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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1998-04-18, Collections de BAnQ.

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L E l> E V Oil?.LES S A M EDI IS E T D I M A N t Il E 1 !» A V R I I.I !» !» S ?LE DEVOIR ?La chronique de Lise Bissonnette Page B 3 Cinéma Page B 4 Théâtre Page B 7 Vitrine du disque Page B 8 Henri Dès Page B 9 Vitrine de la vidéo Page B 11 À Québec Page B 11 Grille télé du week-end Page B 12 Agenda culturel Page B 13 Disques classiques Page B 14 ?La parole aux femmes Du 28 avril au 2 mai, Vues d'Afrique est de retour à Montréal.Parmi les 150 films et vidéos projetés, plusieurs œuvres témoignent d’un thème récurrent: la condition féminine, souvent brimée, voilée, parfois muette, mais au bout du compte de plus en plus éloquente.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR \ A parcourir le panorama des quatorzièmes journées africaines et créoles de Vues dAfrique cette année, on est frappé par le nombre de films qui traitent de la condition féminine.Le sujet éclate tous azimuts, du Sud au Nord et d’un continent à l’autre, du Maghreb à l'Afrique noire, d’Haïti à ce Montréal où des femmes musulmanes déracinées essaient d’apprivoiser le choc des cultures.De la tragédie malienne Faraw! Une mère des sables, d’Abdoulaye Ascofare, à Days of Democracy, le documenfaire d’Ateyyat El Abnoudy sur les Egyptiennes en politique, en passant par un document haïtien assez désespérant sur les prisonnières, les femmes se tendent un miroir, à moins que ce ne soient les cinéastes hommes qui les observent du coin de l’œil.Tellement débattue cette année, la condition féminine, qu’un colloque lui est consacré toujours dans le cadre de Vues dAfrique les 28 et 30 avril, interrogeant le rôle des réalisatrices dans la promotion des droits et libertés.Najwa Tlili est une cinéaste d’origine tunisienne installée à Montréal.C’est elle qui organise le colloque en question, elle également qui y lance son film Rupture (une production de l'ONF) qui parle des femmes arabes violentées par leur mari, en porte-à-faux entre deux cultures, d’autant plus démunies qu’elles sont isolées, sous tutelle, ignorantes de leurs droits.Rupture donne la parole notamment à Roula Koudsi, cette épouse battue, musulmane qui refusa de retourner au pays quand Immigration Canada voulut l’expulser en 1996.Najwa Tlili précise que son documentaire fut à la fois une façon de prendre la réalité à bras-le-corps et un constat d’impuissance.«Un film ne règle pas la situation», dit-elle.D’où ce colloque qui réunit des femmes cinéastes, notamment d’Algérie (des journalistes algériennes censurées chez elles), d’Haïti, du Tchad (la réalisatrice Zahra Yacoub qui fit face à un tollé dans son pays après avoi;- fait un film sur l’excision), d’Egypte, d’Afrique du Sud, du Québec.Najwa 'Dili évoque la nécessité de sensibiliser les femmes d’ici sur les réalités d’ailleurs, les femmes d’ailleurs sur les réalités d’ici, tant chaque camp lui apparaît pétri d’illusions sur l’autre.«Au Sud, les gens idéalisent les réalités du Nord.Mais au Nord, ce sont les préjugés contre le Sud qui circulent.» Najwa Tlili a voulu créer un pont, provoquer une rencontre.«Par mon film, j'ai ouvert une fenêtre sur la complexité.Mais il y a tant de choses à dire.» VOIR PAGE B 2: AFRIQUE educti»1" loipilmé lu Ca/ydj THI'.U-31C6 iM r.B Desr ans tent SYLVAIN CORMIER La seitiaînédernière, on proposait au comité de scrutin de l’ADISQ de remettre un nouveau Félix pour la meilleure réédition-anthologie-compilation: début d’un temps nouveau pour la chanson d’hier, pan traditionnellement jetable après usage de l’industrie du disque.e ne sera pas pour cette fois.Aucun Félix ne soulignera cette année la meilleure refonte de chansons d’hier: la proposition conjuguée de Martin et Patrice Duchesne, lesquels ne sont pas du tout parents mais tout à fait directeurs artistiques et spécialistes de la compilation, respectivement chez Fonovox et Audiogram, a été rejetée.Remarquez, il y a cinq ans, l’idée même de soumettre une telle proposition aurait fait rigoler.La progression est nette.Bientôt, le respect?11 faut dire que le catalogue, c’est-à-dire le lot des anciennes parutions d’une compagnie de disques, a longtemps été l’enfant négligé de la grande famille de la chanson.Stigmate des compilations K-Tel sur vinyle recyclé, l’équation fonds de commerce - fonds de tiroir est ten Seuls quelques vétérans ont depuis toujours mesuré leur de leurs archives.Pour Denis S.Pantis, le plus tant producteur de musique populaire de son temps fie: nées 60), cette conscience fût éveillée très tôt: correspondant local du magazine Cashbox, alors concurrent principal de la bible commerciale Billboard, il observa dès le début des sixties l'émergence d’un marché complémentaire.«C’était mon éducation, la lecture du Cashbox, explique-t-il.Déjà, en 1962-63, les majors américaines commençaient à ressortir les reliques des années 40.J’ai vite compris que le catalogue d’une compagnie est précieux.» Au Québec, il fait cavalier seul.Partout, on jette les bandes maîtresses, on remise les rubans sitôt utilisés dans les entrepôts, et puis on oublie dans quel entrepôt.«Quand j’étais directeur artistique chez Gamma et que j’ai soumis l’idée de la collection Québec Love, rapjxdle Patrice Duchesne, il a fallu un an et demi pour trouver les bandes maîtresses.Daniel Ixizare [patron et fondateur de Gamma] faisait des recherches, téléphonait à des amis qui en parlaient à leurs amis.» VOIR PAGE B 2: RUBANS Lire aussi ¦ Les archéologues de la chanson québécoise, page B 2 ¦ Les immortels n’ont pas dit leur dernier mot, page B 3 La vitrine du disque: Dans la mémoire longtemps, page B 10 Les trésors de la chanson d'ici revivent + VA**»# ««Si « A» * *4Ï‘> « >¦>*¦** i %?v*\ 6 Grand concert annuel du Nouvel Ensemble Moderne SOUS LA DIRECTION DE LORRAINE VAILLANCOURT NOUS REMERCIONS NOS PARTENAIRES: LE CONSEIL DES ARTS ET DES LETTRES DU QUÉBEC, LE CONSEIL DES ARTS DU CANADA, le Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal et l’Université de Montréal, 198?998 1Mercredi 29 avril 1998 à 20 heures —- salle Claude-Champagne Au PROGRAMME.DES ŒUVRES DE TRISTAN MURAIL (FRANCE) uca Francesconi (Italie) Michael Jarrell (Suisse) Salvatore Sciarrino (Italie) ET UNE CRÉATION MONDIALE DE JOSÉ ÉVANGELISTA (CANADA) 20$ - RÉGULIER 12$ - ÉTUDIANT ET AÎNÉ 5$ - Carte «Artiste» Réservations: 51U-3U3-5962 18h30 à 19h30 Conférence au foyer DE LA SALLE CLAUDE-CHAMPAGNE avec Serge Provost, J.ÉVANGELISTA ET T.Murail I.K I) K V U I U .I.K S S A M E I) I I .S E T l> I M A X < Il E I ! A V II I I.I !l !• S 1R T S Les archéologues de la chanson québécoise Ils rôdent dans des entrepôts et clapotent dans des sous-sols inondés en quête des traces de notre patrimoine chansonnier.Les histoires d'amour des spécialistes de la réédition.SYLVAIN CORMIER Sur la boite de carton, c’est écrit: Edith Piaf.Dedans, il y a une copie de la bande originale de l'enregistrement d’un spectacle de la Môme a Montréal en 1957.Inédit.Martin Duchesne, le jeune directeur artistique de l'étiquette Fonovox, a trouvé le document dans les archives de Radio-Canada.Il me tend un autre boîtier.J’ai la rétine qui se dilate.C’est Brel, en récital à L’Outremont en 1964.«Il chante entre antres des chansons québécoises», exulte I )uchesne.J’ouvre la boîte, tâte le ruban.Brel vit là-dessus.«Le Piaf m’ex-plique-t-il, a été enregistré par Radio-Canada sur acétate.Les acétates, c'était très fragile, on ne pouvait les faire jouer que deux fois Di première fois, c’était pour la diffusion en différé.Im seconde, ç'a été pour copier le document en 072! sur ce ruban-la.» Je manipule l’objet du bout des doigts.«Pas de danger, rigole-t-il, on a tout transfcic digitalcment sur cassette DAT.» Oui Tant que le DAT n'est pas fait, c'est ma qu'on tremble un peu.¦¦ U-Piaf paraîtra en 1998.On doit encore obtenir les autorisations nécessaires pour le Bit 1 II y a la Fondation Brel dans le du 95-UÜ16-A et 95-0021-A L'Association des professionnels des arts de la scène du Québec (APASQ) et l’Union des Artistes (UDA) ont chacune déposé auprès du Tribunal canadien des relations professionnelles artistes-producteurs une demande d’accréditation afin de représenter les metteurs en scène dans leur négociation collective avec les producteurs assujettis à la Loi sur le statut de l'artiste.Dans une décision rendue le 30 décembre 1997, le Iribunal a déterminé que le secteur décrit ci-dessous était approprié aux fins de la négociation : Un secteur qui comprend tous les entrepreneurs indépendants engagés par un producteur assujetti à la Loi sur le statut de l'artiste pour accomplir les fonctions d’un metteur en scène lors d’une production sur scène, en français, d’une oeuvre littéraire, musicale ou dramatique ou d'un numéro de mime, de variétés, de cirque ou de marionnettes.I.e Tribunal a ordonné la tenue d’un scrutin de représentation afin de déterminer quelle association devrait être accréditée pour représenter les metteurs en scène.Une liste de votants potentiels a été constituée à partir de listes fournies par l’AFASQ et l’UDA.Si votre nom figure sur la liste reproduite ci-dessous, vous recevrez automatiquement le matériel nécessaire [tour participer au scrutin de représentation.Veuillez noter que tout metteur en scène dont le nom n’apparaît pas sur la liste de votants ci-dessous peut s’y inscrire, à la condition : a) d’avoir effectué trois mises en scène professionnelles* au cours de la période comprise entre le 13 septembre 1994 et le 12 septembre 1997: ou b) d’avoir effectué dix mises en scène professionnelles dans sa carrière, dont une au cours de la période comprise entre le 13 septembre 1994 et le 12 septembre 1997; ou c) d’être reconnu comme metteur en scène dans le milieu et avoir encore une pratique soutenue et régulière.*0» entend par «mise en scène professionnelle», celle pour laquelle l’artiste, ou la personne morale par laquelle il offre ses services personnels, a reçu une rémunération et qui a fait l’objet d'une représentation publique; peut également être considérée comme une mise en scène professionnelle celle effectuée moyennant rémunération dans le cadre d'un exercice de fin d'année montée avec des étudiants finissants d'une école de théâtre reconnue.Pour vous inscrire sur la liste des votants, veuillez communiquer avec le greffier du Tribunal, Josée Dubois, au plus tard le 15 mai 1998, 17 h 00 au 1-800-263-2787.Au moment de vous inscrire, vous devrez fournir votre nom, adresse postale et numéro de téléphone.Veuillez noter qu’après l’expiration du délai prévu dans cet avis public, la liste de votants ainsi constituée, incluant les noms et adresses, sera remise à l’Al’ASQ et à l’LDA.Marthe Adam Normand Denis Drolet Marc Hébert Hubert Loiseile Gilles Provost Vladimir Agreev Canac-Marquis Pierre Drolet Paul Hébert lory Pierre-Louis Cari Alacchi Yvan Canuel Jasmine Dubé Hedwige Herbiet Jacqueline Magdelaine Michèle Magnv Quenneville France Arbout Denys Caron Diane Dubeau Grégory Hlady Patrick Quintal Gabriel Arcand Guy Caron René-Daniel Dubois Germain Hou'de Claude Maher Fernand Rainville Jean Asselin Serge Carrier Monique Duceppe Stéphane F.Jacques Gilles Maheu Michel P.Ranger Diane Aubin François Cartier Hélene Ducharme Jacques Jalbert Dominique Malacort Christiane Raymond Yannick Auer Lise Castonguay Gilbert Duma- Alain Jean Dents Marleau Virginia Reh Robert Philippe Babin Clément Cazeliis Michel Dûment Maka Kotto Deny se Marleau Olivier Reichenbach Paule Baillargeon Martine Chagnon Robert Duparc Marie Laberge Gilles Marsolais Miguel Rétamai lolly Reviv Petr Baran Dominic Champagne Karl-Patrice Dupuis Sylvie Labrie-Bérubé Gilles Labrosse Alexis Martin François Barbeau Gill Champagne Louisette Dussault Pauline Martin Benoit Ricard Jean-Luc Bastien Michel Chapdeiaine Muriel DutÜ Jean-Yves Laforce Sylvain Massé Yves Massicotte Gervais Richard Josée Beaulieu Jean Charest Claire Faubert Charles Lafortune Monique Rioux Reynald Robinson Martine Beaulne jean-Pierre Chartrand Françoise Faucher Roc Lafortune Louise Matteau Dominick Bédard Henri Chassé Martin Faucher Benoit Iagrandeur Robert Maurac Alice Ronfard Jean Bélanger Normand Chouinard Danielle Fichaud Louis Lalande Michael McGill Jean-Pierre Ronfard Pascal Belleau Sophie Clément Denise Filiatrault André Laliberté Daniel Meilleur jacques Rossi Michelle Rossignol Sylvi Belleau Claudine Cloutier Ghyslain Filion Louise Lalonde Onil Mélançon Eudore Belzille Raymond Cloutier Nicole Filion Robert lalonde Victor Jacques Ménard Pierre Rousseau Jean-Pierre Bergeron Pierre Collin Michel Forgues Micheline Lanctôt Marthe Mercure Daniel Roussel Michel Bergeron Richard Comar Marie-Théresc Fortin Martine Landreville Jean-Frédéric Messier Jean-Louis Roux Denis Bernard Carole Corbeil Michel Fréchette Sylvain Landry Raynald Michaud jean-Stéphane Roy Pierre Bernard François Cormier Richard Fortin Suzanne Lantâgne Albert Miliaire Maurice Roy Nancy Bernier Claude Côté Alain Fournier Guy Lapierre Sophie Lapointe Joel Miller Jean-Guy Sabourin Jean (lesré Sonia Chatouille Côté Pierre-André Fournier jean-Louis Millette Chantal Saint-Cyr François Bienvenue Michelle Courchcsne André Gagnon Michel Laporte Michel Mondy Jacqueline Salvas Vincent Bilodeau Marie-Dominique Denise Gagnon louise Laprade André Montmorency jean Salvy Yvon Bilodeau Cousineau Gérald Gagnon Michel laprise Claude LaRoche Michel Monty Patrie Saucier Claude Binet Lucien Crustin Jacques-Henri Gagnon Pierre Moreau Septimiu Sever Sylvain Bissonnette René Richard Cyr Jean-Marie Da Silva Manon Gagnon Roland Laroche Mouffe Daniel Simard Roger Blay René G«non Denis LaRocque Carole Nadeau Philippe Soldevila Jean Boilard joél Da Silva Robert Gagnon Gilles latulippe Dominic lavallée Michel Nadeau Philip Spensley Téo Spychalskt louis St-André Charlotte Boisjoli Yves Dagenais Jean Dalmain Michel Gariepy Guy Nadon Michèle Boisvert Émile Gaudreaull louis-Dominque Martin Neufeld Mario Boivin Louison Danis Gervais Gaudreaull la vigne Patricia Nolin Jacques St-Cyr Johanne (Marie) Robert Daviau Jean-Yves Gaudreault Bernard Lavoie Guylaine Normandin Joseph St-Gelais Bolduc Guillermo De Andrea Matieu Gaurnond Robert Lavoie Geneviève Notebaert janine Sutto André Bonsang Frank Deguisne Georges Delisle Jean-Luc Denis I.iette Gauthier Yves Leblanc Diane Ouimet François Tassé Mario Borges Gratien Gélinas Jean-Denis Leduc Igor Ovadis Rychard Theriault Denis Bouchard Jean-Maurice Gelinas Paul Lefebvre Marc Pache Serge Thibodeau Mario Bouchard Serge Denoncourt Nathalie Derome Normand Gélinas Réjean Lefrançois Daniele Panneton Yvon Thibuutot Alpha Boucher Jean-Claude G' main Yannick Legault Serge Paquette Nadia Paradis Jérôme îiberghien Gary Boudreault Yves Desgagnés Rémy Girard Michelle Legc-r jacinthe C.lremblay Sylvie Bourque duy (Borzai Boutet Pascal Desgranges Gaétan Gladu Richard Léger Renée-Madeleinc Stephan Parent Larry lremblay Muriel Üesgroscilliers André Gosselin Luce Pelletier Danielle Trépanier Jean-Jacqui Boutet Paulo Désilets Roger-Ernest Gosselin le Guerrier Pol Pelletier Gisèle Trépaniez Lome Brass Jocelyn Dcsjarlais Luc Gouin Jean-Marie lelievre Pierre Péloquin Gérard-Charles Valente André Brassard Jacques Désy Madeleine Grcltard Gilbert Lepage Monique (epage André Perrier Marion Vallée- Denis Brassard Yves Désy Alain Grégoire Danielle Grégoire Lorraine Pintal Benoit Vermeulen Michel Breton Paula De Vasconcclos Robert Lepage Gérard Poirier Denise Verville Benoit Brière Sébastien Dhavernas Ginette Guay Roland Lepage- Normand Poirier André Viens Mark Bromilow Louise Dion Pierre-Philippe Guay Danielle Leptne Claude Poissant Normand Vincent Marc Brouillette Ariane Buhbinder Paul Buissonneau Alexandre Buysse Bernard Cameron Marie-Lou Dion Robert Dion Isabel Dos Santos André Doucet Chrystiane Drolet Odette Guimond Brigitte Haentjens Natalie Hamel-Roy Andres Hausmann Alexandre Hausvater Nicole Leriche Yvon Leroux Jacques lessard jacques Letourneau Eugène Lion Yvan Ponton André Poulain Marie-Hélène Poulin Sylvie Présent Michelle Prévost Louis Wiriot Elizabeth MacPherson Directeur exécutif et avocat général Iribunal canadien des relations professionnelles artistes-producteurs 240, rue Sparks, 8e étage ouest Ottawa (Ontario) Kl A 1A1 Téléphone 6/3 996-4052; 1-800-263-2787 Télécopieur 613 947-4125 JAcQl E.S GKLNIER 1 1 1)1-, Denis Faillis ge.» Ces joursrci, il préparé la toute premiere anthologie de Zachary Richard: «Quand Zachary t’apporte la seule copie sur cassette de son premier album, celui qu’il n’a jamais sorti, tu touches à quelque chose de merveilleux.» La cave aux trésors Denis Bands, le producteur roi de l’ère yéyé recyclé dans.la réédition, a installé ses bureaux dans une ancienne banque, rue Ontario.Là où il y avait les chambres fortes, il y a maintenant son trésor de bandes maîo-^sses.D’in-lesquelles ITiis-iviiic uc ra ciuuison populaire se lit au feutre noir Ginette Reno, Fernand Gi-gnac, Sinners, Karriks, Sultans, Mer-seys, Pauline Julien, etc.J'entre là comme dans la caverne d’Ali Baba.Bands me montre un boîtier contenant une session des années 60 de Ginette Reno.Le carton est ondulé, connue s’il avait séché après avoir pris l’eau.Guy-laine Maroist, anciennecollaboratrice au Devoir, aujourd’hui assistante de Bands, relaie l’anecdote: «Denis avait [l’ancien producteur] Art Young au téléphone, et Young lui disait qu’il y avait inondation chez lui.Les bandes maîtresses de Ginette Reno étaient au sous-sol.Denis a accouru.Il les a sorties de là in extremis.» Presque tout ce qu’il y a là-dedans va revoir le jour.«Avec l'aide de Guylai-ne, on a tout transféré sur DAT.On va contacter tous les artistes, faire signer de nouveaux contrats, libérer tous les droits à la SODRAC, et puis on va tout ressortir.» Tout?Plus d’une centaine de titres, au cœur d’une vaste campagne de revitalisation et de mise en marché qui inclura réclames télé, infomercials, livre, magazine et disquaire flottant dans les centres commerciaux.«Je veux qu’on sache que la musique populaire des années soixante, c’était pas seulement Le Ya-ya.Tous les artistes ont leur place.» RUBANS L’univers du collectionneur Jusqu’à l’avènement du disque compact, la pratique était simple: si on publiait à l’occasion un album de «grands succès», on se contentait généralement de copier des vinyles en (relatif) bon état.Une photo au recto de la pochette, les titres des chansons au verso, et hop, la coinpil’ échouait dans les présentoirs.«Ça ne dérangeait personne, convient Patrice Duchesne.D' consommateur n’avait jamais connu mieux.» Dans les années 80, Bands et Guy Cloutier occupaient a peu près tout le créneau de la réédition bon marché.Bands, relégué aux oubliettes par l’industrie à l’arrivée des Charlebois, Beau Dommage et autres Harmonium, a entre-temps ouvert son premier Marché du disque au Balais du commerce et découvert l’univers parallèle et lucratif du collectionneur.«Si je n’avais pas eu les magasins, je ne ferais pas ce que je fais aujourd ’hui.Tout part du client qui revenait tout le temps me demander si j’avais tel 45-tours des Étoiles Filantes.On s’est aperçu qu 'il y avait un intérêt, et une pénurie de produit.» L’avènement du disque compact Apparaît alors )e disque compact, déclenchant aux États-Unis une vaste ponction des catalogues.En masse, les gens remplacent leurs vinyles par des «best of>.Les premières compilations en format audionumérique débarquent sur les étals, expéditives: le son digital est certes limpide, mais l’emballage demeure minimal.Bands, qui a déjà écoulé par milliers ses compilations en cassettes dans les Zellers et autres grandes surfaces, suit le mouvement mais remarque le fourmillement des petites compagnies spécialisées.«Amateur de rock'n’roll et grand fan de Jerry Ia?e Lewis, j’avais vu ce que faisait Bear Family en Allemagne, leurs beaux coffrets.Aux USA, je remarquais la monté de Rhino.» Rhino Records, ce sont deux gars dans un magasin de disques de Californie qui se mettent à racheter les bandes maîtresses de petites compagnies et à vendre, surtout par la poste, un grand nombre de compilations d’artistes obscurs des années 50, 60 et 70, que s’arrachent illico les amateurs lassés par les sempiternels «oldies but goldies» des stations de radio rétro.«Une fois qu 'ils sont allés chercher tout le produit disponible chez les indépendants, raconte Eantis, les gars de Rhino se sont associés aux majors pour travailler leurs fonds de catalogue.Après, voyant que Rhino fuisuit de l’argent, Capitol a tout racheté.J’ai fait la même chose ici.» Ia“s vannes s’ouvrent Les anthologies de chez Rhino, rapidement imitées par une kyrielle de labels indépendants (Sundazed, Ace, Edsel), sont exemplaires: livrets copieux, luxe de détails a propos des enregistrements, iconographie conséquente.Bientôt, l’industrie engage des spécialistes et leur confie des «projets spéciaux»: Sortent les premiers coffrets, le Biograph de Bob Dylan, le Crossroads d’Eric Clapton.Les vannes s’ouvrent.C’est la ruée dans les chambres fortes.Depuis la tin des années 80, chaque Noël amène ainsi sa cuvée de boîtiers haut de gamme.Au Québec, il faut attendre 1992 et la parution simultanée des «box sets» d’Offenbach chez BMG et la collection Québec hwe chez Gamma.Livrets, textes bien informés, illustrations, chansons inédites, versions alternatives, tout y est enfin.Depuis, une nouvelle génération dépassionnés d’histoire de la chanson de chez nous s’est immiscée et s’impose peu à peu dans l’industrie, définissant de nouveaux critères d’excellence: Batrice Duchesne a œuvré chez Gamma, puis GSI, désormais chez Audiogram, multipliant les collections anthologiques (Québec Dive, Chansons pour durer)-, Martin Duchesne a créé Fonovox en collaboration avec Radio-Canada et bâti un imposant catalogue de quelques 200 titres en tous genres; la journaliste-musicienne Guylaine Maroist s’est associée à Bands, revampant avec lui son immense stock de bandes maîtresses.Blusieurs vétérans ont emboîté le pas: André Di Cesare a lancé Musique, splendide coffret d’André Gagnon, et Nick Carbone chez Bar-clay-Bhilips s’occupe un peu plus attentivement de son formidable fonds de commerce d’artistes français.Des collaborateurs sont dorénavant sollicités: Robert Thérien, coauteur du Dictionnaire de la musique populaire au Québec 1955-1992, est systématiquement consulté et mis à contribution par les Duchesne; Bands a requis l'expertise d’un Richard Baillargeon, grand spécialiste ès yéyé, pour la rédaction des livrets de sa collection Les Années Jeunesse-, des journalistes (Laurent Saulnier, Marie-Christine Blais, André Ducharme, Mario Roy, moi-même) sont de plus en plus recrutés pour les textes biographiques.«Je pense qu'on est quelques-uns à avoir le sens du document, se réjouit Martin Duchesne.Par exemple, on achève actuellement de préparer l’intégrale de La Bonne Chanson.On a trouvé 320 chansons.Le livret aura plus de 200 pages, avec artefacts, photos, biographies de chaque artiste.Le temps du n’importe comment est fui.Im réédition doit être un produit de prestige.» AFRIQUE L’inégalité des sexes La condition des femmes est tributaire du contexte sociopolitique d’un pays, et les films présentés cette année en témoignent.Ki prizon pou fame ak timoun?ou, pour sortir du créole, Quelle prison pour femmes et mineurs?, demande l’Haïtienne Ra-chèle Magloire dans son documentai- re en forme de question qui n’ose pas de réponse.Et de nous emmener faire un tour à la prison Fort national d’Haïti où les détenues se plaignent d’être battues par les gardiennes, les gardiennes d’être violentées par les détenues.Allez départager qui dit vrai et qui dit faux dans un milieu impossible, avec la misère qui rôde.Ki prizon pou fume ak timoun ?Un lieu ESPACE G0 PRÉSENTE AVEC LA COLLABORATION DE BANQUE LAURENTIENNE CREATION MONDIALE f*l_l A K ITDE DANIEL DANIS LE UHAIN I MISE EN SCÈNE DE RENÉ RICHARD CYR DU DIRE-DIR n PASCAL CONTAMINE KATHLEEN FORTIN FRANÇOIS PAPINEAU STÉPHANE SIMARD 28 AVRIL AU 30 MAI 1998 AVEC LA PARTICIPATION a Hydro , .Québec * ra Théâtre ESPACE G0 4890, boni.Saint-Laurent Montreal Reservations ; 514.845.4890 Admission: 514.790.1245 en forme de cauchemar.Certains films de femmes de Vues d’Afrique versent dans l’humour, comme le très rigolo Truc de Konaté de la Burkinabé Fanta Regina Nacro, une apologie du condom.Dans cette œuvre de commande (mais vraiment bien foutue), il sera question de polygamie, d’un mari courailleux et d’une épouse qui, ayant peur du sida, revient de la ville avec ses préservatifs que l’époux refuse d’enfiler.Et celui-ci de partir en quête de l’arbre à condom appelé à lui redonner sa virilité pci due La Marocaine lzza Genini aborde de son côté les joies de l.i frivolité ou plutôt de la beauté feminine ornée et maquillée dans Pour le plaisir des yeux, portrait d’une «embellisseuse», c’est-à-dire une experte maquilleuse venant maquiller les femmes lors des rites de passage, mariage, puberté, grossesse.la grosse dame moustachue se promène de Casablanca à Marrakech, de Fez à Rabat, avec ses pinceaux et ses poudres, peignant les visages, baignant les corps, semant la beauté sur son passage.Iœs images du film sont belles aussi, avec ce Maroc de couleur, de chatoiement.Conte moderne et féministe, Taafé Fanga (Pouvoir de pagne), du Malien Adania Drabo, donne carrément le pouvoir aux femmes dans un petit vil lage où un nouvel ordre féminin remplace le patriarcat de jadis.C’est encore de femmes dont cause Furaw! Une mère des sables, d’Abdoulaye Ascofa-re, éloge d’un Mali traditionnel menacé par des valeurs de perdition, mettant m scène um mère Courage retu sant di voir prostitue : a fille Ces réalités feminines a cloche-pied entre tradition et modernité constituent une thématique lancinante.Elle est la trame de Femmes.et femmes de la Marocaine Saâd Chraibi.montrant des amies libérées mais pourtant entravées, autonomes quoique en quête de l’âme-sœur dans un Maroc contemporain qui se cherche.Quant au Tunisien Nouri Bouziil (coscénariste d’Halfaouine et (les, Silences du palais), dans Bent Fa-milia, il interroge le destin de trois amies d’une trentaine d’années.Ont-elles ou non choisi leurs destins, et doivent-ellc remettre ceux-ci en cause?Ce sont .c (h •.!>, mêmes questions qui hantent i .les films de Vues d’Afrique venus se pi ncher sur la condition féminine en des pays dont la trame sociale repose encore souvent sur l’inégalité des sexes.t « D.D L K I) K V () I K .L K S S A M K D I IS K T I) I M A X ( Il K I !» A V II I I.I !» 9 S B 3 Cogeval, le contemporain Le Musée des beaux-arts de Montréal aurait pu s’épargner de longues et coûteuses recherches en se fiant au flair de notre collègue Stéphane Baillargeon qui, le 2 octobre 1995, avait publié en nos pages une passionnante entrevue avec le muséologue français Guy Cogeval.Il y disait déjà toutes les bonnes choses qualifiantes pur la direction de notre Met à nous, où il s’installera sitôt qu’il aura fait ses adieux, a Paris, à son Musée national des monuments français.Le conseil d’administration du MBAM, qui rêvait surtout de réseautage international et de dynamique figure de proue, y aurait vu se dessiner ce profil jeune et voyageur désormais fort couru par les institutions en mal de se caser sur les axes de circulation des grandes expositions.Les simples amoureux de l’art, dont nous sommes, y auraient trouvé les signes d’une passion qui n’est surtout pas inscrite dans l’ADN de tous les directeurs et conservateurs de musée, et qui devrait pourtant être la première exigence requise de l’aspirant à la tâche.?Généreux, M.Cogeval nous accordait au moment de sa nomination une autre entrevue (voir notre édition du 10 avril) à indices réjouissants, dont je ne sais s’il sait qu'ils touchent des cordes sensibles dans un milieu qui se sent mal aimé et éloigné du MBAM.Je les passe en revue, en vrac.M.Cogeval, qui connaît encore mal l’art québécois — qu’il se rassure, voilà un trait qu’il partage avec la plupart de ses futurs nouveaux concitoyens —, a manifesté l’intention de «colmater ta brèche» le plus rapidement possible.S’il fallait qu’il y prenne goût au point de faire l’arrimage avec un MBAM qui traite souvent cet art comme un boulet, qui le fige dans quelques salles secondaires, qui exploite mal ses propres trésors, ce serait une révolution./ Si H i s so M.Cogeval se dit séduit par le caractère polyvalent de notre musée, quand les musées de France ont tendance à devenir trop spécialisés.Les collections du MBAM sont en effet encyclopédiques et ouvrent mille avenues à une direction qui aspirerait, avec raison, à être tout à tous.le problème est dans le liant et la qualité des choix, pour un musée qui a souvent étourdi son public plus qu’il ne l’a apprivoisé, en lui présentant des niaiseries comme Snoopy et des propositions fortes comme l’Europe symboliste, sans se donner la peine de faire l'éducation qui, à son tour, fait la différence.M.Cogeval a aussi dit cette chose énorme, hérétique selon l’orientation actuelle du musée, mais magnifique: «Le musée a un rôle vis-à-vis des artistes vivants, c’est évident.Et je le répète, une des raisons qui motivent mon choix de venir ici, c'est l’art contemporain.» Voyez-vous ça, si le Musée d’art contemporain de Montréal, auquel le Musée des beaux-arts avait cédé en pratique ce terrain, trouvait soudain de la saine concurrence à ses portes et se réveillait en position d’attaque?On en cause déjà dans les chaumières moroses que sont devenus les galeries, les centres, les ateliers où se trouvent les «artistes vivants» qui ne voient passer que de loin en loin des conservateurs aux enthousiasmes rares et bridés par un surntoi théorique inhibant.Avec tant de bonnes dispositions et l’audace de les dire d’entrée de jeu, sans trop se soucier de ses arrières, le nouveau directeur nous fait aussi rêver à d’autres lendemains.A un MBAM qui jouerait enfin son rôle de vaisseau amiral du monde muséal québécois, c’est-à-dire qui cesserait de bouder les efforts communs des petites et moyennes institutions dont plusieurs sont en émergence.Et qui, jouant de sa taille, de son histoire, de sa réputation, accepterait de participer à leur développement comme le font, ii ii et te de la Vieille Capitale, avec des moyens pourtant bien plus modestes, le Musée du Québec et le Musée de la civilisation, qui n’hésitent pas, notamment, à prêter leurs collections.Iœ MBAM, plus que tout autre, pourrait le faire à court, moyen et long termes, dans ce vaste pays où tous ne peuvent le fréquenter régulièrement.A un MBAM qui redonnerait du lustre à son équipe de conservateurs, décimée malgré les besoins d’une maison de cette taille.Il devrait être possible d’offrir des expositions de qualité internationale sans renoncer, comme le musée l'a fait en pratique au cours des dernières années, à un programme interne de recherches, de publications et d’expositions maison qui donne à l’institution sa personnalité et surtout à la collectivité les enseignements auxquels elle a droit.À moins de revenir à cette profondeur, le MBAM ne sera plus qu’un centre d’exposition s’épuisant à pourchasser les coups d’éclat, les mégafêtes pour l’œil, tandis que s’use peu à peu sa science, pourtant son fondement.A un MBAM qui aimerait son public au lieu de tenter de l’amouracher.Malgré des rendez-vous majeurs, publicisés à grands frais, il a toujours été étonnant de constater le soin mitigé que ce musée, aux salles parfois superbes, accorde à la mise en place des expositions.C’est là, tout autant que dans les activités d’animation déjà excellentes au MBAM et dont le futur directeur est semble-t-il un as, que se joue la relation avec le public.Comme l’acoustique d’une salle de concert, la convivialité d’une salle de musée est indéfinissable mais cruciale et il faut y travailler (voir la preuve dans la qualité soutenue de la présentation des expositions du Musée du Québec, où on est bien, tout simplement).La folie du tourniquet, à laquelle aucun musée n’échappe aujourd'hui, ne peut être contrée, petit à petit, que par la constitution d’un public fidèle, ami, qui revient sur les lieux parce qu’il a souvenir de ce bien-être, et pas seulement pour voir le dernier étalage à la mode.À un MBAM qui joue de sa force et de ses appuis pour extirper enfin des profondeurs timorées de l’Etat québécois la politique muséale promise depuis quinze ans par une longue succession de ministres de toutes couleurs politiques.Il y va de son propre intérêt de grand musée, maigre qu'il n’en ait jamais fait cette lecture.L’essor qu’ont pris les arts de la scène au Québec, tant dans les milieux locaux qu’internationaux, est tributaire de politiques de développement qui ont soutenu concrètement, jusque dans le béton, les talents de toutes sortes.Les lendemains en sont controversés — vous avez vu comme ça barde théâtralement en nos pages — mais ils témoignent d'une vitalité aujourd’hui absente du milieu des arts visuels, incertain, craintif, éternellement en attente de son tour dans la file des politiques publiques.le MBAM est le seul des grands musées à profiter d’un statut mixte (un peu plus de la moitié de son financement vient du secteur privé) et il a plus de marge de manœuvre.S’il innove peu, pourtant, ne serait-ce pas parce que déteint sur lui la langueur ambiante?Il est le mieux placé, peut-être, pour la secouer.Et allons-y gaiement en terminant.Ce serait une fête inhabituelle si le Musée des beaux-arts de Montréal, profitant de l'arrivée en ses lieux d’un monsieur qui se transplante sans trop d’idées préconçues ou acquises sur notre société distincte, poussait sa réflexion hors du cercle très institutionnel et assez peu varié, depuis des années, de son conseil d'administration et des mécènes qui l’accompagnent.S’il invitait le «milieu», artistes, amis, amateurs, à formuler ses espoirs, quitte à ne pouvoir les nourrir tous.Cela donnerait peut-être des idées et du courage au ministère de la Culture, qui hésite à se lancer en œuvre de pensée.En 1995, M.Cogeval s’élevait contre les musées «narcissiques».Ce serait un bon antidote, pour le nôtre un brin menacé par ce mal, de lui faire voir du monde ailleurs que dans son propre miroir.RÉÉDITIONS Les immortels n’ont pas dit leur dernier mot La seule filière de Denis Pantis compte rééditer quelque 200 archives d’ici trois ans Au delà des sincères préoccupations pour la chanson québécoise, au delà des véritables passions de quelques-uns pour son rayonnement, de qui ces rééditions font-elles l’affaire?LOUISE LEDUC LE DEVOIR Il y a deux ans, quelques-uns des plus grands succès de Monique Leyrac faisaient l’objet d’une réédition.Pendant les premiers six mois, elle a eu des nouvelles de son étiquette de disques Fonovox, reçu son dû.Puis, plus rien, jusqu’à il y a une semaine.«Eh non! Je ne suis pas morte!» Elle est en effet bien vivante et très en forme, ce qui réjouit ses plus grands admirateurs mais complique peut-être un peu la vie, à son avis, à son étiquette de disque.Quand tout est fait dans les règles de l'art, les étiquettes de disque doivent envoyer aux ayants droit — auteurs, compositeurs, interprètes — un relevé précis des ventes des derniers mois.Certes, tout ce qui relève du droit d’auteur est aussi compliqué qu’une déclaration d'impôt.Pour vous résumer le monstre, sachez qu'une chanson est protégée cinquante ans après la mort du dernier ayant droit et que 0,07 $ doivent être versés au parolier et au compositeur.La bande maîtresse, elle, est protégée cinquante ans après sa fabrication; producteurs et interprètes touchent alors des droits.C’est par les journaux, il y a quelque temps, que Monique Leyrac a appris, elle, que quelques autres de ses chansons — des 78 tours sur RCA Victor dans les années 50 — étaient réunies en un nouveau disque.Certes, elle se réjouit tous les jours de croiser des gens qui lui disent avoir écouté tout récemment quelques-unes de ses chansons.Par contre, elle se montre déçue du traitement qui lui a été réservé.«J’ai quelques autres chansons, Leclerc, Nelligan, qu’il serait bon à mon avis de rééditer, mais je ne le souhaite plus.Je n'ai pas confiance.» D'autres, comme Jacques Michel ou Jean-Pierre Ferland, sont au contraire tout feu tout flamme et se prêtent avec grand plaisir aux tournées de promotion, par des passages obligés aux émissions comme le Poing J.«J'ai été étonné qu’on m’approche, admet Jacques Michel.Au départ, j'avais refusé le projet d'un seul disque avec mes plus grands succès.Je souhaitais plutôt que les gens aient une idée générale de mon travail.» Ne reculant devant rien, les disques Mérite ont donné suite au souhait de Jacques Michel et mis sur le marché trois disques compacts.Lit vague nostalgie Vous n’êtes pas allé voir le film Titanic?Les vingt ans de Grease ne vous donnent pas des frissons?Vous n’avez pas caché dans un coffre-fort vos billets pour les Rolling Stones?Il est probable que vous souffrez un peu à voir tous ces interprètes et ces chansons ressurgir du passé.Bonne nouvelle pour les collectionneurs, mauvaise nouvelle pour vous: en chanson, la vague nostalgie commence tout juste à déferler.«Aux États-Unis, le passage du microsillon au disque laser est tombé à point nommé dans une industrie du disque qui battait alors de l’aile, rappelle Guylaine Maroist, bras droit de Denis Pantis aux disques Mérite.Les baby-boomers se sont pressés de se procurer les Doors et Jimi Hendrix sur le nouveau support.Aux États-Unis, les grosses affaires se sont déjà brassées et tout est en train de ralentir.Par contre, au Québec, ça ne fait que commencer.» Ij& filière de Denis Pantis compte sortir 200 rééditions d’ici trois ans.Chez Audiogram, le directeur artistique Patrice Duchesne souhaite en mettre en marché trois ou quatre par année.Ces rééditions sont-elles des petites mines d’or pour les étiquettes de disques ou courent-elles au contraire de gros risques en dépoussiérant les petits trésors?«Ces disques intéressent toujours le même petit groupe de gens, souvent des collectionneurs», estime Martin Duchesne, de chez Fonovox.Les ventes sont très variables.Très rares sont ceux qui se précipitent pour acheter le DC d’Albert Viau.De son côté, Alys Robi a profité d'un tirage de 10 000 exemplaires.Paul Piché, chez Audiogram?Quelque 82 000 acheteurs.Pour le tout prochain Zachary Richard, Audiogram lancera dès le départ quelque 15 000 de ses coffrets haut de gamme.Quels vieux succès dépoussiérer?Lesquels referont surface avec bonheur?C’est souvent une affaire de coup de dés, de bonnes ou de mau-vaises surprises pour les étiquettes de disques et les ayants droit.Quand un gros projet de réédition fonctionne moins fort que prévu, m IfeSSÜ ARCHIVES LE DEVOIR Jacques Michel ARCHIVES LE DEVOIR Monique Leyrac Martin Duchesne explique qu’il est «recyclé» en une plus humble version.«Nous avons désormais une collection baptisée Portraits.Nous tirons d’une compilation une douzaine de titres et vendons le tout à prix budget, à partir de 7,99$.[.] Ces disques sont aussi vendus en pharmacie.L’artiste est alors payé au pro-rata du nombre de chansons.» Richard Pelletier, directeur des communications chez Audiogram, explique que les stratégies de promotion pour une réédition sont très différentes de celles pour un nouvel album.«Avec un album tout frais, nous pouvons compter sur les extraits radio, ce qui n’est pas le cas des compilations.La durée de vie d’une compilation est très courte.Nous devons faire sa voir au grand public que la réédition est en magasin, mais il est difficile de revenir à la charge plus tard si aucune pièce inédite ne fait partie du DC.» Cependant, les 150 000 ou 200 (MK) $ que les étiquettes de disques n’ont pas à investir en studio pour une nouvelle production peuvent être consacrés à une campagne publicitaire à la télévision, «chose que nous ne faisons que pour les compilations».Pourquoi cette course ?Chose certaine, on n’entend pas Alys Robi ou Félix Leclerc à CKOI ou à CKMF.Pour entendre les plus vieilles chansons — autres que celles de Francis Cabrel jouées encore et S E L A en spectacle Samedi 23 mai 20h30 Le Spectrum La Llorona : «Album musique du monde de l'année» Prix Juno 1998 Billets : 23.50$ (plus taxes et service) en vente au Spectrum 861.5851 et sur le Roseau Admission 790.1245 JACQUES GRENIER LE DEVOIR «f Zachary Richard encore aux ondes consacrées aux seuls grands succès —, il faut s’en remettre à Radio-Canada.Monique Giroux, animatrice de l’émission Les Refrains d’abord, est plus écoutée que jamais.«L’automne dernier, notre auditoire a augmenté de 50 %», se réjouit-elle.À quoi attribue-t-elle ce regain de popularité?La vague nostalgie y est-elle pour quelque chose?«D’une part, Les Refrains d’abord est en ondes depuis six ans, ce qui relève du record à l’heure où la télévision et la radio font sauter les émissions au bout de quelques années.Dans notre cas, des habitudes d’écoute ont pu être développées.» Elle voit évidemment toutes ces compilations d’un bon œil, même si Radio-Canada n'a pas eu à les attendre pour mettre en ondes les plus vieilles chansons.«Il est important que les plus jeunes sachent qu’il s’est passé quelque chose avant Richard Desjardins, que des gens ont connu du succès ici, dans les années 40ou 50.» Certains jeunes, continue Mme Giroux, «ont entendu pour la première fois les mots de Barbara dans la bouche de Marie Carmen.Avant que Johanne Blouin n’enregistre les chansons de Félix Leclerc, quantité de personnes n’avaient jamais entendu ses mots.Et peu importe le résultat, tout cela compte.» Bien sûr, tous les projets de réenregistrement ne font pas que des heureux.«J’avais un jour à mes côtés Pierre Delanoë, le plus prolifique auteur de chansons qui soit avec ses 5000 titres.J’ai voulu lui faire écouter la version rap de La Belle Histoire de Jodie Resther, qui a beaucoup tourné aux radios commerciales.Il n ’a rien voulu entendre.» Martin Duchesne, qui s’est lancé en affaires grâce à un accès tout à fait privilégié aux archives de Radio-Canada, n’estime plus y piger que pour 20 % de ses projets.«Dans la majorité des cas, je fais plutôt appel aux artistes qui possèdent leurs propres bandes.» Radio-Canada n’en poursuit pas moins la remise en état de son immense patrimoine radiophonique et musical.«Nous sommes en plein sauvetage!», lance Sylvia L’Ecuyer.«Certains rubans, tellement vieux, risquent de s'autodétruire si nous n’y voyons pas très bientôt.» Le travail est énorme.«Nous venons de procéder à un inventaire dans l’ensemble des stations du réseau français de Radio-Canada.Nous avons 225 000 bandes: des émissions de La Bonne Chanson, des téléthéâtres, des entrevues.» Les finissants et finissantes de l’École nationale de théâtre présentent .Ducal IcfiLlOgtlB ries P un film de ALAIN RESNAIS tîüQJI AGNES JAÜUi el JfcANTItHHk tfAin! déjà vu, le triangle amoureux qui se dessine tranquillement dans ce paysage riche en symboles et en emblèmes renvoie à plusieurs sous-intrigues, drames familiaux, dissensions fraternelles, amitiés compromises ou trahies, qui forment un tissu dramatique intense et éclairent le parcours des personnages.Particulièrement celui de la belle Claudia, bouton de rose à l’éclosion compromise qui vit dans ce port sans bateau et dont la liberté sera l’enjeu tardivement révélé d’un film qui met un certain temps à se trouver un foyer.Séquences muettes Le cinéaste favorise par ailleurs un rythme lent, alangui par son utilisation habile — mais parfois abusive — des séquences muettes superposées à quelques chansons spleenétiques de Bruce Springsteen (dont la superbe I'm On Fire), autant d’hommages doux-amers à la morosité de son Garden State natal.Une sincérité, une émotion trouble et subtile en découlent, émotion qui harmonise par ailleurs des notes discordantes, tant sur le plan du scénario (les tempéraments inconstants de certains personnages secondaires) que sur celui de la mise en scène (qui afflige le film de problèmes chroniques de raccords), autrement abandonnée aux mouvements lents et gracieux d’une caméra qui, à l’image des personnages, refuse de se poser et refuse de partir.Contrairement à ses deux films précédents, qui conjuguaient ses thèmes au pluriel fie couple, la famille), le cinéaste-acteur aborde ici la question plus complexe de l’autonomie et de la réalisation individuelle à travers son Charlie égocentrique, déphasé, prisonnier de sa délinquance, auquel il prête ses traits déjà moins lisses qu’autrefois.Ce beau personnage sert d’agent provocateur à celui de Claudia, campé par une Lauren Holly juste et touchante, dont le réalisateur a délicatement exploité la fêlure.Ainsi, No Looking Back restera, outre le plaisir que procure son humour tendre et l’émotion qu’il suscite, l’œuvre charnière d’un auteur qui expose son adolescence fanée aux vents d’hiver.Car si on prête attention aux signes avant-coureurs et au titre en forme de devise, No looking Back annonce l’avenir d’un cinéaste qui a réussi à s'affranchir d’une démarche légère et ludique — à laquelle d’autres auraient souhaité qu’il s’accroche.THE OBJECT OF MY AFFECTION Réal.: Nicholas Hytner.Scénario: Wendy Wasserstein d’après le roman de Stephen McCauley.Avec Paul Rudd, Jennifer Aniston, Tim Daly, John Pankow, Nigel Hawthorne, Alan Alda.Image: Oliver Stapleton.Musique: George Fenton.Cinémas Cinéplex-Odéon.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Nicholas Hytner a derrière lui un parcours honorable, comme on dit.Cet homme de théâtre britannique a fait ses débuts au cinéma avec le très anglais The Madness of King George, puis l’américain The Crucible, adaptation assez fine des Sorcières de Salem de Miller.Voici qu’on le retrouve bien installé à Hollywood à l’heure de nous servir une comédie romantique, deux crans en dessous de son registre, flottant au milieu des concessions, tâchant quand même de poser des questions, de tenir des propos qui dérangent, de soulever quelques tabous au passage, mais à l'intérieur des limites du genre qu’il ne dépassera pas en définitive.C’est le même Hytner qui a battu le rappel d’une partie de son écurie — dont Nigel Haw- Lauren Holly et Edward Burns dans No Looking Back GAGNANT DL L’OSCA R MlfllJJfURFILM ETRANGER CHARACTER (KARAKTER) UN HLM DE MIKI: VAN DII:M [ÆMSES ^ V.O.6 T.F I CINÉPLEX ODÉON I L'AFFICHE! COHPIEJEIESJUDIIS „_®j CINÉPLEX ODÉON CENTRE-VILLE p LE FILM COUP DE FOUDRE DU DERNIER FFM Primé en République Tchèque, 'J, Alterna^ tombé en bas de ma chaise «l'ai vu "The Unseen", je suis tombé ,•/' v 1|| en bas de ma chaise, je suis journaliste, ^ «"The Unseen" est tout simplement UITB EE n W| Un film de Miroslav Janek DÈS LE 24 AVRIL DùtriAufion ANNIE GIRARDOT FRANCE CASTEL PBOOUII PAR LUC VANDAL • Us pRcoucncm ou Lundi Matin h Sunoav -./.l QiFICI NaIiCJNAI DufllMW.»NA, Michel Gmoravcb • Shcila-Ro»e • Domini Blvtme • Widlmiw Norm»l • Mireille Metcllu» Pascale Bussieres Denise Bombauoich fWp.nuM( V.V I It S A M E I) I ii n 11 i: t K A N ?: chef-d’oeuvre ?: très bon ?: bon ?: quelconque ?: très fhiblc : pur cauchemar THE BIG LEBOWSKI (LE GRAND LEBOWSKI) ?les frères Joel et Ethan Coen signent ici sans doute le film le plus désopilant de leur carrière.Cette comédie délirante met en scène un Jeff Bridges au sommet de sa forme dans la peau d'un baba cool qu’une fâcheuse homonymie fait confondre avec un millionnaire de Pasadena et dont la vie bascule.Mêlant de merveilleuses scènes oniriques aux gags en rafale qui font mouche à tout coup, brossant des portraits fous et brillants, utilisant la technique avec grande maîtrise, les Coen s’imposent une fois de plus comme de grands indépendants américains.Cinéplex Odéon.Odile Tremblay MARIUS ET JEANNETTE ?Un des films les plus toniques et les plus réjouissants de l’année, joué avec un naturel fou.Le Marseillais Robert Guédiguian roule depuis longtemps, toujours avec la même bande d’acteurs copains, mais Marius et Jeannette constitue indubitablement son œuvre la plus achevée, la plus joyeuse et la plus enlevante.Sous le soleil de Provence, cette comédie amoureuse dit la rencontre entre deux quadragénaires malmenés par la vie, Marius (Gérard Meylan) et Jeannette (merveilleuse Ariane Ascaride).Il y sera question d’amitié, de tolérance, de joie de vivre, à travers une exquise galerie de portraits gratinée façon Midi.Cinéplex Odéon.O.T.MEN WITH GUNS ?1/2 Le réalisateur de Lone Star revient avec ce film fort et fier, tourné en espagnol et en langues autochtones, racontant le pèlerinage d’un docteur (excellent Frederico Luppi) parti dans la dense campagne d’Amérique du Sud retrouver une poignée d’élèves qu’il avait quelques années plus tôt formés à l’aide humanitaire.A travers cette véritable quête crépusculaire du Saint Graal par un veuf qui veut connaître avant de mourir l’héritage qu’il lègue derrière lui, John Sayles explore ici des courants souterrains à la faveur d’un road movie moins événementiel qu’existentiel, moins politique que psychologique, résolument étranger à la dramaturgie manichéenne de Hollywood.Parallèle.Martin Bilodeau MA VIE EN ROSE ?1/2 Ce premier long métrage du Belge Alain Berliner (sacré meilleur film étranger aux Golden Globes) remporte un franc succès international, au demeurant très mérité.Sur le thème casse-gueule d’un jeune garçon qui croit être une fille, le réalisateur a créé une œuvre irrésistible, mêlant U ARCHIVES I E DEVOIR Une scène de Character du Hollandais Mike van Diem drame, comédie et onirisme sur des couleurs folles.Le film est porté par le charisme du jeune Georges du Fresne et de Michèle Laroque, laquelle incarne la mère de l’enfant en jouant de tous les registres sans tomber dans la caricature.Parisien, Centre laval.O.T CHARACTER Le Hollandais Mike van Diem a raflé l’oscar du meilleur film étranger avec ce film de facture expressionniste surtout remarquable par la force de sa réalisation et l’énergie de son montage.Jan Declair, saisissant en huissier implacable et en père redoutable dans le Rotterdam des années 20 est la présence-clé d’un film dégageant peu d’émotion mais porté par un sens de l’image hors du commun.Au Cinéplex Odéon.O.T.ON CONNAIT LA CHANSON ?Alain Resnais, toujours en exploration, réalise une comédie musicale joyeuse et grinçante qui s’est mérité sept césars.11 faut dire que le duo Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri l’ont scénarisée (en plus de figurer à la distribution) et qu’ils s’amusent toujours à égratigner la bourgeoisie française.Chasse-croisés amoureux, quiproquos, dépressions nerveuses sont au programme avec des chansons en play-back insérées entre les dialogues.Ce n’est pas le plus percutant des films de Resnais, plutôt une adorable variation ludique portée par d’excellents dialogues et les interprétations d’Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri et André Dussolier.Cinéplex Odéon.O.T.NIL BY MOUTH ?Pour son premier long métrage, l’acteur Britannique Gary Oldman a fait un film très autobiographique, collé à son enfance dans un milieu sous londonien pauvre, marqué par l'alcoolisme.A travers une mise en scène proche des sources du cinéma britannique «social» de Ken Loach et de Mike Leigh, haletante, collée au réel sur une caméra très mobile, ce film dur et sans concessions est porté par de remarquables interprétations, dont celle de Kathy Burke, couronnée meilleure actrice à Cannes.Une musique lancinante d’Eric Clapton se marie au blues du film.Cela dit, Nil by Mouth est présenté en version originale non sous-titrée et les acteurs adoptent un accent cokney à peu près incompréhensible.Cinéma du Parc.O.T.THE TANGO LESSON la cinéaste britannique Sally Potter s’est donné le rôle principal dans ce film vaguement autobiographique, où une Anglaise prend des leçons de tango à Paris avec un magnifique danseur (Pablo Véron).Le film sur de très belles images en noir et blanc et une caméra d’une grande souplesse est un hymne au tango en plusieurs volets (d’inégale valeur), la présence magnétique de Véron, son art consommé du tango, sa souplesse de chat, l’envoûtement de la danse, la structure intéressante du scénario font mouche.Sally Potter, tellement Anglaise et un peu raide, irrite parfois, ce qui n’empêche pas ce film sensible de s’envoler avec grâce sur un air de tango.Au Famous Players.O.T.LE BOSSU À travers la huitième adaptation cinématographique du Bossu de Feval, Philippe de Broca, cherche à renouveler le genre cape et épée, y parvient souvent à travers des images très travaillées et la présence de Vincent Perez en duc de Nevers très physique et très habité, mais l’histoire de Lagar-dère (incarné par un Daniel Auteuil pas très convainquant) dressé épée à la main dans la France du XVII* siècle contre le perfide comte de Gonzague (Luehini en caricature de lui-même) ne lève pas complètement.Après un excellent début, le film devient peu à peu académique puis se dénoue sur un baiser lelouchien insupportable de mièvrerie.Cinéplex Odéon.O.T.ARTEMISIA Agnès Merlet dans un film très esthé-tisant qui apparaît comme une succession de tableaux de la Renaissance, retrace un pan de la vie de la premiere femme peintre de l’Histoire de l'art, Artemisia Gentileschi incarnée par Valentina Cervi.Michel Serrault joue sans grande conviction son père, tandis que Miki Manojlovic campe avec plus de fougue le peintre Tassi qui séduit son élève.Académique mais superbe, pourvu de sensualité mais en manque d’émotion, le film est à la fois rescapé et coulé par ses images et sa musique magnifiques qui ornent le film tout en l’empêchant de gagner une vraie portée.Cinéplex Odéon.O.T.THE BUTCHER BOY (LE GARÇON BOUCHER) ?Le dernier film de Neil Jordan (le cinéaste irlandais de The Crying Game et Michael Collins) explore cette fois l’enfance délinquante en adaptant un roman de Patrick McCabe.Des morceaux de bravoure, mais un mélange de genres et une absence d'unité de ton qui dérange.Fantastique, réalisme collé aux sources du cinéma britannique social, humour, burlesque sont au rendez-vous dans un baroque pas toujours maîtrisé, force longueurs et peu d’émotions soutenues.Trop d’épisodes, trop de points de vue gâtent décidément la sauce.Quant au jeune interprète Eamon Owens, il n’a pas la présence nécessaire pour porter le film.77;
de

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