Le devoir, 4 juillet 1942, samedi 4 juillet 1942
“Le Canada eat une nation aouve* raine et ne peut avec docilité accepter de la Grande-Bretagne, ou des Etats-Unis, ou de qui que ce soit d’autre l’attitude qu’il lui faut prendre envers le monde.Le premier devoir de loyalisme d’un Canadien n’est pas envers le Commonwealth britannique des nations, mais envers le Canada et son roi, et ceux qui contestent ceci rendent, à mon avis, un mauvais service au Commonwealth.” iiü-x-37) Lord TWEEDSMUIR LE DEVOIR Directeur t Georges PELLETIER Rédacteur en chef : Orner HEROUX taontréoT, samedi 4 Juillet 194Î REDACTION ET ADMINISTRATION 430 EST, NOTRE-DAME MONTREAL ?____________ TOUS LES SERVICtS TELEPHONE : SEIetr SMI* SOIRS, DIMANCHES ET FETES AdminiitratiM t BEIeir 3JST Rédection t BEIeir 2984 Gèrent : 1 BEIeir 3361 Les Russes annoncent la prise de Sébastopol La conscription et le pacte des Vingt-Six Quelle raison, entre plusieurs, a pu décider M.King J revenir sur ses engagements anticonscriptionnistes de 1939 à 1941?Qu 'est-ce qui l’a contraint à reprendre sa parole, à demander aux huit autres provinces de la Confédération de le libérer de la promesse faite au Québec, en septembre 1939, et réitérée maintes fois depuis?D’aucuns se rappellent qu’en mai 1917, quatre jours après être revenu de Londres, M.Borden, — il avait, comme M.King en 1939, promis au nom de son parti que le Canada n’aurait jamais la conscription.—M.Borden se bâta de demander le service obligatoire pour outre-mer.1 Quel motif donna-t-ü de violer ainsi son engagement?La nécessité d’assurer du renfort aux armées canadiennes d’outre-mer.Au combat depuis 1915, elles avaient perdu des milliers d’hommes.11 y avait à combler les vides faits dans les rangs par les Allemands.Nécessité d’ordre militaire, dit M.Borden.Il fit la politique que l’on sait, avec le résultat que l’on sait, insuffisant du point de vue militaire, et les conséquences désastreuses que l’on a vues depuis, quant à l’unité nationale.* * * Nécessité d’ordre militaire, avait dit M.Borden.Maints Canadiens, de ceux qui l’appuyèrent, adoptèrent plus ou moins ce point de vue.Pour eux, la vraie raison de la volte-face de M.Borden n’était pas là.Lorsqu'il était passé en Angleterre, la situation de nos armées, du point de vue numérique, il est vrai, menaçait de prendre assez mauvaise tournure.Le volontariat ne donnait plus, dit à l'époque M.Borden, ce qu’on en attendait.A cela, i! y avait diverses causes, dont l’attitude arrogante, pour ne pas dire imbécile, de Sam Hughes et de ses amis ultra-loyalistes envers le Canada français.M.Borden lui-même l’admet dans ses mémoires.Et puis, alors comme aujourd'hui, si l’on parlait de liberté et d’autonomie canadiennes, des ultra-loyalistes invoquaient surtout des motifs d’un impérialisme tout de sentiment* pour tâcher d’activer l’enrégimentation.Et les impairs pouvaient dru, nuisibles au recrutement dans notre province, malgré le zèle et les efforts de certains officiers canadiens-français du temps, dont Sam Hughes s’ingéniait par bêtise à ruiner le travail.A l'époque, donc, M.Borden invoqua nécessité militaire pour en venir à la conscription.Il fit voter la loi de 1917 tant par les conservateurs impérialisants que par des libéraux de même esprit.Plusieurs, qui eurent l’air de regretter plus tard leur attitude de 1917 envers M.Laurier, — c’était trop tard, il était mort abandonné par eux (il mourut en février 1919), — ne se gênaient point de dire que, s’ils étaient pour la conscription, c’est que Londres l’avait demandé2 ou que les Etats-Unis devaient entrer dans la guerre, eux aussi, afin d’apporter aux Alliés du temps un appui dont ils avaient grand besoin: et qu’en fait, le président Wilson avait fait savoir à Londres que, si son pays entrait dans le conflit, instaurant le service obligatoire pour ses jeunes gens, il ne pouvait plus être question que le Canada s'en tint au régime du volontariat.Pareille intervention de M.Wilson eut-elle lieu?Y eut-il des tractations diplomatiques à ce sujet, de Londres à Washington, avec ou sans la connivence ou la connaissance de M.R.-L.Borden?On l’entendit dire et redire cent fois, depuis 1917.Ni M.Wilson, ni M.Lloyd George, ni M.Borden ne nièrent ou ne confirmèrent le fait de telle intervention de la part de M.Wilson.Il n’y en a pas trace dans les Mémoires de M.Borden, — il est vrai plus ou moins expurgés par ceux qui prirent la responsabilité de les publier après sa mort.Aucun des biographes de M.Wilson ne signale non plus de pareilles démarches de l’ancien président, mort après que les engagements qu’il avait pris en France, en 1919, au nom de son pays, le Congrès américain eût refusé de les approuver et de les incorporer dans la politique étrangère des Etats-Unis, Quant à M.Lloyd George, qui dès 1916 remplaça M.Asquith à la direction du Royaume-Uni, par suite de manoeuvres d’une déloyauté singulière auxquelles furent partie nombre d’Anglais en vue dans la vie publique d’alors, M.Lloyd George n’en a jamais rien laissé savoir.Tl est vrai que personne n’a écrit l’histoire complète et détaillée de toutes les tractations et de tous les accords conclus entre Londres et Washington, soit verbalement, soit par des écrits plus ou moins secrets.M.Wilson est mort trop tôt après la guerre, il fut trop vite réduit par la maladie à l’impotence, pour avoir pu livrer lui même une part de ses souvenirs à son entourage américain.Et il avait rompu depuis des mois avec son confident du temps de la guerre, le colonel House, qui se refusa lui même à dévoiler ce qui se passa entre M.Wilson et lui, avant leur rupture définitive à Paris, en 1919.La version d'une intervention extérieure qui aurait décidé de l'établissement de la conscription au Canada en 1917 est-elle fondée?Il y eut des indices, il y a des doutes, les précisions manquent.L’histoire, peut-être, éclairera l’un de ces jours cette question, pour nous d'importance capi taie, en fait rétrospective.# * * Vers la fin de 1941.ou en 194 2.y aurait-il eu inter vention de cette sorte, de Washington ou de Londres, dans notre politique de guerre?M.King n’y a jamais fait allu sion.Non plus M.Roosevelt.Encore moins M.Churchill, qui ne se fit pas faute, après avoir passé quelque temps au Canada, vers la fin de 1941.de porter aux nues à Londres l'effort de guerre particulier de plusieurs nations, sans citer seulement le nom du Canada: ce qui.à l'époque, dut contrarier vivement certains de nos hommes publics.Ils auraient eu raison de se sentir alors blessés au vif tant, celte fois, M.Churchill, si bien accueilli au Canada, parut attacher à son retour outre-mer peu d’importance à ce que notre pays avait accompli jusque-là pour 1a guerre, — le Canada qui, peu de semaines plus tard, devait néanmoins faire don d'un milliard de dollars au Royaume-Uni, alors qu’il était entre-temps lancé dans un formidable effort de guerre.Au vrai, M.King est allé ces années-ci conférer avec M.Roosevelt à Washington, et surtout depuis que les Etats-Unis sont entrés dans le conflit, en décembre 1941.Nous n'avons jamais su ce qui au juste se passa dans ces conférences.— et cela s’explique assez.M.King.M.Roosevelt y ont-ils pris des engagements réciproques que nous ne connaîtrions pas?Cela reste possible.Aurait-il été question entre les deux d’un projet canadien de conscription pour service militaire outre-mer?Il n'y en a pas de preuve certaine.A maintes et maintes reprises M.King, certes, a fait allusion à ce que nos alliés et nos voisins attendent de nous; au fait qu’ils se méprennent sur l’étendue de notre effort de guerre parce que nos lois, dit-il dans le temps, restreignent la liberté du gouvernement, en ^particulier pour ce qui est du service obligatoire pour outremer.Les allusions à cette restriction, — en particulier la clause III du bill de la mobilisation de 1940,3 — ont plu, depuis janvier, tant dans les discours de M.King aux Communes que dans ses causeries à la radio.Qu'est-ce qu’iraient penser de nous nos alliés, — les Etats-Unis, les Nations-Unies, — si nous avions l’air de poser des limites à l’effort de guerre du Canada?Ne se méprendraient-ils point sur la véritable étendue de notre politique de combat?a-t-on dit, M.King le premier.Et que d'autres allusions en ce sens, au cours de la campagne pour arracher une majorité de oui aux électeurs du Canada, le 27 avril dernier! Cela ne signifierait-il pas que, s’il n’y avait pas eu pacte formel, accord explicite et définitif, il y aurait eu, tout au fond, entente implicite nette entre Londres, Washington let Ottawa?Autrement, comment expliquerait-on qu’à l’heure même où toute une filée de ministres de M.King, — MM.Gardiner, Howe, Thorson, Gibson, Saint-Laurent, M.King lui-même, — déclarent, recherchant la disparition de la clause restrictive III de la loi de 1940, qu'il n’y a pas à l’heure qu'il est besoin de la conscription; que le volontariat donne encore plus qu'il ne faut: qu’il y a plus de Canadiens rendus outre-mer qu'on ne l'avait prévu dans les programmes d’abord établis; que tout va pour le mieux dans le recrutement; qu’il n'y a pas de vides à combler; que jamais peut-être la conscription ne sera nécessaire, tous ces hommes publics en soient à déclarer en même temps qu’il faut voter l'abolition de la clause 111 pour mettre la conscription dans les lois?Où pareil illogisme a-t-il sa source?Ainsi qu’on l’a fait déjà remarquer, comment et pourquoi voter une loi.si l’on n’en a pas besoin et qu'elle ne doit pas servir?On vote une loi si l’on croit en avoir besoin un jour ou l’autre.Du même souffle qu’on dit la conscription inutile, peut-être même jamais nécessaire, pourquoi insister pour l'inclure dans les statuts, dès après un plébiscite qui ne voulait pas dire la conscription, ont fait entendre tant et tant d’orateurs ministériels, à la suite de M.King?Si ce n’est là 1a perfection dans l'illogisme.* * * En 1917, il y avait besoin, a dit M.Borden, de renforts pour les armées canadiennes qui se battaient depuis deux ans et avaient subi de dures pertes.La conscription, alors, équivalait à la violation de ses promesses.Néanmoins.M.Borden invoquait nécessité d'ordre militaire.Du simple point de vue logique, du moment que l’on admettait qu'il fallait outte-mer aux armées canadiennes des effectifs sans cesse complets.M.Borden pouvait étayet un raisonnement d’apparences assez convaincantes, du moins pour les participationnistes.La situation n'est pas du tout la même, en 1942, à ce que disent la plupart de nos ministres.Le volontariat marche à fond; nos soldats n'ont encore pu se battre pour la peine: et s’ils tiennent garnison en Angleterre en prévision d'une invasion toujours possible, plus ou moins menaçante, leurs effectifs restent complets; qui plus est, ils reçoivent constamment des renforts, tous recrutés par le volontariat.Alors, pourquoi cette hâte à voter en 1942 une loi de conscription autrement plus rigoureuse, plus sévère, plus étendue que ne le fût jamais relie de 1917, comme l’ont démontré certains députés fédéraux, dont M.Maxime Raymond (BeauBarnois-Châteauguay) le tout premier?M.Pierre Gauthier (député de Portneuf à Ottawa) paraît avoir, l'autre soir (discours du 29 juin) mis le doigt sur la véritable cause de la loi conscriptionniste de M.King, quand il a dit qu'elle se rattache au pacte conclu à Washington, le 1er janvier 1942, — au temps du passage de M Churchill en Amériqife du Nord.— entre les représentants de vingt-six nations qui, à l’époque, s'engagèrent à mettre en commun toutes leurs ressources économiques et militaires.Cela signifie, dit M.Gauthier, tout l'argent, les munitions, les denrées alimentaires et tous les hommes que nous pouvons fournir, — et cela veut dire même la conscription pour lever ces hommes.Dût-elle ne donner que quelques milliers de soldats de plus, nous serions dans l'obligation de l’imposer, d’après le gouvernement King, afin de faire face à l'engagement pris, il est vrai, hors de la connaissance de notre Parlement et sans qu’on l'eût au préalable consulté, note M.Gauthier.Il conclut justement que, si le plébiscite du 27 avril put être habile, on ne saurait dire que cette mesure fut le geste d’un gouvernement responsable, puisque le ministère King s'était déjà engagé, le 1er janvier, à aller jusqu’à la conscription pour service outre-mer.Beau début d'année que cet engagement solennel, pris alors que la rerre ne s’était pas encore tassée «ur la tombe du collègue franchement et à jamais anticonscriptionniste de M.King.M.Ernest Lapointe.4-VH-42 Georges PELLETIER Les Allemands ont perdu 300,000 hommes Souvcnirt s L'ami de toutes les heures le fut pour moi dis la première heure.Je pourrais mime dire dès l'avant-première heure.Plusieurs mois avant mon entrée au journal, en effet — c'était en 1929 — je recevais une lettre amicale de Louis Dupire, en réponse à une lon-gue épitre dans laquelle je lui disais que ma seule ambition était d'être admis à la rédaction du Devoir.De mon lointain patelin, je lui (Tuais envoyé en même temps par l'entremise de celle qui devait plus tard devenir ma femme, un billet du soir signé d’un pseudo.J’étais dans les pires transes en attendant son verdict.Celui-ci me fut favorable puisque le secrétaire de la rédaction publiait ma chronique le 5 février 1929, tout en l'ayant décoiffée — narquoisement, j'imagine —-d’une citation de Voltaire qui s'était égarée sous le titre.Ami aux heures d’épreuve — quand le cœur est lourd et qu'on sent le besoin d’être remonté, il savait l'ètre avec une délicatesse Irès rare, adoucissant d'une sorte d’eif-fection paternelle ce que la franchise de ses remarques ou conseils aurait pu avoir de brutal., .Ami aux heures claires— quand l’âme s'élève aux joies les plus pures d’alliage et qu’on tient à faire partager son bonheur débordant, il l’était avec un empressement qui ajoutait du prix à son geste.E>, je revois encore sa bonne figure, sympathique, dans l'avant-dernier banc de l’église de Notre-Dame-de-Grâce au moment où je sortais, fort ému, au bras de celle à qui je venais de m'unir pour la vie.Et c’était ensuite, à chaque berceau qui venait ensoleiller notre foyer, le petit souvenir au nouveau-né, les félicitations aux parents.Ami qui avait le don de faire oublier la différence d'^pe et d’expérience qui te séparait de nous— plus récentes recrues du journal.Aussi ne nous faisions-nous pas faute d’en abuser largement et de le mobiliser à toute heure du jour.Pour ma part, combien de fois l’ai-je mobilisé durant les campagnes de charité de la Fédération, insistant pour obtenir des articles additionnels quand la situation semblait compromise ou simplement inquiétante.Car, te grand ami de Sainte-Justine fut aussi le propagandiste fidèle et admirable de toutes nos œuvres fédérées.A cause de cet aspect si attachant de son caractère, ne sommes-nous pas justifiés de ne pas encore nous habituer à son départ, d’entendre toujours — semble-t-il — sa voix, et de nous bercer à certains moments de l’illusion qu’il va apparaître là tout d’un coup, dans la salle de redaction, en lurlutant quelque air d’opéra désuet 4-vn-« Lucien DESBIENS Bloc-notes Un petit radio ?1 Robert Laird Borden, Hit Memoirs.1938.pages 697 et ss.* M.Borden le nia carrément à l’époque (vou ses Mi-vôtres, page 700).8 Cet article se lit ainsi: “3.Les pouvoirs conférés pat l’article qui précède ne peuvent pas être exercés aux fins de requérir des personnes de servir dans les forces militaires.navales ou aériennes en dehors du Canada et de ses eaux tern'toriales.,‘ EN PAGE 2 : "Pour honorer la mémoire de Louis Dupire — Sixième liste de souscriptions.Un ami nôus écrit au nom des “petits enfants qu’abrite le couvent des Soeurs Grises de Vârennes”.“Les religieuses à qui l’on a confié la surveillance de res petits en dehors des heures de classe n’ont rien ou à peu près pour les amuser”, dit-il.On demande donc s’il n’y aurait pas parmi les lecteurs du Devoir quelqu’un qui disposerait d’un petit radio et pourrait s’en départir pour le bénéfice des enfants.Même s'il n'est pas en très bon état, le radio sera, dit-on, le bienvenu.On le fera réparer.Et voilà un geste encore qui pourrait être fait en souvenir de Dupire.Une autre excuse Le Citizen, d’Ottawa, nous raconte une assez curieuse histoire Il parait qu’au dernier plébiscite une trentaine de citoyens américains habitant le Canada ont été pris d’un tel enthousiasme qu’ils sont allés voter dans une affaire qui ne les regardait point.Cela, de notre côté, ne leur a ap paremment valu aucun ennui, mais il n'en a pas été de même ehrzeux.La loi américaine décrète que.sons peine de perte de ses droits de citoyen, aucun Américain ne doit voter dans une élection en pays étranger ou dans un plébiscite destiné à fixer la souveraineté d’un pays étranger.L'on demande que nos votants par surcroît soient déchus de leur qualité de citoyen américain.Certains de ceux-ci allèguent, parait-il, qu'ils ne tombent pas rigoureusement sous le coup de la loi, mais le Citizen ne parait pas attacher beaucoup d’importance à leur plaidoyer.Il produit à leur décharge une circonstance atténuante: l'enthousiasme que leur inspirait l’idée de la guerre totale.de la part d'un pays qui n'était pas le leur.On pourrait dire autre chose.Ces bons Américains pourraient soutenir qu’étant donné l'empressement avec lequel certaines gens Monceau de ruines — L'un des plus glorieux sièges de l'histoire MOSCOU, 4 (A.P.) — Les Russes annoncent aujourd'hui que Sébastopol, la gronde base navale fortrffa de Crimée, a succombé, après avoir soutenu l'un des plus glorieux sièges de l'histoire.Ils disent que la prise de Sébastopol a coûté aux Allemands 300,000 hommes dont 60,000 tués au cours de la dernière phase du siège.Le bulletin officiel soviétique dit que les pertes russes sont de 11,385 tués et que les Allemands n'ont occupé qu'un monceau de ruines.Au cours de leur dernière attaque de 25 jours, les Allemands auraient lancé dans un assaut continuel 300,000 hommes de troupes, 400 chars d'assaut et 900 avions : ils auraient perdu outre cef 60,000 morts, 300 avions, 250 chars et 250 canons.Le bulletin soviétique rapporte en outre que l'armée rouga a détruit des centaines de chars et abattu des milliers de soldats allemands au cours de violents engagements sur le front de Koursk, à 280 milles au sud de Moscou.Voici comment se lit ce bulletin pour ce qui a trait aux opérations qui visent à séparer les armées russes du centre et du sud: "Au cours de la journée du 3 juillet, dans la direction de Koursk, nos troupes ont repoussé de furieuses et puissantes attaques de chars des troupes fascistes allemandes.L'ennemi subit des pertes énormes.Dans un seul jour de combat, l'ennemi a perdu plus de 250 chars et 15,000 officiers et soldats tués.Dans la direction de Belgorod-Volchansk, nos troupes ont repoussé des attaques ennemies".de chez nous, même avant l’entrée des Etats-Unis dans la guerre, réclamaient la présence de citoyens américains dans les manifestations patriotiques canadiennes, ils ont cru que ces mêmes gens ne verraient point d’objection à ce qu’eux fassent un pas de plus et.votent.Pas de français ! La Survivance d’Edmonton, en Alberta, disait ces jours derniers: Voici un nouvel exemple entre plusieurs de la façon dont certains entendent la liberté.Un document vient d’être publié à la Air Craft Repair Ltd., d’Edmonton.Il s'intitule “Employee’s Manual”.L'article 47 se lit comme suit: "The English language only will be spoken at all times in the plant".El voilà comment certains esprits étroits entendent la lutte pour la liberté.Voilà comment ils travaillent à l’unité du pays.Comment ils respectent les droits due nous confèrent la constitution et le simple droit naturel.C’est ô se demander st nous sommes en pays nazi.Un employé de cette maison nous écrit, de son côté: Prudence, peat-êlrel Mais pourquoi ne loge-t-on pas plutôt dans la maison un nu deux policiers bilingues?Cette proscription indirecte du français est par trop insultante.Pour vous rafraîchir Les vieux journalistes ont comme les autres le goût des réminiscences.Ces jours derniers, à propos du budget Usley, l’un de nos confrères d’Ottawa rappelait les jours où M.Foster et M.Fielding se querellaient à propos de dépenses qui paraissent aujourd'hui si modestes.Au début de la campagne de 1896, nous nous rappelons avoir entendu aux Trois-Rivières sir Richard Cartwright, futur ministre de M.Laurier, dénoncer les extravagances du gouvernement conservateur du temps.Le critique financier de l’opposition frappait du poing et tapait du pied, la moustache hérissée, en criant que ces misérables conservateurs venaient de présenter un budget de trente-sept millions.Thirty-seven millions! Il en paraissait vraiment horrifié.Cela fait tout de même du bien, cela est vraiment rafraîchissant, de se souvenir qu’il y a moins de cinquante ans, on se scandalisait d'un budget de trente-sept millions.,.4-VII-42 O- H.Le carnet du grincheux Le leurnal d’Ottawa constate qu’en 1917 la loi de conscription fut vôtée par le parti conservateur appuyé par 28 députés libéraux.En 1942, elle sera votée par le parti libéra! appuyé par une Quarantaine de tories.Nos deux vieux partis se rendent la politesse .avant de mourir l’un et l'autre sur un lit d'ignominie.* * * Toutes les provinces, sauf le Québec, dit le même journal, votèrent pour le gouvernement de 1917 qui avait voulu la conscription.C’est vrai.Il eut 153 voix, à 82 pour les libéraux, dont 62 du Québec.Ce que le iournal ne dit pas, c’est que ïamais une élection ne fut volée avec autant de cynisme, par un parti au pouvoir, On défranchisa un groupe nombreux de citoyens, on mit ! sur les listes d’électeurs les femmes pa-| rentes de soldats, on tripatouilla à fond i le vote militaire, tout ca pour assurer I d'avance une majorité au ministère dit 'd'Union.Mot dérisoire, conduite ignoble, maionté volée, à cela se résumé le bilan de l’élection de 1917.* 4 * On comprend qu'après cela “ministère d'umon”, cela veuille dire vraiment, au Canada, ''gouvernement de désunion”.La preuve est faite, depuis 1917.as as * Un confrère québécois.l'Action Catholique, parait impressionné par le budget de M.Ilsley.Il écrit: Produire pour la guerre, payer pour la guerre, travailler pour la victoire, nous le voulons bien.Reste i savoir si nous re nous engageons pis bien au delà da net moyens.Certes les autres ne sont pat tenus de gagner la guerre pour nous; mais nous ne sommet pat tenus de la payer pour les autrei.Les loyalistes i tous crins vont j trouver que l'Action Catholique man-, que d’enthousiasme, se laisse glisser sur | une mauvaise pente.« as * Le même journal trôuve à propos de rééditer un mot du ministre du Travail, M.Humphrey Mitchell, le 25 juin, aux Communes : fe me demande parfois si nous n'avons pas cherché i trop réaliser pour un pays de l'importance du nôtre.Il y a longtemps que les Canayens se posent la même question sous une autre forme : Est-ce que $a ne deviendra pat trop fort pour notre vache ?* * * Un journal des Etats-Unis conseille à tous ceux-là qui sont sûrs d'eux-mêmes au point de ne jamais faire de faute en écrivant d'envoyer à la récupération les gommes à effacer qui sont gu bout de leurs crayons.* ?* Le contrôleur des rationnements à Washington annonce qu'il réduira le nombre des teintes et des essences pour le rouge à lèvres.C’est ce qui s’appelle, pour les femmes, se faire enlever le.peint de la bouche, A * * Les grands couturiers de New-York?qui ambitionnent de remplacer ceux de Paris, ont décidé que la mode soit à la robe rapiécée.Cela tombe à pic.Avec les impôts dent M.Ilsley nous gratifie, nos femmes et nos filles n’en pourront bientôt plus porter d'autres.¥ ¥ ¥ Le pantalon masculin devra pareillement, nouveau revers, se soumettre au régime du ravaudage: pièces au siège et pièces aux genoux, car M.Ilsley prend toutes nos autres pièces.Le Grincheux 4-VII-4J Citation d’actualité “Chez les Anglais seuls, le pessimisme n'a pas pris racine.Les Russes, les Allemands, les Italiens, les Français, même les Américains en sont atteints tandis que les Anglais ignorent le pessimisme et méprisent les pessimistes La France a eu Cham-fort; l’Italie, Léopardi; l’Allemagne, Schopenhauer; la Russie, Tolstoi.En France la cause du pessimisme est physique, en Allemagne elle est métaphysique.Seuls au monde les Anglais sont optimisfês parce qu’ils n’ônt pas encore connu la guerre sur leur propre sol.L'Optimisme est engendré par une longue série de triomphes militaires et commerciaux, par de grands projets toujours réalisés, par la richesse, par l’égoïsme, le confort, la confiance en soi, tant nationale que personnelle.En ce sens l’optimisme des Anglais n’a rien à faire avec la religion.Dès le jour où l’Angleterre serait envahie par les hordes étrangères, du moment que les Anglais verraient leurs actions baisser, le sang couler devant leurs yeux, la désolation et la misère frapper à leurs portes, ils se souviendront du Weltseh-merx (la douleur du mondeI de Schopenhauer Le pessimisme est engendré par l'instabilité des choses physiques et morales, de longues années de pauvreté et la désillusion philosophique et politique.Avant 1789 la nisère du peuple unie au scepticisme des penseurs, c'est-à-dire une double cause, matérielle et spirituelle créa en France un élément pessimiste.Après 1793 ce furent des guerres continuelles, puis des révolutions jusqu’à la catastrophe de Sédan.En Allemagne on subit les invasions de Bonaparte, quelques révolutions, puis, de nos jours, toute une série de grandes guerres; en même temps il y régnait un esprit scientifique qui nia le Christianisme, faisant de la religion une chose objective, réduisant l’homme à un morceau de bois dont les cendres peuvent être analysées tout coiVtme la potasse.Il n’y avait plus d'illusion possible.Pendant ce temps les Anglais promenaient leurs soldats aux Iles, aux Indes, aux Antipodes, sur l’Europe continentale, partout hors de l'Angleterre, à la recherche des bonnes choses, récoltant les blés des champs étrangers, rapportant des fruits que les autres avaient cultivés sans avoir eu le temps de les cueillir, se mêlant de tout, marchartt à la tête de troupes indigènes, jouant avec le feu et ne se brûlant jamais les doigts, chevauchant les mers comme le “Vaisseau Fantôme”, et, malgré tout, trouvant toujours le bon port au moment décisif." Francis GRIERSON rextrait de La Vie h le» Hommes, che* Stephen Swift A Co„ LonArea.191»*- A OTTAWA Les bills de divorce Protestations des députés Hansel), Wilfrid Lacroix et Maurice Lalande Ottawa, 4 (D.N.G.).— Depuis quelque temps les bills de divorce ne sont pas bien vus des députés.D’ordinaire la Chambre les adopte sans discussion et sur division.Mais les députés deviennent plus exigeants.Ils n'aiment pas que les Communes soient une machine à fabriquer des divorces en série.Hier, il s’agissait de 75 bills de divorce.Le reverend E.-G.Hansell, député créditiste de MacLeod, a ouvert subitement le débat en déclarant qu’il était fort inquiet de la façon calme et désintéressée dont la population et le Parlement commentent à envisager le divorce.En vertu dé la loi mosaïque, on lapidait les adultères.“Sans doute, je ne recommande pas que l’on revienne à cette pratique, de dire en souriant le révérend Han-sell.Si on lapidait encore les adultères, il y aurait bien des hommes morts au pays.” M.Hansel] a choisi un bill de divorce entre les 75 soumis à la Chambre.D’après lui, on a accordé ce divorce sur une preuve insuffisante.M.Wilfrid Lacroix Deux députés du Québec ont parlé sur la question.M.Wilfrid Lacroix, député de Québec-Montmô-rency, s’est opposé à l’adoption de ces bills parce que la Chambre des communes n'en étudie pas suffisamment la preuve.“Quels sont ceux qui étudient la preuve au Sénat et à la Chambre des communes?a-t-il demandé.Ce sont des sénateurs d'un certain âge qui.pour la plupart, pourraient servir à orner avec avantage les étagères du Parlement, niais qui ne sont aucunement qualifiés pour interpréter la loi de la preuve et qui traitent avec mépris les témoignages qu’ils entendent, tel que nous ]’a démontré tout à l’heure le député de MacLeod (H.Hansell).“Ils se réunissent à Ottawa pour ne siéger que quelques jours avant de refnurnuer chez eux et, tout à coup, il nous arrive environ 90 bills de divorce qu’on nous demande d’âdop-ler dans l’espace de quelques minutes.On me dira peut-être: il rt’y a pas de tribunaux de divorce dans la province de Québec.C’est exact.Et nous n’en voulons pas, nôn plus, puisque le divorce est contraire à nos principes catholiques.Personnellement, je suis opposé au divor* ce, mais si la loi nous obligé à sui» vre pareille procédure, qu’il y ait au moins dès gens compétents pouf étudier les bills présentés au parlement”.M.Maurice Lalonde M.Maurice Lalonde, député de Labelle, a appuyé les remarques de M.Wilfrid Lacroix.“J’ai été nom» mé l’an dernier, a-t-il dit, et je croie encore cette année être membre du comité des divorcés de la Chambre des communes, mais je n’y ai jamais siégé.J’ai toujours refusé d’y siéger et je n’y siégerai jamais.Je ne voulais pas donner mon consentement à ces décisions qui démontrent l’état lamentable de notre société chrétienne.Il est urgent de commencer à reconstruire la société chrétienne sur une base solide, bien que, grâce à des différences de prin-cioes.le divorce ait été adopté dans certaines provinces, tandis que, nous, du Québec, y sommes opposés pour de multiples raisons”.On a pris le vote sur le bill; il a été adopté par 78 voix contre 36.M.Ralston nie La Chambre s’est ensuite occupée dè questions diverses.Ainsi, au début de la séance, le ministre de la Défense nationale, M.Ralston, a nié qu’alors qu'il était ministre des Finances suppléant, il ait discuté l’an dernier avec sir Edward Peacock la question de la fusion de nos chemins de fer.On a étudié le bill relatif à certaines lignes de transmission et de distribution de la Saguenay Tranmission Company, de la Saguenày Electric Company et de VAltiminum Power Company.Finalement on a repris l’élude, en comité, du projet de loi pourvoyant à l’assurance des biens contre les risques de guerre et au paiement d’une compensation pour donamagw 4e guerre. vou'Mi xxxm — *»c ^ .£ l*v.n * - .—j Gazette- ____'“Tribunaux 'a:t j >i tv *«»• Sao« GC ifatus du locafair* d un potte d «J*««ea i !a ’•sspc-i- de la *ard« «t d« la surv-Hi^nca d« 1 «u* — M«*n« quand le Iccetair* zst obliqa d'acHat^r de fa compagnie propriatalre le* p^oduiH q%i eile lue la compaqnM* *tt quand mama l*beree de a ^a^de iî -s * qu'eMe a leue *»r«f *t la Can» 29 «*.sont va **tmi jn z'.*w "* ' 9*2.0>Mf>ar C.S.4i«»ne?in: la innt-f’wean no 325 amet Mown.’Tt tir Utm&téeur «ooaiiof.».>>*»oef'.i< C*i "" orr ai:iS
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