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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2001-10-06, Collections de BAnQ.

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LE I> E V 0 1 K .LES SAMEDI ti ET DIMANCHE 7 OCTOBRE 2 O O I CINÉMA Comédie sans gras Page C 6 ¦- -A- s \J CHRONIQUE Le vertige du nombre Page C 9 « LE DEVOIR * l'L'U iîl TÉLÉVISION Miroir fidèle Une nouvelle série survole en 10 heures Vhistoire du téléroman et ses liens avec la société québécoise PAUL CAUCHON LE DEVOIR Les images se bousculent Maman Plouffe, Janine Jarry dans Rue des Pignons, la tribu de Quelle famille, Pierre Lambert et le National, le duo tragique de .Xavier et Myriam dans L’Héritage, Jean-Paul Belleau le courailleux, les délires de La Petite Vie.Ce sont tous des personnages de fictions télévisuelles qui ont marqué l’imaginaire des Québécois.«Les téléromans au Québec ce sont de grands rassemblements nationaux, plus que le cinéma et la littérature», lance l'anthropologue Jean-Pierre Desaubiers.Le projet lancé par le maire de Chicago d’mviter la population à lire le même livre en même temps le fait rigoler.«On n’a pas besoin de ça ici, tout le monde regarde les mêmes téléromans!» A compter de ce soir, Canal D entreprend la diffusion d’une série documentaire, Téléromans PQ, des producteurs Jacques Lina et Louise Collette, écrite par Marie-Josée Cardinal, qui survole en 10 heures l’histoire du téléroman québécois et ses liens avec la société québécoise.Chaque émission est organisée autour d’une thématique: la famille, les femmes, le pouvoir spirituel, les grandes confrontations, la place des jeunes et amsi de suite.Jean-Pierre Desaulniers est un des rares universitaires québécois à avoir étudié en profondeur le téléroman.Présentateur de la série, il intervient dans chaque épisode pour offrir ses analyses sur l’évolution du téléroman.Plusieurs comédiens livrent également de nombreux détails sur les tournages et sur les personnages qu’ils ont créés.Une série vraiment pour tout le monde donc, avec un discours plus réfléchi mais aussi de belles images d’archives et des anecdotes savoureuses.Au Québec, le téléroman a connu un succès immédiat avec Les Plouffe dès novembre 1953.succès qui ne s’est jamais démenti.Des auditoires de un million et demi à deux millions de téléspectateurs passionnés ne sont pas rares.Ce qui, pour une VOIR PAGE C 2: MIROIR WË SOUR( K SONY MUSIC r e p Neuf ans après l'oppressant The Future, après cinq ans à méditer et cuisiner au sommet d’une montagne, finalement débarrassé de l’angoisse qui le tenaillait depuis toujours, c’est un homme en paix qui s’apprêtait à présenter lui-même au monde un nouveau disque tout simplement intitulé Ten New Songs.C'était avant la guerre.Mardi, le disque sera en magasin.Tout seul.SYLVAIN CORMIER Ctg était en août.La bonne / nouvelle poussait un vent de fraîcheur bienfaitrice sur le bitume liquéfié de la Main caniculaire.Leonard Cohen était en ville.Chez lui, à Montréal.Devant son pelit parc.Habitant de nouveau la bâtisse de vieilles briques grises du pâté de maisons qui lui appartient au cœur du quartier portugais, où il a pour voisin et locataire notre Pag national.Déambulant sur le boulevard, assis dans un coin du «diner» en biais de chez lui, là où il y a tant de photos de lui derrière le comptoir, des témoins juraient l’avoir aperçu.C’était donc vrai.Ix'ornard Cohen était revenu.Redescendu, plutôt.Avec la connotation religieuse d'un dimanche de Pâques dans le mot.Dalai Cohen ressorti de son monastère bouddhique au sommet du mont Baldy, sur les hauteurs de Dis Angeles, où il avait préparé cinq ans durant les repas de son maître et mentor Rashi.Entre ce passage en ville et son départ du centre Zen au printemps 1999, plus de deux années s'étaient écoulées; deux années pendant lesquelles Cohen a tranquillement enregistré un nouvel album dans le petit studio installé dans le garage de sa maison à b)s Angeles.Disque achevé, il avait entamé cet été la ronde de lait des entrevues, en commençant par les magazines, le délai de publication des numéros devant coïncider avec la sortie du disque, le 9 octobre.Dès juin, Bernard Dioir de France-Inter a obtenu un exclusif brin de causette.En juillet, Sony Espagne a organisé un bref «meet and greet» (petit bonjour et séance de pose).Ici, Cohen a reçu quelques envoyés de magazines canadiens, dont Mireille Silcott du Saturday Night (l’entrevue a paru le 15 septembre dans l'ultime livraison insérée dans le National Post).Deuxième round du match médiatique, Cohen devait revenir à Montréal ces jours-ci, histoire de causer aux quotidiens, télés et radios.Seulement voilà, c’était après l’échantillon d’apocalypse du 11 septembre.Et Cohen, depuis, ne répond plus.VOIR PAGE C 4: COHEN a r t i ) théâtre du rideau vert MISE EN SCÈNE Éric Jean AVEC Marc Beaupré Hugues Fortin Marie-France Lambert Frédérick de Grandpré Isabelle Roy ASSISTANCE A LA MISE EN SCÈNE Manon Bouchard CONCEPTEURS Jean Bard Marie-Pierre Fleury Étienne Boucher Martin L’Heureux Magalie Amyot DU 2 AU 27 [OCTOBRE 2001 Une si belle chose (Beautiful Thing) de JONATHAN HARVEY Traduction Maryse Warda SPEXEL Affichage Astral Media Réservations : (514) 844-1793 • www.rideauvert.qc.ca « Abonnements : (514) 845-0267 I.E I) E V O I R .L E S S A M E \) I «; E T I) I M A \ (HE 7 0 ( T ü B R E 2 00 1 C 2 "(’till ii re* MIROIR SUITE DE LA PAGE C I population de six millions de francophones, ne cesse d’étonner les observateurs étrangers.«Ijs téléroman a incarné les désirs et les fantasmes de toute la société, explique Jean-tferre Desaulniers au Devoir.Et les auteurs de téléromans ont smivent réptmdu a une sensibilité sociale avant de répimdre à un pur désir persrmnel d'expression artistùiue.les auteurs sont très conscients de l'usage populaire qu'm peut faire du téléroman».Marquer les étapes Tout au long de la série, on réalise d’ailleurs que le téléroman a été le miroir fîdele des espoirs et des craintes du Québec et qu’il a souvent accompagné sinon stimulé des changements.Par contre, à certaines périodes, le téléroman a été un peu en retrait des préoccupations de la société.Ce qui en fait un objet d’analyse fort riche.Dans la série, Jean-Pierre Desaulniers trace souvent des parallèles audacieux entre l’œuvre télévisuelle et l’état de la société.Il établit par exemple un parallèle entre le Séraphin des années 50 et Duplessis, «une sorte de démonstration que le pouvoir et le mal vont ensemble» dit-il.A la fin des années 50, Is.Survenant, ce personnage sans pays et sans identité, «montre la possibilité de penser par soi-même, montre un certain chemin de liberté» alors que la Révolution tranquille en est aux balbutiements.Filles d’Eve propose des images de femmes qui ont une carrière, ce qui a contribué à revaloriser l’autonomie des femmes.Quelle famille prend acte de tous les changements du tournant des années 70 et «Janette Bertrand remplace l’image traditionnelle de la famil-le/qutorité parcelle de la famille/affedim» ajoute-t-il.A l’inverse, au début des années 80, le téléroman marque le pas, se réfugie dans le passé avec Le ARCHIVES LE DEVOIR Denise Pelletier et Jean Duceppe dans La Famille Plouffe.Temps d’une paix et Entre chien et loup.Puis Lance et compte «brise la tabou de l’argent» et se met au diapason du nouveau Québec économique des gagnants.L’Héritage, pour sa part, «est la pire condamnation de l’autorité du père de l’histoire télévisuelle» de dire Desaulniers, ce qui ouvre la porte aux nouvelles familles des années 90.Le téléroman permet aussi de marquer des étapes.-Ainsi, les personnages de Donalda et d’Emilie Borde-leau ont le même âge et vivent a la même époque dans le même milieu social.Mais «34 ans de questionnements les séparent» dit-il.En trente ans de télévision, la femme canadienne-française soumise du début du siècle était devenue une femme déterminée qui voulait vivre ses passions! On s’est souvent demandé si le téléroman était un genre télévisuel unique au Québec.Car après tout, les sitcoms existent aux Etats-Unis depuis le début de la télévision et le Brésil a développé des soaps qui, techniquement, ressemblent aux téléromans québécois.«Le téléroman ne surgit pas de nulle part: il prenait d’abord racine dans le radioroman et dans le feuilleton, explique Jean-Pierre Desaulniers.La notion de découpage pour marquer le rythme était connue dès le XIX' siècle avec les feuilletons dans les journaux».«Mais ce qui le distingue vraiment de la produdion des autres pays, c’est d’abord le fait que tout le système de référence, la géographie, la langue, sont essentiellement québécois.C’est d’ailleurs pour ça qu’il est si difficile de l’exporter II se distingue également parce qu’il s’agit d’une dramaturgie en continuité: les téléromans s’enchaînent, se font suite, se répondent pour tracer un véritable portrait du Québec».Œuvres mineures?Les plus grands écrivains du Québec en ont écrit, que ce soit Roger Lemelin, Françoise [.oranger, Marcel Dubé, Claude Jasmin hier, Victor-Lévy Beaulieu aujourd’hui, Michel Tremblay demain.Des personnalités qui avaient déjà une carrière riche y ont trouvé leur plus grand public, comme lise Payette.Des inconnus y sont sont devenus des poids lourds de la création au Québec, comme Fabienne La-rouche ou le couple Anne Boyer/Michel D’Astous.Et même si l’audience des fictions télévisuelles a tendance à être moins élevée maintenant à cause de la multiplication des chaînes, Jean-Pierre Desaulniers y voit toujours des œuvres qui traduisent l’état de la société.«Deux Frères, dit-il, c’est une œuvre sur les excès de liberté alors que deux enfants laissés à eux-mêmes, les parents étant absents ou débordés, sont à la recherche d’une réconciliatum.Le nouveau téléroman FVed-dy reconstitue une famille à la recherche d’une solidarité.Je suis convaincu que cette recherche de solidarité sociale se retrouvera dans plusieurs œuvres futures.surtout depuis le 11 septembre».Téléromans PQ, tous les samedis à 20h à Canal D, début ce soir.mJXy wmm m, Céline Bomiiei’ * Annie Bcrthiaumc Louise de Beaumont Gaétan Nadeau Line Nault Guy Trifiro François Tmdel 10 REPRÉSENTATIONS EXCEPTIONNELLES! Hamlet deHeiner Müller Brigitte Haentjens COMPLET i es 17 e* octobreJ ET LES COLLABORATEURS Angelo Barsetti Etienne Boucher Julie Charland Guillaume Cyr Aniek La Bissonnière Stéphane Lépine Robert Normandeau Du 9 au 20 octobre 2001 - 21 h Union Française - 429, av.Viger Est billetterie Articulée 514.844.2172 X 514-790-1245 \ M-800-361-459S ADMISSION COM / USINE O présente i^I^SEULEMmr Jimmy, créature de reve de Marie Brassard / Une création de Marie Brassard en coproduction avec le Festival de théâtre des Amériques Ce premier enMemern solo [.) une oemre aerienne, sensible et drôle." ’ - AO theatre, les miracles se prodolseot partois loin Pes grands plateaux.Il en est ainsi de Jimmy, créature de reve.Herve Guay Le Devon .10 au 20 octobre UsineC 521-4493 Admission 790-1245 Gu L inconscient pop MARGE SOURCE EDEN 106 Trois des membres du quatuor Eden 106: Jean-Philippe Savard, Emmanuelle Orange-Parent et Guy Pelletier.BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Lors de la conférence de presse de l’événement Espaces Emergents, en cette journée trouble du 11 septembre dernier, une musique sombre, aux lignes vocales oscillantes, parfois dissonantes, envoûtantes, m’est venue à l'oreille.Il n’en fallait pas plus pour nourrir mon enthousiasme; une des plages de la trame sonore de cette conférence de presse m’avait arrêté.Cette musique est celle d’Eden 106, qui joue ce soir et demain à La Caserne dans le cadre d’Espaces Emergents, cette vitrine de quatre jours sur la culture marginale, dans Hochelaga-Maisonneuve.Eden 106, vous les avez peut-être déjà croisés sous le nom de Quartier des papillons souterrains, lors de l’édition 1998-99 du concours Les Francouvertes.On retrouve d’autres musiques de ce groupe sur les trames sonores des films Maelstrom, de Denis Villeneuve, et Un crabe dans la tête, d’André Turpin, qui sortira en novembre dans les salles apres avoir fait l’ouverture du FCMM jeudi.Des séquences de L’Ange de goudron de Denis Chouinard sont aussi portées par des musiques d’Eden 106.Le groupe est formé de Guy Pelletier, qui fraie dans le monde de la musique québécoise depuis plus de 20 ans, de la toute jeune Emmanuelle Orange-Parent, «l’âme du groupe» selon Pelletier, qui se charge de la partie vocale, de Jean-Philippe Savard aux percussions et de Benoît Touchette à la contrebasse.Une musique inclassable Les spectacles de la fin de semaine, Pelletier, qu’on a rencontré dans son studio avec sa comparse vocaliste, les considère comme «le terreau de ce que le groupe fera dans les années à venir».La musique du groupe n’a rien d’immobile.C’est pourquoi, pour l’instant du moins, il refuse de figer un état de la musique sur un quelconque support.A part les bandes que le groupe conserve dans ses coffres, à part les films, la musique d’Eden 106 n’existe qu’à travers les spectacles.Pelletier explique que sa mu- sique reste résolument pop: c’est la seule «concession» qu’il veut faire.Ses structures sont celles de la chanson.Pourtant, rien n’est tout à fait déjà entendu.Quelquefois, on note des évocations de ce qu’on reconnaît comme des touches arabisantes — Pelletier nomme cela de «l’arabe à rabais», précisant que ça peut s’en rapprocher mais que jamais ça ne touche réellement à la chose.La musique d’Eden 106, dit-il, n’entre pas dans la rubrique «musique actuelle».«En gardant intactes certaines balises, le public non averti va y trouver son compte.» Cette musique est complexe, n’hésitant pas à composer avec des éléments de langage plus ou moins habituels dans la musique populaire, des accents sur lesquels la musique occidentale a pourtant l’habitude de s'appuyer l’atonalité, la po-lytonalité, des tempéraments autres que le tempérament égal, la technique, répandue au XVII siècle el qui est restée courante, de la scor-datura, appliquée cette fois aux claviers électroniques — elle consiste à modifier raccordement des instruments.Tout ceci force les musiciens, comme le public, à s’ajuster constamment Le groupe dit explorer «l’inconscient de la musique pop».On puise ici dans plusieurs traditions.A grand renfort de références techno, le quatuor tire à lui les élans de musiques euro- péennes.«Les commentateurs vont notes dire toutes sortes de choses», explique Pelletier.Il a entendu des gens évoquer les noms de Bjôrk, de Portishead.Pourtant, ce n’est pas ça Ses références, explique le compositeur, il les tire davantage des arts visuels et de la littérature.Les textes, la manière de les chanter en allongeant parfois les phrases chantées au delà des phrases musicales, la musicalité de la langue française elle-même nourrissent le travail d’Eden 106.Deux auteurs, Gilles Hénault (Le Tableau noir) et Gilbert Langevin, voient certains de leurs textes mis en musique par le groupe.Pelletier désire mettre à l’avant-plan «la langue française dans tout ce qu’elle a de littéraire.On travaille sur des textes qui ne sont pas toujours faits pour être chantés».On comprend alors que l’approche narrative, convenue dans la musique pop, ne soit pas le lot de la formation.Les rapports de la musique aux textes sont chamboulés dans ce processus, de même que ceux de la musique aux images, celles qui seront projetées lors des concerts.EDEN 106 Dans le cadre d’Espaces Émergents, à La Caserne, 4200, me Ontario Est Ce soir à 17h30, demain à 21h Renseignements: ® (514) 3808111 traduction : f ANNY BRITT mise en scène Martin Faucher assistance : Claudine Paradis idie implacable.qui tait souvent éclats .un quatuor d’acteurs dirigés de main de mitre par metier.nistine Blais, La Presse ssl très solide, la mise en scène les comédiens sont j‘ai passé une soirée avec ; Micheline Bernard Denise Gagnon Steve Laplante et Jean Maheux itiche, Aux arts, etc./SRC grandes réussites de ce début de libault, ICI nain, c’est réaliste, c’est déchirant.même temps, ça ravit de par sa : duel grand moment de théâtre ¦ouliot, En scène/CIBl j Licorne, on découvre enfin cette s forte qui tient tout à la fois de la réaliste et de la comédie horrifique biecquerVoir concepteurs DAVID GAUCHER MARC SENEGAL ANDRÉ RlOUX Jean-François Pednô Patricia Ruel Jacques-Lee Pelletier U LICORNE Les Arts du Maurier 18 SEPT, au 27 OCT.4559, PAPINEAU, MTL (514) 523-2246 LE DEVOIE L* T&d&te Ffr+Ài fcvaCvi Mé+tfJU \ de Ré lean Ducharwie fahar Clauhet, wJfpt fïro Voirie, Morig fron*# Vé^ravleao.uiQue-cb-ithn» L- UNI \ I RSION PI Ntl RAN I I I I ORIGIN Al I.NOUS TOU SI I s ASPIC I S OU I ANC,AGI SCI NiqU! .- Le Soleil CISI UN (, R AND CRU Cl SI II I R AVAU I I PIUS AC I II VI 01 GUI C 11 AM PAC j NI CBV U N I RI MRI AV MON 11 AVI C UN si NS INOUÏ ni I IM AGI.Le Devoir r-te de mutinerie des personnages de L'Oncle Vanya et nous avons aborde ce spectacle comme une experience, en ouvrant toutes les portes, sans ttvp savoir ou cela allait nous mener.Très franchement, je ne [h-ut pas encore répondre à la question.» 11 n'y a pas vraiment de lien entre les deux spectacles, précisera encore le metteur en scène, sinon qu’ils illustrent bien les deux mandats que s’est donnés l'Opsis en tant que compa gnie de theatre experimental.Et après?L'Opsis conservera-t-il la formule du «cycle»?Et avec qui?«Après c'est la surprise, répond Luce Pelletier, espiègle presque.Nous allons poursuivre.oui.l'exploration d’un dramaturge classique et de ses entants de plume.Ix cycle, c'i-st notre terrain de jeu préféré, comme si.en embarquant dans un cycle de trois ans.nous nous donnions du temps à défiiut des moyens que notes n 'avons pas.Ix cycle Tchékhov a été très généreux pour totes les membres de la compagnie, mais il est temps de passer à autre chose.Je peux vous dire que ce ne sera pas un auteur russe.mais c’est tout.» Notons L'ii terminant que ht Poste populaire russe voyagera un ihm partout au Québec sur le circuit de Réseau-Scène après les trois semaines de représentation à l’Espace Go.Surveillez votre courrier.% eéfi MAXIME CÔTÉ Anne Caron, Stéphane Jacques et Jacques Godin dans La Poste populaire russe d’Oleg Bogaev. LE DEVOIR.LES SAMEDI 6 £ 7 DIMANCHE 7 OCTOBRE 2 0 01 •Culture* DISQUES .un LEONARD COHEN TEN NEW SONGS Cohen SUITE DE LA PAGE Cl Tournée promo annulée.In relationniste de Sony jure ne plus pouvoir le joindre à Los Angeles.Remonté chez Ra-shi, le moine atterré?Réfugié en Grèce, dans sa maison à Hydra?Lévitant le pire au Tibet?Le site Internet officiel du nouvel album (www.10newsongs.com) promet que Leonard Cohen répondra à cinquante des centaines de questions soumises par les fans.Mais quand?Dix nouvelles chansons Pour l’heure, nous voilà gros Jean comme devant.Le disque en main et pas de Cohen dans le blanc des yeux.Heureusement que le disque était prêt avant le 11, se dit-on.On a ça.L’essentiel, après tout La suite inespérée de l’œuvre.Ten New Songs, comme dit sans fard le titre.Dix nouvelles chansons au cœur desquelles se lover.Dix fois l’occasion de réentendre cette voix aussi pénétrante à 66 ans qu’au premier jour (il vient de célébrer son 6?anniversaire) , ce fameux timbre de confident sur l’oreiller.Dix textes.Dix textes écrits avant le 11 septembre et que l’on découvre après, avec les yeux écarquillés.Par exemple ce quatrième couplet de la première chanson.In My Secret Life, forcément teinté: «Looked through the paper./ Makes you want to cry./ Nobody cares if the people / Live or die./ And the dealer wants you thinking / 'Ihat it’s either black or white.» On entend ça de la même façon qu’on réentend 'Ihe Future, chanson-titre de l’album précédent, paru en 1992: «I’ve seen the future, brother: / it is murder.» Pas besoin de Nostradamus.Cohen voit l’avenir dans le présent L’avenir?On aimerait bien que l’avenir ressemble à cet album.«Il y a une sorte de sentiment de paix dans tout le disque, la résolution, la réconciliation», confiait-il à Bernard Leloir.Ten New Songs, l’album zen de Cohen?Ce serait trop simple.«Thank G-d it’s not that simple / In my secret life», nuance l’intéressé.De fait c’est plutôt l'album du lâcher-prise.Cohen y est presque relégué au rôle de choriste: c’est Sharon Robinson qui a tout fait Les musiques, la réalisation, les chœurs, toute l’instrumentation (à partir de synthés et de programmations, ce qui confère à l’album une facture sonore plutôt artificielle, voire cheapo).C’est elle dont le visage côtoie celui de Cohen au recto du livret, elle dont la voix colle à celle de Cohen tout au long du disque.Sharon Robinson?Les cohenophiles la connaissent surtout pour la musique d’Everybody Knows, en 1988.Cette fois-ci, Cohen s’en est carrément remis à elle.Et à Leanne Ungar, responsable de la prise de son et du mixage.«En fait, j’ai un rôle très minuscule», admet volontiers celui qu’on appelait Jikan au monastère.Jikan: le silencieux.Le lâcher-prise s’étend au propos.«I tried to love you my way./ But I couldn’t make it hold / So I closed the Book of longing / And I do what I am told.» Après avoir combattu une vie durant sa nature d’angoissé chronique, cherchant auprès des femmes ou des drogues en tous genres un peu de réconfort, Cohen a vu l’angoisse «se dissoudre» (dit-il dans Saturday Night) après quelques milliers d’heures de méditation et de servitude auprès de Rashi.Il a aussi constaté qu’il n’était pas fait pour la vie spirituelle.D’où le retour à ce qu'il décrivait à Lenoir comme son «travail ordinaire» d’écrivain et de chanteur.«Pour la première fois de ma vie, je ne suis pas déprimé», avouait-il deux mois plus tard à Mireille Silcott.«I live my life in Babylon», chapte-t-il dans By Ihe Hivers Dark, connue s’il assumait enfin sa place dans le monde.Et maintenant?Dans l’entrevue réalisée au début de l’été par le journaliste Thomas Erber pour le numéro d’octobre du Magazine de l'Optimum (que l’on peut lire sur le site de l’album), le Cohen le plus calme et rasséréné qui soit semble résigné à ne jamais comprendre la société moderne.«Tout est si complexe.L'équilibre des choses semble si précaire.On a toujours l'impression d'avoir un début de chaos qui arrive, et puis [.] on finit parse demander [.] si cela n 'a pas toujours été le moteur de la civilisation.» Dans les entrevues, Cohen parlait aussi d’avenir, d’une possible tournée de spectacles en 2002, de tous ces poèmes et courtes proses couchés entre les repas au mont Baldy, de quoi publier au moins un recueil: le tri restait à faire.Et maintenant?Va savoir.Peut-être Jikan, au moment où vous lisez ces lignes, est-il en train d'écrire un autre livre et djx chansons de plus, avant le souper.Ou alors il médite.A cause de l’angoisse revenue.«May everyone live, And may everyone die.Hello my love, And my love, Goodbye.» (Here It Is) I n f I u e n c e s «psychopsaumatiques» Cohen lu par Michel Garneau BRIAN MYLES LE DEVOIR Sur Pennyroyal Tea, 1’implosif Kurt Cobain avoue son statut de royauté anémique à la mauvaise posture, disposé à la distillation de toute vie en lui avant de réclamer l’après-monde de Leonard Cohen dans l’espoir de soupirer éternellement.Un autre chantre désenchanté — et pas le moindre — révélait en deux courtes strophes l’imbibition de son esprit par l’œuvre du pessimiste lucide qu’est Leonard Cohen.Un autre parmi des dizaines, voire des centaines.À ce jour, 680 artistes de toutes les nationalités — Iraniens, Français, Américains et autre Polonais — ont repris à leur compte les Suzanne, Avalanche, Famous Blue Raincoat.Le Commandant Cohen a pris le contrôle absolu de la conscience d’un certain genre humain.Celui qui, dans un empire occidental sur le déclin, se tord d’angoisse à la recherche du moi universel.Celui qui n’a jamais abandonné la quête spirituelle inhérente au bipède tout en sachant que Dieu est bien.mort Une fois L’Affaire mise à nu, dépouillée de ses artifices sacramentaux, est-il encore possible de poursuivre une longue et pénible odyssée spirituelle parallèle et complémentaire à la quête de sexe?Hum?L’œuvre de Cohen transpire le sexe et suinte le divin.Pas surprenant que quatre générations d’artistes de toutes les confessions s’alignent sur lui.Sexe, drogue (puisque la religion est un opium), rock’n’ roll.Ça vous dit quelque chose?Un prédicateur Plusieurs (voir le texte de David Cantin, ci-contre) ont touché au répertoire de Cohen à un moment ou l’autre de leurs carrières respectives.Des gens qui, s’ils étaient réunis autour d’une même table, ne se trouveraient probablement rien en commun.Rien, sinon une cicatrice palpable, réminiscence de blessures infligées par l’amour en excès, la croyance en déficit Leonard Cohen traite de l’amour et de la foi, l’un et l’autre exigeant une dévotion que l’humanité est incapable de soutenir.Il nous confie à travers son œuvre qu’il n’y a pas de cure pour l’amour, bien que l’amour soit le seul moteur de la survie.Une dualité à laquelle tous les fabricants de rimes sont rompus.Mais Cohen a surpassé ses semblables en transcendant le chaos intérieur si nourrisseur (et réducteur) de l’inspiration.Il a prédit que la déroute secrète se répandrait comme une tache de vomi sur la civilisation avec des mots si violents de justesse qu’ils nous traînent jusqu’aux abords du gouffre sans fond qu’est l'humanité.Pour comprendre l’influence durable et éclectique de Cohen, il faut accepter l’idée que l'homme décrit par le poète Beat Allen Ginsberg comme un «bouddhiste-yankee-ca-nadien chevronné» est également un prédicateur.Un preacher débarrassé de ses illusions et bien campé à la croisée du christianisme, du judaïsme et du paganisme.Les textes de Cohen s’apparentent au psaume: c’est un hymne, une supplication, une lamentation.C’est par la charge lyrique de ses mots, dans un univers peuplé de petits «pouètes», et par sa compréhension désolante de lucidité des thèmes universels, que l’homme a su s’imposer dans le cœur de ses ouailles.En s'appropriant du mysticisme comme sujet de prédilection, Cohen s’est assuré la fidélité des mystiques.L’effet est purement «psychop-saumatique».Annés d'une guitare et d'une maîtrise du jeu supérieure à la sienne, des légions de dévots se sont attaqués aux mêmes thèmes que lui.Bien peu ont trouvé l’illumination par la grâce des mots, hormis quelques Bob Dylan, Ray Davies, Kurt Cobain.Leonard Cohen n’a rien du virtuose, c’est un homme nu qui se présente sur scène avec comme seuls cadeaux une voue d'or, une voix spectrale telle un monastère en ruines, et une plume trempée dans la myrrhe, odoriférante et séductrice.C’est l’une des rares et plus durables incarnations de la lignée des folk songwriters formés dans le moule sans contours de la Beat generation.I>a choriste des premières heures, Jennifer Warnes, a décrit les ballades de léonard Cohen comme étant «l’endroit où Dieu, littérature et sexe se rencontrent».Voix ravagée, plume visionnaire, Cohen contemple l'individualité au bord de l'abîme tel un surhomme qui voudrait croire à la pureté du monde, mais qui ne se laissera jamais bercer d’illusions.Quel artiste ne l’envie pas?Leonard Cohen occupe seul le champ de l’anü-rock'n' roll.Il se place en rupture non pas avec l’ordre, mais avec le désordre établi.Le Commandant Cohen a pris le contrôle absolu de la conscience d’un certain genre humain qui, dans un empire occidental sur le déclin, se tord d’angoisse à la recherche du moi universel PHOTO: LASZLO It 4,11 Do n ’ t really h a v e t h e courage To s t a n d where I m u s t stand.D o n ’ t really h a v e t h e temperament To l e n da he l p i n g h a n d.Do n ' t really k n o w who sent me To rai s e my v o i c e and say: Ma y t h ! e l i g h t s i n Th e Land of Plenty S h i n e on the t r U t i h some day.I d on’ t know w h y I come here, Knowing as I do, Wh a t you really think of me, What I really think of y o u.{extrait de The Land of Plenty) Les «enfants» de Cohen Depuis longtemps déjà, les chansons de Leonard Cohen sont «revisitées» par des fans souvent célèbres DAVID CANTIN De Pauline Julien à Kevin Parent, de Johnny Cash à Thalia Zedek, ils sont plusieurs à avoir repris les chansons intemporelles de Leonard Cohen.On pourrait même dire que c’est un peu grâce à ces nombreux interprètes que l’œuvre de l’auteur de Suzanne demeure toujours aussi appréciée d’une génération à l’autre.Une liste exhaustive serait beaucoup trop longue à reproduire, mais d’importants jalons traversent cette discographie fort intéressante où la rareté côtoie le succès.Retour en arrière au moment au Cohen lui-même refait surface après de trop longues années d’absence.En 1986, une ancienne choriste de Cohen, du nom de Jennifer Warnes, allait reprendre à sa façon le folk sombre et dépouillé du maître.Les arrangements de l’époque témoignaient d’un désir nouveau de faire connaître ces grandes chansons au monde entier.Son titre: Famous Blue Raincoat.Beaucoup moins austères, des pièces comme First We Take Manhattan ou Ain’t No Cure For Love prenaient alors une tout autre dimension.L’accueil fut inespéré, comme en témoignent les 800 000 exemplaires vendus à travers le monde.La voix délicate de Warnes allait permettre aux textes subtils de Cohen de rejoindre le grand public.Cohen venait de renaître sous les traits d’une femme des plus sensibles.Les fans de la première heure parlent encore d’hérésie.En 1991, ce sera au tour de Christian Fevret, alors éditeur des Inrocks, de présenter Cohen aux plus jeunes.I’m Your Fan prêche une intégrité sans bornes.Cet album-hommage rassemble des artistes aussi différents que John Cale, Geoffrey Oryema et les Pixies.On fait appel aux admirateurs les plus talentueux du début de la décennie.Nick Cave, le fils spirituel de Cohen, reprend la saisissante Tower Of Song.Un Murat encore peu connu traduit Avalanche en français alors que R.E.M.s’approprie First We Take Manhattan.L’album deviendra une référence et un nouveau tremplin.Quatre ans plus tard, c’est au tour de vedettes internationales tels Elton John et Don Henley de reprendre le concept de l’album-hommage.Bien que Cohen approuve le choix de ces interprètes, Tower Of Song est loin d’être à la hauteur d’/’m Your Fan.Entre les mains d’Aaron Neville, Ain ’t No Cure For lame devient une ballade country.Peter Gabriel n’impressionne pas non plus avec sa version de Suzanne.Sting, accompagné des Chieftains, reprend Sisters Of Mercy comme une complainte traditionnelle irlandaise.Il n’y a peut-être que Bono qui s’en tire honorablement avec une mystérieuse interprétation û'Hallelujah.Dans l’ensemble, on aurait sans doute pu faire mieux.Sinon, il faut chercher avec soin la perle rare.On pense aux versions de la très discrète Stina Nordenstam sur son album de reprises intitulé People Are Strange ou encore au défunt Jeff Buckley qui fit sienne Hallelujah sur Grace.De Richard et Marie-Claire Séguin au jeune prodige montréalais Rufus Wain-wright, Leonard Cohen sera toujours une source d’inspiration profonde.*On trouvera une source inépuisable de renseignements sur Cohen à l’adresse www.leona rdeohenfiles.corn Au lendemain de la sortie de Ten New Shnigs, le mercredi 10 octobre, à 20h, le public de Québec pourra entendre la poésie de Cohen, lu par Michel Garneau, dans le cadre de la série Contexte à la Bibliothèque Ga-brielle-Roy.DAVID CANTIN Michel Garneau présentera aussi son spectacle Cohen dans plusieurs maisons de la culture à travers le Québec, dont le 17 octobre sur le Plateau Mont-Royal.Cette lecture en musique s’inspire, évidemment, de la nouvelle traduction des poèmes de Cohen que proposait Garneau, l’ap dernier à L’Hexagone, sous le titre Etrange musique étrangère.Un versant encore trop peu connu du mythique chanteur.Est-ce qu’il existe pour vous une différence entre l'œuvre poétique de Cohen et ses chansons?Michel Garneau.«Bien sûr, la densité n’est pas la même.Il existe une régularité qu’on retrouve dans le texte de chansons, que le poème ne conserve pas nécessairement En un sens, avec l'aide des musiques, il semble beaucoup plus facile d’aborder Cohen à travers ses disques.Même si plusieurs personnes connaissent très peu ses recueils de poésie, ses chansons traversent les époques et touchent un public assez vaste.Dans un contexte lié à la chanson, on |xnit dire que des pièces comme Suzanne ou Dance Me Till Ihe End Of Dwe contiennent beaucoup d’éléments poé tiques.Toutefois, lorsqu’on prend le temps de lire un recueil de poèmes de Cohen, on s’aperçoit qu’on a af faire à quelque chose de plus complexe au niveau formel.Tout cela reste très paradoxal pour moi.Je souhaite, évidemment que les personnes qui apprécient les chansons tentent, un jour, de découvrir l’ensemble de son œuvre poétique.» Comment est venue l'idée de cette lecture-spectacle autour de votre traduction de Stranger Music?«C’est ma sœur qui m’a proposé de faire une tournée, en quelque sorte, des maisons de la culture au Québec afin de poursuivre l’expérience de la traduction.Dès le départ, j’ai senti une grande complicité avec le guitariste Bob Cohen qui m’accompagne.Je lui ai proposé de travailler les musiques des chansons, mais en choisissant un certain nombre de poèmes.I.a tâche n’a pas été facile.J’ai finalement eu recours aux textes qui me semblaient les plus faciles à dire en public.J’utilise, par exemple, le poème How To Speak Poetry pour introduire les gens dans cet univers très particulier.Il y a donc des poèmes sur la musique et entre les musiques.Une manière de penser le spectacle, en fonction de petites choses en rapport à un ensemble cohérent.Je cherche, avant tout, à rendre une unité dans la sensibilité des liens métaphoriques.Il faut offrir des repères dans l’œuvre de léonard Cohen, sans nécessairement retourner aux plus connus.» ÉTRANGE MUSIQUE ÉTRANGÈRE Leonard Cohen Traduction de Michel Garneau Editions de l’Hexagone, collection «Poésie» Montréal, 2000,300 pages En un sens, avec l’aide des musiques, il semble beaucoup plus facile d’aborder Cohen à travers ses disques Sommet de la culture .de Montréal \la culture 10 OCTOBRE AU SOMMET 2001 PARTICIPEZ À CE FORUM D'ACTION INSCRIVEZ-VOUS DÈS MAINTENANT! Information et inscription : 514-707-0021 www.crdim.org/culturemontreal La culture, c’est l’affaire de tous ! ^ A À l’aube de la création de la nouvelle ville, le Sommet de la culture mobilise les forces pour inscrire la culture dans l'acte de naissance du nouveau Montréal.111 .Un événement de rassemblement ouveri à toute personne intéressée à promouvoii la culture comme élément essentie du développement de Montréal Le Sommet de la culture de Montréal est une initiative d( Culture Montréal, réalisée avec la collaboration du Consei régional de développement de l’île de Montréal (CRDÎM) AIMA Hafridel Daniel Taylor Arion • Monica Muggett f i$T .ujl Daniel Taylor • Arion u « h.atmiiclassiquc.com S A SACRED ARIAS I A S LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET D I M A N C H E OCTOBRE 2 0 01 (’ (» Culture CINÉMA Comédie sans gras LA LOI DU COCHON Réalisation: Erik Canuel.Scénario: Joanne Arseneau.Avec Isabel Richer, Sylvain Marcel, Catherine Trudeau, Jean-Nicolas Verreault, Stéphane Demers, Marie Brassard.Image: Jérôme Sabourin.O D I I, E LE THEM BLAY DEVOIR Certains thrillers-comédies sans prétention ont du moins quelques cartes originales dans leur jeu.Après tout, le public est là pour rigoler.Le cinéaste n’a pas à faire dans la dentelle mais peut servir, mine de rien, plusieurs niveaux de sens.Même si certains personnages sont dessiné,s à gros traits, l/i Loi du cochon d'Erik Canuel a le mérite d’entremêler toutes sortes de thématiques qui n’ont aucun rapport entre elles et d’étonner par les étincelles que ces chocs d’univers provoquent.la scénariste est Joanne Arseneau, à qui on devait déjà notamment les répliques et l’univers complexe du Dernier Souffle de Richard Ciupka.On reconnaît ici son style non linéaire (inusité dans la comédie québécoise).Pas évident de mêler dans la marmite d'un fdm l’élevage porcin, la culture du pot dans un champs de maïs, le jeu compulsif, la situation des mères porteuses et des familles adoptives, la criminalité brutale.Le film de Canuel parvient à réconcilier tout ça, ce qui n’est pas sans mérite.De plus, la caméra bouge et multiplie les angles, à défaut de réinventer la roue.On peut trouver le duo de bandits caricaturaux au possible.Surtout Chose, incarné par Jean-Nicolas Verreault, prisonnier de son air bovin d’une scène à l’autre.Le film, bien rythmé, demeure un thriller-comédie mais émerge de sa case en abordant des enjeux sociaux qui transcendent le genre.Im Loi du cochon met en scène une jeune femme (Isabel Richer), prise à la gorge financièrement après avoir hypothéqué la ferme familiale au jeu et qui tente un v m SaaBeas t, I SOURCE ALLIANCE ATLANTIS VIVAFILM Une scène du film La Loi du cochon, d’Erik Canuel.coup d’argent désespéré en revendant les plants de marijuana que deux grosses brutes font pousser dans ses champs de maïs.Faisant pendant au personnage lucide et désespéré d’Isabel Richer, Catherine Trudeau incarne la sœur de l’héroïne, un être rêveur et idéaliste qui joue les mères porteuses pour un petit couple.Ce solide duo d'actrices forme un intéressant contraste.Richer, en être traqué qui engendre les catastrophes, et Trudeau (qu’on avait remarquée dans L’Ange de goudron), en tête heureuse candide et pleine de fraîcheur.Le meilleur du film est certainement ce petit couple de banlieue qui attend le poupon, incarné par Stéphane De-mers et Marie Brassard.Ces personnages complètement déconnectés du réel, sinistres et doucereux, sont d’une rare drôlerie.Marie Brassard, en particulier, campe une ahurissante L’originalité du film repose surtout sur quelques bons portraits à travers un scénario multiforme et de nombreuses idées nouvelles petite madame contrôlée par son mari, pitoyable d’aliénation.Quand l’univers du couple vient s’entrechoquer à celui des truands et des sœurs qui paniquent dans la maison de ferme, l’action décolle vraiment.La dernière partie apparaît plus intéressante que le début parce qu’elle repose sur des ressorts psychologiques multiples.On ne parle pas de grand film, entendons-nous, et l’univers des méchants, déjà vu, ici brossé à gros traits, ne confère pas son originalité à La Loi du cochon.Celle-ci repose surtout sur quelques bons portraits à travers un scénario multiforme et de nombreuses idées nouvelles.Ces ingrédients viennent enrichir la sauce des comédies québécoises, trop souvent collées aux mêmes ressorts humoristiques, cette fois nourrie à plusieurs sources.Un mythe américain FUNNY GIRL De William Wyler, Avec Barbra Streisand, Omar Sharif, Kay Medford, Aime Francis, Walter Pidgeon.Scénario: Isobel Len-nart, d’après son livret.Image: Harry Stradling.Montage: Maury Winetrobe, William Sands.Musique: Jule Styne.Paroles: Bob Merill.Chérographies: Herbert Ross.États-Unis, 1968, 155 minutes.MARTIN BILODEAU Et si c’était simplement pour le plaisir que Columbia Rotures nous offre à nouveau, 33 ans après sa première, dans une version retaurée, en son numérisé, la dernière grande comédie musicale de l’histoire d’Hollywood?Car franchement, on ne voit pas d’autre raison à l’horizon, si ce n’est la remise en selle, en prévision d’une prochaine réédition en DVD, de ce très joli film signé William Wyler (L’Insoumise, Vacances romaines), dans lequel Barbra Streisand, pour la première fois au grand écran (c’était en 1968, elle avait 26 ans, elle a décroché l’Oscar), campe la chanteuse de music-hall Fanny Brice.Un personnage que la star avait étrenné à la scène, cinq ans plus tôt, dans la comédie musicale du même nom, elle-même tirée d’un livret d’Isobel Lennart, racontant, sur le mode de la comédie musicale, les succès professionnels et 1 H fi fl T R G 0 G U 11 G H G R G fl L I T G PRGSGItTG tua P' * ///)/- 'Y NS Ta.- /„ SV \ t-'-'"- v y \dmm
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