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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
samedi 29 avril 1922
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
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Références

Le devoir, 1922-04-29, Collections de BAnQ.

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UiiLiME XUL—No 99 MONTREAL, LUNDI 1ER MAI 1922 IFC l SOUS LE NUMERO Abonnements par la poste ; Édition quotidienne CANADA.96.00 Etats-Un!» et Empire Britannique .(8.00 UNION POSTALE.910.00 Édition hebdomadaire CANADA.92 00 ETATS-UNIS ET UNION POSTALE.93.00 LE DEVOIR Rédaction et administration 43, RUE SAINT-VINCENT montmau TÉLÉPHONES Main 7460 SERVICE DE NUIT Mai» MCI AfliaiatstnMee, Maj* BIBI Directeur: HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS/ Au “Royal Military College” [ -** conditions d’entrée — Un singulier règlement — Privilège pour la minorité ang’o-québecquoise; rien pou r les minorités françaises des autres provinc es — On demande des explications.us parait opportun de jeter immédiatement dans le public, îst probablement le plus sûr moyen de provoquer tout tfe suite explications — et les rectifications — nécessaires.Il s’agit des nouveaux règlements d’entrée au collège royal [militaire du Canada (New Regulations Governing Entrance to 'l'e Royal Military College of Canada).Les règlements offrent, entre autres, deux caractéristiques : Fil y est stipulé d’abord que le nombre des candidats admissibles [ au collège sera proportionnel au chiffre de la population des diverses provinces et, deuxièmement, qu’entre les candidats des diverses provinces, c’est l’ordre de mérite, déterminé par les examens, qui fixera le choix.Double règle contre laquelle nous n’avons rien à dire, mais qui comporte une singulière exception.Car, dans un paragraphe spécial des règlements, il est décrété que, dans la province de Québec, ce n’est plus exclusivement le mérite qui réglera l’admission; il faudra tenir compte en plus de hi\lanque des candidats.Un certain nombre de sièges seront réservés à la minorité anglaise.Nows citons textuellement: yacancies at the College will be allotted to the provinces ip -proportion to population.In the event of any vacancies >F Q WILL BE SUBDIVIDED FOR ENGLISH SPEAKING AND FRENCH SPEAKING CANDIDATES IN PROPORTION TO THE ENGLISH AND FRENCH POPULATION.Notez bien que, si l’on disait : Dans l’ensemble des provinces du Canada, le nombre des sièges attribuables sera proportionnel au chiffre de la population locale et, dans chaque province, les sièges seront partagés entre les gens de langue anglaise et de langue française suivant leurs proportions respectives, la méthode pourrait parfaitement se défendre.Mais ce n'est pas cela du tout.Dans les provinces en majorité anglaises, pas d’autre règle que l’examen, avec cette clause spéciale et «le nature à favoriser les anglophones, que, bien que le français doive théoriquement, au même titre que la littérature anglaise, faire partie des matières d’examen, les élèves qui n’auront point passé d’examen sur le français pourront quand même être admis, s’ils veulent prendre le risque des ennuis que leur causera au collège, où le français est obligatoire, leur ignorance '" .le de la langue.Dans la province de Québec, régime spécial pour la minorité, favorisée comme ailleurs par la clause que nous venons d’analyser: un certain nombre de sièges lui sont, quoi qu’il advienne, réservés.Pour mettre la chose sous une forme concrète, supposons que, dans l’Ontario, les candidats de langue anglaise tiennent la tête de la liste, ils enlèveront toutes les places.Si, chez nous, une situation analogue se produit au bénéfice des Canadiens français, un êertain nombre d’entre eux devront quand même céder le pas aux concurrents anglais.Nous posons publiquement la question, pour qu’elle soit tout de suite tirée au clair: S’il est opportun de réserver à la minorité de chaque province un certain nombre de sièges, pourquoi ceci ne vaut-il pas pour les minorités françaises de l’Ontario, des Provinces Maritimes et de l’Ouest, comme pour la minorité anglaise de Québec?bit.si l’on juge inopportun de tenir compte des différences de race, pourquoi créer au bénéfice de la minorité anglaise de Québec — il est peu probable que l’on ait fait ceci pour protéger la majorité française — un régime spécial?Nos lecteurs savent que jamais nous n’avons écrit un mot «jui tendit à priver la minorité québocquoise de l’un quelconque de ses ilroits; mais de là à admettre que cette minorité, parce que anglaise, doit jouir dans le pays de droits exceptionnels, il y a de la marge.Ce serait explicitement reconnaître que nous sommes des citoyens de deuxième zone.Nous n’y sommes pas disposés et nous imposons «ju’il est beaucoup de députés qui ne le sont pas da- ons necessaires.Orner HEROUX.actualité Sur le déménagement Vous sommes tons soumis à la du déménagement.Les riches, e ion envie, ne s’y soustraient pas us que les autres.Nous t'accep-rts comme une corvée, en.r, par e aberration singulière, y cher-'nt un soulayement à leur en-An temps d’Horace l’Ennui ntait ù cheval, aujourd’hui cet séparable s’est modernisé comme tomme: il voyage lout aussi bien i chemin de fer oh en\si.r-eylin-"cs.Plus les yens sont riches et us ils s’ennuient; plus ils s’en-dent et plus ils veulent démèna-*r—car voyager c'est déménager et plus Us déménagent et plus, ar une pente naturelle, ils en vien-?nt à se rapprocher des coudions exactes du pauvre bougre, à oûler le même aéconfort, les mêles privations, les mêmes ennuis t des risques plus grands encore, ¦e lord anglais, le jeune nülliar-aire américain que son spleen misse rt travers le monde devient Ipiniste, trappeur, chasseur de mies, ou, de nos jours, aviateur.doit se soumettre é la discipline u pauvre, manger peu, économi-r le vêtement et le savon, sonf-ir quelquefois la vermine.H pour-t goûter les délices matérielles sein de sa maison somptueuse, iis y rester c’est s'immobiliser and au fond de son être il êpron-le prurit de In migration, le be-in de gratter son ennui aux ro-•rs des Alpes on des Rocheuses, risquer sa vie pour mieux l’ai-r ou la moins détester ensuite ut bords d'un precipice, de sllmu-r son appétit et l'apathie de son estomac en mangeant de la viande rance et des oeufs âgés.Enfin dût-on supposer le cas théorique d’un homme très riche qui a borné constamment son existence par quatre murailles invariables, qui a vécu volontairement cette vie de prisonnier qui est le plus pénible sacrifice des cloitrés parce qu'il contrarie la nature, qu’il heurte en eux quotidiennement le besoin de se mouvoir, de changer le spectacle que votent leurs yeux, le sol que foule leur pied, l’air que respire leur poumon, de se donner librement enfin la cure que commandent tous les médecins «i ceux qui par le vestibule de la neurasthénie menacent de rentrer dans la dé» mence, dût-on supposer, dis-je, le cas théorique de cet homme qui n’aurait jamais déménagé il souffrira d'un seul coup les angoisses de tous les déménagements ajournés, les déchirements de.toutes les séparations quand il devra subir In loi dit grand déménagement, du déménagement final auquel personne ne se peut dérober.Il se sera pour ainsi dire fondu avec son entourage; entre son être et ictre des choses inanimées se seront créés mille liens invisibles, insoupçonnés peut-être mais réels et résistants qui d’un seul coup devront se rompre.// aura d'autant plus de peine à s'arracher à cette terre qu’il s’y sera davantage incrusté.Mats voilà bien de la philosophie pour rire au sujet de ce petit événement annuel.Le pauvre bougre juché sans respect humain sur le sommet de sa charge pour embrasser d’un seul coup d oeil tous ses trésors n’a pas le temps de philosopher de la même façon.Il sr livre simplement au remords."Pourquoi a ht.acbedé çé phonographe de malheur qui vient de se rompre et qui me coûtera cinquante piastres de réparations quand personne ne s fn sert dans la maison?Pourquoi n al-je pas aux heures de prospérité accumulé quelque économie pour me mettre enfin chez moi?Ai-je eu raison de résister à mon propriétaire?J’ai été altruitiste.J’ai voulu faire ma petite part dans la lutte contre l’exploitation.Ceux qui se dévouent pour les autres sont des imbeciles.Qui m’a remercié?Pas la corporation amorphe et aphone des locataires qui iynore mon sacrifice.Sûrement pas ma femme et mes filles qui me soumettent, depuis le 1er février, au régime chronique du déménagement sous prétexte qu’il faut d’avance faire les malles, pratiquer la fermeture à bonne heure.Et me voilà aujourd’hui moi, homme digne, juché sur mes effets comme un simple portefaix, parce que ma moitié s est avisée que les déménageurs ont parfois la main trop leste ou trop lourde, qu’il leur advient d’enlever trop vivement des choses, des souvenirs de famille (comme si on devait avoir des souvenirs de famille qmmd on n’est pas propriétaire!) ou alors, ce qui revient à pçu près au même, de les pulvériser.Je suis malheureux.Mais je prends aujourd’hui même l’engagement de devenir propriétaire avant de mourir.Je pressurerai mes locataires; je les forcerai, par d’inaccessibles augmentations, à des déménagements perpétuels.Je ferai souffrir et cela me consolera d’avoir souffert.” • * • Brave homme, vous révélez une âme hideuse et qui n'est pas la vôtre: en toute autre situation elle vous ferait honte, mais la pourpre nous monte à la face et la colère vous emporte sous les yeux narquois de tous les passants qui devinent à votre air, malgré le déguisement de la casquette, que vous portez plus souvent le melon ou le nuit reflets que cette coiffure ouvrière.Brave homme, consolez-vous, Votre sacrifice envers vos colocataires n’a pas été.perdu.Vous n’avez pas en le, temps, en ces derniers jours, de lire les journaux.Ils ne vous ont servi qu’à caler les meubles et à isoler les casseroles, mais si vous les aviez lus, surtout ceux dont le tirage augmente en temps de déménagement parce qu’ils servent, à envelopper les objets les -plus disparates bien plus souvent que la vérité, hohs eussiez vu les six colonnes de logements, maisons à louer, qui montent à l’assaut des propriétaires.Le barrage est établi.Ils ne passeront plus.C’est la Marne, Ils ne bougeront, désormais, que pour reculer.Vous prendrez peut-être une pneumonie dans la maison neuve dont vous essuierez les plâtres et bien d’autres outrages.Vous mourrez peut-être entre quatre murailles blanchies comme votre âme d’honnête locataire, mais les autres verront se lever la victoire que vous aurez aidé à gagner.La fraternité des locatai-tes a appris qu’il était possible de se tasser davantage dans cette ville si tassée; elle s’est faite à la vie de sardine en boite.Il y aura bientôt plus de boites que de sardines et, à partir de ce moment, brave homme, nous autres les sardines, nous serons recherchés par les boites.NEMO.Bloc-notes Conan Doyle Ia’s conférences de Conan Doyle i\ '• 4 (dian Forestry Magazine, qui s’adresse aux ingénieurs forestiers, aux propriétaires de réserves forestières ainsi qu'à tous ceux que le sujet intéresse particulièrement.C’est une publication de langue anglaise.Dans sa livraison d’avril dernier, ce périodique.après avoir donné en anglais un article de M.Gustave C.f'ichè, chef du service forestier du Québec : “L'influence des forêts sur la prospérité de la Suède,’’ en publie la version française, préfacée de ces quelques lignes : “Etant donné l’importance du travail de M.Pic.hé 'sur les méthodes employées en Suède dans l’industrie forestière et sur les avantages que nous pourrions retirer de leur mise en pratique, nous publierons cette élutle en français et en anglais.A l’avenir, nous publierons tous les mois un article on français”.Ixns ingénieurs forestiers et les l(*cteurs canadiens français de cette revue nwcueiHe-ront cette innovation avec plaisir.'Notons, au reste, que l’article de M.Piché en vaut la peine.Il est gros de leçons pour ceux qui veulent la conservation de nos forêts.*M.Piché y constate, entre autres choses, que la Suède a un régime excellent de prévention et de contrôle des feux de forêts.Ainsi qu’il le dit, nous trouverions profit à adapter les méthodes suédoises à nos besoins.Au Mexique Un Américain bien connu dans le inonde des hommes d’affaires américains «d canadiens, Roger W.Bab-son, directeur du service d’informations commerciales de ce nom, vient de donner au Old Colony Magazine, de New-York, ses impressions sur le Mexique, où il est allé dernièrement.Après y avoir parlé «les immenses ressources naturelles de ce pays, “où la masse des gens vivent dans des circonstances pénibles, «d dans un état d’infériorité marquée”, il ajoute ces réflexions, «lui ont leur valeur, venant d’un analyste des progrès matériels de son pays: “L’étude du Mexique fournit une preuve additionnelle qu'une nation, pour être prospère, doit s'appuyer sur la religion et l’instruction .Mais la science sans la religion est une chose dangereuse.L’exemple de l’Allemagne le démontre à l’évidence, et de même l’étude qu’on peut faire «les jeunes chefs mexicains.Ils ont abandonne toute foi et tout intérêt à quelque église que ce soit.Un grand nombre des jimnes Mexicains sont des athées reconnus.Ils sont au courant, quant à ce qui regarde In philosophie, l’économie, la sociologie «*t le reste, mais ils ne prêtent aucune attention à la religion.Us l’écnrtent.L’instruction, certes, donne aux gens les moyens de travailler.Mais la religion détermine la fin à atteindre par ces moyens.Des ressources naturelles, le pouvoir politique, aux mains de gens que ne dominent pas des principes religieux sain», créent une situation dangereuse.L’absence de religion véritable en Allemagne fut la cause de la grande guerre mondiale et l’absence de véritable religion rhci certains des voisins de l’Allemagne est maintenant cause de la condition chaotique de l'Europe.” Voilà un témoignage à noter.r,.f.soutenaient avalent l'ambition de porter un coup droit au militarisme et de faire baisser pavillon au ministère sur cette question.Mais plus les jours passent, plus cette explication devient improbable et plus cette signification devient fausse.Il est impossible de croire, en effet, que les mêmes libéraux qui ont changé si docilement d'avis sur la question des ministres directeurs de compagnies, lundi passé, risquent la reputation et l’existence de leur gouvernement sur un million de dépenses militaires.Dans les circonstances politiques actuelles, où le sort du cabinet est à la merci du moindre incident, les libéraux n’auraient pas voulu compromettre leurs chefs sur cette question qui manque un peu d’importance, à leur point de vue.surtout lorsque M.Graham a déjà diminué de plus d’un million les estimés généraux do la milice.11 faut donc pénétrer plus avant dans les arcanes politiques et tâcher de trouver un motif plus plausible, plus important.L’amendement Power est un si gne d’une lutte qui se livre dans le parti libéral et peut-être aussi dans le ministère, d’une division qui existe sur une autre question ou sur d'autres problèmes beaucoup plus graves et plus étendus.L'amende-; ment serait un avertissement, une i menace faite à la partie a«lverse un | bâton dans les roues pour arrêtei le charriot de l’adversaire.D’après ce que l’on peut apprendre, tout aurait été organisé.L’amendera an’ aurait été préparé avec soin, ainsi que Tarticle du Canada, de Montréal, et les discours qui ont été prononcés.Presque tous les libéraux canadlens-français se seraient unis pour exercer de cette manière une prc«sion sur le ministère ou bien aider leurs ministres qu ne peuvent triompher à la salle de conseil contre les autres ministres des autres provinces canadiennes Il est difficile d’assigner une cause juste à cette révolte soudaine, lorsque les intéressés eux mêmes gardent si prudemment le secret.Voici une explication qui n’est pas certaine, mais ne manque pas de probabilité: les deux grandes provinces canadiennes, Ontario et Québec, cherchent à s’entendre contre 1 Ouest.La première surtout est bien disposée à s’allier à Québec pour conserver le tarif et quelques autres “institutions britanniques” du même genre.Alors les libéraux voudraient s’emparer de l’Ontario et surtout de l’électorat à «jui le tarif n’est pas toujours une raison suffisante.Et quelques-uns d’entre eux, pour se préparer un immense succès dans la province voisine, voudraient que le gouvernement libéral actuel promit la canalisation immédiate du Saint-Laurent ou s’engageât à la faire pour plus tard.Moyennant cette concession, l’Ontario élirait peut-être une soixantaine de députes libéraux aux prochaines élections et donnerait une solide majorité au gouvernement libéral qui serait formé.Mais cette tactique, conseillée et préparée par une partie du ministère actuel, déplairait aux libéraux eanadiens-français qui ne veulent pas la canalisation «lu Saint-Laurent.Déjà M.Taschereau a parlé, puis un grand organe de Montréal a publié des séries d’articles sur la question, puis les députés fédéraux se sont opposés, mercredi, à la résolution de, M.Church, de Toronto, puis c'était le lieutenant-gouverneur de Québec et autres orateurs, à lu fête du Board of Trade de Montréal, vendredi soir.On peut, dans notre province, être opposé à la nationalisation par patriotisme, on peut l’être également parce que de grands intérêts financiers de Montréal n’ont pas reçu l’offre d’une part de ce gâteau gigantesque, de ce gâteau vers lequel beaucoup d’appétits sont tournés, aujourd’hui.On ne sait pas encore, dans tous les cas, quelle attitude le gouvernement va prendre sur la résolution de M.Church pour le creusage du Saint-Laurent, puisqu’elle a été discutée, mercredi, qu’aucun ministre n’a encore parlé et qu’on ne connaît pas l’opinion du cabinet.Il est certain que la canalisation du Saint-Laurent, promise par notre gouvernement fédéral, lui permettrait de réduire presque à néant le parti conservateur dans l’Ontn-rio et même le parti progressiste, «lu’une tentative de cette sorte est tentante et «iue Québec pourrait y être moins opposée si on lui offrait et lui donnait des compensations ou des concessions d'une autre sorte.L’amendement Power peut être une mise en demeure d’avoir k présenter la compensation, sous peine d’échec au projet et sous peine aussi do difficultés parlementaires.On peut prendre pour acquis cependant que la pierre d’achoppement à une entente entre le Québec et l'Ontario est, aujourd'hui, la canalisation du Saint-Laurent.Les deux provinces ou plutôt ceux qui dirigent les deux provinces peuvent s’entendre snr le tarif et beaucoup d’outres matières, même sur les chemins de fer, croit-on.Du Nord au Sud m Le Kyûshû, comme toutes les ties du Japon est très montagneux'.Dans les environs de Nagasaki surtout.on ne voit presque pas d’en-droits plats.Aussi c’est vraiment une pitié de voir combien les habitants se donnent du travail pour construire leurs rizières dans une telle contrée.Au lieu de vastes champs nivelés et coupés régulièrement par des fossés d’irrigation, «m n’aperçoit plus que de petits bassins aux formes capricieuses disposés en gradins contre le flâne d’une montagne ou dans le lit d’une vallée.On comprend que dans de telles conditions la culture du riz soit insuffisante pour nourrir la population de l'endroit.Aussi cultive-t-on d’autres céréales et d'autre* légumes en grande quantité.La patate douce surtout est très répandue.Bien des gens ne vivent guère que de ee légu-me., La ville de Nagasaki est tellement échelonnée contre le flanc escarpé de la montagne qui la domine et l’enserre, qu’elle semble lutter avec celle-ci pour n’être pas jetée ix la mer.De fait, pour l’agrandir, on a dû remplir une bonne partie de la baie au fond de laque!ht est située la ville.On le sait, Nagasaki est le grand centre chrétien du Japon.Tout, fois ce n'est pas tant la ville elle-même que Je village d’Urakami qui, tout récemment, a été annexé à In ville.On y compte trois grandes églises et une chapelle provisoire.La plus mémorable est celle dite de la Découverte.C’est dans cette église en effet que, en 18155, M.Petit-Jean, plus tard évêque de Nagasaki, reçut de plusieurs personnes venues visiter l’église, l’aveu qu’elles-mêmes étaient catholiques et qu’un grand nombre d’autres l’étaient aussi d’U-rakîimi et en d’gutres endroits.Urakami est aujourd’hui une paroisse de 7,000 chrétiens et possède une magnifique église, la plus grande de tout le Japon.Pour la commodité des fidèles, le dimanche et les jours de fête on y dit trois messes & des heures distinctes.M'étant trouvé là un dtmattche^JWi eu te bonheur d’y l'dire la sainte messe à l’heure où d’ordinaire l’assistance est la plus [ considérable.De fait, 3,000 personnes à peu près se pressaient dans !a nef.Quel spectacle touchant qui Ine se voit au Japon qu’en si peu .d'endroits! Quelle puissance dans la récitation des prières faites à haute et intelligible voix ! Dans cette église il n’y a pour s’asseoir ni banc ni cJiaise ni même «le nattes.De là, quand les fidèles se mettent à genoux ou debout sur ce plancher dur et nu, il se fait dans toute la nef un grand bruit sourd qui ressemble à un roulement de tonnerre.Le célébrant ne peut suffire à donner seul la sainte communion: pour ne pas retarder la fin de la messe, il faut qu’il soit aidé par un autre prêtre.Dans l'après-midi, à la bénédiction du T.S.Sacrement, la foule est encore nombreuse.Avant l’heure marquée, on peut voir dans les sentiers de la montagne, de tous côtés, des petits groupes qui s’acheminent religieusement vers l’église et à mesure qu'ils s’approchent de celle-ci, les avenues regorgent de pieux pèlerins.Le chant à l’église est exécuté avec puissance et entrain, vu le nombre des voix.Mais hélas! si au lieu de ce misérable harmonium placé dans un «les bas-côtés d’où ne part qu’un faible son aussitôt couvert par le chant de la mule, on avait un grand orgue, seul digne d’une si grande église! Ah! c «wt en entendant ce malheureux harmonium que se dissipe l’illusion conçue un moment d'être en pays chrétien et que l’on gémit douloureusement du manque do ressource* pour rendre à Dieu aussi en terre païenne un culte et un hommage digne de lui ! A Nagasaki nous trouverons encore les Marianistes.Us y ont deux établissements: un grand lycée qui affirme comme partout ailleurs leur réputation d’éducateurs inimitables; et une maison de formation pour les jeunes recrues japonaises qui désirent se vouer à l'enseigne-inent.Les Soeurs de l’Enfant-Jésus de Chauffâmes y ont aussi deux maisons, dont l'une ««st dans la paroisse d’Urakami.De plus, à t rakami, nous trouvons une communauté de vierges japonaises qui se consacrent à l’enseignement du catéchisme aux enfants.Leur demeure est à une petite distance de Ja grande église sous le frais ombra ge d un bouquet d'arbres accrochés au flanc de la montagne.Outre leur residence, elles y ont une petite chapelle où on vient leur dire la sainte messe une fois la semaine.A quelques pas de là il y a une maison maternelle où quelques-unes de
de

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