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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
jeudi 4 juillet 1940
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1940-07-04, Collections de BAnQ.

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Montréal, Jeudi 4 juillet 1940 REDACTION IT ADMINISTRATION 430 EST, NOTRE-DAME MONTREAL TOUS LES SERVICES TELEPHONE ; BEI*ir 336l« SOIRS.DIMANCHES ET FETES Admlnistrâticn i BEIair 336S Rediction « BEiJir 2984 Cénnt : BEIair 2239 DEVOIR VOLUME XXXI — No 154 Diractaur-ccrant i C«or*ci PELLETIER FAIS CE QUE DOIS Rabatteur an chef : Omar HEROUX TROIS SOUS LE NUMERO ABONNEMENTS PAR LA POSTO EDITION QUOTIDIENNE CANADA $6 00 (Siu) Montréal et la banlleua) E.-Unli at Empire brltannlqua 8 00 UNION POSTALE 10.00 EDITION HEBDOMADAIRE CANADA 2.00 E.-UNIS et UNION POSTALE 3.00 Combat naval à Oran entre Français et Anglais Pour la sauvegarde de la culture française Le blocus et l'importation des livres de France — Un appel au gouvernement d'Ottawa (Lire en paie 3) Sommés de se rendre, les Français refusent Les événements se précipitent, de plus en plus tragiques On en verra ailleurs le développement et les dernières phases.î:n attendant que se précise rette terrible situation, nous voudrions marquer I une des conséquences du blocus des ports français qu’annonçait l’autre jour le gouvernement anglais.Si le blocus est effectif, il interdira l’entrée des ports français à tous les navires étrangers; il empêchera toute communication de la France avec l’extérieur.Si, comme certains l’appréhendent, ce blocus s’étend au Portugal et à I Espagne, les relations entre l’Europe continentale et 1 Amérique seront, pour toutes fins pratiques, supprimées.Mesure de guerre que nous ne discutons pas, mais dont 1 une des conséquences sera, si l’on n'y apporte quelque tempérament, de priver les francophones d’Amérique, et particulièrement les Canadiens français, de tous les livres, publications, etc., de langue française.On devine ce que cela veut dire.Ÿ ¥ * Nous possédons des livres français: mais, pour la culture générale, pour l'enseignement, particulièrement pour 1 enseignement supetieur et secondaire, nous avons un besoin urgent de livres de France.En médecine, par exemple.que fera-t-on sans eux?Et combien de livres reii-g'fux, bréviaires, etc., nous venaient de France et de Belgique?On ne peut songer à remplacer certains de ces livres, à fabriquer sur place.Dans les cas où (’.entreprise serait théoriquement possible, elle risquerait, en pratique, d’être ruineuse.Car la guerre ne durera pas tou jours et le j’our où elle cessera, où reprendra le courant des affaires, les entreprises qu'on aurait essayé de monter ici s'écrouleraient: elles s’écrouleraient fatalement devant la nouvelle concurrence européenne.¥ ¥ ¥ Où nous voulons en venir?A ceci, tout simplement, que les Alliés, ils l'ont cent fois affirmé, ne se battent pas pour de purs avantages matériels, pour leur propre sauvegarde, mais aussi pour le maintien de la haute culture et de la civilisation.A ceci encore, que l'on affirme partout que c'est à nous qu il appartient de tenir haut en Amérique le flambeau de la culture française.M.King nous le rappelait tout récemment encore, dans son message de la Saint-Jean-Baptiste.A ceci enfin qu'il peut y avoir avec le blocus des accommodements.— Ne nous a-t-on pas maintes fois répété qu’avant la rupture finale on.traitait les Italiens avec des égards spéciaux, que le blocus avait pour eux d'intelligentes attentions?¥ ¥ ¥ Dès lors, ne serait-il pas possible qu’on prît les moyens de laisser venir ici les livres français, scolaires et autres, qui sont nécessaires au maintien de notre culture, au développement normal de nos intelligences?Ce n'esi pas cela qui affaiblira la cause des Alliés.— Du reste, nous reconnaissons d’avance que ceux-ci auront toute raison de prendre de raisonnables précautions, de se protéger contre toute propagande hostile qui pourrait utiliser ce véhicule.Mais ce ne sont pas les textes classiques, ce ne sont pas les traités de médecine ou de droit, ce ne sont pas les ouvrages religieux qui serviront à pareille propagande.Ils seraient même accompagnés de remèdes français que cela n’y ferait rien, ¥ ¥ ¥ Nous adressons notre supplique au gouvernement canadien.C’est lui qui a qualité pour sauvegarder nos intérêts, pour empêcher que la guerre ne cause ici d’inutiles dégâts.Nous l'adressons en particulier à MM.King et La-pointe: à M.King, parce qu’il est le chef du gouvernement et qu'il a manifesté un grand souci pour le maintien chez nous de la culture française: à M.Lapointe, parce qu’iL est le principal représentant des Canadiens français dans le cabinet et donc, plus que qui que ce soit, qualifié pour la défense de cette cause.Celle-ci, du reste, devrait commander l'efficace sympa-j thic, l'énergique appui, non seulement des Canadiens de langue française, mais aussi des Canadiens de langue anglaise qui ont quelque souci de la haute culture.4-VIT-40 Omet HEROUX Le budget1 Ralston ?Il faut savoir le français/ dans notre pays Telle est la réflexion faite aux Communes par un députe de langue anglaise, M.T.-J.O’Neill — Le débat sur le budget tire à sa fin TRES BON DISCOURS DE M J -S.ROY (CASPE) (Par Léopold RICHER) Ottawa, 4-VII-40.— Comme la veille, la Chambre des communes a passé la séance d’hier après-midi à parler du budget de guerre île M.J.-L.Ralston.Du débat, il n’y a à relever (pie deux interventions: celles de M.J.-S.Roy.député conservateur tie (iaspé, qui a parlé en français, et de M.T.-J.O’Neill, député libéral de Kamloops, Colombie canadienne.M.O’Neill a parlé en anglais.Il a félicité le président de I la Chambre, M.J.-A.(lien, des progrès qu'il a faits dans la prononciation de la langue française.M.O'Neiil, rappelant qu’il avait participé l’an dernier au congrès inter-natiynal du travail de Genève, a v ivement encouragé l’étude de la langue française au Canada.I.e discours de V.O’Neill a été remarque et applaudi.Il est .juste de noter, dans celte colonne, les bonnes dispositions de ce député à notre égard.M.Roy, (Gaspé) M.J.-S.Roy.député conservateur de Gaspé, a fait en français un discours qui mérite avec raison de passer parmi les meilleurs qui aient été prononcés sur le budget de M.Ralston.Ecartant toute idée de critique étroite et mesquine, le député de Gaspé s’esl placé sur un plan supérieur.Il a analysé la situation économico-financière du Canada à la veille du conflit de 1914 et il l'a comparée à celle qui prévalait en 19.’Î9.au moment où notre pays déridait de participer à un nouveau conflit européen.11 a voulu montrer, en ce faisant, que le Canada n'avait pas.en 1939.la même vitalité économique que celle sur laquelle le Trésor fédéral pouvait romplcr au moment de la déclaration de la première Grande Guerre.Notre dette fédérale est aujourd’hui 'huit fois plus considérable qu'elle jne l’était en 1914.“En présence d’une situation aussi compromise, a dit M.Roy, nous avons le droit de nous demander si notre structure économique offre, aujourd'hui, la résistance voulue pour supporter le fardeau qui ne manquera certainement pas de s’alourdir avec les budgets futurs.( .» Il est évident que si, une pre-Vnière fois, avec une structure fi-inancière qui n'était pas chargée {comme elle l’est aujourd'hui, il nous j a été difficile de porter un poids beaucoup plus léger, il est urgent | de commencer dès maintenant à i donner plus de vigueur et de résis-| tance à notre front économique si ’ l’on veut que ce budget ne soit pas une déception pour le Trésor et une faillite pour le pays.(.) Il nous faut donc nous préparer à tous les sacrifices; le moindre serait de nous résigner à reconnaître nos erreurs passées, nos imprévoyances comme nos imprudences, même s’il I devait en coûter quelque chose à | l’amour-propre de certains de nos j chefs politiques.” Pour mieux parler du Canada, M.Roy a commencé par parler de la iGaspésie, image en raccourci de j tout le pays, tant par les éléments j divers qui composent sa population que par l'abondance de ses ressour-| ces.La Gaspésie est riche “des memes ressources qui se rencontrent partout au Canada: l’agriculture, les pêcheries, les richesses forestières.les mines, les pouvoirs hydrauliques, les gisements d’huile, ! un port de mer de premier plan et des beautés pittoresques qui rivalisent plus qu’nvantageusement ! avec celles des autres parties du Canada”.Toutefois la pauvreté et 1 le chômage sévissent en Gaspésie et surtout aux lles-de-la-Madeleine, à un état plus aigu, toutes proportions gardées, que partout ailleurs au pays.D’après M.Roy nous n'avons pas su mettre en valeur nos ressources naturelles.Le député a montré comment on avait négligé celte vaste région aux possibilités illimitées.Le "siècle du Canodo" M.Roy a fait la critique des méthodes suivies jusqu’ici: “Dés le début du siècle, a-t-il dit, nous avons fait tendre tous nos efforts a réaliser ce grand rêve: faire du XXe siècle le siècle du Canada.Il semble, toutefois, qu’au moment ou l’on s'est engagé dans cette voie, on a négligé de se demander si le Canada était .suffisamment préparé pour mener ù bonne fin une entreprise qui devait prendre une telle envergure et nous imposer de si lourdes obligations.” En d’autres termes, comme le disait un jour M.Henri Bourassa.nous avons souffert de mégalomanie.Nous avons souffert de la maladie des grandeurs.Nous avons voulu faire grand et vtle, négligeant le travail sûr, méthodique, prudent: coloni- (Suite à la dernière page} L’actualité To Table Verte" est renversée l.a nouvelle nous parvient que la Société des Nations ne sera plus bientôt qu’tut souvenir.Au milieu du conflit qrncrnl, la disparition tie cette société, qui a pu avoir ses erreurs, mais dont les intentions étaient sans doute bonnes, prend figure d'un symbole.L’écroulement d’une ligue consacrée exclusivement au maintien de la paix entre les hommes constitue à nos yeux une des plus grandes tragédies de cette guerre.La dépêche qui nous rapporte ce grave événement mentionne en outre que, d’ici quelques jours, tous les employés de la Ligue des Nations auront remis leur démission.Il pourrait paraître à quelques-uns qu’à côté des catastrophes qui se sont multipliées récemment dans le monde, l’effacement de la S./).N.soit de minime importance.Pourtant.un tel fait n'en constitue pas moins imc étape significative de notre époque.J’oublie ici l'infortune matérielle des employés de la Société qui ont consacré leur temps et leurs talents à un effort indubitablement généreux et je songe à la portée démoralisante que peut avoir chez certains esprits l'inutilité actuelle du college de Genève.La démission d’une telle société coincide avec la banqueroute du plus ambitieux protêt de paix qu’aient jamais connu les siècles.I) aucuns ont déjà fait le procès de ceux qui s’appliquaient encore hier à réaliser l'idéal d'une paix universelle durable.Les critiques acerbes, les sarcasmes les plus virulents, voilà quel a été souvent le pain mie l'on a servi à ceux qui ont cherché avec sincérité à rparquer aux hommes les horreurs des quer-rcs modernes.S’esl-il qlissc des traîtres des opportunistes, des indifférents parmi les diplomates qui étaient réunis en permanence à Geneve Peut-être.Il ne convient pas en tout cas.à l'heure actuelle, de determiner la responsabilité individuelle de ces gens-là.Il convient davantage de constater, à la lainière de la guerre présente et de l'absente du proupement pacifiste de Geneve, qu il ne suffit pas.pour instaurer ta paix nans le inonde, de se réunir au-tour d’une table verte et de parapher des traités de non-agression.J.a paix du monde s’obtient sans doute par une recette plus élaborée, par la compréhensi ; en lout cas plus exacte des devoirs de charité qui incombent à chacun, et par l'application des principes de justice au moins élémentaires dans la vie tant individuelle que collective.La chute d’un organisme de paix et la reprise de la guerre indiquent avec clarté combien le monde est resté peu avancé dans la voie du véritable progrès.Voici que des navires anglais rt français, associés avant hier, se tirent dessus aujourd'hui.4-VI1*40 M.H.Bloc-notes Les trente ans de la “Tribune’’ Notre confrère de Sherbrooke vient de publier, à l'occasion de son trentième anniversaire, un volumineux numéro-souvenir, soixante-quatre pages, qui se signale toutefois d’autre façon que par sa valeur de volume.Par le texte et par l’image.l’on trouve dans ces pages un fort intéressant aperçu de l’histoire pour ainsi dire contemporaine de la ville de Sherbrooke, ville jeune, qui célébrerait elle-même, en 1937.son centenaire.L’histoire des trente dernières années, à Sherbrooke et dans tous les Cantons de l’Est, dont Sherbrooke est la reine, c'est l’histoire de la francisation ou de la refrancisation de cette région, de sa prise de possession, qui parait maintenant définitive, par l'élément de langue française.A ce mouvement d’évolution démogçaphique.de conquête ou de reconquête pacifique, la Tribune a pris sa large part, il est tout naturel qu’elle associe Sherbrooke et les Cantons de l'Est à la célébration de son anniversaire.La Tribune a grandi au fur et à mesure, que Sherbrooke, de fondation loyaliste.qui fut Hyatt’s Mill avant de se nommer Sherbrooke, devenait ville de population et de langue françaises.La Tribune a certes contribué, et pour la peine, à l’accomplissement d’une prophétie faite en 1812 par Pierre de Salles Laterrière, dans la relation d’un voyage qui l’avait conduit en ce lieu, que les Blancs désignaient encore sous le nom de Grandes-Fourches et les Indiens Abénaquis, sous le nom de Schnsco-vantégou, ce qui veut dire, en leur langue, “le lieu où l’on se rassemble”, “le lieu où l’on fume’’.Laler-rière écrivait en !SP2: “I n iour à venir, cet endroit sera bien établi et de conséquence”.La ville d’aujourd’hui est l’accomplissement véritable de cette prédiction.En présentant le numéro-souvenir.le rédacteur en chef de la Tribune, M.Louis-Philipe Robi-doux, écrit: “Le lecteur qui cherche, dans son journal, autre chose que le gros événement de la dernière heure, autre chose que la dernière sensation du conflit européen, s'arrêtera certainement quelques minutes, peut-être même quelques heures, à la lecture de plusieurs articles d'un intérêt tout particulier (Suile à la dernière page) Deux escadres méditerranéennes aux prises - Un grand navire français s'échappe, avec de moins grands, vers Toulon — "Ne vous laissez pas prendre", ordonne Pétain à l'escadre d'Alexandrie - L'Amirauté "/empare de plusieurs unités françaises dans les eaux anglaises M.CHURCHILL DEFEND L'ACTE DE L'AMIRAUTE Le carnet du grincheux L’homme est un loup pour l’homme.Et dans ces temps bouleversés, le voisin est un espion pour son voisin .qui l’espionne.* * * Ceux qui conservent quelque souci de ne pas trahir l’intérét canadien ne sont pas sûrs de pas se faire accuser de félonie.» ¥ » “The Government will be lacking in good faith — to put the case mildly and politely — if it goes to the Canadian people for money (.) white enormous non military outlays are left untouched.” * * * Qu: écrit cela?La vertueuse Garettc, dont on ne sait de qui elle est l’entra-tenue présentement.* * * De qui te dit-elle?Du gouvernement de la nation, du gouvernement qui tient un mandat tout frais de l’immense majorité du pays.* * * Dans les temps périlleux que nous vivons, comment peut-on qualifier l’acte de ceux qui sapent la confiance dans le gouvernement légitime à seule fin d’installer leurs amis à l’entour de l’auge?* * * La bonne Caxefte fait-elle autre chose à temps ou à contretemps?Sans doute elle dénonce aussi la fameuse cinquième colonne.Ainsi le voleur rusé dcploie-t-il plus de zele que les volés pour rechercher le voleur qui n’est autre que lui-même.¥ ¥ ¥ Le crime de M.King et de ses collègues, c’est de ne pas vouloir suspendre définitivement la vie politique et économique du pays qu’il» sont charges d’administrer.Ils n’ont pas reçu d’autro mandat que de poursuivre librement et avec modération la participation A la guerre.Manion ipse dixif.¥ ¥ ¥ Cela ne les empêche pas d’être, comme on le voit, soumis aux constantes attaques des factieux qui se donnent les gants d’être de g ands patriotes.Mais ces gants sont couleur de beurre frais.Heureusement camouflées, on verra moins leurs mains plonger dans I assiette au beurre * * * Un député dtmànde 3 un collègue: Etais-tu au Forum hier!* — Oui.— Alors tu sais qu’on y a arrêté le maire — Non .et pourquoi l aurait-nn arrêté?j — Parce qu’il s appuyai* sur la cinquième colonne, L» Grincheux 4 VII.-40 I I L'Amirauté anglaise est à détruire des unités navales françaises de la Méditerranée qui ont refusé de se rendre aux escadres britanniques, et dont quelques 1 unes ont réussi à filer à Toulon; elle a pris après une (légère escarmouche entre marins plusieurs unités na ! voles battant pavillon fronçais réfugiées dans les port» anglais de Portsmouth, de Plymouth et de Sheerness.Telle est la nouvelle la plus sensationnelle de l'avant-midi.La marine de guerre française n'existera plus, à compter de ces jours-ci, en tant que marine distincte.’Celles de ses unités qui serviront encore le feront aux (Ordres de l'Amirauté britannique.L'Amirauté entend que lo suprématie navale britannique reste incontestée."Nous ne saurions nous embarrasser de vaines formules", écrit un journal de Londres.M.Churchill a déclaré net, cet avant-midi, quoique cela le cho grine, que Londres "a dû prendre de pareilles mesures pour empêcher les escadres françaises de tomber oux moins des Allemands." Londres, dit-il, avait fait entendre au gouvernement Pétain que la Grande-Bretagne dégagerait la France de toute obligation envers elle, pourvu que la Fronce envoyât ses navires de guerre sous la garde de la marine britannique, dans des ports britanniques, avant de traiter avec l'Allemagne.Offre écartée.En dépit des assurances données par l'amiral français Dorian, a continué M.Churchill (on trouve ra ailleurs la substance de son discours d'aujourd'hui1, Bordeaux a traité Londres de "façon indifférente, sinon malveillante".M.Churchill a fait la distinction entre la nation française et le gouvernement de Bordeaux.A l'heure présente, les Anglais gardent dans les ports britanniques 2 grands navires de guerre français, 2 croiseurs légers, 8 destroyers, 200 chalutiers armés, quelques submersibles, dont le "Surcouf''.le plus grand des submersibles de l'univers; il n'y a eu a vrai dire aucune résistance de la port des marins français, de ce côte.En Méditerranée près d'Oron, les unités fran çoises n'ont pas voulu se rendre et les Anglais ont tire dessus, de sorte que le "Dunkerque" ou le "Strasbourg" et plusieurs autres navires de guerre français sont en feu, pu coulés, en tout cos ont été mis hors d'étot de servir.On mande que les marins fronçais se sont rudement battus et que les pertes de vies sont nombreuses.Quelques navires français ont passé à travers l'esca dre britannique, qui n'a pu les rejoindre.LES ANGLAIS TIRENT SUR LES FRANÇAIS Si les Anglais continuent partout leurs opérations contre les navires de la marine de guerre française, — opérations commencées hier soir, vers les six heures, et qui se continuent, à proximité du port d'Oran, en Algérie, — à la base navale même de Mers-el Kebir, — il ne restera guère d'unités navales françaises de quelque importance réelle à flot, sauf celles que l'Amirauté tient déjà.En effet, d'après les dernières dépêches et selon un communiqué du maréchal Pétain, que confirme une déclaration de Londres, une escadre anglaise dans laquelle se trouvaient trois grondes unités britanniques fortement armées s'est présentée hier en vue de Mers-el-Kébir, où s'étoient groupés plusieurs navires de guerre fran cois, aux termes de la clause VIII de l'armistice germano-français de juin dernier.Cette clause stipule que les unités françaises devaient se rassembler dans des ports spécialement désignés o cette fin, pour y être désarmées et y rester jusqu'à la tin de la guerre, les Allemands s'engageant a ne pas les utiliser contre l'Angleterre.Peu apres la publication des termes de cet armistice, l'amiral Stirling, de la marine américaine, écrivait: "L'on peut être certain que la Grande-Bretagne ignorera cette partie de la clause VIII qui stipule que les unités navales françaises ne devront pas servir contre les Anglais".C'est ce qui vient de se produire.En effet, l'amiral commandant l'escadre anglaise en vue de Mers-el-Kébir a sommé l'amiral fronçais Gensoul de ivrer ses navires à la Grande-Bretagne ou de les couler, dons un délai de six heures.Sur ordre du gouvernement de Clermont-Ferrand, l'amiral français a refusé.Les Anglais ont ouvert le tir vers les six heures du soir, hier, alors que, sans attendre l'expiration du délai fixé, des avions anglais avaient commencé de jeter des mines à l'entrée du port, pour empêcher la sortie des unités françaises, à supposer qu'elles voulussont prendre la mer et aller se battre au large.Les dépêches font entendre que les François ont riposté a l'attaque anglaise.Ce que l'on sait, néanmoins, c'est que l'un des grands croiseurs cuirassés "Dunkerque" et "Strasbourg", qui ont passé par le port de Halifax, chez nous, l'oufomne dernier, la "Bretagne", le "Mogador" et plusieurs autres navires français, atteints par des projectiles anglais, ont pris feu et brûlent dons le port même, avec un nombre de pertes de vies à connaître plus tard.D'autres navires français de moindre importance sont aussi en voie de destruction Quelques unités ont forcé le passage, dont le "Strasbourg", à ce que Ton sait, en route vers Toulon.Il y a d'outres navires français dons une escadre anglo-française près d'Alexandrie, en Egypte.Le maréchal Pétain leur a mondé de prendre lo haute mer, de combattre s'il le faut pour s'échopper d'Alexandrie, ou pour éloigner les escadres qui essaieraient de leur barrer la route, et aussi d'orréter en mer tous les navires marchands anglais qu'ils rencontreront.A Casablanca, au Maroc, sur le littoral de l'Atlantique, il y o également plusieurs unités françaises, dont les officiers ont assuré ou général Noguès, commandant français de toutes les forces du Maroc, de leur obéissance o ses ordres Or Noguès o déjà promis o Pétoin sa parfaite loyauté.On peut donc penser que, vraisem- blablement, les escadres anglaises tenteront, lent à Alexandrie qu'a Casablanca, de répéter lo manoeuvre de Mers el-Kcbir.Ainsi les anciens allies se canon-neront, tentant de se détruire réciproquement Qui se serait attendu o cela il y a quelque dix semaines?Et que peuvent en penser les partisans français du comité de Gaulle, à Londres?La suprématie maritime anglaise a ses exigences, dit M.Churchill.FORCES NAVALES EN PRESENCE La marine de guerre française en cours de destruction était lo seconde de l'Europe et la quatrième du monde.Elle jaugeait avant la guerre environ 600,-000 tonnes, avec quelque 180 unités de differents types, dont 7 cuirassés ou croiseurs-cuirassés, 7 grands croiseurs, 12 croiseurs moyens, 64 destroyers, 87 submersibles et plusieurs outres navires de différentes grandeurs, sons compter porte-mines, chalutiers, chosse mines, etc Le "Dunkerque" et le "Strasbourg" étaient ses plus récentes et plus rapides unités, et le "Jean-Bart" ainsi que le ''Richelieu" devaient s'ajouter prochainement à cette sorte de navires.Le premier, presque achevé, a été remorqué en Angleterre et il est en possession de l'Amirauté britannique, qui le finira pour l'utiliser, tandis que le "Richelieu", trop peu avancé pour être mis en mer, est tombé aux mains des Alle-j mands, mande Berlin, — mais après avoir été oux trois .quarts détruit par des bombes explosives, disent les ! Fronçais, et rendu quasi inutilisable, bon pour la ferraille L'adjonction o lo marine de guerre anglaise du "Dunkerque", du "Strasbourg" et, un peu plus tard, du "Jean-Bart", aurait donné à lo marine de guerre britannique trois navires d'un type ultra-ropide tel qu'elle n'en aura pas avant plusieurs mois, alors que cinq bâtiments de ligne de 35,000 tonnes chacun seront mis à flot en service actif: les "King George-V", "Prince-of-Wales", "Duke-of-York”, "Jellicoe" et "Beatty", | d'une vitesse d'au moins 30 noeuds, contre moins de 24 noeuds pour les puissants cuirassés "Rodney" et i "Nelson", et contre 32 noeuds que pouvaient donner le "Strasbourg" et le "Dunkerque", magnifiques unités j de combat, des plus modernes et dont Tune est déjà détruite.A l'heure présente, la marine de guerre britannique compte au moins, — sons faire entrer en ligne les chasse-mines, les chalutiers armes, les pose-mines, etc , — 360 unités de combat de tous types, dont 13 cuirassés jaugeant plus de 405,000 tonnes, 3 grands croiseurs de bataille ^ ^ .n une mitraille de questions sans qu on lui laisse ta Godbout et |c consentement ac-chance de ré* ^ndre pertinemment — A propos des secours directs pour les chômeurs La question des ambulances En marge d'un article du Star Contre les taux de péage élevés VOLUME XXXÎ — No 154 .sss cordé o l'amendement a la cons titution canadienne pour l'assu rance-chômage avait hier en de la municipal une ili"' .s en ne es s (je son histoire, (iovette.échevin l ’.e conseil après-midi, plus violente M.A-t-:.quartier S; concert avec - .echevins.MM.Dubreml et «.non, on! Innée une allnque n fo»‘ L Irniu contre M.Uoinco lîe.uuh i, ( hef du service des secours dim que l'on veut remplacer pm un lierai, n ce qui pnrnit \|.Henudel n elé milrnille de questions.A peine ou s mit il In bouche pour qu'on l’interrompait nu [rois premiers mois pom plutôt hurler qui It- I voye n In (laminisslon du ehômnse i un ens, et qui prouverait que ce u’esl pas lu faille de Québec.M.Hoiule.— Mais il y I que le budget des sccour | a été réduit de $4,000,000 i 000.Ksl-rc la faute de M deux ou lui crier ou i tenu hier! aux deux échevins députés libc-les ! raux pourquoi leur “sacre Rou-i vernement traitait les «eus comme du ; ça.Depuis un de ces depulés a en- int-Jean-Raplisle, d-' deux des dépules- .il ,.i r’amil.i n i>^i nas 1:1 lame ne vnivun .a le fait s directs ii $2,000,- Beaudel?M, Savignac déelare alors que NI.la cible d’une ; Braudel se trouve a l’bolcl de ville et qu’on devrait le faire venir au conseil afin qu’on saebe à quoi sen tenir une fois pour toutes.M.(ioyolte dit qu’il ne s'agit pas de cela pour le moment, M.l.esage insiste et, finalement, le conseil se forme eu comité général et on fait venir MM.Honoré Parent et Bornéo Beaudel.M.Boude demande au sujet do M.Beaudel qu’on le traite avec jristice.répondre bout des l’C I le-1 c | faire aucune dis- ; on l'accusait ' on lui di- n'élait pas la question qu on tut «P mandait et qu'il devait repoudi oui ou non, sans Unction.Après quoi de ne pas répondre, puis .sait de se taire sans lu.laisser la chance de répliquer., y un moment donne, un celu i n ‘On n’est pas pour te pas un bon noeud | y a eu à part ce! j comme “baptême '¦ une idée de 1 al- la sellette hostile a dit: pendre s’il n y dans la corde! quelques jurons torrieu!“ et on a mosphère de la scamc.L'orticie du Star conseil de rou- AiT début de la seance, le a adopté quelques rapports tine, puis M.Orner t.ote a some'c une question de privilege, au suji dim article du journal Star ou i o disait que les echevins cla.cn en somme des farceurs Je denu.ulc-1 us a l'auteur de 1 article, dn '>• Côte, de venir passer une semame à l'hôtel de ville, i prendre la pla ,-e des echevins, .epondic aux plaintes, aux requêtes, et etudiei ta situation qui nous est laite.M.Côte dit qu’il n a Pf eu le temps d’etudier le budget, pan-que si ledit budget a été deoos, quelques jours auparavant reait du greffier, par échevins n'en ont eu de le malin même de la leur de l’article, dit M être logique jusqu au bout, "es ttL1 i!; devrait demander salaires des échevins du comité.M.Cô'o le dé- et d’après lui, les echevins farceurs, il devrait d’abolir immédiatement exécutif, le et des membres est prêt à l’abandonner si on crête.M.Savignac dit qu il avait l'article trop bête pour en parler n’est pas ainsi qu’on Cunite et à l'harmonn M.Beaudet sur Aux diverses questions posées, les unes avec calme cl pondération, les autres d'une façon ahurissante, M.Beaudet répond que le crédit de «1.100,000 originairement destine pour secours directs en 1040, a été réduit à $2,000,000 pour plusieurs raisons, l out d abord le But eau do reconstruction économique (celui-ci est formé de quatre des ministres du gouvernement provinciaD a supprime toutes les allocations qui n’étaient pas autorisées par la loi fédérale du chômage, notamment les suppléments de locations les frais de chaussures, etc., donc $100,000 par mois, ce qui «1,200,000 pour l’année.Il $2,900,000.(tomme les secours directs ont déjà diminue de 11,000 cas.et que de plus le gouvernement provincial doit faire travailler les chômeurs, ou a juge a Québec que la somme de $2,000.000 serait suffisante, d’autant que l'année est déjà entamée.Ce malin, à la demande du Bureau de reconstruction économique on a fail signer aux chômeurs où ils s'engagent Des membres de Y Automotive Transport Association, de la province de Québec, ont adopte hier, au cours d’une réunion tenue au Boat'd of Trade, une résolution contre l'aupinenlation des taux de péages sur les ponts et ils ont décidé d’envoyer une délégation a Québec, rencontrer les ministres afin d’ob | tenir un rabais.D’aucuns ont dit .,,, ' que l'augmentation des péages si-l't.s | gnifinit une dépense de $11,000 plus.Voici le texte (traduction) résolution adoptée: “Que cette assemblée deplore I P
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