Le devoir, 15 septembre 2001, Cahier D
LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DI M A X l' H E I « SEPTEMBRE 2 O O 1 « LE DEVOIR «- O •F Roman québécois Page D 3 Essais Page D 2 et D 4 Poésie Page D 5 Phiüipe Sailers Page D 6 Le Mois de la photo Page D 8 DICTIONNAIRE Le sens d’un geste CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Le livre a quelque chose d’inquiétant On hésite un peu avant de l’ouvrir, avant de soulever sa couverture verte sans images, au titre qui se détache en lettres noires, austères: Dictionnaire des suicides.L’ouvrage vient de paraître chez Liber.Pour me préparer à la rencontre avec son auteur, Eric Volant, on m’avait dit «c’est l’ouvrage de toute une vie».En le feuilletant, on découvre les entrées les plus diverses, d’«Iphigénie», fille d’Agamemnon, sacrifiée pour que les vents soient favorables à la flotte de son père en route pour Troie, à «Hitler, Adolf», suicidé avec sa compagne quand il comprit qu’il perdait la guerre, en passant par «Hemingway, Ernest», qui s’est enlevé la vie alors qu’Û ne pouvait plus écrire.Chacun de ces personnages, comme Romain Gary, Virginia Woolf, Socrate, Guy Debord, Stefan Zweig, voire Freud, et tant d’autres, avait une raison, capitale, de croire que sa vie ne valait plus la peine d’être vécue.Et c’est au sens du suicide, plutôt qu’à son ampleur, que cet ouvrage s’intéresse, sans toutefois dédaigner d’of-Mr,d’abondantes statistiques sur le sujet A l’entrée «Japon», on découvre par exemple que le suicide a atteint des proportions sans précédent dans ce, pays au cours des dernières années.A «Pays-Bas», on apprend que le suicide y est moins répapdu que dans les autres pays d’Europe.A «climat», enfin, on lit que Montesquieu et Diderot ont tous deux avancé que le climat est une des causes du suicide, qu’on appelle même parfois «maladie anglaise», en référence au climat humide et brumeux qui règne souvent sur les îles Britanniques.Cette donnée, se dit-on à cette lecture, explique peut-être en partie la forte incidence du suicide au Québec.Car ici, apprend-on encore à l’entrée «Québec», on a recensé pas moins de 1531 suicides en 1999.C’est plus qu’en 1998, et plus qu’en 1995.La région de Montréal est celle où l’indice du suicide est le plus faible au Québec.«Chez les jeunes de 15 à 29 ans, écrit Volant, le suicide est la principale cause de mortalité, et le taux atteint 38,6 par 100 000 habitants.On trouve des taux de suicide chez les jeunes aussi élevés en Lituanie et en Nouvelle-Zélande qu’au Québec.» Au sujet du suicide et de la détresse psychologique des jeunes, à cette entrée, Volant fait le commentaire suivant: «Leur soi-disant égocentrisme naturel et culturel n’explique pas tout.Il faudrait approfondir les causes dans une société où la course à la performance et à la compétition, la consommation excessive et la rareté des valeurs spirituelles, le manque d’emploi et le sous-emploi des jeunes sont des caractéristiques diffuses.» Ici, pourtant, le suicide chez les personnes âgées est moins élevé qu’en France, en Autriche ou en Hongrie.Le dictionnaire fait aussi les distinctions entre suicide assisté, cet acte, toléré aux Etats-Unis, selon lequel le médecin aide le patient à provoquer sa propre mort, et l’euthanasie, pratiquée aux Pays-Bas, selon laquelle c’est le médecin qui écourte les jours, du malade.Aux Etats-Unis, où l’euthanasie est interdite, explique M.Volant on considère que le patient «fait davantage un geste libre» lors d’un suicide assisté.Les textes sont courts et, comme la mort, nous laissent un peu sur une impression de connaissance inachevée.«Un auteur qui avait beaucoup écrit sur le sujet VOIR PAGE D 2: GESTE Z À Au moment de notre rencontre, les avions venaient tout juste de s’abattre sur les tours du World Trade Center de New York et sur le Pentagone, à Washington.La télévision montrait les panaches de fumée noire s’échappant des débris du World Trade Center anéanti par le terrorisme.«C’est la guerre», a dit l’écrivaine Aki Shi-mazaki, qui me recevait chez elle, rue Lajoie, à Outremont.«La guerre n’est pas finie.» CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR I ; •-L/( a guerre n ’est pas finie», ce sera vraisemblablement le thème du 1 cinquième de ces tout petits romans qu’Aki Shimazaki a entrepris de publier chez Leméac éditeur il y a quelques années.Le premier tome, Tsubaki, se déroulait au Japon, dans les années qui ont suivi les bombes d’Hiroshima et de Nagasaki, en 1945, et celle de Pearl Harbor, en 1941.Le deuxième, Hamaguri, avait également Pearl Harbor comme toile de fond.Et le dernier-né de la série, Tsubame, qui vient de paraître, met en scène des Coréens victimes de la colonisation de la Corée par le Japon, notamment durant la pre mière moitié du dernier siècle.Assise devant son bureau, parmi de nombreux livres zébrés d’idéogrammes nippons, Aki Shimazaki ouvre un album de photos où l’on voit des images de ce Japon passé, où, par exemple, des civils ont brutalement tué des Coréens avant de les jeter dans une fosse commune.«Je n’ai jamais tant étudié de ma vie, que depuis que j’écris des livres», dit cette femme qui a choisi le Québec comme terre d’adoption, au terme d’un long périple débuté à l’ouest du pays.Ses oeuvres sont de petits romans très courts, comme des pièces d’œuvres d’art longuement travaillées, comme des bonsaïs lentement mûris.Des romans qu’Aki Shimazaki, Japonaise d’origine, écrit en français.C’est une langue qu’elle n’a pourtant appris à maîtriser que récemment, après avoir élu domicile à Montréal pour de bon, il y a une dizaine d’années.«Au début, cela pouvait me prendre une semaine pour écrire une page», dit-elle, dans sa vaste maison toute imprégnée de cette âme japonaise qui l’habite encore, avec ses bouquets légers et son atmosphère studieuse.Le troisième de la série, qui devrait en compter cinq, s’intitule Tsubame, mot signifiant «hirondelle».Aussi est-il truffé d’expressions japonaises et coréennes, difficiles à traduire en français: daikons pour nommer des radis blancs japonais ou encore kimchi pour un plat coréen de légumes marinés.Ce sont des mots qui perdent leur saveur quand on les traduit en français, des mots dont le sens ne peut être rendu que par un groupe de mots, explique-t-elle.Malgré les longues années que leur auteur a passées en Amérique, les romans d’Aki Shimazaki sont tout imprégnés de cette retenue qui caractérise la mentalité japonaise.Le Japon est un pays où les choses se font collectivement, et non individuellement comme en Amérique, explique-t-elle.L’individu n’est pas incité à s’exprimer.Quand quelqu’un fait quelque chose, les voisins suivent Aussi, Aki Shimazaki est venue ici, au Canada, à Vancouver, puis à Toronto, et enfin à Montréal, pour trouver sa voie et «être elle-même».La chose est plus difficile en Orient particulièrement pour une femme célibataire.Ce n’est d’ailleurs qu’une fois arrivée à Montréal que l’écrivaine en elle s’est finalement décidée à publier.D’abord, un roman en japonais, puis, après avoir entamé des cours de français à Katimavik, cette série de livres en français.VOIR PAGE D 2: SENS JACQUES GRENIER LE DEVOIR AX '* 7 7 -7 -ms 128 PAGES * CD ’ 24,95 S En librairie dès mardi Après le succès de 100 comptines et Chansons drôles, chansons folles Chansons douces Chansons tendres Chansons choisies par Henriette Major Arrangements musicaux de Patrice Dubuc F I D E S DEVOIR S A M K D I l> I M A N ( E I* T E M B R E JAPON SUITE DE LA PAGE D 1 Le français, dit-elle avec un accent prononcé, lui a donné cette distance qui lui permettait d'écrire sur le Japon.Pourtant, parmi ces influences, outre l’Hongroise Ago ta Kristof, qui a elle aussi écrit son roman Le Grand Cahier directement en français, elle cite François Mauriac, dont l'héroïne 'Fhé-rèse Desqueyroux avait, comme l’héroïne de Tsubaki, commis un assassinat Précisons-le: bien qu'ils témoignent de faits historiques et de réalités nippones, ses romans ne sont pas autobiographiques.Projection «Dans le premier, raconte-t-elle, je me suis mise dans la peau d’une vieille femme; dans le second, dans la peau d’un petit garçon de quatre ans.» Le troisième met en scène une Coréenne dont la mère a émigré au Japon parce qu’elle était poursuivie en raison de ses activités indépendantistes coréennes.Pour sauver sa fille Yohni de l’ostracisme, la mère, avant d’être tuée par les Japonais au lendemain du grand tremblement de terre de Tokyo, la confie à un orphelinat, où elle dissimule ses origines coréennes et vit comme une Japonaise.Ce n’est que bien plus tard que la petite Yohni, alias Mariko, devenue grand-mère, osera révéler sa véritable identité à un autre être humain.Tsubame n’est pas tendre envers les Japonais, ceux-là mêmes qui avaient obligé des Coréens à accomplir des travaux en territoire japonais.Mariko Kanazawa a d’ailleurs, dans Tsubame, la réflexion suivante: «La défaite du Japon et l’indépendance de la Corée n’ont rien changé à l’attitude des Japonais contre les Coréens au Japon.Im discrimination est toujours là.Avoir du sang coréen cause des soucis insolubles.Je ne pourrai jamais avouer l'histoire de mon origine à mon fils et à sa famille.Je ne veux absolument pas que notre vie soit perturbée.» Car le Japon, avec sa grandeur, est aussi un pays où il peut être ardu de vivre.Apres avoir perdu la derniere grande guerre, rappelle Aki Shimazaki, le Japon s’est rapidement rangé du côté des Américains.C’est un pays qui s’adapte rapidement aux réalités mondiales, explique-telle.Même si Hiroshima et Nagasaki, sur lesquelles des bombes ont été lâchées par les Américains alors même qu’ils avaient déjà gagné la guerre sur le front occidental, demeurent dans les mémoires.«On a accepté la défaite.Pour moi, ce n’est pas si simple, sans réflexion», murmure-t-elle.Après cette guerre, le pays a consenti un effort énorme pour se reconstruire.Sans aide.«Les gens sont orgueilleux», constate-t-elle.Il arrive pourtant à Aki Shimazaki d’avoir la nostalgie de son Japon natal, de son respect et de son amour du détail, de sa flore et de ses paysages.Dans son bureau, sur les murs, on peut voir deux cartes, celle du Japon et celle du Québec.Ces temps-ci, elle revient d’un séjour en Gaspésie où elle a constaté toute la beauté du paysage.Un paysage grandiose où l’on n’a pas le souci du détail et où l’on arrive peut-être à oublier, le temps d’un instant, ses origines.TSUBAME Aki Shimazaki Leméac éditeur/Actes Sud, «Un endroit où aller» Montréal/Arles, 2001,130 pages Elenaud-Bray Nas meilleures ventes du 5 au 11 septembre 2001 1 Roman Qc Nelly ARCAN Seuil , Biographie Michel AUGER Trait d'Union 2 3 Dictionnaire LE PETIT UROUSSE ILLUSTRÉ 2002 COLLECTIF Larousse i!L 4 Roman Qc ADÉLAÏDE Le goflt du bonheur, T.2 r Mane LABERGE Boréal 24 5 Roman Qc LE CHATEAU Georges-H.GERMAIN Art global J 6 Cuisine Qc BOÎTE A LUNCH EMBALLANTE V BRETON/EMOND Flammarion Qc 6_ 7 BD.Y0K0 TSUN0 N" 23 La pagode des brumes Roger LEL0UP Dupuis 3_ 8 Roman Qc GABRIELLE - Le goût du bonheur, T.1 » Marie LABERGE Boréal 40 9 Fantastique HARRY POTTER Et LA COUPE DE FEU, T 4 » Joanne K.ROWLING Gallimard 42 10 Psychologie CESSEZ D’ÊTRE GENTIL, SOYEZ VRAI ! V T.D'ANSENIBOURG L'Homme J 5 11 Spiritualité COLLECTIF Bayard J 12 Cuisine LES LÉGUMES Anne WILSON Kûnemann 4 13 Cuisine LES SALADES Anne WILSON Kônemann J8 14 B.D.ASTÉRIX ET LATRAVIATA Albert UOERZO Albert René ?l 13 Roman EN AVANT COMME AVANT 1 ¥ Michel FOLCO Seuil 16 16 Roman 99 FRANCS F BEIGBEOER Grasset M) il Psychologie A CHACUN SA MISSION V J.M0NB0URQUETTE Novalis 92 :8 Polar L'ENGRENAGE John GRISHAM Robert Lattont I3 19 Essai N0 LOGO : La tyrannie des marques AP Naomi KLEIN Leméac H .'0 Arts ATLAS PRATIQUE DE LA PHOTO ¥ COLLECTIF Atlas KM 21 Cuisine LES CUISINES ASIATIQUES Anne WILSON Kônemann 22 Flore LES CHAMPIGNONS SAUVAGES DU QUÉBEC ¥ - Nouvelle édition SICARD/LAMOUREUX Tides 10 23 Roman Qc UN DIMANCHE A LA PISCINE À KIGALI ¥ Prix des libraires 2000 G.C0URTEMANCHE Boréal 46 24 Gestion LE GUIDE DE L'EMPLOI 2002 COLLECTIF Septembre 4 29 Roman Qc UN PARFUM DE CÈDRE ¥ - Éd.compacte A.-M.MACDONALD Flammarion Qc Ji Bl Polar DANS LA RUE OÙ VIT CELLE QUE J'AIME M HIGGINS-CLARK Albin Michel 14 IL Roman Qc UN LIEU APPROPRIÉ Lise BISSONNETTE Boreal 4 2! Roman Jean-Cbnstophe RUFIN Gallimard 2 IL Roman LE MARIAGE Danielle STEEL Pr.de la Cité ¦12 il Sc.Sociale Qc LA SIMPLICITÉ VOLONTAIRE ¥ Serge MONCEAU Écosociété 178 31 Jeunesse A LA CROISEE DES MONDES, T.3 Le miroir d'ambre ¥ Philip PULLMAN Gallimard 23 32 Fantastique HARRY POTTER A L’ECOLE DES SORCIERS.T, 1 ¥ Joanne K ROWLING Gallimard 93 -IL Cuisine Anne WILSON Kônemann 18 34 Roman DOLCE AG0NIA ¥ Nancy HUSTON Actes Sud 26 JL Roman PORTRAIT SÉPIA ¥ Isabelle ALLENDE Grasset 12 36 Jeunesse HISTOIRES A CROQUER AVANT 0 ALLER SE COUCHER ¥ COLLECTIF Hemma 152 F Spiritualité LE GRAND LIVRE DU FENG SHUI ¥ Gill HALE Mamse 125 JL Roman JE PENSAIS QUE MON PÈRE ÉTAIT DIEU ¥ Paul AUSTER Actes Sud 13 IL Spiritualité LE POUVOIR OU MOMENT PRÉSENT Echhart TOLLE Ariane 51 JL Roman 25, RUE SOLIMAN PACHA ¥ Gerald MESSADIÊ Lattês 11 ii Sport IL N'Y A PAS QUE LE VÉLO DANS LA VIE ¥ Lance ARMSTRONG Albin Michel 65 42 Roman James REDFIELD Robert Lattont 3 43 Roman SOIE ¥ A BARICC0 Albin Michel 243 Ji Sport GUIDE DES MOUVEMENTS DE MUSCULATION ¥ F DELAVIER Vigot 170 45 Psychologie LES HOMMES VIENNENT DE MARS.LES FEMMES VIENNENT DE VENUS ¥ John GRAY Logiques 394 ¥ : Coup de coeur RB ¦¦¦ N B Hors prescrits et scolaires .1*" semaine sur notre liste Nombre de semaines depuis parution Pour commander à distance : “S isui 342-2815 www.renaud-bray.com Ce palmarès hebdomadaire vous est offert avec la collaboration de L - SCABRINI MEDIA Bien au-delà de la simple impression et [ 1 AGMV Marquis jr IMPRIMEUR INC.La passion du livre québécois Longueuil • Montréal • Montmagny • Sherbrooke Livres ESSAIS Uautre catastrophe qui nous guette LE PRINCIPE D’HUMANITÉ Jean-Claude Guillebaud Le Seuil Paris, 2001,384 pages Samuel Huntington, dans Le Choc des civilisations, prédisait des actes terroristes massifs en Occident «d’ici 2010».Plusieurs, à l’époque, dont le politologue Benjamin Barber, ont raillé ce «catastrophiste».Or, mardi, la réalité semblait cruellement donner raison à Huntington.Et qui sait ce que T’avenir des rapports entre les civilisations nous réserve?Nous aurions peut-être dû nous montrer un peu plus attentifs aux prophètes de malheur.Le pire est une possibilité.Non pas une inéluctabilité.Ray- * ’ mond Aron l’a bien dit «Nulle loi, humaine ou inhumaine, n'ordonne le chaos vers un aboutissement, radieux ou horrible.» L’histoire n’a ni de sens ni de fin (au sens de finalité).Reste que, pour qu’il soit évité, le pire doit être envisagé.Il y avait de cela dans le bogue de l’an 2000.Oui: et si nous ne nous étions pas collectivement ameutés, et si tant d’informaticiens nous avaient tout simplement abandonnés à notre sort, peut-être que les catastrophes redoutées — et presque regrettées: «Dommage, il ne s’est rien passé» — se seraient en partie réalisées?Jean-Claude Guillebaud, journaliste et essayiste renommé pour des «essais-bilans» (il est l’auteur, entre autres, de Im Tyrannie du plaisir, un réquisitoire contre la révolution sexuelle), refuse «le catastrophisme, [cette] vieille posture moralisatrice» qui conduit à «récuser le principe même du progrès scientifique et incline tôt ou tard à une vaine nostalgie».Mais il insiste: cela n’empêche pas d’envisa- Antoine Pobi taille ger le pire.La figure du «pire» qu’anticipe Guillebaud prend la forme d’un déclin, d'un effritement et, à terme, d’un effacement des principes qui fondent nos sociétés: l’humanité et l’homme.Nous devons donc veiller sur ce qu’il nomme le «Principe d’humanité».Cette conquête historique qui fait que, dans l’autre, nous voyons un semblable; idée qui fonde du reste nos systèmes de justice, devant lesquels nous sommes égaux.Il propose un inventaire des menaces pesant sur ces notions et explique comment, lentement, «le tapis se dérobe sous nos pieds».La question ne nous est pas étrangère, nous l’avons abordée ces deux dernières années à plusieurs occasions: c’est, entre autres, la possibilité du «post-humain»; résultat de cet hubris mo-* deme qui nous porterait à organiser la grande mutation de l’humanité, laquelle serait à la fois génétique et numérique.Pourquoi une mutation?Parce que le projet, central à la modernité, d’amélioration de l’homme, par l’idéologie, les sciences sociales ou la littérature, a échoué.Bref, à travers des questions très médiatisées comme le clonage, ou des utopies moins publiques, mais déterminantes — que nous pouvons qualifier de cybernétiques et de biogénétiques, présentes chez les Sloterdijk, Houellebecq et Fukuyama —, une nouvelle position se fait jour: il ne nous reste qu’une voie vers l'amélioration de l’homme, sa transmutation.Exit, \Homo sapiens sapiens; bienvenus {’«homme numérique», cyborg, cybionte (selon le mot de Joël de Rosnay pour désigner le résultat de l’interconnexion), extropien, HGM (homme génétiquement modifié) et autres surhommes.Pour cela, il faudra que nous oubliions jusqu’à ce qui fonde l’irréductibilité de l’homme.Impen- sable, vous dites, c'est trop fondamental, trop enraciné?Oui, comme de gigantesques tours de 100 étages.Guillebaud montre que trois révolutions sœurs, «qui font déjà système», exécutent yn travail de sape: le recul des Etats-nations, l’explosion informatique, l’explosion génétique.Jamais la concurrence mondiale n'a aiguillonné autant de blancs bataillons de chercheurs, d'universitaires, d’entreprises (les trois derniers termes étant de plus en plus des synonymes), armés d’outils informatiques, à «torturer la nature pour qu’elle livre ses secrets» (Bacon).Jamais les perspectives d’enrichissement grâce à des découvertes (Guillebaud décrit la possibilité de breveter des gènes) n’ont été aussi grandes.Jamais l’économie de marché et ses logiques ne s’étaient infiltrées à ce point dans la recherche, orientant son cours, déterminant ses priorités, éliminant les sphères de recherche dite fondamentale.Jamais l’État ne s’était désinvesti autant, laissant le champ libre aux entreprises privées multinationales et à la finance,-dont on connaît l'objectif central: le profit.Jamais, d’autre part — et Guillebaud le dçmontre terriblement bien —, l’État n’avait encouragé, et même dopé, la concurrence mondiale entre chercheurs privatisés, entre entreprises.Aussi, nous avons de plus en plus de mal à répondre à la question: «Qu’est-ce que l’homme?» Saisis que nous sommes par l’implacable virus du réductionnisme biologique, on fait de lui, d’une part, un animal comme un autre, n’ayant rien en propre.On «déconstruit» le concept homme pour montrer qu’il n’y a aucune discontinuité véritable entre l’animal et lui.Et des Paola Cavalieri, philosophe qui lutte contre le «spécisme» (soit le racisme entre espèces), peuvent déclarer sans ambages que «l'humanisme est un nazisme» (oui! puisqu'il légitimerait tortures et exactions ani- Jean-Claude Guillebaud males).D’autres réductionnismes, qui font des ravages, secrétent des métaphores mécaniques chamboulant subrepticement notre vision de l’homme.L’homme: ce serait une pure mécanique, un rassemblement d’or-ganes; et donc d’un ré-servoir de pièces de rechange.L’informatique, aujourd’hui, forge les métaphores dominantes.Le cerveau?Des cognitivistes tel Jean-Pierre Changeux nous expliquent qu’il s’agit d’une sorte d’ordinateur organique et que nous ne sommes que des «hommes neuronaux».Le code génétique?Rien de moins qu’un logiciel, qu’il suffit de décoder et de modifier à notre guise.Nous sommes à l’ère Photoshop (logiciel de traitement de photos), qui offre un univers totalement ma-nipulable; d’où notre conception de la liberté comme d’une souveraineté sur le monde.D’autres, tel Richard Dawkins, font de l’être humain une sorte de machine organique, simple porteur de gènes, lesquels se servent de lui pour se transmettre.L’homme devrait donc se rendre à l’évidence: demain il devra céder sa place à d’autres formes de vie et de conscience.L’espace fait défaut pour rendre compte, notamment, des critiques que Guillebaud expose, de ces conceptions strictement mécaniques du cerveau et de l’homme.Catastrophistes, que ces perspectives?Sans doute, mais n’oublions pas: le pire,, s’il veut être évité, doit être envisagé.En somme, notre ère a peut-être davantage besoin de dystopies {1984, Le Meilleur des mondes, Les Particules élémentaires) que d’utopies.arobitailleÇà'sympatico.ca GESTE SUITE DE LA PAGE D 1 a déjà dit qu’après tous ces livres, il ne savait toujours pas ce que c’était que la mort», reconnaît Volant Ce dernier aborde la question d’un point de vue, bien sûr, de vivant L’obsession d’une vie Car Eric Volant a consacré sa vie à l’étude de la mort et du suicide sous ses différentes formes.En 1990, il publiait chez Bellar-min un livre intitulé Adieu la vie -Etude des messages laissés par les suicidés.On relève d’ailleurs, dans le dictionnaire, que seulement 20 % des suicidés laissent des messages explicitas avant de se donner la mort.A la même époque, Volant a dirigé la revue Frontières, sur la mort et le deuil, publiée par l’Université du Québec à Montréal.Un jour, en contemplant les très nombreux dossiers constitués au fil des ans, Eric Volant a constaté qu’il avait accumulé tant d’information sur le suicide qu’il y aurait matière à écrire un dictionnaire.Il a décidé qu’il ferait de cette œuvre, en quelque sorte, son héritage.Or un tel ouvrage, croyait-il, manquait en français.«Il existe, il est vrai, m dictionnaire de la mort, mais il prend de l’âge, un dictionnaire du droit funéraire et un autre relatif à la pratique de la gérontologie», écrit Volant dans sa préface.L’homme, flamand d’origine, est théologien de formation, venu au Québec au sein d’une communauté religieuse et qui s’en est aujourd’hui distancié.Il dit n’avoir pas rencontré, au cours de sa vie, l’adversité existentielle insurmontable que connaissent les gens qui se suicident Et pourtant il croit que les gens qui se suicident n’ont pas trouvé de solution alternative à EN COLLABORATION AVEC LE CELAT ET LA CHAIRE D'ESTHETIQUE ET DE POETIQUE Spirale^ i**oietl autre Singularité et communauté esthétique et politique Du 20 àu 21 septembre 2001 C0LL00UE Salle des Boiseries, UQAM, Pavillon Judith-Jasmin, }• étage, 405, rue Sainte-Catherine Est, Montréal Jeudi 20 septembre, i 3 h La singularité polMqu» Jean-Pierre Paye Régine Robin Marc Angenot Simon Harel Michaél ta Chance Alexis Nouss Vendredi 21 septembre, f h La communauté sensible Jacques Rancière Jean-Philippe Uzel Gad Soussana Gérard Bucher Lionel Ruffel Pierre OueUet Vendredi 21 septembre, IAh30 Débet : Mémoire et culture Marc Angenot Yvan Lamonde Jocelyn L étourneau François Paré Jacques Pelletier Micheline Cambron leur mal de vivre et que ce qu’ils veulent avant tout, c’est que quelque chose change radicalement dans leur vie.«Je m’interroge sur ces personnes-là, sur leurs mobiles, sur leurs intentions, sur leurs idées, sur leurs raisons, leurs projets», dit-il.«Comme tel, je ne trouve pas le sujet morbide.On vit et on est destiné à la mort.On a un certain pouvoir aussi, on peut faire survenir la mort, se l’approprier ou se la donner.C’est une potentialité qui nous est ouverte.» Or le suicide peut-être interprété de diverses façons.Pour les uns — c’est le cas des samouraïs du Ja-pon ou encore des kamikazes qui partent en guerre (l'actualité des derniers jours fait qu’on pense tout naturellement aux pirates suicidaires qui ont visé New York) — , c’est un acte de bravoure, voire de sacrifice.Pour d’autres, c’est un acte de faiblesse, de lâcheté.Au Japon, explique-t-il, le suicide est considéré comme un geste de «sacrifice honorable afin de prouver son amour, d’exprimer sa détresse ou sa compassion, d’expier ses fautes face à un échec, d’accompagner son maître ou son compagnon d’armes dans la mort», explique Volant dans son dictionnaire.Chez les Inuits, aussi, peuple traditionnellement nomade, le suicide des personnage âgées était valorisé.Volant cite par exemple ce texte de D.Pryde, qui a vécu dix ans avec les Inuits canadiens: «[.] si un homme ou une femme devenait trop vieux ou trop faible pour courir derrière les chiens et ne pouvait apporter aucune contribution à la famille, sa mort pouvait devenir nécessaire.Généralement, les vieillards demandaient eux-mêmes à un proche parent de les tuer, de les aider à se suicider, en quelque sorte.» C’est une mort désirée, donc, vue comme nécessaire.Et qui, comme la plupart des morts, marque à jamais ceux qui restent, pour le meilleur et pour le pire.,Ce sont ceux-là qui ont écrit aux Editions du Passage, ce joli recueil de textes et d’images sur les pertes et les deuils, intitulé Jamais de la vie.Des réflexions de Nancy Huston, Serge Bouchard, Suzanne Jacob et bien d’autres, des photos et des reproductions d’œuvres anciennes.Des deuils avec des noms et des visages.Parce que la mort, après tout, fait bel et bien partie de la vie.DICTIONNAIRE DES SUICIDES , Éric Volant Editions liber Montréal, 2001,386 pages JAMAIS DE LA VIE Collectif Editions du Passage Montréal, 2001,193 images EN COLLABORATION AVEC LE CELAT ET LA CHAIRE D’ESTHÉTIQUE ET DE POÉTIQUE * Spiralé «i’ t * * O I E T l A U T R E ^ ’ Singularité et communauté esthétique et politique Du 20 au 21 septembre 2001 COLLOQUE Soil* dt> Boiteries.UQAM Pavillon Judith-Jasmin, 2* étage.405, me Sainte-Catherine Est, Montréal Jeudi 20 septembre, 13 h La singularité politique Jean-Pierre Paye Régine Robin Marc Angenot Simon Harel Michaël U Chance Alexis Nouss 21 septembre,?h La communauté sentiMe Jacques Rancière Jean-Philippe Uiel Gad Soussana Gérard Bucher Lionel Ruffel Pierre Ouellet Vendredi 21 sepe^nbre, I4H30 Début.- Mémoire et culture Marc Angenot Yvan Lamonde Jocelyn Létoumeau François Paré Jacques Pelletier Micheline Cambron LE DEUXIÈME SEXE UNE RELECTURE EN TROIS TEMPS 1949-1971-1999 sous la direction de Cécile Coderre et Marie-Blanche Tahon Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir est reconnu comme un livre majeur du XX' siècle.Si l’accueil qu’on lui a réservé en France a été houleux, qu'en a-t-il été au Québec?Quelle influence a-t-il exercée sur ses lectrices?De quelle façon a-t-il contribué aux débats théoriques féministes des dernières décennies?Les textes rassemblés ici visent à amorcer une réflexion face à cette oeuvre qui constitue encore aujourd'hui un héritage vivant.* .y V4 175 p • 19.95 S Chez votre libraire les éditions du remue-ménage 110, rue Sainte-Thérèse, bur.501, Montréal (Québec) H2Y 1E6 Tél : (514) 876-0097 • Télec (514) 876-7951 > L K I) K V O I R .L ï.S S A M EDI 1 ET DI M A \ ( Il E S I l> T E M II U I Il (I I I) Livres xVi ECHOS Nouvelle bibliothèque \ a Châteauguay La Ville de Châteauguay a décidé de construire une nouvelle bibliothèque.Le projet, d une valeur de quelque cinq mil- j lions de dollars, est finance à 40 % j par le ministère de la Culture et des Communications.Cinquante-neuf propositions ont à ce jour été présentées par différentes firmes d'architectes, dont quatre ont été retenues comme finalistes.Ces quatre firmes ont jusqu’au 9 octobre pour présenter des projets plus détaillés, et le jury devrait se réunir le 11 octobre pour choisir le lauréat final.«C’est un projet qui est en marche depuis longtemps», explique Maria Vieira, de la Ville de Châteauguay.La bibliothèque actuelle de Châteauguay ne serait, en vertu des normes actuelle, apte à desservir que 4000 personnes, alors que Châteauguay compte quelque 40 000 âmes.La construction finale du nouvel édifice devrait être terminée au printemps prochain.Départ de L’Hexagone Jean-François Nadeau a laissé la direction littéraire de la maison d’édition L’Hexagone pour enseigner l’histoire à Sudbury, en Ontario.C'est Pierre Graveline, éditeur et directeur général du groupe Ville-Marie littérature, qui le remplace par intérim.Jean-François Nadeau était à la direction littéraire de L'Hexagone depuis quelques années.Finalistes au prix Médicis Le jury du prix Médicis a communiqué hier sa première sélection de finalistes dans les sections du roman français et du roman étranger.Dans la première section, qui compte 15 titres, signalons la présence de la Québécoise Nelly Arcan, avec Putain, paru au Seuil, celle de Benoît Du-teurtre, avec Voyage en France, paru chez Gallimard, et celle de Pierrette Fleutiaux, qui faisait paraître Des phrases courtes ma chérie, chez Actes Sud.On trouve aussi les romans L’Empire de la morale de Christophe Tonner (Grasset), Ma vie en l’air d’Anne Sibran (Grasset), La Chambre voisine de François Emmanuel (Stock), Les Clowns de feu de Christian Gallachot, La Partie de dames de Nata Minor (Le Reflet), Promenade de Régis Jeauffret (Verticales), Les Trapézistes et le Rat d’Alain Fleischer (Seuil), Les Indiens de Luc Lang (Stock), Classes affaires de Benjamin Ber-ton (Galümard), La Voix d’alto de Richard Millet (Gallimard), Le Magot de Momm d’Hélène Lenoir (Minuit) et Colloque sentimental de Julie Wolkenstein (Pol).Dans la section des romans étrangers, qui compte huit titres, on retrouve N’entre pas si tard dans cette nuit noire d’Antonio Lobo An tûmes (Bourgeois), Les Danseuses mortes d’Antonio Soler (Albin Michel), La Femme de John de Robert Coover (Seuil), Les Sombres Feux du passé de Chag Rae Lee O’Olivier), Im Noce du poète d’Antonio Skarmeta (Grasset), Les Turbans de Venise de Nédim Gursel (Seuil), Disgrâce de J.M.Coetzee (Seuil) et Sourires de loup de Zadie Smith (Gallimard).Caroline Montpetit ROMAN QUÉBÉCOIS RÉCIT La solitude natale des sexes Suivre le fil.PUTAIN Nelly Arcan Le Seuil Paris, 2001.187 pages Dans un prologue d'une dizaine de pages, identifie par des italiques, la jeune femme qui s’apprête à se raconter dans Putain resume d’emblee toutes ses coordonnées, ce qu'il y a à savoir d’elle, depuis sa naissance dans «une campagne de fervents catholiques» où elle a connu «trop de mères» et pas assez la sienne, au sein d'une famille tout à fait conventionnelle, jusqu’à son exil vers la ville, où elle étudie tout en se prostituant.Nous voici situes à propos de la narratrice.Reste son projet ce texte qui va suivre, dont l'écriture entend prendre le relais d’une parole jusqu’ici solitaire — «je n 'ai pas l’habitude de m ’adresser aux autres quand je parle», note-t-elle dès le debut — ou qui n'a pas été entendue, notamment par son psychanalyste.Ce qui s’annonce, c’est une tentative de littérature, un livre, nous prévient-elle, «tout entier construit par associations, d’où le ressassement et l’absence de progression, d’où sa dimension scandaleusement intime».Les voyeurs, titillés par le titre, en auront tout de même pour leur argent, mais pas davantage, tout comme les clients de la jeune fenune.Sans chapitres, le roman d’Arcan est découpé en paragraphes qui, comme autant de fragments, paraissent repliés sur eux-mêmes, séparés de loin en loin par des astérisques, et où se déploient de longues phrases d’une écriture qui emprunte volontiers à la parole ses redites, ses hésitations, où s’accumulent les conjonctions de coordination — il y a notamment des centaines de «et» —, comme pour forcer la cohérence de propos qui apparaissent décousus.Le ton se veut plein d’assurance.C’est celui d’un discours truffé d’affinnations péremptoires exprimées en formules-chocs.Sur la jeunesse et la beauté, par exemple, fugitives toutes deux, requises absolument chez les femmes qui espèrent que le regard des hommes daigne se poser sur elles.Cette loi universelle, éternelle, la narratrice la dénonce et reconnaît tout à la fois qu'elle s’y est soumise, et avec plaisir encore.Mais que vise-t-elle, cette parole-écriture, puisque l’essentiel de l’anecdote a été expédié dès le début?À fouiller les interstices du passé et du présent proche dans l’espoir d’en extirper la signification, introuvable jusque-là Paradoxalement, la narratrice essaie d’y parvenir en entreprenant d'anéantir la plupart de ses repères, en s’adonnant notamment à un véritable jeu de massacre familial.Le père et la mère sont moqués cruellement elle, devenue une sorte de gisante, qui n’a jamais été qu’une «larve»', lui, pauvre bigot pour qui le mal est partout depuis toujours, à cause de l’humanité pécheresse.C'est auprès de ce couple de ruines qu’elle a grandi.Elle vient d’eux, même si elle a peine à s’imaginer comment ils ont seulement pu la concevoir.Et puis, ils n’auraient pas dû.Putain, c’est beaucoup cela: un roman familial à rebours, qui s’érige sur le vide, sur du vent.L’enfant R n b C hart r a n il unique — une sœur, morte a huit mois, aurait ete son ainee — a toujours joue le aile qu'on attendait d'elle, celui de la plus petite, de la plus mignonne des fillettes.De «la plus bandante», crache-t-eUe.Elle a la certitude, avec le recul, de n’avoir ete personne, d'avoir de tout temps appartenu aux adultes de son entourage, en correspondant à l’image qu'ils se faisaient d’elle.Enfant-objet déjà quoique de bonne famille, nullement abandonnée si ce n est à ce rôle, elle se glissera tout naturellement dans l’autre, celui de la prostituée.Rien de plus facile en l’occurrence.Ce lui sera tout naturel, dans ante ville où elle vient etudier, où il suffit de traverser fa rue pour passer de l’université aux maisons closes.Papa avait raison: 1a ville est un lieu de perdition, aujourd'hui comme dans les meilleurs discours terroristes d’an tan.Un détail Nelly .Arcan n’en fait pas un mystère: elle s'est elle-même prostituée pendant un certain temps.Ce detail anecdotique, sans inté J rôt pour la lecture de son livre, ne manquera pas d'attirer un certain public, avec à leur tête ces chroniqueurs «culturels» qui n’aiment rien tant que de subodorer du «vécu» bien grouillant dans les fictions.L'intérêt vé ritable de ce roman n'est [vis fa.ni d'ailleurs dans les séances de prostitution, assez banales au demeurant, comme le sont les fantaisies des clients de fa narratrice.Si ce roman a quelque chose de sulfureux, c’est dans l'excès du discours qui s’y déroule.Dans ces nombreux amalgames où il est dit que les hommes, tous les hommes, n’en ont que pour le sexe des femmes, y compris celui de leurs propres filles; où toutes les femmes s’adonnent à la «putasserie».Ces «vérités» martelées sont parfois suivies d'un démenti, de nuances qui laissent entendre que, non, tous les humains, enfermés dans fa solitude de leur sexe, ne sont pas ainsi.Mais le mal est fait la chose a été dite et ne se laisse pas aisément rattraper.Ce qu'écrit cette jeune femme en s’adressant parfois au lecteur, c’est — peut-être — ce quelle n'a pas osé dire à ses clients, à ses père et mère, à son psychanalyste.Un non-dit très ancien qui prend la forme d'un discours fou tentant de combler les vides — et surtout celui, existentiel, qu’elle éprouve — avec des pleins qui n’en ont que l’apparence.Son récit est un «décrire» offert au lecteur comme un délire, où elle joue tous les rôles en prêtant à tout un chacun des idées, des fantasmes qui les rendraient saisissables.Les adultes sont caricaturés comme s’il fallait en passer par fa pour leur trouver, comme à la vie, un sens.On cherchera en vain dans ce roman un érotisme coquin ou excessif comme celui qui connaît depuis peu un regain de faveur ici comme en France.Dans Putain, les corps, beaux ou laids, sont détaillés crûment Ds sont découpés en quelque sorte par l’écriture qui est essentiellement, un travail de deuil sur l'enfance, sur la naissance même, très fort par moments, même s’il s’y trouve une dénonciation un brin trop appuyée de la mâlitude et une quête identitaire soulignée à gros traits.robert.chartrandSa sympatico.ca B EN NV Vit: N EAU LT Engagée dans une reflexion qu’elle a amorcee en 1998 avec Confittor et qu’elle a poursuivie l'année suivante avec Ris.Monique Bosco a pris quelques années avant d’en livrer le troi-sième et dernier tome, Mea cul-! pa.paru au cours de l'hiver der-j nier, qui boucle la boucle en ! quelque sorte et donne toute sa coherence à sa démarche intros | pective.Malgré la frénésie de l’automne qui se fait déjà sentir, il aurait été dommage de ne pas faire état de ce livre, d'abord pour la pertinence de l'entreprise mais aussi à cause de l’enver gure de l'ecrivaine — faut-il rappeler que Monique Bosco a reçu le prix Athanase-David en 199(>?Le livre s’ouvre in media res et replonge le lecteur dans l’atmo sphère méditatif de la narratrice, comme si le temps avait suspendu son vol entre les deux parutions.Entrer dans ce livre, de même qu’entrer dans la vie, c'est comme sauter dans un train en marche: «Car rien ne s'arrête, tout continue à tourner, à tenter de fuir, nous laissant le bec dans l'eau.» A la fois subtile et paradoxale, cette entrée en matière donne non seulement la manière et le ton de l'ensemble, rude et intransigeant, mais en expose vertement le pro pus: montrer l’individu en proie à la fuite du temps.Prenant le lecteur comme confident, sans ménagements, la narratrice poursuit son examen de conscience — après la double confession, l’acte de contrition — et s'applique à rendre compte de 1a difficulté de vieillir et des inconvénients qui en découlent, à savoir la fatigue, la lassitude, les doutes et les peurs, le dépérissement du corps et les défaillances de la mémoire.Tout en se livrant par l’écriture, elle aborde au passage des questions telles que la solitude, les différences entre les hommes et les femmes, les structures élémentaires de la parenté, 1a fragilité et la précarité des sentiments ainsi que les vertus de la création.«Merveilles de l'écriture.On peut tout faire alors et dérouler les plus invraisemblables histoires pour se faire croire que Ton n’aura jamais à inscrire et écrire le mot fin.» Dès lors, la lecture (et l’écritu- re, par la force des choses) devient.dans cette remarquable tentative pour repousser l'inévitable, un allie plus que précieux — parmi ces «ruses, ecrit-elle, pour gagner du temps».Convoquant au fil de son discours des auteurs qui l'ont profondément marquée et dans les traces desquels elle marche inévitablement.Monique Bosco interroge les textes intimes (journaux, correspondances, carnets.etc.) de Marguerite Duras, île Kafka, île Balzac, de Madame de Sévigny, d’André Gide et de Marcel lYoust.In lecture de ces écrivains, comme autant de rencontres, lui permet de trouver reconfort et consolation, voire de tirer des leçons qui lui sont, sinon salutaires, du moins profitables.«Voilà qu'une fois encore Proust nous apprend comment vivre, lire, et sans doute mourir 1.).» Jetant un regard acerbe sur sa vie et sur elle-même, Monique Bosco, grâce à ces «affinités électives», mais aussi par des références ou des critiques trouvant echo dans l’actualité du siècle, réussit à dépasser sa seule expérience individuelle.«U faut surtout se convaincre, écrit-elle, que nous sommes, tous tant que nous sommes, les dupes de notre époque.Notre vue.notre ouïe sont déficientes.Nous ne voyons que ce que Ton nous montre.Comment voir ce que Ton nous cache?Car nos héritiers.sans doute, s'effareront de la stupidité de nos préjuges, s'étonneront de notre coupable bêtise.» Dernier «carnet» du triptyque qu'il s’apprête à clore, Mea culpa, après avoir renvoyé cavalièrement le lecteur aux premières pages de Confiteor, s’achève sur une note teintée d’amertume qui traduit le regard lucide et intraitable de l’écrivaine: «Im vie est là, sans doute, malgré le désespoir.» Ce qui est tout à son avantage.Pour en a|r précier la portée, il faut entrer dans la réflexion de Monique Bosco par la porte d’entrée, en commençant par le premier livre, avec précautions, dans un moment bien choisi, et suivre le fil.MK A CULPA Monique Bosco Editions Hurtubise HMH, coll.«L’arbre» Montréal, 2001,128 pages L’ESSENTIE Le pardon pour les nuis LE PARDON: LA DÉLIVRANCE PAR EXCELLENCE Dr Gerald G.Jampolsky Traduit de l’américain par Valérie Leteinturier Éditions Stanké Montréal, 2001,200 pages Vous êtes malade, malheureux, pauvre, stressé et colérique?Pardonnez, pardonnez, pardonnez! Tel est l’insignifiant message que martèle cet affligeant opuscule rédigé par le psychiatre américain Gerald G.Jampolsky.Concentré de tous les travers d’une certaine psycho-pop spiritualisante qui fait des ravages en librairie, cet ouvrage que «Dieu a mis entre vos mains» n’en manque pas une.Animé par un dogmatisme thérapeutique («Nous sommes tous venus au monde pour nous guérir les uns les autres [.]»), il fantasme sur le pouvoir de guérison quasi absolu du pardon, distil- le un orientalisme spirituel de pacotille (nous serions «des êtres spirituels qui sont venus vivre dans notre corps, pour un certain temps»), prétend à une plus que douteuse efficacité (le pardon rendrait notre système immunitaire plus résistant), appelle «poème» des cris du cœur formatés en atelier de croissance personnelle, pratique un dualisme réducteur (c’est l’amour ou l’ego), lamine les traditions religieuses au nom d’une vague «force supérieure» et, surtout, rejette viscéralement tou- te forme de pensée critique: «Pour être heureux, ou heureuse, il me suffit de renoncer à mes critiques.» Ecrit, bien sûr, par un connaisseur, c’est-à-dire un docteur qui ne l’a pas eu facile avec un divorce et l’alcoolisme à son actif, cet ouvrage consterne par le vide culturel sur lequel il repose.Ses concepts clés tiennent de la pensée magique et encouragent un irrationalisme militant Que le pardon soit meilleur, pour la santé physique et mentale, que le ressentiment voilà une the- se qui peut encore se défendre.Mais faut-il, pour l’illustrer, multiplier les banals cas vécus qui sentent la mise en scène à plein nez et sombrer dans une métaphysique «fast food» qui confond les raisons de la colère avec une immaturité psycho-spirituelle?Cette idéologie qui prône la dé- mobilisation au nom de la délivrance n’est, finalement, qu’un des nouveaux visages de la lâcheté satisfaite entretenue par les vampires de l’exploitation.Ça va mal?Pardonnez, disent les propagandistes de ces suceurs de vie.Et ils vendent des livres.Louis Cornellier Romanichels XYZ LES FEES DES LACS Les Fées des lacs roman champêtre Désirée Szucsany Journaliste, Monsieur Paul doit couvrir un colloque de psychiatrie.Ainsi s'ouvre ce roman qui mettra en scène des lieux mystérieux et des femmes fascinantes.Un univers dans lequel Monsieur Paul nous entraînera jusqu’au tourbillon final où les fées l'attendent.Un roman envoûtant! I.um.ili 2001 • Prix .i l.i i i ilutn ,itl|Nlii|iiç (lu Conseil fies ;irls H tics le lires du Ouelx t |H>iir l'ensemble (le x.i e.intrre * Distribution : Prologue ISBN : 2-92224t)-4fl-9 164 pages • 18,96 $ c V-X Québec n ‘ LIBER Eric Volant Dictionnaire des SUICIDES Eric Volant DICTIONNAIRE DES SUICIDES liber 384 pages, 28 dollars 4 LES ÉDITIONS VARIA [51 ANNIVERSAIRE ! C.P.35040, CSP Fleury, Montréal (0C) H2C 3K4 Tél.: (5I4| 389-8448 • Téléc.: (514) 389-0128 www.varia.eom Kaléidoscope ! msé du Circus Alberti au cœur de la défaite.Sergio Kokis Kaléidoscope 348 p.• 24,95 $ XYZ éditeur, 1781.rue Saint-Hubert.Montréal (Québec) H2L 3Z1 Téléphone : (514) 525.21.70 • Télécopieur ; (514) 525.75.37 Courriel : xy2ed@mlink.nel FEMMES ET MEDIAS A TRAVERS LE MONDE POUR LE CHANGEMENT SOCIAL Coordonné par Sharon Hackett du Centre de documentation sur l'éducation des adultes et la condition féminine Femmes et médias à travers le monde pour Ir changement social Voici un tour du monde des réalisations des femmes dans le domaine des médias, qui signale les obstacles auxquels les femmes se heurtent dans chaque région du globe mais qui présente également plus de 40 stratégies novatrices qu'elles ont mises en oeuvre pour conquérir leur place et présenter de nouvelles voix et de nouvelles images.Une coédition avec WomenActlon 170 p.• 16.95$ Chez votre libraire les éditions du remue-ménage 110.rue Sainte Thérèse, bur 501.Montréal (Québec) H?Y 1E6 Tél : (514) 876-0097 • Télec (514) 876-7951 4 LE DEVOIR.LES S A M EDI I ET D I M A X CHE I « SEPTEMBRE 2001 I) «'Livres-» ESSAIS QUÉBÉCOIS LIVRES PRATIQUES Mourir pour des idées Tout sur la gent ailée LA VALEUR DE LA VIE HUMAINE EN RUSSIE (1836-1936) Construction d'une esthétique politique DE FIN DU MONDE Tristan I>andry Editions des Presses de l’Université laval - L’Harmattan Québec et Paris, 2001,216 pages Pays d’espaces immenses, de terrifiantes froideurs et d’emportements intellectuels excessifs, la Russie fascine.Au XX' siècle, elle fut, pour la droite, le symbole d’un désastre appréhendé et, pour la gauche, l’incarnation d’un espoir trahi.On a dit, pour résumer cette tragique histoire, le mot «goulag», on a montré Ijénine et, surtout, Staline du doigt, on a inventé le concept de totalitarisme pour désigner l’originalité d’un régime qu’on s’est empressé de com-parer au nazisme et, enfin, récemment, Le Livre noir du communisme est venu faire le décompte des victimes.A-t-on, pour autant, bien saisi ce qui s’est joué là?Dans un essai d’une exceptionnelle érudition et d’une éblouissante puissance interprétative, Tristan Landry, qui a enseigné l’histoire intellectuelle russe à l’Université Laval et qui est actuellement Humboldt Fellow à l’Institut d’études est-européennes de l’Université libre de Berlin, ébranle toutes ces idées reçues sur la catastrophe soviétique et refait cent ans (1836-1936) d’histoire intellectuelle et culturelle dans le but d’appréhender la terreur russe des années 1930 à partir d’un nouvel angle, respectueux de l’unicité et des particularités locales du phénomène.Le modèle totalitaire développé par Hannah Arendt, dont les échos se font entendre tout au long du Livre noir, rate l’essentiel de la Russie stalinienne en la coupant de ses véritables racines.Landry le rejette donc afin de lui opposer une approche plus fidèle au poids de l’histoire: «Dans la perspective qui est la nôtre, cette terreur s’explique par les genèses concomitantes de l'idéologie bolchevique et de l’esthétique du réalisme socialiste qui ont concouru à produire une re- présentation de la vie humaine où celle-ci n’avait de valeur que par rapport à son utilité sociale.« Comment, alors, en est-on arrivé la?Landry attribue a Pierre Tchaa-daev (1794-1856) le rôle de déclencheur de toute cette histoire.Dans ces lettres philosophiques a une dame (1836), l’ex-officier tsariste devenu penseur diagnostiquait le problème de l’arriération de la Russie et lançait la réflexion sur la maniéré de corriger cette situation.Fallait-il, comme le suggéreront ensuite les occidentalistes, «se mettre à l’école de l’Europe» ou plutôt suivre les Slavophiles qui refusaient cette acculturation?Le temps était venu, en tout cas, de se mettre à l’ouvrage, et un Herzen pouvait même proposer de «sauter» quelques étapes pour rattraper le temps perdu.Mais enco re, comment?Selon le philosophe Tchernychevski (1828-1889), le pays devait son retard à «la faiblesse naturelle du peuple russe», un déprimant constat auquel son roman intitulé Que faire?entendait suggérer un remède: il fallait des hommes nouveaux, des révolutionnaire, capables de sacrifice, de renoncement à soi en faveur du bien collectif et des artistes assez forts pour inspirer ce mouvement.«La solution proposée par Tchemychevs-ki, écrit Landry, s’articulait principalement le long de deux axes: l’esthétique comme mode idéologique de conscientisation du peuple et l'action révolutionnaire comme accélérateur historique.» le réalisme socialiste et le bolchevisme étaient déjà en germe, et Lénine, lui-même auteur d’un Que faire?en 1902, installera sa philosophie politique sur ce socle qui postule, selon l’historien, «que la vie humaine n’a de valeur que par rapport à son utilité sociale».C’est à ce «manque éthique du socialisme» que réagiront les idéalistes russes (surtout Boulgakov) au début du siècle en remettant en question «le bienfondé des pertes en vies humaines pour la cause du socialisme».La réplique ne tardera pas.Empruntant autant à Marx qu’à Nietzsche, le critique Lounat-charski (1875-1933) se fera le défenseur d’une «esthétique sociale comme surpassement de l’éthique» qui congédie sans le dire le rationalisme en situant la vérité de l’idéal du progrès dans la beauté de la fin qu’U recherche.Louis Cor nellier ?REUTERS wSËWF, La place Rouge à Moscou.L’écrivain Maxime Gorki (1868-1936) donnera valeur de religion à cette doctrine en la nommant «construction de Dieu» pour désigner cette «humanité divinisée», unifiée dans l’esprit de sacrifice pour la cause du socialisme.Lui et Lounatcharski devront, plus tard, nettoyer leur discours de ses relents de spiritualisme, mais l’esthétique de fin du monde qu’ils ont façonnée demeurera «une constante importante du langage, des rituels, de la mythologie et de la rhétorique officiels en URSS jusque dans les années 1930».Le dogme du réalisme socialiste, formulé en août 1934 par André Jdanov et fondé sur le principe de l’artiste considéré comme «agent prométhéen d’une accélération du monde vers le grand but qu’il dépeignait», n’apparaît donc pas, dans cette logique, comme une stratégie répressive surgie de nulle part mais comme l’aboutissement d’une genèse centenaire typiquement russe.Le «tragique optimisme» de cette littérature, exalté par les manuels scolaires soviétiques, repose sur une conception de la valeur de la vie humaine moins imposée par le haut et apparue dans la tourmente des années 1930 que construite en réponse au contexte russe emballé depuis cent ans: «Les marxistes nietzschéens ont conçu une solution esthétique au problème éthique du marxisme qui a survécu à sa destruction sur le plan théorique dans les productions artistiques des années 1930.Cette es- thétique politique était le véhicule d’une dévaluation générale de la vie humaine.La littérature qui l’incarnait faisait office de transmission idéologique entre les rouages de la machine des purges et les “âmes humaines”, pour reprendre le terme même des écri-vairts de l’époque.» A l’heure des purges, les Russes qui lisaient cette production littéraire y croyaient-ils?Adhéraient-ils à ce mépris de l’individualité glorifié par Comment l’acier fut trempé de l’écrivain Nicolas Ostrovski, modèle du roman réaliste socialiste?Dans les circonstances, écrit Tristan Landry, «ne pas croire eût signifié non seulement perdre toute raison de vivre mais aussi de mourir.».Le modèle totalitaire rend les armes devant la profondeur d’une telle tragédie alors que l’histoire intellectuelle «permet de mieux saisir les causes profondes qui ont préparé la réification de la vie humaine, son mépris et sa destruction systématique».D’abord présenté comme thèse de doctorat, La Valeur de la vie humaine en Russie est l’œuvre d’un auteur qui appartient aux ligues majeures internationales.Polyglotte (dans ce livre, presque toutes les traductions du russe, de l’anglais et de l’allemand sont de lui-même), historien des idées à l’aise aussi bien en science politique qu’en critique littéraire savante, Tristan Landry vient de signer un essai qui fera date dans l’étude d’une question épineuse et essentielle.louiscornellieriqparroinfo.net RENÉE ROWAN Quelle meilleure référence que d’indiquer, dès maintenant, I qu’il s’agit d’une publication de la National Audubon Society.On peut donc s’y fier! Dans ce guide complet rédigé à l’intention des novices et des vétérans avec le but avoué d’amener les gens a s’ouvrir a la nature en passant par les oiseaux, on trouve tout ce qu’il faut savoir pour aborder avec plaisir et satisfaction ce passe-temps qui en devient un pour la vie.Le meilleur endroit pour commencer à faire ses observations sur les oiseaux est sa propre cour, note l’auteur: on peut y affiner ses techniques grâce à des observations répétées, indique-t-il, alors qu’il donne de précieux conseils sur l’identification des oiseaux: la forme, la taille, la posture, les schémas de vols, le comportement, les traits distinctifs, le chant, etc.M.Kress s’attarde au choix des jumelles, le seul équipe ment nécessaire pour l’observation des oiseaux: «l’ornithologue passionné n’est jamais loin de ses jumelles», remarque-t-il.L’ouvrage contient plus de 320 photographies et 130 illustrations; on y passe en revue les familles d’oiseaux de l’Amérique du Nord.En annexe, on trouve le code d’éthique de l’Association québécoise des groupes d’ornithologues ainsi que des suggestions concernant la bibliothèque de l’ornithologue amateur plus une SOURCE ÉD.DU TRÉCARRÉ Illustration tirée du Manuel du parfait ornithologue.Ce numéro : 10 $ Abonnement individuel • 25 $ Abonnement de soutien • 40 $ Abonnement institutionnel • 40 S Nom________ Adresse Ville _____ Province Occupation Ci-joint chèque ou mandat-poste de 25 $ pour un abonnement à quatre numéros à compter du numéro Revue Possibles 5070, rue de Lanaudière Montréal, Québec H2J 3R1 Code postal revue été-automne corom.un«n"»«l*>u**' ,«*,«!**‘K***'1* inrtrddft c-«.*«*•*>* I M A X ( Il E S K I* I E M B R E O 0 I I) f> Livres xVi POESIE Une voix ouverte sur la table DAVID CANTIN Est-ce le rôle du critique que de rendre lisible une parole énigmatique?Un poeme ne s’explique pas.fi existe par lui-même et interroge peut-être une presence imme diate au monde.Cela ne veut pas dire qu'il faille le contempler, à tout prix, de manière purement objective.Chez Martine Audet et Jean-Simon Desrochers, on trouve un mouvement du sens et de l'émotion qui ne s’enferme pas dans les zones, parfois statiques, du détail intimiste.Le poème ose remuer une langue métaphorique sans toutefois compromettre une réalité des plus tangibles.Depuis Les Murs clairs (Le Noroît, collection «Initiale», 1996), la poésie de Martine Audet a toujours su éviter la paraphrase démonstrative.Elle ménage plutôt une transparence dans l’énigme amoureuse et existentielle.D’un recueil à l’autre, cette voix s'interroge et progresse grâce à une forme d’expression aussi aérienne qu’elliptique.D’un poème à l’autre, une étrange cohérence se met en place afin de mieux cerner une parole où l’incertitude devient une épreuve sensible.L’année dernière, le prix de poésie Terrasses Saint-Sulpice de la revue Estuaire confirmait l’exigence d’une telle démarche créatrice.Voilà maintenant que paraît un quatrième titre, désormais à L’Hexagone.Les Tables semble être une œuvre de transition dans le parcours d’Audet.En lisant cette longue suite, on arrive à la fin d’un cycle d’écriture.Cela ne veut pas dire que ce recueil ne répond pas aux attentes mais qu’il ferme plutôt une parenthèse.Il est beaucoup question, dans Les Tables, de solitude amoureuse et d’émerveillement singulier.Ces poèmes suivent certains motifs, comme la table ou le pain, qui deviennent des lieux d’arrêts instables.Le vers elliptique renverse le sens des mots comme des émotions.On entre dans un espace d’écriture où la clarté devient mystérieuse.Le monde bascule alors dans la transparence des actes et des signes de l’inattendu.Au fil de la lecture, la force imprévisible de l'image permet de découvrir un veritable abandon dans cet itinéraire du quotidien.Audet retravaille le motif afin d'éclairer les divers épisodes d’une vie.On reste toujours dans l’attente d'une unité introuvable: «Au vif de tes yeux / dans la remontée de nous-mêmes / le ciel se concentre / existe / tôt ou tard / je ramasse en tremblant / ce que j’ai cru voir / une fenêtre ou une table / un poème peut-être / la vie s’enferme dans la vie / les choses à la fin / se partagent le cœur / le ciel / tôt ou tard / ramasse / le cœur.» Les Tables marque-t-il la fin d'une première grande étape dans le trajet fascinant de Martine Audet?On a envie de connaître la suite.Nouveau venu Contrairement à Audet, L’Obéissance impure marque les débuts de Jean-Simon Desrochers en poésie aux Herbes rouges.On voit que cet éditeur montréalais semble davantage que les autres vouloir ouvrir ses portes à de nouveaux venus.On se souvient d'ailleurs de l’excellent premier recueil de Tania Langlais, qui fut bien accueilli l’année dernière, ou encore des promesses de Mathieu Boily avec Le Grand Respir.Par contre, la voix de Jean-Simon Desrochers va dans une tout autre direction.Cette mise en scène d’un corps, d’une parole ainsi que d’une pensée s’appuie beaucoup sur certains mécanismes du langage.Contemplative et elliptique, cette poesie tente volontairement de se dédoubler.L'auteur conserve une certaine distance par rapport à lui-même.L’humour ainsi que la violence s'entrecroisent constamment Même si elle n'arrive pas toujours à convaincre, il y a au moins, dans la poesie de Desrochers, le désir de se taire autre.Elle ne perd pas son temps dans une urbanité illusoire ou une verdeur un peu convenue.Le seul regret demeure l'approche puren ent materielle face à la langue poétique.L'exigence de cette écriture, car il y en a une ici, tend à devenir un obstacle durable.L'abstraction des concepts gène également «Une cadence trumiüe le nerf, / ce petit mot sous la peau — / une cadence fabrique ma blancheur comme si elle était ma beauté, ma ruine —/fable fresque à la hauteur des neiges./ Superpose ton histoire à l’abandon, / petit corps prêt à jurer / contre la force et ses murailles.» Même si elle cultive une certaine ironie, cette voix demeure trop savante.L’idée prend le pas sur l’émotion qui reste glaciale.Par ailleurs, L’Obéissance impure a le mérite de suivre ses intentions jusqu’au bout.Si elle réussit à se débarrasser de son rouage un peu lourd, la parole de Desrochers s’ouvrira peut-être à une profondeur plus grande.En terminant, on rœ tient ces mots d’André du Bouchet «Même les plus grands poètes sont menacés par la conscience d'être poète.La poésie ne fait qu’attiser l’inquiétude.C’est difficile à tenir.U arrive que l'inquiétude soit perdue.Dès qu’il y a un public dont le poète est conscient, il s’adresse à ce public qui devient comme une caisse de résonance.Du coup, la force de la parole est voilée, détournée.» LES TABLES Martine Audet L’Hexagone Montréal, 2001,61 pages L’OBÉISSANCE IMPURE Jean-Simon Desrochers Les Herbes rouges Montréal, 2001,80 pages fl II les Editions L’Agenda de l’intemaute 2002 est à l’heure Internet! Bruno Guglielminetti, animateur vedette de la Minute Internet et de Techno à Radio-Canada, offre à tous les internautes, néophytes et experts, l’outil essentiel pour l’année qui vient.Bruno Guglielminetti 20 sur 24 cm • 144 pages • 2-89381 -804-8 • 14,95 $ H LE JIM E Sililll 20112 Roland Leclerc, animateur du Jour du Seigneur à Radio-Canada, vous donne cette année encore rendez-vous avec la foi.Son Agenda Le Jour du Seigneur 2002 vous invite à vivre toute l’année sous le signe du Fils de Dieu et de son enseignement d’amour.Roland Leclerc, prêtre 15 Sur 23 cm • 256 page* • 2-89381 -775-0 • 12,95 $ AGENDA LE JOU DU SE1G 20 m Spirale- ¦1 *) 1 *1 K O M A N Sus à la stagnation Pour son premier roman.Michelle Côte a opte pour le genre historique.L’Envers du dea>r.toutefois, est loin de se classer parmi ceux, dans la même categorie littéraire, qui mettent davantage l'accent sur la crinoline et sur les chassés-croisés amoureux que sur le veritable contexte socio-historique.Bien au contraire.A la fin des années 50, une jeune femme de bonne famille s’inquiète de voir diminuer l'ardeur amoureuse de son époux, un jeune avocat qui la néglige afin de mieux servir ses ambitions non seulement professionnelles, mais aussi spirituelles — Dieu semble en effet exiger de lui un investissement sans cesse plus considerable de temps.Sans l’amour de son Luirent, dont elle vénère jusqu'au sol qu’il foule.Solange n’a plus de raison de livre.Ni ses leçons de piano, ni ses random nées à bicyclette, ni ses lectures ne réussissent à combler sa \ie comme le fait si bien l’objectif ultime de servir de toute son âme le bien-être de son compagnon.«Tu serviras ton époux», lui ont dit le curé, sa mère, sa belle-mère et ainsi de suite, ce à quoi elle entend obtempérer de bon gré.Mais quid si le principal intéressé refuse d’ètre l'objet de tant de devotion, absorbé qu'il se montre par d’autres préoccupations que celles domestiques?L’invitation à la déprime est lancée.Si seulement Solange était comme son amie Doris, l’artiste indépendante, qui compte à son corpus autant d’amants que de tableaux.Ou encore comme son amie Marthe, la journaliste, qui utilise ses articles comme tribune afin de prôner les idees libérales qui commencent à poindre dans l'air du temps.Ou encore — et cela serait encore mieux — comme Francis, ce jeune étudiant en géographie qui ne répond à d’autre appel que celui de la nature.C’est d’ailleurs ce Francis, rencontré par hasard après le drame, qui consolera Solange de l’homosexualité, découverte par hasard — mais soupçonnée depuis longtemps par le lecteur —, de sa douce moitié.L'Envers du décor est un roman historique qui, outre les longues et multiples descriptions des sentiments de Solange envers son mari, met manifestement l’accent sur le développement social du Québec.Au cours de la première partie du roman, le lecteur aura droit à plusieurs constatations de l’héroïne quant à la vacuité de son existence, comparée à celles trépidantes de ses compagnes.Moultes autres comparaisons seront laites entre leurs façons respectives d’envisager la leur me, son sort et ses droits.Bien qu’il soit fort intéressant — et tout à fait louable — dIntégrer le politique au romanesque, ces diatribes féministes apparaissent neanmoins redondantes.Plus tard dans le roman, ce sera au tour du libéralisme politique d'être louange à pleine plume, sans plus de subtilité, mais avec cette lois un registre plus large et un propos diversifie.En effet, plusieurs angles de la plateforme poütiquede l esuge sont abordes: la lutte contre la pauvreté, la disparition île la domination îles anglophones patrons d’entreprises sur les francophones ouvriers, le patronage, le rôle injustifié de l'Eglise dans le processus décisionnel étatique, etc.De ce tait, et vu le rythme accru de l'action, la seconde moitié du roman s'avère nettement plus captivante.1 e lecteur est plonge en pleine effervescence des prémisses de la Révolution tranquille.Fort intéressant Qui plus est.sur un autre plan, l’évolution du personnage de Solange, au cours de la st vomie partie île l'ouvrage.est habilement peinte.Alors que les événements de la première moitié du roman sont prévisibles et, force est de l’admettre, plutôt ennuyeux, Michelle Côté arrive, à mi-parcours, à capter l'intérêt du lecteur, qui restera constant jusqu’au dernier caractère imprimé.Ainsi, sans être une œuvre extraordinaire.I.'Envers du décor arrive tout à fait à tirer son épingle du jeu et l’une de ses grandes qualités reste la t idélité du portrait qui est tracé de la bourgeoisie québécoise de l'epoque, alors que le confort et la stagnation des uns s'opposaient systématiquement à la volonté ardente des autres de taire évoluer la société à laquelle ils appartenaient.Et si l’aliénation de Solange, qui se contente d'abord de n’ètre qu’un individu essentiellement décoratif, sait choquer la lectrice, ce n’est que [xmr mieux lui rappeler ce qu’ont vécu ses meules.L’ENVERS DU DÉCOR Michelle Côté Septentrion Québec, 2001,296 [xtges 1 lÉïi m " Traduction entièrement nouvelle par 47 écrivains et spécialistes de la Bible Six années de travail.3200 pages.En librairie.59,95 S.Bayard MfcDIASPAUt le nouveau Spirale^ est arrivé Lancement et remise du prix Spirale : jeudi 20 septembre, iihio à Ut Bibliothèque nationale du Québec, J700, rue Saint-Denis, Montréal Spirale félicite chaleureusement Jocelyn Létourneau, récipiendaire du Prix Spirale de l'essai 2000-2001 pour son ouvrage Passer à l'avenir, publie chez Boréal Éditeur t LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DI M A S C H E I « SEPTEMBRE 2 0 01 i) (i -^ Livres -•- LITTÉRATURE FRANÇAISE Un discours de culture GUY LAI N E MASSOUTRE Sellers est aux nues, avec ses mille pages aux pieds.De la, il contemple l’infini.D’où le titre, Éloge de l’infini, recueil d’inédits, eux-mémes suite de I/i Guerre du goût, paru en 1994.Stratégique, sa posture a pourtant un sens: comme dans l’encyclopédie, les articles se plient à l’autre sens, le plus près des mots, à savoir dans la bouche, qui télescope les deux titres: éloge du goût.On reconnaît le dix-huitiémiste, sa passion, ses plaisirs, sa raison.«Le sens», «le goût», mots uniques pour dire le corps et l’esprit c’est son domaine.Dans ^Avertissement», il prévient: «Ignorants, mondains, populistes, [j’en passe], s’abstenir» C’est tout Sollers.Omniscient verbo-moteur insatiable, d’une allégresse non pareille, inépuisable esthète, il fascine.«Vous en faites trop, me dit soudain l'Adversaire.Quand dormez-vous?», écrit-il d’emblée.Vous êtes tout pardonné; entrez dans nos plages de lecture, puisqu’il faut vous y inviter; faites-nous voir encore le monde par vos yeux.Chroniques démocratiques Il y avait autrefois les discours de cour.Puis les salons littéraires.Puis les cafés.Le pavé de Sollers roule dans cette histoire.On y tient les discours d’époque, journal oral des gens qui parlent qui se rencontrent pour confronter des idées, pour vivre sur la place publique.Quoi de plus vivant que ces jeux de bouche, ces lèvres agitées, ces phrases qui ont de la gueule?Sollers en raffole.Mais s’il en retient un goût d’oral visible dans maintes phrases, il fait quand même comme l’artiste: «Travailler sans le souci de personne, et devenir fijrt, tel est le but de l’artiste; le reste ne vaut pas le mot de Cambrunne.» C’est Cézanne qui le dit dans le premier texte de Sollers.Car c’est dans l’écriture, exaltation en silence, que se rassemblent tous les invités de Sollers: Cézanne, Picasso, Bacon, Zola, Proust Céline, Rimbaud, Shakespeare, Holderlin, Mallarmé, Madame de La Fayette, La Bruyère, Balzac, Claudel, Sartre, Mauriac, de Beauvoir, Debord, Bukowski, Ponge, Augustin, Faulkner, Shitao, Paulhan, Artaud, Bellow.Sauf le dernier, ils sont tous morts.Même Mai 68.Alors, ils se sont fait une joie de ressusciter.Et ils acceptent sans se faire prier de reprendre le dialogue.Sollers les aime, d’un amour infini.Que ne souligne-t-il pas de neuf, c’est inouï.En les convoquant par la parole, il les tait être parmi nous, toujours en avant vers l'infini.Divine littérature «C’est l’indépendance même de la littérature qui fait sa valeur», répète Sollers après le Prix Nobel Gao Xing-jian.Les 688 pages qui précèdent ne sont pas suffisantes pour l’établir.La preuve est une argumentation infinie, contre la condamnation de l’enfer, contre les horreurs sur la terre, contre l’obscurantisme universel.«Ije vingtième siècle, c’est d’abord cela: la révélation noire d’un crime contre l’humanité elle-même, la mise en place d’une véritable culture de mort.» A cela, que Sollers ne cesse d’opposer «Ce que j’ai à dire du vingtième siècle.c’est qu’il a été un grand siècle de création.» C'est pour cela qu’il est partout dans les journaux, à la télé, dans les revues, dans l’édition.Pour l’écrire.Éloge de l’infini est donc un journal de culture.Simple et immense, on peut l’ouvrir a son gré, y chercher des angles neufs, des noms, des sujets.Musique, ouvrages d'art et d’esprit celui qui aurait voulu être le ¦¦bouffon acrobate» — comme on l’a dit de lui —, peint par Picasso, ne cesse d’inventer des architectures capables d’ordonner la moisson quotidienne.Les lignes d'écriture entrecroisent les données, de manière souvent inventive, originale.Bien sûr, Sollers se commente lui-même.C’est son côté mégalo qui s’excuse, en sorte, en se justifiant D se répété, preuve que, s’il ne se relit pas, U se souvient L'hommage est infini, mais la tâche aussi.«La vie est courte, précaire», lit-on ici: cette banalité coule avec l’urgence et l’angoisse de crier dans le désert Précipités Non, le monde ne va pas bien.«Fin de siècle veut dire: frisson devant l’inconnu, immobilisme, retour religieux ou ésotérique, troubadourisme, androgynisme, rêves d’apocalypse, archaïsmes divers remontant à la surface, crevés, ventres en l’air.Ce n’est pas le moment de reculer, au contraire.Obstinez-vous, dégagez.» Comment ne pas le croire?A lui-même, il se souhaite «bonne chance».Reste à savoir si notre Don Quichotte, avec ses coups de lance géants, fait plus que tourner les ailes des moulins à vent Pourtant, il est à parier que Sollers essaime.C’est sur l’art qu’il est à son meilleur.Simplement pour Picasso, il faut accepter sa débauche de temps perdu.Pour Jacques Henric qui l’interroge, il définit le mieux son «Adversaire», et là, il joue son rôle d’intel- lectuel au front Pour trop savoir que «tout est vanité», il ne reste qu’un acte: tout reprendre à zéro.Alors le monde peut être neuf; la pensée, poésie; le langage, prise sur le temps.Henry Miller, autre géant Irène Blanc a rencontré Miller à Big Sur, dans les années 60.alors que son mari enseignait dans une université californienne.Quarante ans plus tard nait un livre, qui doit encore beaucoup à l’emotion.Les aficionados passeront un moment de bonheur avec l’écrivain, que l'auteure, dans la naïveté de son regard, réussit à fire vivre presque directement Malheureusement l’édition souffre de négligences diverses.La moindre n’est pas les considérations de madame Blanc sur le mode de vie américain, qui nous sembleront banales et surfaites.Mais elles n’en traduisent pas moins la distance qui sépare les cultures, et dont Miller le premier souffrit à l’intérieur de la sienne.Il n’en eût pas été choqué.ÉLOGE DE L’INFINI Philippe Sollers NRF Gallimard Paris, 2001,1096 pages SAGE MILLER ET FOLLE LA Irène Blanc Buchet-Chastel Paris, 2001,223 pages Une faim cathodique ROMAN Le royaume disparu des Khazars SIGNETS Marie -Andrée Lamontagne Le Devoir Faut-il revenir sur la dernière émission de Bouillon de culture?Fin juin dernier, son animateur, Bernard Pivot, lui a ménagé de joyeuses funérailles et dès lors tout n’a-t-il pas été dit?Si, bien sûr.Chacun y est allé de ses regrets, et on peut parier que cette sortie en forme d’apothéose ajoutera au caractère mythique d’une émission littéraire que sa longévité (de 1975 à 2001, 15 années A’Apostrophes suivies de 10 années de Bouillon de culture), son impact sur la librairie et sa bonne tenue générale, malgré de nombreux raccourcis et quelques pitreries, ont déjà installé, pour plusieurs, dans le rôle écrasant d’horizon télévisuel indépassable.Mais pourquoi les choses devraient-elles en rester là?Après tout, à ses débuts aussi Apostrophes a dû se débarrasser des fantômes de Lectures pour tous, qui répondaient alors aux noms de Desgraupes, Dumayet et Max-Pol Fouchet.En cette rentrée d’automne, alors que les diverses chaînes québécoises trompettent leurs nouveautés, la question ne peut-elle pas être posée: y a-t-il une vie après Pivot pour les émissions littéraires à la télé?Certains ajouta ront y en avait-il une pendant?Pendant vingt-cinq ans, les émissions occupant ce créneau ont dû, en effet, entre imitation et tâtonnements, vivre à l’ombre de l’animateur débonnaire.Sauront-elles s’épanouir dans le vide laissé par son départ ou laisserontelles aux directions des programmes, faute d'avoir fait avec éclat la démonstration de l’importance du livre à la télévision, le soin de combler ce vide avec ce qui marche déjà fort bien: sports, affaires publiques, divertissement, téléromans, humour, le tout caquetant aux pieds du roi-vécu.On connaît le successeur de Pivot sur France 2: c’est Guillaume Durand, à l’émission Campus, dont on pourra voir au Québec la première édition dimanche le 23 septembre prochain, à l’antenne de TV5.On sait aussi que diverses formules, entre Cent titres (Québec) et Si j’ose écrire (Belgique, aussi diffusée au Québec par TV5), tentent de donner une vie télévisuelle au livre, mais ce serait autant d’exceptions, elles-mêmes nées de l’exception française, à en croire, pour cette dernière, celui qui régna sur le genre et dont, opportunément, on publie en poche une version, augmentée de l’expérience de Bouillon de culture, des entretiens qu’il accordait à Pierre Nora, directeur de la revue Le Débat, au moment d’arrêter Apostrophes (Bernard Pivot, Le métier de lire.Réponses à Pierre Nora.D’Apostrophes à Bouillon de culture, Gallimard, «Folio», 2001).En cuisine, la fidélité à la recette, si elle ne donne pas toujours un poème à table, donne au moins un plat honnête, qui apaisera la faim des convives.L'épice, le tour de main sont des secrets bien gardés par celui qui officie derrière les fourneaux et ne se transmettent guère.Le métier de lire, qui procède de l’expérience, tenant aussi du livre de recettes, on en méditera maintenant quelques étapes, entre deux services de livres à la télévision, québécoise ou non.À la dure Lors des premières émissions A’Apostrophes, les écrivains s’enfonçaient dans des fauteuils mous, et sans doute leur pensée prenait-elle le même chemin.Les refus de Nabokov et de Soljénitsyne d'être ainsi avalés firent choisir le dur, qui demeura.Pour le plus grand bien des lettres, ce régime Spartiate ne devrait-il pas être étendu à tous les écrivains, y compris à ceux qui ne passent pas à la télé ou qui en sont encore à l’étape du manuscrit?Le dur, ce serait par exemple la résistance du crayon au confort de l’imagination quand elle s’abandonne aux délices du traitement de texte.Sur le plateau, ce serait accepter de mettre l’image au service du texte, comme ont toujours voulu le faire les réalisateurs de Pivot, et non l’inverse, comme le font tous ceux qui ont peur des chaises, des phrases, des intellectuels, des écrivains muets sur leur vie privée ou d'ennuyer leur mère.Courage et fermeté Par nature, les émissions littéraires s’adressent à un public restreint, rappelle Pivot, «mais ferme dans ses choix,, courageux dans ses curiosités».Evalué en France à deux millions (selon une moyenne obtenue entre les pics et les planchers d’audience A'Apostrophes), au Québec, ce public représente peut-être 20 000 personnes.Et alors?Que l’on séduise ce noyau dur, qu’on lui serve chaque semaine de solides nourritures, et la chose ne tardera pas à se savoir.D’autres seront attirés et les 20 000, conquis par le talent d’un animateur soucieux de s’effacer, tout en dosant (vers le haut) la difficulté de ses sujets, deviendront peut-être 100 000, encore tout étonnés de se découvrir moins bêtes qu’ils ne l’avaient cru.Mais ni la télé québécoise ni la télé fran-çaise n'aiment les cercles concentriques.Elles veulent de beaux splashs, éclabousser tout de suite tout le monde.Et il est vrai que certains livres n’ont pas d’autres ambitions.Pourtant, à ceux-là la littérature ne refuse pas le droit d’exister; à chaque lecteur ensuite de choisir ce qui lui convient dans la production éditoriale.Pourquoi les ouvrages littéraires devraient-ils être frappés d’une taxe d'ennui par la télé, et qui ne pourrait être levée qu'au prix de prouesses d’animation et de réalisation?Originalité Apostrophes a eu plusieurs imitateurs, dont le plus manifeste aurait été Georges Suffert, avec La Rage de lire, copiée, aurait-il avoué sans état d’âme, sur Pivot.O journalisme, qui en fait souvent sa règle d’or, qui lit les confrères chaque matin, regarde ce qu’ils ont dit au journal télévisé, et on s’étonnera, après cela, de certains engouements médiatiques.Le public n’est pas dupe.Pour étonner et retenir, toute émission littéraire ne doit-elle pas d’abord faire preuve d’un peu d’originalité dans sa conception?Volonté Pourquoi une émission comme la vôtre est-elle possible en France et non ailleurs?a-t-on souvent demandé à Bernard Pivot.C’est qu’il faut (J’abord le vouloir, ré-pondait-il.A partir du moment où une chaîne veut se doter d’une émission littéraire de qualité, elle trouve toujours le talent et les moyens pour la réaliser.Ce n’est pas céder à une fascination parisienne que de reconnaître qu’aucune émission littéraire à la télé québécoise n’a joui, jusqu’à présent, de l’importance de celles animées par Pivot.Faut-il en conclure que les téléspectateurs québécois bouderaient l’émission en or qu’on leur aurait concoctée à force de volonté, de conviction, de talent, de moyens, le tout arrosé d’un zeste d’inconscience et de fantaisie, et qui s’ajouterait à celles existant déjà, les obligeant à rivaliser d'excellence?Ceux qui se pressent dans les librairies qui organisent des débats ou des rencontres, ceux qui assistent à des lectures ou paient 10 $ pour entendre la causerie de l’écrivain dont ils aiment les livres, auxquels il faut ajouter les orphelins de Pivot, nombreux au Québec, juste après le Liban, disent les chiffres de l’animateur, tous ces gens ne regarderaient pas l’émission qui parlerait avec intelligence et profondeur, sans renier son langage propre, des livres et des auteurs qu’ils pourraient avoir envie de lire?Personne n’aurait faim?NAÏ M KATTAN Dans un territoire de l’Asie centrale, devenue ensuite l’Asie des tsars puis l’Asie soviétique, un peuple, les Khazars, s’était converti au judaïsme et avait fondé un royaume au X' siècle.Il y a près de 30 ans, l’écrivain Arthur Kœstler qui fut l’un des premiers à révéler les dessous de l’empire soviétique, consacra un ouvrage à ce royaume disparu et avança l’hypothèse qu’une partie importante des Juifs de l’Europe orientale étaient d’origine khazare.Marek Halter, qui a écrit plusieurs romans ayant pour thème l’histoire juive, tente de faire le portrait de ce peuple effacé de la carte.Dans ce dessein, il fait siennes les recettes du roman historique qui ont fait le succès de Umberto Eco, en insérant des événements historiques religieux dans une intrigue policière.Tout en captivant le lecteur avec un suspense, il l’instruit de faits historiques peu connus ou négligés.Il lui apprend ainsi que les Khazars, installés dans les montagnes du Caucase après avoir embrassé la religion juive, s’étaient battus contre les Russes tout en se trouvant coincés entre deux empires: ceux de Byzance et des Abbassides.Halter ajoute un autre élément: le romancier est partie intégrante de l’intrigue.Ainsi celui-ci, une sorte d'alter ego de l’auteur à qui il donne le nom de Marc Sofer (mot qui veut dire écrivain en hébreu), prononce à Bruxelles une conférence sur les Khazars.Une femme mystérieuse, d’une beauté sans égale, et un homme non moins énigmatique l’abordent à la fin de sa prestation.Ils convainquent l’auteur d’aller découvrir sur place les lieux où la puissance khazare s’était manifestée.Celui-ci est alors pris dans l'engrenage d’une intrigue qui met face à face des jeunes juifs qui cherchent à préserver les vestiges de la mémoire des Khazars et les maîtres d’un consortium pétrolier qui décident de démolir ces monuments enfouis dans des cavernes — une synagogue, une bibliothèque — afin d’atteindre, sans encombre, une nappe de pétrole.Dans son récit, le romancier alterne l’histoire ancienne et les événements d’aujourd’hui.La femme mystérieuse rencontrée à Bruxelles est une réincarnation de la sœur du roi khazar.Toutes deux sont d’une incomparable beauté et toutes deux affrontent les assoiffés de pouvoir pour défendre la seule puissance qui compte, celle de Dieu.Sofer retrouve dans la caverne caucasienne la mystérieuse beauté de Bruxelles.Elle porte le nom de Sonja, est descendante des khazars et s’impose comme gardienne de leur mémoire.Halter sait retenir le lecteur en multipliant jusqu’au bout les coups de théâtre.Ses descriptions de Bakou et de la Géorgie d’aujourd’hui sont saisissantes, fi rapporte la correspondance entre le rabbin de Cordoue Hasdai Ibn Chaprout et le roi khazar, le Khagan Joseph.On s’étonnera cependant qu’il ne fasse pas mention du Kouzari, le célèbre ouvrage de Yéhouda Halevi qui vécut lui aussi dans l’Espagne médiévale.Le Vent des Khazars est d’une lecture facile et agréable car, sans apporter d’éléments nouveaux, Halter sait savamment ménager pour le lecteur les intrigues du passé et du présent LE VENT DES KHAZARS , Marek Halter Editions Robert Laffont Paris, 2001,351 pages .Lèvent Khazars CHAINE Stanley Péan Dimanche Il h Bouquinville Realisation : Claude Godin culturelle O *3 95,3 FM Québec 100 IUU.7 Montréal « f i .E IVAL J.Hup:/Av\v\v.aiqnet .com/I ipti INFO-PROGRAMMATION : 1-819-373-5843 HÔTEL GOUVERNEUR : • 819-379-4550 Repas-Poésie 30 sept.& 7 oct.29 sept.-7 oct.29 sept.-7 oct.1 IhOO Muffin-poésie Librairie Morin 4000, des Forges (819) 694-1116 29-30 sept.&6-7 oct.12H00 Dîner-poésie 19800 Souper-poésie Angéline Ristorante 313 A, des Forges (819) 372-0468 1 -5 octobre 12h00 Dîner-poésie 19h00 Souper-poésie Resto Le St-André 1140, St-Prosper (819) 376-5811 1-5 octobre 12h00 Dîner-poésie 19h00 Souper-poésie Le Lupin 376.St-Georges (819) 370-4740 12H00 Dîner-poésie Resto-bar Le Comic 334, des Forges (819) 370-6655 12h00 Dîner-poésie 19h00 Souper-poésie Au Four à bois 329, Laviolette (819) 373-3686 12h00 Dîner-poésie BoulVElles Calé 767, St-Maurice (819) 378-6963 19h00 Souper-poésie Bistro St-Germain 401, St-Roch (819) 372-0607 30 sept.4 octobre 29 sept.-7 oct.29 sept.,2-6 oct.18h00 Souper-poésie Le Vignoble Hôtel Gouverneur 975 Hart (819) 379-2131 18h00 Souper-poésie La Becquée 4970 des Forges (819) 372-1881 Rencontres-poésie 15h00 et 19H30 Librairie Morin 4000, des Forges (819) 694-1116 10h00-20h00 Poèmes sur cassettes audio Bib.Cap-Madeleine 70, St-Pierre Cap (819) 478-8826 Atelier-poésie 30 sept.4.5.7 oct.Apéro-poésie 29 sept.-7 oct.Apéro-poésie 29 seot.-7 oct.Apéro-poésie 29 sept.-7 oct.Atelier d’écriture 15h00 Salle régionale Maison de la culture 1425, PI.Hôtel-de-ville 15K00 Poèmes de jour Café-Gai.Embuscade 1571, Badeaux (819) 374-0652 ¦¦ " r Radio-poésie 16h00 UQTR Chasse-Galerie 3351, des Forges (819) 697-2368 17h00 Apéro-poésie Café Bar Zénob 171, Bonaventure (819) 378-9925 29 sept.-7 oct.29 sept.-7 oc.Récital-poésie 29-30 sept.Récital-poésie 28-30 sept., 1-4 oct.17h00 Apéro sans fumée Bar L’Hexagone-Delta 1620, Notre-Dame (819) 376-1991 17h00 Apéro-poésie Resto-bar Le Comic 334,des Forges (819) 370-6655 19HOO Récital-poésie Zénob 171, Bonaventure (819) 378-9925 20h30 Récital-Poésie Café Bar Zénob 171, Bonaventure (819) 378-9925 Récital-poésie 1-5 oct.Récital-poésie 3-4 oct.7 oct.20H30 Musique-poésie Resto-bar Le Comic 334 des Forges (819) 370-6655 20h00 Chants-poésie Le Maquisart, 10 $ 323 des Forges (819) 379-0235 19H30 Impro-poésie Le Maquisart 3$ & 4$ 323, des Forges (819) 379-0235 Poèmes de nuit 29 sept.-7 octobre 29 sept.-7 oct.Ciné-poésie 30 sept-6 oct.23h00 Poèmes de nuit Café Bar Zénob 171, Bonaventure (819) 378-9925 OlhOO Voix off Café Bar Zénob 171, Bonaventure (819) 378-9925 14HOO : 30 sept.19h30 : 28 sept.1,3,5 oct.20h00 : 29 sept.,6 oct.858, Laviolette (819) 376-4459 minniaiHiiüüMiwM ¦miinmnuüTiasi Poètes Lauréats Futimi fnlerrulma! à L poAtu 1 Desrocbes, Roger Pnx Pichcèt poésie èe l'UQTR 2.Forest, Isabelle Prix Émile-SeUi^an èt poûu 3.Langiais, Tania Prix àu Gouverneur Général du QmaAi De Bellefeuille, Normand Prix Félix-Anloine-SaiHirè de poésie 5.Juteau, Monique Prix AthanoM-David 6.Morency.Pierre Prix Estuaire des Terrasses St-Sulpûe 7.Audet, Martine Prix Félix-I/eierr de poésie 8.à venir Prix Galaxie-Jeune-Poésie Francophone 9.Laforest-Jean, Élisabeth Prix intercoüégiat de poésie 10 Piché, Alexandre Autres Poètes Québécois 11.Alonzo.Anne-Marie 12.Antoine, Yves 13.Arsenault.Anick 14.Beausoleil, Claude 15.Beddiari El Khala, Salah 16.Bergeron, David 17.Bertrand.Claudine 18.Blouin, Louise 19.Boisjoli, Jean 20.Boisvert, Yves 21.Bonin, Linda 22.Boucher, Denise 23.Brassard, Denise 24.Brassard.Nicole 26.Cadet, Maurice 26.Cantin.David 27.Charron.François 28.Chatillon.Pierre 29.Cbolette, Mario 30.Cloutier.Céale 31.Comeau, Frederic-Gary 32.Corneüier.Dominique 33.CorneOier.Éric 54.Conieükr.Louis 36.Côté.Mkbel 36.Côté, Michel 37.Courteau, Isabelle 38.Dallaire, Paul 39.Daoust, Jean-Paul 40.Dargis, Daniel 41.David.Carole 42.Deland.Monique 43.Desautels, Denise 44.Desbiens.Patrice 45.Deschênes, Louise 46.Desgent, Jean-Marc 47.Despatie, Stéphane 48.Desruisseaux.Pierre 49.Désy, Ym 50.Doom, Alain 61.Danon, Hélène 52.Doyon.Panic 53.Ferrier, ïan 54.Ftsette, Alain 66.Francoeur, Lucien 56.Fueates-Imbert.Rqyds 57.Gagné.Dominic 58.Gameau, Jacques 59.Garnier, Eddy 60.Géiinas, Yannick B.61.Germain, Christine 62.Hébert, Louis-Philippe 63.issa.Mireille 64.Janneteau.Sylvain 66.Jutras, Benoît 66.Labne.Pierre 67.Lachance.Jean-Guy 68.Lachapelle, Cône 69.Lâchante.Cari 70.Larooche, Jean-Sébastien 71.Laverdière, Camille 72.La vote.Yves 73 Lefebvre, Jean-Marc ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ 74.Mailhot, Robert J.I B H B 75.Malavoy-Racine, Tristan 76.Marquis, André B 77.Marsolais, Gilles 78.Martel, Émile B 79.Martineau.Micheline 80.Molin-Vasseur, Annie B B 81.Mongeau.France 82.Momard, Germaine B B 83.Mouré, Erin 84.Nicole.Patrick B 86.Ouellet Pierre 86.Paradis, Claude B B B 87.Perrier, Luc 88.Peyrouse, Anne 89.Portai, Louise 90.Pouliot, Martin fl 91, Pourbaix, Joël 92.Potier.Bernard B B 93.Préfontaine.Yves 94.Privache, Mihaela 96.Psenak.Stefan 96.Ricard.Mélanie fl B 97.Riopel.Jean-Éric 98.Riverin, Agnès X B 99.Roberge.Eric B B 100.Rousseau, Paul 101.Roc-, Bruno fl B 102.Roy, Jean-Yves B B B B 103.Sage, Richard fl B 104.Sloate, Daxuel B B B B 106.Sylvestre.Robert 106.Théberge.Jean-Yves 107.Théoret.France B B 108.Thibault, Martin 109.Tremblay.Gaston 110.Tremblay.Larry 111.Tremblay, Tony B B B 112.Vézina, Christian l ¦ Poètes du Canada I 113.Andersen.Marguerite (Ontario) 114.D alfonso Antonio (Ontario) 115.Helwig, David (île du Price-Édouard' 116.Jacquot, Martine (Nouvelle-Écosse) B fl! ¦ B 117.LeMyre, Marc (Ontario) B I 118.Mohtashami-Maali, Arash (Ontario) B i 119.Poiiquin.Laurent (Manitoba) 120.Raimbault Alain (Nouvelle-Écosse) B I ¦ Au Plan International 121 Blua.Gérard (France) B 122.Bondebjerg, Klava (Danemark) B 123.Campos, Marc-Antonio (Mexique) B 124.Cerrato, Laura (.Argentine) B 126.Cohen.Sara (Argentine) B 126.Conte.Giuseppe (Italie) B 127.Dagtekin.Seyhraus (Kurde) B I B 128.Deane.John F.(Irlande) B 129.di Pasquale.Roberto ( Argentine) fl 130.Fait Marouba (Sénégal) IB 131.board.Jacques (Belgique) 132.Leuwera.Daniel (France) 133.Lindqvist, ingalina (suède) 134.Mansour.Monica (Mexique) B 135.Matheme, Beverly (Louisiane) B B 136.Mohammedi.Anima (Kabylie/Aigérie 137.Mnntini, Bernard (France) B I B 138.Montmaneix, François (France) B 139.Nessi, .Alberto (Suisse) B 140.Orono, Tatiana (Uruguay) B 141.Ouhaïbi.Moocef (Tunisie) B 142.Pavloff, Franck t Bulgarie/France) B 143.Portante, Jean (Luxembourg) fl 144 Rogers, Bertha (Etats-Unis) 145.Schmitz.André (Belgique) B 146 Skme.Tod G.(Etats-Unw) B 147.Starova.Lu an (Macédoine) B 148- Strfoc Elena Seva (Roumanie) B 149.Susanna.AJe(Espagne) B B 150.Verbeggbe.Wiibe (Belgique) B 151.Vwiguet, Pierre (Fiance) B B fl B fl B B B B B B B B B B fl B B B B B B B B B au 7 octobre 2001 SUGGESTIONS PARMI LES 410 ACTIVITES 27 septem 16hOO.\ e rnis sage : Entre l’inerte et le* clameur*.Oeuvres : Normand Boucher.Poèmes : Gilbert Langevin.Foyer de la Salle J-A rhompson, 374, des Forges, (81^) 374-3521.17H00.Y ernissage : Engoulewnt.’.Photos : Marc Jutras (Québec).Poèmes : Stéphane Despatie (Québec).Bibliothèque Gatien-Lapointe, 1225.Place de l'Hôtel-de-Ville, (819) 37-1-3521.BBBnBRHOWÎÜHffHîHHW 17h00.OUVERTURE OFFICIELLE DU FESTIVAL.Maison de la Culture, 1425, Place de T Hôtel-de-Ville.Tous les poètes sont présents.Remise du Grand Prix du Festival International de la Poésie (Roger Des Roches), des Prix-Piché-de-Poésie de l’UQTR G" Isabelle Forest, 2e Patrick Nicole), du Prix-de-Poésie-Félix-Antoine-Savard (Monique Juteau).du Prix-Félix-Leclerc-de-Poésie.Lancement Écrit* Je* Forge*.Eetuaire, ArcaJe, Exit, Lèvre* urbaine*, des livres des poètes invités.Présentation officielle des poètes.18h00.Vernissages de : Une bi*toire inventée : Louise Robert (Québec), Délire : Louise Paillé (Québec), L’eau m'a dit : Michel Depatie (Québec).20h30.Soirée de poésie.Café Bar Zénob, 171, rue Bonaventure, (819) 378-9925.Poètes : Daniel Dargis, Paul Dallaire, Jean-Guy l^achance, Agnès Riverin, Richard Sage, David Bergeron, Côme l^achapelle (Québec).Le samedi 29 seiUei 1859 sm ÏWT.f manche .10 septem 859 1 IhOO.Muffin et poésie.Librairie Clément Morin-Café Morgane, 4000, boul.des Forges, (819) 379-4153.Poète : Bruno Roy (Québec).14h00.Vernissage : À perte de vue Francine Turcotte (Québec).Poèmes : Gilles Devault (Québec).Galerie d'Art du Parc, 864, des Ursulines, (819) 374-2355.18h00.Souper-terre-mer-poésie.Restaurant Le Vignoble.Hôtel des Gouverneurs, 975 Hart.Réservations : (819) 379-2131.Coût : 24,95$ + taxes et service.Poètes : Luan Starova (Macédoine), Klavs Bondebjerg (Danemark), Willie Verhegghe (Belgique), Tatiana Orono (Uruguay), Pierre Vieuguet (France), Pierre Desruisseaux, Camille Laverdière (Québec).20h00.Spectacle-Poésie : Compagnie Cent doutes (France).Théâtre LEskabel, 363, Bureau, (819) 376-2428.I octo 859 12h00.Dîner-poésie.Angéline Bar Ristorante, 313 A, des Forges, (819) 372-0468.Paule I-andry chante les poètes.19h30.Récital de poésie.Gagnant (e)s du concours du Conseil de l’Âge d'Or de la Mauricie et remise des prix.Maison de la trois-rivières Le Nouvelliste !?! Patrimoine canacften Canadian Heritage Culture.1425.Place de l'Hôtel-de-Ville.(819) 374-5774.20h30.Poésie et chansons.Le comique à trav ers la chanson et la poésie humoristiques.Resto-Bar lx‘ Comic, 334.des Forges, (819) 370-t>b55.Piano Gilles Hamelin.Chansons et poésie : Guy Marchamps.Poète Bernard Po/iei (Québec).Le marc IUF89R8H 17h00.Apéro-poéaie.Kditiens Prise de parole (Ontario).Calé Bar Zénob.171, Bonaventure, (819) 378-9925.Poètes : Marc LeMyre, Arash Mohtashami-Maali (Ontario), Gaston Tremblay, Patrice Desbiens (Québec).19h00.Soirée-poésie.Musée des religions de Nicolet, 900.Ixmis-Fréchette, (819) 293-6148.Poète : François Montmaneix (France), Bernard Pozier (Québec), Pierre Chatillon (Québec).Le mercrec IE1S98B59 14h00.Deux poètes et la Bible.Théâtre l'Eskabel, 363.Bureau, (819) 376-2428.Poètes : Pierre Ouellet, Marie-Andrée Lamontagne (Québec).I4h00.Vernissage : Le quotidien en couleur., et poéoie.Œuvres : Patrice Ahrweiller (Québec).Poèmes : Bruno Roy (Québec).Centre d'exposition sur l'industrie des pâtes et papiers, 800, Parc Portuaire, (819) 372-4633.15K00.Café-poésie-Librairie Morin-Café Morgane, 4000, boul.des Forges.(819) 379-4153.Entrevue : Gérald Gaudet.Poète : Jean Portante (Luxembourg).17h00.Vernissage : Livrée d’artùitee : Chantal Legendre (France).Poèmes : Pierre Vieuguet, Jacques Gaucheron (France), Claudine Bertrand (Québec).Maison Hertel-de-la-Frenière, 802, des Ursulines, (819) 376-5308.Poète : Pierre Vieuguet (France).19h()0-20hJ5.Récital de poésie Amnistie Internationale et P.E.N.Club.Café Bar Zénob, 171, rue Bonaventure, (819) 378-9925.Poètes : Gérard Blua (France), Seyhmus Dagtekin (Kurde né en Turquie), G.Tod Slone (États-Unis), Luan Starova (Macédoine), Pierre Ouellet, Yves Boisvert, Émile Martel (Québec).lOhOO.lancement : Im strategic des nuiringouins (documentaire).Réalisation : Lisa Sfriso.Production : Vidéo Femmes.Maison de la Culture, 1425, Place de l’Hôtel-de-Vüle.17h00.Apéro-poésic.Écrits des Forges.Café Bar Zénob, 171, Bonaventure, (819) 378-9925.Poètes : Jean Portante (Luxembourg).Roberto di Pasquale (Argentine), Maurice Cadet (Haïti-Québec), Fredrick Gary Comeau (Acadie), Denise Boucher, Yves Désy, Agnès Whitfield, Louise Deschênes, Jean-Éric Riopel, Martin Pouliot, Michel X Côté (Québec).17h00-19h00.Rencon t re-Poésie.Calé St-Georges, 250, rue Hériot, Drummond ville, (819) 475-3500.Poètes: Giuseppe Conti (Italie), Monica Mansour (Mexique), Seyhmus Dagtekin (Kurde né en Turquie), Luan Starova (Macédoine).I9H00.Récital-poésie.Resto-Bar I-e Somnambule, 599, 4e rue, Shawinigan, (819) 537-6718.Poètes : Beverly Matherne (Etats-Unis), André Schmitz (Belgique), Yves Boisvert, Jeanne Painchaud (Québec).20H00.Le tour du monde en 21 chants.Le Maquisart, 323, des Forges, (819) 379-0235.Artistes : Trio Danielle Grenier.Poètes : Jonh F.Dean (Irlande), Sara Cohen (Argentine), Elena Stefoi (Roumanie).Coût : 10,00 $ tx incl.20H30.Poésie et chansons, le comique à travers la chanson et la poésie humoristiques.Resto-Bar Le Comic, 334, des Forges, (819) 370-6655.Piano : Gilles Hamelin.Chansons et poésie : Guy Marchamps.Poète : Jean-Paul Daoust (Québec).OSHflfRIEBWfflSff 17h00-18h46.Apéro-poésie.Revue Estuaire.Café Bar Zénob, 171, Bonaventure, (819) 378-9925.Poètes : Jean-Marc Desgent, Jean-Paul Daoust, Monique Deland, Martine Audet (Québec).17h30.Souper de la Société St-Jean-Baptiste de la Mauricie.Thème : les interdictions de parler sa langue.Restaurant Le Souvenir d'Indochine, 1411, rue Notre-Dame.Réservations : (819) 375-4881.Coûts : membres 13,00 $, autres 16,00 $, taxes et service inclus.Poètes : Seyhmus Dagtekin (Kurde-Turquie), Anissa Mohammedi (Kabylie/Aigérie).18h00.Souper-musique classique-poésie.Restaurant La Becquée.4970, boul.des Forges.Réservations : (819) 372-1881.Poètes : Sara Cohen (Argentine), Gérard Blua (France), André Schmitz (Belgique), Roger Des Roches (Québec).I9h00-20hl5.Récital.Les Éditions de l’Hexagone (Québec).Café Bar Zénob, 171, Bonaventure, (819) 378-9925.Poètes : Martine Audet, Yves Préfontaine, Isabelle Courteau.Tony Tremblay (Québec), Salah El Khala Beddiari (Algérie/Québec).19h30.Soirée-poésie-Librairie Morin-Café Morgane.Les Éditions du Noroît (Québec).Morin-Café Morgane, 4000, boul.des Forges, (819) 379-4163.Poètes : Jean-Marc Lefebvre, Claude Paradis, Joël Pourbaix, Martin Thibault, Larry Tremblay, Hélène Dorion (Québec).20h00.Le tour du monde en 21 chants.lx- Maquisart, 323.des Forges.t81'lï 374.0235.Artistes : Trio Danielle Grenier.Poètes : Erin Moure (Quebec), André Schmitz (Belgique).Klavs Bondebjerg (Danemark), Beverly Matherne (Etats-Unis).Prix : 10.00 $ tx incl.20h30.Erotisme et poésie.Resto-Bar I x‘ Comte, 334.ties Forges, (814) 370-ot>55 Piano : Gilles Hamelin.Chansons et poésie : Guv Marchamps.Poètes : Jacques Izoard (Belgique), Jean-Paul Daoust.Carole David.Christine Germain, Tony Tremblay (Québec).ÜHBBRTUSÎtBilîRClSRH 1 7h00.A|R'ro-|»oésic.lùlitions ArcaJe (Quéliec).C ale liar Zénob, 171, Bonaventure.(81‘B Ô78-(F)26.Poètes : Claudine Bertrand, directrice, Monica .Mansour (Mexique), Sara C ohen (Argentine), l'atiana Orono (Uruguay), Anissa Mohammedi (Kabylie Algérie), Bertha Rogers (Flats-Unis), Annie Molm-Vasseur, lantise Blouin, Louise Portai, Monique Juteau (Québec).17h20 Luicemenl : L’Homme rafhiitlé (en espagnol) de Gaston Miron.Maison de la culture, Place de l ’Hôtel de-Ville.(819) 370-1502.18h3().Récital en langue espagnole : 17// tarde otânal de poeoia y mu*ica.Maison de la culture, 1425, Place de H lôtel-de-Ville.(819) 370-1602.Poètes ; Monica Mansour (Mexique), Luira Cerrato (Argentine), Sara Cohen (Argentine), Roberto di Pasquale (Argentine), Tatiana Orono (Uruguay), Alex Susanna (Catalogne/Fspagne).19h00.Poèmes en langue anglaise.Église anglicane St-James, 81 I, des Ursulines, (819) 374-6010.Poètes : Bertha Rogers (États-Unis), G.Tod Slone, Beverly Matherne (Etats-Unis), John F.Deane (Irlande), David Helwig (île-du Prince-Edouard), Erin Moure (Québec).19H30.Vin-fromage-poésie.L’Association Québec-France Mauricie reçoit.Maison Hertel-dc-la-Fresnière, 802, des Ursulines.Coût : 12,00 $ (membre), 15,00 $ (non-membre).Réservations : (819) 378-7845 ou (819) 374-1462.Lancement «lu recueil Vin et poésie.Poètes : Elena Seva Stefoi (Roumanie), Bernard Noël (France), Luan Starova (Macédoine), Germaine Mornard, Jean-Yves Théberge (Québec).Le samedi 6 octo USB 14h(X).Grande Soiree de ta Poésie 1 : dédiée à la mémoire de Denis Vanier et Josée Yvon.Maison de la Culture, 1425, Place de l’Hôtel-de-Ville.Prix : 10,00 $ taxes incl.Réservations entre llhOOet I8h00: (819) 380-9797.Poète» : 32 poètes sur scène.20h00.GRANDE SOIRÉE DE LA POÉSIE, 2 : dédiée à la mémoire de Denis Vanier et dosée Yvon.Maison de la Culture, 1425, Place de I Hôtel-de-Ville.Prix : 10,00 $ taxes incl.Réservations entre llhOOet I8h00: (819) 380-9797.Poètes : 32 mêmes poètes qu'à 14h00.23h00.Poèmes de nuit.Calé Bar Zénob, 171, Bonaventure, (819) 378-9925.Jazz et poésie : musiciens : Trio Alex McMahon.Poètes : Monica Mansour (Mexique), Sara Cohen (Argentine), Alberto Nessi (Suisse), Luan Starova (Macédoine), Marguerite Andersen (Ontario), Antonio DAIfonso (Ontario), Erin Moure, Louise Portal, Tania (.anglais, Pierre Morency, François Charron, Linda Bonin (Québec).e 7 octo iTH 1 IhOO.Muffin et poésie.Librairie Clément Morin-Café Morgane, 4000, boul.des Forges, (819) 379-4153.Poète : Roger Des Roches (Québec), lauréat du 17' Grand Prix du Festival International de la Poésie.I ThOO.Apéro-poésie de la revue Exit.Café Bar Zénob, 171, Bonaventure, (819) 378-9925.Poètes : Denise Brassard, Mario Cholette, Linda Bonin, Stéphane Despatie, Éric Roberge, Dominic Gagné (Québec).23h00.Poèmes de nuit : dernier tour du monde.Café Bar Zénob, 171, rue Bonaventure, (819) 378-9925.Tous les poètes encore présents.CONSEIL DES ARTS ET DES LETTRES DU QUÉBEC / #< t'T3 C/lü GOUVERNEUR LE DEVOIR Québec : Ouy JuMn Dépoté d* Tro»-»v«éfB» tAnwfr* lju Revenu du Québec •aérwtre reeponeatée de « rtgnn Meunoe Cwftvrt .tco—c-uon, ,nno Québec nn L E \) P.V O I R , IE S SAMEDI 15 ET DI M A \ ( H E I fi SEPTEMBRE 2 0 0 I I) 8 ?Mois de la photo 36 minutes d’enfer et de paradis INFERNO ET PARADISO Commissaire: Alfredo Jaar 18 photoreporters: Corinne Duf-ka, Themba Hadebe, Hocin, Yun-ghi Kim, Witold Krassowski, Joachim ladefoged, Wendy sue Lamm, Adriana Lestido, Peter Magubane, Susan Meiselas, Swa-pan Parekh, Ricardo Rangel, Cristina Garcia Rodero, Dayanita Singh, Takeyoshi Tanuma, Mar-celo Theobald, Davis Turnley, Francesco Zizola.JEAN-CLAUDE ROCHEFORT artiste d’origine chilienne ' Alfredo Jaar a été invité par le BildMuseet et le Riksutstallni-gar de Suède à concevoir et réaliser une exposition sur un thème de son choix.C’était sa première expérience à titre de commissaire, et l’artiste, qui vit et travaille à New York depuis plusieurs années, nous confie, dans un texte qui témoigne d’un authentique et inaltérable engagement, ceci: «Après avoir consacré quatre années de ma vie au génocide rwandais, j'ai été forcé de conclure, avec beaucoup de tristesse et de désespoir, que les images perdent très rapidement leur capacité de nous affecter.Cette perte d’affects est-elle le symptôme d’une société indifférente, ou les images sont-elles elles-mêmes la cause de son indifférence?Cette exposition est ma modeste contribution à cette question fondamentale.» Voilà pour les intentions de départ du commissaire invité.Et on se doit de reconnaître que la question de la perte d’affects va droit au cœur de la thématique de cette édition du Mois de la photo: le pouvoir de l’image.et du drame de ses impuissances et inanités qui se joue derrière et contre elle, serions-nous tenté d’ajouter à cette thématique très générale et dans l’air depuis un certain temps déjà.Comment s’y est pris Alfredo Jaar pour exposer et surmonter cet affligeant constat auquel il en était arrivé?En invitant dix-huit photoreporters à lui faire parvenir deux images.La première se devait de représenter une scène douloureuse, la photo qui fut la plus difficile à obtenir, une image d’enfer sur Terre comme toutes celles que l’on préfère s’abstenir d’imaginer.La seconde image, quant à elle, se devait d’être diamétralement opposée à la première, elle devait se présenter comme une vue du paradis, un instant de pur bonheur et de félicité capté par l’œil de la caméra grâce aux hasards de la vie.Cette mise en situation dialectique lui a été inspirée par le protagoniste de La Divine Comédie Alfredo Jaar signe ici une œuvre magistrale de Dante Alighieri, le commissaire estimant que les photoreporters d’aujourd’hui sont eux aussi «les témoins du grand drame comique et historique de la vie contemporaine».En procédant ainsi, c’est-à-dire de manière radicale et en accentuant la polarisation entre deux réalités du monde vécu, Alfredo Jaar signe ici une œuvre magistrale.Nous avons bien écrit que l’artiste nous livre ici une œuvre car il s’est littéralement approprié le matériel visuel fourni par les photoreporters pour créer une œuvre originale et d’un saisissant pouvoir d’évocation, ce qui fait qu’elle se défend par elle-même autant par sa forme que par son contenu, éclipsant du coup les fonctions didactiques et les soucis de communicabilité qui incombent habituellement au commissaire.On regrette donc un peu que la légende (élément qui joue un rôle si déterminant pour comprendre et apprécier à sa juste mesure ce cortège d’images de souffrance ou de joie) ne soit pas à portée de main, et on déplore également le fait qu’elle ne soit disponible qu’en anglais, l’exposition ayant de surcroît lieu dans un quartier francophone.S’il a abouti à ce résultat in- T r-W * Corinne côté de boire.SOURCE MOIS DE LA PHOTO Dufka, Sans titre (détail), Goma, Zaïre, 1994.Dans un camp de réfugiés juste de l’autre la frontière, une femme rwandaise soulève son mari mourant et tente de lui donner à attendu, bien que fort concluant, c’est-à-dire à une œuvre qui s’ajoute à l’ensemble de ses réalisations artistiques, c’est sans doute parce qu’au fond, Alfredo CciKfê d’ACjUxAreiy OKx 'Tfdml^ue?orfruUta?e\ occtdei\l\\e~ Ï)47uUh! • • A\>AiAcé 331-Ôm GALERIE BERNARD JOSEPH-RICHARD VEILLFUX (R.C.A.) ; f/oi/c Ut' rêves primaires Jiisciu’au I î.oilnhre 90 av.Laurier Ouest Tél.: (514) 277-0770 mardi au vendredi de 11 h à 18 h.jeudi jusqu'à 130 h.samedi de 12 h à 17 h et sur rendez-vous ÉVALUATION - EXPERTISE - SUCCESSION ALLIANCE POUR LA CIRCULATION DE L'ART 8 MANOEUVRES EN SUËTE D'UN TERRITOIRE MANOEUVRE 3 DANYÈLE ALAIN Samedi 22 septembre à 14 heures SCULPTURE DE CHEMIN U POCATIÈRE, AUTOROUTE 20, SORTIE 439, À la croisée DE U ROUTE DU QUAI ET OE LA ROUTE 132 avec la collaboratkin de l’Institut de technologie agroalimentaire de La Pocatière
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