Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Page(s) complémentaire(s)
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (3)

Références

Le devoir, 1998-07-08, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
-4- FONDÉ EN 19104- LE DEVOIR je me souviens d'un soir sans armes / je me souviens de ce soir-la / mon amour et des lilas (iillici I Lan^cx in.«Blanche doueeni» Stéphane Baillargeon V o i.I.X XXIX - N ° 1 5 O 4 PERSPECTIVES «La sclérose en pape » Le Vatican vient d’insérer plusieurs normes de la «profession de la foi» dans le Code du droit canon.De vieilles vérités catholiques reçoivent ainsi de nouvelles déterminations juridiques, disciplinaires et pénales.Que tous ceux qui ont déjà péché se préparent à recevoir cette dernière pierre.Un bon mot circule depuis quelques années dans les cercles, catholiques libéraux — il en reste encore.L’Eglise est malade, répète-t-on, elle souffre de sclérose en pape.L’histoire des systèmes idéologiques fermés est bourrée d’exemples hu-moristico-critiques de ce genre capables, sinon de dégeler une situation désespérément bloquée, du moins de la faire supporter encore un peu.L’humour est une soupape.C’est aussi «le premier prérequis de la morale», comme le disait si bien Fernand Dumont dans son ouvrage-testament Une fois partagée (Bellarmin), publié l’an dernier, quelques semaines avant sa mort Jean-Paul II est évidemment sérieux comme un pape.Il est tout de même diablement intéressé par les questions de morale et pour tout dire franchement obsédé par tout ce qui touche de près ou de loin à la sexualité.Surtout en ces hautes et basses matières, il garde le cap de la tradition, contre les vents et marées de la modernité.Jean-Paul II n’est pas une girouette.Il se conçoit plutôt comme une sorte de boussole qui chercherait à ressaisir par le nord une humanité matérialiste et hédoniste détournée de Dieu, à la dérive, sans nécessaires point fixes.Une nouvelle brique blanche vient d’être ajoutée à ce mur de résistance obstinée.La semaine dernière, le Vatican a rendu publique une lettre apostolique {Ad Tuendam Fidem, datée du 18 mai) par laquelle sont insérés dans le Code du droit canon plusieurs articles concernant la formulation de la «profession dç la foi».Les amendements à la législation universelle de l’Eglise, elle-même refondue en 1983, obligent tous les croyants et les théologiens à demeurer fidèles à certaines «vérités», la procédure vient en quelque sorte introduire une détermination juridique, disciplinaire et pénale aux positions théologiques proclamées «définitives».Le pape n’a pas précisé quels enseignements étaient précisément visés.La missive est toutefois accompagnée d’un long commentaire doctrinal du cardinal Joseph Ratzinger, dirigeant de la Congrégation pour la doctrine de la foi (l'ancien Saint-Office.).Dans sontexte annexe, le cerbère du magistère mentionne que l’interdiction des relations sexuelles en dehors des liens sacrés du mariage et de l’ordination des femmes comptent parmi ces vérités fondamentales désormais impossibles à remettre en doute.Le Vatican a aussi clairement expliqué qu’il s’agissait de «défendre la foi de l'Église catholique contre certaines erreurs professées par des croyants, surtout par ceux qui se consacrent aux disciplines théologiques».Le cardinal Ratzinger a précisé que les dissidents ne seraient plus en «complète communion avec l’Église».Des menaces d’excommunication planent sur les empêcheurs de penser en rond.La semaine dernière, le New York Times jugeait que la lettre apostolique constituait finalement «une des plus tranchantes réprimandes adressées aux libéraux catholiques» sous ce pontificat C’est que le double tour vient définitivement sceller la serrure doctrinale apposée sur l’Eglise, depuis deux décennies, à coup d’encycliques et de lettres apostoliques.Inflexible propagateur des valeurs catholiques, pasteur bardé de certitudes, Jean-Paul II a recentré l’Église dans sa dimension spirituelle.Mais l’axe de son monde est de plus en plus rigide et inflexible.Pouvait-on vraiment attendre autre chose?Comme l’a remarqué le théologien suisse Hans Küng, lui-même victime ,de réprimandes romaines, la structure pyramidale de l’Église catholique ressemble à celle des partis communistes.Tout en haut de la pointe, il y a Dieu et le pape, son lieutenant (c’est-à-dire son «tenant lieu de.»).Suivent les cardinaux, les évêques, les curés et tous ceux qui peuvent dire: «Je suis celui qui suit» (dixit Prévert).Le bon peuple catholique forme la large base écrasée sur laquelle repose l’ensemble de l’édifice millénaire.La vérité coule dans toute sa splendeur du niveau supérieur au plus bas.Et quand la dissidence se manifeste, le secrétaire-général-président-à-vie serre la vis et rappelle ses troupes à l’ordre.Tantôt, le camarade Jean-Paul interdit aux divorcés de communier.Puis, il exige des personnes remariées qu’elles ne consomment pas leur union.Sans compter le mépris pour les homosexuels ou la scandaleuse culture misogyne.Et quand les plus grands théologiens catholiques contemporains, de Leonardo Boff à Eugen Drewerman, osent poser des questions, le comité central les convoque en audience, comme au bon vieux temps, de l'Inquisition, torture physique en moins, parce que l’Église n’a plus les moyens de brûl,er personne.Au début le verbe s’est fait chair.A la fin, même les plus croyants, montant en chaire, ne pouvaient plus parier librement.On ne rigole plus.La structure de l’Église ressemble à celle des partis communistes METEO Montréal Nuageux avec éclaircies.Max: 25 Min: 16 Québec Ensoleillé puis ciel variable.Max: 26 Min: 11 Détails, page B 4 INDEX Agenda.B 6 Le monde.A 5 Annonces.B 6 Avis publics.B 4 Culture.B 8 Économie.B 1 Éditorial.A 6 Les sports.B 5 Montréal.A3 Mots croisés.B 4 Politique.A 4 Télévision.B 7 M O N T 11 É A I., L K M K 11 f, Il EDI 8 -I II I L L E T MM) 8 LE MONDE Moshood Abiola meurt en prison, page A 5 •T: ttèrt** \ ^1 MONTRÉAL Les idéogrammes chinois resteront gros, page A 3 8 7 (• + T A X K S = I $ / T O 11 O X TO 1 $ LES SPORTS Le Brésil face à.la France?france98 page B 5 «Bon débarras !» L3 jtn- m i « » « u » It JL1 A < 3329 s * » ._ ,, , ^ M MJ» •'tumr icicifimu muta KIVAl “«lin» !\ 2315 4 Montréal 3NU PHMbZ JACQUES NADEAU LE DEVOIR LES BPC de Saint-Basile-le-Grand ont enfin pris la route de Swan Hills, en Alberta, après une histoire tourmentée et dix longues années d’entreposage.Le premier camion a pris la route vers midi sous les cris de curieux qui lançaient «Bon débarras!».Il y a 19 000 tonnes de ces huiles au Québec.Une partie prendra le chemin de l’Alberta tandis que le reste sera traité au Québec.Lire nos informations en page A 3.Duchesneau était bien responsable de la perquisition abusive de 1986 La cour avait condamné la CUM à verser plus de 80 000 $ aux victimes de l'opération a»?j KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Parti Nouveau Montréal peut bien clamer l’innocence de Jacques Duchesneau, sa responsabilité dans une vaste opération de perquisitions, qui ont tourné à l’abus de pouvoir policier, a été formellement reconnue, et deux fois plutôt qu’une.Un jugement de la Cour supérieure est venu ajouter son poids en 1986 au rapport de la Commission de police du Québec, qui avait blâmé M.Duchesneau deux ans plus tôt Cette suite aura coûté plus de 80 000 $ à la Communauté urbaine de Montréal.Comme l’ont appris Le Devoir et Télévision Quatre Saisons, après le rapport d’enquête de la Commission de police, qui a recommandé au Service de police de la CUM d’imposer une sanction au sergent-détective Jacques Duchesneau, les sept membres d’une même famille ont intenté une poursuite civile.L’action a été déposée contre la CUM et deux membres de la direction du Service de police, Henri Mar-chessault et Claude Lambert, les supérieurs de M.Duchesneau.Le juge Pierre Michaud a donné partiellement raison aux plaignants, estimant qu’ils avaient été victimes d’une arrestation et d’une détention «abusives et illégales».La CUM a ainsi été forcée de les dédommager pour un total de 81 662 $, sans compter les intérêts.MM.Marches-sault et Lambert ont été blanchis puisque seul M.Duchés- \étm ARCHIVES LE DEVOIR Jacques Duchesneau avait dirigé l’operation contestée sur le Plateau.neau était la tête dirigeante de l’opération dans ses moindres détails.«La preuve ne permet pas de conclure [qu’ils] aient participé à la décision de détenir les demandeurs pendant quatre heures», peut-on lire dans la décision.Il ressort également du jugement que, si Jacques Duchesneau n’est coupable de rien, il est responsable de tout.«Le sergent-détective Jacques Duchesneau de la Communauté urbaine de Montréal est responsable de toute l’opération.[.] [Il] donne des instructions précises sur les modalités d’exécution des mandats de perquisition», écrit le juge Michaud.Lors de son témoignage, M.Duchesneau avait alors justifié sa décision d’emprisonner les suspects pendant quatre heures par le manque d’effectifs.«Habituellement, lorsqu’on a une perquisition à faire, qu’on est en nombre suffisant, ce qu’on fait, c'est qu’on prend un endroit dans la maison, qu'on fouille préalablement, qu’il y a des policiers qui surveillent ces gens-là.Et les autres fouillent.Là c’est pas le cas, là on manquait de personnel.C’est sûr que, si j’avais eu une armée de deux cents policiers, le problème ne se serait jamais posé», avait affirmé M.Duchesneau.Or le tribunal a rejeté cette prétention, affirmant que «les demandeurs, citoyens honnêtes, sans aucun antécédent judiciaire, n’ont pas à faire les frais des problèmes de personnel de la force policière».VOIR PAGE A 8: DUCHESNEAU Les nouveaux Russes se refont une beauté Les businessmen de la nouvelle classe dirigeante recherchent une reconnaissance en dehors de l'argent VÉRONIQUE SOULÉ LIBÉRATION Moscou — À première vue, c’est une boutique d’art folklorique toute bête: statuettes en porcelaine bleue et blanche, plateaux laqués noirs, couverts en bois peints.Mais à l’intérieur, les vendeur portent des chemises Versace, le créateur fétiche des nouveaux Russes.Et les motifs sont tous inspirés de la vie des nouveaux Russes: au bania (sauna) entourés de gardes du corps, jouant au tennis un portable à la main, etc.Ouvert en avril dernier dans l’un des plus chics centres commerciaux de la capitale — Place du Manège —, Le Monde des nouveaux Russes est le magasin qui fait courir tout Moscou.Pour la première fois depuis leur apparition au début des années 90, les nouveaux riches, ces businessmen qui ont fait fortune dans le chaos de la transition, font une incursion remarquée dans l’art appliqué.Leur vie tant ridiculisée devient même modèle d'inspiration.Pour les puristes, c’est un sacrilège: détourner les motifs sacro-saints de l’art national revient à se moquer de l’âme russe.Au lieu d’inoffensives fleurs des champs, un plateau en bois est décoré par des feuilles de marijuana (la drogue est à la mode au sein de la jeunesse dorée).Au lieu de plats ou brocs en porcelaine, on représente des Mercedes 600, des yaourts Danone, des barres de chocolat Toblerone, des pots de crème Nivea.Autant de must au sein de î’élite fortunée du pays.+ ARCHIVES LE DEVOIR L’artiste de variétés Jacques Normand à l’époque de sa gloire en 1969 (à gauche) puis l’an dernier, avec le même sourire perçant à travers le masque de la maladie.Jacques Normand est allé distraire le Père éternel MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Jacques Normand, qu’on a surnommé l’enfant terrible de la télévision québécoise, longtemps l’âme des nuits montréalaises, a tiré sa toute dernière révérence hier, s’éteignant à l’hôpital Notre-Dame, à Montréal, à l’âge de 76 ans.Avec le décès, en septembre dernier, de Roger Baulu, il ne reste donc plus du tandem des Couche-tard qu’un souvenir.Souvenir vibrant, s’il en est un, puisque dans l’esprit de nombre de Québécois, c'est à ce talk-show diffusé de 1962 à 1969 à la télévision de Radio-Canada que Ton associe l'humour de Jacques Normand et son talent d’improvi-sateur-né.Tête d’affiche de l’époque des cabarets, déjà connu du public avant son entrée à la télévision, il amasse au passage le titre de rebelle sympathique en raison de quelques frasques bien senties et de plus d’un congédiement retentissant.«J’en ai fait des bêtises, des conneries, affirmait-il dans un documentaire diffusé à l’automne dernier au Canal D et qui retraçait les plus grands jalons de sa vie.Mais je ne regrette rien.Après tout, il est impossible de replacer les plumes d’une poule qu'on vient de plumer au vent.» VOIR PAGE A 8: NORMAND www.ledevoir.com VOIR PAGE A 8: RUSSES Le blues serait-il devenu.une musique travestie ?SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Année après année, la série blues est dominée, archi-dominée, par la présence des hommes.Par des grands échalats qui nous racontent toujours que leurs patrons les exploitent, que Dieu est miséricordieux et surtout que leurs femmes ne sont jamais là lorsqu’ils veulent les aimer, leurs femmes.Cette année, on a compris pourquoi.Grâce à Irma Thomas, Marcia Ball et Tracy Nelson, grâce à Ann Rab-son, Gaye Adegbalola et Andrea Faye McIntosh, soit le trio qui compose Saffire - The Uppity Blues Women, grâce également à Shemekia Copeland, on a saisi que l’homme, là on devrait dire le bonhomme, ne méritait pas d’être aimé comme il souhaiterait l’être parce qu’au fond, on l’a déjà écrit, il est un couillon.VOIR PAGE A 8: BLUES 778313000665 I.E I) E V 0 I R .L E M E R C R EDI « .1 U i L L E T !!)!»« TUALITES La voix du Mondial CHRISTINE GRUNNET REUTERS LUCIANO PAVAROTTI ajuste son foulard lors d’un «petit réchauffement» hier à Paris en vue d’un concert qui doit donner le coup d’envoi des célébrations de la grande finale du Mondial ce week-end.Pavarotti doit chanter avec deux autres grands ténors: Placido Domingo et José Carreras.Du renfort au Casino de Hull PRESSE CANADIENNE Hull — L’achalandage au Casino de Hull a tellement augmenté depuis le début de la grève des employés du Casino de Montréal que la Société des casinos du Québec a dépéché à Hull 25 employés-cadres de Montréal pour répondre à la demande.Selon la direction du Casino de Hull, la clientèle a augmenté de près de 10 % depuis que les employés de la mai-f-son de jeux de Montréal ont déclenché la grève.«Certains de nos employés faisaient du temps supplémentaire sans arrêt, a dit le porte-parole du Casino de Hull, Guy Laflamme.Et malgré ceci, on ne pouvait plus suffire à la demande.Or nous avons demandé l'aide de Montréal et une dizaine de chefs de table du Casino de Montréal travaillent quotidiennement ici à Hull», d’ajouter M.Laflamme.Tous les efforts ont été mis en place par la Société des casinos du Québec pour inciter les joueurs de Montréal à se rendre au Casino de Hull.Loto-Québec offre même une navette gratuite entre Montréal et Hull pour les touristes.«Ce sont des autobus de 20 à 30 touristes qui profitent de ce service gratuit.Et depuis le début de la grève à Montréal [le 5 juin dernier], 37 autobus sur les 185 qui étaient censés se rendre au Casino de Montréal ont choisi de visiter celui de Hull», a dit M.Laflamme.Outre la grève au Casino de Montréal, les fins de semaine pluvieuses et une participation accrue du Casino de Hull dans le réseau touristique ont fait augmenter la clientèle à la maison de jeux de l’Outaouais.S.V.P.Assurez-vous que ce papier journal soit recyclé.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 91 étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ES Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et ad ministration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier électronique redaction@ledevoir.com Pour l’agenda culturel (514) 985-3551 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514)985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h a 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Le Devoir «*st publié du lundi au samedi par \r.Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, ru«- de Bleury.if étage, Montréal, (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle, 7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc.012.rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L'agence Bresse Canadienne est autorisée a employer et a diffuser les informations publiées dans Le Devoir.U Devoir est distribue par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900.boulevard Saint-Martin Ouest, I>aval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.DUCHESNEAU Le PNM se trompe SUITE DE LA PAGE I Dans sa défense de M.Duchesneau lundi, après que le RCM eut dénoncé cet événement de sa carrière de policier, le Parti Nouveau Montréal (PNM) a déformé les faits.Ainsi, le PNM soutient dans son communiqué de presse que M.Duchesneau «n’a pas dirigé et n’est pas responsable de la perquisition sur le Plateau».fi est pourtant clairement établi dans le rapport de la Commission de police et dans le jugement de la Cour supérieure que M.Duchesneau est responsable de toute l’opération, soit des sept perquisitions effectuées simultanément; qu’il ait été ou non sur place ne change strictement rien à la responsabilité de l’ancien policier.De plus, lorsque le PNM affirme que M.Duchesneau a été blâmé uniquement parce qu’il remplaçait M.Marches-sault, il erre.M.Marchessault, même s’il a quitté dans la disgrâce le Service de police, n’a rien à voir avec la façon de faire adoptée par les policiers dirigés par Jacques Duchesneau.Ce dernier a refusé hier de commenter ces nouveaux éléments de son passé, qui le hantent alors qu’il essaie de conquérir l’hôtel de ville.Parti Nouveau Montréal avait de toute évidence vu le coup venir puisque son attaché de presse avait déjà entre les mains le jugement Michaud lors de l’appel téléphonique.Vraisemblablement, en faisant son entrée en politique, M.Duchesneau s’attendait à voir sa carrière policière scrutée à la loupe.Son entourage a indiqué que M.Duchesneau répondra à toutes les questions soulevées alors qu’il commence ce matin une tournée publique sur le terrain.11 s’agit d’un changement de stratégie puisque dans une première étape, lundi, M.Duchesneau n’a pas daigné se présenter devant les journalistes pour s’expliquer.Il avait délégué un de ses candidats, l’avocat Michael Polak, dont la crédibilité a rapidement été mise en doute puisqu’il n’avait même pas pris connaissance du rapport d’enquête de la Commission de police avant de chercher à banaliser les questions dont il a été mitraillé.M" Polak a sommé Dan Philip, son adversaire qui se présente sous la bannière du RCM dans Victoria et celui qui a déterré l’histoire, de retirer ses paroles.Il a également exigé que le chef du RCM, Michel Prescott, contrôle ses troupes.Mais voilà, M1' Polak a surtout réussi à amplifier la crise au sein de son propre parti.NORMAND Un mauvais plongeon SUITE DE LA PAGE 1 Regardez les Couche-tard / ils ont l’œil lourd et gris / ils traînent le jour les Couche-tard / ils poussent la nuit ces fleurs de macadam / ils aiment la vie les Couche-tard / loin du jour, loin du lit / ils croient que le jour, les Couche-tard / ne valent pas une nuit / laissez ronfler les Couche-tard / les chats sont réveillés / laissez rêver les Couche-tard / le laitier va passer.Au delà de cette chanson-thème, portée tous les soirs par la voix de Jacques Normand aux oreilles des téléspectateurs, celui qu’on a surnommé l’enfant terrible de la télévision a goûté aux nuits montréalaises, faisant des cabarets de la métropole l’un de ses terrains les plus prolifiques aussi.Chef d’orchestre des nuits belles à Montréal, il a dirigé plusieurs des temples du rire et de la chanson: Le Faisan Doré, le Saint-Germain-des-Prés, les Trois Castors, le Café Saint-Jacques, des cabarets où il s’est employé à dépouiller lieux et âmes de toute grisaille.«Montréal sans nuits, Montréal s’ennuie», disait-il.Sous sa baguette magique, sans doute inspirés par sa propre énergie et son esprit endiablé, les Denise Filiatrault, Colette Bonheur, Paul Berval, Jean Mathieu, Jean Rafa, Pierre Roche, Charles Aznavour, Clémence Desrochers, Dominique Michel, Pauline Julien et Raymond Lévesque auront livré au public réuni dans les cabarets enfumés le meilleur de leurs performances.«On allait toute une bande au Faisan doré, on regardait travailler Jacques Normand et ça nous donnait le goût d’en faire autant», raconte Monique Leyrac, dans la présentation d’un disque reprenant les plus grands succès du chanteur qu’il a été (Collection Les Refrains d’abord, Fonovox).Grand responsable de l’avènement de la chanson française dans les cabarets de la métropole, son flair lui permet par exemple d’inviter Charles Trenet, qui passait par là, venir endiabler le Saint-Ger-main-des-Prés et sa salle de 125 places.«Le plus grand chanteur français dans la plus petite boîte française», se souvient Jean Bis-sonnette, collaborateur et proche de Jacques Normand.Né Pascal Raymond Chouinard le 15 avril 1922, treizième d’une bande de 21 mousses (plusieurs des membres de sa famille baignent dans le milieu des arts et des communications), le jeune Normand arrive par accident — c’est le cas de le dire! — dans l’univers de la chanson.Cloué au lit par un mauvais plongeon et une importante blessure à la nuque, celui qui rêvait des hauteurs du tremplin plus que des vertiges de la radio, écoute un certain Roger Baulu désennuyer la galerie à la radio.Celui-là deviendrait quelques années plus tard son plus grand acolyte, le complice des Couche-tard, le copain de ses drôleries les plus célèbres.Après cette longue convalescence, il cogne à la porte de CHRC, à Québec, où, sous le nom de Raymond Boisseau, il fait ses premières armes à la radio.Un passage de très courte durée car on le remercie pour avoir.voulu interrompre le discours d’un célèbre général — de Gaulle — qui outrepassait la durée prévue à l’horaire.Il promit de ne plus jamais remettre les lèvres à la coupe radiophonique puis se laissa aussitôt tenter par le concurrent CKCV, sous le nom qu’on lui connaît.Un talent menant à l’autre, l’animateur chante même dans ses propres émissions.Dès lors, cela ne cesserait plus de débouler: remarqué par l’auteur Henri Deyglun, il accepte un rôle dans le radio-roman de l’heure, Vie de famille.Lorsque la télévision amorce ses tout premiers balbutiements, il est du nombre.Et devient bientôt, tous les soirs de la semaine, le rendez-vous de bien des Québécois rivés au petit écran pour se délecter des folies du couple Bau-lu-Normand.Animatrice des Refrains d’abord, diffusée à la radio de Radio-Canada, Monique Giroux écrivait, lors du lancement d’un disque reprenant ses plus grands succès: «En 1948, Jacques Normand avait près de 2000 chansons à son répertoire.Il les interprétait à la radio, au Faisan Doré et décidait de les enregistrer dans les studios de la RCA Victor.Quatre chansons en trois heures.La première prise avait tout intérêt à être la bonne.Rien de tel pour préserver fraîcheur et spontanéité.Des chansons de France, des chansons d’ici, des chansons empruntées ou écrites pour lui (Les Nuits de Montréal, En revenant de Québec, Il faut de tout pour faire un monde, Clémentine).Restera toujours, dans le son et la couleur de ces chansons, la preuve que la nostalgie peut être gaie et que les modes ne font pas que passer.» A la télévision, les nostalgiques réécouteront avec délice ses tirades ce soir à RDI à l’écoute, grâce à la rediffusion d'une des dernières entrevues qu’il a accordées en 1996 à l’animatrice Denise Bombardier (Raison Passion, RDI, 21h30).Des invités viendront y livrer leurs souvenirs du personnage.A 20h, le Canal D rediffuse lui aussi ce documentaire sur le parcours varié et intéressant de la vie du fantaisiste.Au delà des mots et des images, quelques refrains resteront.J’aime les nuits de Montréal / pour moi ça vaut la place Pigalle / je ris je chante la vie m'enchante / il y a partout des refrains d'amour./ Je chante encore je chante toujours / et quand je vois naître le jour / aux petites heures vers ma demeure /je vais heureux à Montréal / c’est merveilleux.Réactions L’esprit de Jacques Normand était léger et délicat, a rapiielé hier Gilles Latulippe, à la nouvelle de la mort du grand fantaisiste.«Il savait être caustique mais toujours avec goût, c'était presque un honneur d’être la cible de son humour», a-t-il ajouté.Denise Filiatrault, qui a pu débuter dans le spectacle grâce à Jacques Normand, se souvient de «l’homme élégant, extrêmement cultivé.Son esprit était fin et caustique, très français, très parisien.» Il possédait aussi au plus haut point le talent d’improvisateur, il savait captiver et ravir son public, «il lui suffisait de partir sur un thème», dit encore Mme Filiatrault.Jean Bissonnette, artisan émérite de la télévision au Québec, raconte qu’«i7 m’a permis défaire ce métier», c’est-à-dire en débutant comme décorateur et homme à tout faire au théâtre d’été de Jacques Normand, dans les Laurentides.«Il a été le père des actuels stand up comics chez nous, dans le temps on les appelait en fait les chansion-niers», souligne-t-il.Aujourd’hui producteur, Bissonnette avait été engagé grâce à Normand par Radio-Canada, où il fut le premier réalisateur des Couche-tard.Même s’il le savait malade et souffrant, «je suis démoli d'apprendre qu'il est mort», confie encore son ami et collaborateur Bissonnette.Jacques Normand, dit-il, aura en somme donné ses lettres de noblesse au spectacle et à l’humour francophones au Québec, son énergie et son talent favorisant l’essor du métier en français il y a un demi-siècle, alors que le show business, comme son nom l’indique, était un produit américain.Avec La Presse canadienne BLUES Anguille sous roche SUITE DE LA PAGE 1 Il est comme cela.Il est ainsi.Il est fainéant.Plus exactement, lorsqu’il est à la maison, il ne fait rien.C’est la femme, il n’y a rien à faire, qui fait tout.Tout quoi?Elle passe l’aspirateur, s’occupe de la marmaille, fait la cuisine, sert la bière à «môs-sieu» lorsque «môssieu» regarde ses joutes sportivo-publicitaires à la télé, coupe les cheveux à «môssieu» — celle-là, c’est la première fois qu’on l’entendait —, et comme il passe beaucoup de temps devant la télé, c’est lui, le bonhomme, qui n’est pas là lorsque la femme veut être aimée.Ah bon! Faudrait savoir, hein! Parce qu’entre deux shows de femmes, il y a eu des shows de bonshommes.Il y a eu Michael Hill, Bernard Allison, Johnny Winter, Stephen Barry, Piano Man Van Walls et Honeyboy Edwards, qui sont venus nous répéter ce que tous les autres sont venus nous dire depuis des années et des années.Bref, au fond, tout ce que ces messieurs ont fait au cours des derniers jours se résume à ceci: persistons et signons ce que les autres ont chanté au cours des éditions antérieures.Alors forcément, devant un tel pataquès sportivo-affectif, on s’est dit qu’il y avait là anguille sous roche.Qu’il y avait un truc.Qu’il y avait une astuce et qu’il suffisait d’être patient parce que, tôt au tard, le cœur de ce hiatus finirait bien par être dé- voilé.On a donc attendu.Et on n’a pas eu longtemps à attendre.Voilà, dans le blues le répertoire classique a été écrit ou composé par des artistes de la trempe de Willie Dixon, Muddy Waters, Howlin Wolf et autres.Bien naturellement, lorsqu’ils ont composé leur blues à la première personne, et comme le blues c’est la communication de ses sentiments, le sujet était masculin.Un exemple?Parce qu’en plus, on veut un exemple! Prenons le I’m A Man de Muddy Waters.Lorsqu’un dur, un vrai, un tatoué chante ce classique, il est évident qu’il ne va pas hurler I’m A Woman.A moins que.Mais cela ne nous regarde pas.Toujours est-il qu’à un moment donné, un moment enregistré entre lh30 et 2h du matin, on a entendu Gaye Adeg-balola ratiboiser un classique du blues.Au lieu de chanter I’m A Man, elle a articulé, et clairement articulé, I'm A Woman.Est-ce qu’on imagine l’émotion créée?Hmmm.Est-ce qu’on réalise le choc que cela a été pour le bonhomme?Hmmm.Bonté divine! Il y a eu inversion du sujet.Non mais, c’est pas croyable! Non seulement on ne peut pas regarder tranquillement nos joutes sportives agrémentées de grosses bières, en plus on se fait piquer le sujet C’est fini.C’est terminé.Le bonhomme est foutu.Depuis un moment donné dont on a perdu la trace tellement on a été trau- matisé par cette inversion du sujet, on se dit que ça y est l’homme étant un couillon et la femme l’ayant constaté, celle-ci a effectué une inversion.Quel effroi! Parce que, cette inversion signifie peut-être que le blues est devenu une musique.travestie.C’est pas drôle! On abandonne.Mais pas totalement.Désormais, on va se mettre à la petite java.On va aller écouter Johnny t’es pas un ange\ On se remet de ces émotions, on va écouter Johnny Winter au Metropolis.Il arrive comme il arrive toujours.C’est-à-dire qu’il branche, plogue disent les jeunes, sa guitare à son ampli, s’approche du micro, crie: Yeahh, et commence illico à jouer.Avec lui, c’est toujours le même topo.Plus précisément, il amorce son show avec un blues pesant et permettant la confection d’un long solo.Ce soir-là, il s’agissait de Hideway, qu’un bassiste et un batteur ont mené à un tempo d’enfer, soit un tempo qui ne peut être tenu que par des musiciens qui sont aussi des plombiers ou, si on préfère, des déménageurs.Après coup, il a embrayé comme il embraye toujours.Une fois un morceau terminé, il embraye avec un autre pendant que nous on est en train d’applaudir celui qui vient juste de se terminer.Et ainsi de suite jusqu'à la fin.C’est comme cela pendant une heure, une heure et quart, puis il débranche sa guitare sans avoir prononcé un traître mot.Il attend un peu.Il revient faire le rappel et s’en va d’un pas pressé.Soit ce pas qui va empocher le cachet.Johnny Winter est un travailleur, mais un travailleur pressé.Pas loin du Metropolis, on a entendu la bande à Stephen Barry accompagner le pianiste Van Walls.On se rappellera qu’ensemble ces messieurs ont signé il y a moins d’un an un excellent album — In The Evening —, sur étiquette Bros.Toujours est-il qu’on a eu la chance, car il s’agit bel et bien de cela, d’entendre cette troupe nous chanter After Hours, In The Evening et autres petites histoires du quotidien.Ces minutes passées en leur compagnie furent les plus rafraîchissantes de tous les shows de blues entendus jusque-là.Beau-coup plus en tout cas que celles passées en compagnie de Michael Hill et Bernard Allison.Ce n’est pas que ces deux-là furent ennuyeux.C’est pas du tout cela.En fait, dans le cas de Michael Hill et Bernard Allison, on a eu droit aux blues qui font danser.Aux blues qui vont avec fête.Tous les deux guitaristes, ils possèdent l’art consistant de faire danser le bipède soir après soir.La conclusion est toute féminine.Elle appartient à Shemekia Copeland, fille du regretté Johnny Copeland, qui nous chanté ceci: Je veux un homme / Qu'il soit jeune ou vieux, je m’en fous /Je veux un homme qui possède une.Cadillac.Et pourquoi pas une petite Volks ou une petite japonaise?Parce que c’est pas confortable.Nom de diou! Ah! Ces jeunes, il faut tout leur expliquer.DE MONTREAL 111I111111111U1Ü1111 SUITE DE LA PAGE 1 Pour les modernistes, on assiste là à une tendance de fond.Les nouveaux Russes sont fatigués d’être les héros des blagues populaires, où ils ont remplacé les gérantes du Parti communiste, et d’être ridiculisés pour leur vulgarité et pour leur mauvais goût.Ils cherchent aujourd’hui une reconnaissance autre que l’argent Gregori Baltser, le propriétaire du magasin, se présente comme un «nouveau Russe classique».Jusqu’à peu, il habitait sur la Varchavskoïe Chaussée — zone résidentielle où se succèdent les cottages fortifiés avec gardes de sécurité et tourelles.Il vient de déménager mais refuse, discret, de dire où.L’été, il fait un saut sur la Côte d’Azur.«Je n'ai pas honte d'avoir fait fortune», dit-il.L’ancien élève de l’école d’art moscovite Stroganov a travaillé un an à New York comme graphiste avant de se lancer dans les affaires à Moscou en 1991.A cette époque, dans la «nouvelle Russie», les plus malins, souvent sans scrupules et jouant de leurs relations, pou- RUSSES «Nous changeons» vaiçnt bâtir des fortunes considérables.A 34 ans, Baltser se retrouve à la tête de six entreprises — de meubles, de décoration d’intérieur, de construction — employant 160 personnes.Fier de sa réussite, il arbore sans complexe la panoplie du nouveau Russe: crâne rasé, costume bleu marine Versace avec boutons dorés et mocassins en daim noir, mais sans la barrette en or.«L’idée m’est venue car je recevais toujours les mêmes cadeaux de mes amis: j'ai 12 briquets Dupont et assez de stylos Cartier pour écrire à la main trois Guerre et Paix, dit-il; alors j'ai pensé à utiliser l’art folklorique tombé en désuétude, un “art pour touristes" où l’on a rien inventé depuis 60 am.Je l'ai actualisé avec des motifs contemporaim pour en faire des cadeaux personnalisés.» Baltser se défend de se moquer des «nouveaux Russes».«Ce sont les clichés sur leur mode de vie que j'utilise», dit-il.L’homme a bien un art consommé de l’autodérision, doublé d’un sens aigu des affaires et de la publicité.«Nous changeons, nous apprenom vite», assure Baltser.Selon toutes les études, les nouveaux Russes sont en train de se sophistiquer.Désormais, il est de bon ton de se montrer au Bolchoï et de commanditer des événements culturels.Pour leurs intérieurs, ils ont recours à des architectes qui leur font découvrir un autre monde au delà du néoclassique avec colonnades.Réputés pour leurs manières primitives et leur goûts parvenus, ils tentent aussi d’apprendre les bonnes manières.Des écoles se sont ouvertes où l’on enseigne les notions de base de la politesse.Leurs enfants fréquentent des cours d’étiquette et de danse aristocratique.Les aînés sont envoyés dans les plus prestigieuses écoles britanniques.Baltser affirme que son magasin marche.Iœs prix sont à la mesure des portefeuilles des nouveaux Russes: 1600 roubles pour une toute petite statuette en porcelaine représentant un nouveau Russe.C’est un peu la mascotte de la firme: un homme bedonnant, petit sac en cuir sous le bras, portable sous l’autre, étincelant de bagues, gourmette, montre, chaîne, en or bien sûr. B S 1, E I) E V 0 I R , L E M E H C R EDI 8 •> U I L L E T I 9 il 8 LE DEVOIR N.B.\ IA .l'Il.MXi l III 1 UHI I I I | ,\\ ni K,\I>UVCANADA t L'Après-midi d'un.festival d'été et de musique, comme si vous y étiez ! En semaine à 13 h 10 CULTURE La mise en plis chez Funky-Toque.la mise de côté à la librairie Gallimard 3700 boul.St-Laurent, tél : 499-2012 Dylan Cramer Un incontournable • • quasi-inconnu SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR De Dylan Cramer, saxophoniste alto, on ne connaît qu’une chose: The First One.Cette première fois est un album paru sur étiquette DSM.Avant cela, on n’avait jamais entendu jjarler de ce Cramer, prénommé Dylan en l’honneur du poète Dylan Thomas.Depuis lors, depuis la parution de cette première fois, on n’a pas cessé de parler de Dylan Cramer.Il en est ainsi parce que la première fois que l’on a goûté la première fois de Cramer, on a été subjugué par la personnalité du son qui est sienne.Par la maturité comme par l’aplomb qu’il affiche.Mieux, contrairement à bien des saxophonistes, Dylan Cramer a ceci de réjouissant: son jeu est plein d’humanité.Dit autrement, dans son jeu, tout ce qui relève de la technique a été gommé au profit de l’esthétique.Peut-être faut-il raconter l’histoire de ce musicien né en 1958 à Vancouver.Parce que son histoire est une belle histoire.Elle a quelque chose qui tient de l’ancien temps, lorsque le maître d’un art ou d’une connaissance enseignait à plus jeune que lui, et seulement à lui, les secrets de l’art en question.Tout a commencé quelques années avant la naissance de Dylan Cramer sur la côte californienne.Ià-bas, dans la région de IjOs Angeles, il y avait un saxophoniste alto du nom de Sonny Criss.A ses débuts, dans les années 40, il était en plein Charlie Parker.Heureusement pour lui comme pour nous, Sonny Criss eut l’intelligence et le tact de se forger une sonorité bien à lui.Une sonorité qui reste une des plus prenantes sonorités qui soit.Pourquoi donc?Tout chez lui se compose avec fluidité, élégance mélodique et sensualité.Sonny Criss possédait l’art de la séduction.Pendant des années, cet immense saxophoniste écuma la côte californienne.11 jouait très fieu à l’extérieur.Il était un obsédé du son.Cela étant, la légende veut que tous les jours il travaillait constamment à sculpter un son de plus en plus sensible, un son qui soit le moins objectif possible.Dans les années 70, Sonny Criss tombe malade, gravement malade.En 1975, Dylan Cramer se procure l’album Crisscraft.Il a alors 17 ans.Il vient de trouver le son auquel il veut coller.11 se PHILLIP CHIN 11 faut connaître Dylan Cramer.met en tête d’apprendre le son Criss.Puis, en 1977, il plie armes et bagages et s’en va à Los Angeles.Il s’en va à la recherche de Sonny Criss.On passe.Criss accepte de montrer au jeune Cramer les propriétés de son style comme il lui enseigne les moyens propres à se forger un style bien à lui.Pendant huit mois, Cramer se rend quasi quotidiennement chez Criss.Au bout de ce temps, au bout de ces huit mois, Sonny Criss sachant que Dylan Cramer sait ce qu’il avait à savoir, qu’il est autrement dit en mesure de voler de ses propres ailes, il s’enlève la vie.L’héritage avait été donné.Pendant la vingtaine d’années qui va suivre ce suicide, Cramer va tailler une sonorité qui, tout en faisant des clins d’œil à Criss, s’avère bien singulière.Puis, c’est l’enregistrement de The First One sur DSM en compagnie du pianiste Ron Johnston, du batteur John Nolan et surtout du contrebassiste Leroy Vinegar.Celui-ci fut le plus fidèle compagnon de Criss.Et alors?Cet album, il faut en goûter chaque note.Car Dylan Cramer a ceci qui est très rare: chaque note mérite le doigté le plus fin qui soit Autrement dit, si par hasard vous vous demandez ce qu’est le jazz, procurez-vous cet album.Si vous n’aimez pas, laissez tomber le jazz.DYLAN CRAMER 18,30h, place du Maurier Le choix jazz du Devoir Cyrus Chesnut et Benny Green sont deux pianistes de la jeune génération.Enfin, de la jeune.Ils ont tout de même une bonne dizaine d’années d’expérience derrière eux.Toujours est-il que ces deux artistes partagent des goûts communs.Leur style emprunte beaucoup plus à Oscar Peter- son qu’à Cecil Taylor.Green comme Chesnut défendent un style énergique et plein de swing.Chesnut est plus gospel que be-bop.Avec Green, c’est le contraire.Ce soir, ces pianistes occuperont la scène du Gesù pour le seul duo de cette 19e édition à compter de 23h.Serge Truffaut En spectacle hier soir Un peu plus et Queen Esther Marrow passait comme un pur esprit BRIAN MYLES SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR En ce temps-là, Jésus dit à Matthieu.Ce n’est pas tout à fait cela que Queen Esther Marrow et les Harlem Gospel Singers ont chanté hier soir devant une centaine de millier de personnes tassées sur le parvis de la Place des Arts.En fait, lorsqu’on dit que Queen Esther et les Harlem Gospel Singers ont chanté, on vous induit quelque peu en erreur.Car la reine du soir s’est mise à son boulot bien après le début du spectacle.Après décompte des louanges adressées à Dieu et à ses proches, on a constaté, on a réalisé que Queen Esther a commencé à vocaliser à partir de la neuvième prière (Move on up) sur les treize prévues au programme.Cette inclinaison à l’avarice mériterait un petit acte de contric-tion ou, à tous le moins, un Je vous salue Marie et deux Notre Père.Au travers des branches des quelques arbres épargnés par le verglas, on a vu David A.Tobin, directeur d’une chorale toute aussi énergique que lui, ordonner des tempos débordants de vitalité.Comme dirait l’autre, c’était la traduction, musicalement parlant, du «tout le monde il est heureux au royaume de Dieu.» Amen et Alléluia! A écouter Higher & Higher menée tambour croyant, tout un chacun a dû réaliser que l’ampleur de la foule, la dimension des écrans géants et l’immensité des images projetées sur la face nord de l’hôtel du Complexe Desjardins, que tout cela donc était tout petit, petit, parce que comparé à l’échelle de Dieu, le tout puissant, l’infiniment.tout Amen et Alléluia! Si les voies du Seigneur demeurent impénétrables à tous les païens, elles semblaient sans secrets pour notre chorale.Du moins à partir de la cinquième oraison intitulée At The Cross, à ne pas confondre avec le At The Crossroads du bluesman Robert John- son qui racontait alors sa rencontre avqc le diable.A la faveur de At The Cross, la chorale a étalé sa puissance vocale et rythmique avec une conviction telle qu’on s’est dit: «Il n'y a rien à faire.Ils y croient vraiment.» En qui?En Dieu évidemment! Sur l’oraison suivante, Rock Vie Boat, le pianiste Anthony Evans est entré en transes comme James Brown alias Cleophus James dans un certain film culte.Penché, couché sur son piano, il bri sait l’esprit de recueillement C’est alors que la chorale tou te entière, le montrant d’un doigt vin dicatif, lui a crié: «Sit Down! You're roc-kin the boat.» S’en est suivi le morceau le plus boogie de la soirée.Sur King Jesus, une chanteuse dont on ne connaît pas le nom a marqué la mesure et l’amour de Dieu avec un telle conviction qu’on s’est dit ce sont tous les genres du gospel, soit les spirituals, les negro-spirituals, les chapts des Méthodistes comme ceux des Epi- scopaux.On en passe et on en oublie.Intitulée Without A Soul l’offrande suivante a révélé la voix d’un baryton dont l’identité ne nous a pas été révélée comme le Rirent les tables de la loi à Moïse sur le mont Sinaï.Amen et shalom! Ce n’est qu’après toutes ces pièces d’anthologie judéo-chrétiennes que Queen Esther a fait son apparition.Le titre du morceau?Move On Up.Elle a sommé la foule de se lever davantage, voire léviter, pour saluer la grâce de Dieu et son infinie bonté.Les croyants et mécréants présents ont répondu à cet apjxd avec un enthousiasme d’autant moins feint que cela faisait 45 minutes qu’ils attendaient la formulation de paroles divines par la reine du soir.Dans le ciel, bien au delà de la boule disco qui trônait au-dessus de la scène, la lune était presque pleine.Et comme le ciel était bien dégagé, la lumière éclairait les ouailles qui, au lieu de crier au loup, ont louangé les musiques pleines de croyances.Praise Vie Lord! THE HERBALISER Un plat de hip-hop, sauce jazz et fines herbes RÉMY CHAREST CORRESPQNDANT DU DEVOIR A QUEBEC Au bout du fil, il y a un grand bruit de train qui passe et, dessous, une voix à l’accent londonien marqué qui explique que la journée est plutôt tranquille: «Je regardais le football à la télé.» Pas de doute, j’avais bien rejoint le studio (bien nommé) TrainTrax et la voix était bien celle de Jake Wherry, moitié instrumentale du duo hip-hop-jazz-électronique The Herbaliser, complété par le DJ Ollie Teeba.On peut parier que, arrivés à Montréal pour le début d’une tournée qui les amènera aussi à Québec, Toronto et Vancouver, Jake et Ollie regarderont encore le football, cet après-midi, avant leur premier concert aux Foufounes électriques.Un concert où le duo devient septette, puisque leur groupe de scène comprend également batterie, clavier, percussion, trompette et saxophone.«Sur scène, notre musique est très inspirée par le jazz, ou par des ensembles comme P-Funk ou par James Brown.Mais la basse et le côté heavy vient des échantillonneurs et des machines», résume Jake.Auteurs de deux albums, The Flawed Hip Hop EP et Blow Your Headphones, sur Ninja Tune — étiquette aux accents inédits qui a choisi Montréal comme quartier général nord- américain de ses grands élans musicaux à base de DJs —, The Herbaliser est devenu un septette de tournée pour une raison bien simple.«Ninja Tune organise des grandes tournées de DJ qui vont partout dans le monde et Ollie s’était mis à en faire partie.Alors pendant qu'il tournait, j’étais seul au studio, c’était tranquille et j'ai réuni des musiciens — en bonne partie les membres de mon autre groupe, The Propheteers — qui sont devenus notre groupe de scène.Ollie s’ennuyait un peu, tout seul, et de mon côté, je voulais voir le monde, moi aussi.Alors on s’est dit que ce serait plus amusant de le faire entre copains.» Le coup semble réussi, puisque le groupe s’est tapé quelques 180 représentations en 18 mois.Le tout en réunissant des publics de tous styles, à l’image de leur musique, capable d’intégrer avec humour de nombreuses tendances.Une intégration à l’image de la scène des clubs et discothèques londoniens d’aujourd’hui: «La scène londonienne est fortement intégrée.Il n’y a pas d’animosité entre les groupes de divers styles musicaux.Tout le monde travaille ensemble.Par exemple, Chris Bowden, le saxophoniste de notre groupe, travaille avec des ensembles jazz mais fait aussi de la drum’n’bass.Avec l’arrivée de la house, au milieu des années 80, il y a eu une forme de spécialisation, des chapelles qui se for- maient, chaque club ayant son style distinctif.Depuis une couple d’années, c’est revenu dans le sens inverse», explique Jake avec satisfaction.Ce genre de mélange de styles, les membres de The Herbaliser disent le retrouver avec plaisir à Montréal (on leur conseille l’écoute de Bran Van 3000, qui leur était inconnu).C’est avec un certain regret qu’ils avaient d’ailleurs dû attendre un an pour se pointer par ici, un concert prévu au Festival de Jazz édition 1997 ayant été annulé.Pas seulement pour le plaisir musical, mais aussi pour le plaisir de «dé- guster» les variétés locales de certaines herbes du jardin — si vous voyez cé que je veux dire.Iœ groupe, après tout, s’appelle The Herbaliser, ce qui doit donner une certaine expertise.THE HERBALISER Ce soir et demain, minuit aux Foufounes électriques, dans le cadre du Festival de jazz de Montréal.Dimanche, 12 juillet, 21h30, à l’Esplanade du Parlement, dans le cadre du Festival d’été de Québec.CINÉMA Le Violon de François Girard ouvrira le Festival du film de Toronto ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR Boudé par les organisateurs du Festival de Cannes, le film du Québécois François Girard, Le Violon rouge, connaîtra une forme de revanche en septembre prochain alors qu’il ouvrira le Festival international du film de Toronto.«J’ai une histoire particulière avec le Festival de Toronto, a confié hier au Devoir le réalisateur qui y a déjà lancé son film Trente-deux films brefs sur Glenn Gould.«C’est là que s’est faite la carrière de Glenn Gould.D’y revenir cinq ans plus tard constitue une belle continuité.» Tourné en cinq langues et en autant de pays (Angleterre, Autriche, Italie, Chine et Québec), Le Violon rouge, une coproduction canado-italo-britannique, raconte la trajectoire JACQUES NADEAULE DEVOIR François Girard d’un violon à travers les siècles et les continents.«C’est plus un film musical qu'un film sur la musique, précise François Girard.Un film sur l’immortalité, l’amour et la beauté.» Il met entre autres en vedette Samuel L.Jackson, Colm Feore (celui qui incarnait Glenn Gould), Monique Mercure, Greta Scacchi, Rémy Girard et David La Haye.Déjà vendu dans 25 pays, la production, qui a coûté 14 millions, devrait effectuer sa sortie montréalaise à la fin de l’automne.«Le tournage a été difficile, long et éreintant mais je suis excessivement satisfait du résultat.J’ai hâte qu'on le voit.Je crois que ce sera une occasion de rejoindre un public plus large.» Le cinéaste n’a pas envie d’épilo-guer longtemps sur la participation de son film, attendue par plusieurs cette année, au Festival de Cannes mais qui ne s’est jamais concrétisée.«Ce sont les règles du jeu avec les festivals, dit-il.Je n’avais pas d’attente.» Bien que ses films n’ont jamais figurés en tête du box-office, François Girard n’en est pas à ses premiers honneurs.Après avoir vu ses premiers courts métrages vidéo remporter plusieurs prix internationaux, mais après avoir connu un faux départ avec son premier long métrage, Cargo, le réalisateur a remporté une quinzaine de prix pour son adaptation de la pièce Le Dortoir, sept pour Trente-deux films brefs sur Glenn Gould et trois, dont un Grammy, pour le film du spectacle de Peter Gabriel, Peter Gabriel: Secret World Live.Ce fils du Saguenay aux mille talents, qui s’est d’abord fait connaître par ses vidéos musicaux et ses publicités télévisées, a dirigé l’année dernière un opéra à Toronto qui s’est mérité huit Donas, les prix du théâtre canadien anglais, dont celui de la mise en scène.Occupé à se reposer et se ressourcer depuis la fin du montage de son film, François Girard choisira bientôt les nouveaux projets qu’il entreprendra.U 5 I Q.U E / / LE CALENDRIER DES ÉVÉNEMENTS MUSICAUX À VENIR Juillet 11 FESTIVAL INTERNATIONAL DU DOMAINE FORGET présente NIGEL NORTH Membre du réputé ensemble Romanesca, ce virtuose britannique présente un récital aux multiples facettes.Oeuvres de John Dowland et ses contemporains.Samedi le 11 juillet à 20 h 30 Réservations : (418) 452-3535 ou sans frais 1-888-DFORGET «««VO® Î3 tr(\\S\ftVk; EN COLLABORATION AVEC LE DEVOIR JETEZ UN COUP D'OEIL SUR MARY m H there's something about mary rfc ai.?SON DIGITAL VERSION ORIGINALE ANGLAISE ŒMFÔtairuKSfâu BUM mm MAITDIllDN BfNSIUK ««tüNMMDlflM OMIT HwraiioiwoiK ™»msiism omek mm mis m » *¦: FKANK BEDOOK S Ml STEHBERG B (MES L ISSIR i BWMfï THOMAS ED DEUIR 4 XHN1S1KA1ISS ED OECIK & JOrtü S1HA1JSS n PET01FARRE1EÏ & BOBBY FAKKEUY PETTR FAMUY & BOBBY fAMUY ww.aboiitniiry.cwn mmmmOrot , CINEPLEX ODÉON EGYPTIEN ?© 91, CINÉPLEX ODÉON POINTE-CLAIRE %/ ï b.CINÉPLEX ODÉON COTE-DES-NEIGES © 3 CINEPLEX ODÉON LAVAL (Carrefour) ?b.CINÉPLEX ODÉON BR0SSARD */ bx I LES CINÉMAS QUZZO I LACORDAIRE 11 su LE FILM PREND L'AFFICHE DES LE MERCREDI 15 JUILLET
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.