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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2001-11-10, Collections de BAnQ.

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ISLAMISME RADICAL?I n vecteur politique central Page G 4 k 4 jr w w \\ .I (' (I e v o i r WORLD 1 CENTER RADE Il faut un lieu symbolique Page G G Après le 11 septembre 11 y eut le 11 septembre, et l'après 11 septembre.Si, comme certains l'affirment, le monde a changé depuis cette date fatidique, la planète n’a pas pour autant cessé de tourner et ses habitants de vivre et de penser.D'où l'idée de ce cahier spécial destiné à la réflexion que nous vous offrons, deux mois précisément après le drame.L'attaque terroriste contre les tours du World Trade Center, à New York, et contre le Pentagone, à Washington, a entraîné dans la mort des milliers d'individus et lancé l’Amérique et ses alliés, dont le Canada, dans une curieuse de guerre aux conséquences encore insoupçonnées.La peur s’est emparée de la population civile des pays alliés de l’Amérique, une peur sournoise, tantôt physique, souvent psychologique et partout économique, qui affecte autant les individus que les institutions.Au Parlement canadien, les élus ont concocté des amendements aux lois dont la portée est grande, peut-être trop grande au regard de la protection des droits des individus.Au Devoir, nous avons suivi attentivement les événements pour le bénéfice de nos lecteurs à qui nous avons aussi voulu donner la parole, autant que faire se pouvait.Malheureusement, plusieurs lettres sont restées sans suite, faute d’espace.De même, malgré le nombre significatif de pages consacrées à ces événements, nous croyons que tout n'a pas été dit et qu’il reste encore beaucoup à penser.Pour cela, nous avons demandé à six intellectuels, experts ou professeurs, de partager l'espace de ce cahier spécial avec quelques-uns de nos lecteurs dont Les lettres n’avaient pas encore pu être publiées, ce qu'ils ont accepté de faire avec empressement.Jean-Robert Sansfaçon L K S S A M K D I I O K T I) I M A \ ( Il K II N O Y I M li I! I 2 O o | Le coup de semonce GUY ROCHER Departement île sociologie et Centre de recherche en droit public Université de Montréal I -4 PETER MORGAN REUTERS ne faut |ias s'y tromper: se rallier à la condamnation des actions terroristes n'implique aucunement une acceptation de la modernité «à l’américaine» Les «événements» du 11 septembre 2001 et leurs suites ont de nouveau posé l’éternel problème moral de l’usage légitime de la violence et du recours à la guerre.Nous condamnons le terrorisme parce qu'il est une tonne larvée de guerre et qu'il fait usage de méthodes considérées comme criminelles.Mais la guerre que mène le plus puissant pays du monde contre l’un des plus pauvres, jetant des milliers d'hommes, femmes et enfants hors de leurs foyers et dans la misère, est-elle plus moralement acceptable?Comme forme de guerre, le terrorisme est presque unanimement condamné et déclaré usage illégitime de la violence.D’où vient cette unanimité que le terrorisme soit maintenant l’ennemi numéro 1?Sans doute parce que c’est un ennemi sans visage, sans identité, sans terrain de bataille, fait d’embuscades sans frontières.Par certains côtés, il rappelle la guérilla qui, il y a quelques années au Vietnam, avait déstabilisé les stratégies militaires traditionnelles.Mais comparé à la guérilla, le terrorisme est doté d’une nouvelle force: son omniprésence.Il peut se retrouver au sein même de la société ennemie, de la police et même de l’armée ennemie.11 n'est pas porté par une armée: il existe sous la forme de réseaux secrets qui peuvent avoir des maillons sur toute la planète.C’est ce qui lui a valu son nom: le terrorisme crée la terreur, il détient l’arme de la terreur qu’il engendre.Et à cette arme de la terreur s’en ajoute une autre: aller vers «l’inimaginable».Avant qu’on en soit témoin, l’attaque aérienne destructrice du World Trade Center et du Pentagone était «inimaginable»: ce jour-là, la réalité a rejoint et dépassé la fiction, elle a tenu du cinéma, nous l’avons assez dit.Seuls ceux qui ont pensé, préparé et exécuté ees actions les ont crues et voulues «imaginables».On peut aussi aller au-delà des actions du 11 septembre.Peut-être saurons-nous un jour si les concepteurs de ces agressions avaient aussi prévu l’autre «inimaginable»; l’immense onde de choc Ce jour-là, la réalité a rejoint et dépassé la fiction economique, politique, militaire et surtout psychologique qui allait s’ensuivre.Pour l'heure, le terrorisme a semé la terreur et engendré une vague de panique, surtout aux Etats-Unis.Mais, de leur côté, la seule menace d'une guerre aérienne et les frappes de l’aviation la plus puissante du monde sont, elles, la cause directe des souffrances silencieuses d’une population civile qui n’a rien à voir avec le terrorisme qu’on dit combattre.Comment alors justilier et légitimer moralement «notre» usage de la violence, «notre» guerre, et condamner l'autre?Nous ne sommes pas sortis de cette lancinante contradiction.C’est au nom des idéaux de la modernité occidentale qu’on semble s'efforcer de résoudre ce dilemme et de justifier «notre» guerre.On invoque nos droits de la personne, notre démocratie, notre culture.Mais cette justification ne sert qu’à cacher un problème fondamental, celui des rapports qu’entretiennent avec la modernité ceux qui en sont les «bénéficiaires» et ceux qui en sont exclus.Si la modernité puise historiquement ses origines dans la pensée de l’Occident,européen, ce sont les Etats-Unis qui en sont aujourd’hui le prototype, l’idéal-type.Surtout aux yeux de ceux qui sont exclus de cette modernité.Or, cette identification de la modernité à la «civilisation américaine» et à la superpuissance des Etats-Unis est une source de profondes ambiguïtés et dïnfinis malentendus.Il est en effet trop souvent évident que si cette modernité «à l’américaine» fait l’envie de ceux qui n’en sont pas, ce qui attire et ce qu’on reproduit ou veut reproduire d’elle, c'est son côté consumériste des biens de toute sorte bien plus que sa philosophie des droits de l’homme et sa démocratie.Ce n’est pas la modernité dans son ensemble qui est devenue exemplaire, c’est sa richesse, son confort et tout ce qu’elle comporte d’ostentatoire.Dans le tiers-monde, et plus encore dans le monde musulman et le monde arabe, cette modernité «à l'américaine» devient une pomme de discorde.Recherchée et imitée par beaucoup, elle est honnie et condamnée par d’autres — et pas seulement par des intégristes — au nom de valeurs qui sont considérées comme étrangères et supérieures à cette modernité: idéaux religieux inspirés de révélations; valeurs sociologiques de respect des hiérarchies VOIR PAGE G 8: SEMONCE Nous témoignons des puissants liens d'amitié et de solidarité qui unissent le Québec aux États-Unis.www.mn.qouv.qc.ca www.QuebecUsa.org Relations internationales Québec " El El (i 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMA X (HE 11 X 0 V E M B R E 2 0 0 1 APRES LE II SEPTEMBRE Opposition au projet de loi C-36 Le prix de la liberté Une démocratie qui décourage la contestation cesse graduellement d’être démocratique JULIUS H.GREY Avocat spécialisé en matière de défense des droits de la personne Coincé dans une situation difficile, le gouvernement du Canada n’a certainement pas l’intention de porter atteinte à la qualité de la démocratie au Canada par son projet de loi sur le terrorisme.Pourtant, le projet, tel que rédigé, constitue, en fait, une menace si grave qu’aucune considération politique ne peut nous permettre d’y acquiescer.Rappelons que les libertés publiques sont toujours fragiles, difficiles à instituer et faciles à détruire.Elles dépendent non seulement des textes de loi, mais du climat qui règne autour de ces lois.L’unanimité, la conviction profonde et irrésistible de la majorité que notre système est bon ainsi que les règles de rectitude politique sont des ennemis aussi redoutables de la liberté que les textes oppressifs des lois.Cependant, la liberté est surtout menacée quand ces facteurs fonctionnent ensemble.L'adoption du projet C-36 aura précisément un tel effet.Les actes terroristes, l’espionnage, le complot illicite sont déjà prohibés par nos lois et à juste titre.Le nouveau projet a donc pour but non pas de prohiber ces actes précis, mais d’élargir le champ de ce qui est potentielle- Cette nouvelle culture d’espionnage va affecter la façon d’agir de tous.Nous deviendrons prudents, craintifs et surtout, très conformistes ment illégal de façon vague et flexible afin de laisser la main libre aux forces de l’ordre pour mener leur enquête et réprimer les comportements jugés fautifs.1 x*s forces de l’ordre, faut-il le rappeler, ont toujours leur propre agenda.Promues et récompensées pour leurs succès et non pas pour leurs échecs, elles ont intérêt à utiliser les nouveaux pouvoirs dans toutes leurs enquêtes et non seulement dans celles qui visent le terrorisme.Même si la première utilisation, cette année, sera inévitablement une enquête sur le terrorisme, il serait naïf de penser que les nouveaux pouvoirs ne seront pas invoqués dans d’autres domaines du travail policier.Il est tout à fait naturel, pour la police, de se servir de tous les outils disponibles dans l’exécution de ses tâches.Par ailleurs, la nouvelle définition large et ambiguë de l’acte terroriste, qui peut facilement englober la désobéissance civile, les conflits de travail illégaux et les manifestations houleuses, ne fait rien pour calmer les craintes d'abus.Pour une partie importante de notre société, la différence entre subversion, radicalisme politique et les gestes de désobéissance civile et de résistance a toujours été assez théorique.Il suffit de sortir les journaux américains des années 1950 et 1960 pour constater que la désobéissance civile dans le but de combattre la ségrégation ou la guerre du Vietnam a, dès le dé- LES TALIBANS vus de l'intérieur OLIVIER WEBER | VOYAGE AU PAYS DES TALIBANS ROM RT UNFOKT «Un documentaire d'une rare qualité.En lisant Olivier Weber, j'ai déchiffré l'Afghanistan d'aujourd'hui.» Dominique Lapierre ROBERT LAFFONT www.laiiont.fr but, été confondue avec le communisme et a souvent été présentée comme une tentation de défaire le système démocratique.Cette nouvelle définition de terrorisme, qui inclut l’atteinte aux intérêts économiques des parties de la société, ne manquera pas de consacrer le nouveau capitalisme comme seule idéologie politique acceptable et de décourager toute contestation publique de ce système.Une nouvelle orthodoxie s’installera dans notre société.Le problème sera exacerbé par la tendance actuelle de notre société à comptabiliser tout ce qu’un individu fait et à ne jamais effacer les gestes dérogatoires si peu sérieux.En conjuguant toutes ensemble les dispositions de la nouvelle loi avec la décision récente dans le cas du juge Therrien et avec la débâcle de Jean-Louis Roux comme lieutenant-gouverneur, toute personne responsable devra conseiller à un étudiant ambitieux, qui tient à sa carrière, de ne pas manifester et de ne pas ébranler l’ordre établi.Pourtant, si les étudiants abandonnent la contestation, qui a toujours été leur domaine, qui, alors, va exprimer des doutes à leur place?La répression politique n’est pas le seul moyen de contrôle et elle est loin d’être le moyen le plus efficace.Dans notre société, le conformisme grandissant constitue une plus grande menace.La nouvelle loi aidera à répandre le conformisme dans les couches modérées de la société et facilitera du même coup la répression de quelques éléments plus extrémistes qui refuseront de se ranger.En d’autres termes, les nouveaux pouvoirs de la police vont marginaliser les mouvements antiglobalisation et les autres tendances qui contestent le statu quo.Une démocratie qui décourage la contestation, quelle soit raisonnable ou déraisonnable, cesse graduellement d’être démocratique et cette évolution n’est pas exclue chez nous.Si la définition du terrorisme pourra bâillonner la contestation politique du nouvel ordre global, les pouvoirs d’enquête, d’écoute électronique et de filature mettront en péril un autre droit fondamental, celui à la vie privée.Ce danger date d’avant le 11 septembre.Depuis quelques années, les citoyens commencent à se rendre compte du fait que tout ce qu’ils font peut être reconstruit par la suite par les dif- ILLUSTRATION CHRISTIAN TIFFET Les gestes terroristes sont déjà punissables de façon très sévère ici et aucune preuve n’existe de l’inefficacité de la loi au Canada.férents instruments technologiques qui en gardent les traces.Il n’y a plus de moyens fiables pour garder un secret.Tant la vie amoureuse que la santé et les activités illicites de citoyens s’ouvrent aux regards des curieux.Certes, les éléments puissants dans notre société pourront peut-être se défendre en créant une nouvelle technologie défensive.Par contre, l’homme moyen se trouvera sans défense face à «Big Brother».Normalement, nous aurions songé à de nouvelles lois pour protéger nos secrets.Or, la crise anti-terroriste nous pousse dans le sens directement opposé à nos intérêts.La société applaudit pendant que l’on ouvre la porte à une surveillance accrue.Cette nouvelle culture d’espionnage va probablement affecter le comportement de tous.Nous deviendrons prudents, craintifs et surtout, très conformistes.C’est un prix beaucoup trop lourd à payer pour les quelques avantages de cette loi.Quelle solution de rechange peut-on proposer au projet C-36?Evidemment, il n’est pas facile de calmer les inquiétudes face aux crimes horripilants et irrationnels du 11 septembre.Soulignons, cependant, que les Les libertés publiques sont toujours fragiles, difficiles à instituer et faciles à détruire Bayard Bayard Florent Blanc Ben Laden et l’Amérique L’ouvraÿe de référence le plus attendu sur le sujet.Comment un milliardaire saoudien devient l'ennemi public numéro un de la plus grande puissance mondiale! Ce livre est le résultat d'un long travail de recherche sur ce personnage intriguant ainsi que sur les causes qui ont conduit aux événements du 11 septembre dernier.gestes terroristes sont déjà punissables de façon très sévère et qu’aucune preuve n’existe de l’inefficacité de la loi au Canada.Par ailleurs, plusieurs améliorations possibles ne mettraient pas les libertés en péril.Ce qui dérange dans le projet C-36, c’est son imprécision et sa portée illimitée.Par contre, une sécurité accrue peut se justifier dans un cadre limité de temps et surtout d’espace.Il est parfaitement loisible d’augmenter la sécurité dans les endroits particulièrement à risque tels que les aéroports, les ports maritimes, les gares, les édifices gouvernementaux et les centres de recherche.Rien n’empêche, non plus, des vérifications de sécurité plus intenses avant l’octroi du statut d’immigrant.Par ailleurs, une législation contre les abris fiscaux internationaux s’imposait avant le 11 septembre pour des raisons d’équité et pour obliger les plus fortunés à payer la majeure partie des coûts sociaux dont ils s’esquivaient assez souvent.La crise terroriste nous fournit maintenant une raison additionnelle d’abolir les abris.Cette abolition semblerait enfin apte à gagner l’appui de la droite, qui jusqu’ici était réfractaire quant à la nécessité de réglementer les mouvements de capital.Dans tous ces cas, il s’agirait de lois précises qui ne pourraient pas se prêter à des conséquences inattendues et qui ne touchent pas les libertés fondamentales.Certes, les libertés publiques nous imposent un prix au niveau de l’efficacité policière.Il serait plus facile de contrôler la criminalité si tout était enregistré, filmé et surveillé et si les enquêteurs étaient moins brimés dans la poursuite des coupables.Si nous avons opté pour un système qui permet à plusieurs coupables d’esquiver la justice, c’est précisément pour éviter l’État policier.La crise terroriste ne devrait pas modifier ce choix de principe.Nous devons garder notre méfiance envers toute législation qui nous propose de sauver la démocratie en la rendant moins démocratique.C O U K K E R Qu 'a été le 11 septembre 2001 pour moi?D’abord mes réactions premières quand on a attaqué les deux tours en a été une d’irréalité.Puis, j’ai vite constaté que la réalité dépasse la fiction.Bien sûr, j’ai été horrifiée.Ce que j’en pense maintenant, après mûre réflexion ?Je ne sui$ pas surprise de ces attaques.Les Etats-Unis avaient eu des avertissements.Dans les médias, bien avant le 11 septembre, on avait annoncé que Ben Laden s’arme contre les puissances américaines et israéliennes.Ensuite, quand on sait qu’environ 400 000 enfants meurent de faim chaque année dans le monde et que les États-Unis n’auraient qu’à lever le petit doigt pour que les situations s’arrangent, on réfléchit.Aux Philippines, 1 000 000 d’enfants sont morts.Qui s’en est préoccupé ?, La catastrophe est arrivée aux États-Unis.C'est effroyable! On a attaqué la sacro-sainte Amérique.Ce n ’est pas n ’importe quoi! Mais a-t-on pensé à ce que vit l’autre partie de la planète ?Les terroristes, quand ils en sont arrivés là, ne possédant rien, n 'ont plus rien à perdre.Nous avons nous aussi, Canadiennes et Canadiens, notre part de responsabilité dans tout ça.Que pouvons-nous faire?D’abord et avant tout, faire savoir aux grands du monde occidental notre désaccord vis-à-vis la revanche.Une Troisième Guerre mondiale pourrait être la fin de la vie.Quoi faire encore ?S'informer des événements, essayer de comprendre la culture des musulmans, signer et faire signer des pétitions, s’inquiéter de la position de nos futurs chejs lors des élections fédérales et provinciales, et finalement, prier.Prier pour que M.Bush et les chefs des grandes puissances occidentales remettent en question les décisions déjà prises.Qu'ils s’éveillent aux conséquences dramatiques qui s’en suivent.Qu’ils aient un brin d’humilité qui les amène à chercher les véritables causes des attaques du 11 septembre.et de l'anthrax qui circule en Amérique du Nord.Marie-Danièle Roberge Comité citoyenneté du CAPMO Québec, octobre 2001 ¦ ¦ s.o.s.réfugiés afg ans Campagne appuyée par : Ftdemi iiMt ,/ APRES LE II SEPTEMBRE Penser après le 11 septembre Faut-il pleurer Goliath ébranlé ?Même si on rechignait à pleurer le géant américain, on serait obligé, pour l’heure, de s’y résigner afin de ne pas se tirer dans le pied LOUIS CORNELL IKK Professeur de littérature et chroniqueur au Devoir Si tous, dès le 11 septembre, se sont entendus pour déplorer les victimes des attentats qui ont frappé l’Amérique au coeur, force est de constater, toute fois, que le consensus des larmes aura été de courte durée.Au recueillement devant l'horreur.en effet, a rapidement succédé la foire aux opinions qui accompagne tout événement majeur en terre occidentale.La démocratie, ont décrété les uns, fort nombreux et relayés par les médias officiels, venait d'être attaquée.Désormais revenus de nos illusions sécuritaires d'intouchables, nous allions devoir, nous les démocrates occidentaux, faire front commun contre la barbarie dans ce nouveau combat pour la liberté.Dans ce contexte, malheur aux tièdes; ils seraient tenus, dorénavant, pour des ennemis des justes.Hypocrisie que cette idéologie belliqueuse qui se cache derrière ses sanglots sélectifs, ont rétorqué les autres, peut-être moins nombreux que les premiers, mais bardés d’une conscience de gauche qui en impose en signalant leur pureté de cœur et leur refus de la naïveté propagandiste.Dommage pour les victimes américaines, ont-ils argumenté, mais leur mort est-elle autre chose que la rançon de l’arrogance de leur pays surpuissant?Qui sème le vent ne récolte-t-il pas la tempête?Non, ceux-là qui connaissent la culpabilité américaine n'allaient pas se laisser enrôler par des faucons déguisés en colombes.Se peut-il que ces deux camps aient un peu raison et tort à la fois?Que, sans renvoyer tout le monde dos à dos et conclure qu’il y a du bon et du mauvais de part et d'autre, il faille dépasser cette fausse alternative et accepter de penser sur un fil de fer?La complexité du monde, qui ne justifiera jamais les atermoiements de velléitaires, n’oblige-t-elle pas au moins ceux qui font profession de penser à réfuter le simplisme argumentatif des idéologues qui ont toujours déjà fait leur lit ?Des premiers, alors, des tenants de la thèse selon laquelle il faut se rallier sans réserve à l'Oncle Sam assiégé, il faudrait donc dire qu'ils ont la mémoire courte et l’adhésion aveugle.Plutôt démocrate chez lui, mais cynique et tristement pragmatique partout ailleurs, leur héros ne mérite certainement pas qu’on lui donne carte blanche dans un élan de compassion.Sa récente expérience de victime ne lui donne pas tous les droits et, demain comme hier, ses faits et gestes devront être soumis à la plus implacable des critiques.Ce n’est pas s’adonner à l’antiaméricanisme primaire que de rappeler ce puissant à ses devoirs humanitaires.Les seconds, ceux qui clament la culpabilité de l’opulente Amérique, auraient-ils donc, dans ces conditions, raison?Une telle conclusion est tentante, mais dangereuse.Car, en effet, que signifierait justifier l’horreur du 11 septembre par la thèse d’une dette américaine sinon donner raison à des criminels drapés dans le manteau du combattant?L’oubli des vrais victimes de l’impérialisme, que dénoncent avec raison ces antiaméricanistes.n'est-il pas redouble par la folie intégriste qui instrumentalise les damnes de la terre pour couvrir ses crimes?Que David ébranle Goliath, voilà qui peut nous réjouir et l’expérience du Metnam, à cet egard, conserve valeur d’exemple.Mais qu'un autre Goliath, frustre et plein de ressentiment, vienne assassiner les enfants du premier de ce nom [xutr imposer son fanatisme qui fait honte au genre humain.voilà qui devrait plutôt nous inciter à la resistance.Le 11 septembre n'a pas marque la revanche des victimes sur leur bourreau, mais le baroud de déshonneur d’une armée de l’ombre prête au suicide et au carnage afin d'imposer au monde ses fantasmes de pouvoir absolu.C’est pourquoi même si on rechignait à pleurer le Goliath américain ébranlé, on serait oblige, pour l’heure, de s’y résigner afin de ne pas se tirer dans le pied.Parce que c'est aussi le meilleur en lui.plus que le pire peut-être, qui a été visé et qui mérite d’être défendu.Parce que donner raison aux terroristes n’aidera en rien les affamés et les humiliés (voir, à ce sujet, l'article de Frédéric Encel intitulé «Ben Laden se fiche des Palestiniens» dans Libération, 19 octobre 2001).Quand on l'attaque, le monde libre a le devoir de se défendre adéquatement, dans le respect du droit international.Cela, toutefois, ne lui donne pas le droit, ici comme ailleurs, d’instrumentaliser ou de trahir les idéaux et les promesses qui le rendent désirable pour tout être humain.A nous d'y voir.Être veilleur de démocratie tous azimuts, voilà, pour un intellectuel, aujourd’hui comme demain, le lieu du courage et de la justice.I oui scor ne llier(a par roinfo.net Dans ce contexte, malheur aux tièdes; ils seraient tenus, dorénavant, pour des ennemis des justes ^ 'ïr*.Kl I ! 1 Ks Le 11 septembre n’a pas marqué la revanche des victimes sur leur bourreau, mais le baroud de déshonneur d’une armée prête au suicide afin d’imposer ses fantasmes de pouvoir.C' O U K K 1 K K Voulez-vous détruire la planète?Si c'est le cas.faut nous le dire!!! \i>us, citoyens et contribuables; nous qui finançons vos armes et qui.far le biais de la société que vous avez conçue, entretenons aussi votre ideologic: nous vous demandons d'arrêter.Ii'«.s' êtes sur le point de tout anéantir: D'un bout êi l'autre de la planète, comme un volcan, la terre éclaté.D'un bout à l'autre de la planète.des entants meurent et des familles se déchirent.D'un bout à l'autre de la planète, l'économie et les ressources se tarissent.Nous mourons à petites doses: 5000 morts ici.500 ailleurs, etc.Notre avenir se meurt.Qu’arrive-il à nos enfants?Nous les éduquons à prendre des armes èi la place des mots.Dans nos classes, nous les «endoctrinons" à nos valeurs patriotiques, à l'Ouest comme a l'Kst.au Nord comme au Sud.Dans une classe aux Etats-Unis ou dans un camp au Moyen-Orient, le résultat est le même: nos enfants perdent leurs rêves et nous, notre relève.Iài nuit, les oursons de peluche qui.par le passé, se transformaient en monstres sous les lits sont devenus des soldats armés, ratissant des miles et anéantissant des populations entières, hi paix n'est plus.Les rêves sont des cauchemars.Dans nos chaumières et ailleurs.(Jue devons-nous faire pour que vous, dirigeants et politiciens, vous qui croyez être les maîtres du momie, qu'importe le camp que vrnis occupez, arrêtiez ce suicide collectif ?Nous ne roulons pas mourir: pas plus sur un champ de bataille que dans une tour.Chantal Perriet Dmgueuil, 26 octobre 2001 ••*«•••*••**•****•••*»* ,* «m* •»•*«#*•*#•#*«?••• •« §4 ***•**•*•*•»*«•*«*•**#•## t#####*#?*••»*•**»•••#•**«# .#•***••*••#••****••••• .•«•••••••«t *«*#«É*****««**M»***«»»«#**t#M***# »»*§*•**• **» f-rf.» * 8î » -» » iâi4èe* €*7* ni"*’- «î *
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