Le devoir, 25 novembre 1922, samedi 25 novembre 1922
OLUME XIII.—No 275 MONTREAL, SAMEDI 25 NOVEMBRE 1»22 1 ROIS SOUS LE NUMERO bonnements par la poste ; Édition quotidienne »¦ ¦ NADA.*** H ‘BJ| ts-Unls et Empire BriUnni population.Le danger, le voilà sous vérité, presque malgré elle, et nous pouvons alors trouver d’utiles instructions dans ce qu’ello dit, — des perles dans le fumier.Dans un dernier article intitulé Anglicizing the French, voici ce ou’elïe présente à notre race: “En dépit de ce que tous les chefs français peuvent faire, nous anglicisons leur peuple.Il ne peut pas en être autrement, Ils sont en contact avec 115 millions de gens sur ce continent, qui ne parlent pas autre chose que l’aiiglais.Comment les deux millions de Français du Québec peuvent-ils échapper à cette influence?C’est grâce à la propagande la plus intense que le Québec n’a pas encore été complètement anglicisé.Il l’a été beaucoup cependant et le sera encore plus à mesure que le temps s’écoulera.” Déjà, ajoute encore la Sentinel, les Canadiens français parient l’anglais dans les villes et les campagnes; même dans les centres ruraux ils commencent à se servir de l’idiome étranger.Et elle apporte encore ce dernier fait.Un des nôtres de passage à Paris, un de nos chefs, aurait dit que c’est en France surtout qu’il se sentait le plus anglais; il s'apercevait alors qu’il pensait en anglais pour traduire ensuite sa pensée en français.Voilà autant de symptômes de notre décadence, selon lu Sentinel.Il y a du vrai et du faux dans tout cela.Que les Canadiens français aient fortement subi l’influence anglaise, qu’ils nient absorbé beaucoup d’éléments étranger» qui flottent dans l’atmosphère, appauvri leur langue, adopte trop de termes anglais et déformé leur vocabulaire, nul ne peut vraiment le contester.Nou» sommes malheureusement à même de le constater dans la conversation courante, à chaque instant du jour.Mais les influences étrangère» n’ont pas pénétré plus profondément qu’à fleur de peau.Et surtout la réaction est bonne, vigoureuse, robuste, elle autorise d’excellentes espérances.Les esprits *c rallient de plus en plus hardiment ri fièrement autour des privilèges qu’il faut défendre.On a même vu, spectacle très rare, de* organes de parti mettre avant les intérêts politiques ceux de la langue.C’est vraiment un luxe qu’ils peuvent se permettre plus souvent, puisqu’il est au fond sans danger* appréciables pour eux; mais la nouveauté n’en est pour cela moins frappant#.# * * 11 y « une phrase de la Sentinel qui donne lieu à d’utiles réflexion».C’est qu’en Amérique nous sommes deux ou trois millions qui parlent le français, groupe infime, petit Ilot englobé dans la mer anglo-saxonne, qu» compte environ 115 millions de se dit qu’il est bien bon de laisser vivre le pygmée, il s’étonne que le moindre serrement de sa main arrache des cris au petit bonhomme qui trottine à ses côtés, et par-dessus tout M considère avec bonhomie l’avenir, se disant à lui-même que le temps peut bien se charger seul de tuer la résistance et d’étouffer les appels au secours et à la justice qui deviennent trop bruyants.C’est l’esprit qui animait justement la Gazette de Montréal, il y a quelques jours.“Donnons-lui un peu de français à ce nain, semblait-elle dire, parlons-lui quelquefois sa langue; souvent il nren comprend pas d’autre et nous avons besoin qu’il nous comprenne pour nou» servir fidèlement, comme il l’a fait jusqu’à aujourd'hui.N'allons pas trop loin cependant dans lu voie des concessions; car il prendra un petit air d’importance qui ne lui sied point.Il ne faut pas nous l’aliéner, ni le fâcher, car les colère* rendent la vie insupportable et dérangent notre douce tranquillité.Pourquoi ne pas le laisser mourir de sa belle mort?” Cette mort, quelques-uns voudraient la hâter, par des moyens violents, comme la Sentinel, certains gouvernements, surtout ceux des provinces de l’Ouest et de l'Ontario, tandis que les Anglais, plus sobres et plus modérés, préfèrent tout attendre du temps.“Regardez attentivement”, pourraient dire ceux-ci.“Voyez tous ces petits richards canadiens-français qui se hâtent d’engager une bonne anglaise, aussitôt que leur pécule est assez arrondi, afin de donner à leurs enfants un anglais impeccable.Ils penseront en anglais, ces enfants, et ce sera autant ’de gagné pour nous.Voyez aussi ces belies et élégantes jeunes filles qui ont honte de parler leur langue maternelle.C'est un beau spectacle et bien réconfortant, que d’entendre les enfants d’une race étrangère causer ainsi entre eux en employant notre langue.Et l'on nous aide aussi dans les milieux officiels.On stimule l’anglicisation; on fait pénétrer notre Tangue jusque dans ies campagnes, c'est-a-dire dans les milieux que nous désespérions d’atteindre, ces vieux châteaux-forts incomparables que nous tournions sans trouver le moyen de les entamer.La loi est notre auxiliaire.Elle nous livre ies clefs, les portes, les serrures, elle nous laisse entrer.C’est certainement un avantage remarquable dont nous profiterons lentement, avec le temps.Pourquoi nous presser?Vous en avez vu, n’est-ce pas, des filles de leur race qui épousaient des nôtres?Il est vrai qu’elles ont vu avec un peu de surprise notre méthode de souhaiter bon voyage à de jeunes mariés.Nous nous mettons une dizaine autour du jeune marié, nous le faisons sauter en l’air, comme une balle, et nous le ressaisissons avant qu’il ne s’écrase à terre.Après avoir répété dix, quinze fois cette intéressante opération, devant la jeune mariée ébahie, nous lui remettons son homme.Ils apprennent cette coutume, lentement, avec beaucoup d’autres, et la stupéfaction première cède ensuite la place à l’approbation.Le peuple est un peu récalcitrant, c’est vrai.Mais les riches, les puissants qu’il élève sur son dos et supporte avec peine, pour qu'ils soient à la vue de tous, profitent de leur élévation pour s’accrocher au faite de la muraille qui sépare les deux races, afin de sauter le plus rapidement possible dans notre camp.C’est le peuple qui leur permet d'accomplir cet exploit d’acrobatie et il ne s’en lasse pas.I.aissons-les faire, tous ensemble.Pourquoi nous hâter?Ils se fâchent quelquefois, tous, lorsque nous serrons un peu la vis, mais A vous le savez si bien que leur colère 1 >’ftux.(, est que Jes chefs du ma nastere présent sont lances jusqu’au ms le Texte du rap-misgionnaire On trouvera ci-dessus le texte d’un rapport récemment présenté au ministre de la colonisation par M.Vabbé Jean Bergeron, missionnaire colonisateur.Intéressant par lui-même, ce rapport appelle en outre des réflexions sur la possibilité de développement par les nôtres qu’il faudra un jour ou l’autre formuler, Chicoutimi, le 1er nov.1922.Monsieur Se Ministre, Si je passe en revue le travail de colonisation fait dans Je cours de l’année 1921-1922, et si Je le compare à celui de l’année dernière, Je constate qtt'il y a eu progrès sur l’an dernier, et je suis très content du résultat.Je suis d’autant plus à l’aise pour en parler, que le missionnaire colonisateur ne partage que pour un quart dans le mérite de ce résultat.Les quatre facteurs qui concourent à l’avancement de la colonisation sont les chemins, les école», le marasme dans l’industrie et le travail des missionnaires.Les plus beaux discours, les tableaux les plus flattés de la vie champêtre, ne décideraient personne â s’enaoniccr dam la fôrêt s’il n’y avait pas de chemin et si au bout de ce ohotnin U n’y avait pas une école où les enfants apprennent à lire et où les colons puissent entendre la messe de temps en temps.Le marasme dans l’industrie, l’état précaire des ouvriers des villes, le désenchantement d’un grand nombre de cultivateurs qui avalent déserté la campagne pour aller chercher le bonheur dans le* villages ont aussi poussé nombre de gens vers les terres neuves.Enfin, le travail des missionnaires-colonisateurs, tant dans la chaire que dans la mêté-e en a réveillé quelques-uns et encouragé d’autre» en les aidant à obtenir des chemins, des écoles, du travail, des semences et môme un logis à leur arrivé*.Le nombre de famtlîes placées et établies à demeure sur des terres neuve* depuis la fin d’octobre 1921, *e chiffre à 263.Je pourrais y ajouter un non nombre de célibataires résident* et qui s’appeflleront familles dans un avenir prochain.On se marie jeune ici.La plupart de ce* familles viennent des viliages ouvriers de la région, quelques-unes des diver* comtés de la province, surtout de Charlevoix.On compte aussi quelques essaims de families de cultiva leurs.A .part ces familles résidentes et établies à demeure, un bon nombre d’autres défrichent leur* terres, le* bâtissent et se préparent à s’y aller installer.Je puis dire qu’il se fait Içi de la vraie colonisation.Au risque d’Ôtre un peu long, je veux vous donner, Monsieur le Ministre, certains détail* sur quelques-uns de nos cantons; Je commencerai par le comté du I-ac-SWean qui est le plus important au point de vue de colonisation.lo Ste-Jeanne-d’Arc (canton Dol-beati) 71 familles sont entrées dans cette jeune paroisse dans k cours do l’année.66 se sont placées suides terres et 3 dans le village.Cette immigration porte la population de cette paroisse â 131 fsumUe*.Ç’eet déjà une bonne paroisse, avec église, presbytère, scieries, fromagerie et 5 écoles.2o L’Ascension (canton Garnier ) 10 familles nouvelles se sont placées sur des terres et une dizaine de cq-Sons, surtout d’Hébert ville, défrichent et cultivent dans le rang double 5-6 de Garnier sans y résider.Jusqu’à septembre dernier, le chemin ne leur a pas permis de fai re davantage.5 famille* se sont placées dans le village.3o St-Henri (canton Tail!on) 18 families placées sur les terres neuves.On e*t en train de faire quatre moyennes paroisses dans ce canton.Déjà Mgj- lévêque a fixé le site d’une nouvelle paroisse à Honrfleur çt d’u ne mission aux Eaux-Mortes où une grosse vingtaine de familles prospèrent.La mission se donne dans une belle grande école bâtie avec l’aide dn gouvernement (octroi de ?1000.).4o St-Edouard-de-Péribonka (canton Daknat) Dans ce canton, 8 familles se sont placées sur des terres neuves et une dans le village.Ce n’est pas assez.Mgr l’évêquc a fixé le site d’une nouvelle paroisse (St-Augustin), dans le rang 6 de Dal-mas.Ce sera dans quelaues an tées une très grande et très riche paroisse, car s’il ne reste plus beaucoup de lots à prendre, H y en a pas mal â défricher, à bâtir et à occuper.L* mission va se donner cet automne dan* une belle grande école bâtie avec l’aide du gouvernement.J’ai confiance que la présence d*un curé va attirer là de nombreux résident* sur cas beaux lots en terre forte des rangs 5, 6, 7, 8, 9 de Dalmaa.5o Mistassini (canton Pelletier et La Trpppe) a reçu cette année 9 familles nouvelles, toutes placées sur des terres neuves.Il s’y est fait cet été beaucoup de chemins et de défrichements.Il s’est construit deux écoles avec octrois du gouvernement.Ces cantons, les plus éloignés des centres vont se développer plus vite, maintenant qu’une bonne route le» relié à la station de St-Felt den.do Le canton Girard compte 9 f» milles nouvelles établies «ur des (Suite â la deuxième page.) déjà, l'ingérence de l'Etat dan» des matières où 41 n’a que faire crève les yeux.Cette fois-ci, l’Etat donne un autre coup de sape ru principe dont parle M.Chapoia; car, au lieu de maintenir la division des pouvoirs, il les ramasse tous, il Se les attribue tous.M.Perron s’étonnait, l’autre matin, de voir M.Gha-pais défendre des principes libé- est «uns effet.Croyez-vous qu’un bon libéral ou qu’un bon conservateur de Québec punira son dépulé ou son ministre de n’avoir pas exigé le français en temps et lieu, dans la bureaucratie fédérale?Vous savez bien que non.Jamais un candidat n’a perdu un vote sur cette question, jamais il n’en perdra un.Et les députés le savent bien, et ils se "(.du corps électoral, sur cette question, comme sur beaucoup d’autres.Laisscz-les donc faire.Pourquoi les jeter dans les alarmes?Ils s’assimilent tous seuls, tenons-nous donc tranquilles.” * A * Et, derrière le mur, les Anglais de l’école modérée serrent la main aux Anglais de l’école Sentinel et oran-giste.Et tous dansent en rond, comme de bienheureux compères, larrons en foire.Ua-Paui DESROSIERS.pas sa formp concise, claire, intelligible et frappante.On ne peut trouver de formule plus brutale pour le signaler.On comprend alors que ceux qui font partie de* 115 millions nous considèrent quelquefois avec un peu de commisération, comme un néant contemplerait avec délectation un pygmée à scs côté».Le géant Bloc-notes Cette confusion Le Devoir a maintes foi* signalé la tendance de plus en plu* manifeste à l’étatisme dont fait preuve notre ministère provincial.On en a eu un nouvel exemple, dans l’affaire Taschereau-Robert*.M.Cha-pais, qu’un homme de parti couvrait de conseils, l’autre Jour, afin de l'eMiener à renoncer à son intervention contre le bill arbitraire qu’on sait, a souligné dans son dernier discours le bouleversement que Je régime présent est en train d’opérer dans nos institutions.La législature se substitue aux tribunaux, elle use d’un pouvoir en train de tomber en désuétude ailleurs.Et c’est ce qui a fait s écrier à M.aurati jrop parier.Le volume, dlt-on, se rtpan.•xivec un entrain admirable.Troll mille ex empUire» ont tit enlevés en quelques se ‘matnea.C’ait trop peu.On an devrait •jeter trente mille aux quatre vents, atln 'qu'à toutes les oreilles, à celles de notre runes se surtout, parvienne la Clameur Im .rwrn.se.la Cri d’alarme, le vibrant “coup de Viatrest” sonnant le ralliement, le réveil »k • *m« tranvalte le rappel à notre person ¦xilbt naUmele.Ahi Clairons, reveille, réveille, Ab! révetile-bous donc! (Paul Uéroulide.) Cet «««rate, tant à cause de sa haute xs.eor Httéralre que pour la profonde et vat* taire révolution qu'tt est susceptible Ce provoquer dans l’esprit des nfltres, r veeqnta, cru vont nous, tous les droits é II r*t pran.t popularité.Ce livre nous man «Walt.Nous le tenons.L’AC.J.C en n oataé I apparition arec enthousiasme.Et «sJU pourquoi dans aes co unnes elle donne aboard'hui une si tarte hospitalité à la rsLttocr* prose d’un ami des •eones.qui i: «oufiu dire ts.t peu ses impressions sur le rouan fAk'nlé de Lestrcs.L"OUVRAGE: SA VALEUR • SI ee fe»t ~xs craindre de l’jf lrmer, l’Ap-
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.