste Saint-Bruno-de-Montarville Je suis scandalisée que l’Université Iii-v;ü ait accepté qu’un étudiant défende le nazisme comme mémoire de maîtrise.C’est une cause indéfendable qui n’a que fait trop souffrir et qui a été unanimement reconnue comme un crime contre l’humanité.Normes déontologiques JACQUES LAJOIE Professeur au département de psychologie de l'UQAM Il est vrai qu’un mémoire de maîtrise est évalué sur la méthode et non pas sur l’avancement des connaissances comme une thèse de doctorat.Cependant, il y a un autre filtre, du moins dans mon domaine qui est la psychologie, qui agit efficacement sur les projets de mémoire ou de thèse: la déontologie.Comme |x>ur une demande de subvention ou même pour une recherche non subventionnée, les travaux des étudiants et des professeurs doivent être soumis à un comité qui vérifie une foule de facteurs éthiques.Par exemple, toute expérimentation avec des sujets mineurs doit comprendre l’assentiment écrit des parents.Peut-être devrait-on, même en histoire, élaborer des nonnes déontologiques.Cela permettrait d’éviter de tels dérapages.JEAN-MARIE VAN DER MAREN Professeur titulaire Département d’études en éducation et d'administration de l’éducation Université de Montréal Professeur de méthodologie de la recherche en éducation depuis près de 23 ans, j’ai toujours soutenu que si le chercheur ne doit pas être tenu moralement responsable de ce qu’il trouve, il est cependant responsable de ce qu’il publie.De plus, l’éthique nous impose de questionner les valeurs qui conduisent à choisir un objet de recherche, un thème, un problème.En RENÉ TREMBLAY Professeur d'histoire à la retraite, chargé de cours à l'Université du Québec à Trois-Rivières Oui, sans l’ombre d’un doute que la liberté universitaire et la liberté d’expression justifient un département d’accepter la production d’un mémoire de fin d’études à la défense du nazisme.Bien sûr, il y a d’autres considérations que le seul contenu d’un texte de mémoire dont un professeur doit tenir compte dans l'attribution d’une note.M.Cuniot reproche à M.Asselin de ne lias avoir fait toute la recension d’une documentation susceptible de se trouver (huis le contenu de son mémoire.Il faudrait savoir — je n’ai malheureusement pas lu le mémoire en question — quelle portée M.Asselin voulait donner à son ouvrage.Ce que vous apportez comme information pourrait faire l’objet en soi d’un ou de plusieurs autres textes de mémoire.On pourrait aussi reprocher à M.Asselin d’ignorer le document des Sages de Sion.Vous savez, ce petit livret GUY VAN WALLEGHEM Économiste Monaco Je n’ai pas lu le mémoire incriminé.Mais heureusement, les rédacteurs de la question, grâce leur soit rendue, ont eu la sagesse de la formuler d’une manière si générale que je suis d’avance dispensé de cette corvée.Il ne s’agit pas, en effet, de juger si le mémoire de M.Asselin est ou non une défense du nazisme mais si, à supposer qu’il le soit, un ouvrage de ce genre trouverait sa place dans l’auguste giron de l’université.Le national-socialisme est-il une opinion et relève-t-il à ce titre de la liberté d’expression?Peut-on qualifier ainsi une idéologie qui affirme péremptoirement l’existence d’une «race» supérieure, qui est comme par hasard celle de ses auteurs et qui se confère à elle-même le droit, non seulement de dominer les autres, mais encore de détruire en son sein les éléments allogènes ou prétendus tels (malades mentaux, infirmes, nomades, juifs)?Autrement dit, un délire paranoïaque et criminel est-il une opinion?Attention, ceci n’est plus ni une question abstraite, ni un «événement» historique, à examiner tranquillement comme si cela ne nous concernait pas.Il ne conséquence, il me paraît totalement inacceptable qu’un département accepte non seulement la production, mais déjà le projet, d’un mémoire de maîtrise à la défense du nazisme.La liberté universitaire, qui doit avant tout être comprise comme un devoir de critique de tous les discours existants, et la liberté d’expression doivent être encadrées par la responsabilité éthique des chercheurs pris individuellement, des départements et des comités universitaires d’éthique de la recherche.Pourquoi cette limite éthique admise comme nécessaire en santé et en éducation ne le serait-elle pas en histoire?dans lequel ces «sages» proposent à tous les juifs dans le monde des moyens que l’on peut qualifer de peu orthodoxes pour ramasser de l’argent et l’acheminer à ces «sages» afin de créer une banque mondiale.Pour eux, le seul instrument pour contrôler le monde est l’argent.J’ai pris connaissance de ce petit livret à la fin des annés 50.Ce n’est pas d’hier et cela rejoint bien les années auxquelles vous faites allusion dans votre texte.Hitler, lui, a sans aucun doute lu ce document et peut-être plusieurs autres des intentions de ces Sages de Sion, et si tel est le cas, on peut essayer de comprendre le$ gestes malheureux qu’ii a posés.A la suite de votre intervention et la mienne, je n’hésiterais pas à donner une bonne note à M.Asselin pour la bonne raison que son mémoire nous permet d’apporter, et votre réflexion et la mienne, donc comme tout bon travail universitaire, son mémoire a suscité la curiosité et l’envie d’y ajouter notre apport, ce qui enrichit notre ou «la» connaissance.s’agit même pas d’antisémitisme, dans son sens historique et odieusement ordinaire.Les comptables de l’horreur ont beau mégoter les millions de morts des camps d’extermination; ils ont beau banaliser — affreux mot, affreuse chose — le nazisme appliqué en le rangeant sur le même rayon de l’Histoire ou de ses «accidents» (dixit J.-M.Le Pen) que les autres monstruosités humaines, trop humaines: massacres d’Arménie, génocide khmer, extermination des autochtones d’Amérique.Ils déplacent délibérément le problème.Car le nazisme, c’est cela, bien sûr, mais c’est encore une autre chose, plus effrayante: il s’agit de savoir si un État peut, en quelque circonstance que ce soit, ôter à un homme sa qualité d’homme.Prendre sa défense, ou même simplement lui conférer le statut d’opinion relevant de la liberté d'expression, revient à admettre comme plausible, comme digne de discussion, une telle éventualité.Voilà pourquoi, en fin de compte, je pense qu’il serait tristement scandaleux qu’ici ou ailleurs, des institutions universitaires accordent, même par inadvertance, leur hospitalité morale à des infamies.Et que la liberté, si elle avait quelque chose à voir là-dedans, serait gravement menacée par ceux-là même qui ont pour tâche de la défendre et de l’illustrer.La liberté menacée Bonne note pour M.Asselin Déficiences dans l’enseignement JEAN ARSENAULT Enseignant Montréal La récente controverse à l’Université Laval au sujet du mémoire d’un certain Pierre Asselin ayant pour titre Le IIP Reich et le projet national du Québec suscite de sérieuses interrogations sur la qualité de l’enseignement au Québec et les idées fort saugrenues véhiculées par un contexte de néolibéralisme à outrance où l’éphémère est devenu la norme et où les valeurs humanitaires sont souvent rejetées du revers de la main.L’on est donc inquiet de constater que certains membres de l’élite universitaire se retranchent derrière le protocole ou «la procédurite» en invoquant le sacro-saint respect de la méthodologie et les règlements internes de l’administration, et ce, quand ils sont à même de humer le Mal servi sur un plateau d’argent.Certes, les doutes qui rongent Louis Balthazar, professeur émérite, depuis quelque temps, démontrent simplement qu’il a un certain flair pédagogique.Cependant, mon éminent collègue, de son propre aveu, a un sérieux examen de conscience à faire quant à la rigueur qu’il faut opter lorsque l’on assure le soutien et le suivi d’un élève ou d’un étudiant.D’autant plus que M.Asselin accouchait de sa thèse dans le cadre d’un cours de sciences politiques et non pas d’histoire.C’est dire tout le sérieux que commande l’histoire et qu’il ne faut pas la laisser abâtardir par les raisonnements simplistes du premier jeune imberbe de passage.Georges Brassens a su si bien chanter les vieux cons et les jeunes.Pour la liberté universitaire CLAUDE LALANDE Sainte-Foy De tout temps, le tabou a porté atteinte à la diffusion de la vérité.C’est faire preuve de maturité que de pouvoir discuter sereinement des sujets les plus controversés, d’en débattre et de permettre à ceux qui s’inscrivent le plus en marge de la pensée populaire de pouvoir s’exprimer, sans s’exposer au mépris des masses.Chercher à créer le tabou, à culpabiliser celui ou celle qui défend des idées peu populaires, voire honnies, et à leur interdire le droit de s’exprimer, c’est douter de sa propre capacité de défendre son point de vue; c’est reconnaître la faiblesse de son argumentation; c’est avoir peur de sa vérité.Pierre Asselin a exprimé sa pensée face au nazisme et au national-socialisme à propos desquels, incidemment, il fait une distinction.C’était son droit et nous avons le devoir de l’écouter calmement, tout autant que de lui répondre.Si Pierre Asselin avait plié l’échine devant ces professeurs, nous n’aurions pas eu la chance de lire l’excellent texte d’Alain Cuniot.Asselin et Cuniot ont déjà fait plus pour sensibiliser le grand public à la question du nazisme et du national-socialisme que bien des conférenciers savants sur le sujet, incapables d’admettre que l’on puisse ne pas être totalement d’accord avec eux.Il faut à notre société plus de Pierre Asselin qui ne craignent pas de faire éclater les tabous, de provoquer l’opinion publique.Comme lui, ils offriront à autant d’Alain Cuniot l’occasion de s’exprimer et de contribuer à une meilleure connaissance de la vérité.La liberté universitaire ne doit être limitée d'aucune façon.[.] Mais trêve de plaisanterie! «Par-delà le bien et le mal», nous sommes tarabustés par l’idée que les déficiences et les lacunes dans l’enseignement de l’histoire (vivement la réforme de celui-ci!) tout au long du secondaire et du cégep aient pu amener tous les Pierre Asselin à ignorer l’essence même de la doctrine nazie et fasciste, voire faire l’apologie d’un système qui pratique l’exclusion violente aux dépens de certains segments de la population et à l'avantage du plus fort sur les plans économique, social et militaire.N’en déplaise à M.Asselin, les horreurs de la Deuxième Guerre mondiale furent l’aboutissement d’une déchéance et d’une régression corporatistes tout au cours des années 1920 et 1930.D’ailleurs, d’aucuns éminents historiens affirmeraient volontiers qu’elles existaient déjà dans leur état embryonnaire lors des cogitations fantasmagoriques de Friedrich Nietzsche et de Richard Wagner, tenants germaniques de la doctrine du surhomme au XK' siècle, époque capitaliste à outrance.Le corporatisme en temps de guerre ou de paix a pour seul but l’élimination de tout opposant démocratique, et ce, même dans les pays à façade démocratique.Ou M.Asselin est victime de lectures mal digérées, ou il lui manque des lettres.Nous devons tout faire au Québec pour éviter de créer nos propres Keegstra et Zundel, ces Anglo-Canadiens des années 80 qui prêchaient l’inexistence de l’Holocauste et du corporatisme nazi et qui furent traduits devant les tribunaux.Il en va de la sauvegarde de la démocratie.Qui s'intéressera à cette thèse?SUZANNE JOUBERT Artiste Mont-Saint-Hilaire Je suggère qu’à la différence du terrible programme hitlérien, soutenu par un parti constitué, le plus grand danger du mémoire de Pierre Asselin, danger apparemment méconnu par l’Université Laval, vient de ce qu’il se laissera aisément utiliser par ceux qui, pour des raisons politiques, veulent salir «le projet national québécois» et convaincre de racisme les Québécois de culture française.Qui d’autre aujourd’hui s’intéressera sérieusement à ce texte marginal, sinon peut-être nos concitoyens juifs dont on comprend avec sympathie le haut-le-cœur mais dont on voudrait qu’ils refusent de tomber dans le piège, malgré les manipulations de ceux que sert leur effroi.Compétence d’un directeur MICHEL LAPOINTE Longueuil Après avoir lu la lettre de M.Cuniot et écouté le reportage de Radio-Canada dimanche dernier, je suggère à l’Université Laval de remettre en question la compétence du directeur de thèse qui a approuvé de pareilles énormités.Ce faisant, la porte serait ouverte pour une nouvelle évaluation de la thèse controversée.Après tout, celui qui a approuvé une thèse contenant les extraits auxquels M.Cuniot fait référence n’a peut-être pas le bagage intellectuel requis pour porter ce genre de jugement.Crier sa liberté JACQUES LÉGARÉ Titulaire d’une maîtrise en histoire et d’un doctorat en philosophie Université Laval, 1993 La liberté académique doit être absolue afin que la quête de la vérité, tel un oiseau vers le ciel, s’élève le plus haut possible vers des contrées nouvelles.Pierre Asselin, dans sa thèse Le Ille Reich et le projet national-socialiste présentée à l’Université Laval sous la direction de Louis Balthazar, mon ancien professeur de sciences politiques, s’en est prévalu.Nous devons respecter son entreprise dont l’unique mérite, à mon sens, est de réveiller les esprits endormis.En revanche, une vérité fausse pousse la vraie à se défendre.Voilà le principal mérite de la thèse de M.Asselin.M.Asselin replace le national-socialisme dans son époque et la juge centriste.Voilà une idée intéressante.M.Asselin sait peut-être qu’un Prix Nobel de médecine de cette époque du nom d’Alexis Carrel — humaniste respecté en son temps — prônait rien de moins que les chambres à gaz pour les criminels invétérés! (L’Homme, cet inconnu).Il est vrai que de nombreuses idées d’Hitler étaient des idées à la mode (antisémitisme, racisme, anticléricalisme, anticommunisme, programmes sociaux, dirigisme économique, etc.) .Mais l’assassinat de dirigeants étrangers, l’enfermement des adversaires non violents, l’absorptiop de la société civile par l’État, le mensonge systématique en diplomatie, le déclenchement de la guerre n’étaient pas des idées de l’époque, mais les idées des criminels de toute époque.M.Asselin affirme: «L’Holocauste — bien que les Juifs eux-mêmes préfèrent le terme Shoah — n 'est pas issu du national-socialisme.» Les pépins viennent d’une pomme, me semble-t-il.La Shoah aurait donc été causée par le libéralisme, par le communisme, par le catholicisme, par le bouddhisme?J’aime à dire que M.Asselin a le droit de se tromper, et sa quête de vérité doit être soutenue par tous, car la liber- té d’expression est combattue dans certains milieux conservateurs et mesquins.M.Asselin doit être soutenu et encouragé dans sa quête de la vérité.Il faut saluer au passage la largeur d’esprit du Congrès juif canadien qui q pris la chose de haut.A l’aune de ce principe même, Hitler avait le droit de hurler contre les juifs s’il les croyait nuisibles à son pays.C’est ce principe même, mollement utilisé contre le chef nazi, qui a amené à la défaite les démocrates des années 30, parce qu’ils ne l’ont pas affirmé avec force dans l’unité avec les démocrates allemands.Devant l’erreur ou la déraison qui crient, il faut crier sa vérité encore plus fort, et ne jamais baisser les bras.La liberté a le prix de l’énergie que nous mettons à l’assumer, et de l’indicible souffrance de ceux qui n’en ont pas eu assez pour la défendre.J’aime à dire que M.Asselin a le droit de se tromper, et sa quête de vérité doit être soutenue par tous ÉQUIPE DU DEVO K IA lifinAl-nnM (mirn'ilktr's A l'information générale et métropolitaine : louis Lapierrc (adjoint au directeur de l'information), Sylvain Blanchard, Jean Chartier (régions).Paule des Rivieres (éducation).Jean Dion.Louis-Gilles I-rancœur (environnement) Judith Lachapelle.Kathleen Levesque (actualités poh-.KLI .J0«rna tstes a i miorina w- .Isabe||e Paré (sa„té), Jean Pichette (justice), Clément Trudel (relations de travail), Serge Truffaut (questions urbaines) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages editonales, responsable des pages thématiques) ; Martin Duclos et tiques municipales .Giro nie Mc h • ' ' • |-,,•nues Nadeau (photographes) : i\ l'information culturelle : Michel Bélair (responsable).Stéphane Iiailtargeon (arts visuels et théâtre), Paul Cauchon (médias).Marie-Andrée Chouinard (livres et politiques culturelles), Louise Leduc (musique), Jean-Pierre Legault, ,Sri Xaà -il économique ' “lié™!*»/ au directeur de Vinformation).Robert Dutrisac, Benoit Monger.François Normand.Claude Turcotte ; à l'information internationale : Jocelyn Coûta.(adjoint au directeur de linfbrmatio»), Guy TaiUefèr Wtorialistel Claude DS U,l"' lru,ll>lay (c'ntma> ¦ a j mtormai .{.correspondante parlementaire à Ottawa), Mario Cloutier et Gilles Lesage (correspondants parlementaires à Québec), Michel Vernie (correspondant parimentam ;à sP°rtI"‘ : Yves dAvtgnon ; ManoHélene •sque ; A l’information politique : Pierre ( )’Ncill.Manon Comellier (corns) larie (secrétaire à la rédaction) ; Julie 1 fetnblay, Marie-Claude Petit (commis) .I ji documentation : Gilles Paré é (directeur) ; Brigitte Arsenault, Manon Derome, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice).Daniel Barbeau (directeur adjoint), ristiane Legault, Jacques A.Nadeau, Claire Paquet, Chantal Rainville, Micheline Ruelland, Alexandre Leduc (publicitaires) : Geneviève Landry, Sylvie Laporte, Micheline Turgeon ; Francine Ouellet (secrétai- _ __ ¦ ¦ .¦ .—, ¦ « * ¦, • , t m • t • n VI VA « T\___î .11./ *__A_ - TAt .1.I I A .C '._.! - - Cl, C .Lit lin m* ».T r* A.i U ¦ .,1 Cl, m ntln V .il, fil f, nor 7 HL n) LA PRODl CTTON Arah MLour des approvisionnemenl, distribution et production).Marie-France Turgeon (responsable de la production), Claudine Bédard, Philippe Borne, Johanne Brunet Danielle Etes Corauem, Christian Goulet, Marte-Josée Hudon Christian V,en Olivier Zui- , Mruvw r A(1 ,,, i ' ntiï' F I, ¦ ne Brien (responsable) Evelyne Datante (responsable a la promotion des abonnements).Manon BlanchetteTurcotte, Monique L'Heureux.Use Lachapelle, Rachelle LeclenoVenne.L ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Jeanned Arc Houde (srerér la lirecthh)'CélineFürqy Patrick Inkcl (contrôleur), Ghislaine Lafleur, I Janielle Nantel (secrétaire administrative), Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président).Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général).*» A 12 I.K I) H V U I U .|.K s S A M K DI Ml K T l> I M A N ( Il K 2 0 SK l> T K M 15 » K I DOS LE ACTUALITES Tout nouveau, tout beau ! Le Devoir a désormais son téléhoraire Le Devoir a désormais son téléhoraire.Tout nouveau, tout beau, il s’appelle Télé choix.Vous le trouverez aujourd’hui pour la première fois dans notre édition du weekend, où il sera au rendez-vous chaque samedi.Différent de ses concurrents de bien des manières, Télé choix se propose d’être un guide culturel complet permettant aux lecteurs de planifier aussi bien leurs soirées devant le petit écran que leurs sorties culturelles.La première section de notre nouveau supplément est consacrée aux horaires de télévision.Les horaires quotidiens y sont regroupés par chaîne plutôt que par heure.I.es groupes de lecteurs que nous avons consultés ont bien accueilli cette présentation, plus pratique que le traditionnel regroupement par heure.Nous n’avons pas oublié la grille-synthèse quotidienne et, pour aider le lecteur à faire un choix judicieux d’émissions, nous vous proposerons à chaque jour une émission que nous croyons digne d’intérêt.En deuxième section de ce supplément, les lecteurs trouveront un agenda culturel complet.Cinéma, théâtre, musique, danse, variétés, ateliers, galeries, musées, maisons de la culture.Tout y est, qu’il s’agisse d’activités se déroulant à Montréal, Québec ou Ottawa-Hull.Ce supplément est le fruit de plusieurs mois de travail que nous avons fait en compagnie de Caroline Desrosiers, Christian Tiffet, Christian Vien, Christian Goulet, Michel Bernatchez, Paul Cauchon, Martin Bilodeau, Normand Thériault et Claude Beauregard.Nous les remercions, de même que nos commanditaires.Loto Québec et le Fonds de solidarité des travailleurs du Québec, ainsi que nos partenaires médias que sont MusiMax, Télé-Québec, RDI, Météo Média, CKAC, CFGL-FM, CIEL-FM et CHRC.Nous apprécierons recevoir vos commentaires et suggestions qui.pourront nous aider à faire les ajustements appropriés.Écrivez-nous par la poste à notre adresse habituelle, par télécopieur au (514) 985-3360 ou encore par courriel à redaction@ledevoir.com en indiquant dans la zone sujet Télé choix.Bernard Descôteaux EN BREF Expos : la date butoir repoussée de quelques jours (Le Devoir) — La date butoir pour fixer l’avenir du club de baseball des Expos à Montréal sera vraisemblablement repoussée de quelques jours.Selon ce que le président du club, Claude Brochu, a indiqué à Radio-Canada, la derniè-_^_re réunion des actionnaires aura lieu durant la première semaine d’octobre pour des raisons de disponibilités des actionnaires.Un autre projet d’emprunt contesté à Outremont (Le Devoir) — Deux mois après que l'administration du maire d'Outremont, Jérôme Unterberg, ait dû reculer devant l’opposition des citoyens à son projet d’emprunt d’une dizaine de millions de dollars, voilà qu'un autre projet d’emprunt — de 2,6 millions celui-là — est de nouveau vigoureusement rejeté par l’Association des citoyens de la ville.Dans un communiqué, ceux-ci expliquent leur opposition par l’incapacité «d’obtenir un exposé clair et précis de l’état des finances de la ville d’Outremont» et refusent que l’administration municipale emprunte pour le «déménagement de la Cour municipale, de la Sécurité publique et de l’aménagement à tout prix d’un poste de police de quartier sur l’avenue Van Home».S.V.P.Assurez-vous de recycler ce papier journal.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A3M9 EU Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514)985-3360 Par courrier électronique redaction ©ledevoir .coin Pour l'agenda culturel (514) 985-3551 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514)985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) U Devoir est publié du lundi au samedi par la* Devoir Inc.dont le sien** social est situé au 2050, rue de Bleury, 9* étage, Montréal, (Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor USalle, 7743.rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 012.rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à dilluser les informations publiées dans Le Devoir.U Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest.Laval.Envoi de publication — Enregistrement n" 0858.Dépét légal: Bibliothèque nationale du Québec.BOURQUE SUITE DE LA PAGE 1 allez être estomaqués parce ça va être des décisions très dures et très sévères», a soutenu Pierre Bourque lors du débat des chefs qui se déroulait sur les ondes de CKAC.Entre-temps, des vérifications auprès du cabinet du maire ont permis de constater que personne n’était au courant de ce que venait d'avancer le maire.A sa sortie du studio, M.Bourque a été invité à commenter son empressement, démenti par son entourage politique et par les fonctionnaires municipaux.Le visage écarlate, mal à l’aise, il s’est borné à dire qu’il allait à la réunion du comité exécutif vérifier l’état du dossier.«Laissez-moi partir.À midi, c'était fait», a-t-il laissé tomber.Dès lors, le cirque s’est déplacé à l’hôtel de ville.Malgré l’enquête sur le réseau illicite de vignettes VIP, issu du Service de police de la Communauté urbaine de Montréal, et les très nombreuses preuves, dont des bandes vidéo, l’administration était dans l’embarras.Les affirmations prématurées du maire venaient de court-circuiter la procédure juridique pour sanctionner les employés fautifs: selon la convention collective des préposés au stationnement, ces derniers doivent d'abord être avertis avant qu’il y ait une déclaration publique.L’entourage politique du maire a cherché à maquiller la gaffe politique de Pierre Bourque, offrant aux journalistes une rencontre de presse avec la présidente du comité exécutif, Noushig Eloyan.Mais c’était sans compter sur la volonté de la presse d’obtenir la nouvelle version du maire.S’est ensuivie une course dans les escaliers de l’hôtel de ville, où les agents de sécurité ont tenté de bloquer aux journalistes l’accès du deuxième étage, où se déroulait la réunion du comité exécutif.Après quelques minutes de SUITE DE LA PAGE 1 risquant d’envenimer la situation selon la police.Le problème est que les producteurs de porcs vendent actuellement leur bétail en deçà du prix qu’il a fallu payer pour le produire, soit 110 $ pour une bête qui en a coûté 140 $.Plusieurs vendent ainsi à perte depuis décembre dernier.Traditionnellement, l’assurance financée conjointement par le gouvernement et les producteurs permettait à ces derniers d’éponger la perte lorsque le phénomène se produisait.Mais depuis la dernière coupe du gouvernement, en juin 1997, dans le système d’assurance, les producteurs ne reçoivent plus assez d’argent pour faire face à leurs coûts de production.«Les producteurs de porcs sont au bord de la faillite, 40 % ne sont plus en mesure d’assurer leurs paiements, a révélé Jean-Guy Vincent.La situation est alarmante.Les producteurs auraient dû, ce matin, travailler chez eux pour produire un produit de qualité pour la population du Québec et pour l’économie québécoise.Ils veulent que ça se règle, mais ils sont déterminés à rester tant et aussi longtemps que ça ne sera pas réglé.» Les producteurs réclament le respect de la Loi sur la sécurité du revenu — l'assurance à laquelle souscrivent les producteurs en prévision des coups durs — que le gouvernement avait mise sur pied en 1974.«Le gouvernement doit aussi respecter ses engagements qu'il a pris avec nous, ceux de développer les exportations, a expliqué Clément Pouliot, président de la Fédération des producteurs de porcs du Québec.Les producteurs ont développé l’exportation de façon extrêmement importante au cours des dernières années, on est passé de 250 millions de dollars à 550 millions [de dollars] d'exportation dans 50 pays.On a rempli la commande; maintenant, c'est le gouvernement qui doit remplir ses engagements.» «Il est trop tard pour reculer, a enchaîné M.Pouliot.Nos investissements ont été importants sur nos fermes pour répondre à la commande du gouvernement.» La crise de l’industrie porcine est mondiale, a rappelé Laurent Pellerin, président de l’Union des producteurs agricoles, «et toute la congestion que la chute des marchés a provoquée fait en sorte que la viande qu’on a à exporter est maintenant ici, dans les congélateurs.Et c’est la même chose aux États-Unis et en Europe».L’UPA a indiqué que, contrairement à ce qui se fait habituellement, elle ne s’est pas entendue avec le ministère lorsque celui-ci a décidé de réduire de 10 $ par bête le montant versé pour atteindre les coûts de production.«Pour une ferme moyenne, ça représente de 50 000 $ à 60 000 $ en soutien par mois, ce qui est tout à fait intolérable.C’est plus que la partie qui est reconnue pour le salaire de la famille qui travaille à la ferme», a révélé M.Pellerin.Prévisions à la baisse Les producteurs tiennent à rappeler qu’ils négocient de- pourparlers avec les agents de sécurité, l’attachée de presse du maire, Madeleine Champagne, est venue faire diversion, permettant ainsi au maire de s’esquiver.Une course vers l’ascenseur où s’est engouffré le maire, protégé par des agents de sécurité et sa chef de cabinet, a eu lieu.Puis une autre course dans les escaliers pour intercepter le maire qui s’enfuyait dans la salle du conseil municipal où l'assemblée s’apprêtait à débuter.Rattrapé par Le Devoir, M.Bourque s’est limité à bégayer en riant nerveusement: «Il faut que faille au conseil.» Aux journalistes qui réclamaient de parler à M.Bourque, Madeleine Champagne a dit qu’«î7 s'est avancé un peu.Tous les fils ne sont pas attachés».Par la suite, Pierre Bourque a déclaré en Chambre que des procédures conformes aux conventions collectives seront entamées dès que possible.Mais Pierre Bourque n’était vraisemblablement pas le seul politicien mal à l’aise avec cette affaire.Interrogé sur le risque de laisser l’enquête sur les vignettes au Service de police de la Communauté urbaine de Montréal (SPCUM) plutôt que de la confier à un corps policier indépendant (Sûreté du Québec), le ministre de la Sécurité publique, Pierre Bélanger, cachait mal, hier, que la situation était pour lui un pis-aller.Prenant note de la résistance du SPCUM à une telle idée et pensant probablement aux enquêtes instituées après l’affaire Matticks, le ministre a déclaré: «Forcer son chemin à Montréal n’aurait pas été la meilleure façon défaire enquête.» Acceptant de faire confiance au processus mis en branle jusqu’à ce qu’on en dépose le rapport écrit sur son bureau, il a fait savoir qu’il attendait de cette enquête une rigueur et une transparence à toute épreuve.«Il en va de la crédibilité du SPCUM», a-t-il lancé comme avertissement.puis le printemps avec le gouvernement pour trouver des pistes de solution.«La setisibilité à la question n’est pas là.Il y a même une contestation des informations qu'on véhicule sur la situation financière des entreprises.» «Im situation s'envenime, et les prévisions pour les quatre prochains trimestres sont dramatiques, avec des prévisions de prix extrêmement basses pour toute Tannée 1999», a dit Laurent Pellerin.Depuis l’an dernier, les prix ont chuté de plus de 50 %.«Il n’y a aucun espoir que les prix vont se redresser et on ne voit aucun message d’encouragement ou de sécurité du gouvernement.» L’annulation de la coupe de l’an dernier «répondrait» à la demande des producteurs et «réglerait le problème pour une très grande majorité», a expliqué Clément Pouliot.Il n’y a pas que les producteurs qui écopent de la chute des prix.Tous ceux qui dépendent de près ou de loin de l’industrie sont coupés.Des entreprises de machinerie agricole font des mises à pied, celles qui vendent de la moulée en passant par les vétérinaires, 30 000 emplois dépendent de la santé du cochon.«En connaissez-vous beaucoup des industries qui ont une activité économique de 3,7 milliards?Vous comptez ça sur les doigts de la main, a lancé sèchement le président de la Fédération, Clément PoulioL Si le gouvernement a besoin d’une calculatrice pour compter les impacts économiques de l'industrie porcine au Québec, on va lui en fournir une.» «D’ici un mois, on liquide tout.» Les producteurs disent jouer le tout pour le tout en maintenant leur siège sur l’autoroute 20.Avec des pertes de 2000 ou 3000 $ par semaine depuis des mois, beaucoup de producteurs interrogés ne prévoient pas pouvoir tenir jusqu’à Noël, voire jusqu’à la fin du mois d’octobre.«Celui qui nous vend notre grain, il faut qu'il soit payé, a expliqué un producteur de Farnham.Mais les fournisseurs ne font plus de crédit, ils arrivent un matin en voulant être payés, sinon ils ne fournissent plus.Ça m’est arrivé.On achète alors une petite quantité juste pour la semaine, pas plus.On ne tiendra pas quatre autres trimestres.Si ce n 'est pas réglé d'ici trop semaines ou un mois, chez nous, on devra liquider.» A 110 $ pour un porc de 100 kilos, c’est du jamais vu dans l’industrie.«Des prix des années 1950!», a lâché un producteur.Les uns approchent dangereusement de leur limite de crédit, les autres commencent à gruger les REER et tous espèrent que leur institution financière ne soit pas trop sévère pour le remboursement des prêts contractés.«Moi, j'ai vu un producteur d’une soixantaine d’années qui pleurait parce qu’il ne savait pas ce qui allait lui arriver.Ça fait une quarantaine d'années qu’il est dans l’industrie.C'est très dur.» «Si je pouvais prendre mon inventaire de porcs et le mettre dans une grange en attendant que les prix montent.Mais je ne peux pas faire ça, il faut que je les nourrisse et que je les emmène à l’abattoir.Même s’il ne me donnait que 0,25 $ la livre, je n’aurais pas le choix.» Les libéraux contestent Télection dans Sherbrooke PRESSE CANADIENNE LJ organisateur en chef du Parti libéral du Canada pour le Québec, Alfonso Gagliano, demande à Elections Canada d’enquêter sur la transmission présumée d’un rapport sur l’inscription d’électeurs dans le cadre de l’élection complémentaire dans Sherbrooke.M.Gagliano a fondé sa demande d’enquête sur la foi d’un reportage entendu sur les ondes de la radio de CHLT à Sherbrooke.Notre-Dame des sans-papiers L'opéra rock de Luc Plamondon semble assuré d’un triomphe CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT DU DEVOIR À PARIS LJ histoire commence au pied d’un mur et se termine au pied d’un mur que le désir ne parvient pas à faire tomber malgré deux heures dix de spectacle et 25 chansons d’un lyrisme souvent débordant.Hier, soir, à l’occasion de la première de Notre-Dame de Paris, Luc Plamondon, Richard Coccciante et Gilles Maheu nous ont livré une fable vivante et actuelle sur le désir, le désir refoulé qui ne parvient ni à changer le monde ni à abattre les murs.S’il fallait en juger par l’ovation des 3800 spectateurs entassés hier au Palais des congrès, l’opéra rock (qui vend actuellement 12 000 billets par jour à Paris) semble d’ores et déjà assuré d’un triomphe.Non seulement à Paris mais aussi dans les villes de Belgique, de Suisse et du Québec où sa venue est planifiée.On pense déjà sérieusement à une tournée mondiale (Tokyo, Paris, Moscou), nous confiait d’ailleurs un régisseur.Dans un décor de pierre ou les pas des hommes sont fossilisés et où les artistes semblent surgir de la terre, le metteur en scène Gilles Maheu a exploré toutes les possibilités du genre sans pour autant en repousser les limites.À de nombreuses reprises, l’auteur du Dortoir, qui a recruté des collaborateurs de prestige, nous surprend.Comme lorsque les danseurs se transforment en battant de cloches, qu’il dessine une rue Saint-Denis (traditionnellement la rue de la prostitution à Paris) délirante ou que d’immenses gargouilles viennent hanter la scène.Maheu offre une mise en scène soignée qui sait parfaitement soutenir les chansons plus faibles et se mettre en retrait lorsque celles-ci s’imposent par elles-mêmes.Bruno Pelletier, qui interprète le poète Gringoire, mène littéralement le bal malgré des arrangements sirupeux et des musiques que les artistes traînent parfois comme un boulet.Il préside à la fête des fous avec une aisance surprenante.Sa voix est une de celles qui tombent parfaitement.Il est admirablement soutenu par Garou, l’interprète de Quasimodo, le pape des fous, borgne, bossu, bancal et sourd, qui reste la révélation de cette production.Luck Mervil, qui interprète Clopin le chef des sans-papiers, offre aussi une performance plus qu’honnête lorsqu’il mène ses clandestins à l’assaut des CRS ou qu’il descend du ciel sur une poutre de métal.Daniel Lavoie, le curé Frollo, se sort parfaitement d’un rôle ingrat et de textes parmi les plus difficiles.Hélène Ségara, qui a remplacé à pied levé Noa dans le rôle d’Esmeralda, ne représente pourtant que l’ombre pâle et affaiblie de cette «fille de grand chemin» qu’elle est censée être.Comme si Esmeralda était soudain devenue une bohémienne des beaux quartiers et semblait dépassée par le drame qui se déroule sous ses yeux.En fait, les auteurs ont écrit une partition où les femmes, simples objets de désir, sont étrangement absentes de l’action et manquent de caractère.Peut-être ici aurait-il fallu trahir Hugo.Ne cherchez pas les cathédrales, le décor de Christian Ratz ne les évoque que par des stigmates et de grandes gargouilles.Comme les danseurs du Dortoir se lançaient des lits de fer, ceux de Notre-Dame de Paris se lancent ces barrières mobiles qui servent à retenir les manifestants.Les danseurs s’accrochent au mur comme des sculptures vivantes.Est-ce la loi du genre?Malgré plusieurs moments exceptionnels, il manque parfois à tout cela comme une sauvagerie que Victor Hugo avait su exprimer.Malgré les acrobates qui escaladent le mur et les ombres gigantesques qui se projettent en tout sens, Maheu peint une cour des miracles (qui est en réalité un groupe de sans-papiers) encore un peu trop sage.Pari tenu, donc, même si la folie n’est pas toujours au rendez-vous.PORCS Une crise mondiale PLAMONDON «Victor Hugo est un grand poète que j’admire mais je ne trouve pas que c’est un grand parolier» SUITE DE LA PAGE 1 la télévision française se passionne [jour le non moins célèbre roman d’Alexandre Dumas, U Comte de Monte-Cristo.Gérard Depardieu (qui incarne le comte) jouera aussi bientôt Quasimodo à la télévision.«H n’y a pas beaucoup de bonnes histoires, dit Plamondon.Le XIX' siècle en a fourni plusieurs.Ces personnages font partie de l’imaginaire, même de celui des gens qui ne lisent pas.[.] Les romans de cette époque étaient très cinématographiques.De Dostoïevski à Stendhal, les écrivains racontaient des histoires passionnelles dans des climats épiques.Aujourd’hui, c'est le cinéma qui a remplacé cette forme de roman.» Plamondon n’a pourtant pas succombé au Moyen Age de pacotille de Hugo.Il a remplacé les gueux de la cour des miracles par les sans-papiers de Belleville et la cathédrale Notre-Dame par l’église Saint-Bernard, occupée l’an dernier à Paris pendant plusieurs semaines.L’opéra qu’avait lui-même écrit Hugo, en 1835, sur les amours de Quasimodo et Esmeralda n’a pas inspiré Plamondon.«Victor Hugo est un grand poète que j'admire, mais je ne trouve pas que c’est un grand parolier.» Comme tous les films inspirés de son œuvre, Hugo avait lui-même changé la fin en happy end.Plamondon, lui, l’a respectée, même si, contrairement au livre, il fait mourir Esmeralda en héroïne.«Ix> défi, c'était d’écrire à partir de l’histoire de quelqu'un d’autre.Si le livre avait été en vers, j’aurais eu du mal.Mais les dialogues du roman sont minimalistes.Ça crée de berna sujets de monologues ultérieurs qui font de belles chansons.Mon rôle était de mettre tout ça à la première personne.Dans le roman, Quasimodo ne parle pas de sa laideur Frollo ne dit pas son refoulement sexuel.[.] Et puis, ça fait 20 ans qu'on me demande de raconter l’histoire de Starmania.Avec Victor Hugo, au moins, on ne me demande pas de quoi ça parle!» L’exilé de Guernesey n’a pourtant pas toujours été une carte de visite.«Le patron du théâtre Mogador m’a dit: “Non.On a fait Les Misérables, on ne va pas faire Notre-Dame de Paris.”» Chose certaine, «si on avait fait une reconstitution en costumes d’époque, on se serait cassé la gueule».Luc Plamondon n’avait jamais lu une ligne d’un roman de Victor Hugo avant de se mettre au travail.Pas plus d’ailleurs que de Balzac ou des auteurs de cette époque.Adolescent, il s’intéressait plutôt à Sartre et à Camus.«Je ne suis pas un grand lecteur de romans.» Chose certaine, Notre-Dame ne pouvait tomber à un meilleur moment, dit-il.«Il y a cinq ans, on était en pleine éclosion du rap et du hip-hop.Im, on tombe pile dans un retour aux grandes mélodies: Céline Dion, Lara Fabian, Lau-rent Pagny, etc.On est en plein dedans.» Alors qu’on se bousculait pour participer à la production, Noa, la vedette israélienne qui chante Esmeralda sur le disque, a refùsé de jouer dans le spectacle.«Après tout, Fabienne 'Ihibault a interprété Marie-Jeanne 24 fois et Maurane six mois.Noa ne se voyait pas chanter tout un spectacle dans une langue qu’elle ne connaît pas.» Sans compter que l’engagement aurait supposé un arrêt d’un an dans ses activités.C’est donc la Française Hélène Séguara qui la remplace, entourée des Québécois Daniel Lavoie, Bruno Pelletier, Luck Mervil et Garou et des Français Patrick Fiori et Julie Zenatti.Ces derniers mois, Plamondon a dû raccourcir le spectacle d’une heure.Il fait maintenant deux heures dix minutes.Quoi qu’il en dise, le pari comporte quelques risques.En faisant appel à Gilles Maheu pour la mise en scène, Luc Plamondon a voulu fusionner le monde de la variété à ceux du théâtre et de l’opéra.Maheu s’est entouré de créateurs qui n'avaient jamais travaillé à des comé- dies musicales, comme le chorégraphe suisse Martino Muller (habitué des ballets de Zagreb, Lyon et Berlin) et le décorateur français Christian Ratz (qui travaille souvent à l’opéra).Sans oublier la costumière Fred Sathal, qui a créé en 1996, avec Enki Bilal, les costumes de Roméo et Juliette, un ballet d’Angelin Preljocaj.Après Notre-Dame — qui fera une tournée suisse, belge et québécoise —, Luc Plamondon reviendra peut-être à quelques vieux projets.Sur sa table de travail, ii a toujours un Maria Chapdelaine (avec André Gagnon) et un Kahnawake (avec laïc Cousineau).Des sujets qu’il trouve encore un peu «trop personnels», ou trop québécois, pour être montés en France.«Je n’ai jamais eu les moyens de créer une comédie musicale à Montréal.[.] Dans le marché québécois, aucun producteur ne peut prendre un pareil risque.Trois mois au Saint-Denis, c’est déjà miraculeux.Mais ça ne rentabilise pas une production.» Plamondon rappelle que le budget québécois de la Culture équivaut à celui de.l'Opéra de Paris.Il garde d’ailleurs un souvenir amer de son passage au Conseil des arts du Québec.«J'y ai passé quatre ans sans avoir l’impression que ça ait servi à quelque chose.Im ministre libérale Liza Frulla-Hébert avait créé un conseil de créateurs, mais les artistes n’ont rien fait changer.L’idée de départ était belle, mais le Conseil des arts continue à faire la même chose que le ministère.[.] On devait avoir dix millions d’argent nouveau, mais il n ’est jamais arrivé.Tout ce qu’on faisait, c’était de discuter si on augmentait Robert Lepage de 10 OOO ou de 25 000 $ et si on l’enlevait à une autre compagnie.Et je n’invente rien!» Comme Victor Hugo, Plamondon a toujours aimé ruer dans les brancards.On verra bientôt s’il le fait aussi sur scène.H D1C
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