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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2001-06-16, Collections de BAnQ.

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I.K l> K V U I R .I.K S S A M EDI I ti E 1 D I M A N t II E 17 .1 I I N > » 0 I LE DEVOIR Quand le Manitoba ne répond plus ©' CHRONIQUE Sous la feuille de vigne Page C 2 THÉÂTRE Hauteur et pluralité Page C 3 MÉDIAS Place aux tweens Page C 6 FORMES Une ville, du style Page Cil JARDINS Pratiques douteuses.Page C 12 Cinéma Page C 5 Musique Page C 7 Arts visuels Page C 9 Le bédéiste Chester Brown signe une remarquable adaptation du drame des Métis dans l’Ouest canadien au XIXf siècle.Alors que les divers projets de loi (C-213, etc.) annulant la déclaration de culpabilité de Louis Kiel pour crime de haute trahison semblent condamnés à l’échec, Chester Brown s’est lancé en 1999 dans l’illustration de ce fleuron peu glorieux de l’histoire du «plus meilleur pays du monde».Paraissant sous forme de fascicule trimestriel chez l’éditeur anglophone montréalais Drawn & Quarterly, le Louis Riel de Brown devrait compter, lorsqu’il sera terminé, fin 2002, aux alentours de 200 pages.DENIS LORD La lutte de Louis Riel pour faire respecter les droits des Métis au Manitoba puis en Saskatchewan, sa tête mise à prix, ses exils aux Etats-Unis, son internement dans un hôpital psychiatrique et finalement sa pendaison en 1885 confèrent à l’homme une dimension mythique propre à inspirer nombre d’artistes.En 1996 déjà, les Editions des Plaines publiaient la bédé Louis Riel -Le père du Manitoba, de Zoran et Tou-fik.Mais personne ne se serait attendu à ce que Chester Brown soit du nombre.La production de ce Montréalais d’origine, né e,n 1960, lauréat de plusieurs prix aux Etats-Unis et en Angleterre, se situait jusqu’à ce jour aux antipodes de la saga historique.I Never Liked You (1994) et The Playboy (1992), dont Zone convective publiera les versions françaises à l’automne, sont deux récits autobiographiques, le dernier racontant comment la pornographie a affecté les relations de l’auteur avec les femmes.Ed the Happy Clown (1989) tient de la scatologie burlesque et Underwater se lit dans une langue inventée.Et voilà que Brown, que son éditeur Chris Oliveiros décrit comme un auteur imprévisible, se lance dans l’histoire.Avec un grand H Joint à son domicile de Toronto, Chester Brown admet un penchant marqué pour la bande dessinée historique, citant les noms de Jack Jackson (Comanche Moon, Fort Alamo) et de I^rry Gonick (Cartoon History of the Universe).Il ajoute, non sans ironie: «J’avais le désir d’en apprendre plus sur l’histoire du Canada; en faire une bédé était une façon de me forcera le faire.» VOIR PAGE C 2: RIEL \U Dessin de Chester Brown SOURCE: DRAWN & QUARTERLY TERRES EN VUES ' 4 • •• » ) LAND ImSIGHTS La Grande Pai^-W Québec: autochtone du 11 au 21 juin à Montréal www.NativeLynx.qc.ca Québec:: CARRÇFOUR DC U 5AGAMIT6 PARC GMIUE'GAMEUN Le parc Émilie-Gamelin prend l'allure d'un véritable des cultures matérielles autochtones.Du 14 au 17 juin into Festival : sw) 575H70I RJ QuébecZ: — SZÊÊÊL paix æsr v 4444 L K I) E V 0 I R .LE S SAMEDI I fi ET DI M A \ < HE 17 .1 l I X 2001 C 2 Sous la feuille de vigne En parcourant l’exposition Picasso érotique au Musée des beaux-arts de Montréal, j’ai senti l’étreinte de l’étonnement m’envahir.Non pas que les cabrioles du maitre illustrées en levrette ou en brouette, sur fond bleu, rose ou cubiste, aient pu me choquer.On en a tous vu d’autres.Et Picasso, c’est Picasso, avec l’énergie, le génie, l’humour.Bon coup pour Montréal, bon coup pour le musée, que je me disais, franchement impressionnée par l’ensemble.Non, ce qui me chicotait, c’était la pensée que le tiers des 350 (ouvres exposées (dessins, tableaux, gravures ou simples esquisses) n’avaient jamais été montrées avant leur passage au Jeu de paume de Paris — la précédente escale cette année de ce Picasso érotique.Comment! Une centaine d'œuvres du peintre moderne le plus célèbre, le mieux coté du monde étaient bel et bien demeurées dans des fonds de tiroirs ou sur des murs privés toutes ces années sans que personne n’ait eu la curiosité de les en sortir!!! A l’ère de l’invasion de la porno, il aura fallu attendre 2001 avant qu’une expo soit consacrée aux ébats picturaux du maître.Pincez-moi.Je rêve! Qu’une censure sournoise puisse avoir cadenassé des pans d’un tel monument de la peinture suscite un malaise.On n’est pas chez les talibans, quand même.Je comprends que la plupart des gens possèdent un problème avec le sexe, mais comment concevoir qu’ils ne puissent le transcender au spectacle d’une œuvre d’art?Montréal, qui n’est pas bégueule, sera la seule ville nord-américaine à présenter ce Picasso érotique.New York n'apparaît pas à l’itinéraire galant Officiellement, on ne le lui a pas offert.Officieusement, les temples artistiques de la Grosse Pomme auraient «freaké», comme on dit.Odile T rem blay Par-dessus le marché, quelques galeries européennes, par-ci par-là, avaient bien consacré leurs cimaises à la veine érotique de Picasso mais aucun musée ne s’était risqué jusqu’ici à y aller d’une vraie rétrospective sur le charnel sujet.Or si un peintre sut marier ses pulsions sexuelles et créatrices, c'est bien celui-là.Incroyable omission, et qui en dit long sur la rigidité des mentalités institutionnelles.Pourtant, une fois que l’expo fut enfin mise sur ses rails, les 200 (XX) visiteurs du Jeu de paume à Paris n’ont pas crié ouf! Personne q’a pensé à s’insurger en criant «Cachez ce sein!».A croire que les directeurs de musée sont plus puritains, plus frileux que leur public.Ici et en Europe, à tout le moins.Parce que réflexion faite, aux Etats-Unis, la censure a la vie belle.Avec le puissant courant puritain qui n’en finit plus d’embêter là-bas les esprits libres, Picasso érotique aurait-il pointé son membre réjoui que les ligues de vertu se seraient levées en hurlant au scandale.Avec Bush à la tête du pays, présumons qu’elles auraient rencontré une bonne oreille.Le directeur du MBAM, Guy Cogeval, l’expliquait cette semaine: ses homologues américains trouvaient impensable d’orchestrer chez eux une exposition pareille.Songez que l’huile sur toile Scène érotique (présentée a l’expo), sorte d’autoportrait de jeunesse de Picasso en train de se faire zigoner par une prostituée, fut léguée au Metropolitan Museum of Art en 1982.Or le musée n'a jamais cru bon d’exposer son tableau.Cherchez l’erreur.Dans un hebdomadaire de Montréal, une lectrice affirmait pourtant cette semaine que*ie Guggenheim de New York aurait consacré à Picasso, en 1983-84 , une exposition collée à son érotisme.Rien n’est jamais tout à fait noir Soit! se dit-on quand même, il y a certain bogue en la demeure américaine, mais en Europe, terre d’hédonisme, pourquoi tant d’œuvres mirent-elles tout ce temps à sortir du placard?Et vogue encore le malaise.Jean-Jacques Lebel, commissaire invité par le MBAM pour orchestrer l’expo Picasso à Montréal, en conférence, en entrevue, à pleins journaux, ne se gêne pas pour crier à la censure.Il n’en finit plus de tonner contre le puritanisme muséal.Au point qu’on aurait envie de l’accuser d’anti-américanisme primaire s’il ne connaissait si bien le milieu dont il témoigne.Il vous avoue tout de même en aparté que l’Europe ne vaut guère mieux, sauf que la censure s’y cache insidieusement sous de fausses défaites.«Ça n’adonne pas, on prépare d’autre chose», répondirent longtemps les conservateurs en détournant la tête.L’idée d’une expo consacrée aux œuvres érotiques de Picasso fut sans cesse repoussée, tant le XX1 siècle joua les Tartuffe.Au cours des années 60, Jean-Jacques Lebel, artiste qui organisait alors toutes sortes de happenings dénudés et éclatés, rencontra Picasso (dans le but de monter sa pièce Le désir attrapé par la queue).Le vieux maitre lui montra alors des dessins érotiques.Et comme son vis-à-vis s’étonnait de ne les point connaître, Picasso lui répondit «Tu verras, plus tard.Tu sauras toi aussi ce que sont les musées.» De fait Lebel semble désormais saisir très bien de quoi Picasso causait.J’avoue que ça fait du bien d’entendre gueuler ce commissaire sans langue de bois.«L'histoire de l'art a des pudibonderies insupportables», lance-t-il en expliquant que les célébris-simes Demoiselles d’Avignon, une scène de maison close (que le Museum of Modern Art de New York ne prête jamais, inutile de la chercher à Montréal), s’intitulait d’abord Le Bordel philosophique, mais qu’il fallut biffer ces termes afin de complaire aux clients.Et Lebel de prévenir le visiteur de Picasso érotique que plusieurs titres sont ici des pièges.Prenez certain tableau pudiquement coiffé des mots «Deux figures et un chat».Le couple qui s’ébat sur le lit sous les yeux du chat en question n’enfile pas des perles, croyez-moi, mais le titre, ajouté après coup, tente de le couvrir d’un chaste rideau.Pathétique, vraiment Alors, l’autre jour, devant cette merveilleuse exposition si pleine de vie et de désir, j’avais l’impression de voir en creux toutes les feuilles de vigne dont on a voulu la couvrir, au long des ans, hier, aujourd’hui et peut-être encore demain.Ce puritanisme, l’art s’acharne superbement à le narguer.Il survit pourtant si irrationnel et si fou que le nom presque sacralisé de Picasso parvient à peine à le mettre en fuite.Libérez-vous, qu’ils disaient.otrernblay(a ledevoir.com RIEL Soigneusement documenté, l’auteur a compulsé les œuvres de nombre d’historiens SUITE DE LA PAGE t 1 lorsqu'il travaillait à la conception de son œuvre, Brown «se concentrait sur la relation antagoniste de Kiel avec le gouvernement canadien, ignorant plusieurs aspects importants de la vie de l'homme».On eût effectivement aimé en savoir davantage sur l’origine de Kiel, qui venait d’une famille de 11 enfants, avait appris le grec, le latin et la langue crie.N’empêche, Brown s’est senti «attiré par les problèmes de santé mentale du per- sonnage, par les liens quasi inévitables entre schizophrénie et religion».Atteinte de schizophrénie, la propre mère de l'auteur est morte dans un hôpital psychiatrique en 1976; il y fait référence dans The Little Man et / Never Liked You.Iœ délire mystique de l’homme politique trouve également un écho dans plusieurs livres de Brown.Si Brown prend partie pour Riel, croit que «la cause des Métis était juste et que le gouvernement canadien était dans son tort», il ne fait pas pour autant dans l’hagiogra- L'ESPACE DYNAMIQUE EXPLORATIONS DANSE ET ARCHITECTURE ‘^K SERIE Samedi 9 juin 2001, 20h * Chorégraphe : Estelle Clareton Architectes: Atelier Big City 4E s ÉRIE Samedi 16 juin 2001, 20 h * ’ ce soir ] Chorégraphe : Louise Bédard Architecte : Steve Davies * Tables rondes animées par Georges Adamczyk Fondation Jean-Pierre Perreault ESPACE CHORÉGRAPHIAI K 2022 rue Sherbrooke Est, Montréal (angle de Lorimier) • www.fjpp.org Réservations: (514) 521-4493 (Usine C) • (514) 790-1245 (Admission) LE DEVOIR V • I R ht xtr co autodcsk Québec I! Québec! l 1* rv jf jDIL 4 l 1 ^ J SOURCE DRAWN & QUARTELY Détail d’une planche du Louis Kiel de Chester Brown.phie.Charismatique, son Riel apparaît néanmoins comme un être faillible, sujet à la peur, aux ambivalences.Dans son très beau dessin en noir et blanc, épuré et fluide, Brown le représente souvent interloqué, les épaules baissées.Traitement In manière dont Brown a adapté son sujet s’éloigne radicalement du traitement accordé à l’histoire dans la bande dessinée franco-belge où, dans une forme feuilletonesque, prédominent l’action et l’intrigue, avec une généreuse rasade d’érotisme destinée à assouvir la libido juvénile du lec-torat.Il privilégie la représentation du cadre politique à un drame de bazar.Le jeu des alliances politiques, les promesses trahies du gouvernement canadien, le rôle des spéculateurs fonciers y trouvent leur place.Soigneusement documenté, l’auteur a compulsé les œuvres de nombre d’historiens, dont Peter Charle-bois, Stanley Ryerson, J.M.Bum-sted et autres Maggie Siggins.Là où le récit de Brown acquiert une dimension singulière, c’est dans la pluralité de sa lecture.En effet, chacun des six épisodes parus jusqu’à maintenant est accompagné de trois ou quatre pages de notes manuscrites où l’auteur apporte des précisions, relate les différentes versions des historiens et, point important, explique les libertés qu’il a prises avec l’histoire.Contrairement à ce qui est montré dans la bande dessinée, ce n’est pas le premier ministre de l’époque, John A.Macdonald, qui négocia à Ixmdres avec la Compagnie de la Baie d’Hudson l’achat du futur Manitoba, mais George Etienne Cartier et William McDougall.Après avoir été élu, malgré le fait que sa tête avait été mise à prix — 5000 $, une grosse somme pour l’époque —, Riel a pénétré à au moins deux reprises dans l’enceinte du parlement alors que Brown suggère plutôt le contraire.Ailleurs, on observe quelques substitutions de personnages, de dates, de véhicules.«Je pensais que ça rendrait l'histoire plus facile à comprendre et ajouterait du ressort dramatique, d’expliquer Brown.Le personnage de John Macdonald était plus important, il allait revenir souvent.Si j’avais mis Cartier, il m'aurait fallu rajouter quelques pages dans la bédé pour expliquer qui il était alors que je veux garder mon récit autour de 200 pages.C’était plus court de mettre ça dans les notes.» Dans d’autres cas, les déformations de l’histoire sent involontaires.Ainsi, McDougall, qui fut ministre des Travaux publics dans le gouvernement Macdonald, était beaucoup plus costaud que la manière dont il est dépeint.Mais c’est là un fait que Brown a appris dans une lecture postérieure.Donc, malgré la somme de documentation écrite et visuelle de l’auteur, ce dernier se permet des erreurs et des distorsions, prenant soin de les souligner dans ses notes.Celles-ci, bien tassées, prennent autant sinon plus de temps à lire que la bédé elle-même.D y a là comme un intriguant double récit, un tant soit peu ludique, qui n’est pas sans rappeler le traitement accordé à la vie de Jack l’Eventreur dans le monumental From Hell, d’Alan Moore et Eddie Campbell, Réactions Disponibles dans les librairies spécialisées, essentiellement an- glophones, 80 % des titres du fascinant catalogue de Drawn & Quarterly sont vendus aux États-Unis.Avec un sujet aussi «local» que celui de Riel et des Métis de 1’Ouest, les ventes de ce titre ont légèrement augmenté au Canada, mais sans plus.L’œuvre a été davantage remarquée à l’extérieur du pays.L’un des épisodes de Kiel a été sélectionné parmi les dix meilleures bédés de l’an,2000 par le Times Magazine', les Éditions du Seuil ont acquis les droits pour l’adaptation française.(A remarquer qu’ii existe des traductions de certains des livres de Chester Brown en finlandais, en espagnol et en italien.) Est-ce un sujet tabou au Canada anglais?«Pas vraiment, de répondre Chester Brown, ça dépend de l’âge.Pour ma tante, qui a près de 80 ans, Kiel était un méchant homme et lui consacrer une bande dessinée tient de l’hérésie.Quant aux jeunes, soit ils ne le connaissent pas, soit ils le trouvent ‘‘cool’’parce qu’il se battait contre le gouvernement.» Le Louis Kiel de Chester Brown a le mérite de réactualiser un pan méconnu et tragique de l’«invention» du Canada, alors que tout un peuple a été littéralement évacué de l’espace qui lui appartenait.Je m’en souviens.Il contribue également à renouveler formellement le créneau de la bédé historique.lordcKqcaramail.com LOUIS RIEL Chester Brown Drawn & Quarterly Montréal Six épisodes parus entre 1999 et 2001 AU THÉÂTRE HECTOR-CHARLAND À L’ASSOMPTION BONJOUR BROADWAY DU 4 JUILLET AU Ier SEPTEMBRE 2001 Une pièce de NEIL SIMON Traduction de BENOÎT GIRARD Mise en scène de YVON BILODEAU Avec Jean-Pierre Chartrand Marc-André Coallier Daniel Gadouas Manon Gauthier Louise Laprade et Francis Reddy BILLET RÉGULIER 26.40 $ Forfaits souper-théâtre et golf disponibles BILLETTERIE (450) 589-9198 POSTE 5 NOUVELLE SALLE À 30 MINUTES DE MONTRÉAL Un« production du TMStre HectorChartand et de II Compa|ni« de théâtre Longue Wie rClw Anomalie + HDVZ (Franc*) Et après on verra bien.8 au H) novembre 2001 - (entre Pwrre-Péladejti DANSE www.danseddnse.net Québec SS DANSE saison Abonnez-vous 2001 avant le 30 juin 1002 et obtenez iusc,u a 45 de réduction CL> - billetterie ^ Articulée (514) 844-2172 Ballet Atlantique (Franc*) Dulcinée Lanqfelder & (•* Sinha Danse PPS Danse Rennie Harris Puremovement (L-ti.) La Danse du temps Victoria Loba + Kall(ki) Strata Répertoire M décembre 2001 (entre PierreMadeaii U mît ramier 2002 (entre Pterre-PèUdeau 7 mi K février 2002 Agon de la dame 9 an B nr) 2002 (entre PierreT’éUdeau 2S a 27 avril 2002 (entre Rerre-Péladean a i LE DEVOIR.L E S S A M EDI 11» E T I) 1 M A X ( HE 17 .1 l! I X 2 O O I ?Bilan artistique du festival La hauteur et la pluralité Le 9e Festival de théâtre des Amériques restera comme l’un des plus denses qui aient été présentés programmation, mort.Ml mut aos HERVÉ GUAY La 9r édition du Festival de théâtre des Amériques a profité du mauvais temps qui a sévi durant une bonne partie de l’événement pour faire le plein de public.Mais les spectateurs n’auraient peut-être pas suivi si la programmation n’avait pas été à la hauteur.Et elle l’a été comme rarement, cette programmation D’abord parce qu’elle était variée, qu’elle combinait adroitement les valeurs sûres et les découvertes enivrantes et qu’elle allait du plus grave au plus léger.Deuxièmement parce que les ratages ont été plus limités que par le passé.Valeurs sûres Au chapitre des valeurs sûres, il fallait tout de même y croire pour faire venir dans la métropole Tambours sur la digue.Exactement le genre de spectacle à grand déploiement que nous ne voyons jamais à Montréal.Personne ici ne fonctionne avec des moyens aussi considérables.A certains égards, les opinions peuvent différer sur la valeur et l’intérêt d’un tel travail de même que sur la capacité de Mnouch-kine de se renouveler, mais pas quant au bien-fondé de le présenter dans d’excellentes conditions au public québécois, ca- pable de tirer ses propres conclusions.Après l’euphorie qu’avait déclenchée lets op Bach lors de la dernière édition, le retour d’Alain Platel s’imposait avec encore plus d’évidence.Son Allemaal In-diaan n’a pas déçu.Incursion théâtrale vibrante dans la cour arrière de petites gens bousculés par les forces de la vie et de la mort.S’il faut absolument proposer un palmarès, le mien commence ici.De Belgique est aussi venu Rwanda 94, précédé de la déconcertante affaire des visas.Certes le spectacle le plus dur du festival mais sans doute le plus nécessaire.Celui dont les entractes bienvenus ont été peuplés des discussions les plus vives aussi bien sur le génocide lui-même que sur la manière dont on peut ou pas représenter une telle chose.Jacques Delcu-vellerie y est parvenu surtout grâce à la forme musicale de l’oratorio, à même de porter six heures durant un théâtre épique douloureux et exigeant Les New-Yorkais de House ont préféré le concentré pour aborder l’insinuation de la violence dans le quotidien.L’économie de moyens dont ils ont fait preuve, y compris dans l’interprétation, en a époustouflé plusieurs.Metteur en scène à suivre, donc, que j V / t r %! \m M1CHIÎI r LAWRKNT Tambours sur la digue du Théâtre du Soleil est exactement le genre de spectacle â grand déploiement que nous ne voyons jamais â Montréal.CYLLA VON TIEDEMANN Robert Lepage dans La Face cachée de la lune.Richard Maxwell, dont l’esthétique dépouillée a constitué une des surprises du festival.Dans un autre registre, la salle de bains imaginaire de l’Argentin Federico Leon a laissé à nouveau entrevoir la richesse de cette tradition théâtrale.Assez pour souhaiter qu’à l’occasion de son dixième anniversaire, le festival effectue un retour aux sources et fasse plus de place à l’Amérique latine.Un volet québécois amélioré Ce que la direction a le plus amélioré cette année, c’est son volet québécois.De Marleau (Catoblépas) à Lepage (La Face cachée de la lune) en passant par Marie Brassard (Jimmy, créature de rêve) et Claudie Gagnon (Petits miracles misérables et merveilleux) , la gamme était suffisamment complète pour révéler l’inventivité de notre théâtre.De ce point de vue, l’annulation du Ducharme s’est avérée moins catastrophique que ne l’aurait été la présentation d’une adaptation ratée de L’Hiver de force.L’affaire permet de remettre à nouveau en question le choix du festival de privilégier la création au lieu de prolonger la vie de moments forts de la saison régulière.Stratégie moins «glamour» mais plus cohérente avec la contrepartie étrangère de la programmation, constituée, elle, de productions qui, en raison de leur qualité, tournent depuis des années.Sans compter que le principal problème du théâtre québécois vient de ce que nos meilleurs spectacles meurent, tout comme les mauvais, après seulement quelques dizaines de représentations.Par ailleurs, la directrice du festival, Marie-Hélène Falcon, a aussi eu la main heureuse pour ce qui est de nos voisins canadiens.l.à encore, moins que de grandes réussites, elle a vu à trouver des propositions originales.C’était le cas de Recent Experiences de Jacob Wren et Nadia Ross, traversée très personnelle du siècle par une famille pas banale, doublée d’un ambitieux travail sur le raccourci temporel.Moins maîtrisé est apparu VUr-ban Tattoo de Marie Clements, même s’il faut lui reconnaître le mérite d’évoquer de manière spirituelle le destin d’une métisse de l’Ouest canadien.Pour sa part, Claude Poissant a réussi à remplumer sensiblement le volet Nouvelle scène en 2001.Ce dernier est nettement moins mauvais que lors de l’édition précédente — c’était difficile de faire pire —, sans qu’il faille pour autant crier victoire.Or, contrairement à ce qu’affirmait Poissant, loin de nous débarrasser de 4a nostalgie de ce qu’a été le théâtre», chez la relève choisie dominait nettement une propension à l’imitation.Ainsi, Anatole Feld était un exemple plutôt réussi de théâtre de l’absurde alors qu’à mon avis, Ceci n'est pas une pipe de Stéphane Hogue ne se distanciait pas assez du genre.De plus, 4X4 rappelait certaines expériences du Nouveau Théâtre expérimental — la fraîcheur en moins.Dans la veine «trash», Girls! Girls! Girls' du Teatro Comaneci offrait le curieux paradoxe d’une surenchère dans la vulgarité verbale, plantée dans un décor très léché.L’exception qui confirme la règle, c’est Aube, la pitoyable première pièce d’Isabelle Leblanc.Prenant comme toile de fond le Québec profond, cette tentative avortée de théâtre poétique était appesantie par une langue déconnectée de même que par la banalité des types et des images convoqués.Hormis ces réserves, le 9r Festival de théâtre des Amériques restera comme l’un des plus denses qui aient été présentés.Pour l’essentiel, l’événement demeure bien ancré dans son temps, voire dans l’histoire avec un grand H.Pour autant, la poésie a tout de même su trouver où loger, souvent dans les interstices de petites productions un brin coquines.Quand le théâtre est à la fois capable de rendre compte de la réalité et d'y échapper pour que s’exprime éloquemment la folle du logis, il prouve par sa polyvalence même qu’il ne faut pas trop vite le compter pour dépassé.SOYEZ AU CŒUR LA PROCHAINE SAISON ! scwirriBs côté coeur Retour aux souches MARC FAVREAU (SOL) Les Œufs limpides La Plainte aquatique Le Fier Monde Une si belle chose JONATHAN HARVEY Au cœur de la rose PIERRE PERRAULT Le Chant du cygne ANTON TCHEKHOV Roger Planchon Théâtre National Populaire France au Québec/la saison Le Grand retour de Boris S.SERGE KRIBUS La Veuve rusée G0L00NI La Souricière AGATHA CHRISTIE GC Hydro Québec psrfn»irm de sa/son ABONNEZ-VOUS ! (514) 845-0267 www.rideauvert.qc.ca T HHATRE DU No U VEAU NI O IN DE 0D60N THEATRE DE l.t U « O P E d ESCHYLE mise en scène de GEORGES LAVAUDANT texte français de DANIEL LOAYZA La Troupe de l'Odéon sur la scène du TNM ! « La troupe de l’Odéon, rejointe par Christiane Cohendy, habite avec cran ce pailais prenant rêvé par Lavaudant.» Le Nouvel Observateur « .exemplaire représentation de L’Orest/e.» Télérama « .Christiane Cohendy (Clytemnestre) d’une puissance exceptionelle.On se laisse captiver, ému, bouleversé jusqu’aux tréfonds par les séquences qui se succèdent.» _roix, L'Événement Cette manifestation est présentée dans le cadre de France au Québec Ila toison.du 4 au 16 septembre 2001 à 19 h v » » / .» BlUtTS EN VENTL QCC QCCQ W n ' H DES MAINTENANT OUOa’OUUO 4- ' ^ I III A I l< I CTO Disponible en abonnement N, .> vi ».m.^i ; I- K I) K V U I K .I.K S S A M K D I I 8 ET 1) I M A N C H E 17 .1 I I \ 2 0 0 I Entrevue avec Josette Féral Le théâtre, un art ; le théâtre, un métier À Paris, en avril dernier, à l’initiative de l’UQAM, 500 artistes d’une vingtaine de pays ont discuté des enjeux de la formation de l’acteur à l’heure de la mondialisation, dans le cadre d’un colloque international sur la formation de l’acteur.L’organisatrice de ce colloque était Josette Féral, profes-seure au département de théâtre de l’UQAM, qui vient du reste de publier, chez Québec Amérique, Les Chemins de l’acteur - Former pour jouer, un recueil de textes de praticiens et de chercheurs sur les enjeux de la formation dans le domaine du théâtre.L’entrevue qui suit, dont nous reproduisons de larges extraits, a été réalisée par Roch Denis à titre de secrétaire général du Centre de coopération interuniversitaire franco-québécoise.Roch Denis.L’événement était organisé conjointement avec le département des arts du spectacle de l’Université de Paris X-Nanterre avec l’appui du CC1FQ et du Centre national du théâtre de Paris.Les grandes écoles européennes de formation de l’acteur, Milan, Urndres, Munich, Barcelone, Paris, y étaient représentées, de même que les écoles de nombreux autres pays: Pologne, Russie, Afrique du Sud.et plusieurs conservatoires, dont celui de Québec et de Banff, l’Experimental Theater Wing de NYU et Columbia University.Une délégation d’étudiants de théâtre de l’UQAM était présente, ainsi que beaucoup de jeunes, acteurs ou étudiants français.Qu’est-ce qui, d’après vous, explique le succès de participation du colloque?Josette Féral.la question de la formation est au centre des préoccupations aujourd’hui, tant du côté des artistes et des responsables d’écoles que du côté des ministères et institutions qui subventionnent les structures de formation.la meilleure preuve en est que Jack Lang, ministre de l’Education en France, vient d’octroyer 280 millions de francs pour la formation de formateurs.la modèle québécois ou canadien est loin du modèle français, bien sûr, et de telles sommes laissent rêveur, mais il est évident que cette préoccupation face à la formation existe tant en Europe qu’en Amérique du Nord.Elle a été véhiculée par les divers représentants canadiens et québécois qui étaient présents à cette rencontre: Michel Nadeau, Richard Armstrong, Martine Beaulne, Alice Ronfard, Larry Tremblay, Richard Fowler, Serge Ouaknine, Michel Laporte.On en est aujourd’hui à réinterroger les fondements d’un bon enseignement, les objectifs, les formes qu’il devrait prendre.Je m’explique cela de deux façons.Tout d’abord, les fonnes théâtrales se sont beaucoup complexifiées et diversifiées au cours des années.Le besoin se fait donc plus pressant de s’interroger sur les nécessités d’une formation en phase avec les préoccupations actuelles et de le faire conjointement avec d'autres pays pour pouvoir comparer les fonctionnements et bénéficier des expériences des uns et des autres.Ut deuxième raison, c’est que l’acteur est désormais considéré comme créateur à part entière dans la représentation, la question qui se pose est donc de savoir comment former des acteurs aptes à la création, comment stimuler leur créativité, comment les accompagner sur le chemin de la création.La question est difficile.(.] R.I).Qu'est-il ressorti du colloque?J.F.Qu’il y a un clivage certain entre le monde anglo-saxon et le monde francophone en ce qui touche la formation de l’acteur, et qu’au sein de l’Europe, il y a aussi £ L’assemblée des participants au colloque international sur la formation de l’acteur, qui s’est déroulé en avril à Paris.ROCH DENIS ROCH DENIS Josette Féral, professeure au département de théâtre de l’UQAM, vient de publier, chez Québec Amérique, Les Chemins de l'acteur - Former pour jouer, un recueil de textes de Îiraticiens et de chercheurs sur les enjeux de la formation dans e domaine du théâtre.des différences culturelles très nettes, la France occupant une place à part, plus conservatrice que celle des autres pays.La puissance de certaines institutions y est beaucoup plus forte qu’ailleurs et il y a eu des débats échauffés sur ce que certains qualifient de système de castes encore en vigueur.La formation, du moins dans certaines institutions, semble répondre à une seule vision du théâtre, une vision centrée sur le texte où l’expérimentation théâtrale a moins sa place.U1 monde anglo-saxon est plus pragmatique, c’est une banalité de le dire, mais dans le domaine de la formation, cela est frappant On a noté aussi deux grandes traditions de formation: celle qui procède par événements (autour d’un metteur en scène invité par l’école pour travailler avec les élèves sur un projet spécifique et relativement limité dans le temps) et une formation continue avec des professeurs qui accompagnent l’élève un certain temps (mois ou années) mais en dehors de la finalité recherchée d’une production donnée.Ces deux modes de formation coexistent dans la plupart des écoles.Et puis, par-delà ces divergences, certaines lignes de force de la réflexion peuvent être tracées.¦ Une même conviction anime les praticiens: le jeu s’enseigne, bien sûr, mais plus encore, il s’apprend.Le chemin de l’apprentissage n'est pas tracé une fois pour toutes.11 est constant, variable et toujours à recommencer.¦ Il n’existe pas, bien sûr, de formation unique ou de formation meilleure qu’une autre.A l’image du théâtre, les options artistiques sont nombreuses, appelant des formations diversifiées parfois complémentaires et parfois s’excluant l’une l’autre.¦ Cependant, par-delà les choix d’écoles se cache la question plus eu co SANDRINE BONNAIRE un film de PHILIPPE LIORET SAIMKIOlItlIIK IKQIIQSMIlilUIIONKUr ¦fuitPtlIUlTUIOlinSMLfCJUIMLlOI MESOUALOII nrocxnctto mmm Mpiilmsmk wKmUCm «JENMMfUOlKl UTUSOUH MME !i CMPIOII fme 1KIUE IM ctraCÏCILEKKIIMI kk DOIS IDWUI KiiiKMiewIlOItliyiui wroBBimfllMICjlBM^ MÜE JUPES CMEMU - FDMICE 2 dfitMA ti issiam «te MACE 12 ET GMACK 4 ¦Til Alicéleo EST ™ «MD w* ni flIM PRPCPMTFIV/IFNT -CINÉPI.EXOOÉON ir-MtGA PIEX'OUZW—ir-MÉGA PUX’GUnO—l r-rvrio 1 1 QUARTIER LATIN ?TASCHEREAU 18 ?||POWT-VIAU 16 ?| L’AFFICHE ^CONSULTE^^S^UlDlES^HORAinE^^e^CINeMAS^ profonde de la stratégie d’apprentissage.Comment apprend-on?Qu’attend l’élève de l’apprentissage?La question de la formation se trouve ainsi déplacée du côté de ceux qui apprennent et pas seulement de ceux qui enseignent.Le changement de perspective est intéressant ¦ Chaque mode de formation véhicule non seulement une vision particulière du théâtre et de l’univers artistique privilégié mais aussi une certaine philosophie de l’enseignement.Il appelle une interrogation sur le dessein dans lequel on forme les acteurs.É La plupart des formations s’entendent sur quelques principes.1.Jouer est un métier, et ce métier s’apprend.Sans doute est-ce là l’un des principaux acquis du XXe siècle.Certes, le talent n’en perd pas pour autant son importance, mais il ne saurait suffire.2.La finalité de la formation est désormais dissociée de la production d’un spectacle donné.Elle vise le développement de l’acteur pour lui-même, un acteur qui apprend plus qu’un savoir-faire, un savoir-être.3.Plus important encore, la formation est indissociable de l’apprentissage d’une certaine éthique, un mot souvent répété.Quel que soit le mode d’apprentissage privilégié, celui-ci doit provoquer chez le comédien un souci de développement personnel.4.Pour la plupart des participants, un bon enseignement doit être nécessairement global.Il ne se fait pas seulement par transmission de connaissances ou de techniques dispensées au sein d’écoles, il se fait aussi, de façon indirecte, par la pratique d’une maieutique par laquelle artistes et pédagogues accompagnent les élèves dans une découverte et un dépassement d’eux-mêmes.5.Deux perspectives s’affrontent.D’abord, celle qui veut que l’école donne un éventail de possibilités dans lequel l’apprenti comédien pourrait se promener avant de s’arrêter sur une forme.Un tel enseignement insiste sur la nécessité pour l’acteur d’aborder plusieurs méthodes et donc d’avoir une certaine polyvalence.L’acteur y accomplit des trajectoires diversifiées qui le rendent flexible et adaptable aux multiples esthétiques 1 MILLIONS BOX-OFFICE ! 'jmvmt fflEMY GÉRARD UERMTTE DEMRMBI UN FILM ÉCRIT CT RÉALISÉ PAR FRANCIS VEBI Un» nouvall» comédt» du réaliMtaur «*• «LE DÎNER DE CONS» M ^ aao A L-AFFICHE I r—-FAMOUS PLAYERSFAMOUS PLAYEttS- 1 PARISIEN ?Il CENTRE LAVAL ?F1 » t.T O LA CRITIQUE EST UNANIME! |ï| A l’affiche! V O MM MUD-tnrM ,,1,11 in r El IIEtEI I-—FAMOUS PLATtBS—l r—MAISON OU CPdMA —i 1 PARISIEN ?I [SHERBROOKE ?1 théâtrales qui répondent à la vision que chaque metteur en scène développe du théâtre.L’autre école est celle que les grands formateurs ont tenté d’établir.Il s’agit d’une école fondée sur une ascèse du comédien, une école de découverte incessante de soi-même liée à un apprentissage de toute une vie.Cette formation, qui relève de la transmission, s'accomplit générale ment avec un maître.[.] R.D.D'autres enjeux ont suscité des débats?J.F.La question qui a été aussi au centre des discussions a été celle de la création: peut-on former à la création?Je crois que c’est la question que se sont posée de nombreux participants, tant du côté français qu’allemand, italien, espagpol et, bien sûr, nord-américain.A ce chapitre, l’intervention qui a le plus marqué ce colloque est celle d’Anne Bogart, metteur en scène très importante aux Etats-Unis, qui a collaboré pendant de nombreuses années avec Tadashi Suzuki et qui a créé sa propre méthode, fondée sur certains principes destinés à aider l’acteur à créer.Je crois que cette dualité du théâtre comme art et comme métier est centrale à tout le questionnement de la formation aujourd’hui, et elle rend compte de ces clivages que je mentionnais plus tôt Elle explique, je crois, cette incompréhension entre des traditions différentes de formation.[.] R D.En comparaison avec les grandes écoles européennes ou américaines, comment situez-vous le travail qui se fait ici?J.F.C’est assez étrange, même si le Québec çst proche à plusieurs égards des Etats-Unis et que les Québécois se sentent plus nord-américains qu’européens, en ce qui a trait à la formation, surtout celle donnée dans les écoles, on a l’impression que la formation est davantage tournée vers un modèle de formation européen.Je dirais que le clivage passe par la langue.Je mentionnais Bogart tout à l’heure; peu de gens la connaissent de ce côté-ci de la frontière, comme peu de nos étudiants lisent les grands formateurs qui servent de référence du côté anglo-saxon: Viola Spolin, Uta Hagen.Je dirais même que le théâtre qui se fait au Québec dans sa grande majorité a assez peu à voir avec le théâtre américain et tout particulièrement avec le théâtre expérimental, style Wooster Group ou théâtre de Foreman.On importe des textes américains, certes, mais l’influence en matière théâtrale (esthétique, techniques de jeu) s’arrête là.Or certaines expérimentations théâtrales parmi les plus fortes ont lieu à quelques centaines de kilomètres de nous, chez nos voisins du Sud, mais on semble l’ignorer.Cette faculté qu’a le théâtre québécois à vivre ainsi sur lui-même est saisissante.R.D.H y avait plusieurs jeunes, acteurs ou étudiants au colloque, en particulier une délégation d'une vingtaine d’étudiants du département de théâtre de l’UQAM.Que peuvent-ils retirer de leur participation à un tel événement?J.F.Un très grand enthousiasme, je crois.Le désir d’aller faire des stages ailleurs.Cela les a renforcés dans leur passion du théâtre.Ils ont découvert la diversité des approches, ce qui leur a permis de mieux définir le chemin qu’ils veulent suivre.De façon amusante, cela leur a aussi donné la conviction que l’enseignement qu’ils reçoivent ici n’a rien à envier à l’université française, par exemple.Par contre, ils ont été éblouis des facilités qu’ont certaines écoles de formation: le Conservatoire de Paris (espace, personnel, nombre d’étudiants), l’Institut de théâtre de Barcelone.Ils ont aussi été surpris de constater qu’une grande école comme celle de Jacques Lecoq, qui a essaimé dans le monde entier, a des locaux tout à fait modestes.Je crois que cela les a fait réfléchir sur leur propre pratique, leurs désirs, les privilèges dont ils bénéficient, et leur a permis d’avoir une conception plus claire de leur véritable place.R.D.S'appuyant sur la coopération interuniversitaire francoquébé-coise, le colloque s’est ouvert sur le monde et est parvenu à attirer des participations de plusieurs pays.Quels enseignements en tirez-vous pour l’avenir?Ce que le théâtre a fait est sans doute possible pour d’autres champs scientifiques.J.F.Je ne crois pas que le théâtre soit le premier à s’ouvrir ainsi à une coopération interuniversitaire.Dans le domaine scientifique, ce sont des démarches très fréquentes et moins cloisonnées d'un côté et de l’autre de l’Atlantique.Dans le domaine de l'art, c’est beaucoup plus rare, pour plusieurs raisons.D’abord, nous avons tendance à affirmer l’absolue singularité de nos trajectoires et donc à créer des forums plus «locaux».Je pense donc qu’il faut que nous soyons vigilants pour que nous ne nous enfennions pas dans nos certitudes ou nos pays respectifs.[.] A noter le colloque est actuellement sur Internet (en français et en anglais): www.theatre-contem-porain.net.SAMIIL HADIDA ET RICHARD GRANDPIf RRE PUVNTIvt LE ®HAN « VINCENT CASSEL • EMILIE DEQCENNE < MONICA RU I U ( I JEREMIE RENTER ft MARK D AU SCOT « ui:uj'j>inu - Cluiiilul Gu/, tu te» .itUjj/Jiûib&ji m SUITE : CTST GÉNIAL »> ?OSITÉ £T UN «)UCI CONSTANT k^yio-fonlÉ % ! kv is 4 DES 'CHRISTOPHE rm mmiSnnOCMML r DW5 FIAIS « Sa** tf MU* vîcwt om EMU DWPH "TOCA KlUX: MFM* ifVT* • MIIDACASiXKm.amrm lAKUVCMMMCOBSTOTCl ÎACQWSFÎMB* XTIA*IFTSE* MMlIDFAKT«a*r™_.ianAB>mS» a»HmuONCA MiGUKIAiailVMÇB «m» iiiiiDOKlMian.—IRAfltFMKI.DFfC *•«.> —trm iAX LAtTOX «.«nOiiauaa «la _.nMKUW , 9 «« TTi iws ,*0CV«1C!,I » «M ¦* a WACA5 UlTO AAVS WA'.AiKf i MaON « vni*'iWtv W£> T u P vmsmr—% t** - - » E V 0 I K .L E S S A M EDI I ti ET DI M A \ ( HE 17 J t I S 2 « 0 I (' I I LE DEVOIR Un samedi sur deux, un petit groupe de 44 personnes se retrouve dès 9h dans un autobus jaune pour visiter.des commerces de l’île de Montréal.SYLVIE BERKOCVICZ « M esdames et messieurs, suivez le guide! À votre droite, une boutique de fruits et légumes, parfait exemple d’un aménagement créatif et économique; à votre gauche, vous pouvez admirer un magasin de vêtements mode à l'élégance moderniste.» Plus sérieusement, ces visites sont l'initiative des organisateurs de Commerce Design Montreal, un concours qui depuis sept ans honore les commerçants qui font appel à des professionnels pour aménager leurs commerces.L’édition 2001 en a récompensé 20 en mai dernier, des commerces que les Montréalais peuvent maintenant découvrir avec-raide d’un guide.Ces visites d’une demi-journée chacune ont été mises en place avec le collectif urbain L’Autre Montréal, un organisme d’éducation populaire et d’animation culturelle qui depuis 25 ans offre des visites commentées sous des angles divers et inusités: le Montréal de la folie, le Montréal de la démocratie ou le Montréal de l’histoire des femmes.Il y a au choix trois circuits différents, à l’ouest, à l’est et au nord, qui permettent de comprendre l’architecture et l’aménagement de six à huit commerces.Bernard Vallée, qui commente lui-même une bonne partie des visites, est le directeur de L’Autre Montréal.«Ce que permettent les circuits par rapport à une visite isolée, c’est de mettre en relation les commerces les uns avec les autres et de prendre conscience de leur évolution.Nous pouvons donner au public des éléments sur certains gagnants des années passées.Par exemple, lorsque nous passons devant le Pizzédélic du boulevard Saint-lMurent [conçu par Jean-Pierre Viau], nous expliquons que c’est le premier de la chaîne et que pour la première fois on a utilisé une porte de garage pour ouvrir la salle sur la rue.Il y a toujours mise en contexte de la rue commerçante et de son évolution historique, Quand nous visitons la Laverie H20 Laundromat et cie.de iMchine, qui est située dans un parking et collée à un McDo, nous racontons l’histoire de l’ancien village de Lachine jusqu’à cet espace déconstruit d’aujourd'hui! «Idem pour la Quincaillerie Union du boulevard Décarie, qui est située près de l’Hippodrome de Montréal [qu’on appelait il n’y a pas si longtemps le Blue Bonnet] et à deux pas du fameux Orange Julep!» Hubert Beringer est historien de l’architecture et du design; il a formé les animateurs de ces visites.«Je les ai initiés aux questions de design et, eux, ils amènent toute leurs connaissances sur la portée historique et sociale; cela donne des visites mixtes, à vocation d’initiation, mais avec un point de vue original.Nous commençons systématiquement par une analyse des objectif de l'aménagement et par une analyse du plan.Pour du grand public, c’est relativement poussé, c’est-à-dire que l’optique de base est de ne pas prendre les gens pour des abrutis et de leur donner des choses un peu compliquées avec patience, sans être trop ambitieux non plus! Ce n’est pas une approche “regardez les belles couleurs, ça évoque l’univers de Gauguin”.Cela débute par les raisons de cet aménagement, qui peuvent être de l’ordre du marketing, d’ordre technique, par exemple un local mal adapté dans lequel il fallait faire entrer telle ou telle fonction, ou encore d’ordre budgétaire.Bien sûr, nous traitons de choses plus accessibles qui ont rapport avec la décoration, mais qui sont vraiment traitées comme du design, non pas comme des éléments de surface qui viennent s’ajouter à quelque chose de préexistant mais comme faisant partie d'une logique d’ensemble.» FORME / y ns* BANQUE NATIONALE DESIGN; DUPUIS LETOURNEUX PHOTO: FRANÇOIS BAS TIEN PRESSE CAFÉ P I E D E S I X I G N ALAIN BAUFFE photo: BEAUDOIN & GAUTHIER Une mise à nu Cette logique peut avoir comme point de départ la vocation de l’établissement, l’histoire du bâtiment, le quartier dans lequel il se trouve ou un quelconque détail qui refait surface lorsque l’architecte ou le designer dépouille le commerce des couches décoratives qui s’y sont succédé.«Chez Mousseline, la boutique de mode du centre-ville réaménagée par Jacques Bilodeau, on a remis à nu le plancher d’origine des années 60, fait en mosaïque de pierres composites.On parle d'un antitraitement de surface: au lieu de mettre une couche décorative, on se sert du plancher d’origine avec tous ses défauts et enfin la géométrie accidentée de ce plancher est reprise en trois dimensions dans les cabines d’essayage.» Si l’abandon des succursales bancaires est un phénomène de société, leur recyclage est également un signe des temps.Cette année, sur 20 commerces primés, il y a quatre banques transformées.Avec des cas très intéressants, comme le Presse Café Pie IX dans Hochelaga-Maison-neuve, une ancienne banque au décor néoclassique qui.au fur et à mesure des réaménagements fonction- II faut retourner à l’étymologie du mot design, faire comprendre qu’en fait ça veut dire “conception”; c’est vraiment le message à faire passer.» nels, avait perdu tout son faste sous de faux plafonds.C’est en changeant de vocation que l’espace retrouve enfin sa splendeur d’origine, son aspect chic et soigné, alors que sa fonction, un café d’Ho-chelaga au lieu d’une succursale de banque, lui confère un statut nettement moins imposant.Chez Passion des Fruits, également logé dans une ancienne banque, c’est la porte de la salle des coffres qu’on a littéralement fait exploser et que les designers ont laissé avec humour telle quelle, avec les traces de cet ingénieux vandalisme! Si de nombreuses succursales ferment, il reste que certains d’entre nous doivent de temps en temps se rendre à la banque pour y rencontrer un représentant de l’espèce humaine! Le bureau d’architectes Dupuis Le-Tourneux (responsable entre autres du très médiatique bar-resto-club Newtown) a reçu un Grand Prix du jury 2001 pour la Banque Nationale du Canada de la rue de la Gauchetière.Mais attention, on ne traite pas une banque comme un bar de la rue Crescent.C’est délicat, une banque?«Oui, répond l’architecte Benoit Dupuis, c’est beaucoup de contraintes au niveau de l’image.Comparativement à une boutique ou à un resta, il y a des impératijs quant au confort et à la longévité.Donc, le choix des matériaux est assez restreint, le choix des couleurs aussi, qui ont une certaine influence sur la clientèle: il faut choisir des couleurs un peu plus foncées, qui expriment la richesse, la sécurité, h y a ambiguïté entre la technologie des banques, qui est très performante avec Internet, etc., et l’atmosphère rassurante, chaleureuse que la succursale doit encore suggérer à sa clientèle.Au début, parce qu’il s’agit d’un bâtiment des années 70, on proposait un aménagement plus froid, avec de l’aluminium, plus techno aussi.Mais il a fallu revenir un peu en arrière avec des textures plus chaleureuses, du bois surtout.Ce prix, c’est un encouragement, le message qu’il y a des institutions qui mettent de l’énergie à changer des images et donc qu’il y a une ouverture au niveau de la qualité architecturale ou spatiale, pas seulement pour des projets comme des bars ou des boutiques mais pour des projets qui ont une durée plus longue, comme les banques.» Et la créativité n’est certainement pas une affaire de budget.Dans bien des cas, le manque d’argent impose des idées nouvelles et c’est justement là que le recours à un professionnel est le meilleur investissement qu’un commerçant puisse faire.Passion des Fruits, l’épicerie de quartier située à l’angle des rues Saint-Denis et Saint-Joseph, est à la limite de l’antidesign puisque la majorité du mobilier est réalisée avec des cageots en lattis de bois.Les cageots, c’est gratuit, les légumes arrivent dedans! Leur défaut principal pour en faire -du mobilier est que ce n’est pas solide puisque c’est du petit bois tenu avec des agrafes.Sauf que, dans ce cas, plaqués au mur et empilés en réseau les uns sur les autres, ils finissent par atteindre un niveau de qualité structurelle qui a même permis d’y installer un rail et une échelle qui court tout le long de cet aménagement mural.Il est évident que le coût d’un tel rangement, s’il avait été fait ne serait-ce qu’avec du contreplaqué, aurait coûté environ cent fois plus cher.L’intervention d’un designer professionnel a permis à la fois de créer une identité unique et en même temps de donner des solutions d’aménagement moins onéreuses que des solutions classiques.Pour Hubert Beringer, on touche alors au vrai sens du mot design: «C’est antistylistique justement.Le design n’est pas un style, il faut arrêter d’utiliser ce mot comme adjectif, comme dans “resta design".Ça ne marche pas! U design, et on le voit bien dans tous ces commerces, s’exprime dans des styles très différents.Il faut retourner à l'étymologie du mot design, faire comprendre qu’en fait ça veut dire “conception”; c’est vraiment le message à faire passer.» «Une partie du public qui vient à ces visites est effrayée parles commerces “design”.Ces personnes ne regardent pas les cartes des restas “design" parce qu 'elles se sentent exclues par le décor lui-même quand elles passent devant.Si on fait le travail de les initier au vrai design, on constate que leur attitude change radicalement, elles comprennent que finalement ça s’adresse à elles.Et elles se rendent compte en plus que les prix qui sont affichés à la carte ne sont pas forcément plus chers qu ’ailleurs.» «On a toutes sortes de publics, confirme Bernard Vallée: des amateurs plus ou moins éclairés, d’autres qui viennent parce que c'est gratuit! Mais tout le monde y trouve quelque chose, soit dans l’exubérance, soit dans le dépouillement.Des femmes d'un certain âge qui, sans explications, pourraient être rebutées par l’aspect brut de certains matériaux, qui auraient trouvé que ça ne fait pas “fini”, comprennent et avouent regarder autrement.Ce sont des clés qu’on leur donne pour mieux voir les autres commerces, les nouveaux et les anciens, pour lire la ville sur et dans ses murs.» VISITES GRATUITES D’UNE DURÉE DE QUATRE HEURES.DÉPART (TOUJOURS À PROXIMITÉ D’UN MÉTRO) à 9h et à 14h les 50 juin, 14 juillet et 28 juillet.Réservations: (514) 521-7802.41 BOUTIQUE MOUSSELINE DESIGN: BILODEAU/VIllEMURE PHOTO: JACQUES PERRON REGARDS OBLIQUES Dans un autre registre, mais toujours dans l’idée d’embellir nos rues, la Ville de Montréal met à la disposition des propriétaires un numéro de téléphone qui leur permet de poser toutes les questions possibles et imaginables sur les rénovations extérieures.Pour savoir de quelle couleur repeindre sa porte ou que faire avec une corniche qui s’écroule sans porter atteinte au patrimoine architectural, composez sans frais le (514) 872-4192.Y C 12 I.E 1) E V OIK, f.ES SAMEDI 16 ET DI M A N C H E 17 .1 U I S 2 0 01 -?LE DEVOIR ?- JARDINS Pratiques de jardinage douteuses.de l’écolo de cœur L’Homo sapiens «brouteur» du XXIe siècle croit encore que le jardinage est une activité saine qui permet un merveilleux contact avec la nature.ou, plutôt, avec sa nature! IT* r* HIh Jean-Cla ude V ig o r Paraphrasant la formule de Malraux et reprenant les mots de Monique Mosser, on pourrait se risquer à dire: le XXI' siècle sera jardinier ou ne sera pas.Mais de quel jardinier parle-t-on?Kappelez-vous que le jardinier averti doit, dans la mesure du possible, tenir compte de la «personnalité» de chacune des plantes qu'il introduit dans son jardin mais aussi des techniques culturales qu'il utilise.VHomo sapiens «brouteur» du XXI' siècle est-il plus conscient que celui du XX' siècle?Bombant le torse, chevauchant sa rutilante tondeuse (sans système antipollution) et la maniant comme un kart, il progresse en bruit (généralement le samedi et le dimanche matin), en huile, en monoxyde de carbone et même en rage au guidon.Bref, il croit encore que le jardinage est une activité saine qui permet un merveilleux contact avec la nature.ou, plutôt, avec sa nature! Il rêve du jardin sain et naturel, mais dès qu’un puceron dévore son rosier, le «brouteur», dans tous ses états de rage, va s’enquérir immédiatement et sans vergogne auprès d’un conseiller horticole: «Mon jardin se fait littéralement dévorer par des hordes d'affreux insectes ayant nécessité bien urgente de repaître et ne se contentant pas de broutilles!» Alors, lorsque les limaces s'attaquent à ses hostas, lorsque ses vignes sont rongées par des colonies de chenilles et que les herbettes non autorisées envahissement ses allées.c’est l’indignation totale.Rugissant, l’écolo de cœur se transforme en terreur, n'utilisant pas toujours à bon escient une panoplie de pesticides, souvent néfastes pour lui et son environnement.Le «brouteur» du XXL siècle est bien souvent, et sans le savoir, responsable des problèmes qu’il a provoqués par des pratiques de jardinage inadaptées et inappropriées: utilisation de plantes •¦problèmes», pratiques d’entretien du jardin hostiles aux insectes et animaux «utiles», techniques culturales favorisant le développement des maladies (surfertilisation), utilisation non rationnelle de l’eau, utilisation d’un sécateur mal désinfecté, etc.Les solutions: la sagesse, la tolérance, et faire avec la nature plutôt que de se battre contre elle.Comment faire pour vivre en harmonie «écologique» avec son petit lot de terre?La pelouse.Si chaque jour, en me levant, je souhaite la bienvenue à saint Fiacre, le saint patron des jardiniers, il est un autre personnage que je tiens le plus loin possible de mon environnement.Il se nomme Edwin Budding, et on lui accorde l’invention de la tondeuse à gazon.En 1830, cet Anglais déposa, au service britannique des brt>-vets, une demande pour l’invention de la première tondeuse à gazon en disant: «Ces messieurs de la campagne trouveront dans l’utilisa- * > * f ^ • * r.* V>v -V ' ^ V “A'î ** £.'% * \ i 0e v .'.'V.* V £ .* ¦ Spy'", «n, , .-r J- * ¦ • .* s ¦ "V < L :'è A * .'V # ‘ * ja - i'-. « v.v • % » * W- • i •• M -a JL y JL* > ¦ • : * -y /• ; «-T * - * ^ r '**iv • •*# ?*¦ - .L A " -r V.-T * • .« « ¦«»! ., , i.• ' 'X • W* % v -*% ,'j** i > s '••• ¦ » •* Jk • ê 4 ^.\ ’ •• ^ ' r>* *£+' '' ' >• v -•* ’ ?.m - ¦ • ¦-àl s.-aMy.’-f.* .* •/ • • ' > ¦ *** -•••¦*, ^ #«\ V .;.'-tulaL,' 7->> • * \ -»-1/ .t-t » * • ^ ^ a-.* , s vï/vTt»« „ r/ *• " - > * V-' ^ ¦ A ^ ¦ ?\ w» ij».-, Av; .%.*»'.1 V * .y J *t.^ ^ - * ^ f - O-' ^ ^ T ¦> lœ jardin de fleurs de Monet, en France.JEAN-CLAUDE VIGOR tion de mon appareil l’occasion d’un exercice amusant, utile et sain.» C’est vers 1870-80 que se démocratise l’utilisation de la tondeuse à main, l’américaine Archimedean.Depuis, la moquette verte fait fureur.Hélas! Nous n’avons pas tous un sol, ni les moyens, voire un environnement favorables à la pelouse.Il en résulte une frustration lorsqu’on se compare à une herbe top modèle du quartier.Chez la voisine, c’est bien plus vert! Mais, souvent, à quel prix pour l’environnement! Une pelouse de prestige n’est pas forcément écologique: engrais, gaspillage d’eau, herbicides, traitements contre les insectes, les champignons et les mousses, roulage et tonte hebdomadaire.Bref, une pelouse peut être fonctionnelle, raisonnablement belle, fort utile pour mettre en valeur les massifs mais ne doit pas pour autant être une corvée ni une source de problèmes.Petites pelouses fleuries Ajoutez quelques petites touches de couleur verte à votre pelouse en y semant du trèfle.Dans ce cas, les roues de la tondeuse doivent être les plus hautes possible (de 9 à 10 cm, par exemple).Votre pas doit marquer la pelouse.Dernièrement, lors d’une visite au Domaine Joly-de-Ixitbinière, je remarquais que la pelouse se laissait envahir par de petites pâquerettes (Bellis peren-nis).L’effet est superbe.En automne, plantez en petits groupes, en colonies, de petits ’ jr m - -N.! Sn bulbes de crocus, de muscaris et de scilles, et, en bordure de vos massifs en plein soleil ou mi-ombre, des groupes d’iphéons (Ipheion uniflorum) de la variété «lagon Bleu» ou autres.Il est idéal pour remplir les espaces vides.Rappelez-vous: faire avec la nature plutôt que de lutter contre elle.Le jardin doit être évolutif, la pelouse aussi.11 faut profiter des occasions.Uirsqu’une espèce se plaît, autant l’encourager.la nature a horreur du vide, et un vide se remplit d’indésirables.(par exemple, le pissenlit prospère lorsque le gazon est tondu très court).Petits chaussons fleuris pour arbre bienfaiteur Une pratique nuisible consiste à utiliser des herbicides autour des troncs d’arbres ou de sarcler afin de maintenir la terre à nu.Denis Pépin, un jardinier chevronné, premier prix du plus beau jardin potager de France en 1998, parle de faire «un chausson végétal» au pied des arbres.L’arbre est souvent planté isolément au beau milieu de la pelouse, à l’écart des massifs d’arbustes et de vivaces, lui qui, il y a quelque temps encore, vivait heureux avec ses congénères.L’arbre préfère la compagnie des haies, des arbustes et des vivaces.Quand cela est possible, il faut intégrer le pied des arbres dans des écrins de végétation.Pour ce faire, ajoutez de la bonne terre au pied de l’arbre sans enterrer le tronc, puis plantez des plantes en mélange.Observez.11 n’est pas toujours facile «V JEAN-CLAUDE VIGOR Le charme discret d’un jardin de mousse.de faire pousser des plantes dans cet environnement de racines, de pénurie d’eau et de manque de nourriture car l’arbre a souvent préséance sur ses sujets.Des plantes comme le lysima-chia (rampant), des géraniums (vivaces), du lierre terrestre (considéré comme mauvaise herbe), de la vinca, de l’aspérule, de l’ajuga, de la consoude naine, des fleurs des elfes (Epime-dium), du Nepeta faassenii «Six Hills Giant» (imbattable en sol sec) et de \'Origanum résistent, elles aussi, à la sécheresse.Une merveille, le myosotis du Caucase (Brunnera macrophylla) et autres couvre-sol feront l’affaire si vous prenez soin de fertiliser et d’arroser régulièrement.De la petite pelouse de graminées à la mousse La mousse: encore une mal-aimée mais néanmoins essentielle pour upe note japonaise dans le jardin.A l’ombre et sous l’effet du piétinement, la pelouse, dans certaines conditions, se surface de mousse au fil des ans.C’est un phénomène normal qui affecte surtout les petits jardins de ville.Le développement de la mousse est encouragé par des coupes très courtes en automne et les compactions sur un sol argileux.Pour détruire la mousse, on utilise souvent du sulfate de fer qui, hélas, acidifie le sol, contribue à dégrader sa structure et, en le rendant encore moins perméable, favorise donc nettement le développement des mousses.Alors, pourquoi ne pas la favoriser et faire un jardin de mousse ou un jardin des mousses?Il faut la rouler, la garder humide et surveiller les indésirables à feuillage en rosette.La mousse comme couvre-sol retient l’humidité et contribue à préserver le sol.Un petit accessoire asiatique, et hop!, un problème devient source de méditation.De la pelouse à la prairie fleurie Pour mieux occuper tout l’espace de la prairie, on associe des plantes qui aiment partager un même environnement.Rappelez-vous, la nature a horreur du vide et la terre doit être couverte rapidement.La meilleur façon de ralentir le développement des herbes indésirables, c’est donc d’associer des plantes qui s’entremêlent et occupent toute la place disponible très rapidement La clé pour réussir une prairie fleurie (c'est la même chose pour l’ensemble du jardin) consiste à bien connaître le type de sol (sable-ar-gile-loam), les éléments nutritifs , ¦ .$*• ‘T JEAN-CLAUDE VIGOR L’éclatante étendue de couleurs d’un jardin de vivaces (thym).qu’il contient (riche-pauvre), l’eau disponible (sec-humide), etc.Le jardinier têtu impose ses choix d’espèces et, inévitablement, se bat avec son sol et son environnement.Le jardinier opportuniste choisit en fonction des acquis et s'accommode de ce qui pourra connaître du succès dans son milieu.Les mélanges contiennent des graines de dizaines d’espèces.On a le choix entre plantes annuelles et vivaces ainsi que selon le type de sol et d’environnement Le mélange du type Nord-Est américain peut constituer un point de départ.Sol bien travaillé, si possible exempt de mauvaises herbes, fertilisation adéquate et arrosages copieux font partie des clés de la réussite.Do la prairie fleurie au jardin de fleurs Le gazon était un prétexte de départ.C'est un passe-partout indémodable et fort utile à notre environnement si sa culture et son entretien sont écologiquement «propres».Alors, bravo! Mais voilà, d’année en année, elle, cette pelouse chérie, devra céder du territoire.Les arbres grandiront, les arbustes (grands manquants de nos jardins) accueilleront les oiseaux, les massifs de fleurs annuelles et vivaces «brouteront» du terrain, sans oublier l’indispensable plant de tomates, protecteur de nos prostates.Et tranquillement, mine de rien, dans la plus grande simplicité, votre jardin deviendra un paradis terrestre.Au fait, pourquoi n'aimez-vous pas le perce-oreille?Il est bien utile, pourtant.Il préfère les nourritures animales.C’est un gros mangeur de pucerons, de cochenilles et même de petites chenilles.Ah oui! Je sais pourquoi: vous ne l'aimez pas.Il mange parfois vos fleurs.Voyez-vous, il vous faudra encore faire un effort.Ce n’est pas suffisant d’être écolo de cœur.Pour vous procurer les multiples feuillets sur les alternatives écologiques ou pour vous joindre à la Coalition pour les alternatives aux pesticides (CAP), voici les coordonnées: CP 434, Saint-Bruno, Québec, J3V 5G8.¦= (450) 441-3899; télécopieur: (450) 441-2138; site Internet uniimcap-quebecxom.La présidente Edith Smeesters et son équipe font un travail de sensibilisation sans relâche.A nous de bénéficier de leur expertise.Jean-Claude Vigor est Professeur et chef d’équipe du programme de technologie de la production horticole et de l’environnement.I
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