Le devoir, 9 mai 1998, Cahier A
LE DEVOIR V o I.X X .\ I X N " 10 2 M 0 N T II É A L .L V.S S A M K I) I !) K T I) I M A N (' Il K I 0 M Al I 0 il 8 (i C A II I E II S LES ARTS Victoriaville fait place à la musique actuelle, page B 1 ?LIVRES Quand les auteurs des grands jouent dans la cour des tout-petits, page D 1 ?FORMES Trois aménagements qui réconcilient le construit et le naturel, page D 12 Vl/V •*//« I .!» 5 $ + T A X K S = 2.2 r> S LES ACTUALITÉS Viagra: le point sur la pilule la plus courue en Amérique, page A 4 PERSPECTIVES Christ i a n R i o u x Les poilus de 68 Joyeux anniversaire! Après le «J’accuse» de Zola, la naissance de Clovis, l’édit de Nantes et l’abolition de l’esclavage, voilà Mai 68 soumis aux règles de la commémoration officielle.De l’anniversaire de Jeanne d’Arc à celui des barricades: même ennemi, même combat! L’opération «Je me souviens de 68» n’échappe pas aux règles du genre.La France n’est jamais en reste pour les commémorations officielles.Victoires, défaites, naissances, morts, mariages, sans oublier quelques faits divers, tout est sujet à commémoration, pourvu que l’événement permette de monter sur une estrade, de hisser un drapeau (rouge ou tricolore) et de prononcer un discours.Du débarquement de Normandie à la défaite de Verdun, de l’anniversaire de Jeanne d’Arc à celui de François Mitterrand, en passant par les manifestes de Zola et l’abolition de l’esclavage, rien n’échappe à la rage commémorative qui semble parfois devenue comme une manière de regarder passer le temps, confortablement installé au balcon de l’histoire.Votre vie manque de piment?Pas grave! Il y a certainement aujourd’hui un petit anniversaire à célébrer, une commémoration à souligner, un événement à rappeler, une date oubliée à tirer des catacombes, un souvenir à restaurer.Bien sûr, les bi, les tri ou les quadri-centenaires sont toujours préférables.Mais, à défaut, on se contentera d’un ?25' ou d’un 50' .Les multiples de dix font aussi l’affaire.En période de disette, on peut même rappeler le 27' ou 1L printemps d’un sombre événement qui s’est déroulé dans une ville de province.Mais il ne faut pas en abuser.Tout est affaire de décors, disait l’autre.Pour ce qu’il en reste.Une étudiante française de première année du secondaire, pleine d’enthousiasme, racontait récemment à son professeur qu’on fêtait cette année l’abolition de l’esclavage: une affreuse habitude qui consistait à traiter son prochain comme du bétail — bravo! — mais qui avait heureusement été abolie par.Lionel Jospin.11 faut le dire.Les témoignages lancinants sur les vétérans de 1968 ressemblent parfois à cela.On pourrait les confondre avec ceux tout aussi larmoyants des anciens de 1914 ou des grognards de Napoléon.Pas une télévision qui n'ait son flash-souvenir avec Danny le Rouge — et qui n’en profite évidemment pour faire une longue parenthèse sur son mariage récent (vous ne saviez pas que Cohn-Bendit s’était marié?).Pas un magazine qui ne publie de supplément couleur expliquant en long et en large, avec photos à l'appui, les mille et une façons de lancer un pavé sans se l’envoyer sur le crâne.Pas un quotidien qui ne réimprime sous forme de cahier spécial illustré ses faits divers d’il y a 30 ans, agrémentés de gros plans de barricades enfumées et de manifestants voilés.«J’ai fait 68», serine une voix, pas encore chevrotante, mais pas loin.C’est le poilu de 68! Au début de la cinquantaine, il a fait la guerre, la vraie, celle des barricades.Au fait, qu’a-t-il combattu?L’esprit bourgeois, les anciennes habitudes, l’autoritarisme ou l’impérialisme yankee?C’est au choix.Avec Mai 68, on peut choisir son ennemi.Chacun sa manière.la révolution culturelle des années 60 pouvait-elle pénétrer en France autrement qu’en catastrophe?Probablement pas.Ce que les Américains avaient lentement découvert avec Jack Kerouac dans les années 50, le soulèvement de Berkeley en 1964 et Jim Morrison, ce que les Québécois avaient commencé à goûter dès Refus global, la Révolution tranquille, Expo 67, les grèves étudiantes et L'Ostidshow, les Français se le firent péter en pleine gueule en 40 jours de happening collectif.La révolution n’était plus à l’ordre du jour.Peu importe, Mai 68 en emprunta la forme et le scénario, la manif étant toujours en France ce que la danse carrée fut à une autre époque au Québec.Peu violent (on compte tout de même deux morts), le soulèvement sera en quelque sorte une parodie de révolution.C’est néanmoins par cette porte que s’engouffrait soudain la liberté qui soufflait déjà sur l'Amérique.Que naissait une société civile loin des appareils d’Etat et de l’omniprésent Parti communiste.Il faut dire qu’on trouve encore en France d’innombrables ringards incapables de comprendre ce que représenta Mai 68.Les anciens gaullistes qui avaient remonté à l’époque les Champs-Elysées derrière André Malraux (ils étaient 300 000!) n’ont souvent pas reconnu ce que l’histoire a plébiscité.Dans les vieux pays, les querelles peuvent être longues.N’empêche que sous les lambris et les paillettes des commémorations officielles, quelques vieux soixante-huitards plus intéressés à regarder au-dessus de leur épaule que devant eux ressemblent aujourd’hui à s’y méprendre à ces empêcheurs de danser en rond.«L’imagination au pouvoir», scandaient les insurgés de Mai.M E T E 0 Montréal Nuageux avec éclaircies.Averses.Québec Nuageux avec éclaircies.Max: 16 Min: 8 Max: 20 Min: 12 Détails, page C 9 INDEX Agenda .B 11 Livres .D 1 Annonces.C 10 Le monde .A 8 Les Arts .B 1 Ixs sports.C 12 Avis publics .C 5 Montréal .A3 Economie.C 1 Mots croisés .C 9 Éditorial .A K) Politique .A 6 www.ledevoir.com Refus global Il y a 50 ans, ce manifeste ouvrait la voie à la Révolution tranquille.Aujourd'hui, Le Devoir vous offre un cahier double très spécial.MAURICE PERRON (EN PROCESSUS D'ACQUISITION PAR I.E Non, cette photo n’a pas été prise lors du dernier festival de nouvelle danse! Elle date de 1948, l’année de Refus global, et on y voit la danseuse Françoise Sullivan, signataire du manifeste, interprétant sa chorégraphie Black and Tan, Le costume est de Jean-Paul Mousseau, lui aussi signataire.Il y a 50 ans, la bombe Dans l’histoire culturelle québécoise, il y a un avant et un après-Refits global.Ce texte a germé dans une époque révolue, lointaine, dont les plus jeunes ont énormément de difficulté à humer l’atmosphère.Mais en refusant l’oppression de tous les magistères et en lançant un vibrant appel à la liberté de croire et de créer, le manifeste a participé à l’émergence d’un nouveau pluralisme idéologique et esthétique qui façonne encore et toujours le Québec.Pour célébrer cet événement charnière, pour rendre hommage à ce geste fondateur, Le Devoir publie aujourd’hui un double cahier très spécial.Les textes permettent de situer la publication du manifeste dans son contexte social, politique et culturel mais aussi d’interroger l’ensemble de l’héritage automatiste.Le cahier est enrichi de nombreuses photographies et de reproductions d’œuvres.Une réédition du manifeste paru le 9 août 1948 ouvre l’ensemble.Ce jour-là se libère une importante réserve d’énergie critique accumulée depuis des années.Paul Emile Borduas, formé, par le vieux maître Ozias Leduc, enseigne à l’École du meuble de Montréal depuis 1937.Impliqué dans la fondation de la Contemporary Art Society, il attire autour de lui plusieurs jeunes artistes du Québec, dont Pierre et Claude Gauvreau, Fernand Ixxluc et Françoise Sullivan, Jean-Paul Mousseau et Marcelle Ferron.Le groupe des autoniatistes organise sa première exposition en 1946.L’idée de lancer un manifeste apparaît vers la fin 1947.Borduas termine la rédaction d’une première version en février 1948.L’ouvrage parait en août 1948, aux éditions Mithra-Mythe, de Saint-Hilaire.Il est signé par Borduas et quinze autres personnes.Le tirage de 400 exemplaires est déposé dans quelques librairies montréalaises.La presse de l’époque s’empare vite de l’affaire.Le 4 septembre, Borduas est çongédié de son poste de professeur d’art à l’École du meuble.\ja bombe a produit son effet.24 pages de Refus global, cahier E Le verglas coûtera un milliard aux assureurs LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Le grand verglas de janvier risque de devenir le dossier le plus coûteux de l’histoire de l’industrie canadienne de l’assurance avec des demandes d’indemnités atteignant le milliard de dollars.C’est ce qu’a déclaré hier devant la commission Nicolet sur le grand verglas le porte-parole des assureurs, Raymond Medza, qui a précisé qu’au 30 avril, les assureurs avaient reçu 550 000 demandes d’indemnités au Québec et qu’ils avaient déjà convenu de verser 760 millions en indemnités.Cette somme, qui va encore grimper au cours des prochains mois lorsque les dernières demandes seront présentées, s'ajoutera aux quelque 200 millions réclamés en Ontario, ce qui fera franchir aux déboursés la barre du milliard.Le représentant des assureurs a déclaré aux commissaires qu’une telle facture serait vraisemblablement la deuxième en importance de l’histoire mondiale de l’assurance après l'ouragan Andrew de 1992, dont il a évalué les indemnités totales versées à plus de deux milliards.Mais vérification faite dans l’encyclopédie Britannica de 1993, les demandes d’indemnités du grand verglas sont modestes en comparaison de l’ouragan Andrew, dont le passage dévastateur dans le sud de la Floride et de la Louisiane avait laissé un sillage de dommages qui a entraîné des demandes d’indemnités totalisant 16,5 milliards.En 1992 toujours, selon la même source, trois semaines seulement après Andrew, l’ouragan Iniki battait d’un cheveu celui de Hawaii avec des indemnisations totales de VOIR PAGE A 12: VERGLAS Sondage Les Québécois veulent s’ouvrir à l’Amérique ANTOINE ROBITAILLE LE DEVOIR Dix ans après l’élection fédérale consacrant la victoire du libre-échange avec les États-Unis et à quelques jours de la Mission Québec qu’entreprendront le premier ministre Lucien Bouchard et une trentaine de gens d’affaires dans quatre grandes villes américaines, les Québécois se montrent toujours peu enclins au protectionnisme.Et ils manifestent une confiance somme toute débordante face à l’intégration continentale des Amériques.Ce sont là deux des faits saillants d’une grande enquête sur l’américanité des Québécois, effectuée à l’été 1997 par la firme Impact Recherche, de Québec, pour le compte du Groupe de recherche sur l’américanité (GRAM), constitué de professeurs de diverses institutions québécoises comme l’INRS, l’université Concordia et l’UQAM, niais aussi de chercheurs américains de la State University of New York à Plattsburgh.Guy Lachapelle, politologue de l’université Concordia et porte-parole du GRAM, affirme qu’il s’attendait à ce que les Québécois apparaissent «beaucoup plus frileux».Or il faut croire que les Etats-Unis exercent toujours, sur le plan économique, l’attrait de la prospérité.62 % des répondants disent avoir l’impression que l’entente de libre-échange a été «très» ou «plutôt» favorable au développement économique du Québec et une majorité (57 %) souhaite que l’on continue au même rythme «le mouvement vers une plus grande intégration nord-américaine».21 % des Québécois VOIR PAGE A 12: AMÉRIQUE ¦ L’âme américaine des Québécois, page A 4 ¦ Un supplément spécial ACFAS, cahier F Le bonheur retrouvé Revenu du retour de Beau Dommage comme on revient de guerre, Michel Rivard recolle les morceaux de sa vie civile et signe Valbum le plus émouvant de sa carrière solo bien, la santé est bonne, j'aime ma femme, j’aime mes enfants et j’aime mon album.», résume-t-il.Le constat n’est absolument pas banal.Si Rivard s’avoue à la fois heureux et soulagé, c’est qu’il revient de loin.Pas exactement de l’enfer, ni du front, mais certainement du bout de la nuit.«Il y a une traversée qui s’est effectuée, que l'album reflète», recon-nait-il en toute pudeur.Précisons: Rivard, pour dire les choses plus crûment, a vécu au milieu des années 90 une sorte de cancer.Nommément, le retour de Beau Dommage.Un retour tellement prolongé qu’on a tous fini par en revenir.Lui le premier.«C'est une parenthèse qui nous a un peu échappé des mains, VOIR PAGE A 12: MICHEL RIVARI) SYLVAIN CORMIER CA est un homme heureux et sou-/ lagé qui présente cet album-là», lâche l’homme heureux et soulagé de l'autre côté du grand bureau de direction.Ix temps de causer un peu de Maudit bonheur, le nouvel album en question, nous occupons en effet le bureau de Michel Bélanger, patron d’Audiogram, la compagnie de disques de l’homme heureux et soulagé.Michel Rivard arbore à ces mots le drôle de sourire un peu croche que vous et moi lui connaissons depuis son p'til rôle dans Rue des Pignons, à la fois porteur d’affabilité et de douce ironie.«Je vais JACQUES GRENIER LE DEVOIR Après la tournée de Beau Dommage, Michel Rivard a voulu revenir à l’intime, à l’essentiel.778313000696 Souriez ! C’est l’événement on fait vot’ bonheur de Nissan.Maxima GXE: le luxe performant __________________ , Sentra XE: la fiabilité 398s par mois • Moteur V6 3 litres de 190 ch • Transmission automatique à 4 rapports • Groupe électrique • Télécommande de déverrouillage/verrouillage des portes avec antivol • Climatiseur sans CFC • Radiocassette AM/FM avec lecteur DC, 100 watts • Climatiseur sans CFC • Radiocassette AM/FM 4 haut-parleurs • Banquette arrière rabattable 60/40 • Direction assistée par mois Altima GXE: le luxe abordable Pathfinder 4x4: l’aventure civilisée 298s par mois • Moteur 2,4 litres de 150 ch • Banquette arrière rabattable 60/40 • Climatiseur sans CFC • Groupe électrique «Transmission automatique à 4 rapports 398$ par mois Version Chilkoot Trail du Pathfinder • Climatiseur sans CFC • Radiocassette AM/FM avec lecteur DC, 100 watts • Groupe électrique •Télécommande de déverrouillage/verrouillage des portes avec antivol • Différentiel autobloquant LOCATION À PARTIR DE 4,8 % CLIMATISEUR INCLUS TRANSPORT ET PRÉPARATION INCLUS I « *.f ASSISTANCE-DÉPANNAGE DE NISSAN GARANTIE SANSSOUCI DE NISSAN Votre^sympathique concessionnaire lyiSSAN Les gens avisés lisent toujours les petits caractères et bouclent leur ceinture.Location de 36 mois basée sur un taux d'intérêt de 4.6 % pour la Sentra, de 5.8 % pour l'Altima et de 6.8 % pour le Pathfinder.Location de 30 mois basée sur un taux d'intérêt de 4.8 % pour la Maxima.Taxes, immatriculation et assurances en sus.Acompte ou échange équivalent de 1795 S pour la Sentra, l'Altima et la Maxima et de 2795 S pour le Pathfinder.Frais de transport et préparation inclus.Premier versement et dépôt de garantie (équivalent à un versement mensuel toutes taxes Incluses) pour la Sentra, l'Altima, la Maxima et le Pathfinder requis à la livraison.Les valeurs garanties sont de 9362,08 S pour la Sentra (C4LG58 BKOO), 13 304,04 S pour l'Altima (T4RG78 AEOO), 18 760,80 S pour la Maxima (U4RG78 CK00) et de 20 140,80 S pour le Pathfinder (5CRG58 AA00).Limite de 60 000 km pour la Sentra, l'Altima et le Pathfinder, et de 50 000 km pour la Maxima.Frais de 8 cents du kilomètre excédentaire.Sur approbation du crédit par NCFI.Certaines caractéristiques peuvent varier d'un modèle à l'autre.www.nissancanada.com 1 800 387-0122 4 « t I.!•: 1) E V dll!.L E S S A M E I» I it E T I) I M A X (' Il E I 0 M Al I !> !) 8 1PB t'U.5S6 *v r va&m jfeuBft' ^.iWi*" nai SKiift l*»x DISTINCTIVE U I S I N I: 'niour nmumniM Une seule adresse 7139, rue Saint-Hubert (coin Jean-Talon) 277-3127 '* >r York K o N G M O N T K f A I.N « W Il till \ H AI N C V A N C O U V E R Toronto S i n c; A POUR A R I üÜP Thimlns •"W?Goodman Phillips & Vineberg Nous parlons affaires.Pierre-André Themens.Spécialiste en financement et développement immobiliers.Amateur d’architecture.professionnel de l’immeuble.Le monde évolue.Nous aussi.Goodman Phillips & Vineberg.Meilleurs que jamais.Goodman Phillips "& Vineberg LE DEVOIR MONTREAL BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC Photomontage réalisé en 1930 montrant le dirigeable R-100, le pont Jacques-Cartier, un paquebot et un chemin de fer.Montréal était alors une plaque tournante du transport en Amérique.CONTRASTES Montréal au temps de sa gloire Le 24 mai prochain se terminera l’exposition Montréal Métropole 1880-1930.Plus tôt, le 21 mai pour être exact, le Centre canadien d’architecture, qui a organisé cet événement, proposera un débat sur l’avenir de la ville.SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR y année 1880 marque la fin d’une de ces grandes crises qui ponctuent de .temps à autres l’évolution ' du capitalisme; 1930 marque le début d’une autre de ces crises.Entre ces deux bornes, Montréal fut au faîte de sa puissance.De ces .innées, à ces années, sur ces années, le Centre canadien d’architecture a organisé une exposition qui, depuis son ouverture, a accueilli le double de visiteurs de ce qui était attendu.Dans le cadre de cette exposition qui se terminera le 24 mai, une conférence intitulée La Renaissance d'une métropole tentera de répondre à la question ^Comment Montréal peut retrouver sa place au rangées villes de grande influence?» en s’appuyant ou en se référant aux travaux réalisés pour la confection de l'exposition Montréal Métropole, 1880-1930.Animé parJean-Çlaude Marsan, professeur à l’Université de Montréal, ce forum se tiendra le 11 mai prochain.! En attendant que les experts invités dans le cadre de cette conférence trouvent les pistes ou moyens qui permet- Ïaient à Montréal de sortir de sa tor-îur, cette exposition nous apprend ou ijous rapitelle que le statut de métropole qui fut le sien entre 1880 et 1930, Montréal le doit en grande partie aux infrastructures de transport alors mises en place.Professeur de géographie urbaine à l’UQAM, David Hanna souligne, dans le long chapitre intitulé «L’importance des infrastructures de transport», chapitre de l’album Montréal Métropole publié par le CCA que «si, en 1860, la ville de 100 000 habitants a déjà la maîtrise de plusieurs routes stratégiques, tant maritimes que ferrovidires, en 1880, ses visées sont résolurent continentales».A cette époque, Montréal a le contrôle.De quoi?De tout le trafic du Québec et de l’Ontario, mais également d’une partie du MidwesL Cela «à une époque où le Grand Boston compte déjà le double de la population de Montréal, où Philadelphie est six fois plus populeuse, et où New York et Brooklyn réunis ont atteint le million d’habitants».Cette intrusion en territoire américain à partir de Montréal est amorcée lorsque la compagnie de chemins de fer Le Grand Tronc décide de briser le monopole de la New York Central.Pour arriver à ses fins, la compagnie montréalaise entreprend la construction de vastes bâtiments à la place de l’ancienne gare Bonaventure.Pour ne pas rester sur la touche, le CP entreprend l’érection, à quelques pas de là, de la gare Windsor.«Même s’il ne peut accueillir qu’un nombre de trains limité, l’ensemble néo-roman formé par la gare et les bureaux, érigé en 1888-1889, donne une impression de grandeur [.] Cette gare a l’envergure de la Union Station à Detroit et du Chicago & Northwest Railway Terminal à Milwaukee.Im gare du CP et sa voisine, celle du Grand Tronc, exerceront un attrait puissant sur le centre des affaires jusque-là concentré dam le Vieux-Montréal et qui se déplacera vets le nord.» Parallèlement à ces constructions d’envergure, la Montreal Street Railway Company entreprend l’électrification de son réseau de transport en commun entre 1892 et 1894.Le tramway remplace les voitures sur rails tirées par des chevaux.De fait, «la distance et la topographie n’étant plus des obstacles, de nouvelles lignes irriguent le territoire bien au-delà de la ville centrale, la concurrence de nouvelles compagnies favorisant cette expansion [.] la modernisation induit leur dissociation dans l’espace; le tramway favorise à la fois l’étalement urbain et la concentration de l’activité économique, qu’elle soit de nature administrative au centre-ville, commerciale le long de grands axes comme Sainte-Catherine, Notre-Dame ou Saint-lxiurent, ou industrielle aux extrémités du réseau».Peu à peu, la côte du Beaver Hall et le square Philips perdent leur vocation résidentielle sous la poussée commerciale qu’a provoquée notamment la décentralisation du transport comme la modernisation de l’infrastructure de celui-ci.Birks, Morgan et Eaton, dans les années 20, symbolisent la fin de la prépondérance du Vieux-Montréal comme centre commercial par excellence.Organisée sous la direction de France Vanlaethem, professeur titulaire à l'UQAM, et Isabelle Gournay, professeure à l’Université du Maryland, cette exposition s’attarde également et longuement à l’évolution du centre des affaires au cours de la période étudiée ainsi qu'à l’apparition de nouveaux modèles d’organisation résidentielle.pertes cultivées S - 5.5 mm 14 K 16” SPÉCIAL 99 » 5.5 - 6 mm 14 K 18” SPÉCIAL 199 » Colliers de perles cultivées et d’eau douce de 751 à 2 999* Très grand choix de boucles d’oreilles de 12 *à 2 000‘ RESTAURANT • PAVILLON JARDIN CHEF TRAITEUR 48.rue Sainte-Ursule, Vieux-Québec 418.694.0667 Le départ de Thérèse Daviau du RCM Prescott accuse Duchesneau Après une légère crise rapidement étouffée autour du responsable du financement aujourd’hui congédié, le clan Duchesneau traîne depuis deux semaines un dossier fort périlleux en ce début de campagne: Thérèse Daviau.KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Le chef intérimaire du Rassemblement des citoyens de Montréal, Michel Prescott, accuse l’équipe de Jacques Duchesneau d’avoir comploté de longue date avec Thérèse Daviau pour tenter de saborder le parti.N’hésitant pas à qualifier la manœuvre de «coup de cochon», celui qui deviendra vraisemblablement le candidat à la mairie pour le RCM estime que la stratégie Duchesneau-Da-viau démontre une noblesse politique inexistante chez l’ancien chef de police.Jacques Duchesneau et son Parti Nouveau Montréal sont prêts à tout pour gagner, affirme, le ton cassant, M.Prescott.«Il faut être deux pour damer le tango.Je pense qu’il y avait une stratégie qui était aussi celle du clan Duchesneau.[.] Rétrospectivement, on peut comprendre que c’est un plan machiavélique qui date d’un certain temps.C’était clair, dans l’esprit de Mme Daviau, ce qu'elle devrait faire», soutient Michel Prescott.Ce dernier voit dans «la trahison» de son ancienne collègue, qui a abandonné le RCM après avoir été élue chef un mois plus tôt, une responsabilité partagée avec le clan Duchesneau mais aussi avec les deux conseillers municipaux Louise Roy et Robert Laramée, qui ont également claqué la porte.Ijc communiqué émis jeudi soir par Mme Daviau, invitant ses partisans à se joindre à l’équipe de M.Duchesneau alors qu’elle-même poursuit sa réflexion, est venu apporter de l’eau au moulin de Michel Prescott.Ce n’est que du «théâtre, du cirque», a-t-il laissé tomber.Au delà du brasse-camarades au sein du RCM, le départ fracassant de Thérèse Daviau, il y a deux semaines, a provoqué du remue-ménage dans le clan Duchesneau: d’aucuns voient maintenant Mme Daviau comme un boulet même si M.Duchesneau lui a ouvert la porte de sa formation.Pour sauver les apparences, Mme Daviau pourrait être invitée à prendre sa retraite, laisse entendre M.Prescott.«Je pense qu’il est coincé.M.Duchesneau est pris entre l'homme de parole qu'il prétend être et une madame Daviau qui est discréditée.Que va-t-il faire?C’est son problème», tranche M.Prescott D’ici à ce qu’une décision soit prise quant à l’avenir de Thérèse Daviau, le recrutement de candidats s'est vraiment enclenché.Il est maintenant acquis que les conseillers Germain Pré-gent et Pierre Gagnier seront du Parti Nouveau Montréal.Il est toutefois exclu que le parti cherche à ravir le siège de l’opposition officielle au RCM.D’abord, aucun budget de recherche et de secrétariat n’est associé à cette fonction lorsqu’il s’agit d’un parti qui n’existait pas à la précédente élection.Puis, il semble que l’équipe de M.Duchesneau, tout comme celle de Jean Doré, qui vient d'être autorisée par le Directeur général des élections, ne voie pas l’intérêt d’aller combattre sur le terrain du maire Pierre Bourque: ce dernier ne serait pas considéré comme le principal adversaire.De plus, Michel Prescott juge que les deux groupes craignent de voir se développer un double discours politique difficile à contrôler, celui du chef de l’opposition à l’hôtel de ville et celui du candidat à la mairie.La semaine prochaine, le Parti Nouveau Montréal et Equipe Montréal inaugureront leurs locaux d’élections.Entre-temps, Jean Doré développe son plan d’action alors que Jacques Duchesneau poursuit son apprentissage intensif des dossiers de la Ville de Montréal, tant au plan des données objectives que de la connaissance des points de vue à Montréal.Zxeter’ip otnpagnons 1269, Van Horne, Outremont tél.: 277-5772 prop.: Maxime Basilières et Jérôme Dallaire Ouvert 7 jours/sem.(.Ref>roduetions, meubles d’ejboyue, couleurs evee/ttionneffes /() à U0o/rt t/c /'cr/urrW ,sttr coUectio/i < (f \eu.x - fAo fW > (ccessnires décoratifs Ouvert jjours/sem. A 4 I, E I) K VOIR.L E S S A M K I) I !) E T 1) I M A N C 11 K 0 MAI I » !» « Les dix ans du centre communautaire LES ACTUALITES Jour de fête dans Côte-des-Neiges CLÉMENT TRUDEL LE DEVOIR Au Centre communautaire de loisir de Côte-des-Neiges, le Comité interculturel souligne aujourd’hui dix ans d’activités qui ont pour centre de rayonnement le quartier le plus diversifié de Montréal.On recense en effet plus de 100 langues parlées dans ce district cosmopolite où vivent des citoyens dont 72,8 % ont une langue d’origine autre que le français ou l’anglais.C’est le cadre où s’insère depuis dix ans un comité interculturel (CI) animé par Marie-Claude Barey et son équipe, laquelle fournit un impressionnant réseau de bénévolat (plus de 2000 heures durant la dernière année).Mme Barey nourrit le projet de jumeler certaines activités du CI avec des gens de régions comme Jonquière, Sherbrooke ou Trois-Rivières, «dans le but de mieux favoriser l'intégration de tous», car il n’y a pas que les immigrants qui ont besoin de s’adapter à une société en mutation.Elle verrait d’un bon œil que des familles triflu-viennes ou des adolescents sherbrookois partagent, par exemple, certaines activités avec des groupes similaires de Côte-des-Neiges.Pourvu que la souplesse marque ce jumelage informel.En ce samedi, ceux qui se sont faits les promoteurs du rapprochement interculturel dans Côte-des-Neiges espèrent que la fête fera tanguer tous les capitaines et moussaillons de cette aventure collective sur un voilier qui s’animera à compter de 17h30: cocktail, témoignages, repas, danse, etc.La responsable du Comité interculturel conserve le «souci de rester toujours près des besoins de la population» et d’approfondir les relations interculturelles.11 y aura quelques représentants des pouvoirs politiques, desquels «nous attendons un mot d’encouragement».L’important demeure, selon Mme Barey, que de plus en plus de gens, malgré les lenteurs et les hésitations inévitables dans le concret, viennent spontanément s’offrir pour jouer un rôle dans un «rapprochement qui va dans toutes les directions», pas seulement selon le clivage immigrants-citoyens de longue date.Et ce, toujours dans la langue de la majorité et dans un contexte où, sans perdre le sens de la fête, des gens d’origines diverses tentent de favoriser le meilleur ancrage possible à chacun dans la société québécoise.E N BREF Élections scolaires: trop peu de bureaux de vote (Le Devoir) — Le Directeur général des élections a réduit de 66 % le nombre de bureaux de scrutin sur file de Montréal en vue des élections scolaires du 14 juin prochain.Cette décision a provoqué l’angoisse de tous les commissaires de la CECM qui réclament le retour à la situation de 1994.Cette année-là, la dernière où il y eut des élections scolaires, il y avait une moyenne de 11 bureaux de scrutin par quartier à Montréal.Une récente missive du Directeur des élections précise qu’il n’y en aura plus que trois.Unanimes pour une rare fois, les commissaires de la CECM déplorent cette décision, qui, selon son président Michel Pallascio, ne fera rien pour stimuler la participation aux élections, surtout dans un contexte de redécoupage des territoires.Le porte-parole du président des élections a indiqué hier que la situation sera examinée.Le MEMO demande à Marois d’intervenir (Le Devoir) — Le parti d’opposition à la Commission des écoles catholiques de Montréal, le Mouvement pour une école rqoderne et ouverte (MEMO) demande au ministère de l’Education d’intervenir afin d’empècher la future commission scolaire francophone de Montréal d’être la grande perdante des échanges d’écoles et de bâtiments administratifs qui viennent de prendre place, en vue de la restructuration scolaire.La présidente du MEMO, Diane De Courcy, demande à la ministre Pauline Marois «d’examiner très sérieusement et de façon urgente» la transaction que s’apprêtp à effectuer la commission scolaire.Au ministère de l’Education, hier soir, la porte-parole de Mme Marois a indiqué que le ministère analyserait la requête.Il faut dire que le ministère pourrait être appelé à intervenir de toutes manières puisque la transaction dénoncée, en raison du dficit de 48 millions qu’elle entraîne pour les francophones, est jugée encore trop peu attrayante pour le conseil provisoire de la commissions scolaire anglophone de l’est de Montréal.Diane Drouin trace le bilan Québec (PC) — La réforme de l’éducation, l’attitude du gouvernement les compressions budgétaires difficiles des dernières années ont cimenté les liens et accru la solidarité entre les élus locaux, et fait des commissions scolaires une institution démocratique indispensable et incontournable.Dans son dernier discours à titre de présidente de la Fédération des commissions scolaires devant l’Asr semblée générale, Diane Drouin a tracé un bilan et lancé un vibrant appel à une nouvelle forme de solidarité, à une implication de tous les instants des élus scolaires dans le développement des régions.«Les commissions scolaires, a-t-elle dit, seront dorénavant la voix privilégiée en matière d’éducation auprès des autres instances et organismes régionaux.» Ainsi, les prochaines élections scolaires du 14 juin, où pas moins de 1300 postes de commissaires seront en jeu, revêtent une importance capitale pour l’avenir des commissions scolaires.Hépatite C: victimes et ministres se préparent Ottawa (PC) — Les victimes de l’hépatite C et les ministres canadiens de la Santé sont à mettre la touche finale à leur stratégie respective en vue de ce qui pourrait s’avérer un dur affrontement, la semaine prochaine.Les dirigeants de la Société canadienne de l’hépatice C affirment qu’ils ne se contenteront pas de faire acte de présence, lors de l’audience qui est prévue pour jeudi.«Nous n’allons certainement pas nous laisser mener par le bout du nez lorsqu’il sera temps de traiter avec les ministres de la Santé», a déclaré hier Jo-Anne Manser, porte-parole de l’organisme et elle-même victime de l’hépatite C.Hier soir, le moment exact et le lieu de la rencontre n’avaient toujours pas été fixés, les observateurs se demandant d’ailleurs si cela ne traduisait pas l’inquiétude de certains ministres.En effet, la dernière fois que les titulaires de la Santé ont rencontré les victimes de l’hépatie C, le 27 mars à Toronto, ils ont été contraints de battre en retraite sous les huées de leurs interlocuteurs.Les ministres venaient d’offrir 1,1 milliard a titre d’indemnités à quelque 22 000 victimes de l’hépatite C ayant contracté la maladie entre 1986 et 1990, laissant à l’écart des milliers d’autres personnes l’ayant contractée avant 1986.La pilule du délire Les facettes sombres du comprimé le plus demandé en Amérique La pilule Viagra pour contrer l’impuissance suscite une rumeur médiatique sans précédent.Curieusement, elle fait plus jaser les bien portants que les patients malades à qui on la destine.Son usage pourrait d’ailleurs faire déchanter ceux qui y voient un mythique aphrodisiaque.ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Depuis trois semaines, la presse américaine délire sur ces 50 mg qui redonnent le bonheur aux mâles fatigués, sur cette pilule parfaitement conçue pour une marée de baby-boomers vieillissant.Mais la folie orchestrée autour du Viagra, ce médicament destiné à contrer ^impuissance, fait pour l’instant davantage monter le prix des actions du géant pharmaceutique Pfizer que l’organe de ces messieurs.Mais attention, disent les médecins, le remède doit rester l’affaire de patients malades, car les hommes à la recherche de sensations fortes pourraient le payer cher.Sur le marché depuis presque un mois, le Viagra a fait la une de toutes les grandes revues américaines, et répand ses promesses jusque de ce côté-ci des frontières, où le médicament ne sera pourtant pas disponible avant l’automne.Avec près de 75 000 prescriptions données deux semaines après son arrivée sur le marché, les actions du fabricant, la compagnie Pfizer, ont bondi de 60 %, entraînant une des plus formidables érections boursières observées à ce jour.Même le Vatican, pourtant timoré en la matière, a donné sa divine bénédiction à la lascive pilule.Mais ce qu’on dit peu, dans tout ce tapage médiatique, c’est que le Viagra est destiné à soigner des patients malades, frappés d’impuissance à la suite de maladies graves ou d’affections chroniques.Sans compter son lot d’effets secondaires, l’utilisation du Viagra par des hommes bien portants pourrait être tout aussi inutile que l’ingestion d’antidépresseurs chez des patients ayant le moral au beau fixe.La maladie, principale cause d’impuissance On estime que 70 % des causes d’impuissance sont de nature purement physiologique et 30 % d’ordre psychologique.Selon le Dr François Bénard, urologue et spécialiste des dysfonctions érectiles au pavillon Saint-Luc du CHUM, la plupart des problèmes d’impuissance ne découlent pas d’un manque d’appétit sexuel, mais bien de problèmes physiologiques.«La principale cause de l’impuissance est une maladie vasculaire, l’athérosclérose, qui empêche le sang de circuler normalement dans les vaisseaux.D’autres maladies graves, comme la sclérose en plaques, le cancer de la prostate, le diabète ou l’hypertension, font partie des principales causes de l’impuissance masculine», explique ce dernier.En bloquant la circulation dans les vais-seaux sanguins, l’athérosclérose empêche le sang d’irriguer normalement le pénis et de provoquer une érection durable.En fait, c’est l’athérosclérose des vaisseaux, qui croit avec l’âge, plus que l’âge lui-même, qui affecte la capacité des hommes à maintenir une érection, ajoute le Dr Bénard.Or, pour l’instant, on n’avait que peu de cures à offrir aux patients souffrant des ravages sexuels entraînés par ces maladies.Prothèse pénienne et pompe à vide pouvaient simuler une éjection, mais rien qui ne soit bien naturel.A ce jour, la plus effica- ce des méthodes trouvées était l’injection d’un médicament, la yohimbine, à la base du pénis, qui facilitait l’irrigation normale de l’organe érectile, 15 minutes après le traitement.Rebutés par la seringue — on les comprend —, la moitié des patients délaissaient le traitement, qui s’avérait toutefois efficace chez 70 % de ceux qui avaient le courage de s’y plier.Le Viagra, ou sildénafil, de son nom générique, agit chez les deux tiers des patients en maintenant pendant une heure dans l’organe sexuel un niveau suffisant d’une substance chimique qui a pour fonction de relâcher les muscles mous du pénis et de dilater les artères qui permettent au sang d’affluer dans le corps caverneux.Les dangers du priapisme Le Viagra constitue une percée de taille pour redonner à des hommes affligés par la maladie la possibilité d’une érection normale, affirme le Dr Fred Saad, un urologue du CHUM, spécialiste du cancer de la prostate, dont plusieurs des patients deviennent impuissants à la suite d’une chirurgie.«Mais il faut faire attention parce que des gens normaux qui prendraient ce médicament pourraient se retrouver avec de très longues érections de plusieurs heures, ce qui peut être très dangereux à la longue», explique ce dernier.En effet, même si les adeptes du Viagra blaguent sur les futures performances que pourrait leur procurer ladite pilule, les conséquences d’une érection interminable, appelée priapisme, ne sont pas à prendre à la légère.«Quand l’érection dure trop longtemps, les tissus du pénis finissent par manquer d’oxygène et le corps caverneux meurt lentement.Il peut y avoir des séquelles importantes à cela.dont l’impuissance», dit-il.L’effet du manque d’oxygène sur le pénis serait similaire à celui d’un infarctus sur le cœur.«Une heure d’érection, c’est déjà plus que ce que beaucoup d’hommes n’auront jamais eu de leur vie.Certains en sont bien heureux.Mais être en érection pendant des heures, ça peut devenir non seulement embêtant, mais carrément dangereux», ajoute; le D[ Saad.C’est pourquoi les médecins qui traitent ‘ leurs patients avec ces médicaments les ! pressent tous de se présenter à l’urgencç, en cas de priapisme pour éviter de graves séquelles.«Le Viagra n ’est pas du tout destiné au • jeune homme de 35 ans qui veut éblouir sa partenaire pendant trois heures», ajoute le Dr Bénard, dont le bureau est déjà inondé de demandes.Il déplore d’ailleurs que des gens, sans avoir subi d’examen médical, puissent obtenir le médicament en piton* nant sur Internet.j La psychologie humaine évacuée De leur côté, psychologues et thérapeutes sexuels demeurent mitigés face à la, «pilule miracle».Car le Viagra n’indujt l’érection que s’il y a désir.Or le problème d’impuissance de plusieurs hommes n’est pas mécanique, mais plutôt relié à «l’a>ixiété de performance» face à leur partenaire fétqL nin.Selon Luc Granger, psychologue spéj ciaüsé en sexologie, on ignore encore quel effet aura le Viagra sur les relations de couple.«Ça peut empêcher certaines personnes de régler les problèmes personnels qui sont à la source de leur impuissance», croit-jl, Le psychologue Yvon Dallaire croit quant à lui que le Viagra, tout comme l’antidépresseur Prozac, ne répondra pas aux attentes mythiques qu’il a créées.«L’homme n’est pas qu’une machine.Toutes sortes de facteurs entrent en ligne de compte dans la sexualité humaine.L’impuissance est parfois plus un symptôme qu ’une cause, plaide le psyché logue.La recherche de l’aphrodisiaque a toujours obnubilé les hommes, mais cela n’existe pas plus que la fontaine de Jouvence.» L’insondable âme américaine des Québécois ANTOINE ROBITAILLE LE DEVOIR Bien qu’ils se définissent toujours en majorité par rapport à l’appartenance à leur «province», 68 % des Québécois affectionnent l’épithète de «nord-américain» pour qualifier leur identité.Fait à noter, ils refusent pour la plupart de se nommer Américains, même que 70 % d’entre eux rejettent l’appellation «Américain parlant français».On observe que le terme «Américain», pour plus d’une majorité de Québécois, est encore synonyme dç «Etats-uniens», et qu'il s’applique donc aux citoyens des Etats-Unis.Desquels ils se disent, du reste, différents, et envers lesquels ils se montrent très peu envieux, sauf pour ce qui est de l’aspect économique.Voilà donc l’autre aspect — identitaire celui-là — du sondage effectué par la firme Impact Recherche pour le compte du Groupe de recherche sur l’américanité (GRAM) et qui tentait d’évaluer quelle importance, dans l’identité québécoise, prenait le fait de vivre sur ce continent.Chose frappante, les Québécois se montrent beaucoup plus nuancés que Charle))ois, qui chantait «Vivre en ce pays, c’est comme vivre au Etats-Unis».Certes, quelques fortes ressemblances entre les deux peuples sont mises en relief par les résultats du sondage.Les principales sont, aux yeux des répondants, l’individualisme (60 % estiment qu’ils le sont autant que les Américains) et les pratiques de loisirs (cinéma, lecture, sport), qui sont, selon 58 % d’entre eux, peu ou pas du tout différentes d’un côté et de l’autre du 45e parallèle.Toutefois, une majorité de Québécois, bien que faible (56 %), se considèrent très ou assez différents des citoyens des Etats-Unis.Les Québécois sont en désaccord, dans une proportion de 61 %, avec l’affirmation selon laquelle les cultures québécoise et américaine se ressemblent.Ils estiment aussi que la différence entre les deux peuples est marquée sur les plans de l’habillement (79 %) et, aspect plus évident, la langue (74 %).Meilleure vie Même si qne majorité (57 %) de répondants envie la situation des Etats-Unis quant aux possibilités d’emploi, il n’en demeure pas moins que, sur plusieurs aspects, ceux-ci croient que leur vie est meilleure au Québec.Malgré les coupes budgétaires dans leur système de santé, 78 % des Québécois prétendent que c’est là un aspect où la situation est meilleure qu’aux Etats-Unis.Il en va de même, mais dans de moindres proportions, de la qualité de vie des personnes âgées (53 %), de la qualité de l’environnement (62 %) et du racisme (63 %).Sur les aspects de la pauvreté et du système d’éducation, les Québécois affirment que la situation est comparable, bien que probablement meilleure chez eux.Peut-être pour cette raison, les Québécois se sentent un peu plus près des Canadiens que des Américains, et une majorité (60 %) se dit en désaccord avec le fait que nos relations avec les Américains sont plus importantes que celles avec le reste du Canada.Aussi, le rêve d’aller vivre de l’autre côté de la frontière ne semble pas habiter les Québécois.Dans une proportion de 89 %, ils rejettent la proposition selon laquelle ils vivraient mieux aux Etats-Unis qu’ici.Bref, la confiance a beau être très grande sur le plan économique, comme on l’a vu dans l’autre texte, les Québécois refusent en grande partie l’intégration sur le L’américanité des Québécois Ce sondage a été effectué par la firme Impact Recherche pour le compte du Groupe de recherche sur l’américanité (GRAM), entre le 12 juin et le 21 juillet 1997, auprès de 2203 répondants représentant les différentes parties du Québec.Un échantillon de cette taille procure une marge d'erreur de plus ou moins 2,1 % avec un niveau de confiance de 95 %.Le taux de réponse pour l'enquête téléphonique a été de 50,1 %.Nous sommes Québécois ?Vous identifiez-vous d’abord et avant tout comme.Québécois ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦ 54 o/0 Canadien ¦¦¦¦ 19% Canadien-français ¦¦¦¦¦ 23 % Canadien-anglais I 2 % .Nord-Américains ?Au delà de cette identité, vous sentez-vous davantage.Américain — 12 %________________________ Nord-Américain 68 % Européen ¦¦¦10% Autre ¦ 3 % .près des Canadiens ?Vous sentez-vous plus près des Américains ou des Canadiens des autres provinces?Américains Canadiens Les deux Ni l’un ni l’autre 33% 48% 7% 11 % .semblables aux Américains C Vous considérez-vous beaucoup, assez, peu ou pas du tout différent des citoyens des États-Unis?Beaucoup MHMNMMMi 27 % Assez ¦¦¦¦¦¦¦¦ 29% Peu ¦¦¦¦¦¦¦1 26% Pas du tout ¦¦¦¦¦ 18% .mais la France en fait rêver quelques-uns ?Si vous deviez quitter le Québec pour vivre ailleurs, quel serait votre premier choix?Colombie-Britannique Ontario Floride France Suisse ¦ 3% pas d’idée 6% Au sujet du libre-échange Nous sommes favorables ?Quel impact le traité de libre-échange nord-américain (ALENA) a-t-il eu sur le développement économique du Québec?très favorable ¦¦ 10 % plutôt favorable ¦¦¦¦¦¦¦¦ 52 % plutôt défavorable ¦¦¦¦ 25% très défavorable ¦ 6 % .et ça doit continuer ?À quel rythme le mouvement vers une plus grande intégration nord-américaine devrait-ii se poursuivre?accéléré ¦¦¦ 21 % au même rythme ¦^¦¦¦¦¦iI 57 % ralenti ¦¦¦19% D’accord, pas d’accord Plutôt d'accord IU’ Plutôt en désaccord , ?Il faut que la culture soit exclus de l’ALENA 40% 54 % ?Le Québec devrait renforcer ses rapports avec les pays francophones pour faire contrepoids à la culture des États-Unis 60% 37% ?L’ALENA constitue un danger pour nos programmes sociaux 27% 61 % ?Si le Québec était plus intégré aux États-Unis, on vivrait mieux 21 % 75% ?La mondialisation de l’économie est une menace à la diversité culturelle 29% 65% ?Sans ses liens étroits avec le Canada, le Québec pourrait devenir un État américain 34% 62% plan politique.«Us Québécois vivent indéniablement au rythme de l’Amérique du Nord, fait remarquer Guy Ui-chapelle, mais parce qu’ils sont conscients de leurs différences, une majorité d’entre eux ne croient pas que s’intégrer davantqge politiquement avec les Etats-Unis soit une nécessité».A preuve, ils rejettent massivement (75 %) l’idée qu’on «vivrait mieux si le Québec était plus intégré aux États-Unis».Yvan Lamonde, professeur à l’Université McGill et grand spécialiste de l’américanité québécoise (voir «Ni avec eux, ni sans eux», Nuit Blanche, 1996), affirme que «l’on ne fait que commencer à explorer les paradoxes de la question de l'américanité».Il poursuit en indiquant qu’il y a encore quelque chose d’eurojiéen dans les sociétés québécoise et canadienne.«Au fond, nous n'avons pas tout à fait rompu avec l’Europe, comme l’ont fait les Américains et nombre de peuples d’Amérique du Sud.Je ne veux pas dire qu’il faille rejeter le Vieux Continent, mais que nous commençons seulement à prendre acte de notre amèricanité, et de la gérer.» Un document-surprise surgit à la commission Poitras ROI.LA N DE PARENT PRESSE CANADIENNE Un document fort pertinent pour les travaux de la commission Poitras qui enquête sur la SQ a fait surface, hier, en cette 167''journée d’audiences publiques, causant toute une surprise.Il s’agit d’une opinion juridique réclamée par le directeur général adjoint Georges Boilard, désireux de savoir si les enquêteurs sur les bavures policières commises dans l’affaire Matticks (Bernard Arsenault, Louis Bou-dreault et Hilaire Isabelle) avaient le droit, en tant que policiers, de demander à la Cour supérieure de faire stopper l’enquête Bonin.Les trois policiers en question soutenaient que les modalités de l’enquête Bonin ne permettraient pas de faire la lumière sur les entraves rencontrées au cours de leur enquête et sur le manque de soutien du directeur général Serge Barbeau et des autres membres de l’état-major.Dans cette opinion du 29 août 1996 apparue hier, M" William Atkinson indique que les trois policiers ne commettent, ce faisant, aucune infraction au code de déontologie de la SQ.Il juge que leur démarche n’est ni abusive ni diffamatoire et soumet que la requête des trois policiers soulève des questions juridiques sérieuses.M' Atkinson fait valoir en outre qu’il ne serait pas très opportun pour les autorités de la SQ d’enclencher une enquête disciplinaire contre les trois policiers compte tenu de ce que «la SQ et au premier chef son directeur général risqueraient de voir leur crédibilité affectée sur l’intention de faire la lumière sur ces événements du fait que le directeur lui-même a déclaré publiquement que le but de l’enquête est de faire la lumière pour rétablir la crédibilité de la Sûreté».\jà surprise causée par le dépôt de ce document tient principalement au fait que la commission avait en main une autre opinion de Me Atkinson, fournie un mois plus tard que la première, soit le 28 septembre, et qui arrive à des conclusions bien différentes de la première.Il importe de signaler que c’est la deuxième opinion de M' Atkinson, celle du 28 septembre, qui a servi d’assise!) aux autorités de la SQ, au premier chef le directeur généf ral Serge Barbeau, pour procéder à la suspension des en* quêteurs Boudreault, Arsenault et Isabelle, le 15 octobre 1996, pour manque de loyauté envers le directeur Bari beau, notamment.Une plainte disciplinaire a ensuite été portée à leur endroit, plainte vraisemblablement en atten; te en raison des travaux de la commission Poitras.Il est à noter que la seconde opinion de M' Atkinson) adressée celle-là au directeur Barbeau, ne réfère aucu) nement à la première qui avait été adressée au responsable des affaires internes, Jean Thébault, qui a quitté là SQ en 1997 pour devenir directeur du corps de police dé Lachute. I.E I) E V OIK.L E S S A M E 1) I !» E T I) I M A N C II E I » M Al I !» il S L E S A C T U A L Cinq organismes ont présenté des mémoires aux ministres concernés La classification des rivières suscite de l’opposition Plusieurs craignent une réduction des règles de protection Le projet de classification des rivières par Québec ne fait pas l’affaire de plusieurs groupes environnementalistes qui craignent qu'en bout de ligne, les cours d'eau soient moins protégés.La «déclassification» des rivières, comme disent les détracteurs du projet, serait une façon détournée de livrer certains cours d'eau aux ambitions de quelques promoteurs.LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Une opposition unanime se dessine du côté environnemental contre le projet de Québec de classi-fiér les rivières, que la plupart des grands organismes impliqués dans la défense de la nature et de l’environnement au Québec perçoivent comme plutôt une manœuvre pour réduire lès règles de protection à quelques cas particuliers, ce qui ouvrirait la pdrte au harnachement ou au détour-riément de tout le reste.¦ (C'est ce qui ressort des mémoires de cinq organismes, présentés la semaine dernière aux trois ministères qui parrainent plutôt un projet de «déclassifica-tidn» des rivières, estiment plusieurs.C’est la Coalition Eau-Secours qui a le plus clairement exprimé ce point de vue: «Sans vouloir faire de procès d’intention, lit-on dans son mémoire, allouons qu’il est difficile de ne pas at)oir l’impression que l’actuel projet de classification des rivières ne servirait qu'à contourner la lj)i québécoise de l’environnement (LQE) de façon cachée en livrant la vaste majorité des rivières qui appartiennent à l’ensemble de la collectivité aux appétits de certains promoteurs et de certains pouvoirs locaux.» Eau-Secours note que la LQE protège d’entrée de jeu les cours d’eau du Québec au point d’exiger une justification en règle et l’examen de solutions de remplacement pour chaque projet visant à les artificialiser.Or en créant une catégorie de rivières non patrimoniales, et plus clairement vouées au harnachement hydroélectrique, on sape l’argumentation de ceux qui défendent ces écosystèmes au nom du patrimoine collectif.On amende ainsi d’emblée, soutient Eau-Secours, la LQE en plaçant ces cours d’eau déjà protégés dans une catégorie de moindre importance, ce qui réduit, du coup, la portée de la loi et les exigences de justification des promoteurs, comme c’est le cas des parcs industriels où on se montre plus tolérant envers les activités ou les équipements polluants.Pour la Fédération québécoise de la faune (FQF), qui représente un quart de million de chasseurs et de pêcheurs, «aucune rivière n’est assez inintéressante au point de vue faunique, récréatif ou culturel pour justifier qu’on consacre en priorité son utilisation à des fins hydroélectriques ou à toute autre forme de développement industriel».IFQF, qui se réclame là-dessus du rapport de la commission Doyon, remis à Québec il y a un an, propose au gouvernement de classer patrimoine collectif les 447 rivières vierges de la province et de placer dans une deuxième catégorie les 48 rivières déjà harnachées en les classant pour «utilisation multiple» afin d’éviter leur accaparement à des fins hydroélectriques.La FQF créerait enfin une troisième catégorie, les rivières «patrimoniales», qui pourraient regrouper des cours d’eau appartenant aux deux catégories précédentes en raison de leur histoire.la FQF estime qu’on pourrait créer des comités régionaux de «déclassification» où le fardeau de la preuve du moindre chan- Des relations internationales très sécuritaires Québec (PC) — Le ministère québécois des Relations internationales ne prend pas les questions de sécurité à la légère.la sous-ministre Michelle Bussières a émis à cet égard une «politique concernant la protection des renseignements et la sécurité», dont la Presse canadienne a obtenu copie.Tous les renseignements détenus par le ministère sont classés en trois catégories: «publics», «protégés» et «protégés restreints».Dans le cas des renseignements «protégés», la directive précise qu’on «dpit les mettre sous clé avant et après les heures de bureaux, ou pendant l’absence de la personne responsable de les protéger».Mais dans le cas des renseignements classés comme «protégés res- treints», ils doivent faire l’objet de «mesures de protection additionnelles et obligatoires».Par exemple, on doit dresser une liste de personnes autorisées à y avoir accès.On doit les ranger dans un classeur distinct et sécuritaire.Les copies disponibles du même document doivent être numérotées.Des sanctions sont prévues contre les infractions des membres du personnel qui négligeraient les mesures de sécurité.Pour sensibiliser le personnel, des sessions de formation à la sécurité ont été organisées.Il y a eu 18 séances de formations du 24 février au 31 mars 1998, organisées à Québec, Montréal, mais aussi dans les villes où on retrouve les délégations du Québec: Paris, Londres, Bruxelles et New York.Du 10 au 16 mai, à Montréal Semaine de la récupération ' Trouvez un moyen pour recycler davantage et mieux.Pour information, adressez-vous à votre Éco-quartier ou au bureau Accès Montréal de votre région.I Et jusqu'au 30 mai jouez gagnant! 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d’eau plus faciles à dénaturer?Pourquoi choisir a priori l’hydroélectricité plutôt que des activités économiques durables, comme l’exploitation du saumon, les activités récréotouristiques?Et est-ce qu’on n’est pas en train d’éluder la question principale: qui a besoin de cette électricité et est-ce la meilleure façon de l’obtenir?Pour sa part, la Fédération québécoise de canot-camping voit dans le flirt économique de Québec avec les projets hydroélectriques avec des partenaires régionaux «un bonbon pour faire avaler» la cession d’un patrimoine collectif à des intérêts privés.Québec, ajoute la fédération, est si peu sérieux dans son souci de protection qu’il prévoit de réviser le statut des rivières patrimoniales tous les cinq ans, alors qu’il devrait parler de générations.Enfin, souligne la fédération comme plusieurs autres mémoires, les Conseils régionaux de développement (CI®) n’ont ni la capacité ni la crédibilité pour gérer des dossiers où le souci de protection du patrimoine doit primer.Quant au groupe Au Courait, il affirme que personne n’a encore démontré un besoin d’électricité si impérieux qu’il commande l’épuisement du potentiel hydroélectrique d’ici 10 ans.Pour Au Courant, la politique de classification des rivières vise tout simplement «à obtenir carte blanche pour le développement hydroélectrique de certaines rivières en écartant lois et règlements de protection, actuelles et futures».Comparution du premier ministre Cogger n’a pas «tordu le bras» de Bouchard MARIE TISON PRESSE CANADIENNE Le premier ministre Lucien Bouchard a affirmé hier que le sénateur Michel Cogger n’avait pas fait de «tordage de bras» à son égard pour faire avancer le projet d’un client.Il a soutenu que M.Cogger et lui s’étaient rencontrés au cours d’un dîner tout à fait amical, et que le sénateur n’avait abordé qu’en passant le projet d’«une connaissance», Guy Montpetit.Le premier ministre a fait ces commentaires hier, à l’occasion d’un nouveau procès sur l’affaire Cogger à la Cour du Québec.Un premier procès s’était conclu par l’acquittement de M.Cogger en 1993, mais la Cour suprême a ordonné depuis la tenue d’un nouveau procès.La Couronne a accusé M.Cogger d’avoir accepté 212 000 $ pour aider Guy Montpetit à obtenir une subvention pour son entreprise de traduction par ordinateur, GigaMos.M.Cogger avait commencé à faire du lobbying pour M.Montpetit et GigaMos en 1985.Il avait toutefois continué à faire des démarches pour M.Montpetit après sa nomination au Sénat, le 2 mai 1986, et jusqu’au 30 juin 1988.C’est pendant cette période que le sénateur Cogger a reçu 162 000 $ en honoraires et 50 000 $ en prêts, qu’il n’a jamais remboursés.M.Bouchard a déclaré hier que, quelque temps après son assermentation comme secrétaire d’État, le 31 mars 1986, M.Cogger, un ami de longue date, l’avait appelé pour aller dîner.Il a soutenu que le repas avait été très amical, et que la conversation avait porté sur une variété de sujets, dont le procédé de traduction par ordinateur.Le sénateur Cogger aurait simplement déclaré que les fonctionnaires du ministère de M.Bouchard avaient refusé de subventionner le projet.«Ç’a été très fugace comme moment», a affirmé M.Bouchard.Il a tout de même demandé à son sous-ministre, Jean Fournier, de jeter un coup d’œil sur le dossier pour voir s’il n’avait pas été traité de façon un peu trop désinvolte.Crise linguistique Le premier ministre a expliqué qu’une crise linguistique agitait alors le pays: la Cour suprême venait d’ordonner à la Saskatchewan de traduire toutes ses lois et ses règlements.«Ç’a été un coup de tonnerre, parce qu'en Saskatchewan, les droits des francophones, ce n’est pas si vivant que ça», a-t-il déclaré.Le gouvernement fédéral et la province ont entrepris des négociations, la Saskatchewan réclamant 20 millions pour traduire ses lois.M.Bouchard a raconté que M.Fournier avait proposé la formation d’un comité d’experts, qui avait fini par confirmer la décision initiale de rejeter le projet de M.Montpetit.Le premier ministre a déclaré que M.Cogger ne l’avait pas rappelé pour insister sur le projet.En réponse à une question de l’avocat de M.Cogger, M' Marc Ci-gana, M.Bouchard a déclaré qu’il serait totalement faux de dire qu’il y avait eu «tordage de bras» de la part du sénateur.Le témoignage du premier ministre n’a duré qu’une trentaine de minutes.M' Cigana a par la suite déposé une requête en non-lieu.Il a expliqué que rien ne prouvait que M.Cogger ait cherché à obtenir la «conclusion d’affaires» entre son client et le gouvernement, tel que spécifié dans l’accusation.La preuve ne montre que l’existence de démarches pour l’obtention de subventions, ce qui n’est pas la même chose, a-t-il soutenu.L’avocat de la Couronne, M' Pierre Lévesque, a répliqué qu’une demande de subvention de 45 millions constituait certainement un «sujet d’affaires ayant trait au gouvernement», également spécifié dans l’accusation.Le juge Robert Sansfaçon rendra une décision sur cette requête mardi prochain.L’ACTUALITE LIDEC 1998 — N° 1280 CÉLÉBRITÉS/ biographique Raoul Blanchard Géographe du Canada français Titres disponibles Frère André Olivar Asselin Barrin de La Galissonière Alexander Graham Bell Norman Bethune Raoul Blanchard J.-A.Bombardier Paul-Émile Borduas Robert Bourassa Henri Bourassa Marguerite Bourgeoys Étienne Brûlé J.-Narcisse Cardinal Emily Carr George-Étienne Cartier Thérèse Casgrain Samuel de Champlain Adolphe Chapleau P.-].-Olivier Chauveau Christophe Colomb Napoléon Comeau Crowfoot Samuel Cunard Alphonse Desjardins Gabriel Dumont Titre à venir Fernand Séguin Timothy Eaton Marc-Aurèle Fortin Armand Frappier Charles Gill Glenn Gould Lionel Groulx Rosalie Cadron-Jetté Daniel Johnson Sir H.-G.Joly de Lotbinière Claude Jutra André Laurendeau Sir Wilfrid Laurier Pierre LeMoyne d'Iberville Marie de l'Incarnation Marguerite d'Youville Mackenzie King Norval Morrisseau La Vérendrye L.-H.Lafontaine Jeanne Leber Paul-Émile Léger René Lévesque Allan Napier MacNab Jeanne Mance Frère Marie-Victorin Norman McLaren Sam McLaughlin Honoré Mercier William H.Merritt Émile Nelligan Louis-Joseph Papineau Alfred Pellan Poundmaker Pierre-Esprit Radisson Maisonneuve Maurice Richard Louis Riel Gabrielle Roy Egerton Ryerson Catherine de Saint-Augustin Louis Saint-Laurent Laura Secord Dr Hans Selye Elizabeth Simcoe L.-A.Taschereau Kateri Tékakwitha David Thompson William Van Home Georges Vanier Madeleine de Verchères Les 27 premiers ministres par Marc-Aimé Guérin CÉLÉBRITÉS / N-xj.â Emm Raoul Blanchard Géographe du Canada français ISBN 2-7608-7065-0 (64 pages) 9,45 $ Biographies pouvant servir de matériel complémentaire, en sciences humaines au secondaire.l.ï'ilHi'lir qui iT|inii(l .à tus lit'snins |inlaji(i|ii(|iit's LIDEC 4350, avenue de l’Hôtel-de-Ville, Montréal (Québec) H2W 2H5 Téléphone: (514) 843-5991 Télécopieur: (514) 843-5252 Adresse Internet: http://www.lidec.qc.ca BMI ¦m A () I.K I) E V 0 I IV .L E S S A M E I) I !» E T I) I M A N C II E I 0 M A I I !» !» 8 - LE DEVOIR POLITIQUE Déréglementation à l’université La bombe Harris suscite l’inquiétude au Québec Dès septembre, les universités ontariennes pourront hausser à leur guise les frais de scolarité imposés aux nouveaux étudiants de plusieurs facultés Cl JE Le gouvernement Harris en Ontario a lancé une petite bombe dans le milieu universitaire en déréglementant les frais de scolarité des étudiants.Dès septembre, les universités pourront imposer des frais aussi élevés qu’elles le désirent aux nouveaux étudiants de certaines facultés.PAU LE DES RIVIÈRES LE DEVOIR En déréglementant les frais de scolarité dans ses universités, le gouvernement ontarien a provoqué beaucoup de colère là-bas et un certaine inquiétude ici au Québec.Les universités ontariennes pourront ainsi augmenter les frais de scolarité comme bon leur semblera pour les nouveaux étudiants en médecine, en droit, en administration, en médecine dentaire, en optométrie, en pharmacie et en médecine vétérinaire ainsi que pour les nouveaux étudiants s'inscrivant à un programme de maîtrise ou de doctorat.Les étudiants en génie et en informatique pourraient être les prochaines cibles, a indiqué le gouvernement de Mike Harris cette semaine.Pour les étudiants déjà inscrits à l’un des programmes mentionnés, les frais de scolarité ne doivent pas être haussés de plus de 20 % par année pour les deux prochaines années.Pour les étudiants inscrits dans d’autres programmes, les frais de scolarité peuvent être haussés de 10 %.Il faut noter que les frais de scolarité en Ontario augmentent régulièrement depuis plusieurs années et qu’ils sont déjà plus élevés qu’ici.Par exemple, un étudiant inscrit en médecine dans une université ontarienne paie en moyenne 4500 $ cette année.S’il avait attendu une année de plus, il pourrait payer beaucoup plus.L’université de Toronto, par exemple, envisage de demander 11 000 $ par année à ses nouveaux candidats.Par comparaison, les frais d’entrée ici sont de 2575 $ en médecine et de 1000 $ de plus pour les étudiants des autres provinces.Le vice-recteur de la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec et recteur de l’Université Laval, François Tavenas, est inquiet de l’impact d’une telle mesure ici.«Les universités ontariennes auront plus d’argent et le marché du corps professoral deviendra encore plus çompétitif qu’il ne l’est à l’heure actuelle.Les États-Unis exercent déjà un attrait pour nombre de nos professeurs, et maintenant, voilà que l’Ontario pourra offrir de meilleures conditions à nos meilleurs professeurs, déplore-t-il.En jouant le jeu des Américains, ils renforceront leur position», dit-il, souhaitant un débat au Québec non seulement sur les frais mais sur l’aide aux étudiants, dans un même forum.Cette annonce, qui était dans l’air depuis un certain temps, survient au moment où le gouvernement fédéral s’apprête à mettre sur pied un fonds de dotation du millénaire pour pouvoir distribuer 2,5 milliards en bourses à des étudiants canadiens sur une période de dix ans.Cette «extraordinaire coïncidence» n’a échappé à personne, à commencer par les étudiants ontariens qui attendent avec impatience de savoir quels seront les critères d’attribution de ces fameuses bourses (qui font Les universités anglaises du Québec attendent de voir si les étudiants ontariens viendront étudier ici en plus grand nombre l’objet de difficiles négociations entre Québec et Ottawa).Elle n’a pas non plus échappé à Roch Denis, président de la Fédération québécoise des professeurs d’université (FQPU), qui note que l’existence de ces sommes sert de «caution» à un geste dont il espère qu’il ne trouvera jamais écho ici.Pour ce dernier, il est clair que la ,, .hausse des frais de scolarité ne réglera pas le problème de financement avec iequel les universités, québécoises ou ontariennes, sont aux prises, notamment parce que les frais de scolarité viennent remplacer un financement qui s’étiole, laissant intact le manque de ressources humaines et matérielles.Le gouvernement Harris n’a pas mis fin aux compressions.Mais il a indiqué que 30 % de l’augmentation devra être consacrée à une aide aux étudiants, qui pourra prendre la forme de prêts ou de bourses.Présentement, le gouvernement ontarien a un système de prêts mais aucun système de bourses.Mike Harris Étudiants en colère L’annonce du gouvernement ontarien a provoqué la colère de la section ontarienne de la Fédération canadienne des étudiants.Son président, Joel Davison Harden, estime que le gouvernement vient d’ériger une barrière financière que les étudiants provenant de familles moins aisées ne pourront pas franchir.«Le gouvernement a fait un choix.Nous ne pouvons nous réjouir de cela», a commenté M.Davison Harden en ajoutant que le Japon et le Canada (exception faite du Québec) sont les seuls pays de l’OCDE qui n’ont pas de système national de bourses.[ Le président étudiant ajoute que d’autres pays, mêmel en ces temps difficiles, optent pour d’autres avenues.U mentionne la France, où l’éducation universi-1 taire est gratuite.» ) Cette réalité ne s’est pas traduite par une fréquentation vertigineuse des universités fran-çaises, ce qui, selon le président de la Fédéra-1 tion québécoise des professeurs d’université, ; démontre que la gratuité n’est pas la seule condition d’une fréquentation massive.Mais,) estime M.Denis, elle n’en reste pas moins unei condition importante.Surtout au Québec, où,i précise-t-il, l’accès à l’enseignement postsecon-i daire n’a pas une longue tradition.Entre-temps, les universités anglaises du Qué-> bec attendent de voir si les étudiants ontariens viendront/ étudier ici en plus grand nombre.Et en Colombie-Britan-j nique, le premier ministre Glen Clark a pour sa part déclaré; que son gouvernement devra peut-être instaurer des frais; plus élevés pour les étudiants des autres provinces parce) que ses contribuables n’apprécieraient pas que les gens) viennent étudier en Colombie-Britannique pour profiter du) système universitaire sans en assumer les coûts.Le recteur de l’Université Laval rappelle pour sa part; que les universités québécoises ne tireraient aucun avanta-/ ge financier d’un accroissement du nombre d’étudiants-, des autres provinces puisque le gouvernement du Québec-récupère l’ensemble de la somme qu’ils paient en sus des frais imposés aux étudiants québécois.\ 1 l'événement du printemps ACURA gie et d’optimisme.Comme tout ( semblait limpide alors! Un projet de-pays se dessinait et cela allait t prendre le temps qu’il fallait.Personne n’en connaissait la durée mais” l’Histoire nous apprend que ce type' I de bouleversement, surtout si on le-, veut pacifique, exige beaucoup de , patience et d’abnégation; carriéristes , s’abstenir! Le fait que les péquistes n’aient lias ! su entretenir ces deux qualités indique qu’ils ne possédaient pas, en assez grand nombre, ce feu sacré qui donne le courage d’attendre, de-longues années, en réserve de la république.En 1976, ils ont donc coin-1 mencé à brouiller les cartes —• brouillard dans lequel nous n’avons cessé de nous enfoncer depuis.L’erreur fatale du PQ fut, et est encore, de se faire élire pour former un bon "+ gouvernement qui, un jour, ferait l’in-1 dépendance.Le 15 novembre 1976, à l’aréna Paul-Sauvé, quand René Iœ-1 vesque et sa cour pavoisent et braillent, on jurerait que l’on vient de déclarer l’indépendance alors qu’à ce moment précis, on vient justement de laisser glisser l’idée d’indépendance.La soif du pouvoir l’emporte sur les grands principes qui peuvent toujours attendre leur heure de gloire.Eh! bien, malgré cette gaucherie sans nom, au référendum de 1980, le OUI réussit à récolter 40 % d’adhésion.En y regardant de près, il s’agissait là d’une victoire, d’un grand bond en avant pour l’option du .PQ, mais c’était plus facile de baisser i| les bras, de parler de défaite, de s’ac- ; crocher au beau risque offert par Ot- ! tawa.et de continuer à gérer la pro- j vince avec des airs de gérer un pays.1 C’est de cette façon que le PQ n’ai cessé de diluer son discours fondateur au profit du pouvoir.Quand, au début des années, 1990, Jacques Parizeau réintègre le parti pour lui donner un nouveau souffle, il répète la même vieille erreur et se fait élire avec la promesse de bon gouvernement.Vient le référendum de 1995, où l’adhésion au , OUI frôle les 50 %.Alors, pour gâcher la sauce une fois de plus, le ' premier ministre y va d’une déclaration franche mais tellement mal-, adroite quelle discrédite l’option, si, près du but.On voudrait se tirer dans le pied à ’ répétition qu’on ne s’y prendrait pas' autrement.! Lucien Bouchard, en fidèle suc-cesseur, vient d’ajouter un autre, éminent chapitre à cette saga sans fin.Encore une fois, il ira aux urnes avec la promesse d’un bon gouver- ¦ nement.L’indépendance, on la «met! sur la glace» — ou, plutôt, on la laisse sur la glace qu’elle n’a jamais quittée et où elle risque de ne pas dégeler de sitôt — puisque la population n’est pas d’humeur à subir un autre référendum.En voilà une courageuse lecture! C’est clair, non?Le PQ ne veut pas faire l’indépendance; depuis 1976, il veut le pouvoir.Pour se donner les meilleures chances de réaliser son objectif pre7 mier, n’aurait-il pas dû oublier sa soif de gouverner et s’atteler sans! relâche à le définir et à l’expliquer, ce pays qu’il proposait?Jean Charest et compagnie ont toutes les raisons de se réjouir.Démocratie et liberté de presse Cuba dans sa juste perspective Nous pourrions critiquer à volonté le régime cubain pour ses entorses à la démocratie si nous étions d’une blancheur virginale.Mais ce n’est pas le cas.' ¦ i-rs».L’ÉQUIPE I) U DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes A l’information générale et métropolitaine : Louis Lapierre (adjoint au directeur de l'information), Sylvain Blanchard, Jean Chartier (régions), Paule des Rivières (éducation), Jean Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement >.Judith Lachapelle, Kathleen Lévesque (actualités poli-tiques municipales) Caroline Montpetit, Brian Myles (politique municipale), Isabelle Paré (santé).Jean Pichette (justice).Clément Trudel (relations de travail), Serge Truffaut (questions urbaines) ; Michel Carneau (caricaturiste) : Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques) ; Martin Duclos et Christine I Jumazet(relecteurs) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; A l’information culturelle : Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon (arts visuels et théâtre), Paul Cauchon (médias), Marie-Andrée Chouinard (livres et politiques culturelles), Louise Leduc (musique).Jean-Pierre Ix-gault, Odile Tremblay (cinéma) A l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Robert Dutrisac, Benoit Manger, François Normand, Claude Turcotte ; A l’information internationale : Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de l'information).Guy Taillefer (éditorialiste), Claude IA vesque ; A l’information politique : Pierre O’Neill.Manon Cornellier (correspondante parlementaire à Ottawa).Mario Cloutier et Gilles Lesage (correspondants parlementaires ri Québec), Michel Venue (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec) : A l’information sportive : Yves d'Avignon ; Marie-Hélène Alarie (secretaire à la rédaction) • Julie Tremblay, Marie-Claude Petit (commis).La documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault, Manon Derome, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBUCTTE ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Daniel Barbeau (directeur adjoint), Carole I biliaire (avis publics et tlppcls d'offres), Jacqueline Avril.Jean de Billy, Gyslaine Côté, Marlène Côté, Christiane Legault, Jacques A.Nadeau, Guylaine Ouellet, Claim Paquet.Chantale Rainville, Micheline Ruelland (publicitaires) : Sylvie Laporte, Pierrette Rousseau.Micheline Turgeon ; Francine Ouellet (secrétaire).IA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production).Marie-France Turgeon (responsable de la production), Claudine Bédard, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Christian Goulet, Marie-Josée Hudon.Christian \ ien, Olivier Zuida.SERY ICI'.À IA CLIENTÈLE Johanne Brien (responsable), Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements), Manon Blanchette-Turcotte, Monique L'Heureux, Use Lachapelle, Rachelle Leclenc-Venne.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Jeaune-d Arc Houde (secrétaire à la direction) ; Céline Furoy, Patrick Inkel (contrôleur), Ghislaine Lafleur, Danielle Nantel (secrétaire administrative).Nathalie Perrier.Danielle Ponton, Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président), Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général). A 12 I.M I) K V (Mil, I.E S S A M E I) I !» E T I» I M A N (' Il E I 0 M Al I !» !» S -?LE DEVOIR ?-_- ACTUALITES Le temps des pommetiers JACQUES NADEAU LE DEVOIE POUR MARIE MEUNIER et son fils Maxime, le retour de la garderie a pris des airs de ballade champêtre au milieu des fleurs de pommetiers, hier après-midi.Ces bouquets géants ont revêtu leurs plus beaux atours pour la fête des Mères, pendant que les fleuristes se préparent à faire des affaires d'or.Gilles Duceppe est froidement accueilli en Nouvelle-Ecosse AMÉRIQUE Les Québécois ne croient pas que la mondialisation soit une menace à la diversité culturelle SUITE I)E I.A PAGE 1 souhaitent même que cette intégration soit accélérée.Une majorité estime aussi que l’élargissement de l’ALENA à d’autres pays d’Amérique du Sud aurait un impact très ou plutôt favorable.«J’ai l’impression que dans les autres provinces canadiennes, on obtiendrait des chiffres différents, probablement plus négatifs», affirme Guy Lachapelle.L’invasion économique, la menace sur l’intégrité culturelle du Québec?Des craintes bien relatives, si l’on considère les 65 % de Québécois qui ne croient pas que la mondialisation soit une menace à la diversité culturelle.Sensiblement la même proportion (63 %) estime que les Québécois ne risquent pas de perdre leur particularité au sein de l’ALENA.Pour 61 % des répondants, par exemple, cet accord ne constitue pas un danger pour les programmes sociaux québécois.Sur la question très délicate de «l’exception culturelle», autrement dit que les produits culturels soient exclus de l’ALENA, surprise! Les Québécois n’y adhèrent pas en majorité (40 %), alors que 54 % se disent en désaccord avec de telles mesures.Explications de Guy Lachapelle: «On est fiers de notre culture, et on veut l’exporter.» C’est peut-être aussi que les Québécois refusent qu’on restreigne l’accès au cinéma américain, préféré par 73 % d’entre eux aux cinéma français et québécois.Ces chiffres sur la question culturelle doivent toutefois être interprétés avec prudence, le sondage ayant été mené avant les tonitruantes campagnes contre la conclusion d’un éventuel AMI (Accord multilatéral contre l’investissement), qui a sans doute laissé des traces dans l’opinion publique.Toutefois, toujours selon les résultats de l’enquête, les Québécois se montreraient très favorables à des mesures de promotion culturelle.Ils se déclarent par exemple dans une proportion de 60 % «plutôt d’accord» avec le renforcement des rapports du Québec avec les,pays francophones pour faire contrepoids à la culture des Etats-Unis.Le pays de Bill Clinton est déjà le principal partenaire commercial du Québec.Selon le ministère des Relations internationales du Québec, 82 % de ses exportations y sont destinées et les investissements américains représentent environ 40 % des investissements étrangers au Québec.Or, si l’on se fie à l’enquête du QRAM, les Québécois rêvent d’exporter encore plus aux Etats-Unis.Les répondants, à 64 %, affirment que, pour le Québec, le marché américain sera plus important dans l’avenir que le marché canadien.Près de la totalité des répondants souhaitent par ^-exemple que la coopération en matière de «développement touristique» s’intensifie ou reste la même.Quant à l’exportation d’électricité, 9 % seulement des Québécois souhaitaient la voir diminuer.«Il faut dire que ces questions ont été posées avant la crise du verglas», nuance Guy Lachapelle.Il semble, aux yeux de M.Lachapelle, que le Québec soit ai} processus d’intégration continentale américain ce que l’Ecosse est à l’Union européenne.«Dans ces deux cas, un sentiment national fort se, combine avec une forte volonté de s’ouvrir au continent.» L’Ecosse, aux dires de M.Lachapelle, aurait davantage de liens économiques avec l’Europe que les Britanniques.Les résultats de ce sondage seront décortiqués lors du colloque «L’Américanité du Québec» (C-407) qui se tiendra dans le cadre du congrès de l’ACFAS (Association ca-nadienne-française pour l’avancement des sciences) mercredi et jeudi prochains à l’Université Laval.À LIRE LUNDI L'Entrevue: Patrice Desbiens Le poète franco-ontarien Patrice Desbiens a surmonté la misère de l’instabilité identitaire et se dit plus proche d’une communauté d’écrivains de partout dans le monde que de quoi que ce soit d’autre.Lundi, Le Devoir rencontre Patrice Desbiens.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction PRESSE CANADIENNE Halifax — Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a complété à Halifax, hier, une tournée d’une semaine des provinces de l’Atlantique au cours de laquelle on lui a à maintes reprises réservé un accueil froid, voire carrément hostile.La perspective d’une séparation du Québec suscite de vives inquiétudes dans ce coin du pays.Lors d’une tribune radiophonique dans la capitale de Nouvelle-Ecosse, hier, une auditrice a ainsi établi une comparaison entre le premier ministre québécois Licien Bouchard et Adolf Hitler.Une autre a ordonné à M.Duceppe de quitter la province, et même le pays.«En fait, je dirais qu'un appel téléphonique n'était pas agréable», a déclaré M.Duceppe lors d’une conférence de presse donnée à bord du Mar II, un yacht à l’ancre dans le port d’Halifax.«Les appels sont de qualité, a poursuivi le dirigeant blo-quiste.Les gens ont des questions à poser.Par le passé, ils ont reçu des informations [.] qui sont fausses.» En dépit de l’accueil mitigé lui ayant été réservé, M.Duceppe a estimé avoir atteint l’objectif qu’il s’était fixé, soit «démystifier» le mouvement en faveur de la souveraineté québécoise aux yeux de la population de l’extérieur du Québec.) «C'est la première étape, savoir ce qui se passe au lieu de n’avoir que les fédéralistes du Québec pour se faire dire toutes les horribles choses qui se passent au Québec, et qui sont fausses», a-t-il déclaré.Au nombre des questions que M.Duceppe souhaitait clarifier figure la situation de l’emploi et du PIB du Québec, qui se portent mieux, selon lui, que ce que prétend Ottawa.senti de sa carrière.Souffrir, c’est bien connu, profite a la création.On s’en passerait, mais vécue pour vécue, autant que la mélasse émotionnelle nourrisse les chansons.«J’avais le choix, explique-t-il.Ou bien je mettais de côté ce qui avait pu être douloureux et je faisais un album gai-gai-allons-sur-la-plage, ou bien je prenais mon courage à deux mains et acceptais qu'il y ait des affaires dures et personnelles à dire.» Personnelles, certes, mais pas anecdotiques.Rivard insiste plutôt vingt fois qu’une là-dessus: Maudit bonheur est d’abord et avant tout un album de chansons, puisé en dedans, là où ça fait mal, mais qui peut parler à tout le monde au dehors.Quand il parle dans sa Toute personnelle fin du monde de «panne d’amour en eau profonde», il parle aussi de ce qui guette tout homme et sa fiancée, comme dirait Foglia.Un album intime «Ce n’est pas un album thérapeutique.Autant je voulais me faire du bien en écrivant ces chansons-là, autant je ne voulais pas faire du règlement de comptes.C'est la différence entre dire, que c’est un album intime qui touche à des choses très profondes et dire [il prend le ton d’un lecteur de nouvelles annonçant les grands titres] que c'est pour Michel Rivard "l’album de la rupture” ou Talbum des retrouvailles" ou "l’album de la solitude".Au début, il y a des chansons qu’il m'a été difficile de faire entendre, même à des proches.Je me disais: tout le monde va savoir de quoi je parle.C’est sûr qu’on ne peut pas faire abstraction de ce que l'on sait, mais je ne me complairai pas dans l’explication de qui a déclenché ces chansons-là.De toute façon, ce n’est pas si simple: une chanson, ça peut dire différentes choses à différentes personnes.» De fait, le constat de l’album est universel, à savoir que «le bonheur est un p’tit maudit et que le jour où on poise qu’on a ce dont on rêvait, il faut y faire doublement attention».Chose certaine, la musique a gagné au change.En VERGLAS SUITE I)E LA PAGE 1 deux milliards de dollars américains! Selon le porte-parole des assureurs, le grand verglas québécois se compare néanmoins à Andrew pour le nombre de demandes: le sinistre de 1992 avait donné lieu à 712 000 demandes de remboursement alors que le grand verglas a susr cité jusqu’ici 550 000 demandes, ce qui demeure énorme.Ijes assureurs, a soutenu M.Medza, ont interprété très libéralement les clauses des contrats, ce que refléterait un sondage qu’ils ont commandé.Ce dernier établit que 85 % des assurés sont satisfaits de leurs services, ce qui a néanmoins laissé place à un certain scepticisme du côté de la commission.En effet, le président Roger Nicolet s’est inquiété du fait que les assureurs ont repoussé la plupart des demandes ayant trait au déneigement préventif des toits sous prétexte qu’il n’y avait pas alors de «dommages».Les assureurs, a-t-il dit, ont remboursé «presque automatiquement» sur la foi des déclarations des assurés les pertes de contenu des congélateurs jusqu’à concurrence de 200 $.Même si Québec n’avait pas déclaré l’état d’urgence et n’a jamais ordonné l’évacuation des municipalités, l’invitation pressante faite le 13 janvier par le premier ministre Lucien Bouchard aux personnes en difficulté de quitter leur domicile a été interprétée par les assureurs comme un ordre d’éviction.Ils ont donc commencé à rembourser les dépenses de subsistance de leurs assurés qui n’avaient pas de système d’appoint ou de chauffage suffisant pour assurer leur survie au foyer.M.Medza a presque déploré l’absence d’un ordre d’évacuation qui «aurait confirmé sans équivoque l’application de cette protection».Québec ne l’a pas fait parce que, dans les municipalités en question, les habitants de plusieurs résidences arrivaient à survivre confortablement grâce à la prévoyance des propriétaires.Les assureurs ont même accepté de rembourser une partie des frais de ceux qui se sont abrités chez des parents même s’ils n’avaient alors aucune preuve de réclamation à faire.Dans certains cas, on peut même imaginer que des personnes ont réclamé des assureurs des frais de subsistance en plus d’avoir bénéficié de l’aide gouvernementale aux sinistrés.Ije président de la commission, Roger Nicolet, a voulu savoir si les assureurs faisaient face à plusieurs contestations juridiques pour leur décision de ne pas payer pour le déglaçage des toits à des fins de prévention.I^e porte-parole des assureurs n’a pas précisé l’ampleur de ces contestations.Les compagnies d’assurances, a-t-il dit, ont cependant payé pour des mesures préventives lorsque, à l’évidence, des dommages avaient été constatés.Ils convenaient alors de payer pour le déglaçage afin de réduire l'ampleur des dégâts.Mais ils n’ont pas accepté de payer pour le déglaçage domiciliaire que la plupart des gens ont entrepris pour éviter de lourdes factures de réparations, ce que le public a perçu comme une sorte d’obligation morale, voire contractuelle, entre l’assuré et son assureur, a dit M.Nicolet, qui y voit l’expression du comportement «d'un bon père de famille».Et les écoles?L’audience d’hier a par ailleurs mis en relief l’importance des écoles comme abris collectifs au Québec en cas de désastres, naturels ou pas.Le ministère de l’Education et la Fédération des commissions scolaires ont fait état des services qu’ont rendus ces équipements collectifs, réquisitionnés très tôt par les autorités, ce qui n’a néanmoins |xis compromis la session scolaire, reconstruite partout de fond en comble avec l’aide des syndicats.Pour la Fédération des commissions scolaires, le système scolaire a été pris par surprise mais' il a réagi comme il a pu.Les écoles ont ainsi été transformées en centres d’hébergement, en centres de jour pour les réfugiés du froid, comme animaleries, comme cuisines collectives et comme centres de distribution de vivres et de repas.Sans compter qu’on y a installé de véritables mini-hôpitaux et des infirmeries temporaires, des garderies, des dortoirs pour militaires, voire des douches collectives.Le problème, c’est que ces bâtiments n’étaient pas équipés à ces fins et qu’il faudrait y penser, ont soutenu les commissions scolaires.Les municipalités, qui ont mis au point des plans d’urgence, n’ont à peu près jamais consulté les commissions scolaires dont elles réquisitionnent les équipements à la première alerte importante.Il faudrait non seulement qu’on se concerte au niveau municipal avec les autorités scolaires mais qu’on choisisse ensemble les écoles qu’on va équiper pour faire face à d’éventuelles urgences, ont expliqué les représentants de la fédération scolaire.Il faudrait au moins, ont-ils dit, équiper ces écoles dê génératrices, diminuer leur dépendance par rapport à l’électricité — difficile de mobiliser le personnel si les numéros de téléphone se retrouvent dans un ordinateur inerte! —, rendre les entrées électriques compatibles avec les génératrices et même prévoir des installations pour les douches et la popote collective.Il faudrait même prévoir une façon de rémunérer les employés qui passent au régime de 18 heures par jour, avoir des listes.sur papier pour joindre enseignants et personnel administratif, voire les parents.1996, une fois le baudruche, que dis-je, la montgolfière Beau Dommage finalement dégonflée, Rivard s’est attelé prestement au dégraissage de son véhicule à lui, «mes outils et mon établi de folksinger», comme il dit.I>e vieux Fly-bin Band du fidèle tandem guitare-basse Rick Haworth-Mario Iégaré est devenu le Flybin String Ensemble avec Clode Hamelin au violoncelle, et Rivard a livré une «bienfaisante» série de spectacles intimistes intitulée Chansons lousses et cordes sensibles: trois des chansons du futur album y figuraient, la poignante Rue Sans Chagrin (d’abord créée en exercice imposé du concours Ma Première Place des Arts), la délicate version lente de la Madeleine de Brel, et surtout Ça reste dans la famille, une histoire de «petite flamme qui brille» malgré tout, sorte de profession de foi qui en disait déjà long sur ce que Rivard appelle aujourd’hui «la reprise de possession de mon petit espace».L’album a découlé tout naturellement du spectacle, s’adjoignant au fur, à mesure et au besoin la batterie de Dominique Messier ou l’orgue B-3 de l’inestimable Kenneth Pearson.«Ce n’est pas un album de groupe où il faut que tout le monde joue tout le temps», précise Rivard en haussant un sarcastique sourcil.«Avec Rich [à la coréalisation], on a pensé en termes de théâtralité, on s’est demandé quelle serait la meilleure mise en scène pour chaque chanson.Ce qui voulait souvent dire en faire moins que plus.» Cela s’entend.C’est-à-dire que l’on entend autre chose que la musique.Le vide de La Maison froide.L’air glacé dans Par un hublot d’avion.U: froissement de La Robe rouge tant désirée.Le silence entre les notes pas tout à fait justes du vieux piano droit familial dont joue Rivard dans Ça reste dans la famille.Maudit bonheur est un album qui se ressent.Je le dis à Rivard, qui sourit de son plus beau sourire en biais.«C’est ça que je voulais.Des chansons qui se suffisent à elles-mêmeç.Je ne voulais surtout pas être obligé de tout révéler dans Echos-Vedettes.» Au téléphone Par télécopieur Par courrier électronique Pour l’agenda culturel (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3551 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siege social est situé au 2050, rue de Bleury, étage, Montréal.(Québec), H3A 3M9.Il est imprime par Imprimerie Québécor LaSalle, 7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc.012.rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et a diffuser les informations publiées dans Le Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, Laval.Envoi de publication — Enregistrement n’ 0858.Dépét légal: Bibliothèque nationale du Québec.SUITE DE LA PAGE 1 concède Rivard.Je le dis avec toute l’amitié que j’ai pour les autres membres de Beau Dommage et avec une certaine fierté qu’on ait réussi à faire un album de nouvelles chansons qui ne soit pas autoparodique, mais ça m’a beaucoup fatigué.U travail en démocratie, qui était si facile à 20 ans, je l’ai trouvé pénible et un petit peu anachronique à 43 ans.En plus, on n ’a pas pu lutter contre le fait que le public voulait surtout entendre les vieilles chansons.Les chanter chaque soir de cette longue, longue tournée, filer de plus en plus Beach Boys, a eu son poids et m’a donné une certaine morosité.Ça s'est ressenti dans ma vie privée, dans ma santé.» Un tourbillon nostalgique Comme une tumeur en forme d’interminable triomphe, le second avènement de Beau Dommage a grossi, grossi, grossi, jusqu’à attaquer les organes vitaux.Le couple, la famille, les amitiés, l’âme, tout a été atteint.Et Rivard s’est retrouvé seul dans le tourbillon nostalgique avec son p’tit bonheur en fuite: «Bibelots ridicules / Faux chandelier d'or / Dans la maison froide / Quelque chose est mort» (La Maison froide).Seul à six.Seul dans un bimoteur qui transportait Beau Dommage de Sept-îles à Montréal, à envier le monde calme et paisible en bas: «Beau comme la mort quand elle est douce / Ton corps me fuit et j’ai la frousse / De perdre tout / Dans l’air glacé» (Par un hublot d’avion).Seul.Absent d’une vie, la sienne et celle des siens, qui continuait sans lui.«Il lui dit: je t’attends / Elle répond: je t'attends depuis plus longtemps.» (Toute personnelle fin du mondé) Par un drôle de double salto renversé du destin, Rivard, qui avait tout à perdre de l’aventure Beau Dommage et qui a bien failli payer le gros prix, se retrouve aujourd’hui avec le gros lot: une vie replacée sur ses rails et Maudit bon-| heur, son meilleur album solo à vie, le plus intime et le plus MICHEL RIVARD «Mes outils et mon établi de folksinger»
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