Le devoir, 27 mars 1940, mercredi 27 mars 1940
Montreal, mercredi 27 mors 1940 REDACTION ET ADMINISTRATION 430 1ST.NOTRE-DAME MONTREAL TOUS LES SERVICES TELEPHONE : REUir 3361* SOIRS.DIMANCHES ET FETES Administration : BElair 3366 Rédaction : BElair 2964 Gérant : BElair 2239 LE DEVOIR Dircctaur-gcraat : Ctories PELLETIER Raéactaar an chef : Orner HEROUX VOLUME XXXI — No 72 TROIS SOUS LE NUMERO ASONNEMENTS PAR LA POSTI EDITION QUOTIDIENNE CANADA $6.00 (Saut Montréal at la banlieue) E.-Unis et Emptre britannique 8 00 UNION POSTALE .10.00 EDITION HEIDOMADAIRE CANADA 2.00 E.-UNIS at UNION POSTALE 3 00 Les libéraux ont la majorité absolue des voix et 181 députés Les forces morales dressées contre le taudis Une heureuse initiative de ('"Ecole sociale populaire", de Montréal, pour faire écho aux recommandations de l'encyclique "Quadragesima Anna" —^ Soirée du logement, en fin de semaine, à l'Immaculée-Conception — L'aspect moral et social de l'habitation, traité dans un numéro spécial de ("'Ordre Nouveau" — Sage conseil du Dr Manion — Préparons l'après-guerre, dit-il en lançant sa flèche du Parthe Le Québec élit 64 libéraux; une élection à venir Nous nous faisons un dtvoir d’appeler l’attention de nos lecteurs et de nos lectrices sur une très heureuse initiative de l’-Eco/e sociale populaire, qui est, comme on le sait, ''un centre de doctrine et d'action populaire”.L Ecole aurait failli à sa mission si clic avait omis de s'occuper du problème du logement.Pic XI a attiré, en effet, l’attention des catholiques sur les graves répercussions morales de l'habitation insalubre.L'Ordre nouveau, qui est, chez nous, l’organe des Semaines sociales et, en quelque sorte, celui de YEcolc sociale populaire, vient de publier un numéro spécial entièrement consacré à l’habitation.Une note de la rédaction place à propos cette initiative dans le cadre des activités que le Saint-Siège recommande particulièrement aux hommes d'oeuvre.Après avoir cité cet impressionnant extrait de l'encyclique Quadragesima anno: “.on est effraye quand on songe aux obstacles que le régime actuel du travail et surtout les conditions déplorables de l'habitation apportent à la cohésion et à l’intimité de la vie familiale”, la direction de la revue ajoute ceci: ‘ Dans la déchristianisation des masses populaires européennes, les “conditions déplorables de l’habitation” ont joué un rôle important: en sabotant la famille, sanctuaire de la foi, elles ont ruiné la religion et la moralité et compromis, avec le bonheur temporel des familles, l’existence même de la nation.Voici que nous sommes aux prises au Canada avec le même problème.Il appartient aux cathofiques de chez nous, conscients de leurs responsabilités (qu'ils songent à ce que l’on fait ailleurs), de contribuer dans toute la mesure de leurs énergies à sa solution satisfaisante.Us auront fait oeuvre éminemment morale, sociale et nationale.” rÊ Le taudis et le quartier lépreux, constitué par une agglomération des taudis, sont donc, du point de vue moral, un des pires fléaux de l’heure actuelle.Bien des fois ici nous avons tâché d’attirer l’attention des corps publics sj|t les dangers qu'offre cette plaie sociale aux points de vue économique et hygiénique.Nous insistions particulièrement sur ce double aspect parce que l’autre, le plus important, l’aspect moral, ne peut être traité à fond que par des moralistes.Nos articles, si multipliés qu'ils prenaient l importance d’une campagne, n’ont pas été couronnés de résultats pratiques.On s’est contenté dans les milieux municipaux d'étudier et de faire des recommandations qui sont restées lettre morte, faute, surtout, du concours du gouvernement provincial.D’où provient de succès négatif.'1 Comme toujours, du fait que l’opinion publique n’est pas suffisamment alertée, que le sens social n’existe trop généralement chez nous qu’à l’état latent.L’égoïsme est de pratique beaucoup plus répandue — et aussi plus facile — que la charité.Les classes dirigeantes, celles qui sont, en dépit du terrible nivellement démagogique qui sévit, les plus en état d'exercer une influence et de remuer les chefs politiques, prennent trop souvent l’attitude de Caïn après son crime: “Je ne suis pas le gardien de mon frère.” Ainsi sont abandonnés à leurs propres ressources ou, plutôt, à leur propre impuissance, les éléments de la population de par leur essence les plus incapables de se défendre.* * * L’Ecole sociale populaire vient à point rectifier la situation en mettant au premier plan, avant les préoccupations sanitaires et economiques, le devoir social, l'obligation morale, les exigences de solidarité chrétienne.Samedi prochain, en effet, soit le 30 mars, à la salle paroissiale de l'Immaculée-Conception, rue Rachel, elle organise une soirée gratuite qui commencera à 8 bres 30 et dont voici le programme: ‘ % 1 — Causerie du rév.Père Jean d’Auteuii Richard, S.J., sur La cité familiale de Lambersart pris Lille (France); 2 — Projection (cinéma) du film: La Gande Croisade — réalisation de 3 millions de maisons ouvrières et bourgeoises en Angleterre entre 1932-37.Aspect social, économique et moral; 3 — Cités-jardins, maisons ouvrières et bourgeoises à travers l’Europe d’aujourd'hui.Projections lumineuses; 4 — Conclusions: Ce que nous pourrions faire chez nous par A.Gosselin, avocat, * * Ÿ Nous souhaitons que l'assistance soit nombreuse à cette soirée, qui offrira un intérêt évident.Ceux qui ne sont pas familiers avec le problème de l’habitation, dont les quelques citations que nous avons données suffisent à déterminer l'ampleur, les profondes et nombreuses ramifications, trouveront là une occasion excellente de parfaire leur éducation.Ils peuvent du reste être assurés de passer quelques heures aussi agréables qu’instructives.Nous en avons pour garantie les articles fortement documentés, mais alertes et Vivants, que les conférenciers ont publiés dans le numéro spécial de l'Ordre nouveau, auquel nous faisions plus haut allusion.Puisse cette soirée, qui placera le problème logementaire dans son cadre intégral, constituer (avec aussi la propagation de l’étude de tous les aspects du problème publié par l'Ordre nouveau) le point de départ d’une nouvelle campagne qui secouera l’inertie du public et de ses mandataires.Le logement insalubre et la malnutrition, ce dernier mal constant chez nous, mais fortement aggravé par le chômage et le paupérisme qui en est la conséquence, sont à élaborer une génération, hélasl très nombreuse, qui a de quoi nous effrayer, surtout si nous devions persister dans notre inaction passée.II va de soi que la guerre ne contribuera pas à faciliter la solution de ces problèmes.à moins que nos gouvernants ne suivent l’ultime et sage conseil du Dr Manion, en se mettant dès maintenant à la préparation de l’après-guerre.27.1j1.40 Louis DUPIRE Bloc-notes Unité nationale! On proclame ce matin sur tous les tons que le verdict d’hier est un triomphe pour la cause de limité nationale.S’il en est ainsi, pouvons-nous espérer que l’on s’appliquera tout de suite à réaliser l’une des conditions évidentes de l’unité nationale, qui est de traiter de la même façon, avec une égale dose de générosité, les deux grandes races de ce pays?Pouvons-nous espérer que, dans l’ensemble des fonctions administratives et, particulièrement, dans celles qui comptent, les Canadiens français auront leur juste part?Pouvons-nouç espérer que les pièces officielles, qui ont la même valeur pour tous, qui sont pavées par tous, seront un jour, et d’une façon générale, publiées simultanément en français et en anglais, que les retards odieux qui subsistent, en dépit de progrès réels, vont enfin disparaître?Ce serait une grande, et facile, façon de travailler à Vunité nationale.L.-O.David Il y a eu cent ans dimanche que naissait L.-O.David.(Combien de gens savent que celui que l’on ne désignait toujours que par ses initiales et son nom de famille s’appelait en réalité Laurent-Olivier David?) La campagne électorale a noyé cet anniversaire.(Suite à la dernière page) Les libéraux n'ont jamais eu un aussi grand nombre de députés — M.Manion et ses principaux lieutenants sont battus — Les créditistes perdent 10 comtés — La nouvelle équipe libérale-La victoire de M.Woodsworth et celle de M.Raymond TOUS LES LIBERAUX QUEBECOIS DISSIDENTS, EN SEPTEMBRE DERNIER, SONT REELUS L'actualité Les érables vont se mettre à couler Maintenant que la trombe électorale est passée, que son mouvement circulatoire et aspirateur de miasmes l’a fait disparaitre en direction des altitudes èthèrêes, le temps va reprendre son cours normal, le printemps va nous revenir, pour vrai el les érables se mettront a couler.Ça ne sera pas trop tôt.La saison des sucres, de la ‘‘trempette'’ et de la “tire", avec scs sous-bois à la neige fondante, toute faite de douceur, de grâce et de mansuétude, paraîtra d’autant plus charmdnlc qu’elle contrastera, cette fois-ci, avec l’âpreté immédiatement antérieure aune joute électorale.Vrai conte de Grimm, à cause de ses évaporateurs du même nom, que la saison des sucres, vraiment évocatrice, encore plus que le cinéma, de Dlanche Neige.Je sais, avenue du Mont-Royal, non loin de la rue Saint-Denis, lin peu à l’est, la boutique d'un spécialiste c sdcrcrics du terroir, M.Adhéntar Dame, qui vend en toutes saisons, plus iiarticiilièremcnt en la saison propice à chacune de ces agréables friandises, le miel et le sucre d’érable, ceci et cela sous les formes diverses qu’on leur cannait.Spécialiste ès sucreries du terroir, M, Dame t’est d'autant plus qu'il est le seul à maintenir, dans Montréal, une boutique dans te genre de la sienne, uniquemenf consacrée, ou presque, ou.r produits des érables québécois et des ruches québécoises.Sans penser aux bouleversements climatologiques que peut occasion, lier une campagne électorale.M.Dame s'est trouvé, cet/e année, à anticiper par le désir la saison des sucres.Depuis une semaine, déjà que la montre de sa boutique offre an passant, qui est nombreux eu cette région de le l'avenue du Mont-Royal, le spectacle sylvestre d'une érablière en pleine activité.Diorama naïf, où rien n’est oublié cependant, ni les arbres entaillés et qui coulent, ni la rabane à la cheminée fumante, ni la neige onalense sur les feuilles tombées de l'automne, ni la tonne de la cueillette des eaux de sève, ni la population humaine et indispen- sable dans un tel paysage.Par un petit truc d’hydraulique dont le secret se devine sans trop de difficulté, les érables entaillés coulent pour vrai.Ce sont meme, à date, les seuls érables qui aient coulé, cette année, dans la province de Québec, jusqu'à ces heures-ci.M.Dame ne désespère pas tout de meme, et il s’y entend, de voir tes mires érables, tes vrais érables des vraies érablières, sc mettre bicn-iôt, ces jours tout prochains, à en faire autant et de façon plus profitable pour notre industrie, sucrière.Je te sais jtour l’avoir demandé à M.Dame, après m’être, comme bien d'autres, présenté au comptoir de sa boutique.A lu place du sucre nouveau et du sirop fraîchement bouilli, choses qu'il attend mais gui ne sont pas encore venues, ce sont des informations sur l'industrie qu’il m’offre et que j’accepte pour les transmettre à mes lecteurs.Dans les Cantons de l'Est, pays de sirop, dans la llcauec et dans Jolicttc, pays de sucre en pains, les érables sont entaillés et n’attendent plus que le doux temps pour faire conter leur abondante sève.Il suffira de quelques journées de grand soleil après des nuits de froidure et le phénomène annuel de nos érables se produira.Des érables et des érablières, il s’en trouve dans toute la vallée du Saint-Laurent et dans les vallées plus modestes des affluent^ du grand fleuve sur sa rive sud.C'est toutefois dans les trois régions indiquées ei-dessus que l'érable donne véritablement lieu à une industrie.Dans Jolicttc, les fabricants de sucre offrent leurs produits, en pains d’un grain très fin, à la con-somalion domestique: les pains de sucre de la Bcauce, de belle qualité aussi, vont surtout à l’industrie des tabacs, tant aux Etats-Unis qu'au Canada.Quant au sirop, sous des i colorations diverses, avec des sa-, veurs gui varient, les érablières t’es ' Cantons de l'Esfte produisent.Le | sirop d'érable, comme le vin, a scs I crus, dont la qualité, la saveur particulière, dépendent du sol.Cela finira, cspcrons-le, par se.connaître et sc reconnaître.Nos ; sirops et nos sucres mériteraient i d'etre étiquetés, chacun, selon son j mérite propre.Les produits de l'érable ont leur importance dans l'économie générale de notre pays En 1939, la production du sirop, pour tout le Canada, était de 2,203,200 gallons et la production domestique du sucre d’érable, de 2,900,000 livres; en terme de sirop, la production totale des érablières canadiennes s’établissait à 2,592,200 gallons, représentant une valeur de $3,443,900.C’était une baisse assez substantielle sur l’année précédente, alors que la production totale avait été d’une valeur de.$3,849,900.Heureusement que la valeur de la production de 1939 éfait sensiblement supérieure à la moyenne de la production pour les dix années précédentes.On excusera ce bref exposé sèchement statistique.Il n’en permet pas moins de se faire une idée de Importance économique de l'industrie érablière.Il convient cependant d’ajouter, dans l'ordre statistique, qu’en 1939, la production érablière du Québec a été.de 1,810,400 gallons de sirop en comparaison de 2,353,800 gallons, en 1938, et de 2,715,400 livres de sucre, par rapport à 3,212.100 livres, en 1938.Le printemps de l’an dernier, dépourvu pourtant de campagne électorale, ne fut pas favorable au sirop d’érable québécois.On espère, M.Dame tout le premier, que la saison de 1940 sera bien meilleure.Ce qui fait couler les érables, c’est le.contraste entre la chaleur des fournées ensoleillées cl des nuits de froidure.Le contraste entre l'agitation d’une époque électorale et le calme qui succède à cette agitation comptera peut-être aussi pour quelque chose celle année.Souhaitons-le.Ca serait un petit dédommagement, dans l'ordre des choses sucrées, pour l'âpreté de la lutte qui vient de s'achever, Albert ALAIN 27-111-40 Lire en page 12 : L'élection d'hier — Une session vers le 9 mai, par Léopold Richer, Le carnet du grincheux Le Bloc Solide de la province de Québec, c’est celui des dix députés qui se j rallièrent, en septembre, au Parlement j fédéral, à l’amendement MacNeil con-1 tre l’envoi d’un corps expéditionnaire canadien en Europe.* * + Ce nouveau Bloc Solid* cbrèche l’autre, quoi qu’en dise le Canada.?Les 12,000 et quelque voix de Paul Bouchard sont, à leur manière, une brèche dans ia muraille de Québec-Est.* * V Brèche qui devrait être prise pour un avertissement.V « V Le parti voudra se réclamer de la victoire de M.Liguori Lacombe, de la victoire de M, Lucien Dubois, de la victoire d’autres dissidents de l’amendement MacNeil.Ces députés-là n’en ont pas moins été élus contre le parti.* * * Le Canada publiait, le 12 mars, que la foule, à Sainte-Rose, s’était moquée de M.Lacombe, et, le 16 mars, que M.Lacombe s’était entouré de suppôts, pour briser, à Sainte-Scholastique, l’assemblée du candidat libéral.as * * En fait de moquerie, M, Lacombe aurait pu en subir de plus désagréables que le scrutin d'hier.A ?* Les candidats officiels, devenus députés.vont-ils pouvoir tenir longtemps l'engagement du parti libéral, l'engagement de ses chefs, MM.Lapointe et Cardin, contre la conscription?* * * A ia nouvelle de l'écrasement de son successeur, M.Bennett, en son manoir d’Angleterre, a dû faire son petit lord Ha! Ha! as ts v Ce bon “Bob” Manion a tout perdu, fors l'honneur, mais y compris.Fort William.as as as Il n’a servi de rien au parti tory de se donner un chef qui ne voulait pas paraître tory.ai * as Le prochain leader conservateur sera sans doute du type Murdoch MacPher- 1 son ou Anderson.aa as as L’Iie du Prince-Edouard, à l'endroit des libéraux, a fait les choses en reine, en roi et en prince, c'est-à-dire, plus exactement, en Queen, en R'"* et en Prince.¥ as as La Chambre des Communes garde celui que Mlle MacPhail tenait pour le plus beau garçon du dernier Parlement, M.Denton Massey, réélu dans Toronto.Il sera malheureux que Mlle MacPhail ne soit plus là pour le contempler.?M.Adélard Godbout n'a pu se rendre, à cause de l'enneigement des routes, de Frelighsburg à Québec, pour enregistrer son vote.Cela explique la majorité relativement modeste de M.Lapointe dans Québec-Est.¥ ¥ ¥ Tout loyaliste qu’il est, M.Manion na voudra plus se servir de la formule connue: King can do no wrong.* * * Avec des majorités comme celles qu'ils obtiennent, MM, Aiellus Denis, Eugène Durocher et Hermas Dcslauriers ont-ils besoin d’aspirer au Sénat de l'inamovibilité?* * * Le parti conservateur, au Parlement, n'a plus de tête.Il lui reste sa queue tory,.à la queue de la classe, ¥ ¥ ¥ M, King obtient une victoire sans li« riites, pour avoir promis la limitation de notre participation à la guerre.Qu'il nb limite pas maintenant la tenue de sa promesse.Le Grincheux I7-1U-M Pour lo cinquième fois, et à I oge de 65 ans, M.Mackenzie King sera premier ministre du Canada.Le pays lui a donné hier la plus forte majorité qu'aucun parti ait jamais eue depuis la Confédération.Des 245 comtés du Canada, M.King et ses partisans en ont au moins 181 dont 175 libéraux officiels, et 6 d'autres désignations, mais libéraux.Que M.King garde encore la direction de son parti pendant deux ou trois ans, — seul un événement imprévu pourrait le forcer à quitter ce poste, — et il aura été premier ministre du Canada plus longtemps que sir Wilfrid Laurier.Celui-ci le fut de 1896 à 1911, soit 15 ans.M.King l'a déjà été de 1921 à 1930, sauf trois mois pendant lesquels le cabinet-fantôme Meighen remplaça par accident le deuxième ministère King; M.King le fut aussi de 1935 à 1940; cela fait en tout 14 ons.Encore un an et M.King dépassera le terme de sir Wilfrid Laurier.Qu'il aille jusqu'au terme normal de son mandat et M.King aura été le premier ministre le plus "durable” du pays, à Ottawa.Il aura gouverné pendant 19 ans.êê Ÿ Ÿ "Que M.King finisse lo guerre qu'il a commencée, — Let King finish his wor", — a dit l'électeur canadien, écartant M.Manion et ses camarades de lutte.Ils ont pour la plupart presque tout perdu, jusqu'au nom de leur parti, — il s'appelait officiellement depuis février dernier le "Parti du Gouvernement National", — et aussi, presque tous, ils ont perdu leur propre bataille électorale.C'est ainsi que M.Manion, le chef du parti du gouvernement national, subit une défaite personnelle, de même que son principal collègue, M.Stevens, à Vancouver.M.King, d'après toutes les apparences, Unira la guerre telle qu'il veut la faire, dirigeant lui-même l'effort militaire du Canada à la façon dont il l'entend.On lui a reproché, dans les milieux loyalistes ou conservateurs, de ne pas aller dssez vite ni assez loin.Le Canada lui a voté hier confiance, de manière éclatante.Si M.King, dorénavant, veut s’en tenir aux méthodes qu'il a suivies jusqu'ici, il oura droit de déclarer que le Canada lui a donné un mandat des plus explicites en ce sens-ci: pas de conscription; le volontariat; un effort économique et militaire raisonnable.Son collègue et ami, M.Lapointe, a établi il y a quelques jours à Québec la limite plus ou moins précise de cet effort, limite fixée, a-t-il dit, d'accord avec le gouverneur de la "Banque du Canada'', le sous-ministre des finances du pays et quelques spécialistes en finances; limite au delà de quoi le Canada ne doit pas oiler.Que des chefs militaires insistent pour établir la conscription et M.King tient sa réponse toute prête: le pays n'en veut pas.Il l'a dit catégoriquement hier, en donnant à M.King le plus grand nombre de députés qu'il aura jamais eu.Les conscriptionnistes savent à quoi s'en tenir, si M.King veut être ferme.Il a de quoi s'appuyer.Et il a eu hier 53% des voix données, contre 33% aux gens de M.Manion.En 1935, M.King n'avait eu que 47% des voix données.Son parti a eu hier 108,000 voix de plus que la majorité absolue, malgré un vote total inférieur à ceux de 1930 et de 1935.* * * Les partis sortent de cette élection de guerre les uns plus forts, les autres plus faibles.Ainsi le parti libéral, qui comptait à l'ouverture du Parlement de 1935 en tout 176 libéraux, — officiels ou ralliés au parti,,— en compte aujourd'hui 181: 175 officiellement alignés par l'organisation libérale, 3 libéraux indépendants et il libéraux progressistes, qui voteront d'ordi-noire avec le ministère.Il peut gagner encore 3 ou 4 voix.Il reste à tous les outres groupes politiques oux Communes un maximum de 64 sièges à se partager.Le parti décapité du ministère national, — autrement dit l'ancien parti conservateur, qui devra reprendre ce nom, selon toute vraisemblance, — n'a, d'après les dernières nouvelles, que 38 députés; il en avait eu 39 à la précédente élection.Les coopcrotistes (C.C.F.) ont gagné 1 député, et ils en ont 8.Les créditistes, fusionnés avec les néo-démocrates, marquent une perte sensible; ils tombent de 17 en 1935 à 7 cette fois-ci, les libéraux leur ayant enlevé plusieurs comtés de l'Ouest; il reste 3 députés de differentes étiquettes, 7 comtés où le résultat de l'élection est douteux, et dans celui des Trois-Rivières (Québec), la mort d'un candidat, à la veille du scrutin, a fait reporter la date de l'élection à plus tard.On ne prévoit pas que le vote militaire atfecte sensiblement l'ensemble des résultats indiqués ce matin, vu que dans presque tous les comtés les majorités sont plutôt élevées.êF êê ÿ Du présent bloc libéral de 181 députés, le Quebec à lui seul en a élu 64 et l'élection à venir des Trois-Rivières devra lui en donner un autre.C'est dire que la province de Québec a donné dons tous les comtés qui ont voté hier des majorités écrasantes aux candidats libéraux.Les dix députés libéraux de langue française qui s'étaient séparés de leur parti le 11 septembre 1939 pour voter contre toute participation du Canada à une guerre hors des limites du Canada ou de l'Amérique (amendement MacNeil) ont tous été réélus d'emblée, même lorsqu’il y eut des candidats ministériels officiels contre eux.Ils votaient d'ordinaire avec le ministère King, sauf en ce qui regarde les budgets militaires et la participation à une guerre hors d'Amérique.Leurs électeurs leur ont donné à tous de fortes majorités.Signe des temps, et reconnaissance de leur indépendance d'esprit, dans des circonstances difficiles.Les liberaux ont aussi gardé presque toute leur députation ontarienne.S'ils ont perdu deux ou trois de leurs anciens députés ontariens, ils en ont gagné d'autres.Ils avaient en 1935 fait élire 56 députés ontariens.Ils en ont cette année 57.L'espoir fondé par les partisans de M.Manion sur l'Ontario a été vain.Ils se sont battus pour rien ou à peu près, en Ontario comme dans le Québec.Ils y ont perdu du terrain.Dans les Provinces Maritimes, les liberaux ont perdu quelques comtés, mais ils pouvaient en perdre, lis y avaient eu en 1935 la presque-totalité des comtés, : soit en tout 25 sur 26.Cette année, ils en ont 20, les j coopératistes leur ayant pris un comté en Nouvelle-Ecosse et les conservateurs 5 dans le Nouveau-Brunswick.La petite île du Prince-Edouard a donné ses 4 comtés aux libéraux.L'Ouest a été meilleur cette année pour les libéraux qu'en 1935.Ils y ont pris hier la majorité des sièges, I tandis qu'ils n'avaient eu que 35 des 72 comtés de cette région, en 1935.Le Manitoba leur en donne 13, la Saskatchewan 12, l'Alberta 6 et la Colombie canadienne 9; soit un total, à l'heure présente et d'après les derniers rapports, de 40.La situation présente des libéraux et des conservateurs se compare ainsi, en 1935 et en 1940, d'après les derniers rapports de l'avant-midi; 1940 1935 - lib.cons.lib.cons.Provinces Maritimes .2o 5 25 1 Québec 64 0 60 5 Ontario .57 25 56 25 Ouest .40 8 35 8 181 38 176 39 Les conservateurs ont donc perdu dans l'ensemble du pays 1 siège; on avait dit, même dans les cercles libéraux, qu'ils pourraient peut-être en gagner 25 ou 26 et passer de 39 en 1935 à 65 en 1940; c'était ce que M.Power, ministre et organisateur principal du parti libérai, leur concédait généreusement encore lundi dernier.Faillite totale.Pour ce qui est des autres partis, les coopératistes marquent une avance d'un comté, — dans la Nouvelle-Ecosse, ils ont fait élire un des leurs, le seul dans l'Est, et ils ont gardé leurs 7 députés de l'Ouest, dont 5 en Saskatchewan, terre promise des créditistes.Ceux-ci n'ont guère été heureux en se fusionnant avec les néo-démocrates.Les créditistes ont perdu du terrain même dans l'Alberta.Ils y avaient 15 députés, ils n'en ont plus que 7.Ils en avaient 2 ailleurs, il ne leur en reste aucun.Ils deviennent, en nombre, inférieurs aux coopératistes, qui forment le troisième parti aux Communes.On signale l'élection d'une seule femme, qui n'est ni madame Black (Yukon), retirée en faveur de son mari dont elfe avait pris la place en 1935 et qui revient aux Communes, ni mademoiselle MacPhail, progressiste "ntarienne, aux Communes depuis une vingtaine d'années.C'est une femme de North-Battleford, Saskatchewan, madame W.-D.Neilsen, qui s'était portée candidate du "parti de l'Unité".Elle sela l'unique député de ce parti vague, et l'unique femme aux Communes.* * * Outre madame Black et mademoiselle MacPhail, plusieurs figures connues disparaissent des Communes.Ainsi, le chef conservateur lui-même, M.Manion, qui pourrait être réélu ailleurs; M.H.-H.Stevens, ancien ministre de M.Bennett, ancien et unique député du parti éphémère de la reconstruction, en 1935, rallie au parti conservateur après le départ de M.Bennett, et battu hier dons son comté de Komloops, en Colombie; l'octogénaire M.R.-S.White, battu a ; Montréal, où il représentoit depuis des années un im-| portant comté en majorité anglaise; M.C.-H.Caban, qui était ovec M.White l'un des vétérans du parti conservateur aux Communes et que les électeurs de Soint-Laurent-Soinî-Georges ont renvoyé hier à la vie privée.L'un et l'autre furent un temps parmi les hommes les plus brillants de leur ancien parti.Deux hommes qui s'attendaient de figurer aux Communes parmi les députés les plus en vedette: MM.Herridge, chef des néo-démocrates, et MacPherson, ancien procureur-général conservateur de la Saskatchewan et candidat au poste de chef du parti conservateur fédéral, au congrès qui choisit M.Manion, ont été battus hier à de fortes majorités.On compte aussi parmi les vaincus M.Heaps, jusqu'à janvier dernier député coopératiste de Winnipeg-Nord et qui prenait une part en vue oux débats, dons certaines circonstances.Il y a aussi M.Héon, M.Dupré, M.Anderson, etc.Les libéraux voulaient avoir la tête de M.Woodsworth, chef du parti coopératiste aux Communes, député de Winnipeg-Nord-Cenfrc depuis des années, et I un des députés les plus écoutés, l'un des esprits les plus indépendants aux Communes.Ils en ont été pour leurs frais.M.Woodsworth, malgré sa santé entamée, a pris une part active à la lutte électorale et il retourne oux Communes.Il y a quelque incertitude quant au résultat du vote des soldats dons son comté, car sa majorité n'y o pas été élevée.* ¥ * Toute une nouvelle équipe libérale québécoise entre aux Communes, cette fois-ci.On y remarque, au hasard, MM.Lizotte, Picard, Laflamme, Lapointe, dans la région de Québec, MM.Claxton, Abbott, Whitman, Eudes, Côté, Bertrand, dans la ville ou la région de Montréal.Certains d'entre eux ont une formation, du talent et des dons qui les désignent à l'attention de leurs chefs politiques, si ceux-ci recherchent, comme ils le devraient, des recrues aptes à leur succéder dans tin avenir plus ou moins éloigné.On souhaitera à ces nouveaux députés de ne pas avilir leur talent et leurs dons à la pratique d'une politique par trop utilitaire, outre mesure étroite et arriviste.Que ceux d'entre eux qui onr de l'avenir n'aillent point gâcher leur carrière dans un servilisme partisan.~-G.27-111-40 > I LE DEVOIE, MONTREAL, MERCREDI 27 MARS 1940 VOLUME XXXI - No 72 L'élection d'hier 60 p.c.ont voté à Montréal Défaite de MM.CaHan, White, Walsh, et Wermenlinger — Les plus grosses majorités — Argenteuil élit un libéral Mlle MacPhail n'a pas été réélue — Dans Québec-Est, M.Paul Bouchard prend plus de 12,000 votes — Le fils de M.Ernest Lapointe, Hugues, siégera avec son père — Election de M.Philippe Picard Une femme élue en Saskatchewan — Défaite de M.Stevens Ce qu’est Heligoland Le "Gibraltar" de la mer du Nord sur son plus proche adversaire, l’ancien maire Hervé Ferland.Le dépulé Wermenlinger est arrivé au quatrième rang, le troisième allant à M.R.L.Calder,candidat coopéra-tiste.Six perdent leurs dépôts dans ce côté et enrichissent le trésor fédéral de ?1,ÏOO.* * * On estime que la plus grosse majorité dans celle élection est celle de M.Eugène Durocher, conseiller municipal, et élu député de Saint-Jacques pour la première fois en décembre dernier, il a obtenu plus de 25,000 votes de plus que son principal adversaire, M.J.-E.Jean- : Pon' hritannîmicVn^ ürouVè'ulîé*fûis ! taire, sur noire îlot tie rochers nolle, ancien conseiller muiucipal.i /, ^ j et contentement, comme Le comté de St-Jacqucs est le P*U!* j nar le^enfc «cnnaniquc ne pou- U"" nous.” populeux du Canada, soit environ ; ,v‘)icnt (?ien conlre |c courage et la Cet émouvant plaidoyer n'ayant bb,000 votants.s hardiesse.| trouve aucun écho, Heligoland est ^ * Pour bien comprendre la portée] t s • à-:'* y- Pour la première fois depuis cin- j brutalement évacués, en G heures «le i quante ans, le comté de Stormont a ' réélu son député, qui est le Cana-| dieu français Lionel Chevrier, li-] béral, âgé de 37 ans."k "k ,k Emèry Vciiiettf, née Thérè.*e j T.e comté de Lanark, forteresse a Montréal, le 24.à 7i «ne.conservatrice depuis la Confédéra- temps, sur Hambourg et Alterna, remplacés par une garnison de 5,00(1 : hommes.De 1914 à 1918, Heligoland remplit efficacement son rôle offen- ; sif et défensif.Aussi, à Versailles, ] 1rs Alliés stipulèrent, dans l’article I 115 du Traité de Paix, qtt’Hcligo-! LE DEVOIR Torif d'abonnement f (hors Montreal) j \ Canada 1 semaine .20 i 2 semaines .35 1 3 semaines .50 1 mois .60 2 mois 1.10 6 mois 300 Etats-Unis I 1 semaine .25 j 1 mois .75 , 6 mois 4.00 Faite remise par chèque au pair ou mandat, au "Devoir" | Boîte Postale 500, Place d'Ar- mes, Montréal (abonnements) lion, a élu hier un libéral, Rert-IL land sérail entièrement désarmée?Soper, homme d'affaires de Smith-1 Falls, par une majorité de 1,000] sur le député sortant, M.Un mouvement séparatiste sans succès * * X conservateur, imunes au sénateur Charlcs-B.Howard.* * * Le nouveau l’arlcinent comptera une femme au nombre des députés, Mme D.-W.Neilsen, élue dans le comté de Rattlcford-Nord, Saskatchewan, du parti «le Vllnilc.Le Parlement «le 1935 comptait deux femmes: Mme Black, députée du Yukon, et Mlle MacPhail, député de Grey-Bruec.Mme Neilsen sera aussi la seule représentante clc son parti, YVnilé, comme M.Stevens le fut de la Restauration.•k k k M.H.-H.Stevens, ancien ministre,] ancien député de Kamloops, ancien j chef du parti de la Restauration, a ; subi lui aussi une défaite aux mains I de M.O'Neil, libéral.1 Quand les insulaires rentrèrent uncjchcz eux, apres l’armistice du 11 lir°- j novembre 1918, ils s'indignèrent des rque, ! déprédations commises par la gar-.scî!' j ni so n prussienne, qui s’était con-•-.G.j iluiie comme en pays ennemi.Un puissant mouvement séparatiste éclata.I.es habitants d’Hcligoland décidèrent d’adresser eu conséquence une pétition nu Conseil suprême des Alliés.Après avoir rappelé la longue et heureuse domination bri tannique, ce document, auquel mil n’attaeha d’importance à l’époque, concluait: ".Vous, habitants d’Heligoland, j Quelle date ?Voyez ici «‘Prends la route »> LA DERNIER! BROCHURE DE M.MONTPITIT Il faut lira at faira lira catta rétenta éluda da M.Edouard Montpotit eû la quntien du tourisme ait envisagée avec une amplaur et discutée avec un sain auxquels an n'est pas habitué.Et combien d’autres questions l'auteur n'a-t-il pas touchées an passant?En vanta au Service de Librairie du “Daveir” et dans las principales libraires: 25 sous l’exemplaire.La brechure dent U couverture oit très joliment illustr-, est fort élégant*.1940 MARS 1940 Dim t.un Mit.Mrr Jl'U.Ven Sam.1 2 3 4 6 7 8 s] 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 251 26 27 28 29 30 ! 31 The/tcc wfaù, ?mc4 - / /OLUME XXXI — No 72 CAtiNUElLU Denuun: JEUDI, 2* mari 194# Saint Jean de Capûtran, confesseur Lcter du soleil, S h.4S.Coucher du soleil, 6 h.22.lever de la lune.11 h.19.Coucher de 1a Iune,.( h.57.Nouvelle lune, le S, à 9 h.21 m.du soir.Premier quart, le 1S, à 19 h.25 m.du malin Pleine lune, le 2J.à 2 h.35 du soir.Dernier quart., le 30, à 11 h.20 ci.du soir.LE DEVOIR Le DEVOIR est membre de la "Canadian Press", de l"'A.B.C." et de la "C.D.N.A." MERCREDI, 27 MARS 1940 IN PEU PLUS DOUX, NEIGE LEGERS MAXIMUM ET MINIMUM Meme date Tan dernier 2», Aujourd'hui maximum 20.Même date l’an dernier 32.Minimum aujourd'hui 20.BAROMETRE: 10 h.a m.29.90.Midi.29.1».ClnXtran tournis par Mm s L.-P.do Mea:ê.7031 rue S» Int-Déni* Le ministère de coalition en Finlande Les libéraux ont reçu 1,969,565 votes, soit plus que la majorité absolue des votes donnés, hier, qui est de 1,863,200 des affaires étrangères Vairto Tonner qui avait été la cible des attaques HELSINGFORS, 27.(A P.) — Le premier ministre de Finlande, M.Risto Ryti, vient de réorganiser son cabinet qu'il présente officiellement comme un ministère de coalition unissant tous les partis pour entreprendre i oeuvre de la restauration du pays après la guerre.L'ancien ministre des affaires étrangères Vairto Tonner qui avait été la cible des attaques de la presse soviétique devient ministre des services sociaux et le porte- LA POLITIQUE ?feuille des affaires étrangères passe a M.Rolf-Joan Witting, un homme ii a .Dons lo province de Québec, les libéraux ont eu approximativement 513,000 votes, poiitqMitt”dui*d"t!GkritnqnceMMu de^jû'rre'tu | ' la neige àVmlighsburg sur un total de 696,000, et les conservateurs, 141,000 D'après les dépêches de la ' Canadian Press" sur les conservateurs 1,312,000 voix, les élections d'hier, il s'est donné en tout 3,726,400 j A l'élection de 1930, les conservateurs avaient eu voix dans tout le Canada, alors qu'en 1935 il s'en était donné 4,406,854, et en 1930, environ 3,900,000.Le vote total donné hier a donc été inferieur à ceux des deux élections précédentes.On attribuera
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