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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
samedi 30 août 1941
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1941-08-30, Collections de BAnQ.

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"Le Canada est une natïon souveraine et ne peut avec docilité accepter de la Grande-Brctarne, ou des État > Unis, ou de qui que ce soit d’autre, l’attitude qu’il lui faut prendre envers le monde.Le premier devoir de loyalisme d’un Canadien n’est pas envers le Commonwealth britannique des nations, mais envers le Canada et son roi, et ceux qui contestent ccei rendent, à mon avis, un mauvais service au Commonwealth.” m-x-an Lord TWEEDSMUIR LE DEVOIR OirttUsr-gértnl : Ccergts PELLETIER Rédacteur en chef : Orner HEROUX Montréal, samadi, 30 août 1941 REDACTION ET ADMINISTRATION «10 EST, NOTRE-DAME MONTREAL TOUS LIS SERVICES TELEPHONE: BEIeir 3361» SOIRS, DIMANCHES «T FETES Administration ; BEIair 3361 Rédaction : BEIeir 2984 Gérant : BEIair 3361 Mesures prises contre l’inflation au Canada Pour se battre.Pierre Laval en danger de mort Sans les hommes aux champs et aux usines, que vaudraient des soldats ?Qui a dit ces jour* derniers à Londres que ce n’est pas tant d'hommes que de matériel de guerre que l’Angleterre a besoin?Lord Beaverbrook.Qui a dit, encore à Londres, ces joursrci “Nous ne gagnerons pas cette guerre-ci par la force du nombre, mais avec de l’esprit d’invention, avec la perfection de l’armement, avec une vaste abondance de matériel?” Le général McNaughton, commandant suprême du corps expéditionnaire canadien en Europe (voir le Star de Toronto, 26 août, page 1), Qui donc a raison?Les quelques soldats-hurleurs, — ils sont de Toronto, selon une dépêche de Londres à la British United Press, —— qui ont hué M.King, la première fois qu'il voulut prendre contact avec nos troupes en Angleterre, ou l’un des principaux ministres de M.Churchill, et aussi le chef suprême de nos soldats outre-mer?Lord Beaverbrook et le général McNaughton entendent quelque chose à ce qui se passe à la guerre, à ce qu’il faut pour que la Grande-Bretagne la gagne.Les autres, les vociférateuts, de Toronto au d’ailleurs?Rien du tout; pas plus à tout cela qu’à 1 iscipline, au bon sens, au respect de l’autorité.On a eu beau, dans une certaine presse, tenter d’excuser les hurleurs en alléguant que jadis sir Robert Borden, sir Sam Hughes, M.Arthur Meighen se firent aussi huer par des soldats canadiens, — pendant 1914-1918, — cela ne vaut guère.Le Citizen prétend expliquer à sa façon l’incident disgracieux du samedi 23 août, en disant: “Un des facteurs de cet incident, ce fut le ressentiment des soldats envers tout civil pompeux (“any bigivig civilian") qui s’aventure d’aller leur dire quels chic types ils sont et quelle noble tâche est la leur.Pendant la dernière guerre, il y eut maintes circonstances dans lesquelles des hommes publics en visite aux camps, portant des gerbes de rhétorique soufflée, se firent à fond huer et chahuter.Une autre cause de l’incident, c’est le ressentiment contre la politique du gouvernement du pays, en particulier contre sa politique de recrutement.Ce n’est servir ni M.King ni le pays que d’aller prétendre que nos troupes, en Angleterre, sont en bloc sympathiques à cette politique” (26 août; That “mixed reception").Le Citizen se trompe.La vérité, c’est que la politique de M.King au Canada n’est pas rien que l’affaire des soldats qui sont en Angleterre.Elle est pareillement celle des Canadiens qui ne sont pas de l’atmée, mais qui savent raisonner-L’on s’étonnerait fort, l’on se scandaliserait hautement dans toute la presse du Canada, si des Canadiens du Québec, par exemple, allaient huer, dans une manifestation sans caractère politique, M.King, sous prétexte que sa politique de participation à la guerre leur serait déplaisante.On ne sait pas s’il se trouverait alors un officier anglo-canadien, — comme il s’en est trouvé un à Londres, selon les dépêches, — pour excuser pareille atttiude chez les Canadiens français, au nom de la sacro-sainte démocratie.Ce que l’on sait, c’est que l’on entendrait monter de partout une clameur contre le Canada français.Il est vrai que les Canadiens français sont d’ordinaire autrement polis que certains soldats de Toronto dont M.King a reçu au visage la salive et les huées, samedi dernier.En toutes circonstances, Baptiste sait vivre mieux que cela.CE • RESSENTIMENT" 11 se peut qu'au nom des principes de la sacro-sainte démocratie des troupiers chauffés par des meneurs qui se gardent de se mettre d’avant aient droit de déclarer que la politique de M.King ne leur va point.Quand viendra l’heure de voter, pour eux comme pour le reste des électeurs, dont la voix vaut la leur, — ils feront connaître leur sentiment en votant contre M.King et ses candidats.Dans l’intervalle, ils n’ont pas à tâcher d’imposer par l’intimidation ou la crainte leur avis à M.King.Celui-ci, du reste, a fait ce qu’il devait en négligeant de prêter outre mesure attention à l’acte de certains furibonds dont furent responsables, il est vrai, un tout petit groupe de soudards montés, depuis des jours, par des gens mordus du démon de la basse politique, alors qu’ils eussent dû, cette fois, rester paisibles.Si ceux-ci du reste en ont tant contre Hitler qu’ils croient M.King trop calme, que ne s’engagent-ils dans les fameuses “brigades du suicide” qui tentent chaque nuit des taids et des coups de surprise sur le littoral tenu par les Allemands, plutôt que de s’ingénier à faire insulter le premier citoyen du Canada par âcs hurleurs sortis de ruelles obscures de Toronto?Pourquoi en auraient-ils tant contre M.King?Parce qu’il parlerait avec un tant soit peu d’emphase, comme l’insinue le Citizen, de la “mission” de nos soldats?Il n’est pas seul à tenir pareils propos.Et il a droit de parler de cette “mission", puisque c’est lui qui a fait appel à leur loyalisme, au nom de la démocratie en laquelle il croit plus, tout seul, que cent Citizens ensemble.S’il est sincère, serait-ce une raison de le huer, même si son culte de la démocratie peut paraître exagéré?Une raison aussi de le huer, sa politique de recrutement qu’il s’est refusé jusqu’ici à fonder sur l’obligation pour le Canadien d’aller faire la guette outre-mer?• Qu’est-ee que veulent en somme les Anglais, — le gouvernement anglais dont M.King a dit et répété qu’il ne lui a rien refusé jusqu’ici, qu’il fait pour Londres tout ce que Londres a demandé?Gagner la guerre.Or comment la gagner, sinon avec des armes, des munitions, des navires pour les transporter outre-mer, des vivres en quantités énormes, pour alimenter l’Angletetre.ses armées, sa marine.sa population civile, ses ouvriers et ses artisans?Pour fabriquer des armes, pour faire des munitions, pour construire des avions et des navires nécessaires au transport de tout cela; pour ravitailler une population de 40 à 50 millions qui vit sous les obus et les bombardements, il faut des hommes au Canada, dont on a dit qu’il doit être l’arsenal, le grenier de l’Angleterre.On a beau parler du travail des femmes, de la main-d’oeuvre féminine.il est certain que si cela peut apporter un complément de quelque importance aux usines, aux oeuvres de guerre, aux services auxiliaires, on ne saurait de cette façon remplacer à fond la main d’oeuvre masculine, ni sur la terre, ni dans 1rs fabriques de materiel de guerre.Les raisonnement» les plty jingos et les plu* enflammés ne peuvent rien là-contre.On ne verra jamais le temps où tous les hommes de 18 à 60 ans seront aux armées et toutes les femmes d’âge équivalent aux usines de guerre.Ce serait un régime idéalement.stupide.CEUX QUI COMPRENNENT Ceux qui comprennent le mieux le rôle spécial du Canada pendant la guerre sont ceux qui dès le début ont aperçu que le principal effort du Canada, pendant cette guerre-ci plus encore peut-être que pendant la précédente, ce doit être, c’est de fournir à la Grande-Bretagne les vivres et le matériel dont elle a besoin.Les bombardements aériens ont déjà tendu et peuvent rendre presque intenable la situation des industries anglaises ayant leurs ateliers sous les bombardements de l’ennemi et à proximité immédiate de ses atteintes; de même la faible étendue du Royaume-Uni, eu égard à la superficie, aux ressources matérielles du Canada, aux progrès de son agriculture, le rçcul persistant de celle-ci et de l’élevage en Angleterre, depuis des dizaines d’années, tout cela fait que c’est au Canada surtout à ravitailler la population anglaise, à lui fournir de quoi manger chaque jour, à chaque repas.Sans les ptoduits canadiens de tout genre, Londres gagnerait difficilement la guerre; tandis qu’avec les énormes quantités de vivres, de bétail, de produits canadiens de tout genre, l’Angleterre pourrait au vrai tenir indéfiniment, même sans un seul soldat venant du Canada.Qu’est-ce donc à dire?Que M.King devrait avant tout envoyer à Londres des hommes dont la Grande-Bretagne a un si grand nombre, à l’heure présente, qu’elle n’a pas de quoi pouvoir les armer tous, — on La dit en toutes lettres, — et non pas des vivres, des avions, des armes de combat ultra-modernes dont elle est encore bien loin d’avoir assez?Le Canada ne saurait tout donner ensemble et simultanément: des hommes, des machines, des aliments et des armes.Or si Londres n’a des armes, des engins de guerre, à quoi servirait à Londres d’avoir des milliers de soldats canadiens de plus et tout de suite?Cela congestionnerait les transports, le ravitaillement du Royaume-Uni, cela ferait obstacle à la politique déjà formulée par M.Churchill, lord Beaverbrook et lord Woolton.tous trois chargés du ravitaillement tenace, continu, sans arrêt, pressant et vital, de la Grande-Bretagne tout entière.Ils demandent cfu pain et des armes.et nous irions leur jeter des milliers d’autres bouches à nourrir, à l’heure où ils n’ont pas présentement tout le nécessaire pour satisfaire à la demande légitime de millions de citoyens des Iles Britanniques?POLITIQUE INSENSEE Serait-ce une telle politique et aussi insensée que réclamaient à grands cris les manifestants du samedi 23 août?On hésite à le croire.Cela paraît trop absurde, au premier chef.D’où vieot au fond leur erreur, si elle ne sort de la tête de meneurs politiques?De ce qu’en 1914-1918 on a nettement mis la masse du pays sous l’impression que participer à la guerre, c’était d’abord et par-dessus tout envoyer des hommes par milliers, par centaines de mille.On oublia dès lors parmi le peuple, — auquel de rares voix seulement enseignèrent que les guerres présentes sont autant de l’ordre économique que de l’ordre militaire,—que les soldats, pour se battre, les civils anglais, pour tenir, doivent avoir de quoi s'alimenter, manger, se sentir forts, sous la bataille, donc être bien nourris pour travailler, bien armés pour se battre.Croit-on que si l’on envoyait tous nos hommes valides outre-mer l’agriculture et l’industrie de guerre pourraient marcher ici?Le machinisme, dans les ateliers, sur la terre, cela va, à la condition qu’il y ait des hommes pour entretenir les machines, leur faire donner le maximum d’efforts et de rendement.Les clameurs de soldats irréfléchis ou englués de basse politique par des messieurs chic de Toronto, voire de Montréal, qui voudraient voir toute la nation sous les armes, sans se douter d’abord qu’il faut nourrit ces mois-ci deux populations: telles du Canada et du Royaume-Uni, ce qui est double tâche pour nos agriculteurs, leurs fils et leurs filles, — les clameurs et les cris hostiles ne sont pas pour aidst nos chefs politiques à remplir au mieux leur véritable tâche: celle de conduite sagement le pays au lieu de se laisser précipiter, par crainte de la masse, dans une politique toute d’expédients.Chacun sa tâche pendant la guerre comme pendant la paix: le soldat à l’armée, l'homme de gouvernement au gouvernement, Louvriy à l’usine, l’agriculteur aux champs, la femme au foyer, — et le petit politicien, le meneur de coulisses, au diable! C’est ainsi que doit être organisée une saine démocratie.Puisque M.Thorson entend consacrer de nouveau la nation canadienne à la démocratie, contre la tyrannie, il faut que le Canada commence par remettre à leur place ceux qui ne le sont point, dût, au cours de cette réforme, le conscriptionniste enragé retourner d’où il n’aurait jamais dû sortir: dans telles basses officines ou loges de Toronto, où l’on ne sait pas encore qu'avant de jeter tout le monde à l'armée, c'est un devoir de commeneer par assurer à celle-ci de quoi manger et se battre, tout le temps qu’elle devra faire la guerre.C’est ce qu'ont oublié, s?ils l’ont jamais su.les voci-férateurs de l'armée et leurs meneurs du Canada.Le bon sens leur est et leur reste étranger.C’est qu'ils lisent d'abord la Gazette et le Telegram et les croient.ao-vin-si Georg#» PELLETIER La lettre de M.Ebray L'encombrement de» matières nous contraint d'ajourner la publication de la lettre d'Europe de M.Alcide Ebray.Nous priant no» lecteurs d'excuser ce contretemps.PAS DE JOURNAL LUNDI Lundi, fête du Travail, le "Devoir” ne paraîtra pas.Nos bureaux et ateliers resteront fermés toute la journée.L’actualité Toujours la Gaspésie.J'ai publié ces semaines-ci d’intéressantes notes que m’adressait un ancien résident de Gaspésie, épris d’un vif attachement pour ce pays.Il fait part aux lecteurs de la pèche s p o r t iv , là-bas.On sait qu’elle n’existe pas, à toutes fins pratiques, pour le voyageur qui ne connaît pas la péninsule.Les rivières à saumon sont, en effet, affermées.Seuls les Américains et quelques rares Canadiens anglais paient — et pas cher — te droit de s'y livrer.Quant d la pêche à la morue, elle n’offre pas d’atlrait au sportif: ce poisson s’amorce à plus de cenl pieds de profondeur et il est noyé depuis longtemps quand on le ramène à la surface.Dans sa première communication mon correspondant vantait le charme de la pêche au maquereau.Mais la saison du maquereau passe, fl nous parle celle fois des pêches qui peuvent se pratiquer quand celle-là est finie.Je lut laisse la parole en me contentant d’abréger ici et là ses propos: La pêche axi maquereau qui se termine vers le 15 ou le 20 Juillet «et suivie de la pêche à.l’encornet (calmar), elle aussi très divertissante.La pêche à l’encornet requiert de la part du pêcheur de l’adresse et de l’attention, car U arrive que le liquide noir que ce poisson lance au moment de la prise atteigne désagréablement notre homme au visage.Ce céphalopode se pêche dans quinze pieds d’eau environ, h la turlutte — vocable qui amusait fort M.Edouard Montpetlt.Comme pour le maquereau, le pêcheur gaspésien ne reconnaît è.cette pêche, qui ne sert qu’à fournir de la botftte pour la morue, aucune valeur au point de vue touristique.L’encornet est pourtant très comestible et les St-Plerrals sont friands de sa chair.Les coques que les Américains recherchent, au point que la récolte sur les côtes du Usine est Insuffisante et qu’on doit en Importer en quantité des provinces maritimes, sont abondantes en Oaspèsle.L’on croit avoir récolté tout ce qu’il y a dans un certain espace de grève; le lendemain, on pourra en cueillir autant, peut-être davantage.En vingt minute», a deux, nous en avons empli deux grands seaux, soit plus qu’il n’en faut pour satisfaire deux gourmets.On me disait qu’à Douglas town, on peut en faire ramasser un baril pour un dollar; U ne faudra pas toutefois abuser de ce renseignement mal», en touriste satisfait, comprendre que nos gens de là-bas ont, eux aussi, besoin de vivre.Je connais sept endroits où les coques sont particulièrement abondantes: Sts-Luce, les Capucins, Cap Chat, Clorldorms, PenouUle, Douglastown et Chandler.Il y | en a probablement d’autres.Les coques ! se tapissent dans un terrain plutôt vaseux et sablonneux.Elles se culllent avec l’aide d’une pelle ou d’une pioche.On les repère à un Jet d’eau qui Jaillit d’un petit ! trou rond dès lors que l’on foule le sol ; au-dessus d’elles, n n’y a alors qu’à don-l ner un coup de peüe pour trouver, à coup sûr, une coque.A défaut de pelle ou pioche un béton suffit, mais la cueillette est plus lente.Je ne vous apprendrai pas que les coques en soupe, bouillies dans leur Jus, ou frites, sont un régal.Quiconque a visité les côtes du Maine en sait quelque chose.Et, détail Intéressant pour les gourmands ou les dyspeptiques, le liquide, de couleur laiteuse et d’une saveur ’’divine’’, qui reste au fond de la bouilloire a la propriété digestive des menthes au bicarbonate.Il y a encore les moules ou mouclce (le | printemps seulement, car les corneilles nous enlèvent celles qui sont facilement accessibles; la moule est de saveur plus fine que l’hultre), les bigorneaux, 1rs pétoncles, les crabes (le printemps), les oursins, Iss poules d’eau (le printemps), le caplan, l’éperian, l’alglefln, la plie, le hareng, le flétan et l'anguille.Tous ces poissons ou coquillages, à l’exception de l’angutlle.sont excellents.J'allais oublier le homard qui se pêche le printemps et que quelques aubergistes seulement conservent dans un entrepôt frigorifique pas trop éloigné.Us font dégeler lentement ce crustacé, environ une demi-heure avant le repas.Le homard dégelé à cette allure conserve toute sa saveur primitive, même s’il est un tant soit peu moine Juteux, Eh bien, tout ta qui met l’eau à la bouche, on ne sait pas ! exploiter; et notre Oaspéele, véritable paradis de l'artiste, du pêcheur sportif, du gourmet, du dormeur et de qui souffre de la fièvre des foins, perd chaque année des montants considérables.Ce n'est pas, hélasI que nos gens de là-bas n'alent pas besoin de chaque sou qu’il y a moyen de faire) Je crois que ce qui manque, c'est l'Inl-tlative.Si nos aubergistes recevaient la visite d'un employé du gouvernement, compétent en la matière, le menu pourrait comporter quantité de choses délicieuses qui ne coûtent riaa, tels, par exemple, la brandade, 1a ttaule, la bouillabaisse, les têtes frites, les Jouet, las langues, let rogues ou raves, la* foies, les coeurs, etc.Aidés, en plus de publicité appropriée, nos aubergistes sauraient retenir les touristes et verraient agrandir leura établissements dont on peut leur faire le compliment qu'lia sont très confortables.Espérons que.dan a ce domaine, comme dans tant d'autres de notre vie économique, nous ne serons pas devancés et que nous n'aurons pat à rattraper le tempe perdu.(signé) B.R.* ¥ ¥ J'ai une réserve à faire, iïul gourmet digne de ce nom n'admettra les préjugés de mon correspondant (Suite è U page deux) Onzième exécution à Paris Huit ont été fusillés hieiv à Vincennes — Trois sont trouvés coupables d'espionnage, dont le comte Henri d'Estienne d'Orbes Paul Colette fut de service à bord du "Niger" et du "Massilia" PARIS, France occupée, 30 (A.P.) — Pierre Laval est à deux doigts de la mort ce matin, à la suite de l'infection qui s'est produite au bas de son coeur par la présence d'une balle que les chirurgiens ont finalement enlevée il y a quelques heures.On craint que l'infection ne se développe et n'entraîne une péritonite.Pierre Laval, qu'un jeune gaulliste a voulu tuer mercredi à Versailles, fait de la fièvre et est dans un état dangereux.Même le juge, d'instruction n'a pu lui rend.'e visite pour l'interroger brièvement.Pendant ce temps-là, Marcel Déat, que l'on croyait d'abord plus en danger que Laval, voit son état s'améliorer.Il o reçu, lui, une balle dans l'abdomen.La police a appris qu'en plus d'être de service à bord du "Niger", navire coulé pendant la retraite de Dunkerque, Paul Colette, assassin de Laval et de Déat, a aussi été de service à bord du "Massilia", navire qui restera fameux par sa croisière de Marseille au Maroc, au mois de juin dernier, avec les parlementaires en fuite.CONDAMNATIONS VICHY, France, 30 (A.P.) — Un tribunal militaire à Meknès, au Maroc, a condamné deux hommes à six ans de travaux forcés et une femme à trois ans d'emprisonnement.A Toulouse, la police a fait des recherches de maison en maison pour découvrir les receleurs de grondes quantités de feuillets, apparemment d'origine gaulliste, qui sont hostiles au gouvernement et qui sont distribués dans le public.A Marseille, les tribunaux ont condamné deux gaullistes, considérés comme "Anglais d'origine" à vingt ans de travaux forcés et un troisième dont l'origine française est hors de doute, à 10 ans de travaux forcés.ONZE EXECUTIONS VICHY, France, 30 (A.P.) — Selon les nouvelles parvenues de Paris, huit autres personnes ont été exécutées hier à Paris, ce qui porte à onze le nombre des exécutions depuis mercredi, jour de l'attentat de Paul Colette contre Pierre Lavol et Marcel Déat.Trois de ceux qui ont été exécutés, y compris le lieutenant nova! comte Henri d'Estienne d'Orbes, le furent pour espionnage, apparemment en faveur des gaullisfes.Les cinq autres le furent en vertu de la loi imposant la mort à ceux qui sont trouvés coupables "d'activité hostile au pouvoir d'occupation en Fronce".Tandis que les trois premières exécutions furent faites à la guillottine, les huit autres le furent à la fusillade.Les huit auteurs de désordres turent alignés près d'un mur à Vincennes et fusillés par la garde mobile.Parmi les convaincus d'espionnage, il y avait un Hollandais du nom de Jean Doornik.Les autres étaient des Français.Ni l'un ni l'autre n'ont été qualifiés de communistes.Bloc-notes Sur sept,.xéro ! Le Devoir, comme la plupart des autres journaux, a publié le lundi 25 août cette dépêche de l’agence de Presse canadienne; Lettres dg Franct “La France ne peut tout de même pas finir comme cela !” Ottawa, 25 (C.P.) — M.Walter-P.Zeller, du ministère des Services nationaux de guerre, annonce la nomination d’un comité consultatif de sept membres en matière de tourisme.Ce comité tiendra sa première réunion ici demain.Les suggestions ou décisions de ce comité seront sujettes au contrôle de l’Office canadien du tourisme.M.Zeller sera président du nouveau comité.Les autres membres en sont: MM.C.-C.Hanter, de Montréal, président de t’Asso dation des offices régionaux de tourisme; A.McD.McBain, chef des relations extérieures du Foreign Exchange Control Board; IV .-A.MacKintosh, du ministère des Finances; C.-A.Farewell, officier de liaison de l’Office du tourisme,’ et Lei Dolan, président de l’Office du tourisme.Soit, sur sept.zéro pour les! Canadiens de langue française.Et, pourtant, on s’accorde à proclamer que le caractère françaiî du pays est, du point de vue touristique, l’un de scs principaux attraits.Et nous comptons pour quelque chose dans la population totale du pays, t)n dit que M.Zeller, qui est l’un des hommes d’affaires conscrits par le-gouvcrncment pour le temps de la guerre, est d’origine suisse.11 devrait étudier i’niataire du pays de ses aïeux.Nous ne croyons pas qu’on y tolérerait que l’une quelconque des minorités du pays soit traitée de cette façon.Petite histoire La grande histoire qui se fait sous nos yeux et qui nous affecte tous n’empêche pas les fervents de la petite histoire de poursuivre leurs recherches, et plusieurs journaux continuent de donner à ces recherches une large publicité.Il faut féliciter de ce bon travail auteurs et Journaux.Nous voulons depuis longtemps signaler les études publiées dans l’Ordre social, de Moncton, au Nou-vcau-Brunswirk.On est en train d’y faire revivre le passé de plusieurs paroisses acadiennes.On sait, d’autre part, que la Société d’Uistoire régionale du Saguenay a fortement contribué au succès des grandes fêtes qui ont commémoré les anciennes missions des Jésuites dan» cette région.Ces manifestation* publiques qu’il faut préparer par une large publicité, sont les plus éloquentes leçons d’histoire qui soient.“Dernière heure1' Il ne parait point qu’on ait encore désigné le successeur de M.Sirois î» la tête rie la Commission ri’assu-rtnce-chômage.Voici ries mol* que eette situation, qui doit logiquement revenir à ûn Canadien français, est vacante.Dans l’Intervalle, un président intérimaire rie langue anglaise Atmosphère de mensonges et de calomnies — Le ravitaillement est de plus en plus difficile — Menu théorique et pratique — Les occupants sont gros et gras — Pillage organisé — Les gens commencent à mourir de faim — Il faut se cacher même pour écrire à ses amis “Cl QUE L’ON /EÛT, C EST DE TROUBLER ET DE DIVISER LES FRANÇAIS11 On nous transmet, pour ajouter è la série de lettres de France que nous publions à des intervalles irréguliers, depuis un an, — cette irrégularité tient au caractère même des courriers européens, par le temps qui court, — quelques textes intéressants.Du premier, une version anglaise a paru il y a peu de temps dans un grand quotidien américain; le second est une lettre de S.E.Mgr Hiral, vicaire apostolique à Suez, en Egypte, et qui a nombre d'amis au Canada français; il écrivait à une de nos lectrices montréalaises; quant à la troisième lettre, elle a été adressée à cette même personne, de Paris même, et elle a échappé ainsi que le premier texte, à l'étroite surveillance allemande en pays occupé*.Nous remercions qui a bien voulu nous communiquer ces copies de lettres, dont les sous-titres sont de nous.En France occupée, le 2 mai, 1941.Chère Madame et amie, J’ai sous les yeux voire dernière lettre, bien ancienne maintenant, puisqu’elle dale du 28 janvier 1940.Bien triste date pour moi, car c’est ce jour-là même que mon père mourait à L.Depuis la déclaration de la guerre, vous pouvez vous imaginer les heures affreuses que nous avons vécues, ma mère et moi.Il y a eu départ de.en septembre 1939 pour nous installer dans cette petite ville rurale de L.pendant un temps indéterminé.Après son arrivée à L., mon père, dont la santé était ébranlée depuis l’été de 1938, voyait son état empirer.M est mort à la fin d’un hiver rigoureux, dans une maison hostile.Maintenant, je suis contente qu’il soit mort, car il n’aura pas vu cette, horrible défaite, cet écroulement de notre pays.Depuis des mois (Suite à la deuxième page) organise toute l’affaire.Le futur président sera placé devant le fait accompli, lié par toute une série de décisions antérieures, où il n’aura eu rien à voir.Est-ce cela que l’on veut?3o-vm-4i O.H.Le carnet du grincheux L* rjiionntment dé l’tsténct rationna le tourisme.« ¥ V Tous les maires des villes américaines n’ont pas la précaution d’aller aux renseignements, comme le maire de Manchester.¥ ¥ ¥ L’Australie ne croit pat à propos da mettre la démocratie de côté parce que c’est la guerr».M.Menzies subit la sort das chef» dont la majorité des électeurs a assez.^ ¥ ¥ ¥ La Canada |oue de cette carte et on ne saurait l’en blâmer.M.King a 'e pouvoir avec une majorité écrasante et un mandat très défini.Qu’il l'axarctî Las électeurs comptent qu'il ne perdra pas la tête, ce qui eat du reste la meilleure façon de conserver le pouvoir.* * ?La guerre atteint 25 nation*.Conso-lez-vous, alla en atteignait 28 à la fin du conflit da 1914 à 1916, * * * Cependant, il est bon de distinguer; s'il n’y en a que 25 directement atteintes, pas une qui ne soit touchée, pas une qui ne soit menacée.¥ ¥ ¥ On fait observer que c'est un dépuré Indépendant de Vlctorie qui contrôle en fait la majorité au parlement australien.De sorte que !e démocratie ae trouve sou-i mise i la volunté d'un seul: c'est blets proche de la dictature.¥ ¥ ¥ Cela rappelle ce qui se passait chat nous en 1926 où un député indépendant, dont on disait qu'il na contrôlarait jamais rien en Chambre malgré son brillant et sa valeur de fond, contrôla effectivement la pouvoir.* * * Morale; l’électeur ne doit jemais direr “Mon vote ne compte pas” tt s’abstenir de le donner.Et encore: il ne faut jemai* rtfusear de voter pour un bon député, sous prétexte que seul de son espèce, il ne pourra rien faire.Parfois, H peut tout et, tout le temps, il est sujet de honte et de reproches pour les députés nuis et veulet.g * ?On pense que M.H owe, dont l’efficience et fa rapidité du décision sont incontestables, voudra tout de même tourner sa langue sept fois dans sa boucha avant de reperler de sabotage * * * Le rapport de la commi-sion publié, parions que M.Howe aura quelques plumes de moins et M.Talbot, député de Chicoutimi, quelques plumet de plus à son chapeau.jo-vm- GrintHaw» aiiSjSSHfr U DEVOIR, MONTREAL SAMEDI 30 AOUT CAZEnE DES T RIBUNAUX par Paul SAURIOL Lettres de France (Suite de la première pa/?e) | déjà il était devenu très pessimiste et augurait mal des suites de la j guerre.Moins clairvoyantes que _ j |u^ ma m^re et raoj nous protes_ Responsabilité du propriétaire de taxi — Elle subsiste lions •orsqu’îi disait: “La France quand le chauffeur abuse de ses fonctions — Le chauf- mînute, jusqu’àJia‘l1]Juin-' et l’étend aux idées, à la substance de l’histoire.Garneau a-t-il subi, a-t-il pu subir, l’influence du romantisme français?11 a commencé autour de 1830 à préparer son Histoire du Canada.Le premier volume Jiarut en 1845, le deuxième l’année suivante et le troisième en 1848.On sait comment les mouvements littéraires français se font sentir au Canada.A environ un quart de siècle d’intervalle ou davantage.Le mouvement romantique, le mouvement de 1830.comme on dit, ne pouvait se faire sentir en 1830 au Canada.Il apparut, comme dit Mgr Roy.en I860, alors que Garneau avait, non seulement écrit, mais publié son Histoire, et même une deux’ènie édition de celle-ci.D ailleurs, M.Maheux, qui passe son temps à se renier, comme à renier son Histoire, parle vaguement de l’influence romantique sur les écrivains canadiens de 1860.Il y aurait donc ou.s’il faut en croire notre docteur, l’influence romantico-Garneau et Pii.fluence purement romantique.C’est de ce mariage curieux que seraient nés Crémazie, les abbés Casgrain .et Ferland, Louis Fréchette.Pamphile Lemay, Gérin-Lajoie et Faucher de Saint Maurice.Ÿ êè Si l’inculpation de romantisme tombe d’elle-même quand on parle de Garneau, il convient de relever dans l’introduction de M.Maheux une note tout à fait suspecte.“A nous, dit-il, d’utiliser l’IIis-toire, pour inspirer à la jeunesse la très positive notion d’égalité entre les deux groupes du Canada”.Utiliser l’Histoire?J’ai bien peur de cette utilisation.L’Histoire n’est pas une marchandise qu’on utilise pour quelque fin que ce soit.Utilisée par M.Maheux, après avoir été faussée par lui, que deviendra notre Histoire?Ne risquons-nous pas de justifier cette parole qui vexait tant Garneau: “Un peuple sans Histoire”?Cette "utilisation” de M.Maheux est l’une des clefs de son bouquin.Celui-ci n’est pas une Histoire,1 c’est un manuel de bonne entente selon les principes qui nous ont fait : tant de bien dans nos parlements.A la suite de cette introduction, M.Maheux consacre 23 pages à la question suivante: “Notre peuple, a-t-il été malheureux?" Qu’est-ce, au juste, que cette sagamité d’histoire universelle?Ce serait, si le livre avait été composé de quelque façon, la conclusion.Mais nous voilà dans un bien drôle d’ouvrage, la conclusion vient avant l’oeuvre elle-même.Afin de ne pas se laisser entraîner en dehors de son sujet, qui est de démontrer la bêtise des Canadiens français et l'amabilité, la bonté, que dis-je, la charité de nos maîtres, l’auteur pose d’abord ses conclusions.Il s'y enferme, s’y enchaîne, ce qui l’obligera nécessairement à fausser le reste du livre.On appelle thèse un ouvrage semblable.Et une Histoire à thèse, c’est aussi faux et aussi détestable qu'un roman à thèse.Pour nous démontrer noire bonheur, M.Maheux fait défiler devant nous tous les peuples de l’Europe à l’exception du Lichtenstein, de Monaco et de l’Allemagne.Quel hôpi-1 tal! Ce terme est de notre historien.I Le Portugal, l’Espagne, la Grèce,! l’Italie, la Suisse, la Pologne, la Russie, l’Irlande (dont l’histoire | s’arrête à 1829), la France, l’Angle-j terre, puis nous repassons en Atné- j rique.Voici l’Histoire du Canada,] vue par M.Maheux: “Nous avons vécu sous la domination de la France de 1608 à 1760, soit un siècle et demi.Jacques Cartier, Samuel de Champlain, la France en un mot, nous ont donné un sol fertile, un climat sain, des forêts opulentes, un sous-sol riche, de magnifiques voies fluviales, un commerce inépuisable.Nos troupes coloniales à côté des troupes métropolitaines ont remporté de brillants succès, se battant tou-1 jours contre un ennemi supê-1 rieur en nombre.Nos découvreurs ont sans cesse élargi le domaine français, le nôtre en Amérique du Nord.“De quoi avons-nous souffert, pendant la même période?“Il y a la présence des Kirke à j Québec pendant trois années;! l’apparition de Phipps devant Québec pendant quelques heures; ] la menace de Walker restée assez lointaine; rien de cela ne nous! a coûté une seule goutte de sang, j “Le sang que nous avons versé, c’est celui de Dollard des Ormeaux et de ses compagnons au j Long Sault; c’est celui du mas- ; sacre de Lachine: c’est celui de; nos combats contre les Iroquois' et les Anglais; c’est surtout celui de la guerre de Sept Ans.” Ce n’est pas assez?Que fait-il, non seulement des multitudes de Français massacrés, mais aussi de la crainte, de l’horreur constante sous laquelle ploya le peuple tout ; entier, du début de la colonie jus-1 qu’à 1665, et ensuite, tout de suite, ; de la guerre de frontière avec les Etats du sud et, surtout, du blocus que, dès la fin du dix-septième siècle, l’Angleterre, par sa marine métropolitaine et par ses corsaires du sud, imposa à la Nouvelle-France?“Dans le domaine politique, ! poursuit le maître, nous pour-1 rnns déplorer le contrôle trop étroit de la Cour de Versailles; : l’absence d’institutions démocra- ] tiques, connues et pratiquées par! nos voisins des colonies du Sud: ! dans les affaires, une part trop réduite du commerce, les exactions de Bigot.“Ajoutons, pour être complet, un tremblement de terre qui, en dépit de sa longue durée, fit plus de peur que de mal.” N’est-ce pas divin, cette complé-j mentaire secousse sismique?“On peut certainement dire, poursuit notre imperturbable 1 initiateur, que c’est là l’histoire d’un peuple assez heureux, si nous le (sic) comparons^ This-: toire des autres peuples." Pour terminer cette évocation, M.Maheux nous reporte dans la brûlante actualité.C’est un des char- j mes de ce livre de nous faire voya-1 ger de Murray à Hitler à travers le! temps et l’espace.Il n’accuse Mus-J solini rien moins que d’avoir faitj boire la Méditerranée v ses chemises noires.Ils ne sont pas si heureux, les misérables, que ce personnage de la Bible qui “la passa toute, sans en boire une goutte”.“Aujourd’hui, affirme notre! expert en politique internatio-[ nale, on dirait que les tyrans ont réussi à se faire accepter, estimer, aimer.Ils ont pour ainsi ; dire ensorcelé la jeunesse, le pmi- ; pie, en leur faisant absorber le I philtre racique, le charme du j mare nostrum!" Le point d’exclamation n’est pas j de nous.Puis, nous retournons vers le dix- : huitième siècle, c'est-à-dire le dix-septième, puisqu’il s’agit de Grotius.Suit une vingtaine de pages où notre exégète mêle avec un visible plaisir Grotius, l’intendant Du-chesneau, Townsend et James Murray.De tout cela, il ne sort qu’une conclusion; c’est que nous avons retrouvé notre paradis terrestre le 18 septembre 1759.Ÿ Ÿ C'est répondant sur le chapitre des employés français de Murray que je veux insister davantage.C'est là que s’étale librement la science de notre compatriote.M.Maheux écrit 48 pages, dont la plupart sont fort comiques, pour! nous démontrer que Murray em-j ploya plus de Canadiens français que d’Anglais.Je le laisserai parier en l’interrompant le moins possible.Ses phrases sont parfois de véritables sottisiers.A l’aide d’un cahier de comptes, l'auteur va nous dire^à quoi Murray dépensait l’argent de la Couronne et, surtout, à qui il le versait: “Murray, écrit M.Maheux, entré en conquérant dans Québec, le 18 septembre 1759.va-t il employer seulement des fonctionnaires de langue anglaise?Il le peut si cela lui plaît”.Voilà une fausseté, L’auteur lui-même va se démentir.A la page 190, ne raconte-t-il pas, en parlant de Murray: “I! assure qu’il lui a été impossible de ne pas employer des Canadiens”.Cette phrase, selon M.Maheux, toujours si logique dans ses conclusions qu'il a l'habitude de placer à la tête de ses chapitres, est supposée démontrer la bonté de Murray pour les Canadiens français, Murray se justifiera encore bien mieux lui-même, tout à l’heure.Mais voilà le chant d’allégresse: “La première entrée, dans ce cahier, est datée du 29 décembre 1750.On s’attend que le premier payé sera le gouverneur Murray, ou le lieutenant-gouverneur Burton, ou bien Cramahé, le suisse protestant devenu secrétaire de Murray.Il n’en est rien.Le premier payé est un Canadien français”.Ainsi M.Maheux voudrait nous faire croire que, du 18 septembre au 29 décembre, Murray n’a rien payé, n'a rien touché, n’a reçu aucun salaire, enfin qu’il ne s'est pas dépensé le moindre penny pour l’administration, pour Murray, pour scs assistants et pour le pays.C’est tellement enfantin que je ne tiens pas à m’y arrêter.Mais l’auteur reste médusé devant ce fait: on a engagé un commis canadien.Rien d’etonnant à cela puisque nous n’avons pas été d’autre chose que des Vient de paraître P A XI Lu Vie Contemplative bénédictine par Dom l.GRENIER, O S B.En vente au monastère de St-Benoît-du-Lac.$0.30, port compris.commis au Canada depuis la cession.Et l’auteur d’écrire la biographie de notre premier commis, Ponsant, dont il faut faire passer le nom à la oostérité.Voici maintenant la longue suite des “employés français" de Murray.Héon remplit les offices de postillon; Vallée, ceux de crieur public; Spénard donne des renseignements, c’est un espion; Grand-inaison, Landry, Manville, Marchand, Bourgeois courent après un soldat évadé; Venne dirige un bateau; Philibot nettoie une caserne, Du Calvet espionne les Acadiens, dont Murray voulait empêcher le retour à la suite de la dispersion; le restaurateur Roy donne à manger aux gens de la cour de justice qui se sont transportés aux Trois-Rivières; Hermier et Pépin réparent l’horloge de la ville; Del-zenne frappe des médailles; Michel Charlery répare le toit du château Saint-Louis; Guichard en rajeunit les fenêtres; Dubourg fournit un poêle; Michel Lacombe l’installe.Voilà les employés français de Murray.“Il ne manquait pas d’hommes parmi les soldats de Murray, s’écrie notre impayable humoriste, pour réparer les fenêtres; la pré-, férence va à un Canadien, soit que le gouverneur voulût, dans sa politique de conciliation, employer le plus de Canadiens possible, soit qu’il se fiât davantage à l’expérience des gens du pays” (!) Allez donc maintenant lui en remontrer dans la philosophie de l’IIistoire! Enfoncés les Rainville et les Gaxotte! A quand le traité de M.Maheux sur le rôle de la réparation des fenêtres dans la politique de conciliation de Murray?Mais voici beaucoup mieux.La sagacité de notre P'ustel de Coulanges va maintenant se donner libre cours.Elle va résoudre une énigme de l'histoire canadienne.Qui fournissait le bois de chauffage dont Murray avait tant besoin pour se chauffer le plat des pieds?M, Maheux va nous le dire: •» “Et le gouvernement de Murray achetait du buis de chauffage; les entrées ne sont pas toujours faites au nom d'un particulier, comme celle de Baste en avril 1762.Ainsi, au mois d’octobre 1761, on trouve un achat de bois pour 6-3-9, environ trente piastres, mais sans mention de nom, mais il n’y a pas de doute que ce sont des Canadiens qui l’ont fourni: ils s’y connaissaient en fait de bois de chauffage”.Vous saisissez le trail d’esprit?Cette fois le père Gaspard reçoit une leçon rie son maître.M Maheux aurait-il l'ambition de finir billet-tiste à la place ou à côté de “mon oncle”?Ce mot, qu’on pourrait appeler historique, méritera de s’inscrire à côté du: “Je vous répondrai par la bouche de mes canons” et du; “Dehors, plus vite que ça.ça presse!” Et maintenant nous n’aurons plus à rougir d'avoir été des porteurs d’eau et des scieurs de bois.M.Maheux vient de sacrer nos bûcherons “employés français de Murray”.La preuve n’est pas évidente.Il n’a pas le document, sans doute, mais ce devaient être des bûcherons de langue française.Qui a dit que Murray n’a pas créé le double fonctionnarisme?Murray s’est toujours fait un point d’honneur, si l’on en croit notre historien, d'acheter du bois de chauffage étiqueté français.Cependant, quand il s’agit de payer de fortes quantités de vêtements, M.Maheux nous dit aussi quels sont les marchands qui fournissent le gouverneur: Benjamin Price, Anderson & Lees et Stephen Abbott.La note est de $240.Ces gens parlaient-ils français?M.Maheux ne nous le dit pas.Ils devaient bien, cependant, employer des commis canadiens-français — qu’est-ce que vous en dites, M.Maheux?— autrement Murray ne les aurait pas “en-| courages”.* * * Passons à une autre histoire.On i sait que Murray — pour employer • à peu près les termes de M.Maheux fut trop bon et qu’il s’éleva con-| tre lui une conspiration de quel-! ques cents vautours qui auraient | voulu saigner le peuple, ruiner le | pays et s’enrichir.C’étaient pour la I plupart des Juifs, des fanatiques de la Nouvelle-Angleterre et des ratés de Londres.Les choses allèrent si j mal que Murray fut rappelé en Angleterre pour expliquer _ sa con- réquisitoire qui va répop '.e au conte de fées de notre historien.Vous allez ver de quels gibiers se composait le personnel du gouvernement: “Le choix malheureux et le nombre des officiers civils envoyés d’Angleterre augmentèrent le sentiment d’inquiétude qui prévalait dans la colonie.Au lieu d’hommes de talent et de caractère irréprochable, des hommes dépourvus de ces qualités furent nommés aux plus importants emplois, et il fut dès lors impossible de donner aux actes du gouvernement ce cachet de dignité qui est un des plus sûrs préservatifs de l’ordre social.Le juge désigné pour concilier les esprits de 75,000 étrangers aux lois et au gouvernement de la Grande-Bretagne avait été tiré d’une prison, et il ignorait entièrement la loi civile et la langue de la population.Le procureur général n’était pas en meilleure posture quant au langage.Les emplois de secrétairé de la province, de registraire, de greffier, de conseil, de commissaire des magasins, de prévôt-m’aréchal, furent donnés par brevet à des hommes influents en Angleterre, qui les affermèrent au plus haut enchérisseur, et s’occupèrent si peu des aptitudes de leurs substituts que pas un d’entre eux ne comprenait la langue du peuple canadien.Comme aucun salaire n’était attaché à des places et brevets, leur valeur dépendait des honoraires, que mes instructions m’ordonnèrent de tarificr comme dans les plus riches et les plus anciennes colonies.Cette lourde taxe et la rapacité des avocats anglais éprouvèrent sévèrement les pauvres Canadiens.Ils ont fait preuve de patience; et, bien que poussés par plusieurs des marchands turbulents de New-York à combattre l’Acte du Timbre, ils s’y sont soumis volontiers, dans l’espoir que leur attitude leur assurerait la faveur et la protection de leur souverain”.! 1 ) Mais Murray, par la grâce rie M.Maheux, va nous fournir un texte encore plus terrible.Dans une let-j tre au secrétaire du Trésor, Samuel Martin, le gouverneur explique pourquoi il a engagé certains em-i ployés canadiens et leur a distri-: hué certaines provisions.Le texte j est anglais chez M.Maheux; je le; traduis de mon mieux: "Nous étions dans la nécessité \ d’employer des Canadiens pour faire du charroyage et pour apporter du combustible à la garnison, Ces gens n’auraient pu travailler si je ne leur avais pas donné des provisions, à cause d’une disette qui sévissait dans le pays et, par suite de la complète interdiction de leur papier-monnaie, ils étaient empêches de se servir des seules espèces qui circulaient parmi eux.J’ai aussi été obligé de nourrir ceux qui nous servirent Tl'espions, de pilotes.de spécialistes pour réparer nos engins de guerre (artificers), de commis ou à d’autres emplois indispensables.Parfois, nous nourrissions les familles, parce qu’aucune autre considération ne pouvait les induire à travailler pour nous avec un peu d’entrain.D'un autre côté, il nous était nécessaire d’employer un peu de générosité pour nous concilier un peuple conquis en partie.L’amiral Saunders fut si sensible à cette manière de voir qu’à son départ il laissa une liste des familles de pilotes qui doivent recevoir des provisions ici tandis que leurs pères, leurs frères ou leurs maris servaient à bord des vaisseaux du roi, “Dès que cessèrent les conditions qui m’avaient forcé à en agir ainsi, lorsque le pays fut complètement subjugué, j’ai cessé de distribuer des provisions excepté à quelques-uns qu’il aurait été ingrat d’abandonner."J’ai distribué des provisions aux trois couvents qui autrement auraient connu la famine; la vérité c’est que leurs maisons comme leurs personnels nous ont été d’un grand service en logeant et en prenant soin des malades et des blessés.” Ce texte parle par lui-même.Murray a engagé des espions, des pilotes.des charretiers, des bûcherons, des commis et tous les hommes indispensables à son service.Quand M.Maheux dit que Murray aurait M ROBERT RUMILLY, écrivain canadien bien connu, auteur d’un important ouvrage en six tomes sur V HISTOIRE DE LA PROVINCE DE QUEBEC, paru aux Editions Bernard Valiquette.(Photo Denault, Ottawa) pu n’engager que des Anglais, le gouverneur lui-même le démentit.De plus, notez ceci: tous ees bien-îaits, ces distributions de provisions, etc., avaient pour but de concilier le peuple conquis, autrement dit de le faire collaborer et, des que le peuple fut complètement subjugué, ces douceurs cessèrent.Croyez-en Murray lui-même qui le sait bien mieux que notre Thucydide.* * * En parlant du héros national, Ponsant, le premier commis canadien après la conquête et non le dernier, notre Maurras s’écrie: “On ne voit pas Hitler faisant un semblable gesle en Tchécoslovaquie, en Pologne, en France occupée: seul un Allemand peut mériter la confiance d'un Allemand!” Le point d’exclamation n’est pas de nous.M.Maheux n’a pas lu son Star ni sa Gazette depuis longtemps, car il aurait appris ce ^u’on fait des Quisling et des Seyss-lnquart, Il ne sait donc pas que ce qui fait la diabolique habileté de Hitler, c’est de se concilier des collaborateurs dans les pavs qu'il veut envahir?Et la première chose qu’il fait, précisément, en entrant dans un pays, c'est d’engager des gens de la place qui auront intérêt à maintenir le régime.Non, ce livre ne se contente pas de fausser notre Histoire; il ridiculise aussi les lettres canadiennes.Et ce que je regrette le plus, c’est d’avoir été obligé d’insister sur des sottises qu’il aurait valu mieux cacher pudiquement.Hélas! notre professeur de Laval n’était pas satisfait qu’on n’eût étudié qu’un seul chapitre.Il pensait augmenter sa moyenne avec le reste du devoir.Hervé BIRON Revue ''Ensemble" SOMMAIRE POUR AOUT-SEPTEMBRE Les Coopérateurs au service du bien de tous, par Gérard Guité, pire, L.S.S.; Savez-vous que?; “Le .Québec se barricade trop”, inter-! view, par “Ensemble!”; S’occuper I de scs affaires.Ça paie!, Jean-Ma-; rie Martin; Dix choses que les coo-I pérativfs doivent faire en temps de guerre, J.-E.Bisson, agronome; Soyons prudents!, Henri-C.Bois; Comment tuer toute organisation quelconque.L'organisation des Guildes, par Emmy Ereundlich, présidente de la Guilde Internationale des Coopératives.La page de la famille, Gazette coopérative; Faits et nouvelles; Notes bibliographiques; Questionnaire.S’adresser pour abonnement à “Ensemble!”, case postale 186, Québec.(1) Chapais, Cours d’Histoire d# Canada."Prends la route" par EDOUARD MONTPETIT Etude d’un vif intérêt En vente au Devoir et dans les principales librairies.Prix: 25 sous Les Missions des Pères Blancs en Afrique Chez les Bakiga — Au Ruwenzori (Protectorat de l'Uganda) .Le Rukiga est un pays entière-j bords par des papyrus aussi ment montagneux, de formation | fus que plantureux.touf- volcanique.(Le Nynimvmgira.qui j se trouve en pays belge et s’élève] «à plus de 10,00(1 pieds, fume toujours, crache même beaucoup sans ! égard pour le voisinage).De temps immémorial, cette région fut le refuge des Batwa »>u Pygmées, jusqu’au jour où les Bi-liima, pasteurs (vraisemblablement apparentés aux Hyesos de l’ancienne Egypte) les délogèrent et ne leur laissèrent que la grande forêt.Puis, vers le XVllle siècle, d’autres nomades, les Jtakiga, stirvin-rqpt et obligèrent les Bahima à descendre dans la steppe du Mpororo.D’où venaient-ils?De tous les points de cette zone équatoriale: les uns entraînés par leur ardeur cynégétique, les autres séduits par là fertilité du sol et la salubrité du climat.Aujourd'hui les Bakiga atteindraient le chiffre de 200.000, dont 84.596 établis dans la province de Ndorwa, desservie par la Mission de Kabnle; 56,493 établis dans la province de Rukiga, desservie par la Mission de Kitanga.En voiture A partir de Kabale, la route nationale côtoie une large rivière, mais dont les eaux paresseuses ont laissé encombrer sou U et scs J# Quelques milles plus Join, la voie j abandonne la vallée pour s'accrocher aux pentes; enfin, vers le 15ème mille, hardiment elle tenm l’ascension des coteaux et mamelons, qui se succèdent sans fin.A un certain point, elle atteindra l’al-titiide de 8,710 pieds.11 vous faut savoir, en effet, que sur une étendue de 75 milles, ie Rukiga s'appelle “les ballons des Vosges”.A séparer les collines et monts, il n'y a que d’étroits cols, vallons, j’allais dire “canyons” Les ingénieurs anglais, pour frayer aux autos un chemin convenable, ont dû parfois miner le roc.En certains endroits le passage très restreint, creusé dans le flanc de la montagne, surplombe un précipice] vertigineux.Une fois même nous I dûmes descendre de voiture et continuer à pied, la pente étant Iron raide pour une auto chargée.Ailleurs, le chemin fait trois lacets j>our pouvoir atteindre la crête du haut plateau.Mais ce qui nous intéresse plus particulièrement, nous, missionnaires, c’est de constater que la plupart des pentes, des mamelons, des croupes sf^it couvertes de cultures: millet, sorgho, maïs, surtout de petits pois du genre “pisaille”.Par conséquent, la moisson d’âmes ici jest grande! Cependant, pas de gros villages j comme dans l’Uganda.Mais par-j tout où vous voyez un bouquet d'ar-! bres, (sur une pente, une terrasse, I une croupe ou dans un vallon), vous reconnaissez bientôt qu’un nid | s'y est blotti.C’est l'habitation du : chef de famille, autour de laquelle j scs fils mariés ont construit leurs ] demeures.Note; Jamais Noir n’a songé à planter un arbre à la place | de ceux qu’il a détruits.Gouverne-! ment et missionnaires se sont donné la main pour faire reboiser un ! peu le pays.Au Kigezi, donc, cha-! que maître de casé est tenu à planter une cinquantaine d’arbres dont : les plants sont fournis par le gou-; vernement.Car les Bakiga ne connurent pas le régime des souverains; ils s’uni-! rent par familles ou clans, et s’isolèrent des étrangers.Il fut même j un temps, paraît-il, où la vendetta faisait beaucoup de victimes.On nous dit encore qu’avant la domination anglaise, la dot exigée du fiancé était généralement de 5 à 8 vaçhes.ailleurs 30 chèvres.En cas de divorce, la femme qui avait quitté son mari sans motifs reconnus valables devait lui rendre ce qu’il avait payé.Vaillants montagnards Done, les Bakiga vécurent sous le régime patriarcal; ils voulaient rester isolés, indépendants de leurs voisins.Ce sont les Anglais qui oui divisé le pays en deux provinces: celle de Ndorwa et celle de Rukiga, soumises à un commissaire européen.Celui-ci insiste beaucoup auprès des chefs afin qu’ils reboisent la contrée en plantant des eucalyptus, des acacias, des mimosas "black wattle”.On n’y trouve ni bananier, ni arbre fruitier, sinon chez les Missionnaires.Il fait trop froid pour le cotonnier, le caféier, etc.Donc, les gens sont pauvres.Cependant, les catholiques do Ki-tanga, malgré leur pauvreté pitoyable, ont su verser au Père curé la somme rie 3,000 shillings pour la construction de l’église (mais elle coûtera bien 15,000 shillings!) Plus que les opulents, les indigents se montrent généreux, sans le croire! Et demandez à cette bonne vieille où elle a bien pu trouver cette pièce de monnaie qu'elle offre au Dieu des pauvres.Elle vous répondra: “C’est ma pioche qui me l’a procurée.” Oui! tout montagnard, pour vivre, doit manier vigoureusement la houe.Certains coteaux cultivés jusqu’au faite ressemblent de loin à de gigantesques damiers où les cases vertes, rouges, jaunes ne sont que les champs de fèves et de pois alternent avec ceux de sorgho, de millet et de mais.A côté des habitations, vous pouvez remarquer des tourelles blanchies à la chaux; ce sont les “silos à air libre”, faits de clayons bousillés puis badigeonnés avec le blanc de calamite.Les indigènes y serrent leurs récoltes.Comme ils sont grands mangeurs, forts buveurs de bière, leurs réserves s'épuisent vite, Aussi est-ce à son corps défendant que le chef de famille nombreuse vend une parcelle de ses vivres.Ne sentant pas le besoin de tout ce qui séduit les psenrio-européanisés, il ne songe guère à déplorer son apparente pauvreté, dès lors qu’avec le vêtement nécessaire et un logis suffisant il jouit de la santé, d'une nombreuse postérité, et surtout possède l’amitié de Jésus, le Seigneur pauvre.Les Bakiga travaillent à longueur d’année.Le sol, fertilisé par les coulées laviques, arrosé frequem- ment par les orages, puis réchauffé par le soleil des tropiques, ne boude pas qui le laboure.Fin janvier, nous avons vu des maisonnées entières occupées à moissonne^ le millet.Armé de l’étrape ou d’un simple couteau, chacun s’activait à détacher les épis de leur chaume.Depuis l’arrivée des commerçants indiens ou baganda, le costume des jeunes gens et des hommes se modifie un peu.Autrefois, en effet, les gens réputés cossus s’habillaient de deux peaux de bovidés; les jeunes gens se contentaient d’une seule.Encore aujourd’hui, les gueux n’ont qu’une peau de chèvre ou de mouton pour se vêtir.Ces peaux frottées de beurre laissent, dans ia salle de catéchisme, dans l’église, une odeur “sui generis” que seuls les Pères habitués ne trouvent plus nauséabonde.Bien que peu garantis contre la pluie et le froid, les Bakiga ne souffrent guère des rhumes.C’est une race saine, vigoureuse.On dit que s’ils quittent la montagne, ils s'étiolent.La méningite cérébro-spinale, le typhus “kafura”, maladies venues du Congo, sévissent parfois.Jusqu’à la venue des Anglais, les hommes se réservaient le soin de paître leurs bêtes pour les défen dre au besoin contre les razzieurs.Le soir, ils les enfermaient dans le “kraal”.Pour marier scs fils puînés, le père gardait les bêtes qu’il avait reçues a l’occasion des épousailles de sa fille plus âgée.Chemin dangereux “Ici même, il y a de cela quelques années, raconte notre conducteur, des excursionnistes ne ralentirent pas assez tôt pour faire le virage.Leur auto continua dans le vide.Deux des touristes furent tués sur le coup, leurs dix compagnons plus ou moins grièvement blessés ou contusionnés.Descendons de voiture et prions pour les morts.” Du bord de rencorbetiement, le conducteur nous montre dans le ravin les débris de l’auto.La moisson est mûre, mois les moissonneurs .Les Pères de Kabale projettent d’établir une Mission dans ce secteur; ils attendent que le maître de la moisson leur envoie des ouvriers.Quant aux finances, elles suivent toujours, mais “pede clan-do”.Car, “lorsque Dieu crée un enfant Muganda, il fait en même temps pousser les bananiers qui le nourriront.” Oh! si les séminaristes d’Europe et d’Amérique entendent l’appel du Sauveur, qu’ils se rappellent bien les 200,000 âmes qui n’ont que deux stations de Missionnaires pour les desservir; Kabale compte déjà 8,-550 baptisés et 12,000 catéchumènes; Kitanga, 7,000 baptisés et 11,-000 catéchumènes.De Kabale à Mutoléré on fait 50 milles sans rencontrer une Mission.Pourtant, ces pauvres montagnards réclament à cor et à cri le saint baptême depuis que deux Baganda, précurseurs de l’Action catholique (le chef ïoanna Sébalijja et le légendaire catéchiste Yoanna Kitagwana) leur révélèrent Jésus, Marie, le Pape.Mais, ce fut surtout à l’arrivée à Rushoroza des premiers missionnaires que commença le branle ininterrompu des nombreuses inscriptions nu catérhuménat.Le (Euxième poste fut fondé à Kitanga, en 193o.Des vocations commencèrent à j s’épanouir parmi les baptisés; d'autres paraissent germer très nombreuses.Au grand séminaire de Ka-tigondo, les Bakiga ont un repré- sentant de leur race, élève en Philosophie.Il entra au petit séminaire de Bukalassa en 1932, alors que le vicariat de l’Uganda s'étendait jusqu’à Mutoléré.Depuis cette date, deux vicariats nouveaux ont été constitués: celui du Rwenzori et celui de Masakn.Une noce dans la montagne Notre si intéressante excursion fut interrompue par l’arrivée d’une bande joyeuse.C’étaient de vaillantes jouvencelles, des matrones plus robustes encore qui s’empressaient pour nous venir saluer.Malheureusement nous n’entendons rien à leurs cordiales démonstrations; nos regards seuls comprennent la joie, l’affection qu’elles veulent nous témoigner.Notre complaisant drogman nous explique qu'elles reviennent d’une noce.D’une noce en cette toilette?En fait d’atours, les pauvres n’avaient que Phabit quotidien: un pagne ou jupon quelconque, avec le double pan de cuir (l'un couvrant la poitrine,' l’autre couvrant le dos)."O fortunatos nimiumi” Puissent-elles longtemps encore dédaigner les vaines parures qui tournent la tête et dépravent le coeur de mainte jeunesse au Bugar.da et ailleurs.Rieuses, elles nous invitent, paraît-il.à demeurer chez elles pour leur construire et desservir l’église, objet de leurs voeux.Pour aller à Kabale.elles doivent faire 25 milles.Nous leur disons, par la voix de l’interprète: “Priez bien le Maître de la moisson et la Vierge Marie de vous envoyer bien vite des prêtres.” El nous remontons en voilure, après les avoir bénies.P.B. 1 tfULUME XÀAII — (NO ZUI .E DEVOIR MONTREAL, SAMEDI 30 AOUT 1941 Choses de France L’aviation et la jeunesse Extraits de la "Revue des Deux-Mondes" 1er mai 1941 Printemps de 1941.A perte de me, ies lignes d’arbres ouvrent eurs perspectives vides.Nul balè-ement de moteurs.Quelques voitures.C’est le silence, !e recueille-lient, presque la solitude.Lt pourtant par là, dans la graille angoisse de juin dernier, a passé l’exode de tout un peuple.Du levant au couchant, par toutes ces chaussées nationales, tous ces chemins bordés d’ormeaux ou de pom-niers, par tous ces carrefours, tous es moindres sentiers de la plaine tu des bois, un pays s’est vidé comme de sa substance.Par là, le sang de la France a, durant de longs jours, durant de longues nuits, coulé dans l’inoubliable grondement d’un torrent qui emportait tout, il semblait que jamais ne cesserait d’apparaître sur l’horizon du nord le flot des réfugiés, le flot de la retraite charriant des épaves.Tout a une fin; le reflux achevé, le calme est revenu.Les routes ont repris leur aspect d’autrefois, paisible et familier.Dès octobre, symbole de l’avenir, s’est inscrit sur le crépuscule le geste cadencé du semeur.L’hiver est passé; le printemps est revenu.Quelle France nouvelle va se lever de ces sillons et monter par ces routes?Dans cette terre riche et profonde, sombre et dorée, dont chaque motte est pétrie de l'histoire de chez nous, quelle force va puiser notre jeunesse, avant de s’épanouir au soleil?Nous devons méditer sur les leçons du malheur.Ce qui a le plus manqué à la France durant ces vingt dernières années, c’était quelque chose ou quelqu’un à admirer j ou à aimer.Sans but, sans direc- ; tion, sa jeunesse s’est alors perdue | dans les distractions faciles, dans | les plaisirs, dans l’égoïsme.Pas toute.Ce serait faire injure à nombre de jeunes hommes qui ; portaient dans leur coeur cette soif atavique d’agir, de sV dévouer, de se sacrifier pour une belle cause ; qui a toujours distingué le Fran-1 çais.Ils l’ont prouvé durant cette ¦ guerre de dix mois.Iis l’ont prouvé I dans toutes les armes; ils l’ont j prouvé dans la marine, toujours vi- j gilante et prête à tous les sacrifices à son poste d’honneur: la mer.Ils ne l'ont prouvé nulle part davantage que dans l’aviation.L'aviation s'est battue dès les premiers jours, dès le 3 septembre 1939.Elle n'a pas connu le calme relatif des huit mois de la ligne Maginot.Elle a gardé le ciel durant l’automne, durant l’hiver, par des froids de —fiflo à 10,000 mètres d’altitude.On est mort dans l’aviation durant dix mois et non durant seulement quarante jours.Et au cours de la grance mêlée, malgré l’écart des forces en presence, se sont affirmées les qualités des équipages, qui sont celles qu’il va falloir cultiver et développer chez notre jeunesse.Il faudra que les Familles françaises, trop portées à niveler la route de leurs fils, trop expertes à en écarter les obstacles et les dangers, veuillent bien rompre enfin avec une pratique qui a conduit la France jusqu'au fond de l’abîme.A trop vouloir conserver le corps, on finit par tuer l’âme.Et c’est par l’âme que meurt tout un pays.* * Ÿ J’ai sous les yeux des centaines de feuillets d’où s’échappe comme un grondement géant de moteurs, comme un vent de cyclone.Toute la gloire de notre aviation est ià.Et tout son sacrifice.Quand la guerre est venue, elle savait mieux que quiconque la valeur des armes qu’elle allait avoir entre les mains.Elle était exactement informée.Elle savait la dramatique différence qui la séparait de son adversaire: l’écart de vitesse, l’écart d’armement, l’écart de tonnage, ,et l’écart du nombre surtout.Les pilotes de chasse savaient qu'ils allaient avoir à se battre à un j contre six contre ies chasseurs allemands, à un contre huit contre les bombardiers.Ils n’ont rien demandé car ils savaient aussi qu’on n’avait rien de plus à leur offrir: c’était trop tard.11 ne restait qu’à marcher.Et, comme toujours, ils se sont tus et ils ont marché.Sans CONSTIPATION CE SOIR AU COUCHER Une à deux tablettes ROBOL Résultat demain matin 25c la boîte Cle Chimique FRANCO Américaine Ltée IS66.rue Saint-Dent* Montréal Veuille! m’envoyer un échentilton de ROBOL ; un mot, ils ont bouclé la mentonnière de leur casque, enjambé le plat-bord de leur avion, se sont installés aux commandes, ont ouvert tes gaz en grand et ont décollé.Ce qui’ls ont fait, on le trouve là, dans ces dossiers, dans ces feui]-lets.1,0% noms s’envolent d’eux-mê-mes jusqu’au plus haut du ciel.Ces comptes rendus, ces citations, c’est debout qu’il faudrait les lire.Debout et au garde-à-vous.11 faudrait que dans toutes les classes, dans toutes les écoles des campagnes les plus reculées, les professeurs, les instituteurs, ayant fait lever leurs élèves, lisent périodiquement, a haute voix, une sélection de ces citations, non seulement de l’aviation, mais de toutes les armes.Ainsi la jeunesse à venir grandira dans une ambiance qui fit si cruellement défaut à une grande part de celle de 1920 à 1940: le désintéressement, le respect du courage et de la discipline, le gmït du dévouement, l’exaltation de la Patrie.C’est une rude école que l’aviation, mais c’est une grande école.Ce n’est pas sans une émotion poignante que, dans les pages du palmarès éblouissant de notre arme, je retrouve les visages de beaucoup de nos jeunes élèves de l’Ecole de l’Air, le SainbCyr de l’aviation, Ils avaient juré si, un jour, la guerre éclatait, de faire belle figure sous le feu.Serment tenu.Vous souvenez-vous, Baugnies de Saint-Marceaux, lorsque je vous ai accueilli, au mois d’octobre 193(5, à la grille de l’Ecole de l’Air, le jour de la rentrée .alors que, grand collégien rieur, en complet de flanelle grise, vous arriviez, tète nue, votre petite valise à la main?Il s’agissait de faire de vous, en deux ans, un officier de l’armée de l’air.Qu’êtes-vous devenu?Voici la réponse: Sous-lieutenant Baugnies de Saint-Maeceanx, du grange 2/51, “jeune officier aux plus belles qualités morales.Admirable de cran et calme.Le 5 juin 1940, attaqué par 21 chasseurs ennemis, au cours d’une mission de bombardement, s’est particulièrement distingué en ramenant en territoire ami son appareil en flammes, malgré de graves brûlures au visage ei aux mains”.Et vous Tholon, major de promotion.Thollon, le travailleur au regard pensif et calme, qu’êtes-vous devenu?Sans-Jieutenant Thollon.du groupe 1/S: “Au cours des journées des 10 et 11 mai 1940, a fait preuve d’une grande bravoure et d’une maîtrise absolue, au cours de plusieurs engagements contre un ennemi supérieur en nombre.Le 11 mai a eu la plus grande part dans la chute d’un bombadier ennemi et, attaqué par deux monoplaces, leur a victorieusement tenu tète, rentrant au terrain avec son appareil atteint par de nombreux projectiles.Le 3 juin, remarquable pilote de chasse, plein d’ardeur et d’audace réfléchie, a, au cours de (leux missions, abattu un Messerscnüdt 109 dans des conditions difficiles et un Junkers SS”.Et vous d’Harcourt, Robert d’Harcourt, si fin et si distingué, toujours modestement perché sur les plus hauts bancs de l’amphithéâtre, qu'êtes-vous?Les trois lignes que voilà et qui tremblent sous mes yeux m’apportent la réponse; Sous-lieutenant d’Harcourt, du groupe de chasse 2/3: “Jeune officier d’un courage et d’un dévouement exemplaires, animé d’un ardent idéal.Le 21 mai 1940, a trouvé une mort glorieuse à bord de son avion de chasse, en plein ciel de bataille”.Et vous, Langeron, Langeron quii fûtes un de mes élèves préférés, vous que j’ai retrouvé dès la sortie del l’Ecole, en 1938, dans l’escadre dont! je prenais le commandement?Je me| souviens du soir où, là-bas, lors de : notre croisière en Afrique, votre i avion s’était, par suite d’une panne | de moteur, posé au bord du golfe de Carthage, dans un terrain maréca-j geux près de Hammamlif.Terrain ' étroit et court, d’où il semblait bien! que ce gros Arniot 1/3 de bombarde-1 ment ne réussirait que difficilement à décoller.Il lui faudrait rouler sur une terre lourde et détrempée, où il s’enlisait d’heure en heure, et franchir aussitôt de hautes lignes d’arbres.L’avion avait été allégé de tout poids inutile, les bagages et l’outillage enlevés, les réservoirs vidés de presque toute leur essence.Le pilote, sergent-chef Rochaix, pilote de haute classe, qui connaissait à fond son appareil, opérait le décollage.Ou bien VAmiot sortirait de là en yot, seule so tion possible, ou bien 11 resterait perdu dans ces marécages.Or déjà la France n’avait pas trop d’avions.Mais comment réussir à franchir ces lignes d’arbres, avec ces huit tonnes d’acier?Personne n’avait d’illusions, le danger était grand.Je vous vois encore, Langeron, nouer tranquillement votre chèche autour de votre eou et vous préparer à monter à bord.Monter à bord, je voulus vous l’interdire.Pourquoi augmenter les risques avec la surcharge de vos soixante kilos inutiles?J’ai toujours dans les yeux, Langeron, la lumière bleue de votre regard: — “Je suis le chef de bord, mon colonel.” Tout de suite, je vous ai compris et tacitement approuvé.— (/est bien, vous pouvez monter.Langeron.Et le lourd Amiot dont le fuselage se timbrait de l’insigne glorieux de la vieille 32, la mouette blanche sur fond d azur, roula, décolla, passa la ligne d arbres.Non, Langeron, vos soixante kilos n’avaient pas été inutiles.Ils ont aidé au décollage.Ils portaient avec eux tout l’élan de votre ame.Qu’êtes-vous devenu, Langeron, pendant la guerre?Le bulletin no 9 de l’aviation de chasse nous renseigne: passé sur votre demande dans la chasse, vous êtes, comme d’Harcourt, tombe hé-roïqueuent en plein ciel, au groupe j 3/7, la main sur les commandes de : votre monoplace.Vous aviez droit à j cette mort, vous n’avez pas connu la défaite.Que de noms encore se pressent j dans ma mémoire, dont je retrouve ! les syllabes là, dans ces feuillets! Vous étiez vraiment une élite.Une élite par l’esprit et par le caractère.Par l’esprit, car il vous avait fallu travailler durement pour réussir un examen difficile, aussi redoutable que celui de l’Ecole navale.Une élite par le caractère, car il vous avait fallu souvent vaincre la résistance de vos familles, effrayées par l’aviation, avoir raison de leurs objections, de leur craintive affection.Vous aviez des âmes fortement trempées,1 claires et loyales.Un jour, à l’Ecole de l’Air, votre professeur civil de calcul intégral sortit très ému à la fin de son cours et me prit à part.— Ah! ils sont chic, vous savez! Je vais vous raconter quelque chose: comme j’étais au tableau uoir à écrire des formules, certains, dans mon dos, se sont rnis à chahuter.C’était long, il est vrai, et l’heure du cours était dépassée.Je me suis retourné tout d’une pièce: “Qui a fait du bruit?” Naturellement aucune réponse.Alors je l’ai pris de haut: “Ce que vous faites, Messieurs, est méprisable.Ne pas avoir le courage de ses actes est une lâcheté indigne de futurs offeiers de l’Armée de l’Air!” Aussitôt, ils ont été quatre à se lever tous ensemble tout d’un bloc: “C’est moi, Monsieur!” Ah! ça m’a fait plaisir, ce sont des types épatants! Vous vous souvenez certainement de cette histoire, Métrai?Comme nous étions fiers de former peu à peu cette belle jeunesse! Comme nous en sommes fiers encore davantage aujourd’hui où l’on dit que l’âme de Ja France a sombré! Non, elle n’a pas sombré! Même si, parmi tant de jeunes hommes, beaucoup ont été tués, même si beaucoup sont morts inutilement, puisque cela n'a rien sauvé, comme le déclarent aujourd’hui des sceptiques impies, nous crions, nous, que c’est faux! notis crions qu’une mort héroïque inutile, cela n’existe pas! Ce sont (te tels exemples, au contraire, qui permettent à un grand pays, qui s’est trop longtemps abandonné, de se retrouver au fond de soi-même, de s interroger sur ce qui demeure en tm de forces vives, de sonder le gouffre obscur dans lequel il a failli disparaître et de relever le front en disant : “Non, je ne périrai pas, puisque j ai encore de tels enfants!” Rien sauvé?Si, jeunesse de France, vous, avez sauvé quelque chose.Vous avez sauvé l’honneur du pays et so confiance dans l’avenir.Vous avez tout sauvé! Il est un ancien élève encore de Léo c de Versailles, dont je revois très bien le visage, et dont le nom sera bientôt célèbre, un beau nom de bataille: Marm-la-Meslée.J’avais eu a l’interroger, voici plusieurs années, a 1 examen d’entrée, en httéra-ture français-e et étrangère.Le ha- s.a,ri,, i nvait fait tomber sur Dante Alighieri.Question ardue, cela n’al-lait pas très fort.Il était coriace à avaler, ce Dante! Le candidat s’était passablement embrouillé dans cette histoire florentine et davantage en-core dans tous les cercles de l’Enfer.Aims il avait un visage étonnamment droit, avec un regard gris, un front dm et tenace que l’examinateur avait remarques.Et, ma foi, la litté-lature meme étrangère n’était peut-clre pas absolument nécessaire pour faire un officier pilote de grande classe.Et la note avait été bonne Qu etes-vous devenu, candidat inquiet sur votre sort, les doigts poudreux de craie?.Lieutenant Mann-la-Mesiée, pilote de chasse hors pair.Vingt victoires aeriennes officielles.C’est vous oui arrivez eu tête du palmarès.Vous vous etiez p être quelque peu égaré dans l’Enfer de Dante, mais vous aviez su vous rattrn-' ner largement dans l’enfer du ciel.J, giace a Dieu, vous en êtes sorti vous des toujours vivant.Et tous les autres?.Ah! cette dernière journée à l’Ecole de l’Air, le tour du départ en vacances, avant uc recevoir le galon de sous-lieutenant! Les deux promotions, les anciens et les jeunes, tassés dans le ré-lectoire décoré de fleurs et de branchages.Le “laïus” du général commandant de l’Ecole.Votre “laïus”! Audemar d’Alençon, Père Système ' de la ’promo”.Tous les verres jail- i lis d’un seul élan au bout des bras 1 et le refrain de l’Escadrille des lia-1" paces, clamé à pleine voix, refrain eleve a la dignité de chanson de I 1 Ecole de l’Air; Notre moteur a son plein d'huile, Qu on nous prépare un bon cercueil I ; Toutes les femme.s de la ville Prendront le deuil, prendront le deuil! j Comme vous battiez joyeusement la mesure, d’Alençon, et comme vous entraîniez ceux qui ne chan- i taient pas assez fort! Lieutenant Audemar d’Alençon, pilote au groupe 1/4 (le fameux un-quatre), disparu à l’ennemi en plein ciel! Lieutenant Vié, du groupe de chasse z/6, blesse en combat aérien.Sous-lieutenant de la Taille, encore un un-quatre, disparu à l’enne-1 mi en plein ciel!.Et tous les autres.Plus de 40 pour cent de pertes! Quand tout a été consommé, quand il a fallu cesser le combat, au soir; de cette Saint-Jean funèbre de 1940, ! es survivants ont tenu l’air jusqu’à la nuit tombée, jusqu’à la dernière! heure, jusqu’à la dernière seconde, ne consentant à poser leurs roues sur I herbe qu’à l’obscurité totale, apres avoir largué leurs dernières bombes, brûlé les dernières rafales de leur Browning-Hersthat et de leurs Mac.Alors, ayant stoppé leur avion, coupé leurs moteurs, ils ont débouclé leur ceinture, arraché leur casque, ils sont sortis de leur habitacle et sont descendus lourdement1 sur le sol, dans les ténèbres.Rs se sont passé la main sur le front, sans bien comprendre encore.Battu, on ) était battu.* * * Et leurs avions?Que sont devenus ! leurs avions?Au lendemain de l’armistice, 1 aviation française a replié ses ailes.L’adversaire, mieux que quiconque, mieux que beaucoup de Français, a su les conditions dans les-1 quelles nos équipages ont dû livrer combat, et les prodiges de valeur !k.Tél.! es.»?»R COQ d'OR ROTISSERIE FRANÇAISE Spécialité ; Fileti Mignon Barbecue tur le Gril «ur la broche Repai à toute heuro Maurice BBtiNKT, propriétaire Lucien BRUN ST, sérant mr 160 EST, NOTRE-DAME OUVERT JOUR ET NUIT qu’ils ont accomplis, malgré une écrasante infériorité numérique et matérielle.Il a tenu à leur rendre) hommage.Au moment des (loulou-j En ÀfridUe reux pourparlers de Rethomies, le >-“— général Huntziger et le général Ber-geret, plénipotentiaires de Ja France, oui demandé que soit évitée à noire aviation l’humiliation d’avoir à livrer ses avions.Quand un officier a courageusement combattu, son adversaire lui impose-t-il de livrer son épée?Ne lui demande-t-il pas seulement de la briser, plutôt que de la rendre?Or l’épée de l’aviateur, c’est X TAIUEUR La fertilisation du delta intérieur du Niger I* marque d* l’homme bien vêtu .// ,.// sorti son avion! Les vainqueurs se sont inclinés devant de nobles paroles que leur coeur de soldat u su comprendre.Et le paragraphe suivant a été ajouté, sur-le-champ, au texte des conventions d’armistice: “H peut être renoncé à la livraison des avions militaires, si Ions les avions encore en possession des forces armées françaises sont désarmés et mis en sécurité sous contrôle allemand”.En fait, une partie seulement de nos avions seront ainsi démontes et stockés dans un certain nombre de bases aériennes de la zone libre.Bientôt la puissance occupante va d’elle-même reconnaître la nécessité pour la France de conserver des formations aériennes constituées et entraînées, afin d’assurer éventuellement sa sécurité.Dès le mois de septembre, des escadrilles ont rouvert leurs ailes.L’aviation française veille sur tous les points où elle peut être appelée à rendre des services au pays.Elle a déjà prouvé qu’elle était prête à entrer en action pour maintenir i’in-tégrité de l’Empire.Le vent de la fierté et de l’espoir a de nouveau fait frissonner les soies fanées, chargées de tant de gloire, des, fanions de nos escadrilles, jusqu’alors figées dans la lourde imniobilité de la défaite.Tout ceci, la jeunesse doit le savoir.Nul ne peut présager ce que sera l’avenir, ni ce que deviendra l’aviation française.Ce qui est sûr, c’est qu’elle demeurera Tune des sources les plus pures, où les jeunes de chez nous pourront puiser la force et la foi nécessaires pour leur mission sacrée: refaire la France! René CHAMBE Colonel-aviateur.Ce qui est de I’ encyclique Rerum Novarum;< Sous la signature J.des Verrières, L’Avenir de la Loire publie un très intéressant article dont nous extrayons ce qui suit, relatif « quelques conséquences qu’a eues en France l'encyclique Rerum nova-rum : Ce oui est sorti de l’Encyclique, c’est le syndicalisme chrétien, dont Léon XIII appelait de ses voeux l’action legitime et nécessaire, et qui, eu dépit d’erreurs de tactique inévitables, passagères et individuelles, n’a pas cessé de travailler à la fois pour la digndé et la sécurité de la famille ouvrière, et peur la collaboration féconde des patrons, des techniciens et des salariés.Comment ne pas saluer encore, avec fierté et reconnaissance, en cet émouvant centenaire, 1 oeuvre constructive accomplie, au milieu de tant de tempêtes, par la ‘ Confédération française des travailleurs chrétiens”, qui pleure aujourd’hui, en Jules Zirnheld, Tuu de ses chefs 1er plus dévoués et ies plus clairvoyants?Aujourd hui, selon les principes (lu nonve! Etat français, le syndicalisme, que! qu’i! soit, patronal et ouvrier.cesse d’exister sur le plan de federations nationales.On a voulu par là écarter un danger, qui était celui de 'a lutte des classes, entre des Fédérations adverses, dont les conlliis risquaient de troubler trop profondément Tunité nationale et la paix sociale.Mais les Syndicats gardent leur misvi-jn; et celte mission est de défendre les droits et les intérêts des ouvriers, en participant a la construction professionnelle.Et quand on di*: communauté professionnelle, on exprime d’un mot nouveau et heureux ce qui a été toujours l’idéal du syndica.isrne chrétien: Ja corporation moderne, la profession organisée, pourvue de son statut légal et regie en commun par tous ceux qm en vivent et qui la font vivre.T* sorti (le l’Encyclique, ce sont les Semâmes sociales de France, qm o ont pas été autre chose que r'or.C*0ranieilia‘re d,es enseignements contenus dans Ilerum novarum, dans Oitadragesimo anno, et dans es autres documents pontificaux.Socia,CSi auxquelles n on ta mais manqué les encourage-merits es plus explicites de Rome, h?pnv,'.ii,|CS |nr 1s c'cdhes avec une e veilhmce croissante, prudemment dirigées par la ferme sagesse sbléT" f0n,,,, feurs ct (‘C leurs pré-sidents.avant enfin triomphé des itn ' °s défiances,\ont cons- mL”’i i nnéo p" anncc, une “som-àhm'rn8 sociale catholique ¦i laquelle rendent hommage les adversaires mêmes «te l’Eglise (.c qui est sorti de l'Encyclique sont’"ré^firrf,’rnu's pratiques qid^e .^éalisces, et dont les promo- ^ .°nt emprunté souvent la part "M )Sran'ie,,(' “ ,!t doctrine so-c ale rathMimie, ou dont le plan a été prépare par les études et les en quêtes de nos spécialiste ^.on imm'i l‘St r,rli dp ¦’Encyclique, c’es t Vv Todlre -sans exagération, Etats fTia,rde Plusieurs i.tat» d Lui ope, du Portugal par français.’ Cl a"jour«" »*"4, contre $15,303,416, mais cette augmentation de $4,056.037 a été amoindrie de $3,265,448 par de plus lourds frais d’exploitation.Pour la période de sept mois terminée en juillet, les recettes brutes du Pacifique Canadien se sont élevées de $28,511,751.ou de 31 p.c., tandis que les recettes nettes, estimées à $23,115,113, excèdent celles Marché du bétail Les arrivages durant la semaine finissant le 28 août, 1941, sur les deux marchés de Montréal, furent comme suit: 2789 bêtes à cornes, 5919 moutons et agneaux, 5202 porcs et 5544 veaux.En plus, 138 bêtes à cornes, 1219 porcs furent _____ consignés aux maisons de salai- d’il y a un an de $8,074,276,"soft" de sons* ct aussi 90 bêtes à cornes fu ^ *¦% 4 *-*-% *-% t /-» f\ 4* .] ^ M 1mm Mfc ««MM M .J M — Voici un tableau comparatif; portantes.Au Yukon la production provient en grande partie des minerais d’argent et de plomb du district de Mayo.Dans les Territoires du Nord-uuest.la production provient des minerais d’argent et de radium de la mine Eldorado, situé près de* la Paie Echo, district du lac du Grand uurs, et du quartz aurifère des mi-nes ”^on, ’et “Negus”, à Yellowknife Hiver.Suit .a liste des usines où l’on affiche 1 argent: la Monnaie rovale canadienne, Ottawa; la mine Hol-linger, Timmins.Ontario; l'Ontario Kefining Company, Copper Cliff, Ontario: la Deloro Smelting and Refining Company, Deloro, Ontario; la Canadian Copper Refiners, Mont-real-Est, Québec; et la Consolidated Mining and Smelting Company, irait, Colombie canadienne.On a américain a acheté 314 millions d’onres d’argent américain.Les achats, durant l’année civile de 1940, se sont chiffrés à 67 millions d’onces.On estime que l’encaisse , du Trésor des Etats-Unis se chif- | frait, à la fin de 1940, à 3,135 millions d'onces.En vertu de l’American Silver Producers Research Project, on poursuit des recherches dans le but i „ 7- de trouver de nouveaux emplois à Province de Québec l’argent.L’usage de l’argent dans I District de Montréal les arts et les industries des Etats- ^ Unis et du Canada a enregistré une augmentation de 20 pour cent sur 1939 et a atteinte un niveau sans précédent.Le prix moyen de l’argent fin fut, en 1940, de 38.249 cents Fonce comparativement à 40.563 cents en 1939 (prix de New-York convertis en fonds canadiens).Mathématiques, Physique et Chimie Trlseottoa de l’angle BAC — J.-M.-A.Lepolr.Section III: Botanique Notes additionnelles sur la flore rl-parteune du haut St-Laurent.— Bernard Bolvln.Notes sur deux formes nouvelles et sur quelques combinaisons.— Marcel Raymond.Quelques additions A la flore du Québec.— Marcel Raymond.Mise au point sur la distribution géographique du Carex Arcta Boott — Marcel Raymond, free Mon IV: Zoologie et Biologie r, générale L organisation des recherches Ichthyo.logiques dans le haut St-Laurent et la région de Montréal.— Georges Pré-fontalne.Liste des poissons récoltés dans les acs et rivieres du haut Sr-Laurent et la région de Montréal.— Le Personnel de la Station biologique de Püe Perrot.Contribution a l'étude des Insectes aquatiques du lac St-Louls (Montréal !.— Abbé Ovlla Fournier.Contribution a l'étude de l'alimenta-tlon des poissons du lac St-Louis (Montréal».— Frederick Fry, abbé Ovlla Fournier et Jean-Paul Guerrier La croissance de la perchaude (Perce Ilavescens Mltchimm) dans le lac St-Louls - Frederick Fry et Lionel Phi-lippe.Capture et conservation a l’état vi-vant des Insectes nocturnes.— Abbé Ovlla Fournier, Liste des oiseaux, observés autour du lac St-Louls.— Lionel Philippe.Ia 6terne commune iS*p£& L ) dU lac 3t-lx,„ls- Les températures léthales de divers organismes aquatiques du haut St- oSS'.“lL,m„ *"a " ,',b“ Explication de minima de tempéra-£f?Ades eaux de surface à Orande-Rlvlère.en juillet 1940._ Jean-Louis 1 remblav et Louis Lauzier section V: Agronomie et Médecine vétérinaire KiÆodeJcmployéd t,ans le relevé éco-joglque de nos herbages.— L.-J.Boti- Conceptlon écologique du programme de recherche poursuivies à la Station expérimentai,, fédérale de Ste-Anne de la Pocatlère, dans le domaine des herbages._ l -J.Boulet.Notes sUr ]a récolte et la mise en Faut* Bcnfchenlt8 0t ^ IégUmes ~-Section VI: Sciences morales ¦07U!ïît.,r^1 exion* sur •a proposition OMI 1 ' — P' Maurlce Beauchamp, Postes d'essence non fermés lundi Toronto, 30 “(CJP.) — M.J.L.Nfcwart, sous-régisseur du pétrole, dit que les postes d’essence observeront les heures de vente régulières lundi prochain, fête du travail, R a ajouté qu’il n’y avait pas de restrictions spéciales pour la vente les jours de fête.Los règlements stipulent que les postes d essence fermeront de 7 heures du soir à 7 heures du matin d tou le la journée du dimanche.18.19.20 21.22 23.24 25 28.27.28 23.24.25 13.AVIS Cour supérieure In re: Succession vacante de feu Joseph Dupont AVIS Juillet: Rec.brute» Frais .Rec.nettes 7 mois: Rec.brutes Frais .1941 i 19,359,454 18.174,034 1940 $ 15.303,418 12,898,586 Inc.* 4,056,037 3,265.448 3,195,419 2.404,830 790,588 119.198,840 96,084,726 rent maniées dans les cours à destination d’autres endroits au Canada.Le marché des bêtes à cornes au commencement de la semaine était lent, mais finalement les prix se sont établis stables avec de bonne demande.Les bouvillons variaient de $5.00 Les bons sujets $9,00 et Production d'or en juin La production canadienne d’or en juin se place à 453,987 onces fines d’une valeur de $17,478,500 en $1^909 go! i*49’180 0,K'eS Va,ant ,e IT101S Precedent et 4ol,9b4 onces valant $17,400,614 en juin 1940.La production du premier semestre de 19!i atteint un total de 2,636,246 onces fines comparativement à 2,d7d,980 onces ($99,175,230) la première moitié de 1940, En juin la production se répartit comme suit, par province (chiffres de 1940 entre parenthèses): Ontario, 268,100 (274,962) onces fines; Québec, 87,591 (81,500); Colombie canadienne, 55,047 (56.992) Manitoba et Saskatchewan, 27,078 (21,407); Territoires du Nord-Ouest, 4,785 (4,102), Nouvelle-Ecosse, 1,622 (3,015); Yukon, 9,773 (9,-9o5).90.688,088 28,511,751 75,647,251 20,437,474 ] à $9.85.15.040,837 8,074,2761 P*US' ,cs moyens en partie de $8.00 ‘à $8.75, et les communs en petits lots, $7.00 et moins.Les taures variaient de $4.50 à $8.00.Les bonnes vaches de boucherie $6.50 à $7.00 _ -i,,, .j-rijr i avec une de choix à $7.50, les moy- Q plUS C|U6 dOUDlG'ennes $5.50 à $6.25, et les commu- Ree.nattés 23,115,113 Le bénéfice brut de l'Ontario Steel La production et les ventes de l’Ontario Steel Products Company, Limited, ont atteint des proportions records durant l’exercice terminé le 30 juin 1941 et la compagnie a réalisé des bénéfices plus élevés que jamais.Le bénéfice brut a plus que double, étant de $539,626 contre $219,-030 l’année précédente.Toutes déductions faites, y compris les taxes, accrues de $60,000 à $275,000, et une augmentation de près de j $50,000 pour ta dépréciation, il est resté un bénéfice net de $143,383, comparativement à $105,641 il v a un an.équivalant à $2.44 par action ordinaire contre $1.66 en 1940 et 76 cts il y a deux ans.En dépit de $104,476 de dépenses en agrandissements et équipement d’usines, le fonds de roule- valeurs négociables de $107,908 à comptes à découvert.Propriétés de Dominion Bokeries Ltd, vendues Toronto — En exécution d’un ordre en date du 22 juin, il a étè,®n7-17 îo .procédé à la vente judiciaire de •.Wfàî ‘'OT v ^àinnH^sr!'-! sVi ' V' l’Immeuble de Dominion Bakeries.a ’ '' nompr s 6,>,881 de Limited, qui avait été mis tempo rairement entre les mains de Premier Trust Company, agissant comme liquidateur.La vente, qui a eu lieu au bureau de M.O.E.Lennox, assistant-chef de la Cour suprême, Osgoode Hall, a été atribuée à Maple Leaf Milling Co.Ltd.Leur offre était de $85.889.Les propriétés de la compagnie consistent en biens réels et en équipements dans les villes suivantes: Belleville, Brantford, Chatham, Co-bourg, Cornwall, Guelph Sarnia.Stratford, Waltaccburg et Windsor.nes $4.75 à $5.25.Les vaches pour la mise en conserve $3.50 à 84.50, la plupart $4.00 à $4.50.Les bons : taureaux de boucheries $6.00 à s6.-|75 avec un taureau à $7.00, les | communs et moyens $4.50 à $5.75 ! avec la majorité des ventes entre j$4.75 et $5.00.Les vaches à lait $60.00 à $100.00 chacune.Les veaux d’herbe et ceux nourris à In chaudière .25 à .50 sous plus bas.Les veaux de lait à peu près stables.Les veaux de lait variaient de $8.50 à $12.00 et les choix $12.50 les moyens $10.50 à $11.50, les communs pour la plupart $9.00 à $10.00.Les nourris à la chaudière $7.00 à $8.50 et ceux d’herbe $5.00 à $6.50, la majorité $6.00.Les agneaux .50 sous phis has.Quelques lots furent livrés d’avance à $12.00.Cette semaine les von- - -* J AA S/XJ.41 AA VI U.AA VU* rateur a ladite Succession Vacante et sont, par las présentes, convoqués a cette assemblée.les parents et créanciers dudit Joseph Dupont, aux lins susdites.MONTREAL, ce 29e lour d'août 1941, LEOPOLD HENRICHON, Procureur ou lequérant Avis public est.par les présente», donne que, conformément a une ordonnant* rendue, sur requête, par l'honorable iug4 Rhéaume, le 29e Jour d'août courant | (1941), une assemblée des parent» et de, ~ ^ créanciers de feu Joseph Dupont, en son „ ._ .vivant électricien, de la ville de Montreal, M.Brockett, apres avoir explique district de Montréal, province de Québec, que l’indemnité de vie chère n’af- ' ten},(® le 15e i°ur du mois de sep- ferlerait aucunement ta coutume ials u' jmtii, a Montréah aei0 30 hre/ai établie en ce qui regarde I augmen- l'avant-midi, aux fins de nommer un eu talion des salaires d’employés mé- 1 rateur à lad,te S"r™w.inn —- ritants, s’est exprimé ainsi: “Conformément à la politique de guerre du Canada, nous avons institué un système applicable à tous les employés de Canadian Johns-Manville Co.Limited, sauf aux administrateurs, pour compenser l'effet résultant des changements du coût de la vie; on a déjà terminé les arrangements pour appliquer ce plan à tous les ouvriers payés «à l’heure et aux employés permanents de la mine d’amiante et de l’usine.” Celte innovation profitera à tous les employés (sauf aux administrateurs), et les chèques de paye du 31 août comprendront l’indemnité de vie chère pour tout le mois d’août.Les allocations subséquentes seront ajoutées aux chèques de paye semi-mensuels.(Comm.) Commerce extérieur du Canada en juillet Les achats pour Faites venir un exemplair, GRATUIT “Wall Street Journal *» Lisex •e pour avoir le» cotes complètes du marché et toutes les nouvelles COMMERCIALES.FINANCIERES.INDUSTRIELLES.Le Journal des hommes d'affaire» et des épargnants progressistes.44 Broad Street.New-ïork, N.-T VOS mont a passé de $500.896 à $523 895.L’actif disponible a augmenté à $11.50.I.es sujets non de $500,000 à $1,143,993 les inven-!c,1a,rés subissaient une coupe de taires de $262,385 à $600 994 et les1^100 c' ,(>s communs $2.00 du cent fivres.I.es moutons $3.50 à $6.50.la majorité des ventes $5.00 à $6.00.Un lot de porcs se vendait à $14.-85, le prix ordinaire fut $14.75 pour B-l abattus, et $11.10 vivants, nourris et abreuvés, et $11.25 livrés par camions Grade A obtenait $1.de prime par tête avec les déductions sur les autres catégories.Les truies $7,50 à $9.00 pesées vivantes.Boni de vie chère pour les fonctionnaires du N.-Brunswick Fredericton (P.C.) —Le gouvernement du Nouveau Brunswick a approuvé en principe le boni de vie chère pour les fonctionnaires et étudie présentement une méthode de distribution, a annoncé M.J.B, McNair, premier ministre (lu Nouveau-Brun wirk.Augmentation de 50,000 c.v.à l'Hydro La Beauharnois Power Corporation livrera dorénavant 50.000 c.v.de plus à F Hydro-Electric Power Commission of Ontario, en antici- La valeur du commerce extérieur du Canada en juillet éclipse celle de tout mois dans l’histoire; elle s élève à $298,608,198, comparative-raent à $261,746,093 en juin et $190,959,406 en juillet l’an dernier.L'augmentation marquée des importations et des exportations contribue à ce résultat.Les importations se placent à $127,707,343 en juillet, à rapprocher de $1 14,923,-715 en juin et $89,496,233 en juillet 1940.Les exportations canadiennes augmentent à $169,684,572, contre $145,358,592 en juin et $100,-785,062 l’an dernier.Ces chiffres ne comprennent pas l’or.La balance commerciale du Canada est favorable de $43,193,512 en juillet, en regard d’une balance favorable de $31,898.663 en juin et de $11,966,821 en juillet l’an dernier.Les droits perçus en juillet cette année s’établissent à $12,871,778, comparativement à $11,696,502 en juin et $10,491,348 en juillet l'an dernier.Indemnité de vie chère aux employés de Johns-Manville - i M.Earle C.Brockett, viee-prési- | dent de Canadian Johns-Manville Co.Limited, annonce une indemnité de vie chère pour tous les employés de celle compagnie, à compter du 1er août 1941.La présente allocation sera de $1.65 par semaine, avec rajustement prévu au ras où le nombre-indice officiel du coût de la vie changerait de plus de cinq points.r armée en juillet Vous protégez valeurs contre Ta [/ votre auto contre lef votre perte Ottawa.30, (D N.C.— La consommation de vivres pour les forceB armées est ' une phR:;e de l’effort de guerre du Canada j à laquelle on ne peut appliquer aucune i sorte de rationnement.La Division des i Achats au ministère des Munitions et des ! Approvisionnements a acheté au cours de I Juillet les vivres suivants: Café .120,000 livres Thé .100.000 Lait concentré .1,000,000 " Bacon .700.000 " Boeuf frais .3,400.000 " Pain .4,200,000 Beurre .800,000 " Fromage .400,000 Oeufs .500,000 douzaines Pommes de terre .6,000,000 livres Légumes frais .2,500,000 L'appétit de l'armée est vorace et ne peut être négligé.La division des approvisionnements de 1 caserne a.elle aussi, commandé durant le mois de Juillet: 500,000 pains de savon, 30,000 linges a épousseter, 200.000 boites de poudre à nettoyer, et 150,000 couteatuc, fourchettes et cuillères La Division des Achats a placé, durant ie mois, les fortes commandes suivantes: vêtement, *6.000,000; étoffe, *3,000,000; instrumenta aratoires *1.000.000: combustibles, peintures, lubrifiant» et appareils électriques, *30,000,000, On a.de plus, accordé des commandes pour le transport mécanisé qui s'élèvent a plusieurs millions de dollars.Enfin, les négociations en cours seulement pour grosses pièces se chiffrent a plus de *20,000.000.maiion contrg incendie tre salaire accidents santé maladie vo- les .votre , votre Commissaires des pensions pation d’un contrat qui devait commencer le 1er novembre.L’Hydro se trouvera à prendre ainsi 200.000 c.v.de l'usine de Beauharnois.Ottawa, 29 (G.P.) — Le ministre des pensions, M.Mackenzie, annonce la retraite du lieutenant-général sir Richard E.Turner, du comité des penséons, et la nomination de deux nouveaux commissaires: M.H.M.Barnes, conseiller médical on chef du comité depuis 1936, et M.H.A.Oridges, depuis quelques an- i nées avocat du ministère des pen- j sions.M.Turner est atteint par la i limite d’âge.mort vie contre laj Restez logique; „ pro-'ègez votre lue-cession contre & Faites v testament Choisissez comme exécutrice la SOCIETE NATIONALE DE aai>imu 41 ouest, rue Saint-Jacques HA 3291 VOLUME XXXII — No 201 LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI 30 AOUT 194.1! Wireless School of Montreal 385» 8t-D«nts MA S423 Court du (our «t du Soir Tout oo quo l'on exige pour 1« certificat d'avancement, c'eat: Va transmetteur Maroonl de 100 watts Un récepteur M, 8.A.Un radlogonlomètrw Une sonnerie automatique Le code continental sur ondes amorties.LA VIE SPORTIVE Wireless School of Montreal Avec notre certificat, vous êtei qualifié pour des emplois sur navireti, avion?, auv aérodromes, au minlst?• du Transport, aux stations cAUèret, etc.3855 S r-Déni*-MA 5429 Court du leur et du Soir Le handicap de la Fete du Travail a Blue Bonnets réunira treize chevaux Le meeting d’automne de la pis-le Blue Bonnetts, le dernier de la saison, commencera lundi.La course principale de la matinée sera le handicap de la “Fête du Travail”, une affaire de six furlongs pour chevaux de trois ans et plus, dont la bourse est de $500.Plusieurs courses importantes seront disputées au cours de la réunion de sept jours qui marquera la fin de la saison 1941 dans le circuit Québec, La plus importante de toutes sera la 16e reprise du King’s Plate, la plus vieille classique du turf sur le continent américain.Nombreux sont les éligibles pour cette course, qui sera disputée le 6 septembre.Mentionnons entre autres les éligibles suivants: Gravela, Lavanjo, Résulter, Brofair, Brotela, Jorufus, Miss Verchères, Baiaxy, Corton, Noisette, Broetta, Buddy, Rapid Lou, Brodeur, Leo D., Dor-val Lass.Stonew odd.Happy Seth, Light Jos, Cudhogan, Josette, Chicot, Ctivanna et Stonne Chatter.D’après les conditions du King’s Plate, chaque concurrent doit doit être un cheval né dans la province de Québec et son -roprietai-re doit être sujet britannique.Pour l’ouverture de lundi, à Blue Bonnets, le handicap de la Fête du Travail suscite un vif intérêt.Voici la liste des nominations faites, avec les pesanteurs probables: Jubilargo, 119; Boy Plunger, 110; Baiaxy, 111; Griddle, 104; Callao, 10L- Sunny Colleen, 110; Coc-klebur, 106; Running Cedar, 117; Maehero, 112; Light Jos, 110; Jorufus, 104; Game Hunter, 110; Miss Verchères, 106.Dernière journée à Mont-Royal Redding, un fils de cinq ans 1.*511-J OPTOMETRISTES OPTICIENS Chortré, Samson & Cie Comptable» agréé» - Chartered Accountant» Successeurs de I.aRue A Trudel et de Ratnion, K night êc CI» Maurice Chartré.C.A, Jacque* LaRue, C.A.J.-Paul Gauthier.C.A.Léon Côté.C.A Paul-E.Brunet.C.A.jacque» Angere.C.A.G.Frank Laferty, C.A.Albert Garneau, C.A Dollard Huot.C.A Jean I>acrotx.C.A, Maur Samaon.C A A.-E.Beauvat».C.A E.Harrv Knlght.C A Gérard Marceau,C.A Luclen-P.Béla!r,C.A Lionel Rousstn.C.A Ravm Fortier, C.A R -A Rondeau, C.A J.-Paul LaRue.C.A Guy Bernard.CA Montréal Québec Rouyn P.-A.GAGNON & CIE P,-A Gagnon.C A - Bené Gagnon.C.A Comptable* agréé» Chartered Accountants IMMfEUBLE DES TRAMWAYS 159 OUEST, RUE CRAIG Tél.HArbour 5990 i.itiïfs: ' I I \ 1 Ij.Mi r ,3 } I i;\ \mi;\ ni.la \ it.AJUSTKMKXT4)E VKIÜîHif N fl.PHANEUF-A.MESSIER OPTOMETiGSTRS-OPf CiEPif )7«7 Sl-f), nis .„ Molli.r ,1» REMBOURREURS-MATELASSIERS REMBOURREURS-MATILASCIKRX BOYER Limitât Spécialités: meublta et matelee NT eommind* ainsi que reparation».Estimé* gratuite rur demand#.1886 Henrl-lution - Tél.RL.11112 Avex-vous besoin d« boni IhrrM?Adressez-vous ou Servie* de LL broi.ic du "DEVOIR", 430 rue N#-tre-Dame (est), Montréal.BLUE BONNETS REUNION D'AUTOMNE du 1er au 8 septembre COURSES A OBSTAC ADMISSION ESTRADE.60c CLUB HOUSE .$1 30 MONTREAL JOCKIT tb Première course 2.30 HEURES P.M.(Heure avancée) CLUB ifiagnlc ^'Assurance surléVk Smtbetjarîie* MONTREAL NARCISSE DUCHARME, PRESIDIN1 A Montréal, samedi JLE OEVOIR 30 août 1941 iHilfés à la Soc.can.d'Hiitoire nat-urclle et reconnus d'utiliti oublioua par la Gouvernement de la province de Québec COMMISSION DES C.J.N, PRKPONTAINE (Zoologie): Gustave CHAGNON (Sutomoïoiîle); C8.C IGéologle-Mlnérelogle): Henry TOOTS CHEF Marcelle GAUVKEAU (PédasoRla et BlblloBTa MEMBRES EX OFFICIO - F MARIE-VICTORIN P E C.!» Père LEO MORIN, C.8.C.Pierre DAN5EREAU Jacques ROUSSEAU Marcel:» GAUVREAU reeoenlvemeuT orésirterit hono-alrt orésldent secrét&lrn eenéral trésorier et chef du secré-'iriat de '* S.C.H.H ÎEMRRE8 DESIGNES PAR LB CONSEI1 DE L* SOCIBDs -^ ADRIEN CS C directeur Kénéral des C,J N Les chefs de ¦'rvlee sufrauts: F MARIE-VICTORTN (Botanlauel: Dr Oeor«e?EFO! ._____________ .P Léo MORIN CS G (Qéoloffle-Mlnéralqut#): Henry TEUSCHEP (Hortictuture): Dhle.l LE SIEO« SOCIAL DT LA S.C.H.N.ET DES CJ N EST AU JARDIN BOTANIQUE DE MONTREAL.ON EST PRIE D’ADRESSER COMME SUIT COUTE CORRESPONDANCE CONCERNANT LA SOCIETE ET LES CERCLES : Secrétariat de la S.C.H.N., Jardin Botanique de Montréal, il01 eist, rue Sherbrooke.Moniréai, So 537 30 août 1941 Sur la nouvelle route Mont-Laurier-Senneterre Premières observations botaniques Prends la route! (E.Montpetit) La construction d’une route fie 188 milles reliant Senneterre à Mont-Laurier n’est pas seulement un •emarquable exploit de voirie, c’est surtout un événement dont les répercussion* économiques et n:-lionales sont nombreuses et importantes.Cette longue coulée blanche à travers la sombre verdure d’une forêt presque inviolée sera la “life-line” qui reliera le nord abitibien encore si mystérieux pour tant fie gens, à la métropole de la vieille province de Québec, à Montréal, porte ouverte sur l’océan.La re tourbeuse, qui décharge le lac des Eccrc's.Avec les Potamots hors de portée et les Nénuphars jaunes, une Berle à folioles très étroites YSfum .*.ne grande Oseille (Rumex Britannica) et l’ordinaire abondance de la Sagittaire (Sagittaria lotit alia), voici deux Graminées d’intérêt: le Glyceria pallida et le Zizania aquatica.Nous n’attendions pas la Zizanie si haut dans le bassin de la Lièvre.Il est vrai que les amateurs de gibier à plume la sèment parfois dans les lacs, mais ici elle parait bien indigène.D’ailleurs c’est générale- i.ment en vain que l’on tente de nouvelle route va être aussi une bouleverser l’économie de nos lacs voie d’échange entre le pays mimer et la plaine basse agricole.Elle prolongera vers le Nord la grande industrie du tourisme.Pour les naturalistes, pour les botanistes surtout, pour ceux qui, dans leurs efforts dé délimitation ?t de synthèse, avaient toujours la hantise* de cette vaste étendue impénétrable, où aucun botaniste n’avait mis le pied, la route Mont-Laurier-Senneterre est une aubaine intspérée, une base de travail d une valeur inappréciable.Les notes qui suivent rendent soinptè de quelques observations q des impressions d’une première traversée, très rapide, faite pour obtenir une vue d’ensemble.Malgré leur caractère discontinu, ces ihservtdions présentent déjà quelque intérêt, et elles sont un pas vers un premier débrouillage.Elles ont encore une autre importance: celle d’enregistrer certaines conditions vierges qui vont s’altérer rapidement, de fixer le souvenir de certains équilibres qui vont bientôt être rompus à jamais.Nul ne connaissait, en effet, les caractères généraux de la flore des vallées supérieures de la I.ievre, de la Gatineau,' ni celle du vaste domaine végétal (jui s’étend depuis !a sortie des hautes Laurentides vers le Nord jusqu’à la plaine argileuse de l’Abitibi, fond desséché du grand lac pleistocene d’Ojibway.Ees rf‘' aérages sur cette route, correlates avec ceux -r bien peu nombreux encore — obtenus sur la rouit Québec-Roberval.vont nous permettre de délimiter de façon un peu moins imprécise la limite nord (te l’aire géographique de nombre d’espèces et p-rticiilièrement de nos arbres les plus importants.SA * * J’ai fait ce court voyage du 3 ou ti août avec lr F.Rolland-Germain, et M.Aurav Blain du Jardin botanique de Montréal.Pour pouvoir entrer dans le “Portage” dès le matin du 3 août, nous avions fait d’une traite dès la veille tout le trajet Montréal-Mont-Laurier, nous laissant tenter seulement deux ou trois fois: pour récolter la Vigne vierge (Parthenocissus qninquefolial à l'Annonciation sur la rivière Rouge; à Bédurd où nous aguichait le Xqris montana, et quelque pari dans la région de Lac Saguay.ou un grand charnu sablonneux était envahi par une forme inusité de la Veree d’Or pubèrulente (Sohdago puberula).- Comme il est encore tôt quand nous arrivons à Mont-Laurier, et nue la lumière s’attarde longtemps les soirs d’été en ces régions du Nord, nous herboris-"s un brin.Dans ce repoussis de Tremble, le long de la route, il ne ma noue pas de plantes d’intérêt.L’une des formes de l’Asfcr macrophqUus va fleurir; une variété critique de VEpIlOblum (itandnlosnm , couvre les sentiers humides.^ Voici un Carex qui semble bien être l’hybride C.intumescent X C.lupulina.F.t ces grosses touffes de Gaver a longs chaumes où il n’y a plus l’ombre d’un fruit, nue sont-elles?Ÿ * * Le lendemain est un dimanche.Avant de quitter Mont-Laurier, jetons un regard sur la petite riviè- laurentiens, car la nature défend bien ses normes et ses biocénoses; les Orignaux et les Rats musqués ont tôt fait de dévorer les pousses succuîentes de la Zizanie, au fur et à mesure qu’elles sortent de l’eau.Comme nous avons encore une heure à dépenser ici, nous allons la passer au rapide de l’Orignal.Sur les hauteurs du talus d’alluvion entamé par l’érosion croissent, entre les Rouleaux, le Sureau du Canada (Satnbucus canadensis) et l’Epervière du Canada (Hieracium canadensis).Au niveau de l’eau, divers Eleocharis des Joncs (Jiin-cus filiformis) et une forme peu familière de la Verge d’Or joncée (Sotidago junceus).* * * I! est une heure de l’après-midi.Nous voici maintenant prêts à prendre la route de la forêt, Dès ta sortie de Mont-Laurier, au delà du pont de la Lièvre, les roches éventrées par les dynamiteurs de la voirie présentent une magnifique exposition de calcaire cristallin de Grenville: blanc, brillant, avec des inclusions noires.Nous reverrons plus loin dans les tranchées de la route, plusieurs expositions de cette roche ancienne que nous n’imaginions pas si importante dans ce district.Ÿ * * Nous avons marché 22 milles depuis Mont-Laurier, et voici qu’un grand pont île fer enjambe une puissante rivière resserrée aux eaux grondantes.C’est la Gatineau, à la chute du Grand Brûlé.La grande rivière charrie ici ses eaux tumultueuses entre deux massifs de gneiss lanrentien.Les billots passent en file, plongent dans les remous, se dressent ruisselants et retombent oour être repris par la grande force de l'eau, maîtresse de ce pays.A première vue.- les roches n’hébergent que les éléments de la banale flore du Bouclier, soldats de Gédéon sélectionnés par les siècles sans nombre et parfaitement adaptés aux dures conditions du pays du granit.En effet des taillis rabougris de Sorbiers (Sorbtts americana) et de Saules (Salix discolor) sont mêlés aux grêles Bouleaux (Belnia papyrifera), aux Cèdres (Titya occidentatis), aux Sapins (Abies balsamea).La roche noire est égayée surtout par la Verge d’or connue (Salidayo canadensis) et l’Epilobe (Epilobtum an-guslifoltnm).Mais si l’on suit le rivage sur une certaine distance, on ne tarde nas à voir que, ici comme partout, Verge d’or à feuilles de Graminée (Solidago graminifolia), l’Aubépine (Crataegus sp.), le Houx (llex verticillata), la Ronce odorante (Hubus odoratus), l’Apocyn (Apo-cynum androsaenxifolium) et plusieurs Graminées (Panicnm sp., Bromus sp.et Sorghastrum nutans).Cette dernière espèce appartient à cette florule spéciale de l’Ottawa, venue autrefois des Grands Lacs, et il est surprenant de la voir s’avancer au Nord si loin de sa base.Dans ce court arrêt sur ce point devenu accessible de la Gatineau supérieure, il ressort qu’une exploration systématique de cette vallée à partir du lac Baskatong, nous apprendrait beaucoup de nouveau.Nous savions déjà, par l’étude de la partie inférieure de la vallée, que la flore de la Gatineau était une floré-clé capable de nous apprendre quelque chose sur les origines générales de la flore du Québec.Nous en sommes maintenant doublement convaincus.Ÿ Continuons notre route.Bientôt apparaît (vers M.19) l’association Pinus lianksiana — Comptonia as-plenifolia — Solidago sp.— Ory-zopsis pungens, identique à celle de l’Abitibi et du lac.Saint-Jean, la Verge d’or étant l’élément spécifiquement variable d’un endroit à un autre.Vers le M.26 apparaissent de nouvelles coupes dans ie calcaire cristallin, alternant avec des cédrières.Ces cédrières sont établies dans les dépressions entre les affleurements de calcaire cristallin.Les affleurements rocheux sont généralement couverts de Comptcnia aspleni-folia.No>_s avons la curiosité d’examiner ces cédrières pour tâcher de déceler l'influence chimique du calcaire si peu nette généralement sur les lambeaux paléozoiques du Bouclier laurentien.Nous sommes bien récompensés de cette curiosité, car deux cédrières (M.18 et M 28) nous donnent un assemblage de plantes inattendues pour la plupart «an^, ce district de roches acides.D aborü i le mélange des arbres est pariaiL Le Cèdre (Thuya ocudentatis), le Mélèze (Larix laridna), le Sapin i (Abies balsamea), le brene non (Fraxinus nigra), le Peuplier
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