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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Le devoir, 2001-12-27, Collections de BAnQ.

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ECONOMIE ACTUALITES Entente finale en vue avec les Cris Page A 4 r— - 1 Contre toute attente, 1 économie canadienne a crû en octobre Page B 1 ?w w w .led e v o i r .c o in ?LE DEVOIR L’ENTREVUE JACQUES GRENIER LE DEVOIR Les couloirs de la mémoire Le fait de trouver refuge dans le passé n'est pas propre à notre temps, croit la sociologue et historienne Régine Robin JOSÉE BOILEAU LE DEVOIR Prenons une tragédie, immense: l’Holocauste.Disons que l’humanité ne doit pas oublier: on y consacre donc un musée, à Washington par exemple.Envoyons-y, apprentissage oblige, des classes entières avec leurs professeurs.Résultat des enfants qui rigolent, se chatouillent, glissent sur les parquets parce qu’ils s’ennuient terriblement Et un exercice de mémoire complètement raté.«Tout le problème de la mémoire est comnfe ça», constate la sociologue et historienne Régine Robin, qui a souvent visité ce musée américain.«On ne peut pas se passer de commémoration, de mémoire publique.Mais ü ne faut pas la figer, la ritualiser, tomber dans l’ul-tra-pédagogisme.Sans âme, ça ne marche plus.Entre b nécessité d’un récit et b saturation qui peut en découler, l’exercice est extrêmement difficile à manier.» La mémoire — la petite, la grande, l’officielle, la culturelle, l’iriterstitielle (comme elle appelle celle qui s’inscrit là où on ne l’attend pas!) —, c’est la passion de Régine Robin.Officiellement, celle-ci enseigne la sociologie à l’Université du Québec à Montréal.En réalité, Régine Robin est inclassable: elle s’intéresse à l’histoire, à la linguistique, à la politique, à l’art sous toutes-ses formes — jusque dans les multiples possibilités d’Internet.Mais tous ses ouvrages, romans comme essais, ont un fil conducteur: la mémoire.Celle qui s’affiche et celle que l’on tait VOIR PAGE A 8: MÉMOIRE Distincts, même dans le don Moins engagés dans des organismes officiels, les Québécois sont plus portés à aider directement leur entourage JOSÉE BOILEAU LE DEVOIR Les» Québécois sont les moins généreux des Canadiens, disent toutes les enquêtes, chiffres à l’appui.Paul Reed, lui, frémit chaque fois qu'U entend une telle affirmation.Il est pourtant bien au fait des données: ce professeur de l’université Car-leton, à Ottawa, est conseiller principal en sciences sociales à Statistique Canada, où il s’occupe des études.sur le don et le bénévolat «Mais tout comme les moyennes nationales sur le don cachent des différences importantes entre les régions du Canada, la moyenne québécoise ne fait pas voir à quel point il y a une coupure au Québec entre ceux qui donnent et ceux qui ne donnent pas.» Plus que dans les autres provinces?Oui, affirme-t-il.Les Québécois qui donnent le font autant qu'ailleurs, et il y a un tas d'explications, dont la Révolution tranquille, pour comprendre ceux qui ne le font pas.VOIR PAGE A 8: DON INDEX -4 A7 B 6 B 4 00 Cri Avis publics.B 4 Culture B 8 Les sports Mots croisés KM O O O O' Économie B 1 Éditorial A 6 Télévision Météo B 7 B 4 Travail à la chaîne .*> ?** ***>?* ^ ¦**•*% T****' JACQUES NADEAU LE DEVOIR UNE FOIS le rideau tombé, les éléphants du Cirque Zellers se retrouvent enchaînés dans le garage du Centre Molson.Si l’on Jure que les animaux sont bien traités et qu’ils sont en parfaite santé, l’information entourant ce spectacle haut en couleur est strictement contrôlée, comme Le Devoir a pu le constater.Nos informations en page A 3.Pas de vacances à Ground Zero Fêtes ou pas, le travail se poursuit sans relâche dans les ruines des tours jumelles UInde pointe ses missiles sur le Pakistan AGENCE FRANCE PRESSE ET REUTERS New Delhi — le torchon brûle toujours entre l’Inde et le Pakistan en dépit des efforts de Washington pour ramener le calme entre les deux pays membres de l’alliance «antiterroriste».Hier, le ministre indien de la Défense, George Fernandes, a fait monter d'un cran la tension en annon-çanl que des missiles sont en «place» à proximité de la frontière pakistanaise.•Les systèmes de missiles de l’Inde sont en place», a déclaré le ministre à l’agence PTI en réponse à une question sur l’actuelle concentration de moyens militaires à la frontière avec le Pakistan.l.a presse affirme que l'armée indienne aurait amené des batteries de missiles sol-sol guidés Prithvi fia l'erre) à proximité de la frontière dans le Pendjab.Ayant une portée de 150 kilomètres ces engins sont en mesure de transporter une charge nucléaire.Dans le même temps à Islamabad, un haut responsable pakistanais a déclaré à l’AFP que Washington s’efforce de désamorcer la tension.«Chaque jour, il y a une série d'appels téléphoniques de l’autre côté de l’Atlantique pour désamorcer b tension», a déclaré ce responsable parlant sous le couvert de l’anonymat «Nous leur disons |à Washington) que c’est l’Inde qui fait voler b poussière et qu’elle est seule responsable de l’escalade actuelle.Il faudrait dire à New Delhi de se calmer», a-t-il ajouté.Ce regain d’hostilité entre ces deux pays, qui se sont déjà livrés trois guerres depuis leur indépendance en 1947, a pour origine l’attentat suicide contre Ig parlement fédéral indien le 13 décembre (14 morts dont ses cinq auteurs).Deux mouvements islamistes basés au Pakistan, La-shkar-e-Taiba et Jaish-e-Mohammad, sont accusés par l’Inde d’avoir perpétré l’attenta^derrière lequel New Delhi voit la main des services secrets pakistanais.VOIR PAGE A 8: TENSION Lire aussi l’éditorial de Serge Truffaut en page A 6: Le forceps indien Bruce Roznoy STÉPHANIE TREMBLAY CORRESPONDANTE DU DEVOIR New York — Temps des Fêtes ou pas, à Ground Zero, on travaille jour et nuit, sans interruption.Ainsi, des centaines d’ouvriers, policiers ou pompiers passent le temps des Fêtes au travail, au milieu des restes des Twin Towers.C’est le cas de Bruce Roznoy, assistant superviseur pour la compagnie Moretrench American Corp, une des entreprises qui participent au nettoyage du site.«On m’avait fait venir ici pour trois jours, mais voilà, j’y suis toujours après neuf semaines», dit-il, l’air encore surpris que ces quelques jours se soient transformés en mois.«C’était vraiment une zone sinistrée, avec la montagne de débris.Maintenant, ça ressemble plutôt à un chantier, ou du moins, c’est comme ça que j’essaie de le voir», ajoute-t-il.Bruce et ses collègues travaillent sur le site du World Trade Center, mais ils passent le plus clair de leur temps sous les décombres, dans les tunnels de métro ou près d’un mur qui encercle la structure souterraine des tours.A New York, ce mur est mieux connu sous le nom de «Bathtub», ou la baignoire.Comme le site du World Trade Center faisait autrefois partie de IHudson, lors de la construction des tours, on a érigé ce gigantesque mur de soutènement pour empêcher l’eau du fleuve de s’infiltrer.La structure du sous-sol du World Trade étant maintenant fragilisée, ou détruite par endroits, il a fallu prendre des mesures rapides pour s’assurer que «la baignoire» puisse résister à la pression de l’eau sur ses parois et demeurer le plus étanche possible.«Notre compagnie a participé à b construction de ce mur, explique Bruce.On nous a dit: “Vous savez quoi faire, venez nous aider”.» Avant de s’attaquer à la baignoire.Bruce et ses collègues ont travaillé à pomper l’eau accumulée dans un tunnel de métro reliant Manhattan au New Jersey.Après l’effondrement des tours, ce tunnel, qui aboutissait dans le sous-sol des tours jumelles, s’est retrouvé inondé et c’est là que Bruce et un collègue ont retrouvé le corps d’un pompier.Pendant quelques instants, le travail s’est arrêté.Une ambulance s’est approchée et quelque 200 pompiers sont venus.Ds ont formé une haie d’honneur et salué alors qu’on retirait le corps de leur collègue des décombres.«C’est vraiment bouleversant d'assister à une scène comme ça, raconte Bruce, fêtais assis b, juste à côté d’eux, et j’avais de b peine à retenir mes tannes, » Après la cérémonie, % V V T' PETER MORGAN REUTERS Ground Zero est un lieu où personne ne semble jamais s’arrêter de travailler, même pendant le temps des Fêtes.tout le monde a repris son travail, presque comme si de rien n’était.Bruce se rappelle de cette expérience comme d’un moment un peu irréel.Même si Ground Zero a pris des allures de chantier au cours des dernières semaines, il n’en demeure pas moins que le déblayage des débris du World Trade tenter est toujours considéré comme une opération de sauvetage.«Il y a tellement de choses spéciales qui se passent ici, explique Bruce, c'est difficile de bien exprimer les émotions qu'on ressent.» Le président George W.Bush est venu en personne à quelques reprises.H y a aussi des stars qui visitent Ground Zero régulièrement et qui parlent avec les travailleurs.«Jamie Lee Curtis m’a donné un autographe, dit-il./’ai aussi vu Michael Jordan, il nous a remerciés de notre travail.» Pas davantage que lui-même, les travailleurs que Bruce côtoie n’ont le sentiment d’être en train de VOIR PAGE A 8: VACANCES Ben Laden refait surface Dans un nouvel enregistrement vidéo, il accuse l'Occident de «haïr l'islam» AGENCE FRANCE-PRESSE Le chef islamiste Oussama ben laden a brutalement refait surface dans une cassette vidéo apparemment enregistrée il y a une quinzaine de jours et diffusée hier par la chaîne de télévision du Qatar, al-Ja-zira, dans laquelle il accuse l’Occident de «haïrl’idam».L’homme le plus recherché de la planète, le ton posé et filmé en treillis de camouflage, kalachnikov à portée de main, indique vouloir faire le point «de b croisade féroce contre l’isbm deux mois après son bncement».Cette phrase semble signifier que la cassette a été enregistrée vers le 7 décembre, les opérations militaires américaines en Afghanistan ayant commencé le 7 octobre.«Les événements ont prouvé d’importantes vérités.Il est devenu ctair que l’Occident en général et l’Amérique en particulier entretiennent envers l'islam une haine indicible», affirme ben Ia(|en dans cet enregistrement vidéo.Aux Etats-Unis, plusieurs chaînes de télévision, citant des sources des services de renseignement, ont rapporté hier que des prisonniers afghans avaient reconnu, sur des photos présentées par des agents américains, le terroriste présumé du vol Paris-Miami d’American Airlines, Richard Reid.Ce dernier aurait séjourné dans des camps d’entraînement du réseau al-Qaïda de ben Laden, selon ces prisonniers.Reid, un Britannique de 28 ans, a tenté samedi de faire exploser le vol 63 d’American Airlines au-dessus de PAdantique et est détenu depuis dans une prison américaine.Oussama ben I^iden VOIR PAGE A 8: BEN LADEN ¦ IJre autres textes en page B 5 778313000672 LE DEVOIR, LE JEUDI 27 DÉCEMBRE 2 0 01 A * LE DEVOIR ?-—= ACTUALITES Aubaines à tout prix jHjj| I s mwmS I -mÊSSP êsÊM;': JACQUES NADEAU LE DEVOIR LES CLIENTS se sont rués à l'assaut du magasin Future Shop du centre-ville de Montréal, hier matin, pour profiter des traditionnels soldes d’après Noël, le Boxing Day.Une foule impatiente a forcé le gérant à ouvrir les portes de son établissement de la rue Sainte-Catherine dès llh, en violation de la loi.Les imprimantes, cellulaires et fours à micro-ondes se sont envolés comme des petits pains chauds.«C’est incomparable, mieux que l’an dernier et que l'année d’avant.On a reçu au moins 10 000 clients, il n’y avait plus de place sur le plancher.» Même scénario chez le disquaire-libraire Archambault, où l’on notait que les attentats du 11 septembre et la récession n’avaient pas tempéré les ardeurs des consommateurs québécois.• Un Canadien sur la liste d’al-Qaïda Le nom d’Ahmad Saïd al-Kadr refait surface KAKI N K FORTIN LE DEVOIR Un Canadien d’origine égyptienne figure parmi les membres du réseau al-Qaïda les plus recherchés par les autorités américaines, selon le Washington Post.Dans son édition du 25 décembre, le quotidien révèle que le nom d’Ahmad Said al-Kadr — surnommé «le Canadien» — apparaît en dernière position sur la liste de neuf terroristes présumés que fait circuler une milice anti-talibane de la région de Jalalabad, en Afghanistan.Les soupçons qui pèsent sur al-Kadr ne datent pas d’hier.Un document du Conseil de sécurité de l’ONU rendu public en mars 2(XX1 faisait déjà état de ses liens avec l’organisation de Ben Laden.L’organisation internationale recommandait alors son arrestation et le gel de ses actifs.le nom d’al-Kadr figurait aussi en 33r position sur la liste des personnes soupçonnées dévoilée par le Département d’Etat américain le 12 octobre dernier.Interrogés par les médias, les gouvernements canadiens et américains avaient cependant refrisé de confirmer l’implication de l’homme de 53 ans dans les attentats de New York et de Washington.Pour le moment, il est impossible de savoir si de nouveaux faits sont venus confirmer les soupçons qui pèsent sur al-Kadr.Mais selon •le Washington Post, son ascension sur la liste des personnes les plus recherchées est attribuable aux progrès accomplis dans l’enquête sur al-Qaïda.Les interrogatoires des combattants talibans et arabes auraient permis aux autorités américaines d’affiner leur compréhension du réseau et de mieux identifier ses dirigeants.la Gendarmerie royale du Canada n’a pas été en mesure de confir- mer que le gouvernement avait pris des mesures pour retracer al-Kadr ou pour geler ses actifs et ceux de l’organisation humanitaire Human Concern International pour laquelle il a déjà œuvré.L’histoire d’al-Kadr embarrasse les autorités canadiennes depuis le 11 septembre, notamment à cause d’une intervention du premier ministre Jean Chrétien en sa faveur à l’occasion d’un voyage au Pakistan au début de 1996.Al-Kadr avait été arrêté par les autorités de ce pays qui le soupçonnaient d’avoir financé un attentat à la bombe contre l’ambassade d’Egypte à Islamabad l’année précédente.Alors que al-Kadr était en prison, M.Chrétien avait évoqué son cas avec son homologue Benazir Bhutto qui lui avait promis un «traitement équitable».Al-Kadr avait été relâché quelques semaines plus tard faute de preuves.Le Washington Post affirme qu’il aurait ensuite rejoint les camps d’entraînement d’al-Qaïda en Afghanistan.Le 17 octobre dernier, Jean Chrétien a assuré qu’il n’avait demandé aucun traitement de faveur pour al-Kadr.Selon Reynald Doi-ron, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, le premier ministre n’était intervenu que pour s’assurer que le Canadien n’était pas maltraité et que ses droits fondamentaux étaient respectés.«Dans des cas comme celui-là, le gouvernement du Canada a une double obligation: celle d’aider ses alliés et celle de pire respecter les droits de ses ressortissants pour que justice soit faite», souligne M.Doiron.«Si M.al-Kadr est arrêté à nouveau à l'étranger, nous tenterons sans doute d'obtenir son extradition pour qu’il ait un procès équitable, en dépit des lourds soupçons qui pèsent sur lui.» Aî’cc l'AFP EN B Danger: libres ! Toronto (PC) —Au moins 20 poursuites évaluées à plusieurs millions de dollars ont été intentées contre la Commission des libérations conditionnelles et le Service correctionnel du Canada à la suite de crimes commis par des détenus ayant bénéficié d’une libération conditionnelle.Des documents du ministère fédéral de la Justice précisent que plusieurs autres cas seront soumis sous peu aux tribunaux, a rapporté hier le K E F quotidien Globe and Mail Dans chacun de ces cas, les victimes et les familles des victimes ont blâme Ottawa ainsi que son système carcéral et son régime de libération conditionnelle.Le gouvernement, le Service correctionnel du Canada et la Commission nationale des libérations conditionnelles font ainsi face à des poursuites de plusieurs millions de dollars.Dans les 20 actions en justice décrites dans les documents les dommages-intérêts réclamés atteignent jusqu’à 10 millions.Qu’est-ce que c’est que ce cirque % Les éléphants de la troupe Zellers i ne souffriraient pas de la tuberculose JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le Cirque Zellers est en ville jusqu’à demain et plusieurs numéros mettent en vedette des animaux, dont des éléphants qui font trois représentations par jour.' 'Mv-’- %-.• .**•*&&« Z VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR ¦\J os animaux sont en par- 1N faite santé, mangent bien et sont bien traités.» C’est, en essence, ce que les responsables du Cirque Zellers ont répondu toute la journée d’hier aux journalistes.Le matin, le Réseau Action Globale, un organisme de protection des animaux, avait parti le bal en affirmant que les éléphants de la troupe souffraient de tuberculose.«Ça fait quatre ans que des organismes organisent des manifestations devant le Centre Molson pendant les représentations.L’an dernier et l’année d’avant, on m'accusait de maltraiter les animaux», souligne le producteur du cirque, Marc Verreault.«J’investis beaucoup de temps et d'argent dans ce spectacle.C’est un gros show et je ne peux risquer de faire un faux pas.Avant de m’embarquer dans l’aventure, je m’assure que les animaux ont des papiers certifiés et les vaccins nécessaires.» Plusieurs numéros Le cirque, qui est de passage à Montréal jusqu’à demain, compte sur une équipe de 85 personnes et plusieurs numéros mettent en vedette des animaux.Ainsi, une douzaine d’éléphants, une quinzaine de tigres, une dizaine de chiens, des chevaux, des zèbres et des ours sont logés dans les garages du Centre Molson.«Ils ne sont pas malades», tranche la responsable des soins des éléphants du cirque, Linda Roberson.Elle s’occupe, entre autres, de les laver, de leur couper les ongles et de les faire marcher dans leur enclos.«Les éléphants sont inspectés régulièrement par une foule d’organismes gouvernementaux et par des vétérinaires d’organismes de défense des animaux.Ils ont d’ailleurs été inspectés il y a quelques jours.Ils n ’ont pas la tuberculose pas plus que les préposés à leur entretien ont la tuberculose.» Selon Mme Roberson, l’organisme qui a tenu la manifestation d’hier n’est pas crédible.«Ils ont des intérêts financiers, car ils amassent des millions à chaque année en dénonçant des pratiques soi-disant cruelles», précise-t-elle.Ces organismes affirment également que nous enchaînons les animaux 24 heures sur 24 et c’est faux.Les éléphants de cirque vivent plus vieux et leur santé est meilleure.» L’envoyée et le photographe du Devoir ont passé une bonne partie de l’après-midi au Centre Molson avant d’avoir des réponses à leurs questions.Ils ont été escortés partout où ils al- laient par des responsables des relations publiques et on leur a refusé l’accès aux coulisses.Clichés interdits Le photographe a demandé à plusieurs reprises la permission de prendre des clichés des éléphants dans leur enclos de fortune.Les responsables du cirque ont refusé en expliquant que les animaux étaient occupés, puisqu’ils font trois représentations par jour.Les responsables ont invité le photographe à revenir le lendemain matin.En sortant de la représentation cependant, nous sommes passés en voiture le long du Centre Molson, rue de la Montagne, et l’une des portes de garage était à demi ouverte.Des employés s’affairaient à vider les excréments des bêtes 'xe Gambard Vente et service technique ! n 1 ROLEX ;//n> Day-Date en or 18 carats I 630-A RUE CATHCART, MONTRÉAL.CENTRE VILLE • TÉL.866-3876 LE DEVOIR.LE J E I' D I D E 1 E M H K E 2 O « 1 A 8 LE DEVOIR ACTUALITES DON SUITE DE LA PAGE 1 Ces supputations ont été démenties par Islamabad qui a demandé à l'Inde d'en apporter des preuves.Des renforts de troupes ont été signalés depuis quelques jours de part et d'autre de la frontière internationale.ainsi que sur la Ligne de contrôle séparant les parties indienne et pakistanaise du Cachemire, dans 1 Himalaya Plusieurs escarmouches et des duels d'artillerie ayant fait cinq morts au moins entre les armées des deux pays ont éclaté le long de la frontière.L'Inde a rappelé son ambassadeur à Islamabad et a interrompu ses liaisons ferroviaires et routières avec le Pakistan vendredi tandis que les deux capitales s’accusent mutuellement d’actes d'espionnage.Pourtant le pouvoir paldstanais a lâché du lest en ordonnant le gel des comptes bancaires du lash-kar-e-Taiha, organisation de combattants luttant contre la présence militaire indienne au Cachemire suivant en cela l’exemple donné par Washington.Mardi, Islamabad avait également annoncé l’arrestation de Maulana Masood Azhar, chef du Jaish-e-Mohammed, un groupe actif au Cachemire.Mais ces mesures pakistanaises ne satisfont pas New Delhi qui les qualifies de «superficielles», et un haut responsable indien exige la «fermeture des camps terroristes».Analysée coté pakistanais, la stratégie indienne consiste à profiter de la campagne internationale antiterroriste — à laquelle Islamabad s'est associé depuis les opérations contre les talibans et al-Qaï-da en Afghanistan — pour écraser «le mouvement de libération» au TENSIONS .*£ W A J MOHSIN RAZA REUTERS Des villageois pakistanais se sont réfugiés à Lahore, dans le Penjab, craignant qu’un conflit n’éclate entre l’Inde et leur pays.Cachemire, territoire dont la population est majoritairement musulmane et où une rébellion séparatiste se poursuit depuis 1989.«Les Indiens pensent qu'ils ont là une chance défaire en sorte que la communauté internationale qualifie de terroriste le mouvement de libération au Cachemire et que ce mouvement soit écrasé une fois pour toutes», analyse un responsable d'Islamabad tout en estimant que les «mouvements de libération» ne peuvent être éliminés par la force.En dépit des tensions militaires, le président pakistanais Pervez Musharraf a fait savoir qu’il avait toujours l’intention d’aller à un sommet régional d’Asie du Sud, du 4 au 6 janvier à Kahnandou, au Népal, auquel doit participer le premier ministre indien Atal Be-hari Vajpayee.«C’est l’Inde qui fait monter la tension et nous ne faisons que répondre», a déclaré Anwar Mah- pays.mood, secrétaire pakistanais à l'Information.«La situation peut s 'améliorer et la tension retomber si l'Inde le souhaite.» «Nous ne voulons pas la guerre» mais «le Pakistan n 'hésitera pas à utiliser des armes non conventionnelles en raison de la vaste supériorité dont bénéficie l’Inde en matière d’armes conventionnelles», a dit un haut responsable pakistanais, ce responsable militaire ayant requis l’anonymat.Hassan Askari Rizvi.commentateur politique, a jugé que «les pressions indiennes» visaient également à empêcher «toute possibilité de feprise économique» au Pakistan.L’Inde a déjà décidé de rappeler son ambassadeur à Islamabad et d’interrompre les liaisons ferroviaires et par autocar entre les deux pays au 1,T janvier.Elle envisagerait aussi d’interdire les vols de la Pakistan Airlines.BEN LADEN SUITE DE LA PAGE 1 MEMOIRES SUITE DE LA PAGE 1 Les Québécois n’aiment toutefois guère ces comparaisons.Paul Reed le sait d’autant mieux qu'il est marie à une native de Chicoutimi.C’est inévitable, avec la belle-famille comme avec les amis, il suscite toujours de vives protestations quand ü fait état de ses travaux! Sa dernière étude, par exemple, montre que si les Québécois sont moins engagés dans des organismes officiels, ils sont phis portés à donner de l’aide directe ment à leur entourage (aider quelqu'un à faire ses courses ou le conduire en voiture à un rendez-vous).Ce qui, du coup, réduit l’écart qui existe entre le Québec et les autres provinces.mais ne l’efface pas totalement Par exemple, 19 % des Québécois ont fait du bénévolat pour des organismes en l’an 2000, contre 32 % des gens des Prairies.Aide informelle ajoutée, la proportion des Québécois qui ont aidé quelqu’un passe à 78 % contre 86 % dans les Prairies.C’est mieux, mais ce n’est pas le premier rang! D’ailleurs, même en matière de cadeaux faits à des gens autres que ceux avec lesquels ils habitent les Québécois restent — et de loin — bons derniers: ils sont 25 % à le faire, contre 68 % dans les Maritimes.«Voyons donc! Les Québécois sont les plus généreux au pays!», s’indignent alors parents et amis, qui remettent en cause la méthode, les questions posées.Pour couper court Paul Reed «change de sujet», comme il le dit en riant Mais il sait bien qu’il y a infiniment de nuances à apporter à ce tableau noir pour les Québécois.Premièrement Paul Reed se refuse à employer le terme «générosité»: «La générosité, qu’est-ce que c’est?La disposition à aider les autres de façon à ce que cela demande un effort.Donner 100 $ quand on est millionnaire ou un petit travailleur, ce n’est pas la même chose! Et il y a un élément de désir, de volonté, qui est important dans la générosité mais qui est impossible à mesurer.» Lui, il s’intéresse au don dans sa manifestation concrète — en temps, en argent en cadeaux.Hors de question toutefois de se fier uniquement aux remboursements d’impôts versés pour dons de charité, comme le feisait récemment l’Institut Fraser! Mais pour comprendre les diverses façons de donner, il faut tenir compte d’éléments démographiques et sociaux pour lesquels il n’a encore que des hypothèses.Reste que depuis le temps où M.Reed fait des enquêtes sur le don (dont l’une, majeure, compare l’évolution du don au Canada entre 1969 et 1997), un modèle se dégage.La personne issue d’une famille où l’on donnait beaucoup, qui a une éducation de niveau universitaire et qui est de religion protestante (particulièrement si l’Eglise fréquentée est de tendance conservatrice) est plu$ susceptible de donner à son tour.Évidemment, la force du protestantisme ne s’applique guère au Québec, et c’est là un premier point d'importance pour comprendre le dernier rang québécois en matière de dons.«Ça n’a rien à voir avec les croyances religieuses, explique M.Reed.Mais dans le catholicisme, l’Eglise est vue comme une institution qui doit prendre en charge les plus pauvres.Chez les protestants, l'Eglise est plutôt un rassemblement d'individus.On ne lui délègue pas de responsabilités.» Cette place de l’Église, centrale dans le don, n’explique toutefois pas tout poursuit-il.Il faut y jouter le rapport particulier que les Québécois ont à l'Etat, principalement depuis la Révolution tranquille.La prise en charge sociale lui est dorénavant dévolue, une excep-tioij en Amérique du Nord.A ces éléments propres au Québec s’ajoutent des caractéristiques culturelles et démographiques.Partout au Canada, un certain portrait du donateur se dessine au fil des enquêtes: l’éducation, les revenus, le lieu où l’on vit, le rapport à la tradition, le matérialisme des uns face à l’idéalisme des autres.Tout cela permet de découper la population en segments que l’on recoupe ensuite pour raffiner l’analyse.Ainsi, un résidant d’une petite Mlle qui croit profondément aux valeurs familiales, qui n’a que faire de la consommation et qui a un peu d’argent s’impliquera davantage dans sa communauté.Et c’est ici que le Québec se distingue.Non seulement parce qu’on y trouve moins de diplômés universitaires et beaucoup de familles pauvres mais aussi parce qu'on y a adopté des attitudes résolument modernes.On y trouve plus d’unions libres qu’ailleurs, le taux, de natalité le plus faible au pays et un fort rejet de l’Église officielle.D’ailleurs, depuis 20 ans dans tout le Canada, c’est au Québec qu’on donne le plus à des organismes laïques et le moins aux organismes religieux.«L’important, pour le don, c’est que les gens soient enracinés socialement.Qu’ils aient des collègues, des amis.Mais la communauté la plus serrée, c'est encore la famille.Le faible taux de natalité est donc un indice d'une communauté en train de changer», dit M.Reed.Et le portrait social qui en découle, il en est convaincu, est beaucoup moins superficiel que le fait de dresser le tableau d’honneur de la générosité.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9* étage, Montréal (Québec), H3A3M9 101 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514)985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extériem-de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siege social es» situé au 2050, me De Bleury.9 étage.Montreal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprime par Imprimerie Québécor St-Jean.800, boulevard Industriel.Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc.612, rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée a employer et À diffuser les informations publiées dans Le Devoir.Le Devoir est distribue par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900.boulevard Saint Martin Ouest.Laval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.SUITE DE LA PAGE 1 Berlin, la ville-emblème Son dernier livre, Berlin chantiers - Essai sur les passés fragiles, couronné cet automne du grand prix du livre de Montréal, est la somme d’une démarche entreprise il y a 25 ans.Car Berlin, c’est la ville-emblème du XXe siècle, note Régine Robin: les années folles de la culture et de la modernisation, le nazisme et l’extermination des juifs, puis le grand face-à-face de la guerre froide qui, à Berlin, sera vécu aux premières loges.Deux sociétés à l’origine unies, séparées par un mur et qui s’observaient de près.«Et ce n'est pas une image.On trouvait, à l'Ouest, des échafaudages permettant de jeter un œil de l’autre côté du Mur, sur le monde de l’Est», rappelle-t-elle.Maintenant que le Mur est tombé, et le marxisme avec lui, maintenant que le nazisme est de l’histoire ancienne et que l'Holocauste est reconnu comme tragédie, maintenant que nous sommes entrés dans le XXI' siècle, comment Berlin se remémore-t-il son passé?Comment se rappeler l’horreur qu’on a soi-même provoquée, la fin d’un régime supposé-ment exécré?Avec infiniment de débats, de polémiques et de mauvais souvenirs qu’on n’arrive pas à faire taire, démontre Régine Robin, elle-même juive, née en France en 1939 d’un père polonais — et communiste! — et d’une mère russe.Eux survivront, mais plus de 50 membres de leur famille seront victimes de l’Holocauste.«Ce que j’ai relevé à Berlin, dit-elle, c’est que la volonté d’effacement est là, mais, dans la réalité, ça revient toujours.Et toute la nouvelle génération qui ne veut plus rien savoir du passé immédiat finit néanmoins par être obligée de se confronter à ces souvenirs, ces traces qu’on ne peut pas effacer alors même qu ’on dit que nous sommes entrés dans une période nouvelle.» La démonstration a encore été faite début décembre, lors de la réouverture d’une exposition sur les excès de la Wehrmacht, l’armée allemande, sous le régime hitlérien.«Immédiatement, il y a eu une manif néonazie qui s’est organisée sur le thème “On salit la mémoire de nos grands-pères”.Il y avait 4000 manifestants, et 4000 contre-manifestants —parmi lesquels j’étais.Ça fait du remue-ménage! Ce qui prouve que la mémoire est quelque chose d’extrêmement vivant.Il suffit d’un livre, d’un film, d’une exposition, d'une phrase pour la ranimer.» L’exercice est particulièrement aigu à Berlin mais il se vif en fait, partout Et avec d’autant plus de difficultés qu’un pays a été aux prises avec de «vrais malheurs», comme dit Régine Robin, qui donne l’exemple de la France et de la guerre d’Algérie.Cette année encore, 40 ans plus tard, le sujet est revenu sur le devant de la scène, à la faveur du procès d’un général et d’une plaque à apposer en souvenir de gens assassinés.Mais il n’est toujours pas question, pour le gouvernement français, de reconnaître qu’il y a eu tortures.«Voilà, il y a des rappels qu’on ne peut pas faire.Us reviennent néanmoins, et souvent là où on ne les attend pas.» Le Québec et son passé Le Québec connaît aussi ce genre de malaise avec le passé — comme la récente polémique autour du livre de Normand Lester l’a encore démontré.Mais Régine Robin, qui n’a jamais caché son antipathie pour le nationalisme québécois, y voit une différence de degrés par rapport à d’autres pays.«Au Québec, on voit des face-à-face d’animosité, des positions tranchées, mais il n’y a jamais de débats qui vont au fond des choses.Ce sont des apparences de débats.Peut-être parce que la mémoire n’y est pas si écorchée, pas si à vif, qu’on n’y a pas vécu des choses aussi tragiques que dans des pays comme l’Allemagne ou l’Afrique du Sud, des pays où l’on ne peut pas faire l’économie du débat caria commotion a été trop grande.» Avec les attentats du 11 septembre, les Américains s'ajoutent-ils aux peuples qui ont vécu de grandes commotions favorisant les remises en question?«Non, car puisque les attentats étaient dirigés contre eux, ils se sont tout de suite donné le statut de victimes.Etre du bon côté, ça donne bonne conscience et ça fait en sorte que ceux qui veulent débattre, analyser l'événement, sont vus comme de mauvaises têtes qui font l’apologie des terroristes.» C’œt pourtant le débat qui est central pour Régine Robin, partout, tout le temps.S’interroger, par exemple, sur la forme que doit prendre le mémorial de l’attentat de New York ou par quoi il faut remplacer les tours du World Trade Center.«Ce qu’il faut absolument éviter, c’est que l’État dise “on va faire ceci ou cela”sans demander l’avis de qui que ce soit.Ce serait dramatique.Mais c’est impossible, ne serait-ce que parce que les familles des victimes voudront faire valoir leur opinion.» Une opinion qui aura d'autant plus d’importance que notre époque est friande de commémorations (aux États-Unis, on a par exemple souligné les trois mois écoulés depuis le 11 septembre).Une époque, aussi, qui affiche un véritable attrait pour le passé — ce qu’illustre bien la popularité des romans historiques.Le succès du thème de la mémoire sera d’ailleurs le sujet du prochain livre de Régine Robin.Une arme «Ma thèse, dit-elle, c’est que lorsque les projets de société se troublent, on se réfugie dans le passé.Mais ce n’est pas propre à notre temps.Le romantisme a déjà fait ça, la fin du XIX' siècle aussi.À cette époque, on se battait à coups de Moyen Age.On avait inventé toute une mémoire médiévale pour critiquer la démocratie, ce qui, en Allemagne, va d’ailleurs involontairemçnt faciliter l’arrivée au pouvoir d’Hitler.Le Moyen Age était une espèce de refuge paradisiaque où les gens n’étaient pas seuls dans les villes, accablés par l’industrialisation.Aujourd’hui, certains discours anti-Internet emploient la même argumentation.«Donc, le passé est toujours une arme.Ce qui est propre à notre siècle, c’est qu’on appelle ça “mémoire” et qu’elle se déploie selon des modalités nouvelles.La mémoire s’est fragmentée, individualisée, privatisée, démocratisée.lœs gens n’acceptent plus aussi facilement qu’avant la mémoire officielle et ils veulent avoir droit de regard sur ce qu ’on dit du passé.» Certains voient là une menace pour la cohésion de nos sociétés.Pas Régine Robin.Sa propre démarche est issue d’une insatisfaction: l’impossibilité d’écrire l’histoire autrement qu’en traitant soit des grands événements, soit de cas sociaux quand il s’agit de décrire la vie des «anonymes».Alors que la vie en société est d’une tout autre trame, riche de perceptions, de petites histoires, d’une multiplicité de points de vue.«La démocratisation de la mémoire n’est pas un mal tant que ce n’est pas l’éparpillement, la dispersion totale.Ce qui compte, c’est qu’il y ait quelque chose qui fasse lien à un moment donné.» Cette explosion de microrécits ne surgit pas par hasard, ajoute-t-eUe.E faut y voir un paraEèle avec le développement du capitalisme, caractérisé aujourd’hui par la fragmentation des clientèles et le désarmement de la critique.«On vit la perte de repères de luttes — le fait, par exemple, qu ’au Québec on ait accepté le déficit zéro sans problème, syndicats compris.De plus, comme le démontre le sociologue français Imc Boltanski, le capitalisme récupère tout, y compris la critique artistique, celle qui voulait changer la vie.Ce qui fait par exemple, et on le voit très bien à Berlin, que même la mémoire est marchandisée.On continue aujourd'hui à y vendre des bouts du Mur.Et on fait du fric avec la nostalgie ressentie par ceux qui vivaient auparavant à l'Est.«On peut, en réaction, se draper dans la dignité, dire qu’il ne faut pas agir ainsi.Mais ce n'est qu’une position dans l’éventail des positions possibles.Ça ne changera rien, ça fait même partie du truc.Car on pourra aussi récupérer le scandale que représente la marchandisation de la mémoire aux yeux de certains!» Régine Robin ne s’indigne pas: elle constate.«Mais je ne suis pas dans le constat les bras croisés!, précise cette femme de gauche.Sauf que je crois que c’est par la lutte et la critique qu’on fait avancer les choses, pas par la nostalgie.» Selon le quotidien britannique The Times.Reid était depuis plusieurs années un fidèle de la mosquée de Brixton.dans le sud-ouest de londres, également fréquentée par Zacarias Moussaoui, un Français d'origine marocaine accusé i>ar Washington de complicité dans les attentats du 11 septeinbtï aux États-Unis.Si le lien de Reid avec al-Qfada se continue, a1 serait la preuve que des cellules du réseau de ben Laden à l'étranger ont encore la capacité d'organiser des attentats suicide et que la chute du regime taliban en Aigha-nistan n'a [ras résolu le problème du terrorisme.Ben laden, commanditaire selon Washington des attentats du 11 septembre, reste introuvable et pourrait avoir péri dans de récents bombardements américains ayant visé dr's grottes à Torn Bora, d;ins l’est de l'Atglunistan.L’enregistrement diffusé hier par al-Jazira, s'il date effectivement d'il y a deux semaines, a pu être réalisé alors que des bombardements intenses frappaient les montagnes de Lora Bora.«Ceci n ’est rien d’autre que le même genre de propagande terroriste que nous atvns déjà entendu» dans le passé, a affirmé à la presse un porte-parole de la Maison-Blanche, Scott McClellan.I,e département rie la Défense américain a indiqué s’interroger sur l'authenticité de la vidéo.«Je ne sais pas si elle est vraie, si c'est du mntmju, si c’est du vieux», a déclare Richard McGraw, porti»parole du Pentagone.Un responsable américain parlant sous couvert d’anonymat a déclaré que l’administration Bush maintenait ses recommandations aux chaînes de télévision américaines de ne pas diffuser les cassettes de ben laden sans les visionner et sélectionner éventuellement les images.les Etats-Unis craignent que ces enregistrements ne contiennent des messages codés destinés aux membres du réseau Al-Qaïda et appelant à de nouveaux attentats.Morts ou vifs Un pqrte-parole de la coalition antiterroriste dirigée par les Etats-Unis a déclaré hier à Ishunabad que les opérations militaires en Afghanistan ne cesseraient pas tant que ben Uiden et le mollah Mohammad Omar, ancien chef dr's talibans, n’auraient pas été trouvés morts ou vifs.«Nous n’avons pas atteint nos objectif.Nous avons fait des progrès raisonnables, mais nous n'avons pas capturé le mollah Omar et n
de

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