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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1998-09-05, Collections de BAnQ.

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I.K I) E V (t I li .I.E S S A M E I) I E T i) I M A N C II E (i S E P T E M II H E I 9 9 8 DEFI Quelqu’un lit le courrier et déchiffre le nom des rues à leur place.Ils sont incapables d’utiliser le guichet automatique, de vérifier leur note d’épicerie et de prévoir les TAXES SUR LES VÊTEMENTS AU MAGASIN.CE NE SONT LÀ QUE QUELQUES-UNES DES DIFFICULTÉS QUE CONNAISSENT À DIVERS DEGRÉS LES ANALPHABÈTES.‘-raft V- mïi .CLAIRE HARVEY C O L LA H O RATION S P É CIA L E Selon les données du ministère de l’Éducation, environ 1,1 million de Québécois entre 16 et 65 ans possédaient des capacités en lecture très limitées en 1997.Avec près de 21 % des adultes qui savent à peine lire, le Québec afliche la pire performance au Canada.Ce phénomène est loin de se résorber.En 1989, on dénombrait 900 0(X) analphabètes québécois (19 %), indique XEnquête sur les capacités de lecture et d'écriture utilisées quoti-diennement.Cette enquête a été menée par Statistique Canada auprès de personnes entre 16 et 69 ans.Pour comprendre le désarroi que ressentent les analphabètes, imaginons qu’ils souhaitent recevoir un quelconque service de la part du gouvernement du Québec.D’abord, ils sont incapables de remplir les formulaires, ou de tirer des brochures administratives les renseignements dont ils ont besoin.Il ne leur reste plus que l'information orale.S’ils parviennent à composer le numéro de téléphone, une boîte vocale les invite inévitablement à utiliser le clavier qu'ils ne peuvent décoder.En désespoir de cause, ils doivent se rendre sur place où on leur remet un numéro, qui sera parfaitement inutile à moins qu’une âme charitable les avertisse lorsque leur tour sera venu.Les analphabètes sont non seulement incapables de se tirer d'affaire dans la vie courante, mais ils doivent aussi vivre avec la honte et subir les préjugés qui accompagnent leur handicap.Par fierté, ils développent un esprit d’observation et une débrouillardise remarquables.Par exemple, ils se font des repères géographiques pour ne pas se perdre en chemin, ou prétextent qu’ils ne peuvent pas lire parce qu’ils ont oublié leurs lunettes.Il est donc difficile de les rejoindre et de les orienter vers les commissions scolaires ou les groupes populaires en alphabétisation qui pourraient les aider.Outre l’isolement, il existe un lien entre l’analphabétisme, la pauvreté et la participation au marché du travail: 64 % des analphabètes touchent un revenu inférieur à 15 000 $ par année, et 50 % gagnent moins de 10 000 $.Autrefois, bon nombre d’analphabètes réussissaient à trouver un emploi qui ne faisait pas appel à leurs capacités de lecture.Ils entraient à l’usine ou à la manufacture après une cinquième ou une sixième année, en souhaitant y travailler jusqu’à leur retraite.En raison de la mutation rapide du marché du travail, ces travailleurs doivent désormais s’adapter aux techniques qui changent de plus en plus vite.Ils ont rarement eu accès aux programmes de formation qui leur auraient permis de se recycler ou de maîtriser les nouvelles technologies.À défaut de satisfaire aux nouvelles exigences du marché du travail, ils sont généralement les premiers congédiés lorsque les entreprises procèdent à des mises à pied.Cette réalité ne concerne pas que les travailleurs âgés.Selon les plus récentes données de Statistique Canada, 33,9 % des Québécois entre 15 et 24 ans qui n’avaient pas terminé leur neuvième année étaient sans emploi en 1996, comparativement à 18,5 % des jeunes qui avaient leur diplôme d’études secondaires.L’enquête canadienne mentionnée plus haut indique, pour sa part, qu’un jeune Québécois sur cinq éprouve des difficultés à lire ou à écrire, ce qui est supérieur à tous les autres groupes d’âge.Par conséquent, le problème se déplace vers les jeunes, même si la fréquentation de l’école est obligatoire depuis 55 ans, tout en étant accessible et gratuite depuis plus d’un quart de siècle.Les analphabètes sont aussi en marge des activités sociales, culturelles et démocratiques.Quelqu’un qui ne sait pas lire suffisamment pour déchiffrer les documents que nous utilisons tous les jours n’a pas la confiance, ni les connaissances nécessaires pour agir en tant que citoyen à part entière.Il ne peut pas poser un regard critique sur les actions des élus ou participer aux décisions qui concernent sa corçimunauté.À cela s’ajoute le fait que les coûts de l’analphabétisme retombent sur toute la société.D’abord, les analphabètes ne contribuent guère au renforcement de la position concurrentielle du Québec sur le marché mondial.De plus, les personnes peu scolarisées risquent d’être en, moins bonne santé et dépendantes de l’aide financière de l’Etat, en plus de présenter des problèmes personnels de toutes sortes.Enfin, comme les analphabètes sont généralement issus des milieux défavorisés, il y a peu de chances pour que leurs enfants grandissent dans un environnement propice à l'apprentissage et aient à l’école une attitude positive envers la lecture.Un facteur qui peut contribuer à perpétuer le phénomène de l’analphabétisation.Pour souligner la Journée internationale de l’alphabétisation, le 8 septembre prochain, Le Devoir propose un cahier spécial sur les principales causes de l’analphabétisme et les mesures mises de l’avant pour s’attaquer au problème.+ Les enseignantes ET LES ENSEIGNANTS DES SYNDICATS MEMBRES Fédération autonome I)U COLLÉGIAL (FAC) 1259, rue Berri.bureau 400 Montréal (Québec) H2L 4C7 Tél.: (514) 848-9977 Téléc.: (514) 848-0166 Site : http//:www.lafac.qc.ea Courriel : fac@lafac.qc.ca hir voincre rtMlptabétisat I |«: I) K V 0 I I! .I K S S A M K I) I K T I) I M A X ( Il K 0 S K I» T K M I* 15 K I » » 8 .ff .' ¦viKi- Uj v** *jhr FCAF Fédération canadienne pour l'alphabétisation en français LIVRES D’OCCASION 7 jours • 7 so/rs uoiqhmrh; ^ au plalei Oui, on peut «désapprendre» à lire La grande majorité des analphabètes ont déjà fréquenté l’école, souvent jusqu’en première ou deuxième secondaire profondeur, affirme sans détour M.Caouette.[.] On a une école qui est calquée sur le modèle industriel qui élimine les moins bons.L’analphabétisme est le symptôme d’un malaise éducatif et social.» La solution?Une école où l’enfant va à son rythme, comme on en retrouve dans certains pays d’Europe (France, Pays-Bas et pays Scandinaves), aux Etats-Unis et au.Québec.Par exemple, à l’école Vanier de Laval, l’enfant passe ses examens lorsqu’il est prêt, indique M.Caouette.«C’est la différence avec l'école traditionnelle, dit-il, où les gagnants sont ceux qui oublient après l’examen et les perdants sont ceux qui oublient avant l'examen.» Mme Benezra estime de son côté que, si l’école s’occupait vraiment des enfants aux prises avec des troubles d’apprentissage (dyslexie, dysorthographie et dysgraphie), on pourrait réduire significativement le nombre d’analphabètes.«L’idée, c’est de faire de la prévention, car la catastrophe arrive au secondaire.» A ce stade, le système ne peut plus vraiment les aider, selon elle.Cela conduit des jeunes à quitter les bancs d’école, un échec qui les décourage quand il n’entraîne pas tout simplement des dépressions chez certains d’entre eux.«Ij> danger, c’est qu’ils se disent: je suis stupide, pas bon, je ne réussirai ja: mais rien», avertit Mme Benezra.A cet âge, il faut plutôt une bonne dose de vitamines psychologiques.Ce n’est pas parce qu’on a un problème qu’on ne peut faire des choses.» Ce qu’il faut pour remédier à la situation?Une école qui se donne les moyens et qui prend le temps de venir en aide à ces enfants.Si on veut les aider, l’école doit diagnostiquer très tôt les troubles d’apprentissage.Et si l’enfant reçoit le suivi pédagogique approprié pendant ses études primaires, «il ne sera pas analphabète», croit fermement Mme Benezra.Le suivi pédagogique approprié?Des exercices quotidiens d’au moins une heure pendant lesquels on «décompose le langage», des exercices étalés sur tout le cycle primaire de l’enfant.Mais pour ce faire, il faut des budgets et des ressources humaines supplémentaires.Enfin, à l’instar de M.Caouette, Mme Benezra estime que l’école primaire et l’école secondaire devraient être beaucoup plus flexibles.«C’est trop rigide.On pourrait prendre un peu plus de temps pour faire son secondaire, comme on peut le faire par exemple à l’université.Il faut être plus sensible [aux besoins de certains enfants].Il y a des différences individuelles qu’il faut respecter.» te approche, insiste M.Caouette, est une négation des «différences individuelles» des enfants et contribue en outre à une «perte de motivation généralisée».La situation est d’autant plus préoccupante, ajoute-t-il, que les analphabètes fonctionnels, qui représentent environ 20 % de la population, «sont pour la plupart passés par l'école».Troubles d’apprentissage Des troubles d’apprentissage, tels que la dyslexie, la dysorthographie et la dysgraphie, contribuent aussi au développement de l’analphabétisme, rappelle pour sa part Esther Benezra, une docteure en neuropsychologie qui a enseigné pendant quinze ans à l’université McGill.Près de 10 % des enfants du Québec sont atteints de ce dysfonctionnement héréditaire que l’on retrouve dans toutes les classes de la société, précise Mme Benezra.On définit la dyslexie comme un trouble de la capacité de lire ou une difficulté à reconnaître ou à reproduire le langage écrit.«C’est une difficulté à lire et à écrire avec aisance et rapidité.Il faut donc plus de temps pour apprendre les mécanismes de la langue.» Les jeunes dyslexiques arrivent à lire et à écrire, mais il leur faut beaucoup plus de temps, soit une bonne partie du cycle primaire.Un enfant atteint de dysorthographie éprouve quant à lui des difficultés à acquérir et à maîtriser les règles de l’orthographe (en l’absence de déficience intellectuelle).«Le jeune écrit très mal, de manière farfelue.Cela ne ressemble pas à de vrais mots», explique Mme Benezra.Une personne dite «normale» visualise un mot dans sa tête lorsqu’elle l’entend, alors qu’une personne atteinte de dysorthographie écrit au son.Par exemple, si l’on entend le mot «oiseau», on visualise les lettres o-i-s-e-a-u.Un enfant atteint de dysorthographie écrira le mot au son, ce qui pourrait donner «ouazo».Enfin, on dit qu’un jeune est dys-graphique lorsqu’il a des difficultés dans l’acquisition ou l’exécution de l’écriture, un phénomène lié à des troubles fonctionnels (en l’absence de déficience intellectuelle).«Concrètement, cela signifie qu’un enfant a de la difficulté à bien former les lettres», précise Mme Benezra, qui affirme que l’ordinateur est un «outil essentiel» à l’enfant pour corriger ce trouble fonctionnel.Des solutions Charles Caouette et Esther Benezra plaident en faveur d’une école primaire beaucoup mieux adaptée aux besoins des enfants.«Il va falloir qu’on réforme l’école en fesseur au département de psychologie de l’éducation de l’Université de Montréal.On a tendance à simplifier l'information par l’usage de symboles et d’images, en mettant par exemple la photographie des candidats sur le bulletin de vote lors d'une élection, explique M.Caouette.De plus, la radio et la télévision ont réduit de manière significative le besoin de lire pour s’informer ou se divertir.Cette simplification de la communication peut contribuer au phénomène de la perte des acquis.Par exemple, une personne qui possède une capacité minimale en lecture et en écriture peut, au fil des ans, perdre graduelle- ment ses habiletés faute de pratique quotidienne.Mais en fait, les origines du problème de l’analphabétisme sont multiples.Par exemple, certains enfants issus de milieux défavorisés éprouvent de la difficulté à se concentrer à l’école parce qu’ils ont faim, et cela se traduit souvent pas des échecs scolaires.D’autres jeunes quittent l’école trop tôt pour ;üler sur le marché du travail, parfois pour aider la famille qui vit une situation financière précaire.En certains milieux, la lecture et la formation scolaire sont moins valorisées, quand elles ne sont pas carrément dévalorisées.In violence conjugale et le décro- chage parental sont aussi des éléments qui alimentent l’analphabétisme.Enfin, le modèle de l’école traditionnelle serait loin de convenir à tout le monde, soutient Charles Caouette.«On est trop pressés, dit-il.On veut que tout le monde apprenne de la même façon alors que les enfants sont différents.» A ses yeux, l’école donne ainsi un sentiment d’échec aux élèves qui ont besoin d’un peu plus de temps que la moyenne pour apprendre à lire et à écrire.«Si un enfant, en première année, ne sait pas encore lire en novembre, donne-t-il à titre d’exemple, on dit qu’il a un problème.On donne ainsi un sentiment d’échec aux lents.» Cet- Fédération québécoise du loisir littéraire Ateliers - Automne 1998 FRANÇOIS NORMAND LE DEVOIR Dans le secteur manufacturier, un travailleur sur quatre vit un problème d’analphabétisme, «ce qui entraîne des coûts sociaux de quatre milliards de dollars pour les entreprises québécoises», selon la Fondation québécoise pour l’alphabétisation.Paradoxalement, bien que les nouvelles technologies de l'information exigent des connaissances de base en informatique, en écriture et en lecture, elles contribuent dans une certaine mesure à faciliter la vie aux analphabètes fonctionnels, estime Charles Caouette, pro- ÉCRIRE SES MÉMOIRES Fantastique et science-fiction Écrire un radioroman Dire un texte Les secrets de la bande dessinée Il était une fois le.conte Premier tirage Jeux d'écriture S'exprimer par la créativité Écrire pour le plaisir Communiquez avec nous pour obtenir le calendrier de nos ateliers 4545, av.Pierre-dc-Coubertin, C.P.1000, succursale M, Montréal (Québec) FHV 3R2 Téléphone: (514) 252-3033 Télécopieur: (514) 251-8038 FCAF rt' Fédération canadienne pour l’alphabétisation en français L’alphabétisation c’est beaucoup plus qu’apprendre à lire et à écrire, c’est devenir un citoyen responsable, capable de choisir.235.chemin Montréal, bureau 205, Vanier (Ontario) KIL 6C7 Téléphone : (613) 749-5333 ¦ Télécopieur : (613) 749-2252 Courrier électronique : alpha ('"féal.franco.ca ¦ URL:http:/Avww.franco.ca/alpha/ XV I.K I) K V (I I 11 .I.K S S A M K I) I .1 !•: T I) i M A X (' Il K (I S K I’ T K M II II K I il il N -AI, MIAHIiTISATION- L’implication gouvernementale Bon an mal an, au Québec, près de cinquante millions de dollars sont dépensés par les gouvernements pour l’alphabétisation DliNYSK PERREAULT COLLABORATION SPÉCIALE Durant l’année scolaire 1996-1997, les commissions scolaires ont consacré 40 millions de dollars aux services d’alphabétisation.Subventionnés par le ministère de l’Education, les organismes populaires accrédités ont revu !j,;i millions.Ottawa a injecté pour sa part 3,5 millions pour les services dits périphériques: recherche, développement de matériel didactique, etc.A l’heure actuelle, les services en alphabétisation sont offerts en français et en anglais, et quelquefois même en créole, en espagnol ou en portugais, ainsi que dans certaines langues amérindiennes.Ils sont également disponibles dans les centres de détention provinciaux et fédéraux.Education scolaire ou populaire Les services d’alphabétisation des commissions scolaires relèvent de la Direction de la formation générale des adultes du ministère de l’Education.les adultes de 16 ans et plus qui ont de la difficulté à lire, écrire ou compter peuvent en bénéficier gratuitement dans toutes les commissions scolaires du Québec.«D’une durée maximale de 2000 heures, le programme répond aux exigences du Régime pédagogique des adultes du ministère, lequel compte onze programmes, précise Alain Mercier, directeur de la Direction de la formation générale des adultes.Nous distribuons les sommes entre les commissions scolaires et chacune les dépense en fonction de ses besoins.» Les programmes de subventions aux organismes populaires existent depuis environ 25 ans.Michelle Collard, responsable du Programme de soutien à l’alphabétisation populaire autonome à la Direction de la formation générale des adultes, rappelle qu’il existe cette année 130 groupes d’alphabétisation populaire autonomes accrédités, soit cinq de plus qu’en 1997.Ces groupes, dont la clientèle est homogène ou hétérogène selon le cas, peuvent avoir l’alphabétisation comme unique raison d’etre, ou encore l’intégrer dans un ensemble d’activités d’éducation populaire.Les adultes y apprennent, à leur rythme, la lecture, l’écriture et le calcul.Ils peuvent travailler en petites équipes ou de façon individuelle, tout en participant à la vie associative du groupe s’ils le désirent.Le cadre de la formation étant un domaine exclusivement réservé aux provinces, les fonds alloués par le fédéral dans le cadre du Programme d’initiatives fédérales-provinciales conjointes en alphabétisation (entiè- KENÉ MATHIEU Le maintien des capacités de lecture chez les jeunes fait partie des priorités de Pauline Marois.rement géré par le provincial) permettent de toucher des aspects de l’alphabétisation tels que le recrutement, l’information et la sensibilisation de la population au phénomène; la conce]> lion et la production de documentation d’appoint et de matériel pédagogique; sans oublier la recherche pure sur un sujet des plus complexes, ayant d’innombrables ramifications sur l’ensemble de la société, dont le maintien dans la pauvreté et l’exclusion.Une partie de ces fonds sert à la formation du personnel enseignant qui doit, en quelque sorte, «apprendre à enseigner» dans ce contexte particulier.Accessibles aussi bien aux commissions scolaires qu’aux groiqres popu! tires qui auront soumis des projets, les fonds de 3 500 000 $ sont versés chaque année au Québec en vertu d’une entente renégociée tous les trois ans.Objectif débrouillardise Cinquante millions, c’est bien.Mais ce n’est pas encore suffisant pour répondre à la demande.«Si nous avions plus d'argent, les groupes en alphabétisation populaire seraient plus nombreux, affirme Michelle Collard.Au Québec, on s’est rendu compte de l’ampleur des besoins dès le début des années 70, peu de temps après l'arrivée de l’instruction obligatoire.Depuis, la demande a grandi en se diversifiant, à mesure que l’on a mieux compris les tenants et aboutissants de l’alphabétisation.» Aujourd’hui, cette notion est asso- ciée à celle de la formation continue ou éducation permanente.Dans le document de consultation Prendre le virage du succès, qui porte sur une politique de formation continue, le ministère de l’Éducation rappelle que «le message livré par les données statistiques est clair: le rattrapage en matière d’alphabétisation et de formation de base est loin d'être terminé.Il doit même être considéré comme une priorité immédiate.» Le ministère souhaite voir doubler le nombre de personnes inscrites en alphabétisation d’ici l’an 2002.Cela équivaudrait à 4 % du bassin potentiel des personnes faiblement alphabétisées, donc 36 000 personnes, dont 8000 recevraient les services nécessaires par l’entremise des groupes en alphabétisation populaire et les autres dans le réseau des commissions scolaires.«Cela ne veut pas nécessairement dire que les sommes allouées seront elles aussi doublées, mais nous espérons assurer une meilleure diversité des ressources et des approches», précise Alain Mercier, qui a été à la fois président du comité ministériel et du comité-conseil sur le projet de politique de formation continue, lequel sera l’objet d’une consultation publique à l’automne.Ia> ministère de l’Éducation précise aussi son «intention d'adopter une approche préventive, d'accroître et de diversifier les services, d'assurer le maintien des capacités de lecture citez les jeunes et les adultes».Plusieurs ministères et organismes seront mis à contribution.Télé-Québec intégrera la notion de prévention de l’analphabétisme dans sa programmation jeunesse et le ministère de l’Emploi et de la Solidarité favorisera l’accès aux cours en formation continue à certains parents immigrants qui ont des enfants de neuf ans et moins.Le maintien des capacités de lecture — une avenue relativement nouvelle — relèvera entre autres du ministère de la Culture et des Communications et de sa politique de la lecture et du livre.Les CLSC et les organismes communautaires pourront collaborer à la prise en charge de parents analphabètes ayant de jeunes enfants, etc.De plus, le concept sera élargi à • l’analphabétisme informatique», qu'il devient impératif de contourner pour mieux fonctionner dans la vie de tous les jours.D’ici 1999, dans la foulée de la révision des prograjnmes instaurée par le ministère de l’Education, les programmes en alphabétisation seront revus et corrigés en conséquence, histoire d’atteindre, selon le mot d’Alain Mercier, un important objectif; celui de la débrouillardise au quotidien.L’alphabétisme, un concept en évolution STÉPHANE GAGNÉ COLLABORATION SPÉCIALE Le Québec a beaucoup changé depuis les années 50.En près d’un demi-siècle, la province est passée d’une société rurale à une société industrialisée et riche.Elle est même entrée dans le club sélect des pays les plus riches au monde.Pourtant, aberration des aberrations, environ la moitié des Québécois âgés de 16 ans et plus éprouvent des difficultés sérieuses avec la lecture et peuvent donc être considérés comme analphabètes.Ce chiffre surprenant provient du volet canadien de l’Enquête internationale sur l’alphabétisation des adultes (EIAA), réalisée en 1994 dans les pays de l’organisation de coopération et de développement économique (OCDE).Il faut savoir que la définition de l’alphabétisme a évolué, même si on s’intéresse à la question depuis peu de temps au Canada (la première étude sérieuse, réalisée par l’entreprise de presse Southam News, date de 1987).Avant, on définissait l’alphabétisme comme le simple fait de savoir lire et écrire.Aujourd'hui, la définition est plus précise et tient davantage compte des exigences réelles de la vie quotidienne.Il s’agit des aptitudes à traiter l'information (l’écriture, la lecture et le calcul) dont on a besoin pour utiliser les documents que l’on trouve habituellement au travail, au foyer et dans la collectivité.Il ne s’agit donc plus seulement de savoir lire un journal ou écrire une lettre.L’alphabétisme, c'est aussi ce qu’on appelle l’alphabétisme fonctionnel (savoir déchiffrer son livret de banque, lire et comprendre le dosage inscrit sur un médicament, etc.).En 1989, Statistique Canada lance l’Enquête sur les capacités de lecture et d’écriture utilisées quotidiennement (ECLEUQ).Cette enquête a pour objectif d’avoir une évaluation plus précise du véritable niveau d’alphabétisation chez les Canadiens de 16 à 69 ans.Pour ce faire, on a établi quatre niveaux de competence en lecture, en écriture et en calcul (compétences faible, moyenne, élevée et supérieure).L’enquête comptait trois questionnaires, dont deux comportaient une série de tâches à accomplir.Les gens interrogés devaient, par exemple, lire la date d’expiration de leur permis de conduire, un horaire d’autobus, un graphique afin de déterminer si un employé a droit à un avantage particulier et une carte géographique.Les capacités de calcul ont été évaluées de la façon suivante: les participants devaient repérer une heure particulière sur l’horaire d’une piscine, faire une addition et une multiplication à partir d’un bon de commande de catalogue, etc.L’évaluation comportait aussi deux exercices d’écriture.Le premier consistait à écrire un message simple à un autre membre du ménage pour lui demander d’allumer le finir; le deuxième exigeait du répondant qu’il écrive une lettre à un fabricant pour lui demander de réparer un appareil ménager.En 1994, une troisième étude est réalisée.Le volet canadien de l’EIAA avait pour but de répondre à plusieurs des questions soulevées par l’ECLÉUQ.Elle a permis, entre autres, d’évaluer le niveau d'alphabétisation des personnes âgées de plus de 69 ans.Entre l’étude de 1989 et celle de 1994, aucune amélioration appréciable n’a été constatée.Le taux d’analphabétisme est demeuré â peu près le même (autour de 50 % chez les francophones) et cela, même si les répondants de la dernière étude étaient plus scolarisés.On ne sait trop pourquoi il en est ainsi et on admet que d’autres études seront nécessaires.A la Fédération canadienne pour l’alphabétisation en français (FCAF), on a d’ailleurs entrepris une analyse plus poussée des analphabètes québécois sur la base des données de l’ELAA.Car «l’EIAA a des limites, elle ne donne pas un portrait spécifique des individus interrogés», affirme Luce La-pierre, directrice de la FCAF.Au Secrétariat national à l’alphabétisation (organisme fédéral créé en 1988 pour encourager l’alphabétisation), on prépare aussi un suivi de l’EIAA pour l’année 2002.Cette enquête devrait être intéressante puisqu’elle sera réalisée avec les mêmes paramètres que l’EIAA.L’action des groupes populaires STÉPHANE GAGNÉ COLLABORATION SPÉCIALE Retourner en classe pour parfaire ses capacités en lecture et en écriture, ça ne plaît pas à tout le monde.Les groupes populaires en alphabétisation le savent et c’est la raison pour laquelle ils offrent une autre façon d’apprendre plus près de la réalité des apprenants.Réalisation d’un journal, navigation sur Internet ou création d’une émission de radio, les moyens ne manquent pas pour permettre aux analphabètes à divers degrés de développer leurs habiletés en lecture et en écriture.Il y a 130 groupes populaires en alphabétisation subventionnés par le ministère de l’Éducation (MEQ) au Québec.Parmi ces groupes, 74 font partie du Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec (RGPAQ).La valeur de leur travail est déjà reconnue par le MEQ, mais «le regroupement est en pourparlers avec le ministère depuis deux ans pour que l’alphabétisation et le travail des groupes populaires dans le domaine deviennent une priorité dans la politique de formation continue», affirme Christian Pelletier, responsable du dossier Reconnaissance et financement au RGPAQ.Des pourparlers qui semblent avoir porté fruits, puisque dans le document de consultation du MEQ intitulé Vers une politique de la formation continue, publié en juin dernier, la prévention de l’analphabétisme apparaît comme la première priorité.De plus, le MEQ souhaite que la mission des groupes populaires soit clairement établie et reconnue dans un cadre légal.Des intentions qui réjouissent Christian Pelletier.«Pour avoir une action plus efficace et rejoindre le plus de gens possible, il est essentiel que le réseau institutionnel qui œuvre dans les commissions scolaires et le réseau des groupes populaires cohabitent», dit-il.Ainsi, le MEQ semble vouloir tout mettre en œuvre pour abaisser le taux d’analphabétisme élevé au Québec, une situation qui nuit à «la prospérité économique et sociale» de la province.Mais, selon M.Pelletier, la démarche d’alphabétisation des apprenants n’est pas toujours liée à l’amélioration de leur situation économique.«Il y a des gens qui suivent une formation simplement pour prendre leur place comme citoyens, pour pouvoir lire les —¦ I BIB MMMi LOUISE LEMIEUJ Certaines personnes qui ont de la difficulté a lire se débrouillent par contre très bien avec I ordinateur.C’est ce qui a donné l’idée à quelques groupes populaires en alphabétisation d’offrir ce service à leur clientèle.étiquettes ou faire leur rapport d’impôt eux-mêmes.Ça aussi, c'est important, et le MEQ doit en tenir compte.» Parfois, il s’agit simplement de redonner le goût de lire aux gens, analphabètes ou pas.C’est l’un des objectifs que s’est fixés le magazine Autrement dit, publié par le Collectif de recherche pédagogique.Rédigé en écriture simple (c’est-à-dire très vulgarisée) et publié en gros caractères, le magazine a pour mission de rendre l’information sociale et culturelle accessible à tous.Disponible dans 8(KX) points de vente au Québec, «il est aussi utilisé comme matériel pédagogique dans les groupes en alphabétisation», indique la rédactrice en chef Arlette Fortin, selon qui il existe peu de publications rédigées en écriture simple.Le travail du Collectif en écriture simple a déjà des retombées.lœ ministère de l’Emploi et de la Solidarité a, en effet, approché le groupe pour qu’il trouve un moyen de simplifier la correspondance entre les prestataires de la sécurité du revenu et le ministère.Outre l’écriture simple, les groupes populaires ont développé bien d'autres moyens d'alphabétiser.Ainsi, le groupe la Boîte aux lettres, de Lon-gueuil, fonctionne par projet.Ces projets, que ce soit la création d'un journal ou d’une émission de radio, mettent en valeur la lecture et l’écriture.Ils s’adressent à des jeunes analphabètes de 16 à 25 ans, ce qui est unique sur la rive sud de Montréal.«Chaque année, nous offrons une formation à une trentaine de jeunes provenant de milieux défavorisés de la rive sud et même de Montréal, explique Martine Dupont, formatrice à la Boite aux lettres.Ces jeunes ont soit des difficultés d'apprentissage, soit des problèmes de comportement.Ils ont des connaissances en écriture et en lecture de niveau primaire.Notre formation vise à leur faire prendre conscience de leurs problèmes.Une fois cette étape franchie, il est plus facile de les former.» A Saint-Léonard d’Aston, près de Drummondville, le groupe Ludoletlre travaille dans un autre registre.Il a d’abord créé une cuisine collective, qui offre maintenant ses services aux entreprises.Il a ensuite développé un volet Internet où les apprenants, une fois le médium maîtrisé, deviennent des personnes-ressources pour d’autres.Dans le premier cas, c’est l’obligation de lire des recettes qui a pour effet d'alphabétiser.Dans le second, c'est l’apprentissage des outils de recherche sur Internet et l’utilisation du courrier électronique pour correspondre qui permettent la pratique de la lecture et de l’écriture.Enfin, récemment, Ludolettre s’est lancé dans la réinsertion sociale.Il a acquis une entreprise de reliure qui permettra d’intégrer (ou réintégrer) les apprenants sur le marché du travail après que ceux-ci auront suivi l’une des deux options de formation (Internet ou la cuisine collective).Voilà quelques exemples de formations originales offertes par les groupes populaires en alphabétisation, qui ont rejoint 4000 personnes en 1996-97.A « En sachant écouter, parler, lire et écrire, l’individu se transforme et devient une personne capable de partager avec les autres.» Albert Jacquard Un moment intense du Colloque pour l'alphabétisation et la formation de base en entreprise, Éducation et démocratie entre individu et société, les 3 et 4 septembre 1998 // SttrAiirial h.ih,vi,il e~ A me oérlUble prlldpllou A U \)\e coWeclioe.•/ ’ Av\!C\bé\\êA\0\A A Al\$èi HU -prentissage qui tendent vers l’alphabétisation à caractère fonctionnel.Ici, il est surtout question d’aider les chercheurs d'emploi et les assistés sociaux qui désirent accroître leurs chances sur le marché du travail.Ainsi, une commission scolaire offre une formule originale à ses élèves.Quelques heures par semaine, ils se transforment en caissiers ou en commis pour exercer, en plus de leur savoir-faire, leurs connaissances en français et en mathématiques derrière les comptoirs d’une boutique scolaire et d’un café.«C’est concret, ce qu’on leur permet d’apprendre, dit Raymond Bélanger, coordonnateur à la commission scolaire des Draveurs.C’est plus que de l'apprentissage pour de l’apprentissage.Sans compter que leurs acquisitions seront transférables dans un autre milieu.» Cet automne, de meilleurs équipements informatiques, et une accessibilité plus grande aux laboratoires, feront en sorte que les élèves pourront s’initier à des logiciels de base.De plus, avec le parachèvement d’un quartier virtuel sur Internet, le Cyber-quartier, nombre de personnes désireuses de parfaire leurs connaissances de la langue et des chiffres pourront naviguer — en toute intimité — d’une institution bancaire à un centre de formation, en passant par une agence touristique.Une liste d’attente en Abitibi-Témiscamingue Depuis un an, au Centre Elisabeth-Bruyère, à Rouyn-Noranda, des dizaines de personnes espèrent, chaque début de session, obtenir une place pour combler leurs besoins en alphabétisation.Cette liste d’attente est en bonne partie liée aux efforts de promotion déployés auprès d’intervenants sociaux clés.Ainsi, un vaste réseau de référence composé, entre autres, de chefs d’entreprise, de responsables de groupes populaires, du curé de la paroisse, assure le dépistage et la sensibilisation d’un plus grand nombre de personnes.Toutefois, en milieu rural, rares sont les analphabètes qui se bousculent pour obtenir une place derrière un pupitre.Cette conjoncture a donc engendré, il y a quatre ans, la formation de groupes d’alphabétisation en entreprises.Une à trois fois par semaine, des forma- teurs se rendent ainsi à Rouyn et à Preissac pour alphabétiser des mineurs.«En plus de se faire sur le lieu de travail, la formation est payée par les employeurs.C’est un avantage énorme pour les travailleurs, souligne Micheline Coulombe, responsable de la table régionale en alphabétisation et formatrice.Il a fallu des années de sensibilisation pour en arriver à cela.Si les syndicats étaient de notre côté, les patrons, eux, ne croyaient pas à la présence d’analphabètes parmi leurs employés.Sans compter que l’alphabétisation n’était pas du lot de leurs priorités.» Aujourd’hui, tout va si bien qu’une mine à Rouyn offre dorénavant cinq de ses vingt-cinq places disponibles à des employés issus d’autres entreprises qui n’ont pas d’autres moyens de s’alphabétiser.Dans les salons de la Côte-Nord D*ans ses classes d'alphabétisation, l’organisme populaire La Marjon Alpha ABC Côte-Nord reçoit moins de cinquante personnes par année alors qu’elle pourrait en accueillir une centaine.Ce ne sont pourtant pas les façons de sensibiliser qui manquent.Cela va de la distribution de dépliants par la poste au bouche à oreille.Même un kiosque d’information installé quelques jours par année depuis trois ans dans le plus grand centre commercial de Manicouagan n’a pas une grande influence sur la population.«Très peu de gens s’y arrêtent, déplore Wilfrida Perron, responsable de l’organisme.Qu’elles soient analphabètes ou pas, presque toutes ressentent de la gêne.Ainsi, que ce soit en public ou même par téléphone, certaines ne se risqueront jamais à nous demander de l’aide.» Devant cette résistance, la Maison Alpha ABC Côte-Nord, en collaboration avec trois commissions scolaires de la région, a décidé d’oser le tout pour le tout: entrer dans les foyers par le truchement de la télévision communautaire.Dès septembre, une sé- rie de sept émissions de moins de vingt minutes sera diffusée, avant le bingo — très suivi — de 19h.Animées par une comédienne et des figurants, les capsules aborderont, entre autres, la gestion du temps, la reconnaissance des sigles sur les produits domestiques, la compréhension des circulaires, l’utilisation de l’annuaire téléphonique ou du guichet automatique.«En rejoignant les gens là où ils sont, nous escomptons susciter leur intérêt pour qu'ils viennent éventuellement plus facilement à nous», souligne Wilfrida Perron./ JACOUKS NADEAU I.K DEVOIK Certains jeunes qui quittent l’école avant la fin du secondaire ne liront jamais plus, se contentant de la télévision pour meubler leurs loisirs.Avec les années, leur capacité de lecture ira en s’amenuisant.L'urgence d'agir ! «La persistance de l'analphabétisme compromet la capacité individuelle et collective des Québécoises et Québécois de faire face aux nouveaux défis sociaux et économiques.il est urgent que le Québec s'engage dans une action concertée et vigoureuse pour relever le niveau d'alphabétisation de sa population adulte.» (Ministère de l'Éducation du Québec, Vers une politique de la formation continue, juin 1998, p.21).Il y a longtemps que les groupes populaires d'alphabétisation ont compris cette urgence.Ils agissent vigoureusement dans leur milieu depuis plus de 20 ans.Pour appuyer leurs actions, le ministère de l'Éducation du Québec doit financer davantage ces 130 groupes populaires d'alphabétisation du Québec.f/VN Ul Ul uuf [/\A Ul Ui f/VN Ul Ul uni REGROUPEMENT DES GROUPES POPULAIRES EN ALPHABÉTISATION DU QUÉBEC Développement des ressources humaines Canada Lire tons les jours Secrétariat national à l’alphabétisation ^¦ Le réseau des commissions scolaires '/¦Î-WÆ, Kâli Nord-du-Québec(lO) Côte-Nord (09) Gaspésie- îles-d( ladeleine (11) ¦Laurent (01) idière-Appalaches (12) Mauricie (04) 15) Lanaudière (14> "y Laval (13) / Montréal (06)/ du-Québec (17) Outaouais (07) Estrie (05), lontérégje (16) .l&H 2 WÊÊM.s¥'sv.:| Abitihi-Temiscanungue (08) Saguenay - Lac-Saint-Jean (02) Québec (03) ACTIf IN ALPHABÉTISATION À LA GRANDEUR VU QUÉBEC J S Tfoue eauliqueue avec £tenté le tnauail extnaandiuaine et Ce déwxue*Heut dee Uttenveuautee et dee iutenveuaute dee CMuHÙMtùKQ- ocalained- et dee ceutne& de ^anuiatiaK e* alfiÂalétôMtioK qui.deftuie ftlue de 20 aue.aut auvent ce cAamfi de frvuttatim et eut accueilli et cOutué dee àenvicee à taut de penMuuee adultee.L’ Équipe interrégionale en alphabétisation, c’est 16 ans de concertation entre les commissions scolaires et des groupes populaires dans toutes les régions du Québec, c’est aussi un lieu de ralliement des expertises régionales et un lieu d’action pour le développement de l’alphabétisation au Québec.Table des responsables de l’éducation des adultes des commissions scolaires du Québec Téléphone (418) 651-3220 Télécopieur (418) 651-2574 Courriel : emainka@fcsq.qc.ca La Table des responsables de l’éducation des adultes des commissions scolaires du Québec, c’est 23 années consacrées au développement et à la promotion de l’éducation des adultes et de la formation professionnelle dans les commissions scolaires, c’est la mise en commun de l’expertise des commissions scolaires et des centres de formation et leur concertation active.ÉQUIPE INTERRÉGIONALE EN ALPHABÉTISATION Équipe interrégionale en alphabétisation Téléphone (514) 354-6149 Télécopieur (514) 354-9805 Courriel : dumasmp@total.net » ]
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