Le devoir, 11 juin 1943, vendredi 11 juin 1943
“Le Canada eat une nation louve-' raine et ne peut avec docilité a rcepter de la Grande-Bretagne, ou de; Etats-Unis, ou de qui que ce soit d’autre l’attitude qu’il lui faut prendre envers le monde.Le premier devoir de loyalisme d’un Canadien n’est pas envers le Commonwealth britannique des nations, mais envers e Canada et son roi, et ceux qui contestent cecj rendent, à mon avis, un mauvais service au Commonwealth.” (ia-x-37) Lord TWEEDSMUIR Cirecteur : Gtorgca PELLETIER FAIS CE QUE DOIS Rédacteur «n chef; Orner HEROUX LE DEVOIR Montréal, vendredi 11 juin 1945 REDACTION ET ADMINISTRATION 430 1ST, NOTRE-OAMI MONTREAL TOUS LIS SERVICES TELEPHONE: BEIilr 3361* SOIRS, DIMANCHES ET FETES Admfniitratioa r BEIalr 3361 Rédaction : ,j BEIalr 2984 Gérant: BEIalr 3361 Pantelleria est tombée aux mains des Alliés (Voir en page 3) Le 250ème anniversaire de Varennes Un hommage qui est un exemple La paroisse de Varenne* fête cette année son deux cent cinquantième anniversaire.En tout état de cause, l’événe ment vaudrait qu'on le souligne.Car, dans nos pays, une paroisse vieille de deux siècles et demi n’est pas chose banale.Varennes évoque le souve nir des temps héroïques de la colonie.Son premier sei' gneur, René Gaultier de Varennes, était un officier du régiment de Carignan.Il avait épousé la fille de Pierre Boucher, auquel il succéda dans le gouvernement des Trois-Rivières, qu’il occupa d’ailleurs plusieurs années.La seigneurie est un peu plus vieille que la paroisse elle-même.Elle date de 1672.Située presque aux portes de Montréal, en face du Bout de l’Ile, cette paroisse se développa, semble-t-il, sans trop de heurts.Elle a produit, du double point de vue religieux et civil, sa juste part de personnages distingués; mais la figure la plus illustre dont elle puisse s’honorer est bien celle de Marguerite d’Youville, la fondatrice des Soeurs Grises.L’oeuvre de cette illustre Varennoise couvre aujourd’hui toute l’Amérique du Nord, elle s'étend même en Afrique.Il est probable qu’on profitera des fêtes de cette année pour élever en son honneur un monument commémoratif.Varennes, on le sait, est aussi le pays des Geoffrion, des Massue, etc.« * « On a voulu fêter l’anniversaire de la paroisse plutôt que celui de la seigneurie; c’est qu’on tenait particulièrement à mettre en relief l'importance du rôle, non seulement religieux, mais national de la paroisse.Tout le programme des fêtes, fort élaboré et dont la#réalisation, commencée depuis un certain temps, s’étendra sur plusieurs semaines encore, est d’ailleurs d’une inspiration hautement éducative.On veut honorer les ancêtres.Pour cela, il fallait d’abord les faire connaître.Nous nous demandons si, en aucune paroisse encore, on a provoqué un pareil mouvement d'études locales, incité avec autant de persévétancî à fouiller les vieilles archives.L’effort de propagande s’est naturellement porté vers la jeunesse surtout.Celle-ci devra être désormais fixée sur l’histoire de ses pères, savoir ce que leur a coûté le bien-être dont elle jouit aujourd hui.On oublie si vite que, dans nos vieilles paroisses, peu de gens s'arrêtent à penser que cette vie heureuse n'a pas toujours existé, que ces belles prairies ont été conquises sur la forêt, à force de labeur et de sacrifices.* * * / 0 L'histoiré d’une paroisse comme Varennes, passée, en moins de trois siècles, de la forêt à cet état de vieux pays presque, est passionnante.Elle l’est pour tous les obsersa- teurs.Elle doit l’être particulièrement pour les gens du pays qui y retrouvent partout les traces de leurs pères.On y voit comment s’est formée chez nous la paroisse rurale, le rôle qu’y a joué le régime seigneurial, comment les seigneuries sont passées souvent de l’officier qui les avait reçues au négociant heureux, trop souvent aussi à l’étranger: on y voit comment la paroisse, même celle qui parait être restée la plus semblable à elle-même, à travers les années, a tout de même jeté au loin ses rejetons,* a fourni aux villes quelques-uns de leurs plus brillants sujets, comment s'est organisée la vie de l’école, etc.; on y voit comment nos paroisses, qui se ressemblent toutes par le fond, gardent quand même leur personnalité propre, leur physionomie à part.Si cela ne nous frappe pas davantage, c’est que nous n’y regardons pas d’assez près, que nous ne portons point sur un paysane devenu trop familier un regard assez attentif.D’ailleurs, il n’est pas l'une de ces histoires de paroisse qui ne débouche, pour ainsi dire, sur la grande histoire.C’est tan thème qui, on se le rappellera peut-être, fut plus d'une fois traité ici.?* » Les organisateurs des fêtes n’ont pas voulu — nous l’avons indiqué déjà et c’est de quoi il convient de les féliciter — se contenter d’une éclatante manifestation.Sans doute, les fêtes auront un sommet, et ce sera au temps de la Sainte-Anne, car sainte Anne est la séculaire patronne de Varennes; mais elles se prolongent de telle façon que leur leçon puisse se répandre et s’imprégner partout.En même temps qu’elles apportent aux anciens un juste hommage d’admiration et de gratitude, elles prétendent aussi, chose fort belle encore et très pratique, prolonger leur oeuvre, — la prolonger de toute façon et dans tous les domaines.On veut qu’elle soit le principe d’une rénovation spirituelle et qu’en même temps que se fera la toilette des âmes se fasse celle des maisons et des champs, que, de toute façon, Varennes en cette année jubilaire monte vers une beauté supérieure.* * * On n’a point dressé sans effort un pareil programme: on ne saurait le réaliser sans beaucoup de travail et sans une puissante collaboration.Mais, en même temps qu’ils auront aequttté leur dette de gratitude envers les anciens, les Varennois pourront se rendre le témoignage qu’ils ont donné à beaucoup d autres un grand exemple.C'est de quoi, comme de leur intelligente pieté filiale, nous avons le devoir de les féliciter, • de tout coeur.0m*, Htll0UX Nouvel insuccès de la politique mussolinienne A Ottawa La session parlementaire poursuivra son cours Il n’est plus question d’un ajournement à l’automne — La prorogation serait possible vers le 15 juillet — M.King demande aux députés d’y mettre du leur — Il s’adresse à “l’extrême-gauche” LES CREDITS DE LA MARINE AVANCENT Bloc notes Par Léooold Richer Ottawa, ll-VI-43.— Le gouvernement, après avoir songé un instant à ajourner la session — on disait couramment la semaine dernière que l’on pourrait l’ajourner à la fin de juin pour la reprendre à la fin de septembre ou au début d'octobre—, a finalement décidé de poursuivre les travaux parlementaires ! jusqu’à la fin.C’est dire qu'à moins d'événements extraordinaires, H n’y aura pas de session d’automne.Des députés ont déclaré que la session pourrait se terminer vers le 15 juillet, à condition que l’on commence bientôt à siéger tous les soirs, même l'avant-midi.Evidemment, les membres de la Chambre des Communes ne résistent pas longtemps au régime de huit heures de séance par jour.C’est un régime insupportable.Tout de même, si les députés veulent terminer la session vers le 15 juillet, ils doivent mettre de côté toute intervention inutile.Le premier ministre leur a conseillé, hier après-midi, d’inscrire au feuilleton les questions qu’ils désirent poser au ministère plutôt que d’en faire le sujet d’interpellations.Il arrive parfois que les interventions prennent passablement de temps.M.King a donné ce conseil aux députés en disant que tous les membres de la Chambre esperenl que bientôt l’on pourra terminer les travaux sessionnels.11 a laisse entendre qu’il tiendrait des conferences avec les chefs des groupes parlementaires, en vue d'abréger la session, tout en ne privant pas les député* de leur droit de parole.Le premier ministre a eu une remarque amusante et malicieuse.11 arrive parfois, a-t-il, dit, que, lorsque l’opposition officielle pose une question au gouvernement, la C.C.F, à la tentation d’en faire autant.Quana ce n’est pas la C.C.F., c'est lé crédit social."Des membres dé l’extr.;-tné-gauche.d’ajouter le premier ministre en visant les quelques députés de langue française oui n’appartiennent pas au parti libéral, sont d’avis que.s’ils ne posent pis de questions, cela pourrait créer l’impression que leur parti diiparait graduellement.” "L'extrême gauche" Le mot, prononcé d’un ton ba- din, n’en était pas moins malicieux.Les députés ont ri.Le premier ministre lui-même semblait content dp lui, car il souriait de plaisir, MM.Graydon et Blackmore ont immédiatement protesté de leur grand désir de coopération.Les Canadiens français de l’extréme-gauche n’ont rien dit.Avec raison d’ail-Irurs.Ils ne constituent pas un parti unique.Il y a tout d’abord les trois membres du Bloc Populaire: MM, Maxime Raymond, Edouard Lacroix et Pierre Gauthier.Ils ne font pas d’interpellations pour le plaisir d’en faire, pour s’attirer de lu publicité ou pour embarrasser le gouvernement.Ils ont leur politique et ils la suivent sans chercher à sé faire de capital politique avec des questions mesquines et des interventions sur des têtes d’épingle.Il y a encore MM.F.Dorion et J.-S.Roy.qui s’affichent comme indépendants, qui déclarent ne se rattacher à aucun groupe de la Chambre des communes ou de l’extérieur.et qui protestent quand on dit qu’ils travaillent de concert avec M.Maurice Duplessis.Et il y û, en dernier ressort, M.Liguori La-combe, fondateur et membre unique du Parti Canadien.Au lieu de s’adresser aux quatre ou cinq* partis (peut-être six) de l’opposition et de leur demander de ne pas retarder les travaux de lu Chambre des communes, le premier ministre aurait bien mieux fait de s’en prendre à quelques-uns de ses propres députés.Quelques libéraux parlent plus souvent et plus longuement que tous les partis de l’oppoiitton réunis.Ce sont ces gens-là Oui font que la session court h risque de se prolonger jusqu’au mois d’août.Il est vrai que M.King aurait demandé à ses députés, au cours d’un caucus tenu cette semaine, d’agir de façon à ne pas retarder les travaux de la Chambre.Le prèmier fninistre devrait revenir sur la question et insister davantage.Les ministres eux-mêmes — et cela se comprend — *e plaignent d’avoir à répondre sans cease aux mêmes questions, d’avoir à assister à de longues séances de la Chambre.alors qu’ils ont un travail considérable à accomplir dans leurs ministères respectifs.(suite a la dernière page) Pour l’hiver prochuln Nos conseillers municipaux ont passé plusieurs heures, lors de la dernière séance qu’ils ont tenue, à faire le procès de l’administration quant au pitoyable entretien des rues montréalaises au cours de l’hiver dernier.On ne peut leur en faire reproche car l’intention qui se percevait facilement derrière leur critique rétrospective, c’était de prévoir et de préparer un meilleur entretien des mêmes rues au cours de l’hiver qui viendra, qui viendra même plus tôt que l’on ne voudrait.Une bonne voirie urbaine et hivernale est certes chose excellente mais U y a plus important que cela.Le problème du combustible, l’hiver prochain, dans Montréal, nous semble devoir primer celui de l’enlèvement de la neige sur les trottoirs, celui du nivellement de la chaussée pour le roulage des automobiles.D’autant plus que le nombre de celles-ci, non pas seulement pour la promenade mais aussi pour les affaires.a déjà diminué sensiblement et, sauf imprévu, diminuera encore.Comment s’y prendre pour éviter que les Montréalais, d’octobre ou de novembre 1943 à avril ou mai 1944, souffrent trop du froid?Pour l’heure, le combustible est rare et, de plus, il est contrôlé.Ottawa a décrété, pour tout l’est du pays, un embargo sur les stocks de bitumineux et d’anthracite.La livraison de ces deux combustibles au consommateur ne se peut faire qu’en quantités restreintes et très exactement déterminées.L’embargo sera peut-être levé au cours de l’été, il est même à souhaiter qu’il le soit.Il sera alors loisible aux particuliers qui peuvent entasser du combustible à domicile de faire leurs provisions de l’hiver prochain.Et ça sera sage, pour tous ceux qui le peuvent, d’agir ainsi.Mais les autres, nombreux, très nombreux, dans Montréal, qui, habitants de plain-pieds par exemple, n’ont pas l’espace qu’il faut pour faire la provision de combustible de tout un hiver ne seront pas plus avancés.Se fier à d’éventuelles et très problématiques livraisons par des fournisseurs dépourvus eux-mêmes de locaux d’entreposage, voilà qui parait assez aléatoire.C’est en effet un fait que.dans Montréal, la plupart des petits marchands de combustible, ce qu’il en reste de petits, ne sont pas organisés pour se constituer des tas de charbon.Pourquoi la ville même ne leur en fournirait-elle pas les moyens, en mediant à leur disposition divers espaces, des espaces assez vastes, en divers endroits de son territoire?Des tas de charbon municipaux, en vue de dis-ributions par les voies du commerce ordinaire, seraient sans doute as- sez bien vus, l’hiver prochain, dans notre grande ville.Nos 99 conseillers pourraient, lors d’une autre séance, avec profit pour eux-mêmes et la communauté métropolitaine, se mettre à l’étude de la question.Il faudra que les Montréalais •se chauffent l’hiver prochain.Mieux ’¦-aut y penser tout de suite que d’attendre jusqu’à l’hiver et de pousser (alors d’inutiles gémissements.Tourisme d'après-guerre Il parait qu’il sera formidable; en tout cas de toutes parts, c’est ce qu’on prédit.Le chef du service touristique de la province de Québec à New-York, M.Watson Fournier, prévoit pour cette époque, des Etats-Unis vers le Canada et.en particulier vers la province de Québec, une vague sans pareille de visiteurs.Les directeurs du Royal Automobile Club of Canada (président, M.P.-R.W’alters), font des prévisions identiques et ils se préparent et s’organisent en conséquence.Ils ont mis à l’étude, conjointement avec les autres auto-clubs du pays, un plan touristique d’après-guerre, qui s’inspire d’un plan déjà adopté et en voie d’accomplissement en Angleterre.Où l’on voit que les Anglais, malgré la guerre, gardent le souci de ce qui doit venir après.Le tourisme leur parait être une industrie à ne pas négliger, à favoriser même de toutes manières.Un peu partout dans les Iles britanniques, les autorités locales, c’est-à-dire municipales, préparent les voies au tourisme.Elles ont pour cela un plan d’ensemble.Plus de trois cents municipalités ont convenu de se constituer un fonds en vue de cela et d’alimenter ce fonds •avec le produit d’une taxe spéciale.Le gouvernement central, de son côté, contribue au même fonds, dans la proportion de cinquante pour cent de la contribution de chaque municipalité et de diverses associations.La Corporation de la [Cité de Londres et Ir conseil du comté de Londres adhèrent à ce plan et leurs représentants font partie d’une sorte de conseil touristique que l’on a institué.Ces plans touristiques d'après-guerre ne sont-ils pas en somme plus recommandables, en tout cas moins sujet à suspicion, que certains plans d’autres sortes?Emile BENOIST n-vi-«3 L'actualité • < 'l'sBa'i-’ Les prisons ou Conoda (par Rog«r Duhamel) La loi prévoit des sanclions.Certains crimes, cerlains actes délictuels entraînent l’incarcération pendant une période de temps déterminée.Ces diverses mesures sont instituées pour la sécurité de la société et la sauvegarde de l’ordre.S’ensuit-il qu’il faille considérer l’emprisonnement comme le châtiment du coupable?N’esl-il pas plus humain et pour mieux dire plus avantageux de viser d'abord â la reprise morale du délinquant?L’esprit qui préside à l’administration des prisons et des pénitenciers au Canada a souvent suscité des reproches assez vifs.La Commission Archambault, qui s’est livrée il y a peu d’années à une longue enquête, a émis des conclusions très sévères, qui ne sont pas à notre honneur et qui n’indiquent pas un sens social très avisé de la part des dirigeants de ces institutions.Tout récemment, un article de Waller Turner, paru dans le Montreal Standard, attirait l’attention sur quelques-uns des plus graves vices de notre système.Certains faits paraissent étonnants.Durant l'année 1936-37, la proportion des récidivistes parmi les prisonniers était de 72 pour cent; les séjours précédents de ces détenus derrière les barreaux ne les avaient guère améliorés.Cette, proportion est la pins élevée qui soit au monde; un record dont nous n’avons pas lieu de tirer vanité.A ce.régime, 181 criminels seulement ont coûté, à la population une somme fantastique dépassant les cinq millions de dollars, pour l'excellente raison que ces 181 individus ont été condamnés 3,443 fois; ce sont vraiment des professionnels, qui ne perdent pas leur temps! One constate également que le nombre des coupables lend à augmenter.En 1911, il y avait 430 jeunes délinquants pour 100.000 habitants; ce chiffre passait â 779 en 1921 et à 1,324 en 1931.Quant à (suite à la dernière page) Citation d’actualité "Quand tou* lès journaux, à l’image de ouelques-uns qui ont dé|è gagné les devants, ne seront plus qu’un syndicat de la louange, rédigés par des gens pour qui l’agenouillement devant le pouvoir est un état naturel, les gouvernements s’apercevront peut-être qu’ils retirent de ces grossiers concerts plus de dommage que de L« “Duce" avait imaginé de couper en deux la Méditerranée et d'en rendre le paasage interdit aux Alliés — La “mare nostrum" en train de devenir une mer défendue à l'Axe — L'invasion de l'Europe continentale ne saurait se faire avant plusieurs * semaines, étape par étape — M.Roosevelt en appelle aux Italiens D'AUTRES EXIGENCES DU GENERAL DE GAULLE MENACENT L'ACCORD FINAL bien.NIRRI CAXOTTI La reddition cet avant-midi de l'ile de Pantelleria, dans la Méditerranée, à mi-chemin presque entre la Tunisie et la Sicile, — il y a 45 milles du cap Bon, en Tunisie, à Pantelleria, et ôG milles de celle-ci au point extrême de la Sicile vers l'Afrique du Nord, — marque un succès allié contre l'Axe, et aussi le premier jour de la quatrième année de l'entrée en guerre de l'Italie du côté de l'Allemagne.Mussolini avait commencé en 1937 de fortifier cetfe île d'environ 40 milles carrés, d'origine volcanique, où, depuis 1939 surtout, les fascistes avaient commencé d'envoyer de forts détachements de soldats.Car Mussolini avait décidé de faire de Pantelleria, à cause de sa situation stratégique en plein centre de la Méditerranée, entre l'Europe et l'Afrique, une sorte de Gibraltar que les Alliés ne pourraient contourner.Ainsi espérait-il isoler la partie ouest de la Méditerranée de la partie est et donc rendre presque inaccessibles les eaux méditerranéennes de cette zone aux marines alliées, surtout anglaises, dirigées vers le canal de Suez.Les Allemands voulaient bloquer le canal de Suez en prenant la Syrie, la Palestine et l'Egypte, tandis que les Italiens projetaient, avec la forteresse de Pantelleria, de faire une vraie "mare nostrum" (pour l'Axe) de toute une région méditerranéenne.Ce double rêve italo-allemand tourne à l'insuccès marqué des campagnes de Tunisie, de Libye et d'Egypte pour l'Axe; et la chute de Pantelleria facilitera d'un côté la navigation alliée dans la mer séparant l'Europe de l'Afrique du Nord ef de l'autre, l'invasion de la Sicihe et de la Sardaigne par les Anglo-Américams s'ils se dirigent vers l'Italie et le continent européen.Il y avait une vingtaine de jours que les Alliés bombardaient par mer et par l'air les fortifications de Pantelleria, dont certaines s'abritaient sous terre, mais contre lesquelles 400 ovions alliés ou moins, a une heure donnée, ont dirigé leurs projectiles allant jusqu'à deux tonnes chacun, soit 4,000 livres, tandis qu'à une dizaine de reprises des navires de guerre anglais attaquaient du large les postes d'artillerie côtière italienne.Sommée par deux fois de se rendre, épuisée par le manque de sommeil, de nourriture, de renforts importants, la garnison italienne assez nombreuse a dû en fin de compte livrer l'île et les forts de Pantelleria aux troupes et à la marine alliées.Les Anglo-Américains descendent, à l'heure qu il est, sur l'île elle-même, maintenant sans défense et qui faj-blissait sans aucun espoir de se reprendre, depuis quelques jours.Pantelleria, qui fait partie de la province de Trapani, en Sicile, — et donc du pays italien, __abrite en temps normal une population d'une douzaine de mille âmes, dont plusieurs prisonniers politiques italiens, antifascistes pour la plupart, exilés là par le régime Mussolini.Les Carthaginois de l'antiquité en furent les premiers occupants, puis les Romains, aux temps impérial x, après quoi les Sarrasins, les Siciliens, les Espagnols, les Turcs en devinrent successivement les maîtres.Elle valait en tant que situation stratégique, avant-poste de pirates et de corsaires vers l'Italie, aux temps anciens et modernes.Lltolie finit par en hériter et Mussolini imagina d'en faire un formidable obstacle à la navigation internationale en Méditerranée.Le rêve a passé, l'île est aux mains des Alliés et ne sera plus désormais qu'un point d'ou ceux-ci iront d'un côté attaquer l'Italie, soif par loir, soit au moyen de navires de guerre qui mouilleront dans les alentours de cette île, dont le port est d'un trop faible tirant d'eau pour les grandes unités navales, mais peut abriter des contre-torpilleurs et des navires auxiliaires de tonnage réduit.Une fois Pantelleria prise, il faut maintenant s'attendre que les prochains coups par air et par mer portent sur les îles avoisinantes, notamment la Sicile, très rapprochée, et peut-être de là, une fois la Sicile occupée, vers la Sardaigne, voire vers la terre ferme du sud de l'Italie.Après la Tunisie, les îles méditerranéennes, à tour de rôle.La série noire des insuccès de Mussolini commence de se dérouler.M.Roosevelt en profite pour en appeler aux Italiens et les inviter à se donner un gouvernement nouveau et bien disposé envers la paix.L'INVASION DU CONTINENT Ce n'est pas à dire que, dès ces semaines-ci, l'invasion te déroulera rapidement.Pantelleria n'a cède que parce que les Alliés en avaient préparé soigneusement la chute, par une srrie d'attaques maritimes et aériennes tenaces et continues, qui ont duré quelque temps.Il en sera de même pouc l’invasion des abords de l'Italie, »i les Alliés décident de commencer leur débarquement en Europe continentale de ce côté-là.Des correspondants et des commentateurs sérieux de la situation se rendent compte qu'il ne faudrait pas nous attendre que les Alliés prissent très vite pied sur le sol européen."L'occupation de Lampédouse, de Pantelleria, même de la Sicile et de la Sardaigne ne sera que le préliminaire de la grande invasion.Il ne faut pas verser dans un optimisme déraisonnable.Les perspectives sont que lorsque le temps viendra de s'attaquer pour de bon au continent européen, on fera coïncider cela avec une offensive russe et peut-être une expédition anglaise contre les ports de la Manche.Mais ce temps n'est pas arrivé et les chefs militaires ont à mettre définitivement au point l'aviation et l'armée de combat américaine de telle sorte qu'ils puissent donner le maximum de l'effort offensif.On espère que cela sera vers la fin de l'été.Dans cet assaut final, il faudra jeter plus de 1,500,000 hommes.Les transporter en mer, les approvisionner, les ravitailler, ce sera l'une des entreprises les plus gigantesques de l'histoire militaire.Les conditions présentes ne sont pas ce qu'elles étaient pendant la dernière guerre, alors que les corps expéditionnaires américains descendaient sur un territoire français peuplé par des amis et pouvaient y acheter tout ce qui leur manquait en fait de vivres.Cette fois-ci les Alliés devront transporter avec eux tout ce dont ils auront besoin.Transporter une seule division d'infanterie est déjà toute une tâche.Cela veut dire de 12 à 20 mille hommes, et tout un équipement, même des plus modernes et des plus simples.Pour le personnel d'une seule division, il faut mobiliser 5 ou 6 convois de chemins de fer, il en faut 2 pour les approvisionnements, etc.Et tout cela occupe tout l'espace à bord de 7 navires de 10,000 tonnes chacun.Il faut faire le programme des préparatifs deux mois d'avance et que tout soit prêt 30 jours avant le véritable embarquement à bord, dont 3 semaines rien que pour le transport des troupes au port d'embarquement.C’est en juillet dernier que l'on commença de préparer l'expédition américaine en Afrique du Nord et «Ile s'embarqua vers le 22 octobre seulement".On voit d'ici ce qu'il en sera de jeter 200,000 ou 300,000 hommes, pour commencer, sur le sol européen.Et il faudra plus d'un million et demi de troupes de tout genre pour y prendre pied de façon assurée et commencer les grandes opérations d'invasion.Cela ne saurait donc se foire ces semaines-ci, ni avant dix ou douze semaines.Il y a de quoi exercer sa patience en même temps que l'on activera les préparatifs.DE GAULLE S'OBSTINERAIT ?Les dernières nouvelles d'Alger ne sont pas nombreuses, ni fort optimistes.De tout l'avant-midi, aujourd'hui, il n'en est rien venu, ce qui laisse supposer n'importe quoi.Aux informations de la nuit dernière et du point du jour, l'entente de Gaulle-Giraud était en équilibre instable.De Gaulle, qui a gagné certaines démissions, — celles de Bergeret, de Peyrouton, de Noguès,— en exige d'autres.D'abord, selon les degaul-listes eux-mêmes ("sources close to Gen.Charles de Gaulle", disent les dépêches américaines), leur chef est revenu à l'idée que Giraud ne doit pas être à la fois membre du Comité de libération en tant que ministre de la Défense nationale, et commandant militaire si prême.A lui d'opter.De Gaulle aurait même menacé de démissionner de ce comité s'il n'obtient la démission immédiate de certaines gens qu'il accuse d'avoir pactisé avec Vichy.C'est ainsi qu'il en a contre le gouverneur de Dakar, Pierre Boisson, qui lui a "fait manger des guêpes" à Dakar, au siène raté de septembre 1940.Or Boisson a derrière lui l'appui des alliés anglo-américains, vu sa conduite dans la reddition de Dakar aux Alliés, depuis novembre dernier.Mois Boisson est coupable d'avoir tenu tête à de Gaulle et de lui avoir infligé son grave échec de Dakar, ce qui faillit le faire jeter par-dessus bord par le ministère anglais du temps.Outre Boisson, il y a le contre-amiral Muselier, jadis aux ordres de de Gaulle, mais qui depuis lui a tourné le dos.Lui aussi il est marqué par de Gaulle.Il y en a d'autres, que de Gaulle veut absolument débarquer."On dit que bien que de Gaulle ne soit pas encore allé au point de démissionner, il a pris une attitude si tranchée qu'il sera difficile de lui faire accepter quelque compromis".La crise a éclaté soudainement pendant la séance du comité, hier après-midi", mande Alger.De Gaulle a Tair de vouloir mettre ses rancunes au premier plan.Céderu-t-on devant des exigences prétentieusement affichées?— G.P.H-VI-43 caxnet du gtincheux Quoi qu* dis* l’organe matutu, le Devoir n’oppose aucun veto à M.l’abbé Maheux.C’est affaire aux Québécois de lui donner ce qu’ils voudront.Le Devoir n’e publié qu’une nouvelle d’apperences invraisemblables, mais qui peut être vraie.Wait and ses, dirait l’abbé Maheux.* ?* Lu dans Vaillequevaill* d'Ombrelle.C’était là la défaut dominant d* son premier volume, "A la hacha”, une sorte d* chant beaucoup trop long h la gioi-ra d* nos forêts, da nos bûcherons, do nos gont da chantier et d* drave.Trop long! Quand on pensa au péché qui n’en finit pas.* * * Dans la bell* et bonne histoire.Séraphin commet le péché d’avarice; à la radio, son péché en devient un de persévérance et d’endurance.* ?ft Ramirez, nouveau pilota de la barque de l'Etat argentin, à ses suivants: "Confiance1 vous qui maniez avec moi la rama ires loin! ft ?* L’on dit chez nous, en perlent d’un partisan politique forcené: c’est un bleu teint, c’est un rouge teint.En Argentine, pays pratique, l’on dit plutôt; c’est un argent teint.* * * L’Argentine va-t-elle entrer dans la danse, comme d* fit tant de fois s* quasi-homonyme Illustre, l’Argentine?- ?g La grande pitié du zèle impérialiste méconnu; M.Codbout ne figure pas dans la liste des décorés de le fét* du Roi.Point de tirage pour le grand cireur!.* g * Pour dresser un bon cheval de course: lui faire connaître les principes hippographiques de M, Codbout et lui donner le nom Filet Mignon.?* * C'est ainsi que l’actuel premier ministre i Québec peut donner aux chevaux l'esprit.de fuite.g g1 ?Lu quelque part, cet avis officiel d’enregistrement de société: "Th* Society ef the Four Freedoms" — "L'Association dos Quatre Liberté»".Ne 180 St.Cathe- rine I.; Emile Chat Hamel, mar-ied and common a* to proparty, loan Chat Harvey and Victor Dosève.both married and contractually separate as to property from thoir respective wife*.Qu'est-cs qu'ils vont bien faire, à trois, avec quatre libertés?„ Le Grincheux U-VX-èl * LE DEVOIR, MONTREAL.VENDREDI 11 JUIN 1943 Le Conseil municipal abolit la que si le conseil veut modifier le « * -, ; budget, il peut le faire.Cependant frfllfft fitlf l£S l'amiK 1,i on diminue le revenu, il faudra 9 WA Av» AinlWlV9 i trouver d autres recettes pour que ________________ jle budget reste équilibré.Faites Majorité insuffisante pour adopter la taxe sur les ^nt fccePp0tées0ou relatées, 'sheiks automobiles — Fin du débat sur la neige et |^UeS'le’faïenïonVétéT adoption de la taxe d'entretien des trottoirs —
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