Le devoir, 29 décembre 1937, mercredi 29 décembre 1937
Montréal, mercredi 29 décembre 1937 REDACTION ET ADMINISTRATION 430 EST.NOTRE-DAME MONTREAL TOUS LES SERVICES TELEPHONE :.BEItir 3351* SOIRS.DIMANCHES ET FETES Administration :.BEIair 3366 Rédaction : .BEIair 2984 Gérant :.BEIair 2239 DEVOIR Diractaur-Gérant: Gaorgtt PELLETIER FAIS CE QUE DOIS Rédactaur an ehafs Omar MEROUX VOLUME XXVIII — No 299 t——.—» TROIS SOUS LE NUMERO ABONNEMENTS PAR LA POSTE EDITION QUOTIDIENNE CANADA.$ 6.00 (Sauf Montréal at la banliaua) E.-Unis at Empira britanniqua .• 8.00 UNION POSTALE.10.00 EDITION HEBDOMADAIRE CANADA.2.00 E.-UNIS at UNION POSTALE .3.00 Sur trois récentes “affaires” en France Des "Cagoulords" a Tardieu et de la famille d'Orléans au trio Maurras-Daudet- Pujo-Un complot risible, une rupture retentissante, une querelle sauvage- Les forces d'ordre en désordre devant les forces du désordre Grève générale du transport à Paris (Voir page 3) Chronique Henri Pourrat Paris, décembre 1937.Trois affaires ont défrayé dans ces derniers temps la chronique politique française: celle des Cagoulatds, celle de la rupture ouverte entre le duc de Guise et l’Acfion Française et celle du démêlé Tardieu-de La Rocque.Aucune n’est particulièrement reluisante, si toutes ont préoccupé, jusqu’à l’approche des fêtes de Noël, l’attention des gens qui lisent dans les quotidiens autre chose que les récits à sensation du procès de Frédéric Moyse et de sa femme, accusés d’avoir fait mourir de misère un enfant I lui, ou de l’affaire Wieldmann, réfugié allemand, qui a commis cinq meurtres en cinq mois, dans la banlieue de Paris.Quelle boue et quel sang “à la une” de tant et tant de journaux parisiens! as Et d’abord les Cagoulatds.11 y a plus d’un mois, le ministère de l’Intérieur apprenait à Paris et au reste de la France, en termes aussi grotesques que grandiloquents, la découverte d’un nouveau complot contre la République.La République l’avait échappé belle.En vingt endroits différents du territoire français, des policiers avaient découvert des dépôts d'armes, de mitrailleuses, d’amas de cartouches.Cela avait commencé par une mitrailleuse, une vingtaine de vieux pistolets, une ou deux centaines de fusils: bref, de quoi faire trembler sur ses assises un régime pourtant solidement établi, au dire de ceux-là mêmes qui dénoncèrent le complot.Des semaines passèrent, d’autres cachettes d’armes virent le jour, grâce à la vigilance empressée de ceux qu’on appelle chez nous des “fins limiers”.Il y eut même des arrestations, dont une ou deux, en particulier celles du La querelle Tardieu-de La Rocque a eu comme annexe l’instruction récente de toute une série de procès intentés par le colonel de La Rocque à un groupe de quotidiens pour la plupart d’idées conservatrices, assignés devant les tribunaux pour avoir répété tels propos du duc Pozzo di Borgo contre le chef des Croix de Feu.Rarement a-t-on assisté en France, où les procès politiques relèvent d’ordinaire de l’esthétique des courses de taureaux plutôt que des règles élémentaires de la justice, à un aussi vaste débordement d’accusations, de contre-atcusa-tions, d’insinuations contre la vie privée des gens mis en cause, de citations de documents d’ordre intime, qui n’avaient rien à voir au débat, et qu’on s’est jetés à la face entre avocats et parties aux procès, avec une fougue et un emportement qui n’ont rien de judiciaire, encore moins d« judicieux, dans une mêlée dont presque tout le monde est sorti sali, meurtri, blessé à mort dans sa réputation.On eut le spectacle de gens civilisés devenus soudain cannibales et qui, non contents de vouloir dévorer tout net leur adversaire, prétendaient du même coup mettre au pal sa famille, ses collaborateurs et ses collaboratrices, et même sa feihme.Spectacle sauvage, scènes d’assises cruelles où l’homme est tout près de la bête féroce.De tout cela, qui est sorti jusqu’ici le plus diminué, au dire même de ses amis de jadis?Moins de La Rocque que Tardieu lui-même; car s’il était vrai que de La Rocque aurait reçu des fonds secrets dont disposait Tardieu — Tardieu le jure, de La Rocque jure avec autant de véhémence que Tardieu ment — il reste que Tardieu, mis en cause par le duc Pozzo di Borgo, ancien collaborateur de D’une prodigieuse fécondité, ce jeune et gratta écrivain d'Auvergne entasse les oeuvres robustes et sai nés.Imprégnées d’une saveur d’an-Ciennete, ties arômes de la montagne et des forêts, voici tout d'abord la série des romans: Gaspard des Montagnes, A la belle bergère, Le pavillon des amourettes, La tour du Levant, qui, aidant par les personnages que par les paysages, rappellent en maints enaraits le Canada français.Il faut signaler en secontl lieu Les contes de la bûcheronne.Dès aujourd’hui, ils prennent une allure classique qui ne saurait tromper: c’est tassé, c’est dur, c’est solide, original et savoureux: c’est taillé dans du granit de montagne qui ne sait ni s’effriter, ni se désagréger.L’auteur a trempé sa plume dans de ta sincérité, de la verve, du naturel, de la force, de la simplicité; dans l’histoire, pdr exemple, de ce bonhomme qui sc nommait Quatorze, il atteint certainement le grand art du genre.Parmi les volumes à préférer dans cette collection de grand choix, pourquoi ne pas mentionner aussi, dans la série des Beaux pays, celui qui a pour titre: Au fort de l’Auvergne?Texte et illustrations forment un ensemble d’une rare perfection et d’une riche texture.Le premier est aussi riche, descriptif, vivant, lumineux que les autres; unis, ils nous entraînent dans un pèlerinage sur Bloc-notes De qui parlez-vous?L’élection de Lotbinièrc a suscite de bien curieux commentaires dont certains, s’ils en ont jamais connaissance.devront singulièrement surprendre les électeurs de Lotbinièrc.Ainsi, la Gazette de ce matin, fort heureuse du résultat, disait en premier-Montréal: La seule dns Téléc tic fense et des devoir révéler quoi que ce fût des actes qu'il avait posés dans la coulisse en sa qualité de chef de gouvernement pour affermir son régime ou son règne, grâce à l’usage des fonds secrets.M.Pierre Laval, mis en cause par M.Tardieu, n’a rien voulu révéler de ce qu’il considérait être, lui, secret d’Etat.D’autres anciens ministres, assignés au tribunal, se sont aussi récusés.Au surplus, on dit couramment à Paris, dans des milieux d’ordinaire bien renseignés, qu’en fait les fonds que M.Tardieu prétend avoir versés par mensualités au colonel de La Rocque ne venaient pas tant des coffres de l’Etat que de la cassette particulière de tels et tels groupements de grands patrons, de grands industriels, de grands marchands, tous intéressés à faire servir leur argent au maintien d'un ministère et d'un régime dévoués à leurs intérêts tout autant qu'à ceux de l’Etat, ou qui, du moins, confondaient ensemble tous ces intérêts et ont bien pu aussi confondre les fonds.Le vrai, c’est que dans les milieux les plus divers, les plus désabusés, 1rs plus sceptiques, comme dans les milieux les plus respectueux des traditions parlementaires et des us et coutumes du régime républicain, on s'accorde à rconnaître qu’en voulant percer de part en part de sa lame le colonel de La Rocque, M.Tardieu s’est lui-même fatalement enferré; au point que jamais plus il ne pourra tenir le moindre rôle un tant soit peu important dans la vie politique française.Et aussi que s’il veut tant cette réforme des moeurs et des institutions parlementaires qu’il des divers, Toucher terre, il a analysé quelques oeuvres canadiennes; il n’a pas oublié M.Damasc Polvin, mal connu chez nom, dont les oeuvres renferment parfois de si bettes parties, et qui joint souvent au meilleur réalisme une poésie de grand style.Et mmnlenant, en un volume édité par Gallimard, M.Henri Pourrai nous révèle Le secret des coitip'i-gnons, c’est-à-dire des modestes gens, artisans et paysans, qui exercent leur métier avec amour et avec art.Tout d’abord, Tàtotcur rencontre ses personnages: vannier, jardinier, potier, couvreur, papetier, scieur de long, sabotier, vigneron; il nous présente ses modestes et consciencieux ariistes; puis il nous dit la chanson et nous rapporte un conte qui se rattache à chaque profession.Et parce qu’il remonte souvent le cours du passé, qu'il parle de métiers tombant en désuétude, M.Pour-rat décrit encore une fois, et sans le savoir, des moeurs et des choses de chez nous; il atteint la grande veine agricole, arlisone et paysanne de la race française, ce tuf souterrain qui parle pour ainsi dire toute ta nation.Il lutte, lui aussi, pour la conservation des arts domestiques, ou duc Pozzo di Borgo et du général Duseigneur.eurent de L» Rocque qu’il dénonce maintenant, a dévoilé par les hauts lieux, parmi les monts, tes quelque retentissement, surtout dans la presse d’extrême «™rs le chef des Croix de Feu’.dts secrets
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