Le devoir, 10 novembre 1939, vendredi 10 novembre 1939
Montréal, vendredi 10 novembre 1939 \CTION ET ADMINISTRATION 430 EST.NOTRE-DAME MONTREAL TOUS LES SERVICES TELEPHONE: BEIair 3361 * SOIRS, DIMANCHES ET FETES Administration Rédaction : Gérant : BEIair 3366 BEiair ¦’QR4 BEIair 2239 Directeur-gérant : Georges PELLETIER FAIS CE QUE DOIS Rédacteur en chef : Orner HEROUX LE DEVOIR VOLUME XXX — No 263 TROIS SOUS LE NUMERO ABONNEMENTS PAR LA POSTE EDITION QUOTIDIENNE CANADA $6.00 (Sauf Montréal et la banlieue) E Unis et Empire britannique 8 00 UNION POSTALE 10.00 EDITION HEBDOMADAIRE CANADA 2.00 E.-UNIS et UNION POSTALE 3.00 Les troupes allemandes se massent aux frnntières de la Belgique et des Pays-Bas Les annexions ne sont pas le remède Le Québec accueille bien le ministère Godbout (Lire en page 3) Ce qu'il fout à la métropole, c'est un plan directeur et les moyens de le mettre en vigueur On attend toujours de grands bouleversements à la suite d un changement de gouvernement.C'est sans doute pour cela que ces jours derniers des conseillers municipaux ont mis d’avant le projet de fusion de toutes les municipalités incorporées à la Commission métropolitaine.Le projet n’est pas nouveau.Autrefois, le maire Martin s'en faisait le protagoniste à toutes les sessions du Parlement de Québec.On l’a toujours présenté, ce projet, comme le seul remède pratique à une grave injustice: l’équitable répartition des charges entre tous les bénéficiaires des travaux édilitaires qui les ont créés.Mais c’est précisément pour faire échec à ce mouvement que la Commission métropolitaine a été constituée.Par ailleurs, jusqu'à l’annexion de l’ancienne munici-palit de Maisonneuve, la ville de Montréal s’était gorgée d’annexions qui avaient plus accru ses débours que ses recettes et qui avaient eu pour effet d’intensifier le développement de la périphérie au détriment du centre.C’est bien en conséquence de cette orgie d'annexions que les vieux quartiers ont souffert d’un illogisme criant.C’est là que la circulation est la plus intense, que les embouteillages sont les plus fréquents.Pourtant, sauf quelques améliorations secondaires, comme l’élargissement de la rue Saint-Denis et de la rue Dorchester ouest, près de la cathédrale (encore cela est-il uniquement imputable à la construction de la nouvelle gare des C.N.), le tunnel de la rue Wellington, le prolongement de la rue Sherbrooke est et du boulevard Saint-Joseph et la construction (oeuvre fédérale) du pont-route Jacques-Cartier, qui ne sont pas toutes au coeur même de la ville, dans le quartier du grand comerce, il ne s'est pratiquement rien fait.C'est donc la région qui paie les plus lourds impôts, qui assure à la trésorerie municipale le plus clair de scs recettes, qui a eu le plus à souffrir des annexions massives: et rien ne fait voir qu'il n’en serait pas ainsi dans l’avenir.Or la création de nouvelles artères, comme l’élargissement des anciennes, si elles ne prennent pas naissance au foyer même de la circulation intense, est d’une efficacité réduite.C’est le jeu de Tentonnoir renversé.^ ¥ Tout le mal dont souffre la métropole, dont elle souffre à l’état aigu, c’est que jamais aucune administration provinciale ne s’est donné la peine de chercher à se renseigner sérieusement sur les difficultés qui résultent de la croissance rapide de la malade, causée en grande partie pat cette orgie d'annexions dont on parle plus haut.Périodiquement.Québec a nommé des commissions d’études ou a autorisé le Conseil municipal lui-même à en créer, mais ce procédé est devenu une véritable comédie, car aucune de ces commissions en ces dernières années n a conclu son travail et n’a présenté de rapport.Et tous ceux qui ont suivi de près les affaires municipales savent que la cédule B, qui nous régit à l’heure actuelle, a été concoctée en quelques nuits.Elle s’est ressentie de cette conception fiévreuse et hâtive.Mais elle n’en a pas moins duré plus longtemps que 1e régime des commissaires, par exemple, lequel avait pourtant été étudié avec plus de soin et qui avait au moins le bon effet de remettre l’administration de la ville entre les mains de gens qui ne devaient point leur élection à un petit quartier, mais à toute la ville et capables, par conséquent, de tenir ; équitablement la balance entre les vieux et les nouveaux quartiers.Avec certaines corrections, comme la nomination | d’un directeur de services compétent et muni de tous les ! pouvoirs nécessaires, nous sommes convaincu que ce système aurait donné de meilleurs résultats que l’actuel.i Ainsi que nous le disions au début, un changement de ' régime suscite de nouveaux espoirs, même si c’est plus souvent à tort qu’à raison.Les diverses organisations qui | visent au développement de l’esprit civique, à l’améliora-! tion de l’administration municipale, se remettront, sans i doute, à leur toile de Pénélope: nous voulons dire leurs projets de réforme sans cesse constitués et sans cesse démolis.A notre humble avis, ces organisations doivent s’en tenir à quelques retouches essentielles, dont la principale, i la plus pressante est celle de la création d’un comité exécu-| tif dont les membres détiennent leur mandat de circons-Uriptions électorales tellement vastes que l’exercice du petit ! patronage ne soit plus un facteur de leur réélection.Enfin, pour relier ce rouage électif aux rouages administratifs, doit exister un officier de liaison, un directeur d?s services (M.Honoré Parent aurait sûtement toute l’expérience et toutes les qualités requises) muni de suffisants pouvoirs pour assurer le fonctionnement harmonieux et efficace de ces derniers.Le premier devoir de cette cheville ouvrière serait de faite dresser un plan directeur de la ville et de le mettre en application.Non seulement les malaises circulatoires dont Montréal souffre à l'heure présente seraient vite rectifiés, mais les coffres municipaux épargneraient dans l'aventure des sommes importantes.Une fois ces réformes, simples mais radicales, accomplies, il importerait peu que la Commission métropolitaine fût maintenue ou abolie et que les annexions fussent interdites ou permises.La ville connaîtrait enfin un développement rationnel, un gouvernement logique, un relâchement partiel de ce mal terrible de l'électoralisme qui entrave son - progrès.Louis DUPIRE En effet dans quelques colonies anglaises, ainsi que dans tous les territoires sous mandat, on pratique la politique dite de la porte ouverte, en areord avec les traités internationaux.Cette politique était presque générale dans toutes les colonies anglaises à venir jusqu’à ré-i cemnient.Cela dépendait du fait ! que la Grande-Bretagne elle-même s’adonnait au libre-échange: il est coutumier pour une rolonie d’avoir la même politique commerciale rue sa métropole.On accuse souvent ta conférence économique d’Ottawa d'avoir mis fin à la politique de !a porte ouverte dans l'empire colo niai britannique, mais il n’en est rien.Avant la tenue de la conférence d’Ottawa, l’Angleterre avait déjà abandonné le libre-échange.Les accords de 1932 n’ont fait que ratifier et aggraver la politique protectionniste nouvellement adoptée par le Royaume-Uni.(Suite à la vtwe 2) Les ministres sans portefeuille ne sont pas tous heureux — Et les aspirants- ministres non plus - L'avis de quelques quotidiens - De quelques mécontents - Pourquoi M.Leduc n'a rien eu - Le cas de M, Athanase David-Comment s'est partagé le vote populaire L'actualité Première neige Bloc-notes Le Maire de Manchester Il a nelc/é hier soir, pour la première fois.La neige tombait par flocons effilés comme des gouttes qui gardaient tear forme ci se suspendaient aux branches inluibi-t née s à porter te nouveau fardeau; une neige assez dure pour couvrir la terre d’une épaisseur blanche, ouatée aux pas comme une fourrure.Devant les réverbères elle prenait des couleurs inattendues.Bleue par instants, elle avait, lorsqu’elle abordait t'ombre, une teinte de lilas.Bile était douce ù regarder, douce à toucher, douer à goûter aussi, laissant cependant aux ic-vres un souvenir fade et décevant.Plus discrète que la pluie, on ne l’entendait pas.Bile ne tombait pas du ciel, elle en descendait dans un continuel frémissement.Cf.%.Zf, L'atmosphère était imprégnée de clarté nocturne.Le parc d'en face se recueillait.Les arbres qui depuis quelques jours avaient, sous le ciel bas, des airs mornes, s'éveillaient, avec, au boni de leurs branches, des bourgeons blancs scintillant aux lumières.Là-bas sur la colline, deux peupliers encore pre serves du dépouillement hivernal avaient sous la neige l’apparence têtue des sapins sous leur vêtement vert durant la saison froide.Il faisait doux.Il faisait silence.Le rideau de neige qui s'étendait sur la terre l’imbibait de mystère.Les lampadaires, placés dans It parc à distances régulières, jetaient autour d’eux des halos de clarté.Le reste était obscurité.Pas l’obscurité opaque des nuits d’automne ou de lourd été; l'obscurité qui blanchit les nuits d'hiver.)(.Cf, Cf, La neige descendait du ciel sans se hâter, prenant lentement possession de ta terre.Elle évoquait un renouvellement comme si.avec sa blancheur, elle allait donner an monde son apparence primitive.Comme si elle allait le recréer tel qu’il êlail le premier jour.L apporter, comme une bénédiction, la paix divine.Bile semblait avoir reçu le pouvoir de jeter sur (univers un manteau de miséricorde Bile apportait avec elle l’oubli de:, trahisons, le calme du coeur, la sainte solitude, Lo neige lenlemenl continuait de tomber.* * * Ce malin, au réveil, la neige est parlie.Il ne reste il’elle.dans le parc, que des flaques grises, honteuses d’être là, se hâtant à disparaître.Aujourd’hui, le monde, sur la terre boueuse, reprend son vieux visage.Julia RICHER Ottawa, 6 novembre 1939.Ainsi que le Devoir l’annonçait | hier, M.Je Docteur Damase Caron | vient, pour la cinquième fois, d’être élu maire de Manchester, au .New I Hampshire.M.le Docteur Caron | avait pour adversaire, et celui-ci lui ! a fait une assez rude lutte, un autre Franco-Américain, M.Wilfrid-A.La-flamme, avocat, président de la I Commission des finances de la ville.Manchester, qui est l’im des cen-; très où les Franco-Américains sont le plus fortement organisés, ne possède tout de même pus une majorité de notre langue.Les Franco-Américains y seraient à peu près 3(),(J00, sur un total de 76,000.Ils constituent cependant, croyons-nous, le groupe ethnique le plus nombreux de la ville.C’est M.Moïse Verrette, le père de M.l’abbé Adrien Verrette.I historicn connu, membre du Comité permanent de la Survivance française en Amérique, qui fut le premier maire de langue française à Manchester.On hésitait un peu.à ce moment, à lancer une candidature française.Certains craignaient que le mouvement ne fût prématuré.M.Verrette fut tout de même élu et, depuis ce temps, tous les maires de Manches-1 ter, si notre mémoire ne nous trom-! pe point, ont été de langue française.J Cela n’alla point, on l’imagine, sans difficultés ni tiraillements.Mais, après avoir tenté maintes manoeu-: vi es, les spécialistes de la politique ! municipale en vinrent à une conelu-| sion que M.Caron lui-mème nous résumait avec un sourire: - - Les républicains, disait-il, sont convaincus qu’il n’est de chance de I battre un maire démocrate qu'avec | un républicain franco-américain.\ Les démocrates croient qu’ils n'ont | de chance de faire élire leur candidat démocrate qu’en le choisissant parmi les Franco-Américains.Ainsi, cela reste dans la famille.Voici plusieurs mois que M.Caron nous exposait cette situation.La dernière élection paraît bien illustrer la justesse île son diagnostic.Ajoutons que M.Caron n’est pas de ceux qui mettent leur drapeau dans leur poche.Il est l’un des hauls dignitaires de VAssociation ranado-nméricaine et on le voit dans toutes les manifestations françaises.Il en est sans doute de même aussi de son adversaire d'hier, que nous n’avons pas l’honneur de connaître.Europe! Europe! Le passage principal du dernier discours de M.Chamberlain, c’rsl — tout le monde l'a remarqué celui où le Premier Ministre de la Grande-Bretagne déclarait: .1 ceux (pii ne parient d’autre langage que celui de la force, il n'q a de réponse que la force et, puisque | nous avons été obligés de prendre ! tes armes, nous ne les déposerons ! point avant d’être assurés que l’Eu-i rope a été libérée des menaces qui | ont si longtemps paralysé la vie de j «e,s peuples.On aura remarqué que, dans cette phrase, comme dans une demi-douzaine d’autres textes émanant soit de M.Chamberlain, soit de M, Churchill (et nous en avons cité plusieurs), il est toujours question, et de spécifiquement, de la liberté de l’Europe et des nations européennes.Les chefs de la nation anglaise savent peut-être de quoi ils parlent, et de quoi il retourne.Débarras Le procureur général de l’Ontario, M.Conant, demande aux tribunaux d’interdire la publication de quatre hebdomadaires, qui ne circulent point, au reste, que dans l’Ontario.S’H peut gagner son point, ce sera pour tout le monde un magnifique débarras.O.H.Politique impériale La conférence de 1932 à Ottawa M.Hodson, de Ta "Round labié", en examine certains aspects.L'Empire n'a guère de capital humain à exporter.(par Léopold RICHER) Ottawa, 10 — Les relations économiques entre les diverses parties de l’Empire ne sont pas moins importantes que celles d’ordre constitutionnel et militaire.L’Empire étant composé de nations autonomes, de colonies, de territoires sous mandat et de pays au status constitutionnel mal défini, il s’ensuit qu’il n’est pas facile d’enfermer en quelques formules précises le vaste système d’entr’aide économique établi depuis quelques années pour promouvoir les intérêts de tous.M.H.V.Hodson — auteur d’une brochure dont nous avons analysé hier la première partie — prétend que, en ce qui concerne les colonies, leurs intérêts économiques sont bien protégés par la métropole bien qu’il y ait toujours la tentation naturelle chez le pouvoir impérial de garder pour lui les meilleurs avantages.Les colonies britanniques n’en obtiennent pas moins des préférences -sur le marché anglais, préférences qui compensent celles qu’elles accordent à Londres.De plus le Hoyaume-Uni n’a jias le monopole du commerce des colonies.A Québec Fonctionnaires, trusts et profiteurs Trois catégories dont le ministère Godbout va bientôt s'occuper L'assurance-chômage va venir (par Alexis GAGNON) Québec, 10.— Au moment où le gouvernement Godbout se prépare a faire des changements dans le fonctionnarisme québécois et que les partisans réclament des têtes, il est intéressant de se reporter à une fort intéressante résolution adoptée unanimement par le congrès du parti libéral, en juin 1938.Voici Je texte de celle résolution: "Attendu que let méthodes jusqu’ici suivies pour le choix des membres du Service civil de la province ont donné naissance à des abus et à un favoritisme préjudiciable aux intérêts des jeunes; ‘‘Ce congres réclame la reforme compléta du Service civil et, à cette fin, l’institution d’une Commission du Service civil provincial.Adopté’’.Celte résolution, le parti libéral l’a adoptée pour protéger les fonctionnaires contre le sabotage qu’entraîne tout changement de gouvernement.On a dit avec raison que les fonctionnaires assurent, dans les perpétuels changements politiques, la continuité et la stabilité de l’administration et qu’il importe de les protéger contre les animosités et les appétits politiques, dans l’intérêt même du pays.C’est la raison principale qui a fait surgir la Commission du service civil d’Ottawa, où les fonctionnaires ne dépendent plus de l’arbitraire d’un ministre, mais da la Commission.M.Godbout veut sans doute, grâce à cet article du parti libéral, réagir contre les tentatives de destitutions en niasse que certains de ses partisans trop zélés préparent contre les fonctionnaires actuels.Cette importante résolution, qui fut adoptée unanimement, reflète bien l’opinion du ministère Godbout, car si l’on consulte la liste officielle des délégués à la convention libérale qui votèrent cette résolution, on trouve les noms suivants: MM.Adélard Godbout, T.D.Bouchard, Cléophas Bastien, Léon Cas-grain, Pierre-Emile Côté, Wilfrid (Hrouard, J.-A.Matthewson, Edgar Rochette, L.-J.Thisdel, Frank Connors, Georges Dansereau et Wilfrid Hamel.On peut donc affirmer que la presque totalité du gouvernement actuel a voté la résolution pour empêcher les décapitations.(suite à la page deux ) C'EST MONTREAL QUI A DONNE LA VRAIE MAJORITE A M.GODBOUT Le carnet du grincheux Herr Hitler est un paradoxe vivant: intraitable, il fréquente les brasseries.Mais qu’allait-il faire en cette brasserie-là?* * * Reconnaissons-lui le mérite de ne s’y être pas attardé.Le feetotalijte a sauvé le tofalifaritfe.» * * Chamberlain eût-i! été là, tout le monde était sauf, à l’abri de son parapluie.M « « Après l’attentat de Munich, les Allemands en perdront sûrement le got, do la bière.Le passeront-ils par celui du genièvre hollandais?• * * Abstème qui, au surplus, ne fume pas, Hitler ferait sans doute un excellent mari.Il est célibataire.Comprenez-y quelque chose.* * * Au fait, que ne le marie-f-on au plus tôt?Madame Hitler pourrait régler bien des choses.* * * Mais le Fuehrer se dirait peuî-éire que la meilleure dictature est encore celle que l’on impose soi-méme.Le transfert des pouvoirs une fois opéré, du ministère sortant ou nouveau, avant-hier, et sitôt les procedures de l'assermentation du nouveau cabinet accomplies, M.Godbout et ses collègues ont pris dès hier et pour tout de bon possession de leurs ministères respectifs.Il y eut séance , déjeuner à Spencer-Wood, échange de poignées de mains avec une foule d'admirateurs, — les plus empressés de tous furent ceux qui hesitoiert le plus avant le 25 octobre à faire des pronostics électoraux, — et les ministres, ont, pour la piupoàt, repris pour la fin de semaine le chemin de leurs comtes.La semaine prochaine, la plupart se mettront pour tout de bon à la tâche.M Godbout et quelques autres sont restés au poste, — ceux de la région québécoise en particulier, — afin de préparer la besogne de la première grande semaine de séances du ministère.Quant aux ministres sans portefeuille, ils ont pour la plupart quitté en vitesse Québec.Ils ne prennent pas très au sérieux, dit-on, la tâche de collaboration qu'on leur a attribuée auprès de tels et tels ministres nantis de portefeuilles.Ceux-ci ont plein traitement, soit 57,000, et les autres ne recevront que $3,000.Cela veut dire qu'ils seront tentés de mesurer l'effort.Du moins au départ, car tous les ministres sans portefeuille ne sont pas outre mesure satisfaits de leur ministère sans titre particulier.Il aurait été difficile au reste de satisfaire toutes les ambitions.Si M.Godbout l'avait fait, son cabinet aurait été plus nombreux que les députés restés simples députés et il y aurait eu tout de même des mécontents.C'est le sort de tous les nouveaux premiers ministres ayant à former un ministère de désappointer nombre de leurs paitisans.Tous ne sont pas d'une humilité parfaite.Ça n est guère une vertu politique.Le ministère Godbout reçoit dans l'ensemble des témoignages favorables de la plupart des quotidiens.On lui aura toutefois reproché, à Montreal, de navoir pas accordé à cette vilie-ci, qui lui a en réahré, quant au nombre et à la répartition des voix, donné le pouvoir et la majorité populaire, — on trouvera des chiffres précis à ce sujet dans le "Devoir" daujuur d'hui, — toute la représentation qu'elle aurait où recevoir.D'outre port, la "Gazette'' s'est déjà déclarée fort étonnée de voir que M.Godbout n'a pas consenti à l'élément anglais de la province la representation que, paraît-il, cet élément s'attendait de recevoir, pour avoir fait bloc en faveur de M.Godbout.Ce sont là des griefs qu'il voudra examiner à loisir.Le certain, c'est que sans le vote écrasant de Montréal en faveur, de ses candidats, le parti liberal n'aurait pu enregistrer une victoire apparemment aussi éclatante, le 25 octobre.En dehors de la presse ministérielle et de la presse à sympathies ministérielles, — quel que soit le mi nistère au pouvoir, — ces deux types de presse sont d'avance décidés à trouver parfait le nouveau ministère, quelle qu'en ait été la composition, — la plupart des quotidiens de la province ont bien accueilli le nouveau ministère.C'est ainsi que TAction catholique", de Québec, après avoir déclaré qu'eiie jugera le cabinet Godbout à ses oeuvres, constate que le toit que M.Godbout garde les portefeuilles de la colonisation et de l'agriculture augure bien."C'est la première fois que colons et agriculteurs sont aussi largement représentés", ajouta-telle, ayant noté que M.Godbout, agronome et cultivateur authentique, s'est adjoint un autre agriculteur, M.Thisdel, dans le ministère.Et le "Droit", d'Ottawa, qui recrute une partie de son public dans l'ouest et le nord ouest de notre province, écrit que "ce qui frappe à première vue, c'est l'intention manifeste de choisir le plus possible des hommes qui n'appartenaient pas à ce qu'on appelait "la vieille gang"; et il déclare que le peuple devra accorder à M.Godbout sa collaboration, dans l'accomplissement de sa tâche en vue d'operer la réforme de l'administration.D'autre part bon nombre d'hebdomadaires déjà pa rus, et qui furent, au temps de M.Duplessis, assez fa vorables à son administration, se déclarent tout à fait satisfaits du nouveau ministère.Il débute donc dans une atmosphère favorable.* * * On entend néanmoins parler de mécontents ou de gens ignores et qui eussent dû recevoir la récompense de leurs efforts, selon leurs partisans, mais ne l'ont pas reçue.C'est ainsi, par exemple, que tout un groupe d'électeurs du comté de Laval, a qui l'on avait fait comprendre que M.Leduc,—ancien ministre de la voirie aux débuts du régime Duplessis, et qui se porta candidat libéral à l'élection du 25, faisant toute l'élection a ses 1 frais, et battant le candidat de l'Union Nationale, — sont déçus de voir que leur homme n'a pas reçu le portefeuille de la Voirie, attribué à M.T.-D.Bouchard en même temps que celui des Travaux Publics.Ils sont d'autant plus étonnés meme qu'à Québec un ancien collègue de M.Leduc dans le ministère Duplessis, M.Oscar Drouin, fait partie du nouveau ministère, avec le portefeuille des Affaires municipales, du Commerce et de l'Industrie, et siégera tout à côté de M.Godbout, en liaison avec M.Bouchard.Pourquoi M.Leduc n’a-t il pas reçu le même traitement?demandent ses partisans et ses amis.Ils trouveraient la réponse au "Reform Club".M.Leduc est l'un des candidats à un portefeuille que le petit groupe dominant le "Reform Club" de Montréal a su faire écarter, vu qu'il connaît trop bien les affaires et que, dans la distribution au patronage, sa présence aurait pu être fort gênante.Même avant la victoire du 25 octobre il s'est (ait une campagne sournoise contre la candidature de M.Leduc dès lors mise d'avant par ses amis, qui arguaient de ses connaissances d'ordre technique indiscutables.On a même invoqué contre lui le fait que M.Duplessis lui avait demandé sa démission et donc qu'il devait y avoir des griefs sérieux contre lui, — alors que ceux qui ont invoqué cela furent les premiers à dénoncer M.Duplessis pour avoir "calomnié et traité de façon infamante M.Leduc".La politique de coulisses a de ces subtilités.* * * Il n'est pas certain, d'auGe part, que M.Athanase David, ancien Secretaire provincial pendant dix-sept ans, sous le régime Taschereau, et dont les amis auraient voulu qu'il reprît ce même portefeuille, accepte la présidence de la Chambre des députes, M.Godbout la lui a offerte en public avec force compliments, dans son allocution à la radio, mercredi soir, alors qu'il a dit compter sur lui pour faire régner de nouveau le calme, le bon ordre, les bonnes manières, la dignité et le decorum à la nouvelle Chambre des députés.M.David, a ce qu'on dit, aurait volontiers pris un portefeuille, mais la présidence de la Chambre ne le tenterait guère.On a même prétendu qu il l aurait refusée, dès l'abord, mais que les conseils de ses amis auraient prévalu, qui lui demandaient de ne pas sc décider si tôt; d'autant que l'élection du président de l'Assemblée législative ne se tait qu au debut de la première session d'un nouveau parlement.En l'espèce cela irait vers le 10 janvier prochain.On rapporte en tout cas que la candidature de M David dans le comté fédéral de Saint-Jacques, à l'election complémentaire du 18 décembre prochain, reste pos-j sible.M.David n'aurait qu'à remettre par écrit sa démission de député provincial de Terrebonne aux mains du premier ministre québécois, et à s'inscrire pour le comté fédéral de Saint-Jacques, où il briguerait m succession de M.Fernand Rinfret.S'il était élu, —- et les circonstances paraissent favorables, — on prétend que l'intervention de M.Lapointe et de M.Cardin le ferait choisir comme successeur de M.Rinfret dans ie ministère King, au titre de Secrétoire d'Etat, portefeuille que M.Lapointe détient à titre intérimaire, en même temps que celui de la Justice.Il reste à voir si les jeunes libéraux montréalais qui aspirent à la candidature dans Saint-Jacques consentiraient à s'écarter devant M David qui, disent-ils, serait, tout comme eux, tout à fait neuf dans la politique fédérale.* * Ÿ La nouvelle se confirme que Me Edouard lelliei, principal organisateur d'élections pour le compte du parti libéral, font provincial que fédéral, dans la region de Montréal, va succéder à M.Savoie, à lo direction générale de la Régie Provinciale des Alcools.M.Telher, à ce qu'on sait, est prêt à accepter ce poste fort bien lémuncré, — il rapportait $14,000 par an a M.Cordeau, président du bureau de régie, au temps du régime Taschereau, tandis que M.Savoie, successeur de M.Cordeau, sous le régime suivant, et unique administrateur, recevait $11,000.D'autres nominations à dos postes importants feront une demi douzaine de gens heureux, dans les cercles libéraux montréalais, d'ici la fin de novembre, avant la Noël en tout cas.La reconnaissance se concilie plus ou moins avec l'économie .* * -Y- On aura noté dans les statistiques parues dans le "Devoir" dès hier et compilées par la "Canadian Press" pour 84 des 86 comtés québécois, — l'un, Charlevoix-Saguency, élit toujours un ministériel, puisqu'il vote une fois le résultat connu pour le reste de la province, et donc il ne figure pus dans cette statistique, — que la majorité populaire du gouvernement Godbout sur les autres partis est de 30,000 voix pour tous ces 84 comtés.Les libéraux, ayant reçu environ 53 pour cent des 546,000 voix données — soit 287,700 voix, — le 25 octobre dernier, auraient eu, avec le régime de la représentation proportionnelle, 44 députes; les partisans de l'Union Nationale, avec 217,000 voix, soit environ 40 pour cent du vote total, auraient eu dans le même cas 34 députés; et le groupe cct'onniste de M.Paul Gouin, avec 25,000 voix et 4.6?o des votes donnés, aurait eu droit à 4 députés; les autres groupes, a 2 députés, sur un total de 84 élus.Avec le régime proportionnel, en 1936, les nationaux auraient eu d'après la répartition du vote populaire total o cette élection, 50 députés, les liberaux 37, et les autres groupes, 3, sur un total de 90 comtes.Ou i on voit qu'à tour de rôle les partis souffrent préjudice du régime présent de la répartition des votes, et que les électeurs sont plus ou moins jusfements représentés, en tout état de cause.— G.P.-* * ?Pour donner la troisièrm de la série nui s’intitule guerre ’, Radio-Canada m Bovey.Pourquoi ne pas M.Ceorge McCuilagh?> des causeries 'le Canada en nie le colonel faire reparler Par le temps qui court, le public n'a pas tant d'occasions de s’amuser et de rire.* * » Une distraction d'ordre typographique nous a fait appeler, hier, M.Pierre-Emile j bec, M, Pierre Ecole Coté.Le typo a' sans doute voulu dire que M.Côté allait i ! faire école, en tant que ministre.* » * — Qu’cst-ce qu’un ministre sans portefeuille?— Un ministre qui ne compte pas s'enrichir en politique?* * » Les évictions de Caughnawaga démontrent une fois de plus que nos Indiens sont de parfaits civilisés.* * * John Bull a une haute idée de lul-I môme et aussi de notre blé.Un porte-! parole du gouvernment anglais dit que j ie blé canadien est de trop bonne qualité pour qu'on l'achète à bas prix et .qu'on en nourrisse les bestiaux.Quand i le temps sera venu, John Bull se réserve i de consommer lui-même le blé du Cana-I da.Ça sera fout honneur pour notre i blé et tout profit pour le Canada.mais j profit tardif.J.« Grincheux LE DEVOIR, MONTREAL, VENDREDI 10 NOVEMBRE 1939 VOLUME XXX — No 26S Les cours Bruneou Louis Hémon de Le romon moderne — Les multiples formes de l'exotisme — "Morio Chopdelaine — Roman exotique pour les Fronçais, et régiona-liste pour les Canadiens — Qualités de l'oeuvre __Canadianismes — Quelques taches — Un écrivain-né Dans son second cours du oc- vont «ivct tobre, M.Charles Hnineau « com- \ ment a un lue nié un texte de Louis Ucmon, choisi dans "Maria ( liapilel.iine .J.e distingue professeur a d abord résume revolution du roman moderne.dont la caractéristique principale est la description, par opposition au roman du Xi Ile siècle ou l'on ne trouvait que des états d'âmes.Il a montré les diverses formes d exotisme dans le roman aux \l\e et A AV siècles.Il a ensuite expliqué quelques pages du man de Ucmon, indiquant des fauts de jeunesse dont l auteur se serait corrigé s'il n'était pas mort prématurément, et montrant d autre.part les belles qualités de ce livre.le talent d'un écrivain i fort satisfait des résultats obtenus, à date, mais il ne paraît pas s eu ^ faire.“Cela ne fait que commencer’’, dil-il à ses amis.Avez-vous besoin de bons livres?, Adrcssei-vous ou Service dé Li-goirie du "DE»0IR" *^30 rue No-c-Dome lest), Montreal.ütPROûRAMME DOUBLER “ail- 84 Anderson & Valiquette Comptablcsi-Vérificateurs J,-Char!-':- Anderson LJ-C Jesn Vallauetlc L S C, C.A.LX.C Roméo Carle 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