Le devoir, 15 juillet 1922, samedi 15 juillet 1922
/OLLME XIIL—No Ifrb MONTREAL, SAMEDI 15 JUILLET 1922 1 R OIS SOUS LE NUMERO Abonnements par la poste : Édition quotidienne CANADA.« *«.0« Etats-Unis et Empire Britannique .$8.00 INION POSTALE .fl 0.00 Édition hebdomadaire CANADA.f2 00 ETATS-UNIS ET UNION POSTALE.fS.OO Directeur: HENRI BOURASSA Rédaction et administration 43.RUE SAINT-VINCENT MONTREAL TÉLÉPHONE: Main 743!) SERVICE DE NUIT : Rédaction, Main 5121 Administration, Main 6153 FAIS CE QUE DOIS! La “Presse” et les réparations allemandes Oéclarations et leçons.— “C’est par pure et unique solidarité impériale que nous avons fait la guerre à l’A llemagne” La Presse s’intéresse beaucoup de ce temps-ci à la question les réparations allemandes et de la part qui nous en devrait retenir.Nous en sommes enchanté: cela vaut beaucoup mieux mur tout le monde — même si les Allemands ne nous paient jamais rien — que les funambulesques histoires dont elle couvrait ces jours derniers sa première page.Les articles, du reste, ne manquent pas de saveur.Ils peuvent prêter à d’utiles réflexions.C’est ainsi qu’hier, en cette journée du 14 juillet, fête offi-delle de la France et dont certains voudraient faire le symbole de la démocratie triomphante, de la liberté rayonnante, etc., la Presse déclarait tranquillement, de son plus beau style et avec son plus gros caractère: Tout bien considéré et sans discussion possible, nous sommes entrés en cette guerre, pour un seul motif: pour prêter à la Grande-Bretarpie noire appui et remplir ce que nous considérions un impérieux devoir moral.C’est par pure et unique solidarité impériale que nous avons fait la guerre à l’Allemagne.Tout le reste ne fut qu’ac cessoire.Le droit, la justice, la liberté invoqués pour obtenir le concours de la nation, nous auraient-ils décidés à nous lan cer dans cette sanglante et coûteuse aventure, s’ils s’étaient trouvés sous un autre étendard que celui de la Grande-Bretagne?On peut, en toute assurance, répondre que non, et d’ailleurs sans que cette négation comporte aucun blâme, car nous n’avons pas mission de chevalier-errant dans le monde pour la défense de ces grands principes.Voilà qui est franc et net, et qui devrait éclairer les bonnes îens qu’auraient pu tromper les apparences, le flafla, les éloges de la “belle France”, les affiches mirobolantes où l’on se servait du drapeau français pour demander aux gens de s’enrôler sous l’étendard anglais.(Au fait, la Presse elle-même, au début de ta campagne, ne proposait-elle pas, afin sans doute de stimuler le Kèle des Canadiens français, de faire combattre certains de nos régiments dans les rangs de l’armée française?) Tout cela, aujourd’nui, est jeté au rancart."C’est par pure et unique solidarité impériale que nous avons fait la guerre à l'Allemagne, déclare catégoriquement la Presse.Tout le reste n’est qu accessoire." Et ‘le droit, la justice, la liberté”, dont on a fait tant de tapage, avec lesquels on a gonflé de si bruyants articles, de si éloquents discours, ne nous auraient point fait bouger, s’ils eussent été invoqués au bénéfice d’un autre drapeau du drapeau, par exemple, de la vieille France.Et cela est fort vrai du Canada officiel, gouvernemental, quels qu’aient pu être par ailleurs les sentiments de tel 'ou tel Individu.D’où cette première conclusion: L’énorme dette dont le Canada est aujourd’hui chargé et qui retentit dans la vie de toutes les familles — sans compter le formidable sacrifice de vies humaines, cinq ou six fois supérieur, si l’on tient compte des chiffres de la population, à ceux subis par la France ou la Prusse en 1870 — est le prix, non pas d’une cam-pagne pour la liberté du monde, pour le salut de la civilisation européenne^nais pour le maintien de la force et de la grandeur britannique, la sanction d’un principe: celui de la solidarité militaire des pays d’Empire, l’acquit, selon la méthode des impérialistes, de notre titre de citoyen britannique.* * * En veine d’explications nettes, la Presse souligne pareillement le fait que nous sommes les seuls des grands combattants à l’avoir rien tiré de la guerre pas même un léger mandat, pas même la commission de veiller sur quelque ancien territoire allemand : D'ailleurs, comme nous l'avons noté déjà, tous les autres participants de la dernière guerre ont reçu sous des formes diverses, soif par concessions territoriales, soit par mandats sur les anciennes colonies allemandes, soit en restitution en nature, ou par acquisition de navires, de râbles, etc., des compensations fort tangibles : il ny a que le Canada, tout compte fait, qui n’ait rien reçu, ni touché.Parfaitement! et sauf de l'argent, la gloire, le plaisir d’avoir combattu pour la "solidarité impériale" (nous allions parler du droit, de la justice et do la liberté, niais on vient de nous répéter que ce ne furent point là nos motifs déterminants), qu’est-ce que le Canada pouvait bien attendre?L’Afrique-Sud avait pour voisine une colonie allemande.A la faveur de la guerre, avec un minimum de dépenses, elle a sup primé cet unique voisin de race blanche, ce qui, advenant une difficulté un peu sérieuse avec l’Angleterre, pourra soit dit en passant singulièrement faciliter ses mouvements.L’Austra lasie avait aussi dans son voisinage des colonies allemandes; elle en est aujourd’hui maîtresse, sans s’etre imposé la conscription.Mais le Canada n’avait rien à sa portée: il n’a pu rien prendre et.en fait de territoire, il a eu le bon sens de ne rien réclamer en Afrique ou en Asie.En fait, le Canada, de toutes les grandes colonies britanniques, était la seule qui n'eut aucun intérêt matériel direct en toute cette affaire.Aujourd’hui que la guerre est finie et que les esprits ont dû reprendre un peu d’aplomb, quel est l'homme intelligent qui oserait publiquement prétendre que, même en cas de victoire teutonne, nous courions le risque de devenir colonie allemande?Mais, cherchez sur toute la carte du globe, vous ne trouverez guère un autre endroit où les Allemands auraient eu autant et do si fortes raisons d’éviter, nous ne disons pas de tirer des coups de canon, mais d’essayer de s’intaller à demeure.Pour rester ici, il leur aurait fallu y maintenir, à trois mille milles de leurs bases, en passant devant l’Angleterre, une armée capable «le conserver le pays, avec ses quatre mille milles de frontière ouverte, contre une population hostile d’abord et contre celle «les Etats-Unis, — c’est-à-dire contre plus de cent millions d’hommes, pourvus «le ressources énormes.On a fait beaucoup de reproches aux Allemands, on ne leur a point adressé celui d’être tout à fait fous, et pareille aventure eût été de leur part folie pure.* * * La Presse rappelait l'autre jour que notre propre réclamation contre l’Allemagne est fixée à 4.05 pour cent ne l'indemnité anglaise, laquelle doit elle-même représenter 22 pour cent de l'indemnité totale à verser par l’Allemagne.De sorte que toute diminution du chiffre total «le l’indemnité retentit automatique-immt sur notre situation propre.M.Pelletier rapptdait en outre «e fait essentiel que, pour l’Angleterre, la question de l’indemiu-1é est chose relativement secondaire.(Dans la grande aventure de 1914-1918, l’Angleterre s’est payée comptant — par les colo- nies et la flotte allemandes, tandis que la France acquérait une énorme créance à terme.) Ensuite, t Angleterre, ainsi que le faisait encore observer M.Pelletier, a bien d’autres moyens «le se compenser, si elle croit à propos, ou si elle est contrainte de consentir des sacrifices sur son indemnité.Et c’est ce qui commande de ne pas trop comptt'r sur notre part d’une aussi problématique ressource.• • .Mais il y a un autre aspect à la situation.Les affaires de l’Angleterre vont mieux que les nôtres : elle trouvera peut-être avantage à nous assurer quelque compensation, afin que le contraste ne soit pas trop brutal entre nos sacrifices et leurs résultats matériels, entre les effets de la "solidarité impériale" pour nous et pour les autres.Mais il vaudra quand même mieux, pour notre ministre des Finances, attendre d’avoir cet argent sous la main, avant d’en fixer l’emploi.* * * Aux derniers paragraphes tie son article, la Presse inscrivait une réflexion «l’allure plutôt mélancolique.Nous n’avons pas hésité, disait-elle, nous n'avons pas compté, ni calcule nos sacrifices; peut-être même pas assez, si on réalise, à la lumière de t expérience acquis* depuis, la part que le calcul souvent serré des intérêts joue, même au cours des plus belles épopées! Cet appel à la mesure eût été fort utile il y a huit ans.Aujourd’hui, il n’a plus qu’une valeur de témoignage.Propos d'Ottawa Les assoiffés ontariens et Hull Ce qu’en dit le “Journal” — Nos nouveaux administrateurs ferroviaires — Mécontentement en Nouvelle-Ecosse.Mais, franchement, comment des esprits sérieux ont-ils pu un instant ne pas voir qu’un immense conflit d’intérêts doublait partie grosse part possible?Comment ont-ils pu ne pas soupçonner que la rivalité serait d’autant plus féroce que chacun s imaginerait avoir le plus contribué à la victoire et que, pour maintenir Tar-deur des combattants, on se serait efforcé de surexciter à la fois leur orgueil et leurs appétits collectifs?A quoi tlonc leur avaient servi, à tous ces braves gens, le spectacle contemporain et les leçons de l’histoire?Mais on n’a même pas songé à cette chose élémentaire qu’un peuple doit proportionner son effort à ses moyens.Et ceux qui l’ont osé dire, se sont fait qualifier de traîtres et de lâcheurs.Orner HEROUX.BilUt du soir Divorces Bloc-notes Les motifs de divorces sont in-nombrables, H serait vain de (es énumérer* Rappelons les plus co-casses ou les plus singuliers.Aux Etats-Unis, les conjoints manifestent une ingéniosité perverse pour découvrir des raisons de se séparer.Monsieur est républicain et madame est démocrate.En voilà assez pour dissoudre un ménage sans enfant.Monsieur admire Mary Pickford et ne peut souffrir Valentino; madame a pris cette actrice en grippe et raffole de Valentino.Vous avouerez qu’il n’en faut pas plus pour induire deux chrétiens intelligents À imiter ces deux ‘‘artistes’’: divorcer pour se remarier.Comment vivre ensemble, si l’on ne peut aller au cinéma ensemble et chérir les mêmes vedettes?L'un des époux a le nez rond, prend de l’embonpoint en vieillissant, a peur des rats, ne peut voir de la moutarde sur la table.sans qu’elle lui monte nu nez, marche trop vite, est somnambule, pèche par loquacité ou vantardise, ne goûte que les romans pessimistes, les récits de crimes, de suicides et de catastrophes, attrape le mal de mer à chaque traversée de l'Atlantique, préfère les Packard aux Font, ronfle en dormant, abhorre les cornichons, lape la soupe bruyamment comme un chien, jure à chaque caresse de maringouin, dépense un temps infini à sa toilette, abuse de Cet emprunt On rapporte d’Ottawa, que M Fielding va peut-être placer au Canada, l'automne prochain, l’emprunt de $200,000,000, dont il a Earlé dans son dernier discours du udget.Deux cents militons, c’est une somme à trouver, en l’état actuel de nos finances privées, —-d’autant que nos banques laissent clairement entrevqiR, que leurs dépôts ont baissé de façon sensible, depuis plusieurs mois.La question se pose de savoir si, en invitant le publie à souscrire à ce nouvel emprunt, au Canada, on ne risquera pas de dégarnir outre mesure les réserves de nos banques, surtout à une épocpie où le commerce et l'industrie ont, de leur côté, besoin d’avances pour traverser la crise de l’heure, en attendant que la grève des acheteurs prenne fin.Si nous avons d’excellentes récoltes, en août et septembre prochains, il n’y a pas de doute que les fonds seront plus facilement disponibles, que les affaires se relèveront; et dans ce cas, l’emprunt de 200 millions pourra trouver preneur sur Le marché canadien sans que cela mette à la gène financiers, commerçants et industriels.Avant de prendre définitivement un parti, M.Fielding attendra sans doute le résultat de nos récoltes et verra si les perspectives ’elles l’ont été j (Far LEO-PAUL DESROSIERS) Ottawa, 14.Le propriétaire d’un journal hebdomadaire ontarien est venu à Ottawa, il y a quelques semaines.La première question que ses amis, naturellement lui ont posée en le voyant est celle-ci: “As-tu été à Huit?” il n’avait pas été il Hull; mois ses amis ont profité de l’occasion pour augmenter sa réserve de connaissances géographiques et ethniques, en lui faisant prendre, tout à côté du château Laurier, le tramway qui conduit à la petite ville industrielle dont on voit las tas de planches et les cheminées, du haut de la colline parlementaire.On ignore et que ce journaliste a fait dans la petite ville bien charmante, hospitalière et plus accueillante que n’importe quelle autre ville du Canada français.Il n’a pas daigné nous tenir au fait de ses agissements.- Mais comme nous le verrons plus loin, il a bien employé les heures de sa visite; et ses amis connaissaient des endroits bien amusants et très dignes de remarques.Le même journaliste est retourné plus tard dans sa ville natale.11 avait un journal à sa disposition, il a profité de cette occasion pour se lancer dans une attaque à foqd «le train contre la liberté qui règne encore dans le Québec d’acheter des boissons alcooliques, du vin, de la bière, et d’autres boissons égayantes.Il a fort condamné le système québécois et profité de son expérience récemment acqui- sont meilleures la crème glacée durant la canicule, 1 nnèrent à toute volée, mille drapeaux flottèrent sur la foule, des musiques célébrèrent partoul la réussite de la traversée, les théâtres durent suspendre leurs représentations, tant l’enthousiasme des spectateurs débordait et même ces demoiselles du téléphone désertèrent leur poste.“A lire tout cela, vous vous demandez,” note une revue «le Paris, “si ce sorit nos amis portugais qui exagèrent, ou bien les journaux, qui nous décrivent leurs manifestations.Pourtant, pensez à ce qu’auraient fait les Parisiens, l’an dernier, si Carpentier avait été vain-queur”.Il suffit de se rappeler les articles ultra-ébouriffés de toute une presse française, a commencer par un passage de M.Raymond Poincaré, ancien, président de la république française et collaborateur de ta grave Revue des Deux Mondes, en ce temps,- - avant la bataille Garpontier-Dcmpsry, pour trouver que la réflexion du périodique français à qui sont empruntés ces détails sur le délire des Portugais ne manquent pas de justesse.Cela va Apres l’affaire Delorme, qui a si bien gonflé le tirage des journaux à sensation, l’affaire du bambin troqué par son pèr(> pour un vieux cheval.Après l’affaire du bambin devenu fillette, qui n’a pas été échangée pour un cheval, mais simplement prêtée par un père trop imprudent à des gens dont il aurait dû se défier, l’affaire du niai- se pour déblatérer et mettre ses concitoyens en garde contre ramollissement de leurs convictions prohibitionnistes.Un journal anglais d'Ottawa u bien voulu relever l’article de son ctinfrère et ajouter «tes précisions à son article.Le Journal s’est, en effet, fendu d’un éditorial plus long «tue ceux qu’il publie ordinairement.Et il n’a pas voilé les choses, C’est vrai, dit-il.en substance, que la ville de Hull offre un piteux exemple du régime qui règne actuellement dans Québec.On y voit nombre de tavernes et de buvettes; et ce qui est plus grave, nombre d’habitués emplissent ordinairement ces tavernes et ces buvettes.Les buveurs, pour peu qu’on les observe, manifestent îles symptômes alarmants d’une ébriété plus ou moins complète; et souvent le propriétaire est obligé de reconduire impoliment à la porte un de ces malheureux qui montre trop au dehors les bons sentiments que l’alcool éveille dans son coeur.Il est vrai aussi, ajoute le Journal que le magasin local établi par le gouvernement provincial fait de bonnes affaires, et contribue dans une lionne proportion à la pros-périté et au bon état des finances publiques dont s'enorgueillit le cabinet «luébécois.Tout cela est parfaitement vrai, tout cela est juste: il n’y a qu’à se rendre à Hull pour s’en rendre compte.LA FAUTE DES ONTARIENS Le Journal ne discute pas Les faits.Il les admet avec gravité.Mais à qui la faute, demande-t-il?11 n’a aucune difficulté à montrer le coupable.Hull, dit-il, est la bar room de la ville d’Ottawa.Il n’y a qu’à se rendre au débarcadère des tramways qui conduisent d’une ville à l’autre par-dessus Télégant pont de fer interprovincial, pour se rendre compte du nombre, de la nationalité et de lu qualité des visiteurs «pii polissent une pointe en terre française.“Un recensement des ivrognes dans les buvettes «le Hull révélerait probablement le fait «lue la grande majorité vient de la province à qui on donne tant 1 credit pour avoir aboli l’alcool de dangereux.Ce n’est pas tout.Il se fait, dit-on, une contrebande active de boisson entre les deux rives de l'Ottawa; à Hull fleurissent des maisons (te jeu, des établissements Interlope», les pires places «lue Ton puisse trouver.On y boit plus qu’a n leurs.Mais les clients de ces endroits ont d’abord traversé la rivière Ottawa.Us sont de la capitale et des endroits environnants, «Le toutes les provinces du Canada.Ottawa est propre, cependant.Elle est puritaine, elle «xst pure.On n’y peut rien trouver contre la moralité.Et la raison, c’est pour ainsi «lire que son red light district se trouve dans la province de Québec, principalement dans la ville de Hull.Les autorités locales sont débordées.Elles font ce qu’elles peuvent, mais sont impuissantes a lutter contre Taffluence trop grande de visiteurs, contre des soifs altérées qui excitent la cupidité des contrebandiers, contre tout ce qu’on y tente de pervers et de mauvais.11 faut aller plus loin qu’à Hull, d’appliquer la prohibition totale, car on relèvera moins d’abus et moins de débordements.Il est intéressant de trouver pareil témoignage dans un journal anglais qui n’exprime que ta vérité.POUR NOS CHEMINS DE FER On attend de jour en jour la nomination du nouveau bureau des chemins de fer.Le cabinet ne s’est pus réuni cette semaine, mais il y aura des séances la semaine prochaine, et Ton nroit «pie M.Ken nedy se décidera à annoncer au public les nouveaux élus de son gouvernement.Déjà on prédit la démission de sir Joseph Havelle.président du Grand-Tronc, de M.Kelly et de plusieurs autres.Ce choix est le plus important (lue le gouvernement a encore a ïaiire depuis son arrivée au pouvoir.Comme le disait M.Ronne-dv dans son grand discours annuel, il s'agit de trouver des hommes compétents pour administrer une vingtaine de mille milles de che-mins de fer, gérer des hôtels et une flotte de navires marchands, des hommes capables de dépenser avec sagesse un budget presque égal à celui que le gouvtxneinent fédéral doit dépenser.Il faudrait des hommes plus compétents que les ministres, encore, puisque ceux-ci sont sous le contrôle du parlement et de la députation qui examine tous les articles du bilan annuel, tandis que le bureau des chemins de fer n’a personne pour critiquer scs opérations.On a parlé dernièrement de Al.(iraharn, ministre «le la défense, comme président du nouveau bureau.Sa qualité d’ancien ministre des chemins de fer lui vaudrait ce titre.M.Graham a démenti la rumeur et il n’est pas probable «ju’il accepte.Les conséquences de son passage à ce ministère, sous Je ré gime I-aunier, ne sont pus tellement heureuses que le gouverne ment doive le nommer sans dan ger.C’est un de ceux qui a le phu contribué à placer le Canada dans l’impasse où il se trouve aujour d'hiri et le même homme serait mal désigné pour nous en sortir.Cette observation s’impose dès l'abord.(Le nouveau bureau devra renfermer des hommes de première force.La situation de nos cbe-n’iins de fer est si compromise qu’il vaut mieux y regarder à deux fois.11 faut arrêter les déficits annuels.Et les libéraux qui veulent essayer loyalement de la politique de na tiônalisation ont tout intérêt à nommer des gens «pii aient k confiance du pubMc.D'ailleurs, k réorganisation du personnel dirigeant sera le signal d’une politique nou velle.L’amalgamation du Grand-Tronc avec les autres voies du gouvernement se fera immédiatement, croit-on, et cet événement donnera lieu à un grand nombre de réformes, à un remaniement des trains et à Tu né fi cation des bureaux, nu choix d’une ville où sera le siège social.On croit aujourd'hui que.pour terminer la rivalité entre Montréal et Toronto et leur vieille lutte, le gouvernement choisira Ot taw'a.Le bureau d’administration se trouverait ainsi en contact direct avec le gouvernement.Les élus devront aussi' s’occuper immédiatement de la vente de notre marine marchande.Voilà autant de charges qui pèseront lourdement sur les épaules de la nouvelle administration.Elle ne pourra pas entrer en fonction avec benwoun d’optimisme.Les revenus des chemins de fer, depuis trois ou qua tre mois, accusent une baisse sensible et le bilan du dernier mois est plus désastreux encore que celui du dernier mois correspondant de Tannée dernière.M ECOXT ENTRAIENT heureux cpii bat ses enfants et les dieu s français.La Nouvelle-Ecosse se faisait une , , , gloire d’avoir envové à Ottawa un poursuit le Journal pour avoir une |))(>c so,i(i(, ,u.Tfi lif)éraux.Corn idee du Quebec.Il faut s ekqgner j ]H, province de Québec, elle des frontières et pénétrer dans les n-avail ,)as voulu élire aucun dérégions, ou R.ny a que (les (,ana-, put(-, (i un ié, ’• i dudit défendeur, au no 403, rue Clarke, en Hnr, "ne lj}scrip- la Cité de Montréal, seront vendus par au- n a comme celle ins- • tor.ité de Justice les biens et effets dudit Mon crite plus haut.J’ai protesté auprès de Vf.Che- f:i un ¦b* Msnmhohi- **- tpîVn* compte une flfcfgytvr fiHfïCfï J-t * îict-StLvn* i
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