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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1998-05-25, Collections de BAnQ.

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iumjj à Théo Angelopoulos LE DEVOIR ,87c + T A X K S = I $ / T 0 11 It X T II I $ Ch r is t ia n Ii i o u x ?PERSPECTIVES L’Irlande choisit la paix Les Irlandais du Nord et du Sud avaient rendez-vous avec l’histoire.En soutenant à 71 % la constitution d’un gouvernement bipartite, les habitants de l’Ulster s’engagent dans un long processus qui pourrait mener à la paix et faire des deux Irlandes un formidable laboratoire des nationalités.Give peace a chance, la chanson de John Lennon résonnait un peu partout en Irlande du Nord la semaine dernière.Et cela bien avant que U2 ne l’interprète lors d’un concert à ciel ouvert dans le port de Belfast devant des collégiens enthousiastes à un des tournants décisifs de la campagne référendaire irlandaise.Malgré un début de campagne désastreux pour le oui, les Irlandais n’auront donc pas fait mentir l’histoire.Au Sud, les citoyens de la république ont choisi comme prévu, à plus de 94 %, de soutenir le compromis intervenu entre protestants et catholiques du Nord.Ce qui implique la fin des revendications territoriales de la république d’Irlande sur l’Ulster.Mais, c’est en Irlande du Nord, que ces résultats prennent toute leur importance.En votant à 71 % pour le oui — avec un taux de participation de 81 % — les habitants du Nord ont livré un message non équivoque.Ils choisissent de s’engager dans une forme de gouvernement fondé sur la négociation et le compromis entre deux communautés qui se combattent depuis 300 ans.Ce faisant, ils tournent résolument le dos à 30 ans de guerre civile.Mais, en même temps, ce vote n’est que le début d’un long processus qui pourrait finalement mener à la paix.Dans l’immédiat, il signifie que les Irlandais du Nord retourneront aux urnes le 25 juin prochain pour élire cette fois les 108 députés chargés de diriger l’Ulster.Dans les deux ans qui viennent, le système judiciaire et policier du pays pourrait être entièrement réorganisé alors que les prisonniers politiques, membres des groupes paramilitaires qui acceptent le désarmement, devraient être relâchés.Or, malgré les signes encourageants, rien ne garantit le succès de cette opération à hauts risques.Les Irlandais du nord n’en sont pas à leur première expérience de gouvernement autonome.Ceux d’avant 1972 ont tous échoué, faute d’avoir su reconnaître et accepter les divisions profondes qui morcellent le pays.Cette fois, les Irlandais du Nord devront se gouverner eux-mêmes avec un système à double majorité où catholiques et protestants devront apprendre à négocier de façon quasi permanente.Les sondages réalisés vendredi à la sortie des bureaux de scrutin montraient que 45 % des protestants étaient toujours opposés à l’accord.Le révérend Ian Paisley, leader des extrémistes, soutient même qu’une majorité de sa communauté a voté contre.David Trimble, principal leader protestant et probablement futur premier ministre, a néanmoins remporté son pari en obtenant plus de 70 % des voix pour le oui.Il lui reste à convaincre l’autre moitié de ses coreligionnaires qu’il n’y aura pas de retour en arrière et que les protestants, qui pourraient être minoritaires dans 20 ans en Ulster, ne gouverneront plus jamais ce pays sans les catholiques.L’autre grande question sera évidemment celle du désarmement.Question délicate entre toutes.Non seulement parce quelle met un point final à 30 ans de combat, mais parce qu’elle demeure éminemment symbolique.Pour beaucoup de combattants, le désarmement est encore considéré comme une «reddition».Difficile d’imaginer en effet que les belligérants viennent tout naturellement déposer leurs armes aux pieds des nouveaux élus, comme si de rien n’était.Ce serait mal comprendre l’orgueil qui caractérise ces combattants de l’ombre.Il faudra donc toute la souplesse du monde pour obtenir un désarmement réel sans égratigner la fierté des combattants, en particulier de TIRA.Et si, comme l’a récemment évoqué le principal leader catholique, John Hume, les armes rouillaient tranquillement dans leurs caches plutôt que d’être «rendues» sur la place publique, qui s’en plaindrait?En engageant l’Irlande suç cette voie complexe, après avoir donné l’autonomie à l’Ecosse et au pays de Galles, le premier ministre Tony Blair a fait preuve d’une rare intelligence politique.Son implication dans la campagne a probablement fait la différence entre le oui et le non chez les protestants.Contrairement au Canada, où toutes perspectives semblent figées depuis des années, l’Irlande pourrait constituer dans les années qui viennent un formidable laboratoire des nationalités.Déjà, les Irlandais du Nord vivent quotidiennement à cheval sur deux citoyennetés (tous les habitants du Nord ont droit à la nationalité irlandaise).L’Ulster vient en quelque sorte de conquérir une forme de «statut particulier» au sein du Royaume-Uni.La démographie nous annonce un pays à majorité catholique dims une vingtaine d’années.L’Irlande du Nord expérimentera enfin des organes de coordination avec son voisin du Sud tout en demeurant membre du Royaume-Uni et, plus largement, de l’Europe.L’exemple irlandais sera donc à suivre de près par tous ceux que passionne le débat national.Sans jamais oublier qu’elle reste — 3400 morts plus tard — l’un des plus tragiques exemples de partition de ce siècle.Montréal Ensoleillé.Ennuagement en après-midi.Max: 23 Min: 8 Québec Ciel variable.Max: 25 Min:7 Détails, page B 7 I N 1) E X Annonces .B 6 Le monde .A 5 Avis publics.B 7 I^s sports B 5 Culture .B 8 Mots croisés B 7 Economie.B 2 Planète B 4 Éditorial .A 6 Religions B 6 Idées .A 7 Télévision .B 7 www.ledevoir.com L’ENTREVUE Michel Onfray, le philosophe des plaisirs, page B1 LES ACTUALITÉS La réforme Marois inquiète les professeurs de science, page A 2 & LES SPORTS Hakkinen intouchable et Villeneuve cinquième à Monaco, page B 5 Des immigrants entassés dans des écoles francophones surpeuplées PAULE DES RIVIERES LE DEVOIR Bien malin qui pourrait trouver un ordinateur dans une classe de l’école secondaire Saint-Germain de Saint-Laurent.Ils sont entassés dans un local miteux au sous-sol, faute de place.Dans les salles de cours, les professeurs circulent péniblement entre les pupitres, qui conviendraient mieux à des enfants de niveau primaire qu’à de grands gars et de grandes filles de 13 et 14 ans.L’école accueille cette année 487 élèves, dont les deux tiers sont d’origine arabe ou asiatique (plus spéciale- ment libanaise et cambodgienne).Quelque 32 % d’entre eux éprouvent des difficultés d’apprentissage, soit près de trois fois plus que la moyenne des écoles québécoises.Tout le monde est à l’étroit et, durant les périodes de repos, les bords de fenêtres servent de local de récréation.La direction a obtenu d’importantes subventions pour créer des ateliers professionnels mais n’a pu les mettre sur pied, faute de place.«Nous ne sommes tout simplement pas dans les priorités», résume le directeur de l’école, Paul Famelart.À quelques kilomètres de là, l’immense école anglaise Father McDonald est munie d’une agora, grand gymnase, d’une piscine olympique et d’un terrain gazonné, idéal pour le football.Ses laboratoires de sciences sont ultramo-dernes.Mais l’école est vide, enfin presque: 197 étudiants la fréquentent.La population anglophone de cette partie de la ville est en chute libre.Elle baisse d’année en année.Et la direction de l’école n’a évidemment pas l’intention de «donner» son édifice aux francophones.Ije directeur de l’école Father McDonald, Lawrence Ar-chambeault, ne nous a pas rappelée malgré nos nombreux appels.Mais il a, au cours de la semaine dernière, déclaré VOIR PAGE A 8: IMMIGRANTS 15 000 visiteurs au MBAM CHRISTIAN GUAY LF.DEVOIR Les musées montréalais étaient à l’honneur hier, tout juste après le soleil.Quelque 65 000 personnes se sont évadées des chauds rayons en furetant dans un ou plusieurs des 25 musées ouverts — et gratuits — toute la journée.Parmi les grands succès, le Musée d’art contemporain, le Centre canadien d’architecture, le Château Ramezay, le Musée McCord et le Musée des beaux-arts de Montréal, chef de file côté fréquentation record avec ses quelque 15 000 curieux.Auprès de milliers d’autres, ces deux visiteurs se sont plongés dans l’œuvre du peintre québécois Jacques Hurtubise, dont on présentait une rétrospective jusqu’à hier au MBAM.Nos informations en page A 3.Bourque découvre le talon d’Achille de Duchesneau ¦ À lire, page A 3 «Cet accord, c’est l’avenir» À Belfast, l’humeur est à l’espoir, mâtiné de prudence Le oui massif aux référendums de Belfast et Dublin sur l’Ulster représente «un pas de géant vers la paix», a commenté hier le premier ministre britannique, Tony Blair.Reste aux catholiques et aux protestants à faire l’apprentissage du partage du pouvoir, au sein des futures institutions d’une Irlande du Nord plus autonome.FABRICE ROUSSELOT FRANÇOIS SERGENT LIBÉRATION Belfast — Au coin de Woodvale et de Crumlin Road, quatre hommes posent des planches sur ce qui commence à ressembler à un pub.«Ce résultat est la meilleure chose qui peut arriver à l’Irlande du Nord», dit Eamon Mc Grath, natif d’Ardoyne, l’un des fiefs catholiques les plus durs de Belfast.Mais son bar fait face à Shankill Road, un quartier protestant, tout aussi dur.«Le Seven Bells sera le premier pub qu'on ouvre ici en trente ans», assure-t-il, une heure après l’annonce du résultat du référendum, «en décembre, un homme a été tué tout près.Mais moi, je parie sur la paix.J'ai acheté le terrain le 31 août 1994, lors du premier cessez-le-feu de l’IRA.Et maintenant, je serai prêt à ouvrir en juillet».Belfast a célébré à sa façon, samedi, la victoire du oui au référendum sur l’accord de Stormont.Pas de cris dans les rues, pas de klaxons, pas de manifestations mais la satis- VOIR PAGE A 8: ACCORD ¦ Autres informations en pages A 4 LE 51' FESTIVAL DE CANNES De la folie et de l’errance des hommes «Je fais toujours le même film, mais comment m'en empêcher?», dit Théo Angelopoulos Avec L’Éternité et un jour, film allégorique sur le temps et la mort, le grand cinéaste grec Théo Angelopoulos a apporté une magie à la compétition cannoise, qui lui valut la palme d’or.ODILE TREMBLAY ENVOYÉE DU DEVOIR À CANNES «Qu’est-ce qu’une palme ou un prix?Une caresse à notre égoïsme.» Cannes — On déjeune avec Théo Angelopoulos au restaurant de la plage du Majestic, sur des chaises enfoncées dans le sable en regardant la mer.L’entrevue rappelle en une sorte d’écho les images de son film L’Eternité et un jour, lui aussi dénoué sur une plage comme La Dolce Vita.J’avais quitté la projection, puis la conférence de presse d’Angelopou-los, encore sous l’hypnose que procure cette œuvre de poésie et de mélancolie, à mon avis le meilleur film de la compétition.Nous sommes sept jour- 8: ERRANCE nalistes, une Suisse, des Italiens, un Belge, une Britannique et moi, de nationalités aussi disparates que les éqpipes de son film.Le scénariste de L’Eternité et un jour, son vieux compagnon de route Tonino Guerra est VOIR PAGE Palme d’or à L’Éternité et un jour ODILE TREMBLAY ENVOYÉE DU DEVOIR A CANNES Canpes — C’est le très beau film L'Eternité et un jour de 'Ihéo Angelopoulos qui récoltait hier soir la convoitée palme d’or.Prix très mérité s’il en fut; le cinéaste grec donna en fin de parcours avec ce film lancinant son véritablç envol à la compétition cannoise.Emu et pour une fois presque sans voue, il a exprimé à quel point l’ovation monstre que le film reçut la veille fut une récompense plus grande encore que cette palme.C On se rappelle qu’An-gelopoulos il y a trois ans sur cette même tribune avait exprimé son amertume de voir la palme lui glisser entre les doigts pour son Regard d’Ulysse.Çette fois, pour lui, c’est la bonne.L’Eternité et un jour, rencontre poétique entre un vieil homme en fin de vie et un petit émigré clandestin, recevait également les faveurs du jury VOIR PAGE A 8: PALME 778313000641 I.K I) K V U I li .I.K L I! N I) I 2 f> M Al 199 8 A 2 LES ACTUALITES Réforme des programmes Les professeurs de science sont inquiets «La réforme Marois représente une mauvaise conception de l’apport de la science dans le développement des jeunes» La réforme des programmes annoncée cet automne par la ministre Pauline Marois fait la part belle au français, aux mathématiques et aux sciences religieuses qui occuperont 76,6 % du temps d’enseignement en première et deuxième année.Les enseignants des disciplines scientifiques se demandent avec angoisse ce qui les attend, d’autant plus qu’ils ne savent rien des contenus qu’ils auront à livrer sous peu.PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Les professeurs de science sont très inquiets de la manière dont s’élaborent, dans le plus parfait secret, les nouveaux programmes de sciences pour les niveaux primaire et secondaire.Cela, sans parler du fait que le temps accordé aux sciences sera en chute libre à compter de septembre 1991.«La réforme Marois [Pauline, ministre de l’Éducation] représente une mauvaise conception de l'apport de la science dans le développement des jeunes.Au XXI' siècle, elle doit faire partie de la culture générale», souligne Thank-Khanh Tran, président de l’Association des professeurs de sciences du Qué- bec.M.Trân et quelque 225 professeurs de sciences, réunis samedi en congrès à Montréal, ont exprimé leur plus vives inquiétudes, face à «un net read» par rapport à la situation actuelle.Au niveau primaire, l’enseignement des sciences ne fait pas partie dçs matières de base.Le ministère de l’Éducation suggère que les enseignants y consacrent une heure par semaine, à partir de la troisième année seulement.Cet enseignement fait partie d’un bagage de sept matières parmi lesquelles les enseignants font leur choix.Au secondaire, les mots magiques sont «sciences intégrées».Le temps d’enseignement diminue mais au delà des minutes et des heures, les enseignants ont exprimé leur inquié- tude face à l’intégration, parce que cette notion, à l’heure actuelle, est nébuleuse.Les enseignants avaient espéré qu’un représentant du ministère de l’Éducation serait présent au congrès, afin de fournir quelques indications sur les orientations privilégiées et sur les contenus.Le premier programme de sciences, pour le niveau primaire, doit atterrir dans les classes en septembre 1999.Mais le siège destiné au représentant du ministère est resté vide.La présidente de la Commission des programmes d’études, Jeanne-Paule Berger, a bien dit quelques mots aux enseignants mais s’est surtout contentée de promettre qu'un premier rapport sur les nouveaux programmes serait disponible en juin.«Lorsque les enseignants seront en vacances, probablement», n’a pu s’empêcher de dire M.Trân, au cours d’une entrevue avec Le Devoir.Pauline Marois Dans ce contexte d’absence d’information, les rumeurs sont nombreuses.Une de ces rumeurs veut que la Commission des programmes d’études adopte le programme d’enseignement des sciences que l’Ontario vient de se donner, après trois ans de travail, avec la participation de 300 enseignants et de 17 commissions scolaires, sous la direction d’une équipe d’experts de l’université York.Une autre rumeur veut que le ministère de l’Éducation soit très intéressé par un programme élaboré aux États-Unis, et qui prend la forme d’une série télévisée à Télé-Québec, en anglais.En fait, Télé-Québec, avant même de savoir si le contenu de l’émission américaine correspond aux futurs programmes du ministère, a déjà entrepris la traduction de quelques émissions de cette série intitulée Alabama, dans le but de la vendre aux écoles.Deux personnes auraient démissionné dans cette affaire.«Est-ce logique d’aller chercher quelque chose ailleurs et de l’apporter ici Le copiage est-il une valeur éducative?», demande M.Trân en considérant les réalisations ontariennes ou américaines davantage comme des outils de travail valables que comme des modèles à importer.Au secondaire, la réforme de Mme Marois prévoit de reporter à plus tard les notions d’écologie présentement enseignées en première secondaire; elle prévoit de remplacer les sciences physiques au programme en deuxième secondaire par un cours intégré encore inconnu; en troisième secondaire, le cours actuel de biologie doit disparaître pour faire place à un autre programme intégrant la technologie.«Prenez un professeur de biologie qui doit du jour au lendemain intégrer des notions de zoologie, de technologie, de physique et de chimie.Recevra-t-il la formation adéquate?Saura-t-il répondre aux questions des enfants?», demande pour sa part André Caillé, vice-président de l’Association des professeurs de sciences du Québec.Un complot pour discréditer la commission d’enquête sur la Somalie?Ottawa (PC) — L’ex-président de la commission d’enquête sur les événements de Somalie soutient que les avocats du gouvernement n’ont pas défendu correctement le rapport final de la commission lorsque celui-ci a été contesté, récemment, devant les tribunaux.Gilles Létourneau, actuellement juge à la Cour fédérale d’appel, affirme également que l’inaction du ministère de la Justice alimente les rumeurs d’un complot du gouvernement pour discréditer l’enquête.Dans une lettre confidentielle adressée le 4 mai dernier au sous-ministre de la Justice, George Thomson, lettre qu’a obtenue le quotidien Ottawa Citizen, le juge Létourneau laisse entendre que le gouvernement est en conflit d’intérêts parce qu’il a recours à des avocats fédéraux pour défendre la commission en cour alors qu’il a tout fait pour bloquer les travaux de cette même commission.Les avocats du gouvernement fédéral, dit-il, n’ont pas soumis de déclarations sous serment à l’appui des conclusions de la commission d’enquête, lors des récentes procédures de contestation judiciaire.S’en est suivi, le 28 avril, un jugement de la juge Barbara Reed renversant les conclusions de la commission, qui avait ef- fectué un constat d’inconduite contre un officier.«J’ai déjà entendu dire que le dernier incident, dans la décision de la juge Reed, fait partie d’un complot du gouvernement et du ministère de la Justice pour discréditer le travail de la commission», écrivait le juge Létourneau.Dans une initiative qui soulève d’autres questions sur la possibilité d’un conflit d’intérêts, le ministère de Injustice a transmis au ministère de la Défense la lettre du 4 mai du juge Létourneau.Pourtant, cette lettre contient des suggestions de stratégie juridique en vue d’en appeler du verdict d’avril en faveur du lieutenant-colonel Paul Mor- neault.La lettre a ensuite été «coulée» au magazine militaire Esprit de Corps.D’autres procédures de contestation des conclusions de l’enquête sont à venir.Le juge Létourneau indiquait dans sa lettre au sous-ministre Thomson qu’il faisait ses suggestions de stratégie «en gardant à l’esprit que je n’ai aucune confiance dans l’actuelle représentation légale du gouvernement».Michel Drapeau, colonel à la retraite et analyste pour Esprit de corps, a été stupéfait d’apprendre que le ministère de la Justice avait fait parvenir à des officiers supérieurs de l’armée une copie de la lettre du juge Létourneau.Selon lui, il s’agit d’une violation de la relation privilégiée entre un client et son avocat, puisque le juge Létourneau écrivait au ministère de la Justice en sa qualité de représentant du ministère lui-même dans la défense de la commission d’enquête sur la Somalie contre des contestations en justice.C’est comme donner des munitions au camp ennemi, a-t-il dit.Le juge Létourneau a fustigé le ministère de la Justice pour n’avoir déposé aucun document susceptible de réfuter les arguments «habiles» avancés par l’avocat du lieutenant-colonel Morneault.O La secte, le gourou, F adepte JEAN-YVES ROY Le Syndrome du berger Essai sur les dogmatismes contemporains «L'essai de l'année » M.-R.Sauvé, Forum n* Jean-Yves Roy Le Syndrome du berger Essai sur les dogmatismes contemporains « Il s'agit d'un ouvrage absolument remarquable et d'une intelligence considérable [.1 c’est informatif, formatif, tripatif ! » JACQUES LANGUIRAND Par quatre chemins, SRC HO RÉAL wmmwmm ¦.—~ 288 pages ¦ 24,95 $ Boréal ttuim aime me lise.Association des anciens du Collège Stanislas Assemblée générale annuelle le mercredi 27 mai 1998 à compter de 17 h 30 780, boulevard Dollard Outremont Outre la présentation des rapports du président et du trésorier, des élections auront lieu pour combler trois postes au conseil d'administration.À la suite de l'assemblée, un léger buffet sera servi.Témoignage Enfants et parents perdus » i *i PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Elle préfère taire son nom, parce qu’elle n’a pas eu le temps de parler au personnel de son école primaire de Lasalle avant de livrer son témoignage.Mais avec quatre enfants par classe «sur le Ritalin», ce médicament censé aider les enfants hyperactifs à se concentrer, elle n’a aucun mal à dénoncer le manque de psychoéducateurs et d’orthopédagogues dans les écoles.C’est le critique de l’opposition en matière d’éducation, François Ouimet, qui lui a demandé vendredi, ainsi qu’à deux psycho-éducateurs, de bien vouloir participer à une conférence de presse visant à dénoncer les quotas imposés encore cette année en matière de services spécialisés aux enfants en difficultés.Les trois se sont désistés, jugeant qu’ils avaient été un peu bousculés dans cette entreprise.Mais deux d’entre eux noqs ont parlé sans donner leur nom.A cette école primaire, donc, les normes du ministère prévoient que 8 % des enfants peuvent bénéficier des services d’un orthopédagogue, soit 23.Que faire, lorsqu’il y en a trois fois plus qui en auraient besoin?D’abord, on élimine ceux qui présentent des problèmes de comportement en plus de simples difficultés d’apprentissage.Ensuite, on effectue «une déchirante rotation» qui dilue l’effet recherché.Quant aux enfants de cette école qui présentent des problèmes sérieux de comportement, cela fait deux ans qu’ils reçoivent l’essentiel de leur aide en avril, parce que le budget ne permet qu’un service de 10 heures par semaine pour trois mois.«Il se fait alors, dit la directrice qui œuvre dans le milieu scolaire depuis 35 ans, un travail extraordinaire.Il y' a de petits changements; les parents s’impliquent.» Mais c’est peu et tard, dit cette directrice, qui constate que «les enfants sont perdus devant des parents qui ne gèrent plus rien».EN BREF Explosion dans une église de l’Illinois Danville, Illinois (AP) — Une église de Danville, dans l’Illinois, a été soufflée par une explosion, hier, faisant environ 32 blessés parmi les membres de la congrégation.Au moins neuf d’entre eux restaient hospitalisés.On ignore dans l’immédiat la cause de cette ex- 1 plosion qui s’est produite dans l’Eglise de la première assemblée de Dieu, à Danville, une ville de 34 000 habitants située à environ 190 kilomètres au sud de Chicago.L’explosion a provoqué un trou sur l’un des côtés de l’édifice, à l’intérieur duquel environ 300 personnes assistaient à un office.Le 30 décembre, une bombe avait endommagé une église d’Oakwood, à environ 25 kilomètres de Danville, faisant un mort, a précisé Jerry Singer.L’enquête est toujours en cours.Visite du patriarche Barthélemy Ottawa (PC) — Le patriarche de l’Église orthodoxe, sa sainteté Barthélemy 1", arrive aujourd’hui au Canada pour une visite de neuf jours.Parlant sept langues, le patriarche Ikulhélemy voyage beaucoup, un j)eu comme le pape Jean-Paul II.C’est la première fois que le patriarche œcuménique, ainsi qu’on l’appelle, met le pied au Canada INTERET DE fc PREMIERE ANNE nciuant le boni PPELEZ-NOUS d’ sÉEipn r c~j- le, qu on seme.te Obligations du Québec.sNVEfflEJUSQii'M Y JUIN 1998"' Not , PLACEMENTS QUÉBEC rc intérêt à tous .s.6 3 - 5 2 2 9 ww w.placementsqc.go u.v.q t.c a Québec le minisîre des Fmonces se réserve le droit de mettre fin ô lo vente en fout temps.TBoni d'intérêt versé le 1* juin 1999 sur les Ottgotions d'éporgne du Québec de l'émission E-98 détenues tout ou long de la première ormée.le boni s’oppliquero également si les OEQ-98 sont réinvesties ou cours de la première année dons un outre produit à terme odmissible offert par Placements Québec, l'intérêt sera olocs colculé du l'juin 1998 jusqu'à la date du réinvestissement.4 I, K I) K V (> I It .I.K I.I' X I) I M Al I !l !l 8 A A ?E S A C T U A L1T E S •Sts 'XMi fy mm* PÆ»»' Victoire CHRISTIAN GUAY LE DEVOIR % \ APRES 24 KILOMETRES sous un soleil abrutissant, quelques minutes de repos bien méritées pour Camille Ixireau et Laurence Lortie, qui participaient hier à Montréal au Tour des enfants, un parcours cycliste destiné aux 6 à 12 ans.10 000 mousses ont brillamment réussi l'aventure, effectuant le parcours en moins de deux heures pour la plupart, et donnant un aperçu de ce à quoi les adultes goûteront la semaine prochaine lors du Tour de l’île.Musées au soleil MARIE-ANDRÉE I CHOUINARD • • LE DEVOIR Température de juillet.Soleil éblouissant.Air de vacances.Combinaison idéale, quasi parfaite —r peut-être trop — pour la tenue d’une Journée des musées montréalais.D’un air climatisé à un autre, quelque 65 000 passants ont profité de la formule portes ouvertes pour visiter des musées dont ils n’auraient peut-être jamais osé foulé le seuil en d’autres circonstances.L’an dernier à pareille date, 75 000 curieux avaient fait de la onzième édition de la Journée des musées montréalais un franc succès.Cette année, la température invitant davantage à se prélasser sur la terrasse qu’à folâtrer dans les musées — conjugué au fait que le Musée Juste pour rire, la Biosphère et le Musée d’arts décoratifs ne soient pas accessibles — 10 000 personnes de moins ont osé la tournée des 25 musées situés à Montréal.Instaurée il y a 12 ans, la Journée des musées clôturait la Semaine du même nom, au cours de laquelle chacune des régions ;i célébré la muséologie à sa façon.A Montréal, quatre parcours différents permettaient de découvrir des musées aux atours et vocations différents.Pour nous, le premier arrêt s’effectue rue Sainte-Catherine, au Musée d’art contemporain.En cette année du 50e anniversaire de Refus global, par là-bas, c’est le père du manifeste, Paul-Emile Borduas, qui est à l’honneur.Hordes de visiteurs entassés — voilà le hic d’une visite en famille élargie — qui défilent d’une salle à l’autre pour suivre le parcours des automatistes.Borduas à New York, coup de charme.Là-bas, au fond, après le flamboyant Riopelle — coup de cœur — une petite salle raconte les hauts et les bas de la restauration, une opération qui a parfois représenté un défi de taille pour les équipes de restauration du Musée d’art contemporain et du Centre de conservation du Québec.Pour consolider des craquelures gigantesques dans certaines des œuvres du peintre automatiste, on a dû injecter de l’adhésif avec une seringue, puis assouplir la couche picturale avec la chaleur, terminant enfin l’opération avec une pression des doigts.Les produits utilisés par l’artiste de même que sa façon de travailler sont les seuls responsables de ces altérations, que les techniques actuelles ne permettent de corriger que temporairement, vu la «complexité des problèmes de conservation des œuvres de Borduas».Après la fraîcheur du MAC, la chaleur du soleil.Direction Vieux-Montréal, et Musée du Château Ramezay, érigé sur le site de résidence de l’ancien gouverneur de Montréal Claude de Ramezay.Costumes à l’appui, des personnages d’époque accueillent les visiteurs qui se font nombreux pour comprendre l’histoire de Montréal aux XVIir et XIX' siècles.L’exiguïté de certaines pièces rend l’opération visite plus suffocante qu’attrayante mais le dynamisme et l’entrain des guides-interprètes compense joyeusement.Petite trouvaille: en visite à Montréal en 1776 pour convaincre le Canada de se joindre aux insurgés américains, Benjamin Franklin aurait conclu qu’il «coûterait moins cher d'acheter le Canada que de le conquérir».Dernier arrêt — au Musée de la Pointe-à-Callière de même qu’au Centre d’histoire de Montréal, il y a foule et files.Nous passons — au Lieu historique national de Sir-George-Etienne-Cartier, tenu de main de maître par Parcs Canada.On y avait là un aperçu de la vie quotidienne des Cartier en plein XIX' siècle.Musée-théâtre par définition, on y apprend les us et coutumes par l’entremise de petites animations — tout à fait théâtrales — admirablement rendues par les guides.Outre l’étiquette et les habitudes de vie des Cartier, famille de la haute bourgeoisie, on s’étonne de savoir que Cartier avait, outre ses talents politiques, une vocation d’artiste.En fait foi son hymne canadien, composé au début des années 1830: «Comme le dit le vieil adage / Rien n 'est si beau que son paysj / Et de le chanter c’est l'usage/ [.] O Canada, mon Pays, mes amours!»] Quelque 65 000 passants ont profité de la formule portes ouvertes Notre seul compromis c'est le prixl I! 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«Un président, qu'ossa donne?», s’écrierait alors la midinette en recevant la nouvelle.«Un président, qu'ossa donne?», tel était bien le titre dont le président de l’UNEQ, Louis Gauthier, coiffait lui-même son premier rapport moral de l’année à la tête de l’organisme chargé de représenter les écrivains.La midinette-biographe-essayiste n’aurait jamais cru la question aussi pertinente.A la déclaration d’intention de la ministre de la Culture, Louise Beaudoin, d’étendre dorénavant «le soutien à l’écriture aux œuvres de non-fiction visant à l'exploration de la vie artistique et littéraire (essai, anthologie, biographie, etc.)», l’UNEQ ne propose rien de moins, dans son mémoire présenté à l’occasion du Sommet sur la lecture et le livre, que «l’État abandonne son projet de subvention aux auteurs de non-fiction».Un peu comme si le Syndicat général du cinéma et de la télévision recommandait tout à coup à l’ONF d'abandonner les subventions au cinéma-vérité et au documentaire (vg: toute l’œuvre de Pierre Perrault) pour n’accorder dorénavant son appui qu’aux films de fiction.Quant aux biographes, ils peuvent l’être par l’entremise des subventions en recherches historiques, mais à la condition expresse d’être eux-mêmes rattachés à un département universitaire en tant que professeurs ou membres d’une équipe universitaire de recherches en histoire.Cette clause exclut d’emblée les chercheurs autonomes et les écrivains qui ont choisi la biographie historique comme moyen d’expression littéraire.Elle exclut également les journalistes qui, remarquablement nombreux au Québec, ont choisi de s’intéresser à la biographie de personnages politiques qui ont marqué notre Histoire.Il en va tout autrement au fédéral.Le Conseil des Arts du Canada a toujours maintenu un programme d’aide à la création qui comporte deux volets distincts: l’un s’adresse aux auteurs de fiction (bourses A), l’autre aux auteurs de non-fiction (bourse B).Des jurys formés de professeurs de littérature, d’histoire, de philosophie, de critiques etc.examinent à leur mérite les projets des candidats de la catégorie essai ou biographie et on peut leur accorder le crédit qu’ils savent généralement distinguer un essai philosophique d’un guide d'interprétation des rêves et une biographie de Louis Riel de celle de Céline Dion (si c’est là que le bât blesse à l’UNEQ).Que le gouvernement du Québec veuille dorénavant faire sa part et occuper un champ de compétence culturelle qui lui est propre et qu’il a fort négligé jusqu’à présent, quoi de plus normal et de plus équitable, à la fois pour les essayistes et les bioT.graphes du Québec?Or voilà que • l’UNEQ, par la voix de son président, prie au contraire le ministère des Affaires culturelles «d’abandonner son projet» ou encore «qu’il définisse des critères plus étroits pour ce genre de subvention».L’UNEQ supposerait-elle le Conseil des Arts et des Lettres dq Québec moins compétent que le Conseil des Arts du Canada dans le choix des jurys chargés de séparer l’ivraie du bon grain dans les projets d’essais et de biographies qui leur seraient soumis?L’étrange désaveu du président de l’UNEQ à l’égard des essayistes et des biographes, qui cotisent nombreux à l’organisme chargé de dé« fendre leurs intérêts, aurait-il des racines plus profondes?Depuis quelque, temps déjà, le statut des écrivains dits de «non-fiction» est périodiquement remis en question à l’UNEQ.A unq réunion fort animée dont plusieurs gardent le souvenir, le regretté Gaston Miron s’était même exclamé que si Montaigne faisait acte de candidature à l’UNEQ, il n’est pas sûr qu’il y serait reconnu comme écrivain à part entière! Depuis, un compromis a été trouvé: des «classes» ont été créées parmi les membres selon, sans doute, la noblesse du «genre littéraire» auquel ils s’adonnent.De l’Union des écrivains et écrivaines du Québec (UNEQ), éprouverait-on la tentation secrète de passer en douce à l’Union des écrivains et écrivaines de fiction du Québec (UNEFQ)?C’est ce que semble traduire la crainte exprimée par son président de voir le gouvernement du Québec sul> ventionner dorénavant les écrivains qui, manque d’imagination sans doute, ont choisi de s’occuper de la pensée et de la mémoire ou encore d’écrire sur l’Histoire plutôt que d’écrire des histoires.A P H, 0 P 0 S -?- .des syndiqués des secteurs public et privé Les employés du secteur public, c’est-à-dire ceux qui travaillent pour l’État, les sociétés de la couronne, les écoles et les hôpitaux, sont plus de trois fois plus susceptibles d’adhérer à un syndicat que leurs homologues du secteur privé (73 % contre 22 %) en 1997.En effet, si les employés du secteur public ne représentent que 18 % de la population active rémunérée, ils constituent cependant près de la moitié (42 %) de tous les effectifs syndicaux.L’adhésion syndicale est un peu plus forte chez les hommes (32 %) que chez les femmes (30 %).Seulement 11 % des jeunes employés (15 à 24 ans) sont syndiqués.Le taux de syndi- calisation est le plus élevé chez les travailleurs âgés de 45 à 54 ans (44 %), notamment à cause du taux de syndicalisar tion élevé parmi la population vieillissante des cols bleus e( des travailleurs du secteur public.Le taux de syndicalisar tion est plus élevé chez les travailleurs qui ont un niveau d’instruction élevé.Il est supérieur à la moyenne parmi les titulaires d’un diplôme universitaire ou d’un diplôme ou certificat d’études postsecondaires, et inférieur chez les travailleurs moins scolarisés.Dominique Pérusse, Perspective, Statistique Canada, hiver 1997.LE DEVOIR PONDE E N R I Directrice USE BISSONNETTE Vice-président, finances et administration FRANÇOIS TIIOUIN Directrice, ventes et marketing MARTINE D U B É Ç I! E 1.K I) K V OIK.I.K I.U N l> I .1 M Al I il !l K IDÉES Réplique à un texte de Pierre Joncas Cité libre, la voix québécoise pour le libéralisme et l’unité canadienne Si la célèbre revue accueille avec plaisir les débats d’idées, elle n’accepte cependant pas de marquer les gens au fer rouge MAX NEMNI MONIQUE NEMNI Directeurs de Cité libre ans un long texte paru dans Le Devoir du 12 Dmai («Cité libre, jadis et maintenant», page A 7), Pierre Joncas, drapé de la respectabilité que lui confère sa participation au comité de rédaction de Cité libre pendant une seule an-¦ ¦¦=!! née, utilise un ton moralisateur pour critiquer très sévèrement la direction que nous avons donnée à la revue.S’il s’était borné à une critique, même sévère, de notre direction, nous n’aurions rien eu à redire, chacun ayant droit, selon nous, à son opinion.Mais il nous prête des propos injurieux que nous trouvons inacceptables et sans aucun fondement.Il affirme, en effet, que «pour la nouvelle équipe de Cité libre et esprit apparentés, l’apport des Canadiens français et de leurs ancêtres au patrimoine spirituel du Canada contemporain est méprisable».Nous ayant accusés d’injurier tous les Canadiens français, il se lance alors dans la psychanalyse et affirme que les nouveaux directeurs de Cité libre «ne connaissent pas, encore moins cherchent-ils à comprendre» les raisons qui expliquent les sentiments nationalistes des Québécois.Si ces propos étaient fondés, l’accusation serait grave.C’est loin d’être le cas.En fait, ces propos, et bien d’autres, montrent à l’évidence que M.Joncas ne comprend rien aux valeurs libérales qui sont au cœur de la philosophie de Cité libre.La valeur fondamentale que nous défendons dans notre revue n’est nulle autre que l’impératif catégorique kantien, qui exige qu’on ait le plus grand respect pour l’être humain.Sur le plan politique, ce principe se traduit par la primauté de l’individu et par l’égalité des citoyens.On voit clairement que ces principes ne peuvent aucunement mener au «dénigrement» de qui que ce soit, puisqu’ils exigent qu’on traite tous les individus avec un même respect.De plus, et c’est là que la pensée de M.Joncas s’égare, si on accepte ce principe cardinal de la primauté de la personne, il s’ensuit que, contrairement aux humains pris individuellement, une collectivité ne peut ni souffrir, ni être humiliée, ni être objet de mépris.L’accusation est d’autant plus absurde que nous sommes, n’en déplaise à M.Joncas, tout aussi Canadiens français, ou Québécois, que lui, à la différence notoire, cependant, qu’alors que lui se croit autorisé à parler au nom de toute une collectivité, nous ne parlons qu’en notre nom.Mais examinons de plus près les «preuves» de notre prétendu mépris.M.Joncas nous reproche d’avoir publié des articles de personnes qu’il considère comme des parias de la société québécoise à cause de son interprétation de ce qu’ils auraient écrit dans le passé.Comment avons-nous osé donner la parole à un lauréat d’un prix de journalisme, William Johnson, ou à un des plus grands écrivains canadiens, Mordecai Richler?En somme, M.Joncas nous reproche de ne pas pratiquer la censure envers ceux qu’il n’apprécie pas, à moins que nous ne soyons tout simplement coupables par association.Une fois de plus, il montre sa méconnaissance de certains principes fondamentaux du libéralisme, tels la liberté d’opinion et d’expression des individus et le pluralisme des valeurs.C’est dans la confrontation des idées que peut jaillir la lumière.Si M.Joncas, ou qui que ce soit d’autre, veut exprimer son accord ou son désaccord avec un des articles publiés dans la revue —- qui, soit dit en passant, n’expriment pas nécessairement notre point de vue —, il lui suffit de nous écrire.Il pourrait s’inspirer des dizaines de lettres que nous avons publiées dans le numéro de juin-juillet.Il faudrait néanmoins qu’il critique des idées précises contenues dans la revue.Nous refusons les accusations à l’emporte-pièce et les procès d’intention.Si nous accueillons avec plaisir les débats d’idées, nous n’acceptons pas de marquer les gens au fer rouge une fois pour toutes.Mais M.Joncas nous reproche également d’avoir publié un article de l’ex-terroriste Raymond Villeneuve, proposant ainsi à nos «lecteurs, comme représentant le souve-rainisme, un énergumène honni par la plupart des adeptes de cette option».Où M.Joncas est-il allé chercher son interprétation farfelue?Où a-t-il lu que nous présentions Villeneuve comme «représentant le souverainisme»?Pierre Joncas déforme les faits pour servir sa cause et montre, de plus, qu’il n’a rien compris à l’esprit libéral, dans ce cas-ci, pour deux raisons.D’abord, parce que pour nous, comme on l’a vu plus haut, chaque auteur parle pour lui-même et non au nom d’une quelconque collectivité.Ensuite, parce que le dossier dans lequel a paru l’article de M.Villeneuve portait non sur la souveraineté, mais sur la Crise d’octobre.Dans une perspective ouverte, comment traiter de cette crise sans entendre au moins une voix de felquiste non repenti?Si M.Joncas nous accuse d’endosser les idées de Johnson et de Richler, nous accuse-t-il également d’endosser celles de Villeneuve?Accusera-t-il Lise Bissonnette d’endosser les nôtres?Jusqu’où poussera-t-il l’absurdité?Assez loin.En effet, pénétrant dans l’esprit des «Québécois», dont il se fait le porte-parole, il affirme «qu'en attaquant des souvenirs chers aux Québécois, [la nouvelle direction] creusera plus profondément le gouffre, déjà immense, séparant les francophones du Québec des anglophones de tout le pays».M.Joncas ne se contente pas d’écrire que nos actions pourraient avoir certaines conséquences, non, ses dons de devin lui permettent de prédire ces conséquences.D’autre part, il dévoile, sans le vouloir, le fond de sa pensée: si nous attaquons les souvenirs chers aux Québécois (c’est-à-dire à tous les Québécois), c’est que nous n’en faisons pas partie.Nous sommes, selon lui, des étrangers qui ne comprennent rien aux valeurs québécoises.Cet énoncé met en relief trois choses: il montre les dérives prophétiques de ceux qui croient parler au nom d’une population ; il illustre bien le biais ethnoculturel de la pensée de M.Joncas; il démontre que M.Joncas ne connaît pas, ou ne partage pas, certaines des valeurs essentielles de l’esprit libéral: la primauté de la raison et de l’esprit critique.Une revue d’idées doit chercher la vérité, même — et peut-être surtout — dans les «souvenirs», réels ou imaginaires, qui alimentent, comme on le sait, les idéologies du ressentiment.A Cité libre, «la voix québécoise pour le libéralisme et l’unité canadienne», nous avons à cœur ces valeurs libérales et sommes convaincus que les débats d’idées sont un enrichissement pour tous.C’est pour cela que nous avons ouvert nos pages aussi bien à des gens de droite que de gauche (voir notre débat sur le libre-échange, numéro d’avril-mai), à des nationalistes défendant la souveraineté du Québec (tels Louis Balthazar, Francois Rocher, Paul Warren) et même à Raymond Villeneuve, sans oublier évidemment nos très nombreux collaborateurs, francophones et anglophones, qui ont fait de Cité libre un si franc succès.Il faut croire aussi que cette voix libérale était attendue.En effet, depuis que nous avons pris la direction de Cité libre, les lecteurs sont dix fois plus nombreux à l’acheter par abonnement ou au numéro.Et le tirage ne cesse d’augmenter.Chercher la vérité, même dans les souvenirs, réels ou imaginaires, qui alimentent les idéologies du ressentiment Réplique à un texte de Dario De Facendis Un complot contre la pensée ?Malgré l’importance des conditions matérielles, la réflexion intellectuelle n’a jamais été soumise au diktat aveugle d’un objectif administratif RÉMY GAGNON L’auteur est doctorant à l’Université McGill et chargé de cours à l'Université de Sherbrooke r ,gj| lire les quelques lignes obscures publiées le ^ 1" mai dans Le Devoir par Dario De Facendis A («Le silence intolérable du milieu universitaire», page A 11), on est en droit de se demander si, en ce trentième anniversaire de Mai 68, la pensée et le rôle du penseur ne sont pas subvertis - ¦ par quelques têtes exsangues.Le commentaire revanchard et simpliste de M.De Facendis sur ce qu’il qualifie de «débâcle de la pensée» m’amène à faire quelques mises au point, d’abord sur la pensée elle-même, ensuite sur le rôle critique de l’intellectuel.Sur la pensée, comment ne pas réagir à l’assertion de M.De Facendis, qui veut que celle-ci soit tributaire d’une structure administrative?Au risque de paraître idéaliste, il faut rappeler que malgré l’importance des conditions matérielles, la pensée ne peut être et n’a jamais été soumise au diktat aveugle d’un objectif administratif (qu’il soit poursuivi par un gouvernement, ou encore, dans nos institutions d’enseignement supérieur, par la Conférence des recteurs).Ia pensée n’est jamais (entièrement) sub-vertie par des conditions matérielles, et toute proposition suggérant le contraire place les intellectuels, les technocrates et les politiciens dans le même panier, c’est-à-dire celui de la contrainte matérielle, de la vision à court terme et, pourquoi pas, de la bêtise.Mais le plus étonnant chez M.De Facendis n’est pas tant ses candides divagations sur la pensée que son jugement sur le rôle et la situation des intellectuels universitaires.L’auteur nous parle d’une «complicité» des intellectuels avec ceux qui, selon lui, manquent A’«envergure intellectuelle» fies administrateurs).Les effets pervers de cette complicité (contre nature) seraient de claustrer et de taire l’esprit critique, pour ensuite faire dériver l’enseignement vers un «anti-intellectualisme primaire (chez qui enseigne comme chez qui apprend)».L'intellectuel et sa pensée seraient ainsi soumis aux automatismes de la «loi du marché».Soulignons d’abord que jusqu’à aujourd’hui, je n’ai moi-même jamais vu le recteur dans ma salle de classe; peut-être son esprit volatile planait-il dans l’air, mais cela n’a jamais mis en cause la marge de manœuvre dont je jouissais et dont profitent les professeurs par rapport au programme d’enseignement et aux valeurs critiques transmises en classe.L’âme de l’intellectuel n’a pas été dilapidée au profit de «représentants administratifs», ni au profit d’une quelconque «loi du marché».Si certains acceptent cette subordination, c’est par choix.Ensuite, nous dit l’auteur, parce qu’incapables de surseoir à leur propre destin, au divin complot des recteurs, les intellectuels, «représentés par des administrateurs qui administrent [sic] leur propre capitulation devant la réaction anti-intellectuelle», méritent ce qui leur arrive.N’a-t-on pas, comme l’écrit M.De Facendis dans un excès de fatalisme à peine voilé, «l’université que l’on mérite»?C’est à se demander si la pensée existe et comment, dans cette vacuité intellectuelle, notre auteur a pu imaginer (penser) un si brillant scénario.Contrairement à ce qu’avance M.De Facendis, il y a tout lieu de croire que la pensée libre fleurit toujours au Québec et ailleurs.Pour s’en convaincre, il suffit d’avoir suivi et de suivre le débat en cours dans les universités au sujet du rôle des intellectuels.Dans la foulée des Renou-vier, Renan et Benda au début du XX1’ siècle et, plus récemment, des Taylor et Hall (qui, en mars dernier, intervenaient à ce sujet à l’Université McGill) et de la venue prochaine de Finkielkraut en mai, le pessimisme naïf doit faire place au méliorisme.Reste à savoir si M.De Facendis peut participer de cette même démarche.Reconnaîtra-t-il, tout au moins, que la «critique» est toujours possible (preuve en est la publication de son commentaire) ?Aveuglement manifeste ou hypocrisie éhontée ?ZAHIl) HUSSEIN ET JAYANTA S1IAW REUTERS Des supporteurs de la leader de l’opposition pakistanaise Benazir Bhutto ont brûlé une effigie du premier ministre indien Atal Bahari Vajpayee et mis le feu à des drapeaux de l’Inde (photo de gauche) après les essais nucléaires menés par ce pays le 11 mai.En même temps, à Calcutta, des étudiants et des ouvriers indiens manifestaient leur appui à la politique nucléaire de leur gouvernement (photo de droite).D’une centrale, deux coups Le Canada, avec la vente de ses réacteurs CANDU, détient une responsabilité certaine dans la course à l’armement nucléaire MARC CHÉNIER Géologue, porte-parole et membre du conseil d’administration du Regroupement pour la surveillance du nucléaire Inde vient d’effectuer cinq essais nucléaires souterrains, dont celui d’un engin thermonucléaire au tritium.Elle démontre ainsi sa capacité de développer un arsenal moderne d’armes nucléaires qui inclut les très puissantes bombes thermonucléaires.Le Pakistan a réagi en menaçant de procéder à ses propres essais.La Corée du Nord dit se sentir menacée par ce déséquilibre et pourrait reprendre son programme d’armement nucléaire.C’est le Canada, quoi qu’en dise le premier ministre Jean Chrétien, qui a joué le rôle clé qui a permis à l’Inde de se joindre au club sélect des puissances nucléaires déclarées.En 1956, le Canada a lancé l’Inde dans la voie nucléaire en lui donnant le moyen de procéder à son premier essai nucléaire.Notre pays fit alors un cadeau à l’Inde d’un réacteur de «recherche» et de production de plutonium, le CIRUS.Ce réacteur était modelé sur le réacteur NRX, un réacteur à eau lourde.On l’utilisa à Chalk River, en Ontario, à partir de 1947, pour produire du plutonium servant au programme d’armement nucléaire des États-Unis.L’Inde s’engageait, bien sûr, à n’utiliser ce réacteur qu’à des fins pacifiques.A la suite de la mise en service du CIRUS, le Canada «vendit», en offrant des prêts à taux préférentiels, deux réacteurs CANDU de 200 MW à l’Inde, soit le RAPP-1 et le RAPP-2.De plus, le Canada fournit gracieusement à son client tous les renseignements nécessaires pour qu’il puisse fabriquer lui-même ses propres réacteurs CANDU.Le RAPP-1 entra en service en 1972; le RAPP-2 démarra plus tard puisque l’Inde, entre-temps, procéda à son premier essai nucléaire, en 1974, en utilisant du plutonium créé dans le CIRUS.Puisque les deux pays n’arrivèrent pas à s’entendre à la suite de cet essai, le Canada mit fin, après un délai de deux ans, à toute coopération nucléaire avec l’Inde.L’Inde a maintenant six autres réacteurs CANDU de 200 MW, semblables aux RAPP de conception canadienne.Chacun de ces réacteurs a la capacité de produire annuellement entre 50 et 60 kilogrammes de plutonium.Une bombe au plutonium, comme celle larguée sur Nagasaki, nécessite entre cinq et huit kilogrammes de plutonium.Comme les réacteurs CANDU et leurs clones utilisent l’eau lourde comme modérateur, ils génèrent une grande quantité de tritium, forme radioactive de l’hydrogène.En plus d’être radioactif, et donc dangereux pour la santé et l’environnement, le tritium est l’élément explosif principal des bombes thermonucléaires, aussi appelées bombes à fusion ou bombes à hydrogène.Celles-ci sont beaucoup plus destructrices que les bombes à fission, qui utilisent seulement du plutonium ou de l’uranium enrichi.La puissance des bombes thermonucléaires peut atteindre des seuils extrêmement élevés.Pour pouvoir l’utiliser, il faut aussi une petite quantité de plutonium qui agit comme déclencheur, permettant au tritium dans la bombe d’atteindre une température de 100 millions de degrés Celsius, température au delà de laquelle la réaction de fusion (l’explosion principale) peut se produire.Une bombe thermonucléaire requiert entre 10 et 30 grammes de tritium.Or, en janvier 1998, un article publié dans le périodique militaire Janes Intelligence Review rapporte que l’Inde a réussi à concentrer le tritium de l’eau lourde des réacteurs CANDU pour l’utiliser comme explosif dans des bombes thermonucléaires.Les réacteurs CANDU sont les seuls réacteurs dans le commerce capables de produire et le plutonium et le tritium.Le Canada, en donnant et vendant à l’Inde des réacteurs CANDU et en lui transférant sa technologie, lui a permis de développer non seulement la bombe au plutonium, mais aussi la très redoutable bombe thermonucléaire: d’une pierre deux coups! La responsabilité canadienne est d’autant plus grande qu’on continue à «vendre» les réacteurs CANDU dans le monde.Le premier ministre Jean Chrétien lui-même se fait personnellement le promoteur du CANDU lors de ses voyages à l’étranger (comme en Turquie et en Indonésie, deux pays ciblés par EACL pour de futures ventes) et fait grand état des «ventes» à la Chine et à la Corée du Sud, ainsi que des ententes de coopération nucléaire avec l’Argentine.Que fera-t-il lorsque la Turquie ou l’Indonésie procéderont à leur premier essai nucléaire?Rappellera-t-il nos ambassadeurs?Chaque réacteur CANDU est en fait une fabrique potentielle de bombes.Le plutonium qu’il produit dans ses déchets et le tritium qui s’accumule dans l’eau lourde de son modérateur donnent à son propriétaire la possibilité de s’en servir à des fins militaires.Et comme la demi-vie du plutonium est assez longue, soit 24 000 ans, cela veut dire que cet élément essentiel aux deux types d’armement nucléaire sera disponible pendant des dizaines de milliers d'années à qui voudra bien s’en servir.Pour se donner une idée de l’échelle du temps, les pyramides d’Égypte ont été construites il y a à peine 5000 ans.Même si un gouvernement signe une promesse de ne pas se servir de ses réacteurs à des fins militaires, il peut choisir de ne pas la respecter.C’est le cas de l’Irak, qui est signataire du Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP).Un nouveau régime arrivant au pouvoir pourrait aussi choisir de ne pas respecter les ententes signées par un de ses prédécesseurs.Le Canada a vendu tous ses CAN- + DU à des régimes totalitaires ou à des démocraties précaires, comme à l’Argentine sous la junte militaire, à la Roumanie sous Ceausescu, à Taïwan, ennemi juré de la Chine, à la Chine de Li Peng — surnommé le' «boucher de Tiananmen» —, à la Corée du Sud sous le régime répressif de Park, et, bien sûr, à l’Inde, qui en fit une bombe.Et à qui encore?Au Pakistan, en 1964.Qui plus est, quelques années après avoir annoncé la rupture de sa coopération nucléaire avec l’Inde et ensuite avec le Pakistan, le Canada a perrtjis que sa société d’É-, tat, Énergie atomique du Canada limitée, se rende en Inde pour discuter de réparations aux réacteurs et de nouveaux contrats de vente.Notre gouvernement a aussi permis, en 1989, que l’Inde se joigne en catimini au Programme d’échange de renseignements du Groupe de propriétaires de CANDU (COG) ; il en va de même pour le Pakistan.II est hypocrite de la part de notre pays de dénoncer les essais indiens tout en trouvant tout naturel que les États-Unis et la France possèdent l’arme nucléaire.Il est hypocrite que le Canada fasse partie de l’OTAN, elle qui se réserve le droit de première frappe à l’arme nucléaire.Il est hypocrite de notre part, dans le cas de la Chine, que nous ne nous préoccupions pas du fait que nos clients soient dotés de l’arme nucléaire.Le premier ministre Jean Chrétien devrait reconnaître la part du Canada dans la prolifération des armes nucléaires plutôt que de s’en laver les mains et prendre les moyens qu’il faut pour assurer la paix et la sécurité dans le monde.Ces moyens pourraient être les suivants: ¦ promouvoir fermement l’abolition de toutes les armes nucléaires, qu’elles soient détenues par les cinq puissances officielles ou par d’autres: que la même règle s’applique à tout le monde; ¦ mettre fin à la vente des CANDU, qui contribuent doublement à la prolifération des armes nucléaires par la production de plutonium et de tritium.Pour plus de renseignements, on peut consulter le site Internet du Réseau pour la surveillance du nucléaire: http://ccnr.org Chaque réacteur CANDU est en fait une fabrique potentielle de bombes L’ÉQUIPE nu DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes à l’information (générale et métropolitaine : Louis Lapierre (adjoint au directeur de l'information), Sylvain Blanchard, Jean Chartier (régions), l’aule des Rivières (éducation), Jean Dion, Louis-Gilles traneœur (environnement), Judith Lachapelle, Kathleen Lévesque (actualités poli-tiaues municipales) Caroline Montpetit Brian Myles (politique municipale), Isabelle Paré (santé), Jean Pichette (justice), Clément Trudel (relations de travail).Serge Truffaut (questions urbaines) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques) ; Martin Duclos et Christine Dumaei (relecteurs) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; A l’information culturelle : Michel Bélair (responsable).Stéphane Bailiargeon (arts visuels et théâtre).Paul Cauchon (médias), Marie-Andrée Chouinard (livres et politiques culturelles).Louise Leduc (musique).Jean-Pierre Legault, Odile Tremblay (cinéma) • à l’information économique ¦ Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Robert Dutrisac, Benoit Munger, François Normand.Claude Turcotte ; à l’information internationale : Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de l'information).Guy Taillefer (éditorialiste), Claude Lé-vesoue ¦ h l’information militique • Pierre O'Neill Manon Cornellier (correspondante parlementaire à Ottawa), Mario Cloutier et Gilles Lesage (correspondants parlementaires à Québec), Michel Venue (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec) ; A l’information sportive : Yves d’Avignon ; Mane-Hélene AJarie (secrétaire à la rédaction) ¦ Julie Tremblay Marie-Claude Petit (commis).Lu documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault.Manon Derome, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITE ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice).Daniel Barbeau (directeur adjoint) Carole Dallaire (avis publics et appels d'offres), Jacqueline Avril, Jean de Billy.Gyslaine Côté, Marlène Côté, Christiane U'gault, Jacques A Nadeau, Guylaine Ouellet.Claire Paquet.Chantale Rainville, Micheline Ruelland (publicitaires) : Sylvie Laporte, Pierrette Rousseau, Micheline Turgeon ; Francme Ouellet feeert-taire) IA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production), Marie-France Turgeon (responsable de la production), Claudine Bédard, Johanne Brunet.Danielle Cantara.Richard Des Cormiers, Christian Goulet, Marie-Josée Mudon, Christian Vieil, Olivier Zuida.SERVICE À IA CUENTÉIE Johanne Brien (responsable) Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements), Manon Blanchette-Turcotte, Monique L’Heureux, Use Lachapelle, Rachelle Leclerc-Venne.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des sendees comptables), Jeanne-d’Arc Houde (secretaire a la direction) ; Céline Furoy, Patrick Inkel (contrôleur), Ghislaine Lafleur, Danielle Nantel (secrétaire administrative), Nathalie Perrier, Danielle Ponton.Danielle Ross.LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président), Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général). i.!•: i> K v o i u .i.!•: i.r x i> i 2 r> m a i i 0 «1 g A cS =-?Le devoir ?— ACTUALITES ACCORD SUITE DE LA PAGE 1 faction affirmée de ceux qui ont le sentiment d’avoir fait un réel pas vers la paix après trente ans de conflit.À côté du pub, la boulangère dit qu'«elle a voté pour sou fils de trois ans».A 31 ans, Katharina n’a connu que les troubles dans un quartier qui a souffert plus qu’à son tour.«Ce n’est pas le genre d’existence que je veux offrir à mon fils, ajoute-t-elle, les communautés doivent apprendre à vivre ensemble et à se respecter.Ce vote est un point de départ, et il faut continuer dans cette voie, les Yougoslaves, les Juijs et les Arabes ont réussi à s’entendre, on devrait y arriver.» Sur Shankill la protestante, le Rex Bar est comme tous les pubs de Belfast dans les quartiers durs.On entre sur le côté, en passant une porte grillagée surmontée d’une caméra de sécurité.«On a toujours vécu comme cela dans le coin», glisse Billy, la quarantaine, attablé avec ses copains devant une pinte, «mais à partir d’aujourd’hui, peut être que l’on sera capable de ne plus avoir peur de l’autre».Ouvrier du bâtiment, Billy a lui aussi voté oui.Le Rex a même interrompu le sacro-saint tiercé pour écouter en direct les résultats du référendum à la télévision.«Il n’y a pas eu d’explosion de joie, mais les gens étaient contents de savoir qu ’ils avaient peut être une chance de sortir de ce cauchemar.Paisley [leader du DUP, le parti unioniste qui a appelé à voter non) promet l’apocalypse, mais c’est un politicien du passé.Cet accord, c’est l’avenir», poursuit Billy.Autour de lui, l’humeur est à l’espoir, mâtiné de prudence.«À mon avis, dit un homme, le vrai test sera le désarmement.Ils vont demander à VIRA de rendre leurs revolvers et ils n’auront pas une seule balle.On verra bien alors ce qui se passera.Quoi qu’il en soit, nous n’avions pas le droit de dire non, de refuser d'essayer une autre vie, une vie normale entre gens normaux.» Devant le supermarché, même les plus sceptiques semblent prêts à se laisser porter par le choix de la majorité.Sam Finlay n’a pas voté, car il a déménagé et n’était pas inscrit sur les listes.«J'aurais dit non, car j’ai l'impression que tout ça va nous entraîner vers une Irlande unie», ex-plique-t-il.Avant d’ajouter: «Mais maintenant que tout semble lancé, alors je suis prêt à donner sa chance à une assemblée locale et à un gouvernement mixte.Si tout tourne mal, il sera bien temps de partir en Angleterre.» Devant son futur pub, Eamon se veut plus optimiste.Il a investi 1,5 million de livres dans son entreprise.Certes, certaines habitudes sont difficiles à perdre.L’entrée de son pub se fera là aussi par le côté, pour que les catholiques n’aient pas à passer devant les rues protestantes.Mais tous les espoirs sont permis.«Je ne pense pas que les gens de Shankill viendront ici le soir.Mais peut-être qu’ils essaieront d’abord le midi.Et après, on verra bien.».De nouveaux cas de harcèlement dans l’armée Ottawa (PC)— Le magazine Maclean's vient de dévoiler une nouvelle histoire accablante d’agressions sexuelles et de harcèlement dans les Forces armées.Le magazine révèle avoir reçu des témoignages de 11 femmes qui ont décidé de sortir de l’ombre pour raconter leur expérience, ce qui porte à 24 le nombre de cas rapportés en deux semaines.Plusieurs ex-soldats masculins ont aussi pris contact avec le magazine pour raconter des histoires semblables.Les dernières révélations incluent une déclaration du major à la retraite Dee Brasseur, selon laquelle elle a été harcelée, agressée et violée au cours de ses 21 ans de carrière.Mais la militaire soutient avoir néanmoins adoré sa vie dans l’armée, où elle a été l’une des premières femmes pilotes.Elle ne croit pas que le harcèlement sexuel soit répandu — elle l’attribue plutôt à des officiers et sous-officiers à la mentalité de «Cro-Magnon», un genre en voie de disparition au sein de l’armée, selon elle.C’est la deuxième fois en deux semaines que Maclean’s publie des textes sur la question du harcèlement sexuel au sein de l’armée.Le magazine dit avoir reçu des appels de plusieurs membres des Forces armées irrités par l’article de la semaine dernière, qui dépeignait l’armée comme un terrain fertile pour les agressions sexuelles.S.V.P.Assurez-vous que ce papier journal soit recyclé.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ^ Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.Iedevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier électronique Pour l’agenda culturel La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3551 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) I.e Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue de Hleury, 9* étage, Montréal, (Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor I^Salle, 7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 012, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans I.e Devoir.U Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du (iroupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest.lüval.Envoi de publication — Enregistrement n 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.' J?-¦> JACQUES NADEAU LE DEVOIR À la CECM, le président, Michel Pallascio, a reconnu qu'il y avait un problème, IMMIGRANTS Un traitement «scandaleux» SUITE DE LA PAGE 1 à The Gazette: «Pourquoi devrions-nous céder un si bel édifice?» Anglophones bien traités, francophones moins bien traités?Ces conclusions hâtives, sinon simplistes, ont néanmoins été entendues dans plusieurs coins de la ville ces dernières semaines, les tensions ayant été ravivées par la restructuration scolaire en cours.Mais il convient d’abord de préciser que, souvent, ce sont des populations récemment arrivées au pays qui sont dans les écoles trop pleines.Comme à Saint-Germain, de Saint-Laurent.D’ailleurs, le directeur signale que «les francophones vont à l'école Pierre-Laporte».Dans le quartier Côte-des-Neiges, la surpopulation des écoles françaises est également criante.Chaque jour, quelques centaines de petits enfants nouvellement arrivés au pays sont transportés ailleurs dans la ville', par manque de place.Et rien ne laisse prévoir unç amélioration, même si la ministre de l’Education, Pauline Marois, avait ordonné l’an dernier à la Commission des écoles protestantes de donner au secteur français l’école Coronation.Par exemple, la directrice de l’école Simo-ne-Monet (69 nationalités, 24 langues, 367 enfants en tout, dont trois de souche québécoise francophone) située rue Dupuis, Caroline Guay, vient de refuser deux classes de quatre ans après avoir rempli au maximum toutes ses autres salles pour septembre prochain.«J’ai trop de sixièmes, trop de cinquièmes et il y a 27 élèves [la moyenne est de 23] dans mes groupes de première et de deuxième année», ré-sume-t-elle, trouvant «scandaleux» le traitement réservé aux petits immigrants.«Les populations immigrantes sont les grandes perdantes.Elles ne sont pas dans de bonnes conditions d’apprentissage du français.Et cela dénote une absence de vision à long terme», dit Mme Guay.L’augmentation des clientèles francophones est un témoignage éloquent du succès de la loi 101 qu’il ne faut pas compromettre, estiment plusieurs directions d’écoles, en négligeant l’environnement scolaire.À la CECM, le président, Michel Pallascio, a reconnu qu’il y avait un problème, après que les commissaires du parti d’opposition, le MEMO, l’eurent porté à son attention.Dans le cadre de la mise sur pied de commissions scolaires linguistiques, la Commission des écoles catholiques de Montréal a transféré à la future commission scolaire anglaise de l’Ouest 28 écoles fréquentées par une moyenne de 311 élèves alors que la Commission des écoles protestantes du Grand Montréal a transféré à la future commission scolaire de Montréal 18 écoles fréquentées par 490 enfants.Le président de la CECM tente de réduire ce déséquilibre considérable en exigeant l’ensemble des bâtiments administratifs de la commission anglo-protestante (il y aurait encore un déficit de 48 millions en faveur des anglophones), mais le directeur général de la CEPGM, président de la future commission scolaire anglaise, George Vathilakis, ne veut rien entendre, pas plus qu’il ne voit pourquoi il céderait Father McDonald.A l’école secondaire Saint-Germain, le directeur sait que le manque de mobilisation des parents lui nuit.«Ici, on ne peut pas mobiliser les parents, dit-il.Certains sont ici depuis peu et ils ont peur que des manifestations nuisent à leur citoyenneté.» L’école Saint-Germain est située à proximité non seulement de Father McDonald mais aussi de l’école Lauren Hill Academy, une école anglo-protestante qui fera désormais partie de la même commission scolaire que Father McDonald.Le conseil provisoire de la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, de laquelle relève l’école, fi expressément demandé au ministère de l’Education d’ordonner le transfert de Father McDonald au secteur français.Et même si le dossier n’a pas encore été soumis à la ministre Pauline Marois, le président du conseil provisoire, Jacques Mon-geau, garde peu d’espoir.«Il semble qu’il n’y ait rien à faire.La loi n’est pas de notre côté», commente M.Mon-geau.Il avait espéré que le ministère tienne compte du fait que des centaines d’adultes du secteur français suivent des cours le soir à l’école Father McDonald et que, peut-être, leur présence pourrait contribuer à faire passer l’école de ce côté.Mais la loi prévoit que ce sont les clientèles enfants qui sont déterminantes dans cette affaire.«Il est clair que la ministre veut intervenir le moins possible dans les partages d’écoles», résume M.Mongeau.Ce dernier sait que la communauté anglaise ne cédera aucune école si elle n’est pas dans l’obligation de le faire.Il faut aussi garder à l’esprit, dit-il, le fait que le maintien de chaque école anglaise prend valeur de symbole de survie pour les anglophones.Interrogée il y a quelques jours sur ce problème de population dans les écoles, la ministre de l’Education a simplement dit que les responsables des conseils provisoires étaient des personnes responsables qui pouvaient arriver à des ententes.«Je n’ai pas à juger s’il y a iniquité.Si dans un an, deux ans ou trois ans on constatait un déséquilibre, a-t-elle ajouté, on pourrait toujours intervenir s’il y avait lieu de corriger les choses.» APEC Appui au système international de surveillance Kananaskis, Alberta (PC) — Le ministre fédéral des Finances, Paul Martin, s’est réjoui hier de l’entente à laquelle sont parvenus les participants au forum de Coopération économique Asie-Pacifique (APEC), afin d’appuyer les efforts visant à renforcer les régimes de supervision du secteur financier à l’échelle mondiale.Dans une déclaration conjointe rendue publique hier à la clôture du forum, les ministres de l’APEC ont dit souscrire «avec vigueur aux principes d’une surveillance renforcée des régimes de supervision du secteur financier».Ils ont également approuvé plusieurs travaux, y compris les possibilités d’une meilleure coordination ou de nouveaux modes de collaboration, comme les examens par les pairs.Iœ Canada avait d’abord attiré l’attention sur ces questions lors du sommet du G 7 qui s’était tenu à Halifax en 1995, et proposé un système de surveillance afin d’éviter des crises financières comme celle qui se produit actuellement en Asie.Certains participants du forum de l’APEC, qui se tient à Kananaskis, dans les Rocheuses, se sont cependant interrogés sur la façon dont s’exercerait cette surveillance.Le Japon, notamment, considère qu’il y a encore beaucoup de travail à faire.«Je suis d’accord avec le principe de la proposition canadienne», a déclaré le sous-ministre des Finances du Japon, Eisuke Sakakibara.le ministre Martin a invité le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, ainsi que les leaders financiers des pays du G 7, à se presser de trouver des façons novatrices de venir en aide aux pays les plus durement touchés par l’instabilité.Les ministres des Finances n’ont cependant pas réussi à s’entendre sur le moment de la reprise de l’aide internationale à l’Indonésie.Iœs jninistrés du Canada, du Japon et des Etats-Unis croient qu’une réforme politique doit d’abord y être instaurée, alors que la Malaisie estime que le pays a besoin d’une assistance immédiate.Le ministre des Finances de la Malaisie, Anwar Ibrahim, croit que les pays devraient faire preuve de plus de compassion et tenter de comprendre la situation complexe et tragique que vit l’Indonésie.Le secrétaire d’Etat américain, Robert Rubin, a affirmé pour sa part que l’Indonésie devrait renforcer ses politiques économiques, politiques et sociales avant d’obtenir une aide financière.Iœ Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont suspendu le paiement de plusieurs milliards de dollars à l’Indonésie, la semaine dernière.ERRANCE «Il faut tirer les mots de l'oubli pour les offrir» PALME SUITE DE LA PAGE 1 SUITE DE LA PAGE 1 italien.L’acteur principal est suisse: Bruno Ganz; le petit garçon qui lui donne la réplique, albanais d’origine grecque.Le cinéaste hellénique déclare détester les frontières, si présentes et menaçantes dans ses œuvres.Grand Européen depuis toujours, bien avant la fraternité économique de l’euro, il précise que le vrai langage n’est pas national, mais occulte, d’ordre poétique, avec beaucoup de silences.Cela dit, il adore parler, développe des images et des formules très belles, passant d’une langue à l’autre, comme s’il sautait des clôtures.Angelopoulos est un des derniers grands maîtres du cinéma à maintenir des œuvres fortes, rare survivant de la race des réalisateurs poètes.Quand on a derrière soi des films aussi magiques que Le Voyage des comédiens, Paysage dans le brouillard, Le Pas suspendu de la cigogne et Le Regard d’Ulysse, quand on pose un regard mystique et nostalgique sur les hommes, leur folies et leurs errances, on répète une musique iden-tique en plusieurs variations.«Je fais toujours le " même film, mais comment m’en empêcher?», ~ demande-t-il.L’aura, l’aura pas la palme d’or, 7T Angelopoulos?Au moment de l’entretien, £ rien n’est fixé.Quelque part ailleurs à «-Cannes, le jury délibère encore.En 1995, son C .Regard d’Ulysse ayant été coiffé du Grand Prix ^ du jury plutôt que de cette palme convoitée, il avait tenu ici des propos amers, déçus.Cette fois, le grand cinéaste a décidé d’être zen, quelle que soit la suite des événements.«Entre Le Regard d'Ulysse et ce film-ci, il s'est déroulé quelques années, précise-t-il.J’ai eu le temps de réfléchir sur l’importance des choses.Qu’est-ce qu'une palme ou un prix?Une caresse à notre égoïsme.» Hésitation.«N’empêche qu’un cinéaste est proche de l’acteur qui aime les applaudissements de la foule.Dans le dernier spectacle de théâtre que j’ai vu, jouait Mastroianni, juste avant sa mort.U fut ovationné à tout rompre dans la salle.Plus tard, nous marchions dans la rue et les gens l’applaudissaient.Etre applaudi dans la rue, quelle fin de vie et de carrière extraordinaire!» L’Éternité et un jour est moralement dédié à Mastroianni.C’est lui qu’Angelopoulos (qui lui avait déjà donné la vedette dans L’Apiculteur et Le Pas suspendu de la cigogne) pressentait pour le rôle principal.Mais il s’est trouvé devant un homme au bout de son rouleau, dont la mort imminente était écrite sur le visage.L’acteur avait accepté dans un premier temps, puis, que voulez-vous?, Bruno Ganz qu’Angelopoulos avait admiré dans Les Ailes du désir l’a remplacé.Le film, intimiste, lent et envoûtant, dit la rencontre entre Alexandre, un poète arrivé au terme de sa vie (Ganz) et un enfant des rues, clandestin albanais (Achi-leas Skevis).Dans cette œuvre, les temps cohabitent, passé et présent, action et souvenirs se répondant alors qu’un grand poète grec, Solomos, qui achetait des mots aux passants, se mêle aux vivants.«Autobiographique mon film?, demande-t-il.Il est si loin, si proche de moi, pour pasticher un titre de Wenders.Je possède la mélancolie du héros, mais non sa croyance en des lendemains meilleurs.Des souvenirs de ma vie se mêlent aux trouvailles de Tonino à l’écriture du scénario.Il y a des mariages dans tous mes films, alors que je n’ai jamais épousé au sens strict ma femme.En fait, elle a refusé.D'où les mariées qui hantent mes films.On fonctionne de façon allégorique.L’imaginaire est réel, le réel est imaginaire.Allez démêler ces écheveatix-là.» Moins politique que d’autres œuvres d’Angelopou-los comme Le Pas suspendu de la cigogne, celui-ci abordera pourtant le problème des enfants abandonnés, traînant dans les rues, attrapés puis relâchés par le police, les militaires.«Il y a 300 000 ou 400 000 Albanais en Grèce qui viennent travailler, repartent, avec la myriade d'enfants laissés pour compte *1 / .derrière, comme dans tous les Balkans.» «L’Éternité et un jour est avant tout une étude du mouvement, une recherche sur le temps vécu, , le temps imaginé, le temps mémoire, le temps > faire, mais je l'ai abordé sur un mode individuel ^ plutôt que collectif.1m parabole des mots achetés se rapporte à ce qu’on paie de nous-même pour l’obtention d’une image ou d’un mot.En se retirant du champ de l’ignorance, ceux-ci deviennent une voie ouverte, un pont de communication jeté à la mer.Les mots sont si banalisés aujourd’hui, employés de la même façon par tous.Il faut les tirer de l’oubli pour les offrir.» Dans L’Éternité et un jour, il a voulu mettre un homme âgé et un jeune enfant en contact pour ouvrir une porte sur l’espoir d’une vie qui commence, répondant à la nostalgie d’une autre qui s’éteint.Une des grandes difficultés du film fut le doublage en grec de la voix de Bruno Ganz.Angelopoulos a déterré un vieil acteur oublié et lui fit répéter le rôle comme s’il le jouait pour vrai, recréant la dimension émotionnelle, emmenant même l’enfant en studio.«Après cent prises, il était complètement détruit.C’est ce que je cherchais: cette cassure.D’ailleurs la voix de cet acteur et celle de Ganz possédaient la même couleur, le même timbre.Je les ai superposées.» Angelopoulos estime être un créateur relativement libre.Cette liberté, il la trouve en tournant avec des budgets modestes (moins de cinq millions de dollars), en travaillant en Europe plutôt qu’en Amérique, en ne cherchant jamais à s’inscrire dans un courant, mais en développant un rythme, une intériorité uniques.«Et s’il est vrai que le cinéma en général s'éloigne de la poésie, ne doit-on pas considérer cette tendance comme une perte terrible?» œcuménique.Avec un excellent palmarès rempli de mesure et de jugement, le jury présidé par Martin Scorsese a primé presque tous les beaux morceaux de la compétition.Grand prix du jury à la comédie que Roberto Benigni a réalisée avec doigté et émotion sur le thème de l’Holocauste, La Vita e Bella.Clou de la soirée, avec une exubérance plus italienne que nature, Benigni, au bord de la commotion, a volé le spectacle à Angelopoulos en poussant des cris de joie, en embrassant tous les jurés (surtout les jurées), en baisant les pieds de Scorsese et en criant interminablement son amour et son bonheur à tous, les bras ouverts.Prix d’interprétation féminine ex-æquo à Élodie Bouchez et Natacha Régnier, l’excellent duo d’actrices de Im Vie rêvée des anges, d’Erick Zonca; un premier long métrage français très remarqué que les deux comédiennes (avec des jeux diamétralement opposés) portaient sur leurs épaules.Autre choix judicieux du jury, ce prix d’interprétation masculine à Peter Mullan (qui en recevant ses lauriers fit sensation en kilt), l’authentique et vibrant acteur de My Name is Joe du Britannique Ken Loach.La palme de la mise en scène allait pour sa part à John Boorman pour l’académique mais fort bien réalisé Vie General, sur la vie d’un criminel irlandais.Boorman avait reçu le même prix vingt ans plus tôt pour Leo the last et dit espérer ne pas être encore ici dans vingt ans pour l’emporter de nouveau.La répétition lasse, semble-t-il.C’est l’étonnant Henry Fool de l’Américain Hal Hartley, variation sur le génie et la célébrité, qui récolta le prix du meilleur scénario.Il fallait bien par ailleurs que le Dogme 95 ce nouveau courant danois qui livrait ses premiers fruits sur la Croisette, reçoive quelque chose.Dirs von Trier est reparti bredouille (on s’y attendait), mais le superbe Thomas Vinterberg, dont Fête de famille (Festen en danois) se révélait vraiment plus puissant et mieux réussi que Les Idiots, récoltait le prix du jury ex-æquo avec la plus académique mais prenante Classe de neige du Français Claude Miller.La colorée et réjouissante épopée rock Velvet Goldmine de Todd Haynes repartait avec le prix de la meilleure contribution artistique, tandis que Siam de Marc Levin (présenté à la Quinzaine des réalisateurs), déjà couronné du premier prix au festival de Sundance, recevait la Caméra d’or qui récompense un premier long métrage, Le grand prix technique de la CST échut à Vittorio Storaro, le directeur photo de Tango de Carlos Saura.Il inaugurait avec ce film une nouvelle technique adaptée à la fois au grand et au petit écran.Quant à la critique internationale (Fipresci), elle décerna ses lauriers à l’apocalyptique The Hole de Tsai Ming-liang et à Happiness de Todd Solondz qui suscita l’enthousiasme sur la Croisette.Avec ce bon palmarès, le jury laisse tout de même sur le carreau Aprile de Nanni Moretti qui avait la faveur des critiques français, et bien évidemment Lars von Trier qui n’avait pas signé avec Les Idiots son meilleur coup.
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