Le devoir, 12 avril 1944, mercredi 12 avril 1944
“Le Canada eat une nation souveraine et ne peut avec docilité accepter de la Grande-Bretagne, ou des Etata-Unia, ou de qu que ce soit d’autre l’attitude qu’il lu faut prendre envers le monde.Le premier devoir de loyalisme d’un Canadien n’eat pas envers le Commonwealth britannique des nations, mais envers le Canada et son roi, et ceux qui contestent ceci rendant, à mon avis, un mauvais service au Commonwealth.” ua-x-37) Lord TWEEDSMUIR LE DEVOIR Directeur ; George* PELLETIER Montrée!, mercredi 12 avril 1949 >- REDACTION ET ADMINISTRATION 430 EST.NOTRE-DAME MONTREAL TOUS LES SERVICES TELEPHONE i BEIeir 3361 ' SOIRS.DIMANCHES ET FETES Adminiitratien t BEIeir 3361 Rédectien * BEIeir 29B4 Ocrent t * BEIeir : 3361 Deux armées russes progressent rapidement en Crimée - - - —'I ¦ - Ce ne serait pas une conférence impériale comme les autres ! Elle consisterait, d’après M.King, en des échanges de vues — Il faut, tout de même, que les appréhensions de Londres soient graves pour justifier, en temps de guerre, le déplacement des premiers ministres des dominions — La condition nécessaire de notre souveraineté et le souci de Londres de rallier les pays du Commonwealth Les Allemands ont délivré leurs 15 divisions encerclées M.Mackenzie King assistera à la conférence des premiers ministres des pays du Commonwealth, convoqués à Londres pat le gouvernement anglais.Tout ce que nous savons de cette réunion, c'est qu elle ne ressemblera pas aux conférences impériales ordinaires.M.King s’est servi de cette expression négative pour définir la nature de la conférence.La conférence des premiers ministres qui doit avoir lieu à Londres, a-t-il répondu le 31 mars à une interpellation du chef de 1 opposition, ne sera pas de même nature qu'une conférence impériale où l’on discute les questions par le détail, à laquelle prennent part des experts et des conseillers.Elle ne visera qu'à des échanges de vues entre les premiers ministres des divers nations du Commonwealth sur la situation générale de la guerre, sur la politique de guerre et sur les problèmes d’après-guerre’’.Croyant en avoir déjà trop dit, M.King a ajouté: “Je ne devrais pas donner d’autres précisions sur le caractère général de la conférence .Quand il s’agit do politique étrangère et de nos relations avec l’Empire, le premier ministre fait preuve d'une telle timidité qu’on ne croirait pas qu il dirige les destinées de l'une des principales puissances commerciales du monde, d'un pays dont l’assistance a permis à la Grande-Bretagne de traverser les jours sombres de 1940.* * * Dès que se pose le problème impérial, M.Mackenzie King devient réticent- II perd sa belle assurance de leader parlementaire.Il se découvre une âme timorée, agitée par de graves appréhensions.Craignant que ses paroles ne soient mal interprétées à Londres, à Washington, à Québec, à Toronto, à Berlin et à Tokyo, il se réfugie dans le silence.Quand il parle des relations impériales, pense-t-il, le monde entier devient tout oreilles.Et comme il ne veut rien dire qui puisse aider l’ennemi et lui donner un réconfort moral ou semer la confusion et l'inquiétude dans les rangs des soldats de la liberté et de la démocratie, il estime que la population canadienne doit se passer des renseignements qui lui, permettraient de porter un jugement éclairé sur les actes et les intentions de ses gouvernants.De sorte que pour ne pas fournie d’information à l’ennemi, il n’en donne pas à la population canadienne.Il importerait pourtant de savoir ce que le premier ira faire à Londres.La population ne lui a pas donné de blanc-seing en ce qui concerne nos relations avec l'Empire.De quoi sera-t-il question à Londres?De tout ce qui préoccupe Downing Street.De tout sans exception.De la situation générale de la guette.De la politique de guerre proprement dite.De la politique étrangère de Londres et des Dominions.Des problèmes d’après-guerre.De la politique économique et commerciale des pays de l'Empire.Le premier ministre, en réponse à des questions pressantes, a consenti à révéler que la discussion pourrait porter sur deux questions précises: l’aviation civile, à propos de la-1 quelle le gouvernement canadien a déjà fait connaître ses vues, et de l’immigration juive en Palestine.On ne voit pas du tout pourquoi M.Mackenzie Kjpg a promis aux délégués des associations juives qui étaient allés le voir de soulever la question de l'immigration juive en Palestine.C’est une affaire qui ne regarde pas le Canada.La querelle des Juifs et des Arabes en Asie Mineure n'est pas de celles dans lesquelles le Canada devrait intervenir de sa propre initiative.Au surplus, le premier ministre a mandat, non ; pas de protéger, à Londres, les intérêts juifs en Palestine, mais de défendre les intérêts canadiens.* * * Il y a longtemps que les gouvernants de Londres voulaient convoquer une conférence impériale.Pour une raison ou pour une autre, principalement à cause des nécessités de guerre, le projet a été remis d’année en année et de mois en mois.Cela n’a pas empêché les premiers ministres des Dominions d'aller en Grande-Bretagne à tour de rôle s’entretenir avec les membres du gouvernement Churchill des problèmes militaires et d’après-guerre.Londres estime sans doute que le moment est venu de réunit tous les premiers ministres des Dominions, de leur soumettre des projets concrets et de les amener à adopter une attitude commune sur les principales questions de l'heure.Ce ne sera pas une conférence impériale comme une autre, a dit M.King.On ne voit pas en quoi celle-ci différera essentiellement des autres.Et le seul fait que les premiers ministres des Dominions quittent leurs pays respectifs et remettent les affaires nationales entre les mains de collègues en des temps aussi graves (le Canada, pour sa part, est à la veille d'élections générales) indique bien que Je gouvernement anglais attache une importance primordiale aux problèmes qui seront étudiés.Jusqu'ici le premier ministre du Canada avait soutenu que les méthodes de consultation entre les divers pays du Commonwealth donnaient entière satisfaction.Entre le gouvernement de Londres et ceux des Dominions, on a établi plusieurs réseaux d’information.Le secrétaire d'Etat pour les Dominions tient ceux-ci au courant des décisions qui peuvent les intéresser.Les gouvernements locaux sont consultés.On leur demande parfois leur approbation.Chaque Dominion a un haut-commissaire à Londres.Le gouvernement canadien est représenté par un haut-commissaire en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Sud-Afrique.Ces Dominions ont des hauts-commissaires à Ottawa.De premier ministre à premier ministre il est facile d'établir des relations directes.Depuis le début de la guerre, on s’est servi de la poste aérienne, de la r.s.f., du téléphone.Bien que disséminées sur plusieurs continents, les diverses parties du Commonwealth n’ont pas cessé de communiquer les unes avec les autres.Londres et Ottawa sont parfaitement au courant de l'opinion des autres gouvernements.* ¥ * Dans les circonstances, pourquoi une conférence des premiers ministres?Tout d'abord, semble-t-il.on cède à une nécessité de propagande.Au moment où la politique extérieure des grandes puissances soulève de nombreux et épineux problèmes, on croit nécessaire de donner au monde le spectacle de la solidarité impériale.Et si l'on parvenait à amener les Dominions à partager les vues du gouvernement anglais sur les principaux problèmes de guerre et de paix, cela équivaudrait à un regain de puissance pour la Grande-Bretagne et l'Empire, en face d’une Russie victorieuse et d’une Europe divisée, affaiblie, en quête de points d’appui stables.Sans compter qu’un projet semblable à celui du maréchal Smuts ou à celui de lord Halifax peut bien faire le sujet d’une discussion générale, d’une discussion qui Rengagerait à rien tout en engageant à tout.Quand on sait avec quelle minutie politiciens et fonctionnaires anglais préparent les moindres propositions qu’ils soumettent aux Dominions, on accepte avec incrédulité le mot de M.King, à savoir que cette conférence consistera en de simples échanges de vues.Le danger pour le premier ministre du Canada et ceux des autres Dominions, c’est qu’ils se trouveront, vis-à-vis du premier ministre d’Angleterre, dans une situation inférieure.M.Churchill et M.Eden (à la condition que ce dernier soit encore à son poste au moment de la réunion des premiers ministres) seront entourés de leurs collègues, d'une armée de fonctionnaires, d’experts et de techniciens.M.Mackenzie King ne pourra pas compter sur une aide aussi considérable.Il devra s’appuyer presque uniquement sur ce qui lui reste de canadianisme pour refuser d’engager l'avenir du pays dans une politique impériale.M.King a une occasion exceptionnelle de revenir i doctrine d’avant 1937.Cette doctrine est la condition nécessaire de la souveraineté nationale.L4*oM RICH IR d’être vendus à In douzaine et des petites maisons brunes avec des cheminées et des fenêtres feront lu joie des enfants qui se croiront propriétaires jusqu’au moment où, la gourmandise- l’emportant sur l'instinct de propriété, ils dégusteront ta maison de leur rêve.Elles sont bien rares les Canadiennes qui ne sont jamais allées au sucre.Même les citadines entreprennent de longues randonnées dans le bois pour se rendre à la cabane, manger de la tire fraîche sur la neige défraîchie du printemps, On s’y rend généralement dans une voiture attelée à un cheval pesant que les éclats de rire des gens de la ville n’épouvantent pas.Cette année nous y apporterons nos carnets de rationnement et peut-être aussi ferons-nous la trempette avec des coupons.Du bout des doigts, car te gouvernement qui sc fiche de nos traditions comme de nous-mêmes est venu se mettre le nez dans notre sirop.Autrefois, sans faillir à la tempérance.dans leurs excursions à l'érablière, les gens avaient (’habitude de sr réchauffer un peu, mais là, et c'est moins triste, le gouvernement est intervenu et a rationné, les “réchauffants”.Avec l’abondance de la neige qui commence à foudre si l’on se mouille les pieds cela sera donc dans le vrai sens du mot.EVE lî-IV-M Prise de Kertch — A 55 milles au delà du Pruth — Le général Bethouarf nommé chef d'état-major général — Que décidera le général Giraud ?12-IV-44 La session de Québec La Législature provinciale reprend le travail L'intérêt se transporte à la Chambre haute pour quelques jours — L’enquête sur la police provinciale — L’autobus à l’Université MM.René Chaloult et Oscar Drouin réclament justice pour les Canadiens français — La thèse de M.Leduc ( Par Louis RObTlLARD ) Québec, 12 — La Session provinciale reprend son cours sur un rythme accéléré après cette courte halte pascale.Les députés ont inauguré leur rentrée par deux séances ternes d’affilée, hier, à la première dans l’après-midi, et la seconde le soir, jusqu'à llh.Les conseillers législatifs sont, pour leur part, mobilisés spécialement pour l’étude du bill de l’hydro.D’ici deux ou trois jours, la Chambre des députés sera peut-être mise dans la pénombre par sa voisine, la Chambre Haute.C’est plus habituellement l’inverse qui se produit.Les Solons du Conseil sont appelés à se prononcer sur l'affaire, de la Montreal Light.Quelle attitude ces Messieurs non élus adopteront-ils?Apporteront-ils des amendements radicaux au projet de loi Hamel, tel qu’adopté à l’Assemblée législative?Dans ce cas 11 y aurait dissidence grave avec la Chambre des députés, si cette dernière s’obstinait h ne pas agréer les modifications du Conseil.Au cas de discordance opiniâtre de pari et d’autre, l'impasse pourrait amener le gouvernement à faire trancher le différend par l’élccto-at dans un appel immédiat au jugement populaire par une élection générale sur toute la question c?l’étatisation de l’énergie hydro-électrique.Cette alternative est dans le domaine des possibilités, mais non des probabilités.Hier.l’Assemblée législative a rouvert ses délibérations par la discussion de quatre motions: Deux au compte de M.Duplessis et une troisième au nom de M.René Chaloult; la quatrième avait pour parrain, M.J.-A.Francoeur.Deux de ces sujets de discussions n’ont donné lieu qu’à de brefs débats: celle de M.Duplessis relative aux forces hydrauliques de l’Outaouais échangées entre Ontario et Québec en vertu d’une loi adoptée l’année dernière et dont M.Duplessis demande l’abrogation en vue d’une entente plus équitrCT- s siîc.de Montréal.M.Chaloult se plaignait du traitement injuste infligé à la minorité française au Canada dans les écoles, le fonctionnarisme, l’année cl les usines de guerre; il en a signalé le.grand danger qui menace de s’aggraver si nous ne réagissons pas.Un ministre, M.Oscar Drouin, appuie avec énergie la thèse exposée ps: le député de Lotbinière.Nous devons avoir droit au pourcentage des positions fédérales en proportion de notre population, dit-il; à des obligations égales, correspondent des droits égaux.Les discours de bonne entente sont vains s’ils ne sont pas appuyés par des actes.Nous voulons tous favoriser l'unité canadienne, mais cette unité ne sera réalisée que le jour où les (suite à la dernière page) Billet du soir Tradition La saison du sacre est arrivée et les bons cultivateurs de chez nous se rendent à l’érablière.Déjà le chalumeau a blessé, le tronc de, l’érable centenaire et dans la petite hotte suspendue à l'arbre, une eau pure tombe, goutte à goutte, avant d'être changée en un délicieux sirop.Les étalages des marchés se couvriront bientôt de cornets de bouleau remplis de sucre, des coeurs dorés offerts un peu partout avant Bloc-notes Gabriel Hanotaux Lue dépêche de quelques lignes annotice la mort de M.Gabriel Ha-notaux.L académicien, ancien ministre des Affaires étrangères, avait quatre-vingt-quatorze ans.Il a tenu dans la vie politique et littéraire de la France un rôle considérable.(.’était un ancien fonctionnaire du ministère des Affa es étrangères passé de '•* à la ui^me de ce ministère.A l’encontre de la plupart des hommes politiques français qui ont occupé successivement les ministères les plus divers, nous ne croyons pas qu’il ait jamais dirigé d’autre service officiel.C’était un spécialiste qu'on utilisait dans sa spécialité.Depuis plus de quarante ans, depuis 1898, M.Hanotaux avait renoncé à toute activité politique.Il s’était tout entier donné à son oeuvre historique.Son Histoire de Richelieu lui avait ouvert les portes de l’Académie française.Elle fut suivie d’une Histoire de la France contemporaine (1871-1892), d’une Histoire de Jeanne d'Arc, etc.Ce sont là ses titres principaux au souvenir de la postérité.M.Hanotaux, probablement parce: qu’il était un historien et avait étu-j dié de près l’histoire de Richelieu, | s’intéressait beaucoup au Canada.Il | tenait dans le Comité France-Amérique une place de premier plan.Il avait d’ailleurs fait en notre pays un bref séjour, et l’on n'a pas oublié qu’il avait écrit pour l’avant-dernière édition de l’Histoire du Canada de Carneau une longue préface.Dans ses dernières causeries, M.Bourassa a fait plus d’une fois allusion à M.Hanotaux qu'il avail rencontré en France.L’ancien ministre lui avait alors fait part — on peut dire ces choses maintenant qu’il est mort — de la joie profonde que lui avait causée son retour à la pratique religieuse.Il n’avait jamais du reste, croyons-nous, fait figure de sectaire.M.Hanotaux parait avoir travaillé jusqu'en ces tout derniers temps.Lr voix des chiffres D'aprè' le recensement de 1941, — et les decuères années n'ont pas dû.bien au contraire, modifier cette situation, — sur une population totale de 3,231,882, la province de Québec compte 2,695,032 habitants d'origine française, soit une proportion de 81.4%, ou plus des quatre cinquièmes.Tous les non-Français, et l’on compte parmi ceux-là 4.182 Belges, 1,511 Autrichiens, 4,323 Tchèques et Slovaques, 2,043 Finlandais, 8,880 Allemands, 4,134 Hongrois, 28,0,'>l Italiens, 66,277 Juifs, 2,645 Hollandais, 10,036 Polonais.2,397 Roumains, 3.433 Russes, 4,840 Scandinaves, 8,006 Ukrainiens et 8,387 autres d’origine européenne diverse, plus 2,378 Chinois, 48 Japonais, 4,693 autres d’origine asiatique diverse, 13,641 Esquimaux et Indiens, 3,751 autres, tous les autres ensemble représentent moins de 19% de la population.Les Britanniques d'origine se répartissent ainsi: Anglais 249,548; Irlandais, 109,894; Ecossais.90,582; autres (Gallois, etc.), 2.863.soit un total de 452,887, — soit encore un pourcentage de 13.60% sur l’ensemble.Or.il est question d'instituer une commission officielle qui surveillera les intérêts de toute la population en ce qui concerne un article d’extrême importance.l'électricité.Cette commission se composera de cinq membres.En tout autre pays, il paraîtrait équitable et raisonnable, et peut-être même généreux.- d'attribuer aux minorités un cinquième de la > la représentation, bien qu’eRes ne repréaentent pas, toutes «tuerable, I Après avoir libéré tout le territoire de l'Ukraine, — les Allemands sont en train d'évacuer dans leur retraite les quelques positions qui leur restaient à l'est du Dniester, — les Russes mènent vigoureusement leur offensive pour libérer la Crimée.Le succès de cette offensive leur permettrait de dire qu'ils ont recouvré tout le territoire qui appartenait à l'U.R.S S.avant la guerre au sud des marais du Pripet.Au nord de ces marais, les Allemands sont encore maîtres de la plus grande partie de la Russie-Blanche et d'une étroite bande de territoire russe le long des Etats baltes.Dans le sud, les Russes ont même repris une partie des territoires qu'ils s'étaient annexés en 1939 et en 1940, en Pologne et en Bessarabie, et ils ont envahi la Roumanie proprement dite.L'offensive de Crimée ne semble pas devoir traîner en longueur.La 4e armée ukrainienne du général Tobulkhin avait déjà envahi la péninsule par le nord en forçant les défenses de l'isthme de Pérékop et en franchissant la mer Putride pour prendre position sur la côte nord-est.Voki qu'une nouvelle offensive vient de se déclencher à l'est, dans la péninsule de Kertch qui constitue l'extrémité orientale de la Crimée On se rappelle peut-être que les Russes avaient déjà établi il y a plusieurs mois des têtes de pont dans le voisinage de la ville de Kertch.Le haut commandement soviétique o envoyé des renforts de fusiliers marins et de troupes régulières à ces corps de débarquement et créé une nouvelle armée dont le comandement a été confié au général Anjré Yeremenko, le défenseur de Stalingrad.Cette armée s'est emparée de la place de Kertch et elle a poussé de 10 milles à l'ouest en mettant la main sur une quarantaine de villages.L'avance russe en Crimée est extrêmement rapide et il y a lieu de croire que les Allemcnds se sont résignés à abandonner la péninsule saut peut-être le grand port militaire de Sébastopol.Le bulletin officiel allemand admet d'ailleurs que ses troupes battent en retraite dans le nord et l'est de la Crimée, qu'elles ont réussi à se dégager à la suite de rudes combats pour se replier sur des positions plus au sud.Pendant que la nouvelle armée du généra! Yeremenko se mettait en branle et se dirigeait vers Théo-dosie sur la côte sud de la péninsule de Kertch, fa 4e armée ukrainienne du général Tobulkhin a poursuivi se progression rapide vers le sud Elle s'est emparée du centre ferroviaire de Dzankoï, à 15 milles au delà de la péninsule de Pérékop et réalisé ainsi une avance de 37 milles en quatre jours.Dzankoï se trouve à 160 milles à l'ouest de Kertch, mais à 85 milles seulement au nord de Sébastopol.Les troupes rouges ont occupé une cinquontoine de villages dans ce secteur.LE FRONT DE ROUMANIE La 3c armée ukrainienne du général Malinovsky poursuit ses efforts pour isoler une partie des troupes allemandes qui ont évacué Odessa.Le dernier bulletin soviétique affirme que l'on o anéanti d'importants détachements allemands à l'est du Dniéster et que d'autres se sont rendus.Le haut commandement allemand affirme que ses troupes ont repousse de violentes attaques contre la ville d'Ovidiopol sur l'estuaire du Dniéster qui sert de port d'embarquement aux Allemands pour gagner la Bessarabie en franchissant le fleuve à son embouchure.Plus au nord, une autre colonne de la 3e armée combat dans les rues de Tiraspol, centre ferroviaire et port fluvial sur le Dniéster à 60 milles au nord d'Ovidiopol.C'est lo dernière tête de pont que les Allemands tiennent encore en Ukraine outre le triangle d'Ovidiopol.Le général Malinovsky a lancé ses troupes d'aile droite en Bessarabie en direction de Chishinau, lo capitale provinciale, vers laquelle convergent déjà les troup.d'oile gauche de la 2e armée ukrainienne du maréchal Konev.Le gros de l'armée Konev pousse vigoureusement à trovers la Roumanie et descend la vallée de la Siret Cette armée s'est emparée du centre ferroviaire de Foscani, à 55 milles au delà de la frontière du Pruth, ainsi que de Criesteti, à 8 milles plus loin.La botoille se poursuit toujours dans le voisinage de la gronde ville de Jassy qui est à demi encerclée.Les Russes disent qu'ils ont repoussé plusieurs furieuses contre-attaques allemandes.Le seul succès sur toute l'étendue de ce vaste front de plus de 500 milles a été remporté dans la région entre Skala et Tarnopol dans le bassin supérieur du Dniéster.Le bulletin soviétique admet qu'un corps allemand envoyé à la rescousse a rompu le cordon jeté par l'armée rouge autour des survivants des 15 divisions allemandes encerclees dans la région de Skalo.Le bulletin soviétique affirme que ce succès a coûté très cher aux Allemands en hommes et en matériel.Cette colonne allemande s'est emparée de la ville de Buczacz, à 40 milles au nord-ouest de Skala.On croit cependant qu'il ne s'agit que d'une action défensive et non d'une véritable contre-offensive, même si les bulletins soviétiques rapportent que les Allemands ont employé des effectifs considérables dons ce secteur.Les Allemands rapportent en outre de violentes batailles en cours aux environs de Kovel au sud des marais du Pripet et dans le voisinage d'Ostrov sur le front.LES AFFAIRES FRANÇAISES Le plus recent différend entre le général Charles de Gaulle et le général Henri Giraud n'est pas encore réglé, mais le président du Comité français de libération nationale semble bien résolu à écarter complètement son rival.On sait que le général de Gaulle a aboli le poste de commandant en chef occupé par le général Giraud et que ce dernier a refusé d'accepter la décision en disant qu'elle était contraire aux lois de la république et aux ordonnances mêmes du Comité d'Alger.La querelle n'est pas encore vidée, mais il est bien permis de croire que le général Giraud aura le dessous comme la chose s'est infailliblement produite toutes les fois qu'il y a eu compromis entre les deux factions.Le général de Gaulle se conduit d'ailleurs comme si la chose était d'ores et déjà réglée.Le Comité national vient de nommer le général Marie-Emile Béthouart chef d'état-major général et le générai Joseph-Pierre Koenig comme officier de liaison auprès du généralissime Eisenhower.On rapporte que le général de Lattre de Tassigny et le généra! Alphonse Juin, qui commande actuellement en Italie, ont tous deux refusé le poste de chef d'état-major, vraisemblablement par considération pour Giraud.On croit cependant que le général Béthouart, qui fut le représentant de Giraud à Washington avant la formation • du Comité national, et le général Koenig vont accepter.Une dépêche de Londres nous apprend d'ailleurs que le général Koenig est arrivé dans la capitale anglaise et que son rôle de délégué militaire du Comité national consisterait à établir les contacts entre l'armée d'invasion alliée et les forces clandestines françaises, à organiser l'administration civile et militaire française dans les zones d'opérations.On rapporte d'Alger que le Comité n'aurait donné que 48 heures au général Giraud pour décider s'il acceptera le poste très secondaire d'inspecteur général de l'armée qu'on lui offre au lieu de celui de commandant en chef qu'il occupait d'ailleurs en vertu d'une entente avec le général de Gaulle.Le général Giraud aura été assez malheureux au cours de la carrière politique qui s'est ouverte pour lui après les débarquements alliés en Afrique-Nord et l'assassinat de l'amiral Dorian.Il fut un temps où il gouvernait le gros de l'empire colonial, du bloc compact de l'Afrique française de la Tunisie à Dakar avec ses 40,000,000 de population, où il disposait d'une armée nombreuse et d'une flotte sérieuse.En face de lui, le général de Gaulle n'avait fait reconnaître son cutorité que dons des colonies éparses dans les quatre coins du monde, en Syrie, en Afrique équatoriale, è Madagascar, en Nouvelle-Calédonie, à Saint-Pierre et Miquelon, il ne disposait que de quelques milliers de légionnaires et d'une flotte dont les ports d attache se trouvaient en Grande-Bretagne.Le général Giraud a accepté de négocier et, de compromis en compromis, il se trouve réduit a rien du tout, acculé à lo retraite, qu'il se retire avec éclat sous sa tente ou qu'il accepte le poste honorifique qu'on lui destine.Maître de l'Afrique française, coprésident du Comité d'Alqer, commandant en chef, acceptera-t-H maintenant d'être simple inspecteur général de l'armée française?— Pierre VIGEANT 12-IV-44 un cinquième de la population et que bon nombre de res minorités sont plus près, par leur culture, de la majorité que de la minorité principale.Chez nous, cela paraît à certains extraordinaire, presque scandaleux, et l’on est tout prêt à regarder rie travers le député qui n l’audace rie réclamer ce partage rie la représentation.Et c’est un trait dont la signification est assez pénible.Intéressante proposition ?Une dépêche de M.Raymond l)a-niell au Xein-York Times et à la Ca-zette parle ries moyens tic pression que les Alliés pourraient utiliser à l’endroit ries neutres qui ne se conduisent point exactement comme le désireraient les Alliés.Parmi ceux-ci, Ü y a l'Argentine et M.Daniel! dit que l'envoyé extraordinaire ries Etats-Unis en Angleterre, M.Sletli-nius, serait prêt, dans le cas où il faudrait prendre îles mesures rigoureuses contre l’Argentine, à suggérer que les Etats-Unis, d'accord avec le Canada, remplacent l'Argentine comme fournisseur de boeuf pour le marché britannique.(Ce qui impliquerait, noie M, Daniel), l’établissement au Canada d’un système de rationnement rigoureux).l,a proposition est intéressante, d'autant plus intéressante que les Britanniques passent pour être, dans une large mesure, maîtres du marché des viandes d'exportation en Argentine, ainsi que de leurs moyens d'expédition et rie préparation.O H.12-IV-44 calnet du gttneheux Les députés d Ottawa commencent à s’apercevoir qu'avec la guerre, l’impôt et toutes les taxes qui s'ensuivent, il ne leur reste pas grand’chose de leur indemnité de $4,000.Qu’ils réfléchissent un peu et remontent h la source de leurs maux.* a « Leur sort n'est d’ailleurs pas plus pénible que celui du simple contribuable de salarié.• « * Idem pour tous les autres qui vivent h même la cassette de l'Etat.Si les temps sont durs, ne convient-il pas qu’ils le soient pour tout le monde?» * * Ça n'est qu'en les atteignant au ventre et dans ce qui leur tient heu de coeur et de cerveî'e, le portefiulle, que l'on obtiendra de certains le respect du bon sens • * * A quend l'enquête sur le scandale des allocations de subsistance et de vovage aux fonctionnaires d’occasion et de tempe de guerre?» » • Il doit en coûter autant pour paver les déplacements inutiles de certsms d'entre eux que pour entretenir une mitrailleuse en activité.* « * La frénésie des "plans d’apres-guerre" reprend de plus belle.On veuf établir tout de suite le budget de dépense de chacun quand viendra cette époque par anticipation bénie' l'après-guerre, «i toutefois l’on commençait par gagner la guerre.Il n'y a rien comme de commencer par le commencement.* * # Et si, la guerre gagnée, on prenait la résolution ferme et sincère de ne pas faire nôtres les guerres qui seront celles des autres et suscitées par d’autres.Le Grincheux 12-IV-S4 'Choses d hier et d aujourd hui Si chacun, dans la place qui correspond é ses aptitudes, faisait exactement, scrupuleusement et amoureusement ce qu'il doit faire, il n'y aurait plus besoin de compter sur les révolutions pour ramener l'ordre et le bonheur chez les peupiei.ISABELLE RIVIBftÿ , LE DEVOIR, MONTREAL.MERCREDI 12 AVRIL 1944 VOLUME XXXV — No 84 Notre peuple a besoin de trois éléments nécessaires à toute patrie: le nombre, la qualité, le territoire Conférence du R.P.Alexondre Dugré, SJ., au congrès de la colonisation - Présentation des voeux du congrès-Séance de clôture-Allocution de S.E.Mgr Charbonneau -"Les voeux rencontrent les désirs exprimés par tous les évêques de la province", dit Son Excellence Le congrès de la colonisation, commencé lundi matin à Montréal en la salle du Gesii, sous les auspices des Semaines sociales du Canada.s'est poursuivi hier soir sous la présidence d’honneur de Son Ex-veîlence Mgr Charbonneau, archevêque de Montréal.Au cours de cette dernière séance.M.Roger Duhamel, président général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, a prononcé une conférence intitulée: “La colo-nisation, entreprise nationale".Dans son allocution, prononcée à l'issue de cette dernière réunion, Mgr l'A rchevèque s'est déclaré prêt à coopérer avec l’autorité légitime et a ajouté que les voeux du con nus; trop de Canadiens ont ensuite émigré.Faute de pouvoir conquérir l’Amérique, du nord au sud, nous pouvions peut-être, après 176ü, conquérir le Canada de l’est à l'ouest?Déjà nos traiteurs et nos voyageurs des pelleteries avaient pris les devants au Manitoba et jusqu’à Calgary, le Fort Jonquiète.Mgr Pro-vencher, puis surtout le grand voyant, Mgr Taché, adjurent leurs compatriotes de ne pas descendre aux Etats-Unis, mais de se fortifier dans l Ouest, où les Ontariens arrivaient bons seconds, en passe d’arriver bons premiers, puis pas trop bons, presque tout.Mais non.Au lieu d’aller fonder là une seconde province de Québec, ri vjnx IV O WV.S4VV V4tt WH ici mtr piUAllltt Ut* V«jUcI>cC, grès rencontrent les désirs expri-(nos surplus des campagnes allaient niés récemment par tous les évè- tisser, filer un mauvais coton, aux ques de la province.j usines de l'ennemi héréditaire, A ta séance de l’après-midi, le R.| dans une déportation voulue, pire P.Alexandre Dugré, S.J., a parle du j que celle des Acadiens, qui, du recrutement des colons.Il a insisté' sur la colonisation gratuite, la ferme payée, gagnée par la forêt.En arrivant, dit-il, le colon trouve une terre faite: il n’a plus d’affaire à solliciter d'octrois, la paroisse nai! adulte, s’arrange toute seule, sans l’énervant et perpétuel concours du gouvernement-nourrice.Le conférencier termine en disant que les sociétés nationales, religieuses et professionnelles devront aider, pousser, organiser le déversement des paroisses pour la préservation des jeunes, pout l’agrandissement du royaume de Dieu et pour donner à notre peuple les trois éléments nécessaires à toute patrie: le nombre, la qualité, le territoire.Voici le texte de l’allocution du R.P.Dugré: 4 Le R.P.Dugré parle d'abord do devoir de recruter les colons.Nous n’avons pas fait tout ce que nous aurions dû faire.Peut-être serait-il temps de nous ressaisir?dit-il.moins, ne payèrent pas leur passa ge.Pendant près de cent ans, ils sont partis au chiffre moyen de 20.000 par année, 20,000 garçons et filles, à l’âge de fonder le foyer que nos chefs ne leur préparaient pa.s ici; 20,000 c'est 10,000 mariages, c’est 50 paroisses de 200 familles, un diocèse par deux ans.En argent, si nous évaluons une vie de 18 ans $6,000, d’après la Métropolitaine, c’est, outre le cadeau de capital hu main, un capital de $120,000,000 que nous donnions, nous les pau vres, nous les minoritaires, nous les acharnés de survivance, à Ja république milliardaire et mangeuse de races qui nous traitait de Chinois de l’Est, et qui nous laissait la peine de lui bercer des enfants.Si nous avions été forcés, à la manière antique, de payer après unp défaite le tribut de 20,000 chevaux par année, nous aurions crié cbntre cette obligation, et nous aurions sûrement compté les chevaux livrés 11.^ v.IIC V a II A.livres En somme, qu'est-ee qui a tué la «pour n’en pas expédier un de plus! Nouvelle-France?Le manque d’hom- Eh bien, nous n’avons jamais reines et l'éloignement de la Frange, censé le nombre de nos exilés: On peut se demander ce que n'au- pour le savoir il faut demander à raient pas fait Cartier, Champlain, Washington combien il a daigné Talon, et les autres s’ils avaient eu en recevoir.Nos chefs étaient sur place, à côté du sol vacant, et trop occupés ici à faire de la poli-fini le péril iroquois, notre armée tique de parti, la patrie, le social, d’hier de 400,000 jeunes.chô- le bon sens leur échappaient, meurs! Ces géants de l’action con-quérante qui trouvaient moyen de L exode a cessé lancer à la Base d’Hudson, dans les plaines de l’Ouest, à la Nouvelle- ,,r.ace a I)ieu» cet,e l\emorragie a Orléans, quelques pincées d’explo-; * ’ r,?n Ra.s due nous ayo.ns re- ratcurs qu’ils se permettaient de f0UV.r,e ‘a raison, mais parce que soustraire aux maigres peuple-j es Etats-Unis nous ont fermé leurs ments d’ici, les voyez-vous tailler j R°^es: lIs ne veu!ent plus de nous, les tiefs et les concessions à mémo En j nous a!lons (l°n(' pouvoir le pays, à même l'Amérique du ! PrencJre notre élan! Nous allons Nord, des Alléghanys à l'océan Pa i *?Iai.,r.chez nous, pi ' ; Anres rtrp fnmhp« 1/ cifique! Voilà ce que l’effarante politique de Paris jr'a pas dû vouloir, et les visiteurs français- d’aujourd’hui n’ont pas assez de bras pour les lever tous au ciel: "F!.st-il possible! Ces argents de neige, tout de même!.” Il nous est venu, en tout et partout, 9,000 colons de France, et encore, pour les avoir, Talon dût-il transformer en bûcherons les soldats du régiment de Carignan.Lemigration aux Etats-Unis Trop peu de Français sont ve- Avis de décès BEAUDOIN.— A Montréal, le 10 avril 1944 à l’âge de 84 ans, est décédé Canne Beaudoin, époux de feu Victoria Beauregard, père de K ; r„ rûwïï 2RM!.- t vendredi le II e„„ra„l: .- -, pour nous.Après être tombés de 100% de la population canadienne à 25%, nous pourrons nous remonter, utiliser pour notre cause les familles débordantes qui déborderont à l’intérieur, qu’on transplantera en pays neuf, pour faire de notre province, non plus une mince lisière sur le bord du fleuve ou de la mer, non plus, une perpétuelle forêt ouverte aux seuls spéculateurs, —spéculateurs de New-York ou de Londres, comme si Ja France donnait son bien à des syndicat s de Berlin — mais un Québec solide, puissant en oeuvres, en nombre, en territoire et en qualité, capable d’exercer une in-i fluence heureuse sur les destinées ! Uu pays, en paix ou en guerre.1 Imaginons un Québec de dix mil-! lions d aines; quelle force dans les’ revendications! Serait-il même! question de revendiquer le bilin-l guisme, les mesures sociales, ou ci I ou ça! on nous apporterait tout sur funèbre partira de sa demeure, no 1905 est, rue Sherbrooke, à 7 b.80.pour se rendre à l’église de l lmma-eulée-Conception, où le service sera célébré à 8 heures.El de là au cimetière de la Côte des Neiges, lieu de sépulture.Parents et amis sont priés d'y assister sans autre invitation.Prière de ne pas envoyer de fleurs.Remerciement Promesse de publier faveur obtenue par Marie Reine des Coeurs.Imprimés de deuil MEMENTOS — REMERCIEMENTS Imprimé» ou gravé» • - Pris et spécimen* sur demande L'Imprimerie Populaire.Limité* 430.Notre-Dame est.Montréal Téi BEIair 3361 [ CALENDRIER «e mol» AVRIL 30 lours Demain: JEUDI 13 AVRIL 194* S.HERMENECilLDE.martyr Lever du soleil.5 h.20.Coucher du soleil, 6 h.43.Lever de la lune, matin.Coucher de la lune.8 h.28.Pleine Lune, le 8.à «h.22m.du soir.Oernier Quart!jr, le 15, à llh.39m du soir.Nouvelle Lune, le 22.à 3h.43m du soir.?remler Quartier, le 30, A ih.6m.du matin I AVRIL 1944 Dim Lun Mar Mer Jeu.Ven Sam ® (l*.L.8
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