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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1998-01-10, Collections de BAnQ.

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I.!•: I) Y, Y (Il It .I K S S A M K I) I II) K T I) I M A X (' Il K II I) K I K M I! 1$ K I !) !) S ?LE DEVOIR ?La chronique de Lise Bissonnette Page B 3 Télévision Page B 3 Cinéma Page B 4 Ihéâtre Page B 6 À Québec Page B 6 Agenda culturel Page B 7 Disques classiques Page B 8 Danse Page B 8 ?M U S I Q U E Manque de pot Le groupe québécois Skyjuice avait tout pour réussir à New York.Il attend encore de percer.BRIAN MYLES LE DEVOIR Le groupe montréalais Skyjuice est loin du paradis.Après avoir joué et rejoué sur la scène locale depuis huit mis, ces cinq musiciens liés par le jazz, le R&B, le soul, le funk et l’amitié se cherchent un nouvel élan.Après avoir connu leur lot de malchances, après avoir vécu leur part d’infernales expériences, ils gardent les pieds rivés sur terre.Ça ne veut pas dire que les membres de Skyjuice ont renoncé à la difficile ascension des sommets musicaux.Au contraire, ils jouent leur partition d’une manière pragmatique.D’abord, ils ont quitté New York après un séjour de près d’un an pour revenir à Montréal l’été dernier.Ensuite, ils ont donné quelques spectacles ici et là, dont celui de mercredi dernier au Café Campus, vu et entendu par quelque 200 amants du groove ayant bravé le verglas.La semaine prochaine, leur album Sliakin’ Not Stirred, sera remis en vente sur le marché local.Et ensuite.«un contrat», espèrent tour à tour les cinq, réunis pour une entrevue.«Pour un band qui n'a pas signé, on est allé le plus loin qu’on pouvait», explique Mike, 27 ans, le bassiste.Mal barrés Skyjuice a fait du millage depuis sa formation en 1990, suffisamment pour se retrouver à New York à l’automne 1996 avec un gérant et un album en chantier.Cet album (Sliakin ' Not Stirred) n’a jamais été distribué en raison de la faillite de leur maison de disques, Dream Factory Records.Le groupe n’est en fait jamais monté sur les scènes de la mégalopole.Cisco, le chanteur et claviériste de 28 ans, a dû revenir au Québec pour se faire opérer à la gorge.Sa convalescence étant plus longue que prévu, les autres musiciens ont remis le cap sur Montréal.Ils ont néanmoins tissé des contacts et approfondi leur çulture musicale chez les Américains.A titre d’exemple, l’un des deux guitaristes, las de l’inactivité, a pris un jour son instrument à deux mains: Big Ben est descendu dans les profondeurs du métro new-yorkais pour jouer, tout simplement.«Il y a des cr.de musiciens de métro, des vrais soul men là-bas, s’exclame le grand gaillard de 25 ans.Tu tombes à terre.Mets-les sur une scène et ils seraient cent fois meilleurs que moi.» Jee, le batteur, 27 ans, a discuté de son côté avec Michael Stipe, le leader de R.E.M., rencontré par hasard.«Ça nous a apporté beaucoup, mais on n ’a pas été capables de concrétiser [sur scène], résume Cisco.Je rentrais chez le gérant de Paul Simon n’importe quand.On est vraiment entré au cœur de New York.» Les choses ne sopt pas toujours faciles pour Skyjuice.A l’exception de François Simard, dit Cisco, les autres musiciens travaillent tous à temps perdu dans les débits de boisson et les restaurants pour boucler les fins de mois.Or, ils veulent vivre de leur art métissé.Skyjuice, c’est le blues, le jazz, le soul, mais aussi les rythmes latins et afro-cubains.Comme huit d’autres, ces jeunes refusent les étiquettes.« Skyjuice ne fait partie d'aucune mode et n’est pas une copie d’un look ou d’un son à succès», dit la pochette de promo.VOIR PAGE II 2: SKYJUICE Molière et Racine.* S Le Cyr et Poi )(' let haine de ht tvra tiiii Une tristesse majestueuse érénice, Phèdre ou Iphigénie, ça va, on connaît.Pas de problème non plus avec Andro-maque, repris à Québec cette semaine.Mais Bajazet de Racine?On peut l’avoir lue, mais bien peu peuvent se vanter de l’avoir vue.Car, sauf erreur, la production que présente l’Espace Go de Montréal, à compter de mercredi, constitue une première professionnelle nord-américaine (sinon pan-continentale) pour cette pièce écrite il y a 325 ans.La tragédie accumule les singularités, à commencer par son sujet, turc et moderne plutôt que grec et antique.L’action se déroule dans le sérail du sultan Amurat.Avant de partir guerroyer pour couper court à une querelle de succession, il a donné l’ordre de faire exécuter son propre frère Bajazet à sa favorite Roxane.Le vizir d’Amurat veut au contraire que le prince devienne sultan à la place du sultan.Intrigues amoureuses et jeux de pouvoir sèment finalement la mort et la dévastation, comme on s’y attend.VOIR PAGE B 2: BAJAZET Le TNM et L’Espace G miofr km! Stéphane Bailla rgeon Le Devoir Un profond chagrin ironie de la situation plairait peut-être à Monsieur Poquelin: le charmant Luc Picard, envié des hommes parce qu’adulé des femmes, s’apprête à jouer.Le Misanthrope.«En le choisissant pour le rôle d’Alceste, j’ai fait appel à quelqu’un capable d’incarner un homme au chagrin profond», corrige René-Richard Cyr, qui dirige la production prenant l’affiche cette semaine au TOM.«Chaque comédien a une lumière, une aura.Pour incarner Alceste, il ne fallait pas dégager de la colère mais bien de l’inquiétude, il fallait rayonner d’une lumière noire et angoissante.» Le comédien a effectivement un regard triste de pauvre petite bête traquée.Il s’impose surtout avec grand talent au théâtre depuis une dizaine d’années.Dans Traces d’étoiles, le mémorable Henry Harry, perclus de souvenirs douloureux, c’était lui.Le grand public l’a découvert dans les deux séries à'Omertà, où il joue aussi un personnage sombre et blessé.Il vient de terminer le travail sur une autre production télé, L’Ombre de l’éper-vier.Son agenda de ministre a imposé toutes sortes de compromis au milieu des planches.Le Misanthrope, cette «comédie au sujet grave, pétante d’actualité» (dixit Cyr), est souvent «modernisée», avec costumes de ville, décors urbains, «scotch et Benson & Hedges», comme le remarque Cyr.Avec le scénographe Stéphane Roy, il a donc opté pour un univers d’époque un peu anachronique, «un labyrinthe, un nœud de vipères, un espace austère mais très riche, un monde à la Versace, complètement déconnecté de la réalité».La musique de Michel Smith et les costumes de François St-Aubin vont multiplier les clins d’œil au clinquant.La perception du Misanthrope a étrangement évolué au fil des siècles.D’abord perçu comme une sorte de victime ridicule de son excès de sincérité, incapable de vivre en société, Alceste est devenu, depuis les Romantiques, le symbole même du héros ténébreux et torturé, un frère français d’Hamlet, esprit en prime.Les premières lectures accordaient la faveur exemplaire q la moralité équilibrée, pleine de compromis de Philinte et Eliante; les dernières, sûrement encouragées par l’existentialisme, font du Misanthrope le modèle d’un être vertueux précisément parce qu’il ne se compromet pas, parce qu’il méprise les conventions factices et demeure fidèle à ses principes.«Dans un monde où le faux prime, il est honorable de défendre la vérité», commente René-Richard Cyr.«Ce n’est pas, ce n’est plus une attitude ridicule, enchaine Picard.L’attitude d’Alceste est invivable, fatigante, mais noble et nécessaire, parce qu’il maintient sa quête d’absolu.» Ici, éthique et politique ne font qu’un.Le Misanthrope parle finalement du pouvoir, de l’art de s’y maintenir, mais aussi des conséquences désastreuses de ceux qui critiquent l’autorité et l’ordre moral et immoral établi.Ce qui ne fait pas nécessairement d’Alceste une image positive.On a beau admirer sa dignité, comme Meursault, l’Etranger de Camus, il offre un exemple, mais pas nécessairement un exemple à suivre.Le metteur en scène souligne que sa stratégie existentielle débouche sur une fuite asociale, un retrait et un redis du monde, qui ne résout rien.Pour lui, Alceste est une sorte d’anti-héros qui n’arrivera jamais à ses fins.Il annonce que la production, sans entracte, «risque de se fermer sur une surprise», un épilogue ajouté pour souligner et clarifier cette lecture.VOIR PAGE B 2: MISANTHROPE 9 JANVIER 6 FEVRIER RESERVATIONS : 282-3900 DIRECTION ARTISTIQUE MICHELLE ROSSIGNOL > 3900, RUE ST-DENIS, théâtre d’aujourd’hui avec Cari Béchard de.- mise en scene Larry Tremblay Martine Beaulne MONTRÉAL 0 L B I) B V 0 I 11 .I.B S S A M B DI II) B T I) 1 M A N C II B II JA N V I E II I !) !» S B 2 ?>¦ VjltPM'li Olivier, Mike, Jee (à l’avant-plan), Big Ben et Cisco SOURCE SKYJUICE SKYJUICE Des influences éclatées SUITE DE LA PAGE B 1 A cet égard, leurs influences musicales sont éclatées.Big Ben-la-chemise-country a découvert la «racine du rock»; le blues.Son cousin Jee, qui a joué aux côtés de Pete Best (celui que Ringo a chassé des Beatles) dans des circonstances nébuleuses, trempe dans les rythmes pesants.Il se montre impressionné par Dave Grohl, l’ancien Nirvana devenu Foo Fighter.Jee joue pourtant avec une batterie Ludwig, celle du jazz, sans jamais sombrer dans le tapage nocturne.Olivier-la-grande-jupe-blanche, le guitariste de 26 ans, s’est sali la tête avec les John Lee Hooker, Santana, AC/DC, The Cult, James Brown, Bob Marley.Mike-les pantalons-roses se nourrit de R&B, de reggae, de soul, de dance et de techno.Mais, par les temps qui courent, il se paie «un trip de classique».Enfin, Cisco-les-lunettes-fumées-gigantesques se réclame de la pianiste, organiste et harpiste Alice (Mme John) Coltrane.11 affectionne aussi Stravinski, incidemment réorchestré par la dame Coltrane, surnommée Naïma, et Marvin Gaye.En clair, ces jeunes sont éclectiques.Sur scène, ils deviennent électriques — beaucoup plus que l’Hydro, par les temps qui courent.Au Campus, ils n’avaient pas complété trois morceaux que le plancher de danse se remplissait de jeunes et jolis(es) danseurs(euses) se déhanchant comme s’ils pratiquaient la technique Nadeau à la manière groove.Skyjuice, une formation qui ne connaît pas les temps morts, était bien appuyee par la Confrérie du groove (Denis Ras aux percussions, Chancelle et Darnel Robinson aux voix, Luc Lemire au saxophone et Luke Murphy au sax et à la flûte traversière).Il en est résulté un bon petit spectacle.Skyjuice sait doser, ralentir ou augmenter le tempo quand il le faut, contrôlant par le fait même les déhanchements du public.Et la suite, ce sera quoi?Difficile de prévoir.Chose certaine, Skyjuice' n’entend pas changer de style pour séduire les maisons de disques.«Je veux qu’une compagnie nous signe parce qu’elle aime ce qu’on fait», dit Cisco.En attendant, ils ne peuvent que se croiser les doigts et jouer, rêvant à Londres, New-York ou Los Angeles.Le Québec musical est si petit, mais il est si difficile d’en sortir.SAMED 1 ON RESTE / tu LIT AVEC JOËL LE BIGOT Retrouvez Joël Le Bigot tous les samedis de 7 heures à midi à la radio de Radio-Canada.SAMEDI ET RIEN D'AUTRE dès aujourd'hui 7 h Réalisation : Jacques Bouchard Radio-Canada CBF 690 BAZAJET Une fureur sadique SUITE DE LA PAGE B 1 Ce genre de classique nécessite au moins un Atlas des planches capable de supporter le poids immense du monde hérité.Cela se vérifie, encore une fois: le metteur en scène Claude Poissant n’a accepté de monter Baja-zet que «si Christiane Pasquier acceptait de dire oui pour le rôle titre de Roxane».La comédienne a déjà servi le metteur en scène dans Le Prince travesti (TNM, 1992) et Le Scalpel du diable (La Licorne, 1991).Elle-même cite plusieurs stars mythiques l’ayant précédée, en France, dans ce rôle, notamment la Rachel, au siècle dernier.Depuis sa création en 1672, au lil des siècles, la Comédie-Française a proposé environ 500 représentations de Bajazet.La première production montréalaise va également réunir Marie-France Lambert (Atalide), Benoît Gouin (Bajazet) et Pierre Lebeau (Aconiat).On voit pire comme distribution.Cet outil choisi, restait à le manier.Poissant a dévoré tout ce qu’il a pu trouver sur l’époque, l’auteur, sa pièce.Avec ses coéquipiers, il a écouté un dix-septièmiste, le professeur de littérature Frédéric Charbonneau, membre de la Société Jean Racine de Paris — c’est d’ailleurs lui qui signe les textes du programme de l’Espace Go.«Mais tout ça sert à trouver ton Racine à toi», résume Poissant.Quel sera le sien, donc?La scénographie imaginée par Daniel Caston-guay fournit un début de réponse.Après avoir longuement discuté avec le metteur en scène et feuilleté des images d'époque, le concepteur a proposé «une espèce de moucharabieh».Kécéça?Le moucharabieh est un balcon grillagé qui, dans les pays arabes, permet de voir dehors sans être vu.Une sorte de voile islamique des demeures, quoi.«Ça rappelle l’Orient, le sérail, le lieu secret des femmes, le centre des intrigues, le chuchotement, aussi, précise Poissant.Après tout, on est à l'Espace Go, pas au TNM: on peut jouer dans l’intimité.» En plus, ce décor accentue l’étrangeté de Racine et de Bajazet, sans tomber dans le panneau d’une Turquie de pacotille.Cela dit, si Bérénice est la tragédie la plus dépouillée de Racine, Bajazet, qui lui succède, est la plus sanglante.Elle expose la figure très importante pour la pensée et la vie politiques des XVII'' et XVIII' siècles européens du despotisme oriental.Jean Giraudoux y avait trouvé l’étalage d’une «vérité de jungle».Il était donc très tentant d’établir de façon plus ou moins évidente des rapports entre la fiction classique sur l’empire ottoman — tout de même inspirée d’un «sujet très véritable», datant des années 1630 — et la réalité proehe-orientale actuelle, surtout l’enfer algérien.«Les spectateurs pourront faire le lien, dit le metteur en scène.Mais je n’ai pas voulu appuyer sur cet aspect, sinon au bout d’une demi-heure /’intérêt se serait dilué.J’aime que l’on installe une sorte de flou qui s’éclaircit lentement, un brouillard qui se dissipe lentement.D’après moi, en proposant différents paliers de lecture, on enrichi la perspective.» Christiane Pasquier ajoute que la cruauté politique est de toute manière omniprésente et n’a pas besoin d’être soulignée.«C’est clair: le sultan tue pour maintenir son pouvoir et gouverne de manière sauvage.Dans ce monde, les problèmes religieux et politiques sont aussi intimement liés et accouchent d’un système d'oppression.Mais, pour moi, c’est d’abord et avant tout une pièce sur la passion, sur la folie amoureuse, cette lumière aveuglante qui mène à la mort.» Chez Racine, l’amour est une fureur sadique, une sorte de fatalité qui transforme l’amoureux en tyran et en aliéné, révèle un versant obscur de l’humain, une part maudite et destructrice.La modernité de ce classique repose sur une vision pessimiste qui identifie en chacun des forces insoumises et inavouables.Roxane, la plus brutale (et la moins connue) des amoureuses raciniennes, accentue la «tristesse majestueuse» propre à cet univers tragique en suscitant angoisse et crainte.«Racine évolue entre le cri et le coup de couteau», résume Poissant.Christiane Pasquier et Claude Poissant JACQUES GRENIER I.K DEVOIR MISANTHROPE La part d’ombre en soi SUITE DE LA PAGE B 1 «Il faut tolérer la part d’ombre en soi et la tolérer chez les autres, c’est la seule façon de survivre, renchérit Luc Picard.Il y a beaucoup de vilaines choses en l’être humain et dans la société, mais il faut les accepter, dans une certaine mesure.» Picard propose même de faire d’Alceste une sorte d’adolescent blessé plutôt qu’un traditionnel sage d’âge mûr.«C’est un homme en colère, oui, mais surtout quelqu'un qui se tient sur la dernière frontière de l'enfance: il n’a pas renoncé à parler franchement de lui-même et des autres.» Ix> comédien établit même un parallèle entre le personnage de Molière et un héros de Stephen King, le maître ès fantastique.«Cet enfant combat des monstres.Il sait que le jour où il cessera de voir des vampires, il renoncera à lui-même et deviendra un adulte.» Reste la question de l’amour.Sauve-t-il le monde, comme le disait Dostoïevski de la beauté?Car Alceste, cet homme intransigeant, aime — ou semble aimer — Célimène (Marie-France Marcotte), la légère, brillante et convoitée femme du monde.René-Richard Cyr cite alors une autre phrase célèbre: la bêtise, c’est de conclure.«L’amour transcende sûrement les jeux de pouvoir, mais le pouvoir peut écraser cette valeur, comme toutes les autres.A la fin, les gens de pouvoir l’emportent.Alceste se retrouve seul et sa solitude n 'est pas féconde.Im réputation de Célimène est détruite et, à vingt ans, elle est foutue.Cela dit, si le théâtre est un des rares lieux où le sens peut et doit encore être mis de l’avant, il ne faut pas trop le cerner, le souligner.Il faut laisser au théâtre, à cette œuvre, ses multiples questions.» t I, E I) E V OMI, I, E S S A M EDI I O E T I) I M A N (' HE II .1 A X V 1ER I !» il 8 I> •> l> .) .A- i H -a.^ Comme l’ombre était LJ inauguration de la Foire du livre de Brive-la-Gaillarde coïncide avec la remise du prix de la langue française attribué chaque année à l’écrivain qui la manie le mieux et qui remporte ainsi la somme appréciable de 100 000 FF.En novembre dernier, il était décerné au romancier François Weyer-gans pour son ouvrage récemment paru, Franz et François (Grasset).Le président du jury, l’écrivain François Nourrissier, y est allé d’un éloge dépassant les circonstances un brin pénibles: on étouffait sous le toit de la halle du marché et sous les réflecteurs des caméras, la foule bruissait de quelque impatience sans cause, les micros se baladaient en cherchant le ton juste.Après avoir entendu tout le bien, fort mérité, qu’on disait de lui et de notre langue, M.Weyergans, un grand mince à la cinquantaine intellectuelle et myope, a exprimé sa gratitude avec une concision télévisuelle, que son autre métier de cinéaste lui permet de maîtriser.«Quand j'étais petit, a-t-il dit en substance, je gagnais constamment les prix de français à l’école.Je suis très content d'en mériter un autre aujourd’hui.» Je l’ai trouvé charmant (j’ai appris depuis que je n’étais surtout pas la première).Les Français d’âge adulte se donnent toujours l’air d’être nés tout instruits: celui-ci parlait de petite école en grande compagnie, on voyait que ses cahiers de «composition» avaient dû être bourrés d’anges et d’étoiles, un plaisir que la parution de la meilleure critique de votre meilleur livre, dans le meilleur journal, ne saurait égaler.Il me semblait familier.Pour m’être délectée de Franz et François au cours des derniers jours, j’ai compris que cette enfance française, si brièvement évoquée à Brive, avait en effet été étrangement semblable à la nôtre, et Lise Bisson nette ?même plus proche de l’expérience commune des Québécois de ma génération que de celle des Français.Je ne sais si on collait des anges dans ses cahiers, si on lui faisait acheter des petits Chinois, si on le faisait méditer le matin et réciter le chapelet l’après-midi, apprendre le catéchisme par cœur tout comme les sévères questions de l’examen de conscience.Mais le type de catholicité qui l’a enveloppé, et qui grince de partout dans cet ouvrage autobiographique, fut le nôtre, bien plus triomphant et répandu au Québec qu’en France.Ce qui pourrait expliquer que François Weyergans, si j’en crois diverses entrevues, séjourne souvent ici et s’y sente chez lui.Franz et François, reçu surtout comme une sorte de règlement de comptes entre un écrivain et son père avec excursions psychanalytiques à la clé, m’est plutôt apparu comme le livre que nul n’a fait, au Québec, sur la chgpe de plomb de la catholicité.La vraie, l’intime.A une nuance près: François Weyergans, qui se déguise à peine avec-son père Franz sous le nom de Weyergraf, a reçu cette chape avec des lumières culturelles, ce qui n’était surtout pas notre cas.Le père, écrivain catholique de style claudé-lien, libraire, était homme de grande culture, portait à l’éducation de ses enfants une attention de tous les instants, était aussi critique de littérature et de cinéma, discipline où il rêvait de voir son fils s’illustrer.Ils étaient de classe très moyenne alors que seules quelques grandes familles bourgeoises, chez nous, laissaient ainsi pénétrer le vent du large entre les dévotions.Claudel était d’ailleurs suspect, et Louis Veuillot avait toujours la cote chez les descendants d’ultramontains que nous étions.Mais pour le reste, pour cette façon qu’avait la religion de croire éduquer par l’interdit, l’obligation, la culpabili- té et la sublimation exaltée, la recette était la même, qui a produit des gâchis personnels de première grandeur.Sur le mode de l’hilarité et de l’amour perdu, ce livre en témoigne.Des gens intelligents, chaleureux, cultivés, vivent un drame parce qu’ils croient deviner que leur fils a lu La Nausée, de Sartre, et le fils cache le livre après avoir détourné des sous pour l’acheter.Un garçon presque adulte craint d’encourir la vindicte divine parce qu’il a choisi d’interviewer Roberto Rossellini plutôt que d’aller à la dernière messe dominicale.Des jeunes gens s’inventent des pratiques sexuelles vertigineuses de répression pour préserver le tabou de la virginité.Dieu, le grand surveillant, farfouille non seulement dans les pensées et les actes mais s’approprie toutes les affections, les détourne vers la sienne propre: il faut lire ces pages, à la fois désopilantes et tragiques, où Weyergans cite les écrits du père à la gloire de la famille chrétienne, la sienne étant prise à témoin, où chaque embrassement serait coupable s’il n’était aussitôt transformé en action de grâces envers l’invisible.Je me souvenais d’un petit livre, dont j’ai heureusement oublié le nom de l’auteur, que l’école nous obligeait à avaler par tranches au début de chaque journée, et qui proposait cette religiosité verbeuse, si apte à énerver des adolescents, à leur faire entendre des voix à la chapelle, à se croire une vocation, à se nourrir de guimauves spirituelles et à se détester de n’être pas en sainteté.Une toile d’araignée, une poisse dont nous nous sommes extraits en rigolant, nous aussi, comme le François du livre, mais qui encombre encore nos démarches.Certains ont réussi à y repêcher une foi, d’autres pas, mais le départ a été tout en négatif et on ne peut le reprendre.L’enfance est un pays perdu.Il y a des traces de cela dans toute la littérature québé- coise, sur le mode de la colère, de l’ironie, de la rage, de l’insolence et parfois de la nostalgie.Mais je ne me souviens pas d’ouvrage qui ait aussi bien cerné l’insulte que faisait cette religion à l’intelligence, qu’elle traitait comme un orgueil pécheur.C’est par là que s’est creusé l’écart entre les générations, entre un Franz et un François qui avaient tout pour se comprendre mais que la mort de Franz surprendra brouillés depuis des mois.A cause du premier roman que le fils a commis, iconoclaste et érotique, sans doute graveleux et déshonorant aux yeux du père qui lui refuse même la plus petite réaction, verbale ou écrite.Pas un mot.J’ai lu cela avec fascination, au dernier chapitre, pour avoir tant de fois entendu la même histoire d’écrivains d’ici, qui ont glacé le sang de leurs parents, ont affronté leur silence ou l’ont accepté, ont deviné réprobation là où ils espéraient fierté, ont rompu ou se sont éloignés.Un gouffre, une faille, dont on connaît la racine.Un pactole pour les analystes, auxquels je préfère personnellement ne pas le confier, et je soupçonne François Weyergans de les mettre en scène comme des Sisyphe, acharnés à guérir l’inguérissable.J’admets que les chrétiens d’aujourd’hui ne sont plus, en général, les pupilles d’hier.Qu’il n’en tient qu’à nous de tourner le dos aux fantômes qui nous tourmentaient au nom du ciel mais qui n’étaient que cela, des fantômes.Je veux bien qu’on les change en statues de sel.inoffensives désormais.Mais qu’on ne les efface pas.les jeunes historiens qui tentent depuis quelques années de créer une nouvelle «école» en niant l’existence de «la Grande Noirceur», et qui se contentent de fouiller économie et politique pour nous trouver liberté et modernité avant soixante, feraient bien de lire Weyergans.D’une part, il est marrant; d’autre part, il écrit vraiment bien: enfin, il dit la noirceur, l’ombre tutélaire sur nos vies, comme elle était.MÉDIAS Tout contrôler.C’est une histoire extraordinaire et bouleversante.Du bonbon à mettre en scène: un psychiatre renommé et respecté qui fait des expériences sur des cobayes humains pour le compte de la CIA, et par la suite de simples citoyens qui se révoltent et veulent poursuivre le gouvernement américain pour obtenir réparation.Tout ça s’est passé ici.PAUL CAUCHON LE DEVOIR Mais voilà, il s’agit aussi d’une histoire vraie, et le bonbon reste pris dans la gorge.Cette page noire de l’histoire canadienne s’est passée au cœur de Montréal, à l’Institut Allan Memorial, l’institut psychiatrique de l’hôpital Royal Victoria, associé à l’Université McGill.Les expériences sur le contrôle du cerveau, menées à Montréal dans les années 50 pour le compte de la CIA, font maintenant l’objet d’une mini-série de quatre heures, The Sleep Room, qui sera d’abord diffusée en anglais demain soir et lundi sur les ondes de CBC, pour ensuite être diffusée en français au printemps sur les ondes de Radio-Canada.Coproduction entre les deux chaînes, production de CINAR et des Productions Bernard Zukerman (qui avait également coproduit la série sur les jumelles Dionne), The Sleep Room est une production anglophone qui offrira un intérêt supplémentaire aux Québécois puisque deux des plus grandes vedettes québécoises de la télévision, Marina Orsini et Macha Grenon, y interprètent deux rôles majeurs, aux côtés de comédiens plus connus au Canada anglais.La mini-série est basée sur un livre publié en 1988 par la journaliste to-rontoise Anne Collins, In The Sleep Room, qui vient d’être réédité chez Key Porter à Toronto.Ce livre avait remporté le prix du Gouverneur général du Canacja, et il avait été traduit en 1992 aux Éditions de l’Homme sous le titre Les Patients du docteur Cameron.Un programme mondial Le dossier de presse de la série nous rappelle que c’est l’émission 'The Fifth Estate de CBC qui avait porté à la connaissance du public cette tragédie en 1980, mais plusieurs des faits étaient connus dans les années 70.Nous avons d’ailleurs retrouvé dans les archives du Devoir un article datant de 1977 qui rendait compte du témoignage de l’amiral Stansfield Turner, directeur de la CIA, devant une commission sénatoriale américaine, où il révélait que, pendant des an- nées, plus de 70 institutions de recherches et environ 185 savants avaient pris part à un grand programme de la CIA pour trouver des moyens de contrôler le comportement humain.Il était clairement établi à ce mo-ment-là que la CIA avait versé des fonds à cet effet au Allan Memorial par l’intermédiaire d’une fondation privée.Les événements se passant à Montréal s’inscrivaient donc dans un programme mondial de la CIA qui comportait plusieurs volets.Les deux premières heures de la série, diffusées demain soir, se situent dans les années 50 à Montréal.Le professeur Ewen Cameron était directeur du Allan Memorial.Psychiatre de renommée mondiale, président de plusieurs associations de psychiatres, il était obsédé par le contrôle des esprits.En fait, il voulait éliminer les maladies mentales à la source, en «nettoyant» le cerveau, si l’on peut dire, pour ensuite implanter de nouveaux comportements plus sains sur un terrain supposément vierge.Sans vouloir rien excuser, il faut toutefois rappeler ici que, dans les années 50, la psychiatrie tâtonnait sans cesse et procédait beaucoup par «essais-erreurs».Quant aux droits des patients, c’était un concept à peu près inconnu.Ewen Cameron commencera donc à réaliser des expériences auprès de plusieurs patients, dont une certaine Nathalie, interprétée avec brio par Macha Grenon dans la mini-série, une jeune femme vive et originale, maniaco-dépressive, qui a été littéralement détruite par le médecin.Au début, Cameron a l’idée de faire écouter à ses patients des messages pré-enregistrés, répétitifs, pour tenter de modifier un comportement jugé malsain.Comme les patients résistent, il leur installe des écouteurs dans une sorte de casque de football pour les obliger à écouter ces messages pendant des heures.Comme la maladie ne disparaît pas, il pousse le bouchon plus loin: en plus des messages enregistrés, certains patients reçoivent des doses massives d’électro-chocs.Sur d’autres, il expéri- Le professeur Cameron voulait éliminer les maladies mentales à la source, en «nettoyant» le cerveau mente des drogues, dont le LSD.L’idée consiste à briser les défenses mentales pour repartir à neuf, mais la thérapie sera un échec complet, et les patients demeureront marqués à vie, soqffrant de problèmes multiples.A la même époque, la CIA est obsédée par le problème du contrôle de l’esprit humain.En pleine guerre froide, l’agence cherchait une technique efficace de lavage de cerveau dans sa lutte contre le péril communiste.Elle entend parler des travaux du Dr Cameron, qui s’apparentent vraiment à Clockwork Orange, et commence à le financer en douce.Les deux heures suivantes, diffusées lundi soir, se situent 25 ans plus tard, et elles s’apparentent à un thriller judiciaire classique mais prenant.On assiste alors à la lutte de certains patients pour faire reconnaître le mal qui leur a été causé, et les deux heures sont dominées par la figure de l’avocat Joseph Rauh, interprété par Donald Moffat, un avocat de Washington qui poursuivra la CIA avec l’aide de son adjointe, in- terprétée par Marina Orsini (Cameron, lui, est mort en 1967).Même si certains éléments de l’histoire ont été revus pour fins de dramatisation (dans la vraie vie, par exemple, le jeune assistant de Me Rauh était un homme), la série demeure collée à la réalité, et on s’en rend pleinement compte dans le deuxième épisode, quand les personnages assistent, devant leur téléviseur, à un échange entre le chef du NPD Ed Broadbent et le premier ministre Mulroney sur cette histoire.Velma Orlikow, la femme du député néo-démocrate de Winnipeg de l'époque, était d’ailleurs une des victimes du Dr Cameron.La CIA a finalement accepté de verser plusieurs centaines de milliers de dollars aux victimes pour éviter un procès.En 1992, c’est Ottawa qui versait 100 000 $ à chacune des victimes identifiées, après avoir nié en 1986 toute responsabilité dans cette affaire.jusqu’à ce qu’on se rende compte que le gouvernement canadien avait également contribué aux travaux du Dr Cameron.SOURCE CBC En haut, Macha Grenon tente d’échapper à ses tortionnaires et, en bas, la classe de cobayes du professeur Cameron.Est-ce une histoire terminée?Il n’y a aucun doute que cette excellente série risque de la relancer.Vivement la diffusion en français! THE SLEEP ROOM Réalisée par Aine Wheeler, CBC, les dimanche 11 janvier et lundi 12 janvier à 20h.Un regard éclaté sur le monde en crise de cette fin de siècle.«.Pierre Hébert, sans doute le plus grand cinéa.d'animation contemporain.» - La BUB 19 h 30 :m " à PRESENTE NATIONAL CANADA L'OFFICE FILM HMaiiiiiamaMiUMM e diplomatique En primeur à Télé-Québec, dimanche à www.onf.ca/animation owiFcnn 4 I, K I) K V lllll.I K S S A M K I) I 10 K T |) | M A X ( Il K II JA X V I V.Il I II II M B 4 CINÉMA La politique show-biz WAG THE DOG De Barry Levinson.Avec Dustin Hoffman, Robert De Niro, Anne Heche, Denis Leary, Willie Nelson.Scénario: Hilary Henkin, David Mamet, d’après le livre de Larry Beinhart.Image: Robert Richardson.Montage: Stu Linder.Musique: Mark Knopfler.États-Unis, 1997,97 minutes.MARTIN BILODEAU On savait depuis longtemps que la politique est une affaire de show-business.Wag the Dog, juteuse satire de l’inconstant Barry Levinson (Rain Man, Sleepers), «comédie sur la vérité, la justice et autres effets spéciaux», dixit l’affiche, en fait une brillante et cynique démonstration.Pour, à quelques jours des élections, mousser sa cote en déclin et étouffer une qffaire de mœurs, le président des États-Unis fait appel à Conrad Brean (Robert De Niro), un conseiller spécial auquel il donne carte blanche.Celui-ci ira à Hollywood s’associer à Stanley Motss (Dustin Hoffman), un producteur millionnaire, pour simuler, en studio, une guerre avec l'Albanie et alimenter les réseaux de télévision de bandes vidéo montrant les ruines du pays adversaire.Un vent patriotique renouvelé souffle sur l’Amérique, si bien que, même lorsque la CIA démasque le simulacre, ces deux incroyables industries productrices de mythes à la chaîne que sont la Maison-Blanche et Hollywood esquivent l’assaut et font renaître de leurs cendres un nouveau mensonge capable de raccommoder le tissu américain et, par ricochet, de redonner au président sortant de meilleures chances de victoire.Sur un scénario adroit et fin cosigné (avec Hilary Henkin) par le rusé David Mamet (Glengarry Glen Ross, The Edge), Barry Levinson a échafaudé une comédie de haute voltige, une satire sur les coulisses du monde politique que sur le besoin qu’éprouvent les institutions américaines de fabriquer des écrans de fumée et la prédisposition des citoyens à se laisser berner.Wag the Dog va jusqu’au bout de cette propo- Ci/V
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