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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2001-05-07, Collections de BAnQ.

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w w w .I e d c v o i r .c o .DEVOIK ACTUALITES Visite historique du pape dans une mosquée Page A 4 V (i L .X C 1 I X ' 9 9 ?Dans les archives de «La Patente» Le réalisateur Robert Verge dévoile les secrets du mystérieux Ordre de Jacques Cartier PAUL CAUCHON LE DEVOIR C> était une mystérieuse organisation secrète qui a suscité bien des fantasmes.Gérard Filion, Michel Chartrand, Jean Marchand, François-Albert Angers, Henri Bergeron et Jean-Paul Nolet en ont lait partie.Mais le secret est relatif: à son apogée, l’Ordre de Jacques Cartier a pu compter sur environ 45 000 membres répartis en groupes locaux de l'Acadie à l’Ontario.Cela fait beaucoup de monde.La télévision québécoise (RDI, dans une production Amérimage-Spectra) montrera demain soir pour la première fois les archives de cette organisation occulte.Ces archives ont été «libéralisées» depuis l’année dernière.Et c’est le réalisateur Robert Verge qui, le premier, a eu accès aux documents.Il s’agit donc d’un pan important de l’histoire du Québec qui pourra être mieux exploré.Les historiens connaissent évidemment cette mystérieuse organisation mais elle demeure presque inconnue du grand public.Selon le documentaire présenté demain soir, l’Ordre de Jacques Cartier a été créé en 1926 dans une église du quartier Vanier à Ottawa.A l’époque, 50 ans après la Confédération, les Canadiens français étaient véritablement frappés d’ostracisme et les postes de pouvoir leur étaient fermés, particulièrement dans la fonction publique fédérale.Des groupes anglophones plus ou moins secrets s’arrangeaient pour promouvoir leurs hommes.Une vingtaine de Canadiens français décident donc de se doter d’une sorte de groupe de pression organisé en société secrète, un groupe catholique et patriote, pour aider les Canadiens français à se développer.L’Ordre adopte un rituel d'initiation très secret et très complexe qui est expliqué en détail dans le documentaire et qui fait beaucoup sourire aujourd’hui.Mais, au-delà de cet aspect enfantin, le groupe connaît un énorme succès et s’étend comme une toile d’araignée souterraine.Les membres de l’Ordre étaient organisés en groupes locaux, ne se connaissaient pas d’une ville à l’autre et recevaient leurs ordres des responsables des degrés supérieurs.Le secret était tel que les membres appelaient leur organisation «La Patente» pour taire son nom véritable.Pendant 40 ans, ils ont été de tous les combats pour promouvoir le français et faire avancer la cause de leurs pairs.As sont derrière les premières campagnes Pendant 40 ans, ils ont été de tous les combats pour promouvoir le français et faire avancer la cause de leurs pairs.VOIR PAGE A 8: PATENTE ACTUALITES L’idée d’un parti des régions fait son chemin Il n’existe pas encore de parti politique des régions, mais cette idée, née au Saguenay-Lac-Saint-Jean dans la turbulence entourant les fusions municipales forcées, n’attend, semble-t-il, qu’une occasion pour prendre forme.Quatre autres régions du Québec pourraient se mettre de la partie, a déclaré au Devoir l'ex-député péquiste Gérard Morin.¦ À lire en page A 2 INDEX Annonces.B 5 Monde.A 5 Actualités.A 2 Mots croisés.B 3 Avis publics.B 3 Météo.B 3 Culture.B 8 Planète.B 2 Éditorial.A 6 Religions.B 6 Horizons.B 1 Sports.B 4 Idées.A 7 Télévision.B 7 LE MONDE Macédoine: un pas de plus vers la guerre Page A 5 1.K 1, F N 1) 1 M A I 2 O 0 I S 7 i vers Un message d’espoir K SU ‘'c.§1 .* JACQUES GRENIER LE DEVOIR L’acteur Christopher Reeve était de passage à Montréal hier.Christopher Reeve ne croit pas aux traumatismes incurables BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Il faut poursuivre de façon urgente la recherche de pointe sur les traumatismes de la moelle épinière.Christopher Reeve, l’ancien Superman du grand écran, connaît mieux que quiconque les souffrances causées par cette maladie du système nerveux central.Depuis la chute de cheval qui a changé sa vie en 1995, il n’a jamais cessé d’encourager les neuroscientifiques dans leurs recherches.Il était d’ailleurs à Montréal hier à titre de président d’honneur du XXIII' Symposium international sur les traumatismes de la moelle épinière, organisé à l’Université de Montréal.Reeve a été invité par le professeur et chercheur Serge Rossignol, du département de physiologie du Centre de recherche en sciences neurologiques de l’UdeM.Ce dernier avait remporté, il y a trois ans, la médaille Christopher Reeve pour la recherche sur les réparations de la moelle épinière.Pour la première fois à Montréal depuis 1986 alors qu’il tournait le film Street Smart, Reeve a parlé des conséquences des traumatismes de la moelle épinière sur la vie quotidienne, de l’état de la recherche, du système de santé aux Etats-Unis et, plus brièvement, de ses prochaines sorties comme cinéaste: bien qu’il n’ait pas «l'intention de passer sa vie là-dessus», il prépare un film basé sur la vie réelle d’une femme blessée en 1992 dans un accident de voiture.«C’est important pour moi d’être ici car le travail des chercheurs ne concerne pas seulement les gens qui VOIR PAGE A 8: REEVE Essai peu concluant de la carte santé à Laval Seuls une soixantaine de patients sur 1698 ont daigné se servir de la carte à puce KO HERT DUTRIS AC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC L> expérience-pilote à Lavfel, sur laquelle dit s’ap-i puyer le gouvernement pour implanter la non velle carte santé à puce, est loin d’êlre concluante.La carte à microprocesseur a été si peu utilisée que la Régie d’assurance maladie du Québec (RAMQ), le maître-d’œuvre du projet, ne dispose d’aucune donnée probante pour faire l’évaluation pratique du consentement des usagers.Au plus récent décompte du 1” mal dernier, 1698 cartes santé à puce avaient été distribuées à des patients dans le cadre du projet-pilote mis sur pied au Centre hospitalier ambulatoire régional de 1 aval, selon les données émanant de la RAMQ.De ce nombre, seulement 290 cartes ont été activées, c’est-à-dire que seulement 290 patients ont accepté de choisir un numéro d’identification personnel (NIP) afin d’utiliser leur carte.C’est déjà peu, compte tenu du fait que la RAMQ prévoyait, lors du lancement de l’expérience-pilole en juin 1999, que 8 K V 0 I K .I.E L T N ü I M A I 2 » 0 I A 2 LES ACTUALITES Marche de protestation , , JACQUES GRENIER LE DEVOIR LE «COMITE DE DEFENSE de la maison Notman et de l’hôpital Saint-Margaret» a rassemblé environ 200 personnes hier à Montréal pour une marche de protestation contre les projets de transformation de la maison Notman en un complexe hôtel-bar-restaurant.Le comité s’en prend à l’administration municipale qui a autorisé cette transformation, et ce, pour un bâtiment magnifique construit en 1845 rue Sherbrooke et classé monument historique en 1979.Le conseiller municipal Michel Prescott, qui appuie les opposants au projet, demande l’intervention de la ministre de la Culture Diane I^emieux.Nouvelle biographie de Parizeau La CIA s’intéressait de près au PQ PRESSE CANADIENNE L* ancien premier ministre québécois Jacques Pa-' rizeau affirme que les responsables de la CIA, le service d’espionnage et de contre-espionnage des Etats-Unis, et du Pentagone l’ont longuement interrogé sur les visées séparatistes du Québec, lors d’un entretien secret.M.Parizeau fait cette révélation dans une biographie non autorisée intitulée Le Croisé, signée par le journaliste Pierre Duchesne.Des extraits de cet ouvrage sont publiés dans la toute dernière édition de l’hebdomadaire L'actualité.Dans ce livre, devant paraître la semaine prochaine, l’ex-premier ministre avance avoir pressé les Américains de ne pas espionner ou infiltrer le Parti québécois (PQ), alors à ses débuts.M.Parizeau dévoile également les détails entourant l’épisode de la CIA entre autres.Il affirme ainsi avoir été contacté par M.Dale Thomson, alors directeur du programme d’études canadiennes à l’Université Johns Hopkins, à l'automne de 1969, à l’époque que le PQ effectuait ses premiers pas.M.Thompson, qui connaissait M.Parizeau depuis des années, aurait informé ce dernier que certaines personnes aux Etats-Unis souhaitaient le rencontrer.«D’accord, quand?» aurait répondu le futur premier ministre.«Demain», aurait précisé M.Thomson.M.Parizeau aurait pris un vol à destination de Chicago, où il aurait rencontré, dans un manoir sis sur la rive du lac Michigan, une trentaine de personnes parmi lesquelles se seraient trouvées des responsables de l’ambassade canadienne, des Affaires étrangères, du Pentagone, du département d’Etat américain et de la CIA, selon ce qui est écrit dans Le Croisé.A la suite d’un repas somptueux, M.Parizeau, à l'époque professeur d’économie, se serait retrouvé, nerveux, devant trois rangées de responsables qui l’ont bombardé de questions sur les projets du PQ quant à l’indépendance du Québec.Uidée d’un Parti des régions fait son chemin Si jamais elle voit le jour, la nouvelle formation sera de centre-gauche et souverainiste KATHLEEN LEVESQUE LE DEVOIR \ A la faveur d’une grogne quasi viscérale contre les fusions municipales forcées, l’idée de la création d'un parti régional germe au Saguenay-Lac-Saint-Jean.Et le mouvement s’étend vraisemblablement à quatre autres régions du Québec.Le programme d’un tel parti à naître serait concentré principalement sur le développement économique et social des régions.Son étiquette serait de centre-gauche.Ses futures assises pourraient s’appuyer sur l’adhésion de quelque 3000 personnes que compte le Rassemblement des citoyens pour un regroupement municipal harmonieux.C’est d’ailleurs dans la foulée de la mobilisation des citoyens de La Baie contre la réorganisation municipale menée par la ministre Louise Harel que l’idée d’un parti des régions est née.Mais le Rassemblement n’a pas comme objectif de devenir un parti, se défend le leader Gérard Morin.«Ce serait plutôt une conséquence, un effet de la mobilisation.Il y a ce dossier de la fusion mais il y a aussi une multitude de petits événements qui ont montré que le gouvernement n’a pas la même sensibilité envers les régions que jadis.Il y a donc beaucoup de mécontentement et il y a peut-être seulement le gouvernement qui ne le voit pas», a expliqué au Devoir M.Morin.Ex-militants péquistes Député péquiste de la circonscription de Dubuc jusqu'en 1998, M.Morin n’est pas le seul militant du Parti québécois déçu à se retrouver au sein du Rassemblement Le groupe est principalement constitué d’ex-militants péquistes dont d’anciens dirigeants d’instances régionales du PQ.Des citoyens d'allégeance libérale s’y retrouvent également, «heureux qu’une petite révolution mijote».Gérard Morin reconnaît que l’intention de créer une formation politique faisant la promotion d’une véritable décentralisation des pouvoirs a d’abord pris l’allure d’une menace.Question d’ébranler le gouvernement du Parti québécois, le Rassemblement a annonce publiquement la possibilité de présenter des candidats souverainistes indépendants là où seront déclenchées éventuellement des élections complémentaires (Jonquière, Laviolet-te, Labelle).Une semaine après la dégelée du Parti québécois dans la circonscription de Mercier, Ville de La Baie faisait paraître dans le Devoir un message publicitaire non équivoque: «M.le premier ministre, ne faites pas de Dubuc votre prochain Mercier!».Mais, de fil en aiguille, l’idée a pris de l’ampleur, répondant aux attentes de la population selon Gérard Morin.Des discussions ont été entreprises avec des gens de l’Abitibi, de la Côte-Nord et du Bas-Saint-Laurent-Gaspésie.«On ne veut pas se dire un parti des régions juste pour récupérer le vote.Le nom serait clair Et ce serait un parti fondamentalement souverainiste», dit M.Morin.Des contacts La même idée fait également son bout de chemin du côté d’autres groupes de nature politique: la Société du 14 juillet et le Parti du partage et de la solidarité.Un mémoire sur la question circule.Mais cela semble pour l'instant des groupes mineurs.Par ailleurs, des contacts ont été faits avec le Rassemblement pour l’alternative progressiste (RAP) qui a ouvert la porte du comité de liaison qui regroupe entre autres le Parti de la démocratie socialiste, le Parti vert et des groupes sociaux, afin d’échanger de l’iniformation et se concerter sur des dossiers.Somme toute, le parti des régions se limite donc pour l’instant à une proposition mais qui attend l’occasion pour prendre forme.«S’il y a au moins 75 % d’opportu- nisme électoraliste à court terme dans la menace qu’on laisse planer en agitant le spectre du parti des régions, il pourrait y avoir, je pense, des gens qui adhéreraient à cette idée-là.Il y a assez de gens pour former un noyau et s’organiser», estime Pierre Dostie du RAP au Saguenay-lnc-Saint-Jean.Pourrait-il s’agir de créer une vaste coalition, un peu comme celle qui a été créée pour l’élection complémentaire de Mercier qui a permis au candidat représentant le rassemblement de partis de gauche de réaliser un score de 24 %?Selon M.Dostie, le modèle de Mercier est difficilement applicable dans le contexte d’élections générales.Pour maintenir leur autorisation de parti auprès du Directeur général des élections, les partis doivent présenter au moins 20 candidats.Il pourrait toutefois y avoir une entente de non-agression entre les partis dans certaines circonscriptions, question d’éviter la division du vote progressiste, à moins qu’une nouvelle bannière ne soit créée.La question sera débattue au sein du RAP le mois prochain.Pour l’instant, le RAP propose une décentralisation des pouvoirs vers les régions, rappelle Pierre Dostie.Est-ce que ce sera suffi-sant?«Il y a un mouvement de fond très intéressant de renouvellement de la politique», souligne M.Dostie.«U y a des gens qui nous interpellent pour qu’on aille plus loin.Mais la priorité immédiate, c’est de contrer la fusion.Quand le dossier sera réglé, on fera quelque chose.[.] Si on avait vendu des cartes à tous ceux qui sont en maudit contre le gouvernement qui n’écoute plus rien, on serait rendu à plus de 3000 membres», affirme M.Morin.Ce dernier rappelle que la région a déjà montré sa capacité de ne pas jouer les béni-oui-oui lors des élections fédérales, ignorant un candidat du Bloc québécois imposé par le chef.«Le gouvernement peut voir cela comme une conjoncture particulière mais, si ça prend d’autres Mercier, il va en avoir», tranche-t-iL •« v*vad '.‘V-V'T > a » .'¦ «, i - .iaV "d *• * En prime : radmiration et l'envie de tous.Vous savez déjà tjue le RX 300 est doté de caractéristiques spéciales comme mi dispositif de contrôle du dérapage du véhicule, quatre roues motrices, un régulateur de traction et des freins ABS.Mais sachez qu'en optant pour l'achat ou la location-bail d’un RX300 Édition limitée, t otts en aurez encore plus pour votre argent.2 250 $ de plus, en fait ! Les deux versions comprennent .intérieur cuir, sièges avant chauffants, panneau de toit transparent et rétroviseurs à atténuation électrochromique.L 'Édition Luxe a des garnitures en ronce de noyer, alors que l'Édition Sport, elle, est rehaussée de garnitures en aluminium brossé (et d'un aileron arrière).Inutile de dire qu'au volant, vous ferez l'objet de l admiration et de l'envie de tous.Pour l'adresse d'un concessionnaire Lexus ou pour des renseignements : 1 800 26-LEXUS www.lexus.ca LE RX 300 ÉDITION LUXE LE RX300 ÉDITION SPORT 585fM Afpo%ie par mois : 3 1 o 3 U À la conquête de la oerfection.V ' •1/ taux as que nous vivons que déjà nous tapons du pied dans le ventre de celles qui nous ixirtent.le rêve est un mouvement qui nous enlève et cette fuite est un discours aussi coulant qu’un fleuve.la danse dit tout de cette ultime liberté.Nous sommes liquides, légers, il y a toujours espoir do s’évaporer.Si ce mouvement s'arrête, nous retombons sur terre, sur la terre plate, là où la gravité nous attire de toute façon.Immobiles, nous stagnons.Nous devenons de l'eau morte.Bien sûr, le rêve n’a plus la cote de nos jours, le nuit lui-même est presque mort depuis qu'il ne nous est plus permis de rêver autrement que dans des domaines précis.Le rêve est désormais une affaire séparée qui appartient à la nuit, au sommeil, aux partys raves ou à la consommation des arts, à la consommation tout court.Notre monde sépare et dissèque: cela s’appelle l’analyse.D’ailleurs, nous ne suivons plus nos rêves, nous les analysons.Bas surprenant que nous traînions la patte, que nous nous alourdissions dans nos crises existentielles.Nous ne sommes plus très en forme à force d’avoir le sons pratique.Nous ne pouvons plus nous évader, en perte de vitesse et de corps.Cependant, l’école do la vio ne sera jamais qu’une école de danse.Tout se résume à rebondir, disions-nous; tout se résume aussi à s'élever, à glisser, à vaincre le poids de son corps.Nous dansons dans nos chaînes, mais au moins nous dansons.Car la réalité est chose si dure, si triste, si froide, que même les roches cherchent une voie de sortie.Elk's rêvent d’une jiente à débouler.Pour une grosse pierre, l’exercice est difficile.Elle manque de moyens.C’est une danseuse lente, lourde, voire dangereuse quand elle vous marche sur les pieds.Pourtant, les pierres dansent Elk's dansent des slows au ralenti, d’où leurs longueurs de temps.Car elles rêvent, elles rêvent do flottements aériens, d’oiseaux planeurs et de facilité.Ix- vent, qui les caresse depuis l’éternité passée, les invite à le suivre.M;üs il ne fait que les peiner à force de les effleurer.Vers 1890, les lakotas (Sioux), malheureux de la vie indigne qu’ils menaient désormais dans les réserves indiennes du Dakota, crurent entendre le chant de l’espoir dans la vision d’un messie Peyote: dansez jusqu’à ce que transe s’ensuive, dansez pondant des jours et des nuits.Vous entrerez dans un monde où il sera permis de penser que les Blancs s’en iront comme ils sont venus, sauvagement, où leurs clôtures et leurs fermes disparaîtront à jamais, où la Prairie sera redonnée, libre et immense, à ses vrais maîtres, les bisons, et à ses vrais enfants, les Sioux.Dansez jusqu’à revêtir les chemises sacrées qui pareront les balles des soldats américains.Dansez [xiur devenir invincibles et retrouver la liberté.Cela s’appelle la révolte des Danseurs dont l’épilogue constitue la mémoire tragique de Wounded Knee, Genou Blessé, qui est la blessure fatale du danseur.Des centaines de danseurs furent tués sous prétexte qu’ils étaient de dangereux rebelles indiens, lœs chemises ne servirent de rien, le fait d’être vieux, d’être femme, d’être enfant non plus.L’histoire est tragique mais l’histoire n’est-elle pas toujours tragique?Ixi danse du désespoir n’est-elle pas la pièce principale de notre répertoire?Les sociétés normales, dites primitives dans les manuels des sociétés malades qui, elles, se disent modernes, n’ont jamais imaginé un monde sans la danse.Ixi danse est là pour dire, pour se souvenir, pour se réparer, pour se soigner et |xnir espérer.Je ne marche pas, je danse, aurait dit le chasseur innu des temps anciens quand il parcourait de très grandes distances dans la taiga.Car il en faut des battements de cœur pour vaincre l’hiver, les lacs longs et les heures.Mais il y a beaucoup plus.la danse du corps est le pouvoir de l’esprit.la grandeur d’âme agrandit le geste.Mouvement d’âme, que l’on disait, avant que cette partie du lexique ne se perde dans nos usages pratiques.Pourtant, il n’est rien de plus beau qu’un mouvement d’âme devenu pas de danse.Les Innus mettaient de l’âme dans tout Regardez ce qui a tué le rêve, vous verrez ce qui a tué la danse.Vous verrez ce qui l’a fait entrer dans le compartiment des arts, ce qui l’a poussée dans les hangars désaffectés.lœ message est clair les danseurs sont désormais une bande à part, une espèce de l’espèce des clowns.Nous les aimons, ils ne seront jamais riches.Soyez brefs, soyez concrets, arrêtez de tourner autour du sujet! Qu’on nous dit Or, danser, c’est vivre corps et âme, c’est tourner autour du seul sujet qui compte: le sens de la vie.Le rêve triste des Sioux s’est brisé à Genou Blessé.lœs enfants de la Haine tournaient une dernière fois autour du sujet de leur liberté perdue.Ils sont retombés sur terre, sans espoir de rebond.Les Anciens disaient que la vraie dimension des choses se trouvait dans le rêve.Une fois chose rêvée, le reste suit son cours dans une sorte de suite normale du monde, qui est un cercle, comme chacun sait Mais cela fat tué, le cercle est brisé.Aujourd’hui, on danse en ligne.\jà liberté d’expression a quand même ses limites.xte qui sera lu à l'occasion du gala-bénéfice de la mpagnie Montréal Danse, le 17 mai à Montréal.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes A l’information générale et métropolitaine Gérald Dallaire {adjoint an directeur de l'information), Marie-Andrée Chouinard («duration) Yves d’Avignon (sports)-, l'aule des Rivières (éditorialiste), Jean Dion, Ixjuis-t.illes Francœur (environnement).Valérie Dnfour (generale) Benoit Munger (responsable du site Web), Brian Myles (justice et faits divers).Isabelle Paré (santé), Michel Carneau (caricaturiste) : Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques)', Martin Duclos et Christine Dumazet (rriertran); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle Michel Bélair (responsable).Stéphane Raillargeon (théâtre).Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetil (livres).Odile Tremblay (cinéma).A l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint an directeur de l’information), Hélène Baril, Claude Lévesque, Claude Turcotte; A l’information internationale : Jean-Pierre legault.Guy Tailleler.Serge Truffaut (éditorialiste); A l’information politique Hélène Buuelti, Manon Cornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa) François Cardinal.Mario Cloutier et Robert Dutrisac (coempondants parlementaires à Québec), Kathleen lévesque ; Marie-Hélène Alarie (serrétoirr a la rédartvm).ionise Maude Rioux Soucy, MarieClaude Petit (commis) In documentation (tilles Pari- (directeur1) ; Brigitte Arsenault Manon Derome Serge Laplante (Çaéérr).Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING.Jacqueline Avril.Jean de Billy.Manon Bouchard.Gyslaine Côté.Marlène Côté.Martin Fournier, Anouk Hurbutt.Christiane Legault.Jacques A.Nadeau.Claire Paquet, Chantal Rainville, Micheline Ruelland.(publicitaires).Manon Blanchette.Sylvie Importe.Martine Bérube (secrétaire).LA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production).Claudine Bédard.Michel Bernatchez.Philippe Borne, Johanne Brunet.Danielle Cantara.Rkhard Des Cormier», Marie-Josée Hudon, Yanick MarteL Olivier Zuida PROMOTION ET TIRAGE.Johanne Brien (responsable à la clientèle), Hélène Gervais.Dominique Larivière.(responsable à la promotion des abonnements).Monique L’Heureux, Lise 1-achapelle, Rachelle Ix-clerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).ÇèhneFuray.Olivier Lachambre (contrôleur).Ghislaine Lalleur, Claudette Béliveau (secrétaire administrative).Danielle laperriere.Caroline Perrier, Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-préstdent exécutif et directeur général).* I.E IJ E V 0 I II .I.E I.r X I) I M A I 2 0 0 1 A « LE DEVOIR ACTUALITES EN BREF Réévaluation du dossier méningite Québec (l'C) — Les autorités médicales de la Rive-Sud reverront aujourd’hui l’ensemble du dossier méningite pour cette région.Idles ont toutefois entrepris de joindre dès hier les confrères et consœurs de classe de la jeune fille de 14 ans, hospitalisée à Lévis depuis samedi, pour une probable infection à méningocoque.L’adolescente fréquente le Collège de Lévis.Son état semble s’être amélioré, puisqu’il était passé de grave, samedi soir, à satisfaisant, hier.I^i Direction de la santé publique de Chaudière-Appalaches a indiqué par communiqué qu’aucune autre information ne serait émise à son sujet, à la demande de la famille.lœ personnel du CLSC de la MRC Desjardins sera par contre au collège dès ce matin, pour informer les élèves et poursuivre son investigation.Les parents seront quant à eux invités à se présenter à une rencontre d’information, ce soir, à 19h30.Bien que la nature de l'infection n’ait pas encore été confirmée par les lests de laboratoire, les autorités ont entrepris dès samedi la recherche des contacts étroits de l’adolescente, pour leur offrir un antibiotique.REEVE SIJITK DE LA PAGE 1 souffrent de traumatisme de la moelle épinière, mais aussi de la maladie de Parkinson, de diabète ou de crises cardiaques.» Dans la nouvelle ère dans laquelle entre la science, Reeve, une véritable source d’inspiration, a réitéré son espoir de voir des maladies jugées incurables être finalement contrées, notamment par l’utilisation de cellules sources.Celui qui a porté le costume du surhomme au cinéma a dit que ses héros étaient désormais ceux dont on n'entendait jamais parler, «les victimes de la maladie et d’accidents qui n 'ont pas assez d'argent ou qui sont mal assurés et qui doivent unir leurs efforts, comme une famille, pour s’aider entre eux».Reeve a rappelé que tous n’avaient pas sa gloire parmi ceux qui devaient faire face à cette «calamité».Reeve a enjoint aux Etats-Unis de revoir rapidement leur système de santé.Il a rappelé qu’une personne atteinte d’un tel dysfonctionnement, bénéficiant par exemple d’une assurance-vie d’un million de dollars, ne pouvait subsister plus de deux ans et demi tant les soins étaient coûteux.Reeve effectue actuellement des pressions auprès des politiciens, notamment le sénateur Robert Fuller et Dick Ge-phard, leader des démocrates au Congrès, pour améliorer «de façon draconienne» le système d’assurance privé américain.Le Canada, pour lui, fait preuve d’une plus grande compassion d;ins le traitement des citoyens.Montréal, a rappelé l’acteur, est un des centres de recherche de premier plan dans le monde.Il a évo-qué les travaux du professeur Alberto Aguayo, de l’Université McGill, qui le premier en 1982 a jeté par terre, «à force de persévérance», le lieu commun voulant que la moelle épinière soit inapte à se régénérer.Usa McKerracher, professeur au Département de pathologie et de biologie cellulaire de l’Université de Montréal, jouit aussi de la reconnaissance de l'acteur elle a remporté l'an dernier la médaille Christopher Reeve.Ixt rencontre a pris une tournure plus émotive alors que Reeve, voulant donner un exemple des souffrances psychologiques associées à la maladie, conséquence «de la perte de contacts humains», a confié sa douleur de ne pouvoir prendre son fils dans ses bras depuis plus de six ans maintenant Après sa rencontre avec les journalistes, l’acteur et militant a annoncé la création de la Bourse Barbara Turnbull pour la recherche sur la moelle épinière, du nom de la journaliste de Toronto paralysée cà partir du cou à la suite d'un coup de feu en 1983.In bourse est dotée d’un montant de 150 (XX) $.Reeve a également reçu la médaille de l’Université de Montréal.LE DEVOIR les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 B3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?Ixi rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3346 (514) 985-3390 L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Ixs avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Par courriel petitesannonces@ledevoir.com Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 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De-longchamps.«Il est difficile de dire si la carte est utile ou non, si la carte est efficace», a-t-elle souligné.Tout ce que la RAMQ sait, «c’est que la banque de données grossit», a ajouté la porte-parole.Pourtant, les données sur la faible utilisation de la carte ont commencé à circuler.Dans le dépliant de la RAMQ décrivant l’expérience-pilote de Laval, à laquelle le gouvernement a consenti 2,1 millions, a-t-on annoncé il y a deux ans, on explique que ce projet est avant tout une «vitrine technologique» destinée à prouver que des renseignements médicaux peuvent circuler de façon «sécurisée» et à démontrer «la gestion du consentement de l’usager à l'accès de ses données cliniques».Alain Charbonneau, de la Régie régionale de la Santé et des Services sociaux de Laval, estime que l’expérience-pilote est «me démonstration technologique et non pas une démonstration clinique».Dans son mémoire présenté à la réunion du 2 avril du çonseil des ministres, le ministre d’Etat à la Santé et aux Services sociaux, Rémy Trudel, rappelle les deux expérimentations de la carte santé à puce, celle de Ri-mouski à laquelle 7248 usagers ont participé et celle de Laval.De cette dernière expérience-pilote, qui doit se terminer en juillet 2002, M.Trudel souligne quelle vise «à démontrer qu’il est possible de gérer le consentement de l’usager pour le partage des informations cliniques qui le concernent».Or, les données du projet montrent qu’il y a eu, au mieux, moins de dix dossiers qui ont fait l’objet d’un partage.Le projet de loi nécessaire au déploiement de la carte santé à puce doit être présenté d’ici au 15 mai pour être adopté en juin.Le ministre attend d'ici à cette échéance un rapport provisoire du Dr Claude Sicotte qu’il doit remettre au Comité de suivi de l’expérience-pilote de Laval.En outre, le Comité de surveillance doit également fournir d’ici au mois de juin un rapport provisoire sur la gestion du consentement des usagers.Avec une soixantaine de cartes utilisées et moins de dix dossiers consultés, on comprend que le rapport du Comité de surveillance portera sur le projet sur papier — son architecture — et non pas sur l’expérience pratique.Pour Guy Denis, président de Motus Technologies, responsable de la technologie de la carte et de la «sécurisation» des données, qu’un faible nombre d’usagers ait réellement pris part à l’expérience de Laval n’a pas d’importance.La démonstration technique est probante puisque les professionnels de la santé, qui ont leur propre carte, doivent l’utiliser et l’ont fait.«Même s’il y a juste dix patients, il y a deux, trois cents intervenants qui s’authentifient à la RAMQ par le système», a-t-il signalé.PATENTE SUITE DE LA PAGE 1 d’achat chez nous, derrière la bataille contre la Conscription, derrière le Bloc populaire des années 40 (dont la plupart des candidats sont membres de l’Ordre).Ils font la promotion de personnalités comme Jean Drapeau, qui dirigera la Ville de Montréal avec des membres de l’Ordre.Ds soutiennent financièrement les premiers pas de Paul-Emile Léger au Vatican.Ils contrôlent les commissions scolaires, investissent la Société Saint-Jean-Baptiste et s’occupent aussi de combats plus symboliques, par exemple en lançant une campagne secrète pour que le nouveau pont reliant Montréal et la Rive-Sud porte le nom de Champlain! Le documentaire raconte également les tensions entre les membres de Montréal et les membres d’Ottawa et il ne cache pas que certains membres de l’Ordre cultivaient la méfiance de l’étranger.Mais certains historiens interviewés soutiennent également que l'Ordre avait développé et mis en place bon nombre d’idées qui seront ensuite réalisées pendant la Révolution tranquille.«La Patente» place également ses hommes au journal Le Droit ainsi qu’au Devoir (Gérard Filion et André Laurendeau en faisaient partie).Dans le documentaire, Raymond Laliberté soutient que des ministres du Parti québécois ont été membres de l’Ordre mais Robert Verge n’a pas réussi à les convaincre de témoigner devant la caméra.Critiqué publiquement pour son caractère anti-démocratique, déchiré au- tour de la question de l’indépendance du Québec, l’Ordre finit par se saborder en 1965.L’organisation avait été à l’origine de la fondation du Club Richelieu et c’est ce club qui hérite de ses archives.Celles-ci sont ensuite déposées aux Archives nationales du Canada ainsi qu’à l’Université d’Ottawa, avec promesse de ne pas les rendre publiques avant l’an 2000.C’est là que Robert Verge, qui se met lui-même en scène dans le documentaire, est allé les consulter.«Seulement aux Archives nationales, on trouve 173 gros cartons de documents» explique-t-il au Devoir.Robert Verge a d’ailleurs eu la surprise de sa vie en y constatant que son propre père était membre de l’Ordre! Mais, ajoute-t-il, «avec 45 000 membres, il y a de fortes chances qu’un de vos proches ait été membre sans que vous ne le sachiez.Le secret était tel que plusieurs personnes ou leurs proches refusent d’en parler encore aujourd'hui, dont des gens très connus.A l’inverse, on sait que des personnalités importantes comme Claude Ryan ou René Lévesque ont été pressenties pour en faire partie et ont carrément refusé, à cause de l’aspect secret, anti-démocratique du groupe».Une chose est certaine: le documentaire de demain soir donne vraiment le goût de fouiller plus avant cette masse de documents.?L’Ordre de Jacques Cartier: un mystère dévoilé, mardi 8 mai, RDI, 20h.MONDIALISATION SUITE DE LA PAGE 1 Au fait, c’est quoi au juste la mondialisation?Tenez-vous bien, selon Elle Cohen, le commerce international n’a pas connu une croissance vraiment exceptionnelle ces dernières années.En Europe, aux Etats-Unis et au Japon, le taux de croissance du commerce mondial reste assez faible (autour de 10 % du PIB), même si les pays sont de plus en plus interdé-pendants sur le plan régional.Selon l’économiste, les flux directs d’investissement n’auraient pas non plus explosé.«Ils ont quadruplé au cours des années 90 mais, par rapport au PIB, ce n’est pas plus important qu’au début du siècle dans les pays européens.» Selon Cohen, la vraie nouveauté est en fait la mondialisation financière.«On n 'avait jamais connu un système d’ouverture aussi intégrale, un mécanisme de transmission économique aussi net que ce que l’on connaît actuellement.» Les leçons de l’échec des années 70 Mais encore faut-il savoir pourquoi les vannes financières se sont ouvertes depuis 20 ans.Cette mondialisation n’est pas le résultat d'un savant complot trarné derrière des portes closes.Elle Cohen fait remonter le début de cette nouvelle époque à l'été 1979, lorsque le président de la Réserve fédérale américaine, Paul Volker, hausse radicalement les taux d'intérêt et change totalement de conception de, l'action économique.Durant la même période, les Etats-Unis adoptent une politique de type' monétariste et Margaret Thatcher expérimente en Angleterre la voie de la déréglementation, de la libéralisation et des privatisations.Ces solutions désespérées surviennent après une décennie de catastrophes économiques.Qu’on se souvienne des crises monétaires, financières et pétrolières des années 70.«Le système monétaire international en était sorti en lambeaux.L’inflation avait grimpé formidablement.Les gouvernants des pays développés étaient déboussolés.Ils continuaient à appliquer les politiques keynesiennes classiques tout en constatant qu'elles avaient de moins en moins d’effets.C'est ce que l'on a appelé la stagflation: stagnation économique (avec son chômage) doublée d’une inflation galopante.» L’adoption de nouvelles politiques économiques n’aurait donc été provoquée ni par la mondialisation, ni par l'irruption de nouvelles technologies, ni par l’idéologie.I^s théoriciens monétaristes, Hayek, Friedman et Stigler, avaient écrit leurs livres depuis longtemps.Confrontés à l’échec des politiques traditionnelles, les gouvernements ont simplement été forcés de mettre en pièces les régulations traditionnelles sans nécessairement savoir par quoi les remplacer, dit Cohen.«Le consensus keneysien, dominant dans tous les pays développés depuis la guerre, a été cassé parce qu'il ne marchait plus.On a cassé les régulations keynesiennes, avec un Etat producteur et régulateur, sans savoir exactement ce qu'il fallait mettre à la place.Depuis une vingtaine d'années, on essaie.Après avoir détruit un certain nombre de régulations nationales, on s'est mis à inventer de nouvelles régulations au niveau national, régional et international.» Les nouveaux instruments internationaux le meilleur signe que l’OMC compte aujourd'hui, c’est que les ONG la contestent et font des manifestations, dit en souriant cet économiste un peu iconoclaste.Depuis 20 ans, les Etats ont construit par petites touches des régulations nationales et internationales qui n'évitent pas les crises mais permettent au moins de rester sur le sentier de la croissance.C’est avec la création de l’OMC que la mondialisation en cours depuis 20 ans va donc devenir visible.«Tant qu on avait le GATT, qui était une assemblée de technocrates qui faisaient du troc et où il ne pouvait rien se passer sans un accord unanime des parties, ça n’avait pas une grande visibilité.» Le jour où l’OMC, et surtout son Organe de régie ment des différends (ORD), ont dû trancher des conflits sur les OGM et le bœuf aux hormones, on a découvert que derrière ces différends commerciaux se cachaient des enjeux écologiques, sanitaires et culturels.«On s’est rendu compte très légitimement que personne n’exprimait l'intérêt public planétaire dans les domaines de l’environnement, de la santé ou de la culture.Im révolte de Seattle met le doigt sur les points faibles de la gouvernance mondiale: comment régler les conflits entre le commercial, d’une part, et l’écologie, la santé et le,culturel, d’autre part.» Selon Elie Cohen, les contestataires se trompent en réclamant l’abolition de l’OMC, du FMI, de la Banque mondiale ou de la ZLEA.Ils s’en prennent même à une partie de la solution, puisqu’il sera toujours préférable de négocier à des tables multilatérales que seul à seul avec les Américains ou les Européens.«Quelle est cette idée selon laquelle il y aurait une espèce d’âge d’or des nations?C’est une absurdité totale.Il est évident que la société ouverte est plus efficace et plus équitable que la société fermée.Je n’arrive pas à comprendre ce que Ton peut gagner à la suppression de l'OMC qui a représenté une avancée fantastique et qui montre la voie.Il faut plutôt multiplier les OMC et imaginer un mécanisme d’interrégulation obligeant l'OMC à prendre l’avis d’une autre organisation lorsque la santé, l’environnement ou la culture sont en cause.» L’exception culturelle: un modèle On pourrait même imaginer que ce que proposent le Québec, la France et le Canada dans le domaine culturel devienne un modèle de mondialisation régulée, Selon le scénario d’Elie Cohen, l’OMC continuerait d’être chargée de la régulation commerciale, mais il faudrait baliser son action en lui opposant des arguments d’ordre culturel.«L'AMI a échoué précisément sur les questions culturelles parce que l’OCDE a été incapable de faire les différences qui s’imposaient entre impératifs commerciaux et culturels.Si l’UNESCO prenait son rôle au sérieux, au lieu de passer son temps à dénoncer le sionisme, elle pourrait expliquer ce qu’est m produit culturel et en quoi il est différent d’un produit de simple divertissement.En quoi les règles du commerce devraient être limitées pour protéger les œuvres de l’esprit, les langues, le potentiel et la diversité culturelle.» On pourrait imaginer le même scénario en matière environnementale et sanitaire où la nécessité d’organismes de régulation internationale se fait de plus en plus sentir.Car Elle Cohen ne croit pas du tout, comme les intégristes monétaristes, que le marché puisse s’autoréguler.«Les Français ont l’impression qu'ils ont inventé la régulation de l’économie alors que c'est une invention américaine du milieu du siècle dernier.A la fin des années 90, les marchés financiers ont souvent frôlé la catastrophe.Dans ce contexte, l’idée que les marchés se régulent eux-mêmes est criminelle.L’Etat national, régional ou mondial doit prendre en charge cette incertitude.» L’exemple européen L’Europe demeure aujourd’hui un des seuls véritables exemples d’embryon d’organisation planétaire, selon Elle Cohen.Un exemple dont auraient intérêt à s’inspirer, malgré des contextes différents, les regroupements régionaux, comme la future ZLEA.«Avec la ZLEA, vous êtes en train de redécouvrir ce qui a été le processus européen qui a débuté comme une zone de libre-échange dans l’acier et le charbon, mais où, très tôt, on a éprouvé le besoin d’avoir une cour de justice pour les droits de Thomme, une cour pour les différends commerciaux et des règles démocratiques pour s’élargir.La démocratie est un problème fondamental du libre-échange.Si vous n’avez pas un régime démocratique, comment être sûr que l’État de droit fonctionne et que les accords commerciaux seront appliqués?Il n’y a pas d’économie pure.» Dans ce contexte, l’économiste ne s’émeut pas outre mesure que les entreprises puissent poursuivre en cour les Etats, comme le permet le célèbre article 11 de l’ALENA dénoncé de part et d’autre.Il y a d’ailleurs longtemps que cela se pratique en Europe.«Une entreprise française qui s’estime lésée en Espagne va à la cour du Luxembourg.Il faut bien un moyen de résolution des conflits.» Elle Cohen est un partisan des thèses du Prix Nobel canadien Robert Mundell sur l’intégration monétaire régionale.«Une monnaie unique est un fantastique stimulant pour l’adaptation et l’intégration économique.C’est une incitation à l’amélioration de l’efficacité économique d’ensemble.La France n 'aurait jamais réformé ses services publics sans l’euro.En situation de crise économique mondiale, l’expérience montre aussi qu’une zone monétaire intégrée protège relativement.L’euro a bien réagi pendant les crises de 1997 et 1998.lœ jour où Ton aura trois grandes zones économiques et monétaires intégrées, on pourra penser revenir à Tordre monétaire que Ton a connu à l’époque de l’étalon or, une forme d’unité monétaire mondiale à travers les relations entre trois grandes zones avec des mécanismes d’ajustement et de souplesse qui permettront d’éviter les grandes déstabilisations financières internationales.» Il n’y aura pas d’homogénéisation Mais cette intégration mondiale sonneTelle le glas des variétés nationales de capitalisme?Elle Cohen considère que cette question est souvent mal posée.On a cru que toutes les économies développées convergeraient vers un seul modèle de type anglo-saxon.Or, l’expérience prouverait en partie le contraire.Certes, dit Cohen, «le rôle de l’État comme producteur, développé en Europe après la crise de 1929, est en train de disparaître.L’État ne joue plus le rôle d’un producteur direct.Ce fut un vrai bouleversement en France, en Italie, en Allemagne et en Angleterre.Mais, les pouvoirs de l’État régulateur demeurent très variables.L'Angleterre estime que le marché doit l’emporter alors que la France et l’Allemagne ne pensent pas ainsi.En matière de redistribution, les différences sont énormes.Je crois qu’il n'y aura jamais de convergence entre les modèles américain et européen.Je ne vois pas les Français et les Italiens accepter une logique de l'emploi à l’américaine.» Le grand sociologue Fritz Scharpf n'avait-il pas annoncé que le modèle social européen ne résisterait pas à la mondialisation?Or, «la France a étendu l’État providence avec la semaine de 35 h, les primes d’autonomie et de dépendance.Et cela, avec une économie qui va bien.Ça prouve que les modèles nationaux peuvent survivre.» Taxe Tobin: les bonnes intentions ne font pas une politique Au début des années 70, le Prix Nobel d’économie James Tobin avait imaginé une taxe sur les transactions financières qui permettrait d’accroître l’aide aux pays les plus pauvres.Cette taxe mondiale, défendue par des groupes antimondialisation comme Attac, permettrait de prélever 0,1 % sur chaque transaction financière.Elle offrirait l’avantage, selon ses défenseurs, de lutter à la fois contre l’instabilité des marchés, en décourageant les aller-retour entre différentes devises, et d’aider les pays en voie de développement Bien que souhaitée du bout des lèvres par quelques ministres en France et au Canada, la taxe Tobin a toujours soulevé l’ire des milieux financiers et politiques qui la jugent inapplicable sans un véritable gouvernement mondial.Elle Cohen ne fait pas exception.Mais il va plus loin.«Cette taxe est une aberration pour trois raisons, dit-il.Im première, c’est que Tobin lui-même Ta imaginée au tout début de la phase de mondialisation financière.Il a conçu ce dispositif dans les années 70, à l’époque où les transactions financières étaient cent fois moins importantes qu'aujourd’hui.«Deuxièmement, cette taxe mélange deux objectifs individuellement défendables mais qui n’ont aucun lien entre eux.On veut une régulation financière internationale pour stopper les poussées spéculatives?D’accord, c’est utile.Donnons-nous les instruments de régulation nécessaires.Pas une taxe qui ne sera qu 'un caillou dans l'engrenage.Cette taxe veut aider les pays en situation d'extrême pauvreté?Je suis prêt à payer un impôt supplémentaire pour augmenter l’aide directe aux pays pauvres qui a baissé ces dernières années.Mais il n'y a absolument aucun lien entre les deux.» Enfin, Elie Cohen considère qu’une taxation de 1 pour 1000 aurait pour conséquence immédiate de supprimer la moitié des transactions financières internationales.«Tout ce qui est couverture de change et couverture d’option disparaîtrait.De plus 60 % des edge funds sont déjà logés dans des paradis fiscaux.Demain, ce sera 100 %.La taxe Tobin est non seulement techniquement inapplicable mais elle ne servirait strictement à rien!» Christian Rioux I
de

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