Le devoir, 13 février 1940, mardi 13 février 1940
Montréal, mardi 13 février 1940 REDACTION ET ADMINISTRATION 430 EST, NOTRE-DAME MONTREAL TOUS LES SERVICES TELEPHONE: BEIiir 3361* SOIRS, DIMANCHES ET FETES Administration : BElaîr 3366 Rédaction : BEIair 2984 Gérant : BEI air 2239 LE DEVOIR Directcur-iéiant : Georges PELLETIER Rédacteur en chef : Orner HEROUX VOLUME XXXI — No 36 ¦-—1 .TROIS SOUS LE NUMERO ABONNEMENTS PAR U POSTE EDITION QUOTIDIENNE CANADA $6,00 (Sauf Montréal et la banlieue) E.-Unls et Empire britannique 8 00 UNION POSTALE 10.00 EDITION HEBDOMADAIRE CANADA 2.00 E.-UNIS et UNION POSTALE 3.00 In premier contingent de troupes australiennes arrive en Palestine (Lire en page 3) tes coupons exclusivement anglais.n feuilletant un dossier-Une lettre de l'officier rapporteur des Trois-Rivières -Protestations et faits nouveaux—Des textes Les leçons de l'affaire — Le remède ?Nous avons noté l'autre jour un fait singulier, mais | îgnificatif: dans des milieux presque exclusivement fran- ; ais, les tnumcrateurs chargés de préparer la prochaine iste électorale ont remis aux électeurs des coupons d’çnre-istrement qui ne portaient pas un mot de français.Ceci nous a valu une intéressante correspondance, qui orte, avec de nouveaux renseignements, d’utiles leçons.Il vaut donc la peine de revenir sur le sujet.* * * Citons d’abord une lettre de l’officier-rapporteur de 1a irconscription électorale des Trois-Rivières.Celui-ci, le notaire J.-A.Villeneuve, nous écrit: C'est par puce inadvertance et contrairement à mes instructions formelles que les énumérateurs pour la confection des listes électorales, dans le comté des Trois-Rivières, auraient remis — à ce qu’on me rapporte — des formules d’enregistrement en langue anglaise à des électeurs de langue française, et vice versa, car tous étaient abondamment munis de formules des deux langues officielles.Soit, et ceci dispose de la responsabilité personnelle de officier rapporteur: mais, franchement, il n’y a pas lieu le louer le discernement dont a fait preuve l’un tout au Ttoins de ses subordonnés.Le coupon qui accompagnait la lettre de protestation I ue nous avons reçue des Trois-Rivières venait d’une ins-1 itution où, à la connaissance de tous les Trifluviens, il i est pas un électeur de langue anglaise.* * * Les erreurs que nous avons citées paraissent avoir été lus nombreuses que nous ne l’imaginions, encore que, | ans un grand nombre d'endroits sans doute, on ait dijtri-ué aux électeurs français des textes français.Ainsi, un lecteur de Farnham nous écrit, en nous envoyant un coupon anglais: Voter comment l’on nous raite à Farnham, ville de pris de 5,000 âmes, dont les abitants de langue française constituent 85% de la po-ulation.De Québec, un lecteur qui porte un vieux nom fran-ais nous apprend “qu’il n’est pas que Victoriaville et tois-Riviètes qui ont à souffrir de tels traitements; ici nême, à Québec, on m’a remis un coupon rédigé en an-lais”.Et d’autres lettres de Montréal attestent que.dans telle u telle région de la ville, on a remis aux électeurs de angue française des coupons exclusivement anglais.A Ottawa, le Droit s'est plaint de ce que le même fait e soit produit dans des parties de la capitale en grande ajorité françaises.Il ne s’agit donc point de cas fortuits, purement acci-entels, mais d’un état de choses trop généralisé.ef, }(.ef.Notre dossier indique l’effet produit par cet état de •hoses.Ainsi, un électeur de Saint-Henri a eu tôt fait d’écrire son député, M.J.-A.Bonnier, ainsi qu’au registraire de a circonscription: Je désire attirer votre attention sur le fait qu'un registraire est passé à 1953, avenue de l'Eglise, mercre- di soir dernier, le 7 février, pour prendre les noms des voleurs pour l’élection du 26 mars prochain.Puisque le gouvernement juge à propos de donner ' un reçu aux enregistrés, c’est qu’il y a importance.Pourquoi ne pouvons-nous pas en obtenir en français.'’ Est-ce que le gouvernement actuel n’est pas intéressé au vote canadien-français?S’il vous plaît, ne nous dites pas qu’ils n'ont pas eu le temps d’imprimer des livrets en français, ce prétexte est usé.Le discoues du premier ministre irradié mercredi dernier a été traduit et débité même avant la Neuf submersibles du Reich coulés à Scapa-Flow ?Eddie Saint-Père, jnt sur le point d’y entrer.Mais, hélas!.* * * Autre immortel, Athanase, comme l'appellent presque tous les journalistes de son temps.Il ne fut pas journaliste, miMs son père avait brillé dans la profission, avail dirigé des feuilles douille souvenir persiste et il eut pour veau-père un autre publiciste célèbre à son époque, mais dam l’autre camp.Athanase — pour les plus intimes Athane, — pourra, comme sir Thomas Chapais qu’il admire, cultiver avec plus de loisirs et de sérénité que jamais le genre académique.Et il taillera de bonnes bavettes avec Arthur Sauvé, qui l’avait surnommé le ministre de l’aviation.L’honorable chef de l’opposition Version anglaise.Est-ce à dire qu’on attache plus d’importance aux discours qu’aux votes futurs?Ce serait i PCUJ‘H n,e dire pourquoi il persis- te a m appeler le ministre de.I avia-la mauvais calcul.lion’?loi demandait lin innr en Je vous demanderais de bien vouloir vous occuper lion?lui demandait un jour en Chambre le Secrétaire dé la pro-à ce que l’enregistrement soit fait à 1953, avenue de l vince.Vingt fossettes joyeuses l’Eglise, et que des copies de reçus en français soient remises, sans quoi vous pouvez compter que plusieurs voleurs dam mon cas seront privés de leurs droits de vote, et peut-être en ressentirez-vous quelque chose dans le résultat de votre élection.Espérant que vous donnerez à cette présente toute votre attention, pour la cause du français.et la vôtre.M.Anatole Vanicr, de son côté, écrivait rapporteur de sa circonscription: l’officier Des énumérateurs viennent de passer à mon domicile, 3670, rue Sainte-Famille.Ils y ont laissé des avis en vertu de la loi des élections de 1938.Or, ces avis sont rédigés en anglais seulement.Comme je présume que les énumérateurs ne doivent pas distribuer des formules uniquement françaises à Toronto, je crois rendre service à ceux de Montréal, en leur donnant une leçon de courtoisie, et en requérant qu’ils repassent chez moi pour me fournir des formules françaises.Je m’étonne que ce ne soit pas déjà la règle observée partout où l’électeur est de langue française.Deux ou trois lettres portent des notes comme celles-ci: Et les responsables de ce fait parlent d’Unité nationale.Et cela au nom de l’Unité nationale!,.Je vois d’ici la creusèrent le.rougeaud et pléthorique visage du chef de l’opposition: c'était la question qu’il attendait depuis des semaines.La réponse était prêle, rammassée en ressort, au fond de son esprit.Elle sauta jusqu’aux galeries, qu’elle visait, et l’effet attendu sc produisit: “—Mais à cause des envolées”.Longue vie à Athanase David, dont la sveltesse et l’allure preste feront encore plus jeune dans ce milieu rassis.Last but not least, Elle Beauregard.Lui c’est le philosophe, le sage.On dit parfois que le Sénat c’est les oubliettes.C’est ccl aspecl-là qui a dû l’attirer vers l'endroit.Il ne.craint rien tant que la notoriété, lui qui fait jouer, et depuis longtemps, les ressorts les plus secrets et les plus puissants d'un parti.Mais qui le connaît en dehors du barreau, où il s’est acquis une solide réputation’’ Que le connaît au Sénat, sauf ceux qui lui doivent leur nomination ou qui, du moins, ne l’auraient pas eue si César Beauregard avait abaissé le pouce.L'Amirauté les y aurait attirés successivement dans un piège — sabordent un autre de leurs navires, dans l'Atlantique Weygand masse des troupes alliées Les Allemands M.MANION PROMET UN "MINISTERE DE LA JEUNESSE" Tel il clait dans son petit bureau , ., .¦ , .¦ r .de la rue Saint-Jacques, flanqué reaction des Anglais qu on aurait servis de la meme façon.\ g’un coté par Félix DuroChèr, mais en français! C’est encore une fois de trop.j maintenant bibliothécaire du jmr- ! lement fédéral, et son vieux Ixiba-Et voici la première leçon à tirer de ce dossier: ,W K*™/ Edouard Labelle, président c est que cette suite d’erreurs crée une irritation assez vive et qu’on s'explique fort bien, quand on sait que ces erreurs s’ajoutent à toute une série de passe-droits.Des hommes d’Etat devraient comprendre que l’on doit, dans toute la mesure du possible, éviter de donner prise à pareille irritation.— Notez que nous entendons bien que les Anglais n’aient pas, eux non plus, à se plaindre d’un état de choses analogue.Le remède?Pourquoi ne pas faire et distribuer partout des formules bilingues?La chose susciterait sans doute quelque difficulté; mais ces difficultés sont faites pour être surmontées.Et l’objet en vaut la peine.,.13.n.40 Omar HEROUX istoire politique omment le Parlement canadien vota la conscription en 1917 près la comédie de l’enregistrement national — Voyage de sir Robert Borden à Londres — Il annonce la loi de conscription, à son retour — La session de 1917 — L’attitude de sir Wilfrid Laurier — Vingt-cinq députés libéraux de langue anglaise l’abandonnent — Formation du “ministère d’union”, avec 13 conservateurs et 10 libéraux Le vol de l’élection de guerre en décembre 191 % (Second article) (pur Léopold RICHER) Ottawa, 13-2-40 — Résumons à ands (rails les tristes événements litiques qui marquèrent l’année 17.Dès le mois de janvier on coin-ença de dire que l'enrôlement v’o-ntàire dans l’armée canadienne venait insuffisant à combler les des qui ne devaient pas manquer se produire dans les rangs de nos oupes engagées dans la bataille en rance.Le gouvernement de sir Ro-rt Borden institua alors, comme esurc préparatoire à la conscrin-on militaire, mais en se gardant de Quebec, 1914-1918, pp.164 et suivantes).On ne connut les résultats du voyage du premier ministre qu’à son retour au mois de mai; mais on commentait dans les journaux son admission dans le cabinet impérial de guerre.Au printemps, le gouvernement voulut lever une armée pour la défense du territoire canadien, afin de permettre aux soldats qui surveillaient les côtes canadiennes de se rendre en Angleterre.Pour plusieurs raisons ce projet fut abandonné.Le projet Borden 1917 dire, l'enregistrement pour fins , e sm’irr nnbono?sous la direction T ,, .ini7 n e M.R.-B.Bennett, qui devait deve- ^'c.^ iu,n ^7' * r Robert Bor ir.13 ans plus lard, premier mi- de n de posa aux (.ommuncs le pro istre du Canada.Le 20 septembre J01 tendant à établir le service 17.M.Bennett annonçait aux ! m,ll,aire obligatoire.ommuncs (Débats de la Chambre es communes, 1917," version anglai-pp.6086 et suivantes) que 1,549.-0 hommes avaient rempli les for-ules du Service national, dont 75,363 pouvaient être considérés mme éligibles au service militaire.Sir Robert Borden à Londres En février 1917, sir Robert Boren se rendit en Angleterre et le arlement du Canada s’ajourna jus-u’à son retour.Les armées alliées Ce bill de la conscription fut adopté ce jour-là en première lecture.Le lundi suivant.le 18 juin, on proposa la deuxième lecture du bill.Le grand débat parlementaire était déclen L'actualité Les nouveaux sénateurs Eddie Sainl-Pcrc s’en va au Sénat.Toute la confrérie journalistique s’en réjouit.Le Sénat, c’est une belle fin de carrière pour tout le monde, c’est l’une des antichambres les plus confortables et les plus sereines que l’on connaisse pour y attendre le déclin du jour.M.Saint-Père n’esl pas le premier journaliste qui pénètre dans l’au-gusle enceinte.H y retrouvera.— pour ne parler que de ceux qui me viennent à la mémoire.¦— le doyen de nous lotis, le bon, le charmant sir Thomas, disert et lettré comme un académicien, vert de santé comme le sont d’habit ces messieurs du palais Mozart n, et ayant droit, autant qu’aucun d’eux, de par son exceptionnelle vigueur et sa présence dans la Chambre où la longévilé est de règle, au litre d’immortel.Il y a ensuite M.Arthur Sauvé et M.Jules-Edouard Prévost.De poli- ( de la Vickers, quand, tous les jours, un jeune reporter allait remodeler l'univers ou au moins le monde politique, ru sa compagnie et celle de ces voisins.Les uns el les autres avaient du temps a dépenser, voire à tuer.C’était entre 1908 el 1911.Et s’il repense à cette époque, ce que cet homme qui passe.aujourd’hui ses heures an téléphone “longue distance'’, dont l’an-tichembre est bondée, de huit heures du matin A huit heures du.soir, c’est ce luxe, de temps qu'il doit le plus en regretter.Le saint patron d’Elie est monté an ciel dans un char de feu; lui voudrait bien que personne ne sou lignât ni même ne vît sa montée vers Tempyrée sénatoriale.On dit que pour ne.point se faire bâdrcr, fut qui ne connaît pas le repos el que sa tâche, (pas toujours aimable, non pas seulement pour les adversaires politiques mais pour lui-même), tient prisonnier n'est pas là.Rien ne peut le mettre en fuite, sauf la perspective d’un flot de félicitations cl d'éloges.P A 13-11-10 r- Bloc-notes Un anthropologiste parle de la guerre Depuis cinq mois, ceux qui fréquentent les conférences ont eu l’occasion d’entendre parler de ta guerre de bien des façons et par toutes sortes de gens.Les membres du Canadian Club montréalais ont eu, hier midi, le point de vue d’un anthropologiste de renom.M.Boro nislaw Malinowski, professeur à l’Université de Londres, qui donne, ces semaines-ci, une série de cours à l’Université de Yale, aux Etats Unis.Ses recherches en anthropo-tique opposée et de physique aussi, I login °nL cn.trente ou quarante mais se rapprochant tout de même par leur ruralitê et leur passage dans la carrière faite, surtout, ce qui ne Ta pas rend n moins brillante, dans les hebdomadaires.Ce qu’il y a de nouveau avec M.Saint-Père, c'est qu’il accède au Sénat un peu en outsider.Dans les journaux, H y a deux rédactions, et dans l’une d’elles, le sport, qui passe — à tort — pour n'avoir aucun rapport avec l'art d’écrire, où sc fait T essai in anima vili, des plus hardis néologismes et barbarismes.Et c’est du spart que, par un bond hardi, mais bien sportif, M.Saint-Père , s'est élevé au Sénat.cn passant,'aeUe' ptr finest vrai, par la Chambre des années conduit M.Malinowski aux quatre coins du inonde, cn Chine et en Papouasie, à Bornéo, au roeur de l’Australie, dans les montagnes (Suite à la dernière page) Le carnet du grincheux ; du cSr lin e de va i t ' se terminer que le 24 juillet.Tout près de 90 dépu tés prirent part au débat, lors de la deuxième lecture du bill.Les séances de la Chambre se prolongeaient fort tard dans la nuit.Quelques tour, casé avec un nom qui évoque phonétiquement et autrement la pérennité: Maneat semper! Eddie, ceux qui vont continuer de trimer le saluent! De tous tes Sous la plume du rédacteur financier Canada, hier.on trouve que la dans ta province est encore la plu* bas** de toutes tes provinces canadiennes, à l'exception de l'He du Prince-Edouard .” (les soulignés sont du Canada même).* * * Le même journal intitule son premier-Montréal de ce matin comme suit: "Le crédit de la nrovince de Québec est excellent”.Toutes ces choses-là étaient vraies au temps de l’élection; mais la vérité restait au fond de son puits.* * * pérations et J’Anglelem1 demanda I ju|''^o M.Ch«riës-J.bohërlv," mi- occasionnel], et Fernand Rinfret, Biaise Pascal avait prévu cela: "On Oufre-mer, l'événement saillant paraît être le débarquement de 30,000 hommes de troupes australiennes et néo-zélandaises dans ie voisinage du canal de Suez; cet événement tourne l'attention vers les troupes de plus en plus nombreuses massées par les Alliés dans le Proche-Orient.Moscou et Helsinki échangent des démentis au sujet de l'avance soviétique en Finlande, avance que nie Helsinki.Londres fait savoir que l'Amirauté a recruté 10,000 pêcheurs pour donner la chasse aux mines et aux submersibles, à bord de chalutiers gréés en conséquence.Paris signale de nombreuses envolées de reconnaissance poussées en territoire allemand par des équipes d'aviateurs audacieux.Du Brésil, on mande que le vapeur allemand "Wakama", parti de Rio de Janeiro pour tenter de forcir le blocus du Reich, avec une cargaison de vivres et de denrées de tout genre, a coulé en haute mer, sabordé par son commandant, pour échapper à trois croiseurs anglais l'ayant pris en chasse et qui allaient le capturer.On rapporte que neuf submersibles allemands ont, ces derniers temps, été détruits dans ics eaux de Scapa-Flow, aux Orcades, où ils auraient été attirés dans un piège établi par l'Amirauté anglaise.Chez nous, pendant que le pays prépare les funérailles d'Etat de lord Tweedsmuir, les politiciens ralentissent leur campagne électorale.Il se fait des démar ches pressantes auprès du ministère King pour l'amener à tempérer certains règlement rigoureux adoptés en septembre 1939 à la faveur de la Loi des Mesures de Guerre 1914.Des journaux anglo-canadiens parlent des nouveaux engagements que le Canada devrait, selon eux, prendre dès la conclusion de la paix, par rapport aux affaires d'Europe.D'autres reprochent a M.King de se servir de l'unité nationale, dont il a parlé la semaine dernière à la radio, pour tenter de mettre les électeurs sous l'impression que le parti libéral aurait le monopole du patriotisme pendant la guerre.if.>f.if.Une foule considérable de Montréalais ont assisté ce matin au transfert, à la gare Bonoventure, de la dépouille mortuaire de lord Tweedsmuir qu un convoi particulier des "C.N.R." a transportée à Ottawa en vue des funérailles nationales qui y auront lieu demain.Un grand nombre d'hommes publics présents à ce départ ont fait cortège dans les rues de l'ouest de Montréal à l'ancien vice-roi du Canada, dont les cendres iront ces mois-ci reposer dans son pays natal, l'Ecosse.Le deuil officiel proclamé par Ottawa et qui se prolongera dans le monde fédéral jusqu'à dimanche soir prochain prendra fin, pour ce qui regarde la campagne électorale, jeudi matin, le 15 février.On annonce que le premier discours à la radio que M.Ma-nion, chef conservateur, devait faire hier aura lieu vendredi prochain, à dix heures et demie du soir.Il répondra surtout à celui de M.King, la semaine dernière.Il y a quelques heures, avant de quitter pour Ottawa la ville de Fort-William, où il se trouvait et dont il représente les électeurs aux Communes, M.Manion y a prononcé un bref discours en public.Il s'est engagé particulièrement à porter une attention suivie à la jeunesse du pays.Il a promis d'établir, s'il devient premier ministre du Canada, un ministère spécialement affecté à l'avancement des jeunes générations canadiennes.M.Manion a aussi dénoncé à fond le communisme, qui, dit-il, cherche à prendre le pouvoir par la force et la violence; et il a vertement critiqué la conduite des affaires publiques par le ministère King.* * * Il se fait de ce temps-ci des démarches importan tes, dont l'initiative vient de Toronto et de Winnipeg, pour inviter le premier ministre et les chefs de partis politiques fédéraux à soumettre aux Communes les règlements adoptés conformément à la loi des mesures de guerre, quant à la censure de la presse, aux agissements des particuliers, etc.Une centaine de citoyens en vue de Toronto, parmi lesquels plusieurs de sentiments loyalistes, ont adressé à tous les chefs de partis fédéraux un bref mémoire leur demandant d'agir conformément à la coutume britannique, pour ce qui est de ces règlements fort discutés dans les milieux d'idées libérales, et de les faire éfudier, modifier cf reviser par un comité parlementaire, d'ici quelques mois.MM.Manion et King ont déjà pris un engagement à ce sujet.D'autre part, un petit groupe de professeurs ef d’universitaires de Winnipeg viennent d'adresser à M.King un mémoire sur la nécessité de protéger les libertés essentielles du citoyen canadien pendant la guerre; ces libertés sont menacées, disent-ils, par la teneur de certains règlements adoptes en vertu de la Loi des Mesures de Guerre.Ce mémoire, d'abord transmis au premier ministre, M.King, par scs signataires, est de teneur intéressante et formule une critique raisonnée des règlements ainsi mis cn cause.La "Free Press" de Winnipeg (10 février) a publié la substance de ce mémoire; le premier ministre a laissé les signataires libres de le faire tenir à la presse, a laquelle ils l'ont adressé ces jours derniers.Les auteurs de ce mémoire, ayant critiqué en particulier les règlements relatifs à la censure ef aux déclarations faites en cercles fermés, ainsi que dons le cours même de l'enseignement de l'histoire ou des matières universitaires, s'inquiètent de ce que des fonctionnaires échappant à toute responsabilité puissent appliquer de leur propre gré, les interprétant à leur façon, ces règlements dont la lettre, selon les signataires du document en question, est telle qu'elle autorise et légalise les pires dénis de justice.( Le "Devoir" reviendra prochainement sur la teneur de cet important document).Ce mémoire complète, si l'on peut dire, la brève lettre aux chefs politiques signée par un groupe de citoyens en vue de Toronto.* ÿ * Quels engagements doit prendre le Canada, une fois la guerre finie,,pour tâcher d'assurer une paix durable à l'Europe?Telle est la question que pose la "Free Press" de Winnipeg (10 février, "A Foot-Note to Mr.King's Speech")."On peut assurer en toute sécurité que le Canada se préparera, en vue du remaniement d'après-guerre, à prendre de nouveaux engagements quant à un pacte de défense en commun qui offrirait de meilleures garanties contre de nouvelles guerres que ne le fut la politique à courte vue des nations démocratiques, avant qu'éclatât ce conflit-a", conclut la "Free Press".A l'heure où la "Free Press" pense à la politique d'après-guerre, le loyaliste "Journal" d'Ottawa (10 février) écrit que l'appel de M.King au sujet de la présente élection de guerre est de nature à déprécier tous les citoyens canadiens qui ne sont pas du parti libéral, et même les libéraux eux-mêmes; car "cct appel prend pour acquis que les libéraux se pensent seuls d'assez bons Canadiens pour conduire l'effort de guerre du Canada.M.King, en demandant au nom de l'unité nationale que le Canada le suive et lui seulement, a qualifié en pratique de gens sans patriotisme tous ceux qui ne croient pas devoir le suivre.Aucune urgence politique ou nationale ne justifie pareille déclaration.A coup sûr il y a là un grief si sérieux contre M.King, cela est d'une telle injustice, il y a là une telle méconnaissance à l'endroit de ce qui constitue le devoir de M.King, il méconnaît à un tel point le peuple canadien que tout cela mérite d'être répudié.Et, le répudiant, les Canadiens devront choisir un autre chef pour traverser la présente crise".En d'autres termes, puisque M.King est d'avis que l'unité nationale exige que nous sachions borner la participation du Canada à un effort raisonnable, qu'il dirigerait et qui ne conduirait pas le pays à l'extrême limite, le "Journal" estime qu'il est temps de remplacer M.King.C'est un point de vue discutable.if.ip ^ A l'étranger, l'arrivée de renforts de l'Australasie en Egypte fait ressortir le fait que les Fronçais ont déjà quelque 575,000 hommes massés dans le Proche-Orient; le maréchal Weygand se propose de grouper au moins un million de soldats du côté de la fyrie et de la Palestine, sinon davantage.Cela, pour consolider les Alliés dons cette partie du bassin méditerranéen, et faire senfir aux Allemands que s'ils voulaient engager des hostilités dans les Balkans et en Asie mineure, et aux Russes que s'ils préparent quelque coup I de main du côté du Caucase, de la Perse, du Turkestan ou de l'Inde, ils ne prendront pas les Alliés sans vert.On sait que Berlin a nié vouloir tenter quelque coup de main que ce soit contre la Roumanie; mais il n est pas du tout certain que le Reich n'a pas de visées du côté des Dardanelles et de la mer Noire.Les Allies prennent leurs précautions en conséquence.if.if.if.A ce qu'on rapporte de milieux d'ordinaire bien informés, en Angleterre, l'Amirauté, à la suite du torpillage, à la base navale même de Scapa-Flow, l'automne dernier, du cuirassé anglais "Royal Oak", aurait pris des mesures de nature à berner les chefs de submersibles allemands et à les amener sans méfiance dans les eaux de cette base des Orcades.L'escadre anglaise stationnée à Scapa-Flow aurait d'abord levé l'ancre, après le torpillage du "Royal Oak", par it commandant Prien, du submersible qui se glissa dans le port même; et l'cscodre se serait rendue en secret au Firth of Clyde et au Firth of Forth r*copa-Flow se serait alors trouvé large ouvert aux submersibles allemands, dont les commandants apprirent la nouvelle les uns après les autres.Les estocades et les filets de protection étant levés à l'entrée du chenal étroit qui conduit à Scapa-Flow, des submersibles ennemis pouvaient y pénétrer en toute liberté.Du moins on l'aura cru, en Allemagne.Deux s'y risquèrent le jour de Noël même et n'en revinrent pas.L'Amirauté anglaise les avait repérés au moyen d'indicateurs de son électriques; et des contre-torpilleurs postés au guet les coulèrent à coups de bombes sous-marines^ tous les filets fermés à l'entrée, le gibier une fois dans le piège.Neuf submersibles allemands qui se seraient risqués les uns après les autres à Scapa-Flow sans savoir de quoi il en retournait y seraient restés; coques, équipages et fout.On ne viendrait que d'en entendre parler, dans les milieux anglais, l'Amirauté ayant jusqu'ici bien qordé le secret de ses neuf coulages en pleine base de Scopo-Flow.Le "Royal Oak" aurait été bien vengé.La nouvelle n'a rien d'officiel.— G.P.n-n-w orateurs avaient du souffle.I* dis- i d.u Canada de God/rop cours de’M.D.-A.Lafortune.député Eanglois, c est Je J"™'”’ —-,-| libéral de Jacques-Cartier, compte (rreu^> (iui ' r .’J étaient pas heureuses dans leurs 13 pages ^ n„nxard, alors que ce.\ laue Boyer n était que collaborateur larti- aide do scs Dominions, tout ulièrcmctit du Canada (C.f.Eliza- ! eth-H.Armstrong: The Crisis ofl nistre de la Justice, en compte 16.(Suite à la dernière page) qui, bien des fois, (changeait des \ propos sportifs, à travers la mince I séparation de leurs bureaux, avec ne voit presque rien de juste ef d'injuste qui ne change de vérité en changeant de Climat.Vérité en deçà des | Pyrénées, erreur au delà.” (Les Pensées!.Le 23 octobre le gouvernement j de ta province a passé d'un pays au ciel | bleu à un pays au cîe! rouge.* * * Puisqu'il est question de Pascal, te j Criacheirc, en partant hier du grain de 1 sable à propos de la mort de lord Tweedsmuir, oubliait que John Buchan ] a écrit une vie de Cromwell.Le rap-I prochemert est donc encore plus frap-1 pant., ?« 4 I La chronique rapporte que l'un de nos anciens gouverneurs généraux mourut au Canada de la morsure d’un renard apprivoisé.Braver les périls de la traversée et ceux de I ie militaire et succomber à une cause aussi insolite .Vivre, n’est-ce pas un miracie de toutes les minutes quand on sait les menaces, et souvent si bizarres, suspendues au-dessus de nous comme épées de Damoclès?* * « Au fur et à mesure qu« la civilisation matérielle se développe, la médecine prétend restreindre les causes de décès, mais plus vite qu'elle, la civilisation an crée de nouvelles.Et la barberie donc, qui fait un retour offensif à toutes les deux décades avec son cortège de guerres, de pestes et de famine! * ?* Maintenant qu’Australiens et Néo-Zélandais ont débarqué à Suez, l’affaire est comme qui dirait.Anzacs.» * M Ce sont les Russes grelottant en Finlande qui voudraient sans doute se voir à .Suez.La CeincliaM 13-11-40 ( LE DEVOIR, MONTREAL, MARDI 13 FEVRIER 1940 VOLUME XXXI — No 36 La voix du Pape La réponse de S.S.Pie XII au message de Noël du président Roosevelt V oici, bourg, de ‘ que le président -., , ., à Noël (Ce teste français u'a pas en- qui pourront trouver li.voie juste, j care été publfè en Aînértquè.croy- C’est seulement n des Jiminnes dei ons-nous): cette trempe qu i 1 sera donne de créer une paix capable de coitipen I Lxcilltntt, salut e p r * gigantesques* sacrifices dej «Le message mcuiprable que > olre | cc(,c gaer|.c e( (i’Up]anir la Voie Excellence Nous a fait parvenir a la p0,ir linr Ctitente plus équilibrée, veîüe de Noël a jete sur les souiiran- |us confj;iI|(e ct plus féconde entre | ces.sur les préoccupations angots- jpN natjoas sanies et sur les amertumes des peuples emportés dans le tourbillon de fa guerre un rayon de consolation, d'espoir et de confiance qui vous a valu un hommage spontané de profonde reconnaissance de la part de toutes les consciences droites.Profondément ému par le noble contenu de votre communication, dans laquelle l’esprit de la fête de Noël et le désir d’appliquer cet Les Franco-AnMins en Louisiane Nos amis de la Nouvelle-Angleterre sont partout accueillis avec enthousiasme chez les Acadiens du Sud — Les manifestations de Lafayette, de Bâton- j Rouge, du Grand Coteau, d'Abbéville, de Léonville, de Kaplan, etc — Pour la Survivance française -—-— LE COMITE PERMANENT SE REUNIRAIT ASSEZ PROCHAINEMENT EN LOUISIANE CHARBON BELLOC l-« grand démoferlant l'eatumw.Cour le» viettmea de trouble» digestif».Coudre ou pastille».TOUTES UIIABMAtTKA Agent distributeur au Canada.J.AtFREU OHM EX Montreal.*QC1 Cl 1» l esprit aux grands intérêts de l'hu- ] tkms* inanité ont trouvé une si persuasive Comme vicaire sur expression, et pleinement convaincu j ^ )a paix dés ici , .! Avec la Mission des Fi anco-Aiiié- Nous savons combien sont puis- ; rjc.,jns auprès des Acadiens de ta sauts et chaque jour plus ardus, les | Lollisium,, Lafayette, S.— La Mis-obslaclcs qui s opposent encore a la i sj0I1 (|cs fninco-Américains auprès realisation de cet objectif, et si lcs|(|os Acadiens de la Louisiane crée anus tie la paix ne veulent pas l' a-i déjà pu puissant courant de sympa-yailler sur le sable, ils tloivent avoir j {jlje e| (|L, j)onne entente qui, de la claire vision de ces graves posta-1 des et.donc, de la mince probabilité d’un rapide succès tant que l’étaE actuel ties forces en présence ne ]so11’ a SJ c < u ^ tne 1 subira pas d'essentielles modifica- ‘1 ,lole part et d’autre, est vu très grande.avec une joie terre du Dieu ébut de Notre de son importance extraordinaire, j pontificat.Nous avons consacré Nos Nous ne tardâmes pas a porter celte Communication à la connaissance de l'illustre assemblée cardinalice réunie le même jour dans la salle du Consistoire au palais apostolique du , efforts et Nos initiatives, d’abord au j I maintien de la paix, puis à son réta-j blissement.insouciant des insuccès! et des difficultés.Nous poursuivons,' _.- ¦ | Notre marche sur la voie tracée par Vatican, en emoignant solennelle-, N(ltn, mjS!lion aposlolicjue.L’écho| ment devant le momie catholique el ql,j) t,n ce c.hemin souvent aride et non catholique combien Nous ap* j éiiineux.Nous parvient (l,innonibra- imiue iuoiuiL-u .vuun épineux.Nous parviei prenions ce courageux.document j blés votés, du sein de t’Eglise.et du htique eclairce et de haute j (i(.|Iors ,!(.l’Eglise, Nous est, avec la A a gesse politique humanité.l'n trait caractéristi«|ue du message de Votre Excellence a tout particulièrement frappé Notre attention: son étroit contact spirituel avec les pensées, tes sentiments, les espoirs et les aspirations des mas ses, c’est-à-dire de ces couches de la population sur lesquelles pèse le plus, dans une mesure qui n’avait jamais été atteinte, le fardeau dos douleurs et îles sacrifices de l’heure présente, si inquiétante et orageuse.1 Même sous cet aspect, personne > peut-être ne peut apprécier mieux : que Nous-mème ta signification, la j force démonstrative et l'émouvante! chaleur du geste de Votre Exeellen- j ce.Nous Connaissons, en effet, pari expérience personnelle, le quotidien et profond désir «le paix dont j sont animés tous les peuples.La nostalgie de la paix el la vo-j lontè de rechercher et de mettre à i execution les moyens permettant de la réaliser se manifestent d’autant ! plus puissamment «pie la guerre et ! ses répercussions s'étendent plus largement et que la vie économique, sociale et familiale, est arrachée à ses bases normales pour suivre les voies du sacrifice et des privations
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