Le devoir, 20 juin 1919, vendredi 20 juin 1919
VOLUME X.— No 143 MONTREAL, VENDREDI 20 JUIN 1919 DEUX SOUS LE NUMERO Abonnements par la poste : * - Édition quotidienne CANADA ET ETATS-UNIS .00 UNION POSTALE .6 00 Édition hebdomadaire CANADA 00 ETATS-UNIS .«“.•¦I® :• [•.;• • 2 50 UNION POSTALE • J" jft'lft J • • S OO LE DEVOIR Rédaction et administration: U3.RUE SAINT-VINCENT MONTH KAh TÉLÉPHONÉ i Main 7460 SERVICE DE NUIT : Réduction, Mala Bill Admlniatratloa.Mala BIBS Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS l r * % 4 Les colonies de vacances Un nouveau type — Pour les élèves de l’enseignement secondaire \uus iivous signulé, après la colonie de vacances des (!rcucs, celle iqu'out fondée, à (Jeauport, les conferences de Saint-Vincent-de-Paul de Québec.On nous révèle aujourd’hui l’existence d’une colonie d’un type tout à fait différent, cor elle s’adresse, elle, tout particulièrement aux élèves de l'enseignement secondaire.Peut-être les quelques notes que nous résumons ici inspireront-elles à d’autres l’idée d’imiter cet exemple, dans les mêmes conditions de sécurité morale.C’est cette pensée qui a décidé l’un de ceux qui connaissent bien l’oeuvre à rompre le silence qui l’enveloppe depuis sa fondation.Celle-ci remonte à une douzaine d’années.Les photographies que nous avons sous les yeux indiquent la présence de bâtiments d’allure simple, au bord de ce que l’on pourrait appeler la mer.(La colonie est implantée sur les bords de la baie des Chaleurs, à trois cent cinquante milles de Québec.) C’est ce que l’on appelle le Camp Laval et notre correspondant précise : “Etabli en 1!)07 par nnc douzaine d’écoliers nuidvs par un de leurs professeurs, ce camp doit tout à ses fondateurs.Tour à tour, bûcherons, équarrisseurs, charpentiers, menuisiers, ces jeunes pens élevèrent les bâtisses que vous pouvez voir sur la carte ci-incluse, et bhac/ae année voit de nouvelles annexes ou des embellissements compléter les premiers travaux.Tout est l’oeuvre des écoliers, aucun ouvrier n’est venu aider ou conseiller ces petits Canadiens français débrouillards, conduits par un de leurs professeurs de séminaire, ci cependant l’habitation es! solide et confortable.” N’est-ce point très intéressant?Du reste, une sorte de noticc-pros-pectus que nous avons sous les yeux, et qui indique les conditions de discipline de la maison, insiste particulièrement aussi sur ce désir de développer l’initiative personnelle et l’aptitude à se débrouiller partout."Les nouveaux apprennent, par l'exemple des anciens, y lisons-nous, à Br tirer d’affaire dans mi camp ou un campement sous tente.Dans les excursions, tous ont à parer les tentes, ramer, allumer un feu en plein air, préparer le repos, veiller aux approvisionnements, netloijer et mettre en ordre, dresser an lit sons tente et sur sapin, etc.Les enfants s’appliquent progressivement à la fatigue par des marches et par le port des fardeaux; ils durcissent leurs bras par le maniement des outils de charpentier et de bûcheron : la hache cl le scie.Ils tentent d’acquérir vn peu d’habileté manuelle, dans les différents métiers requis dans le campement ; Us s'astreignent aux travaux nécessités par la mise en train journalière de la colonie.Ils ont à voir au potager, ils doivent prêter main-forte aux cultivateurs voisins à l’époque des foins.Chaque voyage on excursion a son côté pratique ; quelques notions élémentaires de botanique, de zoologie, de géographie et de géologie sont rappelées ou apprises aux jeunes colons.Les jours de pluie, il y a quelques sorties nécessaires au dehors ; elles habituent aux intempéries, comme du reste tes excursions de pêche; on veille cependant à ce que chaque garçon soit bien couvert, et si l’on revient trempé, un changement de vêtements, un exercice de massage et des moyens appropriés sont exigés pour provoquer la réaction et éviter tout refroidissement.L’appétit, du reste, est toujours aiguisé jmr le salin, la vie en plein air, le bain journalier chaque fois que la chose est faisable.” Voilà un type de vacances qui doit mettre l’eau à la bouche des collégiens qui en entendent parler et nous comprenons fort bien qu’en dépit du silence qui entoure l'oeuvre depuis sa fondation, elle ait facilement trouvé ses vingt pensionnaires.Les villégiaturistes doivent être eux-mêmes les meilleurs agents recruteurs.L’oeuvre ne s’adresse d’ailleurs, semble-t-il, qu’aux jeunes gens des villes, et notre correspondant ajoute: "N’y aurait-il pas là un exempte pour les élèves d'établissements d’enseignement secondaire; je ne parle évidemment que des externes des villes; ceux-ci ne seraient-ils pas mieux dans une semblable colonie que sur les plages à la mode où ils mènent une vie désoeuvrée, ennuyeuse pour eux et ennuyante.pour leur famille?” La question vaut la peine d’être posée, et c’est précisément pourquoi nous transcrivons ccs notes, à l’intention des parents et des maîtres que la chose pourrait intéresser.Il ne s’agit plus ici, comme dans le cas d’autres colonies, d’offrir de l'air et du soleil à des enfants qui, autrement, passeraient tout leur été dans la chaleur et la poussière des grandes villes.L’intention est plutêU de permettre à des enfants qui, en tout cas, sortiraient de la ville, de tirer de leurs vacances le maximum de profit moral et physique.On admettra que, pour être différent, l’objet de l’oeuvre n'en est pas moins très intéressant.Les bounnes pratiques demanderont avec, raison : Mais comment vit celte institution?Notre correspondant répond avec une extrême discrétion : “.la colonie n’a jamais eu de ressources et n’a jamais payé de dividendes.Elle se soutient grâce à vue stricte économie et.au dévouement de quelques personnes." En tout cas.le problème financier le parait point, en l'occurrence, le plus difficile à résoudre.Orner HEROUX.Sur la route de Carillon “Le reste de la journée nous nous reposâmes, ayans assez travaillé.” (Chain-plain, oeuvres, p.29S.) Le 24 juin, un groupe de jeunes *ens de nos collèges et de nos écoles iront célébrer leur Saint-Jean-Baptiste au pied du monument Dollard, à Carillon.C’est pour eux que ces lignes sont écrites.Elles leur montreront que la route qu’ils vont suivre des explorateurs célèbres, des missionnaires zélés, des colons et des guerriers intrépides l’ont parcourue avant eux.Avec fierté, ils se souviendront que tous étaient des Français à l’âme patriotique el chevaleresque.Le premier blanc qui entreprit ce trajet semble être Cartier lui-même, en 1541.Le voyage se fit en canot jusqu’aux rapides de La-ebine.où l’impétuosité du courant l'arrêta.11 se fit conduire par terre “ aussi loin que possible par quatre jeunes gens du pays ” : jusqu’à Lachine probablement, où sa vue put contempler avec admiration la riche côie boisée de File et la caste nappe d'eau du lac Saint-Louis.Champlain à son tour, en 1605, remonta plus de trois milles au-îessus du grand sault.En 1611.après avoir défriché un emplacement à l'endroit précis où commencera Viilemarie, et avoir donné le nom de sa femme à File Sainte-Hélène.il prend de nouveau la route de l’Oulaouais.Un de ses hommes, nommé Louis, grand amateur de chasse, se noie avec un sauvage en poursuivant le gibier, aq pied du rapide de Lachine.Aujourd’hui encore.File aux Hérons, au pied des rapides, rappelle cette îoiirnér Irccifine.tic même one le Sault Saint-Louis et le lac Saint-Louis ont sauvé de l’oubli le nom de la victime de ce triste accident.“ Le lendemain, écrit Champlain, je fus dans un canot audit saut avec le sauvage, et un autre de nos gens, pour voir l’endroit où ils s'estoient perdus : et aussi si nous trouverions les corps, et vous as-seure que quand il me montra le heu les cheveux me hérissèrent en la teste, de voir ce lieu si espou-vantable, et m'eslonnais comme les dcsfuncls avoient esté si hors de jugement de passer un lieu si effroyable, pouvant aller par ailleurs : car il est impossible d’y passer pour avoir sept à huit cheii-tes d’eau qui descendent de degré en degré, le moindre de trois pieds de haut, où il se faisait un train et bouillonnement estrange, et une partie dudit saut estoif toute blanche d’escume, qui montroit le lieu le plus effroyable, avec un bruit si grand que l’on eut dit que c’était un tonnerre, comme Fair retentis-soit de bruit de ces cataraques.Après avoir veu et considéré particulièrement ce lieu et cherché le long du rivage lesdicts corps, cependant qu’une chalouppe assez légère estoit allée d’un autre costé.nous nous en revinsmes sans rien trouver." L'explorateur remonte ensuite le lac Saint-Louis, les rapides de Sainte-Anne et atteint FOutaouais, appelé alors rivière des AlgOnme-quins.C'est à ce voyage qu'il donne le nom de lac de Soissons au lac des Deux-Montagnes, en souvenir du comte de Soissons.“mn grand protecteur en France.En 1613, nous retrouvons encore le fondateur de Québec sur la route de Carillon.Lisez, chers amis, cette partie de son récit où il raconte le passage, du Long-Sault : “Le dernier May nous passasmes par un aulre lac qui a 7, ou 8 lieues de long, et trois de large, où il y a quelques isles : l.c pays d'alentour est fort uni, horsmis en quelques endroits, où il y a des coteaux couverts de pins.Nous passasmes un Saut qui est appelé de ceux du pays Quenechouan qui est rempli de pierres et rochers, où l'eau y court de grand vistesse : il nous fallut mettre en l’eau et traisner nos Canots bort à bon de terre avec une corde : à demi lieue do la nous en passasmes un autre petit à force d’avirons, ce qui ne se faict sans suer, et y a une grande dextérité à passer ces Sauts pour éviter les bouillons et brisants qui les traversent : ce que les Sauvages font d’une telle adresse, qu'il est impossible de plus, cherchants tes destours et lieux plus aysés qu’ils cognoissent à l’oeil.Le samedi 1 de Juin nous pussas-iiics encor deux autres Sauts : le premier contenant demie lieue de •long, et le second une lieue, où nous eusiues bien de la peine; car la rapidité du courant est si grande, qu’clle faict un bruit effroyable, et descendant de degré en degré, faict une é.scume si blanche par tout, que l’eau ne paroist aucunement : ce Saut est parsemé de rochers et quelques isles qui sont çà et là, couvertes de pins et cèdres blancs: Ce fut là, où nous eusmes de la peine: car ne pouvons porter nos Canots par terre à cause de l’espais-seur du bois, il nous les failloit tirer dans F eau avec des cordes, et en tirant le mien, je nie pensay perdre, à cause qu’il traversa dans un des bouillons ; et si je ne fusse tombé favorablement entre deux rochers, le Canot m’entraisnoit ; d’autant que je ne peus d’effaire assez à temps la corde qui estoit entortillée à l'entour de ma main, qui me Foffença fort, et me le pensa coupper.En ce danger je m’es-criay à Dieu, et commencay à tirer mon Canot, qui me fut renvoyé par le remouil de l’eau qui se faict en ces Sauts, et lors estant eschappé je louay Dieu, le priant nous préserver.Notre Sauvage vint après pour me secourir, mais j'eslois hors de danger ; et ne se faut es-tonner si j’eslois rurueux de conserver nostre Canot : car s'il eut esté perdu, il falloit faire estât de demeurer, ou attendre que quelques Sauvages passassent par là, qui est une pauvre attente à ceux qui n’ont de quoy disner, et qui ne sont accoustumés à telle fatigue.Pour nos François ils n’en eurent pas meilleur marché, et par plusieurs fois pensoient estre perdus: mais Ja Divine bonté nous préserva tous.Le reste de la journée nous nous reposRsmes.ayans nssés travaillé.” Et vous aussi, chers amis, qui avez bien travaillé tonie une année, vous vous reposerez toute une journée sur la route de Carillon, en méditant sur l’intrépidité et l’esprit de foi de nos ancêtres qui, les premiers, ont donné à Dieu, à leur patrie et à la civilisation ces riches contrées.A la suite de nos découvreurs vinrent nos missionnaires; ils ont écrit eux aussi sur cette route des pages immortelles.Rappelez - vous les noms des récollets.Le Caron, Sa-gard.Viel ; des jésuites, Lalemant, Massé, de Brébeuf, Daniel, Garnier; des sulpiciens, de Fénelon.d'Urfé, Trouvé, Gallinée.Le cadre de ces notes, forcément incomplètes, ne nous permet pas de les suivre dans le champ de leur apostolat.Un historien a écrit sur leur oeuvre une si belle page que vous aimerez sans doute à la relire ici : “Leur devise était: “Allez, enseignez les nations.” Afin de gagner des âmes à Jésus-Christ, ils ne calculaient point avec le travail, les veilles, la santé et la vie même.Trop souvent, les courses errantes des néophytes nuisaient à la foi qu’ils venaient d’embrasser.Pour obvier à cet inconvénient, les missionnaires se firent un devoir, nonobstant les difficultés à vaincre, de les accompagner partout.Montés sur les frêles canots indiens, ils maniaient la pagaie, faisaient le portage ou servaient de portefaix, en courant risque, à chaque instant, de tomber entre les mains des farouches Iroquois.Une chose bien pénible pour les ouvriers évangéliques était la nourriture qu'ils devaient partager avec les sauvages.Les meilleurs mets étaient le poisson rôti sur de la braise ou séché aux ardeurs du soleil.Le plus souvent, ils devaient se contenter de bourgeons, d'écorces tendres, et d’une espèce de mousse appelée tripe de roche.Dans l'abondance, la préparation des aliments se faisait dans des chaudières aux parois souvent moins épaisses que la couche graisseuse qui les couvrait.Ce qui devait encore les dégoûter singulièrement, c’était de voir les sauvages presser de leurs mains sales les mets qu’ils devaient leur servir.L’eau des fleuves et des rivières servait de breuvage ordinaire.Parfois, au printemps, on buvait de l'eau d’érable.La nuit, si elle était belle, se passait sur la terre nue et sans abri ; quand elle était pluvieuse, on improvisait des cabanes d’écorce et de branches soutenues par (juatro perches plantées en terre et reliées par le sommet.L’Hiver.si rude au Canada, offrait des difficultés presque insurmontables pour les voyages.La marche se faisait sacoche au dos et raquettes aux pieds.La nuit devenait un véritable martyre ; elle se passait en de grands trous creusés dans la neige jusqu’au sol et recouverts de branches de sapins liées ensemble et formant une espèce de toit, au milieu duquel se trouvait une ouverture servant tout à la fois de fenêtre et de cheminée.Dans ces espè-ers âr ravernes ils avaient à souf- frir de beaucoup de manières: couchés autour d’un grand leu flambant au centre, ils rôtissaient d'un «•ôté et gelaient de l’autre.Souvent la fumée, refoulée à l’intérieur pur la violence du vent, leur cuisait les yeux et tes suffoquait presque à perdre la respiration.Le seul-moyen de se soulager un peu en ce pitoyable élut, était d’appliquer leur bouche contre 'la terre gelée.Les meutes de chiens sauvages importunaient aussi beaucoup les missionnaires dans les cabanes.Ces animaux, souvent affamés, allaient, venaient, et rôdaient de tous côtés sur les pieds, les mains et la figure même «les voyageurpour trouver quelque nourriture.Ils devenaient encore plus importuns pendant les repas, en incitant le nez plus vite dans les écuelles que les convives n’y portaient la main.Telle était la vie de ces ouvriers évangéliques, qui n'avaient rien autre chose en vue que la conversion des infidèles et le mérite du martyre.” Cette route de Carillon est maintenant ouverte a la colonisation.Et lorsque Dollard la parcourut, en avril 1660, File Saint-Paul, où eut lieu un premier combat, le sault el le lac Saint-Louis, le lac de Sois-sons et la rivière des Algonme-quins étaient connus.Il put s'arrêter au poste de traite du sault Saint-Louis, à un autre, au bout de File, où il resta huit jours ; il trouva même un petit fort au pied du Long Sault.où il attendit les Iroquois, Le reste de la contrée était sauvage, inexplorée.A perte de vue, s'étendait la forêt vierge avec ses arbres majestueux où naissaient les premiers bourgeons printan-niers.' Ce fut à la fin du 17r siècle, après l’arrivée du régiment de Ca-rignan, et au commencement du LSe que se fondèrent les premiers établissements stables sur cette route désormais célèbre.Vers 1668, Cavelier de la Salle reçoit le fief de Lachine, (ce nom rappelle l'illusion qu’il caressait depuis longtemps d’atteindre les Indes par la route de l’ouest).Des colons le suivent, et pour protéger la cité naissante trois forts surgissent de terre : l’un, le fort Rémy, nom du 1er curé du lieu, occupait l'emplacement du noviciat des Oblats, près du pont du Pacifique Canadien ; l’autre, le fort Rolland, du nom d'un colon, François Lenoir dit Rolland, s’élevait près de la gare du Grand-Tronc ; le dernier, sur la propriété d’un nommé René Ginllerier dit Levcillé, s’appelait Cuillerier : il se-dressait non loin des aqueducs actuels.Chers amis, avant de quitter ce lieu, vous ne manquerez pas de donner un souvenir aux victimes du massacre de 1689 : un petit monument élevé à leur mémoire, en 1889, vous > invite.C’est à Dorval que les farouches Iroquois mirent pied à terre.Un mois durant, ils terrifièrent File de Montréal, brûlant, massacrant tout sur leur jias-sage.Us firent 66 victimes el brûlèrent 56 maisons.Ce n'est qu’à l’arrivée de 560 soldats réguliers, commandés par M.de Vaudreuü, qu’ils reprirent le chemin de leur pays.Le village de Dorval, qui commence vers la même date, rappellera aux collégiens un nom bien connu : François de Salignac, abbé de Fénélon, frère du grand Fénelon.Il fut le premier propriétaire des îles Dorval.La mission sauvage qu’il avait commencée à cet endroit s’appelait la Présentation, et les lies adjacentes, îles Courcelles, Pierre Bouchard, sieur Dorval.qui vint s’y établir en 1691, eut l’honneur de laisser son nom aux îles et au joli village actuel.Toujours vers la même date, d’autres postes s’élèvent à la Grand’An-se, baie Valois actuelle ; à Caugh-nawaga, irour les Iroquois convertis : à Chàteauguay et à File Bernard, fief de Charles Lemoyne de Longueuil : à la Pointe-Claire, propriété des Sulpiciens jusqu’en 1837 ; à Anany ou la Pointe à Qué-net, (de Jean Quénet son possesseur), Beaurepaire d’aujourd’hui ; à la Pointe Saint-Louis, (Pointe à Caron aujourd’hui), où l’abbé d'Urfé, porta le premier le titre de curé du Bout-de-FUe, (son nom reste attaché à la haie voisine) ; à File Perrot, concédée au gouverneur de Montréal de ce nom, et dont l'agent de commerce, Antoine de La Fresnaye, sieur de Brucy, fit appeler longtemps les rapides de Sainte-Anne, rapide de Brucy ; à Sainte-Anne de Bellevue, fief de M.Sidiac Du Gué, sieur de Bois-briant ; à File aux Tourtes, propriété de M.Philippe de Higaud de Vaudreuil, mission sauvage transférée plus tard à Oka; à Sen-neville, concédé à Jacques Leber, sieur de Sennesille ; à Saint-André, qui doit son nom à Claude de Ro-butel, sieur de Saint-André : à Ar-genteiril.propriété de Charles d'Ailleboust.\ienr d’Argenteuil ; enfin à Carillon, selon toute probabilité fief du sieur de Carion, du régiment de Carignan.Que de noms, chers amis, et que de grands noms ; et que de souvenirs ils éveillent dans l’âme.Que d'héroïsme, de grandeur d’âme, d’abnégations suppose l’oeuvre qu’ont poursuivie victorieusement ces seigneurs et leurs censitaires.Vous les saluerez avec respect, ces noms, car ils sont restés, pour la plupart, attachés aux rivières, aux baies et aux villages qui, de proche en proche, s’échelonnent sur la route.Vous y joindrez les noms de militaires distingués qui ont défendu ees postes avancés, comme M.de Blainville, de Lorimier, Jean-Louis de la Coure.Gédéon de Catalogne, René Gauthier, sieur de Varennes.Pierre de La Verendrye, de Repentigny.De vous savoir si bien entourés de vaillance et de fierté chevaleresque, vous créera une âme plus ardonte et plus batailleuse Sur la route de Carillon, nos découvreurs les premiers ont planté le drapeau fleur de lis, nos missionnaires les premiers y ont versé leur sang, nos seigneurs et nos soldats, les premiers toujours, y ont jeté les bases des villages, (ju'Hs ont défendus ensuite héroïquement.Cette route, nos voyageurs et nos coureurs de bois l’ont explorée souvent, entre autres cet infortuné Cadieux, dont une île à l’entrée de l'Ottawa vous rappellera la légendaire mémoire.Vous laisserez vos âmes se remplir, chers amis, de la poésie de la nature canadienne si grandiose et si pittoresque, vous y mettrez aussi un peu de la chevalerie de nos militaires, de la mélancolie rêveuse de nos aventuriers, de l’endurance de nos premiers colons, de la piété et de la soif du martyre de nos missionnaires, et vous pourrez ensuite, sans crainte de la profaner, gravir lu colline où Dollard et ses seize braves donnèrent leur vie pour la cause de lu patrie.C’est le coeur de ces héros qui battra dans vos poitrines de vingt ans.Emile DUROIS, pire.BILLET DU SOIE LA PLUIE Les nuages ayant tendu un ciel gris, nouveau, où n'oserait s’aventurer le soleil séculaire et toujours, renaissant, la pluie commence à tomber, lourde et pâle mais sans le fracas ni les éclairs fulgurants dont elle s'accompagne parfois.Voyant courir le train, elle s rici i.i maison Renaud a été enten o [ i admis que la maison Renaud I monopole du commerce des denrées alimentaires dans le district de Québec.En réponse à Al.l’ran-coeur, avocat du plaignant, il a déclaré que la maison Renaud a acheté l’an dernier une grande quantité de fraises à ATI© d’Orléans.Elle a payé 12 sous et 15 sous la livre.La cause se continue cet après-midi.URQrO U -L A IAT1ÜN MM, Walsh et Dunne, P is s sociétés irlando- • • i • 'ii.is.ü l adressé une lettre i a ¦! i.a .il'ge dans laquelle Us (6;'.landcnt ia mise en liberté immédiate de la comtesse de Murkievlcz qui est désignée comme étant le ministre du Travail dans le cabinet républicain irlandais.Les deux délégués déclarent que l’arrestation a été faite dans le but de punir la comtesse qui a donné des informations quant aux brutalités à l’égard des femmes irlandaises.YEUX' FATIGUES ?, Si vos yeux sont fatigués et sur* chargés de travail ; s’ils démangent, font mal, brûlent ou piquent, allez à n’importe quelle pharmacie et procurez-vous un flacon de comprimés Bon-Opto.Mettez-en un dans le quart d'un verre d’eau et servez-vous-en pour baigner vos yeux da deux à quatre fois par jour.Vous serez surpris du soulagement, (tu repos et du confort qu’apporte Bon-Opto .Itemurnue : I.os docteurs disent (iu« lion.Opto mil'urclt lu vue de .70 p.c.dans une se.inuino de temps eu bien des eus.J*++*+*+
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