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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 2001-12-17, Collections de BAnQ.

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CHINE SANTÉ Partenariat privé-public: le couple gagnant de Tony Blair ?Page A 4 r ' L’ombre de ben Laden plane à Xi’an Page A 5 ?w w w e d e v o i r .c o ni ?LE DEVOIR The Gazette: le débat s’amplifie Trois anciens rédacteurs en chef dénoncent CanWest LOUIS -(i IL LES FRANC O EU R LE DEVOIR Trois anciens rédacteurs en chef du quotidien The Gazette, qui ont dirigé ensemble les équipes éditoriales de 1977 à 1996, ont pris position en fin de semaine contre la décision de CanWest Global d’imposer une fois par semaine un éditorial unique dans les 14 quotidiens que possède l’empire dans tout le Canada Leur texte a été d’abord publié dans le Globe and Mail, puis dans The Gazette hier.D’autre part, l’éditeur de The Gazette, Peter Stock-land, a publié, tard vendredi dernier, une note de service dans laquelle il menace ses journalistes de congédiement s’ils dérogent à leur obligation prépondérante de «fidélité envers l’employeur».La veille, David Asper, le président des publications de CanWest Global Communications, invitait lui aussi les mécontents à prendre la porte et attaquait du même coup trois grands quotidiens to-rontois, The Globe and Mail, le Toronto Star et The Sun, dont il a qualifié les positions éditoriales en faveur de la liberté et de la diversité d’opinion de «tirades irrationnelles».Les trois quotidiens torontois, tout comme les journalistes de The Gazette, perçoivent comme une menace à la diversité et à la liberté d’opinion la décision de CanWest de publier chaque semaine un même éditorial dans ses 14 quotidiens.Le nombre de ces éditoriaux sera porté à terme à .trois par semaine.VOIR PAGE A 8: DÉBAT ¦ Le texte de la note de service envoyée aux journalistes, page A 7 ¦ La chronique de Paul Cauchon, page B 7: Souriez, votre patron vous aime Vers la création d’un ordre des enseignants ?L’Office des professions sondera le terrain par l’entremise de son site Web PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Office des professions tiendra le mois prochain 1 une consultation auprès du milieu de l’éducation afin de savoir si la création d’un ordre professionnel des enseignants apparaît ou non pertinente.Cette consultation, que l’Office des professions décrit comme «une étape nécessaire et naturelle», permettra de recueillir des renseignements sur le milieu enseignant afin de déterminer si le code des professions peut s'appliquer au «monde complexe des enseignants».La consultation sera effectuée par l’entremise du site Web de l’Office.Cette initiative ramène à l’avant-scène un projet qui est entre les mains de l’Office des professions depuis le 3 juin 1997, date à laquelle le Conseil pédagogique interdisciplinaire du Québec (CP1Q) soumettait une requête en ce sens.Bien que plusieurs années se soient écoulées depuis cette date, la constitution d’un ordre professionnel pour les enseignants est toujours dans l’air.Elle recueille des appuis nombreux, mais non pas unanimes.Les plus farouchement opposés restent les dirigeants de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) qui ne voient pas en quoi une profession qu’ils estiment amplement réglementée gagnerait à être encore davantage encadrée.«Les enseignants qui appuient cette proposition évoquent l’argument de la reconnaissance sociale de leur profession.Mais nous leur disons que ce n 'est pas pertinent.Un ordre ne fait pas cela», résume Aline Tremblay, responsable de ce dossier à la Centrale des syndicats du Québec.Tous ne partagent pas cet avis, à commencer par la présidente du Conseil pédagogique interdisciplinaire du Québec (CPIQ), Denise Gagnon-Messier.VOIR PAGE A 8: ORDRE INDEX Annonces.B 2 Idées.A 7 .Actualités.A 2 Monde.A 5 Avis publics.B 6 Mots croisés .B 2 Culture.B 8 Météo.B 2 Économie.B 1 Religions .B 6 Éditorial .A 6 Sports.B 5 Fonds.B 3 Télévision.B 7 DAM IR SAC,OU REUTKRS Dans un orphelinat de Kaboul, de jeunes Afghanes ont peint les paumes de leurs mains à l’occasion de la grande fête musulmane de l’Aïd el-Fitr, qui marque la fin du ramadan, la fête revêt une signification toute particulière cette année.Nos informations en page A 5.Trop tôt pour pavoiser Washington refuse de crier victoire en dépit de l’apparente déroute du réseau al-Qaïda D’APRÈS AFP ET REUTERS Les Américains, refusant encore de crier victoire malgré les déclarations de commandants antitalibans à Tora Bora, ont fait état hier de progrès importants contre al-Qaïda dans l’est de l'Afghanistan, tout en reconnaissant que Oussama ben Laden était insaisissable."J our à tour, le secrétaire d’Etat Colin Powell, la conseillère pour la sécurité nationale Condoleezza Rice et le chef militaire Tommy Franks ont déclaré aux télévisions que al-Qaïda, écrasé de bombes et attaqué sans relâche à Tora Bora, semblait tirer ses derniers cartouches.Mais ils ont dû reconnaître leur déception de ne pas pouvoir localiser ben Laden, qualifié de «lâche».Quelque 2000 combattants d’al-Qaïda ont fui les cavernes de Tora Bora, environ 200 ont été tués aux alentours et un de ses chefs a été capturé, a déclaré depuis Tbilissi (Géorgie) le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld après une visite éclair en Afghanistan.Colin Powell a estimé sur Fox News que le réseau al-Qaïda semblait avoir été «détruit» en Afghanistan.Se félicitant des résultats de la campagne militaire, Mme Rice a cependant prévenu sur CBS qu’on ne pouvait parler «de victoire tant que nous ne sommes pas sûrs que le réseau al-Qaïda a bien été neutralisé» et qu’il ne nuit plus ailleurs.«Les progrès sont constants à Tora Bora.» Les forces afghanes locales, épaulées notamment par des militaires américains, «progressent, mais il faudra du temps avant de contrôler l’ensemble du secteur de Tora Bora», a déclaré le général Franks sur ABC.La situation reste «confuse» et «c’est un combat qui continue 24 heures sur 24», car il faut «physiquement extirper al-Qaïda des grottes et tunnels», a ajouté le général Franks.Les raids aériens américains sur Tora Bora ont été suspendus hier soir.Mais un responsable du Commandement central américain, contacté à Tampa (Floride), a déclaré «ne pas avoir confirmation d’une décision d’arrêt des bombardements».La province du Nangarhar, où se trouve Tora Bora, est «nettoyée» du groupe al-Qaïda, mais Oussama ben Laden «n’est pas là», avait déclaré auparavant à des journalistes un responsable militaire de la province, le com-mapdant Haji Mohammad Zaman.A la question de savoir s'il était «déçu» que le chef islamiste n’ait pas été attrapé, Colin Powell a répondu: «Bien sûr.Nous ne savons vraiment pas où il çst.» Mais, a souligné le secrétaire d’Etat, l’ex-homme d’affaires saoudien sera rattrapé et subira les foudres de la justice, quel que soit le temps que cela prendra.Tommy Franks a fait état d’informations contradictoires à son sujet, certaines disant «que ben laden est au Pakistan et une autre qu’il est toujours à Tora Bora».Oussama ben Laden, le chef d’un réseau qui a des ramifications dans une soixantaine de pays selon les Américains, s’est vanté des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis qui ont fait quelque 3200 morts, dans une cassette vidéo diffusée jeudi par le Pentagone.Pour le capturer, Washington compte s’il le faut sur la coopération du Pakistan.VOIR PAGE A 8: AL-QAÏDA L’appel d’Arafat peut-il prévenir la guerre ?la' président palestinien Yasser Arafat a lancé hier un appel sans précédent à l’arrêt des attaques armées contre Israël, qu'il a invité à reprendre «immédiatement les négociations de paix.L’Etat hébreu a réagi avec scepticisme â cet appel, estimant que «les mots ne suffisent pas».ALEXANDRA SCHWARTZ B ROI) LIBÉRATION Jérusalem — 1 .'appel à une reprise des négociations de paix lancé hier aux Israéliens par Yasser Arafat sera-t-il suffisant pour prévenir la guerre qui menace le Proche-Orient?Très attendu par la communauté internationale, le long discours télévisé prononcé hier soir par le président de l’Autorité palestinienne à l’occasion de l’Aïd el-Fitr, la fête marquant la fin du mois de jeûne musulman du ramadan, ne restera sans doute pas, dans l'histoire de cette Intifada, comme le «tournant» que beaucoup espéraient.Certes, Yasser Arafat a lancé un appel sans précédent à l’arrêt des attentats anti-israéliens.Mais il n'avait jamais cessé de les condamner et d'affirmer sa volonté de punir leurs ailleurs.VOIR PAGE A 8: ARAFAT ¦ Près de la moitié des Canadiens se disent neutres, page A 2 RKtlTKRS Yasser Arafat a exigé hier l’arrêt des attaques contre Israël.Rumsfeld: «Il y a des gens qui tentent de s’échapper [.] Cela signifie-t-il que c’est presque terminé dans la région?J’en doute» L'ENTREVUE Le chef, musicien de dialogue Le jeune directeur artistique de TOrchestre métropolitain, Yannick Nézet-Séguin, veut faire mieux connaître et aimer la musique classique Son nom est plus que présent dans le paysage montréalais, québécois et canadien.Sa profession: chef d’orchestre.Les initiés, nombreux, le connaissent Ceux qui n’en savent que le nom sont surpris: à peine la mi-vingtaine, Yannick Nézet-Séguin est déjà solidement implanté dans le monde des chefs d’orchestre comme dans celui, plus large, de la musique.Un domaine où ce n’est que bien plus tard, généralement, qu’on se fait une réputation.Prodige, talent ou chance?FRANÇOIS TOUSIGNANT Le jeune homme n’a jamais été trop hésitant L’anecdote rapportée par tous les relationnistes et qu’il colporte lui-même avec plaisir lui colle à la peau.Bambin encore.Yannick Nézet-Séguin dessine un orchestre et se met en première place, baguette à la main, annonçant à papa et ma- man: «C’est ça que je veux devenir.» Commence alors une sorte de pa-raphrase de cet aphorisme de Boulez: il y a des autodidactes par volonté, d’autres par hasard.Yannick Nézet-Séguin fait partie de la première catégorie.Bien sûr, il y a les études en musique au Conservatoire de musique du Québec à Montréal.VOIR PAGE A 4: CHEF JACQUES GRENIER LE DEVOIR Yannick Nézet-Séguin Guide Vidéo + DVD 2002 m GUIDE W , > ^ W Tout le cinéma du monde ! 778313000641 LE DEVOIR.LE LUNDI I ?DÉCEMBRE 2 0 01 A 2 ?ACTUALITÉS* Sondage Léger Marketing La moitié des Canadiens n’appuient ni les Israéliens ni les Palestiniens LIA LÉVESQUE PRESSE CANADIENNE Près de 46 % des Canadiens et 54,5 % des Québécois affirment n’appuyer aucun camp dans le conflit israélo-palestinien.Au pays, c’est au Québec que les citoyens affichent la plus grande neutralité dans ce conflit C’est ce que révèle un sondage Léger Marketing, dont les résultats ont été communiqués à la Presse canadienne.Si 46 % des Canadiens disent n’appuyer aucun camp, il faut noter que 21 % rapportent appuyer davantage les Israéliens, alors que 11 % soutiennent appuyer plutôt les Palestiniens.Les Québécois sont légèrement plus nombreux à appuyer les Palestiniens, soit 15 %, par rapport à la moyenne canadienne de 11 %.Les Québécois sont un peu moins nombreux à appuyer plutôt les Israéliens, soit 14 %, comparativement à la moyenne canadienne de 21 %, voire 29 % dans les Prairies qui appuient plutôt les Israéliens (le double du Québec).Ce sont toutefois les Québécois, au pays, qui sont les plus nombreux à n’appuyer aucun camp, soit 54,5 %, comparativement à 38 % en Colombie-Britannique, 39 % en Alberta et 45 % en Ontario.De façon générale, la probabilité d’appuyer les Israéliens est plus forte chez les anglophones et chez les hommes.la propension à appuyer les Palestiniens est plus marquée chez les répondants dont la langue maternelle n’est ni le français ni l’anglais, de même que chez les diplômés universitaires.Fait à noter, le taux d’indécis ou de refus de répondre à cette question est très élevé, soit 22,5 % au Canada et 17 % au Québec.Il est même souvent plus élevé que le pourcentage de répondants qui penchent en faveur d’un camp ou de l’autre.Analyse Professeur en sciences politiques à l’Université du Québec à Montréal, Thierry Hentsch, invite d’emblée à la prudence en analy- sant ces statistiques, vu la volatilité des événements dans cette région du globe.Dans le contexte actuel, dit-il, «les changements d'opinion peuvent être plus fréquents, plus rapides».M.Hentsch se dit «frappé» par le fait que les répondants de scolarité universitaire ont un penchant un peu plus favorable envers les Palestiniens.«C’est intéressant, ça.» Il avance une explication: «Ces gens-là ont davantage accès aux outils qui leur permettent de comprendre les origines, l’évolution, l’histoire du conflit.Ils sont peut-être moins prisonniers de l’image immédiate.Par conséquent, ils peuvent répondre d’une façon qui est un peu mieux informée.» M.Hentsch n’est pas étonné du haut taux d’indécis ou de refus de répondre, qu’il attribue surtout à «des gens qui prennent conscience du fait qu’ils n’ont pas les éléments nécessaires pour prendre position» dans un dossier aussi complexe.Les Canadiens sont divisés sur la question d’une hypothétique in- tervention militaire des Nations unies pour ramener la paix dans la région israélo-palestinienne.Le soutien en faveur d’une telle intervention militaire dégagerait une majorité chez les Canadiens, soit 52 %, contre 35 % qui croient que les Nations unies ne devraient pas intervenir militairement Au Québec, 48 % des citoyens seraient favorables à une telle intervention de l’ONU, contre 43 % qui y seraient défavorables.Sur ce point, M.Hentsch suppose que «la réponse aurait peut-être été différente avant le 11 septembre».Mais, depuis, les gens se rendent compte qu’«on ne vit pas dans un monde à compartiment étanche» et que «ce qui se passe dans un coin de la planète, ça finit par nous retomber dessus», donc, il vaudrait mieux régler ce conflit Le sondage a été réalisé auprès de 1521 Canadiens adultes, du 4 au 10 décembre.Il compte une marge d’erreur de 2,6 points, 19 fois sur 20.Certaines questions n’ont été posées qu’aux gens qui disaient suivre le conflit; on dénombrait alors 1177 répondants.Le FBI veut accroître en permanence sa présence au Canada BRIAN DALY PRESSE CANADIENNE Le Bureau fédéral d’enquêtes (FBI) des Etats-Unis a demandé au Congrès américain de lui accorder davantage de moyens financiers afin d’accroître sa présence en permanence au Canada, dans le but d’étouffer la menace terroriste et contrer la criminalité transfrontalière, a confirmé un conseiller de l'organisation en poste à Ottawa, Stuart Sturm.Les agents spéciaux du FBI, présentés comme des attachés juridiques, procéderaient à l’échange d’informations avec les organismes canadiens d’application de la loi, en plus d'offrir leur soutien dans le cadre d’enquêtes sur le terrorisme, le trafic de stupéfiants et les affaires de fraude menées de part et d'autre de la frontière.«Le monde criminel [.] s’étend rapidement à l'échelle internationale», a déclaré M.Sturm en entrevue.«Cela renforce évidemment l’argument voulant que des ressources soient nécessaires à l'étranger, non seulement pour le FRI, mais aussi pour les autres agences», a-t-il ajouté.M.Sturm n’a pas été en mesure de préciser si la requête budgétaire du FBI allait être approuvée et, le cas échéant, à quel moment elle le serait.Les responsables américains et canadiens de la sécurité travaillent de concert depuis des années.Leur relation s’est toutefois intensifiée depuis les attentats perpétrés à New York et Washington, le 11 septembre.Le FBI a lancé la plus importante enquête de son histoire, à la suite de ces attaques dévastatrices, procédant au déploiement de 4000 agents et 3000 employés de soutien dans chaque recoin de la planète.Dans la région de Toronto, notamment, les agents du FBI ont fourni aux enquêteurs d’une unité de police antiterrorisme des renseignements sur des personnes soupçonnées d’activités terroristes vivant au Canada.Et tout récemment, le Solliciteur général du Canada, Lawrence MacAuley, et le secrétaire à la Justice des Etats-Unis, John Ashcroft, ont signé une entente destinée à améliorer l’échange des données sur les empreintes digitales entre la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et le FBI.«Im relation entre les deux communautés d’application de la loi est absolument sans précédent», a fait remarquer Buck Shinkman, porte-parole de l’ambassade des Etats-Unis à Ottawa, ajoutant que «le partage des informations [.] n ’a fait qu 'augmenter depuis le 11 septembre».Le FBI compte actuellement des bureaux à l’ambassade américaine d'Ottawa ainsi qu'au consulat des Etats-Unis à Vancouver.Chacun compte au moins un agent.Gambard Vente et service technique t ROLEX Datejust en acier et or 18 carats 630-A RUE CATHCART, MONTRÉAL, CENTRE VILLE • TÉL 866-3876 Drame en Italie -v»-.v U/-V : mmmmm » è.*£.|£' .T., -T- REUTERS LES POMPIERS ont commencé hier à sortir les corps de 19 personnes qui ont trouvé la mort, dans la nuit de samedi à hier, dans l’incendie d’un établissement de soins psychiatriques à San Gregorio Magno, à 40 km d’Eboli, en Campanie (sud de Italie).Neuf personnes ont aussi été blessées.L'incendie serait dû à un court-circuit, selon les premières hypothèses.L’établissement était constitué de plusieurs bâtiments en préfabriqué et le feu s’est propagé très rapidement.Les victimes sont onze hommes et huit femmes.Les neuf personnes blessées ont échappé aux flammes grâce aux trois infirmières qui assuraient la garde de nuit.Leur état de santé n’inspire pas d’inquiétude.Selon les secouristes, les victimes, pour la plupart âgées et souffrant de handicaps mentaux ou moteurs, ont péri dans leur lit, asphyxiées dans la fumée et les flammes.E N Enfin un chèque pour les sinistrés du Saguenay (PC) — Les sinistrés des inondations survenues au Saguenay en juillet 1996 recevront leur chèque d’indemnisation en janvier 2002.L'échéancier a été fixé la semaine BREF dernière après que le juge Jean L^ melin eut rendu des décisions dans quelques dossiers litigieux.La liste complète des réclamations acceptées sera déposée au greffe de la Cour supérieure le 14 janvier, 11 jours avant son approbation finale par le juge Lemelin.En tout, près de 2000 sinistrés ont inscrit une réclamation auprès des avocats du recours collectif.loto-québec m 649 Tirage du 2001-12-15 01 08 12 ai 34 3Z Numéro complémentaire: 2Z *1Q Tirage du 2001-12-15 06 12 Ifi 23 34 38 Numéro complémentaire: 31 GAGNANTS LOTS 6/6 t 2 000 000,00 $ 5/6+ 2 275 415,90 $ 5/6 232 1 899,40 $ 4/6 12 345 68,40 $ 3/6 232 268 10,00 $ Ventes totales.13 321 982$ Prochain gros lot (approx ) 2 000 000 $ GAGNANTS LOTS 6/6 1 1 000 000,00 $ 5/6+ 1 50 000,00 $ 5/6 22 500,00 $ 4/6 1 083 50,00 $ 3/6 20 633 5,00 $ Ventes totales 562 216.50$ gtra Tirage du 2001-12-15 NUMÉROS LOTS 629769 100 000$ 29769 1 000$ 9769 250$ 769 50$ 69 10$ 9 2$ Tirage du 2001-12-14 Q2 06 Q3 23 31 34 42 Numéro complémentaire: 13 gtra Tirage du 2001-12-14 NUMÉROS LOTS 641079 100 000$ 41079 1 000$ 1079 250$ 079 50$ 79 10$ 9 2$ 7/7 6/7- 6/7 5/7 4/7 3/7.3/7 GAGNANTS 1 9 282 16 388 339 954 - 318 489 2 820 048 LOTS 19 899 826,30$ 82 428.10 $ 2 301,80$ 141,40 $ 10,00$ 10,00$ partie gratuite Ventes totales 40 879 190 $ Prochain gros lot 2 500 000 $ Les modalites d encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-O, cette dernière a priorité Le jeu doit rester un |eu T V A, LE RÉSEAU DES TIRAGES DE LOTO-QuÉBEC Du grabuge au Cégep de Saint-Jérôme Les professeurs contesteront devant les tribunaux Vélimination du programme de technique en électronique industrielle VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR élimination du programme de ' technique en électronique industrielle prend des allures de guerre ouverte au Cégep de Saint-Jérpme.Si bien que le syndicat des professeurs contestera d’ici quelques jours la décision de l’administration devant les tribunaux.Le 20 novembre dernier, le conseil d’administration du collège a en effet décidé de fermer le programme de technique en électronique industrielle.Le vote a cependant été très serré; sept personnes en faveur de l’élimination du programme, cinq contre et une abstention.11 faut souligner que le président du conseil a retiré le droit de vote aux deux représentants des professeurs et au représentant du personnel de soutien.La loi qui régit les collèges autorise le retrait de ce droit en cas de conflit d’intérêts.Les enseignants soutiennent qu’il y a eu vice de procédure.«Cette mesure doit être exceptionnelle et nous croyons qu’il y a eu abus», soutient le président du syndicat des professeurs, Michel Poirier.La fermeture pure et simple de ce programme touchera cinq ensei- gnants à temps complet et 34 étudiants de première ou deuxième année.Ces derniers devront changer de branche ou poursuivre leurs études ailleurs qu’à Saint-Jérôme.«Ce programme était en difficulté de redressement pédagogique depuis de nombreuses années», explique le directeur général de l’établissement, Jean-Denis Asselin.Il souligne que la technique a été mise sous tutelle pendant un an et demi et qu’à son avis, l’enseignement n’atteint plus ses objectifs de formation de qualité.Les profs ne nient pas qu’il y a eu des tensions, mais elles se sont résorbées sous la tutelle, soutient Michel Poirier.De plus, il souligne que la commission des études a recommandé au conseil d’administration d’attendre avant de prendre une décision.Dans cette bataille, les quelque 3300 étudiants du collège se sont rangés auprès des professeurs.Vendredi dernier, üs ont tenu une grève d’une journée pour protester contre la fermeture du programme.«Le devoir du cégep est de fournir m DEC pour tous ceux qui sont inscrits et qui veulent terminer leur programme», souligne le président de l’association des étudiants, Martin ! itdouceur-Thibault.Affaire Matticks L’enquête en déontologie sur des policiers s’étire à grands frais HOLLANDE PARENT PRESSE CANADIENNE Amorcée en octobre 1999, l’enquête en déontologie que subissent huit policiers de la Sûreté du Québec (SQ) relativement à l’affaire Matticks n’est toujours pas terminée.Inin de là Elle avance par à-coups et commence à coûter cher aux contribuables.Depuis le départ, il y a deux ans, il n’y a eu que 57 journées d’auditions et, pourtant, la facture s’élève déjà à au moins 1,4 million, selon des documents obtenus récemment par la Presse çanadienne.A eux seuls, les huit avocats qui représentent autant de policiers ont touché en honoraires pas moins de 1,4 million, auxquels il faut ajouter 55 000 $ en frais divers, comme les photocopies elles déplacements.A ce montant il faut additionner la compensation que reçoivent les policiers visés par les plaintes et qui sont à la retraite.Les cinq qui sont dans cette situation ont droit à 28 $ l'heure ou à 251 $ pour une journée complète pour assister aux auditions les concernant Il a été impossible de savoir combien ceux-ci ont obtenu d'argent jusqu’à maintenant.Mais, chose certame, toutes ces factures ont le même débiteur: le contribuable.Convention collective des policiers oblige.Les choses sont telles que plus personne ne veut se risquer à prévoir l’évolution des coûts.Suspension des travaux À de nombreuses reprises, Mr Gilles Migneault, qui préside ce comité de déontologie policière, a dû suspendre les travaux en raison d’objections faites par les avocats des policiers quant à certaines de ses décisions.A titre d’illustration, à un moment donné, le policier Roger Primeau a demandé de suspendre pour environ un mois, jusqu’à ce qu’il puisse y assister.confortablement En raison d’une opération à la fesse, la position assise était inconfortable pour M.Primeau.M'Migneault a refusé d’acquiescer à cette demande et a suggéré au policier de suivre les débats debout s’il le fallait.Le policier Primeau s’est aussitôt tourné vers la Cour supérieure, qui lui a donné raison en ordonnant la suspension temporaire des auditions.Plusieurs autres requêtes ont été portées en Cour supérieure, puis en Cour d'appel, ce qui explique le peu de nombre de journées d’audition.D'autres facteurs ont également pesé sur le rythme des travaux.Les deux avocates qui.au départ représentaient le commissaire à la déontologie ont abandonné le dossier en cours de route.M'Danielle Simoneau a pris sa retraite et M'AnneMarie Plouffe est partie pour le Tribunal des normes du travail, à la fin du printemps 2000.Au bureau du commissaire à la déontologie policière, le président Paul Monty semble avoir tiré une leçon du processus actuel.«Si c’était à refaire, on ne procéderait peut-être pas avec tout ce monde-là.On aurait pu séparer les policiers, les prendre les uns après les autres», a fait valoir M' Monty en entrevue Une saga Les policiers en cause sont Mario Morrissette, Dany Fafard, Roger Primeau, Claude Charron, Mario Simard, Lucien Landry, Michel Patry et Pierre Duclos.Laurent Laflamme qui était également visé, à l’origine, jouit pour l’heure d’un sursis.Ce qu’on a appelé «l’affaire Matticks» constitue une saga à multiples rebondissements qu’il importe de rappeler.Tout a commencé par un procès intenté contre le clan des Matticks pour une affaire d’importation de drogue.Ce procès a été interrompu quand la juge qui le présidait en est venue à la conclusion que des policiers s’étalent parjurés et avaient fabriqué des preuves.Une enquête interne menée par trois enquêteurs de la SQ a suivi, au terme de laquelle ont été portées des accusations criminelles contre des policiers ayant travaillé à l’enquête sur les Matticks.Un procès a eu lieu et iis ont été acquittés.Les trois enquêteurs internes de la SQ ont alors accusé publiquement le directeur général de la SQ, Serge Barbeau, d'avoir nui à leur enquête pour préserver l’image de ce corps policier et les principaux dirigeants des enquêtes criminelles.Jugeant la situation intenable, le ministre de la Sécurité publique a forcé le directeur Barbeau à démissionner de ses fonctions et a ordonné la tenue d’une enquête publique.Présidée par l’ex-juge Lawrence Poitras, l’enquête s’est étendue sur près de deux ans.Les documents, rapports et autres informations reliées au dossier Matticks constituent, on s’en doute, une preuve fort volumineuse.Les avocats des policiers qui font l'objet de l’enquête considèrent que les autorités ne leur ont pas tout remis ce à quoi ils ont droit pour bien défendre leurs clients.C’est sur cet os qu’est actuellement bloquée l’enquête déontologique.Le président du comité leur a donné tort, mais ils se sont tournés vers la Cour supérieure qui leur a donné raison, après avoir réfléchi à la question assez longtemps.Le juge Louis Crête de la Cour supérieure a été saisi de la demande en avril 2000.D a rendu une décision en deux temps, soit en février 2001 et en mai 2001.Dans l’intervalle, l’enquête du comité de déontologie est demeurée inactive.Il a fallu une lettre émanant du bureau du commissaire, demandant de faire diligence, pour qu'en mai 2001 le juge Crète tranche en ordonnant au commissaire de fournir la totalité des éléments de preuve.Le commissaire à la déontologie policière a porte cette décision en appel.Les lecteurs sont priés de noter conférences» fait relâche pour les que la chronique «Colloques et Fêtes. LE DEVOIR.LE L l' N D 1 17 DÉCEMBRE 2 0 01 LE DEVOIR ACTUALITES Recherche Québec Chantal Hébert Madame-drapeau.n politique, le ridicule ne tue pas, mais il a souveqt des effets durables et dévastateurs.A preuve, l’offensive de drapeaux lancée par le gouvernement de Jean Chrétien dans la foulée de sa grande peur référendaire et qui semble, au Québec, avoir fait sa principale victime dans le camp fédéral.Jailli du cerveau de stratèges aux abois, soucieux de réfuter l’idée que la cause fédéraliste avait été mal défendue pendant le référendum, le projet de pavoiser le Canada et le Québec avec lui d’unifo-liés avait séduit le premier ministre.Il en allait autrement de la plupart des ministres québécois de Jean Chrétien que la notion de répandre ainsi le message que le problème fondamental du fédéralisme au Québec était un problème d’image laissait pour le moins sceptiques.(Six ans plus tard, alors que trois Québécois sur quatre se disent prêts à voter pour un rapatriement important de points d’impôts, force est de constater que la vue quotidienne d'un nombre toujours croissant d’unifoliés n’a pas eu pour effet de dissiper le scepticisme ambiant à l’égard du fonctionnement du fédéralisme.) Toujours est-il qu’à l’époque, la croisade d’Ottawa n’avait pas suscité beaucoup de vocations dans les rangs de la députation fédérale québécoise.C’est donc la ministre du Pa-Sheila trimoine, l’Ontarienne Sheila Copps, qui allait devenir la ma-CoppS dame-drapeau du gouverne- ment canadien.Au fil des an-est devenue nées, l’opération a coûté des , .millions de dollars au contri- la ministre buable.Ceux du Québec en fprl < île particulier semblent disposés à leueraie faire payer cher ce type de dé- Cjue les penses à la ministre.Sur le plan 4 personnel, la facture politique Québécois l’affaire s’annonce salée.Selon un sondage Léger estiment Marketing Le Devoir/ The Glo- be and Mail publié samedi, le moins Sheila Copps est devenue la mi- nistre fédérale que les Québécois estiment le moins.47 % d’entre eux en ont une mauvaise opinion.Seuls Jean Chrétien et Stockwell Day inspirent des sentiments plus négatifs.Mais le premier ministre a déjà été encore plus mal aimé par ses concitoyens québécois tandis que le chef de l'Alliance canadienne a tendance à faire l’unanimité contre lui partout au Canada.Mme Copps par contre dégringole de haut et cela, à un bien mauvais moment de sa carrière, alors qu’elle tente de se mettre en piste pour la succession de Jean Chrétien.En 1990, alors qu’elle était candidate au leadership, elle avait fait un certain tabac au Québec en y remportant un succès d’image malgré la présence dans la course de deux candidats québécois de prestige.Mais voilà qu’aujourd'hui, même les Allan Rock et Brian Tobin sont en meilleure posture qu’elle.Le sondage révèle que, dans leurs deux cas, la majorité des Québécois ne se sont pas encore fait une idée définitive à leur sujet.Et que ceux qui sont décidés ont davantage tendance à avoir une bonne qu’une mauvaise opinion de ces deux éventuels prétendants au leadership.A l’époque où Sheila Copps s’était lancée corps et âme dans l’opération-drapeaux, son entourage ne faisait pas beaucoup de place aux sensibilités québécoises.Ces dernières années, Mme Copps a remédié à cette carence.Avec le temps, elle a tempéré ses ardeurs propagando-patriotiques et tenté (plus ou moins adroitement) de faire l’apprentissage d’un discours plus collé au Québec.Elle s’est également battue bec et ongles pour renflouer les caisses de la culture.Résultat, le dernier budget Martin, malgré sa relative parcimonie, comportait de nouveaux fonds pour le Patrimoine en général et Radio-Canada en particulier.Mais surtout, depuis plusieurs mois, Mme Copps fait des pieds et des mains pour s’assurer que le prochain remaniement lui permettra d’aller se faire voir ailleurs.On verra à l’usage si un changement d’affectation suffira à redorer son blason au Québec.Il est cependant permis d’en douter car, avec le zèle intempestif qu’on lui connaît, elle a réussi à se tatouer l’affaire des drapeaux sur la peau.En attendant, rien n’empêche que l’offensive unifoliée d’Ottawa et l’opération-visibilité dans laquelle elle s’inscrivait constituaient en quelque sorte la magie blanche de la stratégie post-référendaire fédérale.Par comparaison, la loi sur la «clarté» référendaire relève davantage de la magie noire.Pourtant, aucun des ministres fédéraux québécois — lesquels ont tous appuyé cette loi — ne sort aussi déconsidéré de la période post-référendaire au Québec que Sheila Copps.Comme auteur du projet, Stéphane Dion est le plus écorché.Mais avec 37 % des Québécois qui disent en avoir une mauvaise opinion, il s’en tire mieux que Jean Cha-rest, à peine plus mal que le chef conservateur Joe Clark et beaucoup mieux que Mme Copps.Que faut-il conclure de cet écart?D’abord que, même si d’emblée les fédéralistes québécois ne pensaient rien de bon de la loi de M.Dion, plusieurs d’entre eux ont fini par conclure qu’elle leur avait fait plus de peur que de tort, tout au moins jusqu’à présent.Mais surtout, que si Stéphane Dion n’avait pas été un ministre québécois, il ne s'en serait pas aussi bien tiré.Ce qui aurait tendance à donner raison aux autres prétendants non québécois au trône de Jean Chrétien qui, contrairement a Sheila Copps, montent le moins souvent possible au front d'un dossier québécois mais qui pensent néanmoins que leur relative ignorance du Québec ne devrait pas les empêcher de devenir premier ministre du Canada.Chantal Hébert est columnist politique au Toronto Star.Québec veut renforcer le système québécois de recherche BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Québec a annoncé hier la mise sur pied de Recherche Québec, une initiative gouvernementale visant à renforcer le système québécois de la recherche et de l’innovation.Il s'agit de la mise en commun de ressources, entre le ministère de la, Santé et des Services sociaux, celui de l’Éducation et de l’Emploi, ainsi que celui de la Recherche, de la Science et de la Technologie, afin de renforcer le système québécois de la recherche et de l’innovation.Recherche Québec vise à développer et à moderniser des infrastructures et des équipements et surtout à s’assurer une meilleure concertation des différents ministères et une gestion plus cohérente des investissements du gouvernement en matière de recherche.Aucune nouvelle somme n’est liée à cette initiative.Claude Beauchamp, attaché de presse d,u cabinet de Rémy Trudel, ministre d’État à la Santé et aux Services sociaux, expliquait hier que «Recherche Québec est une appellation.C’est la mise en commun des efforts des ministères concernés.Ils coordonnent les activités, les informations et vont procéder ensemble au choix des priorités du Québec en matière de développement».Autrement dit, explique Beauchamp, c’est une «marque de commerce qui amène les ministères concernés à travailler ensemble à l’établissement des priorités».Il faut noter qu’il n’y aura pas de création d’un secrétariat de Recherche Québec.Déjà, une première implication de Recherche Québec s’est fait sentir, alors que conjointement, les trois ministères réunis ont annoncé une liste de 75 nouveaux projets d’infrastructures retenus par le gouvernement du Québec afin de soumettre ces noms au 3'' concours du Fonds d’innovation de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCT).Ces projets ont été soumis par les universités, les établissements d’enseignement collégial, des centres hospitaliers du Québec et leurs partenaires respectifs.Une vingtaine de ces projets viennent d’établissements de santé, les autres proviennent du domaine de l’éducation.Ces projets sont adressés à la FCI pour en compléter le financement, conformément à ce que prévoient les règles du programme.Ces projets ont été retenus parmi plus de 130 projets, a précisé l’attaché de presse.«Ces projets ont été soumis à Recherche Qué- ARCH1VES 1.E DEVOIR Les ministères québécois impliqués dans la recherche et l’innovation travailleront désormais en concertation pour définir les priorités gouvernementales en la matière.bec.Des experts scientifiques indépendants les ont analysés.Ils en ont retenu certains parce qu’à leur avis, ils allaient dans le sens des priorités du gouvernement du Québec en matière de recherche et de sciences et technologies.» L’enjeu est qu’une plus grande cohésion soit assurée dans l’action gouverna mentale dans ce secteur.Ces projets sont évalués à 570 millions de dollars.Recherche Québec assumera environ 40 % du coût de leur réalisation, une somme qui doit être égalée par la FCI.Les 20 % qui demeurent proviendraient des établissements de recherche concernés.Des 75 projets soumis, seulement ceux qui sont retenus par la FCI seront financés par Québec.«Ces sommes sont disponibles, déjà prévues.» Elles n’avaient pas encore été affectées à des projets de recherche spécifiques, mais sont comptabilisées dans l’ensemble des dépenses allouées à la recherche par le gouvernement C’est là que Recherche Québec entre en ligne de compte, afin d’affecter ces sommes selon une politique concertée.Le projet est lié à l’objectif que s’est fixé le gouvernement du Québec de rejoindre la moyenne des pays du G7 en ce qui a trait aux investissements en recherche et développement par rapport au produit intérieur brut E N Garderies scolaires : la CSN veut rencontrer Legault (PC) — En prévision d’une prochaine série de négociations, les travailleurs des services de garde en milieu scolaire ont demandé hier une rencontre avec le ministre de l’Éducation, François Legault La vice-présidente de la CSN, Claudette Carbon-neau, a mentionné que l’un des buts de cet- B R E F te rencontre consistera à sensibiliser le ministre aux problèmes de financement Des études menées par la CSN révèlent que plusieurs objectifs n’ont pas été atteints lors de la dernière série de négociations comme la formation en cours d’emploi, la reconnaissance des exigences et des qualifications du personnel ainsi que la réduction du nombre d’enfants par éducateur.L’actueUe convention collective prend fin en juin 2002.Les nouvelles demandes en vue des prochaines négociations devraient être déposées au printemps prochain.MONT BLANC COLLECTION SPORT EN ACIER DISPONIBLE AVEC BBACELET EN ACIEP INOXYDABLE OU BPACEIET EN CAOUTCHOUC.DE 1,250$ À L,800$, < imrvi imoim; 2020 roc »K l.i MunIlij’ih .Munir» ;«l • '5I4' X45-44*5 Financement de projets municipaux Le PLQ n’a pas l’intention d’abdiquer devant Ottawa BERNARD LAMA R C HE LE DEVOIR Le Parti libéral du Québec n’a pas l'intention, s’il est élu à de prochaines elections, de laisser Ottawa s’immiscer dans le financement direct de projets municipaux.C'est ce que déclare Jean-Marc Fournier, député de Châteauguay et whip en chef de l'opposition officielle, en réaction à un article paru dans l’édition de samedi du Dei vir.l’article paru dans nos pages, une entrevue avec un politicologue de l'Ecole nationale d’administration publique, Robert Bernier, disait que le gouvernement fédéral pourrait être tenté, en cas d’élection du PLQ, de se mêler de politique municipale, du moins en ce qui concerne les municipalités en région.Dans un communiqué diffusé hier, M.Fournier estime «que Ix1 Devoir a fait une fausse affirmation».Joint au téléphone hier, le député de Châteauguay a tenu, à plus d’une reprise, à rappeler que, dans les relations entre Ottawa et le gouvernement provincial, «coopération avec le fédéral et avec les autres provinces, ne veut pas dire abdication».Fournier a poursuivi en disant que «le texte pouvait être interprété, de minière à laisser entendre que ce pourrait être un choix politique du RI.Q.une fois Jean Charest élu.de laisser le federal venir s ’immiscer dans Us dossiers municipaux notamment.U faut corriger le tir.pour ne pas laisser entendre à la population que e'est la politique du Parti libéral» Fournier rappelle qu’une telle position n'a jamais été soutenue dans un énoncé écrit ou verbal.«Au contraire, notre volonté est très ferme de défendre nos competences arec rigueur» Une (h-s conséquences de cet article, souligne le whip en chef, c’est d’ouvrir la (x>rte à des répliqués venant de l'actuel parti au- pouvoir.Avant d'être élu en 1994, le députe- Fournier travaillait pour le cabinet de Gilles Rémillard, au Secrétariat aux affaires intergouvemementales canadiennes, «lu même politique, qui existe toujours, était appliquée du temps du goureme’ment libé ml, celle qui vaut que lorsque les municipalités sont prises dans un enjeu qui concerne une collaboration pro-rineial-féderal.le federal ne peut y toucher directement II y a toujours une supervision du gouvernement québécois là-dessus.» bi réplique déplore également que dans l'article aucune entrevue n’ait été réalisée afin de vérifier, auprès des principaux politiciens concernés, les positions défendues par chacun.«Jamais, cette option n a été discutée», conclut Fournier.BRIELLE ROY « Ce livre devient notre compagnon.Vous vous levez le matin avec une douleur littéraire r à l’estomac, mais vous ne pouvez pas l’abandonner, tant il vous attache.Il y a quelque chose de mystique dans Gabrielle Roy, et sa prose cpistolaire est à ta hauteur du personnage.» Marie-Paule Villeneuve Le Droit Mont- grand lettres o fifinr) Oirh«qi Mon cher grand fou.Lettres à Marcel Carbotte 1947-1979 - Correspondance 832 pages • 34,95 $ Boréal www.editionsboreal.qc.ca LE I) E V 0 I K LE L l X D I 17 DÉCEMBRE 200 I.ES ACTUALITES Royaume-Uni Partenariat privé-public en santé : le couple gagnant de Tony Blair ?MARYELLE DEMONGEOT CORRESPONDANTE DU DEVOIR Dernier de deux articles Londres — Le gouvernement veut «associer», comme il le dit pudiquement, les secteurs privé et public dans presque tous les secteurs étatiques.L’idée hérisse les syndicats.«Votre métro: géré par le public, construit par le privé.» La campagne de publicité s’affichait il y a quelques mois dans toutes les stations de métro londoniennes.«Jusqu’à 200 000 £ [480 000 $] investies chaque heure» et un métro qui fonctionnera mieux.Le slogan résume à lui seul l’état d’esprit du New Labour: le partenariat public-privé n’est plus tabou.L’idée est simple pour Tony Blair: «Il y a une philosophie du service et du devoir dans les services publics qu'envient beaucoup de chefs d’entreprise à qui j’ai parlé.[.] Mais en retour, il y a certaines choses que le secteur public peut apprendre du privé.Dans de nombreux cas, les compagnies privées répondent mieux ata besoins immédiats des consommateurs exigeants.» 11 s’agit donc de mettre en place des partenariats dans lesquels des services privés sont payés pour gérer des institutions publiques.Le programme a déclenché les foudres des syndicats et la traditionnelle lune de miel avec le gouvernement a sans doute été la plus courte jamais vue en Grande-Bretagne.Dès la rentrée de septembre, le climat était tendu entre les syndicats et le gouvernement travailliste, pourtant des alliés traditionnels.Les attentats ont repoussé les discussions mais le désaccord reste latent, et les dernières réformes annoncées dans le secteur de la santé pourraient bien relancer les débats.Métro, éducation, santé, prisons, autorités locales.La liste est longue des domaines ou l’intervention du privé est souhaitée par le gouvernement.Métro, éducation, santé, prisons, autorités locales.C’est la même La liste liste que syndicats et groupes de pression combattent.Quel que soit le domai- est longue ne envisagé, les objections sont les mêmes.Jeff Dobson, directeur adjoint des domaines du Prison ReformTrust, les a résumées , au Devoir.«Il y a un principe dont on doit °U tenir compte: le premier devoir, dans le secteur privé, concerne l’actionnaire.Le premier devoir du secteur public, il le doit au public.» Autrement dit, des services publics gérés par le privé ne fonctionnent eux aussi qu’en fonction des profits.Expériences passées Les opposants parlent en connaissance de cause et les expériences du passé invitent à la prudence.Des partenariats public-privé, pudiquement nommés Private Finance Initiatives (PFI), existent depuis 1992.Ils délèguent la construction et la gestion de bâtiments abritant des services publics à des entreprises privées moyennant un revenu mensuel lié à leur rendement l’intervention du privé est souhaitée par le gouvernement pour une durée moyenne de 25 a 30 ans.Les conservateurs, au pouvoir à l’époque, espéraient ainsi accroître le nombre de bâtiments publics sans grever le budget du pays.Mais les premiers hôpitaux bâtis sur le modèle des PFI ont déçu, comme le souligne une porte-parole d’Unison, le premier syndicat de la fonction publique avec 1,3 million de membres: «Les PFI sont très coûteux à long terme et la plupart des hôpitaux ont moins de lits que les hôpitaux publics.» Une critique que même le think tank le plus proche du gouvernement, l’Institute for Public Policy Research, a lui-même émise cette année: «La réussite des PFI est variable.L’étude des projets de PFI suggère que bien qu’ils n’offrent pas une performance aussi mauvaise que certains critiques le suggèrent, beaucoup offrent au mieux des gains financiers marginaux sans pour autant livrer les innovations promises dans le design et l’organisation des services.» Les critiques parlent d’une formule «achetez maintenant, payez plus tard» dont on mesure mal les conséquences à long terme.Le traitement au quotidien des patients (ou des prisonniers) laisse à désirer dans ces institutions gérées par des entreprises privées, selon les opposants aux partenariats public-privé.Pour Jeff Dobson, dans les prisons, «ce qui se passe souvent, c’est une réduction des coûts, en particulier les coûts des ressources humaines.Et, du coup, le nombre de contacts directs avec les prisonniers est limité et les relations sont appauvries».Education Dans le domaine de l’éducation, le programme du gouvernement vise entre autres à confier la gestion d'écoles en difficulté à des entreprises privées.Deux écoles sont déjà ainsi passées de l’autre côté de la barrière.L’une a déjà dû abandonner l’expérience, ainsi que les syndicats ne manquent pas de le souligner.Les syndicats ne sont pas complètement opposés à l’intervention d’entreprises privées.Ainsi, dans le domaine de la santé, Unison ne dit pas non à une certaine aide: «Nous n’avons pas d’objection à ce que les patients qui attendent une opération soient traités, à court terme, dans les cliniques privées, à condition que le traitement demeure gratuit.» De même, les syndicats de l’enseignement reconnaissent l’expertise du privé pour la formation des enseignants ou le maintien des équipements publics.Mais pour la porte-parole d’un des syndicats d’enseignants, «on a besoin d’aide dans certains domaines, pas d’être pris en main.C’est comme aller voir un avocat pour qu’il prenne votre vie en charge.Ça ne se passe pas comme ça: vous allez le voir pour régler un problème circonstanciel».Le gouvernement a un argument-choc pour faire accepter son plan.Sans l’intervention du privé, il ne pourra pas redresser les services publics aussi vite.A cela, les syndicats rétorquent que c’est dans les services publics qu’il faut investir, en construisant avec l’argent public et en embauchant davantage de fonctionnaires.Reste à voir qui gagnera la lutte.CHEF «fai eu la chance d'avoir été très tôt reconnu dans “mon” pays.» SUITE DE LA PAGE 1 Piano, solfège, matières théoriques et un peu de direction, forcément! Il doit aller plus loin.A 18 ans, il fonde son propre ensemble.La Chapelle de Montréal est née.Pour le meilleur et pour le pire.Car c’est le propre de la jeunesse de vivre de l’enthousiasme infatigable et de tenter de réinventer le monde, comme d’apprendre de ses erreurs.Pour cela, on l’oublie trop souvent, le métier s’apprend non pas dans les livres mais davantage «sur le tas».Et pour apprendre la direction, il faut diriger et l’apprenti maestro se mue en apprenti sorcier.Un maître viendra, l’espace de quelques rencontres, lui prodiguer conseils et modération, ouverture et sens pratique: Carlo Maria Giulini.Caution prestigieuse, acceptée avec autant de fierté que d’humilité.On aborde alors directement la situation du jeune chef d’orchestre, surtout du jeune chef d’orchestre québécois.Uniquement pour faire s’effondrer certains mythes.Nézet-Séguin, sans faux orgueil, montre que bien des grands chefs avaient effectivement son âge quand est venue la renommée.De Mahler à Karajan, de Nikish à Boulez, de Berlioz à Simon Rattle, on «devient chef jeune».Bien sûr, on n'a pas d’entrée de jeu les meilleurs orchestres au bout des doigts.« Pourtant, malgré tout, je me sens encore et Sourire: «C’est là où j’ai eu de la chance.Alors que plusieurs chefs d’ici doivent s’expatrier pour apprendre leur métier [comprendre: diriger], moi, j'ai eu la chance d’avoir été très tôt reconnu dans “mon” pays.Il est vrai que j’ai travaillé, et fort, mais ici, on m'a donné la chance exceptionnelle de pouvoir et pratiquer et apprendre mon art sans trop de contrainte.» Le constat s’accompagne d'humilité.Si on a toujours investi en lui, «il est sim- , plement normal que je étudiant» livre la marchandise, que je puisse apporter quelque chose aux gens d’ici qui m’ont non seulement encouragé, mais encore soutenu — et qui continuent à le faire».Contradictions du métier Pour Yannick Nézet-Séguin, l’art du chef d’orchestre tient en trois points.Le plus évident, naturellement, c’est celui de l’homme qui monte au podium, dos à la salle.«On me critique parfois sur le fait que je change mon look souvent, que je fais un peu d’épate avec les vestons, les couleurs de cheveux et les styles de coiffure.C’est une manière de voir les choses.Pour moi, ce n’est qu’une enveloppe, une enveloppe nécessaire pour créer un certain bruit autour de ma personne qui vise autre chose, le bruit étant plus intéres- sant pour moi que la personne.«Car je ne vois pas cela comme étant nécessaire pour qu'on parle de moi, sauf si cela peut attirer un certain public qui, au bout du compte, viendra “écouter” la musique sous ce prétexte et qui découvrira autre chose.Alors, oui, pour défendre cette cause-là, je suis prêt à jouer à ce drôle de jeu sans le prendre trop au sérieux et sans pour autant négliger son importance médiatique, aujourd’hui si malheureusement vitale pour une entreprise comme un orchestre symphonique.» En cela, son «rival» Charles Dutoit ne le contredira pas, loin de là.Car un orchestre doit avoir des fonds.L’Orchestre métropolitain du Grand Montréal (OMGM), dont il est titulaire et directeur artistique, n’échappe pas à cette règle.Pour cela, bien des moyens s'avèrent utiles «et s’il faut passer par celui qui use d’un peu de m’as-tu-vu, un entre tant d’autres, pourquoi pas?Tant que je sais ce que je fais, que j’en suis conscient, je ne vois aucun problème».Cela ne veut pas dire que tout est dans l’image, ni la surface.«Ce qui est important plus que tout, pour moi, c’est le travail avec les musiciens [souvent, il dira «mes» musiciens]; les répétitions sont des moments privilégiés lors desquels, CAMP Robert Brouillette, porte-parole mira 2001 :¦ PU 19 NOVEMBRE AU l\ PÉCEMKE PROCUREZ-VOUS CES JEUX PE CARTES POUR 5.00 ?chacun ! Exclusivement ti votre succursale BANQUE NATIONALE même si mon rôle est de mener, on peut quand même discuter de certains points et opinions, qu’ils soient techniques ou esthétiques.Il faut amener les interprètes à croire à ce qu’on fait ensemble, dans le fond à ce que je veux qu ils fassent; surtout, à vouloir le défendre.» Une sorte de négociation entre la vision du chef, qui domine, qui peut s’enrichir des commentaires des musiciens devant lui.Philosophe, donc, devant les nécessités contraignantes d’un personnage devenant public qui doit assumer si jeune la carapace des exigences d’une certaine commercialisation — noblement vouées, chez lui, davantage à la cause à défendre qu’à son succès personnel propre, car il s’avère toujours idéaliste, tel un adolescent —, déjà mûr devant les nécessités de la pratique du métier, là où souvent s’effondrent les illusions, sa volonté reste inébranlable.Yannick Nézet-Séguin lance cette phrase-choc: «Pourtant, malgré tout, je me sens encore et toujours étudiant.» Loin de se croire l’équivalent d’une Shirley Temple réincarnée dans l’univers de la direction d’orchestre sur la scène montréalaise, il s’applique à étudier les partitions.Celui qui aime le travail avec les autres, qui aime la générosité du spectacle, avoue, murmurant, presque timidement, la jalousie cultivée de son intimité.«La nuit, dans le silence, quand je peux — ou dois — prendre le temps de travailler une partition, de la lire, d'essayer de la comprendre et d'inventer une solution, une interprétation, voilà de loin les plus beaux moments de ma vie.Si ma raison de vivre est celle de tout artiste, à savoir monter sur scène pour offrir le meilleur de soi, les instants où je me sens le plus en accord avec moi-même, ce sont ceux-là, loin de la rumeur des jours, à toujours découvrir la musique et ses richesses, dans la foison des méandres d’une partition.» Sagesse et prévoyance On le voit béni des dieux, bien entouré, solide.Trop, peut-être.Portrait de l’artiste en jeune homme, se décrivit Joyce en Stephen.Au contraire du littérateur, Nézet-Séguin n’étouffe pas dans son univers natal; il y déploie ses ailes sans se créer d’alibi.Cependant, alors que le héros dublinois sait qu’il ne peut que gravir les échelons, Yannick Nézet-Séguin ouvre tout à coup une persienne ombragée dans son regard.«Actuellement.je suis comblé.» Il reconnaît que sa bonne étoile lui a toujours fait se trouver au bon endroit au bon moment.«Par exemple, quand on m’a demandé de devenir chef de chœur à l’Opéra de Montréal, même si le défi était énorme pour un quasi-enfant de mon âge et que je savais que L JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le chef et directeur artistique de l’Orchestre métropolitain du Grand Montréal (OMGM), Yannick Nézet-Séguin, reconnaît que sa bonne étoile lui a toujours fait se trouver au bon endroit au bon moment.c’était un peu un cadeau de Grec, j’ai senti que c’était ma place, nécessairement “ma”place.» Ce en quoi la réalité artistique ne lui a pas donné tort.Les yeux grands ouverts, il sait également que «le purgatoire s’en vient».Quand, il ne saurait le dire, voire ne veut (encore?) pas le savoir, mais il se montre d’une suprême lucidité.«Même les plus grands ont eu des revers de fortune; quand cela va m’arriver — et je sais pertinemment que cela “va" m’arriver un jour, j’espère être aussi fort qu’eux pour ne pas me laisser abattre et garder cette confiance dans mon idéal.» Et, naturellement, redevenir toujours meilleur.Alors que tant d’artistes québécois, musiciens surtout — car, en ce domaine, la barrière de la langue parlée est moins grande que, disons, en littérature ou au théâtre —, ne peuvent rayonner que par l’exil volontaire.Yannick Nézet-Séguin fait partie de cette génération qui croit fermement qu’il y a quelque chose à faire ici, se sentant presque investi d’une mission: «Mieux faire connaître et aimer la musique classique.» Tons, les chemins mènent à Rome.Celui choisi par Nézet-Séguin se déroule comme celui d’un jeune pas trop orthodoxe, qui recherche malgré tout une certaine orthodoxie, comme le montrent quelques-unes de ses références, sorte de valse-hésitation pour lui salutaire.Il en sourit et s’adonne à ce jeu avec une rare confidence esthétique: «Oui, c’est vrai, je me sens plus proche d’une génération de musiciens qui cherchaient la fidélité au texte et à la tradition, où la personnalité de l’interprète se mettait plus au service d’une partition que le contraire, trop usuel aujourd’hui.» Et, toujours avec une sorte de feu sacré, il ajoute: «Je veux faire de la musique; pour moi d’abord, et je le reconnais volontiers, mais surtout avec et pour les autres.Le Québec me donne la chance de faire mon apprentissage de carrière ici, on m’y ouvre grandes les portes, respectant le professionnel en moi; à moi d’y entrer et de convaincre, de rendre plutôt que de profiter, à trouver quelque chose pour le donner.» La fortune sourit aux ambitieux; l’ambition de Nézet-Séguin se découvre sereine et simple, noblesse du musicien qui revendique autant l’aspiration à la vérité qu’il assume son droit à l’erreur.Pour autant que cela ne soit pas confondu avec l’errance.Vertu Colombie Un avion s’écrase avec 16 personnes à bord : pas de survivants AGENCE FRANCE-PRESSE Bogota — Un petit avion de transport avec 16 personnes à bord s’est écrasé hier en Colombie alors qu’il effectuait une liaison entre les villes de Medellin et Quibdo (nord-ouest), a annoncé la compagnie Heliandes, proprietaire de l’appareil.Selon la Croix Rouge du département de Antio-quia dont Medellin est la capitale, il n’y aurait aucun survivant L’avion s’est écrasé à 14h locales sur la montagne El Silencio, où régnaient de mauvaises condi- tions météorologiques, peu après son décollage de l’aéroport de Medellin pour Quibdo, la capitale du département de Choco.Selon un porte-parole de Heliandes, Sergio Valencia 14 passagers et deux membres d’équipage se trouvaient à bord./ I E DEVOIR, LE L 1' N D I 17 DE ( E M R R E 2 O 0 1 A 5 -* LE DEVOIR ?- LE MONDE * .' i«i REUTERS Cet enfant s’agrippe à sa mère blessée dans l’explosion d’un McDonald’s à Xi’ian, en Chine.Attentat anti-américain à Xi’an Uombre de ben Laden dans le centre de la Chine EN BREF Eltsine hospitalisé à Berlin Berlin (AFP) — L'ancien president russe Boris Htsine est hospitalisé depuis hier matin dans une clinique de Berlin en raison d’un problème cardiaque, annonce le quotidien berlinois Der Tagesspiegel aujourd'hui, citant l'ambassade de Russie à Berlin et des sources médicales.Eltsine, 70 ans, est arrive samedi soir dans la ca- s pitale allemande, et a passe la nuit à l'ambassade de Russie avant d’être hospitalisé hier matin à la clinique Rudolf Virchow en raison d'un problème cardiaque, selon un employé de l’ambassade.Cette clinique est dirigée par le spécialiste international des opérations à | cœur ouvert, Roland Hetzer qui a collaboré étroitement pendant des années avec le cardiologue américain Michael DeBakey, qui avait dirigé en 1996 le quintuple pontage coronarien subit par le president russe.Interrogé par le Tagesspiegel, Hetzer s’est borné à confirmer la présence de son illustre patient, refusant de donner la moindre information à ce sujet, «conformément au souhait de M.Eltsine».L’Inde accuse le Pakistan New Delhi (Reuters) — La police indienne a déclaré hier que les services secrets pakistanais étaient au courant de l’attentat suicide qui a fait 13 morts jeudi au parlement indien, une accusation en passe de raviver encore les tensions entre New Delhi et Islamabad.D’après le commissaire indien Ajai Raj Sharma, les cinq assaillants, qui ont tous trouvé la mort au cours de l'attaque, étaient des ressortissants pakistanais.11 a également annoncé l’arrestation de quatre personnes qui ont été interrogées à propos de cette attaque.L’Inde a imputé l’attentat du Parlement au Lashkar-e-Tai-ba, qui combat le régime indien au Cachemire.Elle a demandé au Pakistan de mettre fin dans les plus brefs délais aux activités de groupes de séparatistes cache-miris présents sur son sol.Chirac appelle à l’union Paris (Reuters) —Jacques Chirac s’est publiquement prononcé, hier, en faveur de l'union de l’opposition par-lementaire, au nom de l'intérêt de la France.Dans un message adressé aux militants du RPR réunis à Paris et lu par leur présidente, Michèle Alliot-Marie, le chef de l’Etat a appelé ses troupes à l’action politique à l’occasion du 25e anniversaire du RPR «Ces combats exigent l’union, Tunion entre vous d'abord [.], l’union au sein de l’opposition ensuite», affirme-t-il dans ce texte.«Les Français attendent des projets portés par des femmes et des hommes engagés et déterminés.» Pour Jacques Chirac, «le débat démocratique est une richesse mais les divisions, les querelles au sein d’une même famille sont une faiblesse, une foute et un danger pour l’avenir».«Ce qui importe, c’est de foire gagner la France!» Celui qui a fondé le RPR voilà 25 ans se garde de déclarer ses intentions pour l’élection présidentielle à - venir.Mais, dit-il aux militants, bec moderne justifie que lui soit ‘ ic plaoi' oix au sein du Parti québécois.Les femmes doivent egalement in estir le Parti québécois.Elles sont sous-représentées au sein des instances et de la députation du Parti québécois.Comme l’a fait récemment la France, il faut changer les institutions en proposant la parité homme-femme.Il s'agit pour le Parti québécois de revoir ses structures et proposer la parité dans ses instances ainsi dans l'équipe de candidates et de candidats lors de la prochaine élection générale.Parmi les nouveaux leaders dont le Parti québécois doit se doter, il est impérieux également de faire une place de choix aux Québécoises et Québécois de toutes origines.Il ne suffit plus de parler de pluralisme et d'interculturalisme et d’affirmer que le français est la langue commune au Québec.Les générations de la loi 101 doivent maintenant enrichir le Parti québécois de leurs expériences et compétences et assumer des responsabilités politiques en son sein.Afin d'assurer une représentation paritaire hommes-femmes et des Québécoises et Québécois de toutes origines, le Parti québécois doit repenser ses modalités de sélection des candidates et candidats.Une forme d'investiture régionale ou nationale pourrait être envisagée pour donner aux instances électorales du parti et à son chef la flexibilité nécessaire afin de faire émerger des leaders qui contribueront à la refondation de l'État québécois.Un État refondé Le Parti québécois doit proposer aux Québécoises et aux Québécois un projet d'État faisant fonds sur l’expérience originale du Québec et conservant l'acquis québécois.Mais, si l'on souhaite la plénitude des pouvoirs pour le Québec, il faut aussi penser en termes de refondation de l’État québécois et ainsi repenser celui-ci dans toutes les dimensions du projet d’État souverain.Parmi les avenues susceptibles de contribuer à une telle refondation et d'avoir un impact sur le développement économique, social et culturel du Québec, on pourrait réfléchir à l’instauration progressive d'un revenu de citoyenneté ou d’un revenu minimum garanti.Le Parti québécois pourrait faire de l'eau et de la forêt le patrimoine commun des Québécois et renforcer ainsi sa politique de développement durable.La consolidation de la langue française et de la culture québécoise conune langue et culture publiques communes des Québécois devrait continuer d’être une priorité du gouvernement du Québec, notamment par l'adoption de mesures visant à faire du français la véritable langue du travail au Québec et à démocratiser l’accès aux institutions culturelles du Québec.La réflexion du Parti québécois devrait en outre porter sur le régime politique qui encadrera l'élaboration des lois et politiques québécoises ainsi que sur les institutions qui assureront leur mise en œuvre.Dans cette perspective, le Parti québécois doit penser la Constitution nationale du Québec, aborder la question de la nationalité et de la citoyenneté aux fins de susciter l’allégeance et la participation de l’ensemble des citoyens du Québec à la vie publique et proposer de réformer en profondeur les institutions québécoises.Il ne doit pas hésiter à proposer des formules nouvelles, qu’il s'agisse de l’élection d’un président ou d'un premier ministre au suffrage universel, de l’institution d'un parlement bicaméral, constitué d’une assemblée nationale et d'une chambre régionale, ou de l’instauration d’un mode de scrutin proportionnel pour l’une ou l’autre chambre.Dans l’élaboration d’un projet d’État refondé pour le Québec, une politique de relations internationales pourrait explorer les moyens pour que la mondialisation soit équitable et maîtrisable.Elle devrait définir les contours d’une politique d'aide publique au développement et une politique de promotion de la diversité culturelle à l’échelle mondiale.Il serait également important de se demander s’il faudrait promouvoir l’institution, en plus d'une forme de partenariat qvec le Canada, d'une Union américaine avec les États de notre continenL Afin de repenser la dimension nationale et internationale du projet d’État, le Parti québécois pourrait également proposer la création dug lieu de délibération non partisan sur un projet d'État pour le Québec et l’institution d'une «Convention» sur le modèle développé par l’Union européenne.Une telle convention pourrait rassembler des élus de l’Assemblée nationale et d’instances régionales et municipales, mais également de grands officiers publics comme le Protecteur du citoyen, le Directeur général des élections, le Commissaire à la représentation électorale et le Vérificateur général du Québec.DANIEL T U R P, ISABELLE BEAULIEU, MICHEL SEYMOUR, ISABELLE BOUCHARD, PIERRE NOREAU, MARCELA VALDIVIA, ALEXANDRE GOUSSE, FRANÇOISE MONTAMBEAUT, ALEXANDRE BOURDEAU, HÉLÈNE LAPERRIÈRE, ISABELLE DAOUST V L.E D E V 0 I R .I E L I' N O I 17 D K » K M R H K 2 0 0 I A IDEES DOCUMENT Les journalistes de The Gazette muselés Nous publions ci-dessous la version intégrale d’une note de ser-vice distribuée vendredi dernier aux employés du journal The Gazette, de Montréal.Cette note fait suite à la controverse suscitée par la décision des nouv eaux propriétaires du seul quotidien montréalais de langue anglaise, CanVVest Global Communications, de publier une fois par semaine un éditorial commun aux 14 journaux de la chaîne Southam au Canada.L’opinion défendue dans cet éditorial, rédigé à Winnipeg, devient l’opinion de tous les journaux de la chaîne.L’équipe éditoriale de chaque journal est tenue de s’y conformer.La semaine dernière, le 11 décembre, 55 journalistes de The Gazette ont dénoncé cette décision dans une lettre ouverte publiée par plusieurs quotidiens.Ce document, que nous publions afin de favoriser un débat éclairé, nous est parvenu par l’entremise d’une source indirecte et non pas par l’entremise d’un employé de The Gazette.La traduction de ce texte en langue française a été réalisée par Le Devoir.PETEK STOCKLAND Editor in chief RAYMOND BRASSARD Managing editor es événements de la semaine dernière ont suscité controverse et émotion au sein de notre salle des nouvelles.Aujourd'hui, le moment est venu pour chacun de prendre du recul, de prendre une grande respiration et de rétablir l'équilibre entre nos convictions et nos obligations.Le texte qui suit a pour but de définir les frontières qui séparent nos droits et nos devoirs lorsque l’on travaille à The Gazette.La liberté d’expression et la liberté de presse sont des principes d'importance cruciale pour tous les journalistes.Cependant les journalistes et autres membres du personnel travaillant pour un journal comme 'Die Gazette doivent se rappeler qu’ils sont d’abord les employés d’une compagnie.Légalement, ils sont soumis aux mêmes obligations qu’un employé travaillant pour toute autre firme de n’importe quel secteur économique.D ne s’agit pas là d’un caprice administratif ou d’un décret corporatif C’est la loi Par exemple, l’article 2088 du Code civil du Québec stipule: «Un employé est tenu non seulement de mener son travail avec prudence et diligence, mais aussi d’agir avec loyauté et honnêteté et est tenu de ne pas faire usage de Tin-formation à caractère confidentiel qu’il obtient dans l’exécution de son travail.Ces obligations tiennent pour un délai raison- nable après la fin d'un contrat et ont cours en permanence lorsqu'il s'agit d'information concernant la réputation et la lie privée d'une tierce personne.» Au cours de la dernière semaine, certains journalistes de The Gazette ont viole cette interdiction concernant l'utilisation d’informations confidentielles.Ils ont passe outre à l’interdiction de faire usage d'information concernant les salariés de cette compagnie.Des déclarations ont été faites à d’autres médias, ce qui contrevient à l'obligation légale de fidélité première à son employeur.La jurisprudence prévoie des sanctions comprenant la suspension ou même le congédiement pour ceux qui persistent à négliger leurs obligations envers l’employeur après un avertissement clair.Plus précisément, tout le personnel doit comprendre qu'aucune déclaration ou action entreprise auprès d’un autre média ne devrait l’être si elle peut avoir comme effet de: ¦ violer les droits d’auteur et de propriété intellectuelle de The Gazette sur du materiel produit pour ce journal par du personnel qui est payé pour le faire: ¦ révéler des informations confidentielles concernant un employé du journal, y compris les membres de son administration, qui ont été obtenues dans le cadre de l’exécution de son travail.Ces informations comprennent non seulement les dé clarations et les faits, mais aussi plus largement les allégations et les commérages concernant les membres du personnel, y compris ceux de l’administration; ¦ remettre en question les décisions prises par les gestionnaires de ce journal, y compris ses propriétaires.Un désaccord ne justifie pas de porter des accusations de mauvaise foi contre l’employeur ni de lui attribuer des arrière-pensées: ¦ produire du matériel écrit sonore, vi- Science et éthique Protéger la recherche en génomique D E MARTIN G O D B O UT Président et chef de la direction de Génome Canada.M.PAUL L’ARCHEVÊQUE Président et chef de la direction de Génome Québec n annonçant le séquençage récent du génome humain, l’ancien président américain Bill Clinton a exprimé l’espoir que «pour les enfants de nos enfants, le mot “canceP signifiera simplement une constellation dans le ciel».Cette annonce, sans aucun doute extraordinaire, a aussi permis au cours des derniers mois de mettre en lumière l’importance d’une solide protection de la propriété intellectuelle dans le domaine naissant qu’est celui de la génomique.Souvent mal comprise, la recherche en génomique soulève autant de questions — à la fois sur les plans de l’éthique et de la science — que de réponses.D est toutefois clair que c’est la recherche en génomique qui accélérera notre capacité à créer des médicaments permettant non seulement de traiter les symptômes mais surtout d’intervenir et même de prévenir les maladies.Les nouvelles pharmacothérapies, des méthodes diagnostiques améliorées, des médicaments personnalisés, des aliments plus sains et nutritifs, des récoltes plus productives et un environnement plus propre représentent quelques-uns des avantages découlant de la recherche en génomique.Prenons par exemple le cas de l'hypertension.C’est là l’une des maladies les plus répandues du 21'' siècle et, en conséquence, les médicaments antihypertenseurs représentent à eux seuls le groupe de médicaments les plus prescrits — enregistrant des ventes de plus de un milliard par année au Canada seulement Certaines études montrent que quelque 40 % des patients traités au moyen de ces médicaments ne réagissent pas favorablement ou éprouvent des effets secondaires qui peuvent entraîner une hospitalisation ou par fois même occasionner le décès.Les chercheurs en génomique s’appliquent présentement à trouver des marqueurs génétiques qui pourront nous indiquer quels patients appartiennent à ce groupe de 40 %.H sera alors possible de prédire qui aura une réaction positive ou défavorable à un médicament donné.Ces informations nous permettront d’améliorer l’efficacité du traitement réduiront les effets secondaires, éviteront de potentielles hospitalisations et diminueront grandement les coûts imputés au système de santé.Et ce n’est là qu’un exemple des multiples bienfaits potentiels de la génomique pour la santé humaine.En tant qu’industrie, la génomique n’en est qu'à ses premiers pas.Pourtant des politiques appropriées doivent exister afin, non seulement de favoriser sa croissance, mais aussi de prévenir les abus et de protéger la santé et le bien-être des personnes utilisant ces nouvelles thérapies et technologies.La protection de la propriété intellectuelle est l’un des éléments essentiels au développement d’une industrie de la recherche en génomique forte au Canada En effet sans une protection adéquate de leurs inventions, les particuliers et partenaires industriels n'investiraient plus dans des procédés de recherche et de développement coûteux, au Canada ou ailleurs, ni ne voudraient en assumer les risques L’introduction de lois assurant que le Canada respecte ses obligations internationales en matière de protection des brevets a eu un impact percutant les dépenses en recherche et développement pharmaceutique au Canada seulement ont aug- menté plus rapidement que dans tout autre pays indus trialisé — en hausse de plus de 700 % en un peu plus d’une décennie, passant effectivement de 60 millions en 1987 à un milliard de dollars en 2000.Et ce, indépendamment du secteur biopharmaceutique naissant Ceux et celles qui ont récemment critiqué la loi de la protection de la propriété intellectuelle ont prétendu que les brevets étaient conçus de manière à limiter l’accès et les choix.Pourtant, l’application d’une protection de la propriété intellectuelle forte permet de développer plus de médicaments et de thérapies que jamais auparavant.N’oublions pas qu’un grand nombre de médicaments révolutionnaires sont issus de la recherche et de l'innovation canadiennes, y compris la découverte de 3TC, lequel, il est permis de croire, a modifié le traitement du VIH/sida.E suffît seulement d’étudier le cas des hôpitaux du Canada et de reconnaître le fait que des économies considérables sont réalisées grâce à la recherche en santé.En effet ce sont des médicaments innovateurs qui ont entre autre permis au cours des dernières années de réduire les séjours des Canadiens et des Canadiennes dans les hôpitaux.Alors que le pays se penche sur la question de la croissance constante des coûts des médicaments et de leur valeur dans le système de soins de santé, il devrait être clair qu’il est nécessaire de continuer de favoriser l’innovation afin de nous permettre de tirer parti du vaste potentiel que représentent les nouvelles technologies de recherche.On ne peut pas passer sous silence le fait que la protection de la propriété intellectuelle a joué un rôle déterminant dans le développement de l’industrie biopharmaceutique au Canada, qui génère aujourd’hui des revenus de près de deux milliards — une augmentation notable par rapport à l'an 2000.Au Câ- lin grand nombre de médicaments révolutionnaires sont issus de la recherche canadienne suel ou destine à un site Internet, qu’il relève de la nouvelle ou du commentaire, qui viole l’obligation de loyauté première des employés à l’égard de The Gazette et de St's propriétaires ; ¦ refuser d’exécuter un travail légitime et légal tel que demandé par l’employeur, la compagnie, ou ses propriétaires; ¦ porter atteinte délibérément à la santé financière du journal ou à sa réputation; Si quoi que ce soit demeure obscur à propos de la signification des remarques précédentes, nous vous prions de ne pas hésiter à tirer les choses au clair auprès du rédacteur en chef (editor in chief) ou du directeur de l’information (managing editor).Etant donné l’atmosphère qui règne présentement, il pourrait être tentant de voir dans ce message un moyen d’empêcher le débat ou de faire taire la dissidence.Au contraire, cela se veut une façon de clarifier les conditions dans lesquelles ce débat doit se faire à The Gazette en gardant un équilibre entre le respect des droits légaux et les obligations de tous.Aucun droit n’est absolu.Aussi cruciales que soient la liberté d’expression et la liberté de presse pour les journalistes, ces droits ne surpassent pas nécessairement tous les autres droits.Pas plus que le titre de «journaliste» ne nie le droit du propriétaire d’une entreprise de presse de mener son journal comme il lui plaît, dans les limites prévues par la loi.Pour personne, journaliste ou autre, il n’existe un droit de travailler pour The Gazette.Il s’agit d’un privilège avec tout ce que cela implique dont le devoir de prudence, d’assiduité, d’honnêteté et de fidélité à l’employeur.Cela étant compris, continuons de travailler tous ensemble.Le 14 décembre 2001 REUTERS La protection de la propriété intellectuelle est l’un des éléments essentiels au développement d’une industrie de la recherche en génomique forte au Canada.nada, ce secteur s’accroît quatre fois plus rapidement que dans tout autre pays du G 7.Au cours des cinq dernières années seulement, plus de 200 compagnies biopharmaceutiques ont été créées, dont 60 en recherche génomique.Durant cette même période, le capital de risque a fortement grimpé, passant de 200 millions seulement à 1,2 milliard.Aujourd’hui, plus de 370 produits sont en cours de dé veloppement, et les études réalisées au sein des industries, universités et autres institutions au Canada figurent parmi les plus concurrentielles au monde.Seule une protection adéquate des brevets peut garantir la poursuite de l’innovation dans la recherche, en santé et ailleurs.Une chose est certaine, pour permettre aux Canadiens et aux Canadiennes d’influencer comment cette protection sera régie et réglementée, nous devons devenir des chefs de file et non des suiveurs.Nous devons nous intéresser directement aux résultats de la discussion et faire en sorte que nos valeurs sont représentées à la table de négociation.Afin que les «médicaments personnalisés» deviennent réalité au Canada, une étroite collaboration entre les chercheurs, les législateurs, les organismes de réglementation, les professionnels de la santé, les sociétés pharmaceutiques et le grand public est nécessaire.Pour permettre au Canada d’être en mesure de faire concurrence à l’échelle mondiale et de réussir à attirer des investissements majeurs en recherche, nous devons continuer ensemble de rallier les Canadiens vers un objectif commun, soit celui de créer un environnement de recherche inégalé.C’est ainsi que dans un avenir pas si lointain, nous pourrons tous être très fiers d’avoir permis à nos chercheurs de contribuer a faire du cancer «qu’une constellation dans le ciel».lü politique du Croissant est la politique de la Croix qui est la politique du Marteau qui sera la politique du Dollar Serge Hou chard’ ?Jésus, Mahomet, Gros-Ours et les autres ous avons été élevés dans l’idée que les grands organismes universels régulaient les tensions du monde.11 y a bel et bien eu une Société des Nations.Nous avons cru et nous croyons toujours à l’intérêt commun du monde des humains.Nous avons été élevés d;uis l’idée que Dieu ne pouvait pas tout, qu’il pouvait errer et faire mal, nous avons cru qu’il était mort.Nous avons cru en l’humain responsable de l’humain.Nous avons cru en la compassion, au développement du non développé, à l’irrigation des déserts, à l’éducation générale de la communauté.Nous avons cru au respect, à la curiosité, aux voyages initiatiques, à la communion des cultures.Nous avons baigné dans les certitudes quant aux droits et à la santé.Nous avons pris les humains un à un, un humain à la fois, pour affirmer le caractère sacré de la personne.Ui vie dç la personne n’est-elle pas le bien le plus précieux dans l'arsenal de nos valeurs?Nous avons cru au tournant de l’Histoire.Nous avons été élevés dans le confort et la technologie.Nous savons que l’information est un droit.Nous sommes convaincus de nos libertés démocratiques.Je gouverne ma vie et je gouverne mon pays.Nous avons cru à la raison, aux règlements pra tiques des besoins élémentaires.Tous doivent manger, être soignés, être abrités, être réchauffés durant les froids d’hiver.la société civile croit en la civilisation.les disparités sont temporaires.Certains sont riches, bientôt nous le serons tous.Question de temps et d’économie.Nous avons été élevés dans l’assurance absolue des bienfaits historiques de notre monde.Marx avait même cru que ce bonheur était inévitable.Ira communauté allait advenir, qu’on le veuille ou non.Nous avons cru en la justice immanente d’une Histoire fondée sur les bonnes intentions.Nous avons inventé le passé, noirci l’ancienneté pour mieux faire briller le présent.Et nous étions contents.Nous sommes plus informés qu’avant, nous sommes plus grands, plus intelligents, plus forts et en santé.Depuis septembre, ces évidences ont cessé d’être.Nous ne sommes pas au tournant de l’Histoire, nous piétinons au cœur de la même.Notre prospérité est fondée sur l’or, il n’y en a pas pour tous.D’ailleurs, il n’y a pas de tout pour tous; autour de la gamelle des plaisirs nous sommes une bande de loups.Ira hiérarchie est respectée.Il a suffit qu’un fou ramène son bon Dieu pour que les loups montrent les dents.E a suffit qu’un fou réduise l’Histoire du Monde aux vicissitudes de sa croyance, pour que nous revenions à la case départ.Ira politique du Croissant est la politique de la Croix qui est la politique du Marteau cpii sera la politique du Dollar.E y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark.D’ailleurs, quand la lecture politique se fonde sur des écrits sacrés, tout est possible à celui qui veut purifier le monde.Les intentions de Mahomet étaient bonnes.Iras intentions de la Constitution américaine aussi.Et si" l’Occident est si sale, si l’Amérique est si dure, le monde arabe n’est pas en reste envers lui-même.Au tribunal de l’Histoire, désignez-moi les innocents! Depuis septembre, nous tournons tous autour du pot.Nous allons devoir admettre que nous sommes dans de beaux draps, les draps d’ailleurs dans lesquels nous avons toujours été couchés.Les innocents meurent, des anonymes vont mourir, nous nous sommes toujours entretués afin de régler des comptes.E ne fallait pas avoir inventé le ijouton à quatre trous pour remarquer que les Etats-Unis constituent l’Etat le plus fort du monde et que les Américains défendent leurs intérêts d’une manière ou d’une autre.Mais du moment que nous ramenons le Diable sur la scène, la réalité de la bêtise humaine nous rattrape.Pour défendre la Personne, il faudra rassurer la communauté, ériger d’autres murs et d’autres clôtures, vérifier les entrées et les sorties, démasquer les ennemis qui s’infiltrent.Ira monde n’est pas le village global, il est encore plein de villages locaux.Les gens de la vallée d’en face sèment la terreur dans la vallée d’ici sous prétexte que cette vallée-là est la vallée du Diable dont l’entrée est barrée par les portes de l’Enfer.Nous avons été fous de croire trop vite en notre humanité.Sur un banc de parc dans un jardin qui doit bien être une sorte de ciel, Jésus jase avec Mahomet E y a aussi Gros-Ours assis à côté de Bouddha.Chacun parle d’amour, chacun parle de foi.Ira grande Déesse Blanche invoque la patience.Tous conviennent qu’elle finira bien par comprendre, l’humaine humanité.Nous finirons tous par comprendre que nous sommes frères et sœurs.Quand on n’a que l’amour, disait Brel, la vie est belle, disait l’autre et c’est le petit jésus qui ne serait pas content Au mensonge de la haine, il faut opposer le mensonge de l’amour.Nous avons été élevés dans la notion d’élévation.Mais, depuis peu, le doute s’installe.L’humanité n’a jamais décollé.Elle ne s’élève pas, elle s'enfonce.Nous sommes de plus en plus odieux.| Nous qui sommes si beaux.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine : Gerald Dallaire {alfoint au directeur dt l’information).Valérie Dufour [général).François Cardinal factualité municipale).Marie-Andrée Cbouinard [éducation) Yves d'Avignon (sports), faute des Rivieres (éditorialiste), Jean Dion.l-ouisGilles Francœur (environnement).Benoit Munger [responsable du site Internet).Dominique Reny.Josee Boileau.Eric Desrosiers, Pauline Gravel (scientifique).Brian Myles (justice et faits divers).Isabelle Pare (santé) .Michel Garneau (caricaturiste) .Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques); Martin Dudoset Christine Dumazet (rrlecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau [photographes) .à l'information culturelle Michel Belair [responsable).Stéphane Baillargeon (théâtre).Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma).Bernard lamarche (arts visuels).à l'information économique : Gérard Bérube [adjoint au directeur de 1 information).Claude Lévesque, Claude Turcotte.René I.ewandowski; A l'information internationale : Jean-Pierre LegauiC Guy Tailiefer, Serge Truffaut (éditorialiste); A l’information politique Uélene Buzzetti, Manon ( ornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa).Mario Cloutier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Lévesque .Marie-Hélène Alarie (secrétaire d la rédaction) ; Ixiuise-Maude Rioux Soucy (commis).I.a documentation ; Gilles Paré (directeur) .Manon Derotne.Serge Laplanté [Québec).Rachel Rochefort [Ottawa).LA PUBLICITE ET LE MARKETING.Jacqueline Avril.Jean de Billy.Gyslaine Cété, Marlene Côté.Martin Fournier, Véronique Géraud.Anouk Hurbutt, Christiane O-gault.Jacques A Nadeau.Claire Paquet.Micheline Ruelland.[publicitaires).Laurence Theriault [directrice adjointe).Manon Blanchette.Sylvie Laporte, Martine Bérube (secrétaire) IA PRODUCTIÔN Christian Goulet (responsable de la production).Claudine Bédard.Miche! Bernatchez, Philippe Borne.Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers.Donald Fllion.Yanick Martel.Olivier Zuida.PROMOTION ET TIRAGE.Linda Thériault (responsable intérimaire).Hélène Gervais.Mari-Ève Sanlerre.(responsable à la promotion des abonnements).Monique L’Heureux.Lise Lachapelle.Rachelle I-eclerc.L'ADMINISTRATION Nicole Carme! (responsable des services comptables), Celine Furoy.Olivier l-achambre (contrôleur).Ghislaine Lafleur.Claudette Beüveau (secrétaire administrative).Danielle Laperriere.Caroline Perrier.Danielle Ross IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (lice-président exécutif et directeur général). L E IJ E V OIK.LE L I! X I) I 17 DÉCEMBRE 2 0 01 A 8 ARAFAT SUITE DE LA PAGE 1 Alors que le premier ministre israélien considère Yasser Arafat «hors jm>‘ et se déclare prêt a lâcher toute la puissance de Tsahal sur les territoires palestiniens pour débusquer les instigateurs d’attaques terroristes comme il l’a fait samedi à Gaza, le leader palestinien n’a ouvert aucune porte susceptible d’amener une éclaircie, notamment pour lui permettre de reprendre la main.«C’est un discours dans lequel chacun peut entendre ce qu’il a envie d’entendre», notait hier un diplomate occidental à Jérusalem.Arafat s’est prononcé pour un arrêt de toutes les opérations armées, y compris les attentats suicide, exhortant Ariel Sharon à cesser sa «guerre brutale» contre l’Autorité palestinienne.«Nous punirons tous les cerveaux et les exécutants [.] et nous traquerons les contrevenants», a-t-il affirmé ajoutant, en direction des extrémistes du Hamas et du Djihad islamique, qu’il «n’autorisera aucune autre autorité» que la sienne dans les territoires palestiniens.C’est ainsi que les Israéliens risquent de retenir qu’il n’entend pas plier, tandis que les Palestiniens retiendront surtout l’appel au respect d’un cessez-le-feu qu’ils considèrent violé par Sharon depuis longtemps.Les autorités israéliennes ont aussitôt exprimé leur scepticisme.«Les mots ne suffisent pas.Il faut des actes.Arafat doit procéder à des arrestations Pour stopper les terroristes en route pour commettre des attaques», a déclaré Ranaan Gissin, un porte-parole d’Ariel Sharon.«Il devrait cesser de prononcer des discours et faire juste ce qu'il a à faire; alors, il pourrait redevenir un facteur dont on peut tenir compte.» Mercredi soir déjà, Arafat avait condamné l’attaque palestinienne d’un bus de colons qui avait coûté la vie à au moins dix d’entre eux, et déclaré qu'il allait fermer les bureaux du Hamas et du Djihad islamique.Ce disçours ne devrait guère modifier la position des Etats-Unis qui, depuis les récents attentats, se sont alignés sur la décision israélienne de déployer une sorte de «cordon sanitaire» autour du leader palestinien.Le discours d’Arafat contient «des mots constructifs mais ce qui importe, ce sont les actions concrètes qui vont être entreprises», a déclaré hier un porte-parole de la Maison-Blanche.Le retour précipité à Washington de l’ex-général Anthony Zinni, initialement envoyé dans la région pour négocier un cessez-le-feu, illustre bien le désabusement de George Bush.L’émissaire américain considère les positions des deux parties comme inconciliables à court terme et n’accorde plus guère de crédit à Arafat.De fait, le leader palestinien apparaissait ces derniers jours totalement isolé dans ses bureaux de Ramallah, où même les hauts représentants de l’Europe ne se rendaient plus.Seul le Consul général de France à Jérusalem, Denis Pietton, s’est rendu samedi auprès d’Arafat, à la demande du Quai d'Orsay, pour lui signifier que Paris le considérait toujours comme un interlocuteur valable et attendait de lui des annonces et des actes forts.Dans la foulée, les différents diplomates européens en poste à Jérusalem doivent, ce matin, faire le chemin de Ramallah.I>e risque est grand aujourd’hui que la situation dégénère sur le terrain avec des attaques israéliennes massives qui ne peuvent qu’attiser les envies de revanche.Dans une interview publiée hier, le président égyptien Hosni Moubarak met ainsi le gouvernement Sharon en garde: «Les Israéliens imaginent qu’en ébranlant l’Autorité palestinienne, ils seront capables de contrôler la situation.Mais je pense le contraire.Ébranler l’Autorité palestinienne provoquera le chaos en Israël et dans la région.» Le 11 septembre: et vous, lecteurs?Lorsque deux avions ont percuté le World Trade Center, il y a (rois mois, on a dit que rien ne serait plus pareil.Etes-vous de cet avis?Le 11 septembre a-t-il changé quelque chose d’important?L’ampleur de l’acte terroriste a-t-elle modifié votre vision du monde et vos comportements?Bref, en quoi le 11 septembre a-t-il changé la vie, votre vie?Répondez par un court texte (de 100 à 200 mots).Le Devoir publiera les meilleurs le 31 décembre.L’adresse: llseptembre@ledevoir.com.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, T étage, Montréal (Québec), H3A3M9 Ed Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com La publicité Au téléphone (514)985-3399 Par télécopieur (514)985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514)985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (siuis frais) La Devoir est publié du lundi au samedi par le Devoir Inc dont le siège social est situé au 2050.rue IV Bleury.9- etage.Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St Jean, 800, boulevard Industriel.Saint Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc.612.rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans La Devoir.La Devoir est distribue par Messageries I>ynamiques.division du Group»' Québécor Inc., 900.boulevard Saint-Martin Ouest, laval.Envoi de publication — Enregistrement n 0858 Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Quebec.-» LE DEVOIR ?- ACTUALITÉS AL-QAÏDA DÉBAT SUITE DE LA PAGE 1 «Les Pakistanais ont fait des prisonniers de leur côté de la frontière, et nous recevons des informations de ces détenus», a indiqué le général Franks.«La dernière chose qu’ils veulent faire c’est de lui donner l’asile», a estimé Colin Powell, indiquant que les forces américaines sur place pourraient «coopérer avec les Pakistanais en vue de son arrestation».Visite éclair de Rumsfeld la visite-surprise de Rumsfeld en Afghanistan est la première d’un membre important du gouvernement américain dans ce pays depuis plus de 20 ans.Au cours de ce déplacement éclair qui s’est limité à la base aérienne de Bagram, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Kaboul, M.Rumsfeld a rencontré des soldats américains avant de s’entretenir séparément avec le chef désigné du gouvernement intérimaire afghan, Hamid Karzaï, et son ministre de la Défense, Mohamed Qasim Fahim.«Pour la deuxième fois, les États-Unis aident l’Afghanistan à se libérer», a dit M.Karzai, dans une allusion à la campagne militaire qui vient de mettre en déroute les talibans et leurs alliés d’al-Qaïda, et à l’aide apportée par Washington à la résistance afghane pendant l’occupation soviétique (1979-1989).Rumsfeld, dont la visite en territoire afghan a été tenue secrète jusqu’au dernier moment, a reçu un accueil triomphal des soldats américains stationnés à la base aérienne de Bagram, au nord de Kaboul, où l’attendaient le futur ministre afghan de la Défense, Mohammad Fahim, et Karzai’.«Depuis le tout début, nous cherchons à faire comprendre que cette opération n’était pas dirigée contre l’Afghanistan, contre le peuple ou une religion, [mais] contre le terrorisme», a dit Rumsfeld à Karzaï.«Les États-Unis ne convoitent aucun territoire.Nous sommes venus ici dans le seul but de débarrasser le pays des terroristes et d’établir un gouvernement qui ne protège pas le terrorisme.» SUITE DE LA PAGE 1 Cette dernière est convaincue que l’appartenance — obligatoire — à un ordre apportera aux enseignants une reconnaissance de leur profession, qui fait cruellement défaut «A l’heure actuelle, notre profession est réglementée par un peu tout le monde.Nous avons besoin d’un code de déontologie et de normes d’exercice de la profession.Quand un organisme comme le Conseil sur les services essentiels en est rendu à se prononcer pour dire si les devoirs et les leçons font partie de notre tâche, c’est qu’il y a un problème.» En fait, contrairement à la CSQ, plusieurs estiment qu’un ordre revaloriserait l’image des enseignants en ajoutant à la dimension syndicale un sorte d’engagement à l’endroit du public.Pour l’Office des professions cependant, il s'agit avant tout de voir s'il y a concordance entre certains articles du code et le travail de l’enseignant.Par exemple, le public — ou une partie du public — est-il exposé à des risques si l’enseignant n'est pas compétent?Si la repense est non, il ne peut y avoir d'ordre.Au ministère de l'Education, on dit ne pas avoir encore fait son lit.«Nous sommes ouverts, mais c'est d’abord aux enseignants eux-mêmes de décider», se contente de dire la porte-parole du ministre François Ix'gault.En 1997, le Conseil interdisciplinaire demandait au Groupe Léger et Léger de sonder les enseignants sur cette question.Plus de 80 % d’entre eux s’étaient alors exprimés en faveur d’un ordre.Mais à la Centrale des syndicats du Québec, on refuse d’accorder beaucoup de crédit à cette enquête, liant de manière erronée reconnaissance et regroupement professionnel.«On faisait miroiter de fausses solutions», resume Mme Tremblay.Un autre point revient invariablement sur le tapis dans les débats, l’évaluation des enseignants.Pour la présidente du Conseil pédagogique interdisciplinaire — qui rt'groupe 30 associations professionnelles d’en-seignants — la reddition de comptes est incontournable.«mats pas n'importe comment ni par n'importe qui».Cela dit.l’évaluation est à son avis plus nécessaire que jamais avec une réforme des programmes lais- S’adressant aux soldats et aux journalistes, Rumsfeld a dit s’attendre à une poursuite des combats a Tora Bora, tout en niant qu’une «bataille intense» ait lieu actuellement.«Il y a des gens qui tentent de s’échapper [.] Cela signifie-t-il que c’est presque terminé dans la région?J’en doute», a-t-il dit Un peu plus tôt, Rumsfeld avait dit aux journalistes qui l’accompagnent dans sa tournée en Asie centrale que l’armée américaine venait de découvrir du matériel et des documents dans une ancienne base d’al-Qaïda du sud de l’Afghanistan.«Un endroit appelé Tamak Farms s’est révélé intéressant.On l’a fouillé et on y a récupéré beaucoup de matériel, de documentation et des articles qui vont faire l’objet d’analyses chimiques, biologiques et radiologiques», a-t-il dit.La découverte a eu lieu à six kilomètres environ du «Camp Rhino» établi par les marines américains dans le désert Lors d’un incident survenu hier dans la même rG gion, trois marines américains ont été blessés, dont un grièvement, lors d’une opération de déminage de l’aéroport de Kandahar.Rumsfeld a dit par ailleurs envisager une force de paix internationale de 3000 à 5000 hommes pour l’Afghanistan.Il a ajouté que cette force, mandatée par TONU en vertu d’un accord politique signé ce mois-ci en Allemagne, réqnirait des troupes de quatre ou cinq pays et que les Etats-Unis n’y participeraient pas directement.Des B-52 ont de nouveau pilonné des positions d’al-Qaïda durant la nuit et hier matin, alors que débutait la fête de TAïd el Fitr, qui marque la fin du ramadan.Plusieurs chefs militaires afghans ont déclaré que des centaines de membres d’al-Qaïda avaient combattu jusqu’à la mort sous les bombardements dans leurs derniers retranchements.Un responsable américain a dit à Washington que la voix d’Oussama ben Laden a été entendue ces derniers jours, donnant des ordres sur une radio à ondes courtes dans la région de Tora Bora.sant plus d’autonomie à l’enseignant.«La mise sur pied d’un ordre favoriserait le développement d’une culture dans laquelle chaque enseignant est responsable du maintien de ses compétences», souhaite la présidente du CPIQ.Naturellement, qui dit ordre dit inspections professionnelles.la gestion des plaintes, également, suivrait un tout autre chemin, plus structuré et assurerait, idéalement, une plus grande confidentialité aux enseignants accusés à la légère d’incompétence ou de harcèlement sexuel.La création d’un ordre professionnel des enseignants aurait, on le voit, de multiples conséquences.Mais la plupart des groupes attachés au monde de l’éducation sont réceptifs à cette possibilité, à l’exception de la CSQ.Par exemple, en ce qui a trait à l’évaluation des enseignants, Mme Tremblay assure que les enseignants sont plus ouverts qu’auparavant et, qu’inspirés par les récentes recommandations du Conseil supérieur de l’éducation, ils sont ouverts à une forme d’évaluation de leur travail tenant compte de l’établissement de travail, du climat qui y prévaut et de la clientèle.En d’autres termes, on ne peut tout mettre sur le dos des enseignants.Pour sa part, la Fédération des commissions scolaires du Québec n’a encore adopté aucune position, mais elle estime que la CSQ ne porte pas toujours avec un égal bonheur ses deux chapeaux professionnel et syndical.Un porte-parole mentionne par exemple l’insistance du syndicat Tan dernier pour obtenir des comités de suivi de la réforme, comités qui sont aujourd’hui boycottés pour protester contre la lenteur des négociations sur l’équité salariale.Avant de prendre sa décision.l’Office des professions devra tenir compte des articles du code des professions, dont l’article 25 qui stipule que le public — ou une partie du public — serait exposé à des risques si l’acte d’enseigner n’est pas effectue avec compétence.En d’autres termes, le contrôle qu’exerce un ordre professionnel est-il nécessaire?Est-ce que le risque justifie que l’État intervienne pour réglementer la profession, en plus des contrôles déjà en place connue le diplôme?Avec quelque 75 000 membres, un ordre des enseignants serait le plus important au Québec.SUITE DE LA PAGE 1 Pour les trois anciens éditeurs de The Gazette, Joan Fraser (1993-96), Norman Webster (1989-93) et Mark Harrison (1977-89), il sera non seulement difficile aux éditorialistes de chacun des journaux de la chaîne d’exprimer des points de vue différents de ceux du holding et de ses propriétaires, mais, à terme, la marge de manœuvre des éditorialistes locaux est menacée: «Comme ces éditoriaux vont couvrir un nombre croissant de sujets d’intérêt public, le nombre de sujets que les éditoriaux locaux vont pouvoir aborder librement va diminuer considérablement», écrivent-ils dans un texte conjoint Se disant «fermement opposés à la décision de Can-West Global», les trois détenteurs de la tradition éditoriale attaquent les arguments de David Asper, selon qui un média d’information est une entreprise comme les autres.Pour les trois anciens éditeurs, l’imposition de ces éditoriaux uniformes «va avoir pour résultat de réduire la vigueur des débats publics» si Can-West ne prend pas tous les moyens pour assurer l’autonomie complète de ses 14 équipes éditoriales.Les journalistes de The Gazette, les seuls du réseau de CanWest à avoir protesté par une grève des signatures de deux jours, ont accusé plus durement, sinon avec panique, le coup de la note de service de vendredi soir.Cette note de service survient juste après que plus de 60 journalistes de 'The Gazette eurent signé une lettre ouverte pour dénoncer la nouvelle politique éditoriale uniformisée.Quelques-uns ont néanmoins osé transmettre le document aux concurrents.Les deux signataires, Peter Stockland et Ray Brassard, affirment que les journalistes sont d’abord des «employés d’une compagnie» comme les autres et que le Code civil oblige tout employé à «ne pas faire usage de l’information à caractère confidentiel qu’il obtient dans l’exécution de son travail».«Au cours de la dernière semaine, soutiennent les deux patrons, certains journalistes de The Gazette ont violé cette interdiction concertant l’utilisation d’informations confidentielles.Ils ont passé outre à l’interdiction de faire usage d’informations concernant les salariés de cette compagnie; des déclarations ont été faites à d'autres médias, ce qui contrevient à l’obligation légale de fidélité première à son employeur.La jurisprudence prévoit des sanctions comprenant la suspension ou même le congédiement pour ceux qui persistent à négliger leurs obligations envers l’employeur.» La direction englobe dans les actes répréhensibles tout ce qui touche les informations relatives aux décisions de la direction, leur remise en question publique ou le fait d’attribuer aux propriétaires des «arrière-pensées»', ou encore le fait de «porter atteinte délibérément à la santé financière du journal ou à sa réputation».«Il n ’existe pas un droit de travailler pour The Gazette, concluent les deux patrons.Il s’agit d’un privilège avec tout ce que cela implique dont le devoir de prudence, d’assiduité, d’honnêteté et de fidélité à l’employeur.» Du côté de la Montreal Newspaper Guild, John Belcarz précisait hier que les avocats avaient été saisis des derniers événements pour déterminer exactement la marge de manœuvre des journalistes et syndiqués.D’ici à ce que ces avis soient connus, les journaiistes sont invités à se conformer aux règles de la note de service.Les journalistes, on s’en souviendra, ont fermé leur site Internet, décrit comme instrument d’insubordination dans la note de service de vendredi.Mais le syndicat étudie la possibilité d’utiliser son site Internet en lieu et place.Mais les journalistes, s’ils ont rengainé leur site, n’ont pas pour autant avalé leur langue.Les faites se multiplient.Un journal de l’ouest de Tile a raconté que le caricaturiste Aislin avait été censuré.Sa caricature portait sur l’arrivée des encycliques CanWest dont les équipes éditoriales vont devoir faire l’exégèse hebdomadaire pour répandre la bonne parole.Plusieurs racontent que le chroniqueur Don Mac-Pherson a été obligé de remanier une chronique qui portait sur toute l’affaire des éditoriaux uniformes.Une autre journaliste, Peggy Curran, aurait été obligée de modifier un article sur un reportage de la CBC portant sur les pressions subies par les journalistes de la part des Israéliens pour le présenter comme biaisé.Dans un article paru dans Libération samedi, un des grands journalistes d’enquête du Québec, William Marsden, y affirme que les patrons interfèrent dans les articles qui heurtent certaines personnalités politiques: «C’est la PravdaA, à son avis.Dans son discours devant les gens d’affaires d’Oakville, jeudi dernier, David Asper se plaint lui aussi de ce que la presse anglophone, y compris une partie de la sienne, veuille le «censurer»'.«Toutes ces fuites, dit-il, du côté de The Gazette, demeurent anonymes et cela fait partie des vieilles politiques pathétiques de la gauche canadienne.Si tous ces gens à Montréal sont si motivés, pourquoi ne démissionnent-ils pas et n ’ont-ils pas le courage de leurs convictions.» Quant au Toronto Star, il publiait en fin de semaine un commentaire incisif de John Miller, directeur du département de journalisme de TUniversité Ryerson.Miller relève le fait que le premier éditorial «uniforme» de Canwest Global de la semaine dernière réclamait une réduction des infrastructures publiques en santé au profit d’exemptions fiscales pour les fondations privées, qui pourraient alors investir massivement dans les écoles et les hôpitaux.L’éditorialiste avait cependant omis de dire, note Miller, que Can-West Global dirige plusieurs fondations qui tireraient grand profit d’une telle politique, tout comme on peut remettre en question, dit-il, la volonté de cette compagnie d'aligner la couverture journalistique des dossiers en faveur d’Israël.Le Canada anglais, conclut cet auteur réputé, récolté aujourd'hui les fruits empoisonnés de la concentration des médias, qu’il n'a jamais osé contrôler au nom des valeurs sociales, une politique copiée aussi par Québec qui s’en remet à «l’éthique capitaliste» des conglomérats.ERIK DE CASTRO REUTERS Couvert de poussière, un soldat antitalibans tenait un lance-grenades hier dans la région afghane de Tora Bora, où de violents combats se déroulent toujours.ORDRE David Asper se plaint lui aussi de ce que la presse anglophone, y compris une partie de la sienne, veuille le «censurer» av.du PrésKJent-Kênrwdy bout, de Maisonneuve ste»\«iravvl
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