Le devoir, 23 août 1937, lundi 23 août 1937
VOLUME XXVII! - No 194 Montréal, lundi 23 aoét 1937 REDACTION ET ADMINISTRATION 430 1ST.NOTRE-DAME MONTREAL -a TOUS US SERVICES TELEPHONE t.BEItir 1361* SOIRS, DIMANCHES ET PETES Administration :.BEtalr 3366 Rédaction : .BEIalr 298* C4r*«t *.BEIair 2239 DEVOIR Diractaar-Céraat t Georges PELLETIER FAIS CE QUE DOIS Rédacteur an etiaf t Omar HEROUX L’Association acadienne d’Education du Nouveau-Brunswick Une inituitive importante Pourquoi il faut y applaudir — Les oeuvres qui Tont précédée Noos avons brüvemenr signalé l’autre jour la fondation, on plutôt la reconnaissance officielle par le Congrès de Memramcook de VAttociation acadienne d’Education du Nouveau-Bcuntwick.C'est un fait sur lequel il faut revenir, car c’est probablement l'un des plus importants qui se soient produits chez nous en ces dernières années.Qu’il y ait grand besoin de mener dans toute l’Acadie, et au Nouveau-Brunswick comme ailleurs, une forte campagne pour le relèvement de l’école primaire, pour •on adaptation aux nécessités acadiennes, c'est chose que personne n’ignore de ceux qui s’intéressent le moindrement lux affaires d’Acadie.En fait, les Acadiens n’ont pas attendu le Congrès de Memramcook pour voir ces nécessités et s’en préoccuper.Le comité provisoire de l’association qui vient de s’affirmer au grand jour existe depuis un an.Mais le Congrès a sanctionné le travail fait déjà, décidé de lui imprimer une impulsion nouvelle.Non seulement il a approuvé ce qui s'était fait au Nouveau-Brunswick, mais il a invité les autres groupes acadiens à faire de même, s’ils le jugent à propos.* * * Nous avons déjà dit pourquoi l'Auociation d’Education du Nôuütau-Btumwick s’est donné une base provinciale, pourquoi il en sera de même de celles qui pourront être fondées demain.Cela tient aux conditions mêmes de la vie scolaire chez nous.Toutes les questions d’instruction publique relevant des provinces, il s'ensuit que c’est sur le terrain provincial, législation et règlements, que doit se poursuivre l'effort des minorités.Du reste, même quand l’objectif est le même et que.dans le fond, les lacunes à combler, les erreurs à rectifier ne diffèrent pas beaucoup, les circonstances de temps et de lieux peuvent imposer des tactiques différentes.Ce qui n’empéchera pas, naturellement, les associations provinciales d’échanger à l'oceusion des observations et des renseignements utiles, de se donner un solide coup d’épâule.* * * ' Nos amis de l’Acadie ne tentent point une expérience sans précédent, où ils auront tout à découvrir.Il existe, ou le sait, chez nous d’autres associatiôns d’éducation dont l’oeum est considérable, magnifique, peut-on dire, sans forcer les termes.C’est l’Association d’Education de VOntatio qui a mené la grande bataille pour l’école bilingue en Ontario, qui, aujourd'hui encore, s’emploie à améliorer méthodiquement la situation de la minorité franco-catholique.C’est VAssociation d’Education du Manitoba qui, après le rude assaut de 1916, a pris en mains la direction de la résistance franco-catholique et bâti un régime de fait qui assure ta vie de la minorité.En Saskatchewan, en Alberta, sous des noms différents, d'autres sociétés ont fait, font encore une besogne analogue.Suivant une expression qui a fait fortune, les unes et les autres sont devenues de véritables ministères d'action nationale.* * * Par la force des choses, en Ontario et au Manitoba, les associations d’éducation se sont occupées de tout ce qui concerne la vie de la minorité franco-catholique.Peut-être en Acadie, où existent déjà les deux Assomptions, qui groupent par-dessus les frontières provinciales.—- par-, sjx m0|s jj aura pour *ffefd;éni~ dessus même les frontières d’Etat — les hommes d’action r pécher, entre autres choses, ces éta-nationale, l’objectif des associations d’éducation restera-t-il ^ Bloc-notes Trois fois désavoué lois provinciales fédéral est une Le désaveu de par le gouvernement procédure assez rare, au temps présent.On a dit qu’à venir au récent désaveu des lois Aberhart par l’Etat fédéral, celui-ci n’avait jamais eu recours à cette procédure depuis dix ou douze ans.D’aucuns l’estimaient même tombée en désuétude.Ce qui est vrai, c’est que c’est une procédure exceptionnelle.On se demande ce que va maintenant faire M.Aberhart.Il a commencé par proclamer un moratorium envers les établissements de crédit.Il durera plus limité, plus spécifiquement restreint aux questions scolaires.Cela ne l’empêchera pas d’être très considérable, très important et d’exiger le dévouement et l’effort de maints hommes de bonne volonté.Il y aura tant à faire, non seulement pour obtenir une législation, des règlements qui assurent à la minorité un régime convenable; mais, ces règlements et cette législation obtenus, pour être certain que la minorité en tirera tout le profit possible.Jamais, dans ce domaine, la besogne ne sera complètement terminée, car il faut compter, non seulement avec l’hostilité ou l’ignorance d’un certain nombre de gens, mais aussi avec un ensemble de circonstances dangereuses, avec la faiblesse, les distractions surtout d’un certain nombre de ceux-là mêmes pour qui l’on travaille.* * * Et tous ceux qui ont quelque sentiment des réalités savent bien qu’il ne suffit pas de gagner que l’on mette sur le papier un texte de loi ou des règlements favorables pour avoir vraiment gain de cause, qu’il faut encore avoir des hommes (et des femmes) qui puissent les appliquer, qu'il faut créer une atmosphère qui favorise le travail de ces hommes.C’est une rude tâche.Mais le simple fait qu’on a créé l’Association d’Education démontre que ceux qui out pris l’initiative de cette dent bien compte de la difficulté et de l’importance de cette oeuvre (et qu’approuvent à fond leurs évêques), se rendent bien compte de la difficulté et de l’importance de cette tâche; le fait aussi que, depuis un an, ces hommes travaillaient dans le silence, sans solliciter la publicité, est particulièrement remarquable et significatif.Voilà des gens qui, évidemment, tiennent plus aux résultats qu’au tapage.if, SK if, Au fur et à mesure que se développera l’oeuvre de l’Association acadienne d’Education du NouVeau-Btunt-wick, nous lui donnerons toute la publicité qu’elle jugera convenable.Mais nous voulions tout de suite lui dire notre profonde sympathie, ainsi que nos souhaits de succès.Elle n’ignore point, nous l’espérons, que, si quelque jour elle a besoin de nous, nous serons toujours prêt», selon l’expression des Acadiens de la Louisiane, à haler | avec elle.Omar HEROUX Jissemenls de sortir de l’argent de la province d’Alberta.C’est un commencement de riposte au désaveu des lois dirigées contre les banques iqufers par la Chambre des Ibertains.M.Aberhart vou- et les ban députés ai ________ dra-t-il convoquer une nouvelle session des députés pour réaffirmer les lois déjà désavouées?Il faudrait, en Ce cas, que le gouvernement d’Ottawa lés désavouât de nouveau, la session finie et les lois sanctionnées.Cela rappelle, à ceux qui ont quelque connaissance de l’histoire constitutionnelle du Canada, que vers 1881 une loi ontarienne votée afin de disposer d’un procès en cours, par rapport au flottage du bois sur des rivières ontariennes, subit un triple désaveu, le gouvernement provincial de Toronto l’ayant votée trois sessions consécutives et Ottawa l’ayant répudiée chaque fois.Entre temps, le Conseil privé rendit jugeméni en faveur du fouvernement provincial.Celui-ci it édicter une quatrième fois la loi, qui resta dans les statuts, où elle est encore.Ottawa ne bougea plus.Si M.Aberhart fait de nouveau voter ses trois lois, le pouvoir central n’aura d’autre ressource que de les désavouer encore.A moins que dans l’intervalle le premier ministre al-bertain ne consente à la proposi- FOLUME XXVII! - No 194 , ' TROIS SOUS LE NUMERO ABONNEMENTS BAR LA ROSTI EDITION QUOTIDIENNE CANADA.$ «.00 (Sauf Montréal et banlieue> E.-Unls et Empire britannique .8.00 UNION POSTALE.10.00 EDITION HEBDOMADAIRE CANADA.200 E.-UNIS at UNION POSTALE .3.00 L.a.l 1 ' .—'¦¦mi-i; ACHANGHAI Un gros obus fait an moins 250 morts et 400 blessés Cet obus qui o ravagé le centre de la concession internationale cet après-midi a explosé sur la route de Nankin, principale voie de communication du quartier des grands magasins de détail LA POLICE CROIT QUE LE NOMBRE DES TUES S'ELEVE A 400 ChanghaT, 23 (S.P.A.).— Un gros obus, dont on ne conaait pat l?point de départ, a fait au moim 250 morts et 400 blesséa au centre de la concision internationale, cet après-midi.Parmi les victimes, il y a plusieurs blancs.Un correspondant du Times de New-York, M.Anthony Billingham.a reçu des blessures graves.CHUTE D’UN AUTRE OBUS Un autre obua est tombé dans le magasin que la marine de guerre des Etats-Unis possède dans le sud de la concession internationale, mais il n’a pas explosé.Des officiers des Etats-Unis font une enquête.Il y avait un grand nombre de personnes dans le magasin lorsque le projectile l’a atteint.MAGASINS RAVAGES L’obus qui a ravagé le centre de la concession a explosé sur la route de Nankin, qui est la principale - voie de communication du quartier des grands magasins de dé- tail.Il y avait foule.Le projectile a ravagé le magasin d# la firme Wing On et démoli la façade de celui de la firme Sincere.Il y avait foule sur la route et dans les deux établissements.De nombreuses étrangères faisaient des emplettes.La police croit que le nombre des tués s’élève à 400.PROJECTILE CHINOIS OU JAPONAIS Certains experts militaires disent qu’il se peut que l'obus ait été un projectile japonais de 120 livre».Des navires de guerre japonais lancent des obus de ce poids aujourd'hui, pour assurer le débarquement de renforts.Ces experts font remarquer qu'un faible écart de haussa a pu causer la catastrophe.Mais il est possible qu’un canon chinois ait lancé l’obus.Les magasins atteints étaient pourvus de restaurants, de salles de danse et de jardins sur le toit, comme l’était le Neiv World Emporium, qu'une bombe a ravagé il y a moins de 10 jours.lion d’abord faite par M.King, et tout de suite écartée, à savoir de soumettre toute l’affaire à la Cour suprême du Canada.Il est improbable que M.Aberhart y consente, puisqu’il a déjà refusé d’en agir ainsi.D’où le désaveu qui a suivi.G.P.Lottro d'Europe Billet1 du soir Dans les nouvelles On trouve tant de récit» d’atrocités, sons de (/rondes manchettes, Kians ta presse, en général, qu’il n’est pas mauvais de 'souligner un acte d’héroïsme accompli par un jeune interne new-gorkals, il g a une dizaine de jours, — au temps où il faisait une chaleur infernale dans celle grande ville.Deux fillettes jouaient sur le toit d’une maison de rapport, dans un quartier populeux.Sautant d'un toit a l’autre, elles enfoncèrent soudain à travers la couverture mat bâtie d’un ancien lanterneau.Elles tombèrent d’une hauteur de quatre-vingts pieds an fond d’un puits d’une largeur de douze pouces carrés à l'extrémité inférieure.L’une d’elles se tua net.L’autre évita la mort instantanée.On appela la police, puis les ambulances.Un policier, descendu au bout d'un câble, remonta la fillette morte et dit: “Impossible de remonter l’autre, elle parait avoir l’épine dorsale rompue.Il faudra défoncer le mur à l'étage où elle est, pour ta sortir." L’enfant gémissait de douleur.On l’entendait.Un interne, Philip Zoller, du Flower-Fifth Avenu Hospital, arrivé.sur les entrefaites, demanda qu'on le descendit au bout d’un câble dans l’étroit espace où disait l’enfant.La police fit des objections.Il Insista : “L'enfant a besoin de auelQu’un avec elle, descendex- fof”.Au bout du câble, Philip oiler, tenu à force dé bras par cina hommes, se lança nu fond du lanterneau.Il réussit à parvenir âuprès de l’enfant blessée."N'aie pas peur, je suis là.je suis médecin, ie reste avec toi, du secours va venir", lui dit-il.la caressant doucement.H lui donna un calmant, l'examina du mieux qu'il nul.se rendit compte qu’elle avait l'épine dorsale rompus, la jambe et le bras droits cassés, des lésions internes.bref au’elle ne vivrait pas.Néanmoins, deux heures de temps, au fond du pulls, où U faisait une I chaleur extrême, Zoller resté avec la fillette, l'encouragea, lut parla, lâchant d'aUéqer sa souffrance, lui ! épargnant la solitude et la frayeur.Tout ce temps-là, des hommes travaillaient à briser le mur.vis-à-vis de l'endroit où Zoller et la fljlette étaient enfermés.Cela prit de Ion-' gués minutés.Enfin, un trou sou-1 vtit dans la muraille.Zoller se coucha dans Toui>erture et, lentement, doucement, afin de ne pas faire mal 1 à l'eùfant, il la glissa sur son corps, ! jusqu à ce qu’elle fût assez hors de sa prison pour que des ambition-! cters la missent sur leur brancard.Jeune, — tl y avait six semaines ! à peine au’ll venait de sortir de ! l’école de médecine, — Zoller était exténué, sale.Couvert de poussière et de sueur.Ut ambulancier» »t un En pays neufs A la découverte du Nord-Ouest québécois et minier Une tournée de la Chambre de commerce de Montréal qui s'est présentée comme une célébration bien opportune et utile de la fête nationale — Une industrie en pleine révélation, celle des métaux précieux — Toronto nous a devancés — A nous de reprendre le temps perdu La (par Emile BENOIST) I Chambre de Commerce de Montréal a pris cette année, à l’occasion de la Saint-Jean-Baptiste, une initiative éminemment heureuse et louable, presque hardie.Initiative qui tenait en tout cas de l'innovation.Comme la fête nationale toinbait*au beau milieu de la semaine, un jeudi, elle s’offrait comme une invitation à prolonger le congé, à “faire le pont” jusqu’au lundi suivant.La Chambre de Commerce en a profité pour organiser, à l’intention de ses membres, une excursion à travers l’Abitibi et le Témis-camingue miniers, région québécoise à peu près généralement ignorée des citoyens québécois qui ne l’habitent pas.Cette ignorance, soit dit en passant.peut expliquer comment 11 se fait que ce sont des gens de l’Onta- médecin qui était là voulurent le renvoyer se reposer.“Pas du tout.Celle enfant-là me connaît, maintenant, je ne puis la laisser s’en aller seule à l'hôpital", répondit-il.Il l’y accompagna, lui tenant la main, lui parlant.Elle était heureuse de l'avoir à côté d’elle.Elle mourut, deux heures plus tard, lut souriant.Alors, alors seulement, il convint qu'il était rendu à bout de forces.Il avait fait son devoir.Mais, à un journaliste qui lui disait son admiration, Zoller répondit: “It is all In the day's work .Dans les gazettes populaires, on lui donna quelque» lignes, aux faits divers.Il n’avait scalpé, enlevé, blessé, tué personne.Meurtrier, sur-ti * ‘ ‘ tout pour un crime passionnel, ait fût devenu une sorte de héros.Aujourd'hui, on s'est hâté de l'oublier.Ce n’est ni un gangster nt un acteur de cinéma aimé des jeunes filles.C'est un simple héros.Jean LABRYE rio et des Etats-Unis qui ont jusqu’à présent financé et exploité, à leur profit comme de raison, la plupart des entreprises minières de là-bas.Le voyage de la Chambre de Commerce, pour faire connaître une région neuve de la province à un groupe de nos hommes d’affaires, prenait pour ainsi dire l’allure d’un coup d’audace.Quelques jeunes de la Chambre de Commerce cadette y étaient peut-être pour quelque chose, —- la jeunesse est toujouri rieuse jeunesse est toujours eu de savoir — de même que quelques autres qui se sont déjà laisse attirer par l’industrie minière et d’autre manière que par des spéculations boursières.Quoi qu’il en soit, l’entreprwe a réussi.Un bon nombre de Montréal, des industriels, des marchands, des financiers, si courte qu’ait été leur visite là-bas, ont fait connaissance avec le nouveau Québec minier et ils peuvent maintenant avoir personnellement une idée de ce que représenteront pour Montréal et le reste de la province les nouvelles routes carrossables, depuis si longtemps promises et qui se construisent enfin, de Senneterre ver* Rouyn et vers Mont-Laurier, ainsi que' le nouvel embranchement ferroviaire du Canadien National, dont le ballast se pose, de Senneterre jusqu'à Rouyn et Noranda, en passant au coeur même du pays qui s’ouvre.De cette prise de contact, tardive mais partant d’autant plus opportune, il ne peut résulter que dlieureuses conséquences.T * * 11 y* * dix ans en effet que les villes de Rouyn et de Noranda se fondaient.Depuis lors, avec des périodes d’hésitation et même d'arrêt, l’exploration du pays s’est poursuivie.Si l’exploration même a été très souvent le fait de prospecteurs québécois et même canadtens-français, ce sont des capitalistes d’ailleurs qui ont surtout financé les entreprises, en sont par conséquent deve- Uuiis R lM Ml» Une crise politique et religieuse dans les Balkans-Orthodoxes et catholiques en Yougoslavie Nationalité et religion — Diversité religieuse en Yougoslavie — Le concordat, moyen de pacification politique et religieuse — Intransigeance de l'Eglise orthodoxe Le 9 août 1937 A la suite de la conclusion d’un concordat entre le gouvernement Yougoslave et le Saint-Siège, la Yougoslavie passe par une crise politique et religieuse qui présente un triple Intérêt.D’un point de vue restreint, elle affecte la vie politique et morale dé la Yougoslavie et peut avoir un contre-coup sur l’ensemble des choses balkaniques.D’un point de vue plus général, elle se rapporte au problème, très important.qui consiste à faire vivre en paix, dans un même Etat, des populations pratiquant des religions différentes.Enfin, du point de vue plus largement catholique, elle affecte les intérêts d’une population catholique qui.à la suite de la grande guerre, a changé d’allégeance politique.àê Aê Avant d’aborder la question balkanique dont il s’agit, il sera opportun, pour mieux la faire comprendre.de signaler deux questions qui se présentent dans i’Europe occidentale ; celle des rapports entre I’Alsace-Lorraine, la France et l’Allemagne ; puis, celle des rapports entre les Hollandais et les Flamands en ce qui concerne le projet d’une union politique entre eux.Après 1870, alors que la France pratiquait une politique laïque et même anticléricale, surtout en matière scolaire, l'Allemagne avait laissé à l'Alsace-Lorraine le régime qu’elle avait eu sous l'Empire français.Il en était résulté que la France et ses provinces perdues s’étaient développées dans des directions tout" à fait opposées.On a même assuré que des catholiques alsaclens-lorrains prenaient en patience leur allégeance forcée à l’Allemagne.parce qu'elle leur garantissait.en matière religieuse, plus de liberté et de tolérance qu’ils n’en auraient eu dans la France laïque.De la part de l'Allemagne, c’était d'une habile politique de procéder ainsi dans le “pays d’Empire”, resté très catholique.Quand, en 1919, l’Alsace-Lor-raine fit retour à la France.H n'v avait plus, en matière religieuse et scolaire, communauté de sentiment entre elle et l’ancienne patrie retrouvée.L'Alsace-Lorraine était restée ce qu’elle était en 1870, tandis que la- France avait été modifiée par cinquante ans de politique laïque.En France, les partisans de cette politique auraient voulu introduire immédiatement en Alsace-Lorraine le régime français.C’eût été une faute, car les Alsaciens-Lorrains auraient pâti, en matière religieuse et scolaire, d'étre redevenus Français.C’est pourquoi le pouvoir, plus préoccupé de politique nationale que d'idéologie, laissa aux , Altaciena-Lorralns le régime qu'a appelle le forme du M.Herriot et les radicaux arrivèrent au pouvoir, ils firent mine de vouloir pratiquer en Alsace-Lorraine une politique d’assimilation, ce qui v causa une vive alerte.M.Poincaré la rassura, en lui promettant qu’elle garderait son régime spécial “aussi longtemps qu’elle le voudrait”.C’était un peu vague, car sa "volonté” ne pourrait s’exprimer que par un plébiscite.En fait.Jes radicaux n’ont pas renoncé à “assimiler” l’Alsace-Lorraine, autrement dit à la “déclérlcaliser”.Quoi qu’il advienne, l’exemple de l’Alsace-Lorraine est typique en ce qui concerne les ménagements qu’il est opportun de témoigner, eu matière religieuse, A des populations qui changent d’allégeance politique.Passons au cas de la Hollande et de la Flandre.Comme on le sait, il y a, parmi les Flamands, ou flamingants, qui sont mécontents du régime actuel en Belgique, un projet qui tend à la création d'une Orandç-Néerlan de.Il s’agirait de créer un Etat qui réunirait les Hollandais et les Flamands.Les uns et les autres sont de la même race et parlent la même langue, car ce qu'on a “flamand” n’esf qu’une néerlandais.Mais les Hollandais sont protestants, tandis que les Flamands sont catholiques.C’est pourquoi cette question religieuse éloigne du projet d’une Grande-Néer-lande aussi bien des Hollandais que des Flamands.De part et d'autre, on craindrait que l'union ne portât atteinte à l’individualité culturelle et morale de chacune des deux parties unies.* * * Transportons-nous maintenant en Yougoslavie, Cet Etat comprend deux parties très différentes, l’ancien royaume de Serbie agrandi du Monténégro, et les territoires, précédemment austro-hongrois, qui lui ont été annexés après la grande guerre: Slovénie, Croatie.Dalmatic, Slavonie, Voïvodina, ou Banal de Témesvar, Bosnie-Herzégovine.Au début, le nouvel Etat s’est appelé le royaume des Serbes, Croates et Slovènes.Cette dénomination avait pour but d'exprimer une réalité, en ce sens que la population du nouvel Etat était surtout composée de ces trois peuples.Mais elle avait aussi pour raison d’être de donner satisfaction aux Croates et aux Slovènes qui ne voulaient pas que, dans le nouvel Etat, leur individualité fût complètement négligée au profit des Serbes, Déjà alors, il y avait des tendances à l’autonomisme, sous la forme d'un Etat fédératif tripartite.Mail la politique de l’unité et de la centralisation l’emporta.Le nom même du nouvel Etat fut changé en celui de Yougoslavie, c’est-à-dire Slavie du Sud.Quoiqu’il n'y ait nas eu de plébiscite proprement dit, — pas plut la plupart des pays qui changèrent d’allégeance à la suite de la guerre, — on admet assez généralement que les Yougoslaves sujets austro-hongrois désiraient être réunis à ceux des Balkan*, c’est-à-dire aux Serbes et aux Monténégrins.Avant même la fin de la guerre, leur* députés au Parlement autrichien-avaient demandé qu’ils fussent sé- Earés de la Monarchie des Habs* ourg.D’autres manifestations se sont produites dans le même sens.Si l’on fait abstraction de quelques éléments hétérogènes, il y a unité de race parmi la population yougoslave.Il y a presque unité de langue.Le serbo-croate est une langue unique, la seule différence étant que les Croates, comme les autres Slaves catholiques, emploient l'alphabet latin au Heu de l’alphabet cyrillique dont se servent lest Slaves orthodoxes.Quant au slovène, c’est aussi une langue sud-slave, intermédiaire entre le serbo-croate et le tchèque.Mais c’est en ce qui concerne la religion et la culture qu’il y a une grande différence entre Yougoslaves.La Serbie et le Monténégro sont presque exclusivement ortno-doxes, ne comprenant qu'une faible minorité catholique.La Bosnie-Herzégovine est de composition mixte.Il s’y trouve notamment une forte proportion de musulmans de race serbe, mais qui, au temps de la domination turque, avaient embrassé l’Islam.Quant aux autres régions anciennement austro-hongroises, elles sont presque exclusivement peuplées de catholiques.D'après le recensement de 1931, il y avait en Yougoslavie, sur une population totale de 13,934,038 habitants: 6,785,501 orthodoxes; 5,-217,847 catholiques; 1,561,106 musulmans; 175,279 luthériens; 55,890 protestants réformés; 68,405 Israélites.Le reste se répartissait en confessions diverses.Cette différence de religion ;e double, plus qu’ailleurs, d’une différence de culture.Les Yougoslaves orthodoxes représentent l’Orient, la civilisation byzantine.Les Yougoslaves catholiques, pur suite de leur longue vie commune avec l’Autriche et la Hongrie, représentent la civilisation occidentale.C’est presque Byzance contre Rome.On voit maintenant en quoi s'appliquent, à peu près du moins, les deux exemples cités plus haut et empruntés à l’Occident.Comme les Alsaciens-Lorrains, les Yougoslaves catholiques avaient vécu, en Autriche-Hongrie, sous un régime favorable à leur religion catholique.Or, ils étaient réunis à un Etat, non pas laïque, mais d'une religion différente et qui se posait depuis longtemps en rivale de la catholique.D'autre part, il y avait, entre Yougoslaves orthodoxes et Yougoslaves catholiques, une différence du même genre qu’entre Hollandais el Flamands.* ¥ ¥ Au début, la vie commune fut assez aisée, car on ne voyait que l'avantage d’être réunis entre "frères”.Mais, peu à peu, les différences se firent sentir.Chez les Yougoslaves catholiques, surtout chez les Croates, des tendances à l’autonomisme et au fédéralisme se firent sentir.Il se constitua même un parti extrémiste, faible, il est vrai, favorable au séparatisme.D'autre part, les Yougoslaves catholiques eurent l’impression que.en matière religieuse, fis avaient plutôt perdu à cesser d'appartenir à l’Autriche-Hongrie.C’est pourquoi le gouvernement yougoslave, s'inspirant des mêmes considérations qui avaient guidé le gouvernement français dans sa politique à l’égard de i’AIsace-Lorral-ne, comprit l’opportunité d’accorder aux Yougoslaves catholiques un régime qui leur donnât entière satisfaction et qui leur enlevât toute raison de regretter le régime austro-hongrois.C’était d’autant plus Opportun que ce gouvernement voulait, en politique, maintenir le régime unitaire et centralisateur.La politique qui a abouti à la conclusion du concordat avec le Saint-Siège avait donc un double des catholiques; puis, enlever tout aliment à la propagande séparatiste.Dans le grand exposé qu’il a fait à la commission delà Chambre, M.Stoyadinovitch, chef actuel du gouvernement yougoslave, a beaucoup insisté sur les armes qu’on fournirait aux Croates séparatistes, si l’on ne ratifiait pas le concordat.La conclusion d’un concordat concernant les catholiques était d’autant plus indiquée qu® l'Etat yougoslave, par de noüvelles constitutions, avait déjà réglé ses rapports avec l’Eglise orthodoxe et avec la confession musulmane.D’autre part, 1* statut des catholiques était encore réglé par plusieurs accords différems remontant au régime austro-hongrois.Une conséquence de ces accords était que plusieurs diocèses dépendaient d'évêques étrangers qui avaient leur résidence en dehors de* limites politiques de l’Etat yougoslave.Cette anomalie ne pouvait que favoriser les tendances séparatistes, sp i» ig Il est arrivé, à propos de la conclusion du concordat, une chose curieuse et un peu paradoxale.Il a été négocié et paraphé sous le ministère Jevtltch, qui a précédé la ministère actuel.Il est donc, en fait, l’oeuvre de M.Jevtitch.Maiî c’est le 25 Juillet 1935 qu’il a été définitivement signé par M.Stoyadinovitch, arrivé depuis peu au pouvoir.On a tardé à le présenter au Parlement, parce qu’il suscitait une assez vive opposition et qu’on voulait attendre que la situation politique fût assez propice pour que son acceptation fût presque assurée.Or, M.Jevtitch a fini, suivi par se* amis politiques, par répudier sa propre oeuvre.Il en est résulté que M.Stoyadinovitch a dû assumer toute la responsabilité de l’oeuvre de son prédécesseur, ce qui fait que (suite à la page 2) l'iXUmaarwi ûhjÜmÜ du rxxtau ou* bout l’aOributiaa déchut* {jûr« acte de liutica à l'ému;d Le carnet du grincheux “L’on dit une chose assez vulgairement, qu'il ne fut (âmais tant de richesses et d'argent comptant en France qu’il y a • présent.Ce que je pense avec bonne raison très véritable; mais je dirai que jamais les richesses et l’argent ne furent si mal départis.je veux dire que jamais il n’y eut des hommes si ricties et opulents que aucuns sont à présent; au contraire, jamais il n’y eut si grand nombre de misérables qu’en France".On dirait que cela, écrit pour la France, s'applique ailleurs aussi, notamment le fin de la réflexion, et que cela est d’aujourd’hui En fait l’auteur de ces lignes, Du Haillan, écrivait ainsi .en 1588.Comme quoi les profiteurs du genre de ceux de la Dominion Textile sont de tous les pays et de tous les temps.?Y a-t-il guerre?N’y e-t-ll pas guerre?Question sans importance pour la Chine et le japon.Ce qui leur est Important, c’est qu’il* s'entre-tuent.à ?Un hôtelier, qui devrait savoir mieux que cela, traduit sur ses menus: Cuisine canadienne, par Canadian Kitchen.Il aurait dû mettre Canadian Cooking, note justement le Progrès du Coite.Quant 1 traduire, où serait le mal de bien traduire?¦à * ?On a dit que M.Blair Cordon manque de flair.Et de tact, donc! * ?St Si M.Aberhart n'a pas d’argent, on ne peut dire qu’il manque de temps.Ne vient-il pas de proclamer le moratorium dans sa province, quant aux dettes envers les banques et les établissements de crédit?Il dispose du temps.Donc il a de l’argent, s'il est vrai que Time is Money.?gr Qui derit une lettre anonyme, c’est qu'il a honte de ce qu’il écrit, et.même qu'on sache qui il est.Il a aussi honte d’être ce qu'il est, ou qu’on le sache De tout cela à le fois.mime.Et II | raison. LE PIYOIK, MONTREAL LUNDI 23 AOUT lf3r?VOLUME XXVIII ~ Wd W DEMANDEZ LEAD MINERALE naturelle du bassin DM VICHTT LE PARTI NATIONAL MM.Hamel, Drouin et Grégoire à Saint'Jean'Deschaillons Nous avons pour nous le sentiment national, plus fort que l'argent des trusts — M.Duplessis préfère rester fidèle à la dictature économique-M.Duplessis est complice avec la "Dominion Textile" pour briser les contrats collectifs (M.Oscar Drouin) En pays neufs M.Duplessis a manqué à sa parole: il a renié sa signature — Il y aura des ateliers fermés dans la province, parce que le peuple le veut — C'est le gouvernement qui fixera les salaires après entente avec ses amis (le Dr PH.Hamel) ' M.Duplessis nous a tourné le dos pour aller aux trusts (M.Grégoire) (suite de 1« 1ère page) nus propriétaires.La ville de Toronto, forte de l’expérience acquise ?ar suite des découvertes, vers 905 et après, de Cobalt, de Porcupine, de Larder Lake et de Kirkland Lake, en a principaleirtent profité.Son gouvernement n’a pas été lent à comprendre l’avantage qu’il y aurait pour elle d’avoir des communications ferroviaires directes avec les nouveaux centres miniers.Ces communications se sont établies, au moyen d’un rail qui appartient en propre au gouvernement de Toronto.De même pour la voirie.C’est avec Toronto que le Témiscamingue et l’Abitibi communiquent le plus facilement, les routes étant ainsi construites.11 y a déjà plus de dix ans que les premières mines du nord-ouest québécois sont creusées et l’on ne peut encore faire le trajet en automobile de là-bas jusqu’à Montréal qu’en passant par rOntario.L’on comprend alors que Toronto approvisionne cette région, l’alimente.Eau des Carmes Boyer inditpenubl* en voyage Québec.23 (D.N.C.) — Le Parti national a tenu hier une grande as semblée à St-Jean-Deschaillons ou quelques milliers de personnes s é-taient groupées pour entendre les orateurs.La réunion a été très paisible.M.le Dr Roland Lemay, de St-Jean-Deschaillons, et M.Albert Daigle, de Manseau, furent appelés a présider conjointement.M.Paul Bouchard Premier orateur, M.Paul Bouchard, parle de T’immense déception mii a suivi l’arrivée au pouvoir de M.Duplessis”.“Il s’est trouvé déjà, dit-il, des politiciens qui n’accomplissaient fas leurs promesses.Mais jamais on- n’avait vu un premier ministre avoir l’imprudence de dire: “Mes promesses, je ne les remplirai pas”.Nous avons vu M.Duplessis à Beauceville déclarer, malgré la signature donnée au docteur Hamel, que jamais il n’étatiserait la Beau-harnais.Nous l’avons vu déclarer a Chandler qu’il n’appliquera pas une politique pro-canadienne-fran-çaise dans la province de Québec.Et nous venons encore de le voir à Knowlton déclarer qu'il suppléera à la loi des salaires raisonnables la loi des contrats collectifs.Cette dernière violation de promesses nous en avons l’explication dans le fait que la Banque de Montreal, celle avec qui le gouvernement fait ses affaires, a pour vice-président sir Herbert Holt, vice-président de la Dominion Textile, et que M.Blair Gordon, président de la Dominion Textile, est le fils de sir Charles Gordon, président de la Banque de Montréal.C’est toujours le même groupe de trustards qui opprime les Canadiens français.M.Drouin M.Drouin, ex-ministre des terres et forêts, répète les raisons pour lesquelles il n’est pas resté dans le .cabinet Duplessis, on n’a pas vou- mànche publie en gros titre la nou-lu établir une concurrence immé-i vene suivante: M.Oscar Drouin va lâcher le Dr Hamel.Il déclare qu’il sinon, les produits ne se vendent vriers.Il a dénoncé les ateliers fer-pas.tnés.Moi, je réponds: M.Duplessis, il y aura des ateliers fermés dans Les profits reprennent Les affaires reprennent, dit-on un peu partout.On voit ça dans les gazettes financières.Cependant les salaires des ouvriers continuent d’être dérisoires.Messieurs, ce sont les profits qui reprennent.Car les patrons veulent bénéficier seuls des améliorations qui se font sentir.Et c'est la raison de la grève de la Dominion Textile.Les ouvriers veulent avoir de meilleurs salaires et des contrats collectifs.Los contrats collectifs, seul seul moyen pour l’ouvrier d’obtenir justice, sont reconnus en Ontario, dans les autres provinces et aux Etats-Unis.Il n'y a qu’un gouvernement dans toute l’Amerique du Nord, qui ne veut pas les reconnaître, c est le gouvernement Duplessis.Complice de la Dominion Textile M.Duplessis a passé une loi des salaires raisonnables.Cette loi ne vient en vigueur que le 1er septembre.Et M.Duplessis dit: “Je n’appliquerai pas tout de suite la loi des contrats collectifs, qui est en vigueur; j’attendrai la loi des salaires raisonnables qui n’entrera en force qu’en septembre.Pourquoi attend-il, c'est afin de briser la loi des contrats collectifs.Et pourquoi M.Duplessis ne veut-il pas de contrats collectifs?Je n’ai pas peur de le dire: Il est complice avec la Dominion Textile, complice avec tous les gros intérêts pour briser les contrats collectifs.Il espère de cette façon, briser l’autorité morale des Syndicats nationaux et de leurs aumôniers.Les syndicats n’ayant plus de force, les ouvriers seront livrés, pieds et poings liés, à la finance.Pour notre part, nous ne le permettrons pas.Le Dr Homel et M.Drouin M.Drouin dit que la Patrie de di- la province de Québec, parce que le peuple le veut.Vous avez dit à Knowlton que vous rempliriez votre mandat sans peur et sans reproche.Vous avez faussé la vérité.Votre mandat, vous ne le .remplissez pas parce que vous n'appliquez pas le programme pour lequel vous avez été élu.Vous le savez, M.Duplessis, et c’est pourquoi vous avez peur.Vous employez la violence, et il n’y a que les gouvernements faibles et peureux qui se servent de la violence.SI vous n’aviez pas eu peur, et si vous aviez eu la conscience tranquille, vous auriez fêté l’anniversaire de votre arrivée au pouvoir au Stadium, là où 75,000 personnes vous ont acclamé, l’an dernier.Mais vous êtes allé vous cacher dans un comlé anglais.Recul de 50 ans L’orateur parle aussi des contrats collectifs.Il dit que le premier ministre n’en veut pas parce qu'il désire voir l’ouvrier traiter individuellement avec son patron, contrairement aux directives des plus hautes autorités religieuses.Lorsqu’on aura enlevé à l'ouvrier le moyen de traiter collectivement, lorsqu’on aura enlevé aux Syndicats leur influence et presque leur raison d’être, la législation sociale de la province de Québec aura reculé de cinquante ans, mais M.Duplessis sera content.f/est le gouvernement qui fixera les salaires après entente avec ses amis.M.le Dr Hamel termine en parlant de ces pauvres briseurs de grève, en guénilles, qui vont empêcher leurs propres frères de sortir de leur misère.Et il demande aux Canadiens français d’apprendre à s'unir et de savourer enfin le bonheur d'être libres et fiers.diate et sur des points stratégiques au trust de l’électricité; on n‘a pas emprisonné le sénateur Webster; on n’a nen fait pour freiner le trust de la gazoline; on n’a pas voulu transformer le Conseil législatif en Conseil économique; on n’a pas remplacé le système des secours di-Vects par un système de travaux publics à caractère national; on n’a pas donné la prime sur le beurre et le fromage; on n’a pas déchargé les municipalités du poids des secours directs.“Voilà pourquoi nous recommençons la lutte, aujourd’hui.Nous avons été trompés.Le sentiment national a été endigue.Je dis “endigué.mais seulement endigué.Essayez donc, M.Duplessis, de nous arrêter dans notre marche triomphale.Il est vrai que nous avons été trompés et que d’autres profitent de notre victoire sans se soucier de remplir leurs promesses.Mais nous connaissons le sentiment national de cette province, et vous allez voir ça dans quelques mois.Les émeutiers de Saint-Poscal “Je sais que le gouvernement nous craint terriblement.Nous faisons vibrer l’Ame du peuple.M.Lozier M.Donatien Lozier, de la Jeunesse nationale de Drummondville, dit; Il y a là une jeunesse nationale qui ne reconnaît pas d’autres chefs que vous.Il y a là aussi des ouvriers qui font la grève contre le trust du textile.Ces ouvriers souffrent depuis quinze ans dans l’esclavage.Ils comptent sur vous pour qu’on ne leur enlève pas la seule façon de faire valoir leurs droits: les contrats collectifs.Au nom de la Jeunesse nationale de Drummondville, dont je suis le délégué spécial, je vous invite à venir tenir une assemblée dimanche prochain.Et je vous promets que vous serez bien reçus.MM.Hamel et Drouin remercient M.Lozier de son invitation et lui promettent d’être présents.A la prison sViv^nt est M: Eu«ène Unarland, qui s en prend surtout M.L.-J.Thibault, qui est ensuite au député actuel de Lotbinière, M.présenté à l’auditoire donne les rai- j Maurice Pelletier, sons pour lesquelles il a été suspen- I M.Pelletier a essayé de tenir deux du comme gouverneur de la prison | assemblées dans le comté dimanche dernier, dit M.Charland.Vous savez qu’il n’a pas été bien de ses entrepôts.Montréal et la province de Québec ne prennent qu’une mince part de ce commerce intéressant qui se fait pourtant chez nous.Mais nous connaissons si mal notre propre province.Pour ce qui est du Témiscamingue et de l’Abitibi, le plan Gordon et les autres plans de colonisation ont mis devant le public les noms de quelques-uns de leurs cantons; la bourse des mines, celle de Toronto comme de raison, lui en a révélé quelques autres.Combien de citoyens de la province de Québec ne connaissent encore que par la cote boursière les noms de ces cantons: Dasserat, Beauchas-tel, Rouyn, Joannès, Bousquet, Cadillac, Malartic, Fournfère, Dublis-son, Varsan, Bouriamaque, Pasca-lis, Louvicourt, Tiblemont?De bien beaux noms, qui se rattachent au régime français, noms d’anciens gouverneurs, d’officiers du régiment de Carignan, de découvreurs du temps de la Nouvelle-France.mais noms que ni l’histoire ni la géographie n’avaient appris à la plupart d’entre nous.Il a fallu que Toronto s’en mêlât et souvent pour déformer un nom, par exemple, faire Lamaque de Bouriamaque.C’est que la capitale ontarienne s’occupe moins de l’histoire sentimentale et à monuments que de la vie pratique et actuelle.Ces cantons temiscaminguois et abitibiens ne l’intéressent pas.à cause de leurs noms à belle consonance française, mais à cause de la richesse de leur sous-sol.Ce dont nous aurions d’ailleurs dû nous soucier, nous aussi, pour le moins autant que nos amis de la province voisine et autant que le capitalistes des Etats-Unis.* * * * L’excursion récente de la Chambre de Commerce est donc survenue fort à propos.1! y aurait eu bien d’autres manières moins intelligentes de célébrer cette année la fête nationale.Apprendre à connaître plein progrès n’a pas été ce qu’elle aurait dû être.La faute en est à cette population même, qui s’est désintéressée généralement des richesses du sgus-sg! de la province.Le récent voyage de la Chambre de Commerce changera-t-il cela?Aura-t-il pour effet de susciter de l’intérêt pour l’industrie minière parmi nos gens, de maintenir cet intérêt?Espérons-le.Déjà le Board of Trade de Montréal a fondé une chambre des mines qui tient son public au courant de ce qui se passe dans l’Abitibi et le Témiscamingue miniers.Le public montréalais de langue française devrait être piqué par la même curiosité d’ordre économique.L’Abitibi et le Témiscamingue, faut-il le rappeler?c’est chez nous.Des gens de la Chambre de Commerce sont allés s’en rendre compte.11 faudrait que beaucoup d’autres s’en convainquent.Dans une série d’articles qui suivront celui-ci, nous exposerons au lecteur des constatations que nous avons pu faire au cours aune récente tournée — qui n’était pas celle de îa Chambre de Commerce, mais plus récente—dans ces régions nouvellement ouvertes du nord-ouest québécois.Emile BENOIST Lettre d'Europe (suite de la première page) c'est contre lui que s’est dirigée l’impopularité suscitée par le con cordât.On a reproché à ce traité, d’une part d’avoir trop accordé à l’Eglise catholique; d’autre part, de lui avoir n’a\mit pas SOURCE CAMILLE Efficace contre l’Indigestion, la Ooiittè, le Rhumatisme, Maladies du Foie et autres malaises En Vente ctez votre Pharmacien AGENT GENERAL POUR LE CANADA j.ALFRED OUIMET 84.Rue St-Paul Est.Montréal.Funérailles du docteur Damase Généreux A SAINTE-CATHERINE ne s’occupe pas de telles rumeurs, qu'il ne lutte que pour le triomphe définitif du parti national et déclare en terminant: La Patrie perd son temps.Je ne dirai qu'une chose pour couper définitivement les ailes à ce canard: .le considère humblement que sur les problèmes nationaux, le docteur Hamel et moi, nous sommes inséparables.Le député de Québec-Est souhaite enfin l'union de toutes les bonnes volontés et de tous les groupes.fiourvu que tous ces groupes aient es mêmes idées, les mêmes principes, les mêmes méthodes et les mêmes lignes de conduite.de Québec.Le Dr Ph.Homel L'orateur suivant est M.le Dr Hamel.Il rappelle le souvenir de la dernière campagne.Il \ a un an dit-il, je venais à reçu du tout.On lui a dit de s’en aller et il n’a pas été capable de porter la parole.C’est que M.Maurice Pelletier ne représente plus, aujourd’hui, l’idée du comté.Il est peut-être encore son pays, n’est-ce pas apprendre aussi à l'aimer comme il faut, c’est-à-dire à le mettre en valeur?Et la région minière de l’Abitibi et du Témiscamingue n’est pas la moins intéressante de notre vaste province.La révélation qui s’est déjà faite de ses ressources en dix ou douze ans donne à v réfléchir.En 1903, alors que feu Joseph Obalski élait inspecteur des mines pour le gouvernement de Québec, la province produisait 5 5onces d’or, représentant une valeur de 81,000.Ce peu de métal précieux provenait des alluvions de la Chaudière et de petits dépôts dans le comté de Port neuf.Huit ans plus tard, en 1911, la production de l'or dans la province ne représentait encore que $12.672 et la production de l’argent, $9.827.Vers 1925, j’élan était donné, la Horne Mining, prédécesseur de la compagnie Xnranda, forait son premier puits et songeait à l’établissement d’une ville; les prospecteurs pullulaient dans tout le nord-ouest québécois.Mais les entreprises nouvelles n'en étaient pas venues au stage de la production.Dans les sta-I tistupies officielles de Québec, l’or ne s inscrivait, en 1925, $33,116 et l’argent pour C'est pourquoi, on a voulu couper Lotbinière à la demande PrcssaI)' tetntiV'nour* loi* ' toir«>s seront à la dia-position des savants de passage.sabotage antifasciste.Le train de marchandises aurait voyagé à une heure “indue”.En Saskatchewan Régina, 25.— «‘C.P.) — Des averses ont trempe le sol à plusieurs endroits affectés par la sé- j cheresse dans le sud de la Saskat- ! chewan.la nuit dernière, mais la ( pluie a été loin de se répandre ; dans toutes tes régions qui en au-, raient besoin.Un vent violent a causé des dommages à Rouleau, ô 25 milles au i sud-ouest de Régina.11 a arraché ; des bardeaux des toits.Des trois provinces des prairies.i la Saskatchewan est celte qui a le1 plu» souffert à date, cette année, de la sécheJresM.Vient do paroître Nouveauté Littéraire Roman Scout Canadian Pointe au Chêne par la R.P.Albert St-Pierre, O.P, Pour tou» la» Iftt En vente ou Service de Librairie du "Devoir" au prix de 50 sous.~t 1 LE DEVOIR, MONTREAL LUNDI 23 AOUT 1937 VOLUME XXVIII — No 194 RADIO-GAZETTE O».B.- SX&jf — Tou lu profrt-iames a o»Ou •ont OotuiOo.ici.a l’houro 4« Lundi, 23 août Ondes courtes MOSCOU — * p m.— Uno lerme corn-tnuniste — RH* 25 m.TOKYO — 4.45 p.m — Jonjleur» Japonais — Chansons — JZJ, 25.4 m., 11.80 még ROME — « P m.— Nouvcllsa — Opéra, un acte — 2RÔ, 25.4 m., 11.81 még.LONDRES — 6.30 p.m.— L'été au pays de Galles — CSP.19.6 m., 15.31 még.HUIZEN, Pays-Bas — 7 p.m.— Emission pour l’Amérique du Bud — PGJ, 31.2 m., 9.59 még.PRAGUE, Tchécoslovaquie — 7.05 p.m.Fanfare militaire — OLR4A, 25.34 m., BERLIN — 7.30 p.m.— Les Bouabes Causerie — DJD.25.4 m , 11.77 még.11.94 még.BERLIN Jauuüo - .PARIS — 8 p.m.— Causerie pour Mme Tolstoï (en anglais) — TPA4, 25.6 m., il.
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