Le devoir, 18 novembre 1943, jeudi 18 novembre 1943
"Le Cencdft rrt une ratios touve> raire et ne peut avec docilité ^rcepter de la Grande-EiMugne, ou de; Etata-Unia, ou de qui que ce soit d’autre l’attitude qu’il lu> taut prendre pnvera le inonde.Le premier devoir de loyalisme d’un Canadien n’eat pas envers le Commonwealth britannique des nations, mais envers e Canada et son roi, et ceux qui contestent ceci rendent, à mon avis, un mauvais service au Common wealth.” (13-x-iT) Lord TWEEDSMUIR LE DEVOIR Steactaar > Caere** PILLETI» Montréal, jeudi 18 novambra 194J IIDACTION n ADMINISTRATION* 410 1ST.NOTRE-OAMI MONTREAL TOUS LES SERVICES TELEPHONE t BEIair 1161 « SOIRS.DIMANCHES ET FETES Adminûtranaa i BEUir 1361 RédacHaat ISisJr 2T84 Cdraat t BEUir 1161 M.Hull proclame légalité souveraine de tous les Etats pacifiques (voir page 3) m.de Valera et la neutralité de l’Irlande t .es lenteurs de la campagne d’Italie Déclaration nouvelle, situation déjà vieille — L'Angleterre ne proteste point parce qu'elle sait que l'Irlande use de son droit ^—La "division" du pays et ses lointaines conséquences Feu M.Louis Hurtubise L’opinion d'un observateur torontoîs — Les répercussions de la chute de Leros — L’aviation allemande aurait attaque Samos — Les Russes admettent un repli en Ukraine — Les effectifs de la flotte japonaise M.de Valera vient de déclarer que l’Irlande s’en rient à son attitude de neutralité, quelles qu’en doivent être les conséquences.Cela ne surprendra personne, parmi ceux du moins qui suivent ce qui se passe de l’autre côté des mers.Personne ne conteste le fait brutal que, sur cette question de neutralité, M.de Valera représente l’opinion presque unanime de son peuple.C’est un point qui, à la vérité, ne s’est même jamais discuté.L’affaire, pour nous, n’est pas de décider si les Irlandais ont tort ou raison.Cela ne nous regarde point.Ce qui nous regarde, c’est de constater que l’attitude de l’Irlande fait la preuve, non seulement en droit, mais en fait, que pareille neutralité est possible.Dès la première heure, l’Irlande déclara qu’elle resterait en dehors du conflit.Elle a rigoureusement tenu parole, quoique le sentiment de la majeure partie des Irlandais soit probablement favorable aux Alliés.Elle a tenu parole au point d’interner, sans hésitation aucune, les aviateurs allemands ou anglais qui tombaient sur son territoire.A Dublin, vivent côte à côte, tout aussi bien qu’eu Suisse, les représentants officiels du Royaume-Uni et du Reich.On a dit que cela n’était pas possible.Cela est, et cela dure depuis quatre ans et plus.* * * II est assez probable que cette attitude ne plaît que médiocrement au gouvernement anglais; mais il n’a pas élevé de protestation.C’est à peine si l’un des ministres, et non le plus considérable, a, voici quelques mois, laissé entendre que, la guerre finie, l’Angleterre pourrait user, à l’endroit de sa voisine, de représailles économiques.(Et c’est probablement à quoi faisait allusion M.de Valera quand il déclarait mardi qu’il faudrait, si cela devenait nécessaire, faire face aux représailles comme à tout le reste).Le gouvernement anglais n’a pas élevé de protestation parce qu’il savait que l’Irlande usait de son droit.(Combien de ministres anglais ont déclaré, en ce qui nous concerne, que nous avions agi en toute liberté, et donc que nous aurions pu ne pas faire ce que nous avons fait?) Le gouvernement anglais n’a pas demandé que l’Irlande lui concédât l’usage de certains ports.Ces ports, il les avait remis à l’Irlande à la suite d’une grande transaction où se régla en même temps la fameuse querelle des Annuités.Il n’a pas cherché à les reprendre par la force.Il a agi en honnête homme.On a voulu, en certains endroits, et particulièrement au Canada, faire pression à ce propos sur M.de Valera.Le gouvernement de Londres ne s’en est pas mêlé, encore que M.Churchill ait vu d’un assez mauvais oeil, croyons-nous, dans le temps la remise des ports.¥ * * On disait: l’Irlande étant au centre même du conflit, à deux pas, pour ainsi dire, de l’Angleterre et de l’Allemagne, elle ne pourra rester en dehors de la mêlée.Ici, nous avons tous entendu dire: Les Allemands l’envahiront.Et la façon dont ils s’étaient conduits envers leurs voisins immédiats n’était point à ce propos rassurante.M.de Valera ne se faisait pas d’illusion là-dessus.II savait que son pays était une proie tentante.Et il n’envisageait point la possibilité d’invasion que du côté allemand.Il l’a dit en pleine Chambre à quelqu'un qui, on ne sait trop pour quelle raison, lui posait directement la question.Sa politique paraît avoir été d’organiser si fortement son pays que ie coût de l’invasion fît hésiter ceux que pourrait hanter la tentation.Et il a réussi, jusqu’ici, à rester au-dessus de la mêlée.¥ ¥ ¥ M.de Valera, naturellement, ne parle et n'agit qu’au nom des vingt-six comtés qui relèvent de son gouvernement.Cette division du pays, c’est la dernière cause de querelle entre l’Angleterre et l’Irlande.II y aura lieu d’y revenir: rappelons en deux mots, pour jeter un peu de lumière sur cette situation, que la frontière actuelle de l'Irlande ne correspond ni à la tradition historique ni à la répartition des comtés suivant la religion ou les opinions politiques, ni même à la géographie.On qualifie assez couramment d’Ulster les six comtés qui relèvent de Belfast.L’Ulster historique contenait, en réalité, neuf comtés dont trois sont aujourd’hui sous l’autorité de Dublin.On parle d’Irlande du Nord, mais le comté le plus septentrional du pays, Donegal, relève de Dublin.Et il y a un tiers tout net des ressortissants de Belfast dont les sympathies avouées, affichées, vont vers Dublin.Si l’on avait constitué en Etat distinct l’Ulster entier, on risquait de se trouver demain, là comme dans les autres provinces, en face d’une majorité nationaliste.Si l’on avait exclu du nouvel Etat les régions proprement nationalistes, on aurait fait .un pays qui, économiquement, n’eût pas été viable.On a alors tracé une ligne arbitraire qui, des quatre millions à peu près d'Irlandais, en jetait un million, dont plus de trente pour cent de nationalistes, sous l'autorité du gouvernement de Belfast.On croyait ainsi s’assurer, à jamais, une majorité antinationaliste dans cet Etat artificiel.¥ ¥ ¥ Tant que subsistera pareil état de choses, U restera entre l’Irlande et l’Angleterre un irréductible élément de discorde.Ce paraît bien être, encore une fois, le dernier.ir-xt-m Orner HEROUX \ Ottawa L*actualité Quelques opinions divergentes à propos de la C.C.F._ t A quelle enseigne loge au juste le parti que dirige maintenant M.Coldwell?— Une demande faite par S.Exc.Mgr Duke, archevêque catholique de Vancouver — Commentaires de journaux — Discours de MM.Saint-Laurent et Cardin (par Léopold Richer) Ottawa, 18-XI-43.— L’actualité suggère de nombreux sujets d’articles.Lour aujourd’hui, contentons-nous d’attirer l’attention sur quelques questions d’inégale importance, mais qui méritent, à des degrés divers, d’être soulignées.La première se rapporte à la C.C .F.On se rappelle que le récent communiqué des évêques a été interprété comme une autorisation aux catholiques de faire partie du mouvement politique que dirige M.M.-J.Coldwell.A ce propos ÏEcole Sociale Populaire publie ces jours-ci une note dont il faut tenir compte.En voici le texte: ‘‘Le Canadian Register, journal catholique de langue anglaise publié à Kingston et qui a des éditions dans d’autres villes, est d'opinion que le récent communiqué des évêques autorise les catholiques à faire partie de la C.C.F.Il n’en est pas ainsi de deux autres journaux catholiques importants, aussi de langue anglaise, la Northwest Review de Winnipeg et le Catholic Record 4e London.D’après le premier (la Northwest Review), la C.C.F.est nettement socialiste.Par conséquent elle fait défaut de remplir l'une des conditions mentionnées par l’épiscopat: le maintien des principes fondamentaux du christianisme."Le Catholic Record rappelle de son côté qu’il Jncombe à la C.C.F.d’établir clairement que son programme de réformes n’est pas contraire à l’enseignement de l’Eglise tel que promulgué dans les encycliques.Les déclarations de ses chefs ne concordent pas entre elles.Ceux de l’Ouest, par exemple, ont des tendances comnufnistes.Le parti se doit de présenter au plus tôt une doctrine comrqune officielle d’après laquelle il sera jugé.C’est la même demande qu’a faite du haut de In chaire de sa cathédrale S.Exc.Mer Duke, archevêque de Vancouver, le jour de la Toussaint.Il est impossible actuellement, a-t-il déclaré, de se prononcer sur la C.C, F.Sa doctrine officielle n’est pas assez Halte.Qu’elle nous dise donc nettement, une bonne fois, si, oui ou non, elle favorise la propriété privée.” Il appartient maintenant à la C.C.F.de nous dire à quelle enseigne elle loge.Ce qui frappe chez elle, c’est précisément la liberté avec laquelle la plupart de ses membres exposent leurs vues sociales et économique:;, en marge du programme initial di) parti.A la Chambre des communes, il est souvent possible de noteri des divergences d'opinions entre les députés qui se réclament de la C.C.F.Il y a une marge appréciable entre la doctrine de feu M.J.-S.Woodsworth et celle du chef actuel, M.M.-J.Çold-well.M.Angus Maclnnis, député de Vancouver, exprime parfois des opinions passablement avancées.Les membres de la C.C.F.de l’Ouest et de la Colombie canadienne semblent d’ailleurs plus radicaux que ceux de l’Ontario et du Québec.Il s’agirait donc, pour ce parti relativement nouveau encore, d'exposer au public un programme défini et pour les membres du par-, li de s'en tenir rigoureusement au programme officiel.Quand ce sera fait, les catholiques pourront prendre attitude sans crainte d’erreur.Des discours de M.Soint-Lourent Pour parler d'autre chose, avez-vous remarqué que M.Louis Saint-Laurent, ministre de la Justice, est singulièrement actif depuis quelque temps?Il a prononcé un discours au club de réforme de Montréal, il a adressé la parole aux membres des clubs libéraux de (suite la dernière page) A l'Hôtel-Dieu Toute la population de Montréal voudra dire aux Révérendes Soeurs et à tout le personnel de l’Hôtel-Dieu as profonde sympathie à l’occasion de l’incendie d’hier.Il n’est pas d’institution qui tienne de plus près au coeur des Montréalais que l’Hôtel-DIeu.Il est lié à notre plus lointaine histoire.Ses fondateurs comptent parmi les fondateurs mêmes de notre ville.Un professeur français à Montréal (par Roger Duhamel ) M.Fernand Baldensperger, ancien professeur de littératures modernes comparées à la Sorbonne et à l’Université Harvard et aujourd'hui professeur à l’Université de Californie, a commencé, sous les auspices de l’Institut scientifique franco-canadien, une série de conférences publiques sur “la civilisation et la littérature en France depuis le XVIIle siècle." Ce titre général indique bien que notre hôte ne bonde pas la besogne, car on imagine le vaste domaine intellectuel qu’il lui faudra parcourir en quinze, leçons.Ce sera pour ses auditeurs une aubaine que d’avoir l’occasion de le suivre dans une revue, nécessairement sommaire, suffisante toutefois à leur fournir une impression d’ensemble durable.Nous avions l'autre jour l’avantage, grâce à la bienveillante entremise de H.Victor Barbeau, fin lettré que les soucis coopératifs n’ont pas éloigné du culte de la littérature, de déjeuner avec le pro fesseur Baldensperger.Cet érudit, qui n’est plus jeune, a conservé une allure pleine d’entrain et, ce qui vaut encore mieux, une fraîcheur de goût et un enthousiasme pour les belles-lettres vraiment remar-quables.il n’a pas perdu le don merveilleux de se passionner pour une idée et il manifeste plus d’ardeur à soutenir que l’ordonnance jusqu’ici reconnue des sonnets de Shakespeare erronée ou que Fontenelle et non pas Mme de l.a Fayette a écrit La princesse de Elèves, que d’autres en témoignent pour soutenir leurs préjugés politiques.Le jour où les Canadiens français seront nombreux à s'éprendre d'une théorie littéraire et à en [aire l’objet de leurs conversations quotidiennes, nous ne serons pas loin d’être sauvés! Fernand Baldensperger occupe une place à part dans la criligue contemporaine.Son nom est insv- (suite à la dernière page) Citation d actualité Il y a toujours eu et il y aura toujours, dans les pensées humaines, deux dispositions contraires : c’ast le propre de certains esprits de se laisser séduire par le charme de l'habitude, tandis que d'autres sont plus sensibles à l'attrait de la nouveauté.Chacune des tendances poussée à l'extrême constitue un égal danger.I* comte it FRANQUIVILLE (Le *t>u Verne ment et to wirlement brt-ttnaiguea).Nous avons le regret d’apprendre la mort de M.Louis Hurtubise, ingénieur civil, frère de M.Edmond Hurtubise, président du conseil d’administration du Devoir, M.Hurtubise, vieil ami de notre journal, avait été très mêlé aux mouvements d’action française, et particulièrement à la vie de l’ancienne Ligue d’Action française, à laquelle il donna beaucoup de temps et de dévouement.Ce fut un ardent patriote.Nous prions la famille de M.Hurtubise d’agréer dans ce grand deuil l’hommage de notre profonde et respectueuse sympathie.- * —i-— Bloc - notes (par Louis Robillard) Nos villes èn 1943 L’agence Canadian Press a entre-pris de retracer la physionomie des principales villes canadiennes en temps de guerre.On y voit la transformation de nos centres urbains, depuis Victoria jusqu’à Halifax.Cs petites études, très précieuses pour l’Histoire, ignorent jusqu’ici la province de Québec; elles feront sans doute partie d'une prochaine série.Nous aurions été curieux de connaître le visage de nos "cités” québécoises modifié par la guerre.Toutes les villes mentionnées dans les rapports de la C.P.enre-gistrent_ les mêmes maux: l’afflux de milliers d'arrivants causant un surcroît de population; le bâtiment est partout loin de correspondre à ce surpeuplement subit et passager.On se plaint généralement d’une pénurie dans le logement.Cette plainte revient continuellement comme un refrain trihie.On se marche sur les pieds les uns des autres et l'on couche en tas.On installe des abris de fortune.Ce flot de soldats, de soldâtes, de nouvelles épousées, de travailleurs et de travailleuses se logent comme des réfugiés ou des évacués.Le transport est inadéquat tout autant que les endroits où l'on voudrait manger.Une bureaucratie surabondante a porté la population d’Ottawa à 158,581 en quelques mois, soit, subitement, 13,000 de plus.La métropole ontarienne, Toronto, compte maintenant 912,377 habitants, augmentation de 44,000 depuis 1939.Moncton, relais important des chemins de fer, est devenu l’un des postes aériens les plus considérables du Canada, et sa population de 22,000 a presque doublé, en trois ans.Il en est de même du port atlantique d’Halifax, grouillant de marins, de soldats et de parents.Nos villes souffrent toutes du mal de la congestion ou d’une inquiétante "hydropisie” dont la guérison posera des problèmes sérieux à nos médecins sociaux.(suite à la dernière page) carnet du grincheux Il parait que cette opération militaire, le camouflage, qui consiste à déguiser les hommes, les matériaux et les localités pour les rendre inv:sibles à l’ennemi.a pris un grand développement au Canada et que le service des fermes expérimentales fédérales est très utile sous ce rapport.On finira par si bien camoufler l’agriculture que ça sera vraiment comme si elle n'existait pius.l.a réalité aura alors rejoint le camouflage.Au vrai, n'est-ce pis déjà fait en partie?* * * Vu dans un journal, une vignette qui représente un enfant en train de cirer une quarantaine de paires de bottes çf de souliers.Deviner quel est 1,’homme politique qui aimerait sans doute beaucoup être à la place de cet enfant-là?» * * Voici en quels termes un esthète parvient à délabyrinther son sentiment : Si l'en veut faire une musique a-humaine sam tenir compte du divin, l'en risque de tomber facilement dans le domaine d# t'infra-kumeine.Facilement?Oh! Combien facilement! Cave ne cadas, tenons- nous-en à l'infra-rouge.* * * Entendu dans une réunion 'ibérale, cette envolée de haute inspiration: Vos enfants qui sont xllét verser (sur sang sur les champs de bataille, le gouvernement se charge de préparer leur avenir.Puissance du verbe! * ?* Un publiciste d'Angleterre écrit que “de nombreuses inventions faites pour servir la guerre serviront ensuite l'humanité en paix.” A un* condition toutefois, c’est que la guerre ne finisse autrement que par faute d'humanité.Le restaurateur qui, dernièrement, pavait $25 d’amende pour avoir vendu un hot-dog plus que I* prix autorisé a dû trouver que son chien-chaud lui coûtait chaud.I* Crincheux U-X1-4I La campagne d'Italie menace d'être longue.Les armées alliées qui n'avaient avancé que très lentement depuis la prise de Naples se sont pratiquement immobilisées depuis une semaine.Ce n'est peut-être qu'une halte, une pause, pour permettre de regrouper les troupes et de préparer une nouvelle attaque, mais ce peut être aussi le début d'une guerre de positions si les Allemands sont résolus à tenir sur leur ligne actuelle en y mettant le prix.Il y a déjà plusieurs semaines que le général sir Harold Alexander qui dirige les opérations en Italie nous avertissoit que l'avance sur Rome serait de plus en plus lente."Tous les chemins mènent à Rome, dit-il, mais tous les chemins sont minés et les ponts coupés".Le correspondant Don Whitehead, de r"Associated Press", nous explique les difficultés que les troupes anglaises, canadiennes et étatsuniennes ont à surmonter.La pluie a complètement détrempé le sol qui est partout boueux et glissant, fait déborder les rivières et multiplie les mares et les marais; elle a aussi paralysé l'aviation qui avait fort contribué aux succès alliés.Le mouvais temps et la nature accidentée du terrain favorisent les troupes allemandes qui sont sur la défensive, dont les lignes de communication n'ont pas été détruites et auxquelles la lenteur de l'avance alliée a permis de se retrancher solidement.Le dernier bulletin officiel précise que les pluies torrentielles et les inondations ont imposé une accalmie sur le front italien: il ne rapporte pas autre chose que des contre-attaques allemandes qui ont été repoussées à l'extrémité orientale du front et des attaques aériennes contre les aérodromes d'Athènes et des objectifs industriels à Piombino sur la côte occidentale de l'Italie.Il est cependant des commentateurs alliés qui ne sont pas satisfaits de la marche de événements en Méditerranée.Celui du "Star" de Toronto, M.W.-R.Plewman, le disait sans ambages dans sa chronique du samedi 13 novembre."Les dépêches d'Italie, d'opiner M.Plewman, exagèrent la vigueur des attaques alliées.On nous dit presque chaque jour que les Alliés ont réalisé un gain de cinq ou de huit milles.La carte t ous indique cependant que la ligne tout entière n'avonce que lentement vers Rome.Si les Alliés avaient obtenu sur toute l'étendue du front tous les milles de gains qui ont été rapportés, il y a longtemps qu'ils se seraient emparés de Rome.Les récits qui ont été transmis par câblogrammes étaient substantiellement exacts.Les gains n'étaient cependant que locaux et constituaient du grignotement.Il en fallait une douzaine pour faire avancer tout le front de cinq milles.Disposant d'une puissance immensément supérieure sur mer, dans l'air et sur terre dans le centre et l'est de la Méditerranée, après que l'Allemagne eut été jetée dans une situation désespérée il y a deux mois par la défection de l'Italie, les Alliés ont été lents à agir pour tirer parti de leur bonne fortune, si lents en fait que les Allemands ont recouvré l'île de Cos dans l'archipel du Dodécanèse et qu'ils sont maintenant en train de reprendre Leros.L’ennemi s'est ainsi placé en bien meilleure posture de reprendre l'île de Samos où la garnison anglaise est plus isolée que jamais."Du côté oriental de l'Adriatique, les Alliés ont perdu par lassitude bien des occasions de porter des coups à l'ennemi.Sur la péninsule italienne on a permis à l'ennemi qui aurait pu être culbuté par des attaques à fond de train des Alliés de raffermir son emprise sur le centre et le nord de l'Italie.Tout s'arrangera à la fin et nous pouvons espérer que cette fin n'est pas trop éloignée.Les désappointements d'aujourd'hui seront alors oubliés."L'auteur admet qu'il est un peu las de chercher des excuses aux Alliés qui n'ont pas réussi en deux mois à mettre à profit le retrait de l'Axe de l'Italie avec ses 70 divisions.Les explications portant que les Alliés ont eu des choses plus importantes à faire et qu'ils sont en train de préparer des opérations de grande importance ailleurs sont en partie vraies, mais elles deviennent fastidieuses.La vérité toute simple, c'est que la stratégie alliée est beaucoup trop rigide, que les autorités supérieures font des plans pour une période de six à huit mois, que le programme allié ne peut s'adapter rapidement aux événements nouveaux et imprévus.Les commandants dans certaines régions sont un peu en dehors de la zone des opérations projetées et manquent soit des moyens, soit de l'initiative voulue pour parer aux manoeuvres ennemies dans leur direction.La situation de l'ennemi en Méditerranée est beaucoup meilleure aujourd'hui, à le surface, qu'elle ne l'était il y a six mois, bien qu'elle promette de s'aggraver rapidement.Les honneurs de la guerre dans cette arène depuis le début de septembre sont allés aux Allemands par suite d'une direction plus décidée et mieux organisée".DANS LE DODECANESE Les récents revers dans le Dodécanèse ont créé du mécontentement à Londres.Les journaux insistent tous sur les répercussions politiques que la chute de Leros après celle de Cos ne manquera pas d'avoir en Turquie et dans toute l'étendue des Balkans.Le "News-Chronicle" dit carrément qu'il est bien difficile de n'en pas venir à la conclusion que quelqu'un a "gaffé" et le "Herald" réclame une explication officielle.La rumeur va jusqu'à dire que le général sir Henry Maitland Wilson, qui commande dans le Proche-Orient, pourrait bien être relevé de son commandement.Les Allemands disent qu'ils poursuivent leur contre-offensive victorieuse dans les îles de la mer Egée.Ils annoncent aujourd'hui que leur aviation a commencé le bombardement massif de l'île de Samos qui se trouve à 20 milles au nord de Leros, une île grecque que les Anglais avaient occupée à la faveur de la capitulation ' italienne et apparemment la seule qui leur reste dans cette région.L'aviation anglaise a riposté en attaquant hier les îles de Crête et de Rhodes.En Europe occidentale, les bombardiers lourds de la Royal Air Force et de l'aviation canadienne ont exécuté une attaque massive contre Ludwigshaven, grand centre de l'industrie chimique allemande.L'opération n'a coûté à l'aviation alliée qu'un seul bombardier, un appareil canadien.Des bombardiers légers sont allés rendre à la capitale allemande une de leurs visites habituelles.Les bombardiers lourds des Etats-Unis ont accompli ce matin une deuxième expédition en Norvège, mais on ignore encore quels ont été leurs objectifs précis si l'on croit qu'il s'agissait de nouveau d'établissements industriels.Pour la première fois depuis le début de leur offensive victorieuse il y a quatre mois, les Russes ont dû céder hier du terrain dans le nord de l'Ukraine.Le repli a été effectué dans le secteur de Jitomir-Korostychev à la suite de contre-attaques allemandes.Les observateurs militaires à Moscou disent qu'il ne s'agit que d'un repli tactique de la part d'une colonne motorisée que n'avait pu suivre le gros de la 1ère armée ukrainienne du général Nicolas Vatutine, mais certaines dépêches affirment que les Allemands auraient jeté 150,000 hommes dans cette contre-offensive à l'ouest de Kiev.Plus au nord, cependant, les troupes rouges ont pris les villes de Narodichi et Chernobil dans le secteur de Korosten et elles ont pénétré jusque dans les faubourgs de la ville fortifiée de Rechitsa en Russie-Blanche.PANS LE PACIFIQUE Ce sont les aviateurs qui ont porté tous les coups de part et d'autre dans le Pacifique au cours des derniers jours.Les aviateurs alliés ont atteint et probablement coulé un navire ennemi de 2,500 tonnes au large de la Nouvelle-Guinée et un autre navire de 6,000 tonnes au large de la Nouvalla-Bretagne.Ce qui est peut-être encore plus significatif, c'est que des bombardiers lourds des Etats-Unis ont attaqué depuis trois jours les îles de Jalouit et de Mill dans l'arehipal de Marshall et les Iles de Makin et de Tarawa dans l'archipel de Gilbert.Toutes ces Iles se trouvent dans le Pacifique central, à quelque 2,000 milles d'Hawaii où est installé le quertie* général de l'amiral Nimitz et on ignore encore de quelles bases secrètes sont partis ces bombardiers lourds qui ne peuvent décoller du pont d'un porte-avions.Les Japonais prétendent que 30 de leurs avions ont attaqué des navires étatsuniens au large de Bougainville dans l'archipel de Salomon, qu'ils ont coulé 4 transports, avarié un cargo et un contre-torpilleur.On ne signale rien de nouveau sur l'île même de Bougainville où les soldats des Etats-Unis ont établi une tête de pont il y a déjà plusieurs jours.C'est dans ces paragès que se sont livrés tous lés engagements téronavals récents qui ont donné lieu à des bulletins contradictoires de Washington et de Tokyo.A Melbourne, le major-général R.-H.Dweing, chef de l'état-major de liaison anglo-australien, a déclaré qu'il s'écoulerait un long délai entre la fin de la guerre en Europe et la concentration des forces alliées pour écraser le Japon."S'il a fallu du temps pour concentrer les forces alliées en Europe en vue de l'ouverture d'un deuxième front et de la campagne nord-africaine, dit-il, il en faudra encore davantage pour transporter des armées nombreuses de la zone européenne «iv Extrême-Orient.La seule chance de victoire de ('Allemagne et du Japon, c'est une prolongation indue de la guerre qui donnerait lieu à des dissensions et à de lo lassitude chez les Alliés".D'après les maigres renseignements que neuf recevons de l'Extrême-Orient, les Japonais ne negligent rien pour obtenir cette prolongation du conflit e< ils possèdent encore des atouts considérables dans leu< jeu.D'après ie correspondant Yates McDaniel, lei Japonais possèdent encore une flotte de bataille formidable en dépit des pertes qu'ils ont subies.Les bulletins alliés ont annoncé que 170 vaisseaux de guerre japonais ont été coulés dans le Pacifique et que 155 autres ont été avariés.A ce que l'on sait, le Japon possédait en décembre 1941 environ 200 vaisseaux de guerre en service ou à la veille de quitter les chantiers.!On ne tient compte que des contre-torpilleurs et des vaisseaux de classe supérieure).M.McDaniel fait observer qu'il semblerait à première vue qu'il ne reste plus de flotte du tout aux Japonais, mais qu'il ne faut pas oublier qu'ils ont surtout perdu des contre-torpil-; leurs et des croiseurs, les vaisseaux les plus faciles à remplacer.Pour sa part, il estime que le Japon est aussi fort en cuirassés et probablement en croiseurs légers qu'au début de la guerre, mais que ses porte-avions ne sont pas en moyenne d'aussi bonne qualité, qu'il a perdu le tiers de ses croiseurs lourds et peut-j être la moitié de ses contre-torpilleurs.D'après le correspondant Russell Brines, le Japon est en train de fortifier les Indes orientales néerlandaises et la Malaisie où se trouvent les principales i sources de matières premières dont il s'est emparé et d'y concentrer une partie de ses meilleures troupes,.Il aurait établi de nombreuses industries en Mandchourie, notamment à Moukden où les usines s'étendraient sur une étendue de 20 milles dans la prairie voisine.Le ' Japon ne néglige pas non jdIui its efforts pour se trouver des alliés et le premier ministre Tojo a profité aujourd'hui même d'une réception aux journalistes asiatiques à Tokyo pour déclarer une fois de plus que le Japon fait actuellement la guerre "pour émanciper l'Asie orientale de la cupidité des Anglais et des Etatsuniens qui veulent l'hégémonie mondiale".1S-X1-43 fierre VIGEANT 2 If PgVOIR.MONTKgAl, JTOt 1% KPVfVWg Tf
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