Le devoir, 8 juillet 1998, Cahier A
FONDÉ EN 1910 je nie souviens d’un soir sans armes / je me souviens de ce soir-là / mon amour el des lilas Gilbert Laiigevin, «Blanche douceur» V O i.I.X X XIX N • I 5 O M () N T R K A I.I.E M K R C R EDI « .1 lT I I.I- E T I 9 9 8 8 7 C + T A X K S = I $ / T 0 It (I X T O I $ Stéphane lia ilia rgeo n PERSPECTIVES « La sclérose en pape » Le Vatican vient d’insérer plusieurs normes de la «profession de la foi» dans le Code du droit canon.De vieilles vérités catholiques reçoivent ainsi de nouvelles déterminations juridiques, disciplinaires et pénales.Que tous ceux qui ont déjà péché se préparent à recevoir cette dernière pierre.Un bon mot circule depuis quelques années dans les cercles, catholiques libéraux — il en reste encore.L'Eglise est malade, répète-t-on, elle souffre de sclérose en pape.L’histoire des systèmes idéologiques fermés est bourrée d’exemples hu-moristico-critiques de ce genre capables, sinon de dégeler une situation désespérément bloquée, du moins de la faire supporter encore un peu.L’humour est une soupape.C’est aussi «le premier prérequis de la morale», comme le disait si bien Fernand Dumont dans son ouvrage-testament Une fois partagée (Bellarmin), publié l’an dernier, quelques semaines avant sa mort Jean-Paul II est évidemment sérieux comme un pape.Il est tout de même diablement intéressé par les questions de morale et |X)ur tout dire franchement obsédé par tout ce qui touche de près ou de loin à la sexualité.Surtout, en ces hautes et basses matières, il garde le cap de la tradition, contre les vents et marées de la modernité.Jean-Paul II n’est pas une girouette.Il se conçoit plutôt comme une sorte de boussole qui chercherait à ressaisir par le nord une humanité matérialiste et hédoniste détournée de Dieu, à la dérive, sans nécessaires point fixes.Une nouvelle brique blanche vient d’être ajoutée à ce mur de résistance obstinée.La semaine dernière, le Vatican a rendu publique une lettre apostolique (Ad Tuendam Fidem, datée du 18 mai) par laquelle sont insérés dans le Code du droit canon plusieurs articles concernant la formulation de la «profession dç la foi».Les amendements à la législation universelle de l’Eglise, elle-même refondue en 1983, obligent tous les croyants et les théologiens à demeurer fidèles à certaines «vérités».la procédure vient en quelque sorte introduire une détermination juridique, disciplinaire et pénale aux positions théologiques proclamées «définitives».Le pape n’a pas précisé quels enseignements étaient précisément visés.La missive est toutefois accompagnée d’un long commentaire doctrinal du cardinal Joseph Ratzinger, dirigeant de la Congrégation pour la doctrine de la foi (l'ancien Saint-Office.).Dans son texte annexe, le cerbère du magistère mentionne que l’interdiction des relations sexuelles en dehors des liens sacrés du mariage et de l’ordination des femmes comptent parmi ces vérités fondamentales désormais impossibles à remettre en doute.Le Vatican a aussi clairement expliqué qu’il s’agissait de «défendre la foi de l'Eglise catholique contre certaines erreurs professées par des croyants, surtout par ceux qui se consacrent aux disciplines théologiques».Le cardinal Ratzinger a précisé que les dissidents ne seraient plus en «complète communion avec l’Église».Des menaces d’excommunication planent sur les empêcheurs de penser en rond.La semaine dernière, le New York Times jugeait que la lettre apostolique constituait finalement «une des plus tranchantes réprimandes adressées aux libéraux catholiques» sous ce pontificat C’est que le double tour vient définitivement sceller la serrure doctrinale apposée sur l’Eglise, depuis deux décennies, à coup d’encycliques et de lettres apostoliques.Inflexible propagateur des valeurs catholiques, pasteur bardé de certitudes, Jean-Paul II a recentré l'Église dans sa dimension spirituelle.Mais l’axe de son monde est de plus en plus rigide et inflexible.Pouvait-on vraiment attendre autre chose?Comme l’a remarqué le théologien suisse Hans Küng, lui-même victime ,de réprimandes romaines, la structure pyramidale de l’Église catholique ressemble à celle des partis communistes.Tout en haut de la pointe, il y a Dieu et le pape, son lieutenant (c’est-à-dire son «tenant lieu de.»).Suivent les cardinaux, les évêques, les curés et tous ceux qui peuvent dire: «Je suis celui qui suit» (dixit Prévert).Le bon peuple catholique forme la large base écrasée sur laquelle repose l’ensemble de l’édifice millénaire.La vérité coule dans toute sa splendeur du niveau supérieur au plus bas.Et quand la dissidence se manifeste, le secrétaire-général-président-à-vie serre la vas et rappelle ses troupes à l’ordre.Tantôt, le camarade Jean-Paul interdit aux divorcés de communier.Puis, il exige des personnes remariées qu’elles ne consomment pas leur union.Sans compter le mépris pour les homosexuels ou la scandaleuse culture misogyne.Et quand les plus grands théologiens catholiques contemporains, de Leonardo Boff à Eugen Drewerman, osent poser des questions, le comité central les convoque en audience, comme au bon vieux temps de l’Inquisition, torture physique en moins, parce que l'Église n’a plus les moyens de brûler personne.Au début le verbe s’est fait chair.À la fin, même les plus croyants, montant en chaire, ne pouvaient plus parler librement.On ne rigole plus.La structure de l’Église ressemble à celle des partis communistes METEO Montréal Nuageux avec éclaircies.Max: 25 Min: 16 Québec Ensoleillé puis ciel variable.Max: 26 Min: 11 Détails, page B 4 8 Agenda.B 6 Annonces.B 6 Avis publics.B 4 Culture.B 8 Économie.B 1 Éditorial.A 6 INDEX Le monde.A 5 Les sports.B 5 Montréal.A 3 Mots croisés.B 4 Politique.A4 Télévision.B 7 www.Iedevoir.com LE MONDE Moshood Abiola meurt en prison, page A 5 MONTRÉAL Les idéogrammes chinois resteront gros, page A 3 FRAIMCE98 LES SPORTS Le Brésil face à.la France?page B 5 «Bon débarras !» 3329 JMNBMR Ai Midi '««MJ*?tOUCIflVllU I» (Ml auvAi • «I 1141 I ' 2315 K P I" ' ïïl S.îWm m.WfeïÉMi JACQUES NADEAU LE DEVOIR LES BPC de Saint-Basile-le-Grand ont enfin pris la route de Swan Hills, en Alberta, après une histoire tourmentée et dix longues années d’entreposage.Le premier camion a pris la route vers midi sous les cris de curieux qui criaient «Bon débarras!».Il y a 19 000 tonnes de ces huiles au Québec.Une partie prendra le chemin de l’Alberta tandis que le reste sera traité au Québec.Lire nos informations en page A 3.Duchesneau était bien responsable de la perquisition abusive de 1986 La cour avait condamné la CUM à verser plus de 80 000 $ aux victimes de l’opération KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Parti Nouveau Montréal peut bien clamer l’innocence de Jacques Duchesneau, sa responsabilité dans une vaste opération de perquisitions, qui ont tourné à l’abus de pouvoir policier, a été formellement reconnue, et deux fois plutôt qu’une.Un jugement de la Cour supérieure est venu ajouter son poids en 1986 au rapport de la Commission de police du Québec, qui avait blâmé M.Duchesneau deux ans plus tôt.Cette suite aura coûté plus de 80 000 $ à la Communauté urbaine de Montréal.Comme l’ont appris Le Devoir et Télévision Quatre Saisons, après le rapport d'enquête de la Commission de police, qui a recommandé au Service de police de la CUM d’imposer une sanction au sergent-détective Jacques Duchesneau, les sept membres d’une même famille ont intenté une poursuite civile.L’action a été déposée contre la CUM et deux membres de la direction du Service de police, Henri Mar-chessault et Claude Lambert, les supérieurs de M.Duchesneau.Le juge Pierre Michaud a donné partiellement raison aux plaignants, estimant qu’ils avaient été victimes d’une arrestation et d’une détention «abusives et illégales».La CUM a ainsi été forcée de les dédommager pour un total de 81 662 $, sans compter les intérêts.MM.Marches-sault et Lambert ont été blanchis puisque seul M.Duchés- ÆZàk ARCHIVES LE DEVOIR Jacques Duchesneau avait dirigé l’operation contestée sur le Plateau.neau était la tête dirigeante de l’opération dans ses moindres détails.«La preuve ne permet pas de conclure [qu'ils] aient participé à la décision de détenir les demandeurs pendant quatre heures», peut-on lire dans la décision.Il ressort également du jugement que, si Jacques Duchesneau n’est coupable de rien, il est responsable de tout.«Le sergent-détective Jacques Duchesneau de la Communauté urbaine de Montréal est responsable de toute l’opération.[.] [Il] donne des instructions précises sur les modalités d'exécution des mandats de perquisition», écrit le juge Michaud.Lors de son témoignage, M.Duchesneau avait alors justifié sa décision d’emprisonner les suspects pendant quatre heures par le manque d’effectifs.«Habituellement, lorsqu’on a une perquisition à faire, qu’on est en nombre suffisant, ce qu’on fait, c’est qu’on prend un endroit dans la maison, qu’on fouille préalablement, qu’il y a des policiers qui surveillent ces gens-là.Et les autres fouillent.Là c'est pas le cas, là on manquait de personnel.C’est sûr que, si j'avais eu une armée de deux cents policiers, le problème ne se serait jamais posé», avait affirmé M.Duchesneau.Or le tribunal a rejeté cette prétention, affirmant que «les demandeurs, citoyens honnêtes, sans aucun antécédent judiciaire, n’ont pas à faire les frais des problèmes de personnel de la force policière».VOIR PAGE A 8: DUCHESNEAU Les nouveaux Russes se refont une beauté Les businessmen de la nouvelle classe dirigeante recherchent une reconnaissance en dehors de l'argent VÉRONIQUE SOULÉ LIBÉRATION Moscou — À première vue, c’est une boutique d’art folklorique toute bête: statuettes en porcelaine bleue et blanche, plateaux laqués noirs, couverts en bois peints.Mais à l’intérieur, les vendeur portent des chemises Versace, le créateur fétiche des nouveaux Russes.Et les motifs sont tous inspirés de la vie des nouveaux Russes: au bania (sauna) entourés de gardes du corps, jouant au tennis un portable à la main, etc.Ouvert en avril dernier dans l’un des plus chics centres commerciaux de la capitale — Place du Manège —, Le Monde des nouveaux Russes est le magasin qui fait courir tout Moscou.Pour la première fois depuis leur apparition au début des années 90, les nouveaux riches, ces businessmen qui ont fait fortune dans le chaos de la transition, font une incursion remarquée dans l’art appliqué.Leur vie tant ridiculisée devient même modèle d’inspiration.Pour les puristes, c’est un sacrilège: détourner les motifs sacro-saints de l’art national revient à se moquer de l’âme russe.Au lieu d’inoffensives fleurs des champs, un plateau en bois est décoré par des feuilles de marijuana (la drogue est à la mode au sein de la jeunesse dorée).Au lieu de plats ou brocs en porcelaine, on représente des Mercedes 600, des yaourts Danone, des barres de chocolat Toblerone, des pots de crème Nivea.Autant de must au sein de l’élite fortunée du pays.VOIR PAGE A 8: RUSSES ARCHIVES LE DEVOIR L’artiste de variétés Jacques Normand à l’époque de sa gloire en 1969 (à gauche) puis l’an dernier, avec le même sourire perçant à travers le masque de la maladie.Jacques Normand est allé distraire le Père éternel MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Jacques Normand, qu’on a surnommé l’enfant terrible de la télévision québécoise, longtemps l’âme des nuits montréalaises, a tiré sa toute dernière révérence hier, s’éteignant à l’hôpital Notre-Dame, à Montréal, à l’âge de 76 ans.Avec le décès, en septembre dernier, de Roger Baulu, il ne reste donc plus du tandem des Couche-tard qu’un souvenir.Souvenir vibrant, s’il en est un, puisque dans l’esprit de nombre de Québécois, c’est à ce talk-show diffusé de 1962 à 1969 à la télévision de Radio-Canada que l’on associe l’humour de Jacques Normand et son talent d’improvi-sateur-né.Tête d’affiche de l’époque des cabarets, déjà connu du public avant son entrée à la télévision, il amasse au passage le titre de rebelle sympathique en raison de quelques frasques bien senties et de plus d'un congédiement retentissant.«J'en ai fait des bêtises, des conneries, affirmait-il dans un documentaire diffusé à l’automne dernier au Canal D et qui retraçait les plus grands jalons de sa vie.Mais je ne regrette rien.Après tout, il est impossible de replacer les plumes d'une poule qu’on vient de plumer au vent.» VOIR PAGE A 8: NORMAND Le blues est devenu une musique travestie SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Année après année, la série blues est dominée, archi-dominée, par la présence des hommes.Par des grands échalats qui nous racontent toujours que leurs patrons les exploitent, que Dieu est miséricordieux et surtout que leurs femmes ne sont jamais là lorsqu’ils veulent les aimer, leurs femmes.Cette année, on a compris pourquoi.Grâce à Irma Thomas, Marcia Ball et Tracy Nelson, grâce à Ann Rabson, Gaye Adegbalola et Andrea Faye McIntosh, soit le trio qui compose Saffire - The Uppity Blues Women, grâce également à Shemekia Copeland, on a saisi que l’homme, là on devrait dire le bonhomme, ne méritait pas d’être aimé comme il souhaiterait l’être parce qu’au fond, on l’a déjà écrit, il est un couillon.DE DE MONTREAL l!!!l!!ll!!illll»!lHl VOIR PAGE A 8: BLUES 1 778313000665 Nos prix sont imbattables! _ Comparez, voûterez convaincu La fameuse célébration annuelle d’e'ié Economisez jusqu’à Literie Le plus grand choix de literie et accessoires AUX PLUS BAS PRIX GARANTIS ! 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Le document plaide en faveur de la mise sur pied, là où ils n’existent pas, de registres d’état civil qui seraient dotés de moyens suffisants pour enregistrer tous les nouveau-nés, à défaut de quoi les ennuis s’annoncent pour l’accès futur à l’éducation, aux soins de santé et à tous les gestes signifiants de l’existence.Tous les pays, sauf deux (Etats-Unis et Somalie), se sont empressés de ratifier la Convention relative aux droits de l’enfant qui, à l’article 7, stipule que «l’enfant est enregistré sitôt sa naissance et a dès celle-ci le droit à un nom, le droit d’acquérir une nationalité [.]».«Bon de citoyenneté» En pratique, signale une juge du Botswana, Unity Dow, le tiers des enfants qui naissent chaque année (40 millions) n’obtiennent pas ce «bon de citoyenneté», devenant ainsi des «non-personnes».Il est vrai que, au Kenya, ce n’est que depuis 1991 que l’état civil a été étendu à tous (depuis 1993 en Afrique du Sud).Mme Dow plaide pour la disparition de lois patriarcales — elle a elle-même mené une bataille juridique, gagnée en 1992, pour que le Botswana permette aux femmes de léguer leur nationalité à leurs enfants.Ailleurs, on s'inquiète de la persistance du phénomène des mères-adolescentes (de 15 à 19 ans) — responsables de 10 % des accouchements dans le monde — et ce, pour mieux souligner la nécessité de ne pas abandonner à leur sort les adolescents, garçons et filles, qui constituent un sixième (fragile) de l’humanité.L’UNICEF tient compte des difficultés de fonctionnement de l’état civil en raison de convulsions, comme au Sierra Leone, mais elle fait appel à des solutions éprouvées ailleurs: bureaux mobiles (au Chili) ou cours offerts aux fonctionnaires sur l’importance de corriger les déficiences constatées.Il y a tout de même 24 millions de naissances «oubliées» chaque année en Asie.et 200 000 en Europe! Au chapitre de la vaccination des tout jeunes enfants, l’avance est incoiv testable, est-il dit: taux de 80 % en 199()’ par rapport à 5 % en 1980.Toutefois, «bien des enfants passent à travers les mailles» du filet, selon un spécialiste de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Dr Ralph H.Henderson, qui se montre pessimiste quant à l’accessibilité des nouveaux vaccins dont le coût est susceptible de «ralentir l’élan».Henderson pense que la vie de huit millions d’enfants dépend, chaque année, de fonds qui ne sont pas débloqués — le sort de 22 000 jeunes enfants, chaque jour, est dans la balance, le défi étant de rejoindre les enfants «invisibles et silencieux des milieux pauvres».Le Progrès.s’attarde sur les enfants des rues et sur les sans-abri dans un chapitre intitulé La détresse au cœur de l’abondance.Pas moins de onze traités, en plus de la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée il y a 50 ans par l’assemblée générale de l’ONU, reconnaissent le droit à un logement décent.Pour la pluparl des sans-abri, ce sont des paroles «vides de sens», lit-on dans Le Progrès.;.Cinq pays européens ont déjà inscrit dans leur Constitution ce droit, dont l’Espagne, qui a un parc de 200 000 logements sociaux mais un bassin de deux millions de familles pouvant prétendre y accéder! La Grèce, ellè, compte 650 000 familles pauvres, mais aucun logement social.Les auteurs du rapport parlent de la «diabolisation» de l’Etat fournisseur d’aide sociale (davantage dans les paÿs anglo-saxons) pour expliquer la désaffection des politiques envers les sans-abri et le fait que, dans au moips 35 des 50 plus grandes villes des Etats-Unis, on ait pris en 1996 des mesures contre la mendicité dans les rues.L’UNICEF reproche au secteur privé, «souvent à l’origine de solutions novatrices», de ne s’intéresser qu’épisodi-quement à cette question de logemeilt, «qui ne lui paraît pas de son ressort».— En cas de cancer du sein, les assurances sont là ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Une femme sur neuf fera face à un diagnostic de cancer au cours de sa vie.Une réalité aujourd’hui à ce point répandue que des programmes d’assurances spécifiques, destinés aux femmes qui veulent se prémunir financièrement en cas de cancer, voient aujourd’hui le jour.Dans tout le pays, de 200 à 250 femmes environ se sont prévalues au cours des derniers mois, à Montréal, Toronto et Vancouver, d’une nouvelle couverture offrant des versements de 50 000 à 200 000 $ en cas de diagnostic de cancers du sein, des ovaires, des trompes ou de l’utérus.En raison des programmes de dépistage systématiques, de plus en plus de femmes se voient diagnostiquer des cancers du sein au stade précoce de la maladie.Si les taux de rémission s’améliorent sans cesse, les traitements sont de plus en plus diversifiés, parfois prolongés, et entraînent toute une réorganisation de la vie privée et du travail.Dans la foulée de cette nouvelle réalité médicale, une agence d’assurances montréalaise vient donc de peaufiner un régime tout à fait particulier, destiné uniquement aux femmes qui craignent d’avoir à faire face à un cancer.«Des programmes existent pour une vingtaine d’autres maladies chroniques.Nous avons pensé qu’un programme particulier, destiné aux femmes, serait plus approprié.Cela peut permettre à celles qui se retrouvent dans ces situations de préserver leur autonomie financière et de prendre les décisions qu ’elles veulent face à leur traitement», explique Shelly Copoloff, vice-présidente de la compagnie qui a mis sur pied ce régime particulier.Debi Fitzmaurice, une patiente qui a reçu un diagnostic de cancer du sein en 1996, à l’âge de 33 ans, croit qu’elle n’aurait pas vécu sa maladie de la même façon si elle avait pp compter sur pareil coup de pouce.A l’époque, elle a dû abandonner son travail en raison des traitements expérimentaux qui l’ont obligée à passer le plus clair de son temps à l’hôpital pendant 18 mois.Le coût de ces traitements, dont certains n’étaient pas couverts par l’assurance-maladie, a culminé à 4000 $ par mois.Pour cette femme, l’idée d’une assurance en cas de cancer n’est pas du tout farfelue, mais simplement terre-à-terre.«La plupart des programmes d’invalidité ne couvrent pas les arrêts de travail dus aux traitements de chimiothérapie.Im plupart des gens qui veulent arrêter de travailler ne le peuvent tout simplement pas parce qu’ils n’en ont pas les moyens», soutient Mme Copoloff.Le régime créé au Canada a ceci de spécifique qu’il est accessible à toutes les femmes de 20 à 55 ans, sans examen médical, et même à celles de moins de 40 ans ayant des antécédents familiaux de cancers du sein.Pour Shelly Copoloff, il rie s’agit pas là d’une idée lugubre, mais plutôt d’un moyen pour permettre à celles qui sont atteintes d’un cancér d’alléger le stress linancier entraîné par la maladie en leur donnant de meilleures conditions pour faire face à leur traitement.Elle se défend d’ailleurs de vouloir exploiter la peur des femmes de contracter un cancer du sein.Les assurées qui reçoivent un diagnostic positif touchent immédiatement un versement de 25 000 à 100 000 dollars, suivi de primes mensuelles allant de 1000 à 4000 $ pendeint 24 mois.Si aucun diagnostic ne survient 20 ans après le début du régime, les primes, ajustées en fonction de l’âge et du risque de développer un cancer, sont entièrement remboursées.S’agit-il là d’un nouveau marché, favorisé par les conditions difficiles qui sont faites aux malades dans le système de santé?Chose certaine, depuis sept ou huit ans, les compagnies d’assurances proposent des régimes offrant des montants forfaitaires en cas de maladies chroniques, destinés à couvrir les frais non couverts par les régimes publics ou les régimes privés de base.Les municipalités disent non Qui paiera pour les fils d’Hydro?PRESSE CANADIENNE Les municipalités ne veulent pas payer une partie de la note d’un éventuel programme d’enfouissement des fils d’Hy-dro-Québec.C’est ce qu'ont déclaré hier les présidents des deux grandes organisations municipales québécoises, Jacinthe Simard et Mario La-framboise, alors qu’ils participaient au lancement de l’inforoute municipale à Québec.Le ministre des Ressources naturelles, Cuy Chevrette, a annoncé hier l’adoption d’une série de modifications à apporter au plan stratégique 1998-2002 d’Hydro-Québec.Ces modifications tiennent compte notamment de la crise du verglas de janvier 1998, qui a plongé une bonne partie du Québec dans la noirceur.En vertu du plan stratégique ainsi modifié, Hydro-Québec proposera à la Régie de l’énergie «un programme d’enfouissement des lignes de distribution des agglomérations urbains à haute densité, qui pourrait s’appuyer sur un partenariat avec les municipalités intéressées et le gouvernement du Québec».L’attachée de presse du ministre Chevrette, Shirley Bishop, a déclaré qu’il appartiendra à la Régie de l’énergie de voir si l'enfouissement est faisable, rentable, et s’il y a des gens prêts à payer pour cela.I ja régie remettra par la suite un avis au gouvernement à ce sujet.Mme Bishop a indiqué que l’enfouissement des fils av;tit des avantages en fait de sécurité de l’approvisionnement, bien sûr, mais aussi sur le plan visuel.«Mais est-ce que ça vaut le coût?C’est le débat qui aura lieu, a-t-elle déclaré en entrevue téléphonique.Si ça coûte trop cher, si personne ne veut payer pour, si c’est le consommateur qui en bout de ligne se fait refiler la facture, personne ne va embarquer là-dedans.» Jacinthe Simard, la présidente de l’Union des municipalités régionales de comté du Québec, a affirmé que les municipalités rurales qu semi-urbaines ne pouvaient pas absorber les coûts d’enfouissement et avancé qu’il existait certainement des solutions moins onéreuses pour sécurisèr le réseau d’Hydro-Québec.Pour sa part, Mario Laframboise, le président de l’Union des municipalités du Québec, a déclaré que l’enfouisste-ment pouvait constituer une solutidn réaliste et réalisable là où il y a une fdr-te densité de population.Guy Chevrette I.E I) K V OIK, L E M K R C R EDI 8 ,1 II I I.I, E T I !l !l 8 A :i -?LE DEVOIR —- MONTREAL Les biphényles polychlorés de Saint-Basile Cinq camions chargés de BPC sont sur la route «C’est le début de la fin» JACQUES NADEAU LE DEVOIR Dans les six prochains mois, 19 415 tonnes de BPC de Saint-Basile seront transportées pour être traitées.H39NV 1 t ïï*TH TT?ffp • I.t t Le chargement a débuté, hier, pour conduire les BPC de Saint-Basile vers leur élimination définitive, dix ans après l’incendie qui avait forcé l’évacuation de 4000 résidants.C’est un épisode dont tout le monde espère qu’il conclura une saga, après de nombreux rebondissements.MARIE-CLAUDE DUCAS LE DEVOIR Cinq camions chargés chacun d’une trentaine de tonnes de BPC et de sols contaminés ont quitté hier Saint-Ba-sile-le-Grand pour Swan Hill, en Alberta, près de 10 ans après l’incendie qui y avait entraîné l’évacuation de 1250 résidences.Dans les six prochains mois, 19 415 tonnes de BPC et de diverses matières contaminées seront ainsi transportées pour être traitées.Quelque 4000 tonnes de BPC liquides et de sols fortement contaminés prendront eux aussi la route de l’Alberta pour y être incinérées au centre de traitement de la compagnie Bovar.La plus grande partie des matières, quelque 13 000 tonnes de sols plus faiblement contaminés, seront cependant enfouies ou traitées au Québec par la compagnie Cintec, chargée par le ministère de l’Environnement de la décontamination du site.«C'est le début de la fin», notait hier Robert Noël de Tilly, coordonnateur du plan d’élimination des BPC au ministère de l’Environnement et de la Faune.Le ministère a la garde du site contaminé.Si tout se déroule comme prévu, le traitement de ces BPC marquera en effet la fin d’une saga qui aura coûté plus de 90 millions au gouvernement du Québec.Le 23 août 1988, un incendie d’origine criminelle ravage un bâtiment de Saint-Basile, sur la rive sud de Montréal, où un promoteur, Marc Lévy, avait entreposé des BPC.Les BPC (abréviation pour biphényles polychlorés), utilisés comme matière isolante dans divers appareils électriques dont les transformateurs, sont considérés comme toxiques et s’éliminent difficilement A la suite de l’incendie, et à l’écoulement de l’eau qui a servi à l’éteindre, plus de 10 000 pieds carrés de terrain ont été contaminés.L’incertitude quant aux risques que représentent les BPC pour la santé avait semé la panique parmi les quelque 4000 personnes qui avaient dû être évacuées.Par la suite, le traitement des sols et l’élimination des BPC qui n’avaient pas brûlé ont causé de nombreux problèmes.Entre autres rebondissements, 410 tonnes de BPC avaient été transportées en 1989 par bateau en Angleterre, où les dockers avaient refrisé de les décharger.Revenus au Québec, les BPC avaient été envoyés à Manic-2, où ils ont fi- nalement été incinérés, en 1996 et en 1997, par la compagnie Cintec, qui avait obtenu entre-temps le contrat de leur élimination.Cintec, une entreprise de LaSalle spécialisée dans le traitement des matières dangereuses, possède un incinérateur mobile, quelle avait ensuite proposé d’installer sur place, à Saint-Basile.Ce scénario a toutefois dû être abandonné, faute d’approbation par le comité de vigilance des citoyens de Saint-Basile.Le processus qui s’est enclenché hier, lui-même avec quelques mois de retard, coûtera une vingtaine de millions de dollars.Le porte-parole du comité de vigilance, Yves Lessard, semblait satisfait, hier, de la tournure des événements.«Nous continuerons de surveiller la tournure des événements, mais c’est un moment que nous avons beaucoup attendu», a-t-il déclaré.Michel Gagnon, directeur général de la municipalité de Saint-Basile, était aussi présent, mais pas le maire, Bernard Gagnon, qui était en fonction au moment de l’incendie, il y a 10 ans.«Il prend ses premières vacances depuis le verglas de l'hiver dernier, a expliqué Michel Gagnon, et on nous a confirmé la date exacte du chargement la veille seulement.» La visite sur le site du ministre de l’Environnement et de la Faune, Paul Bégin, avait d’ailleurs un caractère improvisé.«Je ne m’attendais pas à ce que cela suscite autant d’intérêt», a-t-il dit quelques instants après sa descente d’hélicoptère, lors d’une brève interruption de sa tournée des parcs québécois.Parmi les nombreux journalistes présents, plusieurs lui ont demandé si les opérations entamées hier n’avaient pas une ampleur exagérée.«Dès qu ’ily a une raison de croire qu'il y a un danger quelconque, les gens s'inquiètent, a-t-il répondu.On doit se débarrasser de telles matières en procédant de façon sécuritaire.» Le premier camion de la compagnie Sani-Mobile, chargée du transport, a d’ailleurs pris la route hier vers midi, une heure et demie plus tard que prévu, après une inspection serrée pour s’assurer qu’il respectait la réglementation en vigueur au Manitoba.Après le transport des BPC puis la décontamination, qui devrait prendre deux années additionnelles, le terrain, restitué à ses propriétaires, devrait retrouver sa vocation première, c’est-à-dire une vocation agricole.La Chambre de commerce chinoise de Montréal l’affirme Les idéogrammes chinois resteront gros Malgré l’avis qu’a demandé la ministre Louise Beaudoin au Conseil de la langue française concernant l’affichage des raisons sociales, la Chambre de commerce chinoise de Montréal prétend avoir déjà obtenu la garantie du gouvernement que la loi sera amendée pour rendre légal l’affichage en chinois tel qu’il se pratique présentement.HÉLÈNE BUZZETTI LE DEVOIR Selon la Chambre de commerce chinoise de Montréal, les jeux seraient déjà faits sur la question de l’affichage des raisons sociales Ce nom des commerces) dans le Quartier chinois.Même si le Conseil de la langue française doit d’abord formuler des recommandations à la ministre sur cet aspect très complexe de la loi, ce qui devrait en principe retarder de plusieurs mois toute décision dans un sens comme dans l’autre, la Chambre de commerce avance que la Charte de la langue française sera amendée comme elle le demande pour ainsi rendre légale la présence d’idéogrammes chinois plus gros que la traduction française.11 y a deux semaines, la ministre Louise Beaudoin et la Chambre de commerce chinoise de Montréal an- nonçaient conjointement qu’un compromis était survenu entre les deux partis.Les commerçants du Quartier chinois acceptaient de se plier aux exigences de la Charte de la langue française, en échange de quoi la ministre suspendait les avis d’effraction déposés contre eux tout comme elle suspendait l’application du chapitre de la loi portant sur les raisons sociales en attendant une clarification du Conseil de la langue française.Les documents rendus publics à ce moment résumaient la loi sur l’affichage et comment celle-ci s’appliquait spécifiquement au Quartier chinois.Le volet sur les raisons sociales y était également résumé, mais Le Devoir a appris que certains aspects de la loi avaient tout simplement été omis.Ainsi, la Charte de la langue française prévoit qu’une raison sociale peut être à la fois en chinois et en français, à la condition que le français soit nettement prédominant Or cette condition, spécifiée dans le document initial qui a servi de base aux négociations entre les deux partis, a tout simplement été retirée du document final à la demande des représentants du Quartier chinois.Un état de fait qui fait dire à la Chambre de commerce chinoise de Montréal que le gouvernement a accepté de facto de laisser les raisons sociales telles qu’elles sont présentement «Nous avions deux objectifs, énumère Bill Wong, vice-président de la Chambre de commerce chinoise de Montréal.Nous ne voulions pas que les grandes affiches en chinois soient changées et nous voulions que le gouvernement s'engage dans un processus d’amendement à la loi pour le permettre.Jusqu’à présent, les représentants du gouvernement ont acquiescé à toutes nos demandes.» Sous-ministre responsable de l’application de la politique linguistique, Jean-Claude Corbeil réplique en arguant qu’il «ne peut pas présager des conclusions auxquelles arrivera le Conseil de la langue» et que rien n’est donc encore décidé.Il n’en admet pas moins pourtant que l’avis demandé au conseil est le processus obligé par lequel doit débuter tout projet de modification de la loi.«On souhaite arriver à une situation où les idéogrammes chinois resteraient aussi présents qu 'ils le sont en ce moment.Si je reprends l'exemple du commerce Herbes de Chine, où le français est aussi présent que le chinois, [ce qui est présentement contraire à la \o\], j’admets que je ne verrais pas d'inconvénient à ce que cela reste ainsi.» Comme par hasard, c’est exactement dans ce sens que va le résumé de la loi telle qu’épurée dans le document final remis aux journalistes.Par ailleurs, étant tellement assurée que le gouvernement se pliera aux demandes de la communauté chinoise, la Chambre de commerce a minimisé la sortie de la Coalition pour le Quartier chinois.Celle-ci avait vivement dénoncé l’entente survenue avec le gouvernement, avançant que le passage du temps ne changerait rien à sa demande d’un amendement à la Charte pour permettre aux commerçants de conserver leurs écriteaux en chinois.Or, pour la Chambre de commerce, ce changement est déjà acquis.«Selon nous, a conclut M.Wong, la coalition a trop vivement et trop promptement réagi.» Recherche des enfants disparus Une collaboration Canada-Belgique wtm JULIEN SAUCIER LE DEVOIR Jean-Denis Lejeune (à droite sur la photo): l’expertise d’Enfants-Retour Canada est suffisamment reconnue à l’étranger pour justifier que l’on tente d’imiter son expérience.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Jean-Denis Lejeune, le père de Julie Lejeune, cette jeune fille enlevée et tuée par le pédophile Marc Dutroux, en Belgique, est revenu à Montréal cette semaine pour échanger avec le réseau Enfants-Retour Canada sur les meilleurs moyens de prévenir les disparitions d’enfants et de les retrouver, après leu^s disparitions.Etant donné que les drames des enlèvements d’enfants traversent souvent les frontières (d’un pays, la coopération entre les Etats est tout indiquée dans ce secteur.Selon M.Lejeune, l’expertise d’Enfants-Retour Canada est suffisamment reconnue à l’étranger pour justifier que l’on tente d’imiter son expérience.Enfants-Retour Canada a été créé à la suite de l’enlèvement et du meurtre par un pédophile du jeune Maurice Viens, quatre ans, en 1984.Il tente depuis d’établir un réseau de coopération nationale et internationale avec les corps policiers pour retrouver les enfants perdus.«Nous avons des indices nous permettant d’identifier des enfants qui auraient été enlevés, disait hier Serge Lafrance, responsable de ce volet du travail aux douanes canadiennes.On va porter plus d’attention, par exemple, à un enfant qui circule en voiture alors qu’il devrait être à l’école, ou encore à un enfant qui porte des vêtements d'hiver en été.» L’an dernier, plus de 58 000 enfants ont été portés disparus au Canada.La très grande majorité sont des fugueurs qui reviennent au bercail dans les trois semaines suivant leur fugue.Au chapitre des enlèvements, ce sont les rapts parentaux qui arrivent ensuite au premier rang, suivis des enlèvements par des étrangers.Depuis 1996, au Canada, la quantité de fugues et de rapts parentaux a augmenté.«Pour ce qui est des rapts parentaux, soutient Linda Brosseau, enquêteur à la Gendarmerie Royale du Canada, le phénomène est sûrement lié à l’augmentation des séparations.» De l’ensemble des disparitions d’enfants signalées au Canada, quelques milliers de cas seulement demeurent irrésolus à long terme.Rappelons qu’en Belgique, l’évasion temporaire de Marc Dutroux des mains des gendarmes a créé récemment un drame national.Selon M.Lejeune, l’impuissance des corps policiers dans cette affaire est par-tieljement liée «à la corruption».A Enfants-Retour Canada, on fait également de la prévention auprès des enfants de niveau préscolaire et du primaire.Selon les porte-parole d’Enfants-Retour Canada, seulement un cas sur dix d’agression sexuelle est rapporté.Ces abus sont perpétrés à 98 % par des hommes et dans 90 % des cas par des proches de l’enfant.11 faut donc inculquer aux enfants le droit de refuser un contact sexuel.En Belgique, l’affaire Dutroux a donné lieu à la création du Centre européen pour enfants disparus et sexuellement exploités, qui s’inspire d’Enfants-Retour Canada.«En Belgique, disait hier Isabelle Marneffe, porte-parole de l’établissement, il est interdit de mettre sur Internet la photo d’un enfant disparu, en vertu de la loi protégeant l’identité des mineurs».Montréal serait reliée à La Nouvelle-Orléans par les airs BRIAN MYLES LE DEVOIR Montréal pourrait être reliée à La Nouvelle-Orléans par voie aérienne sans escale à compter d’octobre prochain.Les autorités politiques de la Louisiane sont à l’œuvre pour s’assurer de cette nouvelle liaison et sont même prêtes à investir près de un demi-million de dollars américains pour le démarrage.Quel est l’intérêt de la Louisiane?S’assurer de la visite des Québécois dans le cadre de )a célébration du tricentenaire de l’État.La FrancoFê-te sera lancée le 1er janvier 1999 et durera toute l’année.Environ 29 millions de visiteurs sont attendus, dont 150 000 Canadiens (Québécois et Acadiens pour l’essentiel).Mais pour attirer ces francophones, une nouvelle ligne aérienne est nécessai-re4 estime Philip J.Jones, secrétaire d’Ètat au département de la Culture, des Loisirs et du Tourisme de la Louisiane.Pour la deuxième fois depuis le début de l’année, M.Jones était de passage à Montréal la fin de semaine dernière.Il a notamment rencontré la direction des Aéroports de Montréal (ADM).«J’ai beaucoup d'espoir», a-t-il commenté après sa rencontre avec Richard Cacchione, président, et Nycol Pageau-Goyette, présidente du conseil d’administration.«On a eu une excellente rencontre, a commenté pour sa part Mme Pageau-Goyette.Ces gens-là ont l’air très déterminés à développer une relation à long terme avec le Québec.» La présidente du conseil d’ADM a indiqué que des études seront réalisées afin de déterminer si l’achalandage justifie un nouveau vol.La compagnie la plus susceptible d’offrir le service est Air Canada, bien qu’aucune décision n’ait été prise.Au siège social d’Air Canada, Nicole Couture-Simard a indiqué qu’il n’y avait «rien de concret en ce qui concerne La Nouvelle-Orléans».«Mais c’est une destination qui vaut la peine d’être regardée», a-t-elle ajouté.En définitive, ce n’est pas ADM mais les compagnies aériennes qui prennent la décision d’offrir ou non une nouvelle desserte aérienne.Mais M.Jones s’efforce de rendre la proposition d’affaires la plus alléchante possible.Environ 450 000 $ US seront injectés sous forme de réductions tarifaires à l’aéroport international de La Nouvelle-Orléans, de publicité et de promotion.«C'est un montant substantiel pour lancer un service aérien», croit M.Jones.A l’heure actuelle, il n’existe aucun service aérien sans escale reliant directement Montréal à La Nouvelle-Orléans.Il faut généralement transiter par Toronto et Houston avant d’atterrir dans la Big Easy.M.Jones a deux trajectoires en tête: Montréal-La Nouvelle-Orléans (son idée préférée) ou Montréal-Dal-las-La Nouvelle-Orléans (une solution de compromis).Il souhaite que la liaison reste en place au delà de la FrancoFête afin de tisser des liens durables entre le Québec et le berceau du jazz.Outre les représentants d’ADM, Philip J.Jones a rencontré Claude Comtois, président de l’Association de villégiature de Tremblant, et le tandem Alain Simard et André Ménard, du Festival de jazz.Samedi, M.Jones a fêté le jour de l’Indépendance à l’ambassade des États-Unis, à Ottawa.La Louisiane était l’État-ve-dette de cette réception au cours de laquelle Zachary Richard a interprété quelques chansons.L’industrie touristique de la Louisiane a défini le Québec comme «un marché prioritaire pour l’expansion», ce qui explique la visite de Philip Jones.Le tourisme est la deuxième activité en importance en Louisiane.Elle a généré des retombées économiques de.7,5 milliards l’année dernière.Des ponts se bâtissent lentement entre la Louisiane et le Québec.Des échanges d’artistes sont envisagés entre le Festival de jazz de Montréal et celui de La Nouvelle-Orléans.Une artiste de la Louisiane sera par ailleurs invitée au Festival de blues de Tremblant, qui aura lieu du 30 juillet au 2 août.A l’inverse, le blues de Tremblant dépêchera un musicien Québécois au Festival du Quartier français, en avril, à La Nouvelle-Orléans.«Il y a des ressemblances entre les deux cultures, explique Philip J.Jones.On essaie de les mettre en présence.et de célébrer!» produits ELGER bains en démonst) la boutique de plomberie DÉCORATION 25 2V avenue et 640 Ouest.Sl-Kuslnche • tel: 475-8402 • Internet: www.decor25.eum MM L K I) !•: V OIK, I.H M K H < It K D I « .1 U 1 I, L E T 1 9 9 S A 4 =-?LE DEVOIR «- POLITIQUE Député de Richmond-Arthabaska André Bachand appuie Hugh Segal «C’est un candidat complet» Le leader adjoint et responsable du Québec au sein du caucus conservateur canadien, André Bachand, a annoncé hier qu’il appui-ra la candidature de Hugh Segal dans la prochaine campagne à la chefferie de son parti.Selon lui, l’ancien chef de cabinet de Brian Mulroney peut percer au Québec grâce à son tempérament jovial, son bilinguisme et ses idées sur les grands dossiers de l’heure, dont celui de l’unité canadienne.M A N O N CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA L>aspirant à la direction du Parti 1 progressiste-conservateur, Hugh Segal, a réussi à recruter dans ses rangs le seul député québécois de sa formation qui ne s’était pas encore prononcé en faveur d’un ou l’autre des candidats.André Bachand, député de Richmond-Arthabaska, a annoncé hier qu’il appuyait l'ancien chef de cabinet de Brian Mulroney.«C’est un candidat complet et, quand les Québécois le connaîtront, ils seront probablement fort intéressés.[.] Il a des idées, c’est un homme d'action qui passe bien et qui est capable de redyna- miser le parti en régionalisant son organisation, en stabilisant et en réglant sa situation financière et en faisant en sorte que le parti retrouve une plateforme qui lui ressemble», a confié M.Bachand en entrevue.Avant de faire son choix, André Bachand dit avoir pris le soin de discuter avec tous les candidats importants, c’est-à-dire M.Segal, Joe Clark et l’ancien ministre manitobain Brian Pallister.11 reconnaît que M.Clark est, en tant qu’ancien chef, premier ministre et ministre, nettement plus connu au Québec mais, selon lui, c’est secondaire.«Lorsqu’on regarde les dernières courses au leadership — que ce soit M.Charest, M.Mulroney ou même M.Clark, la première fois —, la notoriété n’était pas très grande.C’est pour ça qu’il y a une course au leadership et ensuite une campagne électorale», note-t-il.Il pense que Hugh Segal peut percer au Québec grâce à son tempérament jovial, son bilinguisme et ses idées sur les grands dossiers de l’heure, dont celui de l’unité canadienne.Il ne nie pas que M.Segal ait appuyé le rapatriement de la Constitution en 1982, mais il ajoute qu’il a ensuite travaillé activement aux solutions de rechange sous le gouvernement Mulroney.Il convient toutefois que M.Segal a des positions plus à droite que les siennes sur certains sujets.Lors du lancement de sa campagne, Hugh Segal s’est prononcé, entre autres, en faveur de la tenue d’un référendum sur la peine de mort.«Mais ce que je retiens, c'est qu’il s'agit d’un ensemble d’idées qui aura pour effet de redynamiser la base et qui permettra au parti, au bout du compte, de développer une plate-forme efficace, originale et crédible pour la population.Et, selon moi, avec Segal, on aura le véhicule qu’on recherche, c’est-à-dire l’organisation.On aura donc le contenant et le contenu», dit-il.L’appui de M.Bachand survient quelques jours après le dévoilement de l’équipe de M.Segal, qui compte dans ses rangs de nombreux organisateurs des campagnes au leadership et électorale de Jean Charest.Le soutien d’André Bachand, qui est leader adjoint et responsable du Québec au sein du caucus, vient renforcer le volet québécois de cette organisation.Les trois autres députés conservateurs du Québec, André Harvey, Carole Saint-Jacques et David Price, ont pour leur part choisi de soutenir la candidature de Joe Clark.Bien que personne n’ait encore présenté officiellement sa candidature au parti et payé les 30 000 $ réglementaires, sept personnes se disent dans la course.IÎ s’agit, en plus des trois principaux protagonistes, du rédacteur Scott Paterson, de l’homme d’affaires John Long, de l’opposant au libre-échange David Orchard et de l'avocat montréalais Michael Fortier.Coupable de fraude envers le gouvernement Cogger condamné à une amende de 3000$ PRESSE CANADIENNE Le juge Robert Sansfaçon a condamné le sénateur Michel Cogger à 3000 $ d’amendes, 12 mois de probation et 120 heures de travaux communautaires.«Il est évident que la corruption, la zone noire du comportement des fonctionnaires, ne se retrouve aucunement dans ce dossier», a déclaré le juge Sans-façon en prononçant la sentence.Le sénateur Cogger avait été déclaré coupable de fraude envers le gouvernement le 2 juin dernier.Il était passible d’un emprisonnement de cinq ans.L’avocat de la Couronne, M' Pierre Lévesque, n'avait cependant pas demandé de peine d’emprisonnement.De son côté, l’avocat de la défense, M' Marc Cigana, avait demandé une absolution inconditionnelle.Le sénateur Cogger n’a fait aucun commentaire hier.M' Cigana a toutefois déclaré qu’il était déçu de la sentence, et qu’il était question de loger un appel.«Nous allons sérieusement considérer la question, a-t-il indiqué aux journa- listes.Je dois en discuter dans les prochains jours avec mon client.» À Ottawa, le Parti réformiste a demandé la démission du sénateur Cogger.Le Sénat ne prendra pas de décision sur le cas de M.Cogger tant que les procédures d’appel ne seront pas épuisées, ou que la période d’appel ne sera pas terminée.En vertu de la Loi constitutionnelle de 1867, le siège d’un sénateur doit devenir vacant si celui-ci est «convaincu de félonie ou d’aucun crime infamant».11 suffira que quelqu’un soulève la question au Sénat pour que la Chambre haute doive déterminer si la faute de M.Cogger constitue effectivement une félonie ou un crime infamant.M‘‘ Cigana a souligné que le juge Sansfaçon avait mentionné qu’il y avait absence de corruption.«Tout ce que je peux dire, c’est que quiconque devra analyser cette situation devrait garder présent à l’esprit cette absence de corruption, le fait que le sénateur Cogger n'a pas voulu violer la loi», a-t-il déclaré.M.Cogger avait commencé à faire du lobbying pour l’entrepreneur Guy Montpetit en 1985, alors qu’il était avocat.Il cherchait à aider M.Mont-petit à obtenir une subvention de 45 millions de dollars pour la construction d’une fonderie de silicium vouée à la fabrication de puces électroniques.Il tentait également d’intéresser le gouvernement à un procédé de traduction par ordinateur.M.Cogger a été nommé sénateur le 2 mai 1986, mais il a continué à po-rusuivre ses démarches pour faire avancer le projet.Entre la date de sa nomination et le 10 juin 1988, il a accepté de M.Montpetit la somme de 212 000 $, soit 162 000 $ en honoraires et 50 000 $ en prêts, qui n’ont jamais été remboursés.M.Cogger avait été acquitté en 1993 dans le cadre d’un premier procès, mais la Cour suprême avait par la suite ordonné la tenue d’un nouveau procès.En rendant sa sentence, le juge Sansfaçon a déclaré qu’il avait été confronté à un des délibérés les plus pénibles de sa carrière.Il a expliqué qu’il fallait déterminer si une absolution inconditionnelle allait dans l’intérêt de l’accusé, sans nuire à l’intérêt public.Il a affirmé qu’une telle absolution allait effectivement dans l’intérêt de l’accusé.Il a rappelé que dans son témoignage, l’épouse de M.Cogger avait fait état de neuf années d’enfer.La joie de vivre a disparu, la dépression s’est installée, les clients se sont envolés, a-t-il rappelé.En outre, le siège de M.Cogger au Sénat est maintenant en jeu.Le juge Sansfaçon a cependant fait observer que M.Cogger avait été nommé à un des postes les plus élevés de la vie publique, et qu’il se devait de promouvoir la vie publique.11 a ajouté que le sénateur Cogger aurait dû pousser davantage ses recherches pour vérifier s’il pouvait vraiment continuer à travailler pour le compte de M.Montpetit.Il a également noté le fait que M.Cogger n’avait jamais exprimé de regrets dans toute cette affaire.Compte tenu de la fonction très élevée de M.Cogger, de l’importance du dossier, des sommes en cause et de la durée des infractions, il était impossible d’accorder une absolution inconditionnelle, a-t-il affirmé.Réunion de l’APF à Abidjan Un rôle «plus vigoureux» dans l’espace francophone Abidjan (AFP) — Les parlementaires francophones ont ouvert hier leur 24' session ordinaire à Abidjan, en marquant leur volonté de faire mieux entendre leur voix et de jouer un rôle «plus vigoureux» tant dans l’espace de la Francophonie que sur la scène internationale.Dès la séance inaugurale dans la matinée, en présence du chef de l’Etat ivoirien Henri Konan Bédié, l’Assemblée a accompli un premier «geste symbolique» en changeant de nom, choisissant celui d’-Assemblée parlementaire de la Francophonie» (APF) au lieu d’«Assemblée internationale des parlementaires de langue française» (AIPLF).La nouvelle appellation «a le mérite d’être plus simple» et plus conforme au rôle de l’institution qui est celui d’une «assemblée consultative», a expliqué le secrétaire général parlementaire, le sénateur français Jacques Legendre (RPR, gaulliste).«A partir de maintenant, nous entendons agir comme une vraie assemblée dans nos relations avec l'exécutif, en optant pour une ap- «II ne faut pas s’attendre à ce que nous renoncions aux principes qui sont notre raison d’être» proche plus parlementaire qu’associative», a souligné de son côté l’un des vice-présidents de l'APF, Jean-Pierre Charbonneau, président de l’Assemblée nationale du Québec.I/irs de sa création en 1967, sous l’impulsion de Léopold Sédar Senghor, l’AI-PLF était en effet une association avant de se transformer en 1989 en assemblée.Autre message politique fort lancé à Abidjan, la décision de suspendre les sections rwandaise et congolaise (Brazzaville), l’Assemblée ayant estimé que les Parlements de ces deux pays ne correspondaient plus aux principes de la «démocratie parlementaire».«Il ne faut pas s’attendre à ce que nous renoncions aux principes qui sont notre raison d’être.Four nous, un régime qui s’est établi dans le sang en reste marqué d’une empreinte indélébile», a rappelé M.Ix'gendre à la tribune.Cette suspension a été approuvée en commission et devait être entérinée dans la journée par l’assemblée plénière*.«Dès qu'il y a un bouleversement des institutions dans un pays et que te Parlement élu perd de sa représentativité, la suspension de sa section parlementaire doit être immédiate», a indiqué le président de la commission politique, le député français Pierre-André Wiltzer (UDF).D’autres ont même souhaité une «mise en cohérence» entre l’exécutif et l’APF sur ce point.«Il serait curieux que des pays soient acceptés au niveau des instances exécutives alors qu’il y a une suspension de leur section parlementaire», a fait valoir M.Charbonneau.Les élus n’ont pu avoir, comme prévu, un échange direct avec le secrétaire général de la Francophonie Boutros Boutros-Ghali.«Souffrant et alité» à Paris, selon son entourage, l’ancien secrétaire général de l’ONU a dû renoncer à venir Abidjan, où son discours a été lu à l’Assemblée.«Im Francophonie n’a, aujourd’hui, d’autre choix que de s’organiser et de se structurer.Ce n’est qu’à ce prix qu’elle pourra prétendre figurer dignement aux côtés des autres organisations internationales et régionales», a estimé le diplomate égyptien, qui a appelé l’Assemblée à relever «le défi qui transcende l’espace francophone», celui de «la démocratie au service de la paix dans les États et entre les États».Rémy Trudel, au centre, ministre des Affaires municipales, L’inforoute municipale voit le jour PRESSE CANADIENNE Québec — D’ici cinq ans, tous les citoyens, les PME et les organismes branchés sur un réseau Internet pourront communiquer entre eux et obtenir toutes les informations pertinentes et tous les services offerts par les administrations municipales iocales et régionales.Hier, en conférence de presse, le ministre des Affaires municipales Rémy Trudel, la présidente de l’Union des municipalités régionales de comté du Québec (UMRCQ), Jacinthe Simard, et le président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Mario Laframboise, ont procédé au lancement d’un projet «qui se traduira par une véritable toile québécoise de communication en matière de services municipaux».Le financement de ce projet, qui consiste, dans un premier temps, à créer des produits, s’inscrit dans le cadre du programme des travaux d’infrastructures Canada-Québec et entraîne un investissement de 5,4 millions de dollars.Le projet Québec-Affaires, qui nécessitera 1,6 million, est piloté par l’UMRCQ et vise le milieu des affaires, le développement économique des régions et l'emploi.Il offre, entre autres, aux PME une foule d’informations sur les ressources humaines, financières, matérielles et technologiques, sur le développement de l’économie et de l’emploi par la mise en réseau des partenaires.Les gouvernements fédéral et Québécois et le Fonds de l’autoroute de l’information du Québec investissent chacun 400 (KM) $ dans ce volet.L’autre programme qui veut atteindre individuellement les 11 % de la population actuellement branchée sur un réseau Internet, est parrainé par l’Union des municipalités du Québec (UMQ).Le volet «le Citoyen—, vise, entre autres, à mettre en place des outils permettant à ces citoyens privilégiés, propriétaires d’un ordinateur et abonnés à un réseau, «d’échanger de l'information et d’effectuer des transactions avec leur municipalité et les différents organismes communautaires, culturels et sportifs de leur région via Internet».L’UMQ recevra 1,4 million dont 125 000 $ du Québec et autant d’Ottawa.Le Fonds de l’autoroute de l’information québécois y investira 250 000 $.Le ministère des Affaires municipales, pour sa part, fera fonctionner le Bureau Municipal et le volet Aménagement du terrritoire, visant la modernisation de la gestion municipale en matière de diffusion, d’échange d'informations «et d’interaction dans les transactions entre le gouvernement et les municipalités».Au total, 2,4 millions seront investis dans ces deux derniers volets.La participation fédérale sera de 808 000 $ et celle du Québec de 1,6 million.Au Québec, 38 pour cent des ménages disposent d’un micro-ordinateur, 22 % d’entre eux sont équipés d’un modem et 11 % disent avoir accès à Internet.Cette situation fait en sorte que c’est encore une infime minorité de citoyens qui pourront bénéficier à court terme de ces programmes.«Il faut bien comprendre, a précisé le président de l’UMQ, qu’il ne s’agit pas là d’un privilège qu’on est en train de donner à une certaine catégorie de citoyens.C'est un service additionnel.On n’en fait pas une priorité.Il n’est pas question de remettre en question tous les services rendus directement aux citoyens par une municipalité.» Pour la présidente de l’UMRCQ, le défi du réseau Québec-Affaires, «est de s’assurer que les institutions publiques, dont les municipalités, sont bien outillées et de voir à ce que les contenus des inforoutes développées au Québec soient adaptés aux besoins des agents locaux de développement».Selon une enquête de l’UMRCQ, 63 des 86 municipalités régionales sont déjà branchées.De plus, 48 d’entre elles disent partager des données ou fonctionner en réseau.«L’aspect nouveau, a précisé Mme Simard, c’est qu’il ne s'agira pas uniquement d’un entrepôt de l’information mais d’un véritable carrefour bien organisé, intelligent dans ses mécanismes de recherche.» Forêts de la Couronne au Nouveau-Brunswick Revers des autochtones à la Cour Fredericton (PC) — La Cour suprême du Canada a ixirté un coup aux espoirs des autochtones qui espéraient avoir libre accès aux forêts de la Couronne du Nouveau-Brunswick, cet été.Ije plus haut tribunal du pays a rejeté une demande d’annulation des procédures, qui aurait assuré aux autochtones l’accès à ces terres, le temps que la cour étudie la cause.Le juge Charles Gonthier a indiqué que la requête aurait dû être déposée en Cour d’appel du Nouveau-Brunswick.le vice-président de l’association des bûcherons autochtones, Brian Francis, de la réserve Big Cove, a déclaré hier que les bûcherons suivront le conseil de la cour et tenteront leur chance à nouveau, cette fois en Cour d’appel.La Cour suprême n’a pas encore décidé si elle entendra la cause des autochtones, qui a engendré un suprême débat passionné sur la question de la propriété des arbres des terres de la Couronne.Deux instances inférieures ont déjà reconnu aux autochtones un droit sur le bois des terres de la Couronne, mais la Cour d’appel provinciale a invalidé ces décisions en avril dernier et prononcé une condamnation contre l'homme qui est au centre de toute l’affaire, le bûcheron autochtone Thomas Peter Paul.C’est à la suite de ce jugement que l'avocat de M.Paul a demandé à la Cour suprême la permission d’interjeter appel, annexant à sa requête une demande d’annulation des, procédures.Etant donné les rebondissements juridiques incessants qui marquent ce dossier, il est peu probable que les autochtones puissent avoir libre accès aux bois des terres de la Couronne cette saison.•iVtt • • • • ‘y* V', .Publ vendredi 17 juillet 1998 le e HOff.i WCD.UfCh U- no( i' 6674 LE LEMOND Pendant une rencontre entre responsables nigérians et américains La mort libère l’opposant Abiola Une délégation américaine de haut rang a rencontré hier le chef d’État nigérian, Abdulsalam Abubakar.Selon des sources nigérianes officielles, Mashood Abiola a été terrassé à cette occasion par un malaise cardiaque.À Washington, le département d’État a déclaré que les causes de la mort d’Abiola n’étaient pas suspectes.L’entourage du vainqueur présumé de l’élection présidentielle de 1993 en est moins sûr.AGENCE FRANCE-PRESSE Abuja — Moshood Abiola, le principal opposant nigérian, emprisonné depuis 1994, est mort hier d'une crise cardiaque à l’âge de 60 ans, a annoncé une source officielle nigériane.M.Abiola est décédé à la suite d’un «malaise lors d’une réunion entre des responsables nigérians et américains à laquelle il assistait», a indiqué un communiqué du secrétariat de presse de la présidence nigériane.11 est mort «aux environs de 16h cet [hier] après-midi, apparemment d’un arrêt cardiaque», selon le communiqué.«Avec l’accord de sa famille, le gouvernement fédéral a ordonné une autopsie complète pour déterminer la cause exacte du décès avec l’aide pleine et entière de ses médecins», poursuit le communiqué.Une délégation américaine de haut rçuig sous la conduite du sous-secrétaire d’Etat aux Affaires politiques Thomas Pickering a rencontré hier le chef d’État nigérian, le général Abdulsalam Abubakar, et devait repartir dans la soirée pour les États-Unis.in délégation américaine a cependant décidé de rester au Nigeria au moins jusqu’à ce matin, a indiqué une soqrce américaine sous couvert d’anonymat.A Washinton, le département d’État a déclaré que les causes de la mort d’Abiola n’étaient pas suspectes.Iœs spéculations allaient bon train sur une possible libération d’Abiola, le vainqueur présumé de l’élection présidentielle de 1993, dont le dépouillement avait été interrompu par les militaires.Les médecins d’Abiola avaient donné l’alerte à plusieurs reprises sur son mauvais état de santé après quatre ans de détention.Contacté au téléphone par l’AFP, un membre de la famille d’Abiola a confirmé la nouvelle de la mort d’Abiola.«Ils l’ont tué, ils l'ont tué, ils l’ont tué», a déclaré une femme en pleurs qui n’a pas voulu donner son nom.La sœur de Moshood Abiola, Wura Abio- la, a déclaré sur la chaîne de télévision américaine CNN: «Nous sommes choqués [.] Nous avons craint le pire et le pire est devenu réalité.Mon père était un grand homme dans ce pays et nous savons que cela [son décès] est très suspect».L’une des quatre femmes d’Abiola, Kudi-rat, avait été abattue en 1996 dans une rue de Lagos et ses assassins n’ont jamais été retrouvés.Sa famille est persuadée qu’elle avait été tuée par le gouvernement du général Abacha.A Lagos, le porte-parole de Gani Fawe-hinmi, l’un des principaux dirigeants de l’opposition nigériane et partisan de la remise du mandat présidentiel à Abiola, a déclaré que M.Fawehinmi était «trop en colère pour commenter» la nouvelle.«Nous sommes tous très déprimés par cette nouvelle», a déclaré le porte-parole.Jeudi dernier, M.Annan et le secrétaire général du Commonwealth Emeka Anyao-ku avaient rencontré Abiola et le secrétaire général de l’ONU avait ensuite affirmé que M.Abiola était prêt à renoncer à son mandat en échange de la liberté.M.Anyaoku, qui s’était fait photographier durant la rencontre avec M.Abiola et avait ensuite montré la photo à des journalistes, avait alors déclaré que M.Abiola paraissait en «bonne forme».La nouvelle de la mort d’Abiola pourrait REUTERS Moshood Abiola, photographié en des jours meilleurs.entraîner des troubles à üigos et dans le sud-ouest majoritairement yorouba du pays, qu’il représentait.Le général Abulsalam Abubakar, arrivé au |x>uvoir le 9 juin au lendemain de la mort de Sani Abacha, également décédé d’une crise cardiaque, avait annoncé la semaine dernière au secrétaire général de l’ONU Kofi Annan son intention de libérer bientôt «tous les prisonniers politiques».Depuis le 9 juin, le général Abubakar a fait libérer 27 prisonniers ix>litiques mais le régime |x>urrait en détenir encore au moins 150.Invités, parents, relations à louer Benriya-san, des dépanneurs japonais en tout genre PHILIPPE PONS LE MONDE PERSPECTIVES I > Qui se cache derrière le i.«Mouvement armé berbère»?r » i» i »' > i Alain B o ni in e n e l Agence Fr a n ce - Près s e Ager — L'annonce mystérieuse de la création ci’un «Mouvement armé berbère» (MAB), promettant de faire couler le sang, suscite de nombreuses interrogations et rumeurs en Kabylie.la question du MAB a été évoquée, hier, lors d’une rencontre entre le président Liamine Zéroual et une délégation du Front des forces socialistes (FFSopposition), principalement implanté en Kabylie.Iœs discussions n’ont pas éclairci le mystère, selon les comptes rendus de la rencontre, tout en apportant, pour la première fois, du poids à ce sigle inconnu il y a une semaine.Le premier secrétaire du FFS, Ahmed Djeddaï, s’est interrogé sur l’existence d’un tel mouvement.«Il ne faut pas attendre des actes de violences de ce supposé mouvement avant d’agir», a-t-il dit à la presse, relevant que le GIA (Groupe islamique armé) était «né de la même manière».le chef de l’Etat a réaffirmé qu’il «mettrait en oeuvre tous les pouvoirs que lui confère la Constitution pour s’opposer à toute tentative qui viserait à imposer par la violence un quelconque projet politique», a indiqué l’agence APS après la diffusion d’un tract par le MAIL Pour l’instant, le MAB «n’existe» que sous la forme d’un court texte, daté du 2 juillet, apparu à Tizi-Ouzou, dont l’AFP a eu une copie.Il semble n’avoir eu qu’une diffusion initiale très limitée, mais a ensuite circulé dans les milieux politiques et les médias.Le texte est titré «communiqué numéro 1» et s’adresse «à tout le peuple berbère».Très vague, il porte un cachet grossier.Il accuse les «mains de lâches aidés par la complicité de certains traitres de la région» dans l’assassinat du chanteur Lounès Matoub le 25 juin.Il indique aussi que le MAB a «fait le serment d'abattre» ceux qui ont contribué «directement ou indirectement» à la mort du chanteur, comme ceux qui «appliqueront ou inciteront les citoyens à appliquer» la loi sur l’arabisation.Le tract se termine par la phrase: «Notre vengeance sera terrible».«L’huile sur le feu» A Tizi-Ouzou, de nombreux militants berbères émettent des doutes sur ce texte, ou voient dans cette déclaration une «manipulation» ou un «coup monté» de ceux qui voudraient «jeter de l'huile sur le feu».L’assassinat de Ijounès Matoub a été revendiqué d;ins un communiqué — sous réserve d’authentification — du chef dissident du GIA Hassan Hattab.Ce meurtre a déclenché des émeutes à Tizi-Ouzou et dans plusieurs villes de Kabylie.De jeunes émeutiers ont ignoré les appels au calme, dénonçant les partis politiques, aux cris de «pouvoir assassin» et rejetant la loi sur l’arabisation.«On ne veut plus des partis.Le RCD [Rassemblement pour la culture et la démocratie] s'est mis avec le pouvoir, et le FFS avec le FIS [Front islamique du salut] Maintenant, c'est la colère du peuple», proclamait fièrement un jeune dans la localité de Fréha, près de Tizi-Ouzou, où, comme dans des dizaines de localités, les bâtiments administratifs ont été saccagés.«Personne ne sait d’où vient ce texte.N’importe qui peut rédiger un truc pareil dans son coin.Mais on peut tout redouter quand la situation se radicalise», a expliqué un militant du Mouvement culturel berbère (MCB).M.Djeddaï a souligné que la situation était d’autant plus risquée qu’il y a «énormément d’armes qui circulent en Kabylie».De nombreux villages disposent de groupes d’autodéfense — c’est en Kabylie que les premiers avaient vu le jour, en 1994, à l’appel du RCD — et la ixissession d’armes de chasse est une tradition.Un autre militant berbère explique que les «familles de terroristes» sont connues dans les villages de Kabylie, et que d’éventuelles représailles ne peuvent être exclues.En septembre 1994, Lounès Matoub avait été enlevé durant quinze jours par le GIA.Le MCB avait alors menacé de mener une «guerre ouverte» aux islamistes, avant de faire machine arrière.Les Palestiniens deviennent «superobservateurs» à l’ONU AGENCE FRANCE-PRESSE New York — L’ONU a donné hier un appui symbolique aux Palestiniens en conférant à leur délégation aux Natio/is unies pratiquement les mêmes droits que ceux d’un Etat.L’Assemblée générale de l’ONU a voté à une très large majorité une résolution élevant le statut de la Mission d’observation palestinienne, malgré l’opposition des Etats-Unis et d’Israël.La résolution a été adoptée par 124 voix pour, 4 contre (États-Unis, Israël, Micronésie et îles Marshall) et dix abstentions.Ce vote a été accueilli par le délégué palestinien Nasser al-Kidwa comme «une petite victoire pour la Palestine».«Nous espérons qpe les Nations unies accepteront bientôt la Palestine comme Etat membre [.] Cela sera la grande victoire», a-t-il dit En revanche, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué dans un communiqué qu’«Israël rejette catégoriquement la décision de l’Assemblée générale des Nations unies, qui accorde à l'OLP des prérogatives supplémentaires injustifiées».Ix‘ premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou a exprimé sa satisfaction de ce que «la tentative des Palestiniens de se voir reconnaître le statut d’un quasi-État ait échoué».Pour le représentant américain, Bill Richardson, il s'agit d’une «mauvaise résolution à un mauvais moment» qui va •«rendre plus difficile» la relance du processus de paix israélo-palestinien bloqué depuis mars 1997.Le nouveau statut confère aux Palestiniens à l'ONU des ; «droits et privilèges supplémentaires».Us pourront ainsi «participerau débat général de l'Assemblée générale» et «se porter co-.auteur des projets de résolution et de décision touchant à la Palestine et au Moyen-Orient».Toutefois, ils ne disposent pas du 'droit de vote et ne [XTivent pas présenter de candidats.J: Le délégué israélien, Dore Gold, a de son côté égale-; ;ment appelé l’Assemblée générale à rejeter un «change-; '.ment symbolique de statut».Cela, a-t-il dit.«contredit leftmde-' ment bilatéral du processus de paix arabo-israélien commen-! ,cé à Madrid et viole les principes des accords d’Oslo» de 1993 sur l’Autonomie palestinienne.Tokyo — Récession ou pas, le Japon reste une société de services.Toutes sortes de services.Alibi, vengeance, étalage de relations: il suffit de s’adresser à une société spécialisée et de payer.Ainsi, vous n’avez pas assez de relations, mais vous souhaitez beaucoup d ’invités à votre mariage.Une société de benriya-san («ceux qui sont commodes»: les dépanneurs en tout genre en quelque sorte) vous en fournira.Ils et elles, habillés bon chic bon genre, viendront vous congratuler, faire quelques plaisanteries sur le marié ou la mariée avant de s’éclipser discrètement, leur prestation accomplie.Ces «amis» ont été loués, souvent par la famille de l'un des conjoints, pour en mettre plein la vue à l’autre.On peut ainsi s’offrir des «parents» ou un hôte d’honneur.Les prix varient de 30 000 yens (300 $) pour une simple «relation» à 150 000 yens (1500 $) pour un «professeur» ou un «éminent» docteur.D’autres sociétés fournissent à la demande un alibi.Fausses références de travail, faux voyage d’affaires en province pour un mari volage ou faux garants: les explications souhaitées par le client sont fournies au téléphone par la voix suave d’une «secrétaire» ou celle, assurée, d’un «supérieur» de l'intéressé.Une radio d’Osaka fournit aussi à la demande un fond sonore alibi: brouhaha d’une gare ou d’un aéroport, par exemple, pour donner l’impression que l’interlocuteur appelle d’une cabine publique.On trouve pléthore de publicités de ces fournisseurs d’alibis dans les journaux populaires.La récession aidant, avec son cortège de prêts irrécouvrables et de faillites, est apparu un autre type de service: la vengeance.«Nous nous chargeons de vous venger», peut-on lire sur des affichettes publicitaires dans des cabines téléphoniques.Selon le quotidien Asahi shim-bun, qui a interviewé le patron de l’une de ces officines, celui-ci reçoit une cinquantaine d’appels par jour, dont certains sont des demandes d’assassinat.Théoriquement, la vengeance ne doit pas contrevenir à la loi.Par exemple, une employée victime de harcèlement sexuel se vengera de son supérieur en le faisant humilier en public.Mais la menace n’est pas la moindre des méthodes des «justiciers».Ces officines de vengeance sont gérées, on s’en doute, par des voyous.Le yakuza a longtemps joué un rôle d’intermédiaire dans le règlement des accidents de la circulation ou la récupération de dettes, encaissant au passage une commission.Les Japonais, qui ne souffrent pas du prurit judiciaire des Américains, ne vont en effet devant les tribunaux qu’en dernier recours.Mais ils ont un sens aigu de l’injustice, et la réparation d’un préjudice ou d’une malveillance est chose importante.En raison des lenteurs de la justice, les Japonais préfèrent donc, aujourd'hui encore, régler leurs différends à l’amiable.Cette attitude a favorisé l’apparition de ces PME qui emploient toute une gamme de préposés.Le public peut donc choisir entre plusieurs officines de réparation extralégale des torts qui ont pignon sur rue.En toute bonne justice, en quelque sorte.Blair a rendez-vous avec l’ordre d’Orange Échauffourées et campements se multiplient en Ulster AGENCE FRANCE-PRESSE Belfast — L’ordre protestant d’Orange a obtenu hier la promesse de rencontrer demain le premier ministre Tony Blair pour tenter de sortir de l’impasse à Drumcree-Portadown, où ses membres exigent de pouvoir traverser un quartier catholique, et afin de désamorcer la tension dans la province.L’Irlande du Nord a connu une deuxième nuit de violences sporadiques à la suite de l’interdiction du défilé, en particulier à Belfast où des patrouilles de police ont essuyé à trois reprises des tirs d’armes à feu dans des quartiers loyalistes et ont dû affronter des jets de cocktails molotov.Aucun membre des forces de l’ordre n’a toutefois été blessé.Les membres du RUC (Royal Ulster Constabulary, la police nord-irlandaise) sont devenus la cible privilégiée des émeutiers.Au nord de Belfast, un petit engin explosif artisanal a été lancé contre la maison d’un de ses membres et la voiture particulière d’un autre agent a été incendiée.Face à ces menaces et «par mesure de précaution», l’armée britannique a décidé d’envoyer 800 soldats supplémentaires, qui porteront à près de 18 000 hommes le total des troupes britanniques présentes en Irlande du Nord au côté de la police.L’ordre d’Orange, qui prétend lutter pour la défense de l’identité de la communauté protestante, a organisé des dizaines de petites manifestations et blocages de route éphémères dans toute la province pour faire monter la pression sur les autorités.Un nouveau campement a été installé devant les grilles de la résidence du ministre britannique à l’Irlande du Nord Mo Mowlam, au château d’Hillsbo-rough, et des rassemblements de protestation étaient signalés hier à Portadown.Mais devant les menaces de dérapage du conflit, le Grand Maître de la confrérie, qui revendique 80 000 membres, Robert Saulters, a obtenu la promesse d’une entrevue avec Tony Blair demain.Le chef du gouvernement local de la province, le protestant David Trimble, continue également à mener d’intenses négociations avec des représentants religieux et politiques des deux communautés rivales, la marge de manœuvre dans ces négociations reste cependant très étroite.Depuis le début de la controverse, les deux camps — orangistes d’une part, résidants catholiques de Drumcree d'autre part — refusent de se parler directement, s’accusant mutuellement de sectarisme.Lundi, la commission chargée de réguler les parades a pensé bien faire en autorisant une autre de ses marches controversées à traverser un quartier catholique de Belfast, mais l’ordre d’Orange a répliqué qu’il ne se laisserait pas amadouer par ce «pot-de-vin».Les centaines d'orangistes qui campent depuis dimanche devant les fortifications de l’armée, à Drumcree-Portadown, ne montraient aucun signe de lassitude hier, après avoir passé leur deuxième nuit consécutive dans des tentes, des voitures, où à même le sol.En 1996, les loyalistes avaient mené un siège similaire de quatre jours avant d’obtenir satisfaction.Cette fois pourtant, les autorités semblent déterminées à rester ferme.Environ 2000 soldats et policiers sont déployés dans la ville.Si aucun compromis n’est rapidement trouvé, le conflit risque de prendre une toute autre ampleur à partir de dimanche et lundi.L’ordre d’Orange organisera alors plus d’une dizaine de marches dans toute la province.la crainte de voir les violences compromettre l’accord de paix conclu en avril pourrait conduire le président américain Bill Clinton à intervenir, a déclaré hier, à Washington, le porte-parole de a Maison-Blanche.Berlusconi est condamné à 21 mois Milan — Le tribunal de Milan a condamné hier Silvio Berlusconi à deux ans et neuf mois de prison pour corruption d’agents des impôts lors de contrôles de sociétés de son groupe de communication FininvesL Berlusconi n’ira cependant pas en prison parce qu’en Italie la sentence n’est applicable qu'après l’épuisement de tous les recours, ce qui advient en moyenne au bout d’une dizaine d’années.Son avocat a immédiatement annoncé qu’il ferait appel.Le chef de l’opposition de droite avait déjà été condamné, en décembre dernier, une peine de 16 mois pour faux en écriture.In peine avait été épongée en vertu d’une disposition générale visant à réduire l’encombrement des prisons.Agence France-Presse Les zones d’ombre de l’apartheid La Commission Vérité et Réconciliation plonge dans le dédale des sociétés-écrans SOPHIE PONS AGENCE FRANCE-PRESSE Le Cap — In Commission Vérité et Réconciliation (TRC) a entrepris hier de plonger dans le dédale des sociétés-écrans créées par l’armée de l'apartheid pour couvrir ses activités illégales.Les enquêteurs ont établi une liste de 102 compagnies suspectes, allant des laboratoires pharmaceutiques aux groupes d’investissements, en passant par des agences de voyage ou des sociétés immobilières.Les services secrets sud-africains ont reconnu en mai que nul n'avait encore réussi à débrouiller ce réseau compliqué, d’autant qu’à la fin de l’apartheid, de nombreuses privatisations ont été menées en toute hâte.Hier, la TRC s'est surtout intéressée à la compagnie Delta G: ce laboratoire secret, fondé dans les années 80 par l'armée sud-africaine, produisait à la demande des stupéfiants -du Man-drax (appellation locale de la méthadone) ou de l’ecstasy.En 1992, Delta G a livré 1000 kg d’ecstasy au T Bataillon médical qui travaillait entre autres sur «la capacité invalidante» des stupéfiants pour neutraliser les opposants du régime raciste, a indiqué le Dr Philip Mijburg, son ancien directeur.Visiblement très tendu, le Dr Mijburg qui a rendu ses galons en 1985 pour prendre la direction de Delta G, a dit qu'à l’époque il ne pensait pas que ces activités étaient «illégales» dans la mesure où la direction des services médicaux de l’armée les avalisait.L’ancien chef des services médicaux militaires, le général Niel Kno-bel a pour sa part affirmé dans l’après-midi avoir contresigné des commandes d’agents incapacitants dénommés Baxil «sans savoir qu’il s'agissait d'ectasy».«Cela semble plus éthique d’utiliser des substances invalidantes plutôt que des balles pour calmer les foules», a expliqué le I)' Mijburg avant de rappeler que «le pays vivait à l'époque sous la menace».Manque de témoignages En juin, plusieurs chercheurs ont affirmé devant la TRC que d’autres programmes concernaient la stérilisation massive des femmes noires, la mise au point d’un bacille «raciste» et la fabrication de poisons mortels destinés aux militants anti-apartheid.Pour les drogues, le Dr Mijburg a affirmé ne rien savoir de leur destination, ni de leur usage.Faute de témoignages, la TRC n’a toujours pas réussi à démonter toute la filière.Ses enquêteurs n’excluent pas que les programmes secrets aient contribué à propager la toxicomanie dans la communauté noire.Grâce à ses sociétés-écrans, l’armée de l’apartheid avait en tous cas «tous les moyens nécessaires pour produire de la drogue et l’exporter dans le monde entier», a souligné un enquêteur.Sous le feu des questions, le Dr Mijburg a seulement affirmé que la drogue transitait par plusieurs sociétés-écrans — lui-même en dirigeait une demi-douzaine — avant de parvenir à leur destinataire final, le D1 Wouter Basson, le chef du 1" Bataillon.Basée à Midrand (nord de Johannesburg), Delta G a été privatisée en 1992 et s’est depuis spécialisée dans l’agro-chimique et les produits pharmaceutiques.La très discrète compagnie a été citée l'an dernier au moment de l’arrestation du D' Basson, dans une affaire de trafic de drogue.Ce physicien de 47 ans est considéré comme un «témoin clef» par la TRC.Mais il refuse de témoigner sur les programmes de recherche chimique et biologique qu’il dirigea dans les années 80.Ses avocats ont saisi la justice pour bloquer sa comparution, au motif que cela empiéterait sur la préparation de son procès prévu début août.Le scientifique doit être jugé pour complicité de meurtre, possession et fabrication de drogue, ainsi que pour des fraudes portant sur 50 millions de rands (à l’époque plus de 15 millions de dollars) menées quand il servait au 7' Bataillon.La justice l’accuse d’avoir exploité pour son propre profit le réseau de complicité et d’installations secrètes créées par l’apartheid.La récession aidant, avec son cortège de prêts irrécouvrables et de faillites, est apparu un autre type de service: la vengeance D1C I !•: I) K VO I 11 .I.K M K li (' U K DI S .1 I’ I |.|.|.; i
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