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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 1998-07-14, Collections de BAnQ.

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-?FONDÉ EN 19104- DEVOIR L’instant rutile rictcrnilé/angine de grésil an verso du soir (iilliort Lan^evin «l’n peu plus d’ombre au dos de la falaise» ( 19(>(>) V U i.I, X .\ X I X N ¦ i r> i M O N T II K A I.I.K M A II I) I I I .1 II I I.I.K T I !) !> 8 8 7 C + T A X E S = I $ / T O II (t N TO I $ PERSPECTIVES Blonde, détestée.et fatale?On croyait l’«affaire Monica Lewinsky» plus ou moins éteinte.Voilà qu’elle se rallume avec le témoignage de Linda Tripp, celle par qui le scandale est arrivé, celle qui a «trahi» la jeune stagiaire de la Maison-Blanche en enregistrant à son insu ses confessions sur sa liaison présumée avec Bill Clinton.i Antoine Char ?lies n’ont rien en commun: l’une est volubile, l’autre secrète.L’une est brune et bien en chair, l’autre blonde, grande, plutôt sèche.Elles n’ont rien en commun, sinon un parcours parallèle de la Maison-Blanche au Pentagone.Depuis janvier, depuis que le «Monicagate» a éclaté, Monica Lewinsky est entrée dans le monde des sourds et muets.Elle s’emmure dans un long silence, au grand dam de Kenneth Starr.Mais le procureur indépendant chargé de faire toute la lumière sur les présumées incartades sexuelles de Bill Clinton n’a pas dit son dernier mot.Ces jours-ci, il fait témoigner Linda Tripp qui déballe tout ce qu’elle croit savoir sur la prétendue liaison de sa grande amie Monica avec l’homme le plus puissant de la planète.Elle témoigne à huis clos, suivie de près par 300 journalistes à qui elle répond par des sourires crispés.Que dit-elle?Elle doit sûrement rappeler ceci: Bill Clinton a demandé à Monica Lewinsky de mentir sous serment à la justice pour cacher son aventure de quelques mois avec la stagiaire en 1995.Cette grave accusation d’obstruction à la justice et de subornation de témoin est consignée dans les cassettes qu’a reçues Kenneth Starr.Cela n’est pas suffisant pour déstabiliser constitutionnellement Bill Clinton.Pour enclencher une procédure de destitution (impeachment) du président, le témoignage de Monica Lewinsky est indispensable.Il faut qu’elle coopère avec la justice et se présente à la barre.Si elle continue de se dérober, Starr va finir par l’accuser de parjure.Elle ne pourra alors bénéficier d’aucune immunité judiciaire.Le dilemme de Ix-winsky est entier.Kenneth Starr croit enfin tenir son «arme fatale» avec Linda Tripp, 48 ans: son témoignage va faire sortir Monica Lewinsky de son impardonnable silence, croit-il.Ce serait alors pour Tripp une éclatante revanche sur l'opinion publique américaine qui la déteste tant pour avoir fait éclater un scandale qui éclabousse le mandat d’un président si populaire dans les sondages.C’est sous les conseils de Lucianne Goldenberg, une agente littéraire de New York, que la fonctionnaire du Pentagone enregistra une vingtaine d’heures de conversations téléphoniques avec Monica Lewinsky, sa cadette de 25 ans.Goldenberg, une fervente républicaine de 62 ans, reconnaît détester Clinton.«Ce qui me fait plaisir, c'est que l'étau se resserre sur lui, et si cela contribue à le faire prendre, ce serait excellent», devait-elle confier au Washington Post cet hiver.Tripp ne tient pas un tel langage mais n’en pense pas moins.Fervente admiratrice de l’ancien président George Bush, c’est elle qui a révélé l’été dernier qu’une certaine Kathleen Willey, une employée de la Maison-Blanche, lui avait confié avoir été embrassée et caressée par Clinton en 1993.Robert Bennet, l'avocat du président, avait déclaré flairer X«arnaque politique» et affirma que Linda Tripp n’était pas crédible.Cette dernière comprit alors que Lucianne Goldenberg avait raison: pour prouver que Clinton est un habitué des gestes déplacés et des aventures extraconjugales de toutes sortes, il fallait au plus vite enregistrer tout ce que lui confiait Monica Lewinsky.L’un des enregistrements raconterait comment la jeune stagiaire s’est retrouvée dissimulée dans le Bureau ovale, le saint des saints de la Maison-Blanche, en attendant que le 42' président achève un entretien avec son homologue mexicain Ernesto Zedillo.Une nuit, Tripp aurait même «entendu la voix du président» alors qu’elle dormait dans la chambre d’amis de l’appartement de Monica Lewinsky dans l’immeuble du Watergate: elle avait, dit-elle, été réveillée par le téléphone.Pour Robert Bennet, toutes ces «révélations» sont un tissu de mensonges visant à humilier Bill Clinton.Il a même comparé le contenu des cassettes (qui n’a pas été rendu public) a de la barbe à papa.«Quand vous mordez dedans, il n'y a rien.» L’avocat du président a peut-être raison.Linda Tripp n’est peut-être pas crédible.Divorcée et mère de deux enfants, elle a déjà omis de dire à ses employeurs qu’elle avait été arrêtée à l’âge de 19 ans pour vol de bijoux, selon US News and World Report.Elle s’est par ailleurs fréquemment présentée à la police pour dénoncer des délits mineurs et figure dans 38 rapports de police depuis 1992, soit comme témoin, soit comme victime.Son honneur est donc en jeu dans le «Monicagate».C’est la raison pour laquelle Linda Tripp a décidé de dire la vérité, toute la vérité, rien que l’entière et Linda Tripp a juré de dire la vérité, toute la vérité pure vérité.Elle l’a juré! M É T É 0 Montréal Québec Ensoleillé avec Ensoleillé, chaud passages nuageux.et humide.Max: 30 Min: 19 Max: 29 Min: 16 Détails, page B 4 INDEX Agenda.B 6 Le monde.A 5 Annonces.B 6 Avis publics.B 4 Culture.B 8 Economie.B 2 Les sports.B 5 Montréal.A3 Mots croisés.B 4 Politique.A4 Éditorial., .A 6 Télévision.B 7 www.ledevoir.com CULTURE ÉCONOMIE Quand Van 2000 inspire le Conseil des arts, page B 8 Impasse totale chez General Motors, page B 2 DOSSIER La nouvelle révolte des Indiens américains, page B 1 Pas de gros lot pour les employés du Casino Après un arrêt de travail de six semaines, les grévistes se soumettent à un compromis FRANÇOIS NORMAND LE DEVOIR JACQUES NADEAU LE DEVOIR C’est dans la division et sans enthousiasme que les employés du Casino ont décidé hier d’accepter un contrat de travail de cinq ans.Le Casino de Montréal ouvrira ses portes demain ou jeudi au plus tard.Après six semaines de grève, les employés de la restauration, de la sécurité et de l’unité générale du Casino de Montréal ont voté sans enthousiasme hier à 67 % en faveur d’un retour au travail.La maison de jeu rouvrira demain ou jeudi.Réunis en assemblée générale au centre Pierre-Charbonneau, les quelque 1150 employés présents — sur 1800 — ont donc accepté l’entente de principe conclue ce week-end entre négociateurs patronaux et syndicaux.L’exécutif syndical a recommandé de signer l’entente.Les employés de la restauration ont voté pour l’entente à 68,3 %, ceux de la sécurité à 57,4 % et ceux de l’unité générale à 68,1 %.La semaine dernière, le conciliateur Fernand Matteau avait rencontré séparément les deux parties, réussissant finalement à produire un compromis acceptable pour les parties syndicale et patronale.La nouvelle convention collective d’une durée de cinq ans, qui devrait être signée sous peu, prévoit principalement des augmentations de salaires de 2 %, la création d’une prime de soir (employés sans pourboire) et d’une prime de fin de semaine (employés sans pourboire) ainsi que la majoration de la prime de nuit déjà existante.Les employés à pourboire ont de leur côté obtenu que l’employeur considère les pourboires comme faisant partie du salaire réel pour le calcul des vacances, des congés fériés et de maladie, et de l'assurance collective.Le syndicat a aussi obtenu que la banque de congés de maladie passe de 56 à 69 VOIR PAGE A 8: CASINO Le rai des villes Le Festival d’été de Québec fête le 14 juillet avec Rachid Taha et l’Orchestre national de Barbés Deux jours après que la France entière a bondi de joie devant la victoire au Mondial de ses Bleus toutes couleurs unies, le Festival d’été de Québec offre, en ce 14 juillet, une source d’urticaire de plus pour Jean-Marie Le Pen et son Front National.Ce soir, au Parc du Parlement, on accueillera donc avec grand plaisir Rachid Taha et l’Orchestre national de Barbés, et on fêtera la France sur des musiques métissées.REMY CBAREST CORRESPONDANT À QUÉBEC Ce soir, à deux pas de notre Assemblée nationale, la soirée sera affaire de métissages.Ceux de l’Orchestre national de Barbés, regroupement de musiciens parisiens d’origine maghrébine qui s’est presque appelé le Couscous Band, où le chaâbi et le raï côtoient le saxophone, l’orgue et la guitare, où chaque membre amène les traces de son bled.Et ceux de Rachid Taha, dont le dernier disque, Diwân, reprend des succès populaires de la chanson arabe, comme une conversation avec les grands chanteurs d’an-tan, une mémoire musicale exprimée sur des boucles et échantillonnages électroniques.Rien de mieux pour nous rappeler que le monde arabe n’est pas simple, que la présence «arabe» en France n’est pas uniforme, que ces mondes se métissent au contact l’un de l’autre, pour nous emmener vers un ailleurs qui est aussi un chez-nous.«Pendant ma jeunesse, je n ’avais jamais vu de dromadaires, sauf au cirque», exprime Rachid Taha, natif d’Oran, en Algérie, à propos des clichés identitaires qui colorent trop souvent notre vision du monde arabe.Celui qui chantait avec une ironie tranchante mais souriante le Douce France de Charles Trenet, il y a quinze ans, avec un groupe appelé Carte de séjour, souligne du coup les problèmes causés par l’uniformisation et le cliché: « On ne fait pas la distinction.On fait même exprès de ne pas la faire: c’est une façon d’ignorer l’autre.» Cette façon de créer des barrières n’est pas toujours unidirectionnelle, pourrait-on dire ici, en précisant que Taha et Carte de Séjour, punks dans lame, étaient un peu coincés entre deux chaises, au début des années 80.Pour les Algériens, ils étaient trop occidentaux et, bien sùr, trop algériens pour les occidentaux.D’ailleurs, il reste toujours difficile de vraiment placer le style de Rachid Taha.Pas facile, par exemple, de savoir s'il est vraiment un chanteur rai'.Il a bien peu à voir avec un Cheb Mami ou un Khaled, mais.«Je suis un chanteur populaire, comme Gilles Vigneault et Félix Leclerc, lance-t-il à brûle-pourpoint.Raï, ça veut dire "mon opinion ”.Donc, tous les chanteurs peuvent l’être.Woody Guthrie en serait un.Léo Ferré serait le plus grand chan- VOIR PAGE A 8: RAÏ Les leçons du Mondial La victoire de dimanche redonne du tonus à une France qui se redécouvre UNE SYNTHESE D’ÉRIC DESROSIERS a victoire de l’équipe française à la Cou-?pe du monde de football £ «Des liens nouveaux, inconnus ou méconnus se sont tissés» a inspiré les commentaires de plusieurs observateurs en dehors du monde sportif.Alors que presque tous se sont réjouis de la victoire décisive de la jeune équipe, plusieurs n’ont pas manqué de souligner qu’elle présentait le visage d’une France plurielle.D’aucuns se sont mis aussi à espérer que cette victoire collective serve d’antidote à la morosité ambiante et d’inspiration face aux plus vastes défis auquels le pays est confronté.Les cœurs étaient à la fête hier en France.«Partout, rapporte Yann Bouffin dans le quotidien du sud du pays, La Dépêche du Midi, de Marseille à Lille, de Toulouse à Strasbourg, de Bordeaux à Metz ou Lyon, partout, ces images inoubliables de joules en délire, ondulant sous les drapeaux tricolores.Une déferlante comme en compte peu l’Histoire de France, grâce à la prodigieuse opiniâtreté et simplicité d’une équipe hors du commun.[.] Le cocktail magique «black, blanc et beur» porté haut en couleur par les Bleus a eu son effet détonnant dans la France, qui n’en finissait plus de se recroqueviller sur-elle même.En accueillatit le Mondial, la France s’est révélée au monde.Rien de tout cela n’était prévu et pourtant tout s’est passé.» Dans le journal Libération, Michel Chemin souligne que l’événement dépasse l’univers sportif.«Autour du succès de l’équipe de France, écrit-il, des liens nouveaux, inconnus ou méconnus, se sont tissés.Ils ont noué un état d’esprit qui n’est pas sans rappeler la France libérée du nazisme.Autour des joueurs, la patrie est devenu fratrie.» «Avec le sens du raccourci qui les caractérise, poursuit-il plus loin, les idéologues découvreurs de foot, les penseurs sociétaux laissent entendre que la France a changé.[.] Le Pen est bel et bien mal à l’aise, mais le Front national — qu'aucune victoire métissée n’a empêché de progresser — existe toujours.Et représente 15 % d'une population souvent aigrie, parfois haineuse, jamais tolérante.Il faudra, hélas, bien d’autres choses que des matchs victorieux pour réduire son influence nocive.L’effet Zidane, pour ne citer que lui, est un jalon de tolérance comme Yannick Noah en fut un en 1983, après sa victoire à Roland-Garros.A tout et chacun de faire que cela n’accouche pas d’un nouveau rendez-vous manqué avec l’évolution des mentalités.» Jean-Marie Colombani se demande, de son côté, dans Le Monde, si la victoire française ne serait pas annonciatrice du début d’une nouvelle ère porteuse d’espoirs pour la France.«Une équipe de foot, «nationale» et arc-en-ciel, diverse et unie, se hisse en finale alors qu’elle n’était créditée au début de la compétition que d’une honnête moyenne.Le parallèle avec un pays réputé fatigué, sclérosé, se jugeant lui-même comme une puissance désormais moyenne, vient immédiatement à l’esprit.Plutôt que d’apréhender les nécessaires modernisations, pourquoi ne pas répondre au défi de celles ¦ STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Ly exposition Picasso, qui a fermé ses t portes dimanche soir, au Musée des beaux-arts du Canada (MBAC), a finalement attiré plus de 253 000 personnes.Une centaine d’œuvres de l’artiste espagnol, comprenant des toiles, des dessins, des sculptures et des gravures, toutes prêtées par le Musée d’art moderne de New York, étaient exposées à Ottawa depuis le 2 avril.Le seul arrêt canadien de la tournée nord-américaine de la collection a ainsi dépassé l’objectif des 200 000 visiteurs fixé par la direction du Musée des beaux-arts.Les chefs-d’œuvre de Picasso n’auront cependant pas suscité le même engouement que l'exposition consacrée aux portraits de Renoir, qui avait attiré 340 000 personnes, l’été dernier, dans les salles nationales.Picasso: Mastenvorks from the Museum of Modem Art sera maintenant présentée au Los Angeles County Museum of Art, jusqu’au 6 septembre.En dévoilant ces résultats, le directeur Pierre Théberge s’est dit particulièrement fier d’avoir pu attirer 13 000 jeunes étudiants.L’expo a également permis au MBAC d’augmenter de 450 % le nombre des membres de son club des Amis.Le club comptait 2 800 personnes en avril; elles sont maintenant 12 400.Le MBAC n’est cependant pas le seul musée à jouir de la manne estivale.La semaine dernière, le Musée ca- La chèvre de Pablo Picasso, 1950.nadien des Civilisations (MCC) a annoncé avoir déjà accueilli 16 % de plus de visiteurs que pour la même période l’an dernier.Au 7 juillet, plus de 465 000 personnes avaient actionné les toprni-quets de l’établissement de Hull.A.elle seule, l’exposition Mystères de l’Égypte a attiré plus de 200 000 personnes depuis son inauguration, le 8 mai.Les dirigeants du musée sont déjà persuadés que cette expo va dépasser l’objectif fixé du demi-million de visiteurs.Si la tendance se maintient, comme dirait l’autre, l’année 1998 sera la plus profitable en terme de fréquentation depuis l’ouverture du MCC, en 1989.A Québec, l’exposition consacrée aux sculptures et aux dessins de Rodin a probablement dépassé hier le cap des 100 000 visiteurs fixé comme objectif par la direction.Dimanche, un total de 98 378 personnes avaient déjà franchi les portes des salles du musée des Plaines.De son côté, le Musée des beaux-arts de Montréal annonce avoir vendu 15 000 billets pour sa rétrospective consacrée à Giacometti «le plus grand sculpteur du XX' siècle», inaugurée il y a quelques semaines, le 18 juin.C’est tout de même moins que son concurrent homonyme, à Ottawa, qui attirait plus de visiteurs en une seule semaine, en moyenne, avec ses trésors de Picasso.Rappelons en terminant que le secteur canadien des «établissements du patrimoine» (musées, aquariums, jardins botaniques, parcs naturels, etc) a le vent dans les voiles depuis le début de la décennie.Selon des statistiques publiées récemment par Statistiques Canada, près de 27 millions de personnes ont fréquenté les lieux de ce secteur en 1995-96, une augmentation de 11 % en sept ans.Le mandat du CRTC sera revu et peut-être corrigé PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) tiendra des audiences cet automne pour entendre des commentaires sur ce que devrait être son mandat dans l’avenir.C’est la première fois depuis les années 1980 qu’une telle révision de ses politiques est envisagée.Il y a davantage de points de vue sur le rôle que devrait jouer le CRTC que de chaînes de télévision, mais les réactions à une révision du mandat du conseil sont en fait de deux ordres: ou bien on veut que ses règlements soient plus sévères ou, au contraire, on souhaite qu’ils soient plus souples.D’un côté, les grands réseaux de télévision privés veulent que le CRTC adopte une approche plus commerciale, qui aurait pour effet de mettre un bémol aux exigences imposées en matière de contenu canadien.De l’autre côté, on trouve des compagnies de production, la Société Radio-Canada et des groupes de consommateurs qui, eux, font valoir au contraire que la télévision diffusée au Canada devrait faire une plus large place aux émissions produites au pays.«La majeure partie du financement des séries dramatiques produites au Canada provient du secteur pu- blic et des compagnies chargées de la production et de la distribution, la contribution des diffuseurs privés étant négligeable», estime la compagnie Alliance Communications, qui a présenté un mémoire.Le secteur de la production télévisuelle a connu un essor remarquable ces dernières années à travers le pays grâce au soutien financier des gouvernements.Mais les réseaux de télévision, à l’exception de Radio-Canada, continuent de bouder les productions canadiennes durant les heures de grande écoute.Les diffuseurs considèrent en général que le fait de produire et de mettre en ondes des émissions et des séries canadiennes constitue une perte d’argent.Traquer les pirates informatiques Ottawa (PC) — Les forces armées canadienne et américaine joignent leurs efforts pour traquer les pirates informatiques.Les discussions entre les deux pays à ce sujet débuteront dans deux semaines, alors qu’un groupe de travail sera mis sur pied avec le mandat d’en arriver à conclure une entente visant à protéger les communications transmises via le réseau informatique par les forces armées des deux pays.Mais si le but premier de cette initiative est de nature strictement militaire, il semble bien qu’elle pourrait aussi avoir des retombées positives dans la société en général.Par exemple, ce projet pourrait avoir pour effet de protéger les systèmes informatiques du secteur des communications et du transport contre les manœuvres des pirates de l’ordinateur.«Les discussions vont d’abord porter sur la meilleure façon de défendre les infrastructures militaires.Mais il est évident qu’il pourrait y avoir des retombées dans la communauté civile», a indiqué le colonel Randy Alward, des Forces armées canadiennes, qui est responsable de la protection des informations transmises via le réseau informatique.Récemment, lors d’une allocution, le ministre canadien de la Défense, Art Eggleton, avait brandi le spectre d’une attaque tous azimuts de la part de pirates ou de terroristes informatiques qui pourraient totalement bousiller les systèmes informatiques utilisés dans toutes les sphères de la société, paralysant «les systèmes de transport, les transactions bancaires, le contrôle aérien» et tout autre système de communication faisant un large usage de l’ordinateur.Pour éviter que pareil scénario touche le secteur de la défense, les forces canadiennes ont mis sur pied plusieurs équipes de travail, qui doivent s’assurer que le système informatique utilisé par les militaires est à l’abri des pirates ou autres malfaiteurs.Au cours des prochaines semaines, des militaires britanniques, américains, canadiens et australiens vont se rencontrer en Angleterre pour tester leurs systèmes informatiques et débusquer leurs faiblesses respectives.Un œil sur la propagande haineuse i Toronto — Di propagande haineuse sévit sur Internet et des groupes de surveillance s’appliquent à la débusquer dans les différents sites Web où elle se répand comme de la mauvaise herbe.«Nous passons Internet au peigne fin.Si un fournisseur d’accès canadien est impliqué [dans une activité de propagande haineuse], nous réagissons sur-le-champ», a indiqué Sol Littman, porte-parole canadien d’un organisme de défense des droits des juifs, le Centre Simon Wiesenthal.La semaine dernière, un des «espions» au service du centre a découvert un site Web, provenant de Sudbury, en Ontario, qui présentait un terrifiant mélange de propos fanatiques et d’informations sur des activités violentes.On pouvait y trouver notamment le manuel du parfait terroriste, une recette pour fabriquer des armes biologiques, des informations sur la façon de mettre sur pied des milices, un guide de référence sur les grenades et des liens avec d’autres sites Web faisant la promotion de la haine et de la violence.Ce site décrivait également un projet en vue de fabriquer un instrument «de forte puissance électrique capable de procurer des chocs électriques importants et des brûlures à un organisme vivant».Après avoir pris connaissance du contenu explosif de ce site, M.Littman a contacté le fournisseur d’accès, Vianet, de Sudbury, et le site a été fermé.Les lois canadiennes stipulent que personne ne peut faire la promotion de la propagande haineuse envers tel ou tel groupe de la société.Mais il est difficile de s’attaquer à ce phénomène quand il se répand sur Internet, les sites haineux apparaissant et disparaissant souvent à la vitesse de l’éclair.La rentrée au Devoir.22 août co/a/re 15 août 29 août rÆI iwnr mm I.K I) K V 0 I R , L K M AUDI II .1 l! I 1.i.K T I !» !) 8 LE DEVOIR LE MONDE Israéliens et Palestiniens devraient se parler directement Washington espère ainsi une relance du processus de paix ASSOCIATED PRESS Washington — De hauts responsables israéliens et palestiniens devraient se rencontrer après le retour de Chine du président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat cette semaine, a annoncé hier James R Rubin, le porte-parole du Département d’Etat américain.Objectif: lever les obstacles qui entravent la route vers un deuxième retrait de,s troupes israéliennes de Cisjordanie.• Le Secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright avait en privé appelé à la tenue d’une réunion au moment où la médiation de Washington était près de s’effondrer.¦ James R Rubin a vivement critiqué Israël pour avoir laissé entendre que c’était aux Palestiniens de faire des concessions.D’après le porte-parole, les Palestiniens ont accepté les propositions américaines sur un retrait israélien de 13 % de la Cisjordanie et le fait de,prendre des mesures pour lutter contre le terrorisme.L’Etat hébreu, a-t-il dit, a tort de dire que «la balle est dans le camp des Palestiniens».Yasser Arafat doit rentrer jeudi de Chine.Certains ont spéculé sur une rencontre entre des délégations israélienne et palestinienne, respectivement dirigées par le ministre israélien de la Défense Yitzhak Mordechai et l’adjoint de Yasser Arafat, Mahmoud Abbas.' «En l’absence de discussions directes, en face-à-face, entre les deux parties, il ne va pas être possible de résoudre» le problème posé par l’impasse des pourparlers, a estimé James P Rubin.• Lundi, le ministre égyptien des Affaires étrangères Amr Moussa a par ailleurs déclaré, en faisant référence aux accords d’Oslo de 1993, qu’Israël avait déjà accepté un Etat palestinien, en reconnaissant les Palestiniens comme peuple, et l’OLP comme leur représentant.«Leur droit d'établir un Etat est un droit international», a-t-il estimé, imputant la responsabilité du blocage des négociations à Israël.! Mais ses déclarations ont été critiquées à Jérusalem par David Bar-Illan, haut responsable israélien: «De tels propos tendent à saper le processus d'Oslo, destiné à atteindre un accord entre Israel et les Palestiniens sur le statut de l'entité palestinienne»., E N B R E F Israël dément des informations sur sa coopération avec Ankara Jérusalem (AFP) — Israël a démenti hier des informations de presse sur la construction d’une base aérienne en Turquie pour les avions de combat israéliens et la formation de pilotes turcs en Israël contre des missiles S-300.«Toutes ces informations sont dénuées de fondement», a indiqué le ministère des Affaires étrangères à Jérusalem.«Comme Israël et la Turquie l’ont fait savoir à de multiples reprises, leur coopération ne vise aucun pays tiers», a-t-il ajouté Auparavant, le ministère turc des Affaires étran-gère$ avait démenti l’information du journal de la côte est des Etats-Unis, Christian Science Monitor, selon laquelle la Turquie construit une base dans l’est de son territoire pour la réserver aux avions de combat israéliens s’entraînant dans son espace aérien.Ix» quotidien turc Milliyet a reproduit l'information.Ce genre de vols est prévu dans un accord-cadre turco-israéUen sur la formation militaire, signé en février 1996.L’accord avait déclenché la colère de pays arabes ainsi que de l’Iran qui y voient une menace dirigée contre eux.Condamnation d’une opération d’infiltration de Pyongyang Séoul (AFP) — Ix Commandement des Nations unies (UNC) à Séoul a condamné hier une tentative d’infiltration de la Corée du Nord, après la découverte du corps d’un homme en tenue de plongée, probablement un figent nord-coréen, dimanche, sur la côte orientale de la Corée du Sud.Estimant dans un communiqué que cet incident contribue «à augmenter les tensions» dans la région, l’UNC a appelé Pyongyang à mettre un terme à ses «activités d’infiltration» dans la mer du Japon, lors d’une réunion avec des officiers nord-coréens dans le village de Panmunjom, dans la zone démilitarisée entre les deux Corées.L’UNC a également souhaité que la rencontre entre des généraux sud-socréens et nord-coréens, prévue jeudi dans ce même village, se tienne plus tôt.Selon le communiqué, l’UNC a l’intention «d’aborder le problème» des infiltrations nord-coréennes lors de cette réunion.La déclaration de l’UNC, chargé de surveiller la trêve entre les deux Corées, intervient après la conclusion le même jour d’un accord de sécurité entre Séoul et le commandement en chef des troupes américaines stationnées en Corée du Sud, en prévision d’éventuelles provocations armées de la p;irt de la Corée du Nord.Berlusconi encore condamné Milan (AP) — Ix- magnat de la presse et chef de file de l’opposition italienne Silvio Berlusconi a été condamné hier à deux ans et quatre mois de prison et s’est vu infliger une amende dix milliards de lires (8,5 millions $) clans l’affaire de financement occulte du P;irti socialiste italien de l’ancien président du Conseil Bettino Craxi.Silvio Berlusconi comparaissait devant un tribunal milanais ixiur avoir effectue des contributions financières illégales au parti socialiste de M.Craxi en 1991.Cette condamnation txnir corruption est la seconde en ixai de temps: le magnat de la presse s’est vu infliger deux ans et neuf mois de prison la semaine derniè-i re pour avoir versé des pots-de-vin à des inspecteurs de fi-i nances pour falsifier les contrôles fiscaux de sa société Fi-ninvest.L’avocat de la défense Ennio Amodio a annoncé que Berlusconi ferait appel.Mais il est peu susceptible de purger effectivement ces peines: en deçà de trois ans de prison, la plupart des hommes politiques et administrateurs bénéficient le plus souvent d’un sursis par la suite.Comme lors de ses précédents démêlés avec la justice, les alliés ]x>li-tiques de Silvio Berlusconi au sein de sa coalition de centre-droite, ont serré les rangs autour de leur chef.«Beritisconi sait qu’il peut compter comme jamais sur l’entière solidarité de tous ses alliés», a déclaré Pierferdinando Casini, dirigeant d’une petite formation centriste.«L'ennemi politique à annihiler (.], condamnation après condamnation, est Silvio Berlusconi», a de son côté estimé son groupe Fininvest Et «pour atteindre ce résultat, peu importe de le faire au mépris de la procédure, de la loi et de la vérité».Défilés orangistes dans une Irlande endeuillée Le calme prévaut.À Ballymoney, on présente ses condoléances aux parents des jeunes victimes du sectarisme.En dépit des divisions suscitées par la mort de trois enfants à Belfast, l’ordre d’Orange a maintenu la commémoration de la bataille de la Boyne (1690).Deux hommes ont été interpellés hier matin dans le cadre de l’enquête sur l’attaque au cocktail Molotov de la maison des Quinn dans un quartier protestant de Ballymoney.ASSOCIATED PRESS Belfast — Les membres de l’Ordre protestant d’Orange ont défilé dans toute l’Irlande du Nord hier pour célébrer l’anniversaire de la plus importante victoire protestante sur les catholiques, au XVII' siècle.Malgré l’extrême tension des derniers jours, les marches de la confrérie se sont déroulées dans le calme, au lendemain de la mort de trois enfants issus d’un couple mixte, dans un incendie criminel.Deux hommes ont été interpellés hier matin dans le cadre de l’enquête sur l’attaque de la maison des Quinn dans un quartier protestant de Ballymoney, à 60 km au nord-ouest de Belfast.Richard, dix ;ins, Mark, neuf ans, et Jason, sept ans, ont péri dans les flammes tandis que leur mère, Chrissie Quinn, une catholique et son compagnon protestant parvenaient à s’échapper sans pouvoir les sauver.Devant la façade noircie de la maison, les habitants de la ville sont venus déposer fleurs, ours en peluches et mots de condoléances.«Ils ont tué trois enfants innocents, a déclaré Francis Quinn, l’oncle des enfants.Ils n'avaient pas été élevés comme des protestants ou des catholiques, ce n'était que trois enfants.» «Je suis simplement plein de haine», a-t-il ajouté, la voix brisée, en rappelant les menaces, les lettres anonymes, les attaques dont sa soeur et sa famille avaient été victimes.En dépit des divisions suscitées par le drame, l’Ordre d’Orange a maintenu la commémoration de la bataille de la Boyne, en 1690, au cours de laquelle les armées de Guillaume d’Orange avait défait le roi catholique Jacques II.Mais les dirigeants de la confrérie protestante avaient lancé un appel à la retenue et demandé qu’une minute de silence à la mémoire des enfants soit respectée lors de chaque rassemblement.«Ce que nous voulons aujourd'hui, c’est une journée paisible dans toute la province», a assuré John Mc-Crça, grand secrétaire de l’Ordre.A Belfast, la parade a traversé le quartier catholique du Lower Ormeau, où de violentes protestations avaient eu lieu les années précédentes.Cette fois, les Orangistes sont passés dans le calme sous le regard des résidents catholiques, silencieux, qui brandissaient ballons et drapeaux noirs improvisés.«C’est la seule forme d’expression qui reste au gens», expliquait un habitant Alan Kelly, venu avec sa petite fille de sept mois et son épouse Angelam, dont le frère avait été abattu par des loyalistes protestants à quelques mètres de là en 1988.«Toute autre forme de protestation aurait engendré la violence», constatait-il.La marche orangiste de Belfast avait été retardée de plus d’une heure après une alerte à la bombe lancée par téléphone par un correspondant anonyme se ré- Lower Ormeau Road, LE DEVOIR Quelque 1500 catholiques résidant dans Lower Ormeau Road, à Belfast, ont véu hier matin un moment historique: ils ont obtenu la permission que certains des leurs, drapeaux noirs au vent, prennent position le long du parcours emprunté par quelque 200 Orangistes.Depuis 30 ans environ, ont confié plusieurs habitants du quartier à Arthur Sandborn, président du Conseil central des syndicats nationaux de Montréal, il était courant que les «forces de l’ordre» tabassent à qui mieux mieux les catholiques qui ne se barricadaient pas dans leurs maisons lors du passage des protestants commémorant la bataille de la Boyne qui remonte à 1690.Pas cette année cependant, et c’est là sans doute une victoire de la ministre britannique Mo Mowlan et de personnalités orangistes comme David Trimble, ou de catholiques comme Mellon, qui ne tiennent pas à compromettre toute chance d’en arriver à de vrais accords de paix en Ulster et à stopper tout dérapage sectaire similaire à celui qui a coûté la vie aux trois jeunes garçons de la famille Quinn, dont la mère Neuvième jour de siège à Portadown ciapiant de l’Armée nationale irkindaise de libération.A Bellaghy, dans le comté de Ixndonderry, le chef local de la confrérie a conduit la marche jusqu a la barricade dressée pour les empêcher de pénétrer dans le quartier catholique.Là, les Orangistes ont lu une déclaration condamnant l’attitude des résidents catholiques, mais comme l’an dernier, aucun n’a tenté de forcer le barrage.Certains dirigeants de la plus importante confrérie de la province avaient souhaité l’arrêt de la confrontation entre marcheurs et forces de sécurité à Portadown, où les Orangistes sont installés depuis une semaine après l’interdiction qui leur a été faite de traverser le quartier catholique de la ville.Mais les loges orangistes de la zone de Portadown persistent.Elles ont annoncé leur volonté de poursuivre leur siège.David Jones, leur porte-parole justifiait cette décision en notant que la famille Quinn avait reçu des menaces avant la confrontation de Portadown.Néanmoins les loges ont leurs membres à ne pas les rejoindre hier dans les champs entourant l’église de Drumcree.L’Ordre avait auparavant demandé à tous de venir en masse pour une confrontation avec la police.un moment historique est catholique et le père protestant.Le portêparole du quartier Lower Ormeau Road, Gerard Right, a pu obtenir, précise M.Sandborn qui rentre aujourd’hui de sa mission d’observation, que le fort contingent de l'armée et de la ixilice qui avait envahi ce quartier dimanche à compter de 16h et bloqué toutes les issues — il y avait 200 chars blindés — se retire.Les discussions ne furent pas faciles entre le contingent — dont les membres braquaient des armes automatiques sur toute personne se déplaçant dans ce coin dimanche soir — et les catholiques assiégés, mais «quelque chose s’améliore ici», du moins à l’échelle symbolique de Uiwer Ormeau Road, concède Sandborn qui dit avoir vu, dimanche, un militaire menacer d’une arme automatique une femme sortie avec ses deux enfants pour ciller chercher une pinte de lait.Plus de 500 marches, mobilisant les protestants orangistes, devaient se dérouler en Ulster hier, jour férié «et c’est vers Drumcree que les yeux sont tournés», mais c’est à propos de ce coin d’affrontement que Arthur Sandborn dit constater que «des orangistes comme Trimble» ont finalement modifié leur attitude et persuadé des compatriotes d’en faire autant.INDONÉSIE JAPON Le premier ministre jette l’éponge Les milieux économiques s’inquiètent AGENCE FRANCE-PRESSE Tokyo — Ix» premier ministre japonais Ryutaro Hashi-moto a offert sa démission hier, tirant la leçon de la cuisante défaite infligée à son parti dimanche lors des sénato ’ riales par des électeurs qui ont censuré sa gestion de la crise économique.«Tout est de ma faute», a lancé M.Hashimoto, 60 ans, les traits tirés, visiblement exténué, lors d’une conférence de presse organisée au siège du Parti libéral-démocrate (PLD).juste après la fin d’une réunion des instances dirigeantes du parti conservateur qu'il préside.«J’assume la responsabilité de la grande défaite» du PI J), a-t-il ajouté.«Tout cela est dû à mon manque de capacités», a dit le chef du gouvernement démissionnaire quelques heures seulement après la diffusion des résultats officiels des élections qui ont confirmé le revers cuisant du PLI).Unanime, la presse japonaise a comparé cette déroute électorale à une motion de censure déposée par le |x»uple japonais contre le gouvernement Hashimoto accusé d’être responsable de l’aggravation de la crise.la participation au vote a été particulièrement forte, avec 58,8 % de votants.Dès dimanche soir, il ne restait plus guère d’autre choix à M.Hashimoto que de partir au vu de l’ampleur de la catastrophe.Au pouvoir depuis 43 ans hormis une période de 10 mois en 1993/94, le PLD détient la majorité à la chambre basse (chambre des Représentants), la plus importante des deux assemblées de la Diète.La déconfiture à la chambre haute (chambre des Conseillers) est cependant un coup dur car elle entame son autorité de parti dominant et encourage l’opposition non-communiste menée par le charismatique Naoto Kan.Ix» secrétaire général du PU), M.Koichi Kato, a indiqué que les élus du PLD se réuniraient le 21 juillet |xnir choisir un successeur à M.Hashimoto.Ce dernier de même que son cabinet vont expédier les affaires courantes jusqu’à ce que le nouveau premier ministre ait prêté serment devant le Parlement, une échéance attendue vers la fin du mois.M.Hashiinofo a d’autre part annulé sa visite officielle en France et aux Etats-Unis qui était prévu la semaine prochaine.Seuls 44 élus sur les 61 sortants du PLD ont retrouvé leur siège dimanche, un score exécrable en-deçà des prévisions les plus pessimistes pour ce parti qui espérait au moins maintenir ses forces intactes à la chambre haute.Le Parti démocratique, le principal parti de l’opposition, améliore nettement ses [xisitions et obtient 27 sièges pour 18 élus sortants.Ix3 Parti communiste fait plus que doubler sa représentation avec 15 élus (6 sortants).M.Hashimoto, dirige le gouvernement depuis janvier 1996.Deux barons du PLD, l’ancien secrétaire général du gouvernement Seiroku Kajiyama, 72 ;uis, et le ministre des Affaires étrangères Keizo Obuchi, 61 ;ins, sont en piste pour lui succéder.Les milieux économiques japonais ont exprimé leurs craintes quant aux retards que cette défaite pourrait occasionner ixiur les mesures de relance de l’économie et d’assainissement des banques nippones.M.Takashi Imai, président du Keidanren, principale centrale patronale du pays, a estimé que le scrutin traduisait la volonté des électeurs de voir adoptées sans délai «des mesures politiques draconiennes afin de sortir de la récession».Le Japon «doit éviter le vide politique à tout prix au vu de la gravité de la situation», a-t-il dit «Le plus grave pour nous est que le résultat de cette élection risque de plonger la situation politique dans la confusion et de retarder des mesures qui sont indispensables», a dit M.Jiro Ne-moto, président de la Fédération des employeurs japonais, le Nikkeiren.«Nous souhaitons que le parti au pouvoir et l’opposition mettent de côté leurs différents et s’attèlent ensemble aux difficultés auxquelles le pays est confronté», a ajouté M.Nemoto.M.Keizo Obuchi, l’actuel ministre japonais des Affaires étrangères, voit son nom en tête de liste parmi les successeurs possibles au premier ministre démissionnaire Ryutaro Hashimoto, étant le premier chef de faction au sein du Parti libéral-démocrate (PLD).«Cela ne me gênerait pas de recevoir le relais si M.Hashimoto déclarait qu’il veut me le passer», avait déclaré M.Obuchi la semaine dernière avant l’élection, souligant cependant qu’il était «un vieil ami» du premier ministre.C’est un poids lourd de la politique, chef depuis 1992 d’une puissante faction au sein du PLD, proche de l’ancien premier ministre Noboru Takeshita, un «parrain» du PIT).U Irian Jaya, une vieille blessure qui se remet à saigner PHILIPPINES MALAISIE BRUNEI OCÉAN PACIFIQUE MER DE CÉLÈBES .Equateur ALlfipAN IBORNÉOI n, o MOLUQUES buruCj» CERAM Djakarta DE JAVA MER DE BANDA MER DE ELORES LOMBOK FLORES BUMBAWA«5 ¦SUMBX 1000 km Timor MER OARAFURA ^AUSTRALIE CARTOTHÈQUE LE DEVOIR KATE WEBB AGENCE FRANCE-PRESSE Jakarta — la résurgence de violences séparatistes cette semaine en Irian Jaya a rouvert une vieille blessure de l’histoire dont l’Indonésie espérait à tort qu’elle s’était définitivement fermée.Ces violences, qui ont fait au moins deux morts et des dizaines de blessés le week-end dernier, illustrent le fait que les mouvements séparatistes auquels Jakarta doit faire front ne se limitent pas à l’ancienne colonie ixirtugaise du Timor oriental.Couverte de jungles montagneuses la province d’Irian Jaya, qui constitue 22 % du territoire de l’Indonésie, est la moitié occidentale de l’immense île pacifique dont la pointe-est est l’Etat indépendant de la Papouasie Nouvelle-Guinée.Il s’agit d’un territoire peuplé de tribus chrétiennes fortes de 1,5 million d’âmes où seuls peuvent accéder les touristes et journalistes munis d’une autorisation spéciale.Ix seul mode de transport demeure l’avion.les noms géographiques en Irian Jaya — Biak, Fak Irak et Hollandia (maintenant la capitale Jayapurta) — demeurent pour beaucoup ceux de fameuses batailles de la sScon-de Guerre mondiale où ont péri des milliers d’alliés et de soldats japonais.C’est après la guerre, quand l'Indonésie accède à l’indépendance que Jakarta fait valoir en tant qu'héritier des Indes Orientales Néerlandaises son ambition sur l’Irian Occidental.Aux premiers signes de résistance des Hollandais, Jakarta infiltre des troupes puis, en mai 63, prend possession du territoire.En juillet 69, un plébiscite est conduit qui devait formaliser le contrôle indonésien mal- gré ses modalités qualifiées depuis de grossières par certains historiens.«Depuis ce jour, l’Irian Jaya a été un problème de sécurité interne pour l’Indonésie», a écrit l'analyste militaire australien Robert Ixiwry.En même temps que l’administrateur hollandais, des dizaines de milliers d’irianais quittent le territoire pour défendre la cause de l’indépendance à partir de l'étranger.Sur place, le mouvement séparatite Organisasi Papaua Merdeka (OPM) se forme en 1964.A la fin des années 70, les attaques de l’OPM contre des postes gouvernementaux et militaires indonésiens atteignent un tel de- gré que Jakarta envoie des renforts de lrouix?s massifs et riposte par des bombardements aériens avec usage de naplam selon certains rapports de l'époque.Cette répression sans pitié provoque le départ de quelque 11 000 irianais vers la Papouasie Nouvelle Guinée proche, sa capitale Port-Moresby et vers l’Australie.Un calme relatif s’instaure alors en Irian Jaya jusqu’en 1984 quand l’OPM reprend des opérations sporadiques.Le ressentiment des irianais vis-à-vis de Jakarta est alimenté aussi par la politique indonésienne d’émigration forcée vers l’île de centaines de milliers de fermiers venant des zones surpeuplées de Java et de Bali.C’est en Irian Jaya que se trouve aussi la seconde plus grande mine de cuivre au monde sur les hauts plateaux du sud, exploitée par la compagnie américaine FF Freeport Indonesia et qui recèle aussi, sur 26 400 km carrés, les plus grandes réserves d’or connues de la planète.Freeport, avec une extraction de 78 (XX) tonnes de minerai/jour, est la plus grande source de revenus fiscaux pour le gouvernement indonésien à raison d’un milliard de dollars annuels dont très peu profitent aux populations locales.La Commission nationale des droits de l'homme a accusé les forces de sécurité indonésiennes de plusieurs exactions en 1995 lors d’opérations contre les rebelles séparatistes autour de Freeport où 16 ix»rsonnes auraient été tuées et plusieurs autres torturées.Des émeutes éclatent en 1996 près de la mine, faisant au moins quatre morts et des dizaines de blessés, et au cours de la même année les séparatistes détiennent pendant quatre mois neuf otages dont six euroiiéens.Ecrivant en 1993 sur l’Irian Jaya, l’auteur indonésien Djopari note que les Irianais ne se «considèrent pas indonésiens» et qu’ils se sentent en même temps privés d’un gouvernement «qui leur serait propre».Selon Djopari tout Irianais qui rejoint l’administration locale se considère comme une «marionnette» et tous ceux qui critiquent la politique gouvernementale peuvent être accusés de «séparatisme».La politique indonésienne vi-s-à-vis de l’OPM a été réaffirmée de manière cinglante mardi à Jakarta par le ministre de la défense Wiranto qui a déclaré que tout usage du drapeau de l’OPM serait considéré par l’armée comme un «acte de trahistm». A (5 I, E.I) K V 0 I It .I.K M A RDI I I .1 II I I.I.E T I DDK EDITORIAL La paix en gilet pare-balles Guy Ta i liefer L’obstination des orangistes en Ulster a réveillé l’intolérance responsable du crime sectaire qui a tué dimanche trois enfants catholiques dans l’incendie de leur maison de Ballymoney, au nord-ouest de Belfast.Moins un certain nombre d’orangistes qui nient absurdement toute responsabilité, c’est toute l’Irlande du Nord qui a honte aujourd’hui de ne pas parvenir à mettre un point final à trente ans de guerre civile.Il faut espérer maintenant que le «sacrifice» des trois frères Quinn contribuera à stopper la violence, plutôt qu’à l’alimenter, et à renforcer l’accord de paix.L es orangistes qui s’obstinent depuis plus d’une semaine à maintenir le siège autour de l’église de Drumcree, à Portadown, ne tirent pas les leçons de l’histoire, ils ne font que reproduire ad nauseam ses errements.Ils tombent dans la catégorie de ceux qui réduisent l’histoire à une machine de guerres et d’affrontements.Ils ne savent pas lire.Ce qu’ils ne voient pas, car leur idée du passé est empoussié-rée, c’est que l’accord de paix en Ulster élabore pour l’avenir une lecture de l’histoire conçue comme terrain de dialogue.Ce terrain de dialogue trace lentement ses frontières en Irlande du Nord.Vus d’ici, les événements donnent l’impression que l’Ulster reglisse dans la guerre civile, que la paix va finir par flancher.La situation est tragique, et l’entêtement orangiste à vouloir défiler sous le nez des catholiques de Garvaghy Road fait craindre le pire, mais il y a lieu néanmoins de penser que les progrès enregistrés depuis le référendum du 22 mai dernier par les tenants de la réconciliation ne seront pas ultimement effacés.Il y a tout lieu de penser, à vrai dire, que parmi leurs segments les plus intégristes, les orangistes se livrent ces temps-ci à un baroud d’honneur.Alors qu’à une époque, ils contrôlaient l’Irlande du Nord par le moyen de leurs connexions politiques et commerciales, ils n’exercent plus aujourd’hui ni beaucoup de pouvoir ni une très grande influence.Leur nombre diminue.Ils n’ont à peu près plus de poids dans la définition des orientations du principal parti politique protestant, l’Ulster Unionist Party (UUP), dont le chef David Trimble est devenu premier ministre il y a deux semaines.Ils sont obsessivement opposés à l’accord de paix du Vendredi saint, alors que la majorité des protestants nord-irlandais a donné son appui à l’entente, quoiqu’en faible majorité, lors du référendum.Leur siège de Drumcree est le symbole achevé et anachronique de cette opposition: il est une réaction désespérée aux changements qui, balayant l’Irlande du Nord, approfondissent la perte de leur pouvoir et de leur prestige.Les orangistes livrent à Drumcree une bataille perdue qui pourra encore, absurdement, faire sauter des bombes et tuer des innocents partout dans la petite province.Ils peuvent toujours nier leur responsabilité dans la mort des trois enfants catholiques, mais tout le monde a compris que leur refus de quitter Drumcree représente une excuse à la manifestation des extrémismes, qu’ils soient unionistes ou républicains.Cette bataille était perdue dès le départ auprès du premier ministre Tony Les orangistes défendent une cause perdue Blair, qui ne pouvait pas politiquement se montrer sympathique à leurs revendications sans mettre en péril l’appui massif que la minorité catholique a donné à l’accord de paix.Elle est perdue auprès de M.Trimble, un ex-orangiste qui a dénoncé à répétition l’obstination des radicaux protestants de Portadown.Elle est perdue dans l’opinion publique et dans la presse protestante — «Enough is Enough», écrivait la semaine dernière le Belfast Telegraph, premier journal protestant, dans un éditorial publié à la une — même si, ponctuellement, elle peut encore aiguiser des réflexes d’intolérance.On dirait aussi cette bataille de plus en plus perdue au sein même de l’Ordre d’Orange, à la lumière des déclarations de dimanche de l’un de ses principaux leaders, William Bingham.«Les quinze minutes de marche sur Garvaghy Road seraient une bien mince victoire à l’ombre des trois cercueils d'enfants qui ne savaient même pas ce qu’était l’Ordre d’Orange», a dit M.Bingham qui, la semaine dernière encore, rencontrait Tony Blair pour défendre le droit de défiler à Portadown.Le revirement est pour le moment minoritaire, et vertement critiqué par ses confrères, mais il constitue néanmoins une indication que des orangistes modérés, jusqu’au sommet de la hiérarchie, sont enfin prêts à rompre leur solidarité avec les «stratèges» du siège de Drumcree.Face au crime sectaire de Ballymoney, c’est toute l’Irlande du Nord qui a honte aujourd’hui de ne pas parvenir à mettre un point final à trente ans de guerre civile.La crise de Drumcree est le fait du défi orangiste, mais celui aussi du refus des catholiques de Garvaghy Road d’envisager un compromis à une chicane à la fois paroissiale, nationale et historique.Le calme endeuillé dans lequel se sont déroulées hier des marches dans toute la province donnait l’impression que les Irlandais du Nord ne pouvaient s’empêcher d’y réfléchir: le prétexte officiel des défilés — la commémoration de la victoire en 1690 du roi Guillaume d’Orange sur les catholiques du roi Jacques II — aura sans doute moins occupé les esprits que l’impasse des violences modernes.Mais en attendant que les orangistes enferrés à Drumcree comprennent et rentrent chez eux, en attendant que les mauvaises herbes de l’extrémisme soient arrachées une fois pour toutes du sol nord-irlandais, il faudra au besoin faire porter à la paix un gilet pare-balles et l'entourer de barbelés.Il faudra en même temps que les leaders politiques, de M.Trimble à Gerry Adams, qui n’ont en vérité d’autre choix que de s'accrocher en prévision des prochaines parades clés qui auront lieu au moins d’août, continuent de tenter par tous les moyens de jeter des ponts.De la fusion des hôpitaux pédiatriques de Montréal NDLR: Des problèmes techniques ont fait que quelques lignes de cette lettre, publiée hier en nos pages, ont été omises.Voici la bonne version.Nous avons lu aveç intérêt l'article du docteur Georges-Etienne Rivard (Le Devoir, 20 mai 1998) qui proposait une fusion entre les deux hôpitaux pédiatriques de Montréal.Nombreux sont les médecins de l’Hôpital de Montréal pour Enfants qui accueillent favorablement l’ouverture démontrée récemment par plusieurs médecins de l’Hôpital Sainte-Justine, dont le Dr.Rivard.Une collaboration entre l’Hôpital de Montréal pour Enfants et l’Hôpital Sainte-Justine est essentielle pour assurer les soins optimaux au enfants du Québec.En ces temps de vaches maigres, tant au point de vue budgétaire que des effectifs médicaux spécialisés, l’heure est à la co-ppération plutôt quà la compétition.L’Hôpital de Montréal pour Enfants (mieux connu sous le nom du «Children's») fait déjà partie intégrante du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) qui est composé de quatre hôpitaux affiliés a l’Université McGill: l’Hôpital Royal Victoria, l’Hôpital général de Montréal, l’Hôpital neurologique de Montréal et l’Hôpital de Montréal pour Enfants.Iras avantages d’être associé à un centre hospitalier adulte sont nombreux et l’Hôpital de Montréal pour Enfants évolue présentement .dans cette direction.Ceci n’empêche pas qu’un rapprochement entre l’Hôpital Sainte-Justine et l’Hôpital de Montréal pour Enfants s’établisse.De fait, une collaboration existe déjà dans plusieurs secteurs médicaux, scientifiques et éducationnels des deux institutions.Ira Régie régionale de Montréal- LETTRES -?- centre doit étudier prochainement le dossier pédiatrique en chapeautant des discussions entre les deux hôpitaux pour identifier les problèmes actuels et trouver des solutions pour améliorer la qualité des soins aux enfants.Ce sont les médecins de l’Hôpital de Montréal pour Enfants et de l’Hôpital Sainte-Justine qui doivent accomplir cette tâche et, a priori, toutes propositions peuvent être considérées.Le slogan utilisé par la fondation de l’Hôpital de Montréal pour Enfants est un bon point de départ pour entamer ces discussions: «Ensemble pour les enfants - Together we care».Marie-J.Béland Cardiologue pédiatre Jean-Martin Laberge Chirurgien pédiatrique François Fassier Orthopédiste pédiatrique Montréal, 2 juillet 1998 Quelle droite, quelle gauche?Il y a urgence de tourner à gauche, mais une gauche de partage, quel que soit le camp dans lequel on est présentement — banquiers ou travailleurs.Iras clivages droite-gauche n’ont plus de sens, seul compte le fait de se sauver ensemble.Ira Canada par exemple «roublatise» son dollar chaque jour sous l’œil satisfait de son pourtant très capitaliste ministre des Finances (il y aurait donc des ratés dans la mondialisation?).Autre exemple, l’institution d’une mesure «de gauche» comme le revenu minimum garanti, en assurant une sécurité sociale, réduirait la délinquance (mesure profitable quand on connaît le coût d’un prisonnier).Il ne s’agit plus de socialisme mais de vérité.Quand Marx dit au chapitre 25 du livre I du Capital: «quel que soit le taux des salaires, haut ou bas, la condition du travailleur doit empirer à mesure que le capital s’accumule», qui pourrait le convaincre d’imprévoyance?Ira concentration des capitaux ne produit pas la croissance, c’est-à-dire la création d’emplois, mais des mises à pied massives partout à travers le monde.Sans faire l'apologie du cheap labour ni tenir un discours antisyndi cal (on ne peut soupçonner Marx de spéculation financière), cela pourrait servir de leçon aux ouvriers revend! cateurs des secteurs de l’auto, du papier ou de la construction navale: ne tentez pas le diable! Le chef de l’État chinois, lors de la visite du président Clinton, parlait de la relativité des cultures pour justifier le non-respect des droits de l’homme.La culture, pour en être, doit être universelle.Pour être chinoise, américaine, une culture doit être humaine: dans ce cadre le travail des enfants, l’excision des femmes, les souffrances infligées aux animaux, la fabrication d’armes, la déforestation, le contrôle des pesticides par des multinationales, la démission du politique enfin sont tous .aussi inadmissibles.La mondialisation crée des liens où le capital est souvent associé au crime, qui anéantissent la portée du politique: à cause du commerce extérieur avec la Turquie par exemple, il est difficile pour le Canada de rappeler son ambassadeur, même si ce pays viole ouvertement les droits de l’homme en finançant le génocide kurde avec l’argent du trafic d’héroïne.Nous n’avons pas le choix de revenir à une forme d’autarcie, à du local.C’est le grand maillage: s’il existe une façon de s’en sortir, elle est générale.11 faut se faire en quelque sorte veilleur de nuit et refuser les mystifications, en commençant par les statistiques auxquelles on fait dire n’importe quoi.( )u celle, plus pernicieuse, que tout cela ne nous concerne pas parce qu’on a quelques sous dans un fonds mutuel.J.-P.Leblanc Rimouski, 6 juillet 1998 .K (sfrf'-VoTri L es peuples ont parfois tendance à se comporter selon certains automatismes culturels que les usages linguistiques viennent cristalliser.Cette propension se vérifie en maintes circonstances de la vie et notamment lors de campagnes électorales.C’est ainsi que l’impétueux coq gaulois «se porte» candidat.Faut ce qu’il faut! Ira bouledogue anglo-saxon, pour sa part, imbu de la notion que le temps, c’est de l’argent, «runs for office».Quant à l’Italien, éternel artiste, il indique par le joli verbe pronominal qui coiffe ce texte son intention de «faire un candidat de lui-même».Dans ce cas comme dans nombre d’autres, c’est la vision du monde de l’Italien qui nous apparaît la plus juste.(Horresco referons] Ici, la langue — ou plutôt le curseur — nous a presque fourché et nous avons avons ?failli parler de «la Weltanschauung de l’Italien».Mais la perspective appréhendée d’un tel oxymoron a vite rebuté notre sens commun.D’autant plus qu’il y a de sacrées limites à poursuivre sur les sentiers de la pédanterie polyglotte, sinon l’enchaînement d’idées initialement prévu pour ce billet devra subir une intégrale perestroïka.Disons donc sayo-nara à ce sabir et puissions-nous, inch' Allah!, retrouver le droit chemin d’un français à peu près international et de notre propos originel.) Dans ce cas comme dans nombre d’autres, c’est donc la vision du monde de l’Italien qui nous apparaît la plus juste.Car tel est bien le défi «culturel», c’est-à-dire non naturel, auquel est confronté tout adulte vacciné et présumé sain d’esprit qui songe à briguer les suffrages lors d’une élection.En effet, on ne naît pas candidat, on le devient, à moins d’appartenir à l’infime quarteron des surdoués de la chose publique.Et encore, on ne le devient qu’à des degrés fort variables.On soupçonne que l’entre- Louise Sexton ?Candidarsi re d’assise du succès.Mais on sait combien des êtres aussi séduisants que Hitler ou que Reagan se sont révélés d’inquiétants hommes d’État.Par contre, des individus ayant manifestement de l’étoffe, tels Ryan et Stanfield, n’ont pu convaincre leurs commettants des vertus intrinsèques de leur abord frugal.L'électorat contemporain se comporte décidément comme Alceste: en théorie, nous réclamons de nos gouvernants qu’ils soient sincères et qu’en hommes d’honneur, ils ne lâchent aucun mot qui ne parte du cœur (Le Misanthrope, acte I, scène I).En pratique, nous sommes pourtant les premiers ébaubis devant les appâts de Céli-mène.La libido des peuples, comme celle des individus, a des raisons que la raison ignore.Et lorsque nous allons aux urnes, nous agissons parfois comme des cruches.Même si nous redoutons d'être pris pour des valises.Qu’on se réfère un moment aux ré-sultats d’un sondage que Pierre O’Neill relatait en ces pages le 11 mai dernier, et selon lequel 77 % de la population aurait «peu ou pas du tout confiance» en ses élus.Quel que soit le sexe du candidat, c’est tout de même difficile de vous motiver à faire du porte-à-porte lorsque vous savez au départ que les trois quarts de l’électorat ont plutôt l’impression que vous faites le trottoir.Ne sommes-nous pas des enfants gâtés de la démocratie qui perdons de vue qu’en ce monde, des millions de personnes croupissent en prison pour avoir revendiqué un peu de ces libertés dont nous semblons si blasés?Ira notion de «candidature» renferme celle de «candeur», c’est-à-dire d’un minimum de bonne foi réciproque.Ira problème, c’est que le «bon» candidat (scandé sur l’air du Bon gars, de Ri-chard Desjardins) doit être tout à tous, dans une société par ailleurs hétérogène, paradoxale, qui s’ingénie à multiplier les gent, voire le charisme, soient la pier- styles de vie et les segments de marché.(Au cours du dernier mois, êtes-vous parvenus à refiler à votre ado une paire de baskets d’un autre modèle ou d’une autre marque que celle qui était en vogue ;ai moment de l'achat?S oui, vous êtes en bonne posture pour reprocher aux candidats de vous dire ce que vous voulez bien entendre.S non.) , Di bonne candidate doit mettre de l’avant des convictions, sans s'aliéner l’appui de gens influents.Trop proche des milieux d’affaires, c’eqt une «vendue» qui va livrer les clés de la cité au grand capital.Ouverte aux besoins des groupes communautaires, c’est une «granola» prodigué des fonds publics.Accessible à madame Tout-le-monde, dont elle se souviendra infailliblement du patronyme, il lui faut être suffisamment articulée pour composer avec des hautes fonctionnaires aguerries.S’il soigne sa mise ou son langage, le bon candidat a l’air d’avoir renié ses origines modestes; s’il reste le même, c’est l’idiot du village.Propriétaire, il doit connaître la problématique du logement social.Automobiliste, il doit être rompu aux questions de transport en commun.«Pure-laine», il doit pouvoir s’arrimer aux différentes composantes ethnoculturelles de sa circonscription.La bonne candidate doit s’entourer d’une organisation honnête mais non naïve, solide mais pas trop musclée.Elle doit trouver de quoi financer sa campagne, sans pour autant se lier les mains.Elle doit avoir des antennes dans un maximum de réseaux, tout en se préservant assez d’intimité, à même un horaire frénétique, pour lire, réfléchir, aimer.Il paraît que la politique, c’est l’art du possible.Ne demandons pas l’impossible à notre personnel politique, du moins rien que nous n’exigerions de nous-mêmes dans la conduite de nos affaires personnelles.Et si un candidat sonne à votre porte au cours des prochains mois, ac-cueillez-le cordialement.Car, quelle que soit sa couleur politique, une chose est sûre: il lui aura fallu du courage pour «faire un candidat de lui-même».A R R 0 P 0 S -+- .de financement de la formation des travailleurs Iras deux principales sources d’aide financière à la formation sont les employeurs çt les employés eux-mêmes.Ira formation assumée par l’Etat est nettement moins répandue.En général, la formation à la charge de l’employeur s’adresse à plus d’employés que celle assumée par l’employé, mais elle représente moins d’heures par stagiaire.I )ans tous les pays, la formation à la charge de l’employeur l’emporte sur la formation autonome d’après la moyenne d’heures de formation par employé.Dans le cas du Canada, 33 % des employés suivent une formation assumée par l’employeur et 15 %, une formation qu’ils paient eux-mêmes.Une proportion beaucoup plus faible (5 %) suit une formation assumée par l’Etat.Ira formation à la charge de l’employeur représente, en moyenne, moins d’heures que la formation qui est aux frais de l’employé (83 heures contre 121 par stagiaire).L’équilibre entre les deux types de formation au Canada, selon la moyenne d’heures par employé, est également semblable à la moyenne des autres pays visés par l’enquête, les employés canadiens suivent habituellement un |x-u plus dé formation de leur propre initiative, alors que les Américains en reçoivent plus par le biais de leur employeur.Constantine Kapsalis, Perspective, Statistique Canada, Printemps 1998 LE DEVOIR F U N D E PAR F.N R I B 0 II R A S S A LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BIS S 0 N N K T T K Il é il ;i c l c il r c n c h c f I! K II N A RI) DESCÔTEAUX Vice-président, finances cl administration FRANÇOIS TII0UIN Directeur de l’information CLAUDE B E AII RE 0 A II D Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU.PIERRE CAYOUETTE, NORMAND THERIAULT Rc dac Leu r e n c h c f adj oint ,1EAN - RO B E RT S A NS F A Ç O N Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ 2050, rue de Blcury, D'ctage, Montréal (Québec) Il3A HMD.Tel.: (511) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS I, K I) K V 0 I It .I, K M AUDI II .1 t' I I.1.V.T M) !) 8 IDEES Recherche sur l’américanité des Québécois Entre l’ambiguïté et la dualité L’identité des Québécois a suffisamment de force pour être ouverte sur l’américanité sans pour autant se soumettre aux valeurs des Etats-Unis JACQUES NADEAU LE DEVOIR « «Si ; ‘vu Comme le montre le décor urbain d’une ville comme Montréal, les Québécois naviguent allègrement entre américanisation étatsunienne et appartenance à une Amérique plurielle qui façonne leur identité.LÉON BERNIER INRS - Culture et Société JAMES CSIPAK SUNY - Plattsburgh DONALD CUCCIOLETTA Université du Québec à Montréal ALBERT DESBIENS Université du Québec à Montréal JEANNE KISSNER SUNY - Plattsburgh GUY LACHAPELLE Université Concordia FRÉDÉRIC LESEMANN INRS - Culture et Société Groupe de recherche sur l'américanité (GRAM) Premier d’une série de trois textes n groupe de recherche sur l’américa-nité (GRAM) s’est constitué en 1997 dans le but d’identifier et d’évaluer certaines tendances observables permettant de mieux cerner les principaux déterminants de l’américanité des Québécois: jusqu’où les Québécois de toutes origines culturelles et linguistiques se perçoivent-ils comme des Nord-Américains, partagent-ils des valeurs identifiées comme nord-américaines et adoptent-ils des comportements définis comme nord-américains?En quoi s’en différencient-ils?Le groupe compte des chercheurs de plusieurs horizons disciplinaires de (INRS - Culture et Société, de SUNY - Plattsburgh, de l’Université Concordia et de l’UQAM.La première phase du projet, soutenue par les institutions impliquées, a consisté en l’élaboration d’un sondage visant à mesurer l’intensité du Sentiment d’appartenance continentale des Québécois et à tenter de définir le contenu de l’américanité à travers les habitudes, les comportements et les valeurs.Cette démarche constitue la première tentative empirique d’envergure visant à cerner les rapports ambigus qu’entretiennent les Québécois avec leur.appartenance continentale et particulièrement avec les États-Unis.Les questions du sondage posées à 2204 répondants de toutes les régions du Québec (marge d’erreur de + 2 % en retenant un seuil de confiance de 95 %) portaient sqr les liens passés et présents des répondants avec les États-Unis, l’identité nationale, la culture et les valeurs, l’impact du libre-échange et de la mondialisation, les pratiques culturelles, les pratiques de consommation, les attitudes et les valeurs face au changement.Américanité et américanisation Yvan Lamonde (1996) a établi une distinction très éclairante entre l’américanisation, concept de résistance ou de refus face à un processus d’acculturation par lequel la culture étatsunienne influence la culture autant canadienne que québécoise, et l’américanité, qui englobe autant l’Amérique latine que l’Amérique saxonne, «concept d’ouverture et de mouvance qui dit le consentement du Québec à son appartenance continentale».Le questionnement sur les rapports du Québec avec l’Amérique et les États-Unis, plus particulièrement, n’est pas nouveau.Ce n’est pas d’hier que les Canadiens français d’abord, puis les Québécois, se question-pent sur la nature de leur rapport à l’Amérique et aux États-Unis.C’est toutefois généralement sur le mode mineur que le sujet a été débattu jusqu’ici.Mais à la lumière des références de plus en plus nombreuses à l’Amérique, surtout depuis la signature du traité de libre-échange avec les États-Unis (ALE, 1988) et de l’ALENA (1995), on voit émerger une sensibilité accrue, un intérêt croissant autour de la question d’une commune appartenance historique, culturelle, économique et politique.Au cours des dernières années, une ouverture sur l’imaginaire de l’Amérique a précipité un engouement pour une nouvelle réflexion sur notre histoire et notre lien avec l’Amérique.La littérature abonde en ce sens, comme en témoignent les recherches et les publications de Gérard Bouchard, Yvan Immonde, Paul-André Linteau, Fernand Dumont, Jean-François Chas-say, entre autres, qui illustrent la variété des diverses explorations menées par des historiens, des écrivains, des socjologues, etc.Les États-Unis, du fait de leur puissance et de leur prépondérance, ont dominé jusqu’ici le sens de ce qui est «américain» : ils se sont en large partie accaparé symboliquement l’Amérique.Or le concept d’américanité s’appuie sur une définition à la fois plus étroite de ce qui est états-unien et plus large de ce qui relève de l’appartenance réelle au continent et amène ses habitants à partager un certain nombre de traits, d’attitudes et de comportements.Ainsi définie, l’américanité renvoie à une conscience étendue d’une spécificité liée à l’Amérique, alors que l’américanisation étatsunienne exprime un rapport appréhendé de domination.Affirmer l’existence de l'américanité n’est pas nier l’existence de l’américanisation qui aujourd’hui s’étend à la planète entière.Nous naviguons donc entre l’américanisation étatsunienne et l’américanité, entre l’adoption des influences proprement étatsuniennes et la reconnaissance de ce qui résulte de l’appartenance à une Amérique plurielle façonnant notre identité.Une identité duale Quand on scrute l’ensemble des recherches menées depuis quelques années au sujet de l’américanité des Québé- cois, on se rend compte qu’elles renvoient essentiellement à trois interrogations.La première réfère à la réaction des élites traditionnelles vis-à-vis de la diffusion croissante de la culture de masse américaine, qui menacerait de détruire des cultures régionales ou nationales spécifiques.La deuxième concerne l’interaction entre l’américanité et la modernité, toujours dans une perspective de dynamique nord-américaine.La dernière, qui guide nos investigations et semble s’imposer à partir des premiers résultats du sondage, est celle de la dualité de l’identité des Québécois, qui fait des Québécois francophones des francophones d’Amérique.L’identité des Québécois francophones n’est en effet pas uniquement fondée sur leur attachement à leurs racines françaises, mais elle apparait tenir autant, sinon davantage, à leur enracinement en terre d’Amérique.L’enquête a tourné autour de trois pôles qui ont semblé pertinents pour l’étude de l’américanité des Québécois.D’abord, la question de l’identité permettant de mettre en lumière la dualité du sens d’appartenance comme un des éléments essentiels de la définition de l’américanité: attachement territorial et enracinement local en même temps que sens de l’appartenance au continent.La question des valeurs et des attitudes, ensuite, permettant de mesurer des comportements (habillement, alimentation, loisirs, travail, etc.) qui peuvent se rattacher à des pratiques transfrontalières.Dans cette perspective, l’attachement (le troisième artjcle de cette série en témoignera) à l’institution de l’État providence apparaît comme une des caractéristiques ipiportantes de l’identité culturelle québécoise face aux Etats-Unis.Enfin, la référence aux perspectives économiques, dans le contexte actuel de l’ALENA, permet de saisir le niveau d’ouverture des Québécois en direction du continent — une large majorité (62, %) des Québécois considèrent que les marchés des États-Unis sont les plus importants — et au delà, à la mondialisation de l’économie.Les Québécois ne sont pas seulement favorables à l’ALENA depuis ses débuts, mais ils sont aussi favorables à l’élargissement de l’ALENA à l’ensemble des Amériques.L’identité des Québécois semble bien établie : elle est suffisamment forte pour être à la fois ouverte à l’amçrica-nité, sans être pour autant soumise aux valeurs des États-Unis.Elle n’oublie pas non plus sa composante francophone.Elle semble maîtriser et assumer sans difficultés ces enracinements multiples et en faire une synthèse originale.On a souvent dit des Québécois qu’ils étaient assis entre deux chaises.Le sondage nous apprend plutôt qu’ils sont assis sur deux chaises, et à l’aise ! Les articles ultérieurs documenteront cette réalité.Avec l’inauguration récente de la Cité francophone d’Edmonton Creusage du chenal, essais de tir de la Défense Un vent d’Ouest novateur souffle sur la francophonie Les francophones hors Québec reprennent de la vigueur; faisant mentir les pessimistes Alerte au lac Saint-Pierre GENEVIÈVE DE LA TOUR FONDUE-SMITH Présidente de l'Alliance française de Montréal .n dehors du débat politique, Equi, au Québec, s’intéresse à l’évolution de la francophonie dans l’Ouest canadien?Or cette évolution est le fait de la prill-.- se en charge d’une jeune géné- ration francophone qui, loin d’être repliée sur elle-même, se tient debout, active et ouverte sur le monde, et qui, consciente d’un environnement d’immigration envahissant, conçoit une collaboration de plus en plus efficace avec la France.devenant ainsi un double pôle d’attraction.Tel est le cas de la Cité francophone d’Edmonton, un centre communautaire et culturel ultramoderne, construit juste en face de la faculté universitaire Saint-Jean, sur la 91'’ rue, et dont l’aménagement vient d’être terminé.Bonnie Down est un quartier d’Edmonton qui possédait déjà tout un héritage religieux et scolaire francophone depuis 1870.Aujourd’hui, la Cité lui apporte un souffle de jeunesse, une salle de théâtre de 225 places, une librairie, un lieu d’exposition d’œuvres d’art, des salles de cours et, grâce à son architecture semi-circulaire, une place d’accueil à la fois extérieure et formée d’une rotonde à l’intérieur, le tout complété par un vaste terrain de stationnement.De son côté, la faculté Saint-Jean, que fréquentent 500 étudiants soucieux d’obtenir leurs diplômes en français, a aussi complété des rénovations efficaces: une Salle de conférence multimédia vidéo, un agrandissement de sa bibliothèque grâce à une subvention du gouvernement fédéral.Doyenne de la faculté Saint-Jean, Claudette Tardif espère maintenant qu’une nouvelle résidence pour environ 100 étudiants sera la prochaine étape du plan de rénovation.Aussi, The Edmonton Journal n’a pas hésité à déclarer en gros titre du reportage effectué récemment par James Dykes: «La Cité a beaucoup à offrir aux Edmonto-niens.» Et comme me l’a dit l’ancienne présidente de l’Alliance française de cette ville, qui célébrait son cinquantenaire: «Pour nos "anglophones francophiles", ce complexe La Cité est une découverte.La présence franco-alber-taine dans un quartier de la ville, longtemps insoupçonnée de la population d’Edmonton, est une révélation pour un grand nombre.» JEANNE PFANNMULLER La Cité francophone d’Edmonton, en Alberta, œuvre de l’architecte Barry Johns, est une révélation de la vitalité francophone qui anime actuellement les provinces de l’Ouest canadien.Université et collèges à l’œuvre Mais dans l’Ouest, le souffle francophone répand partout des bouffées d’air frais.Le département de théâtre de l’Université de Victoria présente une exposition créée par l’ADPF sur «le théâtre français au 20?siècle», et une série d’émissions animées par des professeurs du département de français, dite Nouvelles de l’Université de Victoria, passe sur CBUF (Radio-Canada FM).Ouverte en septembre 1997, l’École française internationale de Vancouver, sise au 42 de la rue Inverness, s’insère dans un réseau qui regroupe quelque 300 établissements dans 125 pays à travers le monde.Son statut lui confère une double reconnaissance: celle du ministère français de l’Éducation nationale et celle du gouvernement de Colombie-Britannique.Cette double allégeance offre des équivalences automatiques et une ouverture de poursuite des études dans les systèmes scolaires français et canadiens.Il ne s’agit donc pas d’une école-ghetto mais, au contraire, d’un enseignement moderne où toutes les origines et toutes les cultures seront représentées.A un haut niveau universitaire, une mission de la direction de l'Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po) a planifié avec des universités de Colombie-Britannique (UBC, SFU et UVic) une collaboration qui devrait se traduire dès la rentrée 1999 par des échanges d’étudiants.Des projets conjoints de recherche en sciences humaines et sociales et sur des questions européennes ont aussi été envisagés.De son côté, le ministère des Travaux publics et des Services des Territoires du Nord-Ouest a lancé en juin un appel d’offres pour la construction d’une nouvelle école pour l’enseignement en français à Yellowknife.Les partenariats de la nordicité Cette promotion n’est pas un luxe à l’heure où le Nunavut autonome, issu des Territoires du Nord-Ouest, devient un nouveau voisin nordique pour le Québec et un territoire coiffé d’une association intitulée le Sommet mondial de la nordicité.Ce regroupement d’entrepreneurs, scientifiques, gestionnaires et manufacturiers s’intéresse particulièrement aux problèmes liés à l’adaptation humaine en milieu circumpolaire et travaille à l'organisation d’une foire internationale sur ce thème qui aura lieu en février 1999 à Québec, annonce l’hebdomadaire L’Aquilon de Yellowknife.D’autre part, un rêve audacieux d’une université de l’Arctique a été présenté au Conseil de l’Arctique, un organisme international composé de délégués des huit pays circumpolaires, dont le Canada, réunis en Norvège en mars 1997.Un groupe de travail a été formé qui soumettra en septembre 1998 à Iqaluit les résultats de son enquête qui vise particulièrement à démontrer l'impact de l’éducation supérieure sur une population qui a besoin d’un niveau de compétence professionnel élevé pour créer des emplois.De l’élitisme tout cela, diront ceux qui répugnent à admettre ce virage de l’Ouest hors du conformisme anglophone dépassé d’autrefois.Mais quand une jeune étudiante de Yellowknife remporte le championnat de la Dictée des Amériques, catégorie junior, et qu’une autre, également anglophone, termine cette année au premier rang dans la catégorie classe d’immersion pour les jeunes des provinces de l’Ouest et des Territoires, il faut applaudir à son tour un tel revirement.Ceci explique le succès des Festivals de films francophones à Vancouver, l’ouverture multipliée depuis cinq ans de salons du livre à Vancouver, Edmonton, Cal-gary, Winnipeg et même Yellowknife, avec la participation d’écrivains québécois et français, l’édition active de livres en français à Winnipeg-Saint-Boniface, en Alberta et en Saskatchewan.Ainsi, le Québec n’est pas seul à lutter contre (envahissement de la marée culturelle américaine.A l’affût de la modernité, la francophonie de l’Ouest est aussi sur le qui-vive et apporte un démenti flagrant aux pessimistes qui annonçaient son inexorable submersion.La mondialisation est cet impérieux défi qui nous force à réévaluer le pouvoir de la coopération.Mais désormais, à l’heure de l’Internet, celui-ci est à la portée de la main.Un des poumons naturels du Saint-Laurent est en passe de devenir une immense poubelle PHILIPPE GIROUL Pointe-du-Lac i- lusieurs citoyens ont sonné l’alarme aux au- Pdiences du BAPE à Yamachiche en ce qui a trait au dragage des quais de Sorel et au lestage des sédiments plus ou moins contaminés au milieu du lac Saint-Pierre.A plusieurs .Ji occasions, ils ont orienté le débat sur (ensemble de la pollution du lac en exhortant les politiciens à «aller au delà de la pointe de l’iceberg» ! Un des plus grands pollueurs du lac — le ministère de la Défense nationale, avec son Centre d’essais et d’expérimentation de Nicolet (CEE) — a été montré du doigt à cause de plus de 500 000 obus qu’il a fait exploser, depuis 46 ans, dans la zone CYR 606, qui couvre 40 % des 400 kilomètres carrés du lac Saint-Pierre!.On ne sait trop qui a donné et continue de donner (autorisation au CEE de le remplir comme une poubelle sans propriétaire! Les munitions produites par les armuriers canadiens, dont SNC-Lavalin, sont «uniques et essentielles», comme le prétendent depuis huit ans les cinq ministres de la Défense nationale interpellés! D’autre part, le gouvernement canadien a autorisé sans aucune consultation publique (énorme «écrêtage» du fond de chenal commercial.Au nom de (harmonisation tant souhaitée par les principes du développement durable, le gouvernement québécois, à (instar de plusieurs groupes environnementaux, a réclamé cette consultation à la ministre de (Environnement, Christine Stewart.Celle-ci continue de faire la sourde oreille! Des intérêts commerciaux et financiers semblent malheureusement plus importants, à courte vue, que la protection du patrimoine public qu’est le fleuve Saint-Laurent et son poumon essentiel, le lac Saint-Pierre ! Le développement du port de Montréal et (enrichissement des armateurs semblent plus importants que le débordement appréhendé de la plus grande poubelle du Canada qu’est devenu le lac Saint-Pierre.L’éducation à la conscience environnementale devrait être davantage prônée dans les écoles et au Parlement canadien pour que les prochaines générations ne nous accusent pas d’avoir été les responsables de leur futur «canal Saint-Pierre».Nous espérons encore que des politiciens plus éclairés réussiront à mettre fin au désastre écologique que notre génération a provoqué.Il est donc urgent que les politiciens-autruches sortent leur tête du sable! L’ÉQUIPE I)U DEVOIR lj\ RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : l.ouis Lapierre (adjoint au directeur de l’information).Sylvain Blanchard.Jean Chartier (régions), Paule des Rivières (éducation).Jean Dion, Louis-Gilles Franeœur (environnement), Judith Lachapelle, Kathleen Lévesque (actualités politiques municipales), Caroline Montpetit, Brian Myles (politique municipale), Isabelle Paré (santé), Jean Pichette (justice).Clément Trudel (relations de travail), Serge Truffaut (questions urbaines) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques) ; Martin Ducloset Christine Dumazct (relecteurs) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) : à l'information culturelle : Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon (arts visuels et théâtre), Paul Cauchon (médias), Marie-Andrée Chouinard (livres et politiques culturelles), Louise Leduc (musique), Jean-Pierre Legault, Odile Tremblay (cinéma) ; A l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), Robert Dutrisac, Benoit Munger.François Normand, Claude Turcotte ; A l’information internationale : Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de l'infonnation), Guy Taillefer (éditorialiste), Claude Lévesque A l’information politique : Pierre O’Neill, Manon Cornellier (correspondante parlementaire à Ottawa), Mario Cloutier et Gilles Lesage (correspondants parlementaires à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec) ; A l’information sportive : Yves d'Avignon ; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Julie Tremblay, Marie-Claude Petit (commis).I-a documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault, Manon Derome.Serge Iaplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).IA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Daniel Barbeau (directeur adjoint), Carole Dallaire (avis publics et appels d'offres), Jacqueline Avril.Jean de Billy, Gyslaine Côté, Marlène Côté, Christiane Legault, Jacques A Nadeau, Guylaine Ouellet, Claire Paquet, Chantale Rainville, Micheline Ruelland (publicitaires) ; Sylvie Laporte.Pierrette Rousseau.Micheline Turgeon ; Francine Ouellet (secrétaire) IA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production), Marie-France Turgeon (responsable de la production), Claudine Bédard, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Christian Goulet, Marie-Josée Hudon, Christian Vien, Olivier Zuida.SERVICE À IA CI IFNTÈLE Johanne Brien (responsable), Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements), Manon Blanchette-Turcotte, Monique L’Heureux, Use Lachapelle, Rachelle Leclerc-Venne.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Jeanned'Arc Houde (secrétaire à la direction) • Céline l'uroy, Patrick Inkel (contrôleur), Ghislaine Lafleur, Danielle Nantel (secrétaire administrative), Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président), Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général). 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