Le devoir, 22 septembre 2001, Cahier D
LE DEVOIR.LES SAMEDI ¦j •> E I D I M A X < Il E S E I' Il MR R E O O 1 LE DEVOIR Roman québécois Page D 3 Essais Page D 4 Philosophie Page D 5 Gilles Marcotte Page D 6 Le feuilleton Page D 9 Le Mois de la photo Page D 10 Récit de Fan 2000 Journaliste et écrivain né à Haiphong en 1934, Bui Ngoc Tana a été emprisonné de 1968 à 1973, sans procès.De 1973 à 1993, il est tombé sous le coup d’une défense d’écrire ou de publier.Par décret du ministère de la Culture, le 16 mars 2000, son livre, intitulé Récit de l’an 2000, jugé «dangereux, réactionnaire et diffamatoire», fut saisi et détruit.Grâce à Internet, un exemplaire de Récit de l’an 2000 a pu être diffusé hors du Vietnam.Fondé sur l’expérience, ce livre, dont on lira maintenant un extrait, décrit la vie carcérale vietnamienne.B U I NGOC TAN i uan marchait sur le trottoir.Il cherchait une adresse, celle d’un ami.Un ami qui le comprenait mieux que quiconque en ce monde.C’était Phuong, Nguyen Vu Phuong, le rédacteur d’un magazine cinématographique.La ruelle étroite conduisait à des maisons, au fond.Tuan s’arrêta au seuil de la porte.Mais c’est Tuan?, s’exclamèrent les parents de Phuong, qui le regardaient de la tête aux pieds puis le serraient dans leurs bras.Depuis quand es-tu libéré?Tuan! Mon Dieu! est-ce vrai que tu es sorti de prison?— On vient de me libérer ce matin.Je viens juste d’arriver.Tuan cherchait des yeux celui pour lequel il était venu.Les parents de Phuong comprenaient, mais ne disaient rien.Tuan ne pouvait plus se taire.— Phuong est-il allé chez des amis?La réponse tomba, brutale: D a été arrêté.La mère de Phuong éclata en sanglots, incapable de se retenir plus longtemps.En prison, Tuan imaginait un scénario tout à fait différent D’habitude, dans les prisons, les détenus laissent aller leur imagination pour oublier la réalité et lutter contre la déprime.Par exemple, ils se demandent «Quel est le meilleur moment pour arriver chez toi, le jour où tu es libéré?».La plupart pensent que le meilleur moment est la soirée.Te tenir derrière la porte pour regarder à l’intérieur de ta maison, voir tes parents ou ta femme en train de vaquer à leurs activités habituelles.Ceci, pour avoir une idée de ce qui se passe chez toi pendant ton absence, pendant que tu es en prison.Tuan se souviendra toujours du repas que la mère de Phuong lui a offert lors de sa visite.Une soupe aux nouilles bien chaude.Avec des liserons d’eau verts et tendres.Et aussi du tofu grillé, du piment en poudre.Une soupe très chaude.Trop chaude.Il n’était plus habitué à manger des repas chauds, car en prison, tous les aliments étaient froids, trop froids.On était parfois parcouru d’un frisson après les avoir avalés.H soufflait sur la soupe et mangeait bruyamment.Il y avait de la graisse liquide dans la soupe.De la graisse de porc, non des produits artificiels.La soupe chaude faisait couler son nez, et aussi la sueur sur son corps, comme s’il était enrhumé.La mère de Phuong le regardait manger, puis essuyait ses larmes avec un mouchoir.Elle lui dit «Mange encore un peu plus.Il en reste seulement un petit peu.» VOIR PAGE D 2: RÉCIT U ÇÏ.MlS «Le silence, c’est la mort» Tahar Djaout Ils ont voulu témoigner, dénoncer, critiquer, et on les a fait taire.Certains l’ont payé cher, jusqu’au prix de leur vie.D’autres, comme l’écrivain Salman Rushdie, condamné à mort par l’ayatollah Khomeiny, en Iran, pour avoir écrit Les Versets sataniques, roman jugé offensant pour l’islam, vivent encore en exil ou sous la menace.I.a parole, la liberté d’expression, est l’un des fondements de la démocratie.Et pourtant, sur des écrivains, des journalistes, des éditeurs du monde entier, la loi du silence pèse.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Salman Rushdie, qui vit à New York, a été le premier président du Parlement international des écrivains.L’organisme, basé en France a été fondé après l’assassinat du journaliste-romancier algérien Tahar Djaout.Le meurtre de Djaout en 1993, est imputé aux fondamentalistes algériens mais les circonstances en demeurent obscures.Le Parlement vise à diffuser la parole et la défense des écrivains opprimés dans le monde.A l'heure actuelle, c’est l’Américain Russell Banks qui en assure la présidence.Depuis l’an dernier, le Parlement international des écrivains publie une revue, intitulée Autodafé (Denoël, pour l’édition française), qui réunit des textes revendiquant la libre parole dans le monde entier.Le premier nu- «L’intellectuel a le devoir d’être le témoin privilégié de son temps» méro comptait notamment une entrevue avec le journaliste américain Mu-mia Abu-.lamal, condamné à mort pour le meurtre d’un policier, pour lequel il se déclare innocent On pouvait y lire le journal des déménagements de Bei Dao, un Chinois récemment exilé à Paris, ou encore une enquête sur l’amour en Russie par l’écrivaine russe Svetlana Alexievitch, expatriée en Toscane.Cette parole, devenue accessible, est aussi, par exemple, celle de Gao Er Taï, de la Chine, avec «De l’obligation de sourire dans les camps de travail chinois», ou de lut if Pedram, de l’Afghanistan, avec La Bibliothèque en feu.L’Afghan Latif Pedram raconte comment le régime des talibans a brûlé, sous ses yeux, les 55 000 livres du centre culturel Hakim Nasser Khosrow Balkhi, à Pol-i Khomri, en 1998.«L’intellectuel a le devoir d’être le témoin privilégié de son temps, mais j’aurais préféré ne jamais être le témoin du martyre de la spiritualité, de la culture et du livre par les agents de l'ignorance et de la sorcellerie», écrit-il dans La Bibliothèque est en feu, L’incident n'est pas unique.A Sarajevo, une bibliothèque rare, riche de plusieurs langues et cultures, a été mise à feu par les projectiles serbes au cours de la guerre des Balkans.Et la voix A’Autodafé, c’est aussi celle de plusieurs écrivains et journalistes de Cuba, d’Iran, d’Albanie, dont le combat pour l’expression est permanent.Le deuxième numéro à'Autodafé sort d’ailleurs tout chaud des presses en France cette semaine.Car la parole est multiple et, pour être vivante, elle doit être libre.Pour mieux la défendre, on peut aussi s’intéresser aux activités du PE.N.Club de Montréal, qui célèbre cette année ses 75 ans.VOIR PAGE D 2: PAROLE À Le sourire d’Anton ou l’adiru m roman Récipiendaire du Prix de la revue Études françaises 2001 andré major Le sourire d’Anton Un adieu étonnant au roman Université de Montréal A 208 PAGES • 24,95 S Les Presses de l'Université de Montréal ¦MMüaÉÉaaaMiÉH I.K IJ K V 0 I H , L K S t I I) I M A V ( H K S K I' I K M B R K Ü 0 n 1st I )i sj \k»>i\> Borval CŒURS BRAISfS plus de ce ton populiste, joualisant qui encombrait La love.Et surtout, on y découvre une intégration très ingénieuse des passages dialogués au récit de la narratrice.les paroles des divers personnages ne sont pas annoncées par les deux-points, et rarement encadrées de guillemets.Une simple virgule et une majuscule suffisent.On passe» ainsi de la narration à la parole sans rupture.Ils sont unis dans un même discours, dans une polyphonie en continu, particulièrement réussie dans «Petits fruits mûrs» et dans «Bagatelle».L’insistance parfois lourde de la narratrice sur le double sens de certaines expressions — doigts de dame, se mettre à table, cervelle flambée —dépare l’ensemble, comme les chutes de la plupart des histoires, artificielles, qui ne sont que de simples pirouettes.Mais quelles amorces, en revanche, pour chacune, qui nous accrochent immanquablement.Et quel plaisir d'ensemble, à les lire jusqu’au bout.ou presque.(En librairie le 26 septembre) robert.chartrandS (asympatico.ca CŒURS BRAISÉS Louise Desjardins Boréal Montréal, 2001,121 pages La poésie québécoise sera représentée au Festival international de poésie de Moscou.Deux [>vtes.Stéphane Despatie et Denise Bras sard, tous deux de la revue Exit, ont été choisis p;u' le Festival international de Trois-Rivières, et pren dront la route de Moscou.Le testi-val russe se déroule du 16 au 2(1 ix’ tobre prochain.11 aura lieu d;uis les clubs littéraires, les inusees, les centres culturels, les librairies et les écoles de la capitale de la Russie.la première edition du Festival de Moscou a eu lieu en 1999.Pour l’édition de 2001, Moscou attend la participation de quelque 80 part ici-liants d’une dizaine de pays, dont la France, le Canada, Madagascar, les Etats-Unis.etc.Denise Brassard est originaire de Chicoutimi, et elle a publié L'Ecueil des jours, aux Ecrits des Forges Stéphane I Vspa tie a lui aussi publié son troisième ouvrage.Engoulevents, aux Ecrits des Forges.Courtemanche en film Un dimanche à la piscine à Kigali.le roman de Gil Courtemanche paru l’an dernier chez Boréal, fera l’objet d'un film.1 es modalités de la vente de droits, ainsi que du tournage, qui doit se dérouler au Rwanda, devraient être annoncées au début de la semaine prochaine.On sait que le premier roman de Courtemanche, qui évoque le génocide rwandais de 1994, a un franc succès lors de sa parution.I v roman avait aussi remporté le 1 Yix des libraires, dans la section des romans québécois.L'Espoir et le Chagrin devancé La sortir» du troisième tome de la biographie rie Rene Lévesque.L’Espoir et le Chagrin, de Pierre Godin, est devancée.Di maison d’édition Boréal a en effet annoncé que le livre sera disponible à la mi-octobre, alors qu'il devait paraître à la fin du mois de novembre.Fides diffusé en France par la CEI) Les Editions Fides sont désormais diffusées en France par l'entremise du groupe CED (Centrale de diffusion de l'édition) plutôt que par le Cerf.Ce dernier groupe diffuse, entre autres éditeurs, la production des Editions Gallimard dans l'Hexagone.Rappelons que les diffuseurs s’occupent plus précisément de faire la promotion des livres auprès des libraires.Déjà, l’an dernier, Fides avait confie a la SOD1S l’aspect distribution de ses ouvrages en France.La CED diffusera donc les livres de Fides, de Bellarmin, et ceux des Presses de l’Université de Montréal.Poètes d’Amérique les poètes de l’Amérique français»» ont lance la programmation de leur sixième saison.Comme le veut la formule, les spectacles seront présentés successivement à Montréal t»t à Québec.C’est José Acquelin, accompagné de la soprano Marlène Couture » A U#.¦M fié:1 ' m 5* JEAN-PIERRE BOUCHER Un roman grinçant qui fait entendre des voix trop souvent oubliées Ji an-Pu khi Bouc m h LES VIEUX NE COURENT PAS LES RUES Roman, 2io pages • 2i,95 $ Boréal www.editionsboreal.qc.ca Robert Chartrand ?V I 61 ^ K V 0 I H .I.K S S A M K I) I i > K T |) | M A X < HE 2 A S t H T E M K K E 2 O 4 I el (4U?W*S 7 UU I oloc .Glin) GS nos \Ty I >om i nique.t, in pitl.iilnvol.i o ht ( je/'u tvw ulovol.c n/pul r I> K V (I I K S A M f 1» I K M B K K Livres H I L O S O P Arrêt sur histoire Inspecteur Chomskv7 GEORGES LEROUX Certains textes acquièrent de l'horizon actuel de leur lecture une résonance, voire une urgence que rien ne laissait prévoir.Quand Cad Soussana et Alexis Nouss réunirent a Montréal au printemps de 1997 les participants d'un séminaire proposé en l'honneur de Jacques Derrida, ils lui adressèrent la question: "Dire l’événement, est-ce possible?» Recevoir une question aussi vaste, qui convoque dans son aire de réponse toute l’ontologie et toute l’éthique, exigeait autant de ceux qui prirent le risque de la formuler que de celui qui accepta d’y répondre, une fonne inhabituelle de générosité.Jacques Derrida s’engagea avec ses hôtes dans un dialogue qu’il poursuivit le lendemain dans une conférence à la Bibliothèque Nationale, et qui est parue depuis sous le titre Voiles (Paris.Galilée, 2001).Les textes du séminaire qui viennent à leur tour de paraître nous permettent de r^ tourner à cette rencontre, alors que l’événement même du monde se déchire et que la possibilité de le dire paraît plus problématique que jamais.De cet événement, que Gad Soussana place dans son exposé introductif sous le double emblème de Rilke et de Lévinas, il faut d’abord retenir l’indicibilité.Sur le ruban infini du temps, tout arrive et ne cesse de se produire.Les découpages et les descriptions qui nous sont nécessaires pour penser et agir sont dictés par des exigences de signification qui ne sont pas toutes tributaires des mêmes points de départ Le désir de parler, d’en parler, renvoie chaque sujet non seulement à son propre pouvoir de découpe pour produire la signification, mais à ses propres évidences, à son existence toujours déjà singulière de témoin.Dans cette ouverture de la question, exposée sous le thème de la proféra-tion, de l’adresse, nous reconnaissons à la suite de Gad Soussana le cadre hospitalier où la pensée de Jacques Derrida pouvait être sollicitée et reçue.Rilke ne dit encore certes que l’indicibilité du temps, rempli à ras bord d’événements opaques, et c’est à un passage de Hegel que nous devons à notre tour de pouvoir entendre la question.Dans la nuit du temps et de la nature, le surgissement, l’irruption, puis la disparition d’une tête ensanglantée, d'une silhouette blanche, placent chacun non pas devant les événements, mais devant l’indicible événement du tout, de la nuit «C’est cette nuit qu’on découvre lorsqu'on regarde un homme dans les yeux, on plonge son regard dans une mit qui devient effroyable, c’est la nuit du monde qui s’avance ici à la rencontre de chacun.» Méditant ce passage de Hegel, Soussana veut mettre à nu la question de la possibilité du dire, «en un lieu où s’ouvre tout le possible».Chaque événement singulier résulte de l'imposition de limites dans le langage du sujet qui le reçoit qui en témoigne et qui en pense la portée chaque fois singulière sur l’horizon de l’indicible.Chaque événement est suivant la formulation proposée ici, un arrêt sur histoire.«I^e point de découvre-ment d’un site immédiat.» Par quoi la nuit de Hegel se trouve trouée, son sol constellé de cratères.New York, le 11 septembre 2001.Le tome deux de la saga de VLB est disponible partout! es f ondit ions gagnantes il! New York, le 11 septembre 2001.Silence et parole Alexis Nouss, lecteur sensible et profond de la poésie de Paul Celan, nous propose à la suite Parole sans voix, une réflexion qu'il raccorde à la recherche de Hoffmannsthal dans la lettre de Lord Chandos et à la pensée de Benjamin.Comment entendre, dans l’indicible événement du monde, le souffle sans voix des meurtris et des humiliés, des victimes muettes et suffoquées?Sur le fond toujours indicible de la Shoah, la poésie de Paul Celan est à la fois défaite et persistance, silence et parole posthume.«Parle aussi, toi, parle comme le dernier .» Dans cette scission qui affecte le temps et le langage, on entend cette même question de la di-cibilité de ce qui soutient le tissu troué, les lambeaux du temps blessé.C’est cet éclairage de ce qui vient après, d’un posthume pensé comme horizon du sens, qu’Alexis Nouss propose donc à son tour, par le moyen de lectures de poèmes de Celan, comme horizon troué, non linéaire, de l’événement impensable, indicible.Le témoignage du posthume transforme chacun en survivant et le met en face des exigences d’une éthique qui est un devoir irrévocable de parler de ce qu’on ne peut pas exprimer.Dans les mots de Giorgio Agamben que cite ici Alexis Nouss: «L’autorité du témoin réside dans sa capacité de parler uniquement au nom d’une incapacité de dire.» A cette double invitation, Jacques Derrida répondit dans le droit fil de sa pensée, en s’engageant sur la question de l’impossibilité dont toute son éthique du don, du pardon et de l'hospitalité est depuis plusieurs années la pro-position fondamentale.Aporétique, certes, mais d’abord engagée vers la résolution active de paradoxes difficiles, cette éthique montre les limites du pragmatisme et de la pensée des procédures.Un don n’est un don que s’il ne résulte pas d’un calcul, que s’il est impossible; donner, c’est d’abord donner ce qu’on ne possède pas.Accueillir, c’est accueillir sans attente et prévisibilité.Dire l’événement, est-ce possible?Non pas l'événement singulier, qui provoque la reconnaissance de ce qui avait été anticipé, mais l’inantici-pable, l’imprévisible, et à la limite de l’ontologie, là où tous les événements et toutes les actions ne sont qu’un seul ruban indécis, l’événement même du fait que quelque chose se produit.A la question, Jacques Derrida veut donc répondre, mais sous une double contrainte: en s’adressant à l’impossibilité constitutive de ce dire, et en convoquant le tiers, le témoin qui permet l’adresse et suivant Lévinas, qui ouvre dans ce dire la possibilité de l’éthique.Dire l’événement, ce ne sera pas en dire quelque chose, ce qui est toujours le projet singulier d’un découpage, mais se faire le porteur impossible de son épreuve, le sujet paradoxal de son issue.On rejoint ici le témoignage évoqué par Alexis Nouss, mais replacé dans le cadre général de toute cette éthique de la responsabilité, de l’accueil dont le mot central est celui de l’hospitalité.Dire l’événement du monde, c’est l’accueillir pour le transfonner en ouverture.Qu’on relise le texte de son Manifeste pour l’hospitalité, qu’on évoque ses engagements au Parlement des écrivains, ses actions pour les villes refuges, qu’on suive son travail auprès des sans-papiers, on comprendra que cette éthique n’a rien d’abstrait, qu’elle accepte tous les sens de ce qui arrive, les arrivants, les derniers arrivés, et l’irruption même de l’inattendu./iivieri * Isf librairie ?bistr Lectures Jean-Marc Lefebvre La tentation des armures Joël Pourbaix Disparaître n’est pas tout EDITIONS DU NOROIT Larry Tremblay Trois secondes où la Seine n’a pas coulé 30 ans de poesie 5219, Cote-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges Tét.: 514-739-3639 Fax : 5l4-739-3é3° 5ervice®librairieolivieri:com Dimanche 23 septembre 16 h Réservation ; 739.3639 Si vous désirez manger au Bistro, il est préférable de réserver Dans le portrait rempli d'une amitié et d’une complicité dans l'ètre juif qui se portent aux bords d’une admiration de toujours.Hélène Cixous accompagne Jacques Derrida sur plusieurs des chemins où leur commune écriture les a menes depuis leur rencontre.Elle dit ce que peu ont ose dire jusqu'à elle, les souvenirs, les noms, les lieux, les circonstances, récriture, et elle le dit avec tant de sincérité et dans un langage si droit et si pur, quelle fait vaciller sur ses bases tout l’édifice érudit que son oeuvre a suscité ces dernières années.Ce jeune saint-singe est un homme qui connaît à la fois la menace et la promesse, et qui les connaît de près.11 les connaît dans le texte pluriel de la philosophie et de la Bible, de saint Augustin et de la Genèse.C’est à travers ces textes qu’Hélène Cixous monte son portrait, des premiers moments d'/•.'/ Bihar, à travers Circonfession, jusqu’à ces engagements, à ces responsabilités des temps derniers.«Il est le divisé, celui qui — j’ai mis tant de temps à le comprendre, ce mystère —frappe deux fris le rocher, oui, oui, deux fois, celui qui fait trembler le cœur de la croyance, le diviseur philosophique, celui qui sait qu’on ne peut pas dire "je crois" sans douter, sans croix sur je.sur crois, sur doute.» Portrait lui-même admirable, et qui a le mérite de ne jamais mettre son lecteur à distance, de toujours l'inviter à une amitié dans l'écriture.Par là, Hélène Cixous rejoint l'invitation de Gad Soussana et d’Alexis Nouss, l'hospitalité qu’ils rendirent possible dans leur séminaire de 1997 et qu’ils renouvellent dans le texte qu'ils nous offrent aujourd’hui, alors que l’arrêt sur histoire semble plus indispensable que jamais.dire: l’événement, EST-CE POSSIBLE?Jacques Derrida, Gad Soussana et Alexis Nouss Séminaire de Montréal pour Jacques Derrida L’Harmattan Montréal/Paris, 2001,112 pages PORTRAIT DE JACQUES DERRIDA EN JEUNE SAINT JUIF Hélène Cixous Galilée Paris, 2001,113 pages toits CORNE 1 LIER C-' eant politique méconnu» J en France, «rationaliste au sens classique du terme» exclu sivement engage «en faveur d'idees comme la vente et la justice» selon son eminent présentateur Jean Bricmont (du duo So-kal-Bricmont), le linguiste et intellectuel américain Noam Chomsky, à plus de 70 ans, n’a rien perdu de sa ferveur militante.Critique impitoyable de la politique étrangère américaine, il multiplie les conferences, les entretiens et les publications afin de démasquer la profonde hypocrisie de l’Oncle Sam et d’inciter les citoyens à la vigilance active.Aussi solidement documente que ses precedents ouvrages parus en français (L’An 501.La conquête continue, les Dessous de la politique de l’onde Sam.Entre tiens avec Noam Chomsky.Le Nouvel Humanisme militaire, tous parus chez Ecosocieté), son plus récent essai, intitule De la guerre comme politique étrangère des Etats-Unis, dénonce sans concession l'impérialisme américain en habits neufs.Des ravages en Amérique cen traie orchestrés par les Etats-Unis depuis un siècle à la catastrophe balkanique de 1999, en passant par les désastreux épisodes cubains, vietnamiens, irakiens et timorais auxquels les dirigeants de son pays ont grandement contribué, rien n’échappe à l’œil aguerri de Chomsky.Sobres et rigoureuses, ses interventions mettent en lumière la logique belliciste et mercantile qui règle les agressions états-uniennes.Derrière le langage or-wellien qui parle de «frappes humanitaires» et «d'appui à la démocratie» se cachent, explique-t-il en détail, un inacceptable mépris du droit international et un cynisme meurtrier.En prendre conscience, refuser la propagande qui les recouvre du manteau de la légitimité, c’est déjà faire œuvre de résistance, tant il est vrai que la vérité, en ees matières, est en soi révolutionnaire.Chomsky publie beaucoup, recycle abondamment son matériel et peut finir par lasser.Le cas échéant, il faudra méditer cette invitation de Jean Bricmont: «Lire Chomsky est, tout d’abord, un acte d’autodéfense intellectuelle légitime et indispensable dans un monde où des co- hortes d'intellectuels disciplines et de médias serviles jouent le rôle d'une prêtrise séculière au service des puissants.» Deux opuscules Chez les mêmes éditeurs, dans une nouvelle collection titrée -Instinct de liberté-, paraissent aussi deux opuscules consacres aux convictions anarchistes de Chomsky.Preface tie la traduction anglaise de L’Anarchisme de Daniel Guérin d'abord paru en 1965, le premier contient un essai de definition un peu décevant de cette ideologic souvent mal comprise.On y trouve aussi, cependant, la très severe critique chomskyenne du socialisme à la soviétique.Plus substantiel, le second, un livre d’entretiens, permet à celui qui se reclame du socialisme libertaire d’exposer ses vues sur l'organisation du travail et de la société dans un monde idéal.Des idées, bien entendu, qui ne convainquent pas le social-démocrate que je suis, mais qui témoignent avec force de la nécessité de l'utopie, aussi contestable fût-elle.Jamais dogmatique, Chomsky nous convie en ces pages au refus de la fatalité telle que construite par les puissants.DE LA GUERRE COMME POLITIQUE ÉTRANGÈRE DES ÉTATS-UNIS Noam Chomsky Préface de Jean Bricmont Traduit de l’anglais par Frédéric Cotton INSTINCT DE LIBERTÉ Anarchie et socialisme Noam Chomsky Traduit de l'américain par Geneviève l essard et Martin Zemliak DE L’ESPOIR EN L’AVENIR Entretiens sur l’anarchisme ET LE SOCIALISME Noam Chomsky Traduit de l’américain pay Geneviève lessard Éditions Comeau & Nadeau/Agone Montréal/Marseille, 2001, respectivement 208,80 et 104 pages Des livres pour savoir Il vau ALLÉGEANCES ET DÉPENDANCES Uhiitoirr line «nbîvaiff>c< identitaire 266 p.23,95 $ Y van Lamonde Pour permettre de mieux comprendre les enjeux contemporains du Québec UN GRAND ESSAI Éditions Nota bene LES GRANDES FIGURES DU MONDE MODERNE Josiane Boulad-Ayoub et François Blanchard Ce très beau livre, allègrement et rigoureusement écrit, scande à travers les événements, artistiques, philosophiques, scientifiques, politiques, l'histoire de l’esprit humain de la Renaissance à la Révolution Française.Il donne à penser et à contempler à tout esprit capable de goûter la saveur d’œuvres parfois antinomiques et de saisir dans les caractères opposés qu 'el les paraissent ojfrir, les accords intérieurs qui mènent h l'homme libre.De même, indiscutablement utile aux étudiants de toutes disciplines, très vivant grâce à un CD-Rom interactif et une bibliographie d’hyper-liens éducatifs Internet, ce livre d’un nouveau style les orientera dans les chemins d’un passé qui leur a permis précisément d’être des étudiants.582 pages - 35 $ P IÜ1I I I S PKI SSI S m I OVIVI KSI I I I AVAL m s 11» 1 loss m 1 tout l’.ivillon M,imite INtlLuk.htii'isiu mil Sainte I oy (OiteDct I OIK /l’a _._v Ici.(41») S /tltl I clet.(4110 SO IIOS I icfic l>miihttlngi ,*s >* pul tilaval.t a VJ ^7 l'Il p» ' tvtviv ulaval < a pul Tout savoir * MM* SEPTEMBRE I 0 O I I) fi I.E I* E V 0 I R .LES S A M E l> I > E T I) I M A X ( Il E > :j -L I V H CARREFOURS Créateurs et inventeurs ROMANS DE L'AMÉRIQUE Salut de John Fante Que se passe-t-il donc?Deux grandes biographies en un an, ce doit être un anniversaire Rimbaud.J’ai cherché, et j'ai trouvé quelques très lointaines possibilités.Le cent quarantième anniversaire des lettres du voyant''! Le cent vingt-huitième de la publication A'Une saison en enfer! Le cent dixième de sa mort, à Marseille?Non, décidément, aucune de ces hypotheses ne tient la route, et il faut croire que si l’on écrit tant de biographies de Rimbaud, c’est que sa vie et sa personne continuent de fasciner, autant et plus que son œuvre.On a déjà dit dans cette chronique quelques mots du Rimbaud de l’Anglais Graham Robb; voici celui de Jean-Jacques lœfrère, qui du haut de ses mille deux cent cinquante pages domine tout ce qui s’est fait avant lui, du moins pour l’abondance de l’information.Au contraire de Robb, Lefrère ne cherche pas à interpréter, même s’il ne peut éviter parfois de le faire, par exemple lorsqu’il lit Une saison en enfer comme une œuvre d’intérêt biographique.Mais il s’aventure rarement au-delà de sa spécialité, qui est la recherche et la vérification des détails, bit il en donne, des détails!.Lire, par exemple, le chapitre qu’il consacre au tableau de Fantin-Latour, Coin de table, où Arthur Rimbaud, avec ce visage d’ange sensuel qu’il n’aura pas ailleurs, se trouve à côté de Verlaine, en compagnie de quelques rimeurs de l'époque.lœfrère ne nous épargne rien: les raisons pour lesquelles Fantin-Iatour a voulu faire ce tableau, comment il en a choisi les personnages, pourquoi il y a dans le coin droit du tableau un pot de fleurs (c’est qu’il remplace un absent), et ainsi de suite à l’infini.C’est fascinant, parfois un peu vain; et le biographe ne se prive pas de détruire, en passant, quelques légendes tenaces.Au passage, quelques perles, dont cette phrase du peintre Forain: «Rimbaud puait le génie.» Il va sans dire qu’une enquête aussi minutieuse ne permet pas de mieux comprendre Rimbaud; il devient, au contraire, de plus en plus étonnant, de plus en plus mystérieux.Sur les questions les plus controversées, Jean-Jacques Lefrère — est-ce parce qu’il est médecin?— est d’une prudence extrêmement louable.Ainsi, après avoir examiné toutes les informations disponibles sur la mort et la conversion possible de Rimbaud, il refuse de conclure.Il rappelle les raisons qu’on a toujours alléguées pour mettre en doute le témoignage de sa sœur Isabelle, qui n’avait pas une dévotion pointilleuse pour la vérité; mais, d’autre part, dit-il, nous ne disposons d’aucun autre témoignage sur les derniers moments du poète.Donc, suspension du jugement.I.a biographie de Rimbaud, encombrée de légendes et de jugements partisans, avait besoin du nettoyage que lui fait subir Jean-Jacques Lefrère.George Steiner qui, dans son dernier ouvrage, Grammaires de la création, parle d’un si grand ARCHIVES LE DEVOIR Arthur Rimbaud tel qu’il apparaît dans le tableau de Fantin-Latour, Coin de table.nombre de créateurs, ne cite qu’en passant le nom de Rimbaud, l^s lettres du voyant, qui sont peut-être la dernière grande charte de la création artistique dans le monde occidental, auraient pu y jouer un rôle important.Rimbaud met en scène comme nul autre le grand duo de la création et de l’invention («Je suis un inventeur bien autrement méritant que tous ceux qui m’ont précédé.») qui structure tout le livre de Steiner.Pendant des siècles, écrit Steiner, la création artistique, en Occident, s’est conçue selon le modèle de la création divine du monde; alors qu'aujourd’hui.après la «mort de Dieu» proclamée par Nietzsche, on ne pourrait plus parler que A’«invention».C’est la raison, dit-il, pour laquelle notre époque est dépourvue d’œuvres vraiment grandes.Sans la conviction qu’ils participent à un pouvoir quasi divin, l’artiste, l’écrivain ne peuvent fabriquer des œuvres que sur le modèle de l’invention technique, et la technique ne fait rien durer.La Divine Comédie de Dante, à laquelle Steiner consacre des pages éblouissantes, n’est jamais lue complètement, il faut y revenir sans cesse, on ne l’épuisera pas; une roue, un marteau, un ordinateur, et peut-être aussi les œuvres artistiques et littéraires conçues sur le mode de l’invention, c’est fait une fois pour toutes.Di thèse de l'ouvrage prête à discussion, sans doute, mais elle répercute fidèlement le sentiment que nous avons tous d’être privés de grandes œuvres contemporaines, de n’être plus en mesure d’entrer en concurrence avec Shakespeare ou même Proust.C’est là, bien sûr, un sentiment dont il faut se méfier.Le discours de la fin est à la fois inépuisable et ambigu.Celui que tient George Steiner, je tiens à le préciser, n’a rien de réducteur, et la thèse elle-même nous importe peut-être moins, en définitive, que les parcours érudits et passionnés de l’auteur à travers l'art et la littérature de l’Occident.«Lorsque, écrit Steiner, dans le courant de l’été 1913, Marcel Duchamp acheta un entonnoir utilisé pour mettre en bouteille le cidre normand et le signa, il démantela d’un coup la définition de l’art occidental comme création, comme autorité.» Chaque fois que j’aperçois une installation, et Dieu sait qu'elles sont devenues monnaie courante dans l’art d’aujourd’hui, j’éprouve le même sentiment d’un changement, d’une perte radicale.Et ce sentiment, je l’éprouve aussi à l’audition de beaucoup d’œuvres musicales contemporaines.Mais la littérature, peut-être parce qu’elle emploie des mots et que les mots veulent toujours dire quelque chose, n’est pas soumise de la même façon et au même degré aux travaux forcés de la modernité ou de la postmodernité.Ce n’est pas une question qui, je pense, troublait beaucoup l’esprit de Mordecai Richler.Il était un conteur-né, comme je viens de le constater de nouveau en lisant une de ses œuvres majeures, Duddy Kravitz, dans la traduction fidèle et vivante de Jean Simard.Je dis bien: en lisant, et non pas: en relisant.J'avais vu le film, excellent, qui m’avait fait beaucoup rire, et je m’étais cru dispensé de traverser les cinq cents pages du roman.Or, le Duddy Kravitz écrit est souvent comique, mais d’un comique amer, violent, dévastateur auquel le film, si j’ai bonne mémoire, ne rendait pas pleinement justice.«Tout c’qui m’concerne est comique.J’fais rire tout l'monde», dit le héros, et il faut entendre dans la voix qui dit ces mots, comme dans tout le roman, l’accent rageur, quasi désespéré, qui habite les ironies richleriennes.Dans les articles, surtout les anglophones, qu’on a publiés au lendemain de son décès, on a parlé un peu trop légèrement de Richler comme d’un «auteur comique».Il y avait chez lui des abîmes.11 y avait aussi, chez ce conteur-né, apparemment livré au simple, au primitif goût de conter, une vaste et riche culture, pudique encore dans Duddy Kravitz, mais qui nourrira splendidement les romans de haut vol que sont Solomon Gursky Was Here et Barney's Version.Il me semble qu’on n’a pas encore pris la mesure de l’écrivain Mordecai Richler.Les fil$ de Noirs pauvres, aux Etats-Unis, eurent toujours la musique et la boxe, et maintenant le basket-ball, pour s’en sortir.Un fils de famille juive, lui, pouvait toujours espérer décrocher le Nobel de quelque chose.Les «Ri-tals», eux, furent traditionnellement associés aux petits métiers manuels et parfois aussi, pour le meilleur et pour le pire, à l’une de ces honorables «familles» dont nous qe parlerons pas ici.A la boxe, les Ritals ont fourni plus de jambons que de véritables champions (remarquez que John Fante ne se débrouillait pas trop mal sur un ring, et ce savoir pratique lui sera d’un grand secours en maintes occasions, à des heures.tardives et en des lieux bien mal famés).Il devint pourtant écrivain.Son parcours dans les lettres dégage le profil assez typique de l’écrivain américain acharné à survivre par sa plume: romancier par envie et ambition, nouvelliste par la force des choses, scénariste au sein de l’obscure cohorte hollywoodienne pour faire bouillir la marmite.Fante, en bon catholique, après avoir soufflé le chaud et le froid sur la foi de ses ancêtres avant de se réconcilier sur le tard avec son Dieu, considéra toujours le problème du contrôle des naissances comme central, à la fois dans son existence et dans celle de sa communauté.Il eut quatre enfants et fut un père pour le moins réticent.La famille.Avec ses lois tyranniques et son atmosphère toujours saturée, elle imprègne la moindre page de Fante.La fuir, y revenir, ce fut là l’histoire de sa vie, comme celle de son père avant lui.Pour commencer, il y a ces 17 nouvelles qui étaient restées inédites sous forme de livre et qui paraissent aujourd’hui chez l’éditeur de Fante en France, Christian Bourgois.On y trouve de purs petits chefs-d’œuvre demotion et de dérision, la voix simple et directe, bientôt familière, d’un auteur de talent qui ne tardera pas à être dévoyé par les grands studios.En un moment où la question de l’allégeance patriotique revient hanter nos voisins du Sud, il pourrait n’être pas totalement dénué d’intérêt de saluer ici le traitement qu’accorde John Fante à la condition des immigrés japonais et philippins au début de la Seconde Guerre mondiale (Un trajet en car et Mary Osaka, je t’aime).L’empathie qui court à travers ces textes est fragile et complexe dans la mesure où la question du racisme, chez Fante, ne fut jamais exempte d’ambiguïté.Il convient peut-être de rappeler que les immigrés italiens du Denver des années 20 furent eux-mêmes en butte aux persécutions du Klan, dans un tissu social protestant où toute différence n’était pas bonne à vivre.A son tour, l'œuvre de Fante regorgera de piques a l’endroit des Noirs et des Mexicains, comme si elle ne pouvait tirer son fonds que d'une expérience familiale dont on ne revient jamais tout à fait, et ce, même si le classique Demande à la poussière raconte les amours de Bandini, le narrateur, avec une serveuse mexicaine.Dans Mon chien stupide, écrit vers la fin des années 60 mais publié seulement après la mort de Fante, on ne peut se défendre d’un léger malaise lorsque le narrateur (Fante lui-même, sous un très mince déguisement) demande à son fils: «Qu’est-ce que t'as contre les femmes blanches, dis-moi?» L’ombre du père Il ne fut jamais l’homme des grands mouvements collectifs («Mon but dans la vie, c’est d’assurer mon salut», annonce-t-il dès le départ à H.L Mencken, son protecteur, éditeur des premières nouvelles dans The American Mercury).Lecteur enragé de Nietzsche, donc, mais surtout catholique jusqu’au bout des doigts.Le salut et la perte, l’image écrasante, omniprésente, d’un père instable et violent, héros plus grand que nature dont le petit John, même devenu géniteur à son tour, n’arrivera jamais à se débarrasser complètement.La mère, elle, sera réduite à une pieuse icône de mater dolorosa, incapable de faire un contrepoids.Chez les Fante, l’alcoolisme se verra transmis de père en fils, en même temps qu’un certain fatalisme.John Fante, l’écrivain de la fa-milia, avec ses sommets burlesques et ses creux de vague larmoyants.Les meilleures nouvelles de Grosse Faim sont précisément celles qui baignent dans le climat perpétuellement outré où s’entrecroisent mélodrame et tragicomédie, registres qui sont comme la respiration normale du clan.Fante dépèce le tout avec une joyeuse et féroce ironie, lucide et jamais dénuée de tendresse.Un beau bordel d'émotions, débordant de vie brute.Il faut assister, en voyeur, aux conseils de famille auxquels Fante nous convie dans Une femme de mauvaise vie et Les Péchés de la mère, endurer, tordu de rire, l’inoubliable deuil anticipé de Marna Andrilli dans Le Rêve de maman et se rappeler ensuite qu’écrire sur les siens, pour n’importe quel romancier, offre une matière première en apparence facile, peut-être, mais aussi le plus grand défi.Chez Bourgois paraît en même temps Plein de vie - Une biographie de Fante, par Stephen Cooper.L’ouvrage comporte bon nombre de faiblesses, la pensée de l'auteur n’y apparaissant pas toujours exprimée avec toute la clarté voulue (ou serait-ce la tournure de certaines phrases ou d’occasionnels relâchements de la traduction qui font naître cette Louis H a tn e l in ., H CM»» Ht M) OUtBK ;art de l’éphémere Les œuvres d’autistes polyvalents et diversifiés recueillies ici permettent de lire en filigrane l’histoire du Québec depuis la fin du XIXe siècle.Marc H.Choko, directeur du Centre de design de l’UQÀM, signe cet ouvrage important et magnifiquement illustré, hommage à une riche création artistique et à ses auteurs.SALON DU LIVRE ANCIEN DE MONTRÉAL LES EDmONS DE L’HOMME la \ le livre» 29 et 30 septembre 2001 Samedi midi a 1 8h ?Dimanche 11 h a 1 7h UNIVERSITÉ CONCORDIA Pavillon McConnell 1,400, boul.de Maisonneuve O.GRAND CHOIX DE LIVRES ANCIENS ET RARES, ILLUSTRÉS, PREMIÈRES ÉDITIONS, BELLES RELIURES www.•dhomme.com le devoir ADMISSION: S.00S pour les detnr Journées ivieri librairie ^bistro Ifl LU LO — 5219.Cote-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges Tel.: 51W39.3639 Fax : 514.739-3630 servicpüJMibrameolivipri.com impression?), reste que le tout se laisse lire sans problème, de loin supérieur à la vague tentative effectuée par un romancier du nom de Sylvain Reiner, au Castor Astral, en 1999 (John Fante - La détresse et la lumière).L’intérêt principal de Plein de vie est d’illustrer comment, au fil d’une carrière de scribouilleur en dents de scie, John Fante, jeune écrivain ambitieux en qupte de son salut, va connaître une chute aussi lente que mortellement débilitante sur le terrain de perdition de prédilection des auteurs américains: Hollywood, la grande usine à broyer les talents et à régurgiter une prose anonyme qui, dans le meilleur des cas, sera phagocytée par les projecteurs.Certains y ont survécu, comme Faulkner.D’autres, tel Nathanael West, y ont perdu leurs ailes.Fante, lui, amateur de voitures rapides et de virées de poker avec les copains, avouait détester écrire pour le cinéma mais priser hautement le fric que cette forme de prostitution lui procurait.De Rome où, enfermé dans un appartement par les bons soins d’un producteur, il s’extirpait une énième bluette des tripes, il écrit , à sa femme (la belle Joyce, son ! «rêve américain», d’abord poétesse puis occultiste à la manque, , qui occupera ses vieux jours à as- , surer l’immortalité de son mari): , «Nous courbons sous le joug, à produire des cigarettes, des voitures et des disques pour une génération ¦ qui ne demande rien que nos vies _ mêmes.» Un certain «John E.[Es- , clave] E'ante» signait la lettre.Toujours la question des générations, à laquelle, apparemment, ’ il ne pouvait échapper.Ainsi, troi- , sième volet de cet événement Fante chez Bourgois, on trouve le second roman du fils, Dan.Vraiment pas très bon.Le cadet donne l’impression de s’enliser dans les clichés que le grand talent du père, porteur de cette lu- , mière que crée une vision unique, lui permettait de survo- , 1er.Alcoolisme, mauvaises femmes: la roue continue de tourner.Le livre est dédié à Nick, l’aîné de,la famille: «Mort d’alcoolisme.Ecrasé comme un chien dans la rue.» En terminant, peut-être êtes-vous de ceux qui croient que la littérature n’a plus rien à dire sur le monde où nous vivons?Qu’elle aurait cessé, bref, d’être porteuse d’un «discours»?Alors, ce petit conseil: fermez les yeux, revoyez les tours jumelles en train de s’effondrer dans un nuage de gravats, puis lisez, ou relisez.Mao U de Don DeLillo.GROSSE FAIM John Fante Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Brice Matthieussent Christian Bourgois Paris, 2001, 329 pages PLEIN DE VIE -UNE BIOGRAPHIE DE JOHN FANTE Stephen Cooper Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean Rosenthal Christian Bourgois Paris, 2001, 513 pages LA TÈTE HORS DE L’EAU Dan Fante, Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean-Pierre Aoustin Christian Bourgois Paris, 2001,222 pages I.K 1» K V O I H , L K S S A M K it I K T D I M A N » H K S K I’ I h M B K K 2 t» 0 I -^ L i v littérature française Récit de la guerre contemporaine «La vie n’est rien d’antre qu’un présage de mort», écrit l’inquiétant Paul M.Marchand GUYLAINE MASS©HIRE Quand il publie Sympathie pour le diable, en 1997, la presse salue le brûlot, tout en soulignant son ecnture incandescente.Paul M.Marchand, correspondant français à Beyrouth, de 1984 à 1992, et a Sarajevo, de 1992 à 1994, a quitté le feu gravement blessé.Reporter à la radio de Radio-Canada, il a livre deux récits perturbants: Sympathie pour le diable (Lanctôt) et Ceux qui vont mourir (Grasset), romans sur la guerre contemporaine et sur ceux qui la font.A quoi servirait l’art, s'il évitait de dire les credo, surtout les plus incompréhensibles?Il y a des romans qui s'exposent au monstrueux.Paul M.Marchand est tatoué au fer d'une telle urgence: faire voir les pensées et les justifications qui servent, comme une anti-morale, à l’action de guerre.Sympathie pour le diable traitait justement du «diable», en suivant des actes de bravoure à Sarajevo.On y allait du geste de courage a l’exaction.Le diable, c’était un sniper, médecin réanimateur dans un hôpital de jour.Le diable pouvait être chacun.Comment les supporter, ces traits en filigrane des engagés lucides, des chevronnés de la brutalité, des blessés de corps et d’âme, des kamikazes, prêts à mourir à chaque instant?L’ouvrage faisait réagir.Ceux qui vont mourir récidive.C’est une plongée noire, dont le titre vient d’une formule célèbre, dont on croyait le sens ravalé pour toujours: «Morituri te salutant».Marchand traduit librement: «La vie n est rien d'autre qu’un présage de mort».Rencontre avec-un trompe-la-mort.Dans l’œil de la guerre Rappelons le contexte du livre.Le Liban vit la guerre civile depuis 1975; en 1982.Israël s’affronte violemment aux factions libanaises.Le Hezbollah, d’abord sur une base d’unité islamiste, entretient une guérilla sur la formule «représailles-dissuasion», pleine d’opérations kamikazes.Mais, depuis 1992, son action rejoint la voie parlementaire.Cependant, au sud du Liban, la guerre n’a jamais cessé.Les populations frontalières vivent la terreur et la résistance.L’armée libanaise ne contrôle toujours pas la région.Le roman de Marchand se situe là.Toute situation inextricable évolue lentement.Les premiers artisans de cette évolution sont ceux qui connaissent les acteurs en présence.Les reporters de guerre font partie de cette espèce spéciale, qui ne renonce jamais à la vérité.Ils montrent les mentalités en circulation, ailleurs et, nous le savons, autour de nous.Ce livre touche à bien des aspects mortifères, sans référence à la religion.Dans un climat digne de la guerre au Kosovo, Marchand place son narrateur.Journaliste, celui-ci a rejoint «Les Têtes brûlées», ces «mercenaires de presse» qui refusent de jouer les touristes et risquent leur peau en traversant les lignes de fronts.Ses papiers et ses relations le protègent.Ce jour-là, il se rend à l’aéroport D est alors victime d'un tir de «pluie faucheuse»’.un attentat des plus stupides, puisqu’il vient d’un «tir ami».On regrettera plus tard qu’il s’en sorte, mais lui ou un autre, c’est là l’histoire.Logique de la vie étranglée De Paris, plus tard, celui-ci écrit à son fils, âgé de onze ans, demeuré au Liban.Il y évoque onze ans de déchirements, où l’histoire s’écrit dans la fracture, entre les bravades, l’errance et le rocambolesque.«Ma mémoire positive est quasiment vide, je ne conserve gravé que le malheur et les réminiscences oppressantes, décrit le narrateur.Ma boîte noire s'est changée en tombeau qui déborde.Elle ne sauvegarde que le goût du sang et celui de l'acier brûlant dans les chairs, les amis morts et les départs précipités, les tentatives d'humiliation, les fausses pistes et les pertes de temps obligées, la fournaise des foires aux horreurs et ses hurlements, les innombrables cadavres et les résurrections ajournées, les larmes sulfuriques et les colères innervées de cimes irrespirables.» j/ m KFCTERS Au sud du Liban, la guerre n'a jamais cessé.Les populations frontalières vivent la terreur et la résistance.Dans son récit, on frôle les dangers incessants de la survie; les snipers, les attaques, les mines, les bombardements.Pourtant, un enfant est bien né — «une insolence extravagante», les habitations en ruine, les communications coupées, le ravitaillement problématique, la vie suit son cours imprévisible, banalisé.Au lieu des plaisirs, l’enfer des disparitions irrémédiables, des incertitudes, des effondrements; ce lot ordinaire des populations en guerre est leur vie.Mais la mort, dans la guerre, gruge et avale tout.En attendant quelle frappe, un fil ténu unit la vie à la mort, et tant qu’il tient, il étrangle toutes les perceptions.Di haine et le chaos, visages de la mort Plus le récit avance, plus cela empire.Pour poursuivre ce livre, il faut comprendre qu’il n’y a pas de renseignement propre, en temps de guerre: «la promiscuité dans la forfaiture et la saloperie, forcément, cela créait des liens, des dépendances et des complicités», dit le personnage, qui a choisi son camp, crachant sur l'ONU tout en continuant ses papiers.Marchand tient son homme.Le récit aborde les méthodes de torture pour faire parler les fedayins.En particulier, les techniques utilisées par les pilotes d’hélicoptère.C’est inimaginable, insensé.«Du moche et du fielleux à perpétuité».Plus loin, le récit plonge dans la vengeance.On lit alors comment «composer avec les moyens du bord, sans la diplomatie lourde et coûteuse ou les effets spéciaux.Cinq bras pour tuer, la mort, comme le retrait d’une ordure de la rue.».les 40 dernières pages sont atroces.La torture, multiforme barbarie, motivée par la haine, par la douleur, par la lutte contre celui qui score dans l’ombre en virtuose., — bref, la mise à mort inqualifiable est montrée.Le cynisme est dur à prendre: l’inquiétant Marchand n'est pas un moraliste.Le bilan d’un tel livre est aussi lourd que le silence.Il vient à pic, pour réfléchir en profondeur.Dédui-sons-en l’incomparable prix de la paix — la paix à tout prix —, seul baume à cette écriture qui vous explose au visage: «Dans la pagaille de la guerre, dans son ambiance de récréations illimitées et d’autonomies imparables, il est possible de formuler l’axiome des prémices d’une authentique liberté: “Je fais ce que je veux.”».Uberté?il faudra discuter.CEUX QUI VONT MOURIR Paul M.Marchand Grasset Paris, 2001,251 pages FRANCOIS HUDON LE PARC JARRY D'HISTOIRE À travers le parc Jarry, c’est Montréal et tout le Québec qui se rappelle son histoire.François Hudon 15 sur 23 cm • 204 pages • 2-89381-811-0 • 18,95 $ Wn HoUTTE I T?hi*loiir d’un bon r.»fé I tVî.l a.Ërklt \«n Hmif»' Les Québécois ont découvert le goût du vrai café grâce à la famille Van Houtte.Erick Van Houtte 15 sur 23cm* 25$piges • 2-8938I-705-X • 18,95 S CM mB an.‘wü ¦ SEr vMW'ini Les Éditions LOGIQUES inc.7.chemin Bates.Outremont (OC) H2V 1A6 DISTRIBUTION EXCLUSIVE: QUÉBEC-LIVRES R E S B A NUES DESSINÉES Le neuvième art se mobilise DENIS LORD Comme tout le monde aux Etats-Unis, le milieu de la bande dessinee a ete touche par les attentats du 11 septembre.A la même epoque devaient se tenir a Washington deux événements majeurs dans ce qu'on appelle la berie d'auteur l'International Comic ;uul Animation f estival (1CAE) et le SPX-The Expo.Organise par le departement de français de (université Georgetown, 1TCAE accueille chaque année des auteurs américains et européens, ainsi que des conférenciers universitaires.Quant au SP\ 11 ic Expo, qui devait se tenir du 14 au 16 septembre, c'est un salon rassemblant tout ce que le pays compte d’auteurs marginaux, expert mentaux ou simplement autopubliés.Des micro-edi leurs européens et canadiens y sont egalement presents.les deux événements ont ete annulés mais la scène américaine bede n'a pas ete longue à réagir.Autre cible des attaques, la ville de New York est devenue depuis quelques années, selon l'auteur Matt Madden (Black Candy), la scène la plus importante au pays (-n matière de bande dessinee alternative et litto raire.«Même si on ne se tient pas ensemble, il y a beaucoup de sousgroupes et de jeunes auteurs prometteurs." Tout comme nombre d’auteurs new-yorkais, dont son épouse Jessica Abel, également bédéiste.Madden devait se rendre à Washington jiour le Sl’X.Pour les be-déistes, cet événement représente une importante source de revenus et de visibilité.Pour faire face à l’épreuve, les auteurs ont décidé de se regrouper et de monter un salon parallèle, le Sl’-Xiles.«le lendemain de l’attaque, je faisais le lancement de mon nouveau livre /Odds Off, publie par Highwater) au bar Butta Ely à Brooklyn», explique Madden.«Au cours du lancement, avec d'autres auteurs, nous nous sommes mis à parler de taire quelque chose pour pcdlier l’absence du SIX la pre sence de l’éditeur de Stereoseomic, Alban Rautcnstrauch.arrivé de France le lundi precedent pour se rendre à Washington, a été pour beaucoup dans notre décision de monter l'événement.» Grâce a l’envoi massif de courriels.Madden et Abel ont pu organiser et publiciser leur salon de crise en quelques heures, avec l’aide des auteurs Leela Gorman, Tom Hart, Gabe Soria, Sara Varon et Ellen Lindner.le SP-Xiles a donc eu lieu dimanche dernier à l’atelier du peintre Charlie Orr, rassemblant plus de 2(X) visiteurs dont 80 bédéistes.Selon Matt Madden, en outre un des organisateurs de OubapoAmerica (-1 du Comix Decode, le SP-Xiles a eu plusieurs effets positifs: «Ça permis à la communauté des auteurs de se rendre compte quelle était forte et de tisser des liens; en plus de gagner de l’argent pour nous-mêmes, nous avons pu amasser 1925 $.Une moitié de cette somme a été donnée à la Croix-Rouge, l’autre au New York Fire Fighter's 9-11 Relief Fund.» l-t's éditeurs se mobilisent Réagissant avec une étonnante promptitude, plusieurs éditeurs américains onl rapidement mis sur pied des projets d’albums collectifs dont les profils se ront versés aux victimes des attentats.Chez Marvel, le projet rassemble de grands noms comme Frank Miller.Stan Lee.Todd McKarlane et John Romita.Chez Alternative Comics, on a muni 40 auteurs américains pour un recueil de bedes non tictives de 128 ixiges poruint sur leurs extxiiences ivliecs a la tragédie.1 .i plupart des auteurs de 9-11 Emergency Relief sont New-Yorkais On y retrouve Madden ('t Abel (Artbabe) m;iis aussi, entre autres.Will Eisner, James KiX'halka.Frank Cho et IVan Haspiel.L’éditeur Jeff Mason explique le sens de son geste: «Je suis vraiment choque par une partie de la rhétorique et du comportement qu'on nous sert en guise de patriotisnu et je crois qu ’un livre proposant une alternative à la xenophobic et à l'antagonisme est une bonne chose J’ai demande aux auteurs des images ou des histoires qui leur étaient personnelles, réfléchies, introspectives, qui soient liees avec leurs expériences et avec l’humanité.» les prolits de la vente de '¦All Emergency Relief, disponible en janvier prochain, seront verses à la Croix-Rouge Pour aider a la publication de ce titre, le premier d’une sérié d'albums benotices, l'imprimeur Québécor a projxiso à Alternative Comics un prix très bas; le distributeur, Diamond, a oflert de la publicité gratuite et des dons sur sa |xu t de profit.Pour voir des photos du SP-Xiles: tacw.artbabc.com spxiles.html.lovditu cimimail.coin MAKE COMICS NOT WAR "J .• 31 Q AS A RESULT OF TUESDAY S NATIONAL DISASTER.THIS YEAR'S SMALL PRESS EXPO (SPX) IN BETHESDA.MD NAS BEEN CANCELED HOWEVER, IN AN EFFORT,TO COME TOGETHER AS A COMMUNITY AND CELEBRATE THE STRENGTH OF THE COMICS MEDIUM IN THE FACE OF TRAGEDY, WE ARE PROUD TO ANNOUNCE SP - BROOKLYN’S FIRST EMERGENCY COMICS CONVENTION ' - .i , , - W v> * evEKxone who plamêo all ¦yeas to comcxto •SPX t THE.SMALL PMSSS fXPO) A/YD:MADE /YEW 0OOKS EVEAYO/YE WHO IS Mt&SI/YO ALL THEI* comvx reiE/YDS evepyoaie who loves comix a/YD HATES TEeeOrllSM COME ro SP KICKS' ; FOR MORE INFORMATION! http: 'www.artbabe.com/nycovents.html at, a'Iêil* m* 51-55 NASSAU AVENUE, APT U2A CORNER OF GUERNSEY AND NASSAU SUNDAY, SEPTEMBER 16 NOON-6PM Al A.M i.Ê mid I 1ft .I gPEClAL THApfKÇ J O CHAKUt OAR* _ SOURl'K SITK SP-XIUvS L’affiche de SP-Xiles .tSW' h .I A " ‘.W, D /T Jy La Bible, mieu Mir : V.• 44 li.Traduction entièrement nouvelle par 47 écrivains et spécialistes de la Bible Six années de travail.3200 pages.En librairie.59,95 S.'¦ Vt MEDIASPAU V IWfG-PRflGRAMMATMIM : 1-819-373-5843 HÔTH.GDUVEMIE1IR : • 819-379-4550 Repas-Poésie 30 sept.& 7 oct.29 sept.-7 oct.29 sept.-7 oct.29 sept.-7 oct.11 hOO Muffin-poésie Librairie Morin 4000, des Forges (819)694-1116 12h00 Dîner-poésie 19h00 Souper-poésie Angéline Ristorante 313 A, des Forges (819) 372-0468 12h00 Dîner-poésie 19h00 Souper-poésie Resto Le St-André 1140, St-Prosper (819) 376-5811 12h00 Dîner-poésie 19h00 Souper-poésie Le Lupin 376, St-Georges (819) 370-4740 29-30 sept.&6-7 oct.1 -5 octobre 1-5 octobre 30 sept., 1-5 & 7 oct.12h00 Dîner-poésie Resto-bar Le Comic 334, des Forges (819) 370-6655 12h00 Dîner-poésie 19h00 Souper-poésie Au Pour à bois 329, Laviolette (819) 373-3686 12h00 Dîner-poésie BouffElles Café 767, St-Maurice (819) 378-6963 19h00 Souper-poésie Bistro St-Germain 401, St-Roch (819) 372-0607 30 sept.4 octobre 29 sept.-7 oct.29 sept.,2-6 oct.18h00 Souper-poésie U Vignoble Hôtel Gouverneur 975 Hart (819)379-2131 18h00 Souper-poésie La Becquée 4970 des Forges (819) 372-1881 Rencontres-poésie IShOOet 19h30 Librairie Morin 4000, des Forges (819) 694-1116 10h00-20h00 Poèmes sur cassettes audio Bib.Cap-Madeleine 70, St-Pierre Cap (819) 478-8826 Atelier-poésie 30 sept.4.5.7 oct.Apéro-poésie 29 sept.-7 oct.Apéro-poésie 29 sept.-7 oct.Apéro-poésie 29 sept.-7 oct.Atelier d’écriture 15h00 Salle régionale Maison de la culture l425,PI.Hôtel-de-ville 15h00 Poèmes de jour Café-Gai.Embuscade 1571, Badeaux (819) 374-0652 Radio-poésie 16h00 UQTR Chasse-Galerie 3351, des Forges (819) 697-2368 17h00 Apéro-poésie Calé Bar Zénob 171.Bonaventure (819) 378-9925 29 sept.-7 oct.29 sept.-7 oc.Récital-poésie 29-30 sept.Récital-poésie 28-30 sept., 1-4 oct.17h00 Apéro sans fumée Bar L’Hexagone-Delta 1620, Notre-Dame (819) 376-1991 17H00 Apéro-poésie Resto-bar Le Comic 334,des Forges (819) 370-6655 19h00 Récital-poésie Zénob 171, Bonaventure (819) 378-9925 20h30 Récital-Poésie Café Bar Zénob 171, Bonaventure (819) 378-9925 Récital-poésie 1 -5 oct.Récital-poésie 3-4 oct.7 OCt.20H30 Musique-poésie Resto-bar Le Comic 334 des Forges (819) 370-6655 20H00 Chants-poésie Le Maquisart, 10 $ 323 des Forges (819) 379-0235 19h30 Impro-poésie Le Maquisart 3$ & 4$ 323, des Forges (819) 379-0235 Poèmes de nuit 29 sept.-7 octobre 29 sept.-7 oct.Ciné-poésie 30 sept-6 oct.23K00 Poèmes de nuit Café Bar Zénob 171, Bonaventure (819)378-9925 OlhOO Voix off Calé Bar Zénob 171, Bonaventure (819) 378-9925 14h00 : 30 sept.19H30 : 28 sept.1,3,5 oct.20h00 : 29 sept.,6 oct.858, Laviolette (819) 376-4459 iinniii!ini«u!ims.ni Poètes Lauréats RliaionHMPHitmra ât&ÉSVj BIEUIHHHHHHH FtJÙvûl InUmaltothil Stéphane a a 128.di Pasquale, Roberto (Argentine) 48.DesnnsMiux, Pierre B a a 129.F*ll, Marouba (Sénégal) a a a a 49.0% Yvb a 130.îtoani Jacques (Belgique) 50.Doom.Alain a a a a a a a 131.Leuwers, Daniel (France) a a a 51.Dorion, Hélène a a 132.Lindqvwt.Ingalina (suède) S.Devon.Paule a a a a 133.Maoaow.Monica (Mexique) 53.Femer, lan a 134.Matherne, Beverh* {Louisane} 54.Fisette, Alain a a a 135.Mohammedi .Anissa (Kabvlie.'Algérie' a a a a a 65.Francoeur, Lucien a 136.Momini.Bernard (France) a a a a a 56.Fuemes-Imbert, Rovds a 137.Montmaneix.François (Franco) 57.Gagné, Dominic a 138.Nessi, Alberto (Suisse) 58.Garoeau.Jacques a a 139.Orono, Tatiana (Uruguay) 69.Garnier, Edck a a 140 OtttaSbi.Jtawf (TanM a a aï 60.Gfhrutt, Yannick B.a 141.Pavioff, Franck (Bulgarie/Franc*) 61.Germain, Christine a a 142.Porrante, Jean (Luxembourg) 62.Hébert, Louis* Philippe a 143.Rogers.Bertha (Etats-Un») a a a 63.bsa.Mireille B^ r- | 144.Scbmitx André (Belgique) 64.Janiwteau, Sylvain a a 145.Slone.Tod G.(Etats-Ums) 65.Jutras.Benoît a a 146.Starova, Loan (Macédoine) 66.Uhrie, Pierre a a a a 147.Sieved, Elena Seva (Roumanie) 67.Ijchance, JeaiuGuy a 148.Susanna, Ale{ Espagne) Uctwfwtl,, CSm, a 149.Tiboikhé.Hanùd (Algérie) a a a a 69.1 jcturiie, C*rl a a a a a 156.Verhegghe, Willie (Belgique) 70.Larouche, Jean-Sébastien a a a 151.Vieuguet, pierre (France) 71.Uwnfor».Camlk a a 72.Lavoie, Yves a 73.1,efebvr*, Jean-Marc a a septembre http://vvwvv.aiqnet.com/riptr octobre 2001 SUGGESTIONS PARMI LES 410 ACTIVITES 16h00.Vernissage : Entre l’inerte et le.t clameure.Oeuvres : Normand Boucher.Poèmes : Gilbert Langevin.Foyer de la Salle J-A Thompson, 374, des Forges, (819) 374-3521.IThOO.Vernissage : Engoulevent.).Photos : Marc Jutras (Québec).Poèmes : Stéphane Despatie (Québec).Bibliothèque Gatien-1-apointe, 1225, Place de l'Hôtel-de-Ville, (819) 374-3521.17h00.OUVERTURE OFFICIELLE DU FESTIVAL.Maison de la Culture.1425, Place de l’Hôtel-de-Vdle.Tous les poètes sont présents.Remise du Grand Prix du Festival International de la Poésie (Roger Des Roches), des Prix-Piché-de-Poésie de l’UQTR (1" Isabelle Forest, 2' Patrick Nicole), du Prix-de-Poésie-Félix-Antoine-Savard (Monique Juteau), du Prix-Félix-1 x'clerc-de-Poésie.Lancement Éerite dre Forge**, Eotuaire, Arcade, Fecit, lèvree urbaineo, des livres des poètes invités.Présentation officielle des poètes.18h00.Vernissages de : Une bietoire inventée : 1-ouise Robert (Québec), Délire : Ixiuise Paillé (Québec), L'eau m’a dit : Michel Depatie (Québec).20h30.Soirée de poésie.Café Bar Zénob, 171, rue Bonaventure, (819) 378-9925.Poètes : Daniel Dargis, Paul Dallaire, Jean-Guy Lachance, Agnès Riverin, Richard Sage.David Bergeron, Come Lachapelle (Québec).IHÜÎBîHlIiiiiJSStlBffHîffil 14h00.Deux poètes et la Bible.Théâtre l’Eskabel, 363, Bureau, (819) 376-2428.Poètes : Pierre Ouellet, Marie-Andrée Lamontagne (Québec).14h00.Vernissage : Le quotidien en couleur.! et poéjic.Œuvres : Patrice Ahrweiller (Québec).Poèmes : Bruno Roy (Québec).Centre d’exposition sur l'industrie des pâtes et papiers, 800, Parc Portuaire, (819) 372-4633.15h00.Café-poésie-Librairie Morin-Café Morgane, 4000, boul.des Forges.(819) 379-4163.Entrevue : Gérald Gaudet.Poète : Jean Portante (Luxembourg).17h00.Vernissage : Livrée d'artietee : Chantal Legendre (France).Poèmes : Pierre Vieuguet, Jacques Gaucheron (France), Claudine Bertrand (Québec).Maison Hertel-de-la-Frenière, 802.des Ursulines, (819) 376-5308.Poète : Pierre Vieuguet (France).19h00-20hl5.Récital de poésie Amnistie Internationale et P.E.N.Club.Calé Bar Zénob, 171, rue Bonaventure, (819) 378-9925.Poètes : Gérard Blua (France), Seyhmus Dagtekin (Kurde né en Turquie), G.Tod Slone (États-Unis), Luan Starova (Macédoine).Pierre Ouellet, Yves Boisvert, Émile Mattel (Québec).Le dimanche 30 septem BBS 11 hOO.Muffin et poésie.Librairie Clément Morin-Café Morgane, 4000, boul.des Forges, (819) 379-4153.Poète : Bruno Roy (Québec).14h00.Vernissage : A perte de vue Francine Turcotte (Québec).Poèmes : Gilles Devault (Québec).Galerie d'Art du Parc, 864, des Ursulines, (819) 374-2355.18h00.Souper-terre-mer-poésie.Restaurant Le Vignoble, Hôtel des Gouverneurs, 975 Hart.Réservations : (819) 379-2131.Coût : 24,95$ + taxes et service.Poètes : Luan Starova (Macédoine), Klavs Bondebjerg (Danemark), Willie Verhegghe (Belgique), Tariana Orono (Uruguay), Pierre Vieuguet (France), Pierre Desruisseaux, Camille Laverdière (Québec).20h00.Spectacle-Poésie î Compagnie Cent doutes (France).Théâtre LEskabel, 363, Bureau.(819) 376-2428.12h00.Dîner-poésie.Angéline Bar Ristorante, 313 A, des Forges.(819) 372-0468.Paule Landty chante les poètes.19h30.Récital de poésie.Gagnant(e)s du concours du Conseil de l’Age d’Or de la Mauricie et remise des prix.Maison de la Culture, 1425, Place de l’Hôtel-de-Ville, (819) 374-5774.20h30.Poésie et chansons.Le comique à travers la chanson et la poésie humoristiques.Resto-Bar Le Comic, 334, des Forges, (819) 370-6655.Piano : Gilles Hamelin.Chansons et poésie : Guy Marchamps.Poète : Bernard Pozier (Québec).Le mardi 2 octobr I7h00.Apéro-poésie.Éditions Prise de parole (Ontario).Café Bar Zénob, 171, Bonaventure, (819) 378-9925.Poètes : Marc LeMyre, Arash Mohtashami-Maali (Ontario), Gaston Tremblay, Patrice Desbiens (Québec).I9h00.Soirée-poésie.Musée des religions de Nicolet, 900, Louis-Fréchette, (819) 293-6148.Poète : François Montmaneix (France), Bernard Pozier (Québec), Pierre Chatillon (Québec).Le mercredi 3 octob S lOhOO.Lancement : La stratégie de*) maringouin*! (documentaire).Réalisation : Lisa Sfriso.Production : Vidéo Femmes.Maison de la Culture, 1425, Place de l'Hôtel-de-Vtlle.17h00.Apéro-poésie.Écrits des Forges.Café Bar Zénob, 171, Bonaventure, (819) 378-9925.Poètes : Jean Portante (Luxembourg), Roberto di Pasquale (Argentine), Maurice Cadet (Haïti-Québec), Fredrick Gary' Comeau (Acadie), Denise Boucher, Yves Désy, Agnès Whitfield, Louise Deschênes, Jean-Éric Riopel, Martin Pouliot, Michel X Côté (Québec).I7h00-19h00.Rencontre-Poésie.Calé St-Georges, 250, rue Hériot, Drummondville, (819) 475-3500.Poètes: Giuseppe Conti (Italie), Monica Mansour (Mexique), Seyhmus Dagtekin (Kurde né en Turquie), Luan Starova (Macédoine).19h00.Récital-poésie.Resto-Bar Le Somnambule.599, 4e rue, Shawinigan, (819) 537-5718.Poètes : Beverly Matherne (Etats-Unis), André Schmitz (Belgique), Yves Boisvert.Jeanne Painchaud (Québec).20h00.Le tour du monde en 21 chants.Le Maquisart, 323, des Forges, (819) 379-0235.Artistes : Trio Danielle Grenier.Poètes : Jonh F.Dean (Irlande), Sara Cohen (Argentine), Elena Stefoi (Roumanie).Coût : 10,00 $ tx inch 20h30.Poésie et chansons.Le comique à travers la chanson et la poésie humoristiques.Resto-Bar Le Comic, 334, des Forges, (819) 370-6655.Piano : Gilles Hamelin.Chansons et poésie : Guy Marchamps.Poète : Jean-Paul Daoust (Québec).Le jeudi -1 octom 17h00-18h45.Apéro-poésie.Revue Estuaire.Café Bar Zénob, 171, Bonaventure, (819) 378-9925.Poètes : Jean-Marc Desgent, Jean-Paul Daoust, Monique Deland, Martine Audet (Québec).17h30.Souper de la Société St-Jean-Baptiste de la Mauricie.Thème : les interdictions de parler sa langue.Restaurant Le Souvenir d’Indochine, 1411, rue Notre-Dame.Réservations : (819) 375-4881.Coûts : membres 13,00 $, autres 15,00 $, taxes et service inclus.Poètes : Seyhmus Dagtekin (Kurde-Turquie), Anissa Mohammedi (Kabylie/Algérie).18h00.Souper-musique classique-poésie.Restaurant La Becquée, 4970, boul.des Forges.Réservations : (819) 372-1881.Poètes : Sara Cohen (Argentine), Gérard Blua (France), André Schmitz (Belgique), Roger Des Roches (Québec).19h00-20hI5.Récital.Les Éditions de l’Hexagone (Québec).Café Bar Zénob, 171, Bonaventure, (819) 378-9925.Poètes : Martine Audet, Yves Préfontaine, Isabelle Courteau, Tony Tremblay (Québec), Salah El Khàîa Beddiari (Algérie/Québec).19h30.Soirée-poésie-Librairie Morin-Café Morgane.Les Éditions du Noroît (Québec).Morin-Café Morgane, 4000, boul.des Forges, (819) 379-4153.Poètes : Jean-Marc Lefebvre, Claude Paradis, Joël Pourbaix, Martin Thibault, Larry Tremblay, Hélène Dorion (Québec).20h00.Le tour du inonde en 21 chants.Le Maquisart, 323, des Forges, (819) 379-0235.Artistes : Trio Danielle Grenier.Poètes : Erin Moure (Québec), André Schmitz (Belgique), Klavs Bondebjerg (Danemark), Beverly Matherne (Etats-Unis).Prix : 10,00 $ tx inch 20h30.Érotisme et poésie.Resto- Bar Le Comic, 334, des Forges, (819) 370-6655.Piano : Gilles Hamelin.Chansons et poésie : Guy Marchamps.Poètes : Jacques Izoard (Belgique), Jean-Paul Daoust, Carole David, Christine Germain, Tony Tremblay (Québec).17h00.Apéro-poésie.Éditions Arcade (Québec).Café Bar Zénob, 171, Bonaventure, (819) 378-9925.Poètes : Claudine Bertrand, directrice, Alonica Mansour (Mexique), Sara Cohen (Argentine), Tatiana Orono (Uruguay), Anissa Mohammedi (Kabylie/Algérie), Bertha Rogers (États-Unis), Annie Molin-Vasseur, Louise Blouin, Ixntise Portai, Monique Juteau (Québec).17h20 Lancement : L’Homme rapailté (en espagnol) de Gaston Miron.Maison de la culture, Place de l’Hôtel-de-Ville.(819) 370-1502.18h30.Récital en langue espagnole : VIII tarde otônal de poeeia y mu.!ica.Maison de la culture, 1425, Place de l’Hôtel-de-Ville.(819) 370-1502, Poètes : Monica Mansour (Mexique), Laura Cerrato (Argentine), Sara Cohen (Argentine), Roberto di Pasquale (Argentine), Tatiana Orono (Uruguay), Alex Susanna (Catalogne/Espagne).19h00.Poèmes en langue anglaise.Eglise anglicane St-James, 811, des Ursulines, (819) 374-6010.Poètes : Bertha Rogers (États-Unis), G.Tod Slone, Beverly Matherne (Etats-Unis), John F.Deane (Irlande), David Helwig (île-du-Prince-Edouard), Erin Moure (Québec).19h30.Vin-fromage-poésie.L’Association Québec-France Mauricie reçoit.Maison Hertel-de-la-Fresnière, 802, des Ursulines.Coût : 12,00 $ (membre), 15,00 $ (non-membre).Réservations : (819) 378-7845 ou (819) 374-1452.Lancement du recueil Vin et poésie.Poètes : Elena Seva Stefoi (Roumanie), Bernard Noël (France), Luan Starova (Macédoine), Germaine Mornard, Jean-Yves Théberge (Québec).14h00.Grande Soirée de la Poésie 1 : dédiée à la mémoire de Denis Vanier et Josée Yvon.Maison de la Culture, 1425, Place de l’Hôtel-de-Vtlle.Prix : 10,00 $ taxes inch Réservations entre 1 IhOO et 18h00: (819) 380-9797.Poètes : 32 poètes sur scène.20h00.GRANDE SOIRÉE DE LA POÉSIE 2 : dédiée à la mémoire de Denis Vanier et Josée Yvon.Maison de la Culture, 1425, Place de l’Hôfel-de-Ville.Prix : 10,00 $ taxes inch Réservations entre 1 IhOO et 18h00: (819) 380-9797.Poètes : 32 mêmes poètes qu’à 14h00.23h00.Poèmes de nuit.Café Bar Zénob, 171, Bonaventure.(819) 378-9925.Jazz et poésie : musiciens : Trio Alex McMahon.Poètes : Monica Mansour (Mexique), Sara Cohen (Argentine), Alberto Nessi (Suisse), Luan Starova (Macédoine), Marguerite Andersen (Ontario), Antonio DAlfonso (Ontario), Erin Moure, Louise Portal.Tania Langlais, Pierre Morency, François Charron, Linda Bonin (Québec).1 IhOO.Muffin et poésie.Librairie Clément Morin-Café Morgane, 4000, boul.des Forges.(819) 379-4153.Poète : Roger Des Roches (Québec), lauréat du 17' Grand Prix du Festival International de la Poésie.17h00.Apéro-poésie de la revue Exit.Café Bar Zénob, 171, Bonaventure, (819) 378-9925.Poètes : Denise Brassard.Mario Cholette, Linda Bonin, Stéphane Despatie, Éric Roberge, Dominic Gagné (Québec).23h00.Poèmes de nuit : dernier tour du monde.Café Bar Zénob, 171.rue Bonaventure.(819) 378-9925.Tous les poètes encore présents.Le Nouvelliste trois-rivières 1*1 Patrimoine canadien Canadian Heritage CONSEIL DES ARTS ET DES LETTRES DU QUEBEC GOUVERNEUR LE DEVOIR Québec s Guy JuHm Députa da TRx» Rnnérw Minwtr* wonsat*» (J* « ragwn Maurtcw Cia/fvr» •t Comm u nications Québec nn Q n onno L K DEVOIR.L E S S A M E I) I 2 2 E I l> I M \ \ < Il E S E I' I E M R li E 2 O O I I) !> roman québécois - i • ' A CAMAOIAIN PACIFIC HOTEL SOURCE ÉDITIONS DE L'HOMME Le Château Frontenac, Québec, sérigraphie anonyme réalisée pour Canadien Pacifique Liée Vue sur le château CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Georges-Hébert Germain est né dÿns un village qui s’appelait Les Ecureuils.Ce village, à quelques dizaines de kilomètres de Québec, s’est fondu depuis à la plus grande municipalité, Donnacona.Son père était laitier, distribuant le lait produit par les fermes laitières d’autres membres de sa famille.Et quand Georges-Hébert Germain était petit, il se faisait photographier, avec ses frères, sœurs et cousins, alors qu’il aidait les vaches à traverser la route, par les touristes qui filaient en voiture vers Québec.Le Château Frontenac, ce haut lieu du tourisme de Québec, a donc toujours fasciné Georges-Hébert Germain.L’auteur à succès, qui a signé, on le sait, la biographie de Céline Dion et celle de Guy Lafleur, n’y a pourtant mis les pieds pour la première fois qu’après avoir entamé la vingtaine, alors qu’il était reporter à La Presse.Depuis, il y descend fréquemment, lors de ses séjours dans la vieille capitale.Et la proposition de son éditeur Ara Kermoyan, de la maison d’édition Art Global, de faire un roman sur le sujet lui a donné matière à réflexion.«Au début, j’avais pensé faire un genre de documentaire sur le château.Et puis, je me suis rendu compte que ce type de livre ne m’intéressait pas».George-Hébert Germain a donc écrit un roman, bien documenté, mais qui compte aussi une dimension fantastique, puisque l’ouvrage met en scène deux personnages qui ne vieillissent pas à travers le siècle.Aussi, le François de son dernier roman, intitulé Le Château, et qui trace un portrait de cette institution hôtelière à travers le dernier siècle, c’est un peu lui, admet-il en entrevue.Tenté par les modes, participant aux manifestations de son siècle, passant par exemple de la tentation fasciste au courant beatnik, il est aussi prompt à changer d’idée, indécis, critique.La sœur de François dans le roman, c’est Odile, une fille de chambre du Château, plus discrète, plus réservée que son frère, moins naiVe aussi, dit l’auteur en entrevue.Les deux traversent donc l’histoire en en goûtant chaque développement artistique, politique.«Le Château Frontenac était ain- si devenu, dans ces années 1920, le lieu d’entrée de la modernité à Québec, lieu de grande créativité aussi, où se rencontraient, dans une atmosphère fort excitante, de nombreux artistes canadiens, américains, européens, les meilleurs, travaillant le bois et le brume, le fer et le verre, la pierre et le plâtre, créant ensemble un bel objet de luxe, de gloire et de beauté.Un bel objet de controverse», écrit Germain.En effectuant des recherches pour ce roman, Germain a redécouvert certains aspects de l’histoire du Château Frontenac.Le fait que Samuel de Champlain est probablement enseveli sous ses fondations par exemple.Le fait aussi que sous la basilique Notre-Dame-de la-Paix se trouvent les ossements de plusieurs figures de l’histoire du Québec, de Vaudreuil ou de M® Laval.Ou encore cette anecdote selon laquelle le cœur du comte de Frontenac lui-même aurait été réexpédié en France, après sa mort et demeurerait introuvable.Avec un représentant des services techniques du Château, Georges-Hébert Germain en a visité les moindres recoins.Aussi, décrit-il avec beaucoup de détails l’époque dorée où le Château Frontenac comptait ses propres ateliers, sa propre boulangerie ou ses propres ateliers de confection de costumes.Dans les salles du prestigieux hôtel, avant l’avènement de la télévision, on trouvait jadis une salle d’écriture, et la salle de bal abritait un orchestre, celui de Gilbert Darisse, toujours au dernier goût de l’heure.Défilant les unes après les autres, ces modes forment bel et bien une histoire, celle d’un hôtel dont le conseil d’administration a longtemps été formé uniquement de très riches anglophones, ou qui a abrité certains locataires permanents prestigieux, dont les anciens premiers ministres Maurice Duplessis et Daniel Johnson.Décrit comme un lieu de pouvoir, il est aussi l’un des seuls endroits du Nouveau-Monde où l’on peut encore, avec un peu d’imagination et de nostalgie, mener, le temps de quelques jours, une vie de châtelain.LE CHÂTEAU Georges-Hébert Germain Art Global Montréal, 2001,369 pages Livres •» LE FEUILLETON La virtualisation de l’homo sovieticus n 1921, un poète russe.Vélimir Khlebnikov, écrivait La Radio du futur.un court texte où il faisait l'apologie de la radio.Celle-ci, à l’en croire, allait nourrir la conscience du pays •d'essaims de nouvelles de la vie intellectuelle», y faire dominer l’esprit sur la force, le bon conseil sur la menace et la peur, conduire le peuple aux «sommets neigeux de la pensée humaine».Mais attention! ajoutait Khlebnikov: «[.] le moindre arrêt de travail de la Radio risquerait de provoquer la pâmoison mentale du pays, une perte de conscience temporaire».Sans le savoir, il anticipait sur la formidable puissance acquise depuis par les médias, en particulier la télé; il anticipait aussi, bien malgré lui, sur le monstrueux appareil de propagande et de contrôle qu’allait développer Staline.Utopiste, chef de file des Futuristes, Khlebnikov croyait encore au pouvoir de la pensée sur la marche du monde, sur le façonnement des esprits.Un an plus tard, il se donnait la mort.Qu'aurait-il fait s’il était né en 1962, comme Viktor Pelevine, qu'il avait assisté à la Perestroika, à la chute du mur de Berlin, à l’effondrement de la Russie, à la montée en force de la mafia au cœur du pouvoir ainsi que de toutes les institutions économiques?Qui sait?Peut-être la même chose.En effet, que reste-t-il de la foi russe, de sa fibre utopiste après que toutes les utopies eurent été escroquées, tous les rêves dérobés, toutes les attentes déçues?Peut-être, justement, leur contraire: un appétit effréné pour le profit, les biens matériels, les signes de richesse, le clinquant des gadgets, un individualisme forcené et sans état d’âme, voire un cynisme volontaire.Comme le fait remarquer l’auteur, si l’on pouvait acheter il y a quelques années une nouvelle paire de basquets mode in l’étranger et en éprouver un immense bonheur, aujourd’hui «pour obtenir la même quantité de bonheur, il fallait au moins se payer une Jeep Cherokee, ou une maison».Viktor Pelevine est de cette génération de rêveurs matérialistes, et ce qui le sauve est sans doute d’être un écrivain, et pas un homme d’affaires.En fait, il est peut-è^re aussi un homme d’affaires, je n’en sais rien.Ce que je sais c’est qu’il a déjà sept livres traduits en français (huit en comptant le dernier), ti n et qu’il a obtenu cette année, pour Homo Zapiens, deux prix en Allemagne.le prix Richard-Schonfeld et le prix Osterfestspiele Sazburg.C’est donc déjà un auteur cosmopolite et dont on parle.Et pour cause-! Frondeur, vitriolique, genial.délirant, souvent hermétique, il est un fabuleux conteur! Et comme il nous raconte la Russie d'aujourd’hui, c’est-à-dire celle en train d’émerger à travers les décombres de l’ancienne, nous en nts redemandons.Et d’au- ?tant plus que, la Russie n'ayant mis que dix ans pour ingurgiter ce que l’Amérique a mis cinquante ans à construire et à assimiler, nous comprenons encore mieux les effets dévastateurs de ce monde aujourd’hui dominé par la publicité et les marques auquel nous avons fini, nous, par nous habituer.là-bas, c’est à coup sûr la «pâmoison mentale», la perte de tout repère.Les pouvoirs de la publicité Ce roman met en scène Babylen Tatarski, un littéraire qui, faute d’emploi dans sa spécialité, se retrouve concepteur publicitaire («creator», pour être plus juste) sur les conseils d'un ancien camarade de classe rencontré par hasard.Appartenant à la génération «P» (P pour Pepsi), comme ses parents appartenaient à celle de Brejnev, il a vu un nouveau monde surgir devant ses yeux, envahir son esprit, détruire ses anciennes croyances, comme celle en l’éternité des grandes œuvres en laquelle ses professeurs lui avaient appris à croire.Bien qu’il ne puisse dire que ses professeurs n’y croient plus, il sait, lui, que quelque chose a changé, parce que «l’espace» même vers lequel ils tendent aujourd'hui leur regard s’est «ratatiné jusqu’à la taille d’un moustique écrasé sur le pare-brise de l’esprit».Dorénavant, d’autres «paysages» y défilent de part et d’autre, et c’est avec l’outrance d’une intelligence hallucinée et possédée que Pelevine les fait défiler, d’abord avec une certaine mesure, un certain réalisme, puis de manière de plus en plus débridée, excessive, schizophrénique.Nous passons progressivement d'un univers qui, bien qu'instable, appartient encore au réel et aux choses observables, à un monde qui se dévoile comme pure virtualité sous l’effet combiné et cumulatif des drogues (amanite tue-mouches, Coke, IÜD), de la publicité et de la vir- SOURCt SKUll L’écrivain Victor Pelevine.tualisation des hommes politiques soumis au traitement 3D.Car l'on découvre que les hommes au pouvoir ont été remplacés à la télé par leur clone numérique! Et tout cela traversé par des incursions mythologiques au jtays de Babylo-ne, qui devient en quelque sorte la reserve onirique, le deus ex machina de cette maison de fous.Il y a dans ce récit des moments lumineux, brillants, animes de la plus vive intelligence (il faut voir le nombre de slogans publicitaires inventés par l’auteur pour voir à quel point il maîtrise parfaitement les concepts marchands aussi bien que les ressorts psychologiques qui les rendent efficaces), et d’autres où nous sombrons dans un abîme de perplexité et de confusion.Mais tout cela est sans doute voulu.On ne met pas d’ordre dans un monde qui n’en a plus, on exagère plutôt ses lignes de force pour mieux en dégager les ressorts.«Répétons cette conclusion de la plus haute importance: de la même manière que le téléspectateur ne souhaitant pas regarder un pavé publicitaire zappe d'une chaîne à l'autre, les technomodifications instantanées et imprévisibles zappent le téléspectateur lui-même.Rossant à l'état dho-mo zapiens, il devient une émission de télé dirigée à disdance \ .] un film sur le tournage d’un autre film diffusé à la télé dans une maison vide.» On le voit, Pelevine ne peut pas être un auteur populaire, malgré quelques passages d’une grande drôlerie, notamment lorsque Tatarski se retrouve sous l’effet île la fausse oronge (amanite tue-mouches).Il est habite par un sens de l'analyse (psychanalytique, sociologique, médiatique) qui ne peut que le rendre indigeste a la majorité — qui risquera d’ailleurs d'être insensible à l’ironie douce-amère de son avertissement: «Toutes les pensées qui peuvent passer par la tète du lecteur sont soumises au copyright.Méditer sur elles est interdit sans une licence appropriée».Bien sûr, Pelevine pousse parfois le bouchon un peu loin, comme un enfant qui n’aurait pas encore appris ses limites, mais il y a en lui une telle intelligence, une telle puissance créatrice qu’on ne pçut que lui pardonner ses excès.A lire, absolument.et en isjjm videotron.eu HOMO ZAPIENS Viktor Pelevine Traduit du russe par ( lalia Ackerman et Pierre lorain Editions du Seuil Paris, 2001,313 pages LE DONNEUR DE SONGES Le Donneur de songes roman Patrice Dion Ce roman donne vie à un Québec ambigu, dont les habitants trempent, à leur insu ou volontairement, dans un complot ourdi contre eux-mêmes.Depuis les sphères de la politique et de la haute finance jusqu'au domaine des amoureux ordinaires, de Montréal à Chibougamau, tous explorent un univers déroutant, que le donneur de songes contamine.Distribution : Prologue ISBN : 2-922245-58-6 700 pages • 32,95 $ Q>d^o A O Québec xt * ’ I •;- LES ÉDITIONS VARIA 5e ANNIVERSAIRE 1 ¦mé C.P.35040, CSP Fleury, Montréal (QC) H2C 3K4 Tél.: (514) 389-8448 • Téléc.: (514) 389-0128 www.varia.com LIBER Eric Volant Dictionnaire des SUICIDES i Eric Volant DICTIONNAIRE DES SUICIDES é WW 384 pages, 28 dollars CHAINE Stanley Péan Dimanche Il h Bouquinville Réalisation : Claude Godin culturelle ¦D (G 95.3 FM Québec 100 IUU.7 Montréal * 1 I.K I) K V 0 K S S A M EDI 2 2 E T Ül M A X l H E 2 ;$ SEPT E M B K E 2 0 01 JS Le Mois de la photo «Mï tl 0est une assemblée de grands portraits de femmes aux regards anxieux qui accueille le visiteur de cette exposition.Intitulée The Face of all your Fears, cette œuvre inaugurale de Anneè Olofsson instaure dès le départ un climat d’inquiétude et prépare le spectateur à recevoir ce qui va’suivre.Et ce qui suit laisse effectivement dubitatif: un match de boxe d’une durée de 33 minutes qui ne se distingue en rien de ceux que l’on voit dans les réseaux de télévision consacrés aux sports.Désarçonné, on poursuit son parcours et on tombe sur une séquence de six photographies de Mats Hjelm.Intitulée Disagreement, cette empoignade entre deux hommes se présente comme un viril ballet Les peaux soigneusement maculées de sang et de sable et le caractère sculptural des prises font que l’on assiste ici à une forme d’érotisation et d’esthétisation de la violence à la fois discutable et convenue.De l’autre côté de la cloison, on propose au visiteur une autre projection vidéographique, celle-ci a été réalisée par Mats Hjelm.D’une durée de 45 minutes, elle est accompagnée d’une trame sonore envahissante, pour ne pas dire assourdissante.Bien qu’ils soient beaux et touchants, ces chants d’appels ré volutionnaires sont audibles d’où qu’on se trouve dans cet espace maladroitement délimité.Non seulement l’omniprésente trame sono- re gâche la totalité de l’exposition, cette dernière met en évidence un problème crucial et déterminant pour l’avenir de l’art contemporain, à savoir la difficile, voire l’impossible coexistence des arts plastiques et de l’image électronique accompagnée de sons.Tohu-bohu Le‘son de cette installation vidéo, combiné à celui des autres pièces vidéographiques, contamine les œuvres silencieuses (dont Horizontal Sliding, de Jonas Dahlberg, lent déplacement méditatif qui semble très juste) présentées dans cette exposition «qui ne clame, rien de moins qu’une renaissance des avant-gardes et d’une dimension utopique dans les arts visuels contemporains».Même si nous étions prêt à fournir l’effort de concentration requis lorsqu’on se retrouve devant un programme aussi ambitieux et dans d’abominables conditions de présentation, les œuvres ne passent plus.Rien à faire, elles sont littéralement gommées par ce tohu-bohu.Iæs organisateurs de cette édition du Mois de la photo devraient se demander sérieusement ce qui guide leurs actions.Vu l’abondance et la longue durée des réalisations vidéographiques (près de 200 minutes au total!), l’espace du Marché Bonsecours était manifestement inadéquat.Il en résulte une impression de travail bâclé.Manquer à ce point d’égards envers les œuvres oblige à se demander si les organisateurs ne sont pas tout simplement dépassés par l'ampleur de la créature introduite par les artistes et le commissaire invités.En dépit de ces conditions de réception pénibles, nous avons tenté de percer le mystère de la thématique multidirectionnelle proposée par le commissaire, fl se trouve en partie dans cette œuvre bien calibrée de Johanna Billing, projection vidéo qui s’intitule Project for a Révolution.C’est probablement de ALLIANCE POUR LA CIRCULATION DE L’ART 8 MANOEUVRES EN 9UÊTE D UN TERRITOIRE a MANOEUVRE 4 q PHILIPPE CÔTÉ/AMI DES RUIHES m Dimanche 30 septembre à 17 heures ÉIXNT DONNÉ, LA RUINE OU VIADUC ET LTTABUSSEMENT DE LA BIBUOTHÊÇUE, QUE FAUT-IL PRÉVOIR DE PLUS.QU’OÙ DONC?VERNISSAGE: COIN 8ERRI ET SHERBROOKE À MONTREAL.EXPO: OU 28 AU 30 SEPT.DANS LES VITRINES OU 813 RUE ONTARIO EST www.venusvolante.org/amidesruines
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